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« Pas de reforme sans justice sociale « ( Piketty )

« Pas de reforme sans justice sociale « ( Piketty )

Interview de Thomas Piketty dans la Tribune qui revient notamment sur l’impératif de justice fiscale .

 

Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, quelles leçons tirez-vous de cette séquence inédite ?

THOMAS PIKETTY - Je pense que le mouvement des gilets jaunes a montré qu’il faut prendre au sérieux les questions de justice fiscale. Le gouvernement actuel ne veut pas entendre parler de justice fiscale. L’exécutif est arrivé au pouvoir en mettant en avant les premiers de cordée et les autres suivront. Il a annulé les hausses sur les carburants et pris des mesures sur les bas salaires mais tant qu’il ne fera pas un geste en termes de justice fiscale, la situation ne sera pas apaisée.

 

Qu’entendez-vous par le rétablissement de la justice fiscale ?

Je pense que cela passe par le rétablissement d’un impôt sur la fortune moins percé. Il y avait beaucoup de niches pour l’impôt sur la fortune, ce qui en avait réduit le poids. La taxe foncière rapporte à elle seule 40 milliards d’euros alors que les actifs financiers sont exonérés. Un impôt sur la fortune qui pèse sur les 1% des patrimoines les plus élevés devrait rapporter au moins 10 ou 15 milliards d’euros. Tant qu’il n’y aura pas des mesures fortes en matière de justice fiscale, ce gouvernement aura beaucoup de difficultés à faire passer les autres réformes.

Que pensez-vous de la réforme sur les retraites ?

Sur les retraites, je suis pour un régime universel mais le problème est qu’il faut le faire de façon juste. Si vous faites cette réforme sans donner l’impression d’un sens de la justice sociale et fiscale, le gouvernement risque de devoir affronter des oppositions très fortes. Pourquoi cette obsession à maintenir ces choix fiscaux ? Nicolas Sarkozy a plombé tout son quinquennat sur le bouclier fiscal et il a fini à la fin de son mandat par supprimer ce dispositif. Il a perdu cinq ans là-dessus. Le gouvernement actuel arrive à un moment où, aux États-Unis, les candidats démocrates veulent introduire un impôt sur la fortune. En Allemagne, le SPD veut également mettre en place un impôt sur la fortune. Il faut mieux le discuter pour mettre un impôt sur la fortune modéré et ne pas laisser les choses aller trop loin. Il y a un contretemps actuel du gouvernement Macron. Le monde dans lequel on vit a un exigence de justice fiscale très forte.

Comment concilier réduction des inégalités et écologie ?

Je pense que la seule façon de résoudre la crise écologique est la réduction des inégalités. On ne pourra jamais aller vers la sobriété énergétique si l’on n’a pas une forme de sobriété sociale et économique. Tant qu’une minorité pourra prendre son jet privé et émettre des quantités de carbone considérable, comment les plus modestes et les classes moyennes peuvent-ils accepter de changer leur mode de vie ? Pourtant, il va falloir changer ce mode de vie, il ne suffira pas que les plus riches réduisent leurs émissions pour que les choses s’arrangent. Pour que le reste de la société accepte de réduire ses émissions et change son mode de vie, il faut que les plus riches fassent des efforts qui soient visibles et incontestables. Le risque sinon est de revivre le même choc que celui des gilets jaunes. Le gouvernement a rendu impopulaire la taxe carbone qui commençait à fonctionner en France. En donnant l’impression que l’on utilisait les recettes de la taxe carbone non pas pour financer la transition énergétique mais pour financer la suppression de l’ISF, le gouvernement s’est mis dans une situation très compliquée.

Dans votre dernier ouvrage, pourquoi vous êtes-vous intéressé aux systèmes de justification des inégalités ?

J’ai constaté après de nombreuses années de recherche sur ces questions que ce sont les évolutions des idéologies politiques et des rapports de force politiques qui déterminent dans l’histoire l’évolution des inégalités beaucoup plus que des facteurs économiques ou technologiques. Si on essaye de regarder l’évolution des inégalités depuis le XVIIIème siècle, la très forte réduction des disparités au début du XXème siècle et la très forte remontée des inégalités depuis les années 80, les moments de basculement correspondent à des changements politiques ou idéologiques. L’objectif de ce livre est de remettre dans une perspective très longue l’histoire de ces changements, la relation entre ces changements et le processus de développement et de croissance économique pour mieux comprendre la suite.

Parmi les ruptures évoquées, vous citez le passage d’une société ternaire (clergé, noblesse et tiers état) à une société de propriétaires. Quels sont les facteurs historiques et économiques qui ont contribué à cette rupture majeure ?

La société ternaire correspond à la société des trois ordres avec la classe religieuse, la classe noble et guerrière, et le tiers état. C’est une typologie qui existe également en Inde avec les Brahmane qui sont la classe intellectuelle, les Kshatriya qui sont la classe noble. En réalité, ces sociétés sont beaucoup plus complexes. Cette description des trois fonctions correspond à une idéologie. C’est une façon de décrire la légitimité de ceux qui apportent la sagesse avec la culture religieuse, ceux qui apportent la stabilité et l’ordre et les autres sont sommés de leur obéir. C’est un schéma qui est un discours plus qu’une réalité sociale.

En réalité, les frontières entre la noblesse, la bourgeoisie et les élites locales étaient beaucoup plus complexes. Dans ce discours, ce qui est intéressant est l’idée de présenter les inégalités comme étant au service d’un projet devant servir l’intérêt général. Apporter de la sagesse avec une culture écrite, c’est utile. Apporter l’ordre, c’est utile. Dans l’absolu, c’est un projet qui peut se tenir. Dans toutes les sociétés, il y a un besoin de justifier l’ordre social. Les élites ne peuvent pas se contenter de dire aux autres catégories d’obéir simplement. Cela ne pourrait pas fonctionner.

Ces sociétés ternaires qui vont s’effondrer vont devoir faire face à la montée de l’État centralisé et vont perdre leur légitimité. À partir du moment où l’État moderne est capable de garantir l’ordre sur tout le territoire, la noblesse perd de sa légitimité. Avec le mouvement des Lumières et avec le développement d’une classe intellectuelle laïque avec des universités, des écoles, la classe religieuse perd également de sa légitimité. Dans certains cas, la transition est accélérée par des processus révolutionnaires comme en France.

Comment ces transitions se sont-elles déroulées à l’étranger ?

Dans d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Suède, les transitions ont été plus progressives. Toutes ces transitions débouchent au XIXème siècle sur les sociétés de propriétaires qui reposent sur l’égal accès à la propriété pour tous. Il y a une égalité formelle face au droit. C’est une forme d’émancipation par rapport au système d’Ancien régime. Le droit de propriété est garanti par l’État. ll a le monopole de la violence légitime. Au lieu d’avoir des élites guerrières au niveau local, c’est l’État qui garantit le droit de propriété. En même temps, il y a une limitation. Les droits de propriété existants vont être très protégés mais l’État ne va pas chercher à ouvrir le droit de propriété.

Au moment de la Révolution française, il y a des débats sur la redistribution des terres. Par exemple, lorsque les paysans payaient des corvées au seigneur, est-ce qu’il faut supprimer ces corvées et donner la terre au paysan sur laquelle il travaille ? Ou est-ce que les corvées ne sont pas des loyers ? C’est cette dernière vision assez conservatrice qui s’impose. Il y a une forme de peur d’une remise en cause du droit de propriété si on remet en question les corvées. Au XIXème siècle, il y a une forme d’égalité professionnelle face au droit de propriété mais l’égalité réelle est limitée.

Comment les inégalités ont-elles évolué au cours du 19ème siècle ?

Les archives successorales dans le cas de la France montrent que la concentration de la propriété augmente au long du XIXème siècle et à la veille de la Première guerre mondiale, elle est encore plus élevée qu’au moment de la Révolution française. Il y a une forme d’échec avec une certaine hypocrisie. Les élites françaises de la IIIème République nient un peu cette réalité. La France est le dernier pays d’Europe occidentale à créer l’impôt sur le revenu par la loi de juillet 1914. Le Sénat accepte de mettre en oeuvre cet impôt pour financer la guerre contre l’Allemagne. Cela correspond à une vision des élites politiques et économiques de la IIIème République. Comme la France a déjà fait la révolution, à quoi ça sert de mettre en place cet impôt spoliateur, intrusif ? C’est une forme d’hypocrisie. Quand on observe les archives des impôts successoraux de 1913, la concentration de la propriété est aussi extrême que dans les autres sociétés européennes. La Révolution française n’a pas changé grand-chose de ce point de vue. Il faut attendre le XIXème siècle pour que cette situation change.

Vous évoquez l’échec de la Révolution française à produire plus d’égalité. Quelles ont été les raisons de cet échec ?

Il y a des rapports de force politiques à prendre en compte. Le groupe des propriétaires n’a pas envie de perdre ces biens. Dans ces luttes politiques, il y a également des rapports de force idéologiques. L’argument des propriétaires est d’expliquer que si on redistribue les propriétés, on ne saura pas où s’arrêter. À l’époque, la société n’avait pas d’expérience de redistribution à grande échelle, d’impôt progressif sur tout le territoire. Il y a des projets d’impôt progressif sur les revenus, les successions qui sont discutés au moment de la Révolution française. Plusieurs propositions de Condorcet, de Thomas Paine sont formulées avec des dotations en capital financées par un impôt progressif sur les successions très proches de certains impôts adoptés au XXIème siècle.

Quels sont les arguments avancés de la part des opposants à ce type de dispositif ?

Au moment de la Révolution, ces propositions ne sont pas adoptées. L’argument est que ces dispositifs vont mener la société au chaos. Cet argument va prendre de l’ampleur au moment de l’abolition de l’esclavage. Des intellectuels libéraux comme Tocqueville expliquent qu’il faut indemniser les propriétaires d’esclaves et non pas les esclaves. Une bonne partie de l’élite économique et politique avait peur de se faire exproprier pour financer cette compensation d’esclaves. Il aurait fallu sans doute aller assez loin dans la redistribution des propriétés en général.

Il y a un refus de débattre sereinement de la redistribution des propriétés et des limites qu’il faut mettre à l’inégalité de la propriété. Ce refus de discuter d’une propriété privée raisonnable, qui permet à chacun de posséder une entreprise, de posséder sa terre, montre une certaine peur. À force de sacraliser le droit de propriété quelque soit son ampleur et ses origines, cela complique la résolution de problèmes économiques, environnementaux. L’une des leçons du XIXème siècle est que cette peur d’ouvrir la boîte de pandore des inégalités peut bloquer la résolution de problèmes plus importants. Le XXème siècle va permettre de rentrer dans ce processus démocratique de réduction des inégalités.

Comment la France a-t-elle mis fin à ce système de compensation pour les propriétaires esclavagistes ?

Dans le cas d’Haïti qui représentait la plus grande concentration d’esclaves au XIXème siècle, la France a exigé une dette pour le prix de la liberté. En 1791, il y a eu une révolte d’esclaves. La France est obligée de reconnaître la fin de l’esclavage pour Haïti. Ensuite, Napoléon rétablit l’esclavage en Martinique, en Guadeloupe jusqu’en 1848. Saint-Domingue devient indépendante sous le nom d’Haïti. Quand la monarchie française accepte finalement de reconnaître l’indépendance d’Haïti, elle le fait uniquement avec une dette imposée à Haïti. Cette dette s’élève à l’équivalent de trois années de production nationale, ce qui correspond à 300% du PIB. Cette dette va perdurer jusque dans les 1950. L’île va payer à la France et à ses banques des sommes qui sont ensuite reversées aux propriétaires d’esclaves en France pour compenser la perte de leur propriété. Ce sont des paiements très bien documentés.

Comment les relations entre les autorités et Haïti vont-elles évoluer ?

En 1904, au moment du centenaire de la déclaration d’indépendance d’Haïti, les autorités refusent de se rendre sur l’île pour les commémorations. Elles considèrent que les autorités locales sont très mauvais payeurs. Certaines archives montrent qu’au moment de l’esclavage, certaines années, l’équivalent de 70% de la production de l’île partait pour les propriétaires d’esclaves. Pour financer la dette, la France arrive à extraire 5 à 10% de la production de l’île chaque année comme repaiement de dette, parfois avec du retard.

En 2004, le président Jacques Chirac a peur d’aller au bicentenaire et qu’on lui réclame des comptes. Plusieurs diplomates français ont conseillé à l’Élysée de ne pas se déplacer. Aujourd’hui encore, ce sont des sujets en discussion. Sur le reste des abolitions en 1848, il va y avoir des compensations à la Réunion, à la Martinique et à la Guadeloupe. Aujourd’hui, certains descendants d’esclaves ont réinvesti une partie des compensations dans d’autres secteurs comme le tourisme.

Y-a-t-il eu des systèmes de compensation dans d’autres pays ?

Au Royaume-Uni, des historiens ont étudié dans les archives parlementaires britanniques la liste de paiements. Environ 3.000 familles de propriétaires d’esclaves ont reçu en moyenne des paiements représentant environ 20 millions de livres de compensation. Ce sont surtout des grands propriétaires.

Quelle est la relation entre la démocratie et le droit de propriété ?

La relation entre le droit de propriété et la démocratie est une relation compliquée. La propriété peut être une émancipation si tout le monde peut accéder à la propriété. Si c’est uniquement la propriété de certains, elle peut devenir un outil oppressant.

Pour réconcilier la propriété et la démocratie, il faut développer des systèmes fiscaux et juridiques permettant d’équilibrer les droits du propriétaire avec les droits des salariés, les droits des consommateurs, les droits environnementaux. La démocratie est un équilibre entre les droits de propriété qui restent importants à condition de mettre des limites.

Vous pointez les excès du propriétarisme, notamment au sein de l’entreprise. Existe-il des outils pour mieux répartir la propriété sociale au XXIème siècle ?

Entre le début du XXème siècle et les années 70-80, il y a une très forte réduction des inégalités. Cette baisse s’effectue par un accès à l’éducation, une redistribution des propriétés et un équilibre entre les droits des propriétaires et les droits des salariés à travers le droit du travail. Dans des pays de tradition sociale-démocrate comme l’Allemagne ou la Suède, il y a un partage du pouvoir entre les actionnaires et les salariés dans les entreprises. En Allemagne, la moitié des droits de vote dans les conseils d’administration sont attribués à des représentants depuis les années 1950 dans les grandes entreprises. En Suède, c’est un tiers, mais ce droit s’applique dans les plus petites entreprises. La moitié des droits de vote et 10% du capital peuvent permettre de faire basculer la majorité.

Il y a parfois des cas où des collectivités locales peuvent détenir un pourcentage du capital. C’est le cas de la Basse-Saxe qui détient 20% des droits de vote chez Volkswagen, premier constructeur automobile mondial. Avec les droits de vote attribués à la majorité, il est possible de faire basculer la majorité sans avoir la majorité au capital. Du point de vue d’un actionnaire anglo-saxon ou français, c’est un sacrilège par rapport au droit de propriété. Pourtant, c’est une pratique qui fonctionne plutôt bien. Ce ne sont pas des pays sous-développés en termes de productivité industrielle. Ce système était décrié par les actionnaires allemands ou suédois au début.

Comment la propriété sociale est-elle définie dans le droit allemand ?

Dans la constitution allemande, la propriété sociale est définie avec des ayants droits qui impliquent les actionnaires et les salariés. Comme la constitution l’autorisait, l’Allemagne a pu mettre en place des lois de cogestion ou de codétermination dans les années 50. Elles ont permis ce partage du pouvoir au sein de l’entreprise. Si on voulait le faire en France ou aux États-Unis, les réfractaires pourraient utiliser des arguments constitutionnels pour ne pas le faire. Il faudrait modifier certains articles de la Constitution.

