Archive pour le Tag 'Réforme'

Page 2 sur 28

Réforme des retraites : la CFDT contre

Réforme des retraites : la CFDT contre

Sur  franceinfo, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a exprimé son désaccord sur la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron. Selon lui, le système est « quasiment à l’équilibre ».

« Je ne comprends pas le point de départ, l’objectif, de cette réforme », a indiqué Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, vendredi 29 avril sur franceinfo, concernant la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron avec le recul de l’âge légal à 65 ans.  »Si l’objectif de cette réforme c’est l’équilibre des comptes des retraites, il n’y a pas besoin d’aller sur un report de l’âge légal », a-t-il estimé.

S’il s’agit de financer la dépendance sans augmenter les impôts, « je suis en désaccord », a poursuivi Laurent Berger. « Financer la perte d’autonomie est un sujet très important, a précisé le patron de la CFDT, mais il y a d’autres possibilités pour le faire ». Il a ainsi proposé de mettre en place  »une taxation sur la transmission de patrimoine », autrement dit taxer les successions.  »C’est l’une des inégalités les plus fortes dans notre pays », a-t-il assuré, soulignant que « 10% de la population détient 50% du patrimoine ».

La CFDT s’est dite  »opposée au report de l’âge légal » de départ à la retraite, convaincue qu’il faut « rester à 62 ans ». Laurent Berger a par ailleurs réagi à la proposition de Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux de La France insoumise à la présidentielle, de fixer l’âge de départ à 60 ans.  »Soyons sérieux, s’il a trouvé la recette magique pour financer la retraite à 60 ans, et pourquoi pas à 45 ans tant qu’on y est, tant mieux », a-t-il raillé.

Il a également plaidé en faveur « d’un système de retraite plus juste« . « Notre richesse, c’est notre système de retraite par répartition, il est quasiment à l’équilibre, son problème c’est son injustice intrinsèque », a-t-il expliqué, pointant du doigt le cas des femmes qui ont  »en moyenne autour de 20 à 30% de retraite en moins que les hommes ». Il a par ailleurs défendu une retraite minimale  »équivalente au Smic », pour  »ceux qui ont travaillé toute leur vie », soit « 1 300 euros net », là où Emmanuel Macron propose 1 100 euros.

Retraites : la réforme impossible ?

Retraites : la réforme impossible ?

Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ainsi que l’économiste Patrick Artus et le politologue Jérôme Fourquet ont confronté leurs points de vue dans « le Monde », alors que la bataille contre la réforme voulue par Emmanuel Macron est déjà engagée.

 

 

Geoffroy Roux de Bézieux : Le président de la République a eu raison d’annoncer la couleur pendant la campagne présidentielle : il va falloir travailler plus longtemps, jusqu’à 64 ans ou 65 ans. J’ai toujours pensé que la réforme précédente avait échoué parce qu’elle n’avait pas été détaillée pendant la campagne de 2007. Là, les choses sont dites : le président de la République a, selon moi, la légitimité pour faire aboutir ce chantier.

Jérôme Fourquet : Je serais moins affirmatif que Geoffroy Roux de Bézieux. Depuis vingt ans, les Français sont très réticents à l’idée d’allonger la durée de la vie active. La seule catégorie de la population massivement acquise au report de l’âge du départ à la retraite, ce sont les retraités, qui traditionnellement votent à droite. Le basculement d’une partie de l’électorat de droite vers Emmanuel Macron est vraisemblablement lié à son annonce sur les retraites. Mais ce sera très compliqué de faire passer la pilule auprès du reste des électeurs, même si le sujet du financement de la dépendance engendre une réelle angoisse.

Pascale Coton : La façon dont le sujet est posé est très irritante. A chaque fois qu’un problème budgétaire se présente, on nous explique qu’il va falloir travailler plus longtemps. Les salariés ne veulent plus entendre cela. Ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ils veulent également que les inégalités existantes soient corrigées. Par exemple, est-il normal que les femmes à bas salaires doivent travailler jusqu’à 67 ans pour bénéficier d’une retraite complète ? Une réforme des retraites digne de ce nom doit prendre en compte tous ces aspects.

G.R.B : Un pays qui dépense beaucoup a besoin de beaucoup de travail pour financer son modèle. L’idéal serait d’augmenter notre taux d’emploi pour nous rapprocher de celui de l’Allemagne, mais cela prendra du temps. En attendant, le plus efficace est d’allonger la durée de la vie active.

Patrick Artus : Aucune économie n’est possible en France, sauf sur les retraites. Quand on compare l’écart de la dépense publique avec l’Allemagne, on trouve ceci : 1,5 point de produit intérieur brut (PIB) au titre des d’aides de l’Etat aux entreprises, 1 point de PIB pour financer la politique familiale, 1 point de PIB pour les dépenses militaires, 0,5 point de PIB pour la culture. Tous ces postes sont intouchables. Il reste quatre points de PIB sur les retraites, qui constituent la seule marge de manœuvre.

J.F. : Un leitmotiv revient dans toutes les enquêtes que nous menons : qu’est-ce qui garantit que l’employeur gardera les salariés jusqu’à 63 ou 64 ans, étant donné que c’est souvent la chasse aux seniors et la placardisation dans les entreprises ?

G.R.B. : Il faut regarder ce qui se passe dans les pays d’Europe du Nord, qui ont mis en place des systèmes de retraite progressive. Il faut que les salariés acceptent de se dire que les deux dernières années seront moins bien payées, avec moins de responsabilités qu’en pleine carrière.

P.C. : Après trente ans de travail dans une entreprise, si on demande à un salarié de régresser de cadre à salarié moyen, ce n’est pas très sympathique. C’est très déstabilisant !

G.R.B. : Du point de vue managérial, je ne vois pas comment on peut garder des gens plus longtemps aux mêmes fonctions et responsabilités. Le salaire est un autre sujet. Une partie peut être prise en charge par le système de retraite. Je parle de l’aspect hiérarchique et du management des postes. Si tout le monde reste à son poste éternellement, il y a un problème.

Plaidoyer contre la réforme des retraites

Plaidoyer contre la réforme des retraites

 

 S’il est réélu, le président sortant envisage de repousser progressivement l’âge légal de départ à 65 ans. Cette mesure nie la loi biologique du vieillissement et augmenterait le chômage, selon Laurent Izard, agrégé en économie et gestion dans le Figaro.

 

Une tribune avec des arguments pertinents mais avec le défaut principal de parler d’âge de la retraite en général sans tenir compte des conditions de pénibilité et des spécificités des métiers. Bref le défaut habituel des approches françaises notamment de gauche. Qui peut prétendre que la pénibilité est la même pour un couvreur par exemple par rapport à un professeur d’université ? NDLR

Laurent Izard est normalien et agrégé de l’Université en économie et gestion. Il est l’auteur de nombreux manuels d’enseignement supérieur en économie et gestion. Il a notamment publié A la sueur de ton front (L’Artilleur) en 2021.


Le débat semble clos avant d’avoir réellement commencé: face aux déséquilibres structurels de notre régime de retraite et compte tenu du vieillissement de la population, il serait impératif de repousser à 64 ans ou plus l’âge légal de départ à la retraite. On nous explique qu’il n’existe pas de solution alternative, et que nous sommes en retrait sur ce sujet par rapport à nos voisins: En Allemagne, on travaille jusqu’à 65 ans et 8 mois (pour les assurés nés en 1954). On part à la retraite à 67 ans en Italie, à 65 ans en Espagne, et à 66 ans au Royaume-Uni…

Mais l’on «oublie» souvent de préciser qu’en Chine l’âge légal (et obligatoire) de départ à la retraite est de 60 ans pour les hommes et de 50 ans pour les femmes (sauf fonctionnaires). Dans les pays nordiques, cet âge légal est de 61 ans en Suède, 62 ans en Norvège et 63 ans en Finlande. Et en allant plus loin, l’âge légal de départ à la retraite reste fixé aux alentours de 60 ans en Algérie, en Biélorussie, en Ukraine, au Pakistan, au Vietnam, en Inde ou en Russie…

S’appuyer sur les régimes de retraite en vigueur dans les autres pays pour décider de notre avenir est révélateur de notre renonciation à défendre une certaine indépendance et un modèle social français spécifique.

