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SONDAGE RÉÉLECTION DE MACRON : « UNE MAUVAISE CHOSE POUR LE PAYS », SELON 55% DES FRANÇAIS

SONDAGE RÉÉLECTION DE MACRON : « UNE MAUVAISE CHOSE POUR LE PAYS », SELON 55% DES FRANÇAIS

 

Selon un nouveau sondage « Opinion 2022″ réalisé par Elabe pour BFMTV, L’Express , Emmanuel Macron est déjà en butte à la méfiance voire à l’hostilité d’une majorité de Français, en dépit de sa victoire dimanche au second tour de la présidentielle.

La sentence est sans équivoque: pour 55% de nos compatriotes, la réélection du sortant est « une mauvaise chose pour la France ».

Sur ces 55% voyant ce nouveau quinquennat arriver sous de sombres auspices, ils sont même 28% à juger que ce second mandat s’annonce comme une « très mauvaise chose » pour le pays. Cette défiance atteignait toutefois 56% le 2 février dernier. En revanche, 45% de nos concitoyens assurent que cette réélection est une « bonne chose ».

Emmanuel Macron fait le plein auprès de ses électeurs du premier tour, mais les électorats de Marine Le Pen – à hauteur de 89% – et de Jean-Luc Mélenchon – 72% – pensent que la prolongation de son bail à l’Élysée nuira à la nation. Toutes les catégories d’âge allant de 25 à 64 ans partagent cette vision pessimiste (selon des étiages variant de 55% à 62%).

D’un point de vue social, ce sont les classes populaires qui se montrent les plus critiques: parmi elles, ils sont 65% de répondants à pointer la victoire présidentielle d’Emmanuel Macron comme une « mauvaise chose pour la France ». À l’inverse, les cadres et professions supérieures sont positifs, pour 54% d’entre eux.

 

Macron : réélection en trompe-l’œil

Macron : réélection  en trompe-l’œil

.Le succès d’Emmanuel Macron valide une stratégie visant à le faire apparaître comme le champion des « progressistes », mais elle n’a que partiellement fonctionné. Par Mathias Bernard, Université Clermont Auvergne (UCA)

 

Le large succès d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, le 24 avril 2022, ne constitue pas une surprise. Depuis plus d’un an, il était annoncé par tous les sondages d’opinion – avec une avance qui, finalement, n’a pas été modifiée par une campagne pourtant peu avare en rebondissements.

En avril 2021 déjà, les principaux instituts (Elabe, Harris Interactive, Ifop, Ipsos) situaient le score final du président sortant dans une fourchette allant de 54 à 57 % des voix.

Ce succès s’inscrit en outre dans le prolongement des résultats du premier tour, qui avaient interrompu une dynamique semblant profiter, au début du mois d’avril, aux principaux opposants à Emmanuel Macron (Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon) : avec 4,5 points et 1,6 million d’électeurs d’avance sur sa poursuivante, le président sortant abordait ce second tour en situation de ballotage favorable, d’autant qu’il pouvait compter sur le soutien d’un nombre plus important de candidats du premier tour (Pécresse, Jadot, Roussel, Hidalgo – contre Zemmour et Dupont-Aignan) ainsi que sur l’appel répété de Jean-Luc Mélenchon à ne pas « donner une seule voix à Mme Le Pen ».

Avec cette victoire, Emmanuel Macron est le premier président de la Ve République à avoir été élu à deux reprises au suffrage universel sans être en situation de cohabitation. François Mitterrand en 1988 et Jacques Chirac en 2002 avaient abordé l’élection dans un contexte de cohabitation qui renforçait leur position arbitrale, en surplomb de la scène politique, et leur permettait de capter l’insatisfaction des électeurs face à l’action des gouvernements dirigés par des hommes (Chirac en 1988, Jospin en 2002) qu’ils ont pu ainsi facilement éliminer au second ou au premier tour du scrutin.

Quant au général de Gaulle, réélu en 1965 dans une logique de continuité, il avait été choisi sept ans plus tôt par un collège de 82 000 grands électeurs – et non par le suffrage universel. Emmanuel Macron échappe ainsi à cette malédiction du « vote-sanction » contre le président sortant qui a expliqué les défaites de Valéry Giscard d’Estaing en 1981 et de Nicolas Sarkozy en 2012 et a poussé François Hollande à ne pas se représenter à la présidentielle de 2017.