Ce partage du pouvoir dans les cas de l’Allemagne et de la Suède a permis une plus grande implication des salariés dans les stratégies de long terme dans les entreprises. L’implication des salariés dans les entreprises de ces pays est un succès. Aujourd’hui, il y a un consensus dans ces pays sur ce type de gouvernance. Personne ne propose de revenir là-dessus.

Où en est la France sur la question de la propriété sociale au sein des entreprises ?

En France, depuis la loi de 2013, il y a un siège pour les représentants des salariés. La loi Pacte pousse à deux sièges. On reste très loin des standards allemand ou suédois. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, il y a 0 siège. Beaucoup de sénateurs démocrates aux États-Unis ou de députés travaillistes au Royaume-Uni font des propositions de loi pour étendre ce système allemand ou suédois. Il y a actuellement des changements qui se sont accélérés avec la crise financière de 2008. La plus grande résilience des modèles suédois et allemand à la crise a conduit beaucoup d’observateurs en France et outre-Manche à changer leur vision avec un meilleur équilibre des pouvoirs.

Quels ont été les autres outils utilisés pour réduire les inégalités ?

Il y a aussi l’impôt progressif sur les successions qui a permis de réduire fortement les inégalités au XXème siècle dans les pays anglo-saxons. Autant les pays nordiques ont été très loin dans la cogestion, les pays anglo-saxons ont été très loin dans la progressivité fiscale avec Roosevelt dans les années 30 jusqu’à dans les années 70-80 avec des taux de 70-80% sur les très hauts revenus et les successions, ce qui a joué un grand rôle pour réduire les inégalités.

Au total, toutes les mesures concernant l’éducation, la propriété sociale avec la cogestion, l’impôt progressif ont permis au cours du XXème siècle de réduire les inégalités mais aussi une très grande prospérité. La croissance de l’après-guerre a été rendue possible par une plus grande mobilité sociale et un plus grand partage des pouvoirs. Je pense qu’il y a des leçons à en tirer. En ce début de XXIème siècle, au moment où les sociétés sont plus éduquées, nous avons besoin de cette circulation du pouvoir, de la propriété.

Il y a une forme de sacralisation quasi monarchique de l’individu unique qui ne correspond pas à la réalité de nos sociétés. Je trouve surprenant de voir des personnes qui se revendiquent progressistes et qui défendent des principes monarchiques en économie. Dans les années 80-90, à la suite du reaganisme et à la suite de la chute de l’union soviétique qui a conduit en partie à une forme de désillusion, le mouvement de réduction des inégalités s’est interrompu. Je pense que ce mouvement peut reprendre.

Vous évoquez la nécessité d’un socialisme participatif. En quoi consiste-t-il ?

Je propose de généraliser la cogestion allemande et suédoise à tous les pays. L’idée est d’avoir la moitié des droits de vote pour les salariés dans les conseils d’administration. Je pense que l’on peut aller plus loin en plafonnant les droits de vote des actionnaires individuels dans les très grandes entreprises. Le but est d’équilibrer et de faire circuler le pouvoir.

Le second levier important est de revenir sur ce qui a fonctionné en termes d’impôt progressif sur les revenus et sur les successions. Il faut mettre en place un impôt progressif annuel sur la propriété. L’impôt sur les successions est un levier intéressant mais il connaît des limites pour des personnes qui ont fait fortune à 30 ans. Dans des sociétés qui ont de longues espérances de vie, au delà d’un grand niveau de fortune, il faut redonner une partie à la collectivité chaque année sans attendre la succession pour faire circuler le pouvoir. Certains techno milliardaires expriment ce type de volonté mais les fondations qui reçoivent ces dons sont présidées par ces mêmes personnes fortunées, les conseils d’administration sont composés par des membres de leurs familles. Ce n’est pas vraiment la circulation du pouvoir. Le but est de faire en sorte que cet idéal d’horizontalité parfois défendu par ces milliardaires deviennent une réalité.

Je pense que l’on a besoin de personnes qui créent des entreprises, d’entrepreneurs qui réussissent mais nous n’avons pas besoin de personnes qui accumulent des centaines de millions et des dizaines de milliards. Nous avons besoin d’une circulation du pouvoir et non pas de cette hyperconcentration.

Vous faites la proposition d’une dotation de 120.000 euros pour les jeunes de 25 ans. Par quels leviers comptez-vous la financer ?

Cette proposition serait financée par l’impôt progressif sur la propriété. Cet outil résulterait de la fusion de la taxe foncière et de l’impôt sur la fortune. Actuellement, il y a deux impôts sur le patrimoine en France. Le plus important est la taxe foncière en termes de masse. Elle rapporte 40 milliards d’euros contre 5 milliards pour l’impôt sur la fortune avant sa suppression. Tout le monde s’intéresse à l’impôt sur la fortune car il s’adresse aux riches mais en réalité la taxe foncière représente beaucoup plus d’argent. Elle repose sur les propriétaires les plus modestes et de façon très injuste. Une personne qui a emprunté 300.000 euros pour un appartement, et qui a seulement pu rembourser 10.000 euros, va payer le même impôt, y compris si la personne est endettée, qu’une personne qui n’est pas endettée et possède un portefeuille financier de 3 millions d’euros. Il n’y a aucune logique économique

Je propose de transformer cet impôt injuste sur le patrimoine en un impôt progressif. Le taux doit dépendre du patrimoine net en prenant en compte les dettes financières et les portefeuilles financiers. C’est ce type de levier qui permettrait de financer cet héritage pour tous de 120.000 euros. Cela permettrait de rajeunir le patrimoine. Les héritages sont touchés à des âges tellement avancés que l’on ne peut plus rien en faire. L’idée de socialiser l’héritage a été défendue par Emile Durkheim.

Chili, Liban, Irak… quelles sont les raisons de cette crise actuelle ?

Le modèle d’autorégulation des marchés, de libéralisation à grand pas, de la théorie du ruissellement s’est retrouvé confronté à des réalités qui n’étaient pas conformes aux attentes. Dans les pays qui ont tenté ce modèle, nous avons plutôt assisté à une baisse de la croissance. Ronald Reagan expliquait que, même si les inégalités augmentaient, la baisse de la fiscalité sur les grandes fortunes allait générer tellement d’innovation et de croissance que les salaires et les revenus allaient augmenter comme jamais. Sauf qu’aux États-Unis, le taux de croissance a été divisée par deux.

Aujourd’hui, on se retrouve soit avec une réponse nationaliste et identitaire, soit avec des débats relatifs à une plus grande redistribution. Le libéralisme pur et dur n’est plus un discours qui peut fonctionner, hormis sur une petite élite de gagnants de la mondialisation. La meilleure preuve est que le parti républicain aux États-Unis se retrouve avec ce discours protectionniste et nationaliste qui est la conséquence de l’échec du reaganisme. Comme il n’y a pas eu cette croissance bénéficiant à tout le monde, il y a un sentiment d’abandon dans les classes moyennes et les classes populaires. Donald Trump a accusé les Mexicains et les Chinois d’avoir volé la croissance de l’Amérique blanche. Les gagnants du système économique doivent prendre conscience du danger qui pèse sur le système. Face à tous ces mouvements de révolte, il est temps de reconstruire un modèle économique plus équitable et plus durable sur le plan environnemental, ce qui impose de réduire les inégalités.

 

(*) Capital et idéologie, Seuil, 1232 pages, 25,90 euros.

Réforme des Retraites: limitée au régime général ?

Réforme des Retraites: limitée au régime général ?

 

 A entendre les reculs successifs du gouvernement concernant le dossier explosif des retraites , il se pourrait bien que la réforme concerne essentiellement et en premier le régime général. En effet, dans un premier temps, le premier ministre avait affirmé que les régimes spéciaux prendraient tout leur temps pour intégrer  la réforme. Par ailleurs, Macron laisse entendre maintenant que la mise en œuvre pour les régimes spéciaux pourrait ne concerner  que les nouveaux entrants. En clair, la réforme pourrait ne s’achever avant 2065 ou 2070.Les nouveaux salariés entre en moyenne au travail à 23 ans et il faudra ( pour l’instant) 43 ans de cotisation. Début de mise en œuvre de la réforme 2025 plus 43 ans , soit 2068 ! À l’inverse pour le régime général,  les modifications prendraient effet en 2030 et peut-être même en 2025 pour des motifs financiers. En clair, le fameux système par points concernerait surtout en premier le privé aussi bien concernant les modalités de la réforme que la question centrale du montant des retraites. En outre et surtout avec les exceptions des régimes spéciaux, c’est surtout le régime général qui risque d’être surtout concerné.