Ce que l’on oublie également, c’est que l’âge légal ne constitue qu’une pièce du puzzle: il convient aussi de s’intéresser à l’âge moyen réel de départ à la retraite dans les différents pays, qui peut s’éloigner sensiblement de l’âge légal: par exemple, en Italie, l’âge moyen de départ à la retraite est inférieur à 62 ans, soit plus de 5 années avant l’âge légal… Tout dépend en fait des modalités de décote des départs anticipés, du montant des pensions et des multiples dérogations à l’âge légal qui existent dans de nombreux pays.

On le voit, les comparaisons internationales sont en fait plus complexes qu’il n’y paraît au premier abord. Et s’appuyer sur les régimes de retraite en vigueur dans les autres pays pour décider de notre avenir est révélateur de notre renonciation à défendre une certaine indépendance et un modèle social français spécifique.

Autre question centrale: on le sait, le taux d’emploi des séniors est nettement plus faible que celui de l’ensemble de la population active: à peine plus de 30% des 60-64 ans occupent un emploi. On peut facilement expliquer ce décalage par le fait que les séniors, plus difficilement employables, sont davantage découragés et ne s’inscrivent donc plus à Pôle emploi.

Et pourtant, tout ou presque a été fait pour inciter les séniors à travailler plus longtemps: suppression des dispositifs de préretraite, report de l’âge légal de 60 à 62 ans en 2010, projets de réforme des retraites incitant à travailler plus longtemps, etcLa dispense de recherche d’emploi dont bénéficiaient certains séniors au chômage, âgés de 57 ans et plus, a été supprimée le 1er janvier 2012 conformément à l’objectif gouvernemental de « mettre un terme aux dispositifs participant à écarter les salariés séniors du marché du travail ».

Et pour favoriser le retour à l’emploi des plus de 50 ans, le gouvernement Valls a lancé le «Plan senior», dévoilé à l’occasion de la grande conférence sociale de juillet 2014, qui vise en particulier à lutter contre les freins au recrutement et au maintien en emploi des seniors. De fait, les Français sont censés rester plus longtemps en activité.

En accentuant ce processus, une éventuelle mise en œuvre de la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron risquerait de contrarier un peu plus une loi biologique incontournable: avec le temps, le corps comme le cerveau vieillissent et il est donc déraisonnable d’imposer un «âge de départ à la retraite pour tous» trop tardif. Qui accepterait de se faire opérer par un chirurgien dont les mains tremblent et dont la vue baisse, mais qui doit continuer à pratiquer pour atteindre le nombre de trimestres de travail requis (la future loi «santé» envisage pour eux un âge limite à 72 ans avec de possibles prolongations d’activité !) ? Jusqu’à quel âge un enseignant dispose-t-il de suffisamment d’énergie pour affronter une classe de 35 élèves turbulents (une note de la Région académique Île-de-France diffusée en juin 2021 envisage l’hypothèse d’une prolongation d’activité au-delà de 72 ans…)? Est-il raisonnable d’exercer un métier physique (couvreur, pompier…) passé un certain âge ? On le voit, le projet de réforme pose de façon aiguë la question d’un âge légal unique de départ à la retraite. Cette question reste taboue en France, notamment en raison du fort attachement à ce principe d’une majorité de syndicats.

Et pour celles et ceux qui quittent tardivement leur emploi, volontairement ou non, la probabilité d’en retrouver un autre s’avère particulièrement faible. Ainsi, même si cela n’est pas toujours visible dans les statistiques officielles, un cadre (ou un ouvrier) de plus de 50 ans à la recherche d’un emploi part avec un sérieux handicap et le recul programmé de l’âge de la retraite ne va pas améliorer sa situation. Le premier effet mécanique de la réforme envisagée sera de transformer des dizaines de milliers de potentiels retraités en vrais chômeurs…

Autre élément du débat trop souvent occulté: les jeunes constituent les premières victimes du chômage qui altère leur entrée sur le marché du travail, mais également leurs rémunérations et perspectives de carrière. Le taux de chômage des jeunes actifs est deux fois supérieur à celui de l’ensemble de la population française (selon l’Insee, il stagne depuis des années entre 20 et 25%). En fait, la tranche d’âge des 16-25 ans constitue une variable d’ajustement en cas de crise ou de choc externe. Elle subit prioritairement tous les aléas de l’activité économique et l’analyse empirique montre effectivement que le chômage des jeunes explose après chaque crise internationale. La crise sanitaire de 2020 en a apporté une nouvelle illustration: stages annulés ou introuvables, offres d’emploi en chute libre, contrats courts non renouvelés, débuts de carrière amputés, salaires d’embauche révisés à la baisse, etc.

Et lorsqu’un jeune obtient un emploi, il y a une forte probabilité que ce soit un contrat à durée déterminée: selon le ministère du Travail, la part des CDD dans les flux d’embauches est passée de 76% en 1993 à 87% en 2017. Et 30% de ces CDD ne durent qu’une seule journée ! Pour le Céreq, «cette nouvelle « norme » de recrutement n’est pas sans effets sur les possibilités effectives de stabilisation à moyen terme des jeunes dans l’emploi. Elle peut constituer pour certain·es un tremplin vers une carrière, mais pour d’autres une trappe à précarité».

Dans une étude publiée le 7 février 2020, la Dares admet qu’en 2018, 963 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans n’étaient ni en études, ni en emploi, ni en formation – Not in Education, Employment or Training (NEET) –, selon la définition d’Eurostat. Or cette définition conduit à minorer l’ampleur du phénomène. Car en y incluant les jeunes jusqu’à 29 ans, le nombre de NEETS en France avoisine plutôt les 1,7 million de personnes !

Résumons : d’un côté, une majorité de séniors qui désirent partir plus tôt à la retraite, l’âge idéal souhaité selon un récent sondage se situant autour de 58 ans. De l’autre une multitude de jeunes qui peinent à entrer sur le marché du travail. Même s’il n’existe pas de relation mécaniste entre les deux phénomènes, le simple bon sens ne serait-il pas de permettre aux seniors qui le souhaitent de «libérer» un emploi qui pourrait être occupé par un jeune ?

Ainsi, quand bien même il serait indispensable de «travailler davantage», cela n’implique pas nécessairement que les Français déjà en activité doivent travailler plus longtemps: comme le remarque fort justement l’OCDE, «les Français qui travaillent le font autant que dans les autres pays de l’OCDE, mais ils sont moins souvent employés et travaillent aussi moins longtemps sur la durée de leur vie ce qui nuit à leur pouvoir d’achat pendant leur vie professionnelle comme au moment de leur retraite».

Mais ce qui pose réellement problème, outre l’entrée tardive des jeunes dans le monde du travail, c’est avant tout le taux d’emploi total des Français. Ce ratio s’élevait à 65,5% fin 2019, inférieur de trois points à la moyenne des pays de l’OCDE. Autrement dit, si nous parvenions à réduire significativement le chômage, et en particulier le chômage des jeunes, il ne serait plus nécessaire d’augmenter l’âge de départ à la retraite.

 

Autre aspect de la question, malgré la persistance du chômage de masse, nous améliorons chaque année notre productivité du travail. Selon les scénarios les plus pessimistes, la productivité horaire du travail dans notre pays pourrait désormais tourner autour de 1 % par an, ce qui est beaucoup plus rapide que l’évolution de l’espérance de vie. Bref, la croissance de notre productivité ne pourrait-elle pas compenser l’allongement de l’espérance de vie ? On le voit, reculer l’âge de la retraite résulte d’un choix politique plus que d’une obligation comptable ou financière. Un constat partagé par le Conseil d’orientation des retraites (COR) qui écrit dans son dernier rapport que malgré le vieillissement de la population française, et sans réforme d’envergure, «les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon 2070».