Ce succès valide, semble-t-il, la stratégie qu’il a engagée dès 2017 et qui visait à le faire apparaître comme le champion des « progressistes », c’est-à-dire des libéraux européens de droite et de gauche, contre les « populistes nationalistes », rassemblés autour de Marine Le Pen. L’action et le discours du président sortant, au cours de ces cinq années, consistaient bien à consolider cette bipolarisation qui avait assuré son succès au second tour de la présidentielle de 2017 et apparaissait comme le sésame en vue d’un second mandat.

Cette stratégie n’a qu’imparfaitement fonctionné. En effet, le paysage politique français est aujourd’hui structuré autour de trois - et non de deux – pôles. Le score de Jean-Luc Mélenchon, qui a gagné en cinq ans plus de voix que Marine Le Pen, a été la plus grande surprise du premier tour de scrutin – tant la capacité du dirigeant de la France insoumise à rassembler les électeurs de gauche hostiles au libéralisme macronien a été sous-évaluée, notamment par un président sortant tout occupé à capter à son profit l’électorat de la droite traditionnelle.

L’attitude des électeurs de la gauche antilibérale a été l’enjeu principal de l’entre-deux-tours. Chacun des deux candidats en lice a cherché à attirer l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen en insistant sur le caractère « social » de son programme, Emmanuel Macron en reprenant la proposition d’une « planification écologique ». Sans convaincre pleinement ni faire bouger réellement les rapports de forces.

Les résultats du second tour semblent indiquer que les électeurs de gauche ne se sont pas comportés de façon mécanique et uniforme. Une proportion non négligeable a voté pour Marine Le Pen, notamment dans les campagnes, où Le Pen est désormais majoritaire, dans cette « France périphérique » décrite par Christophe Guilluy ainsi que dans les outre-mers où la candidate du Rassemblement national recueille la plus grande partie des électeurs qui s’étaient portés en nombre au premier tour sur Jean-Luc Mélenchon : elle obtient ainsi près de 70 % des suffrages en Guadeloupe, où le dirigeant de la France insoumise avait recueilli 56 % des voix quinze jours plus tôt. Le vote lepéniste, majoritaire dans deux départements seulement (l’Aisne et le Pas-de-Calais) il y a cinq ans, prévaut désormais dans plus de vingt départements (principalement dans le nord, l’est et le sud-est de la France) et dans de nombreux territoires ruraux.

Une fraction un peu plus importante a voté pour Emmanuel Macron, notamment dans les grandes agglomérations où les électeurs de Mélenchon ont un profil sociologique assez proche de celui du président sortant : celui-ci conforte ainsi son ancrage dans la France des grandes villes.

Plus nombreux encore sont ceux qui ont refusé de choisir. Plus de 8.5 % des votants ont déposé un bulletin blanc ou nul, contre 2.2 % quinze jours plus tôt. Quant au taux d’abstention (28 %), il est aussi nettement supérieur à celui du premier tour de 2022 (26,3 %) et du second tour de 2017 (25,4 %), lequel était déjà élevé pour un scrutin présidentiel.

Seul le second tour de la présidentielle de 1969 a enregistré un taux d’abstention supérieur (31,2 %) : comme en 2022, le premier tour de cette élection avait été dominé par trois candidatures, celle du gaulliste Georges Pompidou (44,5 %), du centriste d’opposition Alain Poher (23,3 %) et du communiste Jacques Duclos (21,2 %), lequel avait renvoyé dos à dos les deux candidats finalistes, qualifiés de « blancs bonnets et bonnets blancs ». Le score réalisé par Emmanuel Macron est d’ailleurs très proche de celui qu’avait obtenu Georges Pompidou lors de cette élection (58,2 %).

La tripolarisation s’accommode décidément mal du scrutin majoritaire à deux tours : c’est ce qui explique la faible proportion de suffrages exprimés par rapport au nombre d’électeurs inscrits, en 1969 comme en 2022, où elle descend en-dessous de 66 % – ce qui constitue un record pour une présidentielle. C’est ce qui explique qu’Emmanuel Macron soit à la fois l’un des présidents les mieux élus de la Ve République (derrière Chirac en 2002 et lui-même en 2017) si l’on rapporte son score aux suffrages exprimés et, avec Georges Pompidou en 1969, le plus mal élu si on le rapporte plutôt aux électeurs inscrits ((38 % contre 43.5 % pour lui-même en 2017).

La dispersion des électeurs de gauche, et dans une moindre mesure, de la droite traditionnelle explique le résultat obtenu par Macron, qui perd plus de 8 points et près de 2 millions d’électeurs par rapport au second tour de 2017. Cette baisse est sans précédent dans l’histoire des élections présidentielles : Giscard, en 1981, et Sarkozy, en 2012, avaient respectivement perdu 3 et 5 points par rapport à l’élection qui avait permis leur victoire. Il faut y voir moins un vote-sanction (la base électorale du président sortant, au premier tour, ayant assez nettement progressé) que la forte érosion de la logique du « front républicain », qui avait fonctionné, pleinement en 2002, majoritairement en 2017 et plus partiellement en 2022, illustrant la façon dont le vote en faveur de Marine Le Pen s’est banalisé.

La victoire attendue d’Emmanuel Macron ne doit pas masquer les deux principaux enseignements du scrutin : l’extrême droite obtient un niveau jamais atteint lors d’une élection en France, grâce à sa capacité à rassembler assez largement au second tour un électorat hétérogène à dominante populaire ; le paysage politique français, structuré autour de trois pôles, est en décalage avec un mode de scrutin adapté à la bipolarisation, ce qui met en question la représentativité des élus, choisis au second tour par défaut plus que par adhésion, et, au-delà, le fonctionnement même des institutions démocratiques. Ce double constat rend d’autant plus incertaine l’issue des prochaines élections législatives, qui ne seront pas marquées par la même dynamique de changement qu’en 2017, 2012 ou même 2007.

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Par Mathias Bernard, Historien, Université Clermont Auvergne (UCA).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Macron : Une réélection ambiguë

Macron : Une réélection ambiguë

 

La victoire d’Emmanuel Macron – qui a perdu presque 2 millions de suffrages en cinq ans – le confronte directement à son échec : il n’a pas su faire reculer l’extrémisme ni revitaliser notre vie démocratique. Pour rendre crédible l’« ère nouvelle » annoncée par le président réélu, il importe d’en annoncer rapidement les contours estime un édito du « Monde ». 

 

Editorial du Monde. 

« Cinq années de mieux », et non cinq de plus. Au soir de son second tour une nouvelle fois victorieux face à Marine Le Pen, dimanche 24 avril, Emmanuel Macron a lui-même fixé l’ambition qui peut le distinguer de ses trois prédécesseurs réélus présidents sous la Ve République. Pour Charles de Gaulle, puis François Mitterrand et Jacques Chirac – ces deux derniers renouvelés au sortir d’une période de cohabitation –, le second mandat avait pris la forme d’une longue déception. Comme si la continuité de l’exercice du pouvoir avait fini par étouffer toute l’ardeur de la prise de fonctions.

De fait, Emmanuel Macron, encore jeune président de 44 ans, n’a d’autre choix que de tenter d’échapper à cette langueur du maintien à l’Elysée. Sa prouesse d’avoir résisté au dégagisme qui l’avait porté au pouvoir lui donne toute légitimité pour gouverner, sans pour autant l’éloigner du bord de l’abîme. Deux chiffres, à l’issue de ce scrutin présidentiel, donnent la mesure de ce gouffre qui menace d’avaler notre vie démocratique. Avec près de 13,3 millions de voix – 2,7 millions de plus qu’en 2017 –, Marine Le Pen a établi le meilleur score de l’extrême droite à une élection, toutes périodes confondues. Celles et ceux qui ont décidé de ne pas choisir, par l’abstention, le vote blanc ou nul, pèsent encore plus lourd : près de 16,7 millions de personnes, un nouveau sommet. Sur ces deux points, la victoire d’Emmanuel Macron – qui a lui-même perdu presque 2 millions de suffrages en cinq ans – le confronte donc directement à son échec : il n’a pas su, comme il en avait affiché l’intention, faire reculer l’extrémisme et revitaliser notre vie démocratique.

Sa réélection le maintient aussi sous la pression d’une conjonction inouïe de crises : agression russe de l’Ukraine, catastrophe climatique, pandémie, dérèglements économiques et sociaux. Pour amortir les effets de ces bouleversements en France, et surtout pour attirer des voix acquises à Jean-Luc Mélenchon, M. Macron a choisi, dans l’entre-deux-tours, d’infléchir vers la gauche un programme très nettement orienté à droite. Faire « mieux » consistera dès le début de ce nouveau quinquennat à donner forme à cette synthèse, sans décevoir une nouvelle fois les progressistes.

Sur le réchauffement climatique, des paroles fortes ont été prononcées, qui ont certainement contribué au report des voix d’une partie de la jeunesse sur le président sortant. Confirmées dimanche soir, ces promesses sont tellement appuyées qu’il faut considérer, à rebours du vieil adage chiraquien, qu’elles engagent pour une fois davantage celui qui les a émises que ceux qui les ont reçues. De la part d’un président qui a souvent démontré, au cours du premier quinquennat, une capacité supérieure à traverser les crises qu’à les anticiper, il n’est que temps de réaliser que cette catastrophe n’obère plus seulement notre avenir, mais frappe dès maintenant notre présent.

