Archive pour le Tag 'recherche'

Recherche: une révolution ou gadget

Recherche: une révolution utopique dans un tel délai

Le président du Collège des sociétés savantes académiques de France, Patrick Lemaire, juge durement la réforme de la recherche présentée le 7 décembre par Emmanuel Macron

Président du Collège des sociétés savantes académiques de France, le biologiste Patrick Lemaire réagit à la « Vision pour l’avenir de la recherche française » présentée jeudi 7 décembre par le président de la République.

Votre collège de sociétés savantes a formulé, dans une tribune au Monde, une proposition de conseil. Que pensez-vous de la formule retenue par Emmanuel Macron ?

Cela n’a simplement aucun rapport. Le fait que ce conseil n’interagisse qu’avec lui, mais pas avec les ministres ou avec quiconque, en fait simplement un gadget. Rien dans l’intervention du président de la République n’avait pour but d’améliorer la prise en compte des connaissances scientifiques par les politiques. C’est resté un angle mort complet de son discours.

Même lorsqu’il a souligné l’importance du grade de docteur, il a insisté sur leur entrée dans les entreprises, pas dans les ministères ou les administrations pour appliquer des politiques inspirées par les sciences. Au vu des incertitudes politiques pour la suite, on se dit que cela aurait pu être le moment d’instituer une autorité indépendante qu’on ne peut faire taire facilement. C’est un peu une occasion ratée.

La création de ce conseil n’était pas au centre de son allocution…

Il a balayé les sujets de manière très large, utilisant à plusieurs reprises le terme « révolution ». Mais penser révolutionner l’organisation de la recherche en dix-huit mois, tout le monde sait que c’est irréaliste. La simplification principale concerne le pilotage stratégique pour des recherches qui, je dirais, amènent à un retour sur investissement, très orientées public-privé. Même l’allusion aux sciences humaines et sociales dénotait une vision très utilitariste .

La recherche engluée dans les procédures administratives

La recherche engluée dans les procédures administratives


Pierre Rochette, géologue et physicien, professeur à Aix-Marseille Université, appelle, dans une tribune au « Monde », la communauté scientifique à dénoncer le fardeau de la bureaucratie qui entrave la recherche nationale.

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), fondé par Jean Zay juste avant la seconde guerre mondiale et bénéficiant aujourd’hui d’un budget de près de 4 milliards d’euros, constitue la colonne vertébrale de la recherche scientifique en France à travers un réseau national d’unités de recherche mixtes (avec les universités et d’autres organismes nationaux plus petits), des infrastructures et 32 000 employés. Son rôle structurant faisait la fierté de la recherche française et a produit une multitude d’avancées scientifiques majeures.

Cependant une profonde vague de frustration et de découragement agite la communauté scientifique avec des signaux de toutes parts : deux pétitions signées par plus de 3 700 acteurs de la recherche, intitulées « CNRS… on n’en peut plus ! » et « Le bateau CNRS coule », de nombreux communiqués des syndicats, un rapport du conseil scientifique du CNRS, intitulé « Les entraves à la recherche », et enfin un rapport d’experts internationaux mandaté par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), qui appelle à « une action commando » face au « fardeau bureaucratique ».

Dans leurs pétitions, les chercheurs ne demandent pas d’augmentation de salaire, ils ne demandent pas plus de moyens, non, ils demandent simplement qu’on les laisse faire leur travail sereinement, et de disposer efficacement de leurs crédits très souvent gérés par le CNRS, même s’ils proviennent d’autres sources !

Depuis cet été, un trio de logiciels, acheté à une entreprise privée, a été mis en place pour gérer de A (l’ordre de mission) à Z (la remise des états de frais) les déplacements financés par le CNRS. Le résultat est un calvaire indescriptible pour les missionnaires et les gestionnaires. Les missionnaires doivent faire le travail des gestionnaires (générer la liste des frais dans le système et rentrer tous les justificatifs). La difficulté est telle que nombre d’entre eux renoncent à partir en mission ou à se faire rembourser une mission faite. Les gestionnaires, loin d’avoir des tâches en moins, sont débordés par une multitude de validations et d’opérations bloquées, dont le débogage prend un temps fou. Le stress est généralisé.

Cette catastrophe administrative n’est qu’une (très grosse) goutte d’eau qui fait déborder le vase des entraves au travail de recherche. La gestion au CNRS est envahie par un juridisme qui rend tout acte de plus en plus pesant chaque année.

Budget de l’État : Recherche d’économies anecdotiques

Budget de l’État : Recherche d’économies anecdotiques


Bruno Le Maire invite le camp présidentiel à trouver 1 milliard d’euros d’économies supplémentaires à l’occasion de l’examen au Parlement du projet de budget pour 2024 qui débute ce mardi. En réalité une recherche complètement anecdotique pour amuser le Parlement quand on sait que le déficit a été de 127 milliards en 2022 et quiil sera au moins du même ordre en 2023 est davantage en 2024.

