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IA et Méta: Trop de précipitation

IA et Méta: Trop de précipitation

par Franck Lebeugle, Directeur des activités de normalisation d’Afnor, Agence française de normalisation

Franck Lebeugle, spécialiste de la normalisation, observe dans une tribune au « Monde » que, faute d’accords sur les standards, les bonnes pratiques et les méthodes, les acteurs de technologies comme l’IA ou les métavers risquent de faire fausse route.

Les défricheurs du métavers calent au démarrage ; les majors de l’intelligence artificielle (IA), dépassés par leur propre création, exhortent à faire une pause. Ces deux faits d’actualité nous enseignent que, pour un entrepreneur, il est dommageable de faire rimer « innovation » et « précipitation ».

Alors à quoi employer ce temps précieux si l’on ne veut plus de faux départs ? A se réunir pour établir un cadre de confiance autour de normes volontaires. Sans attendre un cadre réglementaire stabilisé.

Si une révolution industrielle se déroulait sans accroc, cela se saurait. Mécanisation, pétrole, Internet, génétique, aujourd’hui IA… Nous avons vécu suffisamment de « révolutions » technologiques au cours des trois cents dernières années pour savoir que ce n’est pas une affaire tranquille.

A chaque fois, l’économie, le système bancaire, le marché de l’emploi, l’opinion publique entrent dans une zone de turbulences. Sans parler du climat… Nous ne sommes donc pas surpris de voir aujourd’hui les géants de la tech revenir sur leur modèle économique en matière de métavers. Ni de lire dans les journaux leur appel à faire une pause dans la recherche sur l’IA, tant l’invention présente le risque de dévorer son inventeur.

La course à l’IA et la course au métavers connaissent donc toutes deux un faux départ, au même moment. On comprend bien que, dans une compétition mondiale, ce serait un tort de procrastiner : dans la fable du lièvre et de la tortue, le lièvre nonchalant se fait doubler sur la ligne d’arrivée. Mais, à force de céder au tempo hypnotique du marketing des innovations, on oublie une étape importante : construire des fondations solides.

La normalisation est ce temps de concertation volontaire où les acteurs d’un secteur se réunissent pour décrire, dans un esprit de consensus, les bonnes pratiques, les méthodes et les standards qui faciliteront l’insertion de leurs innovations sur le marché, créeront de la confiance et rassureront le consommateur.

Force est de constater que, quand on prend le temps d’écrire les bonnes pratiques, tout est plus fluide. Que serait devenu le marché bancaire si chaque enseigne avait développé son format de carte de crédit dans son coin, sans se dire qu’il était judicieux de consulter les concurrents, les fabricants d’automates de retrait et de puces électroniques, afin de s’entendre sur des dimensions standards ?

Il est de bon ton de se plaindre du « poids des normes », en mettant dans le même panier les normes réglementaires – celles du droit « dur » – et les normes volontaires – celles du droit souple. Or les normes volontaires offrent une bouffée d’oxygène aux acteurs qui s’y intéressent.

Réforme SNCF : précipitation et incompétence

 

 

En quelques  semaines, le gouvernement veut régler le dossier SNCF alors que visiblement sa connaissance sur cette affaire est assez approximative. Il y a d’abord eu un rapport Spinetta assez bâclé et publié avec 3 mois d’avance qui était surtout destiné à chauffer l’l’opinion. Ensuite les déclarations du gouvernement établissant des liens de cause à  effet très douteux entre statut, concurrence, dette et nature juridique de l’entreprise. Le traitement de la réforme de la SNCF pourrait bien constituer la première erreur politique du gouvernement. Essentiellement en raison de la précipitation et d’une erreur de hiérarchisation des principaux problèmes. Il y a d’abord la question du statut dont le gouvernement se sert pour monter l’opinion. En fait, le statut ne s’appliquera qu’aux nouveaux entrants, il va donc éteindre d’ici 30 ou 40 ans et en douceur.  Il est donc inutile d’agiter le chiffon rouge pour défier les syndicats. En outre avec la concurrence, les  effectifs SNCF sont encore appelés à se dégonfler et du coup les bénéficiaires du statut vont fondre progressivement. Notons aussi que les conséquences financière de l’extinction  progressive du statut auront des effets financiers insignifiants chaque année. Dans 40 ans, oui mais pour le court et moyen terme, non. En réalité la position du gouvernemenet n’est pas très ambitieuse, ni très courageuse. Deuxième erreur, rectifiée celle-là pour neutraliser le sénat,  la mise en scène d’un plan de suppression de lignes proposition du rapport Spinetta. . Des lignes le plus souvent régionales qui elles aussi vont être mise en concurrence par les régions et dont on ne peut préjuger du sort car certaines peuvent devenir plus rentables, en tout cas moins déficitaires. L’argument du rapport Spinetta est idiot : «  il faut supprimer presque la moitié du réseau parce qu’il ne circule que 2% du Trafic ». Avec un tel raisonnement, il faudrait aussi supprimer la lus grande partie du réseau routier. Or cette question d’aménagement du territoire, comme celle du développement durable a été complètement négligée par le rapport Spinetta. Autre argutie, le changement de statut social de l’entreprise qui deviendra donc société nationale à la place d’un EPIC pour éviter la spirale de l’endettement. Les différents statuts qu’a connus la SNCF  cela n’ont nullement empêché l’endettement. (Idem par exemple pour  l’actuelle EDF).  Une entreprise aussi stratégique où l’état est majoritaire bénéficie officiellement ou officieusement de la garantie financière de l’Etat. C’est pourquoi elle n’a pas de problèmes pour emprunter même si sa gestion est déficitaire et/ou douteuse. En fait, le seul axe qui justifie une priorité, c’est la mise en concurrence décidée au plan européen. C’est cette mise en concurrence qui régulera les aspects économiques, financiers et sociaux. Rechercher l’affrontement social en mettant en avant des éléments de réforme provocateurs peut constituer une lourde bévue stratégique. Surtout si en plus on prive le parlement de son rôle. La reforme SNCF est indispensable mais sans précipitation, sans provocation. Sinon le risque est de réveiller un climat social qui pourrait passer de l’attentisme (il faudra attendre au moins 2019 pour mesurer les effets de la politique économique et sociale du gouvernement) à une franche opposition voire à un mouvement social d’ampleur. En clair, il est nécessaire de revoir les cibles, les priorités et les modalités de cette réforme. Jouer les gros bras pour se payer les syndicats pourrait être très contreproductif.

 




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