Archive pour le Tag 'prix'

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Prix Gaz : encore une hausse de 9 %

Prix Gaz : encore une hausse de 9 %

Le tarif réglementé de vente (TRV) du gaz naturel vendu par Engie va augmenter de 8,7% (soit 7,9% TTC) au 1er septembre

Depuis le 1er janvier 2019, les tarifs réglementés de vente de gaz HT d’Engie ont crû de 15,8%, et de 16,7% depuis le 1er janvier 2015. Ils avaient connu une période de baisse durant la crise. Les tarifs réglementés de vente de gaz disparaîtront le 1er juillet 2023. Environ 2,8 millions de consommateurs résidentiels sur un total de 10,7 millions (soit 26%), sont aujourd’hui titulaires d’un contrat au TRV auprès d’Engie.

Parmi les 7,6 millions de consommateurs résidentiels disposant d’un contrat en offre de marché, environ 5,5 millions ont souscrit une offre à prix fixe et ne sont donc pas concernés par les évolutions mensuelles du tarif réglementé.

PÉNURIE DE BLÉ: LA FNSEA CRITIQUE LA HAUSSE DU PRIX DES PÂTES

PÉNURIE DE BLÉ:  LA FNSEA CRITIQUE LA HAUSSE DU PRIX DES PÂTES

 

Alors que les industriels de l’alimentation ne cessent lier sur le tassement des récoltes mondiales pour justifier une hausse des pâtes alimentaires, la FNSEA considèrent qu’il faut limiter l’impact. « Il faut relativiser », a assuré Christiane Lambert sur BFM Business. « Si par exemple le prix du blé dur augmente de 10%, ça va représenter quatre centimes de plus par kilo de pâtes. On en consomme 9,1 kg [...] ça fait 36 centimes par an par personne. »

En France, le prix du blé dur a déjà augmenté d’environ 30% sur un mois, à 110 euros la tonne, indique la FNSEA dans une note interne consultée par l’AFP. Si le prix du blé dur augmente dans une telle proportion sur l’année, le syndicat majoritaire des agriculteurs prévoit ainsi une hausse de 12 centimes par kilo de pâtes, soit un total d’un peu plus d’un euro par an et par personne en moyenne.

.Le Sifpaf (syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires) et le CFSI (Comité français de la semoulerie industrielle) demandaient dans un communiqué commun aux distributeurs de répercuter « l’explosion du prix du blé dur dans les prix de vente ».

 

Prix Pétrole : baisse à la production et hausse à la pompe

Pétrole : baisse à la production et hausse  à la pompe 

C ‘est le paradoxe habituel qui se reproduit encore à savoir le constat d’une baisse des prix à la production depuis trois mois, en même temps une hausse sensible du carburant à la pompe.  Depuis le début de l’année le pétrole en raison du contingentement organisé par l’OPEP a  relativement flambé.

Les distributeurs de carburant sont toujours très rapides pour répercuter ces hausses. Par contre, les baisses constatées au plus bas depuis trois mois ne seront pas répercutées avant longtemps. En  cause ,les délais de livraison mais aussi le fait que les distributeurs se gavent dans les périodes de hausse.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a perdu 2,60% ou 1,78 dollar à 66,45 dollars à Londres par rapport à la clôture de la veille. A New York, le baril américain de WTI pour le mois de septembre a abandonné 2,70% ou 1,77 dollar à 63,69 dollars. Après cette sixième séance consécutive de baisse, les deux cours de référence de part et d’autre de l’Atlantique retombent à des niveaux de prix plus vus depuis le 21 mai. Ils cèdent environ 8% depuis le début de la glissade jeudi dernier.

Prix Pétrole : hausse ou baisse ?

Prix Pétrole : hausse ou baisse ?

Les prix du pétrole font actuellement du yo-yo sur une tendance haussière. Les producteurs se fondent sur la reprise internationale pour desserrer progressivement mais très lentement leur contingentement. De son côté l’agence internationale de l’énergie prend en compte l’influence de la crise de la crise sanitaire qui va peser négativement sur la demande.

Selon le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie, publié ce jeudi, « si tout se passe comme prévu, la production de pétrole de l’Opep+ devrait augmenter de 2 millions de barils par jour (mbj) d’ici la fin de 2021″, estime l’agence, qui prévoit que « pour l’ensemble de l’année 2021, la production totale de l’Opep+ devrait augmenter de 1,2 mbj en moyenne, contre une baisse de 5,5 mbj l’année dernière ».

Pour autant, considère l’AIE, « le marché pétrolier pourrait encore être légèrement déficitaire au quatrième trimestre cette année ». Selon ses projections, qui intègre les pays producteurs de l’Opep+ mais aussi les pays non membres de l’Opep+, ce déséquilibre serait de 200.000 bj pour la fin de l’année.

La reprise de la demande de brut devrait en effet ralentir sur le reste de l’année après avoir brusquement chuté en juillet en raison de la propagation du variant Delta du coronavirus.

L ‘AIE estime pour sa part que le marché pourrait même « redevenir excédentaire en 2022″ si l’Opep+ continue à abandonner ses restrictions de production, et si les autres pays producteurs hors cartel pompent davantage de brut pour profiter de cours plus élevés.

Prix du bois : net tassement au plan mondial

Prix du bois : net tassement au plan mondial

 

Les prix des arbres ne monteront pas jusqu’au ciel. Les cours du bois, qui avaient explosé dans les premiers mois de l’année , sont retombés. En mai, sur les marchés à terme de Chicago, les 1.000 pieds-planche, l’équivalent d’environ 2,36 m3, avaient atteint les 1.686 dollars, le plus haut niveau jamais enregistré par cette matière première. Aujourd’hui, le bois de charpente a effacé tous ses gains : les 1.000 pieds-planche se négocient à 551 dollars.

La hausse spectaculaire des prix s’expliquait avant tout par un déséquilibre entre une forte demande, notamment des Etats-Unis et de la Chine, et une offre réduite.

Inflation Chine: des prix qui s’envolent

Inflation Chine:  des prix qui s’envolent 

Du fait de la hausse exceptionnelle des matières premières, les prix à la production des biens augmentent d’environ 10 % en Chine

L’indice PPI, qui mesure le coût des marchandises sorties d’usine, a connu une augmentation de 9% sur un an le mois dernier, d’après le Bureau national des statistiques (BNS). Il s’agit de sa plus forte hausse depuis septembre 2008. Ce résultat, supérieur à celui de juin (8,8%), dépasse la prévision moyenne d’analystes interrogés par l’agence financière Bloomberg (8,6%).

Le coût des matières premières sur les marchés mondiaux (pétrole, métaux) combiné aux fortes chaleurs qui tirent la consommation d’électricité et les prix du charbon vers le haut, expliquent en partie ce niveau, souligne Dong Lijuan, un statisticien du BNS. Les prix de l’extraction de pétrole et de gaz naturel ont ainsi augmenté sur un an de 48%, selon le BNS.

Depuis quelques mois, les autorités de Pékin prennent des mesures pour maîtriser la hausse des prix des matières premières, notamment pour restreindre les exportations d’acier ou pour réduire la spéculation.

 

Auto : les constructeurs gonflent les voitures de technologies pour justifier les prix

Auto : les constructeurs gonflent les voitures de technologies pour justifier les prix

 

Les constructeurs automobiles s’engagent dans une stratégie folle pour gonfler les voitures de technologies afin de maintenir les prix. En effet d’après les experts de la profession, le logiciel pourrait représenter 60 % du prix de la voiture électrique. Un logiciel complexe justifié par de nombreux services  et exploitant des informations de nombreux capteurs et caméras.

Certes l’électronique dans l’automobile n’est pas un phénomène nouveau et de ce point de vue la complexification des automobiles est déjà largement inutile aujourd’hui et c’est cette complexification qui permet de maintenir des prix très élevés

Selon une étude réalisée par le cabinet Roland Berger, le coût des semi-conducteurs, qui représente 16 % du total dans une voiture diesel ou essence, monte ainsi à 35 % dans une voiture électrique.

Le cabinet PwC estime que la part du logiciel dans la valeur des voitures grimpera à 60 % en 2030. L’électronique permettra de gérer les fonctions d’assistance à la conduite, grâce auxquelles les véhicules vont se garer seuls ou rectifier leurs trajectoires – avant d’être un jour totalement autonomes ! Une utopie totale évidemment car les infrastructures devraient alors être totalement dédies à la seule circulation automobile ( bref la réinvention du train ou du métro ).

La stratégie des constructeurs est surtout commerciale et financière et la voiture risque d’être gonflée de gadgets numériques pour justifier les prix et maintenir des profits. Une stratégie qui risque d’être perdante dans la mesure où la voiture numérique va passer à côté de sa cible sociologique de masse. Seule une partie de la population pourra en effet se payer ses voitures numériques trois à quatre fois plus chères qu’une voiture thermique. Le gagnant de la future stratégie pourrait bien être au contraire celui qui saura déshabiller l’automobile de toute ce fatras numérique inutile. Cela pour rendre l’automobile encore accessible financièrement.

Croissance industrie: La hausse des prix menace la reprise

Croissance industrie: La hausse des prix menace la reprise

Hausse des prix et menace de quatrième vague unitaire pèse sur l’avenir de l’industrie en France. En juillet, « le degré de confiance s’est replié par rapport à juin pour afficher son plus faible niveau depuis six mois », indique IHS Markit.( Le même tassement se constate aussi en Chine et aux États-Unis). 

La flambée des matières premières et des composants plombe la compétitivité et commence à peser sur la demande. En cause, une inflation qui va se transmettre de la production à la consommation et freiner la reprise

Selon les experts d’IHS Markit, cette spirale ne va pas s’arrêter à court terme. « Les entreprises se​mblent anticiper une prolongation de leurs difficultés actuelles », constate Joe Hayes, senior Economist cité dans le communiqué, qui dit « s’attendre à une hausse prochaine des prix à la consommation ». Tendance qui selon lui pourrait amener « les responsables politiques à réviser leur plan d’action ».

 

Industrie: La hausse des prix menace la reprise

Industrie: La hausse des prix menace la reprise

Hausse des prix et menace de quatrième vague unitaire pèse sur l’avenir de l’industrie en France. En juillet, « le degré de confiance s’est replié par rapport à juin pour afficher son plus faible niveau depuis six mois », indique IHS Markit.

La flambée des matières premières et des composants plombe la compétitivité et commence à peser sur la demande. En cause, une inflation qui va se transmettre de la production à la consommation et freiner la reprise

Selon les experts d’IHS Markit, cette spirale ne va pas s’arrêter à court terme. « Les entreprises se​mblent anticiper une prolongation de leurs difficultés actuelles », constate Joe Hayes, senior Economist cité dans le communiqué, qui dit « s’attendre à une hausse prochaine des prix à la consommation ». Tendance qui selon lui pourrait amener « les responsables politiques à réviser leur plan d’action ».

PRIX ÉLECTRICITÉ: LA « TARIFICATION DYNAMIQUE »…… ou le piège à cons

PRIX ÉLECTRICITÉ: LA « TARIFICATION DYNAMIQUE »…… ou le piège à cons

La « tarification dynamique » qui sera proposé aux consommateurs à partir de 2023 permet de payer   sa consommation en se basant sur les prix du marché de l’électricité. Cette Tarification est permise par l’installation quasi généralisée des compteurs connectés Linky mais répond aussi à l’essor des énergies renouvelables (éolien, hydrolien…).En réalité, ce sera surtout l’occasion d’augmenter les tarifs.

Alors que la plupart des offres du marché proposent des tarifs prévisibles sur l’année, ces formules suivent donc les fluctuations quotidiennes des données boursières et notamment le cours EPEX Spot.

Concrètement, les prix de gros évoluent principalement en raison du comportement des usagers. La nuit, les jours fériés, pendant les vacances… les Français consomment moins. De la même façon, les prix baissent si la météo est venteuse (et donc favorable à l’éolien), mais augmentent pendant les vagues de froid avec la sur-tension.

Pour l’UFC-Que Choisir  « Cela nécessite de couper son chauffage électrique en hiver et de consommer la nuit ou l’après-midi plutôt que le matin ou le soir » ironise l’association. La pilule pourrait aussi être difficile à avaler pour les clients qui ont tenté l’aventure E.Leclerc Energies et dont les offres classiques passeront automatiquement vers une tarification dynamique le 15 octobre prochain.

