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Un vote anticipé à l’américaine, pour quoi faire ?

Un vote anticipé à l’américaine, pour quoi faire ?

 

 

Il est clair que la proposition soudaine du gouvernement d’envisager le vote anticipé pose de nombreuses questions quant à ses objectifs et ses conséquences. En fait,  il s’agirait d’une copie du modèle américain qui ne constitue pas en soi le modèle démocratique idéal si l’on tient compte des milliards qui sont nécessaires aux futurs candidats américains pour exister politiquement (1,3 milliards pour Trump et autant pour Biden à comparer aux 15 millions « officiels » pour la campagne de Macron. ).

 

Cette proposition subite du gouvernement témoigne d’une certaine fébrilité d’ autant que les élections départementales et régionales devraient confirmer la débâcle de la république en marche. Sur le plan politique ,on voit mal en quoi un vote anticipé serait de nature à redynamiser la démocratie. La proposition est d’autant plus curieuse qu’on se refuse pour l’instant au vote électronique qui simplifierait la tâche de tout le monde, surtout de nombre d’abstentionnistes.

 

Le problème du vote anticipé pose la question calendaire. À partir de combien de jours avant le scrutin officiel : 15 jours, un mois, deux mois. En outre , pourraient parallèlement se développer des sondages plus ou moins officiels rendant compte des résultats de ces votes anticipés qui fausseraient alors l’environnement électoral. Par ailleurs, des événements majeurs peuvent se produire entre la date du vote par anticipation et la date officielle. Une situation qui pourrait alors changer la donne quand on sait que les élections peuvent se jouer à quelques pour cent.

 

De toute manière sur le plan du droit cette proposition serait considérée comme certainement anticonstitutionnelle.

 

Jean-Philippe Derosier, interrogé par Franceinfo, « il y a clairement une rupture d’égalité des électeurs face au scrutin » qui en viendrait à déclarer l’insincérité du scrutin.

Le système électoral aux Etats-Unis permet d’illustrer ce risque de rupture d’égalité. Le spécialiste américain de l’éthique politique Dennis F. Thompson a analysé le problème à travers deux articles parus en 2004 et 2008. Selon lui, le simple fait que des électeurs votent avant le jour J, en personne ou par correspondance, diminue la valeur démocratique de l’élection.

Selon Jean-Philippe Derosier, le vote par anticipation « est diffus dans le temps », les électeurs ne sont donc pas « confrontés au même instant électoral, au même instant politique et ne votent pas avec les mêmes éléments d’information ». « Si une partie des Français vote huit jours avant, vous imaginez les fuites sur le sens du vote de nature à porter atteinte à la sincérité du scrutin? C’est lunaire surréaliste et pas souhaitable », résumait mardi Sébastien Jumel.

On attend quoi pour fermer les frontières ?

On attend quoi pour fermer les frontières ?

La Belgique exceptée, la plupart des pays tourne autour du pot pour réduire la mobilité internationale. Ici ou là, on exige des certificats de tests qui ne sont guère pertinents tellement il est facile de s’en procurer même sans contrôle réel. La mesure véritablement efficace serait la fermeture des frontières pendant une période donnée sauf pour des déplacements vraiment essentiels. Au lieu de cela au nom de la liberté de circulation le virus se promène avec les voyageurs et traverse tranquillement les frontières.

Le contrôle aux frontières?«C’est ridicule», estimées en avril 2017 le candidat Macron, avec ironie: «On va mettre un planton à chaque mètre carré de la frontière que nous avons avec tous les pays membres de l’Union européenne?» En moins de quatre ans, le président s’est résolu à changer de discours, bousculé par deux événements successifs. Un changement toutefois partiel puisqu’on se contente de vérifier si les passagers ont été testés. La présence de certificats de tests va être maintenant généralisée au plan européen.

 

Mais cela ne remettra pas en cause les principes de mobilité entre les pays de l’union européenne. Or on sait bien que certains pays européens sont particulièrement laxistes en matière de respect des règles.

Chine : des sanctions contre Trump, de quoi rire !

Chine : des sanctions contre Trump,  de quoi rire !

 

Les Chinois récupèrent tout, les technologies des pays développés bien sûr comme les techniques de gestion politique. Ainsi la Chine vient-elle de reprendre à son compte les sanctions cette fois contre Trump , Pompeo et 28 fonctionnaires. En général ce sont des États-Unis ou d’autres pays développés qui prennent des sanctions financières contre les dirigeants de pays en développement. Tout simplement parce que ces dirigeants des pays en développement ont mis à l’abri certaine ressources publiques qu’ils se sont appropriés dans la perspective d’un éventuel départ du pouvoir.. L’enjeu économique et complètement anecdotique et les sanctions ont surtout un caractère de propagande

Brian O’Toole, expert des sanctions au sein du groupe de réflexion du Conseil de l’Atlantique, a vu la décision de la Chine comme des représailles et des «déclarations politiques plus que toute autre chose».

«Je soupçonne qu’ils utiliseront par défaut davantage une application au cas par cas qu’une restriction bien définie», a-t-il déclaré.

La Chine a imposé des sanctions aux législateurs américains au cours de l’année écoulée, mais cibler d’anciens et sortants responsables américains était une expression inhabituelle de dédain.

Pompeo, qui a déchaîné un barrage de mesures contre la Chine au cours de ses dernières semaines au pouvoir, a déclaré mardi que la Chine avait commis «un génocide et des crimes contre l’humanité» contre les musulmans ouïghours.

Blinken a déclaré mardi qu’il était d’accord avec l’évaluation.