Face au programme imprégné de xénophobie de Marine Le Pen, Emmanuel Macron a également choisi de renouer avec la réfutation ferme qui était la marque de son début de mandat. Il faut souhaiter que celui qui s’ouvre, éclairé par les déboires de la droite classique qui y a égaré la plupart de ses électeurs et un bout de son âme, ne renouera pas avec les gesticulations et les surenchères des derniers temps.

La composition de l’électorat de la candidate défaite dessine en revanche une piste pour renouer avec des citoyens tentés par le vote protestataire. Alors que le vote Macron agrège les deux bouts de la pyramide des âges, une part de la jeunesse et la quasi-totalité des retraités, celui de Mme Le Pen concentre les tranches du milieu, soit une très grande partie de la population active. C’est dire l’ampleur du trouble qui parcourt le monde de l’emploi, au-delà de la question essentielle du pouvoir d’achat. S’occuper de la qualité du travail, tout autant que de sa quantité, peut contribuer à faire reculer un mal-être qui s’est largement exprimé pendant le soulèvement des « gilets jaunes ». La crise d’un consumérisme centré sur la voiture et le centre commercial, la prise de conscience des excès de la mondialisation peuvent converger avec des objectifs climatiques qui ne pourront être atteints sans mise en place d’une forme de sobriété collective, à condition que les efforts soient équitablement partagés.

La mise en œuvre de telles évolutions ne peut toutefois se passer d’une profonde rénovation de nos fonctionnements démocratiques et institutionnels. Or, sur ce point, le président réélu est resté bien évasif dimanche, après avoir évoqué beaucoup d’idées dans les jours précédents. Cette « invention collective d’une méthode refondée » doit porter tout autant sur le mode de gouvernance, à l’évidence très centralisé, du président lui-même que sur une revitalisation du rôle du Parlement, rabaissé pendant cinq ans. De multiples autres pistes sont envisageables. Pour rendre crédible l’« ère nouvelle » annoncée par M. Macron, il importe d’en annoncer rapidement les contours. S’éloigner de l’abîme exige de fixer au plus vite cette nouvelle direction.

Macron : une réélection par défaut

Macron : une réélection par défaut

 

Le président engagera son second mandat lesté de deux hypothèques : une conjoncture économique mondiale dégradée et, surtout, une majorité de Français qui l’attendent avec des piques et des fourches, explique, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

 

La France a évité le pire : Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN), n’entrera pas à l’Elysée. Le pire ? Il se déclinait de multiples façons : déception rapide des classes populaires flouées, incertitude des chefs d’entreprise et des investisseurs, fuite en avant budgétaire, repli protectionniste et mort programmée de l’Union européenne, sécession nationaliste et mise au ban internationale… Sans oublier d’inévitables tensions communautaires sur le port du voile dans l’espace public ou l’attribution des logements sociaux. Ce cocktail explosif, l’économie française en aura justement fait l’économie.

Le pays a-t-il pour autant opté pour le meilleur ? Emmanuel Macron engagera son second mandat lesté de deux lourdes hypothèques, sur lesquelles il a peu de prise : une conjoncture économique mondiale plus dégradée qu’il y a cinq ans ; et, surtout, une majorité de Français – partisans de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon ou abstentionnistes – qui l’attendent avec des piques et des fourches, et d’abord sur le pouvoir d’achat. Comme si les fins de mois relevaient des seuls pouvoirs d’un président thaumaturge.

Dans son rapport « Perspectives 2022 » publié mardi 19 avril, le Fonds monétaire international (FMI) brosse une sombre toile de fond : envolée des prix de l’énergie, de l’alimentation et des biens manufacturés, croissance mondiale ramenée de 4,4 % à 3,6 % (2,9 % en France) sous l’effet de la guerre en Ukraine et des confinements chinois pour endiguer la pandémie de Covid-19, « forte probabilité » d’un relèvement des taux d’intérêt, évoqué par la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, et déjà engagé aux Etats-Unis.

Le FMI s’alarme de « la fracture des relations internationales, qui pourrait saper la confiance et la coopération essentielles pour relever les défis de long terme, notamment le changement climatique ». Son économiste en chef, Pierre-Olivier Gourinchas, note que « les risques sont comparables à la situation du début de pandémie », en mars 2020, où la visibilité des conjoncturistes était très limitée.

