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Quelle huile alimentaire choisir ?

Quelle huile alimentaire choisir ?

 

 

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir – La Recherche n°896 daté octobre 2021.(extrait)

Olive, chanvre, avocat, soja. Une mer d’huiles envahit nos placards, apportant de nouvelles saveurs et une touche d’exotisme à nos plats, quand auparavant, une unique bouteille au contenu jaune pâle, pour tous usages et au goût neutre, trônait dans la cuisine. Voilà déjà plus de 7000 ans que dans le bassin méditerranéen, le fruit de l’olivier est broyé pour en extraire l’huile. Source d’énergie, constituant majeur de nos cellules et hormones, le « gras » est indispensable à notre organisme.

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses), les lipides doivent représenter 35 à 40 % des apports énergétiques fournis par l’alimentation, soit 90 g par jour pour un adulte sachant qu’une cuillère à soupe d’huile en apporte environ 15 g. Toutefois aucune huile ne possède une composition nutritionnelle parfaite. Il faut donc jouer de leur complémentarité et en avoir plusieurs sortes pour couvrir nos besoins journaliers.

Les plus convoités sont les acides gras polyinsaturés, dont l’acide alpha-linolénique (ALA) (ou oméga-3) et l’acide linoléique (ou oméga-6). Ils sont dits essentiels car l’organisme ne sait pas les fabriquer et doit les puiser dans l’alimentation, permettant de fluidifier le sang, prévenir les maladies cardio-vasculaires et lutter contre le vieillissement. Les huiles de noix et de colza en apportent de bonnes quantités (respectivement 12 g/100 g et 7,5 g/100 g), et une cuillère à café d’huile de cameline suffit à couvrir nos besoins quotidiens en ALA (2 g/jour).

Les huiles de pépin de raisin et de tournesol sont riches en oméga-6 (respectivement 63,7 g/100 g et 56,3 g/100 g), mais attention à ne pas en abuser car en excès, ces acides gras ont un effet pro-inflammatoire. L’acide oléique (ou oméga-9), un acide gras mono-insaturé (AGPI) aux effets neutres sur la santé, est présent en quantité dans les huiles d’olive (75 g/100 g d’oméga-9), de noisette (72,7 g/100 g), de colza (55,2 g/100 g), d’avocat (50,3 g/100 g). Les acides gras saturés se retrouvent dans les huiles de palme (49,3 g/100 ) et de coprah (86,5 g/100 g), selon la table nutritionnelle Ciqual de l’Anses.

Allemagne : quelle instabilité politique ?

Allemagne : quelle instabilité politique ?

 

À écouter les experts français , l’Allemagne risque de rentrer dans une longue période d’instabilité politique. Aujourd’hui effectivement personne ne peut prédire le type d’alliance qui permettra de désigner un chancelier et le gouvernement allemand. Ce qui est certain c’est que les conservateurs de  Merkel ont enregistré une belle claque. Pour autant ni les conservateurs ni les sociaux démocrates ne peuvent envisager de diriger le gouvernement sans une alliance soit avec les écolos soient avec les libéraux ou les deux.

Il est vrai que les négociations risquent d’être longues pour se mettre d’accord sur un programme politique et sur l’attribution des principales responsabilités gouvernementales. Des négociations qui pourraient durer plusieurs mois. Ceci étant cette instabilité temporaire n’est pas nouvelle et chaque fois l’Allemagne a su la surmonter avec des alliances qui en France seraient contre nature est totalement impossible. Conservateurs et sociaux-démocrates ont déjà gouverné ensemble. Les écolos ont déjà été associés au gouvernement. La différence entre la France et l’Allemagne c’est qu’outre-Rhin les partis ont presque tous ( extrême droite excepté) une culture de gouvernement.

Il en va différemment en France ou extrême droite, extrême-gauche, écolos sont davantage des parties d’agitation et de protestation que des candidats à la gestion.

Selon des résultats officiels provisoires, les sociaux-démocrates ont recueilli 25,7 % des suffrages (+ 5 % par rapport au scrutin de 2017), contre 24,1 % pour la CDU qui accuse un score historiquement bas, inférieur de 9 points à celui récolté quatre ans auparavant. Le parti d’Angela Merkel ne renonce pas néanmoins à former une coalition alternative avec l’aide des deux mêmes formations, les Grünen et le FDP. Ces derniers ont obtenu respectivement 14,8 % et 11,5 % des voix.

Ce qui différencie la France et l’Allemagne c’est que les parties Allemands, eux, sont tous candidats à une alliance dans l’intérêt général du pays. En France voit mal comment l’extrême gauche, la droite, la gauche républicaine et les écolos pourraient envisager la moindre union.

Observant aussi que Angela Merkel restera à la manœuvre tant que le nouveau gouvernement ne sera pas . Un gage de continuité.

Environnement–Climat et marché : quelle compatibilité ?

Environnement–Climat et marché : quelle compatibilité ?

Face à l’idée prônée par le Prix Nobel Jean Tirole que la « bonne » économie consiste à combiner le jeu des intérêts particuliers, Benjamin Coriat , Économiste, développe dans son essai un modèle qui permettrait d’organiser une gestion durable et partagée des biens nécessaires à la vie de tous.( analyse du Monde, extrait)

 

 L’économiste Benjamin Coriat est l’un des principaux commentateurs et diffuseurs en France des idées d’Elinor Ostrom. L’Américaine, décédée en 2012, avait reçu le prix Nobel d’économie en 2009 pour ses travaux théoriques et empiriques sur la façon dont les communautés humaines gèrent ce que les Anglo-Saxons appellent les commons, et que l’on traduit en français de façon ambiguë soit par « les biens communs » (la nature, l’air, l’eau, le climat, l’énergie – tout objet dont l’appropriation par les uns prive les autres), soit par « le bien commun » au singulier (tout ce qui fait progresser le bonheur de l’humanité). Aussi son sang n’a-t-il fait qu’un tour lorsque Jean Tirole a publié, en 2016, Economie du bien commun (PUF), un essai dans lequel il tente de mettre ses travaux à portée du public. Pour le Prix Nobel d’économie (2014) en effet, « l’économie est au service du bien commun ; elle a pour objet de rendre le monde meilleur ».

Mais le fil rouge de son approche du bien commun n’en reste pas moins l’idée que la bonne économie consiste à combiner le jeu des intérêts particuliers. Or comme chacun cherche à obtenir un optimum de richesse pour lui-même, ce bien commun ne peut être atteint que sous ce que Tirole appelle le « voile de l’ignorance », qui empêche chacun d’agir rationnellement au mieux de ses intérêts, et permet aux marchés régulés d’atteindre un optimum collectif. Par exemple en incitant consommateurs et entreprises à accomplir la transition énergétique en organisant un marché du carbone où s’échangeraient des quotas de CO2.

C’est précisément ce que réfute Benjamin Coriat, pour qui le jeu, même régulé, des intérêts égoïstes ne peut que conduire à la catastrophe, et pour qui la justification de la recherche du bien commun par le « voile de l’ignorance » n’est qu’une pirouette rhétorique. Il est vrai que le cas du marché carbone européen tel qu’il a fonctionné jusqu’ici, décortiqué par l’auteur, n’est pas convaincant.

Aussi l’économiste préfère montrer que les solutions proposées par Elinor Ostrom restent le meilleur moyen d’éviter la catastrophe climatique. A savoir un modèle d’économie « polycentrée », qui permettrait à chaque niveau de collectivité humaine d’organiser à son échelle une gestion sobre, durable et partagée des biens nécessaires à la vie de tous, sans qu’aucune appropriation privée ni aucun niveau politique supérieur ou aucune « règle de marché » surplombante ne vienne l’entraver, mais plutôt l’appuyer.

Climat et marché : quelle compatibilité ?

Climat et marché : quelle compatibilité ?

Face à l’idée prônée par le Prix Nobel Jean Tirole que la « bonne » économie consiste à combiner le jeu des intérêts particuliers, Benjamin Coriat , Économiste, développe dans son essai un modèle qui permettrait d’organiser une gestion durable et partagée des biens nécessaires à la vie de tous.( analyse du Monde, extrait)

 

 L’économiste Benjamin Coriat est l’un des principaux commentateurs et diffuseurs en France des idées d’Elinor Ostrom. L’Américaine, décédée en 2012, avait reçu le prix Nobel d’économie en 2009 pour ses travaux théoriques et empiriques sur la façon dont les communautés humaines gèrent ce que les Anglo-Saxons appellent les commons, et que l’on traduit en français de façon ambiguë soit par « les biens communs » (la nature, l’air, l’eau, le climat, l’énergie – tout objet dont l’appropriation par les uns prive les autres), soit par « le bien commun » au singulier (tout ce qui fait progresser le bonheur de l’humanité). Aussi son sang n’a-t-il fait qu’un tour lorsque Jean Tirole a publié, en 2016, Economie du bien commun (PUF), un essai dans lequel il tente de mettre ses travaux à portée du public. Pour le Prix Nobel d’économie (2014) en effet, « l’économie est au service du bien commun ; elle a pour objet de rendre le monde meilleur ». 

Mais le fil rouge de son approche du bien commun n’en reste pas moins l’idée que la bonne économie consiste à combiner le jeu des intérêts particuliers. Or comme chacun cherche à obtenir un optimum de richesse pour lui-même, ce bien commun ne peut être atteint que sous ce que Tirole appelle le « voile de l’ignorance », qui empêche chacun d’agir rationnellement au mieux de ses intérêts, et permet aux marchés régulés d’atteindre un optimum collectif. Par exemple en incitant consommateurs et entreprises à accomplir la transition énergétique en organisant un marché du carbone où s’échangeraient des quotas de CO2.

C’est précisément ce que réfute Benjamin Coriat, pour qui le jeu, même régulé, des intérêts égoïstes ne peut que conduire à la catastrophe, et pour qui la justification de la recherche du bien commun par le « voile de l’ignorance » n’est qu’une pirouette rhétorique. Il est vrai que le cas du marché carbone européen tel qu’il a fonctionné jusqu’ici, décortiqué par l’auteur, n’est pas convaincant.

Aussi l’économiste préfère montrer que les solutions proposées par Elinor Ostrom restent le meilleur moyen d’éviter la catastrophe climatique. A savoir un modèle d’économie « polycentrée », qui permettrait à chaque niveau de collectivité humaine d’organiser à son échelle une gestion sobre, durable et partagée des biens nécessaires à la vie de tous, sans qu’aucune appropriation privée ni aucun niveau politique supérieur ou aucune « règle de marché » surplombante ne vienne l’entraver, mais plutôt l’appuyer.

Climat : Quelle civilisation techniquement soutenable ?

Climat : Quelle civilisation techniquement soutenable ?

Dans l’industrie, sur la question du réchauffement climatique, le professeur d’économie Christian Le Bas démontre, dans une tribune au « Monde », qu’il est vain de vouloir opposer les low-tech aux high-tech, car il faut conjuguer les deux.

 

Christian Le Bas,Professeur d’économie à Esdes Institute of Sustainable Business and Organizations Lyon Business School et UR Confluence, Sciences & Humanités – Université catholique de Lyon

Tribune

Dans l’industrie, sur la question du réchauffement climatique, le professeur d’économie Christian Le Bas démontre, dans une tribune au « Monde », qu’il est vain de vouloir opposer les low-tech aux high-tech, car il faut conjuguer les deux.

Les travaux sur les types de technologies permettant d’affronter en particulier l’impérieuse question du réchauffement climatique et de créer les bases d’une (nouvelle) économie soutenable d’après-crise ont fait resurgir une polarisation des débats sur des positions extrêmes entre les partisans du tout low-tech et les tenants de toujours plus de high-tech. Dans son livre L’Age des low tech (Seuil 2014), Philippe Bihouix défend l’idée d’une civilisation techniquement soutenable.

La thèse centrale est que les solutions à la crise environnementale et sociale ne doivent pas être recherchées « dans toujours plus d’innovations, de hautes technologies, de métiers à valeur ajoutée, de numérique… » On doit « au contraire nous orienter, au plus vite et à marche forcée, vers une société essentiellement basée sur des basses technologies, nettement plus économes en ressources et maîtrisables localement ».

 

L’économie circulaire n’aurait pas plus de valeur écologique aux yeux de l’auteur. Le livre se caractérise également par une forte critique de l’innovation. Or, les secteurs de basses technologies peuvent être extrêmement innovants, contrairement à ce que le livre laisse supposer. Et toute innovation n’est pas (loin de là) high-tech !

Une autre attitude extrême est celle qui consiste à refuser, en quelque sorte par principe, les solutions low-tech. Un bon exemple de ce point de vue a été récemment fourni par Les Sept Ecologies, de Luc Ferry (L’Observatoire. 2021). L’auteur parle du « retour au low-tech », du « retour au terroir et au low-tech » , « du retour en arrière aux low-tech ». Celles-ci sont irrémédiablement associées au passé, or, rien n’est plus faux. Les low-tech nous sont contemporaines.

Des secteurs industriels entiers sont low-tech tels que le textile et l’habillement, et l’agroalimentaire. Luc Ferry voit dans les technologies low-tech des secteurs peu innovants alors que l’innovation technologique y est présente et rapide. Elle est ainsi associée à la production pour de nouveaux marchés, à l’amélioration de la qualité des biens, à l’adaptation aux nouveaux goûts.

Afghanistan: après la débâcle qu’elle approche européenne commune ? (Manfred Weber)

Afghanistan: après la débâcle qu’elle approche européenne commune ? (Manfred Weber)

 Pour  Manfred Weber député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE),  face au flux migratoire prévisible, « il est fondamental que les Etats membres s’accordent sur une approche commune », plaide notamment le président du groupe PPE au Parlement européen(Tribune dans l’Opinion)

Débâcle. Chaos. Désastre absolu. Tragédie. Les mots manquent pour décrire les événements qui se trament en Afghanistan depuis que, au cœur de l’été, nous avons appris, ébahis, la prise de Kaboul, en à peine dix jours, par les Talibans.

Alors que le délai accordé pour les évacuations touche à sa fin, et que grâce au courage de nos forces présentes sur le terrain, les personnes devant être évacuées ont, pour la plupart, pu être mises à l’abri, des questions importantes devront être posées très prochainement, à nos amis américains notamment : comment est-il possible qu’après les milliards d’euros investis, l’envoi de tant de nos soldats et de personnel civil, l’Afghanistan se soit effondré si rapidement ? Comment une armée de 300 000 hommes, financée par la première puissance mondiale, a-t-elle pu se rendre sans combattre ? Comment se fait-il que nous ayons été, à ce point, pris de court ?

Par ailleurs, nous devons, de toute urgence, mener une réflexion approfondie sur les conséquences, pour l’Europe, de la situation en Afghanistan, et sur les actions à prendre. Celle-ci devra s’articuler autour de trois axes.

Tout d’abord, la débâcle occidentale en Afghanistan a mis en lumière de manière crue la très grande dépendance des Européens vis-à-vis des Etats-Unis. La situation créée par le retrait des troupes américaines et la mise au pied du mur des Européens par leurs alliés montrent bien que l’Europe ne peut plus compter sur les Etats-Unis pour jouer le rôle de gendarme du monde. Il est temps pour l’Europe de prendre son destin en main et d’assurer sa sécurité par elle-même. C’est pourquoi nous devons de toute urgence renforcer notre défense européenne commune.

Age noir. Deuxièmement, on peut désormais craindre un afflux massif de migrants (500 000 en 2021, selon l’ONU). Si nous, Occidentaux, avons le devoir moral de protéger et accorder l’asile aux ressortissants afghans qui ont travaillé pour nous, une chose est également très claire : l’Europe n’a pas vocation à accueillir toutes les personnes qui cherchent à fuir le régime des Talibans. Nous devons tout faire pour éviter une nouvelle vague migratoire similaire à celle que nous avons connue en 2015. Il nous faudra pour cela travailler en partenariat étroit avec les pays du voisinage de l’Afghanistan, afin que des solutions puissent être trouvées pour les réfugiés. Il est fondamental que les Etats membres s’accordent sur une approche commune.

Enfin, alors que l’ère de deux décennies d’expérience démocratique en Afghanistan touche hélas à sa fin, la responsabilité de la communauté internationale est de tenter de préserver les progrès majeurs qu’ont représenté les vingt dernières années en matière de droits des femmes et d’accès des filles à l’éducation dans le pays. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir et faire pression sur le nouveau régime pour éviter aux femmes afghanes un retour à l’âge noir du premier règne des talibans.

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique chaque semaine sur lopinion.fr en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.

 

 

COVID-19: quelle efficacité des vaccins contre le variant delta ?

 

COVID-19: quelle efficacité des vaccins contre le variant delta ?

Il semble bien que des scientifiques éprouvent quelques difficultés à apprécier le taux d’efficacité des vaccins notamment vis-à-vis du variant Delta. De nombreux laboratoires militent déjà depuis plusieurs mois pour une piqûre de rappel. Des politiques se sont engagées avec des promesses de troisième dose.

Comme déjà indiqué, les scientifiques sont plus circonspects. Les laboratoires ont évidemment intérêt à justifier une troisième dose pour assurer leur carnet de commandes et perpétuer leurs énormes profits.

Certains politiques pratiquent la fuite en avant en raison du contexte électoral. D’autres sont tout simplement à la botte de l’industrie pharmaceutique. Reste qu’un vaccin contre le Covid  perd naturellement de son efficacité avec le temps. Une troisième dose sera sans doute nécessaire mais il est difficile de savoir si c’est au bout de six mois, d’un an ou davantage. En outre il faut tenir compte aussi de l’état pathologique de chacun.

« Il faut tenir compte du facteur temps », note aussi Renaud Piarroux, épidémiologiste et chef du service parasitologique de la Pitié Salpêtrière (AP-HP) sur notre plateau mercredi, « parce que cette étude a été réalisée aux États-Unis, sur du personnel médical qui a été vacciné assez tôt. On est maintenant à 6, 7, 8 mois après la vaccination ».

Energie Hydrogène : quelle perspectives pour la voiture électrique ?

Energie Hydrogène : quelle perspectives pour la voiture électrique ?

Le handicap des voitures électriques c’est évidemment l’énorme poêle mort des batteries aussi la question de la performance sans de la problématique écologique.( Extraction des métaux et Recyclage). D’où l’idée d’utiliser l’hydrogène via des piles à combustible. Un article des Échos rappelle la problématique.

La pile à combustible va désormais concurrencer les batteries dans les véhicules électriques. Reste à faire baisser les coûts, produire de l’hydrogène propre et mailler le territoire de stations.

Le véhicule électrique à batteries rechargeables pourrait-il être envoyé à la retraite de façon prématurée ? Certes, il s’en est vendu quelque 2,2 millions l’an dernier, mais malgré les énormes investissements des constructeurs, les ventes ne décollent pas vraiment et les batteries sont toujours pointées du doigt : coût environnemental élevé, autonomie trop limitée et temps de recharge trop long. En face, le véhicule fonctionnant avec une pile à combustible alimentée en hydrogène sort à peine des limbes mais présente de sérieux atouts. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), longtemps réservée sur l’hydrogène, a publié en juin dernier un rapport qui lui est très favorable, notamment dans le domaine des transports : « Le moment est venu d’exploiter le potentiel de l’hydrogène pour jouer un rôle clef dans un environnement énergétique propre, sûr et sécurisé. »

La Californie vise un million de véhicules électriques à hydrogène à l’horizon 2030. Même objectif pour la Chine, qui possède pourtant la moitié du parc mondial de véhicules électriques mais met désormais le cap sur l’hydrogène. C’est aussi une priorité nationale au Japon et en Corée. Car après une vingtaine d’années pour mettre au point la technologie, les premiers véhicules commerciaux, ceux de Toyota et de Hyundai, ont été lancés en 2014. Aujourd’hui la réglementation s’est adaptée et les arguments écologiques de la pile à combustible font mouche. Elle produit de l’électricité à partir de l’hydrogène embarqué dans un réservoir et de l’oxygène de l’air. Si bien que le véhicule ne produit ni gaz à effet de serre ni particule et ne rejette que de l’eau. En outre, faire un plein d’hydrogène prend 3 minutes au plus.

Encore faut-il avoir une station sous la main. C’est le point crucial. Le Japon et l’Allemagne ont déjà installé plusieurs dizaines de stations, tout comme la Californie et la Chine, qui prévoient d’en avoir un millier à l’horizon 2030. La France est plus timide et ne voit aujourd’hui circuler que 400 véhicules. Lancé par Nicolas Hulot, le plan national de déploiement de l’hydrogène pour la transition écologique privilégie les projets de transports en commun et de flotte captive. A l’image de Versailles, des Hauts-de-France ou de Pau où des bus fonctionnant à hydrogène entrent en service. « L’usage du véhicule hydrogène par les particuliers n’est pas prioritaire à cause du maillage de stations qu’il exige. Mieux vaut se concentrer sur les applications spécifiques comme les flottes, les professionnels ou les bus », justifie Maxime Pasquier, spécialiste du sujet à l’Ademe. Une approche trop timide pour les partisans de l’hydrogène au premier rang desquels l’Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible (Afhypac). « L’hydrogène règle le problème de la voiture électrique et des problèmes posés par les batteries. Avec 2 milliards d’euros, soit le tiers du coût d’une ligne TGV, on construit un réseau d’un millier de stations. C’est d’abord un choix politique », s’agace Pierre-Etienne Franc, vice-président hydrogène énergie chez Air Liquide.

 Pas si simple, réplique Maxime Pasquier : « Les énergéticiens ont évidemment intérêt à distribuer de l’hydrogène. Encore faut-il le faire dans de bonnes conditions environnementales. Il faut avoir une vision globale depuis la production de l’énergie primaire jusqu’à la consommation. » En effet l’hydrogène, essentiellement produit à partir de gaz naturel, ne constitue pas encore la panacée écologique. Sans parler du rendement de la pile à combustible qui est inférieur à celui d’une batterie. Conséquence, en intégrant les émissions liées à la production d’hydrogène, une voiture à pile à combustible dégage autant de CO2 qu’une automobile à moteur thermique.

Cependant, les choses pourraient évoluer très vite puisque l’on sait produire un hydrogène « vert », certes plus cher, grâce à l’électrolyse. « Il n’y a pas de verrou technologique et les coûts vont baisser avec le passage à l’échelle industrielle », assure Florence Lambert, directrice du CEA-Liten. D’autant que les scientifiques travaillent déjà sur la technologie suivante, l’électrolyse à haute température. Dans son projet Zero Emission Valley, qui porte sur 20 stations et un millier de véhicules, la région Auvergne-Rhône-Alpes prévoit ainsi de produire l’hydrogène grâce à 15 électrolyseurs répartis sur le territoire.

L’autre atout majeur de la voiture à hydrogène, c’est l’absence de particules. « Cela permet de résoudre immédiatement un gros problème de santé publique dans une ville comme Paris », insiste Mathieu Gardies, cofondateur de Hype. La jeune entreprise, soutenue par Air Liquide et qui a passé un partenariat avec Toyota, possède une flotte de 120 taxis à hydrogène Mirai et devrait en faire rouler 600 dès l’année prochaine . « L’hydrogène, c’est le pétrole de demain sans l’inconvénient de la géopolitique. La France a un véritable savoir-faire industriel avec beaucoup de brevets au CEA mais aussi au CNRS. Il faut y aller car le monde ne va pas attendre », analyse Florence Lambert.

L’hydrogène vert pourrait aussi devenir plus abondant et moins cher de 30 % d’ici à 2030 grâce aux énergies renouvelables, estime l’AIE. « Les prix de l’électricité solaire ou éolienne ont tellement baissé que des pays pourraient en consacrer une partie à produire de l’hydrogène », prédit Paul Lucchese, pionnier du secteur au sein du CEA et président de l’Hydrogen Implementing Agreement (HIA) au sein de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) : « Le Japon passe déjà des accords avec la Nouvelle-Zélande, le Chili ou Brunei. »

L’intérêt des pays émergents

Quant à la pile à combustible, elle devrait aussi voir ses coûts baisser, estime Pierre Forté, fondateur de la société Pragma Industries, spécialiste du vélo à hydrogène (voir ci-dessous) : « Le coût d’une batterie est lié pour 70 % au prix de ses matériaux quand celui d’une pile à combustible dépend pour 90 % de son processus de fabrication. Sous réserve qu’une rupture intervienne dans le monde des batteries, je suis donc persuadé que les piles à combustible seront à terme beaucoup moins chères. »

L’avenir de l’hydrogène dans la mobilité dépendra pourtant d’abord des infrastructures. « Je ne crois pas à un développement massif dans le véhicule léger à un horizon visible, en raison des coûts de déploiement pour assurer un réseau dense de stations de recharge. Il faudrait pour cela des volontés politiques coordonnées à un niveau international », estime Patrice Geoffron, professeur au Laboratoire d’économie de Dauphine et spécialiste de l’énergie. On pourrait voir une répartition des rôles : au véhicule à batterie la mobilité urbaine et à celui à hydrogène les trajets longue distance.

A moins que les réseaux électriques finissent par jouer les arbitres. « Dans bien des pays émergents on pousse l’hydrogène en avant car les réseaux électriques ne sont pas suffisamment stables pour assurer la recharge des batteries », observe Fabio Ferrari, président de Symbio, un fabricant de piles à combustible créé à partir de recherches menées aux CEA, filiale de Michelin et dont Faurecia devrait devenir coactionnaire d’ici la fin de l’année. Un problème qui pourrait à long terme s’étendre aux pays européens, estime Paul Lucchese : « C’est un aspect qu’on oublie, mais qu’adviendra-t-il lorsque des millions de véhicules électriques auront besoin d’une recharge rapide ? »

Il fut l’une des vedettes du G7 de Biarritz au mois d’août dernier. Développé et fabriqué parPragma Industries, une jeune entreprise locale, Alpha est le premier vélo fonctionnant grâce à l’hydrogène. Le système est logé dans le cadre. La bonbonne de gaz alimente la pile à combustible qui fournit l’électricité au petit moteur placé au niveau du moyeu, comme sur n’importe quel vélo électrique. Pragma,mis en avant par la région Nouvelle-Aquitaine, a profité de l’événement pour mettre 200 vélos à disposition des participants. Un succès puisqu’ils ont parcouru près de 4.500 kilomètres en quatre jours. Avec une autonomie de 150 kilomètres et bientôt 200 kilomètres pour un prix de 7.000 euros, qui va descendre à 4.000 euros l’an prochain, ils ne sont pas destinés aux particuliers. « Nous ne vendons pas seulement un vélo mais un écosystème complet de mobilité durable », résume Pierre Forté, le fondateur de l’entreprise. Pragma Industries a ainsi déjà vendu une centaine de vélos et des bornes de rechargement à plusieurs municipalités comme Bayonne, Saint-Lô, Cherbourg ou Chambéry. Quant aux 200 vélos présentés à Biarritz, ils ont été acquis par le groupe Engie Cofely. « Grâce au coup de projecteur du G7, nous avons beaucoup de contacts provenant du Kazakhstan, d’Inde, de Chine ou du Mexique, dans lesquels le réseau est insuffisant pour recharger les vélos électriques classiques », assure Pierre Forté.

Quatrième vague de Covid-19: Quelle ampleur ?

 

Quatrième vague de Covid-19: Quelle ampleur ?

     

Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, et Jérémie Guedj, chercheur à l’Inserm, passent au crible le variant delta, responsable de la quatrième vague de Covid-19 S’inquiètent de la vitesse de propagation de la quatrième vague Covid ( dans l’Opinion )

 

On compte en moyenne 19 000 cas positifs au Covid-19 chaque jour, en hausse d’environ 90 % sur une semaine. Les admissions en soins critiques augmentent de 73 % par rapport à la semaine dernière.Les experts considèrent à juste titre que la vaccination et les mesures barrières situent les meilleurs moyens de lutter contre le virus.. Reste que cette réflexion demeure pour l’instant pertinente pour les pays développés. En effet, il faudra au moins plusieurs années pour vacciner l’ensemble de la population mondiale. Actuellement seulement 20% de  de la population sont vaccinés dans les pays pauvres. Un temps largement suffisant pour développer de nouveaux variants encore plus contaminants qui viendront y compris y compris dans les pays développés.

 

« Si on continue à se vacciner au rythme où on se vaccine, les simulations et les modélisations de l’institut Pasteur à Paris montrent que finalement, la crainte que l’on avait d’atteindre d’ici trois semaines 4 000 hospitalisations quotidiennes pourrait tomber aux alentours de 2 500 et que si en plus un certain nombre de mesures barrières comme le pass sanitaire sont bien respectées, on pourrait espérer 2 000 », explique à l’Opinion Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille.

Particulièrement forte, la quatrième vague s’explique par la présence du variant delta qui représente désormais 90% des cas, selon le site CovidTracker.

« Il se répand très vite mais il ne semble pas être plus virulent, c’est-à-dire entraîner des formes beaucoup plus graves que ce que l’on connaît jusqu’à présent, analyse Philippe Amouyel. Il entraîne des formes graves, la vaccination protège notamment contre ces formes graves, mais pour l’instant, pas apparemment de différence avec le variant alpha (britannique) si ce n’est cette contamination beaucoup plus grande qui amène bien sûr plus de gens en hospitalisation à un certain moment. »

Selon une étude chinoise publiée sur le site de la revue Nature, les personnes infectées par le variant delta auraient une charge virale jusqu’à 1 260 fois supérieure à celle des personnes infectées par la souche d’origine.

Une donnée reprise par le ministre de la Santé Olivier Véran au Sénat le 22 juillet : « La charge virale, c’est-à-dire la capacité, une fois que vous êtes infecté, à projeter vous même du virus serait 1 000 fois supérieure avec le variant delta qu’avec les variants précédents. »

« Les vaccins ARN (Pfizer, Moderna) en particulier, ont une très bonne efficacité, rappelle Jérémie Guedj de l’Inserm. En premier lieu contre les formes graves, c’est-à-dire l’hospitalisation. Mais ils ont même une efficacité contre les formes juste symptomatiques et ils gardent une efficacité extrêmement importante contre les infections asymptomatiques. Et là, si on revient à nos histoires de charge virale, une des raisons pour lesquelles ils marchent si bien, c’est que même un individu qui est infecté quand il est vacciné, sa charge virale, sa quantité de virus, va être nettement plus faible qu’un individu qui aurait été infecté mais qui ne serait pas vacciné.Et on estime que des individus vaccinés mais infectés vont avoir un risque de transmission qui va diminuer de 50% par rapport à un individu qui serait infecté mais non vacciné. Et donc ça  à avoir une infection moins symptomatique, une infection qui va être plus rapidement éliminée par l’organisme et qui va éviter d’aller vers tout cet emballement du système immunitaire qui peut aboutir, dans ces formes graves, à l’hospitalisation. »

Quelle politique migratoire européenne ?

Quelle politique migratoire européenne ?

 

Pour Margaritis Schinas, Vice-président de la Commission européenne, : «L’Europe ne peut pas se permettre de ne pas avoir de politique migratoire» (Interview dans l’Opinion)

 

 

Faut-il s’inquiéter de voir, aujourd’hui, le Premier ministre « illibéral » de la Slovénie assurer la présidence tournante de l’Union européenne ?

C’est vrai que le gouvernement slovène est idéologiquement très chargé. Il semble tenté de vouloir imposer ses idées politiques alors qu’une présidence européenne est avant tout un exercice de compromis. Il sera sans doute obligé d’évoluer vers le centre. Il va vite s’en rendre compte à l’image de Janez Jansa, le Premier ministre slovène, attendu de pied ferme ce mardi par le Parlement européen. Cela reste néanmoins à mes yeux un gouvernement qui peut travailler pour l’Europe.

Y a-t-il un problème avec les anciens pays de l’Est ?

Je ne crois pas qu’il faille un « homo europeus » qui agirait et penserait de la même façon. Je ne prêche pas pour une uniformité de vue en Europe. En revanche, je pense qu’il existe un « corpus europeus » autour des valeurs. Il y a un certain modèle de société et de démocratie qui pousse tout le monde à travailler ensemble. Alors, oui, il y a quelques gouvernements qui n’ont pas évolué vers cette défense universelle de notre modèle ; qui mettent sur la même ligne Bruxelles et Moscou ; qui simplifient les choses et polarisent l’opinion. Plusieurs clivages (villes contre territoires, religions, etc.) sont encore très présents dans cette Europe « illibérale ». Tous les pays européens sont passés par là. Il y aura demain une nouvelle génération en Hongrie, en Pologne et en Slovénie qui poussera vers le courant dominant et partagera nos valeurs.

En attendant cela bloque l’UE…

Oui, parfois. Cela gêne comme on l’a vu lors du dernier conseil européen sur la question des LGBT ou de la Russie. Mais ces blocages peuvent aussi aider l’Europe. Ils donnent des arguments à ceux qui veulent avancer plus vite en ayant recours, par exemple, à la majorité qualifiée ou à des formules alternatives. Ce n’est pas facile de bloquer l’UE. Prenez les vaccins ou le plan de relance ! Qui aurait dit, il y a quelques mois, que nous allions acheter quelque 4 milliards de doses pour l’ensemble des pays membres. Il faut voir la partie positive des choses.

L’immigration fait partie des points de blocage. Comment voyez-vous la situation ?

Le principal problème, c’est que nous n’avons pas de politique européenne en matière de migrations. Tous les événements auxquels on assiste dans les îles grecques, à Calais, aux Canaries, à Ceuta en sont le résultat. Or, il y a de quoi s’alarmer alors que 20 millions de personnes en Afrique du nord n’ont pu travailler dans le tourisme du fait de la pandémie ; que les talibans sont en train de reprendre la main en Afghanistan et que le dérèglement climatique pousse les gens à l’exil. C’est pourquoi nous avons mis sur la table, en septembre, le « pacte sur la migration et l’asile ». Il comprend trois volets. Le premier vise à nouer des accords très poussés avec les pays d’origine et de transit. On ne peut pas gérer la situation en interne si on ne le fait pas en externe. Le second volet concerne le renforcement de Frontex et des frontières européennes avec des procédures très claires et des retours rapides. Le troisième touche à la solidarité avec la mise en place d’un système de partage du fardeau sans recourir à des quotas. Dès qu’un Etat membre sollicitera de l’aide, l’idée est de lui offrir, sans conditions, le niveau de solidarité requis. Cela peut être une présence immédiate pour tenir la frontière, des délocalisations rapides ou l’envoi d’équipes pour gérer sur place les demandes d’asile, etc. Au cas où une demande ne serait pas totalement satisfaite, la Commission aura le droit d’imposer aux Etats membres la partie de solidarité manquante. Mais, à mon avis, ce ne sera pas nécessaire car il y aura tout un éventail de types de solidarité.

Quand ce paquet sera-t-il adopté ?

Je compte sur la présidence française pour faire avancer le dossier, tout du moins dans ses premiers mois. La France comme l’Allemagne est favorable à cette proposition mais je suis conscient qu’il puisse y avoir des limites en période de campagne électorale comme ce sera le cas dans les deux pays dans les semaines et mois à venir. Ce serait bien d’arriver à un accord complet d’ici à un an. L’Europe ne peut pas se permettre de ne pas avoir de politique commune en la matière.

Un an, n’est-ce pas déjà trop tard avec la pression qui monte ?

Nous sommes en début de budget, nous avons donc de l’argent pour intervenir dans ces pays. Nous pouvons aussi mobiliser les visas, les préférences commerciales, les bourses Erasmus… Il faut des partenariats gagnants-gagnants pour aider ces Etats à garder les migrants chez eux. Nous devons aussi les pousser à mieux assumer leurs contrôles aux frontières. Ce point fait consensus. C’est moins le cas pour le reste du paquet. Or, certains Etats membres ont indiqué qu’il n’était pas question de faire de la vente à la découpe. C’est tout ou rien.

Comment évoluent les relations avec la Turquie ?

C’est un voisin difficile. Mais comme dans chaque copropriété, il faut bien vivre avec ses voisins. Les Turcs continuent d’accueillir 3,5 millions de réfugiés syriens. Nous travaillons au renouvellement de l’accord avec Ankara, pour un montant d’environ 3 milliards d’euros. Pour la première fois, nous pourrions verser une partie de cette somme directement aux autorités qui gèrent la crise et plus uniquement aux ONG.

Et avec le Maroc et la Libye ?

Il y a eu des tensions avec l’Espagne mais dans l’ensemble, le Maroc joue le jeu. Je ne le vois pas comme un problème systémique. Ni la Libye où pour la première fois nous avons un gouvernement, donc un interlocuteur. Espérons en revanche que l’Afghanistan reste gérable.

Combien de migrants pourraient arriver dans le pire des scénarios ?

Le scénario noir, c’est celui dans lequel on ne sait pas. D’où la nécessité de trouver le plus rapidement possible un accord sur le pacte européen. L’absence de régulation des flux migratoires est aujourd’hui la première force d’attraction pour les trafiquants. Une aubaine !

Vous êtes aussi responsable du risque cyber. Que propose la Commission ?

C’est pour nous la priorité des priorités. La cybersécurité n’est plus cantonnée au silo technologique, c’est une question de sécurité nationale. L’attaque cyber contre le pipeline aux Etats-Unis, qui s’est traduite par une attaque sur une infrastructure physique critique, a servi de « wake up call » au Conseil européen. Tant qu’il ne se passait rien, on regardait le dossier de loin. Dès le mois de novembre, nous avons proposé avec Thierry Breton un paquet cyber qui est aujourd’hui sur la table du législateur. Il comprend une directive pour la sécurité des réseaux, une autre pour la protection des infrastructures critiques (ports, aéroports, nucléaire, réseaux d’énergies…) et la création d’une « cyber unit », un réseau d’experts européens. Notre écosystème doit être capable de répondre automatiquement à toute attaque transnationale.

Ethiopie: Quelle démocratie ?

Ethiopie: Quelle démocratie ?

 

Pour l’universitaire Eloi Ficquet, « la promesse enchantée de prospérité et de développement n’est plus qu’un mirage »(Interview dans l’Opinion)

 

 

Les législatives éthiopiennes, dont on attend les résultats, se sont tenues le 21 juin alors que l’armée fédérale est en guerre contre les forces de défense tigréennes. Historien et anthropologue spécialiste de la Corne de l’Afrique, maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Eloi Ficquet revient sur les enjeux de ce scrutin.

Quel sens donner aux législatives en Ethiopie ?

Les élections devaient sanctionner un nouvel horizon, le retour de l’optimisme, un dépassement du conflit. Malgré de grandes difficultés d’organisation, obligeant à plusieurs reports, il faut reconnaître au final que le scrutin s’est plutôt bien déroulé, dans le calme, là où il a pu se tenir. Cela marque – ou aurait dû marquer – l’installation au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed, et de son nouveau parti, le Parti de la Prospérité, après trois années de transition. Il a fait campagne sur le potentiel de développement de son pays, particulièrement dans le domaine agro-industriel. Il a fait l’apologie d’un futur prometteur pour effacer un présent qui n’est pas satisfaisant. Trois ans après son arrivée au pouvoir à l’issue d’une succession au sein du précédent parti majoritaire, son but était d’obtenir une légitimité par les urnes alors qu’il était fragilisé par le conflit au Tigré. Le pouvoir a ainsi cherché à dresser un rideau d’illusion démocratique pour expliquer que la crise est terminée. Le jour même du vote, Abiy Ahmed déclarait à la BBC qu’il n’y avait pas de famine au Tigré, que le conflit serait vite réglé. Mais les poches de résistance ont été plus fortes que ce discours de dissimulation. Une semaine après le vote, l’armée a décrété un cessez-le-feu unilatéral et abandonné ses positions à Mekele, la capitale régionale, immédiatement reprises par les forces de défense tigréennes.

Ces dernières menacent de poursuivre leur offensive dans le territoire amhara et jusqu’en Erythrée pour chasser l’armée de ce pays, qui combat aux côtés des forces fédérales éthiopiennes… Est-ce du bluff ?

Les forces de défense tigréennes maîtrisent le terrain. Elles s’étaient repliées dans les zones intérieures de montagne. C’est un paysage de vallées escarpées comparable à l’Afghanistan. Il est propice à des mouvements de guérilla, qui se déplacent discrètement et ont la confiance des populations. Ces forces ont largement repris le contrôle de leur région et ont poussé leur avantage en menant des opérations en région amhara où se trouvent stationnées des garnisons des forces fédérales. Elles ne souhaitent pas s’y établir de matière permanente mais veulent obtenir une position de force dans les négociations politiques à venir. Par ailleurs, le président érythréen, Issayas Afewerki, a envoyé toutes ses troupes, faites de conscrits de force, dans cette opération pour détruire ses rivaux historiques du Tigré. Après trente années de repli nationaliste et totalitaire, il se voyait en empereur de la Corne de l’Afrique. Son aventurisme militaire semble désormais voué à l’échec. Il pourrait le payer politiquement si son armée décidait de se retourner.

Le soutien populaire dont s’est prévalu Abiy Ahmed au début de son mandat n’est-il pas en train de s’éroder ?

Outre la situation de conflit, très largement occultée par la communication officielle, la population est affectée par la situation économique qui s’est fortement dégradée. La monnaie se déprécie. On échange un euro contre 60 birrs, soit 20 birrs de plus qu’avant le conflit. Celaa provoqué l’inflation des produits importés et a des conséquences sur le pouvoir d’achat des ménages. L’insécurité augmente dans la capitale, Addis Abeba ; le petit banditisme et la criminalité progressent. La promesse enchantée de prospérité et de développement n’est plus qu’un mirage.

«Le discours des Tigréens est constant: ils ne sont pas dans une logique séparatiste mais veulent exister de façon plus autonome dans un Etat fédéral. En réalité, l’Ethiopie n’est pas encore une nation unifiée»

Comment le Premier ministre a-t-il perdu le soutien des forces politiques et militaires du Tigré ?

Il y avait déjà des rivalités au sein de l’ex-Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF, alliance de quatre partis ethniques dominée par le Front de libération du peuple du Tigré-TPLF). C’était un pouvoir monopolistique sous la direction de Meles Zenawi, l’ancien Premier ministre décédé en 2012. La seule expression tolérée de voix d’opposition était incorporée dans le parti. En 2018, face au mouvement grandissant de mécontentement des Oromo, la majorité démographique du pays, la composante tigréenne a accepté d’abandonner sa position hégémonique pour se recentrer sur sa région afin de gouverner d’une manière plus décentralisée. Elle a confié le pouvoir aux Oromo. Ils ont à leur tour désigné en leur sein Abiy Ahmed. Ce dernier a ensuite dissous l’EPRDF et l’a remplacé par une nouvelle formation, le Parti de la prospérité, tout en permettant une ouverture politique aux partis d’opposition en exil. Une fois en poste, il a tenté de conserver les leviers politiques au niveau fédéral, ce qui a déclenché la révolte d’une partie des Oromo, puis des Tigréens.

Existe-t-il un risque de partition de la région tigréenne ?

On a surestimé l’avènement d’un scénario de dislocation de l’Etat, comme dans l’ex-Yougoslavie. C’est un risque, des factions extrémistes qui peuvent pousser dans ce sens-là. Mais pour l’instant, le discours des Tigréens est constant : ils ne sont pas dans une logique séparatiste mais veulent exister de façon plus autonome dans un Etat fédéral. En réalité, l’Ethiopie n’est pas encore une nation unifiée. C’est une forme de société impériale de type austro-hongrois qui a connu une série de révolutions des peuples, sans être encore stabilisée. Il faut laisser le temps à la construction d’un Etat indépendant tenant compte à la fois des polarités identitaires et de nombreuses zones de mixité. Les acteurs doivent trouver la définition du juste niveau de coordination fédérale. Cette crise doit pouvoir se régler à condition que tous les acteurs se mettent autour d’une table et prennent le temps de travailler pour définir de nouveaux équilibres. Or Abiy Ahmed a organisé la transition à son seul profit, en allant très vite. Cette crise est aussi une crise de l’accélération à l’échelle globale. Il faut faire un travail de réinvention politique, territoire par territoire, en trouvant les solutions idoines. Les Ethiopiens ont une culture politique fondée sur une histoire très profonde. Les acteurs diplomatiques internationaux et régionaux peuvent aider. Les militaires peuvent aussi amener le Premier ministre à la négociation. Ils ont mal vécu le fait d’être sous commandement érythréen dans la guerre au Tigré.

Russie et Chine s’opposent à l’adoption d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU sur l’Ethiopie. Est-ce un soutien à Abiy Ahmed ?

La Russie et la Chine exercent un blocage de principe depuis qu’elles estiment avoir été trompées par les Occidentaux lors de l’intervention de l’Otan en Libye. Cela ne doit pas être interprété comme un appui direct au régime d’Abiy Ahmed qui ne souhaite pas d’ingérence extérieure. Ces deux puissances sont dans une position d’observation. La Chine a beaucoup investi en Ethiopie qui est endettée à son égard. Elle est prudente et ne va pas s’aventurer dans une option incertaine. Pour les Occidentaux, le Premier ministre est une désillusion. Ils estiment avoir été abusés. Abiy Ahmed était proche de Mike Pence, l’ex-vice président américain, dans une alliance entre chrétiens évangéliques fanatiques porteurs de vérités alternatives. Tout son discours provient de ce registre d’exaltation religieuse et messianique. L’administration Biden ne le soutient plus. Même les Emirats arabes unis, qui l’ont appuyé au début dans sa guerre, ont commencé à prendre leurs distances.

Quelle stratégie industrielle de santé ?

Quelle  stratégie industrielle de santé ?

Nicolas Bouzou, économiste, auteur de Homo Sanitas (XO) et Olivier Bogillot, président de la Fédération française des industries de santé é voquent les perspectives d’une stratégie industrielle de santé innovante dans l’Opinion. (Une contribution intéressante mais avec un certain parfum de corporatisme assez contradictoire quand les labos Française ux-mêmes ont externalisé la plus grande partie de leur production l’étranger NDLR)) 

En France, le débat public sur la santé se focalise beaucoup sur la prise en charge des patients et peu sur la production des innovations en santé. Au début des années 2000, la France était le premier producteur de médicaments en Europe. Elle est aujourd’hui en 4e position. Ce déclassement est d’autant plus surprenant que la France pourrait, si elle s’en donnait les moyens, être à nouveau une terre d’innovation et de production enviée en matière de médicaments et de dispositifs médicaux.

Il faudrait pour cela définir ce que serait une politique industrielle volontariste et se donner les moyens de la faire appliquer. Le prochain Conseil stratégique pour les industries de santé (CSIS) qui rendra ses conclusions au gouvernement à la fin du mois, doit porter cette ambition. Evidemment, la prise de conscience sur la nécessité de muscler nos capacités d’innovation et de production en santé s’est largement faite à la faveur de la crise de la Covid-19. A ce titre, l’initiative portée par la France, l’Allemagne et l’Union européenne intitulée « Résilience de l’industrie médicale et pharmaceutique » annoncée le 31 mai dernier est une formidable opportunité.

Développer le secteur productif de la santé en France et en Europe est justifié car nous détenons au moins deux avantages compétitifs majeurs dans ces domaines. En amont, le capital humain européen en la matière est tout à fait exceptionnel, tant dans la recherche fondamentale qu’appliquée. Nous avons des chercheurs de très haut niveau en médecine, biologie, génétique, mais aussi en intelligence artificielle, informatique, mathématiques, qui sont les nouveaux outils pour développer des plus rapidement les innovations en santé.

Un grand nombre des chercheurs les plus demandés dans le monde ont été formés sur notre continent, y compris sur l’ARN messager révélé par la Covid-19, malheureusement, ils le quittent souvent, et nous devons tout faire pour les retenir. En aval, notre marché est attractif. Les pays européens accueillent des Etats providence dont le contrat social propose à chaque ressortissant les soins les plus adaptés, y compris quand ils sont innovants. Dans ce domaine, la France possède des atouts comme son système d’ATU (autorisations temporaires d’utilisation) qui permet à des patients souffrant de pathologies graves d’avoir accès à des traitements avant leur AMM (autorisation de mise sur le marché).

Qualité de la recherche, taille du marché, essais cliniques et autorisations temporaires d’utilisation sont autant d’actifs à valoriser

Avantages compétitifs. Malheureusement, nous n’exploitons pas suffisamment ces avantages compétitifs, comme en témoigne la désindustrialisation française en matière de santé mais aussi la relative faiblesse de l’implantation de grosses sociétés de biotechnologies. L’Allemagne possède 6 licornes en biotechnologie, dont 2 déca-cornes, la France aucune. Cette situation n’est pas inéluctable car notre pays possède deux domaines d’expertise exceptionnels dans lesquels elle peut développer des sociétés de biotech et acquérir des parts de marché significatives : la cancérologie et les thérapies géniques.

Nos centres de lutte contre le cancer, comme l’Institut Gustave Roussy ou l’Institut Curie, qui sont des structures privées (à but non lucratif), échappent en partie aux rigidités du public tout en se positionnant en pointe dans l’innovation. Ce sont dans leur discipline des pôles de référence mondiaux en matière de recherche et de soins. Dans les thérapies géniques, nos équipes de recherche sont réputées et une vingtaine d’entreprises françaises sont actives dans ce secteur.

Qualité de la recherche, taille du marché, essais cliniques et ATU sont autant d’actifs à valoriser. Dans ce domaine particulièrement innovant, l’excellence des soins découle de la localisation d’une chaîne de valeur (recherche, développement, production, commercialisation, parcours de soin, suivi des patients à long terme…) colocalisée à proximité des hôpitaux.

Co-investissement. Pour valoriser ces atouts, nous proposons trois solutions. Premièrement, les co-investissements entre secteur privé et pouvoirs publics doivent être généralisés avec des moyens conséquents, exactement comme les Etats-Unis l’ont fait il y a un an avec les vaccins. Les thérapies géniques ou les nouveaux médicaments en cancérologie, qui s’adressent à des cohortes de patient peu nombreux, se prêtent particulièrement bien à ce type de coopérations.

La France doit clairement revendiquer que c’est chez nous que les innovations sont lancées en premier au niveau international à un prix satisfaisant

Deuxièmement, la France doit s’appuyer sur le système des ATU, et clairement revendiquer que c’est chez nous que les innovations sont lancées en premier au niveau international à un prix satisfaisant. Un accès au marché rapide et une croissance attira les industriels du monde entier.

Troisièmement, la fixation des prix des innovations doit intégrer des incitations économiques à localiser recherche et production sur le sol français. Si la France redevient un marché en croissance pour les industriels, notre économie doit en tirer des contreparties en termes d’investissements et d’emplois. Après ce traumatisme collectif que fut cette crise, il serait formidable de faire de la France un phare pour l’innovation et la production en santé. Les avantages seraient économiques et symboliques. Et c’est possible !

Nicolas Bouzou, économiste, auteur de Homo Sanitas (XO) et Olivier Bogillot, président de la Fédération française des industries de santé.

Quelle intégration des musulmans dans la République ?

Quelle intégration des musulmans dans la République ?

« Nous devons tout faire pour que nos concitoyens, musulmans ou pas, comprennent la dimension culturelle de l’islam, sa part dans l’histoire de notre pays, et ainsi surmonter la dimension politique portée par un islam dévoyé »explique dans l’Opinion Sadek Beloucif est candidat à la présidence de la Fondation de l’islam de France.

 

 

Candidat à la présidence de la Fondation de l’islam de France (FIF), Sadek Beloucif a été reçu récemment par le Bureau central des cultes du ministère de l’Intérieur pour présenter sa vision. Chef du service d’anesthésie-réanimation à l’hôpital Avicenne de Bobigny et président du Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (Snam-HP), cet ancien membre du Conseil consultatif national d’éthique se confie sur le sens de sa candidature.

Pourquoi vous portez-vous candidat à la FIF dont vous dirigez le conseil d’orientation ?

Jean-Pierre Chevènement a porté ce projet sur ses fonts baptismaux. Les objectifs sont excellents : éducation sociale, aide à la recherche pour des doctorants, formation profane des imams, promotion de la laïcité et de la culture musulmane… La FIF est toutefois ensablée. Elle connaît un déficit de notoriété et de moyens financiers pour accomplir ses missions. Il faut combler ces lacunes avec autant d’humilité que de détermination. La FIF est un formidable outil qui, bien utilisé, peut servir la France et l’islam.

Que proposez-vous?

Les lettrés connaissent la FIF mais une grande partie de nos concitoyens n’en ont jamais entendu parler. La FIF doit être populaire. Elle doit parler aux Français non musulmans qui ne connaissent pas vraiment cette religion. Il faut s’adresser aussi aux Français musulmans, ceux de la majorité silencieuse, qui sont paisibles et qui ont une forte volonté d’intégration dans la communauté nationale. Certains, une petite minorité, sont tentés par un séparatisme. Sa réalisation marquerait la fin du projet d’intégration. Notre pays n’est pas communautariste mais a vocation à être universaliste. La religion relève du domaine privé, celui de l’intime. Lorsque Jean-Pierre Chevènement m’a demandé de prendre la tête du conseil d’orientation de la FIF, j’ai plaidé avec succès pour que des personnalités non musulmanes, fines connaisseuses de la culture d’islam, y entrent. Il est important que l’islam soit compris non seulement comme une foi mais aussi comme une question culturelle.

Quelle place doit avoir la FIF dans la structuration de l’islam de France ?

La FIF, par son expertise culturelle, va aider une telle structuration. L’islam de France doit comporter d’abord une instance « ordinale » (comme l’Ordre des avocats ou des médecins), ce que voulait représenter le Conseil français du culte musulman (CFCM). Celle-ci doit inclure des pouvoirs de « police du culte », même s’il n’y a pas, en islam sunnite, de clergé au sens hiérarchique du terme. Nous n’aurons pas l’équivalent d’un pape ou d’un grand rabbin. Mais nous aurons un Conseil des imams et nous avons une charte des principes pour l’islam de France, essentielle, car elle reprend les principes éthiques et républicains devant être approuvés par tous. Enfin, il faut aussi une instance de financement des fidèles pour le financement des aspects cultuels, un peu comme le denier du culte. Au sein de cet ensemble, la FIF a vocation à utiliser la culture pour promouvoir le dialogue au sein de la communauté nationale entre la République et les citoyens de culture musulmane, au bénéfice de tous les Français.

«La FIF doit être financée par une nouvelle génération de citoyens engagés acceptant de donner lors de leur déclaration de revenus à des organismes d’intérêt général et de bénéficier ainsi d’une part de réduction fiscale»

Les mécènes sont rares. Comment remédier à ce problème de financement?

D’abord faire appel à la générosité publique pour résoudre ce manque de notoriété et de moyens. D’autres fondations d’utilité publique aident à la lutte contre la pauvreté, la protection de l’enfance, la recherche médicale. La FIF doit être financée par une nouvelle génération de citoyens engagés acceptant de donner lors de leur déclaration de revenus à des organismes d’intérêt général et de bénéficier ainsi d’une part de réduction fiscale. Il faut aussi frapper aux portes des entreprises. Total est en train d’investir 17 milliards de dollars au Mozambique, pour un projet de grande ampleur, actuellement troublé par une minorité intégriste agissante. Nos champions de l’industrie ont tout intérêt à mieux connaître cette religion. Louis Vuitton possède plusieurs magasins à Singapour. Un tel développement mondial a forcément été réalisé en comprenant la culture locale… D’autres opportunités existent en sollicitant nos Grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, les chambres de commerce, les conseils régionaux…

L’Association musulmane pour l’Islam de France (Amif) est destinée à mobiliser les ressources pour le financement du culte…

Son président, Hakim El Karoui, est un homme talentueux. Je l’ai invité l’année dernière au CFCM pour que l’on travaille ensemble à la réalisation d’un modèle de mobilisation des ressources financières (N.D.L.R. : taxes sur le pèlerinage et le halal notamment) pour financer le culte musulman. Nous sommes encore dans les discussions pour arriver à monter cette instance unifiée, commune pour tous les musulmans.

La peur de l’islam est instrumentalisée politiquement. Que faire?

Il faut que la France puisse résoudre cette nouvelle « question d’Orient » en interne pour pouvoir avancer. Plusieurs éléments montrent que nous sommes en train d’y arriver. Le modèle anglais est plus communautariste. La France, c’est une communauté de destins, une citoyenneté. Quand j’étais petit à l’école, on m’apprenait que le soleil ne se couche jamais sur l’Empire. La France est un condensé du monde. Pour être présente et influente dans les domaines politique, économique, culturel et sociétal, elle doit comprendre ses différentes racines. La marche des Beurs en 1983 a montré la volonté d’une génération montante d’être des Français à part entière. L’intégration de la communauté musulmane dans la République est un vecteur de « faire ensemble », plus difficile à réaliser que le simple « vivre ensemble ». Pour y contribuer, nous devons tout faire pour que nos concitoyens, musulmans ou pas, comprennent la dimension culturelle de l’islam, sa part dans l’histoire de notre pays et de notre civilisation, et ainsi parviennent à surmonter la dimension politique portée par un islam dévoyé.

Vous revendiquez votre appartenance à un humanisme éclairé?

Je ne sais pas si je suis un musulman éclairé. Je suis dans l’islam des familles. Je n’étale pas mon appartenance religieuse, mais je ne tais pas ma foi. On dit en islam : « ​Il ne faut pas que l’ignorant garde son ignorance et il ne faut pas que le savant garde pour lui seul sa science ​». Tout homme a un impératif de perfectionnement, d’apprentissage des cultures, de partage. C’est la raison d’être de l’association L’Islam au XXIe siècle que je préside. La situation est trop difficile pour que l’on ne fasse pas « ​société ensemble ​» quand on voit le traumatisme provoqué par les attentats. La FIF doit expliquer l’importance d’une citoyenneté commune, d’une part aux Français qui en ont parfois peur et d’autre part aux musulmans de France pour un islam pleinement inséré dans la République.

Comment jugez-vous le bilan du président actuel de la FIF, Ghaleb Bencheikh ?

C’est un homme de qualité, doté d’une finesse d’esprit, mais il est affaibli. La FIF a du mal à avancer, pâtit d’un déficit de notoriété et ne dispose pas des ressources financières suffisantes pour mener à bien ses projets. Elle manque d’indépendance et son président a voulu composer en attirant des financements de la Ligue islamique mondiale (N.D.L.R. : sous tutelle de l’Arabie saoudite)

Quelle pérennité des cryptomonnaies ?

Quelle pérennité des  cryptomonnaies ?

Un article dans le Wall Street Journal de Peter Santilli, Caitlin Ostroff et Paul Vigna 

 

Les cryptomonnaies comme le bitcoin, l’ether et le dogecoin ont atteint des pics que peu d’investisseurs auraient imaginé il y a un an. Même les traders les plus optimistes ne peuvent pas s’empêcher de s’interroger sur la pérennité de ce rebond.

Les forces sous-tendant cette ruée vers les cryptomonnaies rappellent celles qui ont fait grimper les actions GameStop cette année. Le surplus d’argent des chèques d’aide pour soutenir les plus démunis a également alimenté les comptes en Bourse sans frais de courtage. Par ailleurs, dans le monde entier, les gens ont passé davantage de temps chez eux, face à des écrans, alors que les entreprises étaient fermées en raison de la crise sanitaire.

Les restrictions imposées au trading d’actions par certaines maisons de courtage cette année ont peut-être poussé certains boursicoteurs de Reddit à se tourner vers les cryptomonnaies, estiment des investisseurs. L’adoption du bitcoin et d’autres monnaies numériques par le patron de Tesla, Elon Musk, et l’introduction en Bourse à Wall Street de la plateforme d’échange de cryptomonnaies Coinbase ont également nourri ce rebond.

Au-delà du bitcoin

L’appétit pour les jetons non fongibles (ou NFT) a abouti à une explosion d’activité sur Ethereum, le réseau informatique reposant sur la blockchain sur lequel s’appuie la plupart des NFT. Le prix de l’ether, la monnaie interne du réseau, a atteint des records, alors que davantage de personnes ont adopté cette technologie. Les NFT sont des actifs comparables à des bitcoins reliés à des œuvres d’art numériques ou d’autres objets physiques et vendus comme bien numérique unique.

Au cours d’une année où des investisseurs particuliers ont fait grimper le prix de certains actifs, aucune évolution sur les marchés des monnaies numériques ne définit plus le pouvoir des mèmes Internet que l’essor du dogecoin. Cette cryptomonnaie lancée comme une plaisanterie a néanmoins gagné plus de 10 000 % en 2021 en date de vendredi 14 mai.

La valorisation du dogecoin a dépassé 80 milliards de dollars lors de son pic de 2021 atteint en mai, contre 600 millions de dollars à la fin de l’année dernière. L’attention portée à cette monnaie par Elon Musk et le rappeur Snoop Dogg, entre autres, a transformé les utilisateurs des réseaux sociaux en investisseurs et a encouragé de nouveaux acheteurs à faire leur entrée, avec l’objectif de faire grimper la cryptomonnaie à 1 dollar. Elle s’échange actuellement à 50 cents.

Les créateurs du dogecoin n’avaient jamais prévu qu’il prenne une valeur significative. Mais les investisseurs spéculent sur un futur rallye basé uniquement sur les effets des réseaux sociaux. Cela peut les rendre plus vulnérables aux pertes et aux fortes fluctuations, une fois le buzz essoufflé.

Les fortes fluctuations du dogecoin représentent aussi un avertissement pour les investisseurs en bitcoins. Si les promoteurs de la première cryptomonnaie soulignent son utilité pour se protéger de l’inflation ou s’en servir comme valeur de réserve, aucun historique à long terme ne confirme ses mérites dans ces deux fonctions, et sa valorisation est étroitement liée au sentiment du marché. Si l’opinion générale lui devient défavorable, le cours de la monnaie peut chuter, alors que la hausse du cours du bitcoin constitue son principal attrait pour les nouveaux investisseurs.

Les investisseurs haussiers sur le bitcoin aiment mettre en avant l’adoption croissante de la cryptomonnaie par les investisseurs institutionnels comme un moteur du rallye, mais des signes indiquent que la demande des institutionnels a fléchi au cours des derniers mois, bien que le cours ait continué de grimper. Le nombre de grosses transactions sur le bitcoin, typiques des gestionnaires de fonds professionnels, a légèrement reculé au premier trimestre, par rapport au trimestre précédent, selon un rapport de la plateforme de trading de cryptomonnaie OKEx. Les flux dans les produits négociés sur les plateformes d’échange de crypto ont également baissé, après avoir atteint un pic en janvier, selon CoinShares, une société de gestion d’actifs basée à Londres.

Le volume d’échanges a augmenté pendant la pandémie, car un nombre croissant d’investisseurs ont eu accès aux marchés crypto par le biais de différentes plateformes. A noter que la valeur du volume des produits dérivés a dépassé celle du marché spot, les investisseurs ayant placé plus de 200 milliards de dollars en paris sur les actifs numériques lors des journées les plus actives de l’année.

Le recours de plus en plus fréquent aux produits dérivés sur les cryptomonnaies est significatif, car les investisseurs peuvent utiliser ces marchés pour faire des paris sur de fortes sommes en n’avançant qu’une petite partie de l’argent, profitant de l’effet de levier, selon la méthode d’emprunter pour amplifier le rendement. Une grande partie de la hausse de l’activité sur les contrats à terme et options intervient sur des plateformes de dérivés de cryptomonnaies peu réglementées, qui autorisent un levier plus important que des marchés à terme américains comme CME Group. Le recours à un effet de levier important peut accélérer les pertes pour les investisseurs en cas de baisse des cours.

Gonflée par l’essor du bitcoin, de l’ether et du dogecoin, la valorisation des cryptomonnaies a grimpé à plus de 2 000 milliards de dollars, contre 260 milliards de dollars, il y a un an. Avec une valorisation d’environ 67 milliards de dollars, à lui seul, le dogecoin vaut plus que 75 % des entreprises cotées au S&P 500. Bien que les monnaies numériques aient bondi au cours des derniers mois, cette catégorie d’actifs ne représente qu’une fraction des marchés des actions, des obligations et de l’or.

Malgré ses progrès, le bitcoin peine à trouver un autre rôle que celui d’outil de spéculation. Certains observateurs du secteur estiment qu’il doit gagner du terrain en tant que moyen de paiement pour devenir plus universel. Il n’est pas facile de le dépenser et son utilisation est généralement réservée à des achats haut de gamme.

L’un des obstacles majeurs réside dans les frais de transaction intégrés dans le code du réseau, qui varient selon le trafic. Les utilisateurs paient des commissions plus élevées pour placer leur transaction au début de la file de traitement. Les tarifs ont grimpé en flèche avec l’explosion de popularité des cryptomonnaies, limitant l’intérêt de recourir au bitcoin pour de petites transactions.

Au fil des ans, beaucoup d’entreprises ont révélé leur intention d’accepter le paiement en bitcoin à l’avenir, avant d’abandonner ce projet. Même Elon Musk a annoncé mercredi sur Twitter que Tesla allait suspendre le mode de paiement en bitcoin pour ses véhicules électriques.

L’entrepreneur milliardaire a évoqué un autre défi pour le secteur : les inquiétudes autour de l’impact environnemental du minage de la cryptomonnaie.

Le bitcoin dépend du travail de différents ordinateurs en concurrence pour débloquer de nouvelles unités en résolvant des problèmes mathématiques pour sécuriser le réseau, un processus appelé minage. Le rallye du bitcoin a engendré une augmentation du nombre d’ordinateurs tentant de débloquer de nouveaux bitcoins, et la rentabilité du minage a doublé depuis le début de l’année.

Cette évolution a fait naître des craintes que l’essor du bitcoin ait un impact écologique plus lourd que les autres cryptomonnaies, car davantage d’ordinateurs sont déployés pour trouver des bitcoins, et ils consomment plus d’électricité qu’auparavant.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Astrid Mélite)

La gauche : quelle utilité ?

La gauche : quelle utilité ?

Invité du «Talk Le Figaro», le sénateur du Val d’Oise et porte-parole du PS s’est interrogé sur l’utilité de la gauche.

Pour le sénateur du Val d’Oise et porte-parole du PS,  jeudi, sur le plateau du «Talk Le Figaro». «La politique, c’est de la dynamique autour d’un projet», a-t-il rappelé, se félicitant que les forces de gauche décident de se parler.

 

Sur une hypothétique union, «l’enjeu n’est pas d’avoir une coalition de logos, mais un projet pour la France», défend encore le sénateur socialiste du Val-d’Oise. Pour lui, peu importent les étiquettes, tous ceux qui souhaitent participer, sont les bienvenus, pour travailler, pour commencer à construire une majorité. À ce stade, selon lui, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Si plusieurs leaders de gauche se disent déjà candidats à présidence de la France, «la date de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, n’est pas arrivée», souligne le porte-parole du PS. Il rappelle aussi que l’automne est généralement propice aux ambitions, mais qu’ensuite «chacun devient raisonnable».

 

Rachid Temal estime que le progrès est indispensable aux classes moyennes et populaires, «ceux pour qui on se bat», pour faire avancer leur condition. Il y a aussi la question de la République et de la laïcité, sur laquelle le socialiste se dit «très intransigeant». Il estime que la République est une chance, que la gauche «porte l’émancipation». 

«La gauche n’est pas morte, elle existe», soutient fermement Rachid Temal. Aujourd’hui plus que jamais, face aux politiques de droite, «il faut que la gauche démontre son utilité pour les Français», abonde-t-il. Le problème évidemment c’est que 80 % de la population dans un récent sondage considèrent que la gauche est dans un très mauvais état. Pire, que le parti socialiste au mieux récupérerait autour de 6 % des voix aux élections présidentielles.

L’armée française veut recruter : mais pour quelle guerre ?

  • L’armée française veut recruter  : mais pour quelle guerre ?

 

 

  • L’armée commence sa grande opération Orion qui vise à mettre en valeur son armée auprès de l’opinion publique pour servir son image mais aussi faciliter le recrutement. L’armée française manquerait en effet de bras pour la guerre du futur. Le seul problème qui se pose est de savoir justement quel est ce futur. Or dans les milieux corporatistes de l’armée ont misé surtout sur une armée de métiers, une armée qui s’appuie essentiellement sur des moyens technologiques. Pour simplifier, la technique pour remplacer notamment l’infanterie.
  • La question centrale qui se pose est de savoir quelle sera la cible potentielle future. Il n’est pas certain que la guerre de demain prenne une tournure uniquement technologique. Première observation, la guerre se déroule aussi sur place à l’intérieur même des pays avec des extrémistes sous influence étrangère qui met en cause la sécurité.
  • L’opération Sentinelle effectuée dans le cadre du plan Vigipirate coûte environ un million d’euros , elle mobilise environ 10 000 soldats ce qui est considérable sur un total de 60 000.
  • En fait il s’agit surtout d’opérations de maintien de la sécurité interne dans le cadre de l’opération Vigipirate et du plan sentinelle. Des opérations de police. La France intervient aussi dans au moins une douzaine de théâtres d’opérations externes (au Sahel en particulier avec l’opération barkhane). Là encore ce sont surtout des forces classiques qui sont nécessaires car là aussi on se bat surtout contre des extrémistes et surtout des islamistes comme à l’intérieur des frontières.
  • Contrairement à ce que pense la majorité des autorités militaires la guerre prochaine ne sera pas forcément uniquement technologique mais traditionnelle pour assurer la sécurité en France et dans les pays avec lesquels nous entretenons des liens. De ce point de vue, la France manque cruellement d’hommes. Témoin les difficultés de l’opération barkhane  au Sahel où l’on tente d’assurer la sécurité d’une zone immense 10 fois plus grande que la France avec seulement 5000 soldats français ! Il en faudrait évidemment au moins 10 fois plus. C’est-à-dire à peu près la totalité des effectifs de l’armée. Tout cela renvoie à la question de l’intérêt du rétablissement du service militaire car pour l’essentiel la fonction centrale de l’armée sera d’assurer la sécurité et tout simplement des missions de police.

Quelle transparence de la monnaie électronique

Quelle transparence de la monnaie électronique

Surveillance, souveraineté et propriété des données, tels sont trois enjeux cruciaux liés à la monnaie électronique, détaille la sociologue Jeanne Lazarus dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

L’affaire semble entendue : l’argent liquide est voué à disparaître au profit des moyens de paiement électroniques, de la carte bancaire à la puce greffée en passant par les QR codes scannés avec les téléphones portables et les prélèvements automatiques. En parallèle, les cryptomonnaies concurrencent les monnaies nationales et affichent pour ambition de remplacer les banques traditionnelles par des systèmes indépendants des Etats.

Les fintech – ces entreprises qui ont fleuri grâce aux avancées technologiques et à l’ouverture du marché des paiements à des acteurs non bancaires par les directives européennes de 2007 et 2015 – ne cessent d’améliorer la fiabilité et la facilité d’usage de leurs services. L’argent liquide coûte cher à fabriquer et à entretenir, il est falsifiable, incontrôlable et peut servir à des activités illégales, du travail au noir, du blanchiment ou de l’évasion fiscale : les gouvernements auraient donc tout intérêt à le remplacer par de l’argent électronique, plus facile à tracer.

Pourtant, à y regarder de plus près, l’argent liquide fait plus que résister. La Suède, exemple sans cesse mis en avant d’un pays sur le point de supprimer le cash, a promulgué une loi, le 1er janvier 2020, exigeant « l’approvisionnement d’un niveau suffisant de services pour obtenir de l’argent liquide ». En effet, utiliser l’argent électronique exige de savoir utiliser les outils qui en sont le support, excluant potentiellement les plus âgés, les personnes porteuses de certains handicaps ou les enfants. Mais au-delà de l’aspect technique, ces modalités de paiement nécessitent l’enregistrement dans les réseaux administratifs sur lesquels ils s’appuient, ce qui signifie qu’il faut renseigner son identité, posséder un compte en banque et une adresse stable. Le potentiel d’exclusion des paiements électroniques est plus important qu’il n’y paraît.

Dans la zone euro, d’après les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), le cash reste majoritaire pour les paiements dans les magasins : 79 % d’entre eux en 2016, 73 % en 2019. Si la crise sanitaire a renforcé les paiements sans contact – le geste barrière du paiement –, elle n’a pas supprimé le cash, bien au contraire. Il y aurait même un « paradoxe du billet de banque », selon les analystes de la BCE : la quantité de billets en circulation ne cesse de croître dans la zone euro, alors même que les paiements en argent liquide diminuent. L’explication est que ces billets servent de « réserve de valeur ». Autrement dit, ils sont conservés dans des coffres ou sous des matelas. La crise, comme les taux d’intérêt négatifs, renforce sans doute cette pratique.

 

Monnaie électronique: quelle transparence ?

Monnaie électronique: quelle transparence ? 

 

Surveillance, souveraineté et propriété des données, tels sont trois enjeux cruciaux liés à la monnaie électronique, détaille la sociologue Jeanne Lazarus dans une tribune au « Monde ».

 

 

Tribune.
 L’affaire semble entendue : l’argent liquide est voué à disparaître au profit des moyens de paiement électroniques, de la carte bancaire à la puce greffée en passant par les QR codes scannés avec les téléphones portables et les prélèvements automatiques. En parallèle, les cryptomonnaies concurrencent les monnaies nationales et affichent pour ambition de remplacer les banques traditionnelles par des systèmes indépendants des Etats. 

Les fintech – ces entreprises qui ont fleuri grâce aux avancées technologiques et à l’ouverture du marché des paiements à des acteurs non bancaires par les directives européennes de 2007 et 2015 – ne cessent d’améliorer la fiabilité et la facilité d’usage de leurs services. L’argent liquide coûte cher à fabriquer et à entretenir, il est falsifiable, incontrôlable et peut servir à des activités illégales, du travail au noir, du blanchiment ou de l’évasion fiscale : les gouvernements auraient donc tout intérêt à le remplacer par de l’argent électronique, plus facile à tracer.

 


 

Pourtant, à y regarder de plus près, l’argent liquide fait plus que résister. La Suède, exemple sans cesse mis en avant d’un pays sur le point de supprimer le cash, a promulgué une loi, le 1er janvier 2020, exigeant « l’approvisionnement d’un niveau suffisant de services pour obtenir de l’argent liquide ». En effet, utiliser l’argent électronique exige de savoir utiliser les outils qui en sont le support, excluant potentiellement les plus âgés, les personnes porteuses de certains handicaps ou les enfants. Mais au-delà de l’aspect technique, ces modalités de paiement nécessitent l’enregistrement dans les réseaux administratifs sur lesquels ils s’appuient, ce qui signifie qu’il faut renseigner son identité, posséder un compte en banque et une adresse stable. Le potentiel d’exclusion des paiements électroniques est plus important qu’il n’y paraît.

Le « paradoxe du billet de banque »

Dans la zone euro, d’après les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), le cash reste majoritaire pour les paiements dans les magasins : 79 % d’entre eux en 2016, 73 % en 2019. Si la crise sanitaire a renforcé les paiements sans contact – le geste barrière du paiement –, elle n’a pas supprimé le cash, bien au contraire. Il y aurait même un « paradoxe du billet de banque », selon les analystes de la BCE : la quantité de billets en circulation ne cesse de croître dans la zone euro, alors même que les paiements en argent liquide diminuent. L’explication est que ces billets servent de « réserve de valeur ». Autrement dit, ils sont conservés dans des coffres ou sous des matelas. La crise, comme les taux d’intérêt négatifs, renforce sans doute cette pratique.

Géants du numérique : les Etas-Unis veulent un accord mondial, mais de quelle ampleur

Géants du numérique : les Etas-Unis veulent un accord mondial,

mais de quelle ampleur ?

 

Les Etats unis soutiennent l’idée d’un  accord mondial actuellement en discussion sur les géants du numérique à l’OCDE. Le problème est de savoir quelle en sera l’ampleur car les soit surtout visées sont essentiellement américaines (plus certaines chinoises).

 

La taxation pourrait être assez symbolique pour ne pas remettre en cause l’hégémonie américaine dans ce domaine.

Dans un communiqué, le département américain du Trésor a indiqué que Janet Yellen avait souligné le soutien des Etats-Unis pour une reprise économique solide et présenté les projets de l’administration de Joe Biden pour appuyer l’emploi et les investissements aux Etats-Unis.

En janvier, le ministère français de l’Economie avait fait état d’une précédente discussion entre Bruno Le Maire et Janet Yellen lors de laquelle les deux représentants étaient convenus de la nécessité de trouver des solutions multilatérales en matière de taxation des entreprises multinationales.

Quelle est la valeur de l’eau ?

Quelle est la  valeur de l’eau ?

 

La valeur de cette ressource ne doit pas se mesurer à l’aune des bénéfices économiques qu’elle engendre, mais en prenant pleinement en compte ses retombées sanitaires, sociales et culturelles, fait valoir l’Unesco dans un rapport.( un article de la Tribune)

 

 

Alors que l’eau est essentielle pour la survie de l’être humain, plus de 2 milliards d’entre eux restent confrontés à un stress hydrique. Le constat est d’autant plus alarmant que, pour ceux auxquels elle ne fait pas défaut, « elle est trop souvent tenue comme une évidence acquise, traitée sans parcimonie ni égards », regrettent les auteurs du rapport 2021 de l’Unesco sur la question. Publiée ce lundi à l’occasion de la Journée internationale de l’eau, l’étude déplore son gaspillage et sa mauvaise gestion par les Etats. « L’importance de cette ressource vitale ne transparaît pas de façon appropriée dans l’attention politique et les investissements financiers propres à de nombreuses régions du monde », peut-on lire.

Pourtant, l’eau douce fait de plus en plus figure de ressource rare. Près de 4 milliards de personnes vivent ainsi « dans des zones touchées par une grave pénurie d’eau au moins un mois par an ». Quelque 3,4 milliards d’êtres humains, soit 45% de la population mondiale, n’ont toujours pas accès à des installations d’assainissement suffisamment fiables. Et cela ne va pas en s’améliorant : des études indépendantes établissent que, d’ici à 2030, il nous manquera 40% de l’eau dont nous aurons besoin, à l’échelle planétaire.

Des services écosystémiques mal pris en compte

Pour y remédier, l’Unesco réclame que l’eau soit considérée à sa juste valeur, « souvent largement sous-estimée ». D’abord à sa juste valeur économique puisque l’OMS estime que, dans 136 pays à revenu faible et intermédiaire, le manque de service d’eau et d’assainissement entraîne des pertes économiques annuelles de 260 milliards de dollars – l’équivalent de 1,5% de leur PIB. Mais aussi, plus largement, en ayant en tête la myriade de retombées positives de cette ressource vitale, qui répond à la fois à « un rôle sanitaire, social et culturel, au cœur des sociétés humaines », rappelle la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay. Souvent jugée au prisme de son prix ou de son coût, elle rend pourtant des « services écosystémiques », mal pris en compte par des Etats qui les connaissent mal.

« Souvent utilisée pour orienter les décisions politiques, la comptabilité économique classique tend à estimer la valeur de l’eau de la même manière que la plupart des autres biens — c’est-à-dire, en se basant sur le prix ou les coûts de l’eau lors de transactions économiques. [...] Si la valorisation monétaire présente l’avantage d’être pratique et facile à lire dans l’agriculture et l’industrie, elle présente l’inconvénient de sous-estimer, voire d’exclure, d’autres aspects plus difficiles à monétiser. Comment quantifier la signification des 443 millions de jours d’école manqués chaque année en raison de maladies liées à l’eau ? », interrogent les auteurs.

Sortir du prisme économique

Mais aujourd’hui, les outils à disposition pour estimer la valeur de l’eau « ont tendance à la réduire à son seul aspect économique », note l’étude. « Ils sont à la fois imparfaits et mal utilisés. » Pour contrôler l’utilisation des ressources, il faut pourtant contrôler la manière dont est établie leur utilité. « Ne pas [leur] attribuer assez de valeur dans tous ses emplois constitue une cause majeure, voire un symptôme, de la négligence politique vis-à-vis de l’eau de la mauvaise gestion de celles-ci », assure l’Unesco. Elle défend ainsi la mise en place de méthodes d’évaluation plus fiables, afin de mesurer « ce que nous offrent les écosystèmes naturels, et ce dont on se prive en les détruisant ».

En s’éloignant de l’approche par les coûts et les rendements financiers, cette démarche pourrait donner « plus de poids aux processus écologiques », et recentrer les efforts sur le partage des bénéfices, plutôt que d’affecter des quantités d’eau à des priorités de plus grande valeur économique. Les auteurs incitent ainsi à valoriser son utilisation à la fois directement dans l’environnement, mais aussi par l’amélioration des infrastructures hydrauliques. En effet, près de 1,6 milliard de personnes subissent une pénurie d’eau « économique », ce qui signifie que même si l’eau est physiquement disponible, cette population ne dispose pas des aménagements nécessaires pour y accéder. Par ailleurs, le rapport appelle à agir sur les services d’approvisionnement, d’assainissement et d’hygiène, ou encore sur l’optimisation de l’eau dans des secteurs très consommateurs, à l’instar de l’agriculture.

Optimiser l’utilisation de l’eau dans l’agriculture

Pour cause, cette dernière concentre 69% de l’eau prélevée sur terre, essentiellement à des fins d’irrigation, mais aussi pour l’élevage et l’aquaculture. Un taux qui peut atteindre les 95% dans certains pays. Surtout, selon des estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), basées sur un scénario de maintien du statu quo, le monde aura besoin d’environ 60 % de nourriture supplémentaire d’ici à 2050. « Au cours des prochaines décennies, de nombreuses parties du monde risquent d’être confrontées à des conditions de pénurie d’eau absolue ou saisonnière, causées par une compétition croissante entre l’agriculture et les autres secteurs, et à une disponibilité en eau plus variable à cause du changement climatique », alerte l’Unesco.

Mais dans ce secteur, ce n’est pas parce que la ressource hydrique est nécessaire que les producteurs lui accordent une valeur tarifaire importante. Là encore, cette dernière prend seulement en compte les bénéfices économiques, en délaissant les avantages socioculturels ou environnementaux. Et dans de nombreuses régions, l’eau destinée à la production alimentaire est utilisée « de manière inefficace ». Ce qui entraîne une dégradation majeure de l’environnement, notamment l’épuisement des nappes aquifères, la réduction du débit des rivières, la dégradation des habitats de la faune et la pollution.

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