Dans l’idéal, chaque individu devrait pouvoir choisir ses temps de travail et la date de son départ à la retraite (avec un système de décote soutenable), compte tenu de sa situation personnelle, de son appétence professionnelle et de ses besoins financiers. Et, a minima, chaque nation devrait pouvoir déterminer démocratiquement la durée du travail souhaitée en arbitrant entre le temps de travail (création de richesses) et le temps libre disponible (loisirs, repos, famille, culture…). Il s’agit d’un enjeu politique et d’un choix de société qui devrait donner lieu à de vrais débats et à des décisions souveraines.

La mondialisation nous l’interdit. En effet, dans une économie ouverte, sans mécanismes d’ajustement, il convient de rester en permanence compétitifs et de nous aligner peu ou prou sur la durée du travail pratiquée dans les pays concurrents. Des écarts sont évidemment possibles, mais le prix à payer peut être élevé (perte de compétitivité, chômage…). Le différentiel de coût du travail constitue un obstacle difficilement surmontable, et à moins de bouleverser nos relations économiques avec le reste du monde, nous sommes contraints de suivre les pratiques des économies dominantes : États-Unis, Chine ou Japon… pour lesquelles un équilibre harmonieux entre-temps de travail et temps libre ne constitue pas une priorité… ni même un objectif de second rang.

La contrainte internationale ne doit toutefois pas conduire à occulter le débat sur l’avenir de notre système de retraite, bien au contraire… Car repousser de trois années l’âge légal de départ à la retraite revient à contraindre de nombreux Français à vivre les trois années les plus difficiles de leur vie professionnelle et à se priver des trois plus belles années de leur retraite.

Réforme des retraites dès janvier (Macron) : du pipeau

 

 

Une nouvelle fois Macr on aurait bien dû se taire à propos du calendrier de la réforme des retraites dont il pense qu’elle sera en application des janvier 2023. Notons qu’il n’a pas été capable de la mettre en œuvre en cinq ans et qu’il lui faudra sans doute davantage que quelques mois pour la réaliser. Cela d’autant plus qu’il lui faudra cette fois organiser  une concertation autrement plus réelle et plus profonde. Sans parler des résistances corporatistes qu’il va rencontrer sur le terrain et qui pourrait même donner le signal du troisième tour social en France. Les difficultés seront d’autant plus grandes que pour faire passer sa réforme qu’ il lui faudra aussi attaquer les régimes spéciaux

C’est la mesure la plus clivante de son programme. Depuis qu’il s’est lancé dans la course à sa succession début mars, Emmanuel Macron n’a cessé de le marteler. Réélu, il engagera la réforme qu’il n’a pas pu mettre en œuvre dans le quinquennat qui s’achève : celle des retraites, frappée de plein fouet par la crise sanitaire en mars 2020. Invité du 20h de France 2 jeudi soir, le président-candidat a pour la première fois donné un début de calendrier. «L’idée, c’est quand même que cela (les négociations, LDLR) puisse durer quelques mois et donc qu’on puisse essayer de viser janvier prochain», annonce le sortant, qui a rappelé son souhait de repousser progressivement l’âge légal de départ à 65 ans et de rehausser le minimum retraite à 1100 euros.

Emmanuel Macron vise à reporter ce seuil à 64 ans d’ici 2028 et à 65 ans d’ici 2031. Et donc «de décaler de quatre mois par an l’âge légal» pour «financer notre modèle social.»

Réforme des pensions : Macron et Le Pen battent en retraite

Réforme des pensions : Macron et Le Pen battent  en retraite

 

Sur cette question centrale qui pourrait contribuer à désigner le vainqueur du deuxième tour des présidentielles, les candidats révisent à la baisse les critères de révision de leur réforme. En clair,  on adoucit nettement les positions avec Macron qui recule maintenant à 64 ans l’âge minimal mais avec des aménagements pour tenir compte des situations personnelles. Et Le Pen de son côté lâche aussi sur la perspective de 62 ans avec une possibilité à 60 ans pour certains.Bref Macron et Le Pen battent en retraite ! Et ce n’est sans doute pas fini.

Marine Le Pen, elle, dénonce « la manoeuvre » de Macron . Et de fustiger le changement de pied de son compétiteur sur le sujet : « entre 64 et 65 ans, c’est tout aussi terrible, c’est tout aussi injuste« , a-t-elle commenté ce matin. « En réalité, la retraite à 65 ans, il ira au bout car c’est son obsession ».

Après avoir proposé une réforme à 60 ans pour tous, la candidate du Rassemblement national a, elle, aussi revu sa copie, en février dernier. Pour être plus réaliste face aux contraintes budgétaires, elle a finalement opté pour un système progressif, en fonction de l’âge d’entrée sur le marché du travail. Autrement dit, ne bénéficieront d’un départ à 60 ans que les Français qui ont commencé à travailler tôt, avant 20 ans. Les autres partiront plus tard.

Aujourd’hui, le système général des retraites est loin d’être à l’équilibre. Après un déficit de 13 milliards d’euros en 2020 à cause de la pandémie, les comptes se sont un peu améliorés avec la reprise – meilleure que prévue -, mais le déficit reste au moins à 2,5 milliards d’euros.

Tout dépendra aussi des prochaines estimations du Conseil d’orientation des retraites, le COR, publiées jeudi. Selon le Figaro, qui a eu accès aux documents de travail en amont, le déficit des retraites devrait continuer à se creuser pour les années à venir. Dans le pire des cas, jusqu’à 0,8% du PIB d’ici 50 ans. Ce qui signifie devoir trouver entre 30 et 40 milliards d’euros.

 

Réforme des retraites : uniquement pour les générations futures !

Réforme des retraites : uniquement pour les générations futures !

 

Progressivement le projet de réforme des retraites du  président  de la république est raboté. Ainsi Macron reconnaît que les 65 ans ne constituent plus le repère symbolique et qu’on pourrait abaisser un peu l’âge de départ par exemple à 64 ans. Surtout Macron envisage une mesure significative d’abandon puisque la réforme ne serait applicable qu’aux générations futures. En clair dans 30 ou 40 ans. Un délai suffisant pour que tout soit remis en cause en fonction de l’évolution structurelle et conjoncturelle. Bref une réforme qui deviendrait assez théorique.

 

Suspendue en mars 2020 pour cause de confinement, la réforme des retraites est défendue comme nécessité financière par le président-candidat afin de combler le déficit du système. Cette nouvelle version sera toutefois «différente de celle de 2017 parce que les conditions macroéconomiques ne sont pas les mêmes», a-t-il promis début avril. Emmanuel Macron souhaite mettre en oeuvre «un régime universel plus simple» mais, cette fois «seulement pour les générations futures», qui inclurait la suppression des principaux régimes spéciaux et la prise en compte des carrières longues et de la pénibilité des métiers. «Les personnes aux métiers les plus durs doivent partir plus tôt», a-t-il confirmé ce lundi. Il a ainsi proposé, comme en 2019, un système «individualisé» avec une analyse de la pénibilité des tâches que chacun a accompli pendant sa carrière. Il a suggéré des bilans de santé gratuits de la Sécurité sociale à 40 et 65 ans pour l’évaluer.

