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Drogue Marseille : les raisons de la violence

Drogue Marseille : les raisons de la violence

 

Afin de comprendre les raisons de cette flambée de violence, franceinfo a interrogé Jean-Baptiste Perrier, directeur de l’Institut de sciences pénales et de criminologie à l’université Aix-Marseille. Le criminologue déplore l’inefficacité d’une politique centrée sur les sanctions et souligne l’importance de recruter des magistrats dans la ville.

 

franceinfo : Peut-on parler d’une recrudescence des crimes liés au trafic de drogue à Marseille ? 

Jean-Baptiste Perrier : Oui, depuis la mi-juin, on observe clairement une augmentation rapide du nombre de morts liées aux règlements de comptes. La police judiciaire en a dénombré quinze depuis le début d’année. Ce nombre est déjà plus important que ceux enregistrés chaque année au cours de la dernière décennie.

Entre 2010 et 2020, nous observions une baisse progressive du nombre de ces décès. Pendant cette période, près d’une dizaine de personnes avaient été tuées dans ces circonstances, tandis que dans la décennie précédente, nous en comptions plutôt une vingtaine par an.

« Souvent, les crimes sont commis par cycle. Ainsi, les faits sont rapprochés dans le temps, bien qu’il ne soit pas évident d’établir un lien entre eux. »

 

Comment expliquer cette brusque augmentation des décès liés au trafic de drogue ?

Il est très difficile de l’expliquer. Plusieurs causes peuvent entrer en compte. D’abord, certains groupes rivaux peuvent s’affronter pour un territoire, d’autant que des opérations des forces de l’ordre ont été initiées ces derniers mois pour démanteler des points de deal. Ainsi, une guerre entre plusieurs groupes peut être à l’œuvre pour récupérer les territoires perdus pendant ces opérations.

Mais les faits divers ne sont qu’une loupe sur la réalité de la professionnalisation du trafic de drogue durant la décennie écoulée à Marseille et ailleurs. Lorsque les trafics sont plus importants, on observe que les personnes qui y participent sont de plus en plus armées.

« Les organisations illégales sont mieux structurées et brassent ainsi plus d’argent, ce qui permet au réseau de grandir. »

 

Autre signe caractéristique : il y a un rajeunissement des trafiquants et on peut noter que les plus jeunes sont plus enclins à commettre des faits violents. Sur les dix dernières années, il n’est plus rare de voir des mineurs impliqués dans les trafics de stupéfiants. On a des participants entre 15 et 20 ans, et ils ont des rôles de plus en plus importants. Un jeune majeur peut se retrouver à la tête d’un réseau.

Le maire de Marseille, Benoît Payan, propose la mise en place d’un « parquet spécial pour lutter contre le trafic de drogue ». Est-ce une bonne solution ?

A Marseille, il existe déjà un parquet dédié à la lutte contre les crimes : une juridiction interrégionale spécialisée (JIRS). Son but n’est pas de lutter spécifiquement contre le trafic de drogue, mais la moitié de son activité est tout de même liée au trafic de stupéfiants, en raison de la typologie des crimes commis dans la ville.

« Ce n’est pas tellement la création d’un lieu encore plus spécialisé qui permettrait de résoudre le problème, mais plutôt des moyens supplémentaires alloués à la justice. »

 

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a assuré mardi qu’il répondrait favorablement aux demandes de magistrats supplémentaires à Marseille. La ville en a besoin, mais on sait que ces recrutements prennent du temps. Un renforcement des recrutements avait déjà été annoncé par le ministère de la Justice, mais c’est trompeur, car ce sont surtout des contractuels qui ont été recrutés. Il y a parmi eux des assistants juridiques et des délégués du procureur qui peuvent accompagner les magistrats, mais qui ne peuvent pas prendre de décisions.

Gérald Darmanin avait aussi annoncé en février le renfort de 300 policiers dans le département. Est-ce la stratégie à adopter pour combattre ce type de criminalité ?

Près de 100 policiers seront recrutés à Marseille d’ici la fin de l’année. C’est bien, mais en réalité sur le terrain l’effet ne sera que très peu perceptible et ne suffira pas à enrayer la criminalité. Il y a aussi la question de la concentration de ces moyens.

« Les autorités dépensent plus d’argent pour lutter contre l’usage des stupéfiants que contre le trafic de stupéfiants. »

 

La France a le système le plus répressif d’Europe. Pourtant, cela ne freine pas la consommation de stupéfiants. On sait que la culpabilisation du consommateur n’a jamais fonctionné. Dans ce contexte, la dépénalisation du cannabis peut être la solution pour ne plus pénaliser les consommateurs et concentrer ses moyens sur la lutte contre les trafics. Mais cette solution est rejetée par le ministre de l’Intérieur.

Enfin, il faut aussi prendre des mesures préventives, sociales et économiques pour éviter que les jeunes rejoignent les organisations criminelles. Il faut se demander comment lutter contre la misère sociale qui existe dans certains quartiers populaires, où une pression sociale pour rejoindre le trafic de drogue peut exister.

Politique-Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Politique-Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Spécialiste de l’Afghanistan, Bernard Dupaigne, directeur émérite au Musée de l’Homme et professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), analyse les causes du retour fulgurant des talibans au pouvoir. (Dans le JDD, extrait)

 

  • Tribune

Alors que le monde entier a les yeux braqués sur l’Afghanistan et s’interroge sur les raisons de la rapide victoire des talibans, un retour sur l’histoire récente et plus ancienne du pays s’impose. On ne saurait, en effet, bien comprendre les récents développements sans avoir une vue d’ensemble de l’évolution qu’a connue ce territoire au cours des dernières décennies. Une évolution qui l’a vu successivement se rapprocher de l’URSS, être envahi par celle-ci, sombrer dans la guerre civile, être dominé une première fois par les talibans, puis subir, vingt ans durant, l’intervention américaine qui vient de s’achever…

L’Afghanistan, pays enclavé, a bénéficié au XIXe siècle des subsides britanniques. Puis sont venues les attentions soviétiques et, ensuite, américaines. Durant la guerre froide, les massives aides étrangères ont abouti à l’apparition à Kaboul d’une caste de privilégiés coupés des réalités des provinces.

Dans les années 1960, Soviétiques et Américains ont rivalisé de financements pour attirer l’Afghanistan dans leur zone d’influence. À ce jeu, les Soviétiques ont gagné. Des milliers de bourses d’études en URSS ont été offertes aux jeunes Afghans. Ingénieurs et officiers prirent goût à la vodka et aux blondes russes, ce qui était pour eux le comble de la modernité. Beaucoup se sont mariés sur place, et sont restés après 1980. Surtout, les Soviétiques ont fourni en armes l’armée afghane et ont gagné les officiers à leur cause. Ce sont ces officiers convaincus qui ont organisé le coup d’État de 1978.

Face à l’URSS, les Etats-Unis ont financé les plus extrémistes

Répressions contre les religieux et propriétaires terriens s’ensuivirent, conduisant à des révoltes populaires, vite contrôlées par des partis hostiles aux communistes dont les responsables s’étaient installés au Pakistan voisin.

Dans l’idée d’affaiblir l’URSS, les Américains ont fourni une assistance considérable à ces partis. Leurs commandants locaux, qui se déplaçaient à moto, ont vite pris l’habitude des 4×4 japonais offerts par Washington. Toute l’aide américaine transitait par les généraux pakistanais et leurs services secrets. Malgré les mises en garde des Occidentaux connaisseurs du terrain, ce sont les partis extrémistes et les plus anti-américains (à commencer par le Hezb-e-islami, « parti de Dieu ») qui ont été les mieux financés. Après le départ des Soviétiques en 1989, dépités de s’être fait surprendre par Ahmed Chah Massoud pour la conquête de Kaboul en 1992, ils ont longuement bombardé la capitale et lui ont fait subir un blocus rigoureux.

En 2001, après les attentats du 11 septembre, organisés par Oussama Ben Laden depuis l’Afghanistan, où il avait été accueilli en 1979 en échange d’importants subsides, les États-Unis ne pouvaient pas ne pas réagir. La décision fut, dans un premier temps, de ne pas envoyer d’hommes sur le terrain. Ils se sont donc appuyés sur les commandants de la supposée « Alliance du Nord », aux intérêts déjà divergents. Des valises de dollars ont été distribuées pour inciter les chefs de guerre au combat.

Dans ce pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde

Les talibans une fois tués ou repliés dans leurs bases du Pakistan, les États-Unis – et la communauté internationale, sous l’égide des Nations unies – se sont mis en tête de reconstruire l’État afghan, faisant du « Nation building » tout en s’en défendant. Une Constitution à l’américaine, avec un président (et non pas à l’européenne avec un président et un premier ministre) fut adoptée en 2004, et violée en 2014 par les Américains eux-mêmes, avec la création, non prévue et imposée par eux, d’un poste de « chef de l’exécutif », pour contenter le candidat malheureux aux élections tenues cette année-là, Abdollah Abdollah ; ce chef tadjik, se présentant comme héritier du commandant Massoud, contrebalançait ainsi le président pachtoune Ashraf Ghani. Dans un pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde ; des ONG féministes scandinaves proposaient la parité hommes/femmes à tous les niveaux de conseils et de représentation, jusqu’aux villageois.

Les députés n’avaient aucun pouvoir… sauf celui d’accumuler de l’argent le plus vite possible. Une disposition de la Constitution demandait leur accord à la nomination des ministres. Ceux-ci devaient acheter le vote des députés, puis se dépêcher, par une intense corruption, de rentrer dans leurs frais. Des ministères importants restaient des mois sans titulaire, faute de compromis. Aucun des services de l’État ne fonctionnait. Les États-Unis payaient les fonctionnaires et les corrompus. De fausses embuscades étaient lancées sur les routes pour que soient payées des sociétés de sécurité possédées par des ministres ou chefs de guerre. Quelque 80 % du budget de l’État afghan venait de l’étranger.

Dans ce cadre de désillusion et de corruption généralisée, les talibans ont vite repris des forces dans les campagnes, instaurant une administration qui, quoique dure, était vue comme préférable au chaos.

L’Amérique payait des troupes afghanes inexistantes

Une fois le retrait américain annoncé, l’avancée des talibans a été fulgurante. Souvent, la paie des soldats du gouvernement de Kaboul était saisie par leurs officiers, l’équipement était déplorable, les soutiens logistiques inexistants. L’armée paraissait nombreuse, mais beaucoup de régiments n’existaient que sur le papier : les États-Unis payaient des troupes inexistantes.

Des notables du régime afghan ont acquis des résidences sur la nouvelle île artificielle créée à Dubaï, à partir d’un million de dollars, réglés cash, en liquide. Tout cela aux frais des contribuables américains. Pourquoi les soldats afghans, mal payés et abandonnés, se seraient-ils fait tuer pour permettre à leurs supérieurs de continuer à mener grande vie?

En 1996, les talibans d’alors avaient également vite conquis les provinces, sans rencontrer de résistance. La population s’était alors largement ralliée à eux, pour retrouver l’ordre et la sécurité. Ce qui a le plus surpris cette année, c’est leur progression très rapide, dès juin 2021, dans les provinces du nord du pays, peuplées surtout d’Ouzbeks. Les Ouzbeks, a priori opposés aux Pachtounes talibans d’aujourd’hui, ont également pensé retrouver la sécurité en s’alliant aux plus forts.

Les talibans et Daech sont incompatibles

On s’étonne également du nombre des combattants talibans, qui se sont révélés capables de prendre simultanément les postes de douanes, synonymes de rentrées financières, et les principales capitales provinciales. Leurs armements semblent inépuisables ; ils sont de modèle soviétique, et non américain. Certes, il y a eu des prises de guerre dans les postes gouvernementaux abandonnés, mais aussi, forcément, des apports extérieurs : du Pakistan, de l’Iran?

À présent, avec la fin probable des financements américains, toute une partie de la société de Kaboul, qui en profitait directement ou indirectement, se retrouvera sans emploi. Les femmes, qui avaient gagné des libertés dans cette atmosphère occidentale, se retrouveront contraintes, comme il y a cent ans. Beaucoup de femmes de Kaboul regrettent le temps du roi Zaher Châh (1963-1973) quand les citadines s’émancipaient, puis la brève période communiste (1978-1979), quand la libération des femmes était prônée et que les miliciennes se promenaient cheveux au vent à fouiller les paysannes voilées. Mais, finalement, « les femmes à la maison », ce n’est pas pour tant déplaire aux bons phallocrates villageois.

Les talibans se disent nationalistes ; ils veulent reprendre le pouvoir dans leur propre pays, le diriger à leur guise. En cela, ils se différencient des extrémistes de Daech, qui se veulent internationalistes. Pour les talibans, il s’agit de diriger la nation afghane ; pour Daech, c’est d’exporter partout un régime qu’ils appellent « islamiste ». Les deux mouvements sont incompatibles ; d’ailleurs, ils se sont affrontés pour la conquête de territoires, et les talibans ont gardé la supériorité. Les talibans sont là pour longtemps. Aucune opposition n’est prête à les affronter, aucun pays étranger non plus.

 

Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Spécialiste de l’Afghanistan, Bernard Dupaigne, directeur émérite au Musée de l’Homme et professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), analyse les causes du retour fulgurant des talibans au pouvoir. (Dans le JDD, extrait)

 

  • Tribune

Alors que le monde entier a les yeux braqués sur l’Afghanistan et s’interroge sur les raisons de la rapide victoire des talibans, un retour sur l’histoire récente et plus ancienne du pays s’impose. On ne saurait, en effet, bien comprendre les récents développements sans avoir une vue d’ensemble de l’évolution qu’a connue ce territoire au cours des dernières décennies. Une évolution qui l’a vu successivement se rapprocher de l’URSS, être envahi par celle-ci, sombrer dans la guerre civile, être dominé une première fois par les talibans, puis subir, vingt ans durant, l’intervention américaine qui vient de s’achever…

L’Afghanistan, pays enclavé, a bénéficié au XIXe siècle des subsides britanniques. Puis sont venues les attentions soviétiques et, ensuite, américaines. Durant la guerre froide, les massives aides étrangères ont abouti à l’apparition à Kaboul d’une caste de privilégiés coupés des réalités des provinces.

Dans les années 1960, Soviétiques et Américains ont rivalisé de financements pour attirer l’Afghanistan dans leur zone d’influence. À ce jeu, les Soviétiques ont gagné. Des milliers de bourses d’études en URSS ont été offertes aux jeunes Afghans. Ingénieurs et officiers prirent goût à la vodka et aux blondes russes, ce qui était pour eux le comble de la modernité. Beaucoup se sont mariés sur place, et sont restés après 1980. Surtout, les Soviétiques ont fourni en armes l’armée afghane et ont gagné les officiers à leur cause. Ce sont ces officiers convaincus qui ont organisé le coup d’État de 1978.

Face à l’URSS, les Etats-Unis ont financé les plus extrémistes

Répressions contre les religieux et propriétaires terriens s’ensuivirent, conduisant à des révoltes populaires, vite contrôlées par des partis hostiles aux communistes dont les responsables s’étaient installés au Pakistan voisin.

Dans l’idée d’affaiblir l’URSS, les Américains ont fourni une assistance considérable à ces partis. Leurs commandants locaux, qui se déplaçaient à moto, ont vite pris l’habitude des 4×4 japonais offerts par Washington. Toute l’aide américaine transitait par les généraux pakistanais et leurs services secrets. Malgré les mises en garde des Occidentaux connaisseurs du terrain, ce sont les partis extrémistes et les plus anti-américains (à commencer par le Hezb-e-islami, « parti de Dieu ») qui ont été les mieux financés. Après le départ des Soviétiques en 1989, dépités de s’être fait surprendre par Ahmed Chah Massoud pour la conquête de Kaboul en 1992, ils ont longuement bombardé la capitale et lui ont fait subir un blocus rigoureux.

En 2001, après les attentats du 11 septembre, organisés par Oussama Ben Laden depuis l’Afghanistan, où il avait été accueilli en 1979 en échange d’importants subsides, les États-Unis ne pouvaient pas ne pas réagir. La décision fut, dans un premier temps, de ne pas envoyer d’hommes sur le terrain. Ils se sont donc appuyés sur les commandants de la supposée « Alliance du Nord », aux intérêts déjà divergents. Des valises de dollars ont été distribuées pour inciter les chefs de guerre au combat.

Dans ce pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde

Les talibans une fois tués ou repliés dans leurs bases du Pakistan, les États-Unis – et la communauté internationale, sous l’égide des Nations unies – se sont mis en tête de reconstruire l’État afghan, faisant du « Nation building » tout en s’en défendant. Une Constitution à l’américaine, avec un président (et non pas à l’européenne avec un président et un premier ministre) fut adoptée en 2004, et violée en 2014 par les Américains eux-mêmes, avec la création, non prévue et imposée par eux, d’un poste de « chef de l’exécutif », pour contenter le candidat malheureux aux élections tenues cette année-là, Abdollah Abdollah ; ce chef tadjik, se présentant comme héritier du commandant Massoud, contrebalançait ainsi le président pachtoune Ashraf Ghani. Dans un pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde ; des ONG féministes scandinaves proposaient la parité hommes/femmes à tous les niveaux de conseils et de représentation, jusqu’aux villageois.

Les députés n’avaient aucun pouvoir… sauf celui d’accumuler de l’argent le plus vite possible. Une disposition de la Constitution demandait leur accord à la nomination des ministres. Ceux-ci devaient acheter le vote des députés, puis se dépêcher, par une intense corruption, de rentrer dans leurs frais. Des ministères importants restaient des mois sans titulaire, faute de compromis. Aucun des services de l’État ne fonctionnait. Les États-Unis payaient les fonctionnaires et les corrompus. De fausses embuscades étaient lancées sur les routes pour que soient payées des sociétés de sécurité possédées par des ministres ou chefs de guerre. Quelque 80 % du budget de l’État afghan venait de l’étranger.

Dans ce cadre de désillusion et de corruption généralisée, les talibans ont vite repris des forces dans les campagnes, instaurant une administration qui, quoique dure, était vue comme préférable au chaos.

L’Amérique payait des troupes afghanes inexistantes

Une fois le retrait américain annoncé, l’avancée des talibans a été fulgurante. Souvent, la paie des soldats du gouvernement de Kaboul était saisie par leurs officiers, l’équipement était déplorable, les soutiens logistiques inexistants. L’armée paraissait nombreuse, mais beaucoup de régiments n’existaient que sur le papier : les États-Unis payaient des troupes inexistantes.

