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Finances et économie -La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

Finances et économie -La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

 

Vice-président pendant sept ans du New York Stock Exchange, Georges Ugeux s’alarme de la déconnexion entre économie réelle et marchés financiers ( dans l’Opinion)

 

 

 

La Bourse américaine a battu tous ses records en pleine pandémie, et accru les inégalités. Wall Street à l’assaut de la démocratie, s’alarme Georges Ugeux, dans un ouvrage en librairie ce mercredi. Ce grand connaisseur du marché américain enseigne la finance internationale à la Columbia University School of Law.

Comment Wall Street est-elle devenue trop puissante ?

Wall Street vit sur une idéologie qui s’est organisée en fonction de l’intérêt d’une partie de la population et avec l’accord et le soutien des autorités. Depuis le début de la pandémie, les marchés financiers ont littéralement explosé car une bonne partie de l’argent destiné à soutenir l’économie s’est retrouvée en Bourse. Les capitaux injectés ont été excessifs, ils ont été mis trop rapidement dans le système. Les investisseurs ont considéré que le meilleur moyen de gagner de l’argent, c’était de le placer en actions. Tout cela remonte à la crise financière précédente. Les banques centrales avaient un objectif macroéconomique, mais le résultat net de leur action a été d’enrichir les actionnaires. Depuis l’éclatement de la bulle des subprimes, Wall Street a bondi de 400 %.

Qu’est ce qui pourrait remettre en cause le culte de l’actionnariat que vous dénoncez ?

L’Europe doit comprendre que cette mentalité ne correspond pas à son système de valeur. Or, le capitalisme financier, à l’américaine, s’est imposé à travers le monde. La politique de la planche à billets est pratiquée par toutes les grandes banques centrales. Et, comme les Etats-Unis, l’Europe a déformé sa fiscalité dans un sens qui profite aux entreprises et à leurs actionnaires. Depuis maintenant vingt ans, le taux effectif de l’impôt sur les sociétés a pratiquement diminué de moitié. Le profit net distribuable aux actionnaires a augmenté d’autant. Ce sont pour l’essentiel les taxations des salaires et la consommation des particuliers qui financent le budget de l’Etat. Aux Etats-Unis, l’impôt sur les sociétés représente 6,8 % seulement des recettes fédérales. C’est environ 8 % en France, alors que la TVA représente en moyenne 50 % des recettes fiscales des pays de l’OCDE. Tout cela crée une situation totalement déséquilibrée dans laquelle les banques centrales soutiennent les emprunteurs mais pas les épargnants, et les gouvernements soutiennent les entreprises et pas nécessairement l’emploi.

« La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système »

Aux Etats-Unis, tout incite à faire venir l’épargnant en Bourse. C’est le cas des plateformes de trading, par exemple. Difficile de revenir en arrière…

Les plateformes de trading ne me dérangent pas. Il faut simplement s’assurer que la réglementation est correctement appliquée. Le véritable problème c’est le système très « cadenassé » des marchés financiers. Prenez les rachats d’actions : lors de ces opérations, le cours des actions augmente arithmétiquement. C’est une bonne affaire pour l’actionnaire, mais l’entreprise perd une partie de sa substance et de sa possibilité d’investir. Or, on ne lui impose pas de justifier ses rachats. Parfois, la rémunération des dirigeants et les stock-options sont indexées au cours de Bourse plutôt qu’à la performance de l’entreprise, tout le monde a intérêt à faire bouger l’action. Sans oublier la faible taxation des plus-values… Tout se tient.

Mais Wall Street est aussi un formidable moteur d’innovation, qui permet à des « jeunes pousses » déficitaires de se financer…

Je n’attaque pas Wall Street en tant que marché boursier, mais le système qui l’environne. Nous sommes arrivés à un niveau de tension insoutenable entre le capital et le travail. On ne reproche pas à une entreprise de mettre des gens au chômage, mais on va lui reprocher de réduire son dividende.

Un capitalisme social et solidaire est-il réellement possible aux Etats-Unis ?

La question est enfin posée. Joe Biden a clairement dit qu’il ne voulait pas d’un capitalisme qui fonctionne uniquement pour les actionnaires. Les choses bougent fiscalement au G20 avec le principe d’une taxation des Gafa et la mise en place d’un taux minimum d’impôt sur les sociétés de 15 %. Par ailleurs, sur le changement climatique et les sujets ESG (environnement, social et gouvernance), l’Europe force un débat qui vient du peuple et non d’en haut. Finalement, même si cela prend du temps, le citoyen à la possibilité d’influencer le cours des choses, mais il doit être éduqué.

Quel est le plus grand risque aujourd’hui ?

Sur le plan du risque de marché, Wall Street est grossièrement surévaluée, ce qui va devoir se corriger. La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système. Sur le fond, on ne résoudra pas la question des retraites et de la transition énergétique sans la contribution des marchés financiers. Mais les entreprises doivent revoir la manière dont elles communiquent leur stratégie d’investissement et de croissance à long terme, en se détachant en partie de leur performance trimestrielle. Les actionnaires viennent de vivre des années de gloire, il faut rééquilibrer le système.

Economie-Finances-La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

Economie-Finances-La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

 

Vice-président pendant sept ans du New York Stock Exchange, Georges Ugeux s’alarme de la déconnexion entre économie réelle et marchés financiers ( dans l’Opinion)

 

 

 

La Bourse américaine a battu tous ses records en pleine pandémie, et accru les inégalités. Wall Street à l’assaut de la démocratie, s’alarme Georges Ugeux, dans un ouvrage en librairie ce mercredi. Ce grand connaisseur du marché américain enseigne la finance internationale à la Columbia University School of Law.

Comment Wall Street est-elle devenue trop puissante ?

Wall Street vit sur une idéologie qui s’est organisée en fonction de l’intérêt d’une partie de la population et avec l’accord et le soutien des autorités. Depuis le début de la pandémie, les marchés financiers ont littéralement explosé car une bonne partie de l’argent destiné à soutenir l’économie s’est retrouvée en Bourse. Les capitaux injectés ont été excessifs, ils ont été mis trop rapidement dans le système. Les investisseurs ont considéré que le meilleur moyen de gagner de l’argent, c’était de le placer en actions. Tout cela remonte à la crise financière précédente. Les banques centrales avaient un objectif macroéconomique, mais le résultat net de leur action a été d’enrichir les actionnaires. Depuis l’éclatement de la bulle des subprimes, Wall Street a bondi de 400 %.

Qu’est ce qui pourrait remettre en cause le culte de l’actionnariat que vous dénoncez ?

L’Europe doit comprendre que cette mentalité ne correspond pas à son système de valeur. Or, le capitalisme financier, à l’américaine, s’est imposé à travers le monde. La politique de la planche à billets est pratiquée par toutes les grandes banques centrales. Et, comme les Etats-Unis, l’Europe a déformé sa fiscalité dans un sens qui profite aux entreprises et à leurs actionnaires. Depuis maintenant vingt ans, le taux effectif de l’impôt sur les sociétés a pratiquement diminué de moitié. Le profit net distribuable aux actionnaires a augmenté d’autant. Ce sont pour l’essentiel les taxations des salaires et la consommation des particuliers qui financent le budget de l’Etat. Aux Etats-Unis, l’impôt sur les sociétés représente 6,8 % seulement des recettes fédérales. C’est environ 8 % en France, alors que la TVA représente en moyenne 50 % des recettes fiscales des pays de l’OCDE. Tout cela crée une situation totalement déséquilibrée dans laquelle les banques centrales soutiennent les emprunteurs mais pas les épargnants, et les gouvernements soutiennent les entreprises et pas nécessairement l’emploi.

« La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système »

Aux Etats-Unis, tout incite à faire venir l’épargnant en Bourse. C’est le cas des plateformes de trading, par exemple. Difficile de revenir en arrière…

Les plateformes de trading ne me dérangent pas. Il faut simplement s’assurer que la réglementation est correctement appliquée. Le véritable problème c’est le système très « cadenassé » des marchés financiers. Prenez les rachats d’actions : lors de ces opérations, le cours des actions augmente arithmétiquement. C’est une bonne affaire pour l’actionnaire, mais l’entreprise perd une partie de sa substance et de sa possibilité d’investir. Or, on ne lui impose pas de justifier ses rachats. Parfois, la rémunération des dirigeants et les stock-options sont indexées au cours de Bourse plutôt qu’à la performance de l’entreprise, tout le monde a intérêt à faire bouger l’action. Sans oublier la faible taxation des plus-values… Tout se tient.

Mais Wall Street est aussi un formidable moteur d’innovation, qui permet à des « jeunes pousses » déficitaires de se financer…

Je n’attaque pas Wall Street en tant que marché boursier, mais le système qui l’environne. Nous sommes arrivés à un niveau de tension insoutenable entre le capital et le travail. On ne reproche pas à une entreprise de mettre des gens au chômage, mais on va lui reprocher de réduire son dividende.