La réforme du système médical

La réforme du système médical

Dans l’ouvrage collectif qu’ils ont dirigé, les sociologues Nicolas Duvoux et Nadège Vezinat proposent des pistes de réflexion et présentent des initiatives visant à corriger les défauts du système médical.C’est un plaidoyer pour une « santé sociale » que nous livre, sur une centaine de pages, un collectif d’universitaires. Derrière ces deux termes, le concept, qui sert aussi de titre à l’ouvrage coordonné par Nicolas Duvoux et Nadège Vezinat, professeurs de sociologie à l’université Paris-VIII, représente pour les deux auteurs à la fois un « défi » et une « nécessité ». Ils appellent ainsi à relier deux univers « restés jusqu’ici trop séparés (…) en liant davantage ouverture de droits sociaux et accompagnement social avec la thérapeutique ». (analyse du Monde)

Le contexte de la crise sanitaire est venu appuyer leur vision. « La démonstration d’un lien entre santé, inégalités sociales et dynamiques ségrégatives a mis en évidence le besoin d’un tournant social et préventif en matière de politiques sanitaires », selon eux. « La redécouverte de l’interdépendance entre les membres de la société aura été l’une des principales leçons de la crise sanitaire du Covid-19 », jugent-ils, citant « l’exposition différenciée à la contamination et à la mortalité », ou encore « l’accès inégal à la vaccination ».

 

Ces inégalités sociales de santé, bien connues du monde médical, ont explosé au grand jour à la simple observation des taux de mortalité dus à l’épidémie, bien plus élevés dans les quartiers défavorisés aux logements exigus, aux métiers plus exposés ou encore dont les populations souffrent plus que d’autres de comorbidités. Ce sont encore les taux de vaccination bien moindres des territoires populaires qui sont venus les illustrer.

Résultat : cette autre manière d’aborder la santé – qui n’est ni la « médecine sociale » ni réductible au concept de « santé publique », entendue le plus souvent seulement dans un aspect collectif – nécessite une ouverture « hors du soin », estiment les chercheurs. Et de citer des exemples comme le fait de proposer de l’activité physique adaptée ou la mise en place d’ateliers « cuisine » pour les diabétiques.

La démonstration, parfois un peu aride sur le plan théorique, vient s’incarner à travers l’examen des nombreuses expérimentations qui cherchent à mettre en œuvre ces principes plaçant « les objectifs sociaux au cœur de leur finalité ». Ce sont ces municipalités qui ouvrent des centres de santé, ces médecins libéraux qui se regroupent au sein de maisons de santé pluriprofessionnelles, ou encore ces hôpitaux qui disposent de « permanences d’accès aux soins de santé », mêlant consultations de médecine générale couplées à un travail social ayant pour objectif d’ouvrir des droits sociaux aux patients.

De Pole emploi à France travail : une réforme bidon

De Pole emploi à France travail : une réforme bidon 

Une nouvelle fois on va changer le nom de l’institution en charge de la gestion des chômeurs. Un changement de vitrine qui ne va pas modifier le fond à savoir l’ incompétence d’une institution à réinsérer des personnes privées de travail. Et pour cause la quasi-totalité des personnels chargés de cette mission n’ont jamais mis les pieds dans l’économie réelle puisque ce sont des fonctionnaires.

La seconde raison est liée au fait il faut une conjoncture favorable pour faciliter l’insertion professionnelle. Quand il n’y a pas d’emploi on ne peut pas faire des miracles. Dernier élément les entreprises recourent très rarement à pôle emploi pour recruter mais préfèrent s’adresser à des agences d’intérim beaucoup plus performante pour définir les profils recherchés et adapter la à la demande.

Renommer Pôle emploi en France Travail. C’est l’une des propositions de campagne dévoilée, ce jeudi, par Emmanuel Macron. Au-delà du changement de nom, «l’idée est que France Travail rapproche des acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation et qu’ils travaillent ensemble pour répondre à un objectif de plein-emploi», explique une source de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. En réalité le choix du changement de nom viendrait d’une société de conseil politique ! Bref surtout de la pub!

 

 

Réforme des retraites ou de l’État providence ?

Réforme des retraites ou de l’État providence ? 

 

La stratégie de baisse d’impôts et de charges choisie pendant le quinquennat n’est plus tenable face aux besoins d’investissement à venir, estime l’économiste Xavier Ragot dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

La discussion sur la réforme des retraites ne doit pas se réduire à un débat paramétrique sur les économies qu’elle permettrait de réaliser. Elle devrait surtout concerner la formation, l’accès à l’emploi et les conditions de travail des seniors. De même, les autres investissements que la France doit consacrer à presque tous les secteurs essentiels – santé, éducation, lutte contre le changement climatique –, ne doivent pas, eux non plus, être victimes d’une approche purement budgétaire, ce qui pourrait conduire à des dépenses mal calibrées, faute de cohérence globale. Ainsi, c’est l’Etat-providence du XXIe siècle et son financement qui devraient être le véritable sujet du débat présidentiel.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron a été, à cet égard, plus ambivalent qu’on pourrait le penser. Le revenu des ménages a augmenté de 300 euros par an en moyenne, alors qu’il avait quasiment stagné pendant le mandat de François Hollande. Or, cette augmentation s’explique par la hausse de l’emploi mais aussi par la baisse de la fiscalité : abandon progressif de la taxe d’habitation, réduction de la fiscalité du capital, défiscalisation des heures supplémentaires. Cette baisse de la fiscalité, et le refus assumé de toute hausse d’impôts, a ainsi conduit à une hausse de la dette publique de 16 points de PIB sur le quinquennat, malgré un environnement de taux d’intérêt très faibles il est vrai. Les mesures consécutives au mouvement des « gilets jaunes », le « quoi qu’il en coûte » face au Covid-19, le chèque inflation ou la remise carburant de 15 centimes n’ont pas été compensés, ni par des hausses d’impôts, ni par des mesures d’austérité.

De même, ce sont les dépenses budgétaires et la dette publique qui ont permis de soutenir les revenus : la défiscalisation des heures supplémentaires et la prime d’activité ont été préférées à une hausse du SMIC ou du point d’indice de la fonction publique. Le soutien budgétaire aux contrats d’apprentissage – l’aide exceptionnelle mise en place en 2020 couvre au moins 80 % du salaire d’un apprenti – et aux contrats de professionnalisation a conduit à leur augmentation de 50 % sur le quinquennat, contribuant à faire baisser le chômage des jeunes.

Quels ont été les effets de cette politique sur les inégalités ? Selon les estimations de l’Observatoire français des conjonctures économiques, le revenu des ménages les plus pauvres a bénéficié du transfert monétaire pendant la crise sanitaire et de la hausse de l’emploi. Le revenu des classes moyennes a augmenté grâce à la baisse de la taxe d’habitation et à la défiscalisation des heures supplémentaires. Les classes moyennes supérieures sont celles qui ont, en proportion de leur revenu, bénéficié le moins de cette politique. Mais ce sont les 10 %, voire les 1 % les plus riches qui en ont bénéficié le plus : la baisse de la fiscalité du capital n’a pas eu les effets positifs annoncés sur l’investissement, mais a concentré les gains de revenu sur les patrimoines les plus élevés. La forme globale des gains suit ainsi une courbe en « éléphant » avec une hausse pour les classes moyennes, une décroissance pour les classes moyennes supérieures et une hausse importante pour les plus riches.

 

Union européenne : la nécessité d’une réforme de la gouvernance économique.

Union européenne : la nécessité d’une réforme de la gouvernance économique.

 La réforme des règles budgétaires du Pacte de Stabilité et de Croissance – au cœur de la révision – doit absolument s’accompagner d’une seconde réforme destinée à mettre sur pied une nouvelle capacité centrale européenne d’investissement, de grande ampleur et pérenne, pour financer la transition écologique. Par Victor Warhem, économiste, et Marc Uzan, directeur du Centre de Politique Européenne (cep) Paris 

 

 

Après le Sommet de Versailles, qui n’a fait qu’ouvrir le débat sur le « nouveau modèle de croissance européen » et s’est plutôt focalisé sur les réponses à apporter à la guerre en Ukraine, le Centre de politique européenne (cep) de Paris souhaite réinsister sur la nécessité d’une réforme de la gouvernance économique de l’Union, pour à la fois retrouver une marge de manœuvre budgétaire suffisante dans tous les États membres, et pour financer l’avenir d’une Union plus souveraine, en termes de croissance, d’énergie ou de défense.