Conclusion, la tarification risque d’être dynamique pour le résultat des entreprises mais pas pour les consommateurs.

Bois : une pénurie et une envolée des prix

Bois : une pénurie et une envolée des prix

Les prix du bois ne cessent de s’envoler sous l’effet de l’énorme pression de la demande américaine  et chinoise. Observons qu’une partie de ce mois nous revient de Chine sous forme de produits manufacturés ! Ainsi les prix pourraient bien doubler en un an sur la tendance. Des experts alertent sur la situation ( voir autre  article):

 

 » Face à l’impératif écologique, les besoins en bois de construction ne feront que croître au cours des prochaines années, alors que pour avoir une filière forte, une gestion mesurée de la ressource est ici primordiale pour ne pas céder à la tentation de bénéfices de court terme avec des coupes inconsidérées. Une bonne idée serait ici, en plus d’un réveil des politiques sur le libre-échangisme de la filière (principe de préférence nationale), de permettre aux professionnels du bâtiment d’établir des devis indexés sur les cours futurs du bois de construction, afin de garantir des marges décentes et de leur permettre de se couvrir contre les fluctuations des prix du bois. Enfin, il faut réfléchir à des incitations à la plantation d’arbres pour les propriétaires privés : son bénéfice économique étant multigénérationnel, une telle plantation devrait être exonérée de droits de succession afin de reconstituer sur le long terme notre patrimoine naturel. »

Céréales : prix du blé en hausse

Céréales : prix du blé en hausse

La situation météo internationale fait monter le prix du blé car les récoltes ne seront pas aussi importantes qu’attendu dans certains pays. En France par contre les perspectives sont bonnes pour 2021

On s’attend en effet en France  à une augmentation due notamment à une forte hausse des surfaces (16 %) par rapport à une année 2019/20 marquée par des pluies diluviennes qui avaient touché une grande partie ouest de l’Hexagone, empêchant nombre de céréaliers de semer des cultures d’hiver. Les rendements sont également attendus en forte progression.

Le «Soft Red Winter» (SRW), variété cotée à Chicago, a gagné 13% en une semaine, pour atteindre des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis la mi-mai. Selon Jack Scoville, de la maison de courtage Price Futures Group, le marché a aussi été sensible à une rumeur de relèvement de la demande chinoise, qui s’apprêterait à acheter davantage de blé d’hiver américain. Cette hausse inattendue des importations serait en grande partie liée aux graves inondations qui ravagent actuellement l’est de la Chine, en particulier la province du Henan, l’une des grandes régions de culture du blé, ce qui devrait affecter les rendements.

Le boisseau de blé pour livraison en septembre a fini à 7,1075 dollars contre 7,0050 dollars mardi, en progression de 1,46%. Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en décembre a terminé à 5,6850 dollars contre 5,6575 dollars à la clôture précédente, en hausse de 0,48%. Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en novembre a conclu à 13,8975 dollars contre 13,8850 dollars, quasiment stable (+0,09%).

Covid-Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

Covid-Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

 

La prix Nobel d’économie , Esther Duflo, estime que seule une stratégie vaccinale mondiale peut être efficace en même temps qu’équitable. (Interview dans le JDD, extrait)

 

 

 

Pourquoi faut-il immuniser la planète?
Il y a d’abord une raison morale. C’est une opportunité de sauver des vies. Ne pas vacciner, ne pas donner ces doses à ceux qui en ont besoin, et qui affrontent de fortes vagues épidémiques comme l’Afrique avec le variant Delta, c’est avoir du sang sur les mains. Je sais combien le développement est complexe. Mais cela ne s’applique pas au vaccin!

L’OMS réclame pour septembre 250 millions de doses aux pays qui ont un excédent. Pourquoi y a-t-il urgence?
Pour l’instant, aucun variant n’a passé la barrière du vaccin, mais ça pourrait venir. Ils surgissent lors de fortes recrudescences épidémiques. On l’a vu au Brésil, en Grande-Bretagne, en Inde… Laisser se propager ce virus si contagieux, qui mute si souvent, ce n’est pas rationnel du point de vue de notre santé ou de nos économies. En France, sauf à aller vers une obligation générale, 60 à 70% de la population éligible sera protégée. Or 30% de non-vaccinés, cela suffit pour avoir une grosse épidémie. Si le virus continue à circuler et si on veut vivre sans restriction, il faut vacciner au moins 60% de la population mondiale… Ou 100% des Français. La stratégie vaccinale de la France, comme des autres pays riches, doit être mondiale. Sauf à décider de ne jamais rouvrir les frontières.

 

Quelles occasions d’agir ont raté les pays riches?
Au tout début de la pandémie, une décision assez révolutionnaire a été prise, celle d’investir dans des capacités de production, de construire des usines pour la fabrication de vaccins même pas encore testés. Ce pari risqué s’est révélé gagnant. Mais les investissements – largement soutenus par des fonds publics – étaient juste dimensionnés pour la production des pays riches. C’est comme si on construisait une ville avec des tuyaux d’égouts trop étroits dès le départ ! Cette première erreur en a engendré beaucoup d’autres.

Pourquoi cet égoïsme est-il un mauvais calcul?
En mai, le FMI notait que vacciner 40% de la population mondiale en 2021 et 60% en 2022 coûterait 50 milliards de dollars, et estimait les bénéfices d’une telle vaccination pour les économies mondiales à 9.000 milliards de dollars ! Les présidents de toutes les organisations internationales -OMC, OMS, FMI, Banque mondiale…- se sont ralliés derrière ce plan. Mais les Etats-Unis ne se sont pas alignés, l’Europe non plus. C’est la deuxième opportunité manquée : 50 milliards de dollars, c’est une goutte d’eau par rapport aux trilliards investis dans les plans de relance américain ou européen.

 

Le dernier G7 n’a-t-il pas permis une avancée?
Non, c’est une très grande déception. La pression venait de toute part pour enfin accélérer et financer la production. Mais le G7 s’est contenté de la promesse, à la limite de la malhonnêteté, de donner 1 milliard de doses tout de suite aux pays en voie de développement. En réalité, il s’agit juste d’un « objectif » de livrer 870 millions de doses, dont 435 millions « d’ici 2022″… Largement insuffisant. Il en faudrait 7 à 10 milliards pour vacciner tout ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, pendant qu’on se pose des questions, les Russes et les Chinois ont fait de la diplomatie vaccinale. D’un point de vue géostratégique, pourquoi leur laisser ce terrain? Contre une pandémie comme pour le climat, on doit agir pour un objectif commun. Cela ne rend pas optimiste pour la Cop26.

Parce que la tentation du repli national s’impose toujours?
Au début, les Etats-Unis ne voulaient pas partager leurs doses d’AstraZeneca. C’était une posture politique, leur population n’étant pas encore protégée. Ils ont désormais la capacité de produire 4,7 milliards de doses d’ici fin 2021. Ils auront des surplus. Mais ils les conservent pour les enfants de 2 à 12 ans et une éventuelle troisième dose. A l’heure où les campagnes patinent là-bas comme en Europe, nous avons une nouvelle occasion d’agir! Je le répète : la stratégie vaccinale du monde est celle de la France.

 

Le dispositif Covax devait fournir 2 milliards de doses aux pays en développement avant la fin de l’année. Il en a expédié moins de 100 millions. Est-ce un échec?
Oui, puisqu’elles n’ont pas été livrées. On a créé une coquille vide, et les dirigeants de Covax se sentent abandonnés à raison. Ils ne gardent pas les vaccins au frigo : ils ne les ont pas, parce qu’on ne leur a pas donné les sous! Les responsables des pays du G7, de Joe Biden à Emmanuel Macron, tiennent les bons discours mais n’ont jamais investi ni dans Covax ni dans une alternative.

La crise a révélé la vulnérabilité du système de production. Comment y remédier?
En 18 mois, l’Inde aurait eu le temps de se mettre en ordre de bataille pour fabriquer des vaccins à ARN. Mais ils n’ont pas eu les brevets, ont subi des restrictions des Etats-Unis sur les importations de composants et ont dû cesser la production. Ensuite, l’épidémie s’est abattue chez eux et priorité a été donnée aux livraisons nationales… La production, qui se concentre aux Etats-Unis, en Europe et en Inde, doit être mieux distribuée. Il pourrait y avoir un pays producteur par continent : Indonésie, Corée, Afrique du Sud. L’état de leur industrie pharmaceutique n’est pas inférieur à celle des Etats-Unis.

 

La levée des brevets serait-elle une solution?
Oui, à terme, ou les suspendre comme cela a été fait avec succès pour les trithérapies contre le Sida avec l’accord donné par Bill Clinton, entre l’industrie pharmaceutique et les pays africains, pour l’exportation et la production de génériques. Des centaines de milliers de vies ont été sauvées, et cela n’a pas découragé ces entreprises d’investir dans la recherche. Joe Biden n’y était pas opposé. L’Europe n’a pas suivi. Les fabricants, eux, ont en ligne de mire le marché de la troisième dose et des enfants. Ils préfèrent vendre 20 euros l’injection aux pays riches. Les pays pauvres, via Covax ou l’Union africaine, négocient des prix réduits, mais cela ne permet pas de décentraliser la fabrication. Et ils ne seront jamais prioritaires.

Les gouvernements ont-ils échoué à instaurer un rapport de force avec l’industrie?
Oui. Moderna n’existerait pas sans le gouvernement fédéral américain. La société avait le véhicule, mais pas la potion magique. C’est le gouvernement qui leur a donné la technologie, développée par les National Institute of Health ; qui a payé et réalisé les essais à grande échelle, et investi en capital risque. Le rapport de force devrait être du côté de l’administration! Ce n’est pas le cas. A l’inverse, pour le vaccin développé par Oxford, c’est Bill Gates qui a financé ces recherches avec AstraZeneca, en contrepartie de quoi il a exigé un prix réduit.

L’Inde, grand pays producteur, n’a vacciné que 5% de sa population. Comment améliorer aussi l’accès au niveau local?
L’Inde a d’abord tout exporté avant de vacciner sa population. Puis l’épidémie a semé le chaos dans les processus de production. Mais aujourd’hui, elle fabrique des doses et les achemine. Au niveau logistique, ce pays est capable de mener cette campagne avec son vaccin local et celui d’AstraZeneca. Comme dans presque tous les pays, il y a eu au départ des problèmes d’organisation, de tranches d’âge prioritaires etc. Mais la question se pose plus avec les vaccins à ARNm qui doivent être conservés au très grand froid. En Afrique, le frein essentiel reste l’absence de doses. Mais comme l’Inde, le continent ne sera pas exempt du problème de l’hésitation vaccinale.

 

Vous avez travaillé sur les réticences à la vaccination en Inde et en avez conclu que la solution la plus efficace est le recours à des « ambassadeurs » intégrés dans les communautés.
Ce travail portait sur la vaccination infantile, pour laquelle il n’y a aucune peur ou hésitation, plutôt une indifférence, une mauvaise perception de l’urgence. Avec le Covid, notre laboratoire a étudié l’hésitation vaccinale auprès de populations âgées d’Inde du sud que nous suivons depuis des années. Ils sont prioritaires mais moins de la moitié ont eu des injections. Beaucoup hésitent ou ont des craintes, peut-être car ils n’ont pas l’habitude de la vaccination des adultes. En Inde et en Afrique, une fois que les vaccins seront là, il restera à convaincre. Mais quand ce sera le seul problème, on aura déjà beaucoup avancé.

Faut-il proposer des incitations matérielles à la vaccination, comme le font les Etats-Unis?
Notre expérience en Inde a montré que cela fonctionne. Pour le Covid, tout dépend de la raison de la non-vaccination. S’il s’agit d’un problème logistique ou d’un manque de conscience de l’urgence, je n’ai rien contre de petites incitations. Si les jeunes sont rationnels, ils se disent que leur bénéfice individuel est insuffisant. Soyons pragmatiques : si ça marche, pourquoi ne pas leur proposer? Soit en rendant la vaccination plus ou moins obligatoire, avec un Covid pass donnant accès à des concerts ou des lieux qu’ils aiment, soit par des incitations plus rigolotes comme des bières ou une loterie. Face à des antivax, ça ne convaincra pas, voire cela aura un effet pervers menant tout droit à la théorie du complot.

Dans ce contexte, comment jugez-vous le débat sur l’obligation vaccinale en France?
Je le comprends. C’est logique : si on ne veut pas faire l’effort pour vacciner le reste du monde, avec des variants comme le Delta, il sera d’autant plus indispensable de vacciner toute la population en France.

Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

La prix Nobel d’économie , Esther Duflo, estime que seule une stratégie vaccinale mondiale peut être efficace en même temps qu’équitable. (Interview dans le JDD, extrait)

 

 

 

Pourquoi faut-il immuniser la planète?
Il y a d’abord une raison morale. C’est une opportunité de sauver des vies. Ne pas vacciner, ne pas donner ces doses à ceux qui en ont besoin, et qui affrontent de fortes vagues épidémiques comme l’Afrique avec le variant Delta, c’est avoir du sang sur les mains. Je sais combien le développement est complexe. Mais cela ne s’applique pas au vaccin!

L’OMS réclame pour septembre 250 millions de doses aux pays qui ont un excédent. Pourquoi y a-t-il urgence?
Pour l’instant, aucun variant n’a passé la barrière du vaccin, mais ça pourrait venir. Ils surgissent lors de fortes recrudescences épidémiques. On l’a vu au Brésil, en Grande-Bretagne, en Inde… Laisser se propager ce virus si contagieux, qui mute si souvent, ce n’est pas rationnel du point de vue de notre santé ou de nos économies. En France, sauf à aller vers une obligation générale, 60 à 70% de la population éligible sera protégée. Or 30% de non-vaccinés, cela suffit pour avoir une grosse épidémie. Si le virus continue à circuler et si on veut vivre sans restriction, il faut vacciner au moins 60% de la population mondiale… Ou 100% des Français. La stratégie vaccinale de la France, comme des autres pays riches, doit être mondiale. Sauf à décider de ne jamais rouvrir les frontières.

 

Quelles occasions d’agir ont raté les pays riches?
Au tout début de la pandémie, une décision assez révolutionnaire a été prise, celle d’investir dans des capacités de production, de construire des usines pour la fabrication de vaccins même pas encore testés. Ce pari risqué s’est révélé gagnant. Mais les investissements – largement soutenus par des fonds publics – étaient juste dimensionnés pour la production des pays riches. C’est comme si on construisait une ville avec des tuyaux d’égouts trop étroits dès le départ ! Cette première erreur en a engendré beaucoup d’autres.

Pourquoi cet égoïsme est-il un mauvais calcul?
En mai, le FMI notait que vacciner 40% de la population mondiale en 2021 et 60% en 2022 coûterait 50 milliards de dollars, et estimait les bénéfices d’une telle vaccination pour les économies mondiales à 9.000 milliards de dollars ! Les présidents de toutes les organisations internationales -OMC, OMS, FMI, Banque mondiale…- se sont ralliés derrière ce plan. Mais les Etats-Unis ne se sont pas alignés, l’Europe non plus. C’est la deuxième opportunité manquée : 50 milliards de dollars, c’est une goutte d’eau par rapport aux trilliards investis dans les plans de relance américain ou européen.

 

Le dernier G7 n’a-t-il pas permis une avancée?
Non, c’est une très grande déception. La pression venait de toute part pour enfin accélérer et financer la production. Mais le G7 s’est contenté de la promesse, à la limite de la malhonnêteté, de donner 1 milliard de doses tout de suite aux pays en voie de développement. En réalité, il s’agit juste d’un « objectif » de livrer 870 millions de doses, dont 435 millions « d’ici 2022″… Largement insuffisant. Il en faudrait 7 à 10 milliards pour vacciner tout ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, pendant qu’on se pose des questions, les Russes et les Chinois ont fait de la diplomatie vaccinale. D’un point de vue géostratégique, pourquoi leur laisser ce terrain? Contre une pandémie comme pour le climat, on doit agir pour un objectif commun. Cela ne rend pas optimiste pour la Cop26.

Parce que la tentation du repli national s’impose toujours?
Au début, les Etats-Unis ne voulaient pas partager leurs doses d’AstraZeneca. C’était une posture politique, leur population n’étant pas encore protégée. Ils ont désormais la capacité de produire 4,7 milliards de doses d’ici fin 2021. Ils auront des surplus. Mais ils les conservent pour les enfants de 2 à 12 ans et une éventuelle troisième dose. A l’heure où les campagnes patinent là-bas comme en Europe, nous avons une nouvelle occasion d’agir! Je le répète : la stratégie vaccinale du monde est celle de la France.

 

Le dispositif Covax devait fournir 2 milliards de doses aux pays en développement avant la fin de l’année. Il en a expédié moins de 100 millions. Est-ce un échec?
Oui, puisqu’elles n’ont pas été livrées. On a créé une coquille vide, et les dirigeants de Covax se sentent abandonnés à raison. Ils ne gardent pas les vaccins au frigo : ils ne les ont pas, parce qu’on ne leur a pas donné les sous! Les responsables des pays du G7, de Joe Biden à Emmanuel Macron, tiennent les bons discours mais n’ont jamais investi ni dans Covax ni dans une alternative.

La crise a révélé la vulnérabilité du système de production. Comment y remédier?
En 18 mois, l’Inde aurait eu le temps de se mettre en ordre de bataille pour fabriquer des vaccins à ARN. Mais ils n’ont pas eu les brevets, ont subi des restrictions des Etats-Unis sur les importations de composants et ont dû cesser la production. Ensuite, l’épidémie s’est abattue chez eux et priorité a été donnée aux livraisons nationales… La production, qui se concentre aux Etats-Unis, en Europe et en Inde, doit être mieux distribuée. Il pourrait y avoir un pays producteur par continent : Indonésie, Corée, Afrique du Sud. L’état de leur industrie pharmaceutique n’est pas inférieur à celle des Etats-Unis.

 

La levée des brevets serait-elle une solution?
Oui, à terme, ou les suspendre comme cela a été fait avec succès pour les trithérapies contre le Sida avec l’accord donné par Bill Clinton, entre l’industrie pharmaceutique et les pays africains, pour l’exportation et la production de génériques. Des centaines de milliers de vies ont été sauvées, et cela n’a pas découragé ces entreprises d’investir dans la recherche. Joe Biden n’y était pas opposé. L’Europe n’a pas suivi. Les fabricants, eux, ont en ligne de mire le marché de la troisième dose et des enfants. Ils préfèrent vendre 20 euros l’injection aux pays riches. Les pays pauvres, via Covax ou l’Union africaine, négocient des prix réduits, mais cela ne permet pas de décentraliser la fabrication. Et ils ne seront jamais prioritaires.

Les gouvernements ont-ils échoué à instaurer un rapport de force avec l’industrie?
Oui. Moderna n’existerait pas sans le gouvernement fédéral américain. La société avait le véhicule, mais pas la potion magique. C’est le gouvernement qui leur a donné la technologie, développée par les National Institute of Health ; qui a payé et réalisé les essais à grande échelle, et investi en capital risque. Le rapport de force devrait être du côté de l’administration! Ce n’est pas le cas. A l’inverse, pour le vaccin développé par Oxford, c’est Bill Gates qui a financé ces recherches avec AstraZeneca, en contrepartie de quoi il a exigé un prix réduit.

L’Inde, grand pays producteur, n’a vacciné que 5% de sa population. Comment améliorer aussi l’accès au niveau local?
L’Inde a d’abord tout exporté avant de vacciner sa population. Puis l’épidémie a semé le chaos dans les processus de production. Mais aujourd’hui, elle fabrique des doses et les achemine. Au niveau logistique, ce pays est capable de mener cette campagne avec son vaccin local et celui d’AstraZeneca. Comme dans presque tous les pays, il y a eu au départ des problèmes d’organisation, de tranches d’âge prioritaires etc. Mais la question se pose plus avec les vaccins à ARNm qui doivent être conservés au très grand froid. En Afrique, le frein essentiel reste l’absence de doses. Mais comme l’Inde, le continent ne sera pas exempt du problème de l’hésitation vaccinale.

 

Vous avez travaillé sur les réticences à la vaccination en Inde et en avez conclu que la solution la plus efficace est le recours à des « ambassadeurs » intégrés dans les communautés.
Ce travail portait sur la vaccination infantile, pour laquelle il n’y a aucune peur ou hésitation, plutôt une indifférence, une mauvaise perception de l’urgence. Avec le Covid, notre laboratoire a étudié l’hésitation vaccinale auprès de populations âgées d’Inde du sud que nous suivons depuis des années. Ils sont prioritaires mais moins de la moitié ont eu des injections. Beaucoup hésitent ou ont des craintes, peut-être car ils n’ont pas l’habitude de la vaccination des adultes. En Inde et en Afrique, une fois que les vaccins seront là, il restera à convaincre. Mais quand ce sera le seul problème, on aura déjà beaucoup avancé.

Faut-il proposer des incitations matérielles à la vaccination, comme le font les Etats-Unis?
Notre expérience en Inde a montré que cela fonctionne. Pour le Covid, tout dépend de la raison de la non-vaccination. S’il s’agit d’un problème logistique ou d’un manque de conscience de l’urgence, je n’ai rien contre de petites incitations. Si les jeunes sont rationnels, ils se disent que leur bénéfice individuel est insuffisant. Soyons pragmatiques : si ça marche, pourquoi ne pas leur proposer? Soit en rendant la vaccination plus ou moins obligatoire, avec un Covid pass donnant accès à des concerts ou des lieux qu’ils aiment, soit par des incitations plus rigolotes comme des bières ou une loterie. Face à des antivax, ça ne convaincra pas, voire cela aura un effet pervers menant tout droit à la théorie du complot.

Dans ce contexte, comment jugez-vous le débat sur l’obligation vaccinale en France?
Je le comprends. C’est logique : si on ne veut pas faire l’effort pour vacciner le reste du monde, avec des variants comme le Delta, il sera d’autant plus indispensable de vacciner toute la population en France.

«Il faut augmenter les prix de l’alimentation »

«Il faut augmenter les prix de l’alimentation »

Jérôme Foucault, cofondateur du groupe Cofigeo, ,le président d’Adepale, l’association des entreprises des produits alimentaires élaborés milite pour une augmentation des prix pour des raisons autant économiques qu’ écologiques. Une approche forcement un peu corporatiste aussi ( Interview dans l’opinion)

 

Adepale, l’association des entreprises des produits alimentaires élaborés (conserves, produits congelés, traiteur frais, salades, riz, légumes secs…) représente près de 400 établissements, 50 000 salariés directs et 70 000 salariés indirects. Des TPE, des PME, des ETI de toute nature, réparties sur 80 % du territoire français.

Adepale a quitté l’Ania, la grande association du secteur agroalimentaire, en juillet 2020. Pourquoi cette décision ?

Il y a trois ans, il y a eu une réforme des statuts de l’Ania. Plusieurs fédérations comme la nôtre ont estimé que leur point de vue était trop dilué. Ce que nous sommes, des entreprises ancrées dans les territoires, qui investissent de la valeur ajoutée localement, en maintenant centres de décision, savoir-faire, sites industriels et emplois, nous semblait disparaître derrière de grandes multinationales. Leur travail mérite le plus grand respect, mais nous promouvons une autre vision de l’industrie, plus européenne ! Or, ce qui fait la force et l’identité de notre industrie agroalimentaire, c’est sa diversité. C’est cela que nous défendons et nous ne retrouvions pas assez cette préoccupation dans l’Ania.

Quelle analyse faites-vous de la nouvelle mouture d’Egalim, portée par le député Grégory Besson-Moreau, qui vient d’être votée à l’Assemblée ?

Nous applaudissons la volonté des politiques d’améliorer les revenus des agriculteurs en général et d’impliquer les interprofessions, les organisations de producteurs, dans l’élaboration des indices de coûts. Bien sûr, cela mérite encore maturation, mais, chez nous, un élément comme le contrat triennal n’est pas une révolution ! Il est déjà largement pratiqué par nos industriels avec leur amont agricole des légumes, des fruits, du foie gras… La mise en place d’une interdiction de discrimination tarifaire entre les clients nous semble aussi positive. La proposition Besson-Moreau avait beaucoup de points insatisfaisants pour les entreprises à ses débuts, mais elle va désormais plutôt dans le bon sens avec des ajouts comme l’intangibilité des tarifs, la prise en compte des volumes dans les contrats concernant les marques de distributeurs. Il reste cependant des points à traiter, que peut-être le Sénat abordera, comme les pénalités logistiques imposées par la grande distribution. C’est devenu un centre de profit pour les distributeurs, c’est insidieux.

« Du Nutriscore aux emballages, des transitions agroécologiques aux chartes d’engagement, il y a encore beaucoup à faire »

Comment est-il possible de pacifier les relations entre les différents maillons de la chaîne alimentaire ?

Il n’y a qu’une solution : il faut accepter de voir les prix de l’alimentation augmenter. Cela resterait très relatif : dans le budget des ménages, elle ne représente qu’environ 12 %. C’est la condition d’une meilleure rémunération des agriculteurs, en maintenant le modèle de petites exploitations, près des territoires. Cela permettrait aussi de sécuriser les marges de tous les acteurs, d’investir, ce qui est la condition du dynamisme des filières, et aussi celle d’une sortie de la guerre des prix entre distributeurs qui détruit la création de valeur. C’est en fait un vrai choix de société. Pourquoi être si réticents à une inflation des produits alimentaires, alors que c’est un sujet capital, lié à la santé publique, à la souveraineté alimentaire et industrielle, et que c’est la condition de l’existence d’une pépite de la Nation ?

Comment vivez-vous l’agrobashing, pendant industriel de l’agribashing, récurrent en France ?

Le débat agroalimentaire y tourne autour de totems type « soda ou pâtes à tartiner », ce qui ne dit absolument rien de la qualité globale. Cela ne dit pas à quel point nous avons progressé ces quarante dernières années, et combien nous progressons encore. Du Nutriscore aux emballages, des transitions agroécologiques aux chartes d’engagement, il y a encore beaucoup à faire. Nous n’allons pas contre ce mouvement, mais l’accompagnons.

Prix agricoles en forte hausse

Prix agricoles en forte hausse

 

 

Conséquences de certains dérèglements climatiques, de la crise sanitaire et de la crise économique plus générale, les productions agricoles comme les autres matières premières voient  leur prix s’envoler, céréales exceptées. La FAO s’attenden effet  à ce que la production céréalière mondiale enregistre sa troisième année consécutive de hausse en 2021. 

Les prix mondiaux des autres produits alimentaires ont à nouveau globalement progressé .  Ils sont tirés par les huiles végétales et les produits laitiers, alors que les cours des céréales ont baissé. L’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi en moyenne à 118,5 points en mars, soit une hausse de 2,1% par rapport à février et son niveau le plus haut depuis juin 2014.

Inversement les prix des céréales ont baissé de 1,8%, mais restent en hausse de 26,5% par rapport à mars 2020. Les prix du blé à l’exportation sont ceux qui ont le plus baissé, principalement parce que l’offre est satisfaisante et que les perspectives de production pour les cultures de 2021 sont favorables, explique la FAO. Les prix du maïs et du riz ont également fléchi, mais ceux du sorgho ont progressé. L’indice des prix du sucre a cédé 4% mais reste supérieur de plus de 30% à son niveau de mars dernier.

La FAO s’attend à ce que la production céréalière mondiale enregistre sa troisième année consécutive de hausse en 2021. L’organisation a revu à la hausse ses premières estimations concernant la production mondiale de blé, les conditions de culture étant meilleures que prévu dans plusieurs pays.

Carburants: prix à la hausse

    •  Carburants:  prix à la hausse
    • Discrètement mais sûrement le prix du carburant ne cesse de monter pour atteindre aujourd’hui autour de 1,50 euros le litre du sans plomb est 1,40 pour le gazole..

    Le 4 juin, selon les dernières données disponibles publiées par le ministère de la Transition écologique, le litre de gazole était vendu 1,4 euro TTC ; celui de sans-plomb autour de 1,5 euro. L’an dernier à la même époque, le litre de gazole était autour de 1,2 euro et le sans-plomb autour de 1,3 euro. Un an plus tôt, en juin 2019, le litre de gazole était supérieur à 1,4 euro et celui de sans-plomb, supérieur à 1,5 euro.

    En cause les perspectives de reprise qui pèse sur la demande de pétrole. Des prix qui pourraient encore augmenter au cours de l’été notamment en raison des vacances dans des pays développés. «Ces prix devraient rester ainsi dans les deux ou trois mois à venir. Ils ne devraient plus tellement augmenter. Ils sont actuellement hauts.
    Vers l’automne, on assistera peut-être à une petite baisse avec le dollar qui pourrait baisser», anticipe Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, professeur à Paris Dauphine et éditeur du rapport de référence Cyclope.

    «Les prix actuels sont au niveau de l’équilibre que souhaitent les producteurs», souligne Philippe Chalmin.

     

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Philippe Rosier, patron de Symbio veut profiter de la dynamique autour de l’hydrogène pour s’imposer en France, mais aussi à l’international, comme un leader de la fabrication de la pile à combustible  (Interview dans la Tribune)

 

 

Le marché de la pile à combustible et de l’hydrogène a été largement bousculé ces trois dernières années, qu’est-ce que cela a changé pour Symbio qui travaille sur cette technologie depuis une dizaine d’années ?

PHILIPPE ROSIER - Pour remettre les choses en perspective, la pile à combustible est une vieille technologie. Je rappelle que la fusée Apollo qui était partie sur la Lune était équipée d’une pile à combustible. Ce qui a changé ces dernières années, c’est le phénomène de transition énergétique et le besoin de solutions technologiques de décarbonation. Cette volonté butte sur un obstacle physique et très concret: l’intermittence des énergies renouvelables et l’impossibilité de stocker l’électricité. C’est dans ce contexte que l’attrait pour la pile à combustible a pris un essor spectaculaire entre 2019 et 2020 avec des plans d’investissements colossaux annoncés par plusieurs États, en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine. L’hydrogène est ainsi arrivé comme une évidence et une solution. Et de ce point de vue, Symbio est très bien positionné dans la partie mobilité qui sera un des principaux leviers de développement de l’hydrogène ces dix prochaines années. C’est pour cette raison que nous avons décidé de changer notre modèle économique en devenant un équipementier de rang 1.

Selon vous, la pile à combustible est la solution idéale pour décarboner la mobilité de demain.

Elle fera partie de l’équation, c’est-à-dire un complément à l’électro-mobilité à batteries. On voit bien que la voiture électrique telle qu’on la connaît aujourd’hui rencontre de nombreuses limites en fonction des usages comme l’autonomie, la recharge rapide ou le transport de masse. C’est là qu’intervient la pile à combustible. Ce n’est pas un substitut mais un complément qui ne changera pas la pertinence du modèle des batteries pour des usages du quotidien de quelques dizaines de kilomètres.

Vous pensez donc qu’il y a un modèle sur des voitures particulières à pile à combustible: est-ce que ce sera votre priorité ?

Oui, c’est possible dans certains cas d’usage. Mais la priorité de Symbio sera de s’attaquer dans un premier temps au marché des véhicules utilitaires légers. Nous avons signé un contrat avec le groupe Stellantis pour justement équiper leur gamme de VUL. Nous nous intéressons aussi aux bus – nous avons signé l’équipement de 1.500 véhicules avec le constructeurs français Safra  – puis aux poids lourds. La voiture particulière viendra dans un second temps.

De nombreuses études expliquent que le vrai marché de la pile à combustible est situé plutôt sur les poids lourds, c’est ici qu’il existe un modèle économique pertinent, notamment grâce au fameux TCO (coût à l’usage).

La feuille de route de Symbio consiste à être très offensif dans la baisse des coûts pour atteindre la parité avec la technologie diesel sur les VUL à horizon 2025-2026. C’est tout l’objet de notre site de production que nous inaugurerons en 2023 à Saint-Fons (banlieue sud de Lyon, Ndlr). D’ici 2030, nous pensons même atteindre la parité avec la voiture à batterie. Notre stratégie est de diviser les coûts de production par dix. Symbio est en train de se transformer. Ensuite, le TCO ne dépendra pas seulement du coût de la pile à combustible. Il y a un immense enjeu industriel dans le coût de production d’hydrogène vert, c’est-à-dire produit à partir d’énergies renouvelables.

Symbio est aujourd’hui détenu par deux équipementiers français qui fondent énormément d’espoir sur l’hydrogène, Faurecia et Michelin. Un autre grand groupe, le géant Bosch, vient d’annoncer un plan extrêmement ambitieux dans l’hydrogène. Est-ce un danger pour vous ?

Le marché de l’hydrogène sera, à terme, colossal et les choses vont aller très vite, comme le démontre l’annonce du groupe allemand. Cette annonce valide notre stratégie d’accélérer encore, y compris à l’international.

Quels sont vos projets à l’international ?

Nous avons identifié plusieurs marchés très favorables à l’hydrogène. Cela correspond aux pays en avance de phase dans la transition énergétique. Nous avons déjà des équipes commerciales installées à Shanghai et nous ouvrons un bureau cette année en Californie. Je rappelle que les poids lourds diesels seront bannis de cet État américain en 2024. C’est une opportunité extraordinaire pour la pile à combustible.

Les États ont annoncé de nombreux dispositifs de soutien à l’hydrogène. C’est selon vous indispensable ?

Tant que nous n’avons pas atteint la parité avec les autres technologies, en particulier le diesel, ces aides seront indispensables. Il ne s’agit pas seulement d’aides, mais également d’initiatives réglementaires, d’investissements dans les infrastructures de production et de distribution. Ce qui est en jeu, c’est la constitution d’une filière souveraine.

Prix alimentaires : forte hausse des prix ?

Prix alimentaires : forte hausse des prix ?

 

La très forte progression des prix des matières premières conduit les industriels à souhaiter une forte hausse des prix à la consommation. À cela il faudrait ajouter les conditions climatiques et les désordres logistiques qui ont pesé sur l’envol des cours des matières premières. Des matières premières qui dans les prix ont augmenté de 40 % sur un an.

 «les tensions sur le prix des matières premières affectent considérablement la santé financière des industries agroalimentaires, traduisant un double décrochage de compétitivité, en France et en comparaison internationale», explique l’Association nationale des industries alimentaires. Dans ce contexte, «les entreprises interrogées par l’Ania remontent un besoin tarifaire de 9% en moyenne toutes catégories confondues, ce qui traduit l’urgence de la situation». Dans le détail, elles réclament d’augmenter le prix des produits laitiers de 11%, celui des plats préparés de 8%, et les huiles et les graisses de 50%.

 

Le prix des matières devrait se tasser second semestre ?

Le prix des matières devrait se tasser second semestre ?

La hausse des prix des matières premières se poursuit depuis le début de l’année et risque de gonfler l’inflation. Les tensions sont liées à un décalage entre la reprise rapide de la demande et l’offre qui jusqu’ici ne suit pas. Toutefois, un « atterrissage » des prix au second semestre devrait avoir lieu, selon l’économiste Philippe Chalmin.

A l’occasion de la 35e édition du rapport de référence CyclOpe sur les matières premières qu’il co-dirige, Philippe Chalmin relève que « ces années 2020/2021 ont été marquées par la crise économique la plus forte que le monde ait connue depuis la Seconde guerre mondiale ».

Pourtant, dans un note récente, « la banque Goldman Sachs a avancé l’idée d’un nouveau « super cycle » sur les marchés des commodités », c’est-à-dire d’une hausse durable des prix, relève le rapport co-dirigé par Yves Jégourel, professeur à l’Université de Bordeaux.

 « Nous anticipons un réajustement des marchés à la baisse », précise Philippe Chalmin.. A titre d’exemple, le baril de Brent serait à 55 dollars en moyenne en 2021, l’once d’or à 1.850 dollars, la tonne de cuivre à 7.500 dollars, le boisseau de blé à 6 dollars, celui de soja à 11 dollars.

Une certitude, pour les auteurs du rapport rédigé par des universitaires et des acteurs du marché: « La Chine sera encore en 2021 le facteur déterminant de l’évolution de marchés mondiaux qui resteront marqués par leur profonde instabilité ». Donc rien n’est vraiment sûr quant à la volatilité des prix des matières premières.

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