Des notables du régime afghan ont acquis des résidences sur la nouvelle île artificielle créée à Dubaï, à partir d’un million de dollars, réglés cash, en liquide. Tout cela aux frais des contribuables américains. Pourquoi les soldats afghans, mal payés et abandonnés, se seraient-ils fait tuer pour permettre à leurs supérieurs de continuer à mener grande vie?

En 1996, les talibans d’alors avaient également vite conquis les provinces, sans rencontrer de résistance. La population s’était alors largement ralliée à eux, pour retrouver l’ordre et la sécurité. Ce qui a le plus surpris cette année, c’est leur progression très rapide, dès juin 2021, dans les provinces du nord du pays, peuplées surtout d’Ouzbeks. Les Ouzbeks, a priori opposés aux Pachtounes talibans d’aujourd’hui, ont également pensé retrouver la sécurité en s’alliant aux plus forts.

Les talibans et Daech sont incompatibles

On s’étonne également du nombre des combattants talibans, qui se sont révélés capables de prendre simultanément les postes de douanes, synonymes de rentrées financières, et les principales capitales provinciales. Leurs armements semblent inépuisables ; ils sont de modèle soviétique, et non américain. Certes, il y a eu des prises de guerre dans les postes gouvernementaux abandonnés, mais aussi, forcément, des apports extérieurs : du Pakistan, de l’Iran?

À présent, avec la fin probable des financements américains, toute une partie de la société de Kaboul, qui en profitait directement ou indirectement, se retrouvera sans emploi. Les femmes, qui avaient gagné des libertés dans cette atmosphère occidentale, se retrouveront contraintes, comme il y a cent ans. Beaucoup de femmes de Kaboul regrettent le temps du roi Zaher Châh (1963-1973) quand les citadines s’émancipaient, puis la brève période communiste (1978-1979), quand la libération des femmes était prônée et que les miliciennes se promenaient cheveux au vent à fouiller les paysannes voilées. Mais, finalement, « les femmes à la maison », ce n’est pas pour tant déplaire aux bons phallocrates villageois.

Les talibans se disent nationalistes ; ils veulent reprendre le pouvoir dans leur propre pays, le diriger à leur guise. En cela, ils se différencient des extrémistes de Daech, qui se veulent internationalistes. Pour les talibans, il s’agit de diriger la nation afghane ; pour Daech, c’est d’exporter partout un régime qu’ils appellent « islamiste ». Les deux mouvements sont incompatibles ; d’ailleurs, ils se sont affrontés pour la conquête de territoires, et les talibans ont gardé la supériorité. Les talibans sont là pour longtemps. Aucune opposition n’est prête à les affronter, aucun pays étranger non plus.

 

Élections régionales : les raisons

Élections régionales : les raisons 

 

Une analyse intéressante du Politologue Pierre Martin (CNRS) qui est l’un des meilleurs analystes français des élections.

Mais une analyse quand même un peu trop partielle qui ne pose pas la question du fonctionnement du système politique, de sa légitimité et de son efficacité. une  analyse qui ne montre pas assez l’énorme décalage entre la demande et l’offre politique. Quant au come-back de Wauquiez c’est un peu surréaliste.  Et cela discrédite une grande partie du papier !Pourquoi pas aussi Muselier futur président de la république !!! (Interview dans l’Opinion)

Comment expliquez-vous l’abstention historique observée aux élections régionales et départementales de juin, qui s’élève à 66 % au premier comme au second tour ?

Il y a trois raisons principales : tout d’abord le déclin du sens du devoir électoral. C’est un phénomène fort, qui se développe en liaison avec un individualisme narcissique analysé par de nombreux sociologues depuis la fin des années 1960. Il a joué d’autant plus que les Français ont le sentiment que ces élections touchent peu leur vie quotidienne. Donc beaucoup d’électeurs s’en désintéressent.

Le deuxième facteur, c’est la conjoncture politique. On a une conjoncture beaucoup moins mobilisatrice, car beaucoup moins dramatique, qu’en 2015. N’oublions pas toute la série d’attentats islamistes en France, Charlie Hebdo en janvier 2015 puis le Bataclan en novembre. C’était une conjoncture très politique, au sens où un certain nombre d’électeurs se sentaient mobilisés sur la politique. En même temps, il y avait un mécontentement très fort contre le pouvoir en place et contre François Hollande. Les électeurs qui ne s’intéressent pas aux enjeux de l’élection elle-même utilisent l’élection pour s’exprimer sur la politique nationale.

Le dernier facteur, c’est la position dans le calendrier électoral. Ces élections régionales et départementales sont arrivées après d’autres élections intermédiaires, les européennesles municipales, où les électeurs avaient déjà eu l’occasion de s’exprimer. Donc c’était là aussi une temporalité peu favorable. Car il ne faut jamais oublier une chose : c’est la participation qu’il faut expliquer, pas l’abstention. L’immense majorité des électeurs, que ce soit en France ou ailleurs, ont un rapport très distant avec la politique. Donc ce qu’il faut expliquer, c’est pourquoi ils viennent voter. On ne s’étonne pas que les gens qui ne s’intéressent pas au football ne vont pas assister à un match de football et ne regardent pas les matches à la télévision. Pourquoi s’étonner que les gens qui ne s’intéressent pas à la politique n’aillent pas voter ?

Est-ce qu’on peut tirer des enseignements nationaux de cette élection sans électeurs ?

Bien sûr, mais avec une très grande prudence. D’abord, est-ce qu’il ne va pas y avoir aussi une baisse de la participation à l’élection présidentielle de 2022 ? En 2002 déjà, on avait eu une participation qui était de l’ordre de 70 % seulement au premier tour. Elle s’était très fortement redressée en 2007, avec les campagnes de Nicolas Sarkozy, de François Bayrou, de Ségolène Royal, donc des têtes nouvelles très mobilisatrices au premier tour. Cette participation importante d’ailleurs n’avait pas été un succès pour le FN. Depuis, c’est vrai qu’en 2012 et en 2017, il y a eu un effritement de la participation à l’élection présidentielle. Donc on peut se poser la question de la participation en 2022.

Autre enseignement, cette faible participation confirme qu’aujourd’hui, il n’y a pas une vague de mécontentement importante contre le pouvoir en place. C’est ce qu’indiquent aussi les enquêtes sur la popularité du Président, mais aussi la réélection assez facile de la ministre Brigitte Bourguignon lors d’une législative partielle début juin dans le Pas-de-Calais. Enfin, l’évènement, au fond, de ces élections régionales, c’est le come-back spectaculaire de Laurent Wauquiez.

Il était pourtant très attendu…

Peut-être, mais ça change très fortement la donne à LR. C’est lui qui a fait le meilleur résultat. Sa victoire, dans une région tenue par le PS jusqu’en 2015, a entraîné, dans un effet d’amplification, deux conseils départementaux, le puy de Dôme et l’Ardèche. Cela rebat les cartes à droite pour la présidentielle, c’est une évidence. D’autant plus que Laurent Wauquiez est membre de LR, contrairement à Xavier Bertrand. C’est ce dernier qui va être en difficulté. Il est hors de question désormais que la direction de LR impose un candidat sans procédure d’arbitrage ; or Xavier Bertrand a toujours refusé cette procédure. Il va donc être en porte à faux.

Marine Le Pen sort-elle fragilisée de ces élections ?

Oui. Déjà qu’un certain nombre de leaders de la droite radicale et de militants doutaient de sa capacité à gagner l’élection présidentielle, maintenant il n’y a plus vraiment de doute… Cela va donc être difficile pour elle de mobiliser son parti dans la perspective d’une élection où, au fond, sa crédibilité est profondément affaiblie. Si même Mariani n’a pas réussi à l’emporter en Provence-Alpes-Côte d’Azur, comment imaginer que Marine Le Pen puisse gagner à l’élection présidentielle ?

Cette fragilisation ouvre-t-elle la voie à Eric Zemmour ?

Elle peut ouvrir une perspective pour ceux qui chercheraient une autre candidature, c’est évident. Maintenant, il n’est pas certain que Zemmour ait suffisamment de crédibilité.

Ces élections changent-elles quelque chose pour la gauche ?

Les résultats ne règlent rien à gauche. Les Verts peuvent dire qu’ils sont les plus dynamiques, dans la mesure où ils ont gagné toutes les primaires avec le PS, là où le PS n’avait pas de président sortant. Et en même temps, le PS dit que c’est lui qui est la principale force de gauche, puisqu’il n’y a que lui qui a fait gagner la gauche. Mélenchon ne s’était pas impliqué dans ces élections locales, et Roussel a eu une stratégie plus identitaire, mais il est lui aussi affaibli, car le Val-de-Marne est passé à droite. La probable candidature d’Anne Hidalgo ne sort pas non plus renforcée, tout simplement parce que la candidate qu’elle a soutenue a échoué au premier tour en Ile-de-France et a lourdement échoué à Paris. Donc là encore, c’est touché mais pas coulé.

Et pour Emmanuel Macron ?

Eh bien, malgré le lourd échec des listes gouvernementales et la confirmation de l’incapacité de LREM à s’implanter à des élections locales, finalement, le Président peut quand même enjamber ces élections. Il y a au moins une candidature qui ne sera pas remise en cause à l’intérieur de son camp, c’est la sienne. Sans lui, les autres n’existent pas beaucoup à LREM…

La jeunesse de LREM suffit-elle à expliquer son défaut d’enracinement ?