Un capitalisme social et solidaire est-il réellement possible aux Etats-Unis ?

La question est enfin posée. Joe Biden a clairement dit qu’il ne voulait pas d’un capitalisme qui fonctionne uniquement pour les actionnaires. Les choses bougent fiscalement au G20 avec le principe d’une taxation des Gafa et la mise en place d’un taux minimum d’impôt sur les sociétés de 15 %. Par ailleurs, sur le changement climatique et les sujets ESG (environnement, social et gouvernance), l’Europe force un débat qui vient du peuple et non d’en haut. Finalement, même si cela prend du temps, le citoyen à la possibilité d’influencer le cours des choses, mais il doit être éduqué.

Quel est le plus grand risque aujourd’hui ?

Sur le plan du risque de marché, Wall Street est grossièrement surévaluée, ce qui va devoir se corriger. La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système. Sur le fond, on ne résoudra pas la question des retraites et de la transition énergétique sans la contribution des marchés financiers. Mais les entreprises doivent revoir la manière dont elles communiquent leur stratégie d’investissement et de croissance à long terme, en se détachant en partie de leur performance trimestrielle. Les actionnaires viennent de vivre des années de gloire, il faut rééquilibrer le système.

Finances-La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

Finances-La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

 

Vice-président pendant sept ans du New York Stock Exchange, Georges Ugeux s’alarme de la déconnexion entre économie réelle et marchés financiers ( dans l’Opinion)

 

 

 

La Bourse américaine a battu tous ses records en pleine pandémie, et accru les inégalités. Wall Street à l’assaut de la démocratie, s’alarme Georges Ugeux, dans un ouvrage en librairie ce mercredi. Ce grand connaisseur du marché américain enseigne la finance internationale à la Columbia University School of Law.

Comment Wall Street est-elle devenue trop puissante ?

Wall Street vit sur une idéologie qui s’est organisée en fonction de l’intérêt d’une partie de la population et avec l’accord et le soutien des autorités. Depuis le début de la pandémie, les marchés financiers ont littéralement explosé car une bonne partie de l’argent destiné à soutenir l’économie s’est retrouvée en Bourse. Les capitaux injectés ont été excessifs, ils ont été mis trop rapidement dans le système. Les investisseurs ont considéré que le meilleur moyen de gagner de l’argent, c’était de le placer en actions. Tout cela remonte à la crise financière précédente. Les banques centrales avaient un objectif macroéconomique, mais le résultat net de leur action a été d’enrichir les actionnaires. Depuis l’éclatement de la bulle des subprimes, Wall Street a bondi de 400 %.

Qu’est ce qui pourrait remettre en cause le culte de l’actionnariat que vous dénoncez ?

L’Europe doit comprendre que cette mentalité ne correspond pas à son système de valeur. Or, le capitalisme financier, à l’américaine, s’est imposé à travers le monde. La politique de la planche à billets est pratiquée par toutes les grandes banques centrales. Et, comme les Etats-Unis, l’Europe a déformé sa fiscalité dans un sens qui profite aux entreprises et à leurs actionnaires. Depuis maintenant vingt ans, le taux effectif de l’impôt sur les sociétés a pratiquement diminué de moitié. Le profit net distribuable aux actionnaires a augmenté d’autant. Ce sont pour l’essentiel les taxations des salaires et la consommation des particuliers qui financent le budget de l’Etat. Aux Etats-Unis, l’impôt sur les sociétés représente 6,8 % seulement des recettes fédérales. C’est environ 8 % en France, alors que la TVA représente en moyenne 50 % des recettes fiscales des pays de l’OCDE. Tout cela crée une situation totalement déséquilibrée dans laquelle les banques centrales soutiennent les emprunteurs mais pas les épargnants, et les gouvernements soutiennent les entreprises et pas nécessairement l’emploi.

« La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système »

Aux Etats-Unis, tout incite à faire venir l’épargnant en Bourse. C’est le cas des plateformes de trading, par exemple. Difficile de revenir en arrière…

Les plateformes de trading ne me dérangent pas. Il faut simplement s’assurer que la réglementation est correctement appliquée. Le véritable problème c’est le système très « cadenassé » des marchés financiers. Prenez les rachats d’actions : lors de ces opérations, le cours des actions augmente arithmétiquement. C’est une bonne affaire pour l’actionnaire, mais l’entreprise perd une partie de sa substance et de sa possibilité d’investir. Or, on ne lui impose pas de justifier ses rachats. Parfois, la rémunération des dirigeants et les stock-options sont indexées au cours de Bourse plutôt qu’à la performance de l’entreprise, tout le monde a intérêt à faire bouger l’action. Sans oublier la faible taxation des plus-values… Tout se tient.

