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« La France premier pays sécuritaire de l’Union européenne » ?

 « La France premier pays sécuritaire de l’Union européenne » ?

Le docteur en droit Yves Jeanclos constate dans le monde que derrière l’article 24, le texte prévoit des « dispositions poliçophiles susceptibles de renforcer l’aspect sécuritaire de la société, au détriment des libertés publiques ».

Tribune.

 Le regard des médias et des politiques, actuellement braqué sur l’interdiction de la diffusion et sur le floutage des visages des forces de l’ordre en intervention, laisse dans l’ombre les dispositions « poliçophiles » de la proposition de loi relative à la sécurité globale, susceptibles de renforcer l’aspect sécuritaire de la société, au détriment des libertés publiques.

Les polices municipales placées sous l’autorité politique des maires se voient reconnaître des pouvoirs et des missions de plus en plus proches de ceux de la police nationale. Elles seront compétentes pour les vérifications d’identité et la constatation de délits de basse intensité. Elles disposeront de la capacité à infliger des contraventions (vente à la sauvette, graffitis : code pénal, 446-1, 322-1). Pour ce faire, leurs responsables seront placés « sous la direction du procureur de la République » et bénéficieront d’une « habilitation » judiciaire accordée par le procureur général, générant une véritable révolution dans l’opérationnalité des forces de sécurité intérieure.

 

Les polices municipales seront chargées des délits relevant du code de la route, de la saisie et de l’immobilisation de véhicules, voire de biens détenus en infraction sur la voie publique. Elles relaieront l’activité de contrôle et de répression de la police nationale, lors de manifestations sportives, culturelles et récréatives. Elles libéreront utilement la police nationale pour ses missions de maintien de l‘ordre.

Sociétés privées de sécurité

Plus avant dans la révolution de la culture policière, la police nationale et les polices municipales devront participer au « continuum de sécurité », en impliquant les sociétés privées de sécurité à des activités de sécurité publique. Elles seront satisfaites de voir confier à des sociétés privées l’utilisation de drones contrôlant des manifestations de rue ou portant atteinte à l’intimité des citoyens. En revanche, elles devraient s’inquiéter du droit de contrôle social et économique conféré à des sociétés privées pour des missions relevant des pouvoirs régaliens de l’Etat.

En additionnant les 30 000 policiers municipaux aux 150 000 fonctionnaires de la police nationale et aux 170 000 employés des sociétés privées de sécurité, l’Etat pourrait disposer d’environ 350 000 membres des forces de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure, sans compter les 99 000 militaires de la gendarmerie nationale. Grâce à la loi « sécurité globale », l’Etat pourrait avoir à sa disposition répressive, au quotidien, pas loin d’un demi million d’agents du maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure, soit un potentiel ratio d’environ un fonctionnaire des forces intérieures pour 150 habitants (contre un pour 281 en 2018), la France devenant le premier pays sécuritaire de l’Union européenne.

Liberté : lettre de la presse au premier ministre

Liberté : lettre de la presse au premier ministre

 

Monsieur le Premier ministre,

Depuis plusieurs semaines, nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs de la presse nationale, régionale, de l’audiovisuel et du Web, n’avons eu de cesse d’alerter – tout comme les syndicats de la profession, des collectifs, des directeurs de rédaction, des éditeurs de presse – quant aux graves menaces que fait peser l’article 24 de la proposition de loi «pour une sécurité globale» sur la liberté d’informer.

Ce diagnostic rejoint celui de sociétés de réalisateurs, d’associations de défense des droits humains, d’autorités administratives indépendantes, et de trois rapporteurs spéciaux des Nations unies. La Commission européenne elle-même s’en inquiète.

Même amendée, cette disposition, qui vise à pénaliser la diffusion de l’image de membres des forces de l’ordre si elle a pour «but manifeste qu’il soit porté atteinte à [leur] intégrité physique ou psychique», est dangereuse. Elle laisse augurer, en amont des magistrats, des interpellations préventives – qui, sur le terrain, décidera qu’une diffusion en direct est susceptible de constituer une infraction, sinon les policiers eux-mêmes ? – ainsi que des procédures bâillon à l’encontre des médias ou des citoyens qui diffuseraient des images d’interventions houleuses. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a elle-même reconnu ce risque.

Cela alors que, dans le même temps, l’article 21 prévoit que les enregistrements des caméras piétons des forces de l’ordre puissent être diffusés aux fins d’«information du public» : d’un côté, donc, l’entrave à la liberté d’informer, de l’autre un récit à la discrétion des autorités. Quant à l’article 22, qui généralise l’autorisation des drones, il ouvre la porte à une surveillance massive et invisible, notamment des manifestations.

Filmer ou photographier les policiers et les gendarmes en intervention dans l’espace public est un droit démocratique. Ce sont bien les vidéos exposant les violences commises par des membres des forces de l’ordre – qu’elles aient été tournées par des journalistes titulaires ou non d’une carte de presse, des citoyens, des militants d’associations – qui ont permis d’inscrire ce sujet dans le débat public. Lundi soir, ce sont bien les images de la très brutale évacuation d’un campement éphémère de migrants, place de la République à Paris, diffusées sur les réseaux sociaux, qui ont fait réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Nos inquiétudes sont d’autant plus vives qu’en septembre, le nouveau «Schéma national du maintien de l’ordre» est venu aggraver la dégradation, déjà importante, de nos conditions de travail dans la couverture des manifestations. Sous couvert de «rappeler» que «le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception», ce texte est en réalité un feu vert donné par le ministère de l’Intérieur aux forces de l’ordre pour empêcher les journalistes de rendre compte pleinement des rassemblements jusque dans leurs dispersions. Les événements survenus lundi soir, qui ont vu des reporters eux aussi molestés, en sont l’amère illustration.