«Le forçage d’hommes, de femmes et d’enfants dans des camps de concentration; en essayant, en fait, de les rééduquer pour qu’ils adhèrent à l’idéologie du Parti communiste chinois, tout cela témoigne d’un effort pour commettre un génocide », a déclaré Blinken.

La Chine a rejeté à plusieurs reprises les accusations d’abus dans sa région du Xinjiang, où un panel des Nations Unies a déclaré qu’au moins 1 million d’Ouïghours et d’autres musulmans avaient été détenus dans des camps.

En réponse aux allégations du Xinjiang, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré lors d’un point de presse: «Pompeo a fait tellement de mensonges ces dernières années, et ce n’est qu’un autre mensonge audacieux.

«Ce politicien américain est connu pour mentir et tricher, il se fait la risée et le clown.»

Le langage révolutionnaire et caricatural propre à Mao et qui revient nettement d’actualité en Chine.

Volkswagen : vente de véhicules autonomes vers 2025-2030, pour quoi faire ?

Volkswagen :  vente de véhicules autonomes vers 2025-2030, pour quoi faire ?

La direction de Volkswagen annonce la vente au public de véhicules autonomes dans les 5 à 10 ans. La question est pour quoi faire ? Sans doute d’abord pour montrer que le premier constructeur mondial est toujours en pointe en matière de technologie et pour servir ainsi son image de marque. Par contre, on peut s’interroger sur le caractère opérationnel des véhicules autonomes dans un délai aussi court.

Certes les véhicules seront au point, le seul problème c’est que les infrastructures, elles, ne le sont pas du tout. Le véhicule autonome ne peut en effet être utilisé qu’en en site propre c’est-à-dire protégé de tout autre utilisation que la voiture. Or  les  infrastructures accueillent le plus souvent  des usages très différents. La voiture bien sûr mais aussi un tas de moyens  de transport très divers et des piétons.

Le problème majeur avec des véhicules autonomes dans l’espace viaire banalisé sera la gestion des risques, la responsabilité en cas d’accident et la couverture de ces risques. Le vrai véhicule autonome existe, c’est la navette sur site entièrement protégé, le métro et le train.

Selon Herbert Diess, l’amélioration des performances des puces informatiques nécessaires au fonctionnement des voitures autonomes, ainsi que les progrès en matière d’intelligence artificielle, accélèrent le processus.

“Il est prévisible que les systèmes seront bientôt capables de maîtriser même les situations complexes de la conduite autonome”, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire Wirtschaftswoche. La prévision semble un peu hypothétique surtout dans un délai de 5 à 10 ans !

BCE: une inflation pour quoi faire ?

BCE: une inflation pour quoi faire ?

Il est pour le moins curieux qu’un des membres du conseil des gouverneurs de la BCE, Olli Rehn, propose que la Banque centrale européenne laisse filer l’inflation comme l’envisage la Fed. Il conviendrait pour le moins d’expliquer cette stratégie, ce qu’ évite de faire cet responsable politique qui a occupé à peu près tous les postes en Finlande et en Europe.

L’inflation peut en effet être spontanée et découler tout simplement d’un déséquilibre de l’offre par rapport à la demande. Aujourd’hui inflation est proche de zéro alors que l’objectif de la banque centrale européenne vise toujours 2 %. Pour inverser la tendance, il faudrait déverser des milliards supplémentaires, sans doute des centaines voire des milliers, ce qui inévitablement provoquerait une dévalorisation de la monnaie est une réaction en hausse des prix. Ce qui se produira sans doute naturellement un jour quand l’économie repartira.

Il n’y aura pas d’autres manières de faire face à l’énorme montagne de dettes. Les victimes seront évidemment les épargnants et les consommateurs. On voit que le brillant économiste n’a exercé ses fonctions que dans l’université et la politique car il mesure mal les bulles que cela pourrait faire éclater.

Ce que propose intéressé, c’est un processus de dévalorisation de la monnaie en accroissant encore l’écart entre la masse monétaire et la richesse réelle. Bref, créer un choc monétaire pour amortir la dette quitte à menacer le système financier.

Des propos qui caractérisent le trouble de certains responsables au plus haut niveau qui semblent vraiment désarmés devant la nature et l’ampleur de la crise.

La Fed a dévoilé fin août une nouvelle stratégie visant à autoriser l’inflation à dépasser par périodes son objectif de 2% afin de soutenir l’emploi, en particulier celui des salariés aux revenus les plus faibles.

Les réalités économiques qui ont guidé la Fed s’appliquent également à l’Europe et le fait qu’un chômage bas ne s’accompagne plus d’une accélération de l’inflation devrait inciter la BCE à imiter la banque centrale américaine, selon Olli Rehn.

“Si tel est le cas, du point de vue du bien-être économique et social, cela fait du sens d’accepter une certaine période (d’inflation) au-dessus de la cible en prenant en compte l’historique en dessous de la cible”, a dit le gouverneur de la Banque de Finlande.

Olli Rehn est l’un des premiers responsables de la BCE à évoquer aussi clairement les implications sociales de la politique de l’institution, dont le mandat se borne à assurer la stabilité des prix tandis que celui de la Fed inclut également un objectif de plein emploi.

Il s’éloigne ainsi de l’un des principes guidant la politique monétaire moderne selon lequel l’inflation accélère quand le chômage chute et les banques centrales doivent éviter toute surchauffe du marché de l’emploi.

Ce principe est désormais remis en cause, notamment dans la zone euro, qui a créé environ 10 millions d’emplois dans les sept années précédant la crise du coronavirus, ce qui n’a pas empêché l’inflation de rester largement en dessous de l’objectif de la BCE d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2% par an, en dépit de mesures de stimulation massives.

