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Quel impact des feux de forêt canadiens en Europe ?

Quel impact des feux de forêt canadiens en Europe ?

La fumée de plus d’une centaine de feux de forêt au Canada s’est répandue jusque dans les villes nord-américaines, pourtant situées loin des foyers. Le 7 juin 2023, New York et Detroit ont ainsi été classées parmi les cinq villes les plus polluées du monde à cause de ces lointains incendies. La fumée de ces mégafeux traverse maintenant l’Atlantique vers l’Europe – avec un pic attendu en France mercredi ou jeudi.

Chris Migliaccio, toxicologue à l’université du Montana, étudie l’impact de la fumée des incendies de forêt sur la santé humaine. Quels sont les risques auxquels on peut être confrontés, même à des centaines de kilomètres de distance ? dans The Conversation

Lorsque nous parlons de la qualité de l’air, nous parlons souvent des « PM2,5 ». Il s’agit de particules en suspension dans l’air d’un diamètre de 2,5 microns ou moins, suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les poumons.

L’exposition aux PM2,5 provenant de la fumée, ou d’autres pollutions atmosphériques telles que les émissions des véhicules, peut exacerber des problèmes de santé tels que l’asthme et réduire la fonction pulmonaire. Ce qui peut aggraver les problèmes respiratoires existants de même que certaines maladies cardiaques.

Mais le terme PM2,5 ne renseigne que sur la taille : pas sur la composition – ce qui brûle dans l’incendie qui les libère peut faire une différence significative dans la chimie.

Dans le nord des Rocheuses, la plupart des incendies sont alimentés par la végétation, mais toutes les végétations ne sont pas identiques.

De plus, si l’incendie se situe dans les zones périurbaines, à la jonction entre ville et nature, les combustibles manufacturés provenant des habitations et des véhicules peuvent également brûler, ce qui va créer une autre chimie toxique. On peut mentionner les composés organiques volatils (COV), le monoxyde de carbone (CO) et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) produits lors de la combustion qui sont susceptibles de nuire à la santé humaine.

Si vous avez déjà été près d’un feu de camp et que vous avez reçu un panache de fumée au visage, vous avez probablement ressenti une certaine gêne… L’exposition à la fumée des feux de forêt entraîne en effet une irritation du nez et de la gorge, voire une inflammation locale. Si vous êtes en bonne santé, votre corps sera bien sûr largement capable de le supporter.

Comme pour beaucoup de choses, c’est la dose qui fait le poison – presque tout peut être nocif à une certaine dose…

En général, les cellules immunitaires situées dans nos poumons, les macrophages, y ramassent les particules étrangères et les éliminent – jusqu’à une certaine dose, donc. C’est lorsque le système est débordé qu’il peut y avoir un problème.

Illustration d’une petite section de poumons montrant les alvéoles et, à l’intérieur des alvéoles, des macrophages
C’est au niveau des alvéoles pulmonaires que se font les échanges gazeux de la respiration. S’y trouvent également des cellules du système immunitaire : des macrophages. P. Brieux, Anatomy and Physiology, CC BY-SA
L’une des préoccupations est que la fumée peut neutraliser l’action des macrophages, ou tout du moins la modifier suffisamment pour que vous deveniez plus sensible aux infections respiratoires.

Une étude sur le temps de latence dans l’effet de l’exposition à la fumée des feux de forêt a montré une augmentation des cas de grippe après une mauvaise saison d’incendies. D’autres, menées dans les pays en développement, ont de la même façon révélé une augmentation des infections respiratoires chez les personnes qui cuisinent sur des feux ouverts dans les maisons.

Le stress d’une réaction inflammatoire peut également exacerber des problèmes de santé existants. Le fait d’être exposé à la fumée de bois ne provoquera pas en soi une crise cardiaque… mais si une personne présente des facteurs de prédisposition sous-jacents, tels qu’une accumulation importante de plaques d’athérome en cas de cholestérol, le stress supplémentaire peut augmenter le risque.

Les chercheurs étudient aussi les effets potentiels sur le cerveau et le système nerveux des particules inhalées.

Lorsque la fumée se propage sur de longues distances, sa toxicité change-t-elle ?
Nous savons que la chimie de la fumée des incendies de forêt change. Plus elle reste longtemps dans l’atmosphère, plus elle sera altérée par la lumière ultraviolette. Nous avons encore toutefois beaucoup à apprendre sur le sujet.

Les chercheurs ont tout de même constaté qu’il semble y avoir un niveau d’oxydation plus élevé : plus la fumée reste longtemps dans l’air, plus des oxydants et des radicaux libres sont générés. Si les effets spécifiques sur la santé ne sont pas encore clairs, il semble qu’une plus grande exposition entraîne des effets plus importants.

L’hypothèse est que plus la fumée est exposée aux rayons UV, plus il y a de radicaux libres formés, et plus le risque d’effets nocifs est élevé. Là encore, il s’agit en grande partie d’une question de dose.

Denver a été classée parmi les villes les plus polluées au monde le 19 mai 2023, en grande partie à cause de la fumée des incendies de forêt en provenance de l’Alberta, au Canada. Colorado Air Pollution Control Division
Si vous êtes en bonne santé, il est plus que probable qu’une promenade à vélo ou une randonnée dans une fumée légère ne soit pas un problème pour vous : votre corps sera parfaitement capable de récupérer.

En revanche… si vous faites cela tous les jours pendant un mois dans la fumée d’un incendie, cela soulève d’autres questions.

J’ai ainsi participé à des études avec des habitants de Seeley Lake, dans le Montana, qui ont été exposés à des niveaux dangereux de PM2,5 provenant de la fumée des incendies de forêt pendant 49 jours en 2017. Un an plus tard, nous constations toujours une diminution de leur fonction pulmonaire. Personne n’a dû être placé sous oxygène, mais il y avait une baisse significative.

Il s’agit d’un domaine de recherche relativement nouveau, et nous avons encore beaucoup à apprendre, en particulier avec l’augmentation de l’activité des feux de forêt à mesure que la planète se réchauffe.

S’il y a de la fumée dans l’air, la seule chose à faire est d’essayer de réduire votre exposition.

Peut-on éviter la fumée ? Non, à moins d’être dans une maison hermétiquement fermée ou que vous disposiez d’un très bon système de chauffage, ventilation et climatisation, disposant par exemple de filtres MERV 15 ou supérieurs.

Les niveaux de particules ne sont en effet généralement pas très différents à l’intérieur et à l’extérieur. Mais le fait d’être à l’intérieur diminue votre activité : votre rythme respiratoire est donc plus lent et la quantité de fumée que vous inhalez est probablement plus faible.

Au Canada et au nord des États-Unis, le grand public a ressorti les masques pour se protéger des fumées. lev radin/Shutterstock
Nous avons également tendance à conseiller aux personnes potentiellement plus vulnérables, comme les asthmatiques, de créer un espace sûr à la maison et au bureau avec un système de filtration d’air autonome de haut niveau pour créer un espace où l’air est plus pur.

Certains masques peuvent aider. Un masque FFP2 (bien connu depuis le Covid) ne fait pas de mal par exemple. Par contre, un simple masque en tissu ne sera pas d’une grande utilité.

La plupart des États, dont la France, disposent de moniteurs de qualité de l’air qui peuvent vous donner une idée de la qualité de l’air, alors vérifiez ces sites et agissez en conséquence.

Quel avenir pour le syndicalisme ?

Quel avenir pour le syndicalisme ?

Par
Dominique Andolfatto
Professeur des universités en science politique, Université de Bourgogne – UBFC dans The Conversation

Le 15 juin, l’intersyndicale – qui a animé les mobilisations contre la réforme des retraites – s’est résolue à tourner la page de ce mouvement. Le 21 juin Marylise Léon succédera à Laurent Berger à la tête de la CFDT. Ce dernier vient de publier un livre sur ces événements, son rôle et, plus largement, les tensions que connaît le monde du travail. Cela ouvre une nouvelle période pour l’action syndicale. Quel bilan tirer de cette longue séquence qui a polarisé l’actualité sociale – voire politique – en France depuis plusieurs mois et comment envisager l’avenir de l’action collective ?

En 2019, une étude européenne – passée inaperçue en France – s’interrogeait sur le devenir du syndicalisme et, compte tenu des mutations à l’œuvre depuis un demi-siècle, traçait quatre scénarios d’évolution :

l’extinction du syndicalisme (liée à une désaffection sociale progressive et massive) ;

le repli (l’action collective ne serait plus que le fait d’« insiders » – bien intégrés dans des emplois correctement rémunérés – ou détriment des « outsiders », confrontés à de nouvelle formes d’emploi, non régulées et précaires) ;

le remplacement (soit l’émergence de nouvelles formes d’expression collective, portées par les pouvoirs publics, les employeurs ou issues du terrain) ;

la reconquête (tirant les leçons de leur déclin, les syndicats seraient capables de renouvellement afin de retrouver toute leur place dans le monde du travail et la société démocratique).