La révision de cette gouvernance est soutenue par un consensus institutionnel qui met en avant l’inefficacité des règles budgétaires européennes, et par des évolutions macroéconomiques majeures qui ont profondément bouleversé la dynamique des dettes publiques. Pour adapter ce cadre au monde d’aujourd’hui et aux défis de demain, il convient de conserver des règles budgétaires qui seraient plus adaptées aux contextes nationaux, mais aussi de développer une nouvelle « force de frappe » budgétaire européenne, délivrée de manière conditionnelle aux États membres.

De nombreuses voix, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union, appellent à un changement de la gouvernance économique de l’Union. Parmi elles, le Comité budgétaire européen plaide en faveur d’une modification des règles budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), jugées peu claires et mal adaptées aux contextes et spécificités nationales. Par ailleurs, le FMI, la Banque mondiale et la Banque centrale européenne estiment également qu’il est nécessaire de réviser une nouvelle fois le PSC, malgré les révisions précédentes de 2005, 2011, 2012 et 2015. Dans ce contexte, le 19 octobre 2021, la Commission européenne a relancé sa consultation de février 2020 sur la révision de la gouvernance économique de l’Union.

Ce consensus institutionnel s’explique surtout par l’obsolescence des règles budgétaires européennes et par un environnement macroéconomique qui a radicalement changé.

Ainsi, les règles actuelles du PSC sont complexes et inefficaces. Elles n’ont pas permis de réduire le ratio dette-sur-PIB partout dans l’Union, et ce malgré les réformes structurelles menées par les États membres qui en avaient le plus besoin après la crise financière de 2008-2009 et la crise de la zone euro de 2010-2011.

En outre, ces règles amplifient les divergences en matière de finances publiques. Ces mêmes divergences entraînent actuellement un risque accru de défaut sur la dette souveraine des pays européens les plus endettés, ce qui crée de nouvelles tensions dans la zone euro. Alors que la BCE vient d’annoncer qu’elle réduirait les achats d’actifs de l’« Asset Purchase Program » à 20 milliards d’euros par mois en juin 2022, contre 40 milliards d’euros par mois aujourd’hui, et va cesser la hausse de ses achats nets dans le cadre « Pandemic Emergency Purchase Program » à la fin du mois de mars, ces tensions vont s’accroitre. Les mesures budgétaires destinées à contrebalancer les effets délétères de la guerre en Ukraine sur le niveau des prix des matières premières risquent donc de mettre certains pays au sud de l’Europe dans une situation délicate.

Par ailleurs, les niveaux d’investissements publics sont en baisse depuis de nombreuses années en raison des contraintes budgétaires pesant sur les États membres, ce qui remet en question la croissance et la souveraineté économique dans l’Union dans un monde post-pandémie.

Compte tenu de cette situation très complexe, comment réduire les ratios dette-sur-PIB et renforcer simultanément la croissance économique de l’Union ? Cela semble possible uniquement en poursuivant une stratégie de « la carotte et du bâton ».

Tout d’abord, le lancement d’un programme sérieux de réduction des ratios dette-sur-PIB nécessite le maintien de règles budgétaires. L’idée de s’appuyer uniquement sur des « standards » calculés ex-post – comme ceux promus par Blanchard, Leandro et Zettelmeyer – n’est pas appropriée car des règles communes garantissent l’équité entre les États membres qui appartiennent tous à la même Union. Ils doivent donc suivre le même ensemble de règles pour garantir une Union entre égaux plutôt qu’une Union entre privilégiés et moins privilégiés, intenable à long-terme.

En outre, même si les États membres ne respectent pas toujours les règles du PSC, des études empiriques ont montré que ces règles contraignent effectivement les déficits publics et incitent bel et bien à la réduction du ratio dette-sur-PIB, et donc à la soutenabilité budgétaire. La « discipline de marché » seule s’avère trop imprévisible et volatile pour aider les États à maintenir leur discipline.

S’agissant des règles en elles-mêmes, un travail de simplification est nécessaire. Elles devraient notamment s’appuyer sur la croissance potentielle comme seul élément prospectif pour calculer des plafonds de dépenses nationales, ce qui pourrait être fait sur une base pluriannuelle afin d’assurer une plus grande prévisibilité, applicabilité et crédibilité avec comme objectif d’envoyer un signal de discipline budgétaire à moyen terme aux marchés. En outre, l’évaluation des situations budgétaires et des clauses d’exemption devrait être confiée à un réseau d’autorités budgétaires nationales indépendantes coordonnées par une agence de supervision européenne.

Toutefois, quels que soient les changements, les règles budgétaires du PSC resteront un « bâton » axé sur la réduction des ratios dette-sur-PIB, compte tenu du contexte macroéconomique.

Les décideurs devraient plutôt consacrer l’essentiel de leur énergie à concevoir une « carotte » : un instrument d’investissement pérenne, de préférence une capacité budgétaire centrale élargie, qui aiderait l’Union à atteindre la neutralité carbone en 2050 – en soutenant le secteur privé qui peine à s’engager dans cette transition et a besoin d’un soutien public pour des investissements risqués et pas nécessairement très rentables. Avec la guerre en Ukraine, cette capacité budgétaire centrale serait également chargée de viser l’indépendance énergétique et de renforcer la défense de l’Union. Ces fonds publics pourraient avoir un effet de levier sur les investissements privés, comme l’actuel NextGenerationEU ou comme le plan Juncker il y a quelques années. En outre, ils inciteraient les États membres à mener des réformes en raison de la conditionnalité de leur accès à l’accomplissement de ces mêmes réformes.

Toutefois, cette capacité budgétaire centrale élargie et pérenne ne doit pas conduire à un fédéralisme budgétaire sur le modèle américain ou suisse. Un « moment hamiltonien », où tous les États membres de l’Union décideraient de mutualiser leurs dettes et leurs ressources budgétaires, est encore loin, et n’est même pas souhaitable tant que les préférences nationales restent différentes d’un pays à l’autre dans l’Union. Une solution fonctionnelle peut être trouvée entre un fédéralisme budgétaire pur et l’incomplétude actuelle de l’union économique et monétaire.

Les récentes déclarations de certains ministres des Finances suggèrent que les États membres sont déjà prêts pour une réforme du PSC axée sur la nationalisation du rythme de réduction des ratios dette-sur-PIB, ce qui constituerait une première étape dans la réduction du biais pro-austérité.

Néanmoins, aucune déclaration officielle n’a été faite concernant la pérennisation de la facilité pour la reprise et la résilience du programme NextGenerationEU ni sur la mise en place d’un nouvel instrument exclusivement axé sur la transition écologique et énergétique ou le financement de projets favorisant l’autonomie stratégique de l’Union.

La guerre en Ukraine pourrait bien être l’occasion d’accélérer sur ce volet avec le plan actuellement débattu « REPower EU », destiné à financer l’indépendance énergétique de l’Union et la défense européenne, qui pourrait atteindre 200 milliards d’euros. Finalement, Poutine, qui voulait éviter la constitution d’une véritable Europe-puissance, en sera peut-être le premier artisan.

Finalement, une proposition officielle de réforme de la gouvernance économique de l’Union par la Commission est attendue en juin 2022 pour une mise en œuvre en 2024.

Avec les derniers évènements géopolitiques, la probabilité que cette réforme soit ambitieuse a augmenté. L’Union a déjà su montrer qu’elle pouvait agir de manière rapide et forte, avec le régime de sanctions imposé à la Russie en quelques jours fin février et début mars. Les temps difficiles qui s’annoncent seront donc peut-être le ferment d’une Union budgétaire et fiscale européenne puissante que le cep Paris appelle de ses vœux.

______

 

Retraites : réforme antisociale ?

Retraites : réforme antisociale ?

Les économistes Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty critiquent, dans une tribune au « Monde », l’annonce faite par Emmanuel Macron de repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans, s’il est réélu président. Ils considèrent qu’il s’agit, en un sens, d’une réforme faite pour « emmerder » les Français.

 

Un débat qui se justifie surtout du fait que la non prise en compte de la pénibilité renforce évidemment de façon considérable les inégalités. NDLR

 

 

 

Tribune.

 

Emmanuel Macron veut, s’il est réélu, repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Changement de registre, donc : il abandonne l’équité qui guidait, selon lui, le projet de système universel, pour se rabattre sur une modification paramétrique, le recul de l’âge, présenté comme une nécessité économique, la pandémie ayant dégradé les comptes. Il annonce aussi un geste pour les petites retraites : un minimum de pension de 1 100 euros mensuels pour les personnes ayant une carrière complète.

Rétablissons d’abord les choses sur ce prétendu geste : la loi de 2003, article 4, impose déjà que le minimum de pension pour une carrière complète soit égal à 85 % du smic… ce que le président Macron a négligé de faire appliquer durant son quinquennat ! Compte tenu du smic actuel (1 269 euros), le minimum légal est déjà aujourd’hui de 1 079 euros !

Ensuite, il est clair qu’un recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite serait très injuste pour de nombreuses catégories de salariés. Il ne pèserait guère sur la carrière des cadres, car ayant rarement commencé à travailler avant 22 ans, les 43 ans de cotisations exigés à partir de la génération 1973 les amènent déjà à 65 ans.

Mais pour une personne entrée en emploi à 18 ou 19 ans, ce recul signifie concrètement devoir attendre trois ans de plus en emploi… ou, comme souvent, au chômage ou en inactivité. D’autant plus que, pour de nombreuses personnes, les premières années de retraite sont vécues comme les meilleures, alors que, si elles devaient être travaillées, elles deviendraient les plus difficiles de la carrière. Rappelons que la prise en compte de la pénibilité des métiers, toujours promise lors des réformes de retraite, n’a toujours pas abouti.

Mesure injuste encore, car s’il est vrai que globalement on vit plus longtemps – pas forcément en bonne santé et avec un allongement devenu aujourd’hui très faible –, l’espérance de vie n’est qu’une moyenne qui masque de grandes inégalités.

Ainsi, entre les 5 % les plus aisés et les 5 % les plus modestes, l’écart d’espérance de vie à 60 ans est de huit ans chez les hommes et de cinq ans chez les femmes. Ecart qui se retrouve donc dans la durée espérée de retraite. De plus, en faisant travailler plus longtemps ceux qui ont déjà un emploi, Emmanuel Macron laisse sur la touche 5,5 millions de chômeurs et ignore que la moitié des 59-62 ans sont hors de l’emploi.

Par ailleurs, l’argument de la nécessité économique ne tient pas. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) indique que « malgré le contexte de la crise sanitaire et le vieillissement progressif de la population, les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le produit intérieur brut (PIB) resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon 2070 » (rapport de juin 2021). Le système de retraites a certes enregistré un déficit de 0,6 % du PIB en 2020, mais cette dégradation est conjoncturelle, due à la baisse des ressources liée à la baisse d’activité.

RÉFORME DU BAC: PÉCRESSE CRITIQUE LA MARGINALISATION DES MATHÉMATIQUES

RÉFORME DU BAC: PÉCRESSE CRITIQUE LA MARGINALISATION DES MATHÉMATIQUES

 

Valérie Pécresse a fortement critiqué la baisse constatée des mathématiques dans la réforme du bac: les trois anciennes filières du bac général (L, ES, S) ont été supprimées et les lycéens ont désormais le choix entre plusieurs enseignements de spécialité.

« La réforme Blanquer a eu malheureusement un effet pervers », a commenté Valérie Pécresse. « C’est qu’on a enlevé beaucoup de mathématiques. On a enlevé beaucoup de matières scientifiques dans les lycées parce qu’on a fermé les filières S qui étaient les filières des bons élèves ».

La première conséquence de la réforme porte sur le nombre d’heures par discipline. En deux ans, le nombre d’heures dispensées par les professeurs de mathématiques a baissé de plus de 18 % en première et terminale générale et technologique. La baisse résulte en partie de la disparition des mathématiques du tronc commun d’enseignement, mais aussi du choix des élèves, souligne l’étude.D’autres disciplines ont souffert, comme la technologie (-27 % du volume d’heures en deux ans) ou les sciences économiques et sociales (-14 %).

Pour les mathématiques, « bien sûr, le volume horaire est problématique », admet Pierre Mathiot, grand inspirateur de la réforme du lycée. Pas étonnant les mathématiques ont perdu environ 20 % d’heures d’enseignement tandis que la matière Science et Vie (écologie notamment ) en gagnait  au moins autant. Les pertes sont aussi importants dans la filière technologie.

 

Bref la France formera sans doute davantage de « poètes » à l’avenir mais encore moins d’ingénieurs et de techniciens dont elle a cruellement besoin;

autant de poètes qui iront aussi nourrir les effectifs de la fonction publique  ! NDLR

Santé : Les vrais sujets d’une réforme

Santé :  Les vrais sujets d’une réforme

 

Dix organisations mutualistes et syndicales disent redouter, dans une tribune au « Monde », la politisation du débat sur l’articulation entre Sécurité sociale et complémentaires santé et invitent les parties prenantes à s’emparer des vrais sujets : poids excessif du coût de la santé dans le budget de certains foyers, déserts médicaux, etc.

 

Tribune.

 

Depuis 2019, le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie (HCAAM) mène des réflexions sur la question de l’articulation entre la Sécurité sociale et les complémentaires santé.

Cette instance, qui réunit plus d’une soixantaine d’acteurs du monde de la protection sociale et qui produit des analyses et des avis préalables au travail législatif, est soumise, dans un contexte préélectoral, à une politisation de ses débats peu propice à leur bon achèvement.

Pourtant, le HCAAM est un lieu d’intelligence collective où les acteurs ne sont pas dans le conflit mais dans la recherche de solutions communes au bénéfice de l’intérêt général. Les signataires réaffirment l’intérêt d’une telle instance, nécessaire pour la démocratie sanitaire de notre pays, et condamnent fermement les instrumentalisations. Ils souhaitent que les prochains travaux retrouvent la sérénité nécessaire à la qualité des avis.

Alors que le reste à charge des Français est le plus bas d’Europe, une polémique nourrie enfle sur l’un des scénarios que cette instance documente, celui d’une étatisation de la complémentaire de santé, dite « grande Sécu ». Pour ne pas nous égarer dans une vaine polémique, nous souhaitons réaffirmer les enjeux auxquels les Français et notre système de santé sont confrontés.

Le débat sur l’articulation entre la Sécurité sociale et les complémentaires santé est pertinent dès lors qu’il réclame des réponses à de vraies interrogations, comme celles, par exemple, du poids excessif du coût de la santé dans le budget de certains foyers.

Mais ce débat et certaines solutions trop simplistes ne répondent pas, loin s’en faut, aux difficultés quotidiennes que vivent les Français. Déserts médicaux, allongement des délais pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste ou spécialiste, crise profonde de l’hôpital soumis à de dramatiques difficultés de recrutement, prise en charge insuffisante de la perte d’autonomie : voilà les principaux enjeux, immédiats, prioritaires, auxquels ils sont confrontés pour accéder aux soins.

Il faut, par ailleurs, sortir notre système de santé des ornières dont il ne peut se dégager depuis trop longtemps : complémentarité insuffisante entre les soins de ville et l’hôpital, excessivement sollicité, système exagérément organisé autour des soins au détriment de la prévention, autour de la croyance dans la toute-puissance d’un Etat central au détriment du formidable potentiel des acteurs de terrain : collectivités locales, associations de patients, professionnels de santé, partenaires sociaux, complémentaires santé… Un Etat central qui, face à la hausse des dépenses de santé sous le poids du vieillissement de la population, du développement des maladies chroniques et du progrès technique, ne trouve que des solutions comptables – ou le recours à la dette sociale – pour masquer temporairement les déficits qu’il génère structurellement.