Malgré l’horizon qui s’assombrit (ou à cause de lui), M. Macron ne bénéficiera d’aucun état de grâce pour mener ses réformes économiques et sociales. Qui a d’ailleurs vraiment connu cette parenthèse bienveillante que l’on accorde au président fraîchement élu, à l’exception de François Mitterrand en 1981, porteur de tous les espoirs d’un « peuple de gauche » frustré du pouvoir depuis si longtemps ? En 2017, il n’avait fallu que quelques semaines pour que la défiance s’installe entre le président élu et les Français.

Présidentielle 2022 : une réélection à la Pyrus

Présidentielle 2022 : une réélection à la Pyrus

 

La victoire d’Emmanuel Macron – qui a perdu presque 2 millions de suffrages en cinq ans – le confronte directement à son échec : il n’a pas su faire reculer l’extrémisme ni revitaliser notre vie démocratique. Pour rendre crédible l’« ère nouvelle » annoncée par le président réélu, il importe d’en annoncer rapidement les contours estime un papier du Monde de Jérôme Fenoglio .

 

Editorial du Monde. 

 

« Cinq années de mieux », et non cinq de plus. Au soir de son second tour une nouvelle fois victorieux face à Marine Le Pen, dimanche 24 avril, Emmanuel Macron a lui-même fixé l’ambition qui peut le distinguer de ses trois prédécesseurs réélus présidents sous la Ve République. Pour Charles de Gaulle, puis François Mitterrand et Jacques Chirac – ces deux derniers renouvelés au sortir d’une période de cohabitation –, le second mandat avait pris la forme d’une longue déception. Comme si la continuité de l’exercice du pouvoir avait fini par étouffer toute l’ardeur de la prise de fonctions.

De fait, Emmanuel Macron, encore jeune président de 44 ans, n’a d’autre choix que de tenter d’échapper à cette langueur du maintien à l’Elysée. Sa prouesse d’avoir résisté au dégagisme qui l’avait porté au pouvoir lui donne toute légitimité pour gouverner, sans pour autant l’éloigner du bord de l’abîme. Deux chiffres, à l’issue de ce scrutin présidentiel, donnent la mesure de ce gouffre qui menace d’avaler notre vie démocratique. Avec près de 13,3 millions de voix – 2,7 millions de plus qu’en 2017 –, Marine Le Pen a établi le meilleur score de l’extrême droite à une élection, toutes périodes confondues. Celles et ceux qui ont décidé de ne pas choisir, par l’abstention, le vote blanc ou nul, pèsent encore plus lourd : près de 16,7 millions de personnes, un nouveau sommet. Sur ces deux points, la victoire d’Emmanuel Macron – qui a lui-même perdu presque 2 millions de suffrages en cinq ans – le confronte donc directement à son échec : il n’a pas su, comme il en avait affiché l’intention, faire reculer l’extrémisme et revitaliser notre vie démocratique.

Sa réélection le maintient aussi sous la pression d’une conjonction inouïe de crises : agression russe de l’Ukraine, catastrophe climatique, pandémie, dérèglements économiques et sociaux. Pour amortir les effets de ces bouleversements en France, et surtout pour attirer des voix acquises à Jean-Luc Mélenchon, M. Macron a choisi, dans l’entre-deux-tours, d’infléchir vers la gauche un programme très nettement orienté à droite. Faire « mieux » consistera dès le début de ce nouveau quinquennat à donner forme à cette synthèse, sans décevoir une nouvelle fois les progressistes.

Sur le réchauffement climatique, des paroles fortes ont été prononcées, qui ont certainement contribué au report des voix d’une partie de la jeunesse sur le président sortant. Confirmées dimanche soir, ces promesses sont tellement appuyées qu’il faut considérer, à rebours du vieil adage chiraquien, qu’elles engagent pour une fois davantage celui qui les a émises que ceux qui les ont reçues. De la part d’un président qui a souvent démontré, au cours du premier quinquennat, une capacité supérieure à traverser les crises qu’à les anticiper, il n’est que temps de réaliser que cette catastrophe n’obère plus seulement notre avenir, mais frappe dès maintenant notre présent.

Face au programme imprégné de xénophobie de Marine Le Pen, Emmanuel Macron a également choisi de renouer avec la réfutation ferme qui était la marque de son début de mandat. Il faut souhaiter que celui qui s’ouvre, éclairé par les déboires de la droite classique qui y a égaré la plupart de ses électeurs et un bout de son âme, ne renouera pas avec les gesticulations et les surenchères des derniers temps.

Edouard Philippe installe le doute sur la réélection de Macron

Edouard Philippe  installe le doute sur la réélection de Macron

 

 

Officiellement l’initiative d’Édouard Philippe de créer son propre parti constitue en réalité une sorte de club ramasse tout qui permet à ses partisans d’être aussi adhérent d’une autre formation ; l’initiative viserait à soutenir la candidature de Macron en 2022. Un curieux soutien en vérité qui pourrait bien être un handicap pour Macon contesté bien sûr à gauche mais aussi à droite pour sa gestion en zigzag et ses contradictions. Édouard Philippe tente vainement de s’expliquer mais son initiative est autant une critique du pouvoir actuel qu’un soutien. Interview dans le JDD (extrait)

 

Pourquoi avoir voulu fonder un parti politique?
Je veux participer à la constitution d’une nouvelle offre politique. Je dis bien : « participer », je ne prétends pas être seul. Le choix audacieux du président de la République, en 2017, d’engager une recomposition n’a pas fini de produire ses effets. Mon objectif est d’abord, je le redis clairement, de soutenir Emmanuel Macron pour contribuer à sa réélection, qui n’est pas acquise. Le Président aura besoin de s’appuyer sur un socle de stabilité pour poursuivre l’effort de transformation de la France. Et je veux aussi l’aider à élargir sa base, car aucun président n’a été réélu sur un rétrécissement.

 

Tous les adhérents de votre mouvement devront donc s’engager à soutenir Emmanuel Macron?
Je n’aime pas les pressions. Je ne mets un pistolet sur la tempe de personne. Mais tout le monde a compris où je suis, ce que je ferai.

 

Certains élus ont-ils subi, eux, des pressions pour ne pas vous rejoindre?
Je ne peux pas le croire.

 

Que répondez-vous à ceux qui considèrent que votre parti servira davantage vos intérêts que ceux d’Emmanuel Macron?
Je n’ai pas vocation à commenter les chicayas et angoisses des entourages. Le monde politique est trop souvent plein de fébrilité ; je préfère la sérénité.

 

L’horizon est par nature impalpable et hors d’atteinte : n’est-ce pas curieux d’avoir choisi ce mot pour baptiser votre parti?
On voit que vous n’êtes pas marins! L’horizon, c’est la liberté, c’est la vie. L’horizon, c’est comme un cap, on ne l’atteint jamais, mais on en a besoin pour naviguer. Horizons doit nous servir à voir loin, à nous détacher du marigot politicien et à bâtir la France de demain. La vie politique française est trop souvent autocentrée, obsédée par l’actualité et les polémiques du jour. Notre parti vise à rompre avec cette tendance qui lasse les Français.

 

Une soixantaine de parlementaires étaient présents samedi au Havre, ainsi que de nombreux élus locaux. Allez-vous lancer une campagne d’adhésion auprès des élus et des Français pour aller au-delà?
Evidemment. Je lance un parti, pas un club.

 

La « charte des valeurs » de votre parti prône la libre entreprise, l’ordre, l’ambition écologique, la laïcité et le projet européen ; elle dénonce les extrêmes, l’immobilisme et la décroissance. N’est-ce pas du « en même temps » format XXL?
Si un grand nombre se reconnaît dans nos valeurs, tant mieux! Car ce qui m’importe, c’est le dépassement des vieux clivages. Les anciens partis – de droite et de gauche – sont traversés par trop d’incertitudes sur la conception de l’Etat, l’identité, la gestion des deniers publics. La réflexion que je veux conduire, avec ce parti, vise à définir une stratégie pour raffermir la puissance de la France et garantir sa prospérité à l’horizon 2030 et au-delà. La décision politique est trop souvent dictée par l’urgence et les postures. Face aux vertiges démographique, climatique et géopolitique que nous ressentons, la seule solution est de regarder au loin.

 

Proposer des perspectives de long terme, n’est-ce pas le rôle du haut-commissaire au Plan, François Bayrou?
Penser la France de l’avenir, c’est très difficile. Si beaucoup de gens intelligents y travaillent, c’est encore mieux. Une bonne stratégie se construit à plusieurs.

 

Au point 16 de votre charte, vous fustigez « l’illusion de l’argent public magique » qui conduit l’Etat « à redistribuer une richesse qu’il n’a pas ».

Notre dette nous fragilise. Regardez l’Allemagne : elle a su, depuis quinze ans, mener des réformes dures pour sauver son industrie, transformer son système éducatif, assainir ses finances. C’est pourquoi elle est capable d’investir. Or la France aussi aurait besoin d’investir…

Quelles « réformes dures » proposez-vous?
Comme je ne suis candidat à rien en 2022, je veux engager mon parti dans une réflexion stratégique nouvelle. J’aurai l’occasion de faire des propositions, croyez-moi. Mais l’heure n’est pas encore venue.

 

Vous avez tout de même évoqué – dans l’hebdomadaire Challenges – votre préférence pour rétablir nos comptes, c’est-à-dire une réforme des retraites qui repousse l’âge de départ jusqu’à 67 ans. Ce sera l’une de vos propositions?
Je ne veux pas de mauvais procès. Je veux bien qu’on me dise que 67 ans, c’est trop dur. Mais c’est déjà ce qui se fait souvent, et pour les plus fragiles. Et lorsque nous avons proposé l’âge pivot, c’est justement pour corriger cette injustice! Notre système est fondé sur la solidarité : ceux qui travaillent paient pour ceux qui sont à la retraite. Mais il y a de moins en moins d’actifs et de plus en plus de retraités! Si l’on ne veut pas baisser les pensions ni augmenter les cotisations, la seule solution est de travailler progressivement plus longtemps. La question des retraites mérite un grand débat : l’élection présidentielle doit permettre de le trancher.

Vous préconisez aussi la réduction des effectifs de la fonction publique. C’est un vieux serpent de mer ; comment y arriveriez-vous?
En un peu plus de vingt ans, la population française a augmenté de 11%, le nombre d’agents publics de 17%. Il est temps de nous interroger sur l’organisation des services publics, sur ce qui doit relever de l’Etat et de lui seul. Notre Etat est trop lourd pour être agile. Il doit être plus efficace dans un périmètre resserré aux fonctions régaliennes. La justice est aujourd’hui le maillon fragile de notre Etat. Nous devons donc faire des choix : alléger parfois pour renforcer ailleurs. Il faut recruter plus de magistrats et mieux les former. Le gouvernement a commencé. Il faut aller plus loin.

Comment définissez-vous votre parti : est-il de droite, conservateur, libéral, centriste?
Je sais d’où je viens, mais c’est moins important que de savoir où je suis et où je vais. Je ne cherche pas à coller des étiquettes mais à rassembler, parce que tout ce qui s’est fait de grand en France s’est fait par le rassemblement. Mon mouvement n’est pas un parti de notables. Mais je veux donner une place particulière aux maires, dont la voix n’est pas assez entendue dans le débat national. Une assemblée de maires élira le vice-président du parti et ils auront une responsabilité particulière dans l’élaboration de notre stratégie et de nos propositions, car les maires ont l’expérience et la vision de long terme dans leur ville…

Mais les maires ont aussi une responsabilité dans l’augmentation du nombre de fonctionnaires que vous déplorez! Vous relevez vous-même que c’est dans la fonction publique territoriale que les effectifs ont le plus augmenté…
Ce n’est pas faux mais les maires ont conscience de leur responsabilité. Il faut leur donner les moyens et la motivation de trouver la solution à cette question.

Vos idées doivent-elles nourrir le futur programme présidentiel d’Emmanuel Macron?
Le programme, c’est l’affaire personnelle du candidat, c’est lui qui s’engage. Personne ne peut dicter à un candidat ses propositions. Mais oui, nos idées ont vocation à alimenter le débat.

Quel est l’état de votre relation avec lui?
Quand j’étais Premier ministre, j’ai toujours dit qu’elle était d’une grande fluidité et d’une grande confiance. Je n’ai pas changé d’avis sur le Président.

Et lui, a-t-il changé d’avis sur vous?
Posez-lui la question.

Votre parti présentera-t-il des candidats aux législatives de 2022?
Un parti, ça doit penser, former, travailler. Et le moment venu, présenter des candidats aux élections. Nous allons commencer par le commencement.

2022 : «réélection de Macron ? un exploit inouï»(Jérôme Jaffré)

2022 : «réélection de Macron ? un exploit inouï»(Jérôme Jaffré)

 

Le politologue Jérôme Jaffré estime dans le Figaro qu’une éventuelle réélection de macro en 2022 constituerait un exploit inouï .

 

LE FIGARO. – Confronté à une conjonction de crises à un an et demi de la fin de son quinquennat, Emmanuel Macron peut-il remporter la présidentielle de 2022?

Jérôme JAFFRÉ.- Gagner en 2017 était une gageure. Un homme jamais élu ni même candidat, sans parti véritable, réussissait à l’emporter presque sans coup férir. Se faire réélire en 2022 serait un exploit aussi inouï. D’abord en raison de la malédiction du sortant: depuis de Gaulle, hors cohabitation, un président ne se fait pas réélire. Et Macron affronte la crise la plus violente depuis 1945. Évidemment, le ciel ne sera pas redevenu serein en 2022. Chômage, appauvrissement, dette, déficits, inquiétude sur l’avenir… Le tableau dressé par les Français sera terrible. La chance de Macron c’est que ce ne sera plus son bilan. Mais le fruit d’une crise sanitaire violente étendue au monde entier. Ce ne sera donc pas «la faute à Macron».

