Archive pour le Tag 'Poutine'

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Les victimes de Trump et de Poutine

Les victimes de Trump et de Poutine

Donald Trump tend la main à Vladimir Poutine par-dessus les têtes des Européens et des Ukrainiens. Face à cette nouvelle donne, les Européens n’ont d’autre choix que d’assumer désormais eux-mêmes leur sécurité et de cesser de compter sur le soutien de Washington.

par Jacques Rupnik
Directeur de recherche émérite, Centre de recherches internationales (CERI), Sciences Po dans The Conversation

Ce n’est pas « la fin de l’histoire », comme l’annonçaient certains après 1989, mais certainement la fin d’une ère marquée par l’alliance transatlantique des démocraties occidentales mise en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’alliance avait été créée à l’instigation des États-Unis ; c’est le président américain qui est en train de la défaire.

Dans la guerre en Ukraine, Trump prend le parti de la Russie. Se termine ainsi un chapitre vieux de 75 ans de notre histoire, laissant derrière lui non seulement des dommages collatéraux mais aussi une série de « victimes ». En voici les plus importantes.

Première victime : l’Ukraine
Après la fameuse scène de l’altercation à la Maison Blanche entre, d’une part, Donald Trump et J. D. Vance et, de l’autre, Volodymyr Zelensky, le 28 février dernier, il est apparu clairement que l’objectif de Washington était de parvenir rapidement à un accord de « paix » négocié par Trump et Poutine, et imposé aux Ukrainiens. Les ministres des Affaires étrangères des États-Unis et de la Russie s’étaient d’ailleurs déjà rencontrés à Riyad le 18 février.

Le 4 mars, dans son discours au Congrès, Trump a présenté comme un petit trophée la lettre que venait de lui envoyer son homologue ukrainien, où il avait écrit : « Je veux une paix durable et je suis prêt à négocier maintenant. »

« Négocier » ? Alors que l’Ukraine, mise hors jeu après le voyage de Zelensky à Washington, s’est vite réintroduite dans les préparatifs de négociations en s’adaptant à certaines exigences américaines ? Deux analogies historiques peuvent être invoquées : les accords de Munich de septembre 1938 – quand la France, le Royaume-Uni et l’Italie ont sacrifié la Tchécoslovaquie à Hitler – et le pacte Hitler-Staline d’août 1939 qui a permis à l’Allemagne nazie de se tailler des sphères d’influence en Europe de l’Est. Mais ces comparaisons historiques ne valent que si la Russie de Poutine aussi s’adapte au « moment Trump » et à sa volonté de régler le conflit par-dessus la tête des Européens.

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À lire aussi : De Munich 1938 à Trump 2025, des Sudètes au Donbass, quelles leçons de l’histoire ?

En acceptant « un accord de paix », l’Ukraine donnerait également aux États-Unis l’accès à des terres rares (une partie d’entre elles se trouvent dans le Donbass contrôlé par la Russie). En bref, on ne laisse pas d’autre choix à l’Ukraine, désormais privée de l’appui militaire américain (y compris du renseignement et de la capacité d’attaquer le territoire russe) : voulez-vous continuer à vous battre seuls, prenant le risque d’être progressivement épuisés et occupés par la Russie ? Ou êtes-vous prêts à céder une partie de votre territoire à la compagnie minière « Donald Trump & Co » ? À condition de se dépêcher, car le président américain a promis que l’accord serait conclu dans les cent jours.

Deuxième victime : l’Europe
La deuxième victime est l’Europe. Ou, plus précisément, la situation politique et de sécurité héritée à la fin de la guerre froide et confirmée pendant le moment unipolaire américain (Charles Krauthammer) qui a suivi 1989.

Ce moment n’était que passager. Jusqu’à présent, l’écrasante majorité des États membres de l’UE considéraient comme acquis que le bouclier de sécurité américain les protégerait à jamais. Dès lors, ils pensaient avoir l’obligation de s’aligner sur l’agenda des États-Unis en matière de politique étrangère et de sécurité, et à soutenir leurs aventures internationales, y compris la guerre de 2003 en Irak (la France et l’Allemagne étant alors minoritaire dans leur rejet de l’intervention). Les Européens de l’Est étaient particulièrement catégoriques : à leurs yeux, il fallait suivre les Américains dans le désert de Mésopotamie car il s’agissait du meilleur investissement pour leur propre sécurité, surtout au moment où ils étaient sur le point d’adhérer à l’OTAN.

Les États-Unis étaient et restaient « la nation indispensable », selon l’expression empruntée à Madeleine Albright. Pour beaucoup, notamment en Allemagne, le premier mandat de Donald Trump était perçu comme une simple parenthèse. Aujourd’hui, c’est en réalité le mandat de Joe Biden qui s’apparente à une parenthèse, entre Trump I et Trump II.

L’appel d’Emmanuel Macron en faveur d’une « autonomie stratégique » ou d’une souveraineté européenne a été perçu avec suspicion comme un nouveau stratagème néo-gaulliste visant à éloigner les Européens de leurs alliés américains. Une perception erronée, car ce que proposait Macron était l’« eurogaullisme », c’est-à-dire une « autonomie stratégique » non pas française, mais européenne.

La triste vérité derrière le tournant de Trump vers la Russie
Les Européens, en état de choc, doivent maintenant faire face à certaines vérités crues concernant le rapprochement de Trump avec la Russie. L’Alliance, elle aussi victime du rapprochement Trump-Poutine, perd son bien le plus précieux : la confiance. La garantie que représente l’article 5 de l’OTAN – le principe de défense collective selon lequel une attaque contre un allié est considérée comme une attaque contre tous les alliés – est toujours formellement là, mais la foi dans la garantie américaine a disparu.

