Archive pour le Tag 'primaires'

L’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

L’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que le débat manque de sérénité pour aborder les problèmes majeurs de la société en France. Certes la plupart des Français ne tombent e pas dans le piège de l’affrontement stérile et simplificateur mais force est de constater que les médias mettent surtout en valeur les propos des réactionnaires condescendants face à ceux des populistes primaires. Parmi les élites médiatiques, on compte nombre de réactionnaires condescendants qui estiment que les gilets jaunes par exemple doivent maintenant se taire, qu’ils ont été assez entendus puisqu’on la m’a accordée presque 10 milliards. Une espèce de réflexe corporatiste des élites (ou de ceux qui croient en faire parti parce que médiatiquement connus). La remise en cause d’une parcelle de l’autorité de ces élites prend soudain des allures de faction ou de révolution. Et de s’appuyer sur la légitimité d’une élection dont pourtant chacun sait qu’elle est surtout le résultat d’une opposition au Front National et non d’une adhésion à l’ultra libéralisme de Macron. Pour preuve, ces élites refusent toute perspective d’une nouvelle consultation électorale par exemple concernant l’assemblée nationale. Une hypothèse qui serait pourtant susceptible de donner une légitimité incontestable à la majorité qui en sortirait. Du coup, on accuse les opposants au pouvoir de tous les maux notamment les gilets jaunes. C’est tout juste s’ils ne sont pas responsables de la dégradation de la croissance qui pourtant a commencé début 2018 et qui s’affaisse dans le monde entier haut au point peut-^ter de frôler la récession. En face des populistes primaires qui ont sans doute raison de se plaindre de la situation sociale des plus défavorisés mais dont  l’argumentation ne résiste pas à la moindre analyse. En cause l’ignorance de la problématique économique, le manque d’expérience politique et l’absence de passé social. Du coup, on attaque tout en vrac mais sans mettre le doigt sur les vrais facteurs explicatifs de la mauvaise gestion du pouvoir en place (exemple l’absence d’évaluation du CICE qui aura coûté 40 milliards sur une année dont on ne connaît pas ni les effets économiques ni les effets sociaux). Bref une gestion macro-économique à la louche qui fait abstraction des spécificités des branches voir des zones géographiques. L’affrontement se caractérise alors par une violence verbale nourrie d’idéologies. Le problème c’est que le gouvernement lui-même n’est pas incapacité de rétablir un minimum de sérénité et d’élever le débat. Au contraire, il utilise aussi l’anathème et la provocation comme les extrémistes populistes qui se réfugient dans le simplisme. De ce point de vue, le débat direct voulu depuis le début de mandat entre Macron et les citoyens constituent une catastrophe et une caricature de démocratie.

Il faut des primaires à la télé pour Cheminade

Il faut des primaires à la télé pour Cheminade

Dans une campagne électorale de plus en plus surréaliste ou le choix pourrait se résumer  à voter soit pour un réactionnaire corrompu ou une démagogue raciste ( tout aussi corrompue) , peut-être pourrait-on redonner un peu de hauteur au débat en organisant des primaires pour Cheminade, le fonctionnaire qui s’ennuyait. Les primaires aussi bien de la gauche que de la droite  ont en effet abouti à un véritable fiasco. Le PS a choisi un oligarque gauchiste qui a décrété la fin du travail et un revenu universel d’un coût de 300 à 700 milliards.  La droite, elle,  a préféré un autre oligarque mais réactionnaire et corrompu. On se demande pourquoi la télévision a accordé autant de temps à ce simulacre de démocratie qui ressemble davantage à un concours de beauté qu’à une sélection politique. Du coup,  on pourrait ajouter du ridicule au ridicule en organisant aussi des primaires pour Cheminade auquel les sondages donnent aujourd’hui moins de 1 %. Une nouvelle candidature de Cheminade le fonctionnaire serait sans doute susceptible d’apporter encore un peu du piment au cirque médiatique des présidentielles. On trouvera bien cinq ou six pèlerins pour faire semblant de s’opposer à Cheminade lors  de la primaire proposée.  Il suffirait d’en  choisir quelques-uns parmi la  trentaine de prétendants à la magistrature suprême. Car Jacques Cheminade, l’ancien fonctionnaire qui s’ennuyait au ministère des affaires étrangères, a au  moins le mérite par  ses déclarations anachroniques de mettre un peu burlesque et de rire dans un système un peu tristounet. On objectera que la démocratie française ne se grandit pas en laissant des hurluberlus se présenter aux présidentielles. Cheminade qui a comparé Obama à Hitler et qui développent les thèses les plus tordues dans tous les domaines s’est qualifié lui-même de gaulliste de gauche. Comme beaucoup d’énarques qui s’ennuient dans les ministères, Cheminade, aujourd’hui en retraite avaient mis un peu de diversité dans sa vie de fonctionnaire. Facile quand c’est l’Etat qui paye la note. Il n’est pas le seul ainsi à faire de la politique.  Raymond Barre en son temps avait souhaité que les fonctionnaires choisissent le service de l’Etat ou la politique mais pas les deux. Il n’a pas été entendu puisque la plupart des politiques sont eux-mêmes fonctionnaires. Du coup,  la société politique n’est pas du tout représentative de la sociologie française et nos politiques ont bien du mal à comprendre ce qu’est l’économie réelle et les problèmes sociaux qui en découlent. Le candidat de Solidarité et Progrès (pas vraiment un micro-parti plutôt un nano-parti) à l’élection présidentielle s’était  qualifié de « gaulliste de gauche » 1, une voie que Jacques Cheminade a lui-même estimé « difficile ». « Je n’ai pas de modèle en tant que tel, mais je me considère comme un mélange de De Gaulle et Mendès-France (tu parles !!!), deux hommes politiques qui ne se sont jamais entendus », a-t-il répété. Jacques Cheminade, énarque « comme d’autres » souhaite « faire sauter le verrou financier » et réduire l’influence de Wall Street et la City. Dans son programme figure également le souhait de coloniser la Lune et Mars. « C’est une entreprise sérieuse à long terme », a dit  le candidat. « C’est l’affaire de deux générations. S’il n’y avait pas d’espace, il n’y aurait pas de cœur artificiel, pas de téléphone portable ni d’ordinateur », a-t-il développé.  À 75 ans, serait le doyen des prétendants, jure être en passe de réitérer son exploit. «Je suis très au-dessus des 400 promesses écrites de parrainages ». Bon dernier de la présidentielle de 1995 avec 0,28 % des voix, il réitère 17 ans plus tard avec un score de 0,25%. Pas de quoi décourager le fondateur de Solidarité et Progrès, groupuscule qui revendique «200 militants mobilisables», tant il est persuadé que la conjoncture peut lui être favorable. « Je veux éclairer l’aquarium obscur du monde politique. Personne n’a véritablement le sens de l’horizon devant la révolution scientifique actuelle», assure ce retraité diplômé de l’ENA. On notera que fait vraiment dans l’innovation politique avec des propositions surprenantes comme la généralisation de la pratique du chant en chorale. «C’est essentiel. C’est une petite société, la chorale, ou l’effort individuel se fond dans la réalisation collective». Il se fait également l’adversaire résolu de la violence sur les écrans, dans les jeux vidéos comme au cinéma. Dans son viseur notamment du jeu «Pokemon Go», afin «d’arrêter l’exode vers le virtuel et la violence». Peut-être pour donner du crédit à sa contestation de la réalité des attentats du 11 septembre aux États-Unis ! D’une certaine manière Cheminade prend la place de Coluche mais avec l’humour en moins car le clown est plus triste.