C’est évidemment de l’ordre de 100 milliards qu’il faudrait économiser pour ne pas accroître la dette qui maintenant dépasse les 3000 milliards. Au lieu de cela, Bruno le Maire invite à une économie supplémentaire des dépenses de 1 milliard.

« Je propose que nous nous fixions avec le rapporteur général du budget, avec les députés de la majorité, un objectif de 1 milliard d’euros d’économies supplémentaires à l’issue du débat parlementaire », a-t-il déclaré sur Sud Radio. « Tous les parlementaires de la majorité qui souhaitent faire de nouvelles économies, je les soutiendrai », a-t-il ajouté.

Le début ce mardi de l’examen en commission des Finances de l’Assemblée nationale devrait permettre de voir si cet appel du locataire de Bercy rencontre un vrai écho dans sa propre majorité. Jean-René Cazeneuve, le député Renaissance rapporteur général du budget, avait déjà marqué, dans un entretien aux « Echos » ce lundi, sa volonté de « sortir de l’examen parlementaire avec un déficit réduit par rapport à l’objectif du gouvernement, même si le gain n’est que limité ».

« Si l’on peut afficher un déficit à 4,3 % du PIB l’an prochain par rapport à l’objectif initial de 4,4 %, c’est important, aussi bien politiquement que vis-à-vis des marchés financiers », estime un conseiller ministériel. Et ce d’autant plus que les taux d’emprunt de la France ont à nouveau grimpé ces derniers jours.

Pour y parvenir lieu de faire des économies on pourrait tout simplement augmenter la fiscalité !

Sciences-Recherche académique : Trop soumise à la vulgarisation médiatique

Sciences-Recherche académique : Trop soumise à la vulgarisation médiatique

 

Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur Hugo Hellard, docteur en astrophysique,  s’inquiète de l’incitation à la publication massive d’articles scientifiques, qui va à l’encontre même de la démarche académique, et appelle à réorienter la politique de la recherche.

 

On peut évidemment comprendre et même souhaiter que les résultats de la recherche puissent être vulgarisés d’abord dans la communauté scientifique puis, selon la nature, diffusés dans l’opinion. Reste que la médiatisation n’est pas l’objet prioritaire car le risque est de favoriser la course au lectorat au détriment de la production de connaissances. NDLR 

 

La recherche académique mondiale perd en efficacité, légitimité et responsabilité. Les incitations sous-jacentes à la publication de masse ont un impact négatif sur nos sociétés et sur les producteurs du contenu : les chercheuses et chercheurs eux-mêmes. Dans un monde où la compréhension désintéressée de nos écosystèmes est vitale pour relever les défis de l’urgence climatique, il est grand temps de donner aux chercheurs les moyens de travailler de manière indépendante, efficace et pertinente dans un environnement professionnel sain, tout en assurant une transmission des connaissances au public sous une forme compréhensible et accessible.

La crise sanitaire a ramené au premier plan la recherche académique, de la compréhension du virus responsable du Covid-19 au développement de plusieurs vaccins. Cette course au vaccin a aussi été le théâtre du système pervers sur lequel la recherche académique est actuellement construite : l’incitation à la production rapide et à la publication massive d’articles scientifiques. Il n’aura échappé à personne certaines rétractations d’articles, initialement publiés dans plusieurs journaux scientifiques prestigieux, comme The Lancet. Le site Retraction Watch résume dans cette page l’ensemble des articles scientifiques retirés dont le sujet portait sur le Covid-19.

Retirer un article n’a rien de mauvais en soi, car aucun article ne prétend présenter « la vérité », mais seulement des éléments permettant de s’en approcher. Aucun résultat scientifique n’est définitif. La pluralité des réponses apportées permet de mettre à disposition des éléments pour affiner l’analyse, trouver de potentielles erreurs, ou encore proposer de nouvelles approches, afin d’obtenir des conclusions qui s’approchent le plus de « la réalité ». C’est là le cœur du processus scientifique qui, par définition, se veut itératif et précis, donc long comparativement à la soif d’immédiateté ambiante.

Le respect de ce processus scientifique est essentiel pour comprendre « correctement » notre monde et respecter ses écosystèmes riches et divers. Malheureusement, la recherche académique est construite sur un système incitant à bafouer ce processus, pourtant garant de la construction saine du socle de connaissances communes. Les chercheuses et chercheurs du monde se trouvent aujourd’hui exclus et à la merci des trois parties prenantes du marché de la connaissance : les organismes de financement de la recherche (publics ou privés), les bibliothèques universitaires et les institutions de recherche (comme le CNRS en France).