Nous venons d’assister à un « découplage » entre les alliés européens et les États-Unis. Il s’agissait d’un objectif à long terme de la politique étrangère soviétique pendant la guerre froide ; il se réalise maintenant sous Poutine.

Dans les années 1980, lors du déploiement des missiles soviétiques à moyenne portée SS20 (qui pouvaient atteindre l’Europe occidentale, mais pas les États-Unis), les Européens de l’Ouest ont soutenu le déploiement, en réponse, des missiles américains Pershing sur leur territoire. François Mitterrand s’était rendu au Bundestag pour défendre sa position face à la forte réaction pacifiste de l’Allemagne : « Le pacifisme est à l’Ouest et les euromissiles sont à l’Est », avait souligné le président français.

Un moment décisif pour les Européens
Il s’agit maintenant d’un moment décisif pour les Européens et il reste à voir s’ils se montreront à la hauteur de la situation.

La conférence de Munich a donné lieu à une version peu encourageante. J. D. Vance a d’abord surpris son auditoire en déclarant qu’il était plus inquiet de la menace intérieure pesant sur l’Europe (le libéralisme et ses valeurs progressistes) que de la menace extérieure, à savoir Poutine. Il a reproché aux Européens de ne pas respecter les valeurs démocratiques et la volonté des peuples, laissant l’assistance perplexe et stupéfaite : le désaccord entre Washington et l’UE ne portait pas seulement sur la guerre en Ukraine, mais sur la démocratie en tant que telle.

Les tensions entre, d’une part, la souveraineté populaire telle qu’elle s’exprime dans les élections et, d’autre part, l’État de droit avec la séparation des pouvoirs et ses contraintes constitutionnelles sont au cœur d’un débat vieux de plus de deux siècles des deux côtés de l’Atlantique (voir les mises en garde de Tocqueville contre la « tyrannie de la majorité »).

Vance a défendu la version trumpienne de la « démocratie populiste » en s’attaquant à la version européenne dominante de la démocratie libérale fondée sur l’État de droit. Alors que Vance se précipitait vers sa rencontre avec la cheffe du parti d’extrême droite AfD, le président de la Conférence de Munich, Christoph Heussgen, un diplomate allemand chevronné, au lieu de répondre sur le fond, a fondu en larmes. Un symbole pathétique de la difficulté d’une certaine élite européenne à se confronter au schisme.

À l’issue de cette séquence, les Européens ont réalisé qu’ils se retrouvaient désormais seuls. Et qu’ils devaient agir.

La réunion organisée à Londres le 2 mars 2025 suggère qu’une coalition de volontaires est en train de se former pour soutenir l’Ukraine, qu’elle est déterminée à donner corps à une « politique de sécurité et de défense commune » européenne dont on parle depuis longtemps et qu’il s’agit maintenant de mettre en œuvre.

Et qui fera partie de cette coalition ?
La France et le Royaume-Uni, en raison de leur capacité militaire, de leur statut de puissance nucléaire et de leur culture stratégique, seront au cœur de cette coalition. Le triangle de Weimar Paris-Berlin-Varsovie sera probablement son axe principal au sein de l’UE.

Emmanuel Macron, après ses hésitations initiales, a adopté une position de plus en plus dure à l’égard de la Russie et peut se targuer d’être un précurseur en termes d’« autonomie stratégique » de l’Europe. Le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, a pour la première fois ouvertement suggéré que les dépenses de défense ne devraient pas être restreintes par des limites désormais caduques et que la sécurité allemande et européenne devra être envisagée indépendamment des États-Unis.

Le premier ministre polonais Donald Tusk, actuellement en charge de la présidence tournante de l’UE, met en garde depuis longtemps contre les ambitions expansionnistes de la Russie. Parmi les pays européens, la Pologne est celui dont l’effort en vue de la construction d’une capacité de défense européenne est le plus notable : elle consacre 4,5 % de son PIB à la défense et possède une armée de près de 250 000 hommes.

La coalition comprendra également d’autres pays, dont la République tchèque, qui a eu l’initiative d’une coordination des pays de l’UE pour les livraisons de munitions à l’Ukraine. Les pays d’Europe du Nord feront partie de la coalition : le Danemark, mobilisé pour la défense du… Groenland (!), la Finlande et la Suède qui connaissent bien la menace russe, et qui ont rejoint l’OTAN pour découvrir que son fondateur est en train de la quitter…

Comme l’a très bien dit Tusk, « 500 millions d’Européens attendent que 340 millions d’Américains les protègent contre les 140 millions de Russes ». Il est temps que les Européens prennent leur destin en main…

Cessez le feu: Zelinsky dénonce à juste titre l’intox de Poutine

Cessez le feu: Zelinsky dénonce à juste titre l’intox de Poutine


Le président ukrainien connaît bien la rhétorique russe quise caractérise par des mensonges permanents. Le président ukrainien a donc immédiatement réagi après l’intervention de Poutine qui a fait semblant de dire oui à plan de paix avec des conditions qui dans les faits passent par la suppression de l’Ukraine.( Pas de frontières , pas de défense, pas d’adhésion à l’union européenne, pas d’adhésion à l’OTAN, pas de force d’interposition notamment, et cerise sur le gâteau l’élimination de Zelinsky).

Si les choses devaient rester en l’état, c’est-à-dire sans pression significative des alliés, il est vraisemblable que la situation s’orienterait vers une guerre hybride larvée pouvant même s’étaler sur plusieurs années.