Mais Wall Street est aussi un formidable moteur d’innovation, qui permet à des « jeunes pousses » déficitaires de se financer…

Je n’attaque pas Wall Street en tant que marché boursier, mais le système qui l’environne. Nous sommes arrivés à un niveau de tension insoutenable entre le capital et le travail. On ne reproche pas à une entreprise de mettre des gens au chômage, mais on va lui reprocher de réduire son dividende.

Un capitalisme social et solidaire est-il réellement possible aux Etats-Unis ?

La question est enfin posée. Joe Biden a clairement dit qu’il ne voulait pas d’un capitalisme qui fonctionne uniquement pour les actionnaires. Les choses bougent fiscalement au G20 avec le principe d’une taxation des Gafa et la mise en place d’un taux minimum d’impôt sur les sociétés de 15 %. Par ailleurs, sur le changement climatique et les sujets ESG (environnement, social et gouvernance), l’Europe force un débat qui vient du peuple et non d’en haut. Finalement, même si cela prend du temps, le citoyen à la possibilité d’influencer le cours des choses, mais il doit être éduqué.

Quel est le plus grand risque aujourd’hui ?

Sur le plan du risque de marché, Wall Street est grossièrement surévaluée, ce qui va devoir se corriger. La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système. Sur le fond, on ne résoudra pas la question des retraites et de la transition énergétique sans la contribution des marchés financiers. Mais les entreprises doivent revoir la manière dont elles communiquent leur stratégie d’investissement et de croissance à long terme, en se détachant en partie de leur performance trimestrielle. Les actionnaires viennent de vivre des années de gloire, il faut rééquilibrer le système.

La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

La déconnexion entre économie réelle et marchés financiers

 

Vice-président pendant sept ans du New York Stock Exchange, Georges Ugeux s’alarme de la déconnexion entre économie réelle et marchés financiers ( dans l’Opinion)

 

 

 

La Bourse américaine a battu tous ses records en pleine pandémie, et accru les inégalités. Wall Street à l’assaut de la démocratie, s’alarme Georges Ugeux, dans un ouvrage en librairie ce mercredi. Ce grand connaisseur du marché américain enseigne la finance internationale à la Columbia University School of Law.

Comment Wall Street est-elle devenue trop puissante ?

Wall Street vit sur une idéologie qui s’est organisée en fonction de l’intérêt d’une partie de la population et avec l’accord et le soutien des autorités. Depuis le début de la pandémie, les marchés financiers ont littéralement explosé car une bonne partie de l’argent destiné à soutenir l’économie s’est retrouvée en Bourse. Les capitaux injectés ont été excessifs, ils ont été mis trop rapidement dans le système. Les investisseurs ont considéré que le meilleur moyen de gagner de l’argent, c’était de le placer en actions. Tout cela remonte à la crise financière précédente. Les banques centrales avaient un objectif macroéconomique, mais le résultat net de leur action a été d’enrichir les actionnaires. Depuis l’éclatement de la bulle des subprimes, Wall Street a bondi de 400 %.

Qu’est ce qui pourrait remettre en cause le culte de l’actionnariat que vous dénoncez ?

L’Europe doit comprendre que cette mentalité ne correspond pas à son système de valeur. Or, le capitalisme financier, à l’américaine, s’est imposé à travers le monde. La politique de la planche à billets est pratiquée par toutes les grandes banques centrales. Et, comme les Etats-Unis, l’Europe a déformé sa fiscalité dans un sens qui profite aux entreprises et à leurs actionnaires. Depuis maintenant vingt ans, le taux effectif de l’impôt sur les sociétés a pratiquement diminué de moitié. Le profit net distribuable aux actionnaires a augmenté d’autant. Ce sont pour l’essentiel les taxations des salaires et la consommation des particuliers qui financent le budget de l’Etat. Aux Etats-Unis, l’impôt sur les sociétés représente 6,8 % seulement des recettes fédérales. C’est environ 8 % en France, alors que la TVA représente en moyenne 50 % des recettes fiscales des pays de l’OCDE. Tout cela crée une situation totalement déséquilibrée dans laquelle les banques centrales soutiennent les emprunteurs mais pas les épargnants, et les gouvernements soutiennent les entreprises et pas nécessairement l’emploi.