 

Primaires : un simulacre de démocratie

Primaires : un simulacre de démocratie

 

En copiant notamment le modèle américain, la France pensait avoir trouvé la martingale démocratique. La vérité c’est que ces primaires ce révèle être un véritable cirque médiatique. Pour preuve d’abord cette primaire du parti socialiste qui a abouti à la désignation surprise de François Hollande. Un candidat par défaut suite à l’affaire DSK. Un candidat qui deviendra aussi un président par défaut si l’on en juge par les résultats catastrophiques de sa gestion. François Hollande avait promis la lune en particulier l’heure du fameux discours du Bourget et le candidat devenu président est resté  sur la Lune pendant tout son quinquennat. Ce président de la république n’a jamais été capable d’atterrir sur le terrain des réalités socio économiques en s’abritant en permanence derrière le principe de la synthèse molle et ambiguë. L’exercice des  primaires tenté par la droite en 2016 aboutit au même résultat catastrophique. Pire, le vainqueur risque d’être destitué. Les récentes primaires de la gauche ont abouti à un  résultat aussi  pathétique. Ce n’est pas le candidat le plus présidentiable qui a été choisi mais le plus démagogique. En cause le principe même des primaires qui contraignent les candidats à se situer dans des positions extrêmes pour séduire les plus militants de leur famille et qui du coup éprouve les plus grandes difficultés d’abord à unifier leur camp, ensuite à rassembler un électorat plus large. Après avoir pris des positions extrêmes (la brutalité pour Fillon et le gauchisme pour Hamon)  les candidats s’essayent ensuite au grand écart. Ils ne paraissent plus alors pas très convaincants ni à leurs partisans du premier tour ni à ceux qui avaient voté pour d’autres candidats. Il est clair que Fillon n’a pas vraiment réussi à réunir à sa cause les soutiens de Sarkozy et de Juppé. De la même manière, Hamon ne parviendra pas à rallier le courant social-démocrate du PS. Comme François Hollande, les vainqueurs des deux primaires visés sont des candidats par défaut fragilisés des le départ. Sous la lumière des projecteurs leurs contradictions explosent en plein vol et quand s’ajoutent à cela des malversations financières la démocratie dégage un parfum de caniveau. De ce dernier point de vue, le feuilleton du comportement douteux de certains candidats est encore loin d’être terminé pour les quatre principaux prétendants à la magistrature suprême. La vérité c’est que la primaire ne remet nullement en cause le cadenassage des présidentielles par les parties politiques, témoin le fait que la plupart des candidats ont déjà 25, 30 ou 40 ans de vie politique au compteur avec toutes les déviances que permet le système politique actuel. Bref une contradiction totale avec l’esprit de la Ve République.

Le résultat des primaires est aujourd’hui caduc (Georges Fenech, député Les Républicains du Rhône)

Le résultat des primaires est aujourd’hui caduc  (Georges Fenech, député Les Républicains du Rhône)

L’ancien magistrat député les Républicains du Rhône met les pieds dans le plat pour dénoncer l’attitude hypocrite de l’appareil dirigeant qui soutient encore Fillon. Pour lui, c’est clair : au regard des mensonges et des malversations de Fillon le résultat des primaires de la droite et du centre. À juste titre il considère que l’affaire Fillon ne doit pas être regardée uniquement à travers le prisme juridique mais aussi et surtout à travers le critère étique et moral. On sait que François Fillon a décidé de maintenir sa candidature dans il ne serait pas mis en examen. Le député du Rhône, ancien magistrat, sait parfaitement que le temps juridique n’est pas le temps médiatique ou encore le temps politique. Du coup cette affaire Fillon va traîner des semaines voire des mois. En outre, elle pourrait même hypothéquer son quinquennat pour le cas où Fillon serait élu président de la république. En effet, on voit mal sur quelle légitimité pourrait s’appuyer François Fillon pour imposer aux autres des mesures de rigueur.  François Fillon risque d’entraîner son camp dans la catastrophe. Ceci étant, on voit mal comment des républicains pourraient en quelques semaines organiser de nouvelles primaires. La logique voudrait que François Fillon soit remplacé par Juppé ;  ce que confirme d’ailleurs un sondage qui fait de Juppé le favori en cas de renoncement de Fillon. « La situation [était] très compromise. [...] Je pense que le résultat des primaires est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible [...] qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral » a déclaré le député républicain. Il est ainsi devenu le premier député du parti à réclamer le renoncement de François Fillon. Sa qualité de magistrat lui avait  valu d’être désigné secrétaire national de l’ex-UMP chargé de la justice en 2014, par Nicolas Sarkozy, qu’il a d’ailleurs soutenu pour la primaire de la droite et du centre à l’automne 2016. Et si aujourd’hui, il déclare soutenir François Fillon, il demeurera le premier député Les Républicains à avoir élevé la voix pour réclamer son abandon.

Le vrai vainqueur des primaires du PS : Macron

Le vrai vainqueur des primaires du PS : Macron

 

Après le soporifique débat des primaires du PS, le vainqueur pourrait bien être Emmanuel Macon. En effet aucune personnalité forte et crédible ne s’est  vraiment dégagée de ce premier affrontement télévisé de la » belle alliance de gauche ». Un débat par ailleurs peu suivi en comparaison avec la primaire de la droite. Tous les candidats qui se sont affrontés lors de ce premier débat ont montré leurs limites sur la problématique économique ; ils ont même affiché des divergences qui interrogent sur leur appartenance au même parti. On peut donc en conclure que Macron sort renforcer après ce premier rendez-vous manqué de la consultation socialiste. C’est ce qu’estime notamment le politologue Jérôme Sainte-Marie, président de la société de conseil PollingVox. « Je ne pense pas que le spectacle d’hier soit de nature à freiner l’ascension d’Emmanuel Macron », a-t-il dit à Reuters. De sondage en sondage, l’ex-conseiller de François Hollande, qui a refusé de se plier au jeu des primaires, s’est installé dans le statut de « troisième homme » de la présidentielle. En embuscade derrière le candidat de la droite, François Fillon, et la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, il est même parfois donné qualifiable pour le second tour. La multiplication des attaques dont il est la cible témoigne de ce statut d’outsider en pleine ascension. Une des dernières en date est venue de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, qui le juge responsable, avec François Hollande et l’ex-Premier ministre Manuel Valls, de « l’immense gâchis du quinquennat ». A droite, le président des Républicains, le cacique et inoxydable Bernard Accoyer, dénonce une « vaste opération de marketing électoral » et une « escroquerie politique » du « fils parricide » du chef de l’Etat. Quant à l’autre outsider de la gauche, Jean-Luc Mélenchon, il estimait dans Le Monde du 5 janvier que le seul « vrai choix » des électeurs du PS était entre lui et l’ex-ministre. Une façon pour le candidat de « La France insoumise » de reconnaître en Emmanuel Macron un adversaire digne de lui. Le baromètre Elabe pour Les Echos le place en tête des personnalités politiques françaises avec 41% d’avis positifs (+2 points en un mois), devant François Fillon, troisième, qui perd quatre points à 35%, et Marine Le Pen, septième 29% (+2). Les principaux candidats à la primaire de la gauche sont loin derrière. A la sixième place, Arnaud Montebourg (30%, +2) devance son ancien collègue du gouvernement Benoît Hamon, 10e (27%, +7) et l’ex-Premier ministre Manuel Valls, 18e (21%, -10). Le meeting parisien d’Emmanuel Macron, qui a réuni 10.000 à 15.000 personnes le 10 décembre, beaucoup plus que tout autre candidat de droite ou de gauche, a été un tournant. Depuis lors, il fait pratiquement salle comble à chaque réunion publique. Son mouvement, « En Marche ! », lancé en avril 2016, revendique aujourd’hui plus de 135.000 adhérents, 3.145 comités locaux et un peu plus de quatre millions d’euros de dons. Il ne se passe pas de jours sans qu’il n’enregistre des ralliements de gauche, du centre ou de la société civile. Il mord même sur l’électorat du FN dans les intentions de vote.

Les Primaires : un concours Miss France

Les Primaires : un concours Miss France

 

 

 

En théorie, le processus des primaires constitue un progrès démocratique pour choisir les candidats à l’élection présidentielle. En réalité, c’est davantage un concours de beauté qu’un processus réellement démocratique. Première observation les candidats aux primaires doivent être désignés par les parties politiques, du coup c’est une sorte d’entorse à l’esprit même de la Ve République. C’est surtout la démonstration que nous sommes encore à l’ère de la Préhistoire de la démocratie. Celui qui présidera aux destinées du pays ne sera pas forcément le plus compétent, le plus efficace mais celui qui présente le mieux. Le choix s’effectue en effet essentiellement sur la qualité orale du prétendant et non sur ses capacités d’action ;  pour preuve à droite on va sans doute choisir Fillon essentiellement parce qu’il s’exprime mieux que Juppé. À gauche ce sera aussi le même processus. En outre surtout sur le fond la démocratie se réduit surtout au dépôt d’un bulletin de vote dans l’urne qui donne tout pouvoir  à l’élu puisque la concertation et le contrôle relève de l’illusion. Les différentes enquêtes ont d’ailleurs démontré que les Français se fondent assez peu sur les orientations ou sur les programmes des candidats mais plutôt sur leur supposée personnalités et leur apparence. Bref comme un concours Miss France ; Ces primaires auront peut-être constitué quand même une certaine avancée mais pas au point de constituer une grande modernité  démocratique. Pour preuve la plupart des têtes d’affiche ont  derrière eux déjà 20 30 ou 40 ans de vie politique. Bref des oligarques, qui se découvrent soudainement des qualités de réformateurs, de libéraux et de modernistes. Des démocrates aussi qui parlent d du concept de peuple sans vraiment le connaître puisque pour la plupart ils appartiennent aux couches aisées. Bref des sélections qui seront encore ignorées par une grande partie de la population puisque les abstentions et les non-inscrits représentent environ 50 % de l’électorat potentiel. Il est évident que le candidat élu ne mettra pas en œuvre la moitié des promesses qui ont permis de le faire élire. Ce qui est vrai pour Trump  aux États-Unis est également vrai pour l’élu gagnant en 2017. C’est tout le processus démocratiques qui doit être remis en cause avec notamment deux exigences une sociologie des candidats représentative des couches sociales du pays et une démocratie participative qui associe en permanence les acteurs aux décisions stratégiques.

2017 : Michèle Alliot-Marie, candidate sans passer par les primaires

2017 : Michèle Alliot-Marie, candidate sans passer par les primaires

 

En tant que gaulliste Michèle Alliot-Marie n’apprécie pas beaucoup la procédure des primaires aussi menace-t-elle de se présenter en s’affranchissant de cet étape préalable. Il est clair que les primaires constituent en quelque sorte une entorse avec la philosophie gaulliste qui voulait que l’élection présidentielle constitue un moment historique de rencontre directe  entre le peuple et le président. Or force est de constater que la droite renie ce principe en s’alignant sur la gauche et qu’au final les candidats respectifs des deux camps seront choisis par les partis. Michèle Alliot-Marie considère en outre que ces primaires ne présentent pas les garanties de sérieux nécessaires. Elles sont notamment discréditées par le nombre trop important de candidats, autour d’une quinzaine voir une vingtaine. Certes certains candidats ne sont là que pour faire un petit tour de piste se montrer tout simplement, d’autres marquent  leur territoire pour obtenir le moment venu un portefeuille ministériel. Une démarche que critique Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy qui  annonce lundi dans Le Monde son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2017, sans forcément passer par la primaire de la droite. « Quand on est candidat à l’élection présidentielle, la primaire n’est qu’une modalité », explique la députée européenne dans le quotidien. « Ceux qui se présentent à la présidentielle doivent être des gens sérieux, prêts à s’investir totalement et convaincus de porter un projet qui est bon pour l’avenir de la France et des Français », ajoute-t-elle. Cette gaulliste de 69 ans, ancienne présidente du RPR, déclare ne pas être intéressée par une primaire. Elle dévoilera ses intentions le 4 juillet prochain. « Aujourd’hui, on me parle de primaire, de procédures. Cela ne m’intéresse pas, car ce n’est pas au niveau des enjeux. Certains se présentent à la primaire pour se faire connaître ou pour négocier un poste de ministre. Cela n’a pas de sens », juge-t-elle.

Enquête sur les djihadistes : primaires, sanguinaires et déséquilibrés

Enquête sur les djihadistes : primaires, sanguinaires et déséquilibrés

 

L’enquête diffusée lundi soir sur Canal + dans l’émission Spécial Investigation met clairement en évidence que les djihadistes présentent des structures mentales enfantines mais criminelles pour la plupart. L’État islamique n’étant  la queue pour donner une légitimité à leurs pulsions et à leurs frustrations. Bref un reportage qui en dit long sur la misère intellectuelle et morale de types complètement paumés. Après les réseaux sociaux, Saïd Ramzi (journaliste infiltré)  qui se présente comme un musulman « de la même génération que les tueurs du Bataclan », a rencontré celui qui se présente comme « l’émir » de cette dizaine de jeunes gens, dans le parc d’une base de loisir, déserte en hiver, à Châteauroux. « Entrer en contact n’est pas si difficile. Mais gagner leur confiance, c’est autre chose », indique le journaliste Marc Armone [un nom d'emprunt également, NDLR], qui a épaulé à distance son collègue infiltré, dans une interview à Télérama.   »Mon but était de tenter de comprendre ce qu’ils ont dans la tête », explique Saïd Ramzi à l’AFP. « Et l’un des enseignements principaux est que je n’ai pas vu d’islam dans toute cette affaire. Aucune volonté de rendre le monde meilleur. Seulement des jeunes paumés, frustrés, perdus, suicidaires, faciles à manipuler. Ils ont eu la malchance d’être nés à cette époque où il y a l’Etat islamique. C’est très triste. Ce sont des jeunes en quête, et c’est ce qu’ils ont trouvé », estime le journaliste. Lors de leur première rencontre, l’émir du groupe, un jeune franco-turc qui se fait appeler Oussama, tente de convaincre le journaliste, qu’il ne connaît que sous le nom d’Abou Hamza, que le paradis les attend, à l’issue d’une mission suicide, en Syrie ou en France. « Viens, frère, on va au paradis. Nos femmes nous y attendent, avec des anges comme serviteurs. Tu auras un palais, un cheval ailé fait d’or et de rubis. » Certains, comme Oussama, tentent de rejoindre les « terres du califat » en Syrie. Arrêté par la police turque, remis à la France, il fait cinq mois de prison avant d’être libéré. Sous contrôle, obligé de signer une fois par jour à la gendarmerie, la messagerie en ligne cryptée Telegram, lui permet de garder le contact, de donner des rendez-vous au cours desquels le projet de commettre un attentat en France prend forme. « Il faut frapper une base militaire » assure Oussama – « un type paumé, sans culture, mais exalté », juge Saïd Ramzi dans Télérama. « Quand ils mangent, ils sont tous alignés… Ta-ta-ta-ta-ta! Ou alors les journalistes, BFM, iTélé, ils sont en guerre contre l’islam [...]. Comme ils ont fait à Charlie. Il faut leur casser le coeur. Par surprise, qu’est-ce que tu veux qu’ils fassent. Ils ne sont pas bien protégés. Il faut que les Français meurent par milliers », dit cet aspirant-djihadiste. Les choses s’accélèrent quand un certain Abou Souleiman – que le journaliste ne rencontrera jamais – revient de Raqqa, capitale en Syrie de l’Etat islamique. Il est « entré en contact avec le groupe et il projette de leur confier une mission terroriste d’une toute autre ampleur », explique Saïd Ramzi dans l’hebdomadaire culturel. L’homme lui donne rendez-vous dans une gare RER. Là, une femme en niqab lui remet une lettre dans laquelle un plan d’attaque est décrit : viser une boîte de nuit, tirer « jusqu’à la mort », attendre les forces de l’ordre et actionner des ceintures explosives. Des membres du groupe à Orléans assurent être parvenus à se procurer une kalachnikov, mais l’étau se resserre. Les premières arrestations ont lieu, les « soldats d’Allah » restaient dans le collimateur de la police. Un membre, plus méfiant, qui a échappé au coup de filet, lui envoie un message : « T’es cuit, mec. » « Mon infiltration s’arrête-là », conclut le journaliste, qui se dit prêt à recommencer pour « tous les débusquer ».

 

(JDD)

2017 : pour des primaires avec de nouvelles idées et de nouvelles personnalités

2017 : pour des primaires avec de nouvelles idées et de nouvelles personnalités

 

Deux consultants, Emile Servan-Schreiber et Alexandre Malfaye, ont lancé lundi «La vraie primaire», une plate-forme à la disposition de candidats de la société civile. L’initiative cherche à faire émerger de nouvelles figures et favoriser le rôle du numérique dans la gouvernance.

 

 

Le nom de l’initiative se veut ironique. «Chez Les Républicains comme au Parti socialiste, il n’y a pas de primaire: elle est verrouillée à droite, et inexistante à gauche», constate Emile Servan-Schreiber. «Finalement, la vraie primaire, c’est nous!», glisse-t-il au Figaro. Fondateur du cabinet de conseill  umenogic, le spécialiste de l’intelligence collective a lancé lundi à Paris La vraie primaire, en compagnie d’Alexandre Malafaye, président du think tank Synopia. Cette plate-forme doit permettre aux candidats ne pouvant se présenter aux primaires des grands partis politiques de gagner en visibilité et en popularité. Afin que leur voix soit entendue. «Notre objectif est clairement 2017», assure Alexandre Malafaye. «Il faut que La vraie primaire soit assez visible pour que des candidats aient émergé en septembre, et pèsent dans les débats», dit-il. Le cofondateur de l’initiative restant lucide dans ses prévisions: «Nous sommes persuadés que les Français vont jouer le jeu, mais à quelle échelle? Avec un million de participants, on peut peser, mais si nous n’avons que 10.000 soutiens, on aura tout de même mis au point une belle initiative», conclut-il.

«Le casting de 2017 n’est pas très séduisant… L’idée est de faire émerger de nouveaux talents. Nous voulons interpeller la classe politique», affirme Emile Servan-Schreiber, fils de l’homme politique et journaliste Jean-Jacques Servan-Schreiber. «Nous ne sommes pas dans le  »tous-pourris », se défend-t-il. Nous voyons au contraire beaucoup de talents à gauche et à droite, mais qui ne parviennent pas à se libérer des pesanteurs du milieu politique». Pour lui, cet appel aux citoyens à descendre dans l’arène passe nécessairement par Internet. «C’est devenu un véritable outil de consultation, pouvant sélectionner et diffuser des idées, faire émerger des personnalités. L’idée de conduire une démocratie va changer», assure le spécialiste en intelligence collective. Concrètement, chaque candidat devra verser 500 euros pour valider sa candidature. «Cela permettra d’éviter les candidats farfelus», explique Emile Servan-Schreiber. Chaque candidat doit également acquérir 1000 soutiens électroniques, pour se hisser au scrutin, prévu en septembre 2016. Il est également possible de présenter un candidat qui plairait à certaines personnes. Le vote sera ouvert à tous.

Les inspirateurs de la vraie primaire croient au succès de leur idée. Selon un sondage Ifop du 15 février 2016, commandé par l’institut Synopia, 66 % des Français sont favorables à une primaire non partisane organisée par la société civile. Le sondage Elabe du 22 février dernier, de son côté, estime que 78 % des Français se disent prêts à voter pour un «candidat ni issu ni soutenu par un parti politique». «Nous sommes dans un contexte favorable», assure Alexandre Malafaye, du think tank Synopia. Pour les créateurs de La vraie primaire, pas question de sélectionner leurs candidats sur leurs idées politiques: «on n’interdira personne», prévient Alexandre Malafaye. En revanche, ceux qui participeront à l’initiative devront se référer à la «Charte citoyenne», promue par le site. Elle propose un «mandat unique du président de la République», un «gouvernement resserré» composé à majorité par des personnes étrangères à la politique, et un parlement réduit. Elle préconise aussi le recours au référendum pour faire adopter «les grandes réformes du programme présidentiel». «On ne peut exercer le pouvoir dans seulement quelques quartiers de Paris ! Il faut au contraire multiplier les relais locaux, éparpillés de sur le territoire. Internet peut faciliter cette prise directe» Alexandre Malafaye. «Nos institutions actuelles datent du XVIIIe siècle. Elles ne doivent plus donner l’illusion qu’elles suffisent à la démocratie», argumente le consultant. Lorsqu’on lui demande si le pouvoir, confiné dans les cercles financiers ou les structures supranationales, n’a pas déserté la classe politique, il répond que les citoyens «ont encore plein de pouvoir»: «Ce sont eux qui sont sur le terrain, qui le connaissent le mieux. Les problèmes d’aujourd’hui sont si complexes que les seuls experts ne peuvent les résoudre. Il faut faire remonter l’intelligence du terrain», estime Emile Servan-Schreiber.  «Le but n’est pas de devenir une démocratie participative à tous les étages, mais de recréer du lien démocratique, pour redonner confiance entre les élites et les citoyens».

(Le Figaro)

2017 : des primaires oui…… mais non partisanes (sondage)

2017 : des primaires oui…… mais non partisanes (sondage)

 

La démocratie d’opinion bouscule chaque jour un peu plus la démocratie représentative y compris celle des partis politiques. Les Français souhaitent l’organisation de primaires pour désigner des futurs candidats à l’élection présidentielle à condition toutefois que ces primaires ne soient pas manipulées par les parties politiques. Autant dire qu’il s’agit là d’une demande d’institutionnalisation des primaires, une sorte d’avant  électoral officiel. On comprend d’autant plus cette aspiration qu’à gauche par exemple c’est le brouillard complet quant aux perspectives de cette primaire. Hollande lui n’en veut pas, il se considère comme le candidat naturel de la gauche, Cambadélis le premier secrétaire du parti socialiste ne l’exclut pas et Mélenchon de toute façon entend ne pas en tenir compte afin de ne pas avoir à se désister vis-à-vis du gagnant ; bref à gauche c’est la confusion la plus totale. À droite,  la situation est plus claire puisque des primaires se tiendront en novembre mais des interrogations persistent quant aux modalités de l’organisation. Interrogations formulées à plusieurs reprises par Alain Juppé qui craint la mainmise de Sarkozy sur l’appareil y compris au moment des primaires. L’intérêt de primaires institutionnalisées permettrait en outre de clarifier le paysage électoral dés les premiers tours. Cela éviterait la présence de candidats complètement anecdotiques ou marginaux qui d’une certaine manière ridiculisent la démocratie À près d’un an de la présidentielle, deux Français sur trois souhaitent l’organisation d’une primaire non-partisane en vue de 2017, selon un sondage IFOP pour le laboratoire d’idées Synopia. C’est un engouement général pour ce mode de scrutin, puisque 71% des Français de gauche et 68% de droite veulent pouvoir choisir leur candidat en dehors du carcan partisan. Et cette envie de voir émerger de nouveaux talents touche tous les milieux : ruraux ou urbains, cadres, employés ou chômeurs.

Organisation de primaires : les Français pour (sondage)

Organisation de primaires : les Français pour (sondage)

Les Français aiment les primaires et estiment qu’elles sont une « bonne chose », selon un sondage à paraître dimanche dans Le Parisien. Ce mode de désignation est plébiscité par 80% des personnes interrogées, autant apprécié par les sympathisants de gauche (85%) que ceux de droite (83%). Les sondés sont donc favorables à l’organisation d’une primaire à gauche (73%) comme à droite (71%) en vue de la présidentielle de 2017. Paradoxalement, les Français redoutent que les primaires ne contribuent à diviser les partis politiques. Mais elles permettent de « mieux connaître les candidats et leur programme », estiment-ils à 76% et sont fondamentalement « démocratiques » (70%). Surtout, 63% des sondés pensent qu’elles permettent de « désigner le meilleur candidat ». Interrogés plus spécifiquement sur une primaire à gauche, 44% des Français veulent qu’une primaire ouverte à gauche soit organisée tandis que 31% sont favorables à une primaire au sein du Parti socialiste seulement. Pour 23% des sondés, en revanche, François Hollande est le candidat naturel de la gauche, qui ne doit donc pas organiser un tel mode de désignation en vue de la prochaine présidentielle.

 

AFP

2017 : Copé interdit de primaires par Sarkozy

2017 :  Copé interdit de primaires par Sarkozy

Après la charge de Jérôme Lavrilleux à son endroit, Nicolas Sarkozy accuserait le coup. « Moi vivant, jamais Copé ne sera candidat aux primaires, s’est-il offusqué selon le Canard Enchaîné. Lui et sa bande sont des raclures, prêts à tout pour sauver leur peau. Lavrilleux sait qu’il devra se justifier pour son rôle à Bygmalion. Comme il sait aussi que le procès n’aura pas lieu tout de suite, il balance pour que je perde des plumes. Mais c’est lui qui creuse sa propre tombe », affirme l’ex-chef de l’Etat.  L’ancien bras droit de Copé avait déclaré dans un entretien à l’Obs que Nicolas Sarkozy état parfaitement au courant des agissements du parti et de la société pour endiguer le flot de dettes. Jérôme Lavrilleux, mis en examen dans l’affaire Bygmalion, y accuse Nicolas Sarkozy de mentir. « Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », accusait-t-il.

Nadine Morano candidate aux primaires à droite

Nadine Morano candidate aux primaires à droite

Une sorte de petite revanche de la part de Nadine Morano pas très contente que Nicolas Sarkozy les mis un peu à l’écart dans le nouvel organigramme du parti. Pas vraiment une candidature pour une première chance mais pour l’instant une candidature de nuisance à l’égard de Sarkozy. Il se pourrait que Nadine Morano retire sa candidature au profit de Sarkozy en échange d’ une promotion dans la direction du parti et de la campagne électorale de 2017. La députée européenne Nadine Morano a annoncé vendredi qu’elle se présenterait à la primaire pour désigner le candidat de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017.  L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a assuré sur BFM TV qu’elle voulait faire entendre sa voix. « Je serai candidate dans ce dispositif », a dit Nadine Morano, qui avait déjà évoqué dans plusieurs médias la possibilité de se présenter. Elle a indiqué qu’elle comptait défendre ses positions sur la question des migrants alors que son parti apparaît divisé sur les solutions à apporter à cette crise humanitaire.  L’eurodéputée les Républicains a notamment plaidé pour la création d’un service public de reconduite à la frontière mutualisé avec l’Union européenne. Elle s’est attiré des critiques dans son propre camp en invoquant la Seconde guerre mondiale pour inviter les migrants à « se battre plutôt que de fuir ». Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire et Xavier Bertrand étaient déjà sur la ligne de départ des primaires à droite, dont le premier tour se déroulera le 20 novembre 2016.

 

2017 : encore trop tôt pour des primaires à gauche (Cambadélis)

2017 : encore trop tôt pour des primaires à gauche (Cambadélis)

 

Alors que nombreux de leaders du PS excluent  toute hypothèse de primaires considérant que Hollande est le candidat naturel, Cambadélis n’élimine  pas cette possibilité même s’il considère que c’est encore un peu tôt. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Cambadélis évoque cette possibilité de primaires. Sans doute s’interroge-t-on  à gauche sur la probabilité d’une qualification de Hollande pour le second tour des présidentielles et au-delà pour son éventuel succès final. Il faut dire que Hollande ne décolle pas vraiment des sondages lesquels lui attribuent moins de 20 % alors que Sarkozy recueille autour de 25 % et Marine Le Pen autour de 28 %. Hollande, lui, compte sur les résultats de sa politique pour remonter la pente de la popularité. Une popularité toujours située en moyenne en dessous de 25 % mais avec des intentions de vote sans les écolos autour de 17 %. En l’absence d’une candidate nature écolo pour l’instant le score envisagé serait de l’ordre  de 20 %. Or ces résultats économiques et sociaux se font attendre d’autant plus que la France est à la traîne en matière de croissance vis-à-vis de la zone euro et que l’environnement international a plutôt tendance à se détériorer. D’où des interrogations légitimes chez certains leaders socialistes quant à la légitimité de la candidature de Hollande. Alors que Les Républicains se lancent peu à peu dans les primaires en vue de l’élection présidentielle de 2017, « c’est donc encore trop tôt » pour le Parti socialiste, insiste Jean-Christophe Cambadélis. « Les primaires sont à droite, la division est à droite, les oppositions sont à droite. Ne provoquons pas ceci dans le Parti socialiste, même s’il y a une division de la gauche« , conclut-il.

Juppé-2017: candidat si des primaires bidouillées

Juppé-2017: candidat si des primaires bidouillées

Juppé persiste et signe dans VSD : il sera candidat si les primaires sont bidouillées. Un sérieux avertissement en fait à Sarkozy qui, grâce à la maîtrise du parti, pense avoir déjà gagné cette primaire. C’est évidemment une  sérieuse menace pour Sarkozy qui serait certainement derrière Juppé si les deux responsables étaient candidats en 2017. D’autant que Juppé devance assez largement Sarkozy dans l’opinion ; même Bayrou est aussi devant lui. Juppé revient donc sur les éventuels truquages  de  la primaire à droite en 2016. Si la primaire n’est pas ouverte à l’ensemble de la droite et du centre, Alain Juppé annonce qu’il « n’y participera pas ». « Mais je me présenterai de toute façon à l’élection présidentielle », ajoute-t-il aussitôt avant d’insister : « Si la primaire était bidouillée, que l’on ne fasse voter que 500.000 à 1 million d’électeurs, alors je considérerai qu’elle n’a pas de signification. » Interrogé sur ses relations avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé tient à « relativiser » les récentes tensions qui ont pu apparaître. « Vous imaginez que nous sommes déjà deux coqs dans un combat? Non, pas du tout. » Et d’évoquer les huées dont il a été la cible lors du congrès fondateur des Républicains : « Il faut quand même ramener cela à une juste proportion. 8.000 personnes étaient présentes (les sarkozystes revendiquaient un congrès à 20.000 militants, Ndlr), un tiers a peut-être sifflé, les deux tiers ont couvert ces sifflets par des applaudissements. Relativisons. »

 

Sondage :76% pour des primaires à gauche et Hollande rejeté

Sondage :76% pour des primaires à gauche et Hollande rejeté

 

Hollande a du souci à se faire car non seulement 75% des lecteurs ne souhaitent pas qu’il se représente mais au sein de la gauche les électeurs veulent uen primaire. Et ils préfèrent largement Valls à Hollande. Or Hollande se considère comme le candidat de droit de la gauche et qui ; peut se dispenser de cette primaire et de cet exercice démocratique superflu. Alors que s’ouvre vendredi le congrès du PS, 76 % des sympathisants réclament la tenue d’une primaire pour 2017. 42 % préfèrent une candidature de Manuel Valls, contre 27 % pour François Hollande. Une primaire et Manuel Valls. Alors que les cadres du PS s’apprêtent à se réunir en congrès, du 5 au 7 juin à Poitiers, un sondage Opinionway pour Le Figaro et LCI fait état d’une très forte demande des sympathisants socialistes pour organiser une primaire en vue de l’élection présidentielle de 2017. Ils sont ainsi 76 % à se déclarer en faveur de ce processus de sélection et ce, même si François Hollande décide de se représenter. Mauvaise nouvelle aussi pour le chef de l’Etat, les sympathisants socialistes lui préféreraient alors Manuel Valls avec 42 % et ce en dépit du positionnement politique du premier ministre, très à droite sur l’échelle du PS.  En face, François Hollande ne recueillerait que 27 % des voix des sympathisants socialistes. Pour Frédéric Micheau, le directeur des études d’Opinionway, «Manuel Valls apparaît comme le préféré des sympathisants non pas pour la ligne politique qu’il incarne mais pour sa capacité à remporter l’élection présidentielle, à maintenir le PS au pouvoir ou, au moins, à le faire accéder au second tour».

 

Primaires 2017 à droite :craintes de magouilles

Primaires 2017 à droite :craintes de magouilles

 

Il ont sans doute raison les concurrents de Sarkozy de craindre les magouilles pour les primaires surtout après la première réunion des « Républicains » noyautée par les sarkosystes qui ont sifflé Filon et Juppé. Une première réunion ratée et partisane. Les trois prétendants déclarés à la primaire présidentielle à droite et Bruno Le Maire, possible candidat, demandent donc  instamment à Nicolas Sarkozy des garanties sur la consultation de 2016 « dans les conditions d’indépendance requises ». Le congrès du 30 mai des Républicains, dont des élus UMP et UDI, s’accordent à dire en privé qu’il fut un fiasco, a laissé des traces. Alain Juppé, candidat à ce jour le plus sérieux de l’ancien chef de l’Etat pour l’investiture présidentielle, et François Fillon ont été hués, et les craintes d’une mainmise des sarkozystes sur la primaire en ont été ravivées. A l’initiative d’Alain Juppé, qui est sorti très remonté du guêpier de samedi dernier, une lettre a été transmise jeudi au président des « Républicains ». « Nous sommes tous d’accord pour considérer que le temps du débat politique pour la primaire n’est pas venu (…), en revanche, nous pensons également qu’il est urgent de préciser les modalités d’organisation de la primaire, qui nécessiteront un important travail », écrivent Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand et Bruno Le Maire dans leur missive. « Le bureau politique du 9 juin devrait être, à notre sens, l’occasion » de constituer formellement le comité d’organisation de la primaire « et de déterminer ses principes d’organisation et de fonctionnement, afin qu’il puisse se mettre au travail sans attendre, dans les conditions d’indépendance requises », poursuivent-ils. « Nous sommes à votre disposition pour vous en entretenir avant cette date pour vous faire part de nos souhaits en la matière », précisent-ils, en assurant Nicolas Sarkozy de leurs « meilleurs sentiments ». Alain Juppé et François Fillon ont d’ores et déjà prévenu qu’ils se présenteraient au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 si l’organisation de la primaire était entachée d’irrégularités.

 

Présidentielle 2017 : Aurélie Filippetti « veut des primaires », il n’ y aura que ça !

Présidentielle 2017 : Aurélie Filippetti « veut  des primaires », il n y aura que ça !

 

 

Aurélie  Filippetti, une des rares responsables socialistes qui ait un peu de culture (elle est agrégée de lettres) veut des primaires en 2017 ; de ce point de vue elle sera  servie car entre Hollande, Valls, Hamon ou encore Sapin, c’est le concours des bonnets d’âne sur le plan culturel. Certains objecteront avec raison que ce n’est pas la spécificité des socialistes que cela vaut pour la droite et l’extrême droite. Sans doute pas un motif suffisant pour que le système oligarchique ne fasse émerger que des primates y compris à la présidence de la république. Sarkozy, Hollande, Valls et même Marine Lepen, de purs produits du système d’une nullité  culturelle affligeante et qui plus est bien loin des réalités économiques et sociales. Un double handicap en quelque  sorte.   Selon l’ancienne ministre, Aurélie Phipetti, le Parti socialiste ne pourra renouer avec le succès qu’en étant « novateur » et en proposant « un projet pour le pays ». Un projet qui passerait d’abord par le choix d’un candidat pour la prochaine présidentielle. « Je suis favorable à des primaires », rappelle la députée, qui ne semble pas voir François Hollande en candidat idéal à sa succession. Tu m’étonnes !

Primaires UMP : déjà enterrées

Primaires  UMP : déjà enterrées

 

Il fallait s’y attendre, il n’y aura pas de primaires à l’UMP ou alors une parodie. Si Sarkozy reprend l’UMP ce n’est pas par plaisir mais parce que c’est la voie obligée pour 2017. En maitrisant l’UMP, il dispose d’un appareil et contrôle totalement une éventuelle primaire. Fillon et Juppé sont évidemment de grands naïfs en pensant que des primaires transparentes pourront se dérouler à l’UMP. D’abord ce n’est pas la tradition du parti et encore mois celle de Sarkozy qui a habitude de conquérir  la hussarde les places qu’il souhaite. Reste cependant une inconnue, la suite des affaires. Car si le parti en entier se range définitivement derrière Sarkozy, sans solution de secours, il risque une cruelle déconvenue dans le cas ou Sarkozy serait rattrapé par la justice (et/ou les médias). La déclaration de François Baroin est à cet égard significative  L’ancien ministre de l’Economie, qui soutient Nicolas Sarkozy, estime dans Le Point que « l’élection à la tête du parti vaut primaire à l’UMP ». Et ce, alors que Nicolas Sarkozy lui-même a promis de se soumettre à la primaire en vue de la présidentielle de 2017.   »Cette élection à la tête du parti vaut primaire à l’UMP. Si (Alain) Juppé et (François) Fillon pensent avoir des chances de devenir président, ils auraient dû s’y présenter », affirme le maire de Troyes.   »Dans notre tradition gaulliste, bonapartiste, c’est comme ça, le chef du parti est le mieux placé pour la présidentielle. Je n’ai pas non plus compris les contretemps de Fillon, pour qui j’ai une grande estime, qui s’est accroché à Matignon et, après la défaite, a critiqué le bilan de Sarkozy au lieu de récupérer son héritage », ajoute François Baroin. Ce dernier est par ailleurs candidat aux sénatoriales dans son département de l’Aube, et vise la présidence de l’Association des maires de France.  Evoquant la candidature de l’ancien président à la tête de l’UMP, François Baroin juge aussi que « l’histoire dira si les affaires ne sont pas trop lourdes et s’il parvient à renouer avec les Français. Car à ce stade, ce n’est pas fait. C’est possible, mais cela reste à faire. »

 

Sarko va prendre la présidence de l’UMP pour magouiller les primaires

Sarko va prendre la présidence de l’UMP pour magouiller les primaires

 

Juppé  a sans doute gagné la première étape dans la course à 2017. Il a surpris tout le monde en annonçant sa candidature mais il n’a pas encore gagné le match qui va l’opposer à Sarkozy. Celui sera plus vite que prévu contraint d’annoncer sa candidature à la présidence de l’UMP. Une condition indispensable pour gagner les primaires. C’est en en effet la nouvelle équipe du président de l’UMP qui va organiser ces primaires. Or Juppé veut des primaire larges jusqu’’aux centristes là il est plus populaire que Sarkozy. A l’inverse Sarkozy est plus populaire chez les seuls militants UMP (à différencier des sympathisants). Du coup Sarko pourrait réduire le cercle des votants aux primaires et coupera ainsi l’herbe sou le pied à Juppé qui ne dispose pas de beaucoup d soutien dans l’appareil de l’UMP.  Benoist Apparu proche du maire de Bordeaux prévient toutefois que s’il y avait «mélange des genres» entre les deux échéances qui attendent la droite, si le futur chef de l’UMP briguait son investiture pour la présidentielle, «la campagne serait pire qu’entre François Fillon et Jean-François Copé». «On a vu comment ça a fini», commente le député de la Marne. L’avertissement s’adresse évidemment à Nicolas Sarkozy: selon les juppéistes, c’est l’ex-chef de l’État qui menacerait l’unité de la famille s’il s’avisait de ne pas en respecter les règles communes. L’article 35-3 des nouveaux statuts impose au président du parti de démissionner de ses fonctions «au plus tard quinze jours avant la date fixée pour le dépôt des déclarations de candidature» s’il veut se présenter à la primaire, soit, selon la charte de la primaire, «quatre-vingt-dix jours au moins avant le premier tour» de l’élection interne. Alain Juppé a déjà regretté que le patron du parti puisse tenter d’être aussi son candidat, mais il a reconnu que modifier à nouveau les statuts serait une entreprise périlleuse. Selon lui, l’intérêt politique de «primaires ouvertes» devrait suffire à garantir leur bon déroulement. Elles constituent à ses yeux la seule «méthode» pour «rassembler dès le premier tour les forces de la droite et du centre  Les formules employées par l’ex-premier ministre dans son annonce de candidature ont tout pour plaire aux oreilles centristes. Il se fixe pour objectif d’«assurer la pérennité du modèle social français» grâce au redémarrage de la croissance et conseille notamment, pour y parvenir, de rechercher «l’apaisement des tensions inutiles». Un discours que les sarkosyste ont pris pour leur champion, mais qui pourrait aussi viser le programme libéral du nouveau Fillon. Juppé n’a pas commenté les propositions économiques du député de Paris, mais comme il trouve déjà celles adoptées par l’UMP trop libérales… Populaire au centre, le maire de Bordeaux l’est aussi auprès de l’ensemble des Français. Avant de se jeter dans la mêlée présidentielle, il supplantait ses rivaux dans les sondages. Sa cote va-t-elle se dégrader? Ses adversaires y comptent bien. «En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il ne risque pas de rajeunir d’ici 2017», observe l’un d’eux. Alain Juppé a fêté ses 69 ans le 15 août. «C’est une force, veut croire Benoist Apparu. Cela lui donne une sagesse, du recul… En plus, vu son âge, il ne fera qu’un seul mandat. Il sera un président désintéressé.» Autrement dit, réformateur, et qui s’effacera en 2022 pour laisser la place à la jeune génération. Avis aux Xavier Bertrand, Bruno Le Maire ou, encore, Nathalie Kosciusko-Morizet. L’ex-premier ministre, qui n’a pas de réseau au sein de l’UMP, espère les convaincre que leur tour viendra s’ils acceptent de le soutenir pour la prochaine présidentielle

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