Archive pour le Tag 'psychologique'

Facebook : une influence psychologique toxique

Facebook : une influence psychologique toxique

 

Récemment une ancienne collaboratrice de Facebook a dénoncé le caractère très dangereux des algorithmes de Facebook qui vise à formater le jugement voire les comportements. En outre le concept de réseau d’amitiés est largement discutable. Des réseaux qui demeurent en effet très virtuels et qui ne repose pas sur les critères qui construisent une amitié réciproque réelle. Sans parler évidemment du caractère complètement dérisoire de nombre d’échanges qui repose sur l’addiction à la nullité, au fantasme voire au complotisme. D’après Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste , membre de l’Académie des technologies et du Conseil national du numérique,  »il y a un biais cognitif autour des réseaux sociaux en général et de Facebook en particulier ». Il a expliqué que l’on « perçoit un bénéfice à pouvoir communiquer plus, élargir son réseau et entretenir des amitiés ».

Effectivement, des résultats d’étude peuvent montrer  »que les gens qui l’utilisent sont contents, comme on peut être content de fumer ou boire un verre d’alcool. Mais cela ne veut pas dire que, sur le moyen terme, ce soit toujours très bon de recommencer ».

 Serge Tisseron a alerté sur le fait que « Facebook peut fragiliser tout le monde ». Si les enfants et les adolescents « sont plus émotionnels et s’engagent beaucoup plus dans des échanges », les adultes ne sont pas pour autant « à l’écart ».

Il faut donc « éduquer » les enfants et les adolescents « à la compréhension des logiques de Facebook », prône Serge Tisseron. « Mais Facebook peut mettre des œillères à tout le monde, faire tourner en rond tout le monde. On voit ce que Facebook nous montre, on ne voit pas ce que Facebook nous cache », ajoute le psychanalyste. 

Vaccins : La dimension psychologique

Vaccins : La dimension psychologique

 

 

La peur des thromboses dissuade de nombreux Français d’avoir recours au vaccin d’AstraZeneca. Une réaction irrationnelle, au vu de la balance bénéfice-risque, mais que nous pourrions apprendre à maîtriser, explique Etienne Ghys, dans sa chronique au « Monde ».
Etienne Ghys,secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, directeur de recherche (CNRS) à l’ENS Lyon

 

Tribune

. Comment comprendre la méfiance de la population à l’encontre du vaccin d’AstraZeneca ? D’un côté, un Français sur 700 est mort du Covid-19 depuis un an. De l’autre, un cas de thrombose pour 100 000 vaccinations. La balance semble claire : le risque de thrombose est 140 fois inférieur à celui du Covid-19. Et, pourtant, la méfiance s’est installée et sera difficile à éliminer.

Le calcul des probabilités ne suffira pas. Une application pour smartphone, intitulée Risk Navigator, évalue les risques encourus dans des activités usuelles. L’unité de mesure est le « micromort » : une probabilité de 1 sur un million de mourir. Par exemple, 1 000 km en voiture coûtent 3 micromorts. Mais les humains ne perçoivent presque jamais les risques en termes de chiffres ou de micromorts. Nous ne sommes heureusement pas des machines à calculer. Nos comportements sont souvent irrationnels, et c’est tant mieux.

 

Le débat n’est pas nouveau. L’inoculation contre la variole − la transmission volontaire d’une forme atténuée de la maladie – date du XVIIIe siècle en Europe. Un enfant inoculé avait une « chance » sur 200 de mourir dans le mois qui suivait, mais, s’il survivait, il ne serait pas contaminé pendant toute sa vie, à une époque où 1/8 de la population mourait de la variole. Comment comparer ces fractions 1/200 et 1/8 ? Sont-elles de même nature ? Est-il légitime de risquer de faire mourir quelqu’un pour le protéger d’une maladie qu’il pourrait ne jamais attraper ?

Le mathématicien suisse Daniel Bernoulli publia en 1766 un travail remarquable dans lequel il comparait deux populations, selon qu’elles utilisaient l’inoculation ou pas. Grâce aux données statistiques dont il disposait, il montra que, en inoculant tout le monde, certes 1/200 des enfants décédaient rapidement, mais que l’espérance de vie augmentait de trois ans. Il en conclut qu’il fallait inoculer.

La discussion qui a suivi fut passionnante dans ce siècle des Lumières où l’on s’interrogeait sur la valeur de la vie humaine. Le mathématicien d’Alembert était ainsi convaincu des avantages de l’inoculation mais il pensait que ceux-ci « ne sont pas de nature à être appréciés mathématiquement ». Il opposa beaucoup d’arguments, comme le fait qu’on ne peut pas comparer une mort immédiate avec une autre dans un futur indéterminé.

Depuis quelques décennies, les psychologues étudient la manière dont nous percevons les risques. Ils ont décrit et mesuré un grand nombre de biais systématiques. Par exemple, nous acceptons des risques bien plus importants lorsque nous les choisissons (comme prendre sa voiture) que lorsque nous n’y pouvons rien (comme un accident nucléaire). De même, nous minimisons les risques s’ils ne nous menacent que dans un futur indéterminé (comme le tabac). Nous exagérons un risque dont tous les médias parlent abondamment (comme la thrombose). Ces biais sont universels et on ne peut pas s’en débarrasser avec des cours de mathématiques. Ils font partie de la nature humaine. Même les experts y sont soumis dès qu’ils sortent de leur domaine d’expertise.

 

En revanche, la bonne nouvelle est que ces biais sont maintenant bien compris par les psychologues et qu’on peut les expliquer au public, ce que l’école et les médias ne font malheureusement que très peu. Il ne s’agit pas de faire des calculs mais de comprendre nos comportements et de maîtriser nos prises de risque. Nous prenons la plupart de nos décisions instinctivement, mais lorsque les choses deviennent sérieuses, nous devons apprendre à réfléchir et à analyser nos réactions irrationnelles.

Il faut écouter les médecins et les mathématiciens, bien sûr, mais aussi les psychologues. Vous pouvez accepter votre peur incontrôlée des araignées, mais pour les risques qui vous menacent vraiment, prenez le temps de vous renseigner et de réfléchir avant de prendre une décision !

Etienne Ghys(secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, directeur de recherche (CNRS) à l’ENS Lyon)

Le profil psychologique des complotistes

Le profil psychologique des complotistes

Les croyances en des conspirations tous azimuts intriguent les chercheurs. Quel est le profil psychologique de ces adeptes de la cabale ? Dans sa chronique au « Monde », Sylvie Chokron, Directrice de recherches au CNRS détaille les dernières connaissances en la matière.

Chronique

« Le coronavirus a été créé de toutes pièces en laboratoire ! » « Les vaccins qu’on nous propose sont destinés à nous implanter une puce électronique. » Et pourquoi pas nous connecter à la 5G en même temps ? Les théories du complot sont toutes plus délirantes les unes que les autres et même, parfois, contradictoires. Ainsi, ceux qui prétendaient que la princesse Diana avait été assassinée étaient également les plus enclins à penser qu’elle avait falsifié sa propre mort.

On a souvent avancé que les personnes les plus exposées à ce type de croyances souffraient d’un sentiment de persécution, c’est-à-dire d’une tendance paranoïde. Néanmoins, le nombre important de théories qui émergent régulièrement ainsi que le fait qu’un nombre non négligeable de nos concitoyens y adhèrent suggèrent que ces croyances ne sont pas nécessairement liées à un trouble mental avéré.

 

Ces dernières années, fort heureusement, de nombreuses recherches visent à comprendre quels sont les processus cognitifs, depuis la perception jusqu’à l’analyse des informations qui favorisent ce type de croyances. Michiel van Elk, de l’université d’Amsterdam, a tout d’abord montré que la propension à croire à une théorie paranormale ou conspirationniste pourrait être liée à un biais perceptif. Les détails d’une information seraient traités avant la globalité de celle-ci, alors que c’est habituellement l’inverse qui est attendu. 

Pas de hasard

Sebastian Dieguez et ses collègues de l’université de Fribourg ont, quant à eux, tenté de comprendre si le fait d’adhérer à une théorie du complot était lié à un refus d’accepter le rôle du hasard comme explication possible d’un phénomène. Ces auteurs ont ainsi mené trois études visant à corréler les idées conspirationnistes et l’acceptation du hasard comme cause potentielle d’un événement et n’ont trouvé aucun lien entre ces deux facteurs. Le fait que les complotistes évoquent une théorie pour expliquer des faits en clamant souvent que « de toute façon rien n’arrive par accident » ne recouvre donc aucune disposition particulière vis-à-vis du rôle du hasard.

Très récemment, Nico Pytlik, Daniel Soll et Stephanie Mehl, de l’université de Marbourg, en Allemagne, ont demandé à 519 sujets d’indiquer leur degré de croyance vis-à-vis de 20 théories complotistes. Etait aussi mesurée la propension des participants à tirer des conclusions rapides à partir d’informations communiquées. Les résultats montrent cette fois clairement que le degré de croyance dans une théorie conspirationniste est corrélé à la tendance des participants à tirer des conclusions très rapidement à partir de très peu d’informations.

 




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