« La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système »

Aux Etats-Unis, tout incite à faire venir l’épargnant en Bourse. C’est le cas des plateformes de trading, par exemple. Difficile de revenir en arrière…

Les plateformes de trading ne me dérangent pas. Il faut simplement s’assurer que la réglementation est correctement appliquée. Le véritable problème c’est le système très « cadenassé » des marchés financiers. Prenez les rachats d’actions : lors de ces opérations, le cours des actions augmente arithmétiquement. C’est une bonne affaire pour l’actionnaire, mais l’entreprise perd une partie de sa substance et de sa possibilité d’investir. Or, on ne lui impose pas de justifier ses rachats. Parfois, la rémunération des dirigeants et les stock-options sont indexées au cours de Bourse plutôt qu’à la performance de l’entreprise, tout le monde a intérêt à faire bouger l’action. Sans oublier la faible taxation des plus-values… Tout se tient.

Mais Wall Street est aussi un formidable moteur d’innovation, qui permet à des « jeunes pousses » déficitaires de se financer…

Je n’attaque pas Wall Street en tant que marché boursier, mais le système qui l’environne. Nous sommes arrivés à un niveau de tension insoutenable entre le capital et le travail. On ne reproche pas à une entreprise de mettre des gens au chômage, mais on va lui reprocher de réduire son dividende.

Un capitalisme social et solidaire est-il réellement possible aux Etats-Unis ?

La question est enfin posée. Joe Biden a clairement dit qu’il ne voulait pas d’un capitalisme qui fonctionne uniquement pour les actionnaires. Les choses bougent fiscalement au G20 avec le principe d’une taxation des Gafa et la mise en place d’un taux minimum d’impôt sur les sociétés de 15 %. Par ailleurs, sur le changement climatique et les sujets ESG (environnement, social et gouvernance), l’Europe force un débat qui vient du peuple et non d’en haut. Finalement, même si cela prend du temps, le citoyen à la possibilité d’influencer le cours des choses, mais il doit être éduqué.

Quel est le plus grand risque aujourd’hui ?

Sur le plan du risque de marché, Wall Street est grossièrement surévaluée, ce qui va devoir se corriger. La Bourse traite en général à 15 fois les bénéfices, c’est 35 fois aujourd’hui et ça fait deux ans que ça dure. Il y a trop d’argent dans le système. Sur le fond, on ne résoudra pas la question des retraites et de la transition énergétique sans la contribution des marchés financiers. Mais les entreprises doivent revoir la manière dont elles communiquent leur stratégie d’investissement et de croissance à long terme, en se détachant en partie de leur performance trimestrielle. Les actionnaires viennent de vivre des années de gloire, il faut rééquilibrer le système.

La valeur réelle des médicaments

La valeur réelle des médicaments

 

 

Tribune dans l’Opinion de Thierry Nouve,irecteur général de l’association Vaincre la Mucoviscidose.

 

 

La valeur des médicaments attend-elle le nombre des années ? Convoquer Corneille dans le cadre de la fixation des prix des médicaments pourrait paraître étrange. La valeur d’un médicament est une chose absolument insaisissable, incompréhensible, inadmissible ou insupportable. Elle est le fruit de négociations complexes entre les autorités sanitaires et un laboratoire. C’est aussi un processus très long. Trop long pour les malades qui patientent pendant que leur état de santé se dégrade.

Contrairement aux idées reçues, le prix d’un médicament remboursé ne reflète pas son coût. Il s’agit d’une valeur faciale : le laboratoire et les pouvoirs publics s’entendent sur des « remises », dont le montant varie en fonction du volume vendu. La santé fonctionne comme la grande distribution avec les tant décriées « marges arrières ».

La valeur d’un médicament n’est pas forcément ni uniquement le résultat d’un investissement, déduction faite des subventions publiques perçues par le laboratoire à laquelle on ajoute une marge. Tout est opaque et complexe. Le Parlement, constitutionnellement seul habilité à fixer le budget de la Sécurité sociale ne connaît que des enveloppes globales. La raison invoquée : le « secret des affaires » ! L’OMS a pourtant voté une résolution en mai 2019 qui invite notamment les Etats à publier le prix réel des médicaments.

Deux ans après, force est de constater que rien ou si peu n’a changé. Le récent accord intervenu entre le Leem (Les entreprises du médicament) et le CEPS (qui fixe le prix des produits de santé, ndlr) ne change rien ou si peu. Au sein de l’Union européenne, cette question demeure de la compétence des Etats qui ignorent le prix dans les autres pays membres. Une exception notable et récente : les vaccins anti-Covid-19 ont été négociés à l’échelle européenne. Une exception qui mériterait de devenir la règle.

« Pour un patient, la valeur d’un médicament, c’est celle qui le guérit, le soulage et améliore sa qualité de vie voire lui sauve l’existence »

Solidarité. Notre pays a la chance d’avoir un système de protection sociale qui repose sur la solidarité. Le poids du médicament dans les dépenses remboursées par la Sécurité sociale est relativement stable (+6,5 % sur les dix dernières années). Toutefois, l’arrivée de nouveaux traitements à coûts élevés fait peser une menace sur notre système de protection sociale. Mais, nombre de médicaments innovants sont dans le « pipe » pour lesquels certains industriels affichent des retours sur investissement à la hauteur de leur impact sur la santé des patients. Thérapie génique, thérapie cellulaire, thérapie de la protéine deviennent des réalités, mais à quel prix ? Comment notre système de protection sociale pourra-t-il supporter cela ?

Pour un patient, la valeur d’un médicament, c’est celle qui le guérit, le soulage et améliore sa qualité de vie voire lui sauve l’existence. Pour certains, ils sont nés avec une maladie ou ont été frappés plus tard. Ces maladies ont un point commun, un caractère évolutif et parfois fatal. Mais le processus d’accès aux médicaments est trop long.

Selon l’étude WAIT, la France se situe au 21e rang des pays européens en termes de délai de disponibilité des médicaments. Ainsi, le délai moyen entre le dépôt à l’EMA (Agence européenne des médicaments) d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) et sa disponibilité en France est de 920 jours, près de trois ans !

Fort heureusement, la France dispose des dispositifs d’accès précoces. Toutefois, ils ne reposent que sur l’initiative des laboratoires. Dès lors, un laboratoire peut, pour des raisons qui lui sont propres et souvent liées à une stratégie autour du prix désiré, faire patienter les malades jusqu’à l’aboutissement du processus de fixation du prix. Les patients sont le prix à payer, leur santé servant de rançon. Les malades exercent une pression sur les pouvoirs publics alors contraints de céder. Fort heureusement, il existe peu de laboratoires qui se comportent ainsi. Mais, le système permet qu’il puisse en exister un seul. Aussi, seules aux âmes damnées, la valeur attend le nombre des années.

Thierry Nouvel est dirigeant de Vaincre la Mucoviscidose, une association de patients et d’usagers du système de santé.

Quelle participation citoyenne réelle ?

Quelle participation citoyenne réelle  ?

Le spécialiste en communication Antoine Denry relève, dans une tribune au « Monde », que le recours aux conventions citoyennes est un outil de communication politique utilisé par les pouvoirs publics pour pallier un problème institutionnel.

Tribune. Renforcer le rôle du Conseil économique, social et environnemental (CESE) est l’un des grands projets du mandat d’Emmanuel Macron, afin de promouvoir des formes de démocratie participative et de répondre ainsi à la défiance croissante qui vise les pouvoirs publics.

En ce sens, les comités de citoyens tirés au sort qui émergent dans son sillage peuvent-ils remédier à la crise démocratique que nous vivons ? Ne remettent-ils pas en cause le principe même du suffrage universel et ne traduisent-ils pas un mépris des élus susceptible d’aggraver encore la crise démocratique ?

A la suite de la crise des « gilets jaunes » le grand débat national avait rencontré un vif succès ; une loi organique a donc été adoptée le 15 décembre 2020 pour prolonger ce grand élan. Elle consacre le principe de citoyens tirés au sort pour travailler avec le CESE et porter la voix de la société civile, entre le Parlement et l’exécutif.

Avec la convention citoyenne pour le climat, cette ambition de rafraîchissement démocratique avait trouvé un premier débouché. Avec le comité sur la vaccination et ses trente-cinq citoyens tirés au sort, il s’agit de pérenniser cet exercice et de faire du CESE la chambre des conventions citoyennes nationales.

 

L’objectif affiché de ces instances est louable : associer au processus décisionnel la parole civile au travers d’une délibération citoyenne de qualité. Néanmoins, le problème réside ailleurs. 