Il faut aussi bien comprendre l’intérêt du dictateur mafieux Poutine n’existe et n’existera que dans une situation de guerre qui maintient les militaires comme les civils sous la terreur. Une situation de paix serait susceptible de faire renaître une opposition, un semblant de démocratie aujourd’hui impossible avec la terreur partout. C’est aussi le moyen pour Poutine et ses affidés de piller les richesses du pays ( pétrole et gaz notamment) quand en moyenne le salaire dépasse à peine 500 € pour le russe moyen. Comment comprendre sinon que les oligarques russes devenus riches en quelques années puissent s’offrir les biens immobiliers les plus luxueux, les bateaux de croisière les plus riches ou encore les clubs de football les plus coûteux ?

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a donc dénoncé jeudi les «propos manipulateurs» de son homologue russe Vladimir Poutine sur la proposition américaine de cessez-le-feu, l’accusant de vouloir «faire traîner les choses» afin de poursuivre la guerre.

«Nous avons tous entendu les paroles très prévisibles et très manipulatrices de Poutine en réponse à l’idée» de cette trêve, a jutesment déclaré Zelensky dans son adresse quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux, appelant à accroître la pression sur Moscou. Vladimir Poutine s’est dit jeudi favorable à un cessez-le-feu à condition que des «questions importantes» soient réglées.

Cessez-le-feu en Ukraine : Poutine, un oui qui veut dire niet !

Cessez-le-feu en Ukraine : Poutine, un oui qui veut dire niet !

Hier soir et ce matin les commentateurs et autres experts song vainement en recherche d’optimisme après la déclaration de Vladimir Poutine quant à la possibilité d’un cessez-le-feu en Ukraine. Certes Poutine s’est montré très poli en apparence vis-à-vis de Trump mais sur le fond il n’a strictement rien lâché, il n’a même pas éclairé ses perspectives. La vérité c’est qu’il n’a pas changé son objectif balayer l’Ukraine de la carte en même temps que le président ukrainien. Au-delà continuer son avancée impérialiste sur les pays les plus proches…. pour commencer.

Il n’est pas très difficile de décrypter la rhétorique tordue et floue de l’ancien responsable du KGB. Il dit tout simplement toujours le contraire de ce qu’il pense. Donc il est favorable à la paix mais fixe de telles conditions pour qu’elle soit rendue complètement impossible.

Trump et les alliés doivent bien se persuader qu’une seule chose pourra faire reculer Poutine à savoir le rapport de force. Ce dictateur mafieux russe ne connaît que la violence. Les alliés doivent utiliser notamment leur argument massif dans le domaine économique afin d’étrangler l’économie russe qui s’est considérablement affaiblie. Parallèlement évidemment il convient de renforcer la défense européenne face à un dictateur qui n’hésite pas à sacrifier des centaines de milliers de soldats et fait régner la terreur partout où il peut ( Afrique comprise)..

Ceux qui affirment le contraire sont des complices objectifs de Poutine. Comme en 1938, on retrouve les mêmes qui ont capitulé face à l’envahisseur à savoir l’extrême-gauche comme « les insoumis » et l’extrême droite. Il faut y ajouter des personnages très ambigus qui ont toujours été proches de Poutine type Fillon qui entretiennent des liens douteux avec la Russie.

Première sanction financière de Washington contre Poutine

Première sanction financière de Washington contre Poutine

Cette décision n’a pas fait là Une desgrands médias car sans doute trop complexe mais c’est un élément majeur qui prive Poutine de moyens financiers importants.

En effet le gouvernement américain n’a pas renouvelé une autorisation permettant aux banques russes de continuer à utiliser les systèmes de paiement américains pour des opérations liées à des contrats déjà en cours dans l’industrie pétrolière russe, a confirmé jeudi le ministère de l’Economie à l’AFP.

Cette licence permettait aux banques russes, même visées par des sanctions, de continuer à passer par le système de paiement américain pour certaines catégories de transactions liées à l’énergie. Elle avait été accordée par le gouvernement de l’ancien président Joe Biden dans les derniers jours de sa présidence.

La banque centrale russe et l’ancienne filiale de la Société générale dans le pays, RosBank, sont parmi les établissements qui disposaient d’une exemption en la matière sous ce régime.

Hier

Le danger russe contesté par les complices de Poutine

Le danger russe contesté par les complices de Poutine

Russie et guerre- Comme en 39–45 l’extrême gauche et l’extrême droite plutôt du côté des envahisseurs

Inutile de tourner autour du pot la situation en Ukraine révèle les pires ambiguïtés des extrêmes tant à gauche qu’à droite; les deux d’ailleurs se montrant plus proches de Poutine que de l’Ukraine. Les deux qui  s’opposent à des interventions militaires européennes. Qui s’oppose tout autant au renforcement de la défense avec le masque du pacifisme pour cacher leur proximité avec Poutine. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de 39 45 quand l’extrême-gauche alors représentée par les communistes s’est alignée sur les soviétiques à travers le pacte germano soviétique. Et que l’extrême droit a pactisé avec les nazis. 

 

Cette extrême-gauche de l’époque est aujourd’hui représentée par les » insoumis ». À l’extrême droite, le compromis avec les envahisseurs se reproduit également. Notons aussi la mollesse des positions de la presse de droite et surtout l’ambiguïté. Pour l’extrême droite, c’est clair aucun soutien militaire dans le court terme, aucun concept de défense européenne y compris à moyen long terme. La position stratégique de Marine Le Pen, candidate actuellement nettement en tête pour les élections de 2027 pose un sérieux problème de crédibilité politique pour l’avenir du pays. Pour ceux qui à l’extrême droite ou aux franges minimisent ou ridiculisent le risque d’une guerre avec la Russie, c’est une manière de dissimuler leur alliance objective avec Poutine.

