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«UE: la questions des égoïsmes nationaux». (Dacian Ciolos*)

«UE: la questions des égoïsmes nationaux». (Dacian Ciolos*)

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. ancien Premier ministre de Roumanie, il  insiste sur la question des égoïsmes nationaux.  ( l’Opinion)

 

 

« Wir schaffen das ! Nous y arriverons ! En prononçant ces mots le 31 août 2015, la chancelière allemande Angela Merkel n’avait sans doute pas mesuré l’ire que cette formule allait déclencher à l’extrême droite de l’échiquier politique, ni la frilosité de ses partenaires à répondre à son appel.

Néanmoins, pour bon nombre d’Européens, cette main tendue et cette volonté sans faille de faire passer les valeurs d’accueil et de solidarité avant une gestion étroite et égocentrée d’un pays avait réchauffé le cœur et donné de la fierté de porter les couleurs européennes, bien au-delà des frontières allemandes.

Alors que l’Allemagne vient de prendre la présidence tournante de l’Union, les défis de ces six prochains mois sont au moins aussi grands, sinon plus, que ceux de la crise migratoire de 2015. Déjà, l’extrême droite se tient en embuscade pour souffler sur les braises des drames humains générés par la crise économique, qui suit la crise sanitaire du coronavirus. Déjà, les plans sociaux se succèdent à la Une des journaux.

A nouveau, il s’agit de faire passer nos valeurs et nos principes avant nos égoïsmes nationaux pour construire une réponse solidaire et efficace. Sous l’impulsion notamment de la France et du Parlement européen, s’est dessiné un plan de reconstruction unique en son genre, fondé sur une volonté de solidarité financière sur plusieurs décennies, entre Européens, pour relever les défis de la crise, symbolisé par l’émission de dette commune. Ce sursaut de solidarité doit maintenant avoir un écho au-delà des frontières franco-allemandes ou des portes du Parlement européen et transcender les clivages qui divisent trop souvent nos Etats membres.

Avant d’ajuster les chiffres pour remporter l’assentiment de chacun, les Vingt-sept devront s’entendre sur des principes qui traduisent une vision de l’avenir commun de nos pays

Conditionnalité. La tentation pourrait exister de se focaliser sur les chiffres, rabais et chèques, qui font partie du rituel classique d’une négociation budgétaire dans la dernière ligne droite. Toutefois, on ne fonde pas une politique sur une approche comptable, mais sur une vision et des valeurs partagées. Avant d’entamer la ligne droite permettant d’ajuster les chiffres pour remporter l’assentiment de chacun, les Vingt-sept devront s’entendre sur des principes qui traduisent une vision de l’avenir commun de nos pays. La conditionnalité des fonds à l’Etat de droit en est une. Le développement de ressources propres permettant de donner une véritable autonomie et souveraineté budgétaire à l’Europe en est une autre.

Bien entendu, Charles Michel, qui porte les négociations budgétaires européennes depuis des mois, le sait parfaitement : ces deux principes, Etat de droit et ressources propres sont battus en brèche, notamment par le président hongrois Viktor Orban ou la Pologne du PiS. Ces deux régimes préfèrent tirer les bénéfices à court terme de l’Union sans aucun engagement de long terme. Mais, encore une fois, et comme le Président du Conseil le fait depuis le début de son mandat, les valeurs doivent venir avant les chiffres, et toute inversion des valeurs doit être fermement rejetée. Et c’est en cela – être solide sur nos valeurs – que le renfort de la présidence allemande de l’UE sera attendu.

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe depuis 2019. Il est ancien Premier ministre de Roumanie. Sa chronique «Europa» est publiée en alternance avec celle de Manfred Weber, président du groupe PPE, chaque dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans le journal. »

La France, troisième exportateur mondial d’armes : les questions

La France, troisième exportateur mondial d’armes : les questions

 

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Un succès industriel indiscutable qui permet en outre à la France de disposer d’un système de défense particulièrement moderne. Ce qui pose cependant évidemment des questions philosophiques et d’éthique que soulève l’ invité de franceinfo, Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements.

 

 

 

Les trois premiers clients de la France en matière d’achat d’armes sont l’Egypte, le Qatar et l’Inde. Sait-on comment ces pays utilisent ces armes ?

 

Patrice Bouveret : Pour certains, oui. On a par exemple vendu du matériel à l’Egypte qui a servi notamment à la répression des manifestations de la société civile. Par rapport à l’Arabie saoudite, on sait l’implication de ces ventes dans le conflit au Yémen et les dégâts causés. Quand on augmente nos ventes d’armes, il y a des dégâts. On ne peut pas se réjouir d’un tel succès.