Le passage à un système par points hérisse notamment Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière. « On brandit chaque fois la question des régimes spéciaux, mais là, ce qui disparaît, c’est le régime général, pour l’ensemble des salariés. Et avec lui les 25 meilleures dernières années » dans le calcul des pensions, a-t-il expliqué lundi sur Europe 1.

« Du côté du gouvernement, on commence à percevoir que cette réforme ne passe pas comme ils le croyaient. La réforme n’apparaît pas plus simple, pas forcément plus juste », veut croire le syndicaliste. De son côté, la CFDT a mis en garde le gouvernement si les principes de la réforme reposent exclusivement sur des considérations financières lesquelles s’appliqueraient essentiellement au privé soit en 2035 soient en 2025. Il est clair que pour le gouvernement l’enjeu est  financier du fait en particulier de l’accentuation des déséquilibres démographiques. Le gouvernement marche cependant sur des œufs dans la mesure où  le début de la mise en œuvre de la réforme ne prendra effet qu’à la fin d’un éventuel deuxième mandat de Macron . En fait, les premiers bénéfices de la réforme seront pour le successeur de Macron en termes politiques.

Retraites- Enjeux des droits du grand-père : la réforme en 2070 ou en 2025 !

Retraites- Enjeux des  droits du grand-père : la réforme en 2070 ou en 2025 !

 

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le grand flou quant à l’orientation générale de la réforme des retraites. La grande question est de savoir si cette réforme concernera  seulement les nouveaux entrants  auquel cas les effets changements de système ne se feraient sentir que dans 45 ans environ vers 2070 ! L’ hypothèse a en effet été évoquée par Macron lui-même qui commence à être inquiet de la mobilisation à propos de cette réforme. Par ailleurs, il regarde sans doute avec une certaine attention les sondages qui le mettent  à égalité avec Marine Le Pen dans la perspective des présidentielles de 2022. En outre, sa popularité ne cesse de s’éroder et 80 % de l’opinion estiment que la politique de Macron n’apportera pas d’amélioration sur le plan socioéconomique. De quoi faire réfléchir l’intéressé sur la nécessité d’engager une réforme pleine de risques et dont les éventuels effets bénéfiques seront pour ses successeurs. De toute manière la réforme ne sera pas mise en œuvre avant 2025 2035. Le début de mise en œuvre bien entendu. Il semble qu’on est retenu la date de 2025 des motifs financiers. De son côté, Macron s’interroge:  Faut-il appliquer la réforme aux seuls nouveaux entrants ? Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n’y  est pas favorable. Contrairement à ce qu’avait laissé entendre macron à propos des droits du grand-père. Des droits concernant la retraite qui ne seraient pas remis en cause pour  les salariés actuels. D’une certaine manière, Jean-Paul Delevoye a sans doute raison car cela va constituer une sorte de rupture d’égalité  entre deux catégories de population. En effet, l’application des droits du grand-père opère une discrimination nette et brutale. Sans doute serait-il souhaitable de mettre en œuvre un processus de transition progressif sur des bases plus égalitaires. Ajoutons aussi que c’est aussi le grand flou concernant les régimes spéciaux dont on ne sait pas vraiment s’ils vont  rejoindre le régime universel et quand. En attendant, la réforme ne concernerait alors  que les salariés du régime général. Le caractère d’universalité serait gravement remis en cause. Il semble bien que Jean-Paul Delevoye  essaie de ramer pour ne pas avoir enterrée sa réforme après les propos de Macron :

 

« Je comprends tout à fait quelqu’un qui est à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans, et qui proteste. Et donc il faut qu’on trouve une solution intelligente. Il est rentré avec un pacte avec la Nation, on lui a dit vous allez travailler dans cette entreprise voilà vos droits. Sans doute il ne faut pas tout bousculer pour lui », avait déclaré le chef de l’État à l’antenne de RTL.

Retraites: droits du grand-père ou pas ? réforme ou pas ?

Retraites: droits du grand-père ou pas ? réforme ou pas ?

 

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le grand flou quant à l’orientation générale de la réforme des retraites. La grande question est de savoir si cette réforme concernera  seulement les nouveaux entrants  auquel cas les effets changements de système ne se feraient sentir que dans 45 ans environ vers 2070 ! L’ hypothèse a en effet été évoquée par Macron lui-même qui commence à être inquiet de la mobilisation à propos de cette réforme. Par ailleurs, il regarde sans doute avec une certaine attention les sondages qui le mettent  à égalité avec Marine Le Pen dans la perspective des présidentielles de 2022. En outre, sa popularité ne cesse de s’éroder et 80 % de l’opinion estiment que la politique de Macron n’apportera pas d’amélioration sur le plan socioéconomique. De quoi faire réfléchir l’intéressé sur la nécessité d’engager une réforme pleine de risques et dont les éventuels effets bénéfiques seront pour ses successeurs. De toute manière la réforme ne sera pas mise en œuvre avant 2025 2035. Le début de mise en œuvre bien entendu. Il semble qu’on est retenu la date de 2025 des motifs financiers. De son côté, Macron s’interroge:  Faut-il appliquer la réforme aux seuls nouveaux entrants ? Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n’y  est pas favorable. Contrairement à ce qu’il avait laissé à propos des droits du grand-père. Des droits concernant la retraite qui ne serait pas remise en cause pour  les salariés actuels. D’une certaine manière Jean-Paul Delevoye a sans doute raison car cela va constituer une sorte de rupture d’égalité  entre deux catégories de population. En effet l’application des droits du grand-père opère une discrimination nette et brutale. Sans doute serait-il souhaitable de mettre en œuvre un processus de transition progressif sur des bases plus égalitaires. Ajoutons aussi que c’est aussi le grand flou concernant les régimes spéciaux dont on ne sait pas vraiment s’ils vont  rejoindre le régime universel et quand. En attendant la réforme ne concernerait à leur que les salariés du régime général. Le caractère d’universalité serait valeur gravement remis en cause. Il semble bien que Jean-Paul Delevoye  essaie de ramer pour ne pas avoir enterrée sa réforme après les propos de Macron :

 

« Je comprends tout à fait quelqu’un qui est à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans, et qui proteste. Et donc il faut qu’on trouve une solution intelligente. Il est rentré avec un pacte avec la Nation, on lui a dit vous allez travailler dans cette entreprise voilà vos droits. Sans doute il ne faut pas tout bousculer pour lui », avait déclaré lundi le chef de l’État à l’antenne de RTL.

Réforme Retraites : exception pour les pompiers…et d’autres

Réforme Retraites : exception pour  les pompiers…et d’autres

Les pompiers garderont bien la possibilité d’un départ à la retraite (à 57 ans)   avant l‘âge légal, comme les militaires, les douaniers et les policiers voire d’autres. Une entorse sans doute justifiée mais quand même une sérieuse remise en cause du concept d’universalité. . Les cheminots, eux aussi , pourraient bénéficier d’une clause favorable. De quoi donner des idées au secteur hospitalier, qui manifestera jeudi 14 novembre. À un mois de la grande mobilisation du 5 décembre, tout semble désormais possible. Jean-Paul Delevoye a prévu 350 rendez-vous sectoriels d’ici à la fin de l’année.

 

Réforme des retraites: droits du grand-père ou pas ?

Réforme des retraites: droits du grand-père ou pas ?

 

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le grand flou quant à l’orientation générale de la réforme des retraites. La grande question est de savoir si cette réforme concernera  seulement les nouveaux entrants  auquel cas les effets changements de système ne se feraient sentir que dans 45 ans environ vers 2070 ! L’ hypothèse a en effet été évoquée par Macron lui-même qui commence à être inquiet de la mobilisation à propos de cette réforme. Par ailleurs, il regarde sans doute avec une certaine attention les sondages qui le mettent  à égalité avec Marine Le Pen dans la perspective des présidentielles de 2022. En outre, sa popularité ne cesse de s’éroder et 80 % de l’opinion estiment que la politique de Macron n’apportera pas d’amélioration sur le plan socioéconomique. De quoi faire réfléchir l’intéressé sur la nécessité d’engager une réforme pleine de risques et dont les éventuels effets bénéfiques seront pour ses successeurs. De toute manière la réforme ne sera pas mise en œuvre avant 2025 2035. Le début de mise en œuvre bien entendue. Il semble qu’on est retenu la date de 2025 des motifs financiers. De son côté, Macron s’interroge:  Faut-il appliquer la réforme aux seuls nouveaux entrants ? Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n’y  est pas favorable. Contrairement à ce qu’avait laissé à propos des droits du grand-père. Des droits concernant la retraite qui ne serait pas remise en cause pour  les salariés actuels. D’une certaine manière Jean-Paul Delevoye a sans doute raison car cela va constituer une sorte de rupture d’égalité  entre deux catégories de population. En effet l’application des droits du grand-père opère une discrimination nette et brutale. Sans doute serait-il souhaitable de mettre en œuvre un processus de transition progressif sur des bases plus égalitaires. Ajoutons aussi que c’est aussi le grand flou concernant les régimes spéciaux dont on ne sait pas vraiment s’ils vont  rejoindre le régime universel et quand. En attendant la réforme ne concernerait à leur que les salariés du régime général. Le caractère d’universalité serait valeur gravement remis en cause. Il semble bien que Jean-Paul Delevoye  essaie de ramer pour ne pas avoir enterrée sa réforme après les propos de Macron :

« Je comprends tout à fait quelqu’un qui est à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans, et qui proteste. Et donc il faut qu’on trouve une solution intelligente. Il est rentré avec un pacte avec la Nation, on lui a dit vous allez travailler dans cette entreprise voilà vos droits. Sans doute il ne faut pas tout bousculer pour lui », a déclaré lundi le chef de l’État à l’antenne de RTL.

Unedic : une réforme bâclée et injuste

Unedic : une réforme bâclée et injuste

Les syndicats et en particulier la CFDT dénoncent  le caractère brutal de la réforme de l’Unedic et son caractère injuste. De fait,  cette réforme risque d’ajouter de la misère à la misère sociale existante. Pour autant une réforme était cependant nécessaire pour des motifs financiers mais aussi sociaux et économiques. Le problème central c’est que certains bénéficiaires de l’ASSEDIC, certes minoritaires, considèrent les indemnités de l’assurance chômage comme un accessoire de rémunération qui leur permet d’alterner travail  et périodes d’inaction. C’est aussi la même problématique que celle qui concerne les bénéficiaires d’aide sociale notamment le RSA. La faute n’incombe pas forcément aux bénéficiaires mais au système lui-même qui se caractérise par le fait qu’il est plus souvent intéressant de ne pas travailler plutôt que d’accepter un travail payé autour de 1000 € à plein temps (600 à 800 € à temps partiel) et en même temps de voir la plupart des aides sociales disparaître. D’une certaine manière, le travail mal rémunéré, les contrats très précaires n’encouragent pas le travail. Le problème c’est que la réforme est tombée comme un couperet sans bien distinguer ceux  qui profitent un peu indûment du système et ceux  très éloignés de l’emploi auquel on va supprimer 200 € quand il n’en touchait déjà que 900. Philippe Villechalane porte-parole de l’APEIS (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires). Depuis plus de trente ans, son association défend les droits des demandeurs d’emploi. Il dénonce « un véritable cataclysme » : « 500 000 chômeurs vont être éjectés du système d’indemnisation alors même qu’ils ont cotisé pour être indemnisés. Et 250 000 ne vont pas pouvoir recharger leurs droits ».

Le gouvernement veut inciter les chômeurs à prendre les emplois vacants. Pour Muriel Pénicaud, la ministre du travail, « quand le marché est dynamique, il faut retourner à l’emploi ». Pour Philippe Villechalane, cet argument est biaisé : « Les chômeurs ne sont pas des feignants. Mais ils ne veulent pas travailler dans n’importe quelles conditions(…) Certains emplois sont trop précaires pour être acceptés par des gens qui ont des revenus faibles, mais des revenus tout de même, qui ont une famille, un lieu d’habitation. Très peu d’emplois disponibles correspondent à ce que cherchent les gens. »  Ceci étant,  était nécessaire d’engager une réforme de l’Unedic mais à dessein le gouvernement a décidé d’imposer un délai intenable aux partenaires sociaux afin qu’ils ne puissent pas se mettre d’accord sur des compromis. Ce qui a permis d’étatiser  le système, une étatisation à la hâte qui débouche sur des mesures globales mal adaptées et pour certaines surtout injustes. Une fois de plus surtout ce plan n’est pas accompagné d’une stratégie visant la réinsertion professionnelle et la réadaptation des qualifications.

 

 

Retraites: une réforme surtout pour le régime général ?

Retraites: une réforme surtout pour le régime général ?

 

 A entendre les reculs successifs du gouvernement concernant le dossier explosif des retraites , il se pourrait bien que la réforme cerne essentiellement et en premier le régime général. En effet, dans un premier temps, le premier ministre avait affirmé que les régimes spéciaux prendraient tout leur temps pour intégrer  la réforme. Par ailleurs, Macron laisse entendre maintenant que la mise en œuvre pour les régimes spéciaux pourrait ne concerner  que les nouveaux entrants. En clair, la réforme pourrait ne s’achever avant 2065 ou 2070. À l’inverse pour le régime général,  les modifications prendraient effet en 2030 et peut-être même en 2025 pour des motifs financiers. En clair, le fameux système par points concernerait surtout en premier le privé aussi bien concernant les modalités de la réforme que la question centrale du montant des retraites.

Le passage à un système par points hérisse notamment Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière. « On brandit chaque fois la question des régimes spéciaux, mais là, ce qui disparaît, c’est le régime général, pour l’ensemble des salariés. Et avec lui les 25 meilleures dernières années » dans le calcul des pensions, a-t-il expliqué lundi sur Europe 1.

« Du côté du gouvernement, on commence à percevoir que cette réforme ne passe pas comme ils le croyaient. La réforme n’apparaît pas plus simple, pas forcément plus juste », veut croire le syndicaliste. De son côté la CFDT a mis en garde le gouvernement si les principes de la réforme reposent exclusivement sur des considérations financières lesquelles s’appliqueraient essentiellement au privé soit en 2035 soient en 2025. Il est clair que pour le gouvernement l’enjeu est  financier du fait en particulier de l’accentuation des déséquilibres démographiques. Le gouvernement marche cependant sur des œufs dans la mesure où  le début de la mise en œuvre de la réforme ne prendra effet qu’à la fin d’un éventuel deuxième mandat de Macron . En fait, les premiers bénéfices de la réforme seront pour le successeur de Macron en termes politiques.

Retraites: réforme encore décalée ?

Retraites: réforme encore décalée ?

Le Premier ministre semble confirmer les reculs  du gouvernement.  La mise en œuvre pourrait être retardée, notamment pour les régimes spéciaux. Le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà évoqué cette piste devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), à la mi-septembre : « Peut-être le nouveau système ne devra-t-il s’appliquer, pour certains régimes, qu’à des personnes plus jeunes, plus éloignées de la retraite. Là-dessus, je n’ai aucun tabou », avait déclaré le chef du gouvernement. Une manière, rappelle France 2, de calmer la contestation sociale qui prend de l’ampleur. Des exceptions à la règle sont déjà prévues, rappellent Les Echos « Les assurés bénéficiant d’un départ anticipé à 57 ans, tels les policiers, ne basculeraient qu’à partir de la génération 1968 et ceux pouvant partir à 52 ans, comme les conducteurs de trains de la SNCF, à partir de la génération 1973. »

Plusieurs facteurs militent en faveur du report de la réforme de la retraite. D’abord le grand flou sur son contenu. Régime universel ou pas, exception pour des régimes spéciaux ou pas, âge de  la retraite et évidemment surtout montant. La retraite à points, un euro verso égal un euro, constituant seulement des slogans. Se pose aussi la date d’application en 2025 ou 2035

Le gouvernement avait choisi 2025 pour le début de la mise en œuvre. Il serait prêt maintenant à reculer à 2027 voire au-delà. Toutes ces incertitudes et surtout le climat électoral ont surtout conduit à renvoyer après les municipales la négociation.

.Le document transmis aux partenaires sociaux dont  évoque la possibilité de repousser l’entrée en vigueur du nouveau système après 2025: la première génération concernée ne serait plus celle née en 1963, mais celle de 1964 ou 1965 ou postérieures. Ou même de ne l’appliquer qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Un scénario peu probable.

Le document évoque aussi les différents mécanismes de transition de l’ancien vers le nouveau système. Un sujet absolument déterminant pour la préservation des droits acquis

Sur le papier, le régime universel à points doit fusionner les 42 régimes existants en un seul. La mise en œuvre débuterait en 2025 et durerait une quinzaine d’années pour s’achever en 2040. Les premiers concernés par le basculement du nouveau système seraient les travailleurs nés à partir de 1963, selon le rapport rendu en juin par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye.

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, la mise en œuvre pourrait être retardée, notamment pour les régimes spéciaux. Le Premier ministre Edouard Philippe avait déjà évoqué cette piste devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), à la mi-septembre : « Peut-être le nouveau système ne devra-t-il s’appliquer, pour certains régimes, qu’à des personnes plus jeunes, plus éloignées de la retraite. Là-dessus, je n’ai aucun tabou », avait déclaré le chef du gouvernement. Une manière, rappelle France 2, de calmer la contestation sociale qui prend de l’ampleur.

Des exceptions à la règle sont déjà prévues, rappellent Les Echos « Les assurés bénéficiant d’un départ anticipé à 57 ans, tels les policiers, ne basculeraient qu’à partir de la génération 1968 et ceux pouvant partir à 52 ans, comme les conducteurs de trains 

SONDAGE retraites: la réforme soutenue par 32% seulement

SONDAGE retraites: la réforme soutenue par  32% seulement

Selon,  un sondage Elabe pour BFMTV, 32% se disent favorables à la mise en place de la retraite par points envisagée par le gouvernement, ils sont 43% à se dirent opposés (dont 23% très opposés). Le pourcentage d’indécis reste élevé puisqu’ils sont 24% à se dire aujourd’hui ni pour, ni contre. La crainte  qui arrive en tête et qui est stable depuis le dernier sondage, c’est l’obligation de travailler plus longtemps. 74% des personnes interrogées citent en premier cet inconvénient de la réforme. Le deuxième point d’inquiétude concerne le montant des pensions. 68% des Français craignent qu’elles baissent avec la réforme. Mais sur ce point, ils semblent avoir un peu plus confiance puisqu’ils étaient 74% à le craindre en juillet dernier. Troisième crainte soulevée: l’obligation de faire appel à des organismes privés pour compléter la retraite pour 54% des personnes interrogées. En revanche, la suppression des régimes spéciaux de la fonction publique n’inquiète qu’une minorité d’entre elles (26%).

Les Français dans leur majorité ne se font d’ailleurs guère de doute sur la concertation avec les partenaires sociaux et la consultation citoyenne. Pour 61% d’entre eux, tout est déjà décidé et les débats ne seront pas utiles.

Méthodologie

Sondage réalisé les 1er et 2 octobre 2019 sur internet auprès d’un échantillon de 1.002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas.

SONDAGE réforme des retraites: 32% seulement favorables

SONDAGE réforme des retraites: 32% seulement favorables

Selon ,  un sondage Elabe pour BFMTV, 32% se disent favorables à la mise en place de la retraite par points envisagée par le gouvernement, ils sont 43% à se dirent opposés (dont 23% très opposés). Le pourcentage d’indécis reste élevé puisqu’ils sont 24% à se dire aujourd’hui ni pour, ni contre. La crainte  qui arrive en tête et qui est stable depuis le dernier sondage, c’est l’obligation de travailler plus longtemps. 74% des personnes interrogées citent en premier cet inconvénient de la réforme. Le deuxième point d’inquiétude concerne le montant des pensions. 68% des Français craignent qu’elles baissent avec la réforme. Mais sur ce point, ils semblent avoir un peu plus confiance puisqu’ils étaient 74% à le craindre en juillet dernier. Troisième crainte soulevée: l’obligation de faire appel à des organismes privés pour compléter la retraite pour 54% des personnes interrogées. En revanche, la suppression des régimes spéciaux de la fonction publique n’inquiète qu’une minorité d’entre elles (26%).

Les Français dans leur majorité ne se font d’ailleurs guère de doute sur la concertation avec les partenaires sociaux et la consultation citoyenne. Pour 61% d’entre eux, tout est déjà décidé et les débats ne seront pas utiles.

Méthodologie

Sondage réalisé les 1er et 2 octobre 2019 sur internet auprès d’un échantillon de 1.002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas.

Budget : la réforme des impôts locaux, danger !

Budget : la réforme des impôts locaux, danger !

 

 

On saiat que la suppression de la taxe d’habitation  n’était pas sans arrière-pensée électorale. C’était même l’un des slogans majeurs de la campagne de macro. Le problème c’est que la compensation par l’État de la suppression de cette taxe est insuffisante. Du coup le gouvernement envisage tout simplement d’augmenter de manière significative l’impôt foncier. Pour cela, on va justifier la hausse supposée des valeurs locatives au motif par exemple que depuis les années 50, de nombreux appartements et de logements disposent désormais de WC, de salle d’eau ou tout simplement de l’eau courante. On va donc fixer des valeurs locatives très théoriques qui serviront d’assiette pour calculer la hausse considérable de la taxe foncière. Une escroquerie bien sûr car heureusement les logements se sont améliorés depuis 70 ans, les WC ne sont plus dans le couloir ou dans la cour ! Il est clair qu’on va assommer fiscalement le logement et les propriétaires (les locataires aussi qui subiront cette fiscalité à travers les loyers). Conscient sans doute du mécontentement que va provoquer cette réforme, le gouvernement a courageusement reporté la mise en œuvre en jusqu’en  2026. En fait, la mise en œuvre pourrait commencer sitôt après l’élection de 2022.

 

Réforme des retraites : mal engagée et trop tard

Réforme des retraites : mal engagée et trop tard

 

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réforme des retraites est à la fois mal engagée et trop tardive. Elle est mal engagée car ce type de réforme complexe et délicate doit en général être mise en œuvre dès le début de mandat et non dans une période qui compte tenu du quinquennat s’inscrit dès maintenant dans une campagne  électorale. La réforme est également mal engagée car elle contredit une promesse de Macron qui lors  de la campagne électorale de 2017 avait promis de ne pas toucher à l’âge  la retraite. Or dans les faits, l’âge réel de départ sera bien prolongé d’environ deux ans,  pour commencer. En effet pour équilibrer les retraites, le pouvoir propose de rallonger la durée de cotisation à 43 ans. En moyenne les Français entrent sur le marché  du travail à 21 ans, on aboutit donc à l’âge de 64. Encore une fois, ce n’est qu’un début, il y aura d’autres reports. Le gouvernement a aussi nettement sous-estimé la complexité de cette réforme en masquant son incompétence derrière des slogans de type un euro égale un euro, un régime universel pour tous, la retraite universelle. Autant de slogans qui ne veulent pas dire grand-chose quand on ne précise pas les modalités concernant l’essentiel, à savoir le niveau de la retraite et l’âge auquel on peut y prétendre. Comme d’habitude le gouvernement a voulu s’asseoir sur les corps intermédiaires en tentant de pratiquer la démocratie directe.