Un conseiller de Trump l’accuse d’avoir demandé l’aide de la Chine sa réélection

Un conseiller de Trump l’accuse d’avoir demandé l’aide de la Chine sa réélection

Selon John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale, de Trump  le président américain a sollicité Xi Jinping lors d’une réunion à huis clos organisée en juin 2019. «Tout à coup, Trump a fait basculer la conversation sur l’élection présidentielle à venir, fait allusion au potentiel économique chinois et demandé à Xi de l’aider à gagner», écrit John Bolton. «Il a souligné que les agriculteurs et l’augmentation des achats de soja par les Chinois auraient une grande importance dans l’issue du scrutin.»

Cet ouvrage fait souffler un vent de panique à la Maison-Blanche où l’on cherche à tout prix à l’empêcher de paraître. Selon les avocats de l’ancien conseiller de Donald Trump, il paraîtra le 23 juin prochain.

Le président américain a brutalement limogé le 10 septembre dernier celui qui était alors l’un de ses principaux conseillers sur fond de désaccords sur la gestion de plusieurs dossiers comme la Corée du Nord, l’Iran, l’Afghanistan et la Russie.

John Bolton a dit avoir des informations sur les interactions de Donald Trump avec l’Ukraine l’été dernier, quand les démocrates ont accusé le locataire républicain de la Maison-Blanche d’avoir tenté d’obtenir de l’Ukraine l’ouverture d’une enquête contre Joe Biden, favori de la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de novembre – et devenu de fait, depuis lors, le candidat démocrate. Comme le veut la procédure lorsque des informations couvertes par le secret peuvent être en jeu, le manuscrit a été transmis à la Maison blanche pour validation.

 

2017 : la réélection de Hollande pas souhaitable pour 75 %

2017 : la réélection de Hollande pas souhaitable pour 75 %

 

Pour résumer d’après un sondage Viavoice pour Libération , 75 % des Français estiment que la réélection de François Hollande n’est pas souhaitable et veulent une primaire à gauche. Valls et Macron  auraient les meilleures chances à gauche. À droite Alain Juppé devance maintenant très nettement Nicolas Sarkozy et les autres. Si 22% des personnes interrogées pensent qu’une victoire de l’actuel chef de l’Etat à l’élection présidentielle l’année prochaine est « possible » (contre 70%), seuls 16% la jugent « souhaitable ». Plus d’un Français sur deux (53%) et 79% des sympathisants de gauche considèrent par ailleurs qu’ »une union de la gauche (socialistes, écologistes, Front de gauche…) autour d’une candidature commune » serait « indispensable pour assurer la présence d’un candidat de gauche au second tour » en 2017. Si 35% jugent une telle hypothèse « possible », 41% la jugent « souhaitable ». Par ailleurs, 47% des personnes interrogées (contre 31%) se disent « favorables » à une primaire à gauche qui rassemblerait « tous les candidats potentiels à gauche, y compris François Hollande ». 74% des proches de la gauche (contre 31%) y sont favorables. A l’inverse, 28% des Français, et 36% des proches de la gauche, souhaitent une primaire qui rassemblerait « uniquement des candidats de gauche opposés à la politique de François Hollande ». Alain Juppé à droite et Manuel Valls à gauche apparaissent par ailleurs comme les meilleurs candidats de leurs camps pour 2017. Chez les proches de la droite et du centre, Alain Juppé (36%) devance Nicolas Sarkozy (22%), Bruno Le Maire (10%) et François Bayrou (8%). Chez ceux de la gauche, Manuel Valls (17%) arrive devant Martine Aubry (14%), François Hollande (13%) et Ségolène Royal (10%). Sur l’ »ensemble des Français », Alain Juppé (33%) devance Nicolas Sarkozy (14%) et Manuel Valls (18%) est à égalité avec Emmanuel Macron (18%), François Hollande ne recueillant que 5% de réponses positives. Près d’un Français sur deux (48%, -3) considère par ailleurs que le maire de Bordeaux ferait « un bon président de la République ». Il devance dans l’ordre Emmanuel Macron (32%, -1), Manuel Valls (31%, -2), François Fillon (27%, -4), François Bayrou (27%, -1) et Nicolas Sarkozy (25%, +1). François Hollande est loin derrière, avec 17% (-3) de réponses positives.




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