Réforme de l ‘héritage : capital de départ pour tous et une autre fiscalité ?

Réforme de l ‘héritage :  capital de départ pour tous et une autre  fiscalité ?

 

L’héritage st sa fiscalité pourraient être modifiés de façon à ces fondamentale si l’on retient les propositions du Conseil d’analyse économique rattachée au Premier ministre. Il s’agirait en fait de raboter sérieusement le montant des gros héritages et permettre l’attribution notamment d’un capital à tous les Français afin de réduire les inégalités.

De quoi évidemment déclencher des réactions fortes en raison de l’aspect culturel et sociétal de l’héritage. La remise en question est toutefois sans doute nécessaire

En effet l’âge moyen au décès est passé d’à peine 60 ans à près de 80 ans au cours du 20e siècle, et l’âge moyen à l’héritage est passé de 30 ans à 50 ans. Il s’agit bien entendu de moyenne et dans de nombreux cas les verrouiller ont 60 ans voire davantage. L’héritage dans ce cas n’a à leur plus aucun sens social sociétal.

Dans une note très documentée dévoilée ce mardi 21 décembre après un long travail de plus de deux ans et demi, les économistes du conseil d’analyse économique (CAE) expliquent que l’héritage joue à nouveau un rôle prépondérant dans la montée des inégalités.

« En France, la part de la fortune héritée dans le patrimoine total représente désormais 60% contre 35% au début des années 1970″ soulignent les experts.  »L’héritage revient en force. Le patrimoine hérité a beaucoup augmenté dans le patrimoine total. L’héritage est beaucoup plus inégalement réparti que bien d’autres ressources. Il devient indispensable d’hériter pour accéder au sommet de la pyramide social du niveau de vie. Ce constat est partagé dans les pays de l’OCDE. Cela suscite un regain d’intérêt sur les politiques de redistribution. Il y a un vrai danger sur l’égalité des chances avec ce retour de l’héritage », a déclaré l’économiste et enseignant à la London School of Economics (LSE), Camille Landais, lors d’un point presse.

A cela s’ajoute la forte concentration du patrimoine au sein des plus aisés étayée par le récent rapport sur les inégalités mondiales codirigé par le spécialiste du sujet Thomas Piketty. « Il y a une énorme concentration sur le patrimoine hérité », a ajouté Camille Landais.

 

Héritage : un capital de départ pour tous et réforme de la fiscalité ?

Héritage : un capital de départ pour tous et réforme de la fiscalité ?

 

L’héritage st sa fiscalité pourraient être modifiés de façon à ces fondamentale si l’on retient les propositions du Conseil d’analyse économique rattachée au Premier ministre. Il s’agirait en fait de raboter sérieusement le montant des gros héritages et permettre l’attribution notamment d’un capital à tous les Français afin de réduire les inégalités.

De quoi évidemment déclencher des réactions fortes en raison de l’aspect culturel et sociétal de l’héritage. La remise en question est toutefois sans doute nécessaire

En effet l’âge moyen au décès est passé d’à peine 60 ans à près de 80 ans au cours du 20e siècle, et l’âge moyen à l’héritage est passé de 30 ans à 50 ans. Il s’agit bien entendu de moyenne et dans de nombreux cas les verrouiller ont 60 ans voire davantage. L’héritage dans ce cas n’a à leur plus aucun sens social sociétal.

Dans une note très documentée dévoilée ce mardi 21 décembre après un long travail de plus de deux ans et demi, les économistes du conseil d’analyse économique (CAE) expliquent que l’héritage joue à nouveau un rôle prépondérant dans la montée des inégalités.

« En France, la part de la fortune héritée dans le patrimoine total représente désormais 60% contre 35% au début des années 1970″ soulignent les experts.  »L’héritage revient en force. Le patrimoine hérité a beaucoup augmenté dans le patrimoine total. L’héritage est beaucoup plus inégalement réparti que bien d’autres ressources. Il devient indispensable d’hériter pour accéder au sommet de la pyramide social du niveau de vie. Ce constat est partagé dans les pays de l’OCDE. Cela suscite un regain d’intérêt sur les politiques de redistribution. Il y a un vrai danger sur l’égalité des chances avec ce retour de l’héritage », a déclaré l’économiste et enseignant à la London School of Economics (LSE), Camille Landais, lors d’un point presse.

A cela s’ajoute la forte concentration du patrimoine au sein des plus aisés étayée par le récent rapport sur les inégalités mondiales codirigé par le spécialiste du sujet Thomas Piketty. « Il y a une énorme concentration sur le patrimoine hérité », a ajouté Camille Landais.

 

Réforme de l’ENA : la grande supercherie

Réforme de l’ENA : la grande supercherie

 

Le président de la république après avoir manifesté son intention de supprimer l’ENA finalement va se limiter à un changement de nom. Juste quelques réformes mineures mais qui ne changeront  pas le fait qu’on forme  en France des technocrates complètement coupés des réalités mais qui pourtant ensuite colonisent  bien sûr l’administration mais aussi l’économie et les partis politiques.

Dans la nouvelle réforme, les élèves mettront un peu plus de temps pour accéder aux fonctions,  cela  ne changera fondamentalement  leurs compétences.

On ne verra plus de jeunes de 25 ans propulsés à des postes à haute responsabilité : les diplômés de l’ISP devront d’abord passer plusieurs années dans des fonctions opérationnelles sur le terrain avant de pouvoir accéder aux postes de direction, a expliqué le chef de l’Etat, lui-même énarque. Mais cela ne changera pas la sociologie des technocrates à la tête des plus hautes fonctions publiques.

Pour preuve que cette réforme de l’ENA est une supercherie,  la réforme entrera en application dès le 1er janvier 2022. Autant dire qu’on a changé la marque commerciale  en conservant  les bâtiments et surtout la culture.

 

Réforme de la retraite à points enterrée par Élisabeth Borne

Réforme de la  retraite à points enterrée par Élisabeth Borne

Il ’y aura pas pas de réforme des retraites durant ce mandat présidentiel mais en plus la philosophie même de la transformation envisagée pourrait être assez fondamentalement modifiée. En clair on devrait simplement simplifier le système centré sur l’unification des régimes et un minimum de pension.

Il faut dire que la retraite à points paraissait particulièrement complexe et que tout dépendait au-delà du critère retenu surtout de la valeur du point et de sa traduction dans le niveau des retraites.

Au cours de sa dernière télévisée le président la république a considéré que des conditions n’étaient pas réunies pour réaliser maintenant la réforme repoussée donc après les élections présidentielles de 2022. À l’occasion de cette allocution, Emmanuel Macron n’a pas évoqué la possibilité d’une réforme par points, qui constituait le thème clé de son projet de réforme de 2017. A ses yeux, il s’agit désormais de « repousser l’âge légal »« supprimer les régimes spéciaux en harmonisant les règles entre public et privé »« d’encourager le travail au-delà de l’âge légal » et de « faire en sorte qu’au terme d’une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1.000 euros ». Pour parvenir à la prise en compte de l’ensemble d’une durée d’activité, « il y a d’autres façons de le faire (que le système par points) et peut-être que c’est préférable », juge Elisabeth Borne.

 

Politique-Réforme des retraites : reportée aux calendes électorales ( Macron)

Politique-Réforme des retraites : reportée aux calendes électorales ( Macron)

 

Le grand projet réformateur ne sera pas mis en œuvre lors de ce mandat présidentiel. Motif : « les conditions ne sont pas remplies ».

 

Une explication un peu courte pour justifier l’immobilisme d’un président qui navigue dans le en même temps pour finalement renoncer. En cause sans doute , d’abord la méthode puisque le gouvernement a cru pouvoir s’affranchir de l’association des partenaires sociaux. Pour un peu , il aurait  convoqué une pseudo convention citoyenne d’une trentaine de poilus pour légitimer une réforme mal ficelée.