 

Est-ce qu’il existe des pays auxquels la France s’interdit de vendre des armes ?

Non, pas vraiment. Bien sûr qu’il y a un encadrement, que le gouvernement sait exactement quel type de matériel il vend. Là où l’encadrement pose problème, c’est au niveau démocratique et parlementaire. On n’a que les montants financiers qui sont dévoilés, mais on ne sait pas quels types d’armes sont vendus. Et ce n’est pas forcément les armes qui rapportent le plus en termes financiers qui causent le plus de dégâts. Là-dessus, il n’y a pas vraiment de débat politique au sein du Parlement et encore moins au sein la société. On met en avant les emplois qui sont créés, mais jamais l’usage qui est fait de ces armes-là, alors qu’il faut relativiser au niveau économique.

 

Mais quel est l’intérêt politique pour la France de vendre ses armes à certains pays ?

Pour le gouvernement français, il s’agit de maintenir son influence dans certaines zones et notamment au Moyen-Orient, parce qu’on a besoin d’acheter du pétrole. Mais il faut se poser les questions différemment et voir les dégâts sur les populations. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? N’aurait-on pas plutôt intérêt à développer d’autres types de coopération plutôt que celles reposant sur les outils de mort ?

 

Il y a un mois, Emmanuel Macron se félicitait d’avoir contribué à la réduction du nombre de têtes nucléaires, mais à côté de ça, il y a le reste de l’arsenal français, qui continue de bien se développer…

 

Il faut bien sûr se féliciter de la réduction du nombre de têtes nucléaires. Mais c’est surtout le fait des Etats-Unis et de la Russie dans le cadre d’accords préalablement signés, et qui sont d’ailleurs actuellement remis en cause. Pour la France, ces réductions du nombre de têtes nucléaires datent des années 90. Depuis, le pays maintient non seulement son niveau d’arsenal nucléaire, mais prévoit de le renouveler entièrement dans le cadre de la loi de programmation militaire. C’est même déjà mis en oeuvre. Donc finalement, la France investit toujours de manière très importante dans le domaine militaire au lieu d’investir dans d’autres domaines qui seraient plus facteurs de paix et de coopération entre les populations.

 

 

Coronavirus: les réponse aux questions

Coronavirus: les réponse aux questions 

Par  William Dab, ancien directeur général de la santé, sur France info Pour lui, « potentiellement 100% » des Français pourraient être infectés par le coronavirus Covid-19 dans les prochaines semaines. L’épidémiologiste William Dab a livré une analyse froide et clinique de la situation lors de son passage à franceinfo.

@Miguech : Comment un médecin généraliste peut-il différencier une grippe d’un coronavirus, si les symptômes sont les mêmes ?

En faisant un test biologique. Cela dit, quand vous avez des signes d’infection respiratoire, il est indispensable de prendre les mêmes précautions d’hygiène que pour le coronavirus. Autrement dit, en l’absence de traitement spécifique, le fait de ne pas avoir un diagnostic précis ne change pas la conduite médicale.

@Mercedes diesel : Comment guérit-on les personnes infectées lorsque c’est possible ?

La maladie guérit spontanément dans la très grande majorité des cas. Les cas graves développent une insuffisance respiratoire qui peut justifier la mise sous respirateur artificiel.

Globalement, il y a très peu de virus pour lesquels on a des médicaments : herpès, hépatite (notamment C), etc. Les antibiotiques ne fonctionnent pas contre les virus.

@Tydo : Une personne contaminée peut-elle aussi contaminer ses animaux ?

On ne le sait pas.

@japy3810 : Sait-on combien de temps dure la contagiosité d’un corps après décès ? Existe-t-il des formalités particulières ?

On n’a pas de réponse formelle sur ce sujet, mais il est vraisemblable que les mesures d’hygiène universelles vis-à-vis des cadavres soient suffisantes.

@JB : Y a-t-il des cas de décès de jeunes (entre 20 et 50 ans) sans problème de santé pré-existant ?

Quelques-uns, dont le médecin chinois qui a donné l’alerte. Aucun en France, cependant.

@Chris : Comment se fait-il que ce virus soit si contagieux ?

C’est sûr qu’il est très contagieux. Mais les raisons, en particulier biologiques, qui expliquent pourquoi, ne sont pas connues.

@Slipcho7 : Est-on contagieux pendant la période d’incubation ?

Oui !

@Isa : J’ai entendu parler du cas d’une femme en Chine ayant contracté deux fois le coronavirus. Est-ce possible ? Est-ce qu’on ne développe pas d’anticorps pouvant nous protéger de ce virus ?

Oui, c’est possible. Il y a déjà quelques observations dans ce sens et il semble que le coronavirus n’entraîne pas toujours – ou pas tout de suite – la production d’anticorps.

@Liloop : Le coronavirus italien est-il différent (même légèrement) du coronavirus chinois ?

Pas que l’on sache.

@Loulous : Il est donc tout à fait possible d’attraper la grippe et le coronavirus ? L’un n’empêche pas l’autre ?

Tout à fait.

@gael : Peut-on également ne ressentir que de faibles symptômes ?

Oui, tout à fait. On peut même n’en ressentir aucun.

@Erwan : Combien de temps reste-t-on malade si l’on est contaminé ?

Une dizaine de jours quand il n’y a pas de complications. Cela peut prendre plus de temps s’il faut passer par la réanimation, par exemple.

@siloise : Le Covid-19 est-il plus ou moins létal que la grippe saisonnière ?

Le Covid-19 est au moins 10 fois plus létal que la grippe saisonnière.

@If : Comment désinfecter nos tables, bureaux et ordinateurs ? Le vinaigre suffit-il ?

Oui, le vinaigre ménager est un très bon désinfectant, ainsi que l’eau de Javel, ainsi que la plupart des produits d’hygiène ménagère.

@Cyberdav : La seule mesure efficace semble être le confinement. Pourquoi, en France, rechignons-nous à des mesures un peu plus drastiques et précoces ? On a l’impression qu’on a toujours un train de retard sur le virus…

Je ne partage pas ce point de vue : les premiers foyers ont été très bien maîtrisés, de même que le rapatriement des Français de Wuhan. Mais évidemment, quand le virus diffuse sur une grande partie du territoire, les mesures de confinement deviennent moins faisables, moins efficaces.

@Jdp : En fait-on assez pour nos parents et grands-parents à risques ?

C’est un vrai sujet, et chacun de nous devra veiller à protéger les membres de son entourage les plus fragiles, en prenant fréquemment de leurs nouvelles.

@Joyce : Si nous ne mettons pas nos mains sur notre bouche, on réduit le risque de contracter le coronavirus?

Oui, parmi les mesures importantes, il faut éviter de se toucher la bouche, le nez, les yeux avec les doigts.

@Noush : A partir de combien de personnes contaminées pouvons-nous considérer qu’il y a « cluster » ?

Dès deux personnes.

@Ondine : Les asthmatiques allergiques font-ils partie des personnes à risque ? 

Oui.

@Paris75016 : Des risques particuliers à signaler dans les piscines municipales ? Mon fils a des cours de natation et j’hésite.

Ce n’est pas un lieu considéré comme à risque élevé de contagion.

@JB : L’abus de gel hydroalcoolique peut-il le rendre moins efficace ?

Non.

@bibi : Quelles sont les préconisations pour les personnes qui sont sous immunosuppresseurs ?

Pour ces personnes-là, encore plus que pour les autres, l’hygiène des mains et le respect d’une distance d’au moins deux mètres avec les autres personnes sont extraordinairement importants.

@Lebucheron : Concernant les tests de dépistage, est-ce qu’ils sont systématiques ? Dans le cas contraire, l’épidémie peut-elle être sous-évaluée ?

Le dépistage ne peut pas être systématique : le nombre de tests est limité. Il faut donc les utiliser pour aider les médecins à faire un diagnostic précis. Un dépistage systématique n’est pas envisageable actuellement.

@Pacha : Que pensez-vous de la non-fermeture des écoles et des collèges ? L’hygiène avec des enfants est une gageure…

S’il est nécessaire de fermer des écoles, des salles de spectacle ou autres lieux de rassemblement, c’est une décision qui sera prise au cas par cas en fonction de la situation épidémique locale.

Fermer toutes les écoles, aujourd’hui, en France, n’aurait pas de sens et déstabiliserait toute la vie du pays. William Dab à franceinfo

Pour l’instant, ce n’est pas nécessaire de l’envisager. Mais ça ne veut pas dire que nous n’y aurons pas recours dans les jours ou semaines qui viennent.

@Popi : Comment se fait-il que l’épidémie commence surtout dans les petits villages et en grande banlieue ? Les rassemblements n’y contribuent pas tant que ça, visiblement !

L’épidémie commence là où des cas dits « super-contaminateurs » arrivent. S’ils arrivent dans un village, comme dans l’Oise, c’est là que les premiers foyers vont apparaître. On ne sait pas pourquoi certains malades sont plus contagieux que d’autres.

@DRouen : Les personnes avec des pathologies respiratoires ont-elles davantage de risques de contracter le Covid-19 ?

Il n’y a pas plus de risques de le contracter, mais d’avoir une forme grave, oui. Toutes les études médicales à ce jour soulignent que les porteurs de maladies chroniques ou que les personnes âgées sont à risque élevé de complications.

@Marine : Avez-vous des infos récentes sur les risques pour les femmes enceintes et leurs bébés ? C’est mon cas et j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup d’infos sur le sujet, les scientifiques ne veulent pas trop se mouiller ? Merci !

Nous n’avons pas d’informations sur les effets particuliers qui pourraient survenir pour les femmes enceintes, puisque nous n’avons pas eu de cas à étudier.

@Monique : J’ai 75 ans et je dois accompagner ma petite-fille de 18 ans, asthmatique, en consultation pneumologie demain à Cochin. Outre le masque et gel, quelles précautions prendre ?

Il faut se laver les mains dès qu’on a été dans une situation où on a pu être en contact avec le virus.

@guisella29 : Je suis vaccinée contre la grippe, cela me protège-t-il contre le coronavirus ?

Non, le vaccin contre la grippe ne protège pas du tout du Covid-19.

Sur la situation dans les autres pays

@Blandine : Pourquoi l’Italie est-elle touchée à ce point ?

Parce qu’il y a eu un retard à la mise en œuvre des mesures d’isolement du premier foyer. A partir de là, le virus a diffusé assez rapidement.

@Ktg : Savons-nous si le confinement complet dans certaines villes chinoises a réellement ralenti la propagation ?

Oui, c’est évident.

@Marco : Compte tenu de la faiblesse des infrastructures médicales, que peut-on craindre pour l’Afrique ?

On peut craindre une flambée épidémique incontrôlable pour l’Afrique, ainsi qu’un mauvais pronostic pour les malades les plus graves qui n’auront pas accès à des soins de qualité.

@MZ : Pourquoi y a-t-il deux fois plus de cas en Corée qu’en Italie, mais trois fois moins de morts ? Les taux de mortalité semblent très variables selon les pays…

Ces comparaisons internationales sont difficiles à faire. La capacité des différents pays à diagnostiquer les cas diffère. La surveillance épidémiologique aussi.

Les seules données constantes, c’est que 98% des malades guérissent, et que la mortalité est actuellement entre 2% et 3%.William Dabà franceinfo

@Lorris : L’Allemagne incite ses citoyens à faire des réserves de nourriture et d’eau. Est-ce une mesure exagérée ?

Il n’est pas exagéré, en toutes circonstances, d’avoir chez soi un peu de réserves sanitaires. Notamment pour des produits peu périssables. Mais il serait tout à fait exagéré de se mettre à constituer d’énormes stocks chez soi.

@Charlotte : Comment expliquez-vous que des jeunes soignants en Chine soient décédés du Covid-19 ?

Au début de la maladie, quand on ne connaissait pas bien les modes de contamination, les soignants ne se sont pas suffisamment protégés.

@Cybmatt : Pourquoi l’OMS refuse-t-elle de parler de pandémie ? En Allemagne, ce terme commence à être utilisé plutôt qu’épidémie…

Pour les épidémiologistes, il est évident que nous sommes en pandémie. L’OMS est une organisation intergouvernementale, et son directeur général agit sur la base des votes de 193 pays. Par conséquent, il y a une dimension diplomatique qui intervient dans les décisions de l’OMS. Cela dit, ce point n’est pas très important : ce qui compte, ce ne sont pas les mots, mais que l’on sache que le virus est là, qu’il se propage et que l’on doit adopter des mesures protectrices qui sont les mêmes, peu importe que l’OMS déclare ou non la pandémie.

Sur ce qui nous attend dans les prochains mois

@Bob : Avons-nous une estimation de durée de cette épidémie ? Le printemps va-t-il aider à la ralentir ?

Non, nous ne pouvons pas savoir. De façon générale, les coronavirus sont sensibles à la chaleur. Mais tant que le niveau de température est modéré (jusqu’à 25 °C), on ne peut pas compter sur ce facteur pour casser l’épidémie.

@ebe : Doit-on être totalement pessimiste face à l’avenir proche ?

Totalement pessimiste, non. Il y a des facteurs défavorables, en particulier le fait que la contagion existe pendant la période d’incubation, et que la mortalité est environ 10 fois plus forte que celle de la grippe. Mais il y a aussi des facteurs d’optimisme : un énorme effort de recherches à l’international et les mesures d’hygiène bien connues qui sont efficaces et permettent de se protéger. Il ne sert à rien de faire des pronostics. Chacun doit se tenir informé auprès de sources crédibles, être rigoureux pour soi et ses proches dans l’application des mesures d’hygiène. Si celles-ci sont largement appliquées, on sera en mesure de limiter les dégâts de cette épidémie. On peut ajouter que nous avons un excellent dispositif de surveillance, qui nous permet de connaître quasiment en temps réel l’évolution de cette épidémie.

@Nico : Avez-vous des modèles de propagation ? Que disent-ils pour la France ?

Oui, il y a des modèles qui ont été construits à partir des données de Chine et de Singapour, la situation italienne permettra de vérifier si ces modèles fonctionnent. Pour l’instant, comme nous avons encore très peu de recul, il n’est pas possible de dire s’ils s’appliqueront à la situation française.

@thomas : Est-ce que la principale crainte, c’est la mutation du virus ?

C’est en effet une crainte, mais il est difficile de dire que c’est la principale. Cette mutation pourrait être défavorable, mais aussi favorable.

La principale crainte, c’est que les gens accordent trop d’importance aux ‘fake news’ et ne se protègent pas correctement.William Dabà franceinfo

@Dims : S’il y a passage au stade 3 de l’épidémie, que se passera-t-il réellement ? 

On ne le sait pas. Le stade 3 offre aux pouvoirs publics une vaste gamme d’outils de lutte contre l’épidémie. Aucun de ces outils ne sera mis en œuvre systématiquement, mais ils le seront si la situation le justifie. Cette situation peut être différente d’une zone à une autre du pays.

@Gregory : Comment sait-on que le « pic » de l’épidémie est atteint ?

Quand le nombre de nouveaux cas diminue.

@Jérémie : A partir de quand pensez-vous que le stade 3 va être activé ?

C’est une question d’heures.

@gr : D’après ce que l’on sait de la propagation du Covid-19, quelle est la fraction de la population qui devrait être infectée par ce virus ?

Potentiellement 100%.

@Marc : Où en est-on de la recherche sur un vaccin ? J’ai lu que les Israéliens pourraient trouver un vaccin d’ici deux mois…

Une recherche de très haut niveau est évidemment très active dans plusieurs pays, donc il est possible qu’une solution rapide soit trouvée. Pour autant, nous n’avons pas de modèle de vaccin contre les coronavirus en général. Quand on l’aura, il faudra ensuite le tester : chez l’animal, puis chez l’homme, ce qui prendra plus de deux mois. Le plus vraisemblable, c’est qu’il faudra vivre cette crise épidémique sans solution vaccinale.

Sur la forte médiatisation de l’épidémie

@Armance31 : Ne pensez-vous pas qu’une telle médiatisation de ce virus entraîne la panique et la psychose parmi la population ? Est-ce vraiment justifié ? Proportionnellement au nombre d’habitants, le nombre de cas est dérisoire…

William Dab: Ce raisonnement est dangereux. Le nombre de cas aujourd’hui ne dit rien de ce qu’il sera dans une semaine ou dans un mois. Ce qui crée la panique, c’est le manque d’informations. On ne peut pas à la fois dire qu’au moment de l’incendie de Lubrizol, la population n’a pas été suffisamment informée, et aujourd’hui, que la population est trop informée vis-à-vis d’une menace difficile à caractériser, mais qui pourrait être grave.

@Dom66 : Pourquoi s’inquiéter du coronavirus ? Les enfants ne sont pas ou peu affectés, pas « d’explosion » du nombre de cas à Paris malgré la promiscuité dans les transports, le brassage de populations venant de tous pays… Calmons-nous !

Sur les enfants, il ne faut pas conclure trop vite : il est possible que la maladie donne très peu de symptômes et que, par conséquent, les cas passent inaperçus. En Chine, l’épidémie a commencé à diffuser chez les adultes, il est donc assez logique que nous n’ayons pas constaté beaucoup de cas chez les enfants, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas. Sur les transports et le nombre de cas à Paris, la situation est très évolutive. Le fait qu’il n’y ait pas, ou peu, de cas à Paris ne préjuge pas de ce qu’il va se passer, ne serait-ce que la semaine prochaine.

La réforme des retraites : le grand flou sur la plupart des questions

La réforme des retraites : le grand flou sur la plupart des questions

 

Le premier grand changement c’est de prendre en compte la totalité de la carrière et non comme maintenant les 25 meilleures années. D’où mécaniquement en moyenne une baisse générale des tensions surtout pour les fonctionnaires et autres agents de régime spéciaux dont on prenait les six derniers mois de salaire comme référence.

Qui est concerné par la réforme?

Prévues initialement pour s’appliquer à partir de la génération 1963, les règles de la future réforme s’appliqueront finalement en 2025 aux générations nées après 1975 ou en 85 par exemple pour la SNCF

Pour les fonctionnaires et agents des régimes spéciaux dont l’âge légal de départ à la retraite est de 57 ou 52 ans, les premières générations concernées seront, respectivement, celles de 1980 et de 1985. Le système entrera pleinement en vigueur dès 2022 pour les jeunes nés à partir de 2004, qui auront 18 ans à cette date.

La grande question du financement

Cet aspect a été très critiqué par le conseil d’État en raison du décalage entre le texte initial transmis et des nombreuses exceptions consenties par le gouvernement. Le cadrage financier est particulièrement douteux. Fixer un pourcentage du PIB n’a guère de sens quand on ne connaît pas la valeur de ce PIB. Selon que la croissance sera nulle ou par exemple de 3 % , le contexte sera complètement différent. Il apparaît tout à fait utopique de définir l’enveloppe du PIB  dans 20 ou 30 ans alors qu’on ne sait même pas déjà quels sont les perspectives pour l’année en cours. En conclusion , la complexité du sujet fera sans doute émerger un coût de la réforme bien supérieure à ce qu’il avait été envisagé et même par rapport au système actuel. Rien que pour les enseignants le coût serait de leur de 10 milliards par an  pour effectuer un rattrapage salarial, un coût sans doute du double avec toutes les autres exceptions et transitions.

Lettre Macron : thèmes et questions

Lettre Macron : thèmes et questions

 

 

En gras les thèmes et les questions :

 

«Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous: c’est tout cela, la nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition: n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait!

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

 

 

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

 

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

 

 

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation: la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

 

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité? À l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer?

 

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage.

 

Comment mieux organiser notre pacte social? Quels objectifs définir en priorité?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques.

 Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux: école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens? À quels niveaux et pour quels services?

Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment?

Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique: par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers?

 

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc? Faut-il rendre le vote obligatoire?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile? Faut-il les transformer et comment?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol: c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur: c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République?

 

 

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel Macron »

Questions épistémologiques : les technologies et/ou l’écologie

Questions épistémologiques : les technologies et/ou  l’écologie

 

Cécile Philippe, Institut Molinari, pose la question de la compatibilité de la sciences avec l’avenir de la planète s’appuyant notamment sur deux ouvrages de Yuval Noah Harari (Sapiens et Homo Deus ) 

 

 

« Comment les êtres humains en sont-ils arrivés à contrôler toute la planète ? A cette question, Yuval Noah Harari – auteur des deux best-sellers Sapiens et Homo Deus - répond : en coopérant. Nombre d’experts et scientifiques partagent ce point de vue, et en particulier les économistes. Mais comme le rappelle Paul Seabright dans La société des inconnus, ce niveau de coopération entre individus qui ne partagent aucun gène est miraculeux. Alors, comment, selon l’auteur, Homo Sapiens parvient-il à coopérer à de tels niveaux ? En se racontant des histoires, en développant des croyances, des crédos, des dogmes auxquels croient suffisamment de personnes par l’intermédiaire de rituels, de rites et de sacrifices. Ces croyances créent un ciment entre les personnes, une communauté qui sape les bases de la méfiance et crée au contraire celle de la confiance. Ces croyances sont au cœur du fonctionnement de nos sociétés humaines. Ce sont elles que Harari examine dans son troisième livre car qu’il s’agisse du nationalisme, du libéralisme, du communisme, de la religion, toutes, selon lui, sont en manque de légitimité auprès du public. Aucune ne serait en mesure de répondre aux grands défis du 21e siècle et cela tient sans doute au fait que l’univers fonctionne sur des faits concrets et tangibles. Il est important aujourd’hui de se reconstruire une histoire davantage en phase avec ces faits scientifiques, cette réalité aussi prosaïque soit-elle, en particulier celle de la souffrance qu’on subit ou fait subir. Le projet de Harari dans ce nouvel opus est particulièrement ambitieux et peut-être même complètement irréaliste. Il est néanmoins très stimulant pour quiconque se pose des questions essentielles sur la vie : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Comment organiser nos sociétés pour assurer la pérennité de tous ? En quoi croire ? Comment départager les croyances que nous avons ? Certaines sont-elles plus pertinentes que d’autres ? Les questions d’ordre épistémologique que se pose l’auteur sont, selon moi, les plus importantes de l’ouvrage. Car au-delà des scénarios futuristes proposés par Harari, une de ses prémisses essentielles est que les êtres humains, sans renoncer à se raconter des histoires, peuvent choisir celles qui se fondent sur la réalité telle qu’elle est le mieux décrite par la science. Cette dernière a l’avantage de ne pas cacher ses zones d’ombre. En principe non dogmatique, la science accepte ses erreurs et progresse par l’observation de la réalité. L’auteur ne renonce donc pas à la vérité mais propose aux lecteurs qu’elle se fonde sur la science plutôt que sur nos émotions dont nous sommes les esclaves, faute d’avoir à ce jour passé le temps nécessaire à mieux les comprendre. Sur cette base, Harari raconte ce qu’il pense être une histoire possible du futur des êtres humains. Il invite ses lecteurs à se rassembler autour de celle-ci dans l’espoir d’incliner le cours possible des événements. Pour lui, les grands défis du 21e siècle sont écologiques et technologiques. Le changement climatique est une catastrophe en sursis, tout comme l’est le progrès technologique, en particulier la rencontre entre la puissance de calcul (infotech) et les recherches biologiques (la biotech). Harari consacre de nombreuses pages aux risques que présente le défi technologique. Pour lui, le développement de l’intelligence artificielle pourrait faire émerger de nouvelles espèces. Des « superhumains » pourraient concentrer tout le pouvoir dans leurs mains et un jour ne plus vouloir subvenir aux besoins de la majorité des autres humains devenus « inutiles ». Au sujet de la destruction d’emplois, son opinion est qu’elle pourrait être majeure à terme. Car les êtres humains n’ont pas d’autres compétences que physiques et cognitives, domaines dans lesquels l’IA munie de capteurs pourrait être plus efficace que les humains. D’autant plus que l’IA a des avantages proprement non humains comme la connectivité (intégration dans un réseau flexible) et l’actualisation en instantané (absence de problèmes de communication entre les différents points du réseau). Or, l’intelligence artificielle se développe à grande vitesse dans les mains de quelques grandes institutions parce que les individus abandonnent leurs données personnelles sans se rendre compte de leur valeur et parce qu’il n’existe aucun système pour faire payer la donnée. Ils ne réalisent pas que lorsque quelque chose est gratuit, c’est qu’ils sont probablement eux-mêmes le produit. Le déplacement de l’autorité des humains vers les algorithmes va certes améliorer nos vies. Dans les domaines de la santé et du transport, cela semble évident mais il faut être conscient de ce que l’on perd : notre capacité à nous orienter, par exemple, faute d’utiliser notre sens d’orientation. Tout ce que l’on n’utilise pas se perd et si l’IA prend de plus en plus de décisions à notre place (emploi, partenaire, etc.), on perdra aussi notre capacité à prendre des décisions. En gros, l’IA supérieure dans de nombreux domaines risque de nous rendre stupide, en plus de créer de nouvelles castes. Ce sont là des défis majeurs auxquelles les grands systèmes de croyances actuels n’ont pas de réponse, qu’il s’agisse des religions, du nationalisme, du capitalisme, etc. Harari conclut que ces grands défis ne peuvent pas se régler au niveau national et que la résurgence actuelle du nationalisme est une voie sans issue. Il faut envisager de les régler au niveau global et il regarde ce qui se passe au niveau de l’Union européenne avec intérêt. Pour ce qui est des défis personnels, il cherche à nous convaincre de l’importance qu’il y a à ne pas confondre intelligence et conscience, phénomène à propos duquel on ne sait pas grand-chose sauf qu’il est notre capacité à ressentir des émotions. Ces émotions promettent d’être la cible de toutes les convoitises de la part des entreprises, des gouvernements et des scientifiques et on ferait mieux d’apprendre à ne plus en être les esclaves. D’où son dernier chapitre consacré à la méditation. Elle permet de mieux connaître et comprendre ses émotions, pour éviter notamment de réagir au quart de tour dès lors qu’on ressent l’une ou l’autre et donc d’être manipulé par elles. Evidemment, ce projet est peut-être irréaliste. Certains, comme le psychologue et économiste Daniel Kahneman, doutent de notre capacité à contrôler nos émotions. Mais les réflexions de Yuval Noah Harari ont le grand mérite de stimuler les nôtres à propos de l’avenir de l’espèce Homo Sapiens. »

(*) « 21 leçons pour le 21e siècle«  par Yuval Noah Harari, Albin Michel, septembre 2018.

Un accord bidon sur les questions migratoires

Un accord bidon sur les questions migratoires

Pour l’Europe,  il était important d’éviter implosion sur les questions migratoires. Du coup,  on a fait semblant de définir une ligne mais en fait chaque  pays sera libre d’adhérer ou non à ces conclusions européennes.   En fait chaque dirigeant a surtout privilégié sa politique interne et même Macron qui voulait révolutionner la politique migratoire s’accommode de cet accord bidon qui ne résout rien. Pour résumer, les pays européens sont d’accord pour que chaque pays fasse comme il l’entend concernant la question centrale de la relocalisation des migrants. “Toutes les mesures prises au regard de ces centres contrôlés, notamment la relocalisation et la réinstallation, se feront sur la base du volontariat”, dit le communiqué signé par les dirigeants européens après neuf heures de négociations. Les Vingt-huit ont également décidé de renforcer leurs frontières extérieures, notamment en augmentant les aides à destination de la Turquie et de l’Afrique du Nord, afin d’éviter de renouer avec des flux comparables à ceux que l’Europe avait enregistré en 2015. En première ligne depuis l’ouverture du sommet, le président du conseil italien Giuseppe Conte, s’est félicité de son issue et a dit constater que l’Italie n’était plus “seule”. Rome décidera ultérieurement de se doter ou non de centres d’accueil de migrants, a-t-il ajouté. S’exprimant après la fin du sommet, le président français, Emmanuel Macron, a évoqué “une volonté de mieux protéger les frontières, de renforcer les règles d’accueil”.“La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet”, a-t-il dit.“Accord trouvé sur les migrations: une approche européenne confirmée, un agenda complet acté (…), les propositions françaises adoptée”, a-t-il ajouté sur son compte Twitter. Une déclaration surtout destinée à satisfaire l’égo des intéressés et à masquer l’exige.

Hollande: enfumage par les questions sociétales

Hollande: enfumage par les questions sociétales

 

Depuis le début du mandat de Hollande, le gouvernement et sa majorité ne cessent de masquer les échecs économiques par une surmédiatisation des questions de société. Questions de société qui ne sont certes pas anodines mais qui ne relèvent absolument pas des priorités du moment. Les sondages sont clairs à cet égard pour le gouvernement pour environ 75% de français, la seule priorité c’est la croissance donc l’emploi ;  pour les municipales c’est la fiscalité. Trois thématiques en fait très liées. Le paroxysme a sans doute été atteint avec l’affaire Dieudonné qui a mobilisé Ayrault, Taubira, Hollande et Valls. Surtout Valls qui en a fait des tonnes. Trop, c’est trop, d’après un sondage pour 73% des français. Valls n’est sans doute pas le plus mauvais ministre, il est même le plus populaire mais cette fois il y a une overdose médiatique disproportionnée  par rapport à l’affaire Dieudonné. Certes Dieudonné devait être condamné par la justice pour ses propos antisémites inadmissibles pour autant cela ne justifiait en aucun cas un tel déferlement du gouvernement plus réactif en la matière que sur les enjeux majeur du chômage. En outre l’utilisation de la procédure d’exception à légard d’une seule personne n’est pas juridiquement admissible ; On ne peut condamner par avance des propos qui n’ont pas encore été tenus. S’il devait y avoir sanction- et c’était nécessaire- c’était sur les propos déjà tenus ; c’est évidemment un déni de justice et une atteinte à la liberté d’expression ; cet argument ne pouvant légitimer nullement les propos racistes déjà exprimés  de Dieudonné ; l’amalgame utilisé par nombre de leaders d’opinion relève de la malhonnêteté intellectuelle et du déni de justice. En gros leur argumentaire est simple : tous les moyens sont bons pour écraser  Dieudonné.  En attendant pendant une quinzaine de jours, le gouvernement et les grands médias auront surtout traité ce dérapage raciste. Etouffant ainsi le fait que la France ne parvient pas à retrouver la croissance alors que l’Europe connaît  une petite embellie. Les enquêtes de Markit sont à cet égard désespérantes, la croissance ne décolle pas en France. Bien entendu le chômage va continuer  de croitre. Hollande semble avoir enfin compris avec son pacte de responsabilité mais on attend le contenu. L’enfumage par les questions de société et les aventures guerrières de Hollande (Mali, Iran, Syrie, Centrafrique) ne sauraient t dissimuler le vide total du contenu politique actuel face aux enjeux majeurs.




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