Non, ce n’est pas cela qui explique cette difficulté d’enracinement. Si Emmanuel Macron l’a emporté lors de l’élection présidentielle de 2017, c’est parce que beaucoup d’électeurs considéraient que les partis traditionnels de gouvernement, le PS et LR, avaient échoué au niveau national. Mais les mêmes électeurs ne considèrent pas du tout que les élus locaux de ces partis traditionnels de gouvernement ont échoué, tout au contraire. C’est là la raison profonde de l’échec de LREM. Emmanuel Macron a dit qu’il voulait prendre le meilleur de la droite et de la gauche. Du coup, il est logique que les électeurs votent pour les sortants de gauche ou de droite dont ils sont satisfaits. C’est déjà ce que l’on a vu aux municipales en 2020. C’est d’ailleurs une situation qui n’est pas sans évoquer les débuts de la Ve République. L’arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958 était aussi un phénomène de politique nationale. Beaucoup de Français considéraient que les partis traditionnels de la IVe n’étaient pas capables de résoudre les problèmes nationaux du pays, et en particulier la crise algérienne. Mais cela ne signifiait pas du tout que ces mêmes électeurs étaient mécontents de leurs maires et de leurs conseillers généraux, qu’ils soient indépendants, MRP, socialistes ou radicaux. Les gaullistes ont mis très longtemps à s’insérer dans des élections locales.

Les résultats de dimanche disent-ils que la droite pourrait figurer au second tour de la présidentielle ?

Non, ils ne disent pas cela, ils ne disent pas le contraire non plus. Vous inférez sur le comportement des électeurs à la présidentielle, dont ces élections ne nous disent rien. Par contre, ces élections ont un impact sur ce qu’il se passe à l’intérieur des équipes politiques. Ces élections vont inciter les partisans de LR à croire qu’ils peuvent gagner l’élection présidentielle. Cela va rendre encore plus âpre la bataille pour la candidature. C’est la raison pour laquelle, de mon point de vue, le principal événement de ces élections, c’est le résultat de Laurent Wauquiez, car il relance spectaculairement le match à droite.

Afghanistan : les raisons de la débâcle

« La défaite de l’OTAN en Afghanistan est le résultat d’une stratégie erronée et d’une vision du monde biaisée »

TRIBUNE

Adam Baczko

 

Les chercheurs Adam Baczko et Gilles Dorronsoro détaillent, dans une tribune au « Monde », les raisons qui ont conduit au retrait des troupes occidentales et qui expliquent l’échec des Etats-Unis et de leurs alliés dans la région.

Tribune

 

 

Si la victoire des talibans dans les prochains mois n’est que probable, notre défaite a été actée par la déclaration de Joe Biden annonçant le retrait total des troupes américaines pour le 11 septembre. Malgré un discours convenu sur la « victoire » américaine, aucun des objectifs fixés il y a vingt ans n’a été rempli : des centaines de militants d’Al-Qaida sont présents sur le sol afghan, l’organisation Etat islamique s’est implantée en 2014, les élections ont été depuis longtemps discréditées par des fraudes massives, les élites afghanes sont corrompues au-delà de toute description, la principale ressource de l’économie est la drogue, etc.

Les rares avancées − droit des femmes, liberté des médias − sont menacées depuis plusieurs années et disparaîtront rapidement avec le retrait définitif des forces occidentales. Comment la première alliance militaire du monde, l’OTAN, a-t-elle pu perdre cette guerre malgré un investissement de plus de 2 000 milliards de dollars, plus de 3 000 soldats tués et des dizaines de milliers blessés ? Le débat public est maigre, car cette défaite, dont nous subirons les conséquences dans les mois et les années à venir, ne passionne guère les opinions publiques.

Demande d’Etat

Il est alors facile de renvoyer notre échec à une exceptionnalité afghane. Après tout, l’Afghanistan n’est-il pas le « cimetière des empires » ? A l’inverse de ces poncifs, nous pensons que cette défaite, comme la débâcle en Syrie, en Irak et en Libye, est le résultat d’une stratégie erronée, d’une vision du monde biaisée et de mécanismes d’intervention inefficaces. Cinq éléments paraissent ici essentiels.

D’abord, le prêt-à-penser de la coalition a fait de l’Afghanistan un pays tribal, localiste dans ses intérêts, fondamentalement apolitique et allergique à l’Etat. D’un pays traversé par des courants révolutionnaires, soumis à une transformation sociale très rapide – multiplication des déplacés internes et des réfugiés, urbanisation rapide, naissance d’une classe moyenne urbaine –, les Occidentaux n’ont retenu que l’image d’un Afghanistan « traditionnel » et rétif à toute autorité étatique. Or ce qui nous a frappés est, au contraire, la demande d’Etat qui s’exprime en Afghanistan, en particulier la justice et la police, que la coalition n’a malheureusement jamais considérées comme une priorité.

 

Ensuite, la coalition n’a jamais fait l’effort de comprendre l’insurrection. Les qualificatifs qui lui étaient appliqués − « tribale », « ethnique », « archaïque », « moyenâgeuse » − par la plupart des experts et des militaires signalaient une méconnaissance tragique de la réalité de ce mouvement. En particulier, l’organisation d’un système judiciaire alternatif, la rotation des cadres entre les régions, l’efficacité de la propagande à destination de la population afghane auraient dû alerter les responsables militaires et politiques du potentiel de l’insurrection dès 2003.

Les raisons du faible niveau des élèves en maths

Les raisons du faible niveau des élèves en maths

A l’occasion de la semaine des mathématiques, Pierre Arnoux, professeur à l’université d’Aix-Marseille et vice-président de la commission française pour l’enseignement des mathématiques, revient dans le Monde sur le faible niveau des élèves en mathématiques et sur les difficultés de la discipline.

La 10e édition de la Semaine des mathématiques a lieu du 15 au 21 mars. Selon le ministère de l’éducation nationale, cette initiative vise à « valoriser les maths, en proposer une image actuelle, vivante et attractive, sensibiliser le grand public à leur aspect culturel, à la diversité des métiers et disciplines scientifiques, techniques ou artistiques qui font appel à elles ». L’occasion de revenir sur le faible niveau des élèves français en mathématiques et sur les difficultés de la discipline, avec le chercheur Pierre Arnoux, professeur à l’université d’Aix-Marseille, vice-président de la commission française pour l’enseignement des mathématiques et du comité scientifique des instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques (IREM).

La dernière enquête Trends in International Mathematics and Science Study (Timss), publiée en décembre 2020, place la France dernière élève des pays européens. Comment expliquer ce niveau des Français en mathématiques ?

J’ai entendu les critiques de ceux qui disent que les critères de cette enquête internationale ne seraient pas adaptés aux petits Français. Mais de Timss à PISA [Programme international pour le suivi des acquis], en passant par l’étude Cèdre du ministère, les résultats sont cohérents sur la longue durée : le niveau de l’élève moyen d’aujourd’hui est celui du cancre d’il y a trente ans.

La principale raison de la chute de niveau en primaire est connue : c’est le manque de formation des professeurs des écoles en mathématiques ; ils viennent dans leur grande majorité des filières de sciences humaines, ont abandonné les maths depuis longtemps, et n’ont droit qu’à une trentaine d’heures de mathématiques à l’Inspe [institut national supérieur du professorat et de l’éducation]… Malgré des améliorations, la formation continue, trop faible, ne permet pas de rattraper cela.

Comment voulez-vous qu’ils enseignent bien cette discipline qu’ils connaissent mal, et que certains parmi eux n’aiment pas ? Le ministère a longtemps interdit les licences pluridisciplinaires qui pourraient renouveler leur profil. J’attends de voir ce que vont donner les nouveaux parcours préparatoires au professorat des écoles [PPPE], mais sans illusions.

Des raisons de la baisse du niveau en maths

Des raisons de la baisse du niveau en maths 

Deux récentes enquêtes pointent du doigt le faible niveau des élèves français en mathématiques. Vincent Troger, maître de conférences émérite en sciences de l’éducation, rappelle dans une tribune au « Monde » que des débats scientifiques sur les finalités et modalités d’enseignement de la discipline retardent l’amélioration de la situation.

Tribune. 

Deux enquêtes publiées en 2020 ont vivement alerté sur la baisse du niveau des élèves français en mathématiques. L’enquête internationale Timms (pour « Trends in International Mathematics and Science Study ») révèle une baisse de celui-ci dès le primaire et classe nos élèves de 4e au 17e rang sur vingt pays comparables. Depuis la première enquête Timms de 1995, le score moyen des collégiens français a significativement baissé : les élèves de 4e de 2019 obtiennent des résultats équivalents à ceux des élèves de 5e de 1995.

L’autre enquête, celle du dispositif Cedre (pour « cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon »), est interne à l’éducation nationale et a concerné les élèves de 3e en 2019. Elle confirme la baisse du niveau, révélant notamment que, depuis 2008, la proportion de bons élèves dans l’échantillon a régressé de 29 % à 22 %, tandis que celle des élèves faibles a augmenté de 15 % à 25 %.

La première explication de cette régression concerne, selon les experts, la formation des enseignants, particulièrement à l’école primaire. Plus de 80 % des professeurs des écoles ont suivi des études littéraires ou de sciences sociales et n’ont donc plus fait de maths depuis la fin du lycée lorsqu’ils entrent en formation.