C’est en effet le second aspect de la question. Cette réforme  à points est particulièrement mal construite. Elle est surtout constituée de slogans mais la méthodologie paraît particulièrement floue. Par contre évidemment l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général sur le principe obtient le soutien d’une grande partie de l’opinion publique. Reste cependant là aussi en préciser les modalités et les champs d’application car il y aura de nombreuses exemptions dont certaines plus ou moins justifiées.  En outre se posera le problème de l’étalement dans le temps de la mise en œuvre d’une réforme relativement complexe et qui ne produira des effets financiers significatifs que dans 30 ou 40 ans.

La mesure la plus emblématique sera sans doute de repousser assez rapidement l’âge de départ en retraite de deux ans soit vers 64 ans …. pour l’instant. Cela en raison de l’évolution démographique et de l’équilibre des caisses de retraite.

Emmanuel Macron a en effet déclaré «dès 2022 il faudra, pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations, prendre des décisions claires» suivant «des principes simples». Il faudra, a-t-il énuméré, «travailler plus longtemps en repoussant l’âge légal, aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé et en faisant en sorte qu’au terme d’une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1000 euros».

Il a enfin évoqué la possibilité de «partir en retraite progressivement, d’accumuler des droits plus rapidement pour celles et ceux qui le souhaitent» et «d’encourager le travail au-delà de l’âge légal aussi pour celles et ceux qui en ont envie».

Réforme des retraites : reportée aux calendes électorales ( Macron)

Réforme des retraites : reportée aux calendes électorales ( Macron)

 

Le grand projet réformateur ne sera pas mis en œuvre de ce mandat présidentiel. Motif : « les conditions ne sont pas remplies ».

 

Une explication un peu courte pour justifier l’immobilisme d’un président qui navigue dans le en même temps pour finalement renoncer. En cause sans doute , d’abord la méthode puisque le gouvernement a cru pouvoir s’affranchir de l’association des partenaires sociaux. Pour un peu , il aurait  convoqué une pseudo convention citoyenne d’une trentaine de poilus pour légitimer une réforme mal ficelée.

C’est en effet le second aspect de la question. Cette réforme  à points est particulièrement mal construite. Elle est surtout constituée de slogans mais la méthodologie paraît particulièrement floue. Par contre évidemment l’alignement des régimes spéciaux sur le régime général sur le principe obtient le soutien d’une grande partie de l’opinion publique. Reste cependant là aussi en préciser les modalités et les champs d’application car il y aura de nombreuses exemptions dont certaines plus ou moins justifiées.  En outre se posera le problème de l’étalement dans le temps de la mise en œuvre d’une réforme relativement complexe et qui ne produira des effets financiers significatifs que dans 30 ou 40 ans.

La mesure la plus emblématique sera sans doute de repousser assez rapidement l’âge de départ en retraite de deux ans soit vers 64 ans …. pour l’instant. Cela en raison de l’évolution démographique et de l’équilibre des caisses de retraite.

Emmanuel Macron a en effet déclaré «dès 2022 il faudra, pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations, prendre des décisions claires» suivant «des principes simples». Il faudra, a-t-il énuméré, «travailler plus longtemps en repoussant l’âge légal, aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé et en faisant en sorte qu’au terme d’une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1000 euros».

Il a enfin évoqué la possibilité de «partir en retraite progressivement, d’accumuler des droits plus rapidement pour celles et ceux qui le souhaitent» et «d’encourager le travail au-delà de l’âge légal aussi pour celles et ceux qui en ont envie».

La réforme justice: Problème de moyens ou de gestion ?

La réforme justice: Problème de moyens ou de gestion ?

 Un article de Marie-Amélie Lombard-Latune dans l’Opinion  tord le coup  à la revendication permanente de moyens supplémentaires pour la justice en s’appuyant sur l’analyse de la Cour des Comptes. 

La justice est encombrée, c’est une évidence mais encombrée surtout par des affaires qu’elle ne devrait pas traiter. Un exemple un nombre de plaintes considérables pourraien t être géré directement par les médiateurs; autre exemple que vient  la Sextape de l’affaire Benzema devant les tribunaux. Pourquoi le recours systématique aux avocats qui complexifient à dessein les procédures etc. NDLR

« La conviction de la Cour » des comptes est que la justice « a besoin moins d’être réformée que mieux gérée. » Mine de rien, c’est un pavé dans la mare que lancent les magistrats financiers. Le message est clair : après des décennies de disette budgétaire, les ressources existent, elles doivent désormais être mieux réparties. A l’heure des Etats généraux de la justice, ce constat des Sages de la rue Cambon, à contre-courant des discours du corps judiciaire, mérite d’être exposé. Il est dressé par la note « Enjeux structurels pour la France » d’octobre 2021 et a été réalisé par la 4e chambre de la Cour.

Côté budget, les hauts magistrats rappellent que la justice a vu ses crédits grimper de 22 % entre 2011 et 2021. Après une hausse de 8 %, déjà enregistrée en 2021, la même augmentation vient à nouveau d’être votée pour 2022 (soit 720 millions d’euros), ce lundi par l’Assemblée. Un « doublé historique » ne manque pas de souligner le cabinet du ministre Eric Dupond-Moretti, qui se félicite aussi que le recrutement de 650 juges permette de franchir la barre symbolique des 9 000 magistrats en France. Sans oublier la « justice de proximité » et les 11 % d’effectifs en plus dans les juridictions.

Dans les tribunaux, ce coup de pouce des « sucres rapides » — c’est le terme qu’affectionne le garde des Sceaux — est indéniablement apprécié, même s’il repose largement sur des contractuels. A cette augmentation substantielle des moyens, s’ajoutent « de nombreuses réformes (destinées) à alléger le travail du juge » (simplification du droit familial, déjudiciarisation comme pour le divorce par consentement mutuel), rappelle la Cour des comptes.

Il est « urgent » de créer « un référentiel évaluant la charge de travail des magistrats »

« Délais de traitement ». A suivre la rue Cambon, il s’agirait donc aujourd’hui de se retrousser les manches. Mais c’est là que le bât blesse car encore faut-il savoir qui fait quoi dans les 164 tribunaux judiciaires. Or, la justice ne dispose pas d’« outils d’évaluation de la charge de travail et de répartition des effectifs adaptée aux besoins ». Résultat, « les délais de traitement des affaires civiles se détériorent et le stock des dossiers en attente augmente ». Selon la note, il est « urgent » de créer « un référentiel évaluant la charge de travail des magistrats ». Il s’agit d’« une priorité pour le ministère ». Il permettrait « une allocation des ressources humaines adaptées aux besoins ».

Deux autres orientations sont préconisées pour gagner en efficacité. D’une part, il s’agit de revoir, une fois de plus, la carte judiciaire, principalement le périmètre des 36 cours d’appel, souvent trop réduit, qui entraîne « dispersion des moyens et complexité de gestion ». D’autre part, un plan de transformation numérique est indispensable, le retard pris en la matière étant « considérable ».

Au passage, la Cour des comptes tord le cou à quelques idées reçues sur la France qui, selon le Conseil de l’Europe, consacrait en 2018, 69,50 euros par habitant et 0,2 % de son PIB à sa justice alors que la moyenne européenne était de 72 euros par habitant et de 0,33 % du PIB. Ces comparaisons sont à prendre « avec prudence », écrit la Cour, car les systèmes judiciaires sont très différents. Les données sur le nombre de magistrats ne sont pas, non plus, toujours probantes. Certes, la France n’en compte « que » 11 pour 100 000 habitants (21 en moyenne dans les pays européens), mais ces chiffres ne tiennent pas compte des juges non professionnels qui siègent aux Prud’hommes et dans les tribunaux de commerce.

12345...28



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol