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Santé publique : La priorité à la prévention

Santé publique : La priorité à la prévention

 

Plutôt qu’ajouter « une nouvelle couche au millefeuille actuel » des agences gouvernementales, trois experts en santé publique préconisent notamment, dans une tribune au « Monde », la création d’un fonds de prévention qui serait alimenté par une taxe sur les produits comme l’alcool ou certains aliments.

 

Tribune.

 

L’histoire se répète. Seules les crises font évoluer le système de santé. C’est particulièrement vrai pour la santé publique, où les crises de la vache folle, du sang contaminé ou des médicaments ont amené les gouvernements successifs à créer les agences de sécurité sanitaire : l’Agence nationale de santé publique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ou encore l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

En cette période de crise liée à la pandémie de Covid-19, les tribunes et les rapports se succèdent pour « dessiner la santé publique de demain », lui « donner un nouveau souffle » ou encore « révolutionner la santé publique ». Il est étonnant de constater que les propositions sont très centrées sur la mécanique de ces structures afin de renforcer l’expertise, la recherche ou la formation, au risque de rajouter une nouvelle couche au millefeuille actuel. Il faut raison garder : renforcer les moyens de l’organisation existante permettrait de répondre aux besoins identifiés lors des dernières crises.

Ce qu’il convient de prendre en compte avant tout, c’est la prévention, qui peut être considérée, en France, comme très sinistrée. Elle a besoin d’expertises, d’acteurs et de financements.

Les enjeux sont considérables. Toutes les données scientifiques et d’évaluation concluent à des retours d’investissements très importants dans ce domaine qui permettraient d’augmenter significativement l’espérance de vie, et surtout l’espérance de vie en bonne santé. Ainsi, par exemple, 41 % des cancers sont évitables par des mesures de prévention, en jouant sur les consommations de tabac, d’alcool, sur la nutrition, en luttant contre les pollutions environnementales, en luttant contre la sédentarité, en vaccinant…

Pour porter la prévention, il est nécessaire, tout d’abord, de s’appuyer sur la recherche et l’expertise : connaître l’impact des déterminants de santé est fondamental, notamment les facteurs sociaux, source de très fortes inégalités de santé. Mais ce n’est pas suffisant.

Il convient aussi d’évaluer les programmes et actions de terrain, afin de valoriser ceux qui ont fait preuve d’efficacité et ainsi financer des programmes opérationnels performants.

Il convient ensuite de soutenir les acteurs de la prévention. Ils sont multiples :

  • Le milieu associatif est le seul à pouvoir assurer la fonction du « aller vers », ce dont on a pris conscience pendant l’épidémie de Covid-19, pour toucher les populations les plus isolées. Pendant l’épidémie de sida, sans l’aide des associations, il n’aurait pas été possible de toucher certaines communautés habituées à des pratiques à risques ou particulièrement vulnérables.
  • Il ne faut pas oublier les nombreuses structures publiques présentes sur l’ensemble du territoire, qui constituent un maillage pour la protection de l’enfance et, parfois, un filet de sécurité pour les populations les plus fragiles du fait de leur gratuité : réseaux de périnatalité, centres de protection maternelle et infantile, services de pédopsychiatrie, santé scolaire. Toutes ces structures ont été considérablement fragilisées par tous les gouvernements précédents alors que leurs missions sont cruciales, tant en termes de protection que de promotion de la santé. Le soutien de toutes ces structures est le seul moyen de bâtir la territorialisation dont a besoin la prévention pour être efficace.
  • Enfin, il convient de s’appuyer sur les enseignants pour développer l’éducation à la santé, garante de futurs comportements favorables ; et sur la santé au travail, en dépassant la logique individuelle nécessaire mais non suffisante. Cela permettrait de prendre en compte les expositions auxquelles les travailleurs sont soumis.

Covid- pandémie : la prévention nettement moins coûteuse que le traitement de la maladie

Covid- pandémie : la prévention nettement moins coûteuse que le traitement de la maladie

La pandémie Covid a déjà provoquée la mort de plus de 5 millions de personnes dans le monde cependant ce qui la caractérise, c’est l’étendues du champ géographique de son développement. En effet, à peu près tous les pays du monde sont durement touchés en raison notamment de l’accroissement de la Mobilité des personnes qui transportent avec eux évidemment le virus. Le coût de traitement global sera énorme et de toute manière bien supérieur au  cout d’une prévention . En effet le coût de traitement chiffrera en milliers de  milliards de dollars.

 

La pandémie de Covid-19 va amputer le Produit intérieur brut mondial de 22.000 milliards de dollars entre 2020 et 2025, a indiqué l’économiste en chef du Fonds monétaire international lors d’une conférence de presse. Il s’agit d’une «perte cumulée» qui est à comparer avec le niveau du PIB mondial que le FMI avait estimé avant la pandémie, a précisé Gita Gopinath en présentant les dernières prévisions économiques mondiales. L’impact est donc «substantiel», a-t-elle commenté.

 

Ce n’est pourtant pas la première ni même la dernière pandémie qui affecte le monde

 

La pandémie de grippe espagnole due à une souche H1N1 et ses plus de 40 millions de morts dans les années 1920 semblait appartenir à un lointain passé.

Même avec l’épidémie de CoV-1, la grippe H1N1 et la fièvre Ebola, la menace microbienne nous semblait maîtrisée. Sauf que ce n’est pas tellement ça. Le SARS CoV-1 asiatique n’était pas arrivé en Occident en 2003 parce que le virus était moins contagieux. Or les leçons tirées sur le moment ont fait long feu, comme le souligne Fréderic Keck, anthropologue et directeur de recherche CNRS.

« Après la première crise du SRAS, les États membres de l’Organisation mondiale de la santé étaient d’accord pour se préparer sérieusement à faire face à une pandémie. Mais peut-être par lassitude des populations et face aux règles d’austérité budgétaire, ces bonnes intentions n’ont pas duré et les stocks de masques et de vaccins n’ont pas été renouvelés. »

Pourtant, depuis plus de vingt ans, les spécialistes nous alertent sur les risques pandémiques. La grippe aviaire et son virus influenza, le coronavirus de chauve-souris…, les candidats ne manquent pas. Sans oublier les arbovirus transmis par les moustiques et qui provoquent la dengue ou le chikungunya. Des virus qui pourraient déclencher des pandémies avec des moustiques dopés au réchauffement climatique et aux bouleversements de la biodiversité.(Rapport entre l’homme et les animaux notamment).

Plan prévention santé : un inventaire à la Prévert

Plan prévention santé : un inventaire à la Prévert

 

Un petit plan prévention de 80 millions annuels pendant 5 ans dont des mesures qui sont loin d’être inutiles mais il y en aurait bien d’autres à prendre. Ce plan donc une impression d’auberge espagnole assez peu structuré et finalement d’assez vite fait. Exemple cet ajout sans doute de dernière minutes pour la prévention dans les Ehpad qui ne réponde pas à la double question du finalement et des effectifs (on aurait pu aborder la question du maintien de la santé des personnes âgées à domicile). A noter qu’on prudemment éviter d’aborder la question de l’alcool, question toujours un peu taboue en France. !.

Les  25 mesures

. Recommander la prise systématique de vitamine B9 (acide folique) aux femmes enceintes durant au moins les deux premiers mois de grossesse. Le but: éviter l’une des malformations néonatales les plus fréquentes, les anomalies de fermeture du tube neural (1 naissance pour 1.000), à l’origine de malformations de la moelle épinière.

. Augmenter « significativement » la taille du pictogramme « interdit aux femmes enceintes » sur les bouteilles d’alcool (vin compris), « en concertation avec l’ensemble des acteurs ». Mise en œuvre espérée en 2019.

. Créer d’ici fin 2018, un site internet d’information du public sur les produits chimiques contenus dans les produits de consommation courante.

. Etaler de 0 à 18 ans les vingt examens de santé de l’enfant pris en charge à 100%, aujourd’hui prévus entre 0 et 6 ans. But affiché: « prendre en compte les problématiques spécifiques de l’enfant puis de l’adolescent », notamment les risques auditifs liés à l’écoute de musique.
Egalement au programme, des actions de promotion de l’activité physique pour « réduire le surpoids et l’obésité chez les enfants ».

. Expérimenter « dans quelques régions à forte incidence d’infections sexuellement transmissibles (dont une région d’outre-mer) » un programme de prévention en santé sexuelle pour les moins de 25 ans. Il inclura la mise en place d’une carte donnant un accès gratuit à des préservatifs.

. Financer les « consultations jeunes consommateurs » pour les moins de 25 ans aux conduites addictives (tabac, alcool, cannabis, voire écrans) par la future amende pour usage de stupéfiants.

. Former 80% de la population aux gestes de premiers secours, selon des modalités à définir d’ici la fin de l’année.

. Rembourser progressivement les traitements anti-tabac comme n’importe quel médicament, à la place du forfait de 150 euros par an qui existe actuellement.

. Eliminer l’hépatite C à l’horizon 2025. Certains traitements vont bientôt être disponibles dans les pharmacies de ville, en plus des hôpitaux.

. Introduire un troisième programme national de dépistage organisé, celui du cancer du col de l’utérus, après le cancer du sein et le cancer colorectal.

. Permettre à davantage de professionnels de santé de vacciner, en plus des médecins, avec l’objectif de « généraliser dès 2019″ la vaccination en pharmacie contre la grippe.

. Etendre le logo Nutriscore aux cantines (y compris scolaires) à partir de 2020. Cet étiquetage à cinq couleurs est destiné à informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments.

. Réaliser, au moins une fois par an, un bilan de santé pour les personnes handicapées, pour « repérer les besoins de soins courants dont ceux en santé bucco-dentaires ».

. Mettre en place dès 2018 un plan de 15 millions d’euros annuels pour financer des programmes de prévention en Ehpad (Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes).

 

 




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