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Une loi en Grande-Bretagne pour repousser les réfugiés en France !

Une loi en Grande-Bretagne pour repousser  les réfugiés en France !

Le Parlement britannique est sur le point d’adopter le Nationality and Borders Bill, un projet de loi visant à durcir les conditions d’asile outre-Manche qui prévoit notamment la possibilité de repousser les embarcations de fortune vers les eaux françaises.

 

Analyse.(Le Monde) 

 

« Vous êtes très enceinte, vous fuyez avec vos seuls vêtements sur le dos, vous êtes une criminelle. » « Vous êtes une grand-mère, vous avez du mal à marcher et vous essayez de rejoindre votre famille, vous êtes une criminelle. » Face caméra, Meryl Streep, Sylvester Stallone ou encore Emma Thompson égrènent ces phrases-chocs dans une vidéo postée en mars sur les réseaux sociaux par le Refugee Council, une des principales ONG britanniques d’aide aux migrants.

Ces célébrités espèrent faire reculer Downing Street, alors qu’un projet de loi emblématique du gouvernement Johnson, le Nationality and Borders Bill est sur le point d’être adopté au Parlement britannique. Mais l’espoir est mince : certes la Chambre des lords, le 4 avril, a tenté à nouveau d’adoucir le texte, mais, aux Communes, le Parti conservateur au pouvoir dispose d’une majorité suffisante pour l’imposer. Le texte devrait être adopté d’ici le début de mai.

Sous couvert de réformer le droit d’asile, le texte vise en réalité à le limiter très fortement : il crée deux classes de demandeurs d’asile, ceux qui auraient obtenu un visa avant de venir au Royaume-Uni, les « bons » en quelque sorte, et les autres, arrivés sans visas, « illégalement », sur le sol britannique (en traversant la Manche dans des bateaux pneumatiques par exemple).

Ces derniers sont susceptibles d’être expulsés vers des centres situés à l’étranger, en attendant que leur demande soit traitée. Ils risquent même jusqu’à cinq ans de prison. La loi introduit aussi les « push-backs » : les garde-côtes britanniques sont autorisés à repousser les bateaux de migrants dans les eaux françaises. La ministre de l’intérieur, Priti Patel, une brexiteuse de la première heure, défend avec conviction cette loi très controversée, en dépit de ses origines. Ses parents, Indiens d’Ouganda, ont fui la répression du dictateur Idi Amin au début des années 1970. « Nous voulons accroître l’équité dans notre système d’asile, pour mieux protéger ceux qui en ont vraiment besoin. La loi va casser le modèle économique des passeurs », assure-t-elle.

Pourtant, même au Parti conservateur, des députés reconnaissent en privé que ce texte choquant n’atteindra pas son but. Emprisonner des migrants arrivés « illégalement », alors que, au premier trimestre 2022, environ 4 500 personnes auraient réussi à traverser la Manche sur des embarcations de fortune ? Les prisons britanniques seraient vite engorgées. Expulser les demandeurs d’asile ? Jusqu’à présent, aucun pays du Sud n’a accepté d’héberger de centres contre rémunération. Même le Daily Telegraph trouve l’idée stupide : « ce serait plus coûteux que d’héberger les demandeurs d’asile au Ritz », souligne le quotidien de droite mi-février.

Les réfugiés de toutes les guerres

Les réfugiés de toutes les guerres

 

La situation en Ukraine confirme que les phénomènes migratoires de masse sont liés à la guerre et à la terreur, et doit nous rappeler que chaque victime d’un conflit a un droit égal à toute autre victime, écrit le sociologue dans le Monde  Smaïn Laacher.

 

Tribune.

 

L’image de colonnes de réfugiés européens fait son retour dans une Union européenne (UE) qui pensait que ce cauchemar était loin derrière elle. Soudain, des mondes que l’on voulait croire lointains (Syrie, Afghanistan, Soudan, Erythrée, etc.) deviennent ainsi moins abstraits. Il n’y a pas que « chez les autres » que la guerre, civile ou non, met sur la route des millions de familles. C’est aujourd’hui en Europe même. La situation ukrainienne ne fait que confirmer une vérité que certains ont encore du mal à admettre : les phénomènes migratoires de masse sont consubstantiellement liés à la guerre et à la terreur.

Mais celles et ceux qui fuient, par peur de la mort ou pour protéger de plus fragiles qu’eux-mêmes − enfants, vieillards, malades… −, ne sont pas tous égaux en matière de protection internationale. La perception dominante de la figure du réfugié, en Europe occidentale, opère des discriminations, conscientes ou inconscientes, entre les « bons » réfugiés et les « mauvais » migrants. Il n’est pas nécessaire d’être particulièrement lucide pour savoir d’où viennent les uns et les autres. Il suffit d’être attentif, même s’ils restent minoritaires, aux propos, le 25 février, de certains responsables politiques ou éditorialistes. « Ce sera sans doute une immigration de grande qualité (…). Ce seront des intellectuels », déclarait sur Europe 1 Jean-Louis Bourlanges, député MoDem, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. « Ce sont des Européens de culture. On est avec une population qui est très proche, très voisine », soulignait le journaliste Christophe Barbier sur BFM-TV.

A l’évidence, ces propos ne cherchent pas à cacher que ce qui est comparé, c’est historiquement deux mouvements, massifs et forcés, de populations : celui d’aujourd’hui avec l’intervention guerrière de la Russie, et celui des centaines de milliers de Syriens fuyant, en 2015, les bombardements de populations civiles par le régime de Bachar Al-Assad appuyé (déjà) par la Russie. L’émotion et la réaction internationales ne furent pas à la hauteur de la tragédie que vivaient les Syriens, dont cinq millions – soit environ un quart de la population — trouvaient « refuge » dans les pays voisins.

En un mot, rien de commun avec la puissance de la réaction unitaire des pays occidentaux à l’égard de la Russie. N’ayons pas peur de la vérité : à la détresse et à la souffrance de femmes, d’hommes et d’enfants fuyant l’hyperviolence d’Etat sont attachées des propriétés ethniques et confessionnelles. Cela se traduit sans fard par le propos, le 26 février sur France Culture, de Nicolas Bay, ancien responsable du Rassemblement national passé au parti Reconquête ! d’Eric Zemmour, soulignant que les Ukrainiens qui fuient les troupes russes « participent de notre espace civilisationnel ».

SONDAGE accueil de réfugiés ukrainiens: 79% des Français pour

SONDAGE accueil de réfugiés ukrainiens: 79% des Français pour

D’après l’IFOP  une large majorité des Français (79 %)  favorables à l’accueil dans notre pays de réfugiés ukrainiens.

De manière particulièrement écrasante, cette adhésion à l’accueil de réfugiés en provenance d’Europe centrale se révèle nettement plus élevée que pour d’autres populations, comme les Afghans fuyant le régime des talibans en septembre 2021 (49 %), les chrétiens d’Orient menacés par Daech en 2016 (62 %) ou les migrants traversant la méditerranée en 2015 (au maximum 49 %, taux mesuré après la publication des photos d’Aylan, l’enfant échoué sur une plage turque). Un écart qui met cruellement en exergue la différence de perception selon leur lieu d’origine des « réfugiés » et de la nécessité de les accueillir.

 

 

 

AFGHANISTAN: Le Royaume-Uni veut accueillir 20.000 réfugiés quand il en viendra plusieurs centaines de milliers !

AFGHANISTAN: Le Royaume-Uni eut accueillir 20.000 réfugiés quand il en viendra plusieurs centaines de milliers !

 

 

Boris Johnson comme d’autres dirigeants occidentaux se réveillent et se dit prêt à accueillir à long terme jusqu’à 20 000 réfugiés avec dans un premier temps 5000 la première année. Une proposition un peu surréaliste car il est vraisemblable qu’il y aura  plusieurs centaines de milliers de candidats afghans qui voudront se réfugier au Royaume-Uni (Et beaucoup se retrouveront coincés en France).

« Nous avons une dette envers tous ceux qui ont travaillé avec nous pour faire de l’Afghanistan un endroit meilleur ces vingt dernières années. Beaucoup d’entre eux, en particulier les femmes, ont maintenant un besoin urgent de notre aide », a déclaré le Premier ministre Boris Johnson dans un communiqué du ministère de l’Intérieur.

Mais l’immobilisme de Boris Johnson a été même critiqué dans les rangs des conservateurs. Comme pour se rattraper, Boris Johnson s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, plaidant pour une « approche unifiée ». Il souhaite organiser une rencontre virtuelle des dirigeants du G7 dans les prochains jours.

Merkel pour un plafonnement du nombre de réfugiés

Merkel pour un plafonnement  du nombre de réfugiés

 

« Nous voulons parvenir à ce que le nombre de personnes accueillies pour raison humanitaire ne dépasse pas 200.000 par an », indique le texte de compromis entre la CDU de Merkel et son allié bavarois, la CSU.  Elles espèrent ainsi résoudre un conflit qui les oppose depuis deux ans. Il y est aussi question à l’avenir de regrouper les nouveaux demandeurs d’asile dans quelques centres bien localisés le temps que leurs dossiers soient traités, alors qu’ils sont aujourd’hui répartis dans des foyers dans tout le pays. Un accord sur le cap de la politique migratoire allemande dans les années à venir au sein de la famille conservatrice d’Angela Merkel constituait un préalable indispensable à la formation du futur gouvernement de coalition, suite aux législatives de fin septembre remportées par son parti mais avec le pire score enregistré depuis 1949 (32,9%). Un résultat décevant, combiné à l’entrée en force de l’extrême droite de l’AfD .

Réfugiés : 1000 accueillis sur 30 000 prévus

Réfugiés : 1000 accueillis sur 30 000 prévus

 

Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile,  souligne dans le JDD  le décalage entre le nombre de refugiés reçus et ceux qui étaient prévus.

 

Que pensez-vous de l’annonce d’Emmanuelle Cosse de doubler les capacités (de 2.000 à 5.000 places à la rentrée) des centres d’accueil et d’orientation (CAO) pour migrants?
C’est d’abord une annonce en réaction à une situation d’urgence prévisible. La création de place en CAO est une bonne chose, mais ne doit pas être l’unique dispositif. Cela fait plus d’un an que nous disons au gouvernement qu’il faut créer des dispositifs d’accueil d’environ 500 places dans chaque grande agglomération française. Des centres qui fonctionneraient de manière uniforme, où chacun pourrait décliner son identité, et dans lesquels nous serions en mesure d’orienter les personnes sur les dispositifs d’accompagnement. Dans le plan d’Emmanuelle Cosse il manque cet échelon du premier accueil. Créer des places en CAO est une bonne chose, mais comment y rentre les migrants et à partir d’où? Si on continue de dispatcher les migrants à partir de Paris ou de Calais, où ils viennent s’y concentrer, on ne va jamais sortir de cette crise migratoire qui dure depuis trois ans. La ministre connaît très bien ce dossier et si ces mesures ne sont pas portées, c’est avant tout par crainte de devoir affronter une levée de boucliers de la part des élus.

 

Le climat actuel empêche de porter des discours de solidarité sur les réfugiés?
La période actuelle produit de l’angoisse et de l’intolérance. Aujourd’hui, il y a manifestement la crainte de la part du gouvernement d’affronter la réaction d’élus dans un certain nombre de communes. Pour autant, nous ne sortirons pas du défi posé par cette crise sans solidarité nationale. C’est aussi l’honneur de la politique que de dire que l’on peut assurer la sécurité de nos compatriotes avec la protection des réfugiés.

Où en est la France vis-à-vis de ses engagements d’accueillir des quotas de réfugiés?
Sur l’objectif de 30.000 réfugiés à accueillir d’ici 2017, la France n’en a pris en charge qu’un millier (1.330, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur mercredi au JDD, ndlr). Ce n’est pas un cas isolé, c’est la situation qui prévaut dans toute l’Europe. Sur les 160.000 personnes à relocaliser en Europe, nous en sommes à moins de 6.000. La situation est la même partout : il y a un manque flagrant de solidarité. En France, c’est le cas lorsque l’on voit les protestations de certains élus d’Ile-de-France contre l’arrivée de migrants sur leurs communes. Ces réactions font trop souvent l’amalgame entre présence de réfugiés et insécurité. Comme si les réfugiés n’étaient pas d’abord les premières victimes de la terreur. Dans un second temps, il faut dire que c’est bien grâce à des dispositifs d’accueil, qui permettent d’assurer un contrôle des identités, que l’on peut assurer la protection des personnes. Ce qui est insécurisant, c’est que des gens soient à la rue sans que l’on sache qui ils sont. La sécurité de nos compatriotes passe par une refonte du dispositif d’accueil à l’échelle des territoires.