Monsieur le Premier ministre, la liberté de la presse et la liberté d’informer sont mises à mal en France. Vous aviez accepté d’entendre à ce sujet, ce jeudi, des représentants de la profession. La décision du préfet de police de Paris d’interdire le parcours de la «Marche des libertés» prévue samedi dans la capitale, attentant à une autre liberté fondamentale, celle de manifester, nous a conduits, à l’instar des syndicats de journalistes, à décliner cette invitation. Nous vous le disons ici solennellement : il y a urgence à sortir de cette spirale délétère pour la démocratie.

Nous demandons le retrait de l’article 24, ainsi que des articles 21 et 22, du projet de loi «pour une sécurité globale», et la réécriture du Schéma national du maintien de l’ordre dans un dialogue véritable avec les journalistes.

Signataires : les sociétés des journalistes, des rédacteurs et/ou des personnels de l’AFP, Arrêt sur images, Arte, BFM TV, Challenges, Courrier international, les Echos, Europe 1, l’Express, le Figaro, France Culture, Franceinfo, Franceinfo.fr, FranceinfoTV, France Inter, France 2, France 3 National, l’Humanité, le JDD, Konbini, LCP, Libération, Marianne, le Média, Mediapart, Midi libre, le Monde, M6, NRJ Group, l’Obs, Paris Match, le Parisien-Aujourd’hui en France, Premières Lignes, Public Sénat, RFI, RTL, Sud Ouest, la Tribune, TV5Monde, la Vie, 20 Minutes.
Avec le soutien des rédactions de Basta !, Politis et Slate.fr.

Mobilité des Français : une baisse de l’ordre de 30 % pour environ 60 à 70 % lors du premier confinement

Mobilité des Français : une baisse de l’ordre de 30 % pour environ 60 à 70 % lors du premier confinement

 

 

 

 

La baisse de mobilité est notoirement moins importante que lors du premier confinement. Elle atteint en moyenne de l’ordre de 30 % alors qu’elle concernait de 60 à 70 % lors du premier confinement. Il s’agit évidemment de moyenne avec de fortes disparités selon les zones géographiques. France Info fait état d’un rapport de l’Inserm, publié le 12 novembre, qui constate également que la baisse des déplacements est beaucoup moins forte entre le deuxième et le premier confinement : -33% du 2 au 6 novembre contre -67% du 23 au 27 mars. Or, les auteurs de ce rapport, qui s’appuient sur des données de téléphonie fournies par l’opérateur Orange, notent également que la baisse de la mobilité est encore plus faible aux heures de pointe du matin, autrement dit au moment de partir au travail ou d’emmener les enfants à l’école. « Les données sur lesquelles nous nous appuyons ne permettent pas de savoir pourquoi les gens se déplacent. Mais on peut estimer que les baisses plus modestes, constatées entre 7 heures et 9 heures du matin, sont probablement liées au maintien de l’ouverture des écoles et de plusieurs secteurs d’activité », précise à franceinfo l’épidémiologiste Eugenio Valdano, co-auteur du rapport de  l’Inserm.

 

Si les Français continuent de se déplacer sur leur lieu de travail, du lundi au vendredi, ils semblent au contraire rester chez eux le week-end. Les mesures du trafic routier, publiées par le Cerema, montrent que, pendant le deuxième week-end du confinement, la circulation est redescendue à un niveau quasi équivalent à ceux observés en mars et en avril. Alors que la circulation sur les routes, les samedis et dimanches, avait subi une baisse de plus de 80% au printemps, le week-end des 7 et 8 novembre a vu une baisse du trafic de plus de 70%, d’après les données du Cerema.

Grippe aviaire : premier cas en France

Grippe aviaire : premier cas en France

La filière avicole pourrait subir des dommages irréparables si la grippe aviaire détectée en Corse se développait dans tout le pays.

Le gouvernement n’a pas exclu que d’autres cas puissent être détectés en France, ce virus se propageant par le truchement des oiseaux migrateurs. «Notre objectif est de limiter cette propagation, elle est évitable dès lors que l’ensemble de ces mesures sont prises», a-t-il affirmé. Il a précisé que les services français se sont préparés ces derniers mois à la détection sur le sol national d’un cas de grippe aviaire.

La maladie est déjà apparue dans d’autres pays tels que la Russie, le Kazakhstan, les Pays-Bas, l’Irlande ou la Grande Bretagne. Ces derniers jours, des cas ont aussi été détectés au Danemark, où 25.000 volailles ont été abattues, ainsi qu’en Belgique. «La consommation de viande, foie gras et oeufs – et plus généralement de tout produit alimentaire – ne présente aucun risque pour l’Homme», assure le ministère. Le retour de ce virus sur le territoire national aurait essentiellement des conséquences économiques majeures pour la filière, qui pourrait voir se fermer les débouchés à l’exportation.

Les éleveurs de canards du Sud-Ouest ont été frappés à deux reprises, lors des hivers 2015/16 et 2016/17, par des épizooties de grippe aviaire, qui avaient occasionné des abattages massifs pour éradiquer la maladie et coûté des centaines de millions d’euros aux producteurs.

« ANNULER NOËL ET LE PREMIER DE L’AN » POUR ÉVITER UNE « 3ÈME VAGUE »

« ANNULER NOËL ET LE PREMIER DE L’AN » POUR ÉVITER UNE « 3ÈME VAGUE »

Interrogé sur BFMTV ce lundi soir,  Julien Lenglet, hématologue  estime qu’il faut « annuler Noël et la Saint-Sylvestre sans hésiter ». Cela pour éviter une troisième vague du Corona virus dans le pays

« Moi, si je devais avoir un avis purement scientifique et rationnel, je dirais d’annuler Noël et la Saint-Sylvestre sans hésiter », déclare l’hématologue francilien.

Il explique pour justifier son propos qu’avec les fêtes de fin d’année et leur lot de réunions familiales, on pourrait « potentiellement » faire face à « un cluster national géant intergénérationnel qui (pourrait être) à l’origine d’une potentielle troisième vague, sans ambiguïté ».

Il reconnaît toutefois que dans le cas d’une telle décision prise au niveau nationale, il n’est « pas sûr que la discipline collective soit au rendez-vous et que les Français acceptent de se passer de ces festivités. Pour le gouvernement le risque est aussi politique à savoir mécontenter encore un peu plus les réticents aux mesures restrictives de mobilité et de dimension sociale.

Guinée: Condé élu au premier tour

Guinée: Condé élu au premier tour

 

D’après des résultats provisoires, M. Condé l’emporte avec plus de 2,4 millions des voix sur environ 3,9 millions d’exprimés, distançant son principal challenger, Cellou Dalein Diallo (environ 1,2 million de suffrages).

Douze candidats en tout étaient en lice. Les dix autres se partagent les miettes électorales.

L’éventualité d’un troisième mandat consécutif de M. Condé, 82 ans, a provoqué pendant un an une contestation dans laquelle des dizaines de civils ont été tués, faisant craindre une éruption autour du vote, dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes.

Coronavirus: Macron supplée un Premier ministre défaillant

Coronavirus: Macron supplée un Premier ministre défaillant

 

 

Inutile de tourner autour du pot, le discours du Premier ministre est devenu complètement inaudible sur la forme comme sur le fond. Les sondages démontrent qu’il n’a plus qu’une faible crédibilité et qu’il ne percute plus l’opinion publique. En gros le costume paraît bien trop grand pour l’intéressé plus proche du profil d’un président de conseil départemental que de celui d’un responsable de l’État. Pourtant le Premier ministre il y a seulement deux jours s’est longuement exprimé sur la problématique de la crise sanitaire en insistant particulièrement sur la responsabilité des Français et en évoquant un éventuel durcissement des mesures de protection. C’est tout juste d’ailleurs si les grands médias se sont faits l’écho de son propos.

Du coup,  Macron qui avait délégué la gestion de la pandémie au gouvernement depuis le 14 juillet a décidé de revêtir la tenue de Super premier ministre pour s’exprimer à la télévision. Un revirement supplémentaire de la politique de communication de l’Élysée.

Au début de la crise sanitaire Emmanuel Macron s’était exprimé largement au point que cela lui avait été reproché. Depuis le 14 juillet il avait décidé de prendre du champ se consacrer à d’autres préoccupations nationales et internationales. Ce soir,  il sera obligé de faire le job de Premier ministre c’est-à-dire de développer un discours incitant certes à la prudence vis-à-vis de la pandémie mais sans pour autant affoler l’opinion.

Il doit en effet équilibrer ses propos sur le sujet sanitaire et ses déclarations dans le domaine économique. Sur ce dernier point,  la situation est encore plus catastrophique qu’au plan sanitaire. En effet, la reprise qui avait été prévue et  attendue en septembre n’a pas eu lieu. Un phénomène général en Europe  accentué en France où les projections de croissance fixent toujours une baisse du produit intérieur brut de l’ordre  de 10 % en 2020.En 2021 , on sera encore loin du niveau de fin 2019.

Pour ajouter au caractère anxiogène de l’environnement, le président de la république devra aussi parler inévitablement de la question montante de l’insécurité notamment soulignée par les attaques répétées contre les forces de l’ordre. L’exercice ne sera pas facile et le dosage devra être très équilibré entre gravité et optimisme.’ alt= »Emmanuel Macron (ici lors d’un déplacement à Vilnius, en Lituanie, le 29 septembre) essaiera de donner des perspectives et un peu d’espoir aux Français. » «Il essaiera de donner des perspectives et un peu d’espoir aux Français dans ce domaine, explique un ministre. Il n’est pas là pour rajouter de l’angoisse à l’angoisse.» Et pour cause.

«Son rôle, c’est surtout de dire aux Français ce que sera demain la transformation économique du pays. Il déclinera à nouveau le contenu du plan de relance, le maintien des citoyens dans l’emploi, l’intégration des jeunes sur le marché du travail. Il va montrer comment son action va impacter la vie des gens», assure un ministre.

«Au moment où le pays s’interroge, il est important que le président s’adresse aux Français, qu’il explique la stratégie, mais aussi qu’il montre les évolutions qui rendent optimiste», explique Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement lui aussi très peu audible, qui rappelle que des signaux positifs apparaissent dans certains départements.

Changement de Premier ministre après les régionales ?

 

Selon le baromètre Elabe pour « Les Echos » Castex enregistre une nouvelle dégringolade et Macron baisse à 32%.Une descente aux enfers de Castex qui pourrait bien justifier le changement de Premier ministre après les régionales

La cote de confiance du Premier ministre perd encore 4 points ce mois-ci, à 28 %. En deux mois, elle a reculé de 8 points. Ce n’est pas plus réjouissant pour le chef de l’Etat : sa cote de confiance baisse de 3 points, à 32 %, son niveau le plus bas depuis le début de la crise sanitaire en mars dernier. D’après l’institut de sondage

Il y a le retour d’une impopularité dont l’exécutif n’arrive pas à se défaire. Et la nomination de Jean Castex à Matignon n’a pas rattrapé les choses. »

Dans le classement des personnalités politiques, le maire du Havre caracole, lui, en tête et conforte son avance ce mois-ci, avec 55 % d’image positive (+1). Edouard Philippe, qui depuis la rentrée a multiplié les « cartes postales », domine largement chez les sympathisants LREM et Modem (92 %), arrive deuxième à droite (à 70 %) et se paie même le luxe d’arriver quatrième auprès des sympathisants de gauche, en frôlant la majorité d’image positive (49 %).

Pas facile, dans ce contexte, de se faire une voix. « Il y a des doutes sur la personnalité du Premier ministre pour gérer la crise. Finalement, l’opération Jean Castex ne fait pas remonter Emmanuel Macron », relève le président d’Elabe.

Sondage effectué les 6 et 7 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1.000 personnes selon la méthode des quotas.

Sondage Castex : la nouvelle dégringolade menace le Premier ministre

Sondage Castex : la  nouvelle dégringolade menace le Premier ministre 

Selon le baromètre Elabe pour « Les Echos » Castex enregistre une nouvelle dégringolade et Macron baisse à 32%.La confirmation sans doute que le costume est un peu grand pour lui et qu’un  changement pourrait intervenir après les élections régionales

La cote de confiance du Premier ministre perd encore 4 points ce mois-ci, à 28 %. En deux mois, elle a reculé de 8 points. Ce n’est pas plus réjouissant pour le chef de l’Etat : sa cote de confiance baisse de 3 points, à 32 %, son niveau le plus bas depuis le début de la crise sanitaire en mars dernier. D’après l’institut de sondage

Il y a le retour d’une impopularité dont l’exécutif n’arrive pas à se défaire. Et la nomination de Jean Castex à Matignon n’a pas rattrapé les choses. »

Dans le classement des personnalités politiques, le maire du Havre caracole, lui, en tête et conforte son avance ce mois-ci, avec 55 % d’image positive (+1). Edouard Philippe, qui depuis la rentrée a multiplié les « cartes postales », domine largement chez les sympathisants LREM et Modem (92 %), arrive deuxième à droite (à 70 %) et se paie même le luxe d’arriver quatrième auprès des sympathisants de gauche, en frôlant la majorité d’image positive (49 %).

Pas facile, dans ce contexte, de se faire une voix. « Il y a des doutes sur la personnalité du Premier ministre pour gérer la crise. Finalement, l’opération Jean Castex ne fait pas remonter Emmanuel Macron », relève le président d’Elabe.

Sondage effectué les 6 et 7 octobre 2020 auprès d’un échantillon de 1.000 personnes selon la méthode des quotas.

Crise Liban: un ambassadeur pressenti comme Premier ministre

Crise Liban: un ambassadeur pressenti comme Premier ministre

Des responsables de la communauté sunnite au Liban ont annoncé dimanche soir s’être entendus sur le nom d’un diplomate, Moustapha Adib, comme Premier ministre, . Ce choix d’une personnalité relativement inconnue bénéficiant d’une certaine neutralité est sans doute dicté par un relevé de la plupart des responsables politiques actuels.

Le mouvement de contestation populaire a averti qu’il rejetterait tout nom issu des consultations d’une classe politique dont il demande le départ. «Nous refusons l’issue des consultations parlementaires connue d’avance et qui déboucherait comme d’habitude sur un gouvernement soi-disant d’union nationale, un gouvernement qui est cuisiné à l’étranger», a affirmé à l’AFP Naji Abou Khalil, membre du Bloc national, un parti d’opposition qui soutient la contestation.

Le gouvernement de Hassan Diab avait démissionné le 10 août sous le poids de l’explosion du port de Beyrouth ayant fait au moins 188 morts, dont la population rend responsable la classe politique, taxée d’incompétence et de corruption. Le président Michel Aoun a convoqué lundi des consultations contraignantes avec les blocs parlementaires, au terme desquelles la personnalité sunnite qui recueillera le plus grand nombre de voix sera désignée Premier ministre.

Agé de 48 ans, Moustapha Adib, titulaire d’un doctorat en Sciences politiques, est un professeur d’université nommé en 2013 ambassadeur en Allemagne. C’est un proche de l’ancien premier ministre et milliardaire Najib Mikati, originaire de Tripoli.