Sciences-La-baisse-du-nombre-de-doctorants-va-affecter la recherche

sciences-La-baisse-du-nombre-de-doctorants-va-affecter la recherche


Boris Gralak, secrétaire général du Syndicat national des chercheurs scientifiques, estime, dans une tribune au « Monde », que ceux-ci sont maltraités par l’Etat en ce qui concerne leur rémunération et leur carrière, et que les conséquences sont à terme dangereuses pour la recherche française.

Quels que soient les domaines du savoir, la recherche est indispensable pour repousser les limites de la connaissance. Et il va de soi que nos sociétés ont besoin plus que jamais d’apporter des réponses aux questions considérables que posent la démocratie, la santé, la transition socio-écologique, l’innovation responsable… Et pourtant, malgré leur rôle essentiel pour la société et surtout pour son avenir, la recherche publique et les scientifiques sont particulièrement maltraités par l’Etat, et ce depuis plus de vingt ans.

La France s’était engagée sur le plan européen à consacrer, dès 2010, au moins 1 % de son produit intérieur brut (PIB) à la recherche publique. Or, non seulement les gouvernements successifs n’ont pas tenu cet engagement, mais, pire encore, ils ont imposé toute une série de réformes à contresens qui auront particulièrement dégradé les conditions de travail des scientifiques.

La dernière d’entre elles, la loi de programmation de la recherche du 24 décembre 2020, promettait – encore une fois – le respect de cet engagement : prenant acte du décrochage de la recherche, le fameux « 1 % du PIB » pour la recherche publique était enfin « programmé » ! Cependant, dès l’examen du projet de loi de programmation de la recherche, le Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU) et d’autres organisations avaient montré que cette programmation pluriannuelle du budget de la recherche était insincère. La preuve hélas est là.

Outre le handicap que représente pour la recherche publique la dégradation des moyens de travail des scientifiques – il s’agit des femmes et des hommes chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens de recherche ou en soutien à la recherche, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels –, nous voulons noter ici un aspect rarement évoqué : à savoir le fait que le sous-investissement chronique dans la recherche publique se traduit aussi par des rémunérations et des carrières indignes au regard des responsabilités, formations et diplômes de ces scientifiques.

Microsoft va aussi intégrer l’IA dans le moteur de recherche et le navigateur

Microsoft va aussi intégrer l’IA dans le moteur de recherche et le navigateur

Réponse directe à Google, Microsoft veut aussi intégrer l’intelligence artificielle dans le moteur de recherche.

Microsoft a annoncé mardi qu’il procédait à une refonte de son moteur de recherche en ligne Bing et de son navigateur internet Edge, pour y inclure l’intelligence artificielle (IA), signalant l’une de ses démarches majeures destinées à innover en matière technologique et dans la recherche d’informations.

Le géant informatique, qui investit des milliards de dollars dans l’IA, entre ainsi en concurrence frontale avec Google, propriété d’Alphabet.

Microsoft s’est associé à la startup OpenAI avec l’objectif de devancer ses concurrents et d’engranger d’importantes recettes en proposant de nouveaux outils novateurs pour accélérer notamment la création de contenus et les tâches automatisées.

CHATGPT: UNE VERSION GOOGLE INTÉGRÉE AU MOTEUR DE RECHERCHE

CHATGPT: UNE VERSION GOOGLE INTÉGRÉE AU MOTEUR DE RECHERCHE

Une nouvelle étape dans le domaine de l’intelligence artificielle chez les géants de la tech: l’arrivée d’un concurrent au désormais célèbre ChatGPT avec une version Google.

Google a annoncé lundi le lancement en phase de test de son robot conversationnel, baptisé Bard, quelques mois après celui de ChatGPT, le logiciel de la startup américaine OpenAI qui déchaîne les passions.

« Bard a pour ambition de combiner l’étendue des connaissances du monde avec la puissance, l’intelligence et la créativité de nos grands modèles de langage », a expliqué Sundar Pichai, directeur général d’Alphabet, maison mère de Google, cité dans un communiqué. Le logiciel « s’appuie sur les informations du web pour fournir des réponses actualisées et de haute qualité », a indiqué le responsable, pour lequel « Bard peut être un terrain d’expression pour la créativité et une rampe de lancement pour la curiosité. »
Le robot conversationnel est capable d’« expliquer les dernières découvertes de la Nasa issues du télescope James Webb à un enfant de 9 ans, ou de vous renseigner sur les meilleurs attaquants du football actuel, puis de vous proposer un entraînement spécifique pour vous améliorer ».
Bard s’appuie sur LaMDA, un programme informatique conçu par Google pour générer des robots de conversation (chatbots), dont le groupe de Mountain View (Californie) avait dévoilé la première version en 2021.

Si l’intelligence artificielle est omniprésente dans le secteur technologique et au-delà depuis des années, voire des décennies, la sortie de ChatGPT en novembre a fait évoluer la vision du grand public sur ses capacités. Il n’est pas le premier logiciel du genre mais il a surpris par la qualité de ses réponses, qu’il s’agisse d’écrire un texte sur un thème donné, d’expliquer un sujet complexe de façon intelligible, voire de créer un poème ou les paroles d’une chanson.
Déjà partenaire d’Open AI, le créateur de ChatGPT, Microsoft a annoncé fin janvier qu’il allait investir « plusieurs milliards de dollars » pour étendre leur collaboration, après avoir réalisé deux investissements en 2019 et en 2021.

Microsoft, Google, mais aussi Meta et Amazon font partie des acteurs les plus importants de l’intelligence artificielle, technologie à laquelle ils consacrent des investissements colossaux. Selon plusieurs médias américains, l’arrivée de ChatGPT a bousculé Google, qui disposait déjà de LaMDA mais qui a, depuis, mis les bouchées doubles pour proposer dans des délais resserrés, un produit similaire au robot conversationnel d’OpenAI.

Google a indiqué lundi qu’il lançait Bard avec une « version allégée » de LaMDA, « nécessitant une puissance de calcul moindre » pour permettre l’utilisation par un « plus grand nombre d’utilisateurs » et « de traiter un volume plus important de retours. » Pour l’instant, l’utilisation du logiciel va être limitée à « des testeurs de confiance, avant de le rendre plus largement disponible dans les semaines à venir », a précisé Sundar Pichai.

Cette phase de test vise notamment à s’« assurer que les réponses de Bard atteignent un niveau élevé en termes de qualité, de sécurité et d’ancrage dans les informations du monde réel », selon lui.

Recherche académique : Trop soumise à la vulgarisation médiatique

Recherche académique : Trop soumise à la vulgarisation médiatique

 

Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur Hugo Hellard, docteur en astrophysique,  s’inquiète de l’incitation à la publication massive d’articles scientifiques, qui va à l’encontre même de la démarche académique, et appelle à réorienter la politique de la recherche.

 

On peut évidemment comprendre et même souhaiter que les résultats de la recherche puissent être vulgarisés d’abord dans la communauté scientifique puis, selon la nature, diffusés dans l’opinion. Reste que la médiatisation n’est pas l’objet prioritaire car le risque est de favoriser la course au lectorat au détriment de la production de connaissances. NDLR 

 

La recherche académique mondiale perd en efficacité, légitimité et responsabilité. Les incitations sous-jacentes à la publication de masse ont un impact négatif sur nos sociétés et sur les producteurs du contenu : les chercheuses et chercheurs eux-mêmes. Dans un monde où la compréhension désintéressée de nos écosystèmes est vitale pour relever les défis de l’urgence climatique, il est grand temps de donner aux chercheurs les moyens de travailler de manière indépendante, efficace et pertinente dans un environnement professionnel sain, tout en assurant une transmission des connaissances au public sous une forme compréhensible et accessible.

La crise sanitaire a ramené au premier plan la recherche académique, de la compréhension du virus responsable du Covid-19 au développement de plusieurs vaccins. Cette course au vaccin a aussi été le théâtre du système pervers sur lequel la recherche académique est actuellement construite : l’incitation à la production rapide et à la publication massive d’articles scientifiques. Il n’aura échappé à personne certaines rétractations d’articles, initialement publiés dans plusieurs journaux scientifiques prestigieux, comme The Lancet. Le site Retraction Watch résume dans cette page l’ensemble des articles scientifiques retirés dont le sujet portait sur le Covid-19.

Retirer un article n’a rien de mauvais en soi, car aucun article ne prétend présenter « la vérité », mais seulement des éléments permettant de s’en approcher. Aucun résultat scientifique n’est définitif. La pluralité des réponses apportées permet de mettre à disposition des éléments pour affiner l’analyse, trouver de potentielles erreurs, ou encore proposer de nouvelles approches, afin d’obtenir des conclusions qui s’approchent le plus de « la réalité ». C’est là le cœur du processus scientifique qui, par définition, se veut itératif et précis, donc long comparativement à la soif d’immédiateté ambiante.

Le respect de ce processus scientifique est essentiel pour comprendre « correctement » notre monde et respecter ses écosystèmes riches et divers. Malheureusement, la recherche académique est construite sur un système incitant à bafouer ce processus, pourtant garant de la construction saine du socle de connaissances communes. Les chercheuses et chercheurs du monde se trouvent aujourd’hui exclus et à la merci des trois parties prenantes du marché de la connaissance : les organismes de financement de la recherche (publics ou privés), les bibliothèques universitaires et les institutions de recherche (comme le CNRS en France).

Recherche pluridisciplinaire: la mal-aimée !

Recherche pluridisciplinaire: la mal-aimée !

Un collectif de quatre chercheurs montre, dans une tribune au « Monde », que les universitaires dont les travaux s’inscrivent dans plusieurs disciplines sont défavorisés par leurs pairs, car considérés comme une menace pour le statu quo des disciplines.

 

La recherche pluri disciplinaire est effectivement la mal-aimée, un paradoxe dans une société qui se complexifie compte tenu des relations systémiques entre les champs d’activité. C’est aussi en raison de cela, qu’ est de plus en plus difficile la compréhension du fonctionnement global socio économique, technique, environnemental et sociétal.NDLR

 

Depuis quelques années, les grandes institutions de recherche encouragent le développement et la promotion de projets de recherche pluridisciplinaires. De nombreuses campagnes de communication en promeuvent les bénéfices, vantant une approche de la formation des futures élites plus globale, et des environnements de recherche plus riches et plus innovants.

Nos travaux révèlent pourtant que les universitaires pluridisciplinaires ont tendance à être désavantagés lorsqu’ils sont évalués par leurs confrères (« A New Take on the Categorical Imperative: Gatekeeping, Boundary Maintenance, and Evaluation Penalties in Science », Riccardo Fini, Julien Jourdan, Markus Perkmann, Laura Toschi, Organization Science, juillet 2022). Plus étonnant peut-être : plus leur performance, mesurée en termes de publications et de citations, est élevée, plus ils sont pénalisés !

 

Ce constat est particulièrement surprenant au regard de la littérature. Les précédentes études sur le sujet suggèrent que les scientifiques pluridisciplinaires sont en général pénalisés par les évaluateurs qui peinent à classer leurs travaux, car un soupçon pèse sur leurs compétences et leur fiabilité. Selon ce raisonnement, les inquiétudes des évaluateurs devraient se dissiper quand ils disposent d’informations complètes sur le brillant parcours universitaire d’un collègue. Mais ce que nous observons est tout autre.

Notre étude porte sur le dispositif national d’habilitation mis en place en 2012 en Italie, dont le rôle est d’accréditer les candidats pouvant postuler à un poste de professeur associé ou de plein titre dans une université publique italienne. L’analyse de l’ensemble des 55 497 candidatures soumises à 174 jurys (spécifiques à une discipline scientifique) montre que, plus un chercheur pluridisciplinaire est performant – en matière de publications et de citations –, moins il est susceptible d’être accrédité par ses pairs.

En moyenne, la pénalité appliquée à un candidat pluridisciplinaire très performant est supérieure de plus de 50 % à celle appliquée à un alter ego peu performant ! Ce phénomène est particulièrement marqué dans les « petites » disciplines et dans celles qui sont très exclusives en matière de revues scientifiques. Les candidats multidisciplinaires talentueux sont aussi plus sévèrement évalués par les jurys dont les membres ont un profil typique de leur discipline.

 

Pour comprendre ces résultats en apparence contre-intuitifs, il faut examiner de plus près le fonctionnement du monde de la recherche. Dans le microcosme universitaire, un petit nombre d’individus talentueux et productifs exerce une influence disproportionnée sur l’avenir de chaque discipline. Ils peuvent décider notamment des domaines de recherche prioritaires et de l’orientation vers de nouvelles approches, théories ou méthodes.

Le dépérissement de la recherche française

Le dépérissement de la recherche française

 

Le directeur de recherche , directeur d’études à l’EHESS, Michel Grossetti s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de la concentration des (faibles) moyens de la recherche sur quelques établissements

 

S’il n’est guère productif de dénigrer les universités françaises, qui font ce qu’elles peuvent avec les moyens qui leur sont attribués, il est tout de même permis de s’interroger sur les évolutions de la recherche française dans les dernières décennies. La place de notre pays dans les bases de données recensant les publications scientifiques, en particulier le Web of Science qui forme la base du classement de Shanghaï, fait apparaître une situation plus inquiétante que ne le suggère la tribune de Pierre Veltz « Arrêtons l’autodénigrement à propos de l’université française » parue dans Le Monde du 24 août 2022.

 

Dans son rapport de 2021 sur « La position scientifique de la France dans le monde et en Europe 2005-2018 », l’Observatoire des sciences et techniques (OST) constate le passage progressif de notre pays du 6e rang mondial en 2005 au 9e en 2018, la France ayant été dépassée successivement par l’Inde, puis l’Italie et enfin la Corée du Sud. Si la progression de très grands pays comme l’Inde est logique dans le cadre d’un processus global de rééquilibrage en faveur des pays émergents, le constat est plus inquiétant lorsque la France est devancée par des pays moins peuplés comme l’Italie ou la Corée du Sud.