Après le semestre « chaud » que la France vient de connaître autour de la réforme des retraites, quel scénario se dessinerait concernant le syndicalisme dans l’hexagone ?

L’image des syndicats se serait redressée. C’est ce que montre, en particulier, un sondage Elabe, pour l’Institut Montaigne, publié le 6 avril 2023. Une majorité de Français (52 %) les perçoivent comme « un élément de dialogue de la société française », chiffre en progression de 12 points par rapport à une enquête comparable en 2020. Inversement, ils sont moins vus comme « un élément de blocage » de cette même société (46 %, pourcentage en recul de 13 points). Bref, le syndicat serait davantage perçu comme « modérateur » dans la société, un « médiateur » et, à l’encontre d’idées reçues, moins comme un vecteur par définition de contestation. Cela étant, le « baromètre de la confiance politique » (Sciences Po-Cevipof) ne traduit pas de remontée sensible de l’image des syndicats. Certes la dernière mesure de ce baromètre est intervenue début février 2023 (soit au début du mouvement social).

Mais deux journées de manifestations, rassemblant plus d’un million de personnes chacune (selon les chiffres du ministère du travail), était déjà intervenues. D’après ce même baromètre, la confiance des Français dans les syndicats est surtout remontée entre 2020 et 2022, passant alors de 27 % à 38 % avant de refluer légèrement (36 %) en 2023.

Plusieurs syndicats ont souligné aussi que le mouvement social du premier semestre 2023 avait relancé la syndicalisation, la CGT déclarant avoir gagné 30 000 adhérents les trois premiers mois de 2023 et la CFDT affichant un gain « exceptionnel » de 43 000 adhérents en cinq mois. Pour prendre la mesure de ces gains, il faut les rapporter aux effectifs officiels des deux organisations : environ 600 000 adhérents. La CGT et la CFDT aurait donc vu s’accroître leurs effectifs de quelque 5 à 7 % en quelques mois.

Au total, ces données – nuancées – ne traduisent pas une mutation mais bien d’un infléchissement, donnant raison au scénario d’une reconquête qui serait en marche. Toutefois, il faut rester prudent. Le baromètre du Cevipof indique que le militantisme syndical reste modeste : seuls 7 % des Français estiment que celui-ci peut influencer les décisions.

Le même baromètre révèle aussi un bond en faveur des manifestations et, plus encore, de la grève pour peser sur ces mêmes décisions. Dans cet objectif, la grève est jugée efficace pour 30 % des Français. Cependant, le mouvement social – piloté par l’intersyndicale (composées de 8 organisations syndicales et 5 organisations étudiantes ou lycéennes) – a privilégié la stratégie de la rue à celle de la grève, trouvant là une limite qui explique sans doute l’échec à obtenir le retrait de la réforme des retraites.

Cela mérite certes une étude plus approfondie mais, au contraire du mouvement social de 1995 (face à un précédent projet de réforme des retraites et, plus largement, de la Sécurité sociale), les manifestations de 2023 n’ont été que marginalement conjuguées avec des grèves et celles-ci n’étaient pas le fait de l’intersyndicale.

En outre, au contraire de contextes antérieurs – de nouveau en 1995 ou encore en 2006 (face au projet de « contrat première embauche », qui avaient vu la rue gagner face au pouvoir, celui-ci est resté uni et ferme sur ses positions. Le fait que la cible ait été manqué en 2023 nuance finalement le scénario de reconquête syndicale et on ne peut complètement évacuer des éléments des autres scénarios.

Celui de l’extinction est évidemment excessif mais le taux de syndicalisation en France – 10,3 % des salariés et seulement 7,8 % dans le secteur privé selon la dernière estimation du ministère du Travail – demeure structurellement faible et officiellement en « repli ».

En outre, ce taux apparaît surévalué consécutivement à un changement de mode de calcul. Il est aussi le plus faible des pays européens comparables.

La nouvelle secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, explique d’ailleurs la difficulté de recourir à la grève en raison de cette faiblesse.

Ce qui peut davantage inquiéter encore – malgré le succès des manifestations – c’est le recul de la présence syndicale sur le lieu de travail que montre le dépouillement du big data des dernières élections professionnelles : de 2013 à 2020 (dernière donnée disponible), cette présence par établissement a reculé de 11 % toute organisation confondue. Bien sûr, on peut faire l’hypothèse d’une inversion de cette tendance après le semestre des manifestations anti-retraite. Cependant, le secteur privé s’est montré assez peu présent dans celles-ci. Et une nouvelle mesure de cette présence syndicale par le ministère du Travail n’interviendra pas avant 2025.

Le scénario du remplacement ne peut pas non plus être complètement écarté. À sa manière, et partiellement, le mouvement des « gilets jaunes » l’a incarné et, en décembre dernier, la grève qui a touché les contrôleurs de la SNCF, en dehors des organisations syndicales habituelles, a traduit aussi une critique implicite de ces derniers, sans doute dans des logiques trop bureaucratiques, qui ne leur permettent pas toujours de porter les demandes de groupes qui s’estiment mal intégrés ou lésés.

De nouveaux mouvements sociaux, comme les Soulèvements de la Terre, ont également émergé ces dernières années, alliant lutte écologique et justice sociale.
Bref, l’action à la base, voire la « gilet-jaunisation » demeurent en embuscade. Sans parler de la réforme de la représentation du personnel dans les entreprises – consécutives aux ordonnances Macron de 2017 – qui, sous couvert de simplification, a complexifié en fait les relations professionnelles, exigeant des représentants une montée en expertise – voire en prise de responsabilité – qui les éloigne en fait des salariés sinon dénature leur rôle.

Reste le scénario du repli, celui d’un syndicalisme qui deviendrait d’abord une affaire d’« insiders » et, s’agissant de l’organisation, de « professionnels » du militantisme comme le sont les actuels leaders syndicaux.

Les manifestations, avec une présence relativement faible du secteur privé, les réticences à la grève – pour des raisons complexes, à la fois culturelles et économiques – traduisent bien ce dualisme de l’action syndicale. Le fait également que l’un des dirigeants du mouvement, sinon celui qui lui donnait son visage pour bien des médias et l’opinion, Laurent Berger, ait décidé brutalement d’annoncer sa démission mi-avril n’a pu qu’étonner.

Pourquoi partir alors que le mouvement battait son plein, même si gagner la bataille des retraites s’annonçait difficile ? On découvre alors que les agendas internes aux organisations ont primé sur le mouvement : Laurent Berger a obtenu en 2022 un nouveau mandat à la tête de la CFDT pour pouvoir conserver son mandat de président de la Confédération européenne des syndicats… mais il était programmé qu’il le perdrait en mai 2023, ce qui l’a conduit à annoncer aussi son départ de la CFDT en avril. Bref un double agenda personnel et organisationnel a préempté celui du mouvement social…

Parallèlement, l’intersyndicale a acté « n’avoir pas réussi à faire reculer le gouvernement » sur la réforme des retraites et les organisations syndicales annoncé de nouvelles priorités. Parmi ces dernières, discuter du rapport au travail en pleine mutation après la crise du Covid-19 et ce qui serait une « épidémie » de démissions silencieuses ; le pouvoir d’achat et la revalorisation des salaires ; le partage de la valeur (ou des profits engrangés par certaines entreprises depuis le retour de l’inflation) ; la question de l’environnement que le dernier communiqué de l’intersyndicale ne mentionne encore que trop rapidement alors que c’est un enjeu fondamental pour les années à venir…

Ces priorités seront-elles suffisantes pour susciter l’adhésion de tous, clé du succès comme l’écrivait Upton Sinclair à propos des travailleurs de Chicago, au début du XXe siècle, dans [La jungle](https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Jungle_(roman) ?

Diplôme : Le bac, quel avenir ?

Diplôme : Le bac, quel avenir ?

Le baccalauréat a-t-il toujours une valeur ? Et sert-il encore à quelque chose ? Nombreuses sont les péripéties ayant marqué la réforme du bac actée en 2019, instaurant 40 % de contrôle continu et la fin des séries de bac général S (scientifique), ES (économique et social) et L (littéraire) au profit d’une combinaison de spécialités – maths, histoire-géographie, langues, humanités, etc. – dont les épreuves finales sont organisées dès le mois de mars en terminale.

par Charles Hadji
Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes (UGA) dans The Conversation

La mise en place de cette nouvelle formule a été secouée tant par la crise du Covid-19 que par des résistances d’ordre syndical, ou idéologique, conduisant à interroger le sens de l’examen lui-même. La hauteur des derniers taux de réussite, jugés excessifs par beaucoup, ne conforte-t-elle pas l’idée que cet examen ne vaut plus rien ? Et la place prise par Parcoursup, et son calendrier, à conclure qu’il ne sert plus à rien ?