Quel regard portez-vous des campements parfois musclés ces derniers jours à Paris?
La réponse ne peut pas être uniquement policière. De même que dormir sur le trottoir ne peut pas être le mode d’entrée dans l’asile. Nous sommes aujourd’hui à Paris dans une impasse. Face à cela, l’initiative d’Anne Hidalgo de créer un camp de réfugiés est une très bonne chose… Mais cela ne fonctionnera que dans un écosystème vertueux. S’il n’y en a pas d’autres au niveau national, comment voulez-vous que cela fonctionne? Lorsque l’on va se retrouver avec 500 personnes au bout de deux ou trois jours, que va-t-on faire?

 

Réfugiés : Merkel responsable de la pagaille en Europe

Réfugiés : Merkel responsable de la pagaille en Europe

De manière généreuse mais complètement irresponsable Angela Merkel a incité les migrants à rejoindre l’Europe et en particulier l’Allemagne. Du coup devant l’afflux des migrants chaque pays a décidé de reprendre en main sa politique migratoire et cela de manière très contradictoire au point d’ailleurs que maintenant Schengen est devenu à peu près obsolète. L’Allemagne a reçu 1,1 million de réfugiés en un an quand  l’Europe a convenu  de n’accueillir que 160 000 réfugiés ;  mais depuis les choses se gâtent en Allemagne qui se montre incapable de gérer de manière satisfaisante ces flux. En outre l’appel aux migrants de Merkel a suscité certaines oppositions qui se sont traduites d’ailleurs par le recul du parti de Merkel aux élections locales. Maintenant consciente du caractère irresponsable de sa politique l’Allemagne change complètement de stratégie en confiant à la Turquie la gestion de ses flux migratoires. En réalité  Merkel demande maintenant à la Turquie de fermer la porte qu’elle-même ne veut pas bloquer pour ne pas se contredire. Pour cela l’Allemagne a négocié seule et a imposé un marché scandaleux avec la Turquie Le premier scandale c’est de faire confiance à un pays dont la politique et la philosophie sont particulièrement ambigües vis-à-vis de l’État islamique sans parler du caractère antidémocratique du régime. Comment peut-on imaginer que le contrôle des frontières de l’Europe pourrait être assuré par un pays extérieur aussi peu sûr. Deuxième scandale celui qui consiste à penser que la Turquie pourra retenir chez elle les migrants et même accueillir ceux  qu’on va lui réexpédier ? D’autant que la Turquie demande la suppression des visas pour les turcs qui veulent se rendre en Europe. Comment distinguer un turc d’un syrien qui voudra voyager dans l’union européenne ? Il y a enfin le marchandage, celui qui consiste à donner de l’argent à la Turquie pour jouer le garde-chiourme de l’Europe. Enfin accéder à la demande de la Turquie d’entrer  dans l’union européenne relève de l’irresponsabilité la plus totale. Plusieurs ministres de l’Intérieur de l’UE ont exprimé de sérieuses réserves sur la suppression des visas pour les citoyens turcs, un des éléments clefs de l’accord entre l’Union et la Turquie sur les migrants. « Il est hautement contestable que la Turquie, qui prend le contrôle d’un journal qui critique son gouvernement, puisse présenter trois jours plus tard une liste de souhaits et qu’elle soit récompensée par des discussions portant sur une libéralisation des visas », a souligné la ministre autrichienne de l’Intérieur, Johanna Mikl-Leitner. « Je me demande si l’Union européenne n’est pas en train de jeter ses valeurs par-dessus bord », a-t-elle ajouté à son arrivée à Bruxelles, ajoutant qu’elle allait plaider en faveur de l’inclusion d’une clause d’annulation dans le texte final. Des ministres ont également fait part de leurs doutes vis-à-vis d’autres éléments de l’accord, expliquant que les migrants pourraient tenter d’emprunter de nouvelles routes pour entrer dans l’Union. Le texte, en l’état, prévoit en effet de « renvoyer tous les migrants en situation irrégulière qui partent de la Turquie pour gagner les îles grecques » et, en échange, de « procéder, pour chaque Syrien réadmis par la Turquie au départ des îles grecques, à la réinstallation d’un autre Syrien de la Turquie vers les États membres de l’UE ». Les ministres de l’Intérieur ont aussi retenu le principe de création d’une garde-frontières et d’une garde-côtes européens que le bloc espère pouvoir déployer à la fin de l’été pour améliorer la protection de ses frontières extérieures. Sans doute une piste beaucoup plus sérieuse -à condition d’y mettre les moyens- plutôt que de confier le contrôle des frontières à un pays aussi peu sûr que la Turquie.

 

Réfugiés : un accord bâtard entre l’UE et la Turquie

 

Réfugiés : un accord  bâtard entre l’UE et la Turquie

Un  accord bâtard et même scandaleux sera discuté à Bruxelles pour reporter sur la Turquie la responsabilité de la régulation des flux de migrants avec comme contrepartie de l’argent pour la Turquie, des visas pour les Turcs et l’accélération du processus d’intégration de la Turquie dans l’union européenne. Un marchandage scandaleux et sans doute inefficace d’autant que la Turquie n’a jamais été capable de contrôler sa propre frontière. Quant au retour éventuel de migrants en situation irrégulière le retour en Turquie relève de l’illusion. Dix jours donc après un sommet à rebondissements, les 28 se retrouvent jeudi à Bruxelles pour tenter de finaliser un important accord avec la Turquie, mais dont le contenu suscite de fortes réserves, en particulier de la part de Chypre. Ce nouveau sommet, sur deux jours, ne commencera que jeudi soir à aborder la brûlante crise migratoire, lors d’un dîner qui s’annonce tendu entre des dirigeants européens divisés. Les Européens recevront ensuite vendredi matin le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, qui a joué un rôle majeur dans les tractations avec les Turcs, sceller un accord donnerait une « première chance » de trouver une solution collective à la question migratoire. Mais cela ne se traduira pas par un chèque en blanc à Ankara, a-t-elle assuré. « L’objectif est clair: un accord acceptable pour les 28 Etats membres ainsi que pour nos partenaires turcs« , a répété mercredi soir le président du Conseil européen Donald Tusk, chargé par les pays européens de négocier avec Ankara, malgré des court-circuitages de Berlin qu’il a peu appréciés. L’Union européenne (UE), qui cherche depuis des mois à obtenir de la Turquie sa collaboration pour tarir les flux de migrants, a été surprise de l’ampleur de la nouvelle « proposition turque » lors du précédent sommet du 7 mars: Ankara se dit désormais disposée à reprendre tous les nouveaux migrants gagnant les îles grecques depuis ses côtes, y compris les demandeurs d’asile. L’idée a de quoi séduire une Union débordée par plus de 1,2 million de demandes d’asile en 2015, mais le contenu du projet pose aussi de nombreux problèmes. « La liste des problèmes à résoudre avant que nous puissions conclure un accord est longue« , a admis Donald Tusk dans sa lettre d’invitation au sommet adressée aux dirigeants des 28, fixant comme « priorité absolue de s’assurer que nos décisions respectent le droit européen et international« . Au milieu d’un concert de critiques du projet d’accord, notamment du renvoi de tous les migrants vers la Turquie, l’ONU a mis en garde contre l’illégalité des « possibles expulsions collectives et arbitraires« .

(Avec AFP)

Un plan d’urgence pour les réfugiés en Jordanie (Valls)

Un plan d’urgence pour les réfugiés en Jordanie (Valls)

Alors que l’Europe se plaint du nombre excessif de migrants en provenance notamment de Syrie, la Jordanie, elle, est réellement débordée par cette vague de migration. Pour toute l’Europe jusqu’à maintenant 500 000 migrants sont arrivés mais pour la seule Jordanie plus de 600 000 immigrés survivent comme ils peuvent. Manuel Valls a donc lancé lundi à Amman un appel à la mise au point d’un plan d’urgence pour les réfugiés de Jordanie, qui accueille selon le HCR 630.000 Syriens et des centaines de milliers d’Irakiens ayant fui les combats dans leurs pays. »L’Europe ne peut pas accueillir quatre à cinq millions de réfugiés, sachant que la Syrie compte 22 millions d’habitants », a dit le Premier ministre à la presse après la visite d’un centre de recensement dans la capitale jordanienne, Amman. « Donc il faut un plan d’urgence de moyen et de long terme pour la Jordanie car les réfugiés vont rester longtemps ici », a-t-il ajouté en prônant l’encouragement du développement et de l’emploi en Jordanie, pays de 6,5 millions d’habitants. Paris a débloqué 100 millions d’euros pour les organisations d’aide aux réfugiés.  Environ 1.500 personnes passent tous les jours par le centre d’enregistrement de réfugiés d’Amman pour faire le point sur leur situation en termes d’emploi ou de logement.

 

UE : un second accord bâtard pour les réfugiés

UE : un second accord bâtard pour les réfugiés

 

Après le laborieux et très provisoire accord concernant la répartition des réfugiés, les chefs d’État de l’union européenne se sont mis d’accord sur des dispositifs complémentaires pour gérer les flux migratoires. En fait cet accord est aussi bâtard que le précédent. On va faire coexister ce plan qui prévoit notamment des centres d’accueil (hotspots) avec l’accord de Schengen qui prévoit la libre circulation et la convention de Dublin qui réglemente le droit d’asile. En outre on ambitionne de renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’union européenne. La coexistence de ces différents dispositifs souvent contradictoires ne permettra certainement pas de réguler l’importance des flux probables surtout si la situation de la Syrie perdure et si aucune alliance internationale y compris au sol n’est mise en place pour lutter contre l’État islamique. Du coup comme c’est probable ce plan  sera sans doute obsolète d’ici deux ou trois mois. Au terme d’un long sommet extraordinaire des chefs d’État à Bruxelles, mercredi soir, l’Europe a donc convenu de renforcer les frontières extérieures de l’UE, ainsi que l’aide humanitaire à leurs voisins, afin de freiner le flux sans précédent de migrants.  Le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé qu’« au moins 1 milliard d’euros supplémentaires seront mobilisés pour aider les réfugiés » dans les pays voisins de la Syrie. Ces fonds seront transmis au Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) et au Programme alimentaire mondial (PAM). Le PAM avait été conduit ces derniers mois à réduire son action dans les camps, faute de financements, ce qui a provoqué le départ de nombreux réfugiés vers l’Europe. « En attendant, nous devons tous respecter, appliquer et mettre en œuvre nos règles existantes, y compris l’accord de régulation de Dublin et les acquis de Schengen », affirme le communiqué publié dans la nuit.  De même, les pays européens ont mandaté les institutions européennes pour qu’elles apportent davantage d’aides au Liban, à la Jordanie et à la Turquie, pour les aider dans leur accueil massif de réfugiés, pour renforcer le dialogue avec la Turquie « afin de renforcer notre coopération pour endiguer et gérer les flux migratoires ». Et ralentir par la même le flux vers l’Europe. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui était mercredi à Moscou, sera d’ailleurs reçu par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 5 octobre à Bruxelles. Du fait de guerres qui ne vont pas cesser de sitôt, « nous parlons de millions de réfugiés potentiels, pas de milliers », a averti Donald Tusk. Dès lors, « le chaos actuel à nos frontières extérieures doit prendre fin », a-t-il plaidé. La Commission souhaite notamment que des « hotspots » –des centres d’accueil et d’enregistrement des migrants– soient opérationnels rapidement en Italie et en Grèce. Il faut « assurer que ceux qui arrivent en Europe sont rapidement enregistrés, que leurs empreintes digitales sont prises, et qu’on puisse faire une sélection rapide entre ceux qui restent et ceux qui ne peuvent rester », les migrants économiques illégaux par exemple, a expliqué le vice-président de la Commission, Frans Timmermans.  La mise en place de ces centres est prévue pour la fin novembre, c’est le seul délai fixé par le sommet alors que, dans leur déclaration finale, les dirigeants européens « exhortent » « les institutions, les organismes internationaux et les États membres à accélérer leurs travaux sur tous les aspects de la crise migratoire ».  Enfin, la Commission a rappelé que son projet d’ « un corps de garde-côtes et garde-frontières européens » serait sur la table d’ici la fin de l’année. 

Réfugiés : Un accord définitif de l’Europe … pour trois mois ?

Réfugiés : Un accord définitif de l’Europe … pour trois mois ?

 

Péniblement l’union européenne a trouvé un accord définitif pour répartir les réfugiés. 120 000 réfugiés seront donc répartis alors qu’ils sont déjà 500 000 présents en Europe et qu’on en attend environ 1 million pour l’année. En fait il s’agit d’un accord définitif…… mais pour quelques semaines seulement. Un accord totalement ridicule qui fait semblant de gérer l’aspect humanitaire et surtout qui oublie totalement d’aborder la question centrale de la lutte contre l’État islamique. En outre avec ses quotas dont personne ne voulait il y a quelques mois- Hollande compris- on sera bien contraint de remettre en question les principes de libre circulation prévue dans l’accord de Schengen aussi de remettre partout des contrôles aux frontières. Autant dire que l’union européenne et derrière les chefs d’État ont montré en la circonstance leur incompétence totale et leur manque de courage. Les 28 Etats membres de l’UE ont donc adopté « à une large majorité » la répartition en Europe des réfugiés. La République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie ont voté contre, la Finlande s’est abstenue.  Un accord à l’arraché ? Malgré l’opposition frontale de quatre pays (République tchèque, Slovaquie, Hongrie et Roumanie) et l’abstention d’un autre (Finlande), l’Union européenne s’est mise d’accord sur le plan de répartition des 120.000 réfugiés qu’elle va accueillir. Faute de consensus, il a fallu voter la mesure à la majorité qualifiée. Tous les pays devront s’y plier. La mesure d’urgence proposée par la Commission européenne concerne 120.000 réfugiés syriens, irakiens et érythréens, arrivés depuis la fin août en Grèce et en Italie. Elle prévoit de les répartir dans les 28 pays, en fonction de leur PIB. La mesure a du mal à passer. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a eu des mots très durs : « Je préfère plutôt transgresser les règles européennes que d’accepter ce diktat ». Ce à quoi François Hollande a répondu, à distance, de Londres : « Il y a des règles en Europe : quand on ne respecte pas le droit de la concurrence, le Pacte de stabilité, il y a des sanctions, ça existe, et donc ces pays se mettraient dans des situations où forcément, ce qu’ils reçoivent de l’Europe, ne viendra plus ». L’Europe a pris ses responsabilités, estime François Hollande Compte-tenu de l’opposition acharnée de certains pays, le débat sur la mise en œuvre devrait s’inviter au sommet d’urgence de mercredi soir. Car la réunion des ministres de l’Intérieur précède un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement des 28…

Réfugiés : « favoriser l’accueil est stupide « (Ephrem Azar)

Réfugiés : « favoriser l’accueil est stupide « (Ephrem Azar)

Une voix un peu discordante, celle d’un Irakien qui considère que favoriser l’accueil des réfugiés est stupide et qui pense que les États-Unis comme l’Europe ont une lourde responsabilité dans la déstabilisation politique des pays en conflit. Dans une interview à France Info un Frère dominicain irakien considère que cette politique des pays occidentaux sert en effet l’opération d’épuration menée par l’État islamique. Il livre son analyse de la situation sur place et des réponses, inadéquates selon lui, de l’Occident face à la crise des migrants.   »Ce que l’Occident propose aujourd’hui est complètement stupide et naïf. Il ne faut pas entrer dans la pitié dangereuse et dans la sensiblerie des gens. C’est vrai, le peuple français est très généreux, j’en suis témoin, et les gens vont ouvrir leurs portes. Mais est-ce une solution ? » « Il faut avoir du discernement et comprendre les causes de cette crise, notamment en Syrie et en Irak. Sur place, nous avons en face de nous Daech et d’autres islamistes qui vont dire : ‘Puisque l’Occident chrétien vous accueille, allez-y. Ils vous ouvrent les bras, allez-y… et ce pays n’est plus le vôtre. Il y a aussi un appauvrissement total de ce pays, parce que ceux qui partent, ce ne sont pas seulement malportants et les pauvres, c’est aussi toute la richesse intellectuelle, sociale, qui avait beaucoup de talent et de qualifications« . Mais alors, comment éviter le départ massif vers l’Occident de milliers de personnes qui sur place vivent l’horreur et la guerre, sans perspective d’avenir ?… Selon Ephrem Azar, il faut d’abord commencer par « favoriser la dignité » là où c’est possible, notamment dans les camps en Jordanie et au Liban voisins, et en Irak. « Il faut créer des écoles, des dispensaires, un orphelinat et des emplois sur place« , explique-t-il. C’est un des objectifs de l’association Entre deux rives, La passerelle France-Orient, association de dialogue interculturel et interreligieux, dont il est le président.   »On est en train de travailler pour construire une école, un orphelinat et un dispensaire au Kurdistan » qui accueille les réfugiés. C’est un moyen d’encourager les populations à rester sur place. Ceux qui ont créé ce chaos, que ce soient les Américains et les Européens, doivent « remanier leur politique aujourd’hui sur le terrain », estime Ephrem Azar. Car cette crise profonde n’est pas nouvelle, souligne l’historien des religions. « Elle remonte à 1979, avec l’échec des idéologies« .

 

Réfugiés: vers des quotas mais non obligatoires !

Réfugiés: vers des quotas mais non obligatoires !

 

Finalement Hollande a peut-être trouvé le compromis européen qui permettra de sortir de l’impasse actuelle concernant la répartition des réfugiés. Un compromis qui lui ressemble c’est-à-dire très flou. Il s’agirait en fait de déterminer des quotas, une sorte de clé de répartition des réfugiés par pays mais qui ne prendrait pas de caractère obligatoire. C’est-à-dire en fait la négation même du concept de quota. L’Europe pourra ainsi sauver la face sur le plan politique mais concrètement sur le terrain c’est orientation ambigüe ne changera rien. En réalité on s’oriente  vers une situation qui se caractérise par le chacun pour soi et  chaque État décidera du nombre de réfugiés qu’il veut accueillir de la nature et de l’ampleur des contrôles à sa frontière. La France veut cependant que les principaux sujets de tension sur la crise des migrants soient réglés par les ministres de l’Intérieur européens mardi, a déclaré François Hollande dimanche. En l’état des oppositions sur le sujet on ne pourra parvenir qu’un accord bâtard. La question la plus épineuse est celle de savoir si la répartition des 120.000 réfugiés supplémentaires proposée par l’Europe sera obligatoire ou non, certains pays s’opposant farouchement à tout mécanisme contraignant. François Hollande a semblé ne plus faire du caractère obligatoire une question de principe, tout en prévenant que tous les pays européens devraient prendre part à l’effort. « Nous veillerons (…) à ce que le mécanisme soit effectif quelles que soient ses modalités et que les engagements puissent être tenus », a-t-il dit. L’objectif est de régler également au niveau des ministres la question de la construction effective des « hotspots », ces centres d’accueil et de tri des migrants, et leur fonctionnement, ainsi que la façon d’aider la Turquie et les pays du Proche-Orient accueillant des réfugiés.

Le faux débat des HLM vacants pour les refugiés, entre populisme et irresponsabilité

Le faux débat des HLM vacants pour les refugiés, entre populisme et irresponsabilité

 

Des HLM  pour les français ou les refugiés ? La question manichéenne qui réduit le choix entre populisme et irresponsabilité. Irresponsabilité d’abord  de  Marie-Arlette Carlotti qui proposait dans une tribune, « de mobiliser 70 000 logements sociaux vacants afin d’accueillir les personnes réfugiées» en provenance de Syrie et d’Irak notamment. D’abord ce concept de logements vacants est très approximatif. Il y a en France environ 5 millions de logements sociaux dont 4 millions d’HLM. Sur ce total de l’ordre de 70 000 seraient vacants depuis 3 mois. Il faut cependant tenir compte de ceux qui font l’objet d’une  mutation et de ceux qui sont en réfection. Du coup le chiffre est notoirement moins important. En  outre environ 1.5 millions de candidats attendent un logement HLM. Il était donc irresponsable d’afficher  ce chiffre de 70 000. Du coup Marie Arlette Carlotti rétropédale : «il n’est pas question de piquer des logements à des gens qui en ont besoin, il est hors de question de mettre en concurrence les réfugiés avec les plus pauvres, les mal-logés, les SDF», tranche Marie-Arlette Carlotti mercredi, dans un entretien avec l’AFP. «C’est une instrumentalisation de l’extrême droite qui est répugnante!», juge-t-elle. A  l’Union sociale pour l’habitat (USH) qui chapeaute quelque 750 bailleurs sociaux, on ne cache pas son exaspération: «l’idée selon laquelle on attribuerait des logements à des réfugiés avant des demandeurs inscrits dans la liste des demandeurs est fausse: c’est un mensonge», déclare à l’AFP la secrétaire générale Marianne Louis. «Il n’y a pas de demande HLM par les réfugiés: ça n’existe pas. Un réfugié ne peut pas faire de demande HLM», martèle-t-elle. En revanche existe dans le parc HLM des logements disponibles, «qui ne trouvent pas preneurs, dans des secteurs où la demande est faible, souvent dans des petites ou moyennes villes, victimes de la désertification», telles que Châtellerault, Le Creusot ou Lamotte-Beuvron. Le populisme le dispute aussi l’irresponsabilité quand on affirme que les réfugiés vont prendre les HLM des franaçis. Un débat nul car juridiquement ces réfugiés ne peuvent obtenir un logement de ce type sans passer par une association et la question n se pose pas pour l’instant. Un débat à la fois nul et pitoyable qui obscurcit un peu plus la problématique.

Réfugiés: pagaille et contrôle rétabli en Allemagne

Réfugiés: pagaille et contrôle rétabli en Allemagne

 

 

Comme c’était prévisible la pagaille s’installe en Europe concernant l’accueil des réfugiés. Faute de politique européenne commune chaque pays tente de réguler à sa façon des flux pour l’instant ingérable. D’autant plus ingérable que chaque pays développe une politique d’accueil différente. Il y a d’abord les pays  périphériques à l’Europe qui se débarrassent  des migrants et les laisse pénétrer dans l’union européenne. Il y a des pays de l’UE franchement hostiles à l’arrivée des réfugiés comme certains pays de l’Est notamment là Hongrie qui, eux, repoussent les réfugiés en dehors de l’union européenne. Enfin des pays très les accueillants, trop peut-être, comme l’Allemagne qui déclarent pouvoir accueillir à peu près tout le monde. L’Allemagne qui  vient de rétablir paradoxalement le contrôle de ses frontières.  Une situation pleine de contradictions qui va appeler une calorisation européenne.  Toute évidence il faudra aussi revoir le volume et le rythme des flux migratoires. Sans parler de la réponse militaire à apporter à l’État islamique, question pour l’instant taboue ! Confrontée à un nouvel afflux massif de réfugiés depuis samedi, l’Allemagne a donc provisoirement rétabli dimanche les contrôles à ses frontières, notamment celle avec l’Autriche, pour tenter de réduire le nombre de demandeurs d’asile arrivant sur son territoire.   »Actuellement, l’Allemagne introduit à titre provisoire des contrôles le long de ses frontières. En tout premier lieu est concernée celle avec l’Autriche », a annoncé le ministre fédéral de l’Intérieur Thomas de Maizière.   »L’objectif de cette mesure est de limiter l’afflux actuel vers l’Allemagne et d’en revenir à des procédures ordonnées pour l’entrée des personnes dans le pays », a-t-il ajouté. L’Allemagne, économie la plus riche d’Europe, attire nombre de personnes fuyant la guerre et la misère en Syrie et en d’autres points du Moyen-Orient et en Afrique. Selon la police, 16.000 demandeurs d’asile sont arrivés à Munich entre samedi matin et dimanche après-midi. Une partie de ces migrants cherchent à rejoindre l’UE via la Grèce, à partir des côtes de Turquie, en effectuant des traversées périlleuses à bord d’embarcations de fortune. Trente-quatre personnes, parmi lesquelles 15 enfants, sont mortes noyées dimanche au large de l’île grecque de Farmakonisi, ont déclaré les garde-côtes grecs.  Thomas de Maizière dit avoir consulté au préalable l’Autriche voisine sur la réintroduction des contrôles frontaliers, qui, selon lui, risquent d’occasionner des perturbations dans les transports, dont les trains. Les chemins de fer autrichiens ont fait savoir dans le même temps que l’Allemagne avait interrompu vers 17h00 locales la circulation des trains en provenance d’Autriche, voie par laquelle arrivent depuis des jours des milliers de migrants. D’après le journal Bild, qui cite des sources proches des services de sécurité, la police fédérale allemande va déployer 2.100 agents en Bavière pour surveiller la frontière. Thomas de Maizière a assuré que l’Allemagne continuait de respecter les règles européennes et souligné que le mécanisme de Dublin, qui exige que le dépôt d’une demande d’asile dans l’UE ait lieu dans le premier pays d’entrée, était toujours valide. La Commission européenne a déclaré que le rétablissement provisoire de contrôles frontaliers par Berlin était prévu par les accords de Schengen sur la libre circulation à l’intérieur des frontières de l’UE, « en cas de situation de crise ». « La décision allemande annoncée aujourd’hui souligne l’urgence qu’il y a à s’entendre sur les mesures proposées par la Commission européenne pour gérer la crise des réfugiés », a ajouté l’exécutif bruxellois.  Les ministres de l’Intérieur des 28 pays de l’Union européenne doivent se retrouver lundi à Bruxelles pour débattre des propositions de la Commission européenne de répartir environ 160.000 demandeurs d’asile arrivés ces derniers mois en Grèce, en Hongrie et en Italie, à travers l’UE.

10 000 réfugiés syriens pour les États-Unis : c’est bien peu

10 000 réfugiés syriens pour les États-Unis : c’est bien peu

Le moins que l’on puisse dire c’est que les États-Unis n’ont pas manifesté un enthousiasme excessif pour accueillir les migrants : ce n’est que très récemment que Obama s’est décidé à accepter 10 000 réfugiés d’ici la fin 2016. Des réticences qui sont liées à des questions de sécurité qu’on peut comprendre mais aussi à des considérations géopolitiques assez hésitantes de la part d’Obama concernant le proche et Moyen-Orient. Or même si Obama n’est pas le seul responsable il n’empêche que ce sont les États-Unis qui ont commencé à déstabiliser le proche et le Moyen-Orient  en  commençant par l’Irak. Le chiffre de 10 000 réfugiés qui seront accueillis aux États-Unis paraient par ailleurs assez ridicule au regard des chiffres attendus en Europe (160 000 réfugiés officiellement attendus en deux ans mais en réalité près d’un million de migrants !). À l’évidence Obama s’intéresse peu aux questions internationales et la décision de lui octroyer de manière prématurée le prix Nobel de la paix a plutôt constitué un handicap pour lui. D’une certaine manière il se trouve coincé entre cette étiquette  de paix et la nécessité pour un pays leader comme les États-Unis d’assumer sa responsabilité dans le maintien de la stabilité mondiale. De toute manière ces réfugiés ne sont pas prêts de fouler le sol des États-Unis puisqu’il faut environ deux ans de procédure. L’annonce de l’Europe vis-à-vis des réfugiés était déjà insignifiante au regard de la réalité des flux mais l’annonce des États-Unis elle est carrément ridicule. En effet une fois que le dossier d’un demandeur syrien atterrit sur le bureau du département d’État, il est transmis à des ONG dans les pays du Proche-Orient pour une présélection. Des premiers examens de santé sont pratiqués. Dans la région, les États-Unis disposent de bureaux et centres relais pour les demandeurs d’asile au Caire, à Bagdad, à Istanbul et à Beyrouth.  En matière de sécurité, pour éviter que des « menteurs, criminels ou terroristes » ne passent entre les mailles du filet, des fonctionnaires du département de la Sécurité intérieure vont régulièrement interviewer les candidats à l’exil, rappelle un diplomate américain.  Chaque cas est ensuite examiné à la loupe par des ministères et agences gouvernementales, comme le FBI, le département de la Sécurité intérieure ou le Pentagone. « Les réfugiés sont soumis aux niveaux de sécurité les plus élevés de toutes les catégories de candidats à l’entrée aux États-Unis », reconnaît le haut fonctionnaire du département d’État. De fait, depuis les attentats du 11-Septembre, l’Amérique a érigé sa « sécurité nationale » en « priorité numéro 1″. Mais depuis la crise des migrants en Europe, des voix diplomatiques et humanitaires reprochent aux Américains de ne pas en faire assez pour les Syriens et d’imposer un processus administratif d’admission bien trop lent: de neuf mois à un an par le passé, les autorités ont dorénavant besoin de 18 mois à deux ans entre le premier dépôt d’une demande d’asile et l’exil vers les États-Unis. Dès l’annonce de l’accueil d’au moins 10.000 Syriens, des critiques ont souligné qu’aucun d’entre eux ne foulerait le territoire des Etats-Unis avant le départ de la Maison Blanche du président Obama en janvier 2017. Mais le département d’Etat assure que des milliers de dossiers sont déjà bien avancés et qu’ils font tous partie des 18.000 cas recommandés par le HCR. S’il est vrai, a reconnu le haut fonctionnaire américain, qu’ »un petit nombre de réfugiés syriens a été réinstallé depuis 2011, le HCR a commencé en juin 2014 à référer beaucoup plus de dossiers, au rythme de 500 à 1.000 par mois ». « Le département d’Etat a déjà préparé les cas de plus de 10.000 personnes », a assuré ce cadre du ministère.

Une consule qui vendait des canots aux réfugiés injustemenet sanctionnée

Une consule qui vendait des canots aux réfugiés injustemenet sanctionnée

 

 

Pour une fois que nous les ambassades et nos consulats s’intéressent au business- et non aux seules mondanités- on les sanctionne. On sait que nos diplomates et représentants  à l’étranger entretiennent  un lien très ésotérique avec le business. Une exception toutefois cette consule  honoraire en Syrie qui vendait des canots aux réfugiés. Pourtant cette représentante de la diplomatie française locale sera sans doute sévèrement sanctionnée. Il faut bien convenir quand même que la consule honoraire a certainement sur-interpréter les consignes données par Fabius pour transformer nos ambassades en officine commerciale Laurent Fabius, a donc suspendu vendredi de ses fonctions cette consule honoraire en Turquie, propriétaire d’un magasin de ventes d’articles maritimes et qui à ce titre vend des canots aux réfugiés, information révélée par France 2.  La France a suspendu une consule honoraire en Turquie, à Bodrum, qui vendait des canots aux réfugiés, en tant que propriétaire d’un magasin de ventes d’articles maritimes. Elle a été suspendue dans la soirée de vendredi. Et « si les faits sont confirmés« ,  elle fera l’objet d »une révocation dans les plus brefs délais« , indique le Quai d’Orsay à France Info. Cette suspension a fait suite à un reportage de France 2 montrant cette commerçante à Bodrum dans son magasin flanqué d’un drapeau français et d’une plaque arborant sa qualité de consule honoraire représentant la France.  Rappelons qu’une consule honoraire n’est pas diplomate, elle travaille bénévolement et peut exercer un métier à côté. Sa mission : protéger et porter assistance aux ressortissants français. »Il n’est pas question pour la France de tolérer qu’une personne investie de cette mission puisse contribuer à un trafic de migrants« , indique Romain Nadal, porte-parole du quai d’Orsay.

Pas de distinction religieuse entre les réfugiés (Cazeneuve)

Pas de  distinction religieuse entre les réfugiés (Cazeneuve)