 

Le nombre de publications d’un pays (ou d’une ville, d’une région ou d’une université) est fonction du nombre de personnes effectuant de la recherche et des moyens dont ces personnes disposent. Sur ces deux points, la France a moins progressé que d’autres pays. Ainsi, le Sénat notait en 2020 que « la dépense intérieure de R&D (DIRD) oscille depuis les années 1990 autour de 2,25 % du PIB (2,21 % en 2017), loin de l’objectif collectivement fixé en Europe dès le début des années 2000 : parvenir à 3 % du PIB. Pis, en 2017, l’effort de recherche a diminué dans notre pays, à 2,21 % du PIB. Pourtant, l’Allemagne dépasse les 3 % du PIB, comme la Suède, la Finlande, la Suisse et l’Autriche en Europe. La France est seulement le 13e pays du monde sur cet indicateur !  ».

Depuis une quinzaine d’années, la stagnation des financements et des recrutements, voire la diminution de ces derniers dans certains organismes comme le CNRS, s’est accompagnée de restructurations incessantes des établissements avec les regroupements comme celui de Paris-Saclay bénéficiant de fortes dotations, contrairement aux établissements qui ne font pas partie de ces grands assemblages, et de la mise en œuvre d’une politique d’« excellence » consistant à concentrer les moyens sur les chercheurs les plus reconnus.

L’inflation et la recherche de prix bas

L’inflation et la recherche de prix bas

 

3%, c’est la proportion de Français qui, en juin 2021, positionnaient l’inflation parmi les trois sujets les plus inquiétants. En juin 2022, ils sont 38% dans ce cas, souligne Alexandre Guérin. Les Français auraient-ils été pris de court ? Par Alexandre Guérin, Directeur général d’Ipsos en France

 

Une approche très marketing qui peut en partie permettre d’affronter l’inflation mais avec des limites car le consommateur se rend vite compte des artifices pour dissimuler les hausses NDLR

 

L’inflation est devenue la préoccupation première des Français et la confiance des ménages s’érode. L’Indice primaire de Confiance des Consommateurs qui avait atteint son plus haut niveau depuis 10 ans en septembre 2021 (49) s’est effondré (43,9) en juin 2022, atteignant un niveau comparable à celui de la crise des Gilets jaunes. Il a rapidement été possible d’identifier certaines stratégies des consommateurs pour faire face à cette dégradation de leur pouvoir d’achat. Les deux plus répandues du mois de juin étaient de différer certains achats (30%) et de rechercher les promotions (26%).

Mais les marques ne sont pas toutes égales face à ces enjeux. La demande, en réponse à l’augmentation des prix, est hétérogène pour les catégories de produits de consommation, et peut même l’être au sein d’une même catégorie. Le consommateur va donc réagir au cas par cas à une hausse du prix. On observe ainsi ce que l’on appelle « une plus grande élasticité de la demande au prix » pour les soins capillaires que pour le papier hygiénique ou encore pour le lait infantile : quand le prix augmente, la consommation baisse. Parmi les catégories les plus « élastiques », on trouve ainsi, dans l’alimentaire, le bio, dont les volumes accusent une baisse de 10% sur un an.

 

Que restera-t-il des comportements nouveaux adoptés par les consommateurs pendant les confinements successifs de 2020 et 2021 ? C’était la grande interrogation des professionnels des études de marché l’an passé. Les plus provocateurs d’entre eux formuleraient plutôt aujourd’hui la question suivante : que restera-t-il dans le panier des ménages une fois qu’ils auront restreint leur train de vie ? Ce changement de perspective implique un retour aux fondamentaux des études de marché. Au-delà de la mesure de « l’élasticité prix », toute marque doit désormais se questionner sur ce qui la rend non-substituable pour résister.

Une quarantaine d’années de données montrent que les marques les moins substituables sont celles qui font le pari continu de l’innovation, qui peut se matérialiser sous différentes stratégies : la réduction des formats (downsizing), par exemple, qui garde l’étiquette de prix inchangé, mais pour une quantité de produit moindre, peut s’avérer une option particulièrement payante dans des catégories pour lesquelles les décisions d’achat sont immédiates. Un changement de design ou un travail sur les bénéfices pour les rendre plus percutants et pertinents sont à contrario souhaitables pour accompagner une hausse de prix. Enfin, un produit nouveau, premium, sans concurrent direct, sera par nature moins vulnérable à une « guerre des prix ».

Le marché des boissons chaudes constitue un exemple intéressant d’utilisation combinée de ces différentes stratégies : l’offre déjà très large de thé en sachet (de la marque distributeur au très premium) est très compétitive tandis que celle en capsules pour machine est encore récente et limitée. Un format au caractère innovant qui permettrait à la marque leader de proposer 16 capsules pour le prix de 50 sachets de thé.