Castex : un tour de France qui va user le Premier ministre

ron au premier degré concernant la communication gouvernementale. Il agit en effet comme un représentant de commerce qui  irait vendre sa politique chaque jour dans toute la France. Ainsi en un mois, il avait effectué déjà une vingtaine de déplacements.  Le risque, c’est effectivement qu’il finisse par lasser  l’opinion avec cette agitation médiatique un peu névrotique. Cela d’autant plus que le premier Ministre n’a pas encore marqué de son empreinte le contenu de son action et qu’il se  contente surtout de commenter les orientations décidées par l’Élysée.

Le message est clair, il faut montrer à tout prix que le gouvernement est près du terrain, des territoires, des événements quotidiens. Un exercice qui peut s’avérer dangereux quand en fait ces déplacements n’apportent aucune solution précise aux problématiques posées. C’est le cas notamment jusqu’à maintenant en matière de sécurité. À la rentrée, le contexte va encore se complexifier car on va assister à une vague de faillites et de licenciements. On sait ce que valent les promesses des responsables d’un gouvernement quand ils se rendent dans une entreprise en difficulté. Des promesses qui ne valent que l’instant médiatique mais qui six mois ou un an après sont oubliées.

D’une certaine façon, Castex remplace à lui tout seul l’événement du tour de France classique reporté à plus tard. Le problème c’est qu’apparaissent clairement ses limites. Il n’est pas l’homme de la théorisation, ni de la vision stratégique. Ils parle  de ce qu’il voit mais ne voit pas très loin. Son langage est simple, compréhensible mais souvent aussi proche du simplisme. Castex est un peu l’envers du miroir de Macron qui se perd lui dans les considérations ésotériques. Castex veut paraître concret et remplace peut-être le vide du contenu par un activisme de façade permanent. Le Premier ministre veut être  l’homme de terrain et des territoires. Deux concepts finalement assez vides de sens chez les politiques quand on sait que le terrain se limite souvent soit à une visite dans les préfectures, soit à une petite promenade rapide et très protégée ailleurs. Quant au mot territoire, c’est un subterfuge pour ne plus employer le mot province, pire rural. Bref, beaucoup d’agitations qui vont finir par fatiguer l’opinion publique avec l’émergence des vrais enjeux autour de la croissance et du chômage voire du pouvoir d’achat.

Sondage Macron-Castex : le Premier ministre nettement devant nettement devant

Sondage Macron-Castex : le Premier ministre nettement devant nettement devant

 

Emmanuel Macron a terminé le mois de juillet avec une cote de popularité de 38,7%, selon la moyenne depuis mai 2017 de sept baromètres différents. C’est à peu près le même niveau que le mois précédent (39,3%), malgré un changement de question dans l’une des enquêtes qui le pénalise cette fois-ci (lire ci-dessous). Le chef de l’Etat reste dans tous les cas en-dessous de son Premier ministre, même si celui-ci vient d’arriver à Matignon et était jusque-là inconnu du grand public.

Pour son premier mois en fonction, Jean Castex recueille en effet 49,4% de satisfaction moyenne, selon le bilan des cinq instituts sur sondage ayant réalisé leur sondage après sa nomination. Soit plus de dix points au-dessus d’Emmanuel Macron et quasiment la même cote qu’Edouard Philippe au mois de juin (49,3%). De ce point de vue, la nouvelle équation politique s’inscrit donc dans la continuité.

Renault : perte abyssale de plus de 7 milliards au premier trimestre

Renault : perte abyssale de plus de 7 milliards au premier trimestre

Renault triplement plombée par son partenaire Nissan, par la crise sanitaire et par ses choix stratégiques internes. Des difficultés intérieures qui avaient débuté bien avant la crise virale du Covid 19. Près de 5 milliards sont imputables à Nissan sur seulement six mois, le reste provient du contexte de général de l’industrie automobile et des erreurs de stratégie du groupe. Si l’État ne possédait pas encore 15 % du capital, il est vraisemblable que l’entreprise aurait pu disparaître.

À noter que cette perte concerne une période de six mois un chiffre d’affaires qui ne devraient pas dépasser 45 milliards pour l’année. Bref une entreprise qui serait en faillite sans les 5 milliards d’apports financiers de l’État.

La perte historique s’explique principalement par la contribution du constructeur automobile Nissan, dont Renault possède 43% du capital. Cette participation a pénalisé le groupe au losange à hauteur de 4,8 milliards d’euros.

À noter que PSA tend le même temps annonce un bénéfice de plus de 500 millions !

Le chiffre d’affaires a plongé de 34,3% sur les six premiers mois de l’année, à 18,4 milliards d’euros.

La marge opérationnelle est tombée nettement dans le rouge, à -1,2 milliard d’euros. Renault estime à 1,8 milliard l’impact négatif de la crise sanitaire. Cette marge était positive de 1,7 milliard d’euros au premier semestre 2019.

Premier ministre. « Macron nomme Macron » (presse )

Premier ministre. « Macron nomme Macron » (presse )

 

 

Pour la presse française ou internationale, la nomination de Jean Castex c’est un peu comme si Macron avait nommé Macron à Matignon. Une sorte de reprise en main de l’appareil gouvernemental mais sans changement de politique. L’objectif essentiel de Macron étant d’essayer de préparer sa candidature pour 2022. Quant au discours sur la préoccupation environnementale ou la réorientation à gauche, c’est une illusion complète pour nombre de journalistes. Victor Mallet dans le Financial Times écrit dès la toute première ligne de son ‘papier : « Emmanuel Macron a choisi le modeste bureaucrate Jean Castex pour être son Premier ministre dans une tentative de faire renaître sa présidence avant les élections de 2022 ». Mais si la France change de Premier ministre, change-t-elle pour autant de politique ?, s’interroge Ouest-France.