Les mêmes qui considéraient  comme ridicule une possible invasion de la France quand Allemagne a envahi la Pologne: les mêmes « pacifistes »,  les mêmes défaitistes. Et la même indécence de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité de l’envahisseur russe et les victimes de l’Ukraine. Ou quand l’histoire recommence plus de 80 ans après  avec les mêmes lâchetés, les mêmes trahisons

Poutine pris au piège de la guerre

Poutine pris au piège de la guerre

D’une certaine manière, Poutine est pris au piège de la guerre qui constitue la colonne vertébrale pour maintenir son régime de dictature.

Depuis que le camp occidental- mais bien au-delà- soutient la proposition commune des Américains et des ukrainiens, Poutine va devoir se positionner. Son problème est d’habiller ce qui constitue en réalité sa défaite par rapport à son projet de guerre. L’objectif était en effet d’envahir au départ en quelques jours l’ensemble de l’Ukraine. Non seulement il n’a réussi (ce qui est déjà intolérable) à prendre qu’ environ 20 % du territoire ukrainien mais il a surtout montré ses limites militaires. Il pourra difficilement crier victoire mais comme au KGB en Russie on a l’habitude de proclamer le contraire de la réalité. Le pire pour lui c’est qu’il a réussi à réveiller l’instinct de défense de l’Europe et même davantage. Pour beaucoup de pays dans le monde, il devient l’agresseur potentiel avec notamment sa guerre hybride qui consiste à déstabiliser les pays démocratiques

Le président américain a également pressé son homologue russe d’accepter la proposition de cessez-le-feu négociée la veille à Djedda. « Nous attendons tous avec impatience la réponse de la Russie et nous lui demandons instamment d’envisager de mettre fin à toutes les hostilités », a déclaré pour sa part un peu plus tôt dans la journée Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, lors d’une escale en Irlande sur le chemin du retour à Washington.

Politique-La rhétorique de Poutine et de Trump: Du grand-guignol tragique

Politique-La rhétorique de Poutine et de Trump: Du grand-guignol

 

 
La rhétorique de Poutine : le mensonge permanent

 

Les experts s’efforcent parfois de traduire de façon complexe la vraie pensée de Poutine. Dans la plupart des cas la lecture est pourtant simple la rhétorique de Poutine est celle du KGB qui consiste à pratiquer le mensonge permanent. Quand il dit une chose c’est en principe le contraire auxuel il pense et qu’il va faire. Rappelons-nous pour seul exemple la discussion avec Macron quelques jours avant l’envahissement de l’Ukraine. Poutine avait affirmé qu’il n »agresserait jamais ce pays. Il affirme aujourd’hui être pour la paix, lui l’envahisseur. Traduction il veut une période pour geler le conflit et reconstituer des forces qui  envahiront demain la Géorgie, les Etats baltes, d’autres sans parler d’États lointains notamment en Afrique où il  substitue des dictateurs à la démocratie.

 

 

La rhétorique de Trump

La rhétorique de Trump: si Poutine sait exactement ce qu’il souhaite avec l’objectif central de reconstituer un empire russe, Trump, lui, faitplutôt dans le flou rocambolesque avec la particularité de dire dans un même moment, le même jour et même dans la même phrase une  chose et son contraire. Exemple ce qu’il dit à propos des droits de douane qui change chaque jour car cette taxation risque aussi de mettre en péril l’économie américaine. Ce qu’il dit encore par rapport à la paix en Ukraine. D’un côté il sermonne la Russie en les menaçant de sanctions pour avoir visé des cibles civiles et en même temps il estime que la Russie est la partie la plus crédible pour rétablir la paix en Ukraine. Avec Trump c’est le bla-bla permanent, la main sur le stylo pour signer des décrets juridiquement inapplicables pour signifier au monde entier qu’il est l’envoyé de Dieu ! De quoi sourire si l’affaire n’était pas aussi dramatique car ce type en outre manipulé par des idéologues est un idiot notoire. Pour preuve, l’extraordinaire pauvreté de son  langage.

 

Le problème est que ce discours permanent des leaders, contradictoire et provocateur pourrait déboucher un jour sur une troisième guerre mondiale.

Élections : le candidat pro-Poutine rejeté en Roumanie

Élections : le candidat pro-Poutine rejeté en Roumanie

Annulée sur fond de suspicion d’ingérence russe, l’élection présidentielle de novembre 2024 devrait être rejouée en mai 2025.

Après la spectaculaire annulation de la présidentielle l’an dernier en Roumanie, le candidat d’extrême droite Calin Georgescu a vu sa candidature rejetée dimanche par la Commission électorale, une décision qui a provoqué de violentes protestations de ses partisans.

Donné en tête dans les sondages, Calin Georgescu était arrivé en tête au scrutin de novembre. Lequel avait été ensuite annulé par la cour constitutionnelle à cause de soupçons d’ingérence russe. Plusieurs perquisitions ont été menées en février chez ses proches, dont le mercenaire franco-roumain Horațiu Potra, responsable de sa sécurité, décrit comme un proche de l’organisation paramilitaire Wagner.

«C’est de la folie!», a réagi dimanche Elon Musk, proche conseiller du président Donald Trump, à l’annonce de la décision de la Commission électorale, après déjà plusieurs commentaires similaires ces dernières semaines.

Le vice-président américain JD Vance a lui aussi fustigé des autorités roumaines «annulant des élections dont elles n’aiment pas les résultats». «Elles ont si peur de leur peuple qu’elles le font taire», a-t-il asséné.

Encouragés par de telles déclarations, les sympathisants de Georgescu ont déployé dans la capitale une banderole adressée au président Trump : «Aidez-nous à récupérer notre pays!»

Le Pen est une alliée de Poutine ( Faure)

Le Pen est une alliée de Poutine ( Faure)

Le patron du Parti socialiste (PS) considère que la cheffe des députés RN minimise la menace poutinienne. Qu’Emmanuel Macron a volontairement remise au centre du débat politique cette semaine lors de son allocution télévisée.

Invité dimanche midi de BFMTV, Olivier Faure a d’emblée balayé le constat de l’élue du Pas-de-Calais, qui fait du «fondamentalisme islamiste» la «première des menaces» pour la France. Piégée dans «un “en même temps” trumpiste et poutiniste», Marine Le Pen viserait «à rétablir un adversaire qu’elle cherche à présenter comme le principal adversaire» – l’islamisme -, pourfend Olivier Faure. Si le socialiste ne réfute pas que cette menace religieuse existe, il ne veut pas «surévaluer» ce danger et «sous-évaluer» un autre.

Pour lui, le patriotisme de l’ancienne candidate à la présidentielle n’est que «de papier». «Elle a toujours été une alliée de Vladimir Poutine comme de Donald Trump»

«Comment voulez-vous défendre notre propre pays, ses valeurs, son modèle, en adhérent aux modèles des autres ?», a fait mine de se demander Olivier Faure, avant d’accuser sa collègue nationaliste d’être une «adversaire de l’intérieur». «Elle est sur les canons de beauté qui sont ceux du trumpisme, elle est une extension du trumpisme», a cinglé le patron des socialistes qui ajoute : «Quelle est la différence entre les leviers que Donald Trump utilise pour convaincre l’opinion américaine et les leviers que Marine Le Pen utilise pour convaincre l’opinion française ? Elle est en tout point similaire.»

La rhétorique de Poutine et de Trump: Du grand-guignol…tragique

La rhétorique de Poutine et de Trump: Du grand-guignol

 

 
La rhétorique de Poutine : le mensonge permanent

 

Les experts s’efforcent parfois de traduire de façon complexe la vraie pensée de Poutine. Dans la plupart des cas la lecture est pourtant simple la rhétorique de Poutine est celle du KGB qui consiste à pratiquer le mensonge permanent. Quand il dit une chose c’est en principe le contraire auxuel il pense et qu’il va faire. Rappelons-nous pour seul exemple la discussion avec Macron quelques jours avant l’envahissement de l’Ukraine. Poutine avait affirmé qu’il n »agresserait jamais ce pays. Il affirme aujourd’hui être pour la paix, lui l’envahisseur. Traduction il veut une période pour geler le conflit et reconstituer des forces qui  envahiront demain la Géorgie, les Etats baltes, d’autres sans parler d’États lointains notamment en Afrique où il  substitue des dictateurs à la démocratie.

 

 

La rhétorique de Trump

La rhétorique de Trump: si Poutine sait exactement ce qu’il souhaite avec l’objectif central de reconstituer un empire russe, Trump, lui, faitplutôt dans le flou rocambolesque avec la particularité de dire dans un même moment, le même jour et même dans la même phrase une  chose et son contraire. Exemple ce qu’il dit à propos des droits de douane qui change chaque jour car cette taxation risque aussi de mettre en péril l’économie américaine. Ce qu’il dit encore par rapport à la paix en Ukraine. D’un côté il sermonne la Russie en les menaçant de sanctions pour avoir visé des cibles civiles et en même temps il estime que la Russie est la partie la plus crédible pour rétablir la paix en Ukraine. Avec Trump c’est le bla-bla permanent, la main sur le stylo pour signer des décrets juridiquement inapplicables pour signifier au monde entier qu’il est l’envoyé de Dieu ! De quoi sourire si l’affaire n’était pas aussi dramatique car ce type en outre manipulé par des idéologues est un idiot notoire. Pour preuve, l’extraordinaire pauvreté de son  langage.

 

Le problème est que ce discours permanent des leaders, contradictoire et provocateur pourrait déboucher un jour sur une troisième guerre mondiale.

La rhétorique de Poutine et de Trump: Du grand-guignol mais parfois tragique

La rhétorique de Poutine et de Trump: Du grand-guignol

 

 
La rhétorique de Poutine : le mensonge permanent

 

Les experts s’efforcent parfois de traduire de façon complexe la vraie pensée de Poutine. Dans la plupart des cas la lecture est pourtant simple la rhétorique de Poutine est celle du KGB qui consiste à pratiquer le mensonge permanent. Quand il dit une chose c’est en principe le contraire auxuel il pense et qu’il va faire. Rappelons-nous pour seul exemple la discussion avec Macron quelques jours avant l’envahissement de l’Ukraine. Poutine avait affirmé qu’il n »agresserait jamais ce pays. Il affirme aujourd’hui être pour la paix, lui l’envahisseur. Traduction il veut une période pour geler le conflit et reconstituer des forces qui  envahiront demain la Géorgie, les Etats baltes, d’autres sans parler d’États lointains notamment en Afrique où il  substitue des dictateurs à la démocratie.

 

 

La rhétorique de Trump

La rhétorique de Trump: si Poutine sait exactement ce qu’il souhaite avec l’objectif central de reconstituer un empire russe, Trump, lui, faitplutôt dans le flou rocambolesque avec la particularité de dire dans un même moment, le même jour et même dans la même phrase une  chose et son contraire. Exemple ce qu’il dit à propos des droits de douane qui change chaque jour car cette taxation risque aussi de mettre en péril l’économie américaine. Ce qu’il dit encore par rapport à la paix en Ukraine. D’un côté il sermonne la Russie en les menaçant de sanctions pour avoir visé des cibles civiles et en même temps il estime que la Russie est la partie la plus crédible pour rétablir la paix en Ukraine. Avec Trump c’est le bla-bla permanent, la main sur le stylo pour signer des décrets juridiquement inapplicables pour signifier au monde entier qu’il est l’envoyé de Dieu ! De quoi sourire si l’affaire n’était pas aussi dramatique car ce type en outre manipulé par des idéologues est un idiot notoire. Pour preuve, l’extraordinaire pauvreté de son  langage.

