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Retraites : Bayrou voulait du temps pour expliquer

>Retraites : Bayrou voulait du temps pour expliquer !

Bayrou, le leader centriste, ministre de la planification, demandait depuis longtemps du temps pour expliquer la réforme des retraites aux Français. Macron reprend cette demande et décale d’un mois la présentation du projet .

C’est à reculons que Bayrou fait sortir un papier à la demande de Macron. Bayrou en principe responsable de la planification en France se réveille donc tardivement pour évoquer les enjeux d’une réforme des retraites alors que le gouvernement devait déposer son projet dans les jours qui viennent. On aurait évidemment souhaité que le plan se réveille plutôt car en général la problématique doit être évoquée de manière approfondie et large avant la décision.Conséquence, Macron décale d’un mois la présentation du projet.

Le problème, c’est que ce réveil tardif est aussi plein de contradictions puisque Bayrou souligne que l’État contribue largement à l’équilibre des régimes spéciaux et au système de retraite des fonctionnaires alors que ces derniers seront largement épargnés par la réforme. La vérité c’est que Bayrou était très sceptique vis-à-vis du projet prochainement annoncé. Il a dû être mis en demeure par Macron de dramatiser un peu la problématique. Le pouvoir commence en effet à être inquiet par le climat de tension dans l’opinion et même au sein de sa propre majorité. D’où cette injonction à Bayrou de se positionner de manière claire y compris sur le symbole très politique des 65 ans

« Notre système de retraites risque de se voir de plus en plus fragilisé dans son équilibre financier et […] de peser de plus en plus sur la capacité économique du pays et sur son indépendance », prévient donc le président du Modem, François Bayrou, dans une note publiée jeudi par le Haut-Commissariat au Plan qu’il pilote.

L’alerte intervient opportunément à quelques jours de la présentation par le gouvernement d’une réforme de retraites longtemps promise. Celle-ci devrait chercher à relever l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 65 ans. La mesure fait cependant l’unanimité contre elle dans le camp des syndicats, où la nécessité même de faire une réforme de ce type pour maintenir le système à l’équilibre est contestée.

Dans sa note, le Haut-Commissariat au Plan se défend de vouloir « interférer avec les concertations et les débats en cours ».Pourtant c’est bien ce qu’il fait tardivement. L’objectif est d’apporter « à l’opinion civique des éléments précis sur la situation actuelle et les perspectives du système de retraites », explique François Bayrou qui s’est opposé en septembre à un passage en force de la réforme dans le budget de la Sécurité sociale.

La note met surtout un constat en avant : les cotisations « sont bien loin de financer la totalité du montant des pensions versées ». Une bonne part du financement des retraites est à la charge du contribuable puisque l’Etat équilibre le système des régimes publics en particulier.

François Bayrou insiste ainsi sur le fait que l’Etat et les collectivités publiques « contribuent substantiellement à l’équilibre des régimes de retraite de la fonction publique d’Etat, des régimes spéciaux, des régimes agricoles, de la fonction publique territoriale et hospitalière ».

Cette addition « substantielle » est estimée à 30 milliards d’euros. Elle s’ajoute aux contributions publiques qui s’imposent logiquement au secteur public (cotisations, financement des exonérations destinées à soutenir l’économie et des mesures de solidarité pour les familles, les pensions minimum etc.). « Globalement notre protection vieillesse est en fait en déficit structurel important », insiste François Bayrou.

Djihadistes : Pour un jugement en France ?

Djihadistes : Pour un jugement en France ?

 

Avocats de plusieurs familles de djihadistes français détenus dans les prisons syriennes depuis la chute de l’organisation Etat islamique, Robin Binsard et Guillaume Martine, avocats,  estiment, dans une tribune au « Monde », que ces hommes, et pas seulement les femmes et les enfants, doivent être rapatriés et jugés en France.

 

Un point de vue qui peut faire débat sauf pour les enfants et les femmes non  impliquées. Une prise de position d’avocats qu’on peut comprendre. Il n’en reste pas moins que les intéressés ont pris le risque de se mettre hors-la-loi dans les pays où ils ont servi le terrorisme. Et la justice dans ces pays est évidemment moins conciliante en général que celle de la France NDLR

 

Le 5 juillet, le ministère des affaires étrangères a annoncé le rapatriement de seize femmes et trente-cinq enfants des camps syriens vers la France. Pour les proches, c’est, bien sûr, un soulagement, certainement mêlé d’inquiétude, car s’ouvre désormais le temps d’une reconstruction incertaine pour ces jeunes, qui ont passé l’essentiel de leur existence dans des camps de réfugiés, et sans doute celui d’une réponse judiciaire pour les femmes concernées. Ainsi, le gouvernement français a décidé d’opérer un tournant – qui reste cependant à confirmer – de sa politique en la matière. Il semble désormais vouloir se conformer aux préconisations de nombres d’ONG et d’associations, largement relayées ces derniers mois en Europe, en particulier depuis la condamnation de la France par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies, en date du 24 février. Il demeure pourtant un angle mort dans le débat public autour de la situation des ressortissants français retenus dans les camps syriens : celui du sort des hommes.

Bien sûr, la situation des enfants, âgés de 3 ou 4 ans, vivant depuis des années dans des conditions humanitaires déplorables en plein désert syrien, soulève légitimement les plus grandes inquiétudes et les plus fermes indignations. Naturellement, le sort de leurs mères, que l’on ne saurait séparer de leurs enfants, préoccupe à juste titre. Mais s’agissant de ces hommes, qui ont choisi de rejoindre la Syrie et le territoire contrôlé par l’organisation Etat islamique, et qui se sont retrouvés retranchés, pour certains contre leur gré, dans ses derniers bastions, un silence épais s’est installé, tant la dénonciation de la situation qui leur est faite est moralement moins aisée. Elle n’en est pas pour autant moins préoccupante.

Au printemps 2019, après la chute du dernier bastion de l’organisation Etat islamique à Baghouz, la liste de ces quelques dizaines d’hommes de nationalité française qui furent faits prisonniers avait été dressée, et leur rapatriement en France, afin d’y être jugés, semblait se préparer. Puis, soudainement, le gouvernement français a changé de doctrine : ces hommes devaient finalement rester en Syrie, afin d’être jugés sur place, ou en Irak, pour les crimes qu’ils avaient commis dans la région. Et l’on se désintéressa ainsi aussitôt de leur sort, la conscience tranquille.

Pourtant, dès juin 2019, au terme de procès expéditifs, onze ressortissants français ont été condamnés à la peine de mort. Sous la pression de la France, cette peine n’a toujours pas été exécutée, et ces hommes se trouvent encore à ce jour dans le couloir de la mort. Hormis cette sinistre exception, aucun autre de ces hommes actuellement détenus dans les prisons syriennes n’a fait l’objet d’une procédure judiciaire. Plus de trois ans après la chute de l’organisation Etat islamique, la fable selon laquelle ces hommes seraient jugés sur place, dans le cadre d’un procès équitable, a fait long feu : entassés par dizaines dans la prison de Hassaké, sans accès à un juge ou à un avocat, ces hommes se retrouvent abandonnés par les autorités locales et le gouvernement français.

Plaidoyer pour le vélo du quotidien en France

Plaidoyer pour le vélo du quotidien en France

 

 

 

Force  est de constater que la passion des Français pour la petite reine s’exerce davantage devant l’écran que sur les routes. À l’heure où la mobilité cristallise les débats, il serait opportun que la popularité d’un tel événement permette d’accélérer les pratiques, à petite comme à grande échelle. Par Denis Saada, président de Betterway dans la Tribune.

 

4%, comme le nombre de Français qui se déplacent quotidiennement à bicyclette. Moins de 2%, comme la part modale du vélo en France, loin des 9% ambitionnés par le gouvernement français (source). Les chiffres ne sont guère flatteurs pour le pays du Tour de France. Pire, l’hexagone affiche un retard important sur ses voisins européens. Dans des villes réputées pour leur cyclabilité comme Copenhague ou Amsterdam, 35% des habitants se déplacent tous les jours à vélo. En Allemagne et en Suède, ce taux s’élève à 19%, à 15% en Belgique et à 13% en Italie. (source)

Le constat est clair : les Français aiment le vélo, c’est une certitude, mais ne l’utilisent que peu fréquemment. Parmi eux, 28 millions de salariés représentent une véritable ressource pour notre pays et sont un immense levier de changement. Et pour instaurer ce dernier, les entreprises ont un rôle prescripteur à endosser pour promouvoir la pratique du vélo auprès de leurs collaborateurs.

Bien sûr, elles méritent aussi d’être accompagnées pour proposer des dispositifs susceptibles d’encourager de nouvelles habitudes : système de vélo partagé, parking à vélo, bornes de recharge, etc. et les incitations financières restent nécessaires. Si le Forfait Mobilité Durable a, en deux années, contribué à initier un virage notable (38% des employeurs du privé ayant déclaré l’avoir déployé) incitant nombre de salariés à privilégier des modes de transports alternatifs à la voiture, il connaît néanmoins des freins non négligeables qui limitent l’essor d’un autre paradigme.

Et si pour lever les difficultés dans sa mise en œuvre, il s’agissait de penser d’ores et déjà plus largement et d’imaginer, la mise en place d’un Budget Mobilités Universel qui viendrait remplacer l’abonnement aux transports en commun et le Forfait Mobilités Durables. Ouvert à toutes les solutions de mobilités durables, il permettrait de motiver le plus grand nombre à changer facilement et à moindre coût ses habitudes de déplacement.

La puissance publique doit, elle aussi, se muer moteur en matière de mobilité. Depuis une quinzaine d’années, les collectivités investissent massivement en faveur du vélo en construisant des pistes cyclables, des véloroutes et des voies vertes. Les budgets ont d’ailleurs augmenté de 40% en 10 ans passant de 328 à 468 millions d’euros. Ce volontarisme n’est pas sans effet, mais les résultats se concentrent quasi exclusivement sur les grandes villes. En effet, selon une étude menée en 2020 par l’Ademe, entre 2010 et 2018, l’usage du vélo a augmenté de 30% à Paris et de 10% par an à Lyon pendant que celle-ci diminuait sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, les sommes investies dans l’hexagone restent bien inférieures à celles consacrées par les Pays-Bas par exemple. Et ce même dans des villes particulièrement vélo friendly comme Grenoble, Strasbourg, Nantes et Bordeaux où les dépenses dans la politique vélo représentent 15 à 20 euros par habitant par an contre 33 euros depuis quarante ans dans les villes néerlandaises. Face à ce constat, les investissements doivent se poursuivre pour construire les conditions d’une pratique sereine du vélo aussi bien en zones urbaines que rurales. Pour cela, il est important de continuer à créer des zones dédiées – pistes cyclables, voies vertes – mais aussi de réduire les zones d’accès aux véhicules motorisés en ville pour garantir la sécurité des cyclistes.

Dans les banlieues, les zones périurbaines, ou dans les milieux ruraux, la bicyclette est délaissée, surtout par les plus jeunes d’entre nous. En 1982, 82% des écoliers européens se rendaient en classe à pied ou à bicyclette. Aujourd’hui, ils ne sont que 14%, alors même que les pratiques de mobilité des jeunes influencent leurs pratiques futures. Un travail de sensibilisation de la jeunesse est donc particulièrement nécessaire. Des mécanismes qui encouragent les jeunes Français à effectuer leurs trajets à vélo doivent être pensés : challenge à l’école, sorties scolaires à vélo, dispositifs de sécurisation des trajets-école – maison, …

Pour massifier la pratique du vélo, tout le monde doit prendre sa part. État, collectivités, entreprises et citoyens, chacun à un rôle important à jouer aussi bien sûr les infrastructures, la sensibilisation que sur les incitations et la volonté de changer ses habitudes. Des investissements plus conséquents sur les espaces dédiés au vélo, ainsi qu’une politique d’incitation en direction de la jeunesse, semblent désormais incontournables. Comme la nécessaire mise en place d’un Budget Mobilités Universel qui regorge d’un potentiel de mobilisation des salariés inégalé.

Denis Saada

 

Pour la Chine, marginaliser pour mieux écraser

Pour la Chine, marginaliser pour mieux écraser

«Pour la Chine, marginaliser pour mieux écraser Biden comme le pays sauveteur de l’économie mondiale, estime la sinologue Alice Ekman dans une tribune au « Monde ». (Extrait)

Tribune. La Chine va continuer à tracer sa route après l’investiture de Joe Biden, comme elle l’a fait au cours des huit dernières années. Car la rivalité sino-américaine était déjà profonde et idéologique avant l’arrivée de Donald Trump. « Nous devons construire un socialisme qui est supérieur au capitalisme, et poser les bases d’un avenir où nous gagnerons la position dominante », déclarait déjà Xi Jinping en janvier 2013, face aux membres du comité central du Parti communiste chinois.

A Pékin, la crise pandémique n’a pas remis en question cette ambition. Au contraire, la Chine a déployé une diplomatie des masques, puis des technologies et des vaccins (dons et ventes d’équipements de protection, tests, caméras thermiques, systèmes de vidéoconférence, etc.) à destination d’un nombre important de pays – y compris en Afrique, Amérique latine et Asie du Sud-Est. Certes, la crise pandémique et les campagnes de propagande qu’elle a lancées ont détérioré l’image de la Chine dans certains pays, européens notamment, mais beaucoup d’autres restent ouverts aux propositions chinoises.

 

Accords bilatéraux et multilatéraux

Ces derniers mois, alors que les Etats-Unis étaient en période de transition électorale, la diplomatie chinoise a redoublé d’activisme pour signer des accords bilatéraux et multilatéraux. Mi-novembre, quatorze pays de la région Asie-Pacifique ont signé avec la Chine un Partenariat régional économique global (RCEP). Fin décembre, un accord de principe sur les investissements a été signé entre la Chine et l’Union européenne (CAI). Cet activisme chinois se prolongera sans aucun doute après l’investiture de Joe Biden. Pékin estime que 2021 est une année d’opportunités à saisir, alors que l’administration américaine sera en premier lieu occupée à gérer le Covid-19 sur le territoire national.

Dans ce contexte, il ne faut s’attendre à aucun adoucissement de la politique chinoise au Xinjiang ou à Hongkong. Les arrestations et mandats d’arrêt contre des représentants politiques et activistes hongkongais continueront probablement à se multiplier dans les prochains mois, à l’approche des élections législatives prévues en septembre, et à toucher un nombre croissant de citoyens étrangers – sous le couvert de la loi sur la sécurité nationale adoptée par Pékin en juin 2020.

Croissance Démographie : pour la première fois très net tassement depuis 1945

Croissance Démographie : pour la première fois très net tassement depuis 1945

 

 

Le très net tassement de la croissance démographique peut s’expliquer conjoncturellement  par la pandémie liée au Coron virus. En effet,  les décès ont été particulièrement nombreux notamment en 2020 et n’ont pas été suffisamment compensés par les naissances pour créer une dynamique très positive.

 

Le problème c’est que les couples font de moins en moins d’enfants et la baisse a été clairement enregistrée depuis longtemps et encore davantage depuis 2016. En cause, le fait que les enfants naissent dans le couple beaucoup plus tard : lorsque la femme est proche de 30 ans alors que dans les années 50 c’était lorsqu’elle avait autour de 20 ans. Les périodes de fertilité diminuent donc.

 

 Il y a aussi les conditions matérielles et morales. L’environnement social au sens large paraît relativement anxiogène aux jeunes couples qui hésitent à assurer leur descendance. Un autre phénomène peu abordé et celui de la conséquence de la sur urbanisation dans les grandes métropoles. Dans ces villes hyper concentrées,  le prix du logement est devenu tout à fait inabordable aux Français moyen qui ne peuvent évidemment envisager une famille très nombreuse. À noter que dans le même temps nombre de départements se vident de leur population. Un vrai problème d’aménagement du territoire et au-delà une vraie question sociétale.

 

Au 1er janvier 2021, la France compte 67,4 millions d’habitants. Au cours de l’année 2020, la population a augmenté de 0,3 %. Cette progression est due pour moitié au solde naturel ( + 82 000 personnes en 2020), soit la différence entre les nombres de naissances et de décès. Fait majeur de ce bilan, le solde naturel a fortement baissé en raison de la forte hausse des décès liés au Covid-19 combiné à la baisse des naissances. «Il n’a cessé de baisser depuis 2016 et atteint de nouveau un point très bas en 2020», relève l’Insee. Le solde migratoire, lui, se situe à + 87 000 personnes.

« convention citoyenne: un effet limité pour le climat»

« convention citoyenne: un effet limité pour  le climat»

François Gemenne, Chercheur en sciences politiques, estime  dans le Monde que les avancées dans la lutte contre le réchauffement climatique de la convention citoyenne restent limitées. Et pour cause elles ne font que reprendre les orientations d’ailleurs souvent contradictoires du gouvernement, n’imposent réellement rien et surtout ne prévoit pas les moyens ,surtout les financements, pour favoriser la transition écologique.

Tribune. La convention citoyenne pour le climat s’est achevée le 21 juin dans un climat de satisfaction générale : satisfaction des participants, qui ont voté à la quasi-unanimité le rapport final ; satisfaction des organisateurs, qui ont fait la démonstration de la possibilité d’un tel exercice de démocratie participative ; satisfaction du gouvernement enfin : la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, à qui ont été remises les conclusions, a estimé que celles-ci allaient « dans la direction des grandes orientations prises depuis le début du quinquennat ».

Au lendemain de la vague verte des élections municipales, Emmanuel Macron a reçu, lundi 29 juin, les 150 citoyens tirés au sort et les a chaleureusement félicités pour leur travail. Sans doute s’en est-il aussi félicité, par la même occasion, puisqu’il a avalisé 146 des 149 mesures proposées. Et a promis l’organisation d’autres conventions citoyennes, sur d’autres sujets.

Quel bilan tirer de ces neuf mois de travail ? Il est contrasté, selon qu’on regarde le verre du côté de la démocratie participative ou du côté des avancées pour le climat. Du point de vue de la démocratie participative, le bilan de la convention citoyenne est indéniablement un succès. L’exercice a véritablement constitué une démonstration d’intelligence collective sur un sujet complexe. Il faudrait être un esprit grincheux pour ne pas reconnaître cette réussite. Mais celle-ci soulève aussi un grand nombre de questions.