Pour trancher, il nous faut comprendre ce qui est en jeu, et être attentifs à la confrontation entre plusieurs logiques, de nature conflictuelle. En passant ainsi d’une vision statique à une vision dynamique du problème.

Le baccalauréat n’est pas un concours. Dans son travail consacré à La société du concours, Annabelle Allouch fait observer que, d’une façon générale, le renforcement du poids des concours s’accompagne d’une « dévalorisation du diplôme ». Le bac est un examen, qui atteste, en tant que diplôme, que l’on a suivi avec succès des études secondaires. Il témoigne de la réussite à une série d’épreuves de contrôle. Un concours est une modalité de sélection, qui permet de classer les candidats à un poste, ou une fonction, dans le cadre d’une politique de numerus clausus.

Le concours et l’examen diplômant imposent donc tous les deux le recours à des épreuves, mais avec des finalités différentes. Le diplôme certifie un niveau d’études. D’une certaine façon, il départage les reçus et les recalés, ceux qui atteignent le niveau requis et ceux qui ne l’atteignent pas. Mais il n’a pas pour fin de sélectionner. Le tri opéré par le concours est beaucoup plus sévère, car sa fin propre est de sélectionner, pour un nombre de places limité dès le départ. À l’examen, il faut réussir. Au concours, « réussir mieux que les autres ». Ce n’est pas du tout la même chose…

Dans ces conditions, on peut se demander si l’entrée en jeu de Parcoursup ne chamboule pas les règles du jeu, au point de « tuer » le baccalauréat, selon un titre du Monde en juillet 2022. Ce qui marquerait le triomphe du concours sur le diplôme. Car Parcoursup a été créé pour ajuster des souhaits individuels avec des offres institutionnelles de formation, ce qui impose une analyse en termes de rencontre. Or, en fin du secondaire, la correspondance entre les demandes des élèves et l’offre de places disponibles est loin d’être harmonieuse.

De facto, la sélection se trouve placée au cœur du système, en tout cas pour les « filières de prestige, ou bien « en tension ». Dans un contexte, qui plus est, d’inflation des taux de réussite au bac, l’essentiel, pour les lycéens, n’est pas d’obtenir son bac, mais de voir ses vœux satisfaits sur Parcoursup. C’est la logique de concours qui finit par l’emporter, au détriment de la logique du diplôme dans laquelle s’inscrit le bac.
Le risque de voir Parcoursup venir « tuer » le bac est d’autant plus fort que, précisément, la logique des concours vient rencontrer et renforcer (conforter) la logique de construction de parcours qui est à l’œuvre dans toute histoire scolaire.

La société s’efforce de réguler les flux d’élèves en structurant le système scolaire de façon à offrir différentes possibilités de parcours, débouchant sur des diplômes qui sont, pour différentes raisons, de valeur inégale. Le jeu de la reconnaissance sociale se traduit ainsi par la mise sur le « marché » d’un ensemble de diplômes hiérarchisé, parmi lesquels le bac. Dans ce système, chacun s’efforce, en fonction de ses conditions matérielles d’existence, et de certaines dispositions d’origine individuelle, ou sociale, de s’inscrire dans un parcours de réussite conforme à ses aspirations.

Dans l’idéal, les logiques de développement individuel se déploient harmonieusement au sein d’un système scolaire rationnellement structuré. Dans la réalité, certaines ambitions entrent en collision. Il y a des points de passage où l’on se bouscule. Et c’est là qu’il s’avère particulièrement nécessaire de réussir mieux que les autres.

Apparaissent ainsi des moments cruciaux où le flux des élèves tentant de s’orienter au mieux de leurs intérêts vient buter contre les écluses et les digues mises en place par la société pour canaliser les parcours de formation. L’entrée dans l’enseignement supérieur, après le bac (et grâce à lui), est l’un de ces principaux moments. Car le bac est à la fois un diplôme, valant reconnaissance sociale de son niveau, et un passeport, permettant d’accéder au territoire des formations supérieures.

Dans une logique de distribution de diplômes, la reconnaissance sociale dont leur possession témoigne ne manque pas d’importance. De nombreuses études ont souligné leur rôle protecteur en matière de chômage et d’insertion sociale. Mais, en tant que passeport, le bac s’est démonétisé, car il ne comporte pas les « visas » qui permettraient de s’orienter vers l’espace d’études de son choix. Visas que, désormais, Parcoursup est seule à délivrer…

C’est pourquoi la logique individuelle de construction d’un parcours de réussite passe aujourd’hui beaucoup moins par l’obtention du bac, d’ailleurs pratiquement à la portée de tous (91 % de réussite en 2022) que par des stratégies de positionnement sur Parcoursup, et la recherche des offres de formation jugées les plus « payantes » en matière de construction d’un capital culturel, et de future insertion socioéconomique.

Finalement, pour celui qui s’inscrit dans un parcours scolaire, le problème principal, et récurrent, est de savoir bien s’orienter. En ce sens, le Chef de l’État a sans doute eu raison d’affirmer qu’il nous faut « repenser profondément l’orientation de nos adolescents et de nos jeunes ». Mais une chose est d’éclairer les choix. Autre chose de mettre concrètement tous les choix à la portée de tous.

Tant qu’il y aura une hiérarchisation sociale des formations et des filières, et tant que tous n’auront pas accès à tous les choix (société idéale que postulent ceux qui réclament la suppression sans remplacement de Parcoursup), les ambitions viendront buter sur des points de passage où, de fait, une sélection s’impose. Ces points de passage sont ainsi des lieux où une dynamique de formation se heurte à une exigence de sélection. En tout cas, tant que le nombre de places disponibles dans les unités de formation ne sera pas significativement supérieur au nombre de candidats…

Le problème est donc, pour les individus, comme pour la société, d’optimiser la rencontre entre des dynamiques d’orientation pilotées individuellement, et des mécanismes de tri dont la présence et le jeu sont imposés par l’organisation, et par l’état, du système social de formation.

Dans ces conditions, on comprend que l’on puisse raisonner en termes de bonne ou de fausse monnaie. Du point de vue de l’accès aux filières « lucratives » du supérieur, le bac est devenu de la fausse monnaie. Il est un diplôme dont la valeur utilitaire est désormais minime. C’est Parcoursup, où se joue l’accès aux formations à plus forte plus-value (classes préparatoires, Sciences Po), qui impose son agenda.

Faut-il alors conserver le bac ? Oui, sans doute, comme rituel symbolique d’accession à la « maturité » (son nom dans la plupart des autres pays). Mais en prenant acte du fait, aujourd’hui fondamental, que « la sélection compte comme une certification symboliquement et monétairement plus forte que le diplôme ».

Le bac remplit toujours, très formellement, la fonction d’écluse qu’il faut passer pour accéder à la haute mer des formations du supérieur. Dans la réalité, cette fonction d’écluse, à double valeur de sélection et d’orientation, est désormais dévolue à un mécanisme de type Parcoursup qui, dans l’état actuel des choses, signifie bien le crépuscule du baccalauréat…

Enseignement : Le bac, quel avenir ?

Enseignement : Le bac, quel avenir ?

Le baccalauréat a-t-il toujours une valeur ? Et sert-il encore à quelque chose ? Nombreuses sont les péripéties ayant marqué la réforme du bac actée en 2019, instaurant 40 % de contrôle continu et la fin des séries de bac général S (scientifique), ES (économique et social) et L (littéraire) au profit d’une combinaison de spécialités – maths, histoire-géographie, langues, humanités, etc. – dont les épreuves finales sont organisées dès le mois de mars en terminale.

par Charles Hadji
Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes (UGA) dans The Conversation

La mise en place de cette nouvelle formule a été secouée tant par la crise du Covid-19 que par des résistances d’ordre syndical, ou idéologique, conduisant à interroger le sens de l’examen lui-même. La hauteur des derniers taux de réussite, jugés excessifs par beaucoup, ne conforte-t-elle pas l’idée que cet examen ne vaut plus rien ? Et la place prise par Parcoursup, et son calendrier, à conclure qu’il ne sert plus à rien ?

Pour trancher, il nous faut comprendre ce qui est en jeu, et être attentifs à la confrontation entre plusieurs logiques, de nature conflictuelle. En passant ainsi d’une vision statique à une vision dynamique du problème.

Le baccalauréat n’est pas un concours. Dans son travail consacré à La société du concours, Annabelle Allouch fait observer que, d’une façon générale, le renforcement du poids des concours s’accompagne d’une « dévalorisation du diplôme ». Le bac est un examen, qui atteste, en tant que diplôme, que l’on a suivi avec succès des études secondaires. Il témoigne de la réussite à une série d’épreuves de contrôle. Un concours est une modalité de sélection, qui permet de classer les candidats à un poste, ou une fonction, dans le cadre d’une politique de numerus clausus.

Le concours et l’examen diplômant imposent donc tous les deux le recours à des épreuves, mais avec des finalités différentes. Le diplôme certifie un niveau d’études. D’une certaine façon, il départage les reçus et les recalés, ceux qui atteignent le niveau requis et ceux qui ne l’atteignent pas. Mais il n’a pas pour fin de sélectionner. Le tri opéré par le concours est beaucoup plus sévère, car sa fin propre est de sélectionner, pour un nombre de places limité dès le départ. À l’examen, il faut réussir. Au concours, « réussir mieux que les autres ». Ce n’est pas du tout la même chose…

Dans ces conditions, on peut se demander si l’entrée en jeu de Parcoursup ne chamboule pas les règles du jeu, au point de « tuer » le baccalauréat, selon un titre du Monde en juillet 2022. Ce qui marquerait le triomphe du concours sur le diplôme. Car Parcoursup a été créé pour ajuster des souhaits individuels avec des offres institutionnelles de formation, ce qui impose une analyse en termes de rencontre. Or, en fin du secondaire, la correspondance entre les demandes des élèves et l’offre de places disponibles est loin d’être harmonieuse.

De facto, la sélection se trouve placée au cœur du système, en tout cas pour les « filières de prestige, ou bien « en tension ». Dans un contexte, qui plus est, d’inflation des taux de réussite au bac, l’essentiel, pour les lycéens, n’est pas d’obtenir son bac, mais de voir ses vœux satisfaits sur Parcoursup. C’est la logique de concours qui finit par l’emporter, au détriment de la logique du diplôme dans laquelle s’inscrit le bac.
Le risque de voir Parcoursup venir « tuer » le bac est d’autant plus fort que, précisément, la logique des concours vient rencontrer et renforcer (conforter) la logique de construction de parcours qui est à l’œuvre dans toute histoire scolaire.

La société s’efforce de réguler les flux d’élèves en structurant le système scolaire de façon à offrir différentes possibilités de parcours, débouchant sur des diplômes qui sont, pour différentes raisons, de valeur inégale. Le jeu de la reconnaissance sociale se traduit ainsi par la mise sur le « marché » d’un ensemble de diplômes hiérarchisé, parmi lesquels le bac. Dans ce système, chacun s’efforce, en fonction de ses conditions matérielles d’existence, et de certaines dispositions d’origine individuelle, ou sociale, de s’inscrire dans un parcours de réussite conforme à ses aspirations.

Dans l’idéal, les logiques de développement individuel se déploient harmonieusement au sein d’un système scolaire rationnellement structuré. Dans la réalité, certaines ambitions entrent en collision. Il y a des points de passage où l’on se bouscule. Et c’est là qu’il s’avère particulièrement nécessaire de réussir mieux que les autres.

Apparaissent ainsi des moments cruciaux où le flux des élèves tentant de s’orienter au mieux de leurs intérêts vient buter contre les écluses et les digues mises en place par la société pour canaliser les parcours de formation. L’entrée dans l’enseignement supérieur, après le bac (et grâce à lui), est l’un de ces principaux moments. Car le bac est à la fois un diplôme, valant reconnaissance sociale de son niveau, et un passeport, permettant d’accéder au territoire des formations supérieures.

Dans une logique de distribution de diplômes, la reconnaissance sociale dont leur possession témoigne ne manque pas d’importance. De nombreuses études ont souligné leur rôle protecteur en matière de chômage et d’insertion sociale. Mais, en tant que passeport, le bac s’est démonétisé, car il ne comporte pas les « visas » qui permettraient de s’orienter vers l’espace d’études de son choix. Visas que, désormais, Parcoursup est seule à délivrer…

C’est pourquoi la logique individuelle de construction d’un parcours de réussite passe aujourd’hui beaucoup moins par l’obtention du bac, d’ailleurs pratiquement à la portée de tous (91 % de réussite en 2022) que par des stratégies de positionnement sur Parcoursup, et la recherche des offres de formation jugées les plus « payantes » en matière de construction d’un capital culturel, et de future insertion socioéconomique.

Finalement, pour celui qui s’inscrit dans un parcours scolaire, le problème principal, et récurrent, est de savoir bien s’orienter. En ce sens, le Chef de l’État a sans doute eu raison d’affirmer qu’il nous faut « repenser profondément l’orientation de nos adolescents et de nos jeunes ». Mais une chose est d’éclairer les choix. Autre chose de mettre concrètement tous les choix à la portée de tous.

Tant qu’il y aura une hiérarchisation sociale des formations et des filières, et tant que tous n’auront pas accès à tous les choix (société idéale que postulent ceux qui réclament la suppression sans remplacement de Parcoursup), les ambitions viendront buter sur des points de passage où, de fait, une sélection s’impose. Ces points de passage sont ainsi des lieux où une dynamique de formation se heurte à une exigence de sélection. En tout cas, tant que le nombre de places disponibles dans les unités de formation ne sera pas significativement supérieur au nombre de candidats…

Le problème est donc, pour les individus, comme pour la société, d’optimiser la rencontre entre des dynamiques d’orientation pilotées individuellement, et des mécanismes de tri dont la présence et le jeu sont imposés par l’organisation, et par l’état, du système social de formation.

Dans ces conditions, on comprend que l’on puisse raisonner en termes de bonne ou de fausse monnaie. Du point de vue de l’accès aux filières « lucratives » du supérieur, le bac est devenu de la fausse monnaie. Il est un diplôme dont la valeur utilitaire est désormais minime. C’est Parcoursup, où se joue l’accès aux formations à plus forte plus-value (classes préparatoires, Sciences Po), qui impose son agenda.

Faut-il alors conserver le bac ? Oui, sans doute, comme rituel symbolique d’accession à la « maturité » (son nom dans la plupart des autres pays). Mais en prenant acte du fait, aujourd’hui fondamental, que « la sélection compte comme une certification symboliquement et monétairement plus forte que le diplôme ».

Le bac remplit toujours, très formellement, la fonction d’écluse qu’il faut passer pour accéder à la haute mer des formations du supérieur. Dans la réalité, cette fonction d’écluse, à double valeur de sélection et d’orientation, est désormais dévolue à un mécanisme de type Parcoursup qui, dans l’état actuel des choses, signifie bien le crépuscule du baccalauréat…

L’intelligence artificielle : quel danger ?

L’intelligence artificielle : quel danger ?

Dans une lettre ouverte, Elon Musk ainsi qu’un nombre important de figures du secteur de la Tech ont demandé une pause dans la recherche et le déploiement de l’intelligence artificielle. Mais il ne faudra pas sombrer dans la généralisation abusive. Par Pascal de Lima, chef économiste CGI Business Consulting dans la Tribune

Cette lettre publiée dans « Future of Life Institute » compte plus de 2.500 signatures dont celles d’Elon Musk, Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, Yoshua Bengio, lauréat du prix Turing, et Yuval Noah Harari, auteur de « Sapiens : une brève histoire de l’humanité ». La pause de six mois permettrait de réfléchir aux conséquences réelles du déploiement de l’IA sur les humains. Au même moment, l’Italie était devenue le premier pays occidental à bloquer le chatbot avancé Chat GPT bourré d’intelligence artificielle. L’autorité italienne de protection des données a déclaré qu’il y avait des problèmes de confidentialité et qu’il interdirait et enquêterait sur OpenAI, le concepteur de Chat GPT avec effet immédiat. L’intelligence artificielle (IA) peut-être être dangereuse ?

L’IA en effet peut être dangereuse dans la mesure où effectivement les résultats qu’elle produit sur le terrain statistique peuvent contenir un nombre important de préjugés et de postulats de départ. C’est ce que l’on appelle les biais informationnels. Notons ici, que les biais informationnels existent aussi dans des systèmes plus classiques mais avec l’IA, le phénomène prend une ampleur considérable, tant de par les données exploitées pour cela, que par les desseins qu’il réalise et qui pourraient manipuler les individus dans leur choix. Ces algorithmes peuvent être biaisés et surréagir en reproduisant l’avenir avec un certain nombre de préjugés déjà présents dans la société pouvant entrainer des injustices et des inégalités pour certains groupes de personnes.

La quête de sens
En 2016, Microsoft a lancé sur Twitter Tay un « bot de conversation ». Tay a rapidement été inondé de messages haineux et sexistes, ce qui a conduit à ce que Tay devienne lui-même misogyne. L’IA de recrutement d’Amazon a été accusée aussi de discrimination : En 2018, Amazon a suspendu un projet d’IA de recrutement, car il avait appris à discriminer les femmes en privilégiant les candidatures masculines. Il en va aussi de la liberté d’expression en contrôlant les discours en ligne et en renforçant la traçabilité des populations jusqu’à parfois les menacer de divulguer des informations privées. Cela ne doit pas être bien compliqué puisque l’on sait déjà construire facilement des fakes news avec l’IA. C’est donc le risque d’un monde absurde, pour lequel l’IA était censée apporter une solution : la quête de sens ! Par exemple, les chatbots de Facebook se sont rapidement émancipés de l’humain : en 2018, Facebook a créé deux chatbots (Alice et Bob) pour voir s’ils pouvaient apprendre à négocier entre eux. Les chatbots ont ensuite développé leur propre langage, ce qui a rendu leur communication incompréhensible pour les développeurs. Les chatbots ont finalement été déconnectés. Sans parler de la violence : l’IA peut même nous harceler et nous menacer de mort. Par exemple, Google a créé une IA en 2016 qui avait pour but d’apprendre à jouer à un jeu de stratégie en temps réel. L’IA a appris à gagner en utilisant des tactiques agressives et violentes, ce qui a conduit les développeurs à la désactiver. Cette expérience a mis en évidence les risques potentiels d’apprendre à des IA des comportements violents, même dans un contexte de jeu.

Ces aspects prendraient donc progressivement le dessus sur les bienfaits des technologies disruptives dont l’IA fait naturellement partie. Mais peut-on aller jusqu’à prétendre que l’IA ne serait plus uniquement un outil d’aide à la décision à partir de laquelle l’homme s’enrichit dans son travail, dans son quotidien, comme le sont d’ailleurs tous les outils innovants. Peut-on aller jusqu’à déclarer également que l’IA à la différence d’autres outils ne peut plus faire l’objet d’une régulation tant nous serions dépassés ? Confère d’ailleurs, les centaines de pages de la Commission européenne en vue de l’adoption de l’IA act. Notre avis est que l’IA doit constituer un outil de progrès en particulier dans la médecine et dans les métiers de demain. Par l’enrichissement de ceux-ci, il y a aussi un enjeu social ainsi qu’un enjeux d’amélioration réelle sur le terrain des revenus à condition d’éviter tous ces écueils.

A ce titre, le collectif d’Elon Musk nous paraît approprié mais il ne faudra pas sombrer dans la généralisation abusive qui, elle aussi, peut humainement constituer un « fake news » car des centaines de cas d’usage réussis existent ! Tout est loin d’être scandale. Encadrer l’IA pour éviter ses dérives et en faire un outil de progrès, est bel et bien envisageable et c’est aussi en ce sens que travaille les régulateurs et les experts du secteur pour adapter les bons usages et la gouvernance au monde de demain.

Soutien au rail :100 milliards pour le rail , avec quel argent ?

Soutien au rail :100 milliards pour le rail , avec quel argent ?

C’est la question que pose un papier de l’Opinion. En effet si la réanimation du ferroviaire exige 100 milliards d’euros c’est autant qu’il serait nécessaire de faire pour la révolution écologique, pour la construction des centrales nucléaires, pour la réindustrialisation, pour la défense et d’une façon générale pour la modernisation des services publics. Contradiction supplémentaire, c’est au moment où la première ministre annonce un plan de soutien de 100 milliards pour le ferroviaire que le ministre des transports, lui, est contraint d’envisager la fin du transport de fret à la SNCF !

Les faits – La Première ministre, Élisabeth Borne, a tracé le 24 février les grandes lignes du plan d’avenir pour les transports, tenant compte des recommandations du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) pour réussir la transition écologique du rail. Elle a aussi pris en compte les besoins listés par le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Dans son « scénario de transition écologique du rail », 100 milliards d’euros doivent être investis dans le développement du train d’ici à 2040. Une promesse vertueuse, mais qui n’est pas encore concrètement incarnée… Et pas encore financée.

Un chiffre choc : 100 milliards d’euros d’investissement dans le ferroviaire, à l’horizon 2040. C’est ce qu’avait mis sur la table Elisabeth Borne en février dernier pour faire du rail la « colonne vertébrale des mobilités ». « Un investissement historique », s’était réjoui le ministre des Transports Clément Beaune. « C’est ce qu’il faut pour accélérer les reports modaux des voyageurs et surtout du fret, afin de rattraper le retard de la décarbonation du transport de marchandises », détaille aujourd’hui son cabinet. De fait, le transport de marchandises est encore routier à plus de 85%. Pour en finir avec les camions, il faut régénérer en urgence un réseau qui, avec 30 ans d’âge moyen et des points de saturation, est à bout de souffle. A la SNCF, on s’estime écouté avec la perspective de 1,5 milliard d’euros d’investissements supplémentaires par an à l’horizon 2027.

Soutien au Ferroviaire :100 milliards pour le rail , avec quel argent ?

Soutien au Ferroviaire :100 milliards pour le rail , avec quel argent ?

C’est la question que pose un papier de l’Opinion. En effet si la réanimation du ferroviaire exige 100 milliards d’euros c’est autant qu’il serait nécessaire de faire pour la révolution écologique, pour la construction des centrales nucléaires, pour la réindustrialisation, pour la défense et d’une façon générale pour la modernisation des services publics. Contradiction supplémentaire, c’est au moment où la première ministre annonce un plan de soutien de 100 milliards pour le ferroviaire que le ministre des transports, lui, est contraint d’envisager la fin du transport de fret à la SNCF !

Les faits – La Première ministre, Élisabeth Borne, a tracé le 24 février les grandes lignes du plan d’avenir pour les transports, tenant compte des recommandations du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) pour réussir la transition écologique du rail. Elle a aussi pris en compte les besoins listés par le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Dans son « scénario de transition écologique du rail », 100 milliards d’euros doivent être investis dans le développement du train d’ici à 2040. Une promesse vertueuse, mais qui n’est pas encore concrètement incarnée… Et pas encore financée.

Un chiffre choc : 100 milliards d’euros d’investissement dans le ferroviaire, à l’horizon 2040. C’est ce qu’avait mis sur la table Elisabeth Borne en février dernier pour faire du rail la « colonne vertébrale des mobilités ». « Un investissement historique », s’était réjoui le ministre des Transports Clément Beaune. « C’est ce qu’il faut pour accélérer les reports modaux des voyageurs et surtout du fret, afin de rattraper le retard de la décarbonation du transport de marchandises », détaille aujourd’hui son cabinet. De fait, le transport de marchandises est encore routier à plus de 85%. Pour en finir avec les camions, il faut régénérer en urgence un réseau qui, avec 30 ans d’âge moyen et des points de saturation, est à bout de souffle. A la SNCF, on s’estime écouté avec la perspective de 1,5 milliard d’euros d’investissements supplémentaires par an à l’horizon 2027.

Ferroviaire :100 milliards pour le rail , avec quel argent ?

Ferroviaire :100 milliards pour le rail , avec quel argent ?

C’est laq question que pose un papier de l’Opinion. En effet si la réanimation du ferroviaire exige 100 milliards d’euros c’est autant qu’il serait nécessaire de faire pour la révolution écologique, pour la construction des centrales nucléaires, pour la réindustrialisation, pour la défense et d’une façon générale pour la modernisation des services publics.

Les faits – La Première ministre, Élisabeth Borne, a tracé le 24 février les grandes lignes du plan d’avenir pour les transports, tenant compte des recommandations du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) pour réussir la transition écologique du rail. Elle a aussi pris en compte les besoins listés par le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Dans son « scénario de transition écologique du rail », 100 milliards d’euros doivent être investis dans le développement du train d’ici à 2040. Une promesse vertueuse, mais qui n’est pas encore concrètement incarnée… Et pas encore financée.

Un chiffre choc : 100 milliards d’euros d’investissement dans le ferroviaire, à l’horizon 2040. C’est ce qu’avait mis sur la table Elisabeth Borne en février dernier pour faire du rail la « colonne vertébrale des mobilités ». « Un investissement historique », s’était réjoui le ministre des Transports Clément Beaune. « C’est ce qu’il faut pour accélérer les reports modaux des voyageurs et surtout du fret, afin de rattraper le retard de la décarbonation du transport de marchandises », détaille aujourd’hui son cabinet. De fait, le transport de marchandises est encore routier à plus de 85%. Pour en finir avec les camions, il faut régénérer en urgence un réseau qui, avec 30 ans d’âge moyen et des points de saturation, est à bout de souffle. A la SNCF, on s’estime écouté avec la perspective de 1,5 milliard d’euros d’investissements supplémentaires par an à l’horizon 2027.

Climat : « Quel financement pour décarboner l’économie », alerte l’économiste Jean Pisani-Ferry

Climat : « Quel financement pour décarboner l’économie », alerte l’économiste Jean Pisani-Ferry

« On va devoir faire beaucoup d’investissements pour décarboner l’économie », a alerté lundi 22 mai sur franceinfo l’économiste Jean Pisani-Ferry professeur à Science Po, missionné par la Première ministre pour évaluer les impacts économiques de la transition écologique, alors que la Première ministre a présenté le nouveau plan de la France pour juguler les émissions de gaz à effet de serre. « Pour atteindre nos objectifs en 2030, nous devons doubler le rythme de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre », a affirmé Elisabeth Borne.


Observons cependant que les modalités de financement paraissent relativement floues voire peu crédibles
NDLR

Jean Pisani-Ferry, auteur d’un rapport sur le financement des mesures à mettre en œuvre se dit « pas du tout pessimiste sur le moyen terme pour après 2030″. Il estime que « le climat est une bonne raison de s’endetter parce que c’est quelque chose qui va produire des effets ». « Pourquoi ne pas demander un effort aux 10 % les plus aisés », s’interroge l’économiste.

Selon votre rapport, la transition énergétique est possible mais elle aura un coût pour la France à court terme.

Je ne suis pas du tout pessimiste sur le moyen terme pour après 2030, parce que je pense qu’il y a un nouveau progrès technique qui est disponible, qu’on n’est pas du tout obligé de choisir entre climat et croissance. En revanche, on ne peut pas se cacher que, dans l’immédiat, on va devoir faire beaucoup d’investissements pour décarboner l’économie. Et ce sont des investissements qui n’auront pas d’impact positif sur le potentiel de croissance, pour la simple raison que les entreprises ou les ménages, au lieu d’investir pour améliorer leurs performances, pour améliorer leur bien être, vont investir pour se passer des combustibles fossiles.

Quel sera le coût estimé de cette transition énergétique ?

C’est entre 65 et 70 milliards par an à l’horizon 2030. Donc ça fait à peu près deux points de produit intérieur brut, ce qui est important.

Qui va devoir supporter ce coût ?

En partie, ce seront bien sûr les entreprises, les ménages aisés, donc ceux qui ont la capacité de supporter ce coût. Mais il va falloir que les finances publiques en prennent une partie à leur charge. D’abord, évidemment tout ce qui revient aux administrations publiques, par exemple l’entretien des bâtiments, la rénovation thermique des écoles et des bâtiments publics. Et puis ensuite, il va falloir aider les ménages, non seulement à faibles revenus, mais même les ménages de la classe moyenne. Parce que, quand on regarde ce que coûte soit la rénovation thermique d’un logement, soit le changement de véhicule, ça coûte pour la classe moyenne à peu près un an de revenus en investissement. Donc c’est beaucoup. Et ça, on ne peut pas dire aux gens « faites-le ». Il va falloir les soutenir.

Est-ce que c’est pour ça que vous proposez dans ce rapport, de taxer les plus aisés, une sorte d’ISF climatique ?

Je suis à la recherche de financements. Le premier financement, c’est évidemment le redéploiement des dépenses brunes. Il y a encore dans le budget de l’Etat, entre dépenses et dépenses fiscales, 10 milliards de dépenses brunes par an. C’est la première source de financement. La deuxième, cela peut être l’endettement, bien que la France soit aujourd’hui très endettée. Je pense que le climat est une bonne raison de s’endetter parce que c’est quelque chose qui va produire des effets, et va produire un rendement économique assez rapidement. Et puis le troisième, c’est d’aller chercher du côté des prélèvements obligatoires. Et parmi ces prélèvements obligatoires, pourquoi ne pas, pour le climat, demander un effort aux 10 % les plus aisés et en gros leur dire, pourquoi est-ce que vous ne donneriez pas une fois pour toutes 5 % de votre patrimoine pour le climat ? On créerait par ce canal une dette que vous auriez à l’égard des administrations fiscales et il y aurait différentes modalités pour s’acquitter de cette dette. Pour certains, ça peut être à prélèvements annuels pendant un certain nombre d’années. Pour d’autres, ça peut être à l’occasion d’une cession. Il ne faut pas nécessairement que ce soit la même chose pour tout le monde.

Quel avenir de l’emploi avec l’intelligence artificielle

Quel avenir de l’emploi avec l’intelligence artificielle

Le rapport sur l’avenir de l’emploi 2023 du Forum Économique Mondial, prévoit davantage d’emplois supprimés que créés en un particulier en raison de la progression de l’intelligence artificielle mais aussi de la prise en compte de la transition écologique. Bref globalement une vision assez pessimiste sur l’impact des nouvelles technologies et de la préoccupation environnementale. (Un papier de la Tribune)

Un rapport intéressant mais qui comme d’habitude en reste à des généralités assez connues et parfois approximatives concernant en particulier les emplois nouveaux et où transformés. On peut aussi faire l’hypothèse d’une croissance globale de l’emploi en prenant en compte les tendances macro-économiques, sociétales ou encore géopolitiques. NDLRu

Le rapport sur l’avenir de l’emploi 2023 du Forum Économique Mondial évalue l’impact des macro-tendances et des changements technologiques sur les emplois et les compétences au cours des cinq prochaines années et constate que près d’un quart de tous les emplois (23 %) dans le monde changeront au cours des cinq prochaines années. En France, 19 % des emplois changeront – 11 % de croissance et 8 % de déclin.

Il est difficile de surestimer à quel point les dernières années ont été tumultueuses pour les travailleurs du monde entier. Une pandémie mondiale a entraîné des fermetures d’entreprises pour la plupart des gens, à l’exception des travailleurs essentiels, puis, prudemment, des retours partiels au travail ou des pertes d’emploi dans des secteurs qui ne se sont jamais complètement rétablis. Presque immédiatement, cette situation a été suivie par les perturbations causées par la guerre et la flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ce qui a entraîné une baisse des salaires réels.

L’adoption des technologies, qui s’était déjà accélérée avant et pendant la pandémie, risque d’entraîner une nouvelle vague de transformation, en particulier pour les cols blancs, grâce à l’essor de l’IA générative. Et maintenant, une forte pression en faveur d’une transformation verte indispensable conduit également à des attentes de déplacement futur dans les rôles à forte intensité de carbone en faveur de la croissance dans les emplois et les compétences verts émergents.

Le rapport sur l’avenir de l’emploi 2023 du Forum Économique Mondial, publié aujourd’hui,C’est le pronostic qui prévoit davantage d’emplois supprimés que créés en un particulier en raison de la progression de l’intelligence artificielle mais aussi de la prise en compte de la transition écologique. Bref globalement une vision assez pessimiste sur l’impact des nouvelles technologies et de la préoccupation environnementale.

évalue l’impact des macro-tendances et des changements technologiques sur les emplois et les compétences au cours des cinq prochaines années et constate que près d’un quart de tous les emplois (23 %) dans le monde changeront au cours des cinq prochaines années. Dans 45 économies, couvrant 673 millions de travailleurs, 69 millions d’emplois devraient être créés et 83 millions supprimés, soit une diminution nette de 14 millions d’emplois, ou 2 % de l’emploi actuel. En France, 19 % des emplois changeront – 11 % de croissance et 8 % de déclin.

Les investissements dans la transition écologique et la sensibilisation croissante des consommateurs aux questions de durabilité créeront de nouvelles opportunités. La technologie créera des changements structurels, un quart des entreprises voyant l’emploi diminuer avec l’adoption de nouvelles technologies et plus de la moitié voyant l’emploi augmenter. Mais la frontière entre l’homme et la machine se déplace vers un nouveau terrain. Si les prévisions de déplacement du travail physique et manuel par les machines ont diminué, les tâches exigeant du raisonnement, de la communication et de la coordination – autant de caractéristiques pour lesquelles l’homme dispose d’un avantage comparatif – devraient être davantage automatisables à l’avenir. Nous constatons également que près de la moitié des compétences d’un individu – 44 % – devront être modifiées en moyenne pour l’ensemble des emplois.

En France, l’évolution des compétences de base sera de 46 %, soit plus que la moyenne mondiale, et les entreprises françaises accordent la priorité à la résilience et à la flexibilité, à l’IA et au big data, ainsi qu’à la pensée analytique pour la requalification et l’amélioration des compétences des travailleurs.

Comment les apprenants, les travailleurs, les employeurs et les gouvernements doivent-ils se préparer à l’avenir de l’emploi ? Dans un monde à forte intensité technologique, plus vert et potentiellement en voie de démondialisation, le développement local des compétences sera plus important que jamais.

Pour les étudiants d’aujourd’hui, les compétences analytiques et interpersonnelles ainsi que la capacité à comprendre et à travailler avec la technologie seront essentielles. Chaque étudiant, quel que soit le domaine qu’il choisit, devrait s’efforcer d’acquérir ces compétences généralistes afin d’être prêt à affronter un avenir en rapide évolution.

Pour les travailleurs d’aujourd’hui qui travaillent dans des domaines en déclin, un effort important de requalification et de transition est nécessaire, tandis que pour ceux qui travaillent dans des domaines en évolution ou en croissance, il est nécessaire d’améliorer les compétences et de développer la capacité d’apprendre en permanence. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’acquérir rapidement des compétences et que l’apprentissage en ligne peut offrir des conditions équitables : les travailleurs de tous les niveaux d’éducation – y compris ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures – prennent le même temps pour acquérir des compétences en ligne.

Cependant, les apprenants et les travailleurs ne peuvent pas être les seuls à s’engager sur un nouveau terrain complexe. Les gouvernements doivent fournir des ressources et une feuille de route. Il s’agit là d’un double défi majeur et sans précédent pour l’élaboration des politiques : les gouvernements doivent trouver un équilibre entre le soutien à l’innovation et la réglementation nécessaire pour assurer la sécurité des nouvelles technologies, tout en soutenant les travailleurs au moyen de filets de sécurité, de systèmes de soins et de centres pour l’emploi. Ils doivent également réaliser des investissements importants dans les systèmes de compétences, les certifications rapides et les partenariats avec le secteur de l’éducation, les entreprises et les organisations à but non lucratif, afin de favoriser le changement à grande échelle.

Les employeurs doivent jouer leur rôle en investissant dans la requalification et l’amélioration des compétences – la plupart d’entre eux s’attendent à un retour sur investissement dans l’année qui suit, ce qui fait de la formation le moyen d’action le plus efficace et le plus responsable. Les meilleurs employeurs vont plus loin : ils soutiennent les transitions des travailleurs en dehors de l’entreprise lorsque cela est nécessaire, accordent la priorité à la sécurité et au bien-être, encouragent la diversité, l’équité et l’inclusion et, enfin, privilégient une approche axée sur les compétences plutôt que sur les qualifications ou les antécédents professionnels. Les employeurs qui prennent ces mesures comblent plus rapidement les déficits de compétences et il est prouvé qu’ils améliorent la loyauté, la productivité et la motivation.

Il ne fait aucun doute que l’avenir du travail sera perturbé. Mais il n’est pas forcément dystopique. Au contraire, il peut être l’occasion de jeter les bases qui permettront de placer les individus au cœur de la nouvelle économie mondiale.

IA : quel équilibre entre innovation et éthique

Intelligence artificielle : trouver équilibre entre innovation et éthique

Selon un rapport de Statista, les investissements mondiaux dans l’IA ont atteint environ 40 milliards de dollars en 2020 et devraient atteindre 110 milliards de dollars d’ici 2024. Mais alors que certaines personnalités publiques comme Elon Musk et Steve Wozniak, ainsi que des experts dépassés par les capacités de l’IA générative, ont appelé en mars dernier à une pause de six mois dans la recherche dans ce domaine, les investisseurs dans la technologie de l’IA sont confrontés à un dilemme. Par Maxim Manturov, responsable de la recherche en investissements chez Freedom Finance Europe

L’IA est un marché à croissance rapide avec un énorme potentiel de rentabilité et d’impact, attirant des milliards de dollars en capital-risque, en actions privées et en investissements d’entreprise. Les investissements des géants technologiques dans la recherche et le développement des technologies d’IA contribuent à la croissance du marché. Ces entreprises ne cessent d’innover et de développer de nouvelles applications d’IA, ce qui stimule la demande de ces technologies dans divers secteurs. Les efforts visant à améliorer son accès devraient encore stimuler la croissance du marché dans les années à venir. Le segment des logiciels représente la plus grande part du marché de l’IA en raison des améliorations apportées au stockage, au traitement parallèle et à la puissance de calcul. La demande de technologies logicielles pour le déploiement et le développement d’applications d’IA telles que l’algèbre linéaire, l’analyse vidéo, les capacités de communication matérielle, l’inférence et les matrices éparses alimente la croissance de ce segment. En outre, la nécessité pour les entreprises d’obtenir des données et des informations significatives grâce à l’analyse du contenu visuel devrait accroître la demande de solutions logicielles sur le marché mondial de l’IA.

La taille du marché mondial de l’intelligence artificielle (IA) a été estimée à 119,78 milliards de dollars en 2022 et devrait atteindre 1.591,03 milliards de dollars d’ici 2030 à un taux de croissance annuel composé de 38,1 % entre 2022 et 2030.

Mais les technologies de l’IA sont encore loin d’être parfaites et leurs limites, telles que la partialité des données, le manque de transparence et la nécessité d’un contrôle humain, peuvent constituer des risques pour l’adoption et la valeur.

Bien que les avantages potentiels de l’IA soient considérables, des inquiétudes ont été exprimées quant à ses implications éthiques, notamment en ce qui concerne les préjugés, la protection de la vie privée et les suppressions d’emplois. Des appels ont donc été lancés en faveur d’une réglementation et d’une surveillance plus stricte du développement et du déploiement des technologies d’IA. Certains experts ont appelé à une pause dans la recherche et le développement de l’IA afin de laisser le temps d’aborder ces questions et d’élaborer des réglementations appropriées. Mais d’autres estiment qu’une telle pause pourrait étouffer l’innovation et empêcher les avantages potentiels de l’IA de se concrétiser.

Il est important de noter que les appels à la suspension de la recherche sur l’IA générative se concentrent sur un sous-ensemble particulier de technologies d’IA et ne s’appliquent pas nécessairement à toutes les formes d’IA. Si l’IA générative a démontré des capacités impressionnantes dans certains domaines, elle présente également des risques potentiels en termes d’utilisation abusive ou de conséquences involontaires.

La décision de continuer à investir dans les technologies de l’IA doit donc reposer sur un examen minutieux des avantages et des risques potentiels associés à ces technologies. Il est important que les chercheurs, les entreprises et les gouvernements travaillent ensemble pour s’assurer que le développement et l’application de l’IA sont guidés par des principes éthiques et que des mesures de sécurité appropriées sont en place pour prévenir les conséquences involontaires ou l’utilisation abusive.

En conclusion, les technologies de l’IA offrent un monde d’opportunités, mais elles posent également des défis complexes qui nécessitent des solutions réfléchies et complètes. Ainsi, les investisseurs en IA doivent trouver un équilibre entre leur désir d’innover et de faire des bénéfices et leur responsabilité d’évaluer les implications éthiques, sociales et juridiques des technologies qu’ils soutiennent. Il peut s’agir de s’associer à des experts dans le domaine, de dialoguer avec les parties prenantes et d’accorder la priorité à la transparence, à la responsabilité et à la protection de la vie privée.
Maxim Manturov

Intelligence artificielle: quel danger ?

Intelligence artificielle: quel danger ?

Dans une lettre ouverte, Elon Musk ainsi qu’un nombre important de figures du secteur de la Tech ont demandé une pause dans la recherche et le déploiement de l’intelligence artificielle. Mais il ne faudra pas sombrer dans la généralisation abusive. Par Pascal de Lima, chef économiste CGI Business Consulting dans la Tribune.

Cette lettre publiée dans « Future of Life Institute » compte plus de 2.500 signatures dont celles d’Elon Musk, Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, Yoshua Bengio, lauréat du prix Turing, et Yuval Noah Harari, auteur de « Sapiens : une brève histoire de l’humanité ». La pause de six mois permettrait de réfléchir aux conséquences réelles du déploiement de l’IA sur les humains. Au même moment, l’Italie était devenue le premier pays occidental à bloquer le chatbot avancé Chat GPT bourré d’intelligence artificielle. L’autorité italienne de protection des données a déclaré qu’il y avait des problèmes de confidentialité et qu’il interdirait et enquêterait sur OpenAI, le concepteur de Chat GPT avec effet immédiat. L’intelligence artificielle (IA) peut-être être dangereuse ?

L’IA en effet peut être dangereuse dans la mesure où effectivement les résultats qu’elle produit sur le terrain statistique peuvent contenir un nombre important de préjugés et de postulats de départ. C’est ce que l’on appelle les biais informationnels. Notons ici, que les biais informationnels existent aussi dans des systèmes plus classiques mais avec l’IA, le phénomène prend une ampleur considérable, tant de par les données exploitées pour cela, que par les desseins qu’il réalise et qui pourraient manipuler les individus dans leur choix. Ces algorithmes peuvent être biaisés et surréagir en reproduisant l’avenir avec un certain nombre de préjugés déjà présents dans la société pouvant entrainer des injustices et des inégalités pour certains groupes de personnes.

En 2016, Microsoft a lancé sur Twitter Tay un « bot de conversation ». Tay a rapidement été inondé de messages haineux et sexistes, ce qui a conduit à ce que Tay devienne lui-même misogyne. L’IA de recrutement d’Amazon a été accusée aussi de discrimination : En 2018, Amazon a suspendu un projet d’IA de recrutement, car il avait appris à discriminer les femmes en privilégiant les candidatures masculines. Il en va aussi de la liberté d’expression en contrôlant les discours en ligne et en renforçant la traçabilité des populations jusqu’à parfois les menacer de divulguer des informations privées. Cela ne doit pas être bien compliqué puisque l’on sait déjà construire facilement des fakes news avec l’IA. C’est donc le risque d’un monde absurde, pour lequel l’IA était censée apporter une solution : la quête de sens ! Par exemple, les chatbots de Facebook se sont rapidement émancipés de l’humain : en 2018, Facebook a créé deux chatbots (Alice et Bob) pour voir s’ils pouvaient apprendre à négocier entre eux.

Les chatbots ont ensuite développé leur propre langage, ce qui a rendu leur communication incompréhensible pour les développeurs. Les chatbots ont finalement été déconnectés. Sans parler de la violence : l’IA peut même nous harceler et nous menacer de mort. Par exemple, Google a créé une IA en 2016 qui avait pour but d’apprendre à jouer à un jeu de stratégie en temps réel. L’IA a appris à gagner en utilisant des tactiques agressives et violentes, ce qui a conduit les développeurs à la désactiver. Cette expérience a mis en évidence les risques potentiels d’apprendre à des IA des comportements violents, même dans un contexte de jeu.

Ces aspects prendraient donc progressivement le dessus sur les bienfaits des technologies disruptives dont l’IA fait naturellement partie. Mais peut-on aller jusqu’à prétendre que l’IA ne serait plus uniquement un outil d’aide à la décision à partir de laquelle l’homme s’enrichit dans son travail, dans son quotidien, comme le sont d’ailleurs tous les outils innovants. Peut-on aller jusqu’à déclarer également que l’IA à la différence d’autres outils ne peut plus faire l’objet d’une régulation tant nous serions dépassés ? Confère d’ailleurs, les centaines de pages de la Commission européenne en vue de l’adoption de l’IA act. Notre avis est que l’IA doit constituer un outil de progrès en particulier dans la médecine et dans les métiers de demain. Par l’enrichissement de ceux-ci, il y a aussi un enjeu social ainsi qu’un enjeux d’amélioration réelle sur le terrain des revenus à condition d’éviter tous ces écueils.

A ce titre, le collectif d’Elon Musk nous paraît approprié mais il ne faudra pas sombrer dans la généralisation abusive qui, elle aussi, peut humainement constituer un « fake news » car des centaines de cas d’usage réussis existent ! Tout est loin d’être scandale. Encadrer l’IA pour éviter ses dérives et en faire un outil de progrès, est bel et bien envisageable et c’est aussi en ce sens que travaille les régulateurs et les experts du secteur pour adapter les bons usages et la gouvernance au monde de demain.

Retraites: quel avis du Conseil constitutionnel ?

Retraites: quel avis du Conseil constitutionnel ?

Le conseil constitutionnel risque de porter un coup fatal à la réforme de Macron. Sur la forme d’abord, il ne peut passer sous silence le fait que le recours à une loi rectificative de financement de la sécurité sociale n’est pas le véhicule législatif approprié. Il doit aussi noter que le temps n’a pas été suffisamment long pour aborder démocratiquement cet enjeu. C’est à dessein que le pouvoir a réduit la période de débat des institutions parlementaires.

En outre, le gouvernement a fait un usage excessif de la réduction des amendements au point comme au Sénat de les éliminer quasi totalement. Plusieurs autres insuffisances juridiques devraient être soulevées comme l’introduction dans la loi de modifications sociales structurelles ( les femmes, les seniors, les exceptions).

Laurent Fabius est à la fois un fin connaisseur des institutions et de la politique française. En tant que président du conseil constitutionnel ,il n’abordera pas sans doute la réforme de front mais de manière habile pour en discréditer une grande partie du contenu et en même temps son auteur Emmanuel Macon auquel il n’a jamais loué une grande admiration considérant que Macon est passé un peu vite de la banque à la présidence de la république en shuntant toutes les responsabilités , tous les engagements qui forment un véritable homme politique de dimension nationale et internationale.

Le conseil constitutionnel ne peut ignorer le chaos dont est responsable le chef de l’État et son aveuglement voire son mépris vis-à-vis des oppositions de 70 % des Français. Notons que l’hypothèse d’un rejet du conseil constitutionnel ôterait une sérieuse épine dans le pied à un gouvernement complètement englué dans son entêtement et sa paralysie.

Retraites: quel désaveu du Conseil constitutionnel ?

Retraites: quel désaveu du Conseil constitutionnel ?

Le conseil constitutionnel risque de porter un coup fatal à la réforme de Macron. Sur la forme d’abord, il ne peut passer sous silence le fait que le recours à une loi rectificative de financement de la sécurité sociale n’est pas le véhicule législatif approprié. Il doit aussi noter que le temps n’a pas été suffisamment long pour aborder démocratiquement cet enjeu. C’est à dessein que le pouvoir a réduit la période de débat des institutions parlementaires.

En outre, le gouvernement a fait un usage excessif de la réduction des amendements au point comme au Sénat de les éliminer quasi totalement. Plusieurs autres insuffisances juridiques devraient être soulevées comme l’introduction dans la loi de modifications sociales structurelles ( les femmes, les seniors, les exceptions).

Laurent Fabius est à la fois un fin connaisseur des institutions et de la politique française. En tant que président du conseil constitutionnel ,il n’abordera pas sans doute la réforme de front mais de manière habile pour en discréditer une grande partie du contenu et en même temps son auteur Emmanuel Macon auquel il n’a jamais loué une grande admiration considérant que Macon est passé un peu vite de la banque à la présidence de la république en shuntant toutes les responsabilités , tous les engagements qui forment un véritable homme politique de dimension nationale et internationale.

Le conseil constitutionnel ne peut ignorer le chaos dont est responsable le chef de l’État et son aveuglement voire son mépris vis-à-vis des oppositions de 70 % des Français. Notons que l’hypothèse d’un rejet du conseil constitutionnel ôterait une sérieuse épine dans le pied à un gouvernement complètement englué dans son entêtement et sa paralysie.

Réforme Retraites : un désaveu du conseil constitutionnel

Retraites: quel désaveu du Conseil constitutionnel ?

Le conseil constitutionnel Risque de porter un coup fatal à la réforme de Macon. Sur la forme d’abord, il ne peut passer sous silence le fait que le recours à une loi rectificative de financement de la sécurité sociale n’est pas le véhicule législatif approprié. Il doit aussi noter que le temps n’a pas été suffisamment long pour aborder démocratiquement cet enjeu. C’est à dessein que le pouvoir a réduit la période de débat des institutions parlementaires.

En outre, le gouvernement a fait un usage excessif de la réduction des amendements au point comme au Sénat de les éliminer quasi totalement. Plusieurs autres insuffisances juridiques devraient être soulevées comme l’introduction dans la loi de modifications sociales structurelles ( les femmes, les seniors, les exceptions).

Laurent Fabius est à la fois un fin connaisseur des institutions et de la politique française. En tant que président du conseil constitutionnel ,il n’abordera pas sans doute la réforme de front mais de manière habile pour en discréditer une grande partie du contenu et en même temps son auteur Emmanuel Macon auquel il n’a jamais loué une grande admiration considérant que Macon est passé un peu vite de la banque à la présidence de la république en shuntant toutes les responsabilités , tous les engagements qui forment un véritable homme politique de dimension nationale et internationale. Le conseil constitutionnel ne peut ignorer le chaos dont est responsable le chef de l’État et son aveuglement voire son mépris vis-à-vis des oppositions de 70 % des Français. Notons que l’hypothèse d’un rejet du conseil constitutionnel ôterait une sérieuse épine dans le pied à un gouvernement complètement englué dans son entêtement et sa paralysie.

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