Ce retour aux fondamentaux du commerce s’impose plus que jamais aujourd’hui. Non pas parce que la digitalisation, la personnalisation de l’expérience ou encore la raison d’être des marques seraient déjà derrière nous, mais parce que l’urgence du moment est bel et bien de revenir aux bases des quatre « P » : produit, prix, placement et promotion.

COVID :Les crédits de la recherche stoppés !

COVID :Les crédits de la recherche stoppés !

 

Le chercheur Mircea Sofonea déclare que les moyens alloués à une partie de la recherche sur le Covid-19 ont été stoppés, empêchant de faire des projections sur l’évolution de l’épidémie.

Un désengagement de l’État dans la recherche sur le Covid-19? L’épidémiologiste Mircea Sofonea assure ce dimanche sur BFMTV que certains financements, permettant de mener des projections sur l’évolution du virus, ont été arrêtés, malgré la poursuite de l’épidémie. Une « première », selon lui.

« C’est la première fois depuis presque deux ans et demi qu’il n’y a pas de projections publiques en France sur l’actuelle vague », dénonce-t-il.

« Cela s’explique par plusieurs paramètres. (…) Il se trouve qu’il y a un manque de moyens dans la recherche, un désintérêt aussi de l’État et donc un manque de financements sur cette activité », assure-t-il.

L’épidémiologiste s’inquiète spécifiquement pour les financements des recherches scientifiques permettant de réaliser des projections de l’évolution du virus et de prévoir les prochaines vagues.

Pour l’épidémiologiste, si le financement de la recherche des projections épidémiologistes « coûte moins d’argent que de développer des vaccins », il estime que « ce sont des moyens qui peuvent être mis en place par l’État ».

« Malgré l’enjeu sanitaire, l’État s’est désengagé de cette dynamique », déplore-t-il.

L’arrêt de ces financements a des conséquences concrètes sur le travail des recherches, pour Mircea Sofonea.

« J’ai, par exemple, des personnes dans mon équipe, qui n’a pas grossi depuis le début de l’épidémie de Covid, qui seront malheureusement en arrêt de contrat en 2023″, assure-t-il.

Le chercheur explique que pour compenser ce manque de moyens, son équipe doit postuler à des projets pour trouver d’autres moyens de financements.

« Ça veut dire qu’on passe beaucoup plus de temps à essayer d’avoir des financements pour pérenniser certains chercheurs précaires dans l’équipe ne serait-ce que pour maintenir l’activité de projection. Ce manque de temps impacte aussi la recherche », s’inquiète-t-il.

Crise climatique : Entreprendre un immense effort de recherche

Crise climatique : Entreprendre un immense effort de recherche

 

Il est nécessaire de suivre une double stratégie face au réchauffement climatique et alors que nos modes de vies les plus prisés ont été principalement obtenus à l’aide de sources d’énergie et de systèmes techniques trop émetteurs de CO₂, défend dans le Monde  le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel.

 

Un article intéressant qui ne pose pas bien au contraire sobriété et recherche. Un appel sans doute aussi à sortir de la caricature des positions entre les partisans de la croissance et ceux qui voudrait la stopper brutalement NDLR

 En avril, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a annoncé qu’il restait peu de temps pour éviter un réchauffement climatique à plus de 1,5 °C. L’alerte a mis la planification écologique à l’agenda gouvernemental. Elle a aussi exacerbé les antagonismes entre les tenants d’une sobriété consentie – voire émancipatrice – et les partisans d’un effort résolu de recherche scientifique et technique.

Or ces deux stratégies sont indispensables l’une à l’autre, et une politique de sobriété doit aussi être éclairée par un effort majeur de recherche, notamment sur les principes de justice qui la guident.

La crise climatique tient à ce que nos modes de vie les plus prisés ont été principalement obtenus à l’aide de sources d’énergie et de systèmes techniques trop émetteurs de CO2. On peut donc agir dans deux directions : la sobriété écologique qui consiste à conduire un profond changement de nos modes de vies, et la recherche de nouvelles technologies vertes et qui ne bouleverseraient pas trop ces derniers.

La sobriété semble ne dépendre que de la décision collective. La voie technologique apparaît lente et incertaine et pourrait dangereusement retarder cette décision. La sobriété devrait donc s’imposer au plus vite, même si elle force à rompre avec nos pratiques les plus désirées. Mais un changement aussi violent n’a pu être obtenu qu’en temps de guerre ou de pandémie, et de façon provisoire.

En outre, d’un pays à l’autre, les émissions par habitant (Banque mondiale, 2018) varient en valeur relative de 1 (Rwanda) à 320 (Qatar), en passant par 150 (Etats-Unis) et 88 (moyenne des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques).