Tout d’abord, dans quelle mesure ces 150 citoyens tirés au sort sont-ils toujours, à l’issue de l’exercice, représentatifs de la population française ? Pendant des mois, les citoyens ont auditionné militants, politiques et experts, et l’exercice les a souvent transformés en fervents défenseurs du climat. A quelques exceptions près, la plupart des mesures proposées, y compris les plus radicales, ont été votées à une large majorité. Bien sûr, quelques rares mesures ont été rejetées, bien sûr, quelques opinions minoritaires ont été exprimées, mais, globalement, peu de lignes de fracture ont émergé, sur des sujets pourtant controversés dans la population.

Pourquoi a-t-on toujours parlé des « 150 », et jamais des « 87 pour et 63 contre », par exemple ? Sans doute l’effet de groupe a-t-il joué à plein, renforcé par des projets artistiques comme les portraits géants de JR ou le projet de documentaire de Yann Arthus-Bertrand, Les 150. Surtout, je crois que la délibération collective, encadrée et façonnée par des experts, a fait naître un consensus qui, à l’évidence, n’existe pas dans la société française. En témoignent les réactions violentes suscitées par certaines propositions, celle concernant la limitation de vitesse sur les autoroutes notamment. »

 

Intervention Macron : tout ça pour ça !

Intervention Macron  : tout ça pour ça !

 

 

Il est clair que les éditorialistes ont du mal ce matin à dégager les grandes lignes politiques que Macron s’est efforcé de développer lors  de son allocution.  Bien entendu, l’intention était claire surtout ne pas déplaire à des Français au moment où la cote de popularité du chef de l’Etat ne cesse de s’effriter par rapport à celle du Premier ministre. En ligne de mire évidemment, les perspectives de la campagne électorale de 2002. Donc il fallait assurer les Français. Ce que Macron a fait en parlant surtout du confinements qui plait à beaucoup notamment à ceux dont l’activité a été paralysées , l’emploi menacé ou les voyages empêchés. Pour le reste, quelques considérations sur les libertés, le rôle de la police. Curieusement aussi la réouverture des écoles le 22 juin alors que la saison scolaire est pratiquement terminée. Pour l’essentiel, c’est-à-dire la nature de la crise, son ampleur, ses conséquences et ses modalités, il faudra encore attendre.  e président a clairement signifié qu’il entendait s’exprimer à ce sujet au mois de juillet. Évidemment des propos qui risquent d’être moins plaisants car il faudra bien parler un jour ou l’autre de cette facture de 500 milliards qu’il faudra bien rembourser d’une manière ou d’une autre par l’inflation, la dévaluation ou les deux sans parler de la fiscalité. Macron, s’est en fait contenté de reprendre de façon très allusive les sujets de préoccupation des Français qui transparaissaient dans les sondages en évitant surtout de les contrarier cela sans doute pour faire écho à la cote montante  du Premier ministre. Pas d’annonce ,non plus sur le plan politique tout juste une petite annonce sur ce que pourrait être une nouvelle phase de décentralisation. De quoi peut-être relancer le bâtiment car chaque phase de décentralisation s’est traduite par la construction d’hôtels pour les élus et leurs services sans parler des coûts de fonctionnement. Bref un discours ne pas dire grand-chose.

Réforme des Retraites : Les Français pour ou contre ?

Réforme des Retraites : Les Français pour ou contre  ? 

 

S’appuyant sur un sondage de l’IFOP, le très macroniste  journal du JDD titre que les Français sont  favorables à la réforme. Pourtant le même sondage montre que 66 % des Français ne font pas confiance au gouvernement dans ce domaine. Cependant ils sont également 66 % à se prononcer pour l’harmonisation des régimes. De là à dire que les Français sont favorables à toute la réforme il y a un pas que le JDD franchit un peu vite !

 

Selon ce sondage, 36% des Français considèrent qu’il faut allonger la durée de cotisation des actifs, le levier traditionnellement utilisé par les politiques en la matière. Parmi les autres options proposées, 16% des Français optent pour une augmentation des cotisations des actifs et 7% pour une baisse des pensions des retraités, selon ce sondage. Seulement 2% des retraités sont favorables à cette dernière option.

Plus engageant pour le gouvernement, les deux tiers des Français (66%) sont favorables à une harmonisation des différents régimes « au nom de l’égalité entre les cotisants », alors que 34% des Français veulent conserver des régimes de retraites différents compte tenu des spécificités de certains métiers ou professeurs, selon ce sondage.

*Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 au 30 août 2019 auprès d’un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. La marge d’erreur pour ce sondage est +/- 1,4 point pour un résultat de 5 ou 95% ; +/- 1,8 point pour un résultat de 10 ou 90% ; +/- 2,5 points pour un résultat de 20 ou 80% ; +/- 2,8 points pour un résultat de 30 ou 70% ; +/- 3 points pour un résultat de 40 ou 60% ; +/- 3,1 points pour un résultat de 50%.

 

L’ouverture le dimanche, une aubaine pour les uns, catastrophe pour les autres

L’ouverture le dimanche, une aubaine pour les uns, catastrophe pour les autres

 

 

 

 

On se félicite de l’ouverture de la grande distribution parfois le dimanche, ce serait un facteur de développement non négligeable. De fait c’est une aubaine pour  les supermarchés qui effectivement doivent presque la moitié de la croissance à cette ouverture dominicale. Une véritable aubaine. On oublie cependant de prendre en compte les conséquences néfastes pour les commerces qui demeurent fermés. À consommation égale, il y a forcément des transferts entre les différentes formes de vente. Cela d’autant plus que la consommation globale des ménages tend à stagner voire à régresser pour les produits en cause. C’est le commerce traditionnel qui est la principale victime.  Globalement encore une fois, il n’y a pas d’augmentation du potentiel global de consommation de toute manière il est illusoire de penser que ce potentiel pourrait augmenter selon que l’on fait les courses le dimanche ou en semaine.  Pour certains consommateurs, cette ouverture constitue indiscutablement une facilité mais il est faux d’affirmer que ce changement de calendrier participe à l’augmentation de la croissance. Certes, le dimanche ne pèse que 4,5% des ventes mais il représente 41% de sa croissance en 2019 selon cette étude d’une  panéliste. « Le chiffre d’affaires réalisé par la grande distribution le dimanche progresse d’année en année, avec une croissance significative de 8,6% depuis le début 2019, soit 41% des gains totaux de la grande distribution cette année » observe l’étude, rendue publique juste après la première ouverture un dimanche après-midi d’un hypermarché Casino équipé de caisses automatiques à Angers.

Et les grandes surfaces ouvertes cet été le dimanche sont de plus en plus nombreuses. « Plus de 78% des hypermarchés et supermarchés » précise Nielsen. La loi interdit aux grandes surfaces alimentaires d’employer les salariés après 13 heures le dimanche, sauf dans les « ZTI », ou zones touristiques internationales. Mais de nombreux magasins contournent déjà la loi en ouvrant le dimanche avec des caisses automatiques et du personnel de sociétés extérieures.

Chez Casino, 82 supermarchés ouvraient déjà le dimanche avant le premier hypermarché de l’enseigne, le 25 août à Angers. Selon Nielsen, ce sont les magasins de proximité (supérettes et supermarchés des centres urbains) qui font les meilleures ventes le dimanche, avec 10% de leur chiffre d’affaires ce jour là. La clientèle est « plutôt jeune et aisée » et les produits sont surtout des produits de « dépannage » (comme les déboucheurs) et les produits festifs (saumon fumé…)

Avec 30,5% de progression le dimanche, les hypermarchés sont au premier rang des progressions observées en 2019. La grande distribution tente inlassablement d’élargir ses horaires et jours d’ouverture, arguant de la concurrence du commerce en ligne. « Les consommateurs, notamment les plus jeunes, sont désormais habitués à pouvoir acheter tout, à toute heure, via internet », indique la Fédération du commerce et de la distribution.

Dès leur quoi aussi ne pas imaginer des ouvertures de supermarchés la nuit. Il y aurait  sûrement une clientèle pour cela ; mais encore une fois ; cela n’augmenterait pas d’un iota le potentiel de consommation. À ce rythme pourquoi ne pas aussi laisser les supermarchés ouverts toute l’année, tous les jours,  toutes les nuits !

Un « grand débat national pour rien ?

Un grand débat national pour rien ?

 

 

Dune certaine manière, le grand débat pourrait constituer un piège redoutable pour le chef d’État si la conclusion n’était pas à la hauteur des contributions. Il est vraisemblable alors que beaucoup considéreraient que le Grand débat n’a constitué qu’un stratagème pour gagner du temps ou plus exactement pour en perdre. Macron pourrait alors  le payer très cher dans les sondages. En effet, ce qui se dessine actuellement comme conclusion c’est un référendum qui porterait sur quelques aspects institutionnels finalement assez secondaires mais rien en matière de justice sociale et de justice fiscale. Le chef de l’État compte sans doute sur le calendrier pour durer jusqu’à qu’aux prochaines vacances d’été. En effet le débat s’achève normalement le 15 mars, ce n’est que le 15 avril que Macron en tirera des conclusions. Un référendum pourrait alors être proposé englobant un ou plusieurs projets de loi. Le temps du débat pourrait conduire jusqu’au début de l’été voir au-delà. En attendant les élections européennes se seront déroulées et il est vraisemblable que le score de la république en marche ne sera pas à la hauteur des espérances (autour de 20 % actuellement dans les différents sondages). Pour l’instant, c’est le grand flou de la part du gouvernement sur la sortie concrète de ce grand débat. Parmi les options vient de resurgir celle d’un recours à un référendum sur les questions institutionnelles, possiblement organisé le jour des élections européennes, le 26 mai. Mais l’idée, évoquée dès juillet 2017 par Emmanuel Macron, suscite des réserves au sein même de la majorité et une franche hostilité de l’opposition qui y voit une “manoeuvre politicienne.” “Les Français ne demandent pas la proportionnelle tous les jours sur les ronds-points, ils demandent du pouvoir d’achat, ils demandent moins d’impôts”, estime ainsi le sénateur Les Républicains (LR) Bruno Le Retailleau. “Il faut faire de vraies réformes, pas des semblants de réforme”.

Peer Tube pour contrer les GAFA

Peer Tube pour contrer les  GAFA

Peer Tube pour contrer You Tube de Google Pierre, c’est le projet de Yves Gosset, directeur de Framasoft, association française qui milite pour le développement de logiciels libres (interview la Tribune)

Pourquoi vouloir créer un « You Tube décentralisé » ?

PIERRE-YVES GOSSET - Framasoft veut sensibiliser à la concentration des services sur Internet. En 2014, nous avons lancé la campagne « Dégooglisons Internet » pour démontrer que le logiciel libre est une alternative crédible à l’hyperpuissance des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Framasoft propose depuis une dizaine de services alternatifs par an : outils de stockage, de cartographie, d’éditing, de jeux… Mais nous n’avions toujours pas d’alternative vidéo.

YouTube est un acteur incontournable, en situation de quasi-monopole (ndlr : la plateforme de Google revendique 1,8 milliard d’utilisateurs par mois et 400 heures de vidéo mises enligne chaque minute sur YouTube dans le monde). Cette concentration pose de nombreux problèmes. Par exemple, son algorithme cherche à retenir le plus longtemps possible les internautes sur sa plateforme, en lui faisant visionner des vidéos qui font le buzz. Plus l’internaute est captif, plus il visionnera de publicités et donc, générera des revenus pour Google. Autre problème : la censure que peut instaurer Google en décidant ce qui est acceptable de diffuser ou pas. C’est donc son point de vue, en tant qu’entreprise américaine, qui s’impose au reste du monde. Dans cette logique-là, YouTube peut décider de la démonétisation de certaines vidéos, en les privant de pub. Cela entraîne une perte de revenus pour les créateurs de contenus. En France, cela a récemment été le cas pour des YouTubeuses qui évoquaient leurs règles ou le corps féminin dans des vidéos ne contenant pourtant aucune image choquante.

En l’absence de modération unique, PeerTube ne risque-t-il pas de voir proliférer les contenus pornographiques ou extrémistes, véritable fléau actuel pour les plateformes ? Comment la modération est-elle régie sur PeerTube ?

Chaque administrateur s’occupe de la modération au sein de son instance. En cas de poursuites judiciaires, la responsabilité est attribuée dans un premier temps à l’internaute qui a publié la vidéo, puis à l’hébergeur. Avec les logiciels libres, nous voulons redonner le pouvoir aux gens. Cela passe donc par un partage de responsabilité, qui permet de faire réfléchir davantage aux contenus publiés sur la Toile. Forcément, nous sommes conscients que certains utilisateurs pourront mal utiliser PeerTube… Pour autant, faut-il priver tous les autres internautes d’un espace d’expression ? Non. Nous ne sommes pas des anarchistes : nous ne souhaitons pas que Peer Tube devienne une jungle, où n’importe qui fait n’importe quoi. Mais nous voulons avant tout donner la possibilité aux gens de pouvoir s’exprimer librement sur Internet.

Pour attirer les utilisateurs, Peer Tube a besoin de contenu. Depuis mars, vous revendiquez déjà 32.000 vidéos en ligne et près d’un million de vues. En l’absence de monétisation, comment comptez-vous attirer les créateurs de contenus ?

Framasoft s’est toujours positionné comme étant antipub. C’est pourquoi il n’y a pas de monétisation par la pub prévue pour l’instant. En revanche, il est déjà possible de soutenir les créateurs grâce à des dons. Dès 2019, un plug-in sera disponible et permettra à chaque instance d’instaurer de la publicité, ou non, sur ses vidéos. Le choix sera laissé aux administrateurs. Évidemment, les YouTubeurs-stars comme Cyprien et Norman n’auront aucun intérêt à venir sur Peer Tube. Nous nous intéressons aux vidéastes déçus de YouTube, cherchant à maîtriser davantage leur outil de diffusion et leurs données.

Framasoft fédère naturellement un public technophile. Les compétences techniques requises pour créer une instance, ou proposer de nouvelles fonctionnalités, sont-elles un frein au recrutement de nouveaux utilisateurs ?

L’objectif de Peer Tube n’est pas de faire des millions de vues, mais de permettre de s’émanciper de YouTube. Côté utilisateur, mettre en ligne une vidéo sur Peer Tube est aussi simple et rapide que sur YouTube. Côté administrateur, il est vrai qu’il faut certaines connaissances techniques. La marche à l’entrée reste compliquée, mais pas insurmontable. Il est toujours possible de se regrouper pour demander un coup de main à un connaisseur, voire même, payer un développeur pour le faire à sa place.

Il y a un avenir pour les partis politiques (Hollande) ….et pour lui ?

Il y a un avenir pour  les partis politiques (Hollande) ….et pour lui ?

 

A coup de truismes Hollande s’est efforcée de démontrer qu’il y avait un avenir pour les parties politiques. Exemple « pour que les  parties aient un avenir, il faut qu’ils démontrent leur utilité »! La vérité c’est que François Hollande recherche désespérément un espace pour occuper  un rôle officiel dans la politique française. Du coup,  il ne cesse de multiplier les interventions sur tous les sujets y compris sur celui de la recomposition du parti socialiste. Malheureusement pour lui, au PS  aucun leader ne souhaite sa bénédiction tellement son image tellement l’image de l’ancien président de la république est dégradée. On se rappelle notamment de sa fameuse phrase du meeting du Bourget avant les élections : » l’ennemi c’est la finance «  ou encore l’anaphore célèbre devant Sarkozy : « moi président, moi, président ».  Autant de promesses qui n’ont pas été tenues parce qu’elles visaient uniquement à faire plaisir aux gogos. Dans la pratique, Hollande a fait à peu près le contraire de ce qu’il avait annoncé. Le problème pour lui c’est qu’il ne sait rien faire d’autre que de la politique. Il n’a même pas pris le recul nécessaire après. Bref il n’a rien compris mais il persiste. D’une certaine manière à travers Hollande c’est tout le drame du parti socialiste. “Je pense qu‘il y a encore un avenir pour les partis politiques mais à plusieurs conditions”, a-t-il dit lors d‘un colloque à l‘Assemblée nationale consacré à l‘ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy. Pour l‘ancien président de la République, qui a longuement vanté les mérites de la social-démocratie prônée par Pierre Mauroy, il faut d‘abord que les partis montrent “leur légitimité”. Ils doivent pouvoir “démontrer leur utilité”, qui n‘est pas de se substituer aux organisations caritatives ou aux associations, chacun devant “être dans son rôle et à sa place”. Les partis doivent également, selon lui, produire des idées, faire des propositions “pour que les choses avancent” et enfin démontrer “leur efficacité”.

Un parti politique, selon François Hollande, ne doit pas être seulement “un outil de conquête” mais “un lieu de formation, de réflexion, d‘explication et d’éducation”. Il doit être “un outil de renouvellement, de promotion, de diversité” et doit “montrer de la clarté et de la visibilité”. “Ça ne veut pas dire qu‘il ne puisse pas y avoir de débat, qu‘il n‘y ait pas plusieurs sensibilités, mais il ne peut pas y avoir de cacophonie. C‘est déjà tellement difficile de faire passer son message (…) de faire passer une idée, que si elle est contredite au sein même de l‘organisation, l‘objet même de la politique tombe”. François Hollande a fait face à la contestation permanente des “frondeurs” au sein du Parti socialiste et au sein du groupe PS de l‘Assemblée, sous la précédente législature, accélérant la chute de la formation socialiste.

Terrorisme : pour 92% des Français, la menace est élevée

  • Terrorisme : pour 92% des Français, la menace est élevée

21% des Français se sentent moins en sécurité depuis la levée de l’état d’urgence Selon une étude Ifop et  92% des Français considèrent la menace terroriste élevée.  »Le sentiment de menace est maximal. Les Français ont complètement intériorisé cette menace, avec une opinion extrêmement homogène », analyse Frédéric Dabi directeur général adjoint de l’Ifop. La menace est considérée particulièrement élevée pour les partisans de La République en Marche (96%), des Républicains (99%) ou du Front national (98%), alors qu’elle est plus basse chez ceux qui se disent proches du Parti socialiste (86%) ou de la France insoumise (83%). Mais les différences entre partis restent faibles.  »Tout se passe comme si les clivages entre droite et gauche, entre jeunes et vieux, habituellement suscités par la thématique de la sécurité avaient été cannibalisés, phagocytés par la question terroriste », poursuit Dabi. Le sondage interroge le sentiment de sécurité depuis la levée de l’état d’urgence remplacé pour une nouvelle loi antiterroriste. Sur ce point, le constat est moins positif pour le gouvernement. Si une grande majorité dit se sentir autant en sécurité qu’avant (73%), ceux qui se sentent moins en sécurité sont majoritaire (21%) par rapport à ceux qui se sentent plus en sécurité (5%).