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que certains maires ne se sont pas grandis en proposant une distinction religieuse pour accueillir des réfugiés. Des réfugiés justement victime dans leur pays de discrimination religieuse et ethnique. De ce point de vue Bernard Cazeneuve ministre de l’intérieur a raison de la condamner avec fermeté. « Cette distinction, je ne la comprends pas, je la condamne et elle me paraît funeste », a-t-il déclaré sur France 2.   »Il y a une situation aujourd’hui en Syrie où toute une série de minorités sont persécutées, décapitées, torturées, crucifiées », a-t-il ajouté.   »Les chrétiens d’Orient (…) doivent être accueillis, mais il y a aussi des musulmans qui sont persécutés, il y a aussi d’autres minorités qui le sont avec la même barbarie », a poursuivi le ministre de l’Intérieur.  Les maires des villes qui se sont portées volontaires pour accueillir des réfugiés seront reçus samedi place Beauvau.  Mais « il est important que toutes les villes puissent contribuer à cet effort », a souligné mardi Bernard Cazeneuve.   »L’objectif, c’est de faire en sorte qu’il y ait un schéma (national de répartition des réfugiés), et je confierai aux préfets le soin, dans chaque département, sur la base de ce schéma, de discuter avec les villes, de manière à ce que nous puissions arriver à une répartition équitable », a-t-il ajouté.  La France accueillera 24.000 personnes sur deux ans dans le cadre des quotas de réfugiés européens figurant dans le nouveau plan de répartition que la Commission européenne s’apprête à proposer, et 1.000 demandeurs d’asile seront accueillis en urgence pour soulager l’Allemagne.  La Commission européenne a établi un nouveau système de quotas contraignants en vertu duquel l’Allemagne accueillera plus de 40.000 demandeurs d’asile et la France 30.000 sur un total de 160.000 personnes. Bernard Cazeneuve a reçu dans l’après-midi le président de l’Association des maires de France, François Baroin, qui a exprimé l’inquiétude d’élus, notamment au sujet des dépenses supplémentaires que suppose l’accueil des réfugiés.

Réfugiés : environ un million attendus en 2015 et 2016

Réfugiés : environ un million attendus en 2015 et 2016

 

À peine adopté le plan proposé par l’union européenne apparaît déjà obsolète. Ce plan propose en effet d’accueillir 120 000 réfugiés c’est-à-dire déjà trois fois moins que le nombre de migrants déjà présents en Europe. Pour 2015 et 2016,  l’Onu s’attend à une arrivée globale d’environ 1 million de personnes. Certes parmi ses arrivants certains ne pourraient sans doute candidater pour le statut de réfugié mais la majorité viendra quand même des zones en conflit. Ce qui repose la problématique d’une action en amont pour lutter contre l’État islamique rétablir des conditions démocratiques et de paix dans les pays en guerre. Il faudrait pour cela constituer une véritable alliance internationale pour l’instant en l’état de projet. Pas seulement une alliance internationale avec des frappes aériennes mais aussi avec des troupes locales. On estime que 100 à 150 000 hommes seraient nécessaires pour faire face aux 35 000 environ de l’État islamique. Une véritable armée qui dans le meilleur des cas ne pourrait être opérationnelle que courant 2016. En attendant le flux des réfugiés ne fera donc augmenter. Ce qui démontre à l’évidence l’inadaptation des moyens mis en œuvre par la communauté internationale pour gérer la problématique de la migration en cours. Le nombre de personnes traversant la Méditerranée pour trouver asile en Europe devrait en effet  s’élever à 400.000 cette année et à 450.000 en 2016, a estimé mardi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans un document accompagnant un appel de fonds d’urgence. « Pour 2015, le HCR anticipe environ 400.000 nouveaux arrivants qui vont solliciter une protection internationale en Europe en passant par la Méditerranée. En 2016, ce nombre pourrait atteindre 450.000, voire davantage », dit le HCR, ajoutant que 360.000 personnes ont déjà effectué le trajet cette année.

 

Réfugiés : un plan européen pour 120 000 demandeurs d’asile

Réfugiés : un plan européen pour 120 000 demandeurs d’asile

 

 

Finalement la commission européenne va proposer des quotas pour 120 000 réfugiés. Des quotas qui n’en seront peut-être pas car certains pays dont la France refuse le terme mais ce sera une répartition contraignante. Pour sauver la face on a convenu que la répartition se ferait à partir des propositions de chaque pays. Normalement ce plan est prévu pour deux ans. Reste à savoir s’il est suffisamment dimensionné et s’il ne faudra pas revoir la question d’ici quelques mois car le nombre de réfugiés risque de dépasser nettement les chiffres attendus par la commission européenne. La Commission européenne a établi un nouveau système de quotas contraignants pour l’accueil des réfugiés, en vertu duquel l’Allemagne accueillera plus de 40.000 demandeurs d’asile et la France 30.000 sur un total de 160.000 demandeurs venus d’Italie, de Grèce et de Hongrie, apprend-on lundi de source européenne. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dévoilera ces nouvelles propositions mercredi. Il proposera que 120.000 réfugiés soient répartis entre pays membres en plus des 40.000 que l’exécutif européen avait déjà proposé de relocaliser en mai dernier. Les Etats de l’UE ont rejeté en juin tout système de répartition contraignant, optant alors pour le volontariat. Mais le nombre de places d’accueil proposé par les pays membres atteint jusqu’ici environ 32.000, loin des 40.000 préconisés par la Commission, alors que le nombre de personnes arrivant en Europe a explosé durant l’été. La Commission revient donc à la charge, avec cette fois l’appui de l’Allemagne et de la France.  L’Allemagne se dit prête à accueillir de nombreux réfugiés et le président français François Hollande a confirmé la volonté de la France de prendre sa part dans le cadre des règles de la Commission européenne. L’Europe centrale a en revanche réaffirmé son hostilité au système des quotas.  En déplacement lundi en Autriche, qui a ouvert vendredi soir en coordination avec l’Allemagne ses frontières avec la Hongrie pour accueillir des milliers de réfugiés bloqués depuis des jours à Budapest, le commissaire européen aux Migrations et aux Affaires intérieures, Dimitri Avramopoulos, a souligné qu’il comptait sur les Vingt-Huit pour soutenir les propositions de l’exécutif européen. « Aucun Etat membre de l’UE ne peut faire face seul à cette question. Nous ne pourrons surmonter cette crise que si nous agissons comme une union véritable », a-t-il dit à la presse à Traiskirchen, au sud de Vienne. Angela Merkel, qui s’est félicitée que l’Allemagne ait accueilli au cours du week-end quelque 20.000 personnes, a également souligné lundi matin que la décision de son gouvernement d’ouvrir largement ses frontières aux réfugiés étaient temporaire et que leur accueil ne pouvait être à la charge de quelques pays européens seulement.  A Stockholm, le Premier ministre suédois Stefan Löfven a lui aussi prôné la mise en place de « mécanismes permanents et obligatoires » pour alléger le fardeau des pays les plus impliqués dans l’accueil des réfugiés. « La Suède, l’Allemagne et quelques autres pays sont depuis longtemps les seuls à prendre leurs responsabilités, cela ne suffit pas. L’ensemble des pays européens doivent défendre les valeurs humaines et accomplir leur devoir », a-t-il dit. Dans la crise humanitaire actuelle, la Suède est, en proportion de sa population, le pays européen qui a accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asile (81.000 l’an dernier, avant tout des Syriens). En valeur absolue, seule l’Allemagne en a accepté davantage.

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