 

Du coup, il a mis dans une situation ingérable le négociateur Delevoye  en intervenant de façon maladroite sur les négociations en cours. Le gouvernement doit s’attendre évidemment à rencontrer l’opposition des syndicats marqués à l’extrême gauche mais aussi d’autres catégories comme les travailleurs libéraux qui ne veulent pas voir liquidé leurs régimes. On a bien noté que le gouvernement était très fébrile désormais dans la mesure où le mécontentement risque de pourrir le climat de la majorité. Le Premier ministre a commencé à désamorcer la colère en indiquant que la réforme pourrait être reportée aux calendes grecques elle ne s’appliquerait qu’à partir de 2025 et pourrait s’étaler qu’en 2040 ou 2050, le temps nécessaire pour les régimes spéciaux de s’intégrer progressivement dans le régime général. D’ici ces échéances,  de l’eau aura coulé sous le pont et de nombreux gouvernements pourront revenir sur la question comme ils le font d’ailleurs à peu près régulièrement tous les cinq ans !

 

Après la RATP, c’est au tour du collectif SOS Retraites, emmené par les avocats et représentant pas moins de 14 professions libérales en colère (sans parler des pilotes de ligne et autres stewards ou hôtesses de l’air qui se sont joints au mouvement), de battre le pavé à Paris. Leur message? «Ne touchez pas à nos retraites», comme ils l’ont encore martelé ce dimanche dans le JDD, refusant que leurs régimes soient fondus dans le «régime universel à points» préconisé par le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, dans son rapport.

Réforme des Retraites : flou et injustice (Thomas Piketty)

Réforme des Retraites : flou et injustice (Thomas Piketty)

 

A juste titre,  Piketty interroge les slogans du gouvernement qui vendent la réforme. Si le principe de la retraite universel est bon par contre le slogan « un euro de cotisation aura la même valeur pour tous » masque le grand flou  de la réforme .Une réforme qui va affecter surtout le montant des retraites (et l’âge aussi). Par ailleurs,  le gouvernement aura beaucoup de mal à convaincre du bien-fondé de sa réforme s’il ne demande pas un effort significatif aux plus favorisés, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».Extraits

« Même si le calendrier reste flou et les modalités incertaines, le gouvernement semble maintenant décidé à se lancer dans une vaste réforme du système de retraites, avec à la clé l’unification des règles actuellement appliquées dans les multiples régimes en vigueur (fonctionnaires, salariés du privé, collectivités locales, indépendants, régimes spéciaux, etc.).

Disons-le clairement : la mise en place d’un système universel est en soi une excellente chose, et une telle réforme n’a que trop tardé en France. Les jeunes générations, et en particulier tous ceux qui ont connu de multiples changements de statut (salariat privé et public, autoentrepreneur, passages par l’étranger, etc.), n’ont souvent aucune idée des droits à la retraite qu’ils ont accumulés. Cette situation produit des incertitudes insupportables et renforce l’anxiété économique, alors même que notre système de retraites est globalement bien financé.

Mais, une fois que l’on a proclamé cet objectif de clarification et d’unification des droits, la vérité est que l’on n’a pas dit grand-chose. Il existe en effet de multiples façons d’unifier les règles. Or rien ne garantit que le pouvoir en place soit en capacité de dégager un consensus viable à ce sujet. Le principe de justice évoqué par le gouvernement paraît simple et plausible : un euro cotisé doit donner lieu aux mêmes droits à la retraite, quels que soient le régime et le niveau de salaire ou de revenu d’activité. Le problème est que ce principe revient à sacraliser les inégalités salariales telles qu’elles existent, y compris lorsqu’elles prennent des proportions abyssales (du travail émietté et sous-payé pour certains, des rémunérations excessives pour d’autres), et à les perpétuer à l’âge de la retraite et de la grande dépendance, ce qui n’a rien de particulièrement « juste ».

Conscient de la difficulté, le projet Delevoye annonce qu’un quart des cotisations continuera d’être consacré à la « solidarité », c’est-à-dire, par exemple, aux bonifications pour enfants et interruptions de carrière ou pour financer une retraite minimale pour les plus bas salaires. La difficulté est que la façon dont ce calcul a été effectué est très contestable. En particulier, cette estimation ignore purement et simplement les inégalités sociales d’espérance de vie. Par exemple, si un salarié modeste passe dix ans à la retraite alors qu’un super-cadre en passe vingt, alors on oublie de prendre en compte qu’une large part des cotisations du premier sert en pratique à financer la retraite du second (ce que la maigre prise en compte de la pénibilité ne suffit nullement à compenser)……. »

Vraie réforme des Retraites : deux Français sur trois n’y croient pas (sondage)

Vraie réforme des Retraites : deux Français sur trois n’y croient pas (sondage)

Deux Français sur trois estiment que le gouvernement ne parviendra pas à mener une réforme d’envergure, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour « Le Figaro » et franceinfo publié jeudi 5 septembre 2019.

Les Français ne semblent donc pas faire confiance au gouvernement pour réformer le système des retraites, et ce bien qu’ils décrient le système actuel. Ce dernier ne permet pas de bénéficier d’une retraite correcte selon une grande majorité des personnes sondées (72%). Ce système est jugé injuste (79%), pas viable (79%), trop complexe (68%), mal adapté aux parcours professionnels actuels (74%). Dans le détail, 83% des sondés qui jugent le système injuste perçoivent moins de 1 500 euros par mois. Du côté des retraités en revanche, qui sont les concernés du moment, 41% des sondés expriment un jugement positif sur le système.

Le gouvernement va lancer dès le mois de septembre une consultation citoyenne sur le rapport Delevoye, sur le modèle du grand débat, avant de proposer le projet de loi. Pour 61% des sondés, cette grande concertation est surtout une stratégie politique pour désamorcer les contestations.

 

 

Ce sondage Odoxa-dentsu consulting pour Le Figaro et franceinfo a été réalisé les 4 et 5 septembre 2019 sur internet, auprès d’un échantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

 

Réforme des Retraites : Les Français pour ou contre ?

Réforme des Retraites : Les Français pour ou contre  ? 

 

S’appuyant sur un sondage de l’IFOP, le très macroniste  journal du JDD titre que les Français sont  favorables à la réforme. Pourtant le même sondage montre que 66 % des Français ne font pas confiance au gouvernement dans ce domaine. Cependant ils sont également 66 % à se prononcer pour l’harmonisation des régimes. De là à dire que les Français sont favorables à toute la réforme il y a un pas que le JDD franchit un peu vite !

 

Selon ce sondage, 36% des Français considèrent qu’il faut allonger la durée de cotisation des actifs, le levier traditionnellement utilisé par les politiques en la matière. Parmi les autres options proposées, 16% des Français optent pour une augmentation des cotisations des actifs et 7% pour une baisse des pensions des retraités, selon ce sondage. Seulement 2% des retraités sont favorables à cette dernière option.

Plus engageant pour le gouvernement, les deux tiers des Français (66%) sont favorables à une harmonisation des différents régimes « au nom de l’égalité entre les cotisants », alors que 34% des Français veulent conserver des régimes de retraites différents compte tenu des spécificités de certains métiers ou professeurs, selon ce sondage.

*Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 au 30 août 2019 auprès d’un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. La marge d’erreur pour ce sondage est +/- 1,4 point pour un résultat de 5 ou 95% ; +/- 1,8 point pour un résultat de 10 ou 90% ; +/- 2,5 points pour un résultat de 20 ou 80% ; +/- 2,8 points pour un résultat de 30 ou 70% ; +/- 3 points pour un résultat de 40 ou 60% ; +/- 3,1 points pour un résultat de 50%.

 

Retraites : Les Français favorables à la réforme ? (sondage)

Retraites : Les Français favorables à la réforme ? (sondage)

 

S’appuyant sur un sondage de l’IFOP, le très macroniste  journal du JDD titre que les Français sont  favorables à la réforme. Pourtant le même sondage montre que 66 % des Français ne font pas confiance au gouvernement dans ce domaine. Cependant ils sont également 66 % à se prononcer pour l’harmonisation des régimes. De là à dire que les Français sont favorables à toute la réforme il y a un pas que le JDD franchit un peu vite !

