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 » Réseaux sociaux: le danger populiste »

 » Réseaux sociaux: le danger populiste »

Grand reporter à la « Folha de Sao Paulo », la journaliste brésilienne Patricia Campos Mello a montré comment la désinformation en ligne a permis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Les « technopopulistes » ne sévissent pas qu’au Brésil,

(Entretien dans le Monde)

A 45 ans, Patricia Campos Mello est l’une des journalistes brésiliennes les plus brillantes de sa génération. Grand reporter à la Folha de Sao Paulo, elle a publié en 2018 une enquête qui a fait sensation, révélant une vaste campagne de désinformation en ligne ayant permis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Dans son dernier ouvrage, A Máquina do Odio (Companhia das Letras, non traduit), sorti en juillet, elle révèle les coulisses de son enquête et dresse un sombre portrait de l’état de la démocratie brésilienne.

 Pourriez-vous nous résumer ce que vous avez découvert lors de l’élection présidentielle de 2018, que vous qualifiez d’« élection de WhatsApp » ?

Patricia Campos Mello : Depuis plusieurs années, on voyait monter partout le débat sur la manipulation des réseaux par les leaders populistes, en Inde, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne… Mon journal m’a demandé d’enquêter sur le cas brésilien. En ligne, pendant la campagne, circulaient en effet une quantité phénoménale d’informations erronées, de messages insultants ou haineux, en particulier via WhatsApp, visant principalement la gauche du Parti des travailleurs (PT), et dont la source demeurait mystérieuse.

Ce que j’ai découvert, c’est que Jair Bolsonaro bénéficiait du soutien de plusieurs chefs d’entreprise, qui ont contacté (sans qu’on sache vraiment s’il leur a demandé ou non) plusieurs agences de marketing et financé de manière illégale cette « machine de la haine » en ligne. Les messages diffusés sur WhatsApp ont eu un fort impact : ils ont été reçus et partagés auprès de millions d’électeurs. Ils ont contribué à tendre un peu plus le débat politique et ont renforcé le rejet du PT, favorisant à l’évidence le candidat populiste : Bolsonaro.

Comment est née et comment fonctionne cette « machine de la haine » ?

PCM : Bolsonaro ne s’est pas réveillé en 2018 en se disant : « Tiens, les réseaux sociaux peuvent me faire gagner les élections. » Cela fait des années que lui et son équipe préparaient le terrain, recrutant des influenceurs en ligne, ouvrant des comptes sur Twitter, Instagram, Facebook… Bolsonaro a compris avant tout le monde le parti qu’il pouvait tirer des réseaux sociaux pour conquérir le pouvoir. En ce sens, il a été visionnaire.

Concrètement, cette « machine » fonctionne aujourd’hui de manière très décentralisée. Il existe un « point focal », le fameux « cabinet de la haine », géré par les assistants en communication de Jair Bolsonaro à Brasilia, ainsi que par ses fils, en particulier Carlos, qui détient les codes du compte Twitter de son père. Ce « cabinet » cible les ennemis à abattre, oriente les attaques.

 

GAFA : limite et danger d’une régulation « populiste »

GAFA : limite et danger d’une régulation populiste

Aurélien Portuese, Professeur, St Mary’s University London et Professeur associé en Droit Européen de la Concurrence au Global Antitrust Institute de la George Mason University (*) d’une régulation sous pression populiste des géants du numérique. Une vision évidemment libérale.

 

« Avec trois condamnations cumulant près de 10 milliards d’euros d’amende, Google est le résultat parlant d’une recherche toujours plus poussée des autorités à l’encontre des géants du numérique: après le temps de l’enthousiasme numérique où d’aucuns se félicitaient de la puissance des algorithmes, de l’ampleur de l’innovation digitale, et des services fournis gratuitement – voici venu ce qu’il est convenu d’appeler le « techlash » !

Sanctionnées, vilipendées, et bientôt démantelées? Les géants du numérique font l’objet de nombreuses pressions populaires que nos régulateurs et responsables politiques ont souvent bien du mal à  refreiner. Et pourtant ! L’histoire nous enseigne que la régulation de la concurrence devrait demeurer le domaine de l’expertise et de l’analyse économique plutôt que le domaine de l’opinion publique et l’instrumentalisation politique.

Aux origines populistes du droit de la concurrence

Avec la révolution industrielle que connurent les Etats-Unis dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’accumulation de capital dans les villes et l’émergence d’innovations telles que les chemins de fers ont conduit à des révoltes d’agriculteurs qui se sont révélées être politiquement influentes. Par ces révoltes, les agriculteurs ont pu exprimer leurs craintes face à ce qui était considéré alors comme une concurrence déloyale de ces conglomérats industriels – la productivité accrue conduisait également à une déflation des prix au détriment des agriculteurs et des petits commerçants. Ainsi, des plateformes programmatiques ont été élaboré au sortir desquelles, notamment, la lutte contre les monopoles et le contrôle des chemins de fers étaient mêlées à la revendication d’un argent libre pour tous (« Free Coinage of Silver »).

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Né aux Etats-Unis avec le Sherman Act de 1890, le droit de la concurrence tire ses origines de multiples mouvements populistes initiés par les agriculteurs – tels que le « Farmers’ Alliance » et le « Grange Movement ». Ces initiatives ont contribué à fonder en 1891 le « People’s Party« , aussi dénommé  « The Populists ». Avant cette législation fédérale, douze Etats (agraires) avaient déjà initié ce type de législation. La  formation d’un « trust » (soit, un cartel) par Rockefeller en 1879, le « Standard Oil Trust » ayant des ramifications sur plusieurs Etats, a convaincu le Congrès d’introduire une législation « anti-trust » au niveau fédéral. Proposée par le républicain John Sherman, cette législation fédérale adoptée en 1890 était destinée à protéger les « petits commerces et les honnêtes hommes», comme l’interprètera en 1897 la Cour Suprême, contre les grandes entreprises et leurs excès.

Il est alors évident que les origines du Sherman Act, et du droit de la concurrence tel qu’il a influencé sa transposition en Europe des décennies plus tard, sont éminemment populistes : une lutte contre les grandes entreprises et une défense des petits commerçants comme choix politiques sans pour autant exiger une démonstration des méfaits économiques à imputer à ces grandes entreprises.

Les dangers d’un populisme dans la concurrence

La concurrence dans la société est souhaitable pour son efficacité économique (des prix bas, des entreprises compétitives et une innovation accrue) et pour le processus qu’elle engendre : un esprit entrepreneurial récompensant les mérites économiques des entreprises florissantes et sanctionnant les entreprises en décalage avec les besoins des consommateurs. Or, cette justification économique n’est pas partagée par la vision populiste de la concurrence. Le populisme dans la  concurrence perçoit le besoin d’organiser le marché par l’Etat afin qu’il y ait un nombre suffisant d’entreprises à tailles égales afin que ces entreprises puissent réellement se concurrencer entre elles : seul un nombre suffisant d’entreprises garantit la déconcentration économique et politique du pouvoir détenu par les entreprises. Cette vision a historiquement conduit non seulement à sanctionner des pratiques efficientes ne créant aucun dommage pour les consommateurs, mais également à démanteler des entreprises pour la seule raison qu’elles avaient acquis une taille trop importante.

Premièrement, des comportements tels que la pratique des prix minimums aux distributeurs, la pratique des restrictions imposés par le fournisseur à ses distributeurs, la fusion entre petites entreprises, la vente à prix bas par des entreprises dominantes…ont été considérés comme illégales car renforçant l’entreprise dominante, sans nécessité de démontrer au préalable que les consommateurs étaient lésés. Deuxièmement, le démantèlement d’entreprises – néanmoins rarissimes dans l’histoire – s’est toujours soldé par des échecs. Il y a trois expériences de démantèlement d’entreprises : Standard Oil en 1911, AT&T en 1984, et Microsoft en 2000. Standard Oil une fois démantelé en 34 entreprises, aucune de ces entreprises n’a pu survivre sans être rachetée (pour donner naissance à des entreprises comme Exxon Mobil, BP PlC, Chevron Corporation…) et aucune baisse de prix n’a été démontrée. Après 10 ans d’investigations et une fois AT&T démantelé en huit entreprises de téléphonie, la baisse des prix a principalement été le fait d’innovations comme l’émergence de la téléphonie sans fil sans pour autant éviter la constitution aujourd’hui d’un duopole entre Verizon et AT&T. Surtout, le réseau physique de téléphonie mobile était considéré comme monopole naturel. Enfin, le régulateur américain a échoué à démanteler Microsoft par un jugement d’appel qui a simplement exigé que Microsoft agisse sans discriminer les concurrents de ses produits Windows. Par conséquent, toute tentative de démanteler les géants du numérique (ou « GAFA » pour Google, Amazon, Facebook et Apple) serait fondée sur des motifs hasardeux, ne saurait être qu’une mesure de dernier recours, et prendrait des années d’investigations pour un échec probable quant aux bienfaits pour les consommateurs et pour l’innovation espérée.

La nécessaire « économisation » de la régulation de la concurrence

Commencé dans les années 70s aux Etats-Unis et dans les années 2000 en Europe, l’approche économique – plutôt que politique voire populiste – de la concurrence a consisté à questionner les interdictions de comportements d’entreprises par le prisme de l’efficacité économique : désormais, seuls seront interdits les comportements qui ne concourent pas à l’efficacité économique du marché. Cette efficacité est alors mesurée par l’accroissement ou pas du bien-être du consommateur par la pratique concernée. A contrario, seront sanctionnés les comportements pour lesquels un dommage aux consommateurs sera démontré (prix élevé ou qualité réduite du fait de cartels ou d’abus de position dominante). Ainsi, les synergies entre entreprises pour des gains d’efficience peuvent désormais être acceptées, les fusions pour une meilleure productivité bénéficiant aux consommateurs sont encouragées, les relations contractuelles entre fournisseurs-distributeurs sont libres dès lors qu’elles ne se font pas au détriment des consommateurs.

L’organisation de nos économies autour de nouveaux « business models », principalement l’économie digitale autour des plateformes, était rendu possible. Ainsi, les stratégies d’intégration verticales des entreprises dans lesquelles des écosystèmes digitaux se créent ont bénéficié de la bienveillance du régulateur.

De même, l’essor de l’économie du gratuit dans laquelle l’utilisateur final ne paie pas le service financé par les publicitaires était rendu tout autant possible par le jeu complexe d’obligations contractuelles réciproques dans lesquelles l’échange de données personnelles a remplacé le paiement d’un prix. Il n’est pas anodin que la grande période d’innovation digitale, à savoir 1995-2015, s’est accompagnée – si ce n’est a été facilitée – par une économie de la concurrence à la fois aux Etats-Unis et en Europe où seuls les dommages prouvés aux consommateurs étaient sanctionnés et où le pouvoir de marché était perçu comme la condition sine qua non à l’émergence de ces plateformes de réseaux.

Inquiets de la taille de certaines entreprises du numérique et invoquant l’héritage populiste du Sherman Act, certains auteurs appellent désormais à revenir entièrement sur l’économisation de la régulation de la concurrence qui a émergé depuis les années 70s. Se revendiquant explicitement comme étant populistes, ces auteurs appellent à démanteler les GAFA. Ces appels au démantèlement de Google, Facebook, Amazon ou encore Apple interviennent non pas après avoir démontré l’inefficacité de sanctions potentielles ni même après avoir démontré  la réalité de dommages aux consommateurs, mais seulement comme volonté de faire émerger des plus petites entreprises digitales afin que le pouvoir économique et politique soit déconcentré : dans la lignée de l’historique populiste de la défense des petits entrepreneurs, ce populisme moderne auto-proclamé comme « Antimonopoly Movement » entend restructurer les marchés conformément à une démocratie dite « économique » et à un objectif d’intérêt général plus ambigu que la stricte défense du bien-être des consommateurs.

Avec leurs profitabilité et leurs capitalisations importantes, les géants du numérique sont les Standard Oil du XXIe siècle : des cibles de choix pour dénoncer la concentration économique et politique des pouvoirs et défendre ainsi les entreprises potentiellement empêchées de se développer en raison de la taille des géants du numérique. Avec cette analyse dans la lignée de l’héritage populiste du Sherman Act, et sans même démontrer le pouvoir de marché, l’absence d’innovation et/ou la qualité décrue des services offerts (souvent gratuitement), cette école de pensée néo-populiste s’attire néanmoins les faveurs à la fois de l’opinion publique et de responsables politiques en mal d’élaborer un programme économique populaire.

Aux mêmes causes, les mêmes conséquences : l’abandon d’une jurisprudence ayant conduit à interdire des comportements pourtant bénéfiques pour les consommateurs a été l’aboutissement de longues années de débats académiques ayant fini par convaincre de démontrer les erreurs commises dans le passé. Ainsi, revenir sur l’ « économisation » de la concurrence à la faveur d’une vision plus politique de la concurrence reviendrait à commettre les mêmes erreurs du passé – au détriment des consommateurs qui en paieraient les coûts indus. La passion populiste, quoique séduisante et engageante, ne saurait prévaloir sur une analyse raisonnée, experte et détachée, de l’économie de la concurrence.

« C’est une erreur de croire que la passion, quand elle est heureuse et pure, conduit l’homme à un état de perfection ; elle le conduit simplement à un état d’oubli » avançait Victor Hugo.

Cette passion populiste nous conduit à l’oubli – l’oubli des erreurs du passé et l’attrait pour des solutions éprouvées.

Résister à l’appel du pied d’un populisme dans la concurrence, c’est résister à toute forme de populisme dans la société – où la réflexion médiate est souvent plus juste que l’intuition immédiate, où l’expertise n’est pas sacrifiée sur l’autel du ressenti majoritaire, où l’économie revêt les attributs d’une science plutôt que les traits de la méfiance.

Résister en Europe à la vision populiste à l’endroit des géants du numérique, c’est aussi encourager l’émergence en Europe même d’entreprises digitales capables d’évoluer et de les concurrencer. Voilà un objectif de politique économique enthousiasmant loin de l’instrumentalisation politique d’une concurrence dévoyée !

(*) Par Aurélien Portuese, Professeur, St Mary’s University London ; Professeur associé en Droit Européen de la Concurrence au Global Antitrust Institute de la George Mason University ; Chercheur affilié à l’Université Catholique de Paris. Cet article fait écho à la publication académique co-écrite avec Pr. Joshua Wright « Antitrust Populism : Towards a Taxonomy » publié au Stanford Journal of Law, Business & Finance (Mars 2020) et nominé pour un Prix chez Concurrences. Aurélien Portuese a également bénéficié d’un financement de l’Académie libre des sciences humaines.

La France un peu seule face au populiste et dangereux Erdogan

 La France un peu seule face au populiste et dangereux  Erdogan

 

L’essayiste, Hadrien Desuin, essayiste*, analyse dans une interview au Figaro les raisons qui poussent Erdogan conflits notamment face à la France qui se trouve un peu isolé à l’intérieur de l’union européenne et de l’OTAN

Hadrien Desuin est responsable des questions internationales à la fondation du pont-neuf.


La France a-t-elle raison de soutenir résolument la Grèce et Chypre face à la Turquie, au risque de compromettre ses relations avec l’Allemagne?

Hardien DESUIN.- En ces temps difficiles, nous avons la flatteuse impression que la France sauve l’honneur de l’Europe. Les pays du nord et de l’est du continent sont aux abonnés absents, obnubilés qu’ils sont par leur désir de refouler la Russie avec l’aide des États-Unis. Dans cette traditionnelle rivalité américano-russe, la Turquie se situe habilement entre les deux. Forte de cette position centrale, elle se permet de jouer les matamores en Méditerranée avec une arrogance vis-à-vis de la France inédite. Elle devrait toutefois se rappeler que, si ses forces conventionnelles sont peut-être quantitativement supérieures aux nôtres, la France est une puissance nucléaire qui ne supportera pas d’être agressée.

La Turquie viole régulièrement et systématiquement la souveraineté maritime et terrestre de la Grèce et de Chypre, exactement comme la Chine viole la souveraineté de ses voisins en mer de Chine orientale. L’Asie du Sud-est peut nous paraître légitimement éloignée, mais la Méditerranée nous concerne directement. Si la France et ses alliés méditerranéens n’agissaient pas maintenant, on laisserait progressivement la Turquie s’autoproclamer gardienne de nos frontières maritimes. Or la liberté et le droit en Méditerranée ne peuvent pas être concédées à un autocrate islamiste en pleine dérive nationaliste et religieuse.

L’Allemagne cherche une position d’arbitre qui n’est d’aucune utilité dans ces moments de tensions extrêmes où l’Europe joue sa survie et sa crédibilité.

L’Allemagne est depuis 1945, une puissance pacifiste et c’est heureux. Ne cherchons pas à tout prix à la remilitariser. Elle est malheureusement otage de sa forte minorité turque. Si d’aventure, elle s’alignait sur la diplomatie militaire française, Angela Merkel mettrait le feu à ses propres terres. Il se trouve que Berlin préside pour six mois l’Union européenne et que la présidente de la commission européenne est une ancienne ministre de la défense allemande, très proche de Merkel. C’est un autre élément à prendre en compte. L’Allemagne cherche une position d’arbitre qui n’est d’aucune utilité dans ces moments de tensions extrêmes où l’Europe joue sa survie et sa crédibilité. Au contraire, renvoyer dos à dos la France et la Turquie est un mauvais coup de la part de nos alliés allemands. Mais au moins cette crise permet-elle de reconnaître qui sont nos vrais amis et sur qui on peut compter en cas de coup dur. Certainement pas l’OTAN, dont la Turquie est membre.

Est-ce un nouveau coup porté au projet d’une diplomatie européenne?

Il n’y a jamais eu de diplomatie européenne proprement dite. Il ne peut d’ailleurs pas en avoir. Des coalitions ad hoc sur tel ou tel sujet ou tel ou tel programme sont possibles et souhaitables comme l’excellente initiative française Med 7 l’a montré samedi à Ajaccio. Mais n’oublions jamais que la construction européenne a renoncé à toute ambition stratégique dès sa fondation. Elle s’est même construite pour cela. Son objectif, dès la fin des années 40, est de maintenir la puissance américaine sur son sol, justement pour ne plus jamais avoir à connaître ou faire la guerre. Hormis la France du général de Gaulle, les autres pays européens se sont mis d’accord pour déléguer leur direction politique et militaire à leur envahissant protecteur américain. L’impensée de l’Union européenne, c’est que les États-Unis puissent nous laisser à notre sort comme ils l’avaient fait en 1914 et en 1940. Or l’Amérique se lasse depuis des décennies d’assurer sa coûteuse tutelle en Europe. Bien qu’elle en profite pour refouler la puissance militaire russe, elle voudrait plus d’argent et moins de discussions avec les alliés.

Si nous laissions Erdogan avancer, ne serait-ce que de quelques kilomètres, c’est toute la Méditerranée et les Balkans qui pourraient basculer.

Faut-il prendre au sérieux les menaces d’Erdogan?

Erdogan est un pur populiste. Il a toujours fonctionné à l’invective et à l’outrance publique pour conserver sa popularité dans les classes populaires. Or il se trouve en difficulté sur à peu près tous les fronts, 20 ans après son arrivée au pouvoir. Ses conquêtes en Syrie et ses opérations en Libye sont un défouloir, plus ou moins réussi, qui a pour but de détourner l’opinion publique des échecs économiques et politiques de son président. Au passage, Erdogan fait miroiter un destin grandiose à son peuple , celui de lui redonner le poids qu’il avait à son apogée, au XVIème siècle. Or la livre turc est au plus bas, il a perdu la municipalité d’Istanbul, son ancien premier ministre et conseiller diplomatique, Ahmet Davutoglu attaque son bilan et son hégémonie.

Erdogan est donc de plus en plus dépendant de la frange la plus nationaliste et la plus extrémiste de la politique turque, le MHP, et en arrière plan, les très influents « Loups gris ».

Erdogan est donc de plus en plus dépendant de la frange la plus nationaliste et la plus extrémiste de la politique turque, le MHP, et en arrière plan, