Archive pour le Tag 'producteurs'

Amazon va tuer les producteurs nationaux

Amazon va tuer les producteurs nationaux

 

 

Il y a deux manières de tuer le commerce national en mettant sous dépendance économie les producteurs, en écrasant les prix, ou en les éliminant de la plate-forme, soit encore en les mettant en concurrence déloyale dans la place de marché Il est clair qu’Amazon est d’autres plates-formes du même type ont trouvé la martingale pour réaliser des profits exorbitants. L’idée n’est pas nouvelle. Au lieu de produire on se contente de commercialiser la production des autres en écrasant le prix d’achat ces produits. On sait bien que ce n’est pas le travail de production qui est le plus rémunérateur mais sa commercialisation. Du coup,  de plus en plus de petits malins s’infiltrent  dans le processus de commercialisation avec pour objectif de mettre en place une intermédiation obligatoire et à caractère dominant. On objectera que les professions et les entreprises n’ont sans doute pas été assez attentives aux phénomènes de développement de la vente par Internet. Pour autant cela ne saurait  justifier les abus de domination et d’exploitation des plates-formes de distribution vis-à-vis des fournisseurs. D’une certaine manière,  ces fournisseurs maintenant sont en posture de sous-traitance de ces plates-formes. Un procédé utilisé depuis longtemps par la grande distribution mais cette fois réalisée au plan mondial. Non seulement Amazon écrase ses fournisseurs au plan tarifaire mais transfère sur eux nombreux de charges qui devraient incomber au distributeur. La force d’Amazon c’est évidemment de disposer d’une cible de 3,5 millions de visiteurs par jour. De quoi peser de manière monopolistique sur les vrais créateurs de biens. Plus de 10 000 entreprises françaises sont inscrites comme fournisseurs d’Amazon. Du coup la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dénonce les  pratiques abusives du leader mondial du commerce en ligne envers ses fournisseurs français « La plate-forme impose un rapport déséquilibré avec ses vendeurs », expliquait  Loïc Tanguy, directeur de cabinet de la DGCCRF, cité par le Parisien. Selon le journal, pour vendre sur la plate-forme et profiter de ses 3,5 millions de visiteurs par jour en France, les plus de 10.000 entreprises hexagonales inscrites sur le site sont soumises à plusieurs clauses qui peuvent parfois les pousser à la faillite : modifications de contrat unilatérales, prise en charge de tous les problèmes de livraison et possibilité pour Amazon de suspendre le contrat à tout moment. Cerise sur le gâteau, Amazon et autres Gafa ne payent  pratiquement rien comme impôt dans les lieux de commercialisation !

« Les producteurs locaux français » dans les mains d’Amazon

« Les  producteurs locaux français » dans les mains d’Amazon

 

 

 

 

En apparence, une bonne nouvelle que cette boutique des producteurs régionaux français lancés par Amazon. Une boutique qui proposera 2000 références. Amazon aurait tort de se priver puisque le ministre du numérique lui-même soutenait cette idée. D’un certain côté, c’est un exceptionnel soutien d’une plate-forme qui domine le commerce en Europe et dans de nombreuses zones mondiales. Par contre, les producteurs seront en permanence menacés de déréférencement. Or  le déréférencement constitue un véritable drame pour certaines entreprises. C’est brutalement la suppression de l’accès au marché. Reste à savoir aussi si certains n’en profiteront pas pour commercialiser sous le label français des produits largement élaborés aussi à l’étranger. Et il y a ceux qui ne pourront jamais être référencés.  Finalement c’est la même problématique que celle de la grande distribution ;  certains se sont jetés dans les bras des plates-formes numériques de marché qui ne vont pas se gêner pour exploiter les données commerciales relatives aux clients et rendre dépendant les marques françaises. Amazon lancera donc jeudi une « Boutique des producteurs », où des producteurs régionaux français proposeront près de 2.000 références aux millions de clients du géant du commerce en ligne en Europe.  Amazon percevra ensuite une commission allant de 8% à 15% par produit expédié, calculé selon le poids du colis. Une commission évidemment énorme quand on sait que le bénéfice par rapport au chiffre d’affaires est en général inférieur à 5%.

Des villes de consommateurs pas de producteurs

Des villes de consommateurs pas de producteurs

 

 

C’est évidemment la contradiction majeure de cet aménagement du territoire qui favorise une super urbanisation dans les grandes métropoles mais qui évacue les activités de production à l’extérieur. En moyenne les villes françaises ne produisent que 3% des biens qu’elles consomment Interrogé par La Tribune, Arnaud Florentin, directeur associé de l’agence de conseil, analyse le phénomène et insiste sur l’urgence de faire marche arrière.

 

Dans votre rapport, pour expliquer la nécessité d’un ancrage de la fabrication dans les villes, vous utilisez la notion d’ »effet multiplicateur local ». De quoi s’agit-il ?

ARNAUD FLORENTIN - La notion d’effet multiplicateur local, élaborée par le cabinet Utopies dans une étude de 2016, correspond à la capacité d’un revenu qui entre dans un territoire à y circuler durablement et à irriguer son économie. Il représente le deuxième pilier de sa prospérité, à côté de son aptitude à capter des richesses, via les exportations, le tourisme, etc. Un tiers de sa santé économique% des biens qu’elles consomment.  L’image d’un flipper, où pour réaliser des points il faut que la balle ait le plus d’interactions possibles, résume bien ce concept.

Pourtant, non modélisé jusqu’à notre étude, l’effet multiplicateur local se retrouve aujourd’hui dans l’angle mort des politiques publiques de développement, qui prennent en compte seulement le premier pilier. Résultat : son ratio baisse nettement depuis 50 ans, en raison d’un affaiblissement de la diversité économique des territoires, et donc des échanges. Les balles dans le flipper sont nombreuses, mais elles y restent de moins en moins. Promouvoir la fabrication locale est justement un moyen de réintroduire de la diversité.

S’agit-il de soutenir une forme d’autarcie ?

Non, l’autarcie est un dogme sans valeur scientifique, alors que l’autonomie locale est aujourd’hui une nécessité face à des fractures sociales et écologiques qui ne nous laissent plus le choix. L’objectif consiste dans un équilibre entre ce que l’on capte à l’extérieur et ce qui est produit localement : un niveau d’autonomie de 10-15% engendrerait déjà des conséquences très importantes. Et le pari est qu’à partir des villes l’ancrage local de la production s’étende, par cercles concentriques, à l’ensemble des territoires qui les entourent. Les échanges qu’il faut multiplier ne sont d’ailleurs pas seulement ceux d’objets, mais aussi ceux d’informations : à Barcelone, le mouvement FabCity promeut justement le passage d’un modèle Produce in Trash Out (PITO) à un modèle Data In Data Out (DIDO).

Dans votre Fab City Index, qui mesure la capacité d’auto-production des villes françaises, Paris figure en tête, suivie par Lyon, puis par quelques autres métropoles. Est-ce la présence des sièges sociaux des grands groupes dans la capitale compte pour expliquer cela ?

Non, car dans notre index nous valorisons seulement le tissu productif, à l’exclusion du tertiaire. L’autonomie d’un territoire que nous mesurons dépend ainsi de sa capacité à s’inscrire dans l’ensemble de la chaîne de production répondant à ses besoins. Les bons résultats de Paris et d’autres métropoles dépendent donc plutôt de l’étendue et de la densité économique de leurs aires urbaines. Mais la partie la plus importante du classement est celle qui dé-corrèle l’autonomie des villes de leur taille, puisqu’elle montre les territoires qui sur-performent. C’est le cas de Cholet qui, 73e aire urbaine française, figure pourtant à la 11e place en termes d’auto-production.

Deux atouts sont nécessaires pour atteindre de tels résultats : un tissu industriel diversifié, mais aussi la présence de véritables filières locales permettant de multiplier les échanges sur le territoire. Au cœur du triangle dynamique des villes de Nantes, Angers et La Roche-sur-Yon, Cholet affiche justement un équilibre entre fleurons industriels, PME et ETI, startups, ainsi qu’une véritable culture entrepreneuriale. D’une manière générale, l’arc Ouest-Sud, s’appuyant sur des économies plus diversifiées qu’en moyenne, semble compter davantage de villes fabricantes. Au contraire, les aires urbaines du quart Nord-Est, avec une forte histoire de spécialisation industrielle, présentent moins de capacités d’auto-production.

La désindustrialisation de l’économie française depuis les années 70 est donc la cause de cette perte d’autonomie des territoires ?

Oui, mais l’enjeu n’est pas d’affirmer que c’était mieux avant. Aujourd’hui, il s’agit plutôt de relocaliser la production sans pour autant réinstaller de grandes usines en promouvant des modèles plus petits et circulaires.

Par rapport à d’autres pays, comment se situe la France ?

Nous travaillons sur des outils de comparaison précis, mais un travail déjà réalisé aux Etats-Unis permet de constater que globalement les zones urbaines américaines sont plus productives que celles françaises. Globalement, en France, le niveau d’autonomie des villes est plutôt bas : en moyenne, elles ne produisent que 3,1% de la valeur des biens consommés par leurs habitants. Or, Los Angeles affiche 10 points plus que Paris, qui pourtant atteint 8,7%.

Les villes américaines sont souvent moins denses. Est-ce que cela joue ?

La différence vient moins de l’usage du foncier que de la présence d’une culture de la diversité économique. Mais si la fabrication en ville doit être micro, c’est justement aussi pour des raisons de foncier. Et réinstaller la fabrication en ville exige d’innover aussi dans la manière de penser l’espace.

Votre rapport le souligne : nombre d’initiatives surgissent déjà sur le terrain. Mais que peuvent faire les pouvoirs publics pour promouvoir ce changement ?

La clé est justement de changer de mentalité dans la manière de concevoir les politiques économiques. Un rapport de 2017 de la Caisse des dépôts relatif à l’accompagnement de l’entrepreneuriat territorial le montre bien : les anciens outils, fondés sur le foncier et les aides fiscales, ne suffisent plus. Il s’agit désormais d’innover, en misant aussi sur des démarches d’accompagnement et mise en relation. A Knoxville par exemple, dans le Tennessee (Etats-Unis), la mairie a formé un « conseil de production locale » composé d’artisans, artistes et petits producteurs.

Les meilleurs incubateurs sont d’ailleurs aujourd’hui ceux qui utilisent les ressources locales et promeuvent la transversalité : c’est le cas du Brooklyn FoodWorks, financé par des fonds publics mais géré par un acteur privé, qui permet aux consommateurs d’avoir accès à des produits parfois fabriqués seulement 24 heures auparavant à proximité. Et les meilleures startups de demain sont celles qui sauront conquérir une globalité de marchés locaux, éventuellement via des partenariats avec de plus gros groupes, qui peuvent entraîner les plus petites structures.

 

 

Amazon : la pieuvre qui suce le sang des producteurs

Amazon : la pieuvre qui suce le sang des producteurs

 

 

Tout va bien pour Amazon qui vient d’approcher uen capitalisation boursière de près de1000 milliards. On parle souvent pour Amazon, et autres plateformes, d’innovation technologique fondamentale ; En fait il s’agit seulement d’un positionnement entre producteurs et consommateurs qui se substituent aux anciens distributeurs grâce à une plateforme internet assez banale. L’idée générale c’est bien évidemment qu’on gagne  bien davantage d’argent à vendre les produits des autres en les mettant en concurrence au plan mondial qu’à fabriquer voire à stocker et à distribuer. Bref les plateformes sont des nouveaux marchands du temple qui vont dévorer les systèmes de production en tirant vers le bas les pris d’achat. Et  ce compte là l’industrie française déjà en voie régulière d’extinction et le secteur agricole auront du mal à résister. En outre pour faciliter la venue de ces plateformes , certains dans la grande distribution passent des accords avec ces plateformes mondiales. Le loup qui entre dans la bergerie. Pas étonnant que des batteries de magasins ferment régulièrement leurs portes Fen rance. Conséquence financière,  le titre Amazon, qui a déjà bondi de près de 57% depuis le début de l’année, a ouvert en hausse à Wall Street, permettant au géant du commerce en ligne de franchir le seuil des 900 milliards de dollars (773,5 milliards d’euros) de capitalisation boursière. Il s’est ensuite retourné à la baisse et perdait 0,33% à 1.837,9 dollars à 14h39 GMT, alors que l’indice S&P-500 était globalement stable au même moment (-0,08%). Amazon n’est devancé que par Apple pour le titre de plus grande capitalisation boursière au monde. Le fabricant de l’iPhone, dont le titre abandonne 0,7% à 190,12 dollars, vaut pour sa part près de 935 milliards de dollars.

Miel: nouveau cri d’alarme des producteurs

Miel: nouveau cri d’alarme des producteurs

Bien que réputée, la production française de miel fait face à des menaces environnementales et commerciales qui la grèvent lourdement. Elle a été divisée par plus de deux en un quart de siècle, passant de 35.000 tonnes dans les années 1990 à 16.100 en 2016. La monoculture, qui nuit à la diversité des pollens, le Varroa, parasite importé d’Asie ravageur et coûteux à traiter, l’utilisation massive de pesticides dans l’agriculture (dont les néonicotinoïdes massivement utilisés jusqu’à récemment), ou encore les ravages provoqués par les frelons asiatiques dans les colonies sont diverses causes pouvant expliquer l’affaiblissement des ruches en France, la disparition progressive des abeilles, et, de fait, la chute de la production. On dénombre en effet, en 2015, une mortalité moyenne dans les colonies de 30%, atteignant dans les cas extrêmes 80%. Pourtant  les abeilles ont un rôle essentiel pour la survie des végétaux depuis 50 millions d’années. Ce sont quelque 20 000 végétaux, dont 40 % de plantes cultivées comme les fruits, légumes ou oléagineux, qui ne vivent que s’ils sont pollinisés par les abeilles. Or, depuis plus de 10 ans, c’est l’hécatombe chez les abeilles du monde entier. Selon l’INRA, la production de 84 % des espèces cultivées en Europe dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90 % des abeilles domestiques et sauvages ! Depuis 10 ans, l’apiculture traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. En France, un tiers des colonies disparait chaque année depuis 1995 et 1.500 apiculteurs, amateurs et professionnels, cessent leur activité ce qui menacerait au total 5.000 emplois. On a découvert que les abeilles sont toxico-sensibles et donc plus vulnérables que la plupart des autres insectes aux pesticides. C’est confirmé par le séquençage complet de leur génome réalisé par une équipe de chercheurs internationaux au Texas. En France on vient de trouver des traces de glysophate dans le Miel !  «Nous avons retrouvé du glyphosate dans le miel, nous ne connaissons pas encore les quantités retrouvées et ne mesurons pas encore les conséquences exactes sur la santé, mais nous ne trouvons pas cela rassurant», indique Jean-Marie Camus, président du syndicat apicole de l’Aisne, dans le nord de la France, à l’origine de cette plainte. Ce syndicat, qui réunit 200 apiculteurs pour la plupart amateurs, a reçu l’alerte d’un de ses membres qui vend ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France, notamment avec sa marque Lune de Miel

Lait: les producteurs doivent s’approprier la commercialisation

Lait: les producteurs doivent s’approprier la commercialisation

Dominique Chargé, président de la fédération nationale des coopératives laitières (FNCL)  expose ses solutions pour sortir de la crise du lait dans une interview au Figaro.

 

La filière laitière est en crise depuis environ deux ans, quels ont été les éléments déclencheurs?

 

Dominique CHARGÉ.- Tout d’abord, les Chinois qui importaient notre lait massivement, en raison de divers scandales autour de leur production locale, se sont brusquement retirés en 2014. Quelques mois plus tard, en août 2014, c’est un nouveau coup dur avec l’embargo russe qui a privé les producteurs laitiers européens de la vente de 250.000 tonnes de fromage et 40.000 tonnes de beurre. Enfin, en 2015, misant sur de nouveaux débouchés dans les pays émergents, l’Union européenne (UE) a supprimé les quotas laitiers, un outil qui régulait la production européenne. La hausse de la production ne s’est pas fait attendre notamment en Irlande (+40%). Les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark en ont aussi profité pour accroître leur production. Quant à la production française, elle reste stable alors que les débouchés se réduisent mécaniquement. Le prix du lait en France est alors passé de 365 euros les 1000 litres en 2014 à 270-280 euros en 2016.

 

Comment fixe-t-on le prix du lait en France?
Il existe plusieurs catégories de marchés: français, européen, international. On trouve peu de croissance sur les deux premiers mais c’est le contraire sur le dernier. Chaque entreprise (Lactalis, etc.) fixe le prix du lait avec ses producteurs en fonction de ce que disent ces marchés et en fonction du niveau de valorisation qu’elle obtient. Elle est totalement libre. Le marché n’est pas encadré. Le prix du lait est très supérieur en France car le marché français est plus stable et plus valorisant et parce qu’il y a une volonté de certains acteurs (notamment les coopératives) de soutenir la filière et la trésorerie de leurs producteurs. Si tel n’était pas le cas, les producteurs ne pourraient pas vivre.

 

Quelles sont les voies de sortie de crise?

 

Le premier facteur de rééquilibrage du marché, c’est Bruxelles. Les instances européennes doivent se rendre compte qu’il y a un problème dans le fonctionnement du secteur. Au lieu de donner des aides indifférenciées à tous les producteurs, Bruxelles devrait mettre en place des aides au moment des crises à destination de productions ciblées (lait, viande, etc.). Deuxième point, il faut organiser la filière différemment. La France a réalisé une gestion sociale de la politique des quotas en choisissant de maintenir les petites exploitations et une production présente sur tout le territoire notamment les montagnes et massifs, au détriment de la compétitivité. Aujourd’hui, alors que le glas a sonné pour les quotas laitiers, les exploitations et les industries confrontées à une rude concurrence sont handicapées. Les pouvoirs doivent en tenir compte pour trouver des solutions de sortie de crise. À côté de cela, il est néanmoins important de souligner que les acteurs de la filière, qui n’ont donc pas cherché uniquement la compétitivité, ont eu ce souci d’excellence sanitaire qui fait aujourd’hui notre force sur le marché mondial. Cette gestion «sociale» qui favorisait la présence d’une production sur tout le territoire a aussi permis de développer nos produits régionaux, ce qui nous aide à nous différencier à l’exportation sur la qualité et les prix. Enfin, jusqu’à la fin des quotas laitiers, c’est l’administration qui imposait le nombre de litres de lait à produire aux agriculteurs, et à collecter aux industriels. Aucun statut juridique ne venait régir la relation entre les deux protagonistes. Aujourd’hui avec la fin des quotas laitiers, c’est le rapport de force qui prédomine, ce qui exacerbe la crise. En effet, les industriels décident de tout: le prix et la quantité. Or, pour être rentable, le producteur doit maîtriser ces deux leviers. Aujourd’hui, nous prônons le retour au pouvoir économique des producteurs par le biais d’organisations de producteurs économiques et commerciales, comme des coopératives de collecte par exemple. L’objectif est que ces organisations de producteurs s’approprient le marché pour l’adapter à leurs besoins tout en faisant vivre un modèle économique de façon autonome.

 

Mais si les producteurs demandent un prix trop élevé, les industriels ne risquent-ils pas de se tourner vers l’étranger?

 

Si l’on reste dans ce type de conflits, complètement. Les grands acteurs industriels privés ont déjà fait le choix de s’approvisionner ailleurs qu’en France et continueront si la filière française n’est pas compétitive. Le seul moyen de vendre à ces industriels est donc d’aller à la conquête des marchés. Les producteurs doivent s’approprier la commercialisation du lait pour capter la valeur ajoutée et la faire rejaillir sur leurs exploitations agricoles.

 

Agriculture : ça va fort pour le Crédit agricole moins pour les producteurs

Agriculture : ça va fort pour le Crédit agricole moins  pour les producteurs

Si l’on s’en tient aux résultats financiers de la banque Crédit Agricole, ça va fort pour le secteur de l’agriculture. Il n’en n’est pas de même pour les éleveurs mais c’est le paradoxe depuis que les agriculteurs ont pratiquement été dépossédés par les financiers de leur banque coopérative (même si juridiquement les caisses régionales disposent d’un pouvoir). Forte d’un bénéfice 2015 en hausse de 50% à 3,51 milliards d’euros, a annoncé mercredi la refonte de son capital, son entité cotée devant céder cet été ses parts dans les 39 caisses régionales du groupe pour un montant de 18 milliards d’euros. Crédit Agricole SA (CASA) renoue avec des « résultats à des niveaux historiques », s’est félicité son directeur général Philippe Brassac au cours d’une conférence de presse. Le bénéfice net du groupe Crédit Agricole, qui intègre la totalité du résultat des caisses régionales, a lui aussi bondi de 22,7% à 6 milliards d’euros l’an dernier. CASA en a profité pour confirmer le lancement de son projet, déjà évoqué en janvier, de céder ses parts dans les caisses régionales à une entité dédiée et contrôlée par ces dernières pour un montant de 18 milliards.

Manif : les producteurs de fruits et légumes aussi en colère

Manif : les producteurs de fruits et légumes aussi en colère

Comme pour la viande et de lait c’est la grogne chez les producteurs de fruits et des légumes. Ce sont les prix qui sont également en cause, prix qui ne couvrent  plus les coûts de productions du fait notamment d’une concurrence internationale déloyale. S’y ajoute des conditions climatiques qui ont engorgé le marché. Le secteur du melon est particulièrement touché. La raison principale du mécontentement provient d’une fiscalité trop lourde en France en particulier en matière de charges sociales.  Plus de 200 producteurs de fruits et légumes français ont contrôlé jeudi une centaine de camions et jeté sur la chaussée le contenu d’une demi-douzaine d’entre eux, en majorité espagnols à hauteur d’Arles (Bouches-du-Rhône) pour attirer l’attention du gouvernement sur les problèmes de leur filière. Après les éleveurs, qui ont obtenu un plan d’aide jugé insuffisant, ils ont bloqué dans les deux sens la nationale 113, créant plus d’une vingtaine de kilomètres de retenues automobiles, selon le Centre régional d’information et de coordination routière (CRICR). « C’est clairement un avertissement au gouvernement et à tous ceux qui tirent profit de la filière sans en payer le juste prix », a dit à Reuters le président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles des Bouches-du-Rhône, Serge Mistral. Outre des prix qui tiennent compte des coûts de production, les agriculteurs exigent des « mesures exceptionnelles de compensation nationales et européennes » pour compenser les pertes liées à l’embargo russe sur les produits alimentaires en provenance de l’Union européenne. « Nombreux sont ceux parmi nous qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Aujourd’hui, on a voulu se faire entendre mais c’est surtout des actes qu’on attend dans les prochains jours », a prévenu Serge Mistral.

Crise-viande lait : Hollande maintient la pression…les producteurs aussi !

Crise-viande lait : Hollande maintient la pression…les producteurs aussi !

 

Si ça continue Hollande pourraiat bien manifester avec les producteurs puisqu’il considère qu’il faut continuer de faire pression pour obtenir de meilleurs prix. Dommage qu’il n’ait pris que des mesures conjoncturelles et qu’il ne se soit pas attaqué aux questions structurelles relative à la régulation, la concurrence déloyale et au mode de production qui tire la qualité vers le bas. Ce sont sans doute les limites du social libéralisme ! Des mots mais peu d’action ! François Hollande a donc promis lundi de maintenir « la pression » pour que des prix décents soient garantis aux éleveurs français, qui ont poursuivi leurs actions, à la grande colère des producteurs allemands et espagnols ulcérés par leur concurrence « déloyale ». Des accords sur le relèvement des prix du bœuf, du porc et du lait ont été conclus la semaine dernière et le gouvernement a annoncé un plan qui déclenchera un soutien pouvant aller jusqu’à 1,1 milliard d’euros, notamment pour l’allègement de la dette des éleveurs confrontés à une crise protéiforme. « Le ministre de l’agriculture a fait en sorte que nous puissions faire la pression nécessaire sur les distributeurs, les transformateurs, sur les abatteurs », a dit François Hollande lors d’un déplacement à Bormes-les-Mimosas (Var). « Nous avons des prix à relever et je pense que cela fait partie de ce que les consommateurs doivent comprendre. » Il a réitéré l’appel à « manger français », s’engageant à ce que l’Etat applique ce slogan dans la restauration collective publique, et rappelé qu’un conseil des ministres européens de l’Agriculture se réunirait le 7 septembre pour débattre des demandes françaises, notamment de relèvement des prix du lait. « D’ici-là, nous continuerons la pression, et que les agriculteurs soient sûrs, actions ou pas actions, que nous sommes à leurs côtés », a conclu le président français. Selon la Fédération nationale de l’industrie laitière, la Commission européenne a commencé lundi à acheter de la poudre de lait pour retirer des excédents du marché dans l’espoir de faire remonter les cours, un geste salué par la Fnil qui l’a toutefois jugé insuffisant pour soutenir les prix. Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Environ 400 tracteurs ont envahi lundi matin l’autoroute A81 entre Vaiges (Mayenne) et le péage de la Gravelle (Mayenne), répondant à un appel de la FDSEA locale. Un millier de manifestants et 500 tracteurs ont ensuite bloqué les accès du siège du groupe Lactalis, leader mondial des produits laitiers, à Laval. « Les 600 millions d’aides annoncées la semaine dernière par le ministre de l’agriculture ne représentent pas grand-chose quand on sait que le manque à gagner pour la production agricole dans le seul département de la Manche sera de 200 millions en 2015″, a dit à Reuters Sébastien Amand, président de la FDSEA de ce département. « Le compte n’y est pas. »

Des prix minimum pour les producteurs agricoles et les éleveurs

Des prix minimum pour les producteurs agricoles et les éleveurs

 

Un propos quit ranche avec celui très hypocrite de Leclerc, celui  de Serge Papin, président-directeur général de Système U. Alors que le parton de Leclerc renvoie la question à uen hypothétique réforme des pouvoirs publics, le patron de U lui propose de façon plus conquête assurer un prix minimum pour les productions.  Encore faudrait-il que les intermédiaires (les transformateurs) ne se sucrent pas au passage comme en ce moment. Et  d’une  certaine manière la concentration des centrales d’achat pèsent aussi sur les prix à la baisse compte tenu de leur puissance d’achat. Dans cette affaire l’hypocrisie n’est uniquement chez Leclerc mais dans le système même de la grande distribution qui a tué la qualité au détriment du prix. « On a trouvé moyen pour que [le] prix minimum garanti soit versé directement dans un espace facturable. Nous irons jusqu’au bout », a indiqué Serge Papin, le PDG du réseau d’enseignes au micro de France Inter ce jeudi matin. Prenant l’exemple du porc, il a précisé que le prix minimum serait de 1,40 euro le kilo, contre en moyenne 1,35 euro au prix actuel du marché. Lequel est fixé par un système d’enchères électroniques sur un écran appelé le « cadran » à Plérin (Cotes d’Armor). Il faudrait pouvoir leur verser la différence, soit environ 5 centimes d’euros par kilo.   »Nous n’achetons pas directement au producteur », a-t-il toutefois rappelé. Entre les deux, ceux qu’ils désigne sous le nom de « transformateurs » négocient les prix avec les centrales d’achat. Les rapprochement entre grandes enseignes au sein de quatre grandes centrales ont contribué à tendre encore plus les relations entre les acteurs de ces filières. « Nous sommes obligés de passer outre le prix des transformateurs pour que nous soyons surs que les agriculteurs touchent en effet » les sommes supplémentaires, a précisé Serge Papin tout en affirmant qu’il ne souhaitait pas désigner de « coupables » mais qu’il essayait de « trouver une solution ». Il a pourtant également pointé du doigt la concurrence de l’agriculture allemande et le contexte réglementaire européen qu’il juge défavorable aux productions françaises pour expliquer ces prix très bas qui affectent également producteurs de lait et de boeuf, Serge Papin. « 

Marges des producteurs : mise en cause de la grande distribution

Marges des producteurs :mise en cause de la grande distribution

 

Il est clair que la crise conduit à écraser prix et marges. De ce fait les producteurs souffrent surtout avec la concentration des centrales d’achat. La grande distribution elle-même a rogné se propres marges car le chiffre d’affaires n’évoluent pas. Les producteurs , eux sont surtout victime de ces appels d’offres répétés qui tirent les prix vers le bas. C’est vrai pour l’agriculture mais aussi pour l’industrie. Le PDG de la filiale française du groupe suisse Nestlé, Richard Girardot lance un cri d’alarme et se plaint de la pression des distributeurs, qui ont poussé les producteurs à réduire leurs marges, et s’interroge sur l’attitude des pouvoirs publics.  « Nous avons écrasé nos marges pour continuer d’être référencés chez les distributeurs » qui « sont revenus nous mettre la pression toute l’année », écrasant aussi leurs propres marges pour faire baisser « de 7% les prix sur les produits leaders comme le Ricoré ou Mousline [...]  Pour compenser cet effort, ils ont augmenté les prix des produits vendus sous leurs marques propres. » Ainsi, le PDG de Nestlé-France Richard Girardot, dont le groupe est l’un des premiers fournisseurs des grandes surfaces en France, a vivement dénoncé les méthodes de la grande distribution dans une interview au Figaro, lundi 30 mars. Et de renchérir : les distributeurs « refusent de signer des chartes de bonnes pratiques avec les industriels, alors que nous en signons avec les agriculteurs ». Richard Girardot rappelle que l’Autorité de la concurrence ne s’est toujours pas prononcée sur les rapprochements entre grandes enseignes telles Auchan/Système U et Casino/Intermarché, qui constituent ainsi des forces de frappe ultra-puissantes face aux acheteurs. « Cela fait sept mois que les premiers rapprochements entre centrales d’achat ont été annoncées et l’Autorité n’a toujours pas rendu sa décision sur le sujet, laissant passer la période cruciale des négociations tarifaires annuelles », insiste le PDG de Nestlé-France. Saisie en novembre du sujet par le ministre de l’Économie Emmanuel Macron et par la Commission des affaires économiques du Sénat, elle avait promis de rendre un avis « au cours du premier trimestre 2015″, qui s’achève mardi soir. « C’est stupéfiant! », s’écrie le patron de Nestlé-France, ajoutant que l’Autorité de la concurrence est « toujours prompte à prendre la parole contre les industriels ».

 

La guerre du lait reprend entre producteurs, industriels et distributeurs

La guerre du lait reprend entre producteurs, industriels  et distributeurs

 

 Les éleveurs laitiers ont appelé la grande distribution à la responsabilité, avant la fin des négociations commerciales jeudi sur le prix du lait pour l’année à venir. François Hollande a d’ailleurs été interpellé sur le sujet lors de sa visite sur le salon ce matin. « Quand le prix du lait baisse en Allemagne, il baisse ici et quand il remonte en Allemagne il ne remonte pas en France », s’est agacé un éleveur des Pays de Loire. Le président se retourne alors vers son ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, lui disant: « Stéphane faut négocier, faut négocier ». Les éleveurs se plaignent, en effet, d’un prix d’achat inférieur au marché. Le prix du lait payé au producteur est d’environ 400 euros les 1.000 litres, mais « la réalité est tout autre, de l’ordre de 335 euros », affirme Ludovic Blin, président de la section lait de la FDSEA de la Manche, dans Ouest France.   Les industriels appellent, eux, à une prise de conscience des distributeurs. Leur filière est dans l’impasse. D’un côté, le prix du lait flambe en raison d’une demande toujours plus forte, notamment en provenance de Chine. En 2013, il a augmenté de 9% et atteint aujourd’hui un niveau record. Et de l’autre, une guerre des prix dans la grande distribution fait qu’en rayon, le prix moyen des produits laitiers a baissé de près d’1% sur la même période. Entre les deux, des industriels qui voient rouge. Leurs marges ne cessent de diminuer. La  Fnil, qui les représente, appelle les distributeurs à une prise de conscience. Hier, jeudi 20 février, c’est le patron de Danone qui en a remis une couche. « Il n’y a pas le choix, il faut répercuter la hausse aux consommateurs ». Seul le patron de Système U est dans la même logique. Pour les autres distributeurs, Carrefour, Casino et Leclerc notamment, ce n’est pas encore le bon moment, en raison d’une consommation atone et d’un faible pouvoir d’achat. Selon Franck Riboud, la solution ne peut être que politique.




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