Comment répartir efficacement et équitablement les efforts de sobriété ? Comment gérer les conséquences non prévisibles de cet effort ? La recherche nécessaire pour réussir une telle transformation, au niveau national et mondial, est immense. Car, outre la conception partagée de critères de justice, il faut réussir les nouveaux modèles techniques indispensables à la sobriété : la généralisation sans carences d’une alimentation moins carnée, la réduction drastique des déplacements non verts, la pleine recyclabilité des matériaux, la viabilité des circuits courts, etc.

Serait-elle un horizon indépassable, la voie de la sobriété n’en est pas moins inconnue. Or c’est l’imprévisibilité de ses effets qui pousse simultanément à la recherche de technologies alternatives. Car même si celles-ci n’émergent que dans quelques années, nul ne sait où nous auront alors conduits les politiques de sobriété, tant sur le plan climatique que sociétal.

« Sauver la recherche ! »

« Sauver la recherche ! »

 

Face au constat de décrochage de la recherche française, le biologiste Jean-Marc Egly alerte dans une tribune au « Monde » . 

 

La situation de la recherche en France n’est pas bonne. Les résultats de l’appel d’offres lancé par le Conseil européen de la recherche qui attribue trois types de contrats sur projets (financements de 2 millions d’euros sur cinq ans), à l’élite de la recherche européenne, sont tombés. La France qui, jusque dans les années 2010, tenait son rang en Europe en se hissant à la deuxième place, et titillant parfois le Royaume-Uni pour la première place, se retrouve en queue de peloton. En ce qui concerne les contrats « avancés », cette année, dans les sciences du vivant, la France n’a que quatre lauréats à égalité avec l’Irlande, loin derrière l’Allemagne (17), l’Angleterre (14) et les Pays-Bas (10). Si, en sciences physiques, la France obtient 15 lauréats, l’Allemagne en a 31. En sciences humaines, nous nous hissons à la troisième place avec six lauréats, l’Angleterre en ayant 13.

Dans la catégorie « consolidator », nous obtenons 29 lauréats sur un total de 313 projets financés, loin derrière l’Allemagne (61) et l’Angleterre (41). Constat moins sévère chez les juniors, où près d’une soixantaine sont lauréats sur un total de 397, juste derrière l’Allemagne. On ne peut que saluer les résultats de cette dernière qui a – il y a peu – considérablement revu sa politique de recherche en matière de budget et de financement basé sur l’excellence.

Sourd aux alertes formulées par de nombreux scientifiques et après plus de vingt ans de désintérêt de l’Etat, de maladresses du monde syndical, et de faible mobilisation des chercheurs eux-mêmes, il nous faut malheureusement constater que nous ne jouons plus les premiers rôles sur la scène européenne, ce que la crise due au Covid-19 nous avait indiqué avec notre incapacité à produire un vaccin.

Notons également combien les candidats au poste suprême, tous adeptes du bien-être de nos concitoyens, n’ont pas fait de la recherche un axe prioritaire. A l’heure où des esprits qui se croient éclairés ne veulent plus considérer le niveau de nos publications scientifiques en termes de facteurs d’impact (un indice de la visibilité des travaux), regardons simplement les déroulés des grands meetings internationaux où nous brillons par notre absence. Avouons-le donc, nous avons pris au moins cinq ans de retard en recherche.

Inflation : la recherche des prix les plus bas par les consommateurs

Inflation : la recherche des prix les plus bas par les consommateurs

Il y a une bascule des consommateurs vers les produits premier prix », constate la Fédération du commerce et de la distribution .

Selon Jacques Creyssel, les enseignes de grande distribution ont une marge de manoeuvre « extrêmement faible » sur les prix.Du coup, les consommateurs délaissent les produits de marque au profit des produits à bas prix des distributeurs, abandonnant au passage les produits bio trop chers

« Il y a une vraie bascule des consommateurs vers les produits premier prix », a déclaré vendredi 29 avril sur franceinfo Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), alors que l’inflation a continué à accélérer en avril en France pour atteindre 4,8% sur un an.

« Tout le monde fait très attention« , constate Jacques Creyssel. « Il y a très clairement une évolution dans ce sens-là et on pense que ça va s’accentuer et s’accélérer dans les semaines qui viennent. »

Le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution explique que « les pâtes sont le produit qui a le plus augmenté », avec « une augmentation globale de 13% du prix des pâtes depuis le début de l’année. »

Selon lui, les enseignes de grande distribution ont une marge de manoeuvre « extrêmement faible » sur les prix : « C’est de l’ordre de 1%, c’est-à-dire que sur un panier de 50 euros, nous touchons 50 centimes. Pour autant, tout le monde fait des efforts parce que nous avons besoin que nos clients soient capables de trouver des produits au meilleur prix. »

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