 

«Ni Montebourg, ni Macron pour la gauche»

«Ni Montebourg,  ni  Macron pour la  gauche»


Dans une interview au Figaro Yves-Marie Cann directeur des études politiques d’Elabe, constate que Ni Macron, ni Montebourg ne parviennent à réunir une majorité à gauche.

 

Alors que François Hollande est de plus en plus bas dans les sondages, Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron se positionnent pour lui succéder. Quelles sont leurs stratégies respectives?

 

Yves-Marie CANN. – Pour Arnaud Montebourg comme pour Emmanuel Macron, mais ils sont loin d’être les seuls, l’objectif à terme c’est la conquête du pouvoir, celle du graal républicain qu’est la présidence de la République. Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit donc de préempter la figure du recours, de l’alternative à un François Hollande lesté par son impopularité et entraînant dans sa chute Manuel Valls. Les stratégies déployées pour atteindre cet objectif diffèrent toutefois sensiblement entre les deux hommes, tant par les mots utilisés que par les moyens employés.

Chassé du gouvernement fin août 2014, Arnaud Montebourg est aujourd’hui officiellement retiré de la vie politique, usant toutefois de la technique bien connue des cartes postales pour se rappeler au bon souvenir de ses camarades socialistes et du peuple de gauche. Il s’agit avant tout de ménager la possibilité d’un retour officiel en politique dans l’hypothèse où les astres lui seraient favorables. Ainsi affirme-t-il que «s’il y a des responsabilités à prendre dans une période où le pays s’interroge (…) je les prendrai». Politiquement, sa stratégie d’inscrit à gauche, par opposition à François Hollande et à son positionnement social-démocrate assumé.

Tel n’est pas le cas d’Emmanuel Macron dont le positionnement revendiqué comme «ni de gauche, ni de droite» pour son mouvement politique «En Marche!» a beaucoup fait parler et fait couler beaucoup d’encre. Non encarté au Parti socialiste, le ministre de l’Economie cherche ouvertement à dépasser les clivages partisans traditionnels, à faire bouger les lignes et à fédérer ses soutiens hors des appareils partisans classiques. N’écartant pas, lui aussi, une éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle, Emmanuel Macron prend toutefois grand soin à ne pas adopter la posture de l’opposant à François Hollande. C’est d’ailleurs toute l’ambiguïté de sa stratégie, Emmanuel Macron faisant entendre sa musique personnelle et semant précautionneusement ses petits cailloux tout en ménageant l’avenir.

 

Quels sont les atouts et leurs handicaps?

 

Au-delà des traditionnelles questions de popularité ou de potentiel électoral, j’identifie d’abord un handicap commun à Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron. Tous deux apparaissent en effet comme des personnalités relativement isolées à ce stade. Si l’ancien ministre de l’Economie et du redressement productif espère rallier à sa cause les députés socialistes frondeurs, tel n’est pas le cas aujourd’hui. De même, Emmanuel Macron est loin de faire l’unanimité, y compris jusqu’au sein du gouvernement, mais s’active pour fédérer autour de son mouvement une force militante et des élus qui seraient autant de relais essentiels pour l’avenir sur le terrain. D’ailleurs ne soyons pas dupes, cet isolement relatif explique en partie le fait que tous deux appellent aujourd’hui à dépasser d’une façon ou d’une autre les partis traditionnels. Le principal atout d’Emmanuel est incontestablement celui de la popularité. Celle-ci me semble toutefois très fragile à ce stade, le ministre de l’Economie profitant de sa jeunesse (38 ans cette année) et de son arrivée encore récente devant les projecteurs, ce qui lui permet d’incarner, aujourd’hui, de préempter la carte du renouvellement en politique. Toutefois, le temps joue nécessairement contre lui. L’argument de la jeunesse et du renouvellement ne tiendront qu’un temps, que doit mettre à profit Emmanuel Macron pour gagner en épaisseur politique, travailler sa stature et ses propositions, fédérer et mettre en réseaux ses soutiens pour disposer à l’avenir des relais nécessaires sur le terrain et pour peser sur le débat public. A défaut, il risquerait surtout de rejoindre le cortège des innombrables étoiles filantes en politique. Arnaud Montebourg a quant à lui pour principaux atouts son éloquence et un ancrage à gauche que nul ne conteste. Son passage au ministère de l’Economie lui a de surcroît permis de préempter la thématique du patriotisme économique, à laquelle se disent sensibles beaucoup de Français. Toutefois, ses talents de tribun, sa capacité à porter le verbe haut et plus globalement sa personnalité peuvent aussi constituer un handicap dans un contexte où la parole politique apparaît comme démonétisée ou pour le moins très affaiblie. Plutôt qu’une multiplication des promesses ou de grandes envolées lyriques, les Français attendent de leur élus des actes et davantage encore des résultats. La personnalité enflammée d’Arnaud Montebourg peut de surcroît agir tel un épouvantail et inquiéter une partie de l’électorat lorsque le style plus posé d’Emmanuel Macron me semble davantage en mesure de rassurer les Français.

 

Emmanuel Macron obtient de biens meilleurs sondages notamment grâce à une partie de la droite. S’agit-il d’une illusion d’optique?

La structure de popularité d’Emmanuel Macron s’avère aujourd’hui atypique puisqu’il recueille de meilleurs résultats parmi les sympathisants de la droite et du centre qu’auprès des sympathisants de gauche. Dans la dernière livraison de l’Observatoire politique Elabe pour Les Echos et Radio Classique, le ministre de l’Economie est ainsi crédité de 65% d’image positive à droite contre 45% à gauche. Des résultats pour le moins paradoxaux compte tenu du poste qu’il occupe au sein de l’exécutif et qui lui permettent d’être aujourd’hui la deuxième personnalité politique la plus appréciée des Français, après Alain Juppé.

