Archive pour le Tag 'réforme SNCF'

Réforme SNCF : une victoire à la Pyrrhus

Réforme SNCF : une victoire à la Pyrrhus

La reforme de la SNCF dont beaucoup se félicitent a un fort goût d’inachevé. C’est surtout une victoire politique pour tous ceux qui rêvaient t depuis longtemps de régler leurs comptes aux cheminots et à l’entreprise étatique. La vérité, c’est qu’on n’a pas réglé grand-chose. Sur le plan social, le recrutement sous statut privé commence seulement cette année, autant dire qu’il faudra 40 à 50 ans pour que le statut disparaisse complètement. Au plan financier, la SNCF va continuer de traîner une dette de près de 25  milliards qui incombe pourtant à l’état en raison de ses choix notamment vis-à-vis des lignes TGV et des contraintes qu’elle impose à l’entreprise ; certes la réforme était nécessaire pour redonner qualité et surtout compétitivité mais là le projet est vide de tout contenu. En outre, il n’a été négocié avec personne. D’une façon plus globale,  la politique des transports manque de vision, elle est même assez souvent contradictoire vis-à-vis des préoccupations environnementales quand on favorise la route. D’où cet appel dans une tribune au « Monde », des cédétistes Laurent Berger et Sébastien Mariani au futur patron de la SNCF, qui doit être nommé prochainement, « à porter un engagement social et environnemental ambitieux et mobilisateur ».

Tribune. 

 

« Tout au long de l’été, au moment des grands départs en vacances, la SNCF a réaffirmé sa vocation originelle de transport de masse, universel, populaire et respectueux de l’environnement. Pourtant, un an après une réforme de rupture qui a laissé beaucoup de traces, l’avenir et le rôle de cette entreprise publique et citoyenne sont incertains.

La CFDT a démontré au début de l’été les problématiques d’attente aux guichets. Ces dysfonctionnements trouvent leur explication dans la quête de productivité incessante de la SNCF et la diminution de la présence humaine dans les gares au service des usagers. Cette entreprise possède pourtant de nombreux atouts.

L’urgence climatique ? Avant même la fin du mois de juillet, le jour du dépassement des ressources planétaires renouvelables a été franchi. L’humanité vit à crédit sur la Terre. Les épisodes caniculaires sans précédent que nous avons vécus illustrent parfaitement les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

La CFDT s’est engagée dans un pacte du pouvoir de vivre pour que le progrès écologique et la justice sociale deviennent réalité. Le transport ferroviaire y a toute sa place. C’est clairement une solution à la demande croissante de mobilité et à l’exigence de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le domaine des transports de voyageurs comme de marchandises. Il est de la responsabilité de l’Etat de lui donner un avenir.

La « raison d’être » inscrite dans les statuts de la nouvelle SNCF veut répondre à ce beau défi en affirmant « donner à chacun la liberté de se déplacer facilement tout en préservant la planète ». Encore faut-il lui en donner les moyens techniques et humains, afin de traduire en actes une vraie ambition politique pour le développement du ferroviaire en France.

En mars 2018, la CFDT a fait de nombreuses propositions pour introduire une dimension sociale et sociétale à la loi de réforme. Dès juin 2018, après le vote de la loi, la CFDT a insisté pour que trois conditions soient définies et remplies : donner des signaux positifs et immédiats sur les conditions sociales et de travail des cheminots, gages d’une confiance à retrouver et d’un système à reconstruire ; donner une incarnation nouvelle aux changements à venir ; retrouver un dialogue social constructeur de l’avenir.

En actant la fin du recrutement au statut et la transformation en plusieurs entreprises distinctes, la loi pose l’obligation de mener un grand nombre de négociations dans un délai très contraint. Les règles d’emploi et de gestion des agents, la garantie d’une forme d’unité sociale au sein du groupe SNCF doivent être refondées. »

 

J-L Bianco : la réforme SNCF et stop aux lignes à grande vitesse

J-L Bianco : la réforme SNCF et stop aux lignes à grande vitesse

Arrêter la construction de  lignes à grande vitesse, améliorer la qualité des services fournis par le gestionnaire d’infrastructures ferroviaires pour accroître ses recettes, imposer des contrats d’objectifs et de performances aux établissements publics (SNCF, RFF)… Voilà les trois principales recettes de Jean-Louis Bianco, résumées dans un «document de méthode» que l’AFP s’est procuré. L’ancien ministre a été chargé par le gouvernement de plancher sur la réforme ferroviaire et ses conclusions finales ­seront rendues début avril, avant qu’un projet de loi soit présenté au Parlement. Autre préconisation de Jean-Louis Bianco, la nouvelle organisation ferroviaire devra s’articuler autour de trois entités à vocation industrielle: le gestionnaire d’infrastructure unifié (rassemblant RFF, la Direction des circulations ferroviaires et les équipes de SNCF Infra), le transporteur (SNCF) et «un établissement de tête dont les fonctions doivent être précisées et ­parmi lesquelles figurent nécessairement les ressources humaines». Selon l’ancien ministre, ces trois entités doivent avoir un statut d’établissement public à caractère industriel et commercial. Selon le document «de méthode», il faut maintenir le statut de cheminot pour «l’ensemble des agents du pôle public ­ferroviaire» et établir une convention ­collective commune. Jean-Louis Bianco propose aussi d’élargir les missions du régulateur, l’Araf, qui devra veiller à l’assainissement financier du système notamment grâce à un plan pluriannuel de résorption des déficits. En revanche, le texte ne se prononce pas sur la gouvernance du futur ensemble.

 

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