Une chose est cependant claire pour le grand quotidien régional : « Avec Jean Castex, le ‘nouveau chemin’ ne passera ni à gauche ni au vert ». Car c’est bien le changement dans la continuité qui a été privilégié pour l’ensemble des éditorialistes dont tous relèvent les similitudes entre Jean Castex et son prédécesseur Edouard Philippe, au point pour celui du Parisien de parler de « décalque ».

« Il vient de la droite, comme Edouard Philippe. Il est maire (de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, depuis 2008) tout comme Edouard Philippe, qui va pouvoir se consacrer au Havre. Il est tout aussi méconnu du grand public qu’Edouard Philippe au moment de sa nomination », résume ainsi Ouest-France.

« Avec Jean Castex, Emmanuel Macron se retrouve comme au temps de la campagne, seul contre tous, cumulant de façon explicite les deux fonctions exécutives. Seul pour réaliser l’impossible », analyse Cécile Cornudet. (Jacques Witt/SIPA)

Avec l’arrivée de Jean Castex , Emmanuel Macron reprend la main en nommant un chef d’état-major, un collaborateur, dans la continuité de son prédécesseur, avec la présidentielle de 2022 en ligne de mire, soulignent samedi les éditorialistes.

Pour Laurent Joffrin dans Libération, il y a carrément une erreur dans le communiqué de l’Elysée annonçant la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre. « Il faut lire en fait, le président a nommé Premier ministre… Emmanuel Macron », affirme l’éditorialiste de Libération, pour qui il ne fait aucun doute que le chef de l’Etat joue sans va-tout avant 2022. Il « incarnera, à lui seul ou presque, les décisions qui seront prises dans les deux ans qui viennent », souligne Laurent Joffrin, à l’instar d’autres éditorialistes.

Pour Le Figaro, Emmanuel Macron a aussi pris le risque « de s’exposer plus encore lui-même en encourant le procès de supprimer, dans l’esprit sinon dans les faits, la fonction de Premier ministre ». Loin donc d’être un général en chef de la majorité, Jean Castex sera surtout « un secrétaire-général du gouvernement », juge l’éditorialiste du Figaro Guillaume Tabard.

 

 

Premier ministre : « je ne suis pas un simple « collaborateur’ » (Jean Castex au JDD)

Premier ministre : « je ne suis pas un simple « collaborateur’ » (Jean Castex au JDD)

Dans une interview au JDD, le nouveau premier ministre s’est efforcé de montrer qu’il n’était pas un simple technocrate voire -même un simple collaborateur du président de la république. Davantage des explications sur sa posture que sur le fond à propos duquel il ne dit pas grand-chose . Il parle surtout de méthodes et de changements sans autre précision. (Interview JDD)

 

Emmanuel Macron a annoncé un « nouveau chemin  ». À quoi doit-il ressembler?
C’est d’abord notre capacité collective à nous adapter à une situation radicalement nouvelle. Il ne s’agit pas de revenir sur les engagements pris par le président de la République et la promesse d’une société du travail, d’un projet d’émancipation, d’une volonté de retrouver notre souveraineté. Mais le fait est que l’épidémie a changé la donne. La France se retrouve face à deux défis : la crise sanitaire, dont je souligne qu’elle n’est pas terminée et qu’elle nous oblige à rester très vigilants ; la reconstruction de notre économie et la protection des Français, en amortissant les impacts immédiats sur leur quotidien et en aidant à la survie des entreprises. Au-delà, nous devrons tirer des enseignements de cette crise et en faire une forme d’opportunité pour rendre notre pays plus fort qu’avant et engager une relance économique, écologique et sociale.

 

Vous voulez dire qu’il faut mener de front la réparation d’urgence et les réformes structurelles?
Depuis le début du quinquennat, d’importantes transformations ont été engagées pour rendre la France plus forte, plus unie, et lui permettre de mieux tenir son rang dans le monde. Avant l’épidémie, nos résultats sur la croissance et contre le chômage étaient très encourageants, parmi les meilleurs d’Europe. L’écologie reste au cœur de nos préoccupations. La préservation de l’ordre républicain et la sécurité du quotidien ne sont pas négociables. L’épidémie a mis en évidence le besoin impérieux de retrouver une souveraineté économique et d’aller vers une société moins inégalitaire. Il faut maintenant aller plus loin. Nous ne sommes donc pas dans une logique de rupture politique par rapport à ce qui a été fait, mais nous devons démontrer que nous savons faire face. Et ça suppose évidemment une évolution de la méthode.

 

Précisément, quelle sera votre méthode?
Elle passera par le dialogue, la mobilisation de tous, l’obsession de la mise en œuvre concrète de ce sur quoi nous nous engageons, la conviction que plus on agit près du terrain, plus on est efficace. Nos concitoyens n’apprécient guère les postures politiciennes, moi non plus – a fortiori dans les difficultés que nous traversons. Ils veulent surtout des résultats, moi aussi.

Est-ce une façon de dire que vous ne vous considérez pas comme un Premier ministre politique?
Certainement pas. Je crois avoir une aptitude à négocier, à fédérer, à agir par les territoires. En cela, je fais de la politique. Et c’est ainsi que j’agis depuis plus de dix ans au niveau local, à la tête d’une petite ville. En quoi serait-ce moins respectable que d’en faire à l’Assemblée nationale ou au Sénat? Ce sont deux visions et deux approches différentes, toutes deux nécessaires. Il faut réhabiliter l’engagement politique et le sens de l’intérêt général, la France en a besoin.

Essayons de préciser les contours de votre mission à Matignon : Vous voyez-vous comme un « collaborateur  » du Président? Comme le chef de la majorité? Les deux?
Dans nos institutions, le chef de l’État fixe le cap, le Premier ministre assure sa mise en œuvre, en accord avec la majorité parlementaire. Pour ce qui concerne la relation avec le Président, il ne vous échappe pas qu’un seul de nous deux est élu au suffrage universel direct, et que ce n’est pas le Premier ministre… Le mot de « collaborateur  » est un peu péjoratif, vous en conviendrez. Il n’entre pas dans les intentions du chef de l’État de faire de moi un subordonné voué aux tâches secondaires. Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de « collaborateur  ».

Dans votre première intervention, vendredi soir sur TF1, vous vous êtes défini comme un « gaulliste social  ». Est-ce que c’est l’orientation que vous voulez donner à votre gouvernement?
C’est ce que je suis, ça correspond aux valeurs que j’ai toujours défendues dans mon action quotidienne, tout au long de mon parcours au service de l’État et comme élu local. Ce n’est pas une nostalgie, c’est la vision d’une France où la justice et la responsabilité sont au cœur du pacte républicain, une vision au contraire très moderne.

Toujours pour mieux vous définir, vous définiriez-vous, à la façon d’Édouard Philippe, comme un homme de droite?
J’ai toujours pensé que le gaullisme dépasse les clivages traditionnels et je m’inscris donc pleinement dans la logique de dépassement politique engagé par le président de la République au service des Français. Les notions de droite et de gauche ont toujours une signification, mais dans la situation de notre pays il faut savoir aller au-delà. Je ne renie rien de mes engagements, mais ils ne m’ont jamais empêché de rassembler : je suis un maire élu et réélu dans une ville qui a toujours voté à gauche, et dans ma communauté de communes je travaillais avec une cinquantaine de maires de toutes sensibilités. Pourquoi? Parce que je m’intéresse à ce qui rassemble. Pas simplement pour créer du consensus, mais parce que c’est un gage d’efficacité. Dans la fonction qui est désormais la mienne, je considère qu’il est de mon devoir, avec le président de la République, de mobiliser et fédérer.

 

Vous venez de quitter Les Républicains. Envisagez-vous, contrairement à Édouard Philippe, d’adhérer à La République en marche?
Je suis peu attaché aux affaires des partis, mais il me semble naturel de m’inscrire sans ambiguïté dans le mouvement majoritaire qui soutient l’action du Président. Le plus important, c’est ma relation avec la majorité parlementaire. Celui qui accepte de devenir Premier ministre est, par vocation, le chef de la majorité : c’est son devoir de l’animer et de l’associer, dans l’écoute et la pédagogie.

 

Pour afficher votre volonté de fédérer, votre gouvernement comptera-t il des personnalités de droite et de gauche?
La composition de mon équipe correspondra aux priorités que nous nous fixons ; ce n’est pas d’abord un casting, c’est un choix politique et cela doit répondre à une exigence de compétence. Ce qui m’importe, c’est l’opérationnalité des ministres : être capable, d’où qu’on vienne, d’entrer en action tout de suite. Parce que la crise est là : sanitaire, économique, sociale, et qu’elle peut encore s’aggraver. Nous avons besoin de personnalités fortes pour agir vite et être à la hauteur. On ne peut pas perdre du temps à choisir des personnes, et je ne tarderai pas non plus à clarifier mes intentions, en prononçant mon discours de politique générale avant la mi-juillet. Et, je peux aussi vous l’annoncer, l’été sera studieux!

 

La formation du gouvernement peut-elle être terminée lundi?
Le plus vite sera le mieux. Nous mettons les bouchées doubles.

On parle d’un gouvernement resserré, concentré autour de quelques pôles principaux. Vous confirmez?
Ne nous perdons pas dans les questions de structure. Je le répète, le gouvernement doit être efficace. Pour m’être souvent intéressé aux questions d’organisation et de management, je ne suis pas sûr que des périmètres trop étendus soient forcément la garantie d’une plus grande efficacité.

Vous prônez un « nouveau pacte social  ». Qu’entendez-vous par là?
Des décisions essentielles sont sur la table. L’emploi, évidemment, qui dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé dans le cadre du Ségur que je conclurai la semaine prochaine. Le plan de relance doit être finalisé. À quoi s’ajoutent les réformes qui étaient dans les tuyaux sur les retraites et l’assurance chômage. Et celle de la dépendance qui devra venir ensuite et correspond à une nécessité. Tous ces sujets sont directement impactés par la crise, ce qui nécessite de les reprendre dans un cadre concerté et avec une cohérence d’ensemble.