Ils auraient donc besoin d’une formation conséquente, mais il semble que ce ne soit pas le cas. En 2015, une conférence de consensus sur l’enseignement des maths dans le primaire organisée par le Centre national d’étude des systèmes scolaires et l’Institut français de l’éducation avait conclu que « le contenu de la formation des enseignants est relativement flou, il n’y a pas de référence à des contenus précis ».

La principale raison de cette insuffisance tient à la lourdeur du cursus des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé, ex-IUFM) : en deux ans, les futurs professeurs doivent rédiger un mémoire de master, préparer un concours sélectif et enseigner en seconde année à mi-temps dans un établissement.

Ce cumul rend les conditions actuelles d’entrée dans le métier particulièrement difficiles. Confirmant ce constat, le rapport rédigé en février 2018 par Cédric Villani et l’inspecteur général de mathématiques Charles Torossian (« 21 mesures pour l’enseignement des mathématiques ») insistait sur la nécessité d’améliorer la formation initiale et continue des enseignants.

Économie : Les raisons du déclin français.

Économie : Les raisons du déclin français. 

l’économiste Christian Saint-Etienne, explique les raisons du déclin économique du pays dans l’Opinion 

 

 

chronique :

 

 

En 2020, l’activité économique a baissé de 8,3 % en France, de 7 % dans la zone euro, de 5 % en Allemagne et de 3,5 % aux Etats-Unis. Ce recul français intervient après vingt ans de forte désindustrialisation (chute de plus d’un tiers du poids de l’industrie dans le PIB), de faible croissance annuelle (0,75 % par an sur la période 2001-2020), de tragique montée de la dette publique (98 % en 2019, avant la pandémie, et peut-être 125 % fin 2021), d’un chômage qui varie de 8 % quand tout va bien à 12 % au premier accroc, et d’une chute de notre capacité d’innovation et de prise de risque.

Le pays de Pasteur est absent des nouveaux vaccins car nos grands instituts « n’ont pas osé » se lancer dans les productions et thérapies nouvelles. Le niveau de robotisation de nos usines est aujourd’hui inférieur à celui de l’Espagne et la valeur ajoutée industrielle française en euros est tombée à 40 % de celle de l’Allemagne.

Face à la Covid, en mars-avril 2020, nos soignants n’avaient pas les équipements nécessaires alors que nous avons le record du monde de la dépense de protection sociale en proportion du PIB. Ils étaient dans la position des fantassins français qui ont dû attaquer les chars allemands quasiment à main nue en mai 1940.

Désastres. Trois raisons expliquent les désastres des vingt dernières années, en écho aux erreurs des années 1930.

D’abord, on retrouve la même incapacité à regarder à long terme tout en se comparant aux autres dans ce qu’ils font de mieux. Refus de l’adaptation à la guerre moderne fondée sur le couple avion-char dans les années 1930, refus de se préparer aux pandémies en analysant les politiques de santé de la Corée du Sud, de Taïwan et de Singapour et de favoriser l’essor de la recherche et de l’industrie pharmaceutique dont le poids relatif par rapport aux autres pays s’est effondré dans les années 2010.

Ensuite, incapacité des pseudo-élites administratives énarchisées d’analyser et de comprendre la nature de la Nouvelle révolution industrielle fondée sur la science et la technologie de l’informatique qui se développe depuis les années 1980 avec une très forte accélération depuis les années 2000. Une nouvelle accélération appuyée sur l’intelligence artificielle, la 5G, les biotechnologies, l’espace et l’informatique quantique est en cours et va tout bouleverser dans les années 2020. Sur les sept membres du bureau politique du Parti communiste chinois, il y a six ingénieurs. Aucun parmi les Présidents et Premiers ministres français depuis trente ans.

« Sur le plan stratégique, depuis quarante ans, nous avons posé le sac et mangé le casse-croûte sous les frondaisons au moment où les autres se mettaient au combat et accéléraient la course »

Au lieu d’accélérer dans la transformation de notre économie au milieu des années 1990, on met en place les 35 heures et les RTT, après la retraite à soixante ans en 1982 au moment où s’amorçait le vieillissement de la population. Sur le plan stratégique, depuis quarante ans, nous avons posé le sac et mangé le casse-croûte sous les frondaisons au moment où les autres se mettaient au combat et accéléraient la course. Depuis vingt ans, nous sommes vautrés dans le refus du combat, l’écœurement des fermetures d’usine, l’abjection du principe de précaution qui a castré l’ancienne furia francese et la négation de notre identité de grande nation.

Morgue. Enfin, de 1940 à 2020, la même morgue des pseudo-élites centralisées qui doutent de leur propre peuple comme nos généraux « n’avaient pas confiance dans leurs propres soldats » (Marc Bloch). Il faut territorialiser le pouvoir en reconstruisant nos institutions sur les 1 250 intercommunalités du pays qui correspondent aux bassins de vie, en divisant le nombre de départements par deux et en réintroduisant le couplage région-département par des élus uniques, au nombre divisé par deux, siégeant tour à tour au département et à la région.

Les interco, rebaptisées « communes métropolitaines » et élues au scrutin direct (les communes actuelles devenant leur subdivision), doivent produire des plans de développement économique et social de six ans, mis à jour tous les trois ans, en lien avec les entreprises, et des plans pour l’habitat, les transports, l’éducation et la santé coordonnés par les nouveaux départements. Les régions doivent avoir pour seule priorité le développement de l’industrie, de l’enseignement supérieur et professionnel et de la recherche dans la Nouvelle révolution industrielle. Il faut en urgence des fonds d’investissement régionaux, les plans stratégiques régionaux étant coordonnés par une Agence publique stratégique dont la direction est confiée à des ingénieurs et des économistes. Un fonds d’investissement national finance les grandes infrastructures du renouveau.

Tous les fonctionnaires élus doivent démissionner de la fonction publique afin de supprimer les parachutes dorés dans le public. Tous les responsables syndicaux, politiques et médiatiques doivent suivre des cycles de formation sur les mutations du monde et doivent visiter les centres industriels et de recherche des pays les plus avancés.

Qui est prêt, parmi les citoyens, à se lever pour sauver le pays ?

 

Neuf mosquées fermées…. pour raisons administratives

Neuf mosquées fermées…. pour raisons administratives

La mosquée de Pantin en fait partie. Ces dernières semaines en France, neuf mosquées ont été fermées dont huit pour des raisons administratives, a indiqué vendredi 15 janvier le ministre de l’Intérieur, avant le début du débat parlementaire sur le projet de loi « confortant les principes républicains ».

« Nous menons une action déterminée contre le séparatisme islamiste. Parmi les 18 lieux de culte qui étaient particulièrement surveillés à ma demande, 9 ont pu être fermés », a écrit Gérald Darmanin sur Twitter. Le ministre avait annoncé le 2 décembre une « action massive » et les contrôles de « 76 mosquées ».

Parmi les huit salles de prières et mosquées fermées pour raisons administratives, cinq l’ont été pour non-conformité avec des normes de sécurité. Elles sont situées à Montmagny, Goussainville (Val-d’Oise), Thiers (Puy-de-Dôme), Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) et au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), a indiqué l’entourage du ministre.

Trois autres mosquées ont été fermées « pour des motifs variés », a ajouté l’entourage, notamment à Sevran (Seine-Saint-Denis) où un arrêté de fermeture a été pris pour une salle qui « s’était reconstituée ». Même sort à Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour une « salle non déclarée », a précisé l’entourage. Le ministre de l’Intérieur inclut dans son décompte la mosquée de Pantin, fermée en novembre pour six mois, pour avoir relayé une vidéo qui avait mis en cause Samuel Paty avant son assassinat.

Coronavirus: le déconfinement pour des spectacles et des raisons politiciennes

  • Coronavirus: le déconfinement pour des spectacles et des raisons politiciennes
  • On se demande bien sur quelle recommandation scientifique s’est fondé le gouvernement pour autoriser la réouverture de salle de spectacle type cinéma d’autant que les mesures dites de vigilance paraissent relativement floues. Sans doute des préoccupations médicales ont-elles été pris en compte mais c’est sans doute aussi le ras-le-bol général qui a compté davantage que le reste.  Il y avait de toute évidence un véritable problème économique et social qui se posait à nombre de sociétés de spectacle et qui se pose d’ailleurs encore pour certaines. D’où la nécessité de répondre à cette demande de plus en plus pressante.

 

Un deuxième train de mesures de déconfinement entrera en application le 11 juillet, date qui marquera la fin de l’état d’urgence sanitaire sur le territoire métropolitain. A cette date, les croisières fluviales seront de nouveau autorisées. «En coordination avec nos partenaires européens, il pourra être décidé de reprendre les croisières en mer entre les ports européens, pour les navires dont la capacité ne dépasse pas une limite fixée par arrêté ministériel», selon le communiqué de Matignon. En Outre, les stades et hippodromes seront ouverts au public, avec une jauge maximale de 5.000 personnes. Comme pour les salles de spectacle, les activités rassemblant plus de 1.500 personnes devront donner lieu à déclaration, afin que puissent être garanties le respect des précautions nécessaires. Des précautions difficilement compréhensibles et surtout applicables.

Le championnat de France de football 2019-2020 a été définitivement arrêté le 8 mars en raison de l’épidémie. La Ligue de football professionnel espère un démarrage de la saison prochaine le 23 août.

A partir de septembre enfin «et sous réserve d’une nouvelle évaluation de la situation épidémiologique, la rentrée pourra être marquée par de nouveaux assouplissements». Il s’agit de l’ouverture des établissements accueillants des foires, expositions et salons et «le cas échéant» de l’ouverture des discothèques et des croisières maritimes internationales. «Cette nouvelle étape dans le plan de déconfinement réaffirme la liberté comme règle et fait de l’interdiction une exception. Elle repose donc d’abord sur le sens de la responsabilité des Français, qui doivent continuer à faire preuve d’une attitude exemplaire pour combattre l’épidémie», selon le communiqué. Bref quand la problématique économique prend le pas sur la priorité sanitaire et s’appuie sur le ras-le-bol général. En d’autres termes, la prise en compte de dimensions scientifiques quand cela arrange le pouvoir politique. Cela au moment où précisément on découvre de nouveaux clusters y compris en métropole avec la possibilité d’une mutation du virus !

La DG d’Engie, Isabelle Kocher , remerciée pour des raisons politiques

La  DG d’Engie,  Isabelle Kocher , remerciée pour des raisons politiques

Plusieurs raisons à l’éviction de la directrice générale mais la plus importante est politique. Le gouvernement n’a guère apprécié qu’Isabelle Kocher soit soutenue par des personnalités de gauche pas plus que paradoxalement,  il n’a apprécié le recentrage un peu écolo d’Engie. Un recentrage écolo pourtant pas évident pour une entreprise qui gère nombre de matières à forte émissions polluantes.  La directrice générale est aussi victime de ses relations détestables avec l’influent président du  conseil d’administration. On reproche aussi à l’intéressé de n’avoir pas su arroser suffisamment les actionnaires donc évidemment l’État. Enfin , le fait d’être une femme n’a pas avantagé la directrice générale dans un monde du CAC  40 exclusivement dirigé par des hommes.

Engie devait à l’origine se prononcer fin février sur la reconduction ou non de la dirigeante, en poste depuis 2016.Mais, selon plusieurs sources au fait du dossier, les relations entre Isabelle Kocher et Jean-Pierre Clamadieu se sont dégradées à un tel point ces dernières semaines que le groupe a décidé d’accélérer sa décision.

Des sources internes à Engie et des observateurs du groupe indiquent que l’Etat, qui peut se désengager du capital depuis le vote de la loi Pacte, reproche à Isabelle Kocher de s’être entourée d’une équipe dirigeante manquant d’envergure et d’avoir informé trop tardivement le conseil de certaines décisions et orientations stratégiques.

La progression du cours de Bourse de l’entreprise sous son mandat (+13% environ), jugée trop modeste, est elle aussi invoquée comme motif de son éviction. Alors que des rumeurs sur son éviction potentielle ont commencé à circuler fin 2019, des salariés du groupe ont publiquement pris position en faveur de son maintien et, plus récemment, des personnalités du monde politique et des affaires lui ont apporté leur soutien – dont Anne Hidalgo, Xavier Bertrand ou encore Cédric Villani et Aurore Bergé -, ce que la présidence d’Engie et l’Etat auraient très mal perçu.

Isabelle Kocher, après avoir déjà entretenu des relations tendues avec l’ancien président d’Engie Gérard Mestrallet, a régulièrement estimé ces dernières années qu’elle était la cible de critiques en raison du virage stratégique qu’elle a fait prendre au groupe.

Engie: la DG, Isabelle Kocher , remerciée pour des raisons politiques

Engie: la DG, Isabelle Kocher , remerciée pour des raisons politiques

Plusieurs raisons à l’éviction de la directrice générale mais la plus importante est politique. Le gouvernement n’a guère apprécié qu’Isabelle Kocher soit soutenue par des personnalités de gauche pas plus que paradoxalement,  il n’a apprécié le recentrage un peu écolo d’Engie. Un recentrage écolo pourtant pas évident pour une entreprise qui gère nombre de matières à forte émissions polluantes.  La directrice générale est aussi victime de ses relations détestables avec l’influent président du  conseil d’administration. On reproche aussi à l’intéressé de n’avoir pas su arroser suffisamment les actionnaires donc évidemment l’État. Enfin , le fait d’être une femme n’a pas avantagé la directrice générale dans un monde du CAC  40 exclusivement dirigé par des hommes.

Engie devait à l’origine se prononcer fin février sur la reconduction ou non de la dirigeante, en poste depuis 2016.Mais, selon plusieurs sources au fait du dossier, les relations entre Isabelle Kocher et Jean-Pierre Clamadieu se sont dégradées à un tel point ces dernières semaines que le groupe a décidé d’accélérer sa décision.

Des sources internes à Engie et des observateurs du groupe indiquent que l’Etat, qui peut se désengager du capital depuis le vote de la loi Pacte, reproche à Isabelle Kocher de s’être entourée d’une équipe dirigeante manquant d’envergure et d’avoir informé trop tardivement le conseil de certaines décisions et orientations stratégiques.

La progression du cours de Bourse de l’entreprise sous son mandat (+13% environ), jugée trop modeste, est elle aussi invoquée comme motif de son éviction. Alors que des rumeurs sur son éviction potentielle ont commencé à circuler fin 2019, des salariés du groupe ont publiquement pris position en faveur de son maintien et, plus récemment, des personnalités du monde politique et des affaires lui ont apporté leur soutien – dont Anne Hidalgo, Xavier Bertrand ou encore Cédric Villani et Aurore Bergé -, ce que la présidence d’Engie et l’Etat auraient très mal perçu.

Isabelle Kocher, après avoir déjà entretenu des relations tendues avec l’ancien président d’Engie Gérard Mestrallet, a régulièrement estimé ces dernières années qu’elle était la cible de critiques en raison du virage stratégique qu’elle a fait prendre au groupe.

Permanences des députés LREM vandalisées : les raisons

Permanences des députés LREM vandalisées : les raisons  

 

 

Chaque jour de nouvelles permanences de députés LREM sont agressées et ce n’est certainement pas terminées avec la montée de la colère notamment dans le secteur agricole. Les responsables politiques de la majorité et les députés en  particulier s’offusquent que les permanences des élus de l’Assemblée nationale soient souvent vandalisées. Au nom de la démocratie, il condamne avec fermeté ces actions. Le problème c’est qu’ils oublient les facteurs explicatifs qui sont à l’origine de ces manifestations de colère à l’égard des élus. Observons d’abord que la plupart de ces députés n’ont aucune légitimité et expérience sociale qu’en outre ils se permettent parfois des provocations naïves qui sont une sorte de mépris à l’égard des réalités économiques et sociales. Non seulement certains sont inexpérimentés mais en plus ce sont parfois des grandes gueules comme la députée LREM Claire O ‘Petit qui justifie tout et n’importe quoi dans la politique gouvernementale. Nombre de députés de la république en marche se comporte comme dans une cour d’école. Ils ont été élus, ce qui est incontestable. Juridiquement,  on ne peut donc discuter leur légitimité. Mais  la sociologie des députés de la république en marche est essentiellement composée de cadres supérieurs et de petits bourgeois idéologiquement plutôt à droite. Pour ne pas être injurieux, on parle de centre-droit ! En outre il faut aussi constater de nombreuses contradictions entre les propos de Macron lors de sa campagne électorale et les mesures antisociales voir anti économiques prises depuis par le gouvernement. Dernier aspect,  la politique globale de Macron est un échec. D’abord un échec économique là où se vantait de réussir. Le problème c’est que Macon n’est pas un économiste mais un littéraire, aussi un poète comme beaucoup d’autres. Ainsi quand on regarde les résultats économiques,  on s’aperçoit que la croissance sera encore très maladive en 2019 avec autour de 1,2 % de croissance pour le Pib. Pas de quoi faire bouger le chômage encore moins de rétablir les équilibres financiers. Enfin Macron n’a aucune vision sur la politique industrielle qui fout le camp ; il faut par exemple constater  -encore le recul de la production  industrielle de plus de 2 % en juin. Pire,  Macron brade ce qui reste de l’industrie comme chez Alstom par exemple. La politique agricole n’est pas dans le meilleur état et il faut s’attendre au pire avec d’une part avec le CETA,  d’autre part le Mercosur et cette année sera particulièrement catastrophique pour le résultat des importations agricoles (sauf pour les céréales). Les députés de la république en marche feraient bien de mettre en veilleuse leurs discours prétentieux et  provocateur et d’approfondir leur connaissance des réalités sociales et économiques au lieu de jouer aux vierges effarouchées par quelques tags et autres dépôts de fumier.

 

Loi énergie: les raisons d’un tel flou

Loi énergie: les raisons d’un tel flou

La nouvelle loi sur l’énergie qui doit permettre la programmation pluriannuelle sur la période 2018 2028 sera marqué par un certain flou pour ne pas offusquer certains écologistes. Certes on va rappeler l’objectif de ramener la part de l’énergie nucléaire de 75 à 50 % en 2035 au lieu de 2030, on va aussi annoncer la fermeture des centrales à charbon et la volonté de poursuivre le développement de filières renouvelables. Pourtant l’objectif central de rééquilibrage par rapport à l’atome sera difficilement tenable. Notons d’ailleurs que le président de la république a fait l’impasse sur cette question-là de sa dernière conférence de presse. La question est plus complexe qu’il n’y paraît dans les slogans écolos ou anti-écolos. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que les  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité, c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR qui pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs (et la fusion nucléaire n’est pas encore opérationnelle). Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement, on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voire 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et des transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du même container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent, le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux.