La BCE devrait étudier les mérites d’une compensation des périodes d’inflation inférieure à l’objectif par des périodes de surinflation, autrement dit d’un objectif d’inflation moyenne, à l’image de ce que vient de décider la Fed, a précisé Olli Rehn. Il y a cependant une différence de taille entre le dollar et l’euro à savoir que la monnaie américaine est aussi la monnaie d’échange international de référence, ce que n’est pas l’euro beaucoup plus sensible aux évolutions conjoncturelles, bref plus fragile.

“Viser un objectif de prix comme le suggère Ben Bernanke (un ancien président de la Fed, ndlr) ou viser une inflation moyenne est sujet à la critique du point de vue de la communication mais mérite d’être exploré en profondeur dans ce contexte”, a-t-il dit.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie qu’elle est en train d’élaborer, la BCE devrait se fixer un objectif d’inflation fixe qui pourrait être dépassé temporairement et renoncer à la formule actuelle qui définit comme objectif une inflation “inférieure à mais proche de” 2% sur un an, a-t-il ajouté.

La BCE s’est engagée, sous la présidence de Christine Lagarde, dans une revue de sa stratégie qui pourrait conduire à une reformulation de ses objectifs à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine

Air France-KLM : de quoi tenir seulement pendant un an

Air France-KLM : de quoi tenir seulement pendant un an

Les aides apportées à Air France-KLM par les États français et néerlandais permettront au groupe « de tenir moins de 12 mois », a estimé son directeur général Benjamin Smith dans un entretien au journal l’Opinion publié ce lundi, évoquant une « éventuelle recapitalisation ».

« Si nous nous basons sur les dernières semaines, il est clair que le rebond du trafic sera plus lent que prévu. Lorsque nous avons négocié l’aide de l’État au printemps, nous avions annoncé que nous ne retrouverions pas le niveau de 2019 avant 2024. C’est pourquoi nous allons devoir continuer à nous adapter », a expliqué Ben Smith.

« KLM a obtenu au printemps une aide de 3,4 milliards d’euros de l’État néerlandais [dont 2,4 milliards de garantie]. Pour Air France, c’est 7 milliards, dont 4 milliards de prêt garanti. Ces soutiens nous permettent de tenir moins de 12 mois », a-t-il poursuivi.

« Nous sommes en train de discuter avec nos actionnaires de la manière de renforcer notre bilan au-delà de cette période. Un, trois ou cinq milliards d’euros? Il est trop tôt pour chiffrer le montant d’une éventuelle recapitalisation », a-t-il ajouté, précisant que cette question serait « décidée avant la prochaine assemblée générale » qui se tient habituellement au cours du deuxième trimestre.

OPA de Veolia sur Suez : de quoi se mêle Bruno Lemaire ?

OPA de Veolia sur Suez : de quoi se mêle Bruno Lemaire ?

D’une certaine manière Bruno Lemaire a donné son aval à l’OPA de Veolia sur Suez même s’il est fixe des conditions. La première observation est de savoir pourquoi le ministre de l’économie met son grain de sel dans cette affaire. Une affaire typique de la conception du capitalisme français avec des relations sulfureuses entre l’État et les grandes entreprises. Pas étonnant d’ailleurs puisque ces grandes entreprises sont souvent dirigées par d’anciens fonctionnaires. En réalité Bruno Lemaire appuie cette éventuelle fusion pour n’avoir pas à mettre au pot d’énergie d’Engie en fragilité financière et stratégique. Ensuite il y a le mythe de la concentration. Sans doute le même mythe qui a conduit à abandonner la branche Alstom électrique à général électrique. Cette fois le ministre de l’économie et des finances souhaitent un actionnariat français. On voit mal cependant en l’état de la législation comment il pourrait s’opposer à un actionnariat étranger. Le ministre de l’Économie et des Finances a listé les conditions de rachat des parts de Suez par Véolia, avec notamment le maintien de l’emploi et l’actionnariat majoritairement français.

«Toute offre peut toujours être améliorée», a estimé dimanche le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, deux jours après les déclarations du patron d’Engie qui a jugé insatisfaisant le prix offert par Veolia pour racheter les parts de son groupe dans Suez.

 

«Nous regardons avec un souci d’équité l’offre de Veolia ou les autres offres qui pourraient venir (en posant) trois conditions impératives: l’emploi; l’empreinte industrielle française et l’actionnariat majoritairement français; et la valorisation patrimoniale», a-t-il réaffirmé dans un entretien à Europe1/Les Échos/CNews. À noter que le premier ministre lui-même approuve ce regroupement qui va déstabiliser la position des acteurs français sur le les marchés étrangers, renchérir le prix de l’eau et provoquer une vague de plusieurs milliers de licenciements en France notamment.

Jean Castex, qui évidemment n’y connaît rien, estime que le rapprochement entre Suez et Véolia «fait sens». Une formulation de sociologue de bistrot !

Croissance France: pas de quoi se réjouir

Croissance France: pas de quoi se réjouir

 

 

Le ministre français de l’Economie, des Finances et de la Relance se réjouit du fait que la croissance française pourrait baisser de seulement 10 % au lieu des 11 % prévus antérieurement par le gouvernement. Première observation il est prématuré de faire preuve d’optimisme surtout dans une fourchette de 1 % qui peut être rapidement contredite.

La plupart des organismes internationaux ont bien prévu une baisse de croissance de l’ordre de 10 %. Il n’y a donc rien de nouveau sous le ciel économique malheureusement et l’optimisme forcé du ministre de l’économie n’apporte aucun éclairage nouveau.

“Nous avons effectivement eu une amélioration. Je crois que cette amélioration doit nous permettre, d’ici la fin 2020, d’avoir une récession inférieure à 11%”, a déclaré Bruno Le Maire lors de l’université d’été du Medef.

“Je pense que nous pouvons et que nous allons faire mieux que 11% de récession. Je donnerai le chiffre d’ici quelque semaines. Je reste à la fois très prudent et, surtout, très volontariste”, a-t-il poursuivi, évoquant le plan de relance qui doit être dévoilé jeudi prochain.

Des secrétaires d’État pour quoi faire ?

Des secrétaires d’État pour quoi faire ?

En arrivant à l’Élysée Macron avait promis un gouvernement resserré afin d’être plus opérationnel. Finalement,  il s’est couché devant les pressions de toutes sortes, collectives et individuelles, pour recomposer encore un gouvernement pléthorique. Macron a encore reconduit son mode de sélection de responsables avec des méthodes de l’entreprise. Ce qu’il avait fait déjà avec les députés recrutés sur dossier présenté sur Internet. Les secrétaires d’État sont supposés être choisis sur des critères de compétence et de résultats. Beaucoup sont inconnus. L’expérience a pourtant  démontré que le premier gouvernement de Macron a surtout été caractérisé par l’impuissance de ses ministres et leur inadaptation à la tâche. Le seul homme politique qui ait résisté à la grande lessiveuse de l’exercice ministériel est sans doute le ministre de l’éducation dont cependant l’étoile a un peu pâli ces derniers temps. La plupart des autres dits de la société civile se sont discrédités et sont partis, ils ont surtout échoué. Peu importe finalement car la nomination de secrétaires d’État -ou de haut-commissaire bientôt -correspond aussi à un exercice d’équilibre politique qui n’a pas grand-chose à voir avec l’objectif du portefeuille.

 

La liste des néo sous ministres , secrétaires d’État dont beaucoup sont inconnus :

● Mme Sophie Cluzel, chargée des Personnes handicapées, auprès du premier ministre ;

● M. Jean-Baptiste Lemoyne, chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ;

● M. Clément Beaune, chargé des Affaires européennes, auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ;

● Mme Bérangère Abba, chargée de la Biodiversité auprès de la ministre de la Transition écologique ;

● Mme Nathalie Elimas, chargée de l’Éducation prioritaire, auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports ;

● Mme Sarah El Haïry, chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports ;

● M. Cédric O, chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, et de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales ;

● Mme Olivia Grégoire, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance ;

● M. Laurent Pietraszewski, chargé des Retraites et de la Santé au travail, auprès de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion ;

● M. Joël Giraud, chargé de la Ruralité, auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales ;

● M. Adrien Taquet, chargé de l’Enfance et des Familles, auprès du ministre des Solidarités et de la Santé.


On attend quoi pour la relance ? (Bertrand)

On attend quoi pour la relance ? (Bertrand)

Le  président de la région Nord « (» les Hauts de France ») s’étonne de la lenteur du plan de relance promis par le gouvernement dans une interview au JDD.

« C’est maintenant qu’il faut un plan de relance : qu’est-ce qu’on attend?! » Dans un entretien au Journal du DimancheXavier Bertrand accuse Emmanuel Macron de trop tarder à prendre des mesures face à la crise économique. « L’urgence absolue, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi! » martèle le président des Hauts-de-France. La semaine dernière, il a présenté un plan de relance pour sa région d’1,3 milliard d’euros. Xavier Bertrand détaille ses propositions et défie le chef de l’Etat de les reprendre à son compte. « Au bout d’un moment, y en a marre des beaux discours! » s’emporte l’élu. Il réclame des exemptions de charges et des baisses de TVA, « quoi qu’il en coûte ».

 

Selon Emmanuel Macron, la « rentrée sera difficile ». Êtes-vous d’accord?
Qu’il dise la vérité. Ce ne sera pas seulement « difficile ». Nous n’aurons jamais connu une telle rentrée économique et sociale. Quand Bruno Le Maire parle de 800.000 demandeurs d’emploi de plus d’ici à la fin de l’année, il dit la vérité. Le combat que nous aurons à mener à partir de la rentrée, c’est contre le chômage de masse. Je ne comprends pas qu’on attende plusieurs mois pour préparer un plan de relance.

Si on attend la rentrée, nous ne serons pas prêts au moment où nous encaisserons le premier choc de la crise

Bruno Le Maire en prépare un pour la fin août…
Pourquoi attendre fin août? C’est beaucoup trop tard! On nous avait promis un plan massif pour l’emploi des jeunes pour début juillet. Il n’y a toujours rien. Une fois que des mesures sont votées, il faut toujours du temps pour qu’elles s’appliquent de façon efficace. Dans les Hauts-de-France, nous avons voté un plan de relance de 1,3 milliard d’euros la semaine dernière. Si on attend la rentrée, nous ne serons pas prêts au moment où nous encaisserons le premier choc de la crise. Il faut aller beaucoup plus vite.

Est-ce vraiment possible?
Un projet de loi de finances rectificatif [PLFR] est en cours de discussion au Parlement. Des premières mesures pour l’emploi peuvent, et doivent être votées dès ce mois de juillet. Ce n’est pas quand un tsunami arrive sur la plage qu’il faut dire « on va se préparer ». C’est maintenant qu’il faut un plan de relance : qu’est-ce qu’on attend?! L’État se doit de protéger les Français, un chef de l’État doit les rassurer et leur inspirer confiance. C’est une des clefs de la reprise.

Qu’attendez-vous de l’intervention d’Emmanuel Macron, le 14 juillet?
Qu’il dise la vérité sur les deux principales préoccupations des Français : l’emploi et la crise sanitaire. Aucun plan de relance ne tiendra s’il n’y a pas cette fois-ci une bonne anticipation d’une nouvelle vague de l’épidémie. Je veux donc que le chef de l’État soit très clair : où en est-on de la préparation face à une deuxième vague? Qu’est-ce qui est prévu cette fois-ci pour nous protéger? Quelles sont les consignes claires pour les gestes barrière et le port du masque? Quels sont les stocks actuels de masques? Aura-t-on assez de tests? A-t-on refait des stocks suffisants de médicaments en réanimation? Les règles de continuité de l’activité des entreprises et des collectivités doivent être précises. J’attends aussi que le Président nous confirme mardi que la France sera bien le premier pays au monde servi avec le vaccin de Sanofi, entreprise française. Certains pays ont déjà fait des préréservations de vaccins. Emmanuel Macron est allé le 16 juin chez Sanofi : j’espère qu’il n’a pas parlé que de la relocalisation du Doliprane…

Les gens n’attendent pas des envolées lyriques mais des mesures concrètes. L’urgence absolue, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi!

Emmanuel Macron a affirmé que la reconstruction économique était une priorité. En doutez-vous?
Les grands mots d’Emmanuel Macron n’intéressent plus grand monde. Les gens n’attendent pas des envolées lyriques mais des mesures concrètes. L’urgence absolue, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi! À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Lesquelles?
Je fais des propositions précises. Pour ne pas avoir une génération sacrifiée, mettons en place un contrat d’accès à l’emploi pour les jeunes. Jusqu’à 30 ans et un salaire de deux smics, un CDD d’au moins six mois donnerait droit pour l’employeur à une prime de 5.000 euros et à une exonération des charges patronales et salariales. Si c’est un CDI, la prime s’élèverait à 10.000 euros, avec là aussi une exonération totale de charges. Ainsi, parce qu’on aura allégé considérablement le coût du travail des jeunes, les entreprises n’attendront pas pour embaucher. Et je vais plus loin. Pour les précaires, ceux qui sont en fin d’intérim et les contrats courts, il faut mettre en place le même dispositif pour le premier CDI.

L’effondrement économique et social est un péril beaucoup plus grave et plus imminent que la dette. Le « Quoi qu’il en coûte », c’est toujours d’actualité!

Combien coûteraient ces mesures à l’échelle nationale?
Environ 10 milliards d’euros. C’est important, mais l’effondrement économique et social est un péril beaucoup plus grave et plus imminent que la dette. Le « Quoi qu’il en coûte », c’est toujours d’actualité!

Quid des commerçants et des indépendants ?
Je ne veux pas qu’ils soient les grands oubliés. Commerçants, artisans, autoentrepreneurs, professions libérales… Beaucoup n’auront plus d’activité, plus de revenu et donc rien pour vivre, manger, ou habiller leurs enfants. La pseudo-réforme de l’assurance chômage dont ils devaient bénéficier a fait pschitt. Les conditions sont telles que quasiment personne n’en bénéficiera. Pour ces indépendants sans revenus, je propose une garantie revenu-formation. Je préfère qu’ils soient en formation avec une indemnisation plutôt qu’au RSA. C’est ce que je mets en place dans les Hauts-de-France.

Comment soutenir les entreprises?
Baissons la TVA dans la restauration à 5,5%. Mais pas dans trois mois : tout de suite, dès le 1er août et pour douze mois. Il suffit d’inclure cette mesure dans le PLFR. C’est une mesure de soutien simple et massive pour sauver des emplois qui ne sont pas délocalisables. Abaissons aussi la TVA dans le bâtiment à 5,5%. Ainsi, on évitera le travail au noir et on aidera puissamment le secteur de l’artisanat et du bâtiment. Par ailleurs, je demande depuis deux mois à Bercy de transformer les PGE [prêts garantis par l'État] en fonds propres pour les PME et les ETI. Pour les TPE, la seule solution, c’est l’annulation des charges.

Tout cela coûte très cher…
Et si Bercy sortait de ses raisonnements traditionnels? Si l’économie s’effondre, l’État perdra toutes ses recettes fiscales, et pour longtemps. Il lui faudra en plus financer des dépenses sociales considérables. Sans compter le gâchis humain, la casse économique et sociale. À une époque, on nous disait que l’exonération des heures supplémentaires coûtait cher. Mais Bercy ne calculait pas ce que la consommation supplémentaire générait comme recettes de TVA en plus. Il y a des dépenses plus intelligentes que d’autres : celles qui recréent de l’activité et de la cohésion sociale.

Je m’opposerai à la mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage

Faut-il renoncer à la réforme de l’assurance chômage ou la reporter, comme l’envisage le gouvernement?
Je m’opposerai à la mise en œuvre de cette réforme, dont l’objectif n’est pas de ramener vers l’emploi, mais de faire des économies. Elle va précariser les chômeurs. Par temps calme, elle était vicieuse car, d’après les partenaires sociaux, 850.000 personnes allaient perdre jusqu’à 200 euros par mois. Je sais bien que la politique du Président n’est pas faite pour les Français qui ont des problèmes de fin de mois, mais appliquer aujourd’hui une telle réforme est impensable.

Faut-il réduire les impôts de production comme le prône Bruno Le Maire?
Bruno Le Maire dit cela depuis mai 2019, Emmanuel Macron depuis octobre 2019. Ils veulent le faire? Pourquoi alors avoir rejeté à l’Assemblée nationale, cette semaine, l’amendement que j’avais coécrit avec des députés des Hauts-de-France? J’y proposais que toute implantation nouvelle ou extension d’activité d’une entreprise industrielle ou artisanale donne droit à une exonération de CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises] de la part du Conseil régional. Depuis un an que je le propose, on me dit toujours : « Il faut attendre. » Au bout d’un moment, y en a marre des beaux discours! Ça fait aussi deux ans que j’ai proposé au président de la République, qui m’avait dit « oui », de créer une zone franche à Calais pour attirer les entrepreneurs britanniques. Je lui ai fait plusieurs courriers depuis. Aucune nouvelle.

Emmanuel Macron n’aime que les grands discours!

Comment l’expliquez-vous?
Emmanuel Macron n’aime que les grands discours! À moins qu’il ne veuille pas aider les Hauts-de-France? Mais alors il faut le dire clairement! Je ne lâcherai pas cette idée, d’autant que les entrepreneurs y sont favorables. Le gouvernement a dit non à l’Assemblée, mais il peut encore dire oui au Sénat.

Vous prônez un système de prêt de main-d’œuvre. Comment ça marche?
L’idée est de pouvoir transférer beaucoup plus facilement, avec leur accord, des salariés d’un secteur d’activité à un autre pour un temps donné. Ma Région est prête à cofinancer leur formation. Un exemple : le secteur aéronautique est à la peine, alors que le ferroviaire a des carnets de commandes bien remplis. Si les salariés de sous-traitants aéronautiques vont travailler chez Bombardier et Alstom Transport, les trains seront livrés à temps et les salariés ne connaîtront pas le chômage. Je demande de la souplesse. Et qu’on nous fasse confiance.

La relance doit-elle être écologique?
Dans les Hauts-de-France, nous avons déjà mis en place Rev3, la troisième révolution industrielle, qui accélère sur la rénovation thermique ou les nouvelles énergies comme l’hydrogène et le photovoltaïque. Nous avons aussi postulé pour être Région pilote du « Green new deal » de la Commission européenne. Je suis convaincu que l’écologie sera un fer de lance de la relance économique et sociale. Portons des grands projets d’infrastructure à neutralité carbone : comme le canal Seine-Nord-Europe, faisons le Lyon-Turin et une liaison ferroviaire bassin minier-Lille.

Emmanuel Macron dit aussi qu’il faut travailler plus…
Qu’on fasse déjà travailler plus… de monde!

 

Faut-il remettre en chantier la réforme des retraites? Les partenaires sociaux y sont hostiles…
Pour une fois, Emmanuel Macron a réussi à rassembler patronat et syndicats… contre lui! C’est irresponsable de rouvrir maintenant ce dossier des retraites, surtout pour faire une réforme comme celle-là : ni claire, ni courageuse, ni juste. S’il fait cela, c’est pour faire croire qu’il est réformateur, pour avoir encore des chances d’être candidat à sa réélection en 2022. C’est au moment de la présidentielle que ce sujet devra être tranché. Risquer à nouveau un blocage complet du pays juste pour pouvoir dire « j’ai fait ma réforme », c’est irresponsable. Les priorités sont ailleurs.

Avez-vous parlé de vos propositions au nouveau Premier ministre, Jean Castex, votre ancien directeur de cabinet?
C’est quelqu’un de bien, qui révèle tout ce qu’Emmanuel Macron n’est pas. Jean Castex a un ancrage local et les pieds sur terre, quand le Président préfère les envolées lyriques… J’aimerais que mes propositions soient reprises par le président de la République et le gouvernement. Si c’est le cas, je n’hésiterai pas à le saluer, et ma Région sera partenaire. Toute la question est de savoir si, pour le chef de l’État, nous sommes un partenaire efficace ou encombrant…

Ou plutôt en opposant?
S’opposer à une politique qui n’est pas faite pour les gens aux fins de mois difficiles, alors oui, j’assume! La théorie macroniste du ruissellement, ça ne marche déjà pas par temps calme, mais en temps de crise c’est une faute. Et je ne laisserai pas à la gauche la plus radicale le monopole de la lutte contre les inégalités. C’est un gaulliste social qui vous le dit.

 

Un nouveau DG d’Engie : pour quoi faire ?

Un  nouveau DG d’Engie : pour quoi faire ?

Il faut évidemment  un  nouveau directeur général d’Engie, en remplacement d’Isabelle Kocher partie en février, il sera choisi en septembre, selon Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration de l’énergéticien français. La question de la personnalité de ce nouveau directeur général n’est pas indifférent et il est sans doute tout aussi important de savoir quelle est l’orientation stratégique d’Engie qui flotte entre un positionnement de concurrence vis-à-vis d’EDF, de support aux énergies nouvelles, de  gestion de l’eau et de la propreté en même temps que d’entreprise énergétique très classique. L’État aurait sûrement son mot à dire dans la mesure où il conserve encore à peu près un quart capital de ce regroupement assez hybride de l’ancien Suez et de l’ancien . GDF. C’est précisément pour des ambiguïtés de stratégie notamment celles évoquées ci-dessus qu’on a demandée à l’ancienne directrice générale Isabelle Kocher de partir

“Nous souhaitons que le poste soit pourvu d’ici à la fin de l’année, ce qui suppose de choisir le bon candidat en septembre. Et je ne sens pas d’impatience particulière de nos actionnaires”, déclare-t-il dans un entretien accordé au Journal du dimanche aux côtés de Claire Waysand, directrice générale d’Engie par intérim.

“L’enjeu, c’est de trouver le meilleur manager possible pour continuer la transformation d’un groupe qui a bien sûr de nombreux défis à relever. Nous regardons donc toutes les candidatures, internes comme externes”, ajoute Jean-Pierre Clamadieu.

Première visite de Jean Castex : pour quoi faire

Première visite de Jean Castex : pour quoi faire

On peut légitimement se demander quelle est la signification politique de la première visite du nouveau Premier ministre a une usine de semi-conducteurs. On sait évidemment que ce secteur présent une grande sensibilité stratégique mais une visite n’a vraiment d’intérêt que si elle s’accompagne d’un sur les perspectives de développement et plus globalement la politique dans laquelle elle va s’insérer. Finalement le premier ministre a surtout fait comme d’autres ou comme Macron il s’est limité à des banalités

Jean Castex a expliqué qu’il voulait, pour sa première visite, «une entreprise, de l’innovation, de l’industrie, avec de la difficulté à la fois conjoncturelle» en raison du Covid et de la crise, «et structurelle» en raison de la concurrence internationale. «C’est un bon exemple de ce qui est devant nous», a ajouté le Premier ministre, qui prépare le plan de relance voulu par Emmanuel Macron. X-Fab se présente comme un des leaders mondiaux des semi-conducteurs, spécialisée « dans les technologies des semi-conducteurs à signaux analogiques/mixtes ». Le site est situé sur trois communes: Corbeil-Essonnes, Le Coudray-Monceaux et Ormoy. Ses clients relèvent du secteur automobile, de l’industrie, de la médecine et de la communication mobile. Elle avait racheté fin 2016 le fabricant français de semi-conducteurs en difficulté Altis Semiconductor.

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Remaniement : pour quoi faire ?

Remaniement : pour quoi faire ?

 

Ce qui est certain c’est que Macron  doit changer;  le problème étant de savoir quoi ,comment et avec qui. Or c’est là que le flou apparaît dans les propos très généraux du président. Sans doute pour faire plaisir aux élus locaux Macron a annoncé : l’organisation d’une conférence territoriale dès cet été et le maintien probable des élections régionales et départementales l’année prochaine. Des perspectives auxquelles sont sans doute sensible les élus et futurs candidats mais qui sont peu en lien avec les priorités économiques,  sociales et sanitaires. Macron veut reprendre la réforme des retraites et impute une partie de l’échec à son premier ministre dont d’une certaine façon est critique la trop grande raideur ( sur l’âge pivot par exemple) et le manque de méthodes.

 «Je demanderai au gouvernement de réengager rapidement une concertation en profondeur (…) associant les partenaires sociaux dès l’été», élude le chef de l’État.

Au sein de l’exécutif, on vise la date du 8 juillet pour le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement, avec un discours de politique générale dans la foulée. Mais Emmanuel Macron aime prendre son temps. Et surtout ne pas céder aux pressions. Encore moins à celles des ministres qui se sont déployées dans la presse ces derniers jours pour assurer qu’ils se verraient bien conserver leur poste ou en occuper un autre. «C’est mal connaître Emmanuel Macron que de penser qu’il peut se laisser influencer par des déclarations dans la presse ou des coups de pression par dépêche interposée. Avec lui, tout cela est totalement contre-productif», assure un compagnon de route des premières heures.

Les sondages en revanche, c’est autre chose. Surtout lorsqu’ils concernent un premier ministre dont le sort est en suspens. Depuis le confinement, la popularité d’Édouard Philippe ne cesse de progresser, notamment auprès de l’électorat de droite modérée. Cette poussée sondagière a trouvé sa traduction dans les urnes du Havre, où Édouard Philippe s’est fait largement réélire maire. Difficile dans ces conditions de s’en séparer. «Nous avons une relation de confiance qui, je crois, est historique», souligne Emmanuel Macron qui refuse de renvoyer son premier ministre au passé: «Au contraire (…) Ce que nous avons réussi à faire pendant trois ans est inédit, avec beaucoup de confiance et de coordination, contrairement à ce qui a été écrit». De là à prolonger son bail à Matignon… «Le nouveau chemin, ce sont (…) de nouvelles méthodes. Derrière, il y aura une nouvelle équipe». Jeudi soir, les deux hommes devaient s’entretenir en tête-à-tête lors d’un dîner. L’occasion de mettre en branle la grande machine du remaniement, en prolongeant l’existant sans doute tout en donnant l’impression d’une grande évolution !

Ecocide :c’est quoi ?

Ecocide :c’est quoi ?

La Convention citoyenne pour le climat souhaite soumettre à référendum la pénalisation de l’écocide. Marie Toussaint, députée européenne et cofondatrice de l’association Notre affaire à tous, se réjouit de cette décision. Elle explique à La Tribune le sens de cette notion qu’elle défend.

Peu connue jusqu’ici en dehors de quelques cercles de juristes, la notion d’ »écocide » vient d’être consacrée par la Convention citoyenne pour le climat. Les 150 citoyens tirés au sort, et chargés de trouver un consensus sur un panel de mesures permettant de réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France avant 2030, proposent entre autres d« adopter une loi qui pénalise le crime d’écocide », et de soumettre cette idée aux Français dans le cadre d’un référendum.

La députée européenne Marie Toussaint milite depuis des années pour la reconnaissance d’un telle notion, en France comme à l’international. Avec l’une des principales militantes françaises de cette cause, Valérie Cabanes, elle a fondé l’association Notre affaire à tous, dont la mission est notamment d’utiliser le droit comme levier pour la lutte contre le changement climatique, et qui avec d’autres ONG est à l’origine de la pétition puis de l’action en justice contre l’Etat français pour insuffisance de l’action climatique, connues sous le nom de L’Affaire du siècle. La Tribune l’a interrogée sur le sens et les origines de cette notion, ainsi que sur le regard qu’elle porte sur le travail de la CCC.

Parmi les 149 propositions que la CCC a votées dimanche, figure la pénalisation du crime d’écocide. En quoi consisterait une telle infraction?