 

Pour changer de ligne, ou au contraire pour la réaffirmer? Les syndicats s’inquiètent de vos intentions sur les retraites…
Dire qu’on va réexaminer un sujet, ce n’est pas se renier. C’est montrer notre capacité d’adaptation aux nouvelles circonstances, qui sont douloureuses. Par exemple, la crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme? C’est mon souhait. A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social. Je tends la main aux organisations syndicales et patronales pour que nous avancions ensemble. J’espère qu’ils la saisiront. Dans le dialogue social, il y a le respect des uns et des autres qui doit aboutir au compromis – qui n’est pas la compromission. Pour y parvenir, il faut que chacun fasse un pas vers l’autre.

 

Votre prédécesseur affirmait que sans retarder l’âge de départ à la retraite, le système n’était plus viable. Avec les conséquences de la crise que vous évoquez, cette mesure d’âge n’est-elle pas encore plus nécessaire?
Laissez-moi ouvrir la concertation. Le dialogue est indispensable – même si ensuite les gouvernements prennent les responsabilités que les circonstances exigent. Ce qui doit nous animer tous, c’est la volonté farouche de sauvegarder nos régimes de protection sociale, auxquels les Français sont légitimement attachés. Les partenaires sociaux le comprendront, j’en suis sûr.

Comptez-vous organiser une conférence sociale à la rentrée, comme le suggère le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger?
Vous donner ma réponse avant d’en avoir parlé avec les intéressés, ce serait déjà leur manquer de respect. Je ne fonctionne pas comme ça.

Emmanuel Macron a appelé à une « réconciliation  » avec les organisations syndicales. Est-ce votre feuille de route?
C’est mon tempérament. Mon passé en témoigne, je suis porté au dialogue. J’espère que tout le monde se mettra autour de la table. J’ajoute que cette « réconciliation  » doit aussi concerner les territoires et tout ce qu’on appelle les « corps intermédiaires  ». Faisons évoluer nos méthodes descendantes – celles de l’Administration comme celles des politiques – pour aller vers d’autres façons de décider et d’agir. Je ne parle pas de changer de priorités, mais d’avancer différemment. En France, nous adorons le débat d’idées, mais nous sommes moins forts pour les solutions pratiques. C’est pour ça qu’on finit par penser que les politiques ne servent à rien, qu’ils ne disent pas la vérité, qu’ils sont éloignés des réalités – et ce n’est pas toujours faux. En vous parlant aujourd’hui, je mesure que j’ai peu de chances d’être cru spontanément. Vous me jugerez sur pièces.

Faut-il décentraliser davantage?
L’État peut aussi exister sur les territoires. Durant la crise du Covid, j’ai beaucoup plaidé pour l’efficacité du couple « maire-préfet  ». C’est l’union du terrain et de l’État. Certes, l’État ne peut pas tout faire. Mais il peut faire mieux en faisant autrement.

Y aura-t il un tournant écologique avec votre gouvernement?
Agir pour l’environnement n’est pas une option, c’est une obligation. Des objectifs ambitieux, la France en a déjà. S’il y a un tournant, je le voudrais dans l’exécution et la réalisation. Les Français savent l’urgence du sujet, mais ils ont le sentiment que nous sommes à la traîne. Ne serait-ce pas encore une question de méthode? Aujourd’hui, tout le monde s’est approprié le sujet, et c’est même à qui prétend en faire le plus. Or, plus vous donnez à l’écologie un caractère idéologique, plus elle est clivante. Le précédent gouvernement avait initié une méthode qui me paraît bonne, mais qu’il faut accélérer à partir des territoires et des expériences qui marchent. Nous allons lister avec les acteurs locaux tout ce que l’on peut faire immédiatement : lutte contre les fuites dans les réseaux d’eau, contre l’artificialisation des terres, pour l’isolement thermique, les toitures photovoltaïques, le nettoyage des rivières, les pistes cyclables, la lutte contre le gaspillage, les circuits courts, le bien-être animal… Il faut croiser le fond, c’est à-dire l’ambition écologique du président de la République, une ambition forte et non décliniste, et la méthode qui permettra d’impliquer le plus possible les citoyens dans l’action publique.

Y a-t il un style Castex?
Je ne suis pas le mieux placé pour en juger. Disons que c’est un mélange de volontarisme et d’expérience, avec le souci de rassembler. Mais attention, je ne crois pas au consensus mou. Le temps est à l’action.

On vous dit passionné par la musique et le rugby. Qu’est-ce que ces passions disent de vous?
J’ai la chance de présider le festival de musique classique Pablo Casals à Prades, ma ville. Casals était un musicien qui s’est réfugié ici pour fuir le franquisme – il y a toujours un rapport entre la culture et la politique. Quant au rugby, ne pas l’aimer quand on est un homme du Gers serait une anomalie! C’est un sport de combat et de convivialité. Sur le terrain, on ne peut pas « s’échapper  ». Et si le collectif ne fonctionne pas, l’équipe perd.

Le livre préféré de votre prédécesseur était Cyrano de Bergerac. Et le vôtre?
Qu’Édouard Philippe aime Cyrano va droit au cœur du Gascon que je suis. J’adore cette œuvre moi aussi, même si je suis davantage porté sur les ouvrages historiques, les grandes biographies. En littérature, je suis un grand lecteur de Patrick Modiano. Et maintenant que je suis Premier ministre, je ne peux pas ne pas citer Albert Camus, dont la pensée se distinguait de l’ensemble de l’intelligentsia de son époque. Il écrivait : « La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme.  » C’est une invitation à la détermination et à l’humilité.

 

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