D’abord, ce comité de vaccination fait partie d’un maquis déjà existant d’instances associées aux décisions sur le déploiement des vaccins : conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, comité scientifique, comité citoyen, comité des professionnels de santé, comité d’élus, comité de la société civile.

Ensuite et surtout, autant la convention citoyenne pour le climat visait à formuler des propositions, autant le comité sur la vaccination n’est lui chargé que « d’émettre des observations et d’interpeller Alain Fischer » [médecin nommé en décembre pour coordonner la stratégie vaccinale de l’Etat contre la pandémie de Covid-19] dans un rapport remis « d’ici à l’été ». C’est ce point-là qui vient mettre en exergue l’inanité du Parlement et souligner le problème institutionnel de la Ve République depuis la mise en place du quinquennat.

Avec ce comité ou d’autres conventions annoncées, comme celle sur les discriminations, nous sommes face à un acte de communication politique qui vient en réalité pallier un problème institutionnel, à savoir la mauvaise représentation du corps électoral au sein de l’Assemblée nationale et la caducité du pouvoir parlementaire dans un régime devenu « présidentialiste ».

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

 

 

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran , économiste,  la crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts et les bas de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers mais les banques centrales et les transactions financières.( le Monde)

 

 »

Wall Street n’a plus que faire de Main Street. Avec la crise sanitaire, la déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle a tombé le masque. Les premières ont, certes, plongé à une vitesse inédite à l’annonce des mesures de confinement, mais quelques semaines plus tard, elles avaient presque toutes effacé leurs pertes. A quoi carburent les Bourses mondiales aujourd’hui ? Certainement pas au suivi de la pandémie par l’Organisation mondiale de la santé ou aux prévisions de (dé) croissance du Fonds monétaire international ! Bien davantage à ce que disent ou font les banques centrales, avec, à la clé, le paradoxe suivant : plus ces dernières cherchent à agir sur l’économie réelle par le biais des marchés financiers, moins elles y parviennent.

La déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle ne date pas de la crise sanitaire. Elle s’est opérée au cours des dernières décennies, à mesure que l’économie s’est financiarisée, c’est-à-dire que les activités bancaires et financières y ont pris une place croissante jusqu’à la démesure et la dissociation totale de leurs métriques d’avec celles de la sphère réelle : les dizaines de milliers de milliards de dollars du commerce international et du produit intérieur brut mondial ne pèsent plus grand-chose face aux centaines, voire aux milliers de milliers de milliards de dollars des transactions financières ; les années et les trimestres des comptes nationaux sont des éternités à l’aune des millisecondes que les traders à haute fréquence cherchent à gagner les uns sur les autres.

La crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts, et, en l’occurrence, les bas, de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers. Certes, les Bourses ont plongé en même temps qu’il a fallu se confiner et que la mise à l’arrêt de l’économie faisait fatalement anticiper la récession. Leur plongeon a même été d’une brutalité sans précédent. Comme le relèvent Gunther Capelle-Blancard et Adrien Desroziers (« Bourses : le Covid-19 aura encore confirmé la déconnexion avec l’économie réelle »The Conversation, 17 juin), le S&P 500, l’un des indices boursiers américains les plus suivis, a perdu entre mi-février et mi-mars environ un tiers de sa valeur, autant qu’en un an lors de la crise des subprimes en 2007. Mais très rapidement, même si le yoyo habituel des cours boursiers n’a évidemment pas disparu, la tendance est redevenue haussière, rapprochant cyniquement la courbe des indices boursiers de celle des contaminations plutôt que de celle de la production ou de la consommation, en chute libre. »

 

Hong Kong : un tir à balle réelle de la police

Hong Kong : un tir à balle réelle de la police

À l’occasion du 70e anniversaire du régime communiste chinois, le président Xi a fait la promesse de respecter le régime d’autonomie de Hong Kong. Un double langage évidemment car dans le même temps les troupes de l’armée chinoise concentrée autour de Hong Kong se renforcent de jour en jour. Par ailleurs, la police de Hong Kong a fait usage d’un tir à balle réelle sur l’un des manifestants. Plusieurs milliers de personnes sont alors  descendues dans les rues mercredi pour dénoncer l’acte du policier qui a ouvert le feu sur Tony Tsang, un étudiant de 18 ans. Selon son état-major, l’agent, que le jeune homme agressait à coup de barre de fer, a agi en état de légitime défense.