Marchés financiers : « La frilosité des Français a des raisons » (Sébastien d’Ornano)»

Marchés financiers : « La frilosité des Français a des raisons » (Sébastien d’Ornano)»

Ce qu’explique  dans une tribune au « Monde » Sébastien d’Ornano, dirigeant d’un site de placement en ligne. (Extraits)

« Les Français n’aiment pas la Bourse ! Ce constat n’est pas nouveau et les statisticiens de l’INSEE le confirment : fin 2016, les « actions et parts de fonds d’investissement » ne représentaient que 12 % des quelque 11 000 milliards d’euros de patrimoine des Français, alors que l’immobilier s’y taille la part du lion (61 %). De nombreux acteurs du secteur financier n’ont de cesse d’interroger les Français sur leurs comportements d’épargne et leur problématique aversion au risque. La dernière étude Investor Pulse de Blackrock mettait ainsi en exergue le fait que 42 % des Français confessaient avoir du mal à comprendre comment planifier leur retraite, et que 24 % associaient le sentiment d’inquiétude à l’investissement. Une autre étude conduite fin 2017 par Schroders révélait même une distorsion entre les attentes élevées des Français concernant leur épargne – ils souhaitent en moyenne obtenir une performance annuelle de 8,9 % – et leur comportement, puisqu’ils préfèrent le dépôt sur un compte d’épargne à l’investissement financier, plus risqué mais indispensable pour viser une telle rentabilité.La communauté financière a tendance à déduire un peu rapidement de ces données que le nœud du problème est le manque de culture financière des Français, et qu’il faut donc les aider à progresser. Les acteurs du secteur se retrouvent d’ailleurs volontiers pour financer des initiatives comme La Finance Pour Tous, site à vocation pédagogique sur l’argent et la finance. Tout cela semble fort logique et louable, mais on peut se demander si les professionnels de l’épargne n’agissent pas de la même manière que les industriels du secteur des boissons, récemment pointés du doigt par l’émission d’enquête Cash Investigation pour leur comportement concernant le plastique. Les investisseurs français voient en moyenne 31,9 % de la performance brute de leurs fonds s’envoler en frais (et en inflation),… ».

En clair, pour amortir les frais de placement il faut un minimum d’épargne de 150 000 euros, ce qui permet un suivi assez personnalisé et continu du portefeuille. En dessous, les placements sont souvent gérés de manière mécanique, voire approximative  d’où l’appétence de beaucoup de français pour des placements de père de famille voire des placements qui ne rapportent rien comme les livrets d’épargne, sans parler de ce qui dort sur les compte courant précisément du fait de la rémunération négative du livret.

SNCF : les vraies raisons du conflit (Guy Groux)

SNCF : les vraies raisons du conflit (Guy Groux)

 

par Guy Groux, directeur de recherche, associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Article sur Franceinfo


A la veille d’un conflit touchant la SNCF, la question du statut semble l’emporter sur bien des volets de la réforme proposée par le gouvernement, et pour cause. D’hier à aujourd’hui, des mineurs aux cheminots, le statut des personnels et des entreprises nationalisées ont toujours été au cœur de l’identité et des mobilisations revendicatives des salariés concernés. Dès lors, il était évident que sa mise en cause par la réforme actuelle ne pouvait déboucher que sur un conflit d’importance. Certes, les personnels en place sont assurés de conserver leur statut professionnel et les avantages qui lui sont liés, seuls les nouveaux embauchés étant concernés par un nouveau régime. Mais c’est précisément là que réside la force symbolique du statut du cheminot qui implique des capacités de mobilisation élevée dès lors que celui-ci est menacé, même de façon potentielle.

Néanmoins, une question se pose. Et si par-delà le statut et les raisons catégorielles de le défendre, d’autres raisons étaient à l’œuvre, dépassant le cadre même de l’entreprise ? Ne faut-il pas rechercher du côté des syndicats, mais aussi des pouvoirs publics, les raisons d’un conflit qui peut s’avérer long et difficile ?

Pour la CGT, un enjeu stratégique

Parmi les syndicats, c’est surtout la CGT et sa fédération de cheminots qui disposent d’une position à la fois particulière et éminente. Dès l’annonce des intentions gouvernementales initiales liées au rapport Spinetta, elle prônait une mobilisation d’ampleur, prédisant même une grève « d’au moins un mois ». Hormis Sud, elle était seule alors, mais depuis les autres organisations représentatives – l’Unsa et la CFDT – l’ont ralliée, et ceci sur des bases d’action bien plus radicales, le conflit étant programmé d’avril à juin prochain. Certes, outre l’attachement des cheminots à leur statut, la proximité des élections professionnelles prévues pour l’automne prochain explique en partie cette adhésion de tous les syndicats au mouvement de grèves à venir. Mais au-delà des intentions ou des spécificités propres à chaque organisation, c’est bien la situation actuelle de la CGT au niveau local mais aussi au niveau national qui permet de mieux comprendre l’éventualité d’un conflit annoncé comme très dur.

Paradoxe d’aujourd’hui comparé au passé. Durant les « Trente glorieuses », c’est au nom de sa puissance et de son hégémonie que la CGT appelait à de vastes mobilisations ou à des grèves très revendicatives.

A présent, tout se passe comme si la détermination de la CGT constituait une réponse aux divers reculs et à l’affaiblissement qu’elle subit depuis de longues années.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

En ce sens, nous sommes très loin d’une situation à la « 95″ et du mouvement contre les mesures du plan d’Alain Juppé. Comme dans d’autres « bastions », l’influence de la CGT à la SNCF est en net recul. En 1996, elle disposait lors des élections d’entreprise d’une majorité quasi-absolue, près de 48% des suffrages ; en 2006, son score était de près de 40% ; désormais, elle représente à peine un peu plus du tiers des suffrages (34,33%).

Au niveau national, la situation est également très critique. Fait sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la CGT n’est plus la première organisation syndicale française, la CFDT l’ayant devancée en 2017. Ces reculs et déboires électoraux s’accompagnent aussi de lourds revers sur le terrain des luttes sociales et des grandes mobilisations nationales contre les diverses réformes voulues par le pouvoir politique au cours des dernières années. Les mouvements d’opposition à la loi El Khomri ou aux « ordonnances Macron » ont débouché sur des échecs patents. Aujourd’hui, un nouvel échec des luttes des cheminots pour la défense de leur statut entraînerait la CGT dans une spirale de plus en plus infernale.

Pour le gouvernement, une réforme symbolique

Cet échec n’est pas impossible, il est même fort probable, le gouvernement semblant déterminé à mener à bien la réforme de la SNCF comme l’a récemment affirmé Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie. En fait, par-delà les initiatives gouvernementales, c’est surtout du côté du président de la République que beaucoup de choses se jouent. Pour diverses raisons, celui-ci ne peut pas renoncer à la réforme engagée et notamment au niveau de ce qui symbolise celle-ci, à savoir le fameux statut des cheminots.

Pour Emmanuel Macron, renoncer à cette réforme aurait un coût politique considérable du point de vue du programme qu’il s’est fixé dès la campagne présidentielle, mais aussi du point de vue de l’opinion ou des attentes européennes à l’égard des réformes entamées dans notre pays.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

À l’évidence, la mise en cause totale ou partielle de la réforme de la SNCF interviendrait dans un contexte où d’autres réformes importantes sont à l’œuvre et où de nouvelles réformes sont prévues comme celle des retraites notamment. Dès lors, face aux multiples résistances que déclenchent tout mouvement global de réformes et tout changement, le pouvoir politique serait durablement affaibli et les réformes à venir bien plus difficiles à réaliser comme l’espèrent d’ailleurs beaucoup d’opposants de droite comme de gauche.

Le coût politique d’un recul du gouvernement se situerait aussi sur le terrain de l’opinion. La popularité d’Emmanuel Macron repose sur un ensemble composite allant d’une certaine gauche moderniste au centre-droit en passant par un électorat plus conservateur mais qui, pour diverses raisons, demeure soucieux de réformes surtout lorsqu’elles concernent le secteur public. Un recul sur un enjeu aussi symbolique que la réforme de la SNCF entraînerait auprès de l’opinion un recul qui, à l’instar de celui dû aux projets d’Alain Juppé en 1995, serait difficile à combler.

Enfin, se pose la question de l’Europe. Les attentes de l’Union européenne au sujet des réformes voulues par le gouvernement sont très élevées au regard retard pris par la France comparée à d’autres pays voisins.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

L’image du « mauvais élève français » face aux critères européens a beaucoup coûté en terme de crédit et de leadership au sein de l’UE. C’est précisément ce contexte qu’Emmanuel Macron veut mettre en cause. Dès sa campagne pour l’élection présidentielle, il affirmait une ambition, celle de redonner une position centrale voire première à la France en Europe. Sans nul doute, cette ambition souffrirait beaucoup d’un renoncement total ou partiel à propos de la réforme de la SNCF.

Pour la France, une question : le pays est-il encore réformable ?