Au moins en apparence, de tels résultats valideraient son positionnement revendiqué comme «ni de droite, ni de gauche». Toutefois, si le clivage gauche-droite a du plomb dans l’aile, notamment sous l’effet d’une indifférenciation croissante des politiques publiques et des échecs qui n’ont épargné aucun camp ces trente dernières années sur le terrain économique, ce positionnement n’est pas sans risques. La popularité d’Emmanuel Macron doit aujourd’hui beaucoup à sa jeunesse et sa capacité à incarner une forme de renouvellement, ce qui vaut qu’un temps, je l’ai déjà dit. Elle illustre aussi sa capacité à s’autonomiser par rapport au bilan de l’exécutif sur le plan économique. Mais elle s’explique aussi probablement par un effet de contraste par rapport au couple exécutif, Emmanuel Macron profitant de l’impopularité de François Hollande et Manuel Valls. Dès lors, qu’en restera-t-il en cas de défaite de la gauche à l’élection présidentielle? Rien n’est acquis, seul l’avenir le dira.

Arnaud Montebourg n’est-il pas mieux placé pour rassembler la gauche et notamment la gauche de la gauche?

Que pèse aujourd’hui la gauche de la gauche? Entre 10% et 15% de l’électorat, ce qui s’avère nettement insuffisant pour espérer une qualification au second tour d’une élection présidentielle. Davantage que rassembler la gauche de la gauche, l’enjeu est aujourd’hui de savoir quelle est la personnalité politique susceptible de rassembler sous son nom et son projet les principales composantes de la gauche alors qu’elles semblent aujourd’hui camper sur des positions inconciliables. A ce jour, ni Arnaud Montebourg ni Emmanuel Macron ne font l’unanimité à gauche ou du moins apparaissent en mesure de créer un relatif consensus, ce qui constitue à n’en pas douter une chance pour François Hollande.

SFR et Bouygues Telecom : l’arrogance prétentieuse pour argument

SFR et Bouygues Telecom :   l’arrogance prétentieuse pour argument

Il n’est pas impossible que Bouygues joue la montre pour faire monter les enchères surtout à la veille de l’attribution de nouvelles fréquences ( celles de la TNT) pour autant Drahi le patron de SFR nésite pas à utiliser l’arrogance comme argument. En gros plus tu me résistes et plus je vais te bouffer ! toujours les méthodes américaines ( que connait bien Drahi pour avoir travaillé aux Etats-Unis) . Avec uen philosophie « plus c’est gros plus ça passe ». Par exemple sur le maintien de l’emploi :  on garantit l’emploi dans les mêmes conditions qu’à SFR », en fait jusqu’en 2017, après on dégraisse, on délocalise. .Pour la fusion, c’est de l’ordre de 5000 emplois qui sosnt en jeu. On taille à la hache dans la masse salariale, chez les fournisseurs chez les sous traitants. Le modèle libéral sauvage et décomplexé qui plaît aux nouvelles élites fraichement passées du modèle culturel étatiste à celui de marchands de chiens. »Tout n’est pas à vendre » clamait mercredi 24 juin au micro de RTL Martin Bouygues à la suite de son rejet de l’offre de rachat de Bouygues Telecom par Altice, expliquant qu’il ne voyait pas comment Patrick Drahi, le patron du groupe Altice, maison mère de Numericable-SFR, « pourrait monter un financement sérieux et mettre en place des remèdes » qui seraient imposés par l’Autorité de la concurrence. Un argument que Patrick Drahi n’entend pas laisser passer. Dans un communiqué publié jeudi soir, l’homme d’affaires met plusieurs points au clair. Regrettant que le groupe de Martin Bouygues « n’ait cherché à obtenir la moindre précision ou explication sur son offre avant la présentation à son conseil d’administration », le groupe dévoile les détails de son offre à Bouygues qu’il a présentée dès le 3 juin et complétée le 21 juin. Sur le plan financier, Patrick Drahi explique que cette offre qui valorisait Bouygues Telecom « à 10 millions d’euros au minimum, soit environ 15 fois l’Ebitda », le résultat brut d’exploitation estimé par le groupe pour 2015, consistait en un paiement de 9 milliards avec plusieurs options pour le versement du complément. Bouygues pouvait soit se faire payer en cash à hauteur d’un milliard d’euros ou en titres Numericable-SFR assorti d’un bonus éventuel à horizon de trois ans. Le financement de l’opération était « intégralement assuré et sécurisé, sans condition, aux termes des lettres d’engagement jointes à la remise de l’offre de BNP, JP Morgan et Morgan Stanley », précise encore le groupe. Concernant le volet social, Altice indique qu’il s’était engagé à « maintenir l’emploi des salariés de Bouygues Telecom dans des conditions similaires à celles qui avaient été souscrites pour l’acquisition de SFR ». Lors de son acquisition de la filiale de Vivendi, Altice avait promis notamment de ne pas procéder à des suppressions d’emploi jusqu’en 2017. Concernant le risque réglementaire, Altice précise avoir « initié des contacts » avec les autorités compétentes et précédé ses demandes en entrant en négociations avec l’opérateur Iliad (Free) pour des cessions d’actifs. Enfin, Altice assure s’être engagé auprès du gouvernement à « continuer d’augmenter ses investissements, notamment dans le déploiement de la fibre » et à « participer pleinement à l’appel d’offres sur les fréquences 700 Mhz ». Ne vous inquiétez pas, mes équipes sont déjà reparties sur le terrain pour trouver des cibles.  Homme d’affaires aguerri, Patrick Drahi ne compte pas se laisser abattre par cet échec. Lors d’un dîner à l’École Polytechnique, dont il est issu, mercredi soir, il n’a pas manqué de réagir au refus de Martin Bouygues. « Ne vous inquiétez pas, mes équipes sont déjà reparties sur le terrain pour trouver des cibles. À défaut, je les garderai et les investirai dans les projets de l’école Polytechnique ! » a-t-il affirmé révèle Les Échos. Et le propriétaire de Numericable-SFR de lâcher en passant, comme pour prévenir Bouygues Telecom : « Moi, quand on me dit ce n’est pas possible, c’est le début du démarrage. C’est là que ça commence à m’énerver ! Plus on vous dit que ce n’est pas possible, plus cela veut dire que votre idée est bonne et qu’il va falloir aller de l’avant ».

 

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