MARIE TOUSSAINT - Telle qu’elle a été conçue jusqu’à présent, elle consiste en un crime contre l’environnement, impliquant une atteinte grave à un ou plusieurs écosystèmes: les océans, les forêts, les rivières etc. Pour faire bref, deux versions ont été formulées, qui font débat: pour que l’atteinte grave soit répréhensible, on peut en effet exiger qu’elle soit intentionnelle ou alors  – comme c’est le cas pour les crimes contre l’humanité définis par le traité de Rome et jugés par la Cour pénale internationale (CPI)-

25 milliards dans la transition écologique, pour quoi faire ?

25 milliards dans la transition écologique, pour quoi faire ?

Comme dans chaque secteur d’activité économique, social et sociétal, des responsables lancent l’idée de plan financé à coup de milliards en fait fiancé  par la dette compte tenu d’une part du déséquilibre budgétaire et de l’endettement précédent. Peut-être en mal existentiel Ancien ministre EELV du quinquennat Hollande et directeur de WWF France, avant de passer l’an dernier sous le pavillon En marche pour les élections européennes, Pascal Canfin appelle dans le JDD un plan de 25 milliards d’euros dédié la transition écologique pour relancer l’économie post-pandémie. L’eurodéputé demande un plan spécifique. Pas forcément la meilleure méthode pour obtenir des effets systémiques bénéfiques intégrant les différentes problématiques d’environnement bien sûr mais aussi la dimension sociale, la dimension économique et sociétale . Le plan présenté dans le JDD ressemble curieusement au cahier revendicatif classique  d’Europe écologie les Verts un peu coupé des réalités sociaux économiques et des transitions réalistes possibles.

 

Vous prônez une relance verte de l’économie. Comment la mettre en œuvre?
Je souhaite qu’Emmanuel Macron lance le premier plan de relance aligné avec l’accord de Paris. Les décisions du gouvernement vont dans la bonne direction. Mais il manque le paquet global : il faut que 25 milliards d’euros, dans les deux prochaines années, soient dédiés à la transition écologique. Cet argent public viendra entre autres du plan de relance européen.

 

Qu’entendez-vous par « paquet global »?
Les décisions déjà prises s’imposent par leur urgence, mais je pense que le Président gagnerait, avant l’été, à en expliquer la vision d’ensemble en disant que pour la première fois de l’histoire économique française, notre plan d’investissement s’inscrit dans la trajectoire de la neutralité carbone. Et que nous pouvons le financer, grâce aux avancées au niveau européen.

À quoi serviraient ces 25 milliards?
Par exemple, les Français ne sont pas encore tous de retour dans les transports en commun par crainte du virus. C’est le moment d’avoir un choc d’offre et de demande sur le vélo. Le gouvernement a déjà mobilisé 60 millions d’euros pour soutenir la réparation des vélos. En parallèle, il faut créer des pistes cyclables, donc aider les collectivités territoriales. Je propose que le plan de relance européen finance 25 000 kilomètres dédiés au vélo sur le continent. La demande des Français est là, et cela permettra de créer des emplois.

 

Mais la priorité française semble être le soutien au secteur automobile. Pour les associations environnementales, le gouvernement « fait fausse route »… 
Je ne suis pas d’accord. L’essentiel des aides au secteur automobile se concentrent sur la transition vers l’électrique et l’hydrogène. Le plan de relance va clairement accélérer la transition industrielle du secteur. Pour un consommateur, cela veut dire que, sur l’ensemble de sa vie, une voiture électrique est maintenant au même prix qu’une thermique. La prime à la conversion pour les voitures diesel et essence est limitée aux 200.000 premiers véhicules achetés : cela ne durera que quelques semaines. Toutefois, je suis favorable à ce qu’elle soit conditionnée à la puissance du véhicule, pour qu’elle ne puisse pas bénéficier aux acheteurs de SUV, plus polluants. Il faut aussi investir dans le train.

C’est-à-dire?
Comme pour Renault et Air France, l’État doit combler le trou financier de la SNCF, et que l’entreprise, en contrepartie, investisse dans les petites lignes ferroviaires.

 

Quels autres secteurs doit-on soutenir?
Le BTP. Mais le plan de relance va-t-il aider à construire des équipements du passé comme des autoroutes ou va-t-il soutenir un grand plan d’isolation thermique des bâtiments? On a les technologies et le savoir-faire pour lancer ces investissements, et ce sont les mêmes grandes entreprises et artisans qui en bénéficieront. Le même euro d’argent public dépensé aura le même impact économique et social dans les deux cas, mais un effet environnemental complètement différent.

Comment rendre l’agriculture française plus verte?
La Commission européenne va renforcer de 15 milliards d’euros le budget alloué à la transition agroécologique. C’est l’occasion pour la France d’utiliser sa part – près de deux milliards – pour diminuer les pesticides pour de vrai. Parce que nos objectifs ne sont pas atteints, notamment sur le glyphosate : on doit en sortir fin 2020 et, dans la plupart des cas, on n’y est pas. Pour la crédibilité de l’engagement d’Emmanuel Macron, il faut que l’État prenne en charge les alternatives au glyphosate, comme le matériel de désherbage mécanique. On doit pouvoir dire à tous les viticulteurs, par exemple, que la solution qui leur permettra de sortir du glyphosate sera financée.

 

Avez-vous eu un retour du gouvernement sur vos propositions?
J’ai donné ces éléments au Président et aux ministres de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne. Le contrat de transition écologique avec Air France est directement issu de mes discussions avec Bruno Le Maire.

Est-ce une offre de service?
Pas du tout! Je ne suis demandeur de rien, à part de faire avancer la cause, et c’est exactement ce que je fais avec mon rôle au Parlement européen. Il y aura toujours des esprits chagrins, mais la France est clairement moteur dans la mise en place du Green Deal européen…. sur le plan des textes en tout cas(NDLR)

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