 

Selon ce sondage, 36% des Français considèrent qu’il faut allonger la durée de cotisation des actifs, le levier traditionnellement utilisé par les politiques en la matière. Parmi les autres options proposées, 16% des Français optent pour une augmentation des cotisations des actifs et 7% pour une baisse des pensions des retraités, selon ce sondage. Seulement 2% des retraités sont favorables à cette dernière option.

Plus engageant pour le gouvernement, les deux tiers des Français (66%) sont favorables à une harmonisation des différents régimes « au nom de l’égalité entre les cotisants », alors que 34% des Français veulent conserver des régimes de retraites différents compte tenu des spécificités de certains métiers ou professeurs, selon ce sondage.

*Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 au 30 août 2019 auprès d’un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. La marge d’erreur pour ce sondage est +/- 1,4 point pour un résultat de 5 ou 95% ; +/- 1,8 point pour un résultat de 10 ou 90% ; +/- 2,5 points pour un résultat de 20 ou 80% ; +/- 2,8 points pour un résultat de 30 ou 70% ; +/- 3 points pour un résultat de 40 ou 60% ; +/- 3,1 points pour un résultat de 50%.

 

Réforme de la Constitution : une urgence surtout électorale

Réforme de la Constitution : une urgence surtout électorale

Le projet de réforme de la constitution a surtout une visée électorale. D’abord, il s’agit de satisfaire les revendications populistes en diminuant d’un quart  le nombre de parlementaires. Ensuite, on  en profitera pour donner un bon coup de peinture verte à cette constitution en affirmant l’importance de l’environnement et de la biodiversité. Autant de mesures qui ne mangent pas de pain mais qui seront sans grands effets sur la démocratie et sur les orientations de la politique écologique. En fait, face  aux doutes et à la contestation de 65 à 70 % des citoyens vis-à-vis de la politique de Macron, on a surtout cherché des révolutions constitutionnelles susceptibles d’être largement approuvées. Pour la forme, on a aussi introduit une évolution concernant le référendum. Son champ sera étendu mais il sera encore davantage cadenassé, de sorte qu’il  sera pratiquement impossible à utiliser. Évidemment il y a bien d’autres urgences que celle de la réforme de la constitution mais la seule préoccupation du gouvernement et de Macron est d’obtenir coûte que coûte un fort  pourcentage d’adhésion quelque soit en la question posée.

L’écologie devrait intégrer le premier article. « (La République française) agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques», devrait mentionner la loi fondamentale.

Le champ du référendum devrait être élargi aux «réformes relatives aux questions de société»,

le nouveau RIP sera toutefois plus encadré: il ne pourra pas viser l’abrogation d’une disposition promulguée «depuis moins de trois ans», ni d’«une disposition en cours de discussion au Parlement». Sur la forme, le RIP doit intégrer un titre à part entière de la Constitution, consacré à la «participation citoyenne».

Le CESE devrait devenir le Conseil de la participation citoyenne (CPC).

Réforme des retraites : reporteé aux calendes ?

Réforme des retraites : reportée aux calendes

 

 

Certains se demandaient pourquoi le Medef avait piqué une petite colère vis-à-vis de Macron à propos du rythme des réformes. Sans doute l’organisation patronale avait-elle été prévenue que le pouvoir avait décidé de décaler dans le temps la principale réforme que constitue celle des retraites. À écouter les uns et les autres, on note un certain nombre de contradictions entre Macron, Darmanin une part et Édouard Philippe d’autre part. Macron -comme Darmanin- semble bien envisager un report d’environ un an c’est-à-dire largement après les municipales.  Édouard Philippe Porte une ligne plus brutale et souhaite un délai plus rapide. Le risque en effet c’est que les perspectives de l’évolution du système des retraites s’enlisent dans le sable des campagnes électorales. Avec les délais avancés par Darmanin,  la réforme pourrait à l’ordre du jour qu’en  septembre 2020 au motif de la nécessité d’une large concertation. Le problème c’est que dès la fins 2020 la campagne électorale pour les présidentielles va s’intensifier et que l’heure ne sera plus à des orientations susceptibles de contrarier certains électeurs. De là à penser que la réforme des retraites pourrait n’être effectuée qu’après 2022 il n’y a qu’un pas. La raison principale de ce report tient dans le fait que la réforme fera peu de bénéficiaires mais énormément de mécontents. Pour l’essentiel,  il s’agira de reporter l’âge de la retraite et en même temps de diminuer le montant des pensions. Tout le reste est littérature. Chacun presque s’accorde à penser que cette réforme est incontournable. En réalité, ce n’est pas si sûr car l’équilibre des retraites, principal enjeu de la réforme, dépend  du rapport actif retraité, de la croissance et de la productivité. De ce point de vue, il serait sans doute plus urgent de supprimer les 35 heures qui ont été fatales à l’économie française. Les Français ne travaillent  peut-être pas assez longtemps quand ils prennent leur retraite mais surtout ils ne travaillent pas assez longtemps toute leur carrière, enfin certains ne travaillent pas du tout ; voir à cet égard le  déplorable rapport entre ce qui travaillent  et les actifs potentiels. Le dernier argument qui plaide en faveur d’un report voir un enterrement de la réforme, c’est sa complexité qu’avait complètement sous-estimé le gouvernement. Jusque-là on se contentait de slogans comme » régime universel, un euro de cotisation égal un euro, cotisation retraite par points etc. ». Autant d’éléments de langage – Edouard Philippe a promis vendredi de prochaines annonces sur le calendrier de la délicate réforme des retraites, potentiellement chamboulé par la future “concertation citoyenne” aux contours encore inconnus à laquelle s’attellera bientôt le gouvernement.

Réforme des retraites: la durée de cotisation à la place de l’âge

Réforme des retraites: la durée à la place de l’âge

Profitant de sa présence à la télé pour rendre compte du G7 Macron à évoqué aussi l’épineuse question de la réforme des retraites. Après les protestations relatives à l’ambiguïté du réel départ à la retraite, le chef de l’État semble désormais privilégier le concept de durée de cotisation.

 

« Si on fait une réforme comme d’habitude, on repousse l’âge de départ à la retraite, a expliqué le président. Si on décale l’âge légal, c’est pas clair. Le régime qu’on est en train de créer doit être équilibré, mais je souhaite qu’il y ait un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l’âge. »

Le président avoue cependant que rien n’est tranché et qu’il conviendra encore de débattre. Ce dossier des retraites est en effet explosif,  il est aussi très complexe. D’où l’extrême prudence de Macron concernant par exemple l’évolution des retraites de certaines catégories sensibles.

D’abord, le président a assuré que rien n’était tranché. Notamment en ce qui concerne l’âge pivot, l’âge en deçà duquel les actifs qui voudraient partir à la retraite verraient leur pension subir une décote. « Ce n’est pas décidé », a ainsi précisé Emmanuel Macron. Pour autant, le président ne souhaite pas toucher à l’âge légal de 62 ans.

« Si on fait une réforme comme d’habitude, on repousse l’âge de départ à la retraite, a expliqué le président. Si on décale l’âge légal, c’est pas clair. Le régime qu’on est en train de créer doit être équilibré, mais je souhaite qu’il y ait un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l’âge. »

Emmanuel Macron a par ailleurs salué le « travail remarquable qui a été fait par Jean-Paul Delevoye » qui porte un projet de réforme en profondeur.

« On doit refonder notre système de retraites, compromis d’après-guerre, mais la solidarité entre les générations, ça on le maintient. Ce système-là, on l’a progressivement transformé, abîmé et rendu injuste, on a créé une quarantaine de régimes, ce n’est pas vraiment juste », a expliqué le président qui souhaite un régime de retraites universels.

Sur la méthode, le président a rappelé qu’il tenait à la concertation. « Le Premier ministre, va commencer la semaine prochaine des consultations avec tous les partenaires sociaux, on va la construire tous ensemble cette réforme », a rappelé Emmanuel Macron qui a réaffirmé les objectifs d’un système qui soit « équilibré en 2025 et juste en terme de cotisations ». Notons que ce n’est sans doute pas un hasard si les décisions définitives concernant la réforme ont été reportée après les municipales de 2020. !

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