Archive pour le Tag 'presse'

Liberté : lettre ouverte de la presse au premier ministre

Liberté : lettre ouverte de la presse au premier ministre

 

Monsieur le Premier ministre,

Depuis plusieurs semaines, nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs de la presse nationale, régionale, de l’audiovisuel et du Web, n’avons eu de cesse d’alerter – tout comme les syndicats de la profession, des collectifs, des directeurs de rédaction, des éditeurs de presse – quant aux graves menaces que fait peser l’article 24 de la proposition de loi «pour une sécurité globale» sur la liberté d’informer.

Ce diagnostic rejoint celui de sociétés de réalisateurs, d’associations de défense des droits humains, d’autorités administratives indépendantes, et de trois rapporteurs spéciaux des Nations unies. La Commission européenne elle-même s’en inquiète.

Même amendée, cette disposition, qui vise à pénaliser la diffusion de l’image de membres des forces de l’ordre si elle a pour «but manifeste qu’il soit porté atteinte à [leur] intégrité physique ou psychique», est dangereuse. Elle laisse augurer, en amont des magistrats, des interpellations préventives – qui, sur le terrain, décidera qu’une diffusion en direct est susceptible de constituer une infraction, sinon les policiers eux-mêmes ? – ainsi que des procédures bâillon à l’encontre des médias ou des citoyens qui diffuseraient des images d’interventions houleuses. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a elle-même reconnu ce risque.

Cela alors que, dans le même temps, l’article 21 prévoit que les enregistrements des caméras piétons des forces de l’ordre puissent être diffusés aux fins d’«information du public» : d’un côté, donc, l’entrave à la liberté d’informer, de l’autre un récit à la discrétion des autorités. Quant à l’article 22, qui généralise l’autorisation des drones, il ouvre la porte à une surveillance massive et invisible, notamment des manifestations.

Filmer ou photographier les policiers et les gendarmes en intervention dans l’espace public est un droit démocratique. Ce sont bien les vidéos exposant les violences commises par des membres des forces de l’ordre – qu’elles aient été tournées par des journalistes titulaires ou non d’une carte de presse, des citoyens, des militants d’associations – qui ont permis d’inscrire ce sujet dans le débat public. Lundi soir, ce sont bien les images de la très brutale évacuation d’un campement éphémère de migrants, place de la République à Paris, diffusées sur les réseaux sociaux, qui ont fait réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Nos inquiétudes sont d’autant plus vives qu’en septembre, le nouveau «Schéma national du maintien de l’ordre» est venu aggraver la dégradation, déjà importante, de nos conditions de travail dans la couverture des manifestations. Sous couvert de «rappeler» que «le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception», ce texte est en réalité un feu vert donné par le ministère de l’Intérieur aux forces de l’ordre pour empêcher les journalistes de rendre compte pleinement des rassemblements jusque dans leurs dispersions. Les événements survenus lundi soir, qui ont vu des reporters eux aussi molestés, en sont l’amère illustration.

Monsieur le Premier ministre, la liberté de la presse et la liberté d’informer sont mises à mal en France. Vous aviez accepté d’entendre à ce sujet, ce jeudi, des représentants de la profession. La décision du préfet de police de Paris d’interdire le parcours de la «Marche des libertés» prévue samedi dans la capitale, attentant à une autre liberté fondamentale, celle de manifester, nous a conduits, à l’instar des syndicats de journalistes, à décliner cette invitation. Nous vous le disons ici solennellement : il y a urgence à sortir de cette spirale délétère pour la démocratie.

Nous demandons le retrait de l’article 24, ainsi que des articles 21 et 22, du projet de loi «pour une sécurité globale», et la réécriture du Schéma national du maintien de l’ordre dans un dialogue véritable avec les journalistes.

Signataires : les sociétés des journalistes, des rédacteurs et/ou des personnels de l’AFP, Arrêt sur images, Arte, BFM TV, Challenges, Courrier international, les Echos, Europe 1, l’Express, le Figaro, France Culture, Franceinfo, Franceinfo.fr, FranceinfoTV, France Inter, France 2, France 3 National, l’Humanité, le JDD, Konbini, LCP, Libération, Marianne, le Média, Mediapart, Midi libre, le Monde, M6, NRJ Group, l’Obs, Paris Match, le Parisien-Aujourd’hui en France, Premières Lignes, Public Sénat, RFI, RTL, Sud Ouest, la Tribune, TV5Monde, la Vie, 20 Minutes.
Avec le soutien des rédactions de Basta !, Politis et Slate.fr.

Liberté : lettre de la presse au premier ministre

Liberté : lettre de la presse au premier ministre

 

Monsieur le Premier ministre,

Depuis plusieurs semaines, nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs de la presse nationale, régionale, de l’audiovisuel et du Web, n’avons eu de cesse d’alerter – tout comme les syndicats de la profession, des collectifs, des directeurs de rédaction, des éditeurs de presse – quant aux graves menaces que fait peser l’article 24 de la proposition de loi «pour une sécurité globale» sur la liberté d’informer.

Ce diagnostic rejoint celui de sociétés de réalisateurs, d’associations de défense des droits humains, d’autorités administratives indépendantes, et de trois rapporteurs spéciaux des Nations unies. La Commission européenne elle-même s’en inquiète.

Même amendée, cette disposition, qui vise à pénaliser la diffusion de l’image de membres des forces de l’ordre si elle a pour «but manifeste qu’il soit porté atteinte à [leur] intégrité physique ou psychique», est dangereuse. Elle laisse augurer, en amont des magistrats, des interpellations préventives – qui, sur le terrain, décidera qu’une diffusion en direct est susceptible de constituer une infraction, sinon les policiers eux-mêmes ? – ainsi que des procédures bâillon à l’encontre des médias ou des citoyens qui diffuseraient des images d’interventions houleuses. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a elle-même reconnu ce risque.

Cela alors que, dans le même temps, l’article 21 prévoit que les enregistrements des caméras piétons des forces de l’ordre puissent être diffusés aux fins d’«information du public» : d’un côté, donc, l’entrave à la liberté d’informer, de l’autre un récit à la discrétion des autorités. Quant à l’article 22, qui généralise l’autorisation des drones, il ouvre la porte à une surveillance massive et invisible, notamment des manifestations.

Filmer ou photographier les policiers et les gendarmes en intervention dans l’espace public est un droit démocratique. Ce sont bien les vidéos exposant les violences commises par des membres des forces de l’ordre – qu’elles aient été tournées par des journalistes titulaires ou non d’une carte de presse, des citoyens, des militants d’associations – qui ont permis d’inscrire ce sujet dans le débat public. Lundi soir, ce sont bien les images de la très brutale évacuation d’un campement éphémère de migrants, place de la République à Paris, diffusées sur les réseaux sociaux, qui ont fait réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Nos inquiétudes sont d’autant plus vives qu’en septembre, le nouveau «Schéma national du maintien de l’ordre» est venu aggraver la dégradation, déjà importante, de nos conditions de travail dans la couverture des manifestations. Sous couvert de «rappeler» que «le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception», ce texte est en réalité un feu vert donné par le ministère de l’Intérieur aux forces de l’ordre pour empêcher les journalistes de rendre compte pleinement des rassemblements jusque dans leurs dispersions. Les événements survenus lundi soir, qui ont vu des reporters eux aussi molestés, en sont l’amère illustration.

Monsieur le Premier ministre, la liberté de la presse et la liberté d’informer sont mises à mal en France. Vous aviez accepté d’entendre à ce sujet, ce jeudi, des représentants de la profession. La décision du préfet de police de Paris d’interdire le parcours de la «Marche des libertés» prévue samedi dans la capitale, attentant à une autre liberté fondamentale, celle de manifester, nous a conduits, à l’instar des syndicats de journalistes, à décliner cette invitation. Nous vous le disons ici solennellement : il y a urgence à sortir de cette spirale délétère pour la démocratie.

Nous demandons le retrait de l’article 24, ainsi que des articles 21 et 22, du projet de loi «pour une sécurité globale», et la réécriture du Schéma national du maintien de l’ordre dans un dialogue véritable avec les journalistes.

Signataires : les sociétés des journalistes, des rédacteurs et/ou des personnels de l’AFP, Arrêt sur images, Arte, BFM TV, Challenges, Courrier international, les Echos, Europe 1, l’Express, le Figaro, France Culture, Franceinfo, Franceinfo.fr, FranceinfoTV, France Inter, France 2, France 3 National, l’Humanité, le JDD, Konbini, LCP, Libération, Marianne, le Média, Mediapart, Midi libre, le Monde, M6, NRJ Group, l’Obs, Paris Match, le Parisien-Aujourd’hui en France, Premières Lignes, Public Sénat, RFI, RTL, Sud Ouest, la Tribune, TV5Monde, la Vie, 20 Minutes.
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Crise Presse : 15% des lecteurs seulement veulent payer

Crise Presse : 15% des lecteurs seulement veulent payer

Pour résumer les Français refusent de payer pour une presse considérée  insuffisamment pertinente et indépendante. Selon une  étude « Ipsos global advisor » réalisée en ligne du 22 mai au 5 juin auprès de 18.998 personnes (1.000 en France), seulement 7% des Français payent pour de l’information alors que la moyenne mondiale est de 17%.

Et 15% des personnes interrogées en France seraient prêtes à payer pour une info fiable, contre 27% dans le reste du monde.

« Les Français sont ceux qui se disent les moins enclins à payer pour s’informer avec les Russes et les Japonais. À l’inverse, les Indiens, les Turcs et les Chinois sont les plus nombreux à se déclarer prêts à payer pour s’informer », détaille à l’AFP Yves Bardon, directeur du programme Flair chez Ipsos.

« Cela pose la question de la valeur de l’information dans un monde où tout est gratuit et où les informations forment un flux continu et contradictoire. Est-ce que les gens sont prêts à payer une info le lundi qui sera démentie le mercredi? », s’interroge le spécialiste en parlant du coronavirus.

 

Pour s’informer, dans tous les pays, ce sont la télévision (74%) et les réseaux sociaux (72%) qui sont privilégiés devant les sites d’info (62%) et les applications dédiées pour mobiles (61%).

En France, la télévision arrive aussi en tête mais les réseaux sociaux sont utilisés par moins d’une personne sur deux (48%) comme moyen d’information quotidien.

En ligne, ils sont parmi les plus prompts à utiliser un bloqueur de publicité (42%), tout comme les Chinois (50%).

Les Français figurent aussi parmi ceux qui lisent le moins la presse écrite papier tous les jours : 28% d’entre eux avouent ne jamais ouvrir un quotidien, et 8% seulement y sont fidèles chaque jour (contre 14% dans le monde).

 

 

Droit voisin : Google obligé de négocier avec la presse mais avec qui ?

Droit voisin : Google obligé de négocier avec la presse mais avec qui ?

 

En apparence d’une victoire pour la presse et les agences concernant la décision de la cour d’appel de Paris de contraindre Google à négocier une rémunération de l’information. C’est l’application française du droit voisin européen.

Cette dernière permet aux éditeurs d’exiger une rémunération de la part des plateformes en ligne lorsqu’elles diffusent des extraits d’articles de presse ou d’information.

Le problème c’est que Google n’a prévu qu’une enveloppe de 1 milliard sur trois ans pour rémunérer l’ensemble de la presse au plan mondial. Soit environ 300 millions quand son site affaire est de 200 milliards. Le risque est donc que cette rémunération soit très marginale. Le second risque c’est qu’elle soit limitée aux très gros titres et que 90 % des autres éditeurs d’information soient évincés.

Les grands médias ne seraient pas forcément opposés à cette restriction démocratique car ils connaissent une énorme crise économique qui se traduit en particulier par la baisse des recettes publicitaires liées à celles de la baisse de l’audience.

La décision de la Cour d’appel relativise l’engagement pris la semaine dernière par Google de verser un milliard de dollars au cours des trois prochaines années aux éditeurs du monde entier pour l’utilisation de leurs contenus . Car l’arrangement français implique de trouver une méthodologie durable pour rémunérer les éditeurs et les agences de presse.

Le véhicule de Google dédié à la rémunération des éditeurs d’information, baptisé Google News Showcase, doit être lancé en Allemagne où des partenariats ont été signés avec plusieurs médias comme Der Spiegel, Stern et Die Zeit, ainsi qu’au Brésil.

Avant même la décision de la Cour d’appel, Google France avait indiqué mercredi soir être proche d’un accord avec les éditeurs français sur la rémunération “des droits voisins au titre de la loi”.

Google obligé de négocier avec la presse mais laquelle ?

 Google obligé de négocier avec la presse mais laquelle ?

 

En apparence d’une victoire pour la presse et les agences concernant la décision de la cour d’appel de Paris de contraindre Google à négocier une rémunération de l’information. C’est l’application française du droit voisin européen.

Cette dernière permet aux éditeurs d’exiger une rémunération de la part des plateformes en ligne lorsqu’elles diffusent des extraits d’articles de presse ou d’information.

Le problème c’est que Google n’a prévu qu’une enveloppe de 1 milliard sur trois ans pour rémunérer l’ensemble de la presse au plan mondial. Soit environ 300 millions quand son site affaire est de 200 milliards. Le risque est donc que cette rémunération soit très marginale. Le second risque c’est qu’elle soit limitée aux très gros titres et que 90 % des autres éditeurs d’information soient évincés.

Les grands médias ne seraient pas forcément opposés à cette restriction démocratique car ils connaissent une énorme crise économique qui se traduit en particulier par la baisse des recettes publicitaires liées à celles de la baisse de l’audience.

La décision de la Cour d’appel relativise l’engagement pris la semaine dernière par Google de verser un milliard de dollars au cours des trois prochaines années aux éditeurs du monde entier pour l’utilisation de leurs contenus . Car l’arrangement français implique de trouver une méthodologie durable pour rémunérer les éditeurs et les agences de presse.

Le véhicule de Google dédié à la rémunération des éditeurs d’information, baptisé Google News Showcase, doit être lancé en Allemagne où des partenariats ont été signés avec plusieurs médias comme Der Spiegel, Stern et Die Zeit, ainsi qu’au Brésil.

Avant même la décision de la Cour d’appel, Google France avait indiqué mercredi soir être proche d’un accord avec les éditeurs français sur la rémunération “des droits voisins au titre de la loi”.

Google : 300 millions par an à la presse mondiale, une goutte d’eau !

Google : 300 millions par an à  la presse mondiale, une goutte d’eau !

 

 

Une somme dérisoire sera versée aux principaux éditeurs de presse par Google, filiale du groupe Alphabet qui prévoit de verser un milliard . Une très petite manne qui concernera que quelques éditeurs peut-être 5 à 10 par pays. Cette somme est à mettre en relation avec le chiffre d’affaires global du groupe soit 200 milliards par an, une capitalisation boursière de 1000 milliards et un bénéfice annuel de 35 à 45 milliards. Alphabet recouvre différent services dont Google qui constitue l’axe principal.

Beaucoup d’éditeurs de certains pays vont se satisfaire de ce petit cadeau du fait des situations financières très fragiles. La presse écrite un peu partout dans le monde et particulièrement en France se situe en effet sur une pente très dangereuse perdant non seulement de l’audience mais surtout des recettes publicitaires.

À l’inverse les plates-formes numériques puissantes inondent les internautes de publicité du fait d’une audience croissante.

Le  nouvel outil d’info de Google News Showcase, sera d’abord disponible sur les plateformes Android puis sur celles d’Apple.

Initialement lancé en Allemagne – où des accords ont été signés avec de grands groupes de presse comme Der Spiegel, Stern, Die Zeit – et au Brésil, il permettra aux éditeurs de presse de déterminer la nature ainsi que le type de présentation de leur contenu lors de l’utilisation du moteur de recherche.

Google News Showcase sera ensuite disponible en Belgique, en Inde, aux Pays-Bas et dans d’autres pays. Quelque 200 éditeurs en Argentine, en Australie, au Royaume-Uni, au Brésil, au Canada et en Allemagne ont déjà signé des accords de ce type avec le géant américain.

Les discussions se poursuivent en revanche en France, où les éditeurs s’appuient pour négocier sur une nouvelle loi française sur “les droits voisins”, entrée en vigueur en octobre 2019, ainsi qu’en Australie où il est demandé à Google de partager les recettes publicitaires avec les médias locaux.

En juin dernier, l’Autorité de la concurrence française a enjoint à Google de négocier avec les éditeurs et agences de presse “la rémunération qui leur est due” au titre de la loi relative aux droits voisins pour la reprise de leurs contenus protégés.

Google : 1 milliard de dollars sur trois ans à payer aux éditeurs de presse pour leurs contenus, une goutte d’eau !

Google : 1 milliard de dollars sur trois ans à payer aux éditeurs de presse pour leurs contenus, une goutte d’eau !

 

 

Une somme dérisoire sera versée aux principaux éditeurs de presse par Google, filiale du groupe Alphabet qui prévoit de verser un milliard . Une très petite manne qui concernera que quelques éditeurs peut-être 5 à 10 par pays. Cette somme est à mettre en relation avec le chiffre d’affaires global du groupe soit 200 milliards par an, une capitalisation boursière de 1000 milliards et un bénéfice annuel de 35 à 45 milliards. Alphabet recouvre différent services dont Google qui constitue l’axe principal.

Beaucoup d’éditeurs de certains pays vont se satisfaire de ce petit cadeau du fait des situations financières très fragiles. La presse écrite un peu partout dans le monde et particulièrement en France se situe en effet sur une pente très dangereuse perdant non seulement de l’audience mais surtout des recettes publicitaires.

À l’inverse les plates-formes numériques puissantes inondent les internautes de publicité du fait d’une audience croissante.

Le  nouvel outil d’info de Google News Showcase, sera d’abord disponible sur les plateformes Android puis sur celles d’Apple.

Initialement lancé en Allemagne – où des accords ont été signés avec de grands groupes de presse comme Der Spiegel, Stern, Die Zeit – et au Brésil, il permettra aux éditeurs de presse de déterminer la nature ainsi que le type de présentation de leur contenu lors de l’utilisation du moteur de recherche.

Google News Showcase sera ensuite disponible en Belgique, en Inde, aux Pays-Bas et dans d’autres pays. Quelque 200 éditeurs en Argentine, en Australie, au Royaume-Uni, au Brésil, au Canada et en Allemagne ont déjà signé des accords de ce type avec le géant américain.

Les discussions se poursuivent en revanche en France, où les éditeurs s’appuient pour négocier sur une nouvelle loi française sur “les droits voisins”, entrée en vigueur en octobre 2019, ainsi qu’en Australie où il est demandé à Google de partager les recettes publicitaires avec les médias locaux.

En juin dernier, l’Autorité de la concurrence française a enjoint à Google de négocier avec les éditeurs et agences de presse “la rémunération qui leur est due” au titre de la loi relative aux droits voisins pour la reprise de leurs contenus protégés.

Crise de la presse écrite mais montée de l’info en ligne

Crise de la presse écrite mais montée de  l’info en ligne

 

La presse écrite va sans doute être affrontée à une crise très grave en raison de sa perte régulière d’audience. Un phénomène qui n’est pas nouveau mais qui a été aggravé pendant l’absence de diffusion correspondant au pic de la crise sanitaire. Les lecteurs se sont habitués à rechercher l’information sur le net. Par ailleurs il y a une chute brutale des recettes de publicité qui constitue le plus souvent la principale ressource de la presse écrite.. De nombreuses entreprises ont réduit leur budget publicitaire et ont  transféré pour partie sur les sites numériques.

L’audience des sites d’infos en ligne a progressé de manière considérable de 30 à 50 %. Les sites de la presse nationale ont profité de cette croissance mais moins que les sites à vocation régionale, locale et indépendants. Pa presse nationale a effectué un certain virage numérique cependant le contenu est toute aussi décevant que la version papier. En cause, le faite que ces sites sont très peu mis à jour qu’ils reprennent souvent des infos déjà anciennes et surtout développent une ligne éditoriale assez convenue qui se limite à la reprise des articles des agences, des communiqués du gouvernement ,des entreprises et des institutions. Sur la tendance, c’est l’audience même des versions papier de la presse qui est en cause. Nombre de titres devrait encore connaître des plans de suppressions d’effectifs voire disparaître. La menace vaut aussi pour des versions numériques aussi indigentes que les versions papier.

La fréquentation des sites de presse en ligne a donc «explosé» de juillet 2019 à fin juin 2020, boostée au printemps par la crise sanitaire et le confinement, selon des données intermédiaires publiées mardi par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Au total, 10 millions de visites supplémentaires par jour en moyenne ont ainsi été enregistrées sur un an «par les sites et applications de presse, toutes familles confondues», selon l’ACPM.

La fréquentation en ligne des seuls titres de presse grand public a progressé de 18,9%, contre une augmentation de 3,5% sur la période 2018-2019. Dans le détail, c’est la presse quotidienne régionale qui enregistre la plus forte hausse de visites sur le web (+24,5%), devant la presse magazine (+22,8%) et les quotidiens nationaux (+7,8%) qui ont amorcé le virage numérique plus tôt que les deux autres catégories.

Le désir de s’informer sur le Covid-19, conjugué à l’impossibilité de se déplacer et à la fermeture des points de ventes, a accéléré le processus de transition du papier vers le numérique, potentiellement de «deux à trois ans», a expliqué à l’AFP le directeur général adjoint de l’ACPM, Jean-Paul Dietsch.

La presse en très grande difficulté

La presse en très grande difficulté

La presse va recevoir une aide de 483 millions sur deux ans. Elle en a bien besoin car elle est dans une situation qui pourrait bien conduire à terme à la suppression d’un certain nombre de titres, en tout cas à des plans significatifs de réduction d’emplois. En cause évidemment,  la neutralisation importante de la diffusion pendant plusieurs mois mais aussi la perte d’importantes ressources publicitaires d’entreprise qui resserrent aussi leurs budgets de communication. Enfin la presse traditionnelle ne cesse de perdre de l’audience aussi bien la presse nationale que la presse régionale. Elle n’a pas été au rendez-vous de la crise sanitaire. Elle s’est contentée de reprendre comme d’habitude les dépêches d’agence, du gouvernement et des institutions. Pas étonnant la plupart de la presse est désormais dans les mains des financiers. Le support Internet lui par contre a été très sollicité. Des les habitudes ont été prises par les consommateurs d’information, des habitudes durables qui vont se traduire rapidement par des pertes de ventes et d’audiences dans beaucoup de journaux.

L’exécutif a donc décidé des mesures d’urgence, votées le 30 juillet, pour aider les acteurs les plus touchés (marchands de journaux, titres ultramarins, éditeurs) pour un total de 106 millions d’euros, a rappelé la présidence. Pour consolider l’avenir de la presse, l’État va également mettre en place un plan de 377 millions sur deux ans, notamment pour accompagner les transitions écologique et numérique du secteur. Malheureusement sur le fond l’utilisation du support numérique ne change pas la ligne éditoriale complètement dépassée pour nombre de périodiques.

Répression Hong Kong: patron de presse arrêté

Répression Hong Kong: patron de presse arrêté

 

Un pas de plus vers la dictature chinoise à Hong Kong avec l’arrestation d’un grand patron de presse accusé évidemment d’intelligence avec l’ennemi ! Jimmy Lai, dirigeant du groupe de presse Next Digital,  a été arrêté pour des soupçons de collusion avec des puissances étrangères dans le cadre de la nouvelle loi de sécurité nationale.

Il s’agit de la personnalité la plus éminente arrêtée par la police de la région administrative spéciale depuis que Pékin y a imposé fin juin une nouvelle loi de sécurité nationale, laquelle a été critiquée par des pays occidentaux.

Les activistes pro-démocratie voient dans cette loi – destinée selon la Chine à punir la subversion, le terrorisme, le séparatisme et la collusion avec des forces étrangères – une répression des libertés à Hong Kong. Les partisans de la loi la jugent essentielle pour ramener la stabilité après les manifestations parfois violentes de l’an dernier.

Jimmy Lai, 71 ans, fervent critique de Pékin, a été “arrêté pour l’heure pour collusion avec des puissances étrangères”, a annoncé Mark Simon sur Twitter.

La police hongkongaise a fait savoir qu’elle avait arrêté sept personnes pour des violations présumées à la nouvelle loi de sécurité nationale, dont collusion avec des puissances étrangères. Il s’agit de résidents locaux, âgés de 39 à 72 ans, a-t-elle indiqué, sans les nommer.

Des arrestations supplémentaires sont envisagées alors qu’une opération est toujours en cours, a ajouté la police. D’après le South China Morning Post, qui n’indique pas ses sources, une dizaine d’arrestations supplémentaires étaient prévues lundi.

Jimmy Lai a été arrêté à son domicile lundi matin, de même que l’un de ses fils, a rapporté le tabloïd local Apple Daily, que publie le groupe Next Digital.

Une source au sein du journal a déclaré que des cadres de l’entreprise ont également été ciblés. Des perquisitions ont été menées à leurs domiciles, a précisé cette source, dénonçant un “harcèlement pur et simple”.

Lai avait déjà été arrêté cette année pour rassemblement illégal, en rapport avec les manifestations de l’an dernier.

Les autorités hongkongaises avaient déjà arrêté 15 personnes dans le cadre de la nouvelle loi sécuritaire, dont des adolescents à qui il est reproché des publications sur les réseaux sociaux.

 

Premier ministre. « Macron nomme Macron » (presse )

Premier ministre. « Macron nomme Macron » (presse )

 

 

Pour la presse française ou internationale, la nomination de Jean Castex c’est un peu comme si Macron avait nommé Macron à Matignon. Une sorte de reprise en main de l’appareil gouvernemental mais sans changement de politique. L’objectif essentiel de Macron étant d’essayer de préparer sa candidature pour 2022. Quant au discours sur la préoccupation environnementale ou la réorientation à gauche, c’est une illusion complète pour nombre de journalistes. Victor Mallet dans le Financial Times écrit dès la toute première ligne de son ‘papier : « Emmanuel Macron a choisi le modeste bureaucrate Jean Castex pour être son Premier ministre dans une tentative de faire renaître sa présidence avant les élections de 2022 ». Mais si la France change de Premier ministre, change-t-elle pour autant de politique ?, s’interroge Ouest-France.

Une chose est cependant claire pour le grand quotidien régional : « Avec Jean Castex, le ‘nouveau chemin’ ne passera ni à gauche ni au vert ». Car c’est bien le changement dans la continuité qui a été privilégié pour l’ensemble des éditorialistes dont tous relèvent les similitudes entre Jean Castex et son prédécesseur Edouard Philippe, au point pour celui du Parisien de parler de « décalque ».

« Il vient de la droite, comme Edouard Philippe. Il est maire (de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, depuis 2008) tout comme Edouard Philippe, qui va pouvoir se consacrer au Havre. Il est tout aussi méconnu du grand public qu’Edouard Philippe au moment de sa nomination », résume ainsi Ouest-France.

« Avec Jean Castex, Emmanuel Macron se retrouve comme au temps de la campagne, seul contre tous, cumulant de façon explicite les deux fonctions exécutives. Seul pour réaliser l’impossible », analyse Cécile Cornudet. (Jacques Witt/SIPA)

Avec l’arrivée de Jean Castex , Emmanuel Macron reprend la main en nommant un chef d’état-major, un collaborateur, dans la continuité de son prédécesseur, avec la présidentielle de 2022 en ligne de mire, soulignent samedi les éditorialistes.

Pour Laurent Joffrin dans Libération, il y a carrément une erreur dans le communiqué de l’Elysée annonçant la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre. « Il faut lire en fait, le président a nommé Premier ministre… Emmanuel Macron », affirme l’éditorialiste de Libération, pour qui il ne fait aucun doute que le chef de l’Etat joue sans va-tout avant 2022. Il « incarnera, à lui seul ou presque, les décisions qui seront prises dans les deux ans qui viennent », souligne Laurent Joffrin, à l’instar d’autres éditorialistes.

Pour Le Figaro, Emmanuel Macron a aussi pris le risque « de s’exposer plus encore lui-même en encourant le procès de supprimer, dans l’esprit sinon dans les faits, la fonction de Premier ministre ». Loin donc d’être un général en chef de la majorité, Jean Castex sera surtout « un secrétaire-général du gouvernement », juge l’éditorialiste du Figaro Guillaume Tabard.

 

 

Macron pressé se débarrasser du franc CFA

Macron semble plus pressé de se débarrasser du Français Cfa que certains chefs d’Africains qui craignent surtout des évolutions de parité défavorable à la nouvelle unité monétaire africaine Jusqu’à présent, les Etats de la zone franc n’ont pas entériné l’accord de décembre et n’ont pas créé des comptes à terme pour y placer leurs réserves de change. Ils continuent à profiter de la rémunération du trésor français (0,75 %) quand les taux d’emprunt sont négatifs sur le marché européen.

« Des dirigeants comme Alassane Ouattara et Macky Sall veulent agir de manière séquencée et réfléchie, explique l’un de leurs confidents. Ils ne veulent pas partir à l’aventure et se retrouver à gérer les problèmes qu’ont connus et connaissent des pays comme le Nigeria ou la Guinée, qui gèrent leurs propres monnaies. »

A terme, l’eco pourrait toutefois être étendu à l’ensemble des pays d’Afrique de l’Ouest dont le géant nigérian, première économie de la zone. Et pourrait être rattaché à un panier de devises comprenant le dollar, le yuan et le yen. « Cette évolution aura un impact sur les échanges commerciaux et les réserves de change, poursuit le confident. Les dirigeants veulent s’assurer au préalable de la convergence monétaire de leurs pays, de l’élargissement de l’assiette fiscale et de la réduction du secteur informel. »

Comme leurs dirigeants, nombre d’hommes d’affaires ouest-africains ne sont pas pressés de sortir de la parité et de la garantie apportée par la France. « La valeur d’une monnaie n’est que le reflet de la valeur qu’on lui assigne (!), plaide un patron malien travaillant avec la Chine. Nous avons besoin de stabilité pour faire fructifier nos activités. » Toute la question est la au-delà des apparences des financiers et autres macros et chronos économiste se pose la question centrale de l’évolution du sac de riz pour la ménagère qui s’il devait augmenter de 25 à 50 % constituerait un drame économique et social.

 

Crise de la presse: une crise d’abord de ligne éditoriale

Crise de la presse: une crise d’abord de ligne éditoriale

 

La presse notamment écrite va connaître une crise difficile au plan économique en raison en particulier de la chute drastique des recettes publicitaires qui les financent en grande partie. Les entreprises d’une manière générale vont  réduire les budgets considérés comme non prioritaires , en tout cas comme n’en essentiels dans la période. Cette dépendance de la presse vis à vis recettes publicitaire influencent évidemment la ligne éditoriale car il est difficile d’assurer la promotion d’une société et dans le même temps de se livrer à une analyse critique de son objet, de ses résultats ou de son fonctionnement.

Par ailleurs ,l’équilibre économique de plus en plus fragile de la plupart des médias conduits à une certaine uniformisation des lignes éditoriales. Pour l’essentiel, la plupart des médias reprennent  à peu près les mêmes thèmes, voire les mêmes informations en provenance des entreprises, des institutions, ou encore du gouvernement. Il faut souvent attendre 24 ou 48 heures pour que naissent quelques éléments d’analyse et de critique à propos d’une information. D’une manière générale, la presse est écartelée entre son désir de ne pas contrarier les principales financeurs que sont les vendeurs de publicité et la nécessité quand même d’alimenter l’information et la critique du lectorat. Un exercice particulièrement complexe. On peut même dire un grand écart entre le soutien des institutions en place et quelques portes ouvertes aux critiques du public. Souvent d’ailleurs au mélange sans pudeur avec le soutien affiché au pouvoir en place ( politique, économique, institutionnel) avec carrément le populisme pour donner des preuves d’indépendance qui n’en sont pas réellement. D’ailleurs, la plupart des grands médias sont désormais détenus par les financiers ( pouvoir politique pour les médias public avec des consanguinité).

 

Pas étonnant dans ces conditions que non seulement l’audience des médias traditionnels diminue mais surtout que la confiance dans ces médias ait tendance à se réduire. De nombreux sondages ont mis en valeur la baisse régulière de la confiance dans les médias traditionnels. Avec le Corona virus les sondages ont dû encore être bousculés. En général ,le taux de confiance dans la télévision tourne autour de 35 %, la presse écrite autour de 40 à 45 % et la radio à moins de 50 %.

Les nouvelles technologies sont venues bouleverser la donne avec l’émergence d’un nombre incalculable de sites où d’ailleurs le pire côtoie le meilleur. Avec un peu de détermination et de temps on parvient quand même à s’informer de manière un peu plus objective qu’avec les médias traditionnels.

Comme dans d’autres secteurs il faut d’autres s’attendre à des restructurations à l’intérieur des médias sans doute même à des suppressions de titres notamment de titres locaux déjà grandement fragilisés par le vieillissement du lectorat. Les grands sites ont eu du mal à s’adapter aux nouvelles technologies et finalement reprennent-( avec force photo et vidéos)  sur leur site là Une de leur édition papier sans beaucoup d’efforts d’approfondissement et d’analyse. Pour parler simplement chaque jour sont livrés des informations peu ou mal traités, contredites éventuellement le lendemain, quelques jours après par d’autres informations aussi sommaires. On l’a vu par exemple à travers ce débat sur la chloroquine, un débat de nature scientifique qui ne peut se soumettre à des appréciations à coups de serpe ou de manière très superficielle. Ajoutons que sur nombre de sujets le temps du journalisme n’est pas celui de la réflexion approfondie. Chaque jour une information chasse l’autre, éventuellement la contredit et des événements s’effacent sous la pression de l’événement médiatique du jour qui peut par ailleurs être complètement anecdotique.

Des notes attribuées à la « bonne » presse par le gouvernement !

 Des notes attribuées à la « bonne » presse par le gouvernement !

 

Ce n’est pas la censure mais cela y ressemble puisque le gouvernement a décidé de publier la liste des bons articles sur le Coronavirus . Une intention a priori louable mais qui en même temps vise sans doute à combattre les critiques concernant la politique sanitaire, en particulier le manque de masques, de tests et plus généralement de matériel médical. Jeudi, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a relayé sur son compte Twitter une initiative du Service d’information du gouvernement (SIG) : la mise en ligne d’un site dédié à la lutte contre les fake news qui circulent sur le virus. Une démarche louable au regard de la prolifération d’inanités parfois dangereuses qui s’échangent sur les réseaux sociaux mais une démarche dont le procédé a toutefois provoqué une vague d’indignation dans la profession.

Attachés à leur indépendance, les rédactions en général et les journalistes en particulier n’apprécient guère de voir le gouvernement apposer une sorte de label «vérité officielle» sur les informations qu’ils rapportent.

Crise de la presse : liquidation de Paris Normandie…… en attendant d’autres titres

 Crise de la presse : liquidation de Paris Normandie…… en attendant d’autres titres

Une liquidation du quotidien Paris Normandie qui sera sûrement suivie d’autres. La  presse va subir de lourds dégâts suite à la crise du Coronavirus. En effet, les ventes se  sont complètement écroulées alors que déjà les audiences s’inscrivaient dans une tendance baissière particulièrement dangereuse pour nombre de journaux. Cette crise va toucher des titres nationaux mais aussi régionaux. Des titres régionaux déjà fragilisés par des lignes éditoriales complètement insipides qui se contentent de reprendre intégralement ou presque les dés informations des agences de presse, du gouvernement et des institutions. On y ajoute la chronique des chats écrasés et des associations locales. On évite au maximum les débats susceptibles de fâcher les élus locaux et les personnalités locales  ou de ternir l’image de marque de la zone géographique considérée. Bref une sorte d’autocensure qui explique largement la baisse d’audience de cette presse. Concernant Paris Normandie Le tribunal de commerce de Rouen a prononcé ce mardi la liquidation du quotidien  avec prolongation d’activité de trois mois, selon Jean-Louis Louvel son propriétaire.

Le quotidien, endetté depuis plusieurs années, emploie 216 salariés selon leur avocate Jessy Levy. Selon la direction, la crise sanitaire du coronavirus a interrompu «le lent redressement» du journal. Le journal est détenu à plus de 90% par Jean-Louis Louvel, chef de plusieurs entreprises normandes et candidat soutenu par LREM arrivé troisième au 1er tour des municipales à Rouen le 15 mars.

La direction avait annoncé jeudi demander une liquidation avec prolongation d’activité de la SNIC, société éditrice du journal qui affiche 7 millions d’euros de dette (contre 10 millions en 2017). «Cette situation est la conséquence directe de l’impact du Covid-19 sur le chiffre d’affaires de notre entreprise», avait-elle alors justifié. Le journal fondé en 1944 affiche une chute de 90% des recettes publicitaires.

Les salariés, qui ont connu trois procédures judiciaires depuis 2012, sont bien sûr «inquiets», selon le SNJ. «On suppose qu’il y aura plusieurs repreneurs parce que la fameuse dette sera annulée», si la liquidation est prononcée avec prolongation d’activité, a avancé Anne Bouchet. Reste à savoir si ces offres seront «sérieuses» et si des salariés resteront «sur le carreau». Jean-Louis Louvel a assuré devant le tribunal avoir déjà eu des contacts avec des repreneurs, a-t-il indiqué à l’AFP. «Je ne doute pas que plusieurs offres seront transmises», a-t-il dit au tribunal. Lundi, le candidat malheureux à la reprise du journal en 2017, le groupe belge Rossel (La Voix du Nord), n’a pas souhaité indiquer s’il ferait à nouveau une offre. Le 15 avril, le tribunal avait prononcé la liquidation avec poursuite d’activité pour la RNP, la régie publicitaire du titre qui emploie 25 personnes selon Me Levy.

Implanté uniquement en ex-Haute Normandie, dont il est l’unique quotidien local, Paris Normandie compte 22 500 abonnés papier et 1500 abonnés web, selon la direction. En 2019, le journal diffusait à environ 41 280 exemplaires, soit 6,9% de moins qu’en 2018, selon l’Acpm, organisme de certification de l’audience de la presse.  Il faut espérer évidemment un repreneur pour Paris Normandie comme pour la plupart des autres journaux qui seront liquidés. Cela passe cependant par un changement complet de ligne éditoriale car le lectorat se compose essentiellement de personnes âgées qui progressivement évidemment disparaissent.

Municipales Paris : Hidalgo largement en tête malgré les sondages bidon de la presse des financiers (30,2%)

 

Municipales Paris : Hidalgo largement en tête malgré les sondages bidon de la presse des financiers (30,2%)

 

 

Rachida Dati aura bénéficié en vain  du soutien de la presse des financiers comme le JDD . En effet curieusement et même brutalement, on a vu des sondages annoncés que Rachida Dati était en tête. Évidemment du bricolage statistique soutenu par les financiers qui détiennent maintenant la plupart des médias. Le réveil est douloureux puisque – La maire socialiste sortante de Paris, Anne Hidalgo, est arrivée en tête avec 30,2% des voix devant la candidate Les Républicains Rachida Dati (22%) et celle de La République en marche Agnès Buzyn (17,6%) au premier tour des élections municipales à Paris, selon un sondage Ipsos Sopra/Steria pour France Inter et les chaînes parlementaires publié dimanche soir.

Avec 11,6% des voix selon cette même source, le candidat Europe Ecologie-Les Verts David Belliard est également qualifié pour le second tour, ce qui n’est pas le cas du mathématicien Cédric Villani, ex-député LaRem. Anne Hidalgo a les plus grandes chances d’être réélue à la suite du second tour. Par contre, la représentante de la république en marche avec seulement 17,6 % des voix reçoit elle aussi une belle claque électorale. Pourtant, elle aussi avait eu le soutien de médias des financiers.

Crise de la presse : une charrette de 41 postes à l’Humanité

Crise de la presse : une charrette de 41 postes à l’Humanité

 

 

 

Il n’y a sans doute pas lieu de se réjouir de ce nouveau plan qui va supprimer une quarantaine de postes à l’Humanité. Certes les difficultés de ce journal sont évidemment liées à la perte d’audience du parti communiste lui-même depuis des années et des années. Pour autant,  cette crise s’inscrit dans une crise plus globale qui concerne la totalité de la presse ou presque. Surtout la presse écrite qui ne cesse de perdre des lecteurs et de l’influence. D’où des recettes en baisse. Il y a eu spécifiquement la crise de la presse de gauche qui est corrélée à l’éclatement des organisations et surtout à l’absence de perspectives politiques. Encore une fois cette crise est cependant générale. En cause aussi peut-être et surtout,  la montée d’autres supports d’information notamment via Internet où la pluralité est notoirement mieux assurée. Les grands médias institutionnels font l’objet d’une certaine suspicion quant à leur indépendance. Un récent sondage indiqué que 60 % des Français doutaient de cette grande presse. En raison sans doute aussi du faite que 80 % des grands médias sont maintenant détenus par des financiers ou des industriels qui d’une façon certaine façon façonne l’opinion ou  tente de le faire. Le discrédit retombe leurs sur tous. Pour  e qui le concerne  le quotidien L’Humanité, placé en redressement judiciaire début février, prévoit de supprimer 41 postes, soit plus du quart de ses effectifs, pour réduire sa masse salariale, via un plan de sauvegarde de l’emploi accepté à l’unanimité par les organisations syndicales, a annoncé dimanche le Syndicat national des journalistes (SNJ). «Après un mois et demi de négociations entre la direction, les administrateurs judiciaires et leurs représentants syndicaux, les salariés de L’Humanité s’apprêtent à payer le prix fort pour participer à l’effort collectif et assurer l’avenir du journal fondé il y a 115 ans par Jean Jaurès : dans les prochaines semaines, 41 postes (sur un total de 157, hors pigistes) vont être supprimés, dont ceux de 28 journalistes et de 13 cadres ou employés», a précisé la section SNJ du quotidien dans un communiqué.

Presse régionale: nouveau dégraissage

Presse régionale: nouveau dégraissage

 

Encore un groupe de presses qui dégraissent avec la perspective de suppressions de près de 400 postes. En cause évidemment le marasme global de la presse écrite nationale. Un marasme qui découle en grande partie de l’uniformisation des lignes éditoriales. On se contente en effet le plus souvent de reprendre les dépêches d’agence, les communiqués du gouvernement, des institutions et des entreprises sans autre analyse. Et pour conserver le caractère local on complète avec la rubrique des chiens écrasés et les résultats des concours de belote et de boule, sans parler de la rubrique nécrologique. Bref la presse régionale se meurt tout autant que la presse nationale d’autant qu’elle est essentiellement désormais dans la main des financiers et autres capitaines d’industrie qui investisse non pas pour faire des profits impossibles mais servir l’idéologie de leurs intérêts financiers. S’ajoutent évidemment à cela le développement exponentiel de nouveaux supports notamment via Internet.

Premier groupe de presse régionale en taille dans l’Hexagone, avec près d’un million de ventes chaque jour, le groupe Est Bourgogne Rhône Alpes (EBRA), détenu par Le Crédit Mutuel, se trouve aujourd’hui dans une situation délicate. Jeudi, le groupe, qui détient notamment les titres Le Dauphiné libéré, Le Progrès, L’Est républicain, ou encore Vosges Matin, a présenté aux organisations syndicales son projet de supprimer 386 postes

Les neuf journaux du groupe Ebra, qui génère un chiffre d’affaires de 620 millions d’euros et emploie 4000 personnes, sont concernés par le projet de suppression de postes dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les services création graphique, pagination, annonces légales, trafic digital, relations clientèle et maintenance informatique, a annoncé le groupe aux organisations syndicales, réunies à Paris.

Presse : des «comités d’éthique »…… ou de censure ! (Riester)

Presse : des «comités d’éthique »…… ou de censure ! (Riester)

 

 

Une proposition très sulfureuse du ministre de la culture, Franck Riester, qui évoque l’idée de créer des comités d’éthique ou de déontologie. Il s’agirait de lutter contre les fausses informations et en même temps contre la haine. Des objectifs qui n’ont pas grand-chose à voir entre eux. Si on peut comprendre évidemment que d’autres mesures que celles qui existent puissent être prises pour lutter contre les propos haineux, c’est tout autre chose que de vérifier s’il y a ou non désinformation. En effet les pouvoirs publics eux-mêmes ne se gênent pas pour diffuser en permanence des informations déformées sur la situation du pays et sur la responsabilité des acteurs économiques ou des citoyens. Le trucage du budget exercice récurrent sous tous les gouvernements en est un bel exemple. Le ministre évoque sa vraie préoccupation qui concerne les réseaux sociaux. Sauf à les interdire, on voit  mal comment un comité dit d’éthique pourrait influencer le contenu rédactionnel de ces réseaux ou alors c’est le retour pur et simple de la censure. Peut-être déjà pourrait-on exiger que l’anonymat soit interdit sur ces réseaux de sorte que la responsabilité des auteurs puisse être mis en cause devant la justice s’il y a effectivement une infraction grave. D’autres mesures relèveraient du contrôle a priori de l’information et mettraient  évidemment en cause la liberté de la presse. On comprend que le gouvernement ait été particulièrement bousculé par le rôle des réseaux sociaux dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Ce n’est vraiment pas une raison pour mettre en cause le principe fondamental de la liberté d’expression. Une mission sur ce sujet a été confiée en octobre à Emmanuel Hoog, ancien président-directeur général de l’Agence France-Presse, en marge de l’examen à l’Assemblée nationale des textes sur la manipulation de l’information (“fake news”), adoptés depuis. Cette mission rendra ses conclusions fin janvier. “Il faut peut-être trouver des solutions qui ne passent pas par l’Etat ou le gouvernement mais par l’autorégulation”, a dit Franck Riester sur BFM TV. “C’est le fait, peut-être, de réfléchir à des comités d’éthique ou de déontologie”, a-t-il dit. “En tout cas c’est sur la table, ce n’est absolument pas décidé.”“Il faut trouver des solutions pour essayer de retisser des liens de confiance. Je ne suis pas sûr que ce soit la solution mais il n’y a pas de tabou à avoir”, a-t-il ajouté. Le ministre a aussi évoqué l’idée défendue par Reporters sans frontières d’une “certification” des entreprises de presse respectant certains principes. “On doit absolument veiller à ce que, sur les réseaux sociaux, on lutte contre les propos haineux et on lutte avec détermination contre la désinformation”, a ajouté le ministre. Une déclaration qui confirme que la préoccupation du gouvernement concerne surtout en fait  les réseaux sociaux évidemment de plus en plus influents compte tenu de la très nette dégradation de la crédibilité des médias classiques. Ce qui évidemment ne veut pas dire qu’Internet ne soit pas sans défauts puisqu’on n’y trouve aussi le pire et le meilleur.

Un conseil de déontologie de la presse?

Un conseil de déontologie de la presse?

Dans une interview sur le site d’Europe 1 des experts s’expriment à propos du projet d’un conseil de déontologie de la presse. Une idée lancée par la ministre de la culture. Il est clair que la problématique de l’indépendance de la presse mérite au moins un débat et éventuellement des orientations. En effet 80 % des grands médias sont détenus par des grandes fortunes et des industriels dont l’investissement dans les médias n’est pas neutre. Le pire étend évidemment l’autocensure que pratiquent  les journalistes pour ne pas déplaire à leur patron et aux annonceurs et d’une manière plus générale aux  institutions en place. D’où le  discrédit croissant de ces grands médias par l’opinion publique

Oui, pour Pierre Ganz, directeur de l’Observatoire de la déontologie de l’information : 

« Si les médias acceptent que leur travail soit examiné par un organisme indépendant, ce serait un outil qui permettrait de regagner la confiance du public. A l’étranger, les conseils de presse regroupent éditeurs, journalistes et membres de la société civile. Ces instances n’interviennent en aucun cas sur la ligne éditoriale du média. Ce ne sont pas le choix d’un sujet ou de son angle (manière dont on traite le sujet) qui peuvent être remis en cause mais des atteintes à la déontologie de la profession, comme par exemple la diffamation. L’Etat ne doit cependant pas être présent dans un conseil de presse, au risque que les ‘sanctions’ soient perçues comme des décisions politiques. »

Non, pour Jean-Michel Charon, spécialiste des médias et chercheur au CNRS : 

« C’est aux journalistes eux-mêmes de régler les problèmes au sein même de leurs rédactions. C’est à eux qu’incombe la responsabilité de résoudre et sanctionner les erreurs internes. Les conseils de presse pourraient être des censeurs et agir comme une instance de jugement. Cette proposition n’est pas adaptée au public qui est de plus en plus éduqué. Le terme de ‘conseil de presse’ recouvre des définitions très différentes selon les pays, il est donc difficile de dresser un bilan général de leur efficacité dans les pays où il régit les médias. La mise en place d’une telle instance pose beaucoup de questions : comment seraient choisis les membres de la société civile qui le composent? De plus, quels seraient les moyens dont il disposerait pour arbitrer des situations souvent complexes? La démarche est de plus initiée par l’Etat et les politiques, ce qui rend le projet encore plus sensible. Déjà en 2008, après les Etats généraux de la presse en France, la question de la création d’un conseil de presse s’était posée mais aucune piste n’avait fait consensus. »

 

Oui, pour Patrick Eveno, professeur d’Histoire des médias à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne :

« Les conseils de presse sont nécessaires pour assurer la déontologie de la profession. Il n’y a pas de risques de censure puisque dans un conseil de presse, les ‘retours’ apparaissent seulement après la publication de l’article. Il ne s’agit de plus, seulement d’une ’sanction’ de nature symbolique. C’est à dire que le média doit publier l’arrêté pris par le conseil de presse. Les décisions du conseil de presse seraient prises au cas par cas, il n’est pas question d’imposer une uniformisation de l’information. Il y a déjà 20 pays en Europe qui ont un conseil de presse et cela fonctionne très bien. »

Peut-être, pour Adeline Hulin, spécialiste de la régulation des médias : 

« La question de créer un conseil de presse en France existe depuis des années mais n’a jamais abouti. La France est un cas particulier, la majorité des pays européens a établi des conseils de presse. La France fait partie de ceux où la profession journalistique refuse ce genre de mécanisme. Il y a des limites à l’autorégulation principalement dans les pays non démocratiques. Dans ce cas, il y a risque de non indépendance de ces institutions et qui peuvent alors être instruments d’autocensure… Mais ce n‘est pas le cas de la France! » Ah bon ! (NDLR)

 

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