“Nous ne sommes qu’un organisme chargé de veiller au respect de la loi avec des pouvoirs limités. Nous sommes confrontés à des incidents tellement nombreux (…) que nous ne pouvons pas exercer sans mesures appropriées ni soutien de la part des plus hautes autorités”, a déclaré Lam Chi-wai, président de l’Association des jeunes agents de police, réclamant un couvre-feu.

Automobiles : une consommation réelle supérieure de près de 2 l

Automobiles : une consommation réelle supérieure de près de 2 l

 

Opération vérité pour PSA qui a décidé d’avouer d’après ses propres essais que  la consommation moyenne de ses véhicules était en réalité supérieure en moyenne de 1,8 l par rapport à la consommation annoncée dans les brochures commerciales. Une révélation qui évidemment ne concerne pas seulement PSA. En moyenne la plupart des véhicules de toutes les marques consomment  en effet autour de 2 l en plus que prévu compte tenu des conditions réelles de circulation. Du coup avec cette révélation officielle il conviendra sans doute de revoir aussi la quantification des émissions polluantes. PSA Peugeot Citroën joue donc la transparence sur la consommation en carburant de ses véhicules. Fini les essais dans des conditions complètement déconnectées de la réalité, en laboratoire, avec des vitesses de pointe d’escargot. Le constructeur français a décidé de mener lui même ses propres essais, en collaboration avec des ONG comme France Nature Environnement.
Pour mesurer cette consommation, les voitures roulent sur une quarantaine de kilomètre, sur autoroutes, nationales, départementales ou en plein centre-ville. PSA prend aussi en compte le nombre de passagers, les bagages et l’utilisation de la climatisation par exemple. Et c’est le grand écart avec les tests en laboratoire, c’est à dire ce qui font office d’homologation en Europe. En moyenne, la différence entre la consommation homologuée avec le test actuel est de 1,8 litre aux 100. La palme plus petit écart revient à la Peugeot 208 diesel qui consomme 4,7 litres en réel. Soit un 1,2 litre de différences. La plus grande différence est de 2,7 litres sur une 3008 essence. Alors le constructeur va tester une vingtaine d’autres modèles d’ici à la fin de l’année. Et va ensuite analyser les émissions d’oxyde d’azote dès l’an prochain. Légalement PSA ne peut pas afficher les résultats de ces tests à côté de ses modèles en concession ; seule la norme actuelle est légale et officielle. Néanmoins, le constructeur va divulguer ses infos sur internet.

 

RTL

Perpétuité réelle : NKM invente l’eau chaude

Perpétuité réelle : NKM invente l’eau chaude

En recherche de singularité en vue des primaires de la droite, NKM invente la perpétuité qui est déjà prévue. . Le député de l’Yonne Guillaume Larrivé, auteur de l’amendement sur la réforme de la procédure pénale, s’est ainsi étranglé sur Twitter: «Certains proposent la perpétuité incompressible pour les criminels terroristes. Oui. Je l’ai déjà fait voter».

Ce jeudi, le porte-parole du gouvernement a donc rappelé que «dans le débat sur la procédure pénale, un amendement des Républicains, qui visait à porter à trente ans les peines de sûreté existant déjà dans la loi de 2011 (…) a donné lieu à un débat à l’Assemblée nationale et à un avis favorable du gouvernement». Dans le droit actuel, la perpétuité réelle existe déjà: le code pénal prévoit, dans des cas très précis, soit d’étendre la période de sûreté qui accompagne la peine – c’est-à-dire le laps de temps pendant lequel aucun aménagement de peine n’est possible – à 30 ans au lieu de 22, soit d’annuler la possibilité d’un aménagement de peine. L’amendement des Républicains (article 4 ter), adopté par l’Assemblée le 8 mars et qui sera examiné par le Sénat à partir du 24 mars, vise à étendre cette perpétuité dite «incompressible» aux auteurs d’actes terroristes. Comme Stéphane Le Foll l’a rappelé, la perpétuité doit cependant laisser au condamné un espoir – plus théorique que réel – de libération, pour être conforme à la décision de la cour européenne des droits de l’Homme, qui considère une condamnation à perpétuité «définitive» comme «un traitement inhumain»: «Je rappelle que le gouvernement français, dans le même temps, respectera les règles européennes dans ce domaine, c’est-à-dire qu’il y a toujours possibilité de faire en sorte qu’on ne finisse pas de manière automatique sa vie en prison. C’est une règle européenne. (…) Au bout de trente ans, cette possibilité pourrait être ouverte mais elle ne sera effective que si le juge considère qu’il n’y a pas de danger pour la société», a expliqué le ministre.




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