 

Le problème est que ce discours permanent des leaders, contradictoire et provocateur pourrait déboucher un jour sur une troisième guerre mondiale.

Après l’Ukraine, l’Europe face à Poutine

Après l’Ukraine, l’Europe face à Poutine

 

 

Si les États-Unis peuvent peut-être se permettre d’abandonner l’Ukraine à Vladimir Poutine, il n’en va pas de même pour l’Union européenne : ce n’est pas qu’une question de morale mais tout autant une question de survie face à un régime russe qui, non content d’envahir et de dévaster un pays voisin, multiplie les actions hostiles à l’égard des États de l’UE. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie est entrée dans sa quatrième année. Cette guerre est pour l’Union européenne une question très importante, pour une raison très simple : l’UE partage près de 2 300 km de frontières avec la Russie (par la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, ces deux dernières étant frontalières uniquement de l’exclave russe de Kaliningrad) et près de 1 300 avec l’Ukraine (par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie). Au moment où la nouvelle administration à Washington semble prête à faire des concessions colossales à Moscou pour obtenir au plus vite un cessez-le-feu, quitte à contraindre Kiev à renoncer à une partie considérable de son territoire et à infliger à Volodymyr Zelensky une agression verbale devant les caméras lors de sa récente visite à la Maison Blanche, l’UE se retrouve plus que jamais en première ligne face à l’agressivité du régime de Moscou dans son voisinage immédiat.

 

par Sylvain Kahn
Professeur agrégé d’histoire, docteur en géographie, européaniste au Centre d’histoire de Sciences Po, Sciences Po dans The Conversation 

 
L’argumentaire et les actions russes : le refus fondamental d’une Ukraine réellement indépendante
L’histoire et la géographie de l’État-nation d’Ukraine ne sont ni plus ni moins complexes que celles de la plupart des autres États de l’espace mondial. L’indépendance moderne de l’Ukraine a eu lieu en même temps que celle de la Russie et des anciennes Républiques socialistes soviétiques en 1991.

Lorsque la Russie a remis en cause les frontières orientales de l’Ukraine à partir de 2014, elle l’a fait par la force, avec les actions d’une guerre hybride dans le Donbass, et non par la diplomatie ou le droit international. Les régions d’Ukraine annexées par l’État russe (Crimée en 2014 ; Donetsk, Lougansk, Kherson, Zaporijiia en 2022) ne lui ont pas été rattachées suite à des processus d’autodétermination dans le cadre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les référendums organisés par Moscou dans chacune de ces régions – dont aucune à l’exception de la Crimée n’est entièrement occupée par la Russie – n’ayant été que des parodies de scrutins démocratiques, sans même parler du fait qu’ils ont été mis en œuvre en violation du droit international.

Si l’histoire et la géographie permettent de comprendre la complexité de la relation ukraino-russe, leur mobilisation comme facteur explicatif de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe relève du discours et d’une représentation politiques et non d’une explication causale de sciences humaines et sociales.

La voix de la recherche, tous les jours dans vos mails, gratuitement.

Des universitaires dont les recherches portent sur l’Ukraine ou sur la Russie cherchent à caractériser ce qui est à l’œuvre dans cette politique d’invasion de la première par la seconde. Anna Colin Lebedev tend à démontrer comment, dans les pays occidentaux, la manière commune de voir cette région du monde et cette frontière a été façonnée par le point de vue et le récit de la société russe. Il est celui d’un centre sur une de ses périphéries qui ne peut avoir d’existence que dans sa condition de périphérie dépendante, dominée ou assujettie.

Sergueï Medvedev et Marie Mendras ont récemment abouti dans leurs travaux respectifs à la conclusion que cette guerre d’invasion était une des facettes et une des politiques publiques constitutives du régime qui s’est progressivement construit en Russie depuis 25 années.

Une guerre qui reflète la nature du régime poutinien
Le régime poutinien gouverne la société par l’état de guerre permanent. La pratique du pouvoir et de l’administration y sont nourries par la culture du monde criminel et du monde carcéral. La violence comme mode de relation sociale et mode de relation entre l’État et ses administrés y est devenue la norme instituée, à l’image des sociétés criminelles et mafieuses. La guerre contre la société ukrainienne y est alors légitimée comme le moyen banal de résoudre les problèmes que poserait l’existence de l’Ukraine indépendante.

Les massacres arbitraires de civils – dont celui de Boutcha en mars 2022 est emblématique – et la destruction méthodique et constante des infrastructures critiques des villes ukrainiennes témoignent de cette banalisation de la violence au sein de l’appareil d’État et de l’armée russes.

L’enrôlement massif et contraint de Russes – dont de nombreux détenus des prisons dans lesquelles puise l’armée pour faire cette guerre – est acheté aux « soldats », aux nombreux estropiés et à leurs veuves et femmes par des sommes d’argent importantes.

L’agression de l’Ukraine apparaît donc comme le prolongement de cette culture de la violence hiérarchique et de la valorisation symbolique de la culture de la guerre patriotique qui caractérisent le régime politique russe mis en place par l’administration Poutine à travers ses politiques publiques, notamment scolaires, pénitentiaires, judiciaires, militaires et culturelles.

L’UE face à Poutine
De cette invasion à grande échelle dont le but proclamé est la disparition de l’État ukrainien en tant que tel, au motif que le peuple ukrainien serait une fiction et ses dirigeants des nazis, les Européens comprennent que l’État russe et l’UE frontaliers sont des régimes politiques antagonistes que tout sépare. La pratique du premier menace la stabilité voire l’existence du second.

De fait, la Russie mène depuis 2014 des actions de guerre hybride à l’encontre de l’UE : violation régulière de ses espaces aériens, maritimes et cyber, ingérences et manipulations digitales dans les campagnes électorales européennes, financement de partis politiques illibéraux et eurosceptiques… L’invasion de l’Ukraine par la Russie à la frontière de l’UE donne à ces actions répétées une autre signification : les politiques de l’État russe effraient les Européens tout autant qu’elles les choquent.

C’est pourquoi les Européens ont décidé très rapidement dès février 2022 de sanctionner la Russie pour se déprendre de cette interdépendance et assécher autant que possible le financement de son effort de guerre. Dans le même temps, ils ont décidé de soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine envahie par des approvisionnements en armes, de lui fournir une aide budgétaire et civile d’ampleur, et d’accueillir jusqu’à 6 millions de réfugiés ukrainiens ayant fui les bombardements russes sur leurs villes. L’aide cumulée des Européens tous secteurs compris est aussi importante que celles fournie par les États-Unis sous l’administration Biden. L’UE – Conseil, Commission et Parlement – ont lancé le processus d’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’UE.

Sur l’Ukraine, les Européens gardent leur cap : celui d’un accord de paix globale apportant une garantie de sécurité pour l’Ukraine et le retour à sa pleine souveraineté. Ils l’ont réaffirmé sans ambiguïté le 24 février 2025 sur place à Kiev et aussi à Washington lors de la visite tout sourire d’Emmanuel Macron à la Maison Blanche. Et ils l’ont dit à nouveau après la discussion houleuse entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump (accompagné de J. D. Vance) du 28 février dans le Bureau ovale.

Au même moment, à New York, à l’ONU, on vient d’assister à la naissance d’un axe américano-russe dans le vote d’une résolution sur « la paix en Ukraine » qui ne mentionne ni l’agresseur ni les territoires conquis et occupés ; les pays européens ont refusé de la soutenir.

Le retour de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis pose donc une question simple : les Européens sont-ils en capacité de poursuivre leurs buts politiques de soutien à l’Ukraine dès lors que les Américains cessent de soutenir l’Ukraine et adhèrent au narratif des Russes ?

Le sommet sur l’Ukraine de Londres, qui s’est tenu dimanche 2 février 2025, apporte de premiers éléments de réponse à cette importante question. Il a réuni une douzaine de pays européens y compris le président ukrainien ; mais aussi des dirigeants de la Turquie, de la Norvège et l’OTAN – et bien sûr le premier ministre britannique Keir Starmer, hôte de cette réunion.

On voit que les alliés de l’Ukraine réaffirment et maintiennent à nouveau leur ligne en dépit des pressions grandissantes de la nouvelle administration américaine. Ces dernières, peut-être à la grande surprise de Trump et de Vance, loin de fragiliser la cohésion et la détermination des Européens, semblent au contraire non seulement la renforcer mais rapprocher des pays qui s’étaient différenciés.

On voit aussi qu’en dépit du Brexit le Royaume-Uni s’est pleinement impliqué dans les discussions relatives à la sécurité du continent et a augmenté son aide bilatérale à l’Ukraine. Les dirigeants européens, par exemple allemands, polonais, danois, estoniens et de l’UE – Ursula van der Leyen et Kaja Kallas – reprennent à leur compte des propositions de financement d’une base industrielle et technologique de défense à l’échelle européenne et de dépenses publiques d’armements qui étaient jusqu’alors connues comme des postions françaises.

Si les Européens et leurs alliés sont encore loin d’avoir les réponses opérationnelles à la question « comment faire sans les Américains de Trump en train de construire un nouvel axe avec la Russie de Poutine ? », le sommet de Londres a montré qu’ils sont déterminés à les trouver et à poursuivre leur soutien à l’Ukraine en guerre contre son envahisseur.

« Trump : un agent de Poutine »

« Trump :  un agent de Poutine »

Le général Yakovleff , ancien responsable de l’OTAN, considère trump comme un agent de Poutine

« Trump joue très clairement le jeu de Poutine » estime d’emblée le général Michel Yakovleff, après la scène surréaliste qui a vu Trump « se payer » Zelensky dans le bureau ovale. « C’était trop beau pour être vrai, c’était un piège tendu par Trump parce qu’il déteste Zelensky », ajoute l’ancien vice chef d’Etat-major du SHAPE, quartier général des forces de l’OTAN en Europe.

D’après lui, un cessez-le-feu « aurait pu intervenir plus tôt si Trump s’était mis dans un véritable mode de négociation avec Poutine » et le processus en cours a peu de chances d’aboutir à une « paix durable » : « Une paix ça présuppose un accord politique. Je pense qu’il y aura un cessez-le-feu à un moment ou à un autre, et qu’il durera 70 ans comme en Corée. Il n’y a pas de paix durable avec Poutine, non. »

Le général Yakovleff compare la situation avec celle de la France en 1871, qui avait cédé l’Alsace-Lorraine à la Prusse et estime que les Ukrainiens ne seraient pas prêts à accepter une telle « perte de souveraineté. »

Trump un agent de Poutine

Plus qu’un soutien des Etats-Unis à la Russie, le général développe « une théorie personnelle » plus forte : « Trump est un agent de Poutine. » Et d’ajouter : « Qu’il soit tenu personnellement je ne sais pas, mais il est convaincu, stockholmisé. Ils ont recruté Trump sur son ego, il ne faut pas oublier que Poutine était un recruteur de formation au KGB. Des informations disent que Trump avait un nom de code qui est Krasnov, mais même s’il n’est pas agent retourné au sens juridique du terme et que c’est juste un convaincu, il est ce que Lénine appelait les idiots utiles : lui il est très idiot et très utile. Même s’il agit comme ça par conviction personnelle, le Kremlin dirige Washington aujourd’hui. »

Cet « alignement américain sur les thèses russes » est un fait géopolitique majeur pour l’ancien dirigeant de l’OTAN, qui reste sceptique sur la situation internationale : « Une troisième guerre mondiale se rapproche si tous les cons restent aussi cons. On est sur une trajectoire de collision si on ne touche à rien. Donc il faut que quelqu’un touche à quelque chose. Soit Poutine se met à atterrir, soit l’Amérique, soit l’Europe… »

À cet égard, le général Yakovleff estime que les efforts budgétaires nécessaires à la construction d’une défense européenne imposent « de changer de modèle social pour se payer la défense dont nous avons besoin dans un monde qui n’est plus le même qu’il y a 30 ans. » Sans aller jusqu’au partage de la dissuasion nucléaire française à toute l’Union européenne, le débat ouvert par Emmanuel Macron et Friedrich Merz est intéressant d’après lui : « La dissuasion ne se partage pas. Emmanuel Macron reste dans le flou, c’est tout l’intérêt de l’ambiguïté stratégique. »

Russie -Trump : l’homme de Poutine ?

Russie -Trump : l’homme de Poutine ?

Il est sans doute légitime de s’interroger sur les liens réels qui unissent Poutine et Trump qui chacun dans leur camp manifeste un impérialisme particulièrement inquiétant.

 

D’après les déclarations officielles aujourd’hui Trump reprend totalement à son compte le narratif de Moscou accusant et insultant le président ukrainien. Allant même dimanche jusqu’à réclamait encore son départ. Exactement ce que réclame le maître du Kremlin. Il faut dire que l’impérialisme russe et américain ne fait pas de dentelles en matière de démocratie. Avec Trump d’une part à l’origine d’un coup d’État manqué lors de l’élection de Biden et évidemment des élections complètement bidons pour Poutine qui a prolongé son mandat ad vitam aeternam avec des scores de république bananière.

Trump a été impliqué dans de nombreuses affaires douteuses notamment financières qui ont pu depuis longtemps interroger le KGB. On peut peut-être imaginer que des liens particuliers se sont noués entre les deux impérialistes dont  la ligne de conduite est surtout guidée par la puissance de l’argent. De l’argent qui profite aussi largement à des entourages de type mafieux qui pillent respectivement les ressources de leur Etat.

Ukraine Trump, Poutine: Le pacte des loups

Ukraine Trump, Poutine:  Le pacte des loups

Vertigineuse scène diplomatique. Ce vendredi 28 février, la Maison-Blanche a été le théâtre d’un moment d’Histoire avec l’affrontement entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. Un remake télévisuel de Règlements de comptes à O.K. Corral… Le leader américain s’identifiant à Burt Lancaster, le talent en moins. On connaissait l’impulsivité et la versatilité du président des États-Unis, mais personne ne pouvait imaginer qu’il prenne définitivement le parti de Poutine et procède avec son vice-président, J.D. Vance, à un véritable lynchage verbal du dirigeant ukrainien. Il est clair que la décision de Trump ce  lundi de suspendre en plus toute aide militaire à l’Ukraine entérine la complicité objective de Trump et Poutine.  
L’occasion en France de clarifier les positions de certains, extrêmes de droite et de gauche, aujourd’hui plus proches des loups que des agressés.

 

Par  Bruno Jeudy, directeur délégué de « La Tribune Dimanche ».

La diatribe de l’Américain a laissé pantois les leaders européens. « Je suis aligné sur le monde… Vous jouez avec la troisième guerre mondiale, avec la vie de millions de personnes. » Zelensky est désigné comme le quasi-responsable du conflit entre Ukraine et Russie, comme le potentiel déclencheur d’une guerre qui peut enflammer la planète entière. Le pyromane Trump voit en lui un boutefeu ! Les excès et les contrevérités de l’occupant du Bureau ovale pourraient l’assimiler au père Ubu, mais, ici, le théâtre ne prête pas à rire, car il est celui d’opérations militaires engageant la vie d’êtres humains, qu’il s’agisse de soldats ou de civils.

Déjà en début de semaine, les États-Unis, en votant à l’ONU avec la Russie pour refuser de condamner l’agression commise en Ukraine, avaient abandonné de facto leur place de chef du monde libre et celle d’allié des Européens. Et leurs prétentions démesurées sur les ressources minières ukrainiennes s’apparentent à un chantage aussi cynique qu’opportuniste. Là où les Ukrainiens attendaient donateurs et partenaires, ils ont découvert des usuriers et des prédateurs.

 Désormais, face au lâchage américain, les Européens se retrouvent au pied du mur et la conférence réunie ce dimanche à Londres montrera (ou non) leur capacité à réagir et à se mobiliser pour sauver l’Ukraine. L’heure n’est plus aux vagues promesses et aux bonnes intentions mais à la mise en place effective d’une défense européenne sous l’égide de la France et de la Grande-Bretagne. Les premières déclarations du futur chancelier allemand, Friedrich Merz, laissent à penser qu’il sera un précieux soutien du binôme franco-anglais.

Si les Européens ne veulent pas disparaître de la scène internationale, ils se doivent de prendre conscience du moment historique que nous traversons. Dantzig en 1939, Kiev en 2025 : l’Histoire ne se répète pas mais propage d’inquiétants échos. En témoigne l’émoi du Premier ministre polonais, Donald Tusk, instruit par les drames vécus par son pays. Il serait terrible d’entériner le pacte des loups russe et américain scellant le sacrifice de l’Ukraine par le silence des agneaux européens.

N’en déplaise à La Fontaine et aux moralistes résignés, la fable n’est pas écrite à l’avance. La raison des plus forts – ou plutôt des plus fous – n’est pas toujours la meilleure si on leur oppose la cohésion, le courage et l’esprit de résistance.

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