Ainsi, le scenario qui se met en place et les rôles impartis aux principaux acteurs de ce nouveau « drame à la française » peuvent laisser prévoir a priori un conflit dur et radical. Pour certains commentateurs, cette perspective n’est cependant pas évidente et peut être contredite par l’opinion des Français, 65% d’entre eux disant approuver les intentions du gouvernement. D’où les commentaires qui, dans la presse ou ailleurs, prédisent un essoufflement rapide des grèves après quelques premières manifestations de rue, réussies quant à elles. Clairvoyance ou optimisme exagéré ?

Il faut toujours prendre garde à la versatilité de l’opinion face aux grandes réformes et aux mouvements de protestation qui les accompagnent habituellement en France.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

Simple exemple : à l’annonce du « Contrat première embauche » conçu par Dominique de Villepin à propos des jeunes non qualifiés, plus de 60% des Français disaient y adhérer. Quelques semaines plus tard, le même pourcentage disait soutenir les immenses mouvements qui réunissaient les syndicats et la jeunesse et s’opposaient au CPE de façon si efficace que celui-ci fut délaissé. En réalité, rien n’est écrit aujourd’hui et l’hypothèse d’un conflit très dur ne peut être écartée ni sous-évaluée. Rien n’est écrit à l’exception d’un fait : le contexte de défiance et de conflits qui caractérise depuis longtemps en France, le dialogue social et tout mouvement de réformes. La France est-elle irréformable ? D’ici peu, d’ici à deux ans, on devrait le savoir.

Terrorisme, crise économique : deux raisons pour l’union nationale

Terrorisme, crise économique : deux raisons pour l’union nationale

 

La cohésion est doublement menacée par la crise économique d’abord qui fragilise de plus en plus la cohésion sociale, d’autre part maintenant par le développement d’acte terrorisme qui risque de renforcer les risques d’éclatement de la société. Plusieurs responsables face à la situation économique ont déjà appelé à cette union nationale afin de concentrer  tous les efforts sur le redressement de la croissance et l’amélioration du chômage. La France ne peut en effet sans doute plus se permettre le luxe de divergences obsolètes et de discours irresponsables et démagogiques. Une exigence qui vient d’être renforcée par les attentats qui constituent  une véritable déclaration de  guerre de la part   de la mouvance islamique radicale. Toute exploitation politique des attentats donneraient raisons à ceux qui en sont les auteurs ou les instigateurs. Aux risques d’explosion sociale viendraient alors s’ajouter les risques d’éclatements de la société. Sans doute en l’état des rapports entre les forces républicaines, ce rassemblement peut paraître aujourd’hui utopique d’autant que les candidats potentiels pour 2017 sont pour la plupart prisonniers de logiques d’appareil. Pour autant le sursaut national devrait s’imposer face au double défi  évoqué. Les responsables politiques se grandiraient s’ils parvenaient à prendre une position à la hauteur des enjeux évoqués. On ne gagne pas une guerre économique et maintenant une guerre contre le terrorisme avec des troupes non seulement dispersées et opposées.

Sondage – les raisons du blocage de l’immobilier : les banques responsables

Sondage – les raisons  du blocage de l’immobilier  : les banques responsables

 

Enfin, un élément d’éclairage sur la situation catastrophique de l’ immobilier avec ce sondage qui montre que 59% des Français estiment que les banques sont responsables. Des banques qui (comme pour les entreprises) se montrent  de plus en plus implacable vis-à-vis des préteurs.  Ces banques représentent le premier facteur de blocage du marché de l’immobilier selon les Français, loin devant le gouvernement ou les agents immobiliers. « L’acteur qui a le plus d’influence » sur le marché de l’immobilier est le secteur bancaire, selon les Français. Un sondage Ipsos pour le réseau immobilier Orpi publié ce vendredi 5 septembre révèle que les banques sont citées comme premier facteur de blocage du marché, à 49%, loin devant le gouvernement (15%), les agents immobiliers (15%), les acheteurs (14%) et les vendeurs (7%). Quelque 45% des sondés juge que les banques sont « les mieux positionnées pour débloquer le marché », là encore loin devant le gouvernement (34%) ou les vendeurs (9%). Or pour 59% des Français, les banques se montrent au contraire « de plus en plus exigeantes et sélectives dans l’attribution de crédits », alors même que les taux d’intérêt des crédits immobiliers sont tombés à 2,68% en moyenne au mois d’août, soit leur plus bas depuis quelque 70 ans. Pour débloquer le marché immobilier, 32% des sondés préconisent le retour à « plus de souplesse dans les conditions d’accès au crédit », devant une amélioration des aides aux ménages accédant à la propriété (26%) ex aequo avec une politique fiscale plus favorable (26%).Les Français n’ont pas tort cependant c’est le niveau de solvabilité qui est en cause surtout. Avec en moyenne un cout d’ achat en France de 230 000 euros, il faut un revenu de 4500  à 5000 euros, or en l’état du marché du travail (et des rémunérations) peu de candidats à l’accession peuvent présenter cette garantie. Le prix de l’immobilier, la durée des prêts sont donc aussi à prendre en compte avec l’attitude des banques.

Manif gaza : interdiction confirmée par la justice, les raisons

Manif gaza : interdiction confirmée par la justice, les raisons

 

La justice a rejeté la procédure en urgence des organisateurs d’une manifestation pro palestinienne samedi à Paris. Le tribunal administratif de Paris a rejeté vendredi soir en procédure d’urgence le recours des organisateurs d’une manifestation pro palestinienne prévue samedi à Paris contre son interdiction par la préfecture de police, a-t-on appris de sources judiciaires. Une manifestation à risque compte tenu de la faiblesse structurelle des organisateurs mais auusi compte tenu des ambigüités des mots d’ordre. En effet des  Manifestations aux objectifs de plus en plus confus ; certes certains sont de bonne foi et réclament simplement et légitimement l’arrêt de la violence D’autres ont des visées  plus troubles avec des propos anti-israéliens et même antisémitiques ; D’autres enfin utilisent  le confit pour favoriser le communautarisme musulman en France et même  remettre en cause les valeurs républicaines. En internalisant le conflit entre Israël et la Palestine, on renforce les tensions entre communautés en France et on crée les conditions d’une violence qui n’a pas sa place ici. Enfin les petits barbares de banlieue voient là une excellente occasion de casser et d’exprimer des colères existentielles. .  Bref un mélange de genre pas très sain avec des responsables aux motivations très différentes   «Avant d’être pour la paix, ils sont pour la Palestine», constate François de Rugy interrogé jeudi par Le Scan. Même s’il se dit «troublé» par le tacle de Manuel Valls («les mises en cause collectives sont toujours pénibles»), le député nantais reconnaît des «ambiguïtés» au sein de son mouvement. «Quand nous sommes allés en Israël avec Jean-Vincent Placé pour faire œuvre de clarté (en juin 2013, ndlr), notre déplacement avait suscité des commentaires internes, nous demandant même de ne pas rencontrer d’officiels.» «Ça nous avait posé question sur certains propos», se remémore le parlementaire. Ce dernier s’inquiète aujourd’hui «d’une phraséologie, de termes graves, autour du conflit qui consiste à parler ‘d’état colonisateur’, ‘d’occupant’, ‘d’apartheid’, de ‘génocide’.» Et le député ajoute: «toute cette phraséologie remet en question l’existence même d’Israël.» Même si François de Rugy pense que cette ambivalence est entretenue «par une minorité», il relève régulièrement «des propos latents plus qu’explicites.» Et de citer des exemples récents, nés l’intervention de Tsahal à Gaza: «J’ai vu des propos sur des listes de discussions internes… Il y avait plus qu’une ambiguïté. Je sens un glissement sémantique.»  Il se rappelle un épisode plus ancien, en 2004: «Aurélie Filippetti était à l’époque porte-parole des Verts à Paris. Elle s’était décrite comme une ‘sioniste pro palestinienne’, invitant à manifester avec les drapeaux palestiniens et israéliens. Une curée a été menée contre elle.» Avec Jean-Vincent Placé, François de Rugy prône une ligne d’équilibre, dénonçant aujourd’hui «une riposte disproportionnée» de Tsahal «et des implantations qui minent la résolution du conflit.» Ils ont été les premiers à renouer avec le dîner annuel du CRIF. «Après dix ans d’absence des écologistes», note l’élu. Mais «certains militants» se veulent plus virulents. «À l’occasion de la dernière commémoration du Vel d’Hiv, on m’a reproché sur internet de ne pas avoir eu un mot pour les 500 morts palestiniens.» «Ces manifestations sont faites pour choisir un camp avant de dénoncer un conflit» Si François de Rugy estime que Manuel Valls «aurait pu se passer» de mettre en cause dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale Jacques Boutault, le maire du IIe arrondissement de Paris (qui était présent samedi au rassemblement interdit de Barbès, ndlr), il reconnaît que les propos du premier ministre «étaient justes.» «Ces manifestations sont faites avant tout pour choisir un camp avant de dénoncer un conflit», s’agace le député qui approuve cependant leur autorisation. Le parlementaire regrette «qu’à gauche, on ne veuille pas voir la montée d’une nouvelle forme d’antisémitisme. Je le constate depuis dix ans.» «Je ne suis d’aucune religion, ce qui me permet d’être plus à l’aise sur ce débat», avance-t-il, avant de reconnaître tout de même «qu’il est très difficile de tenir sur une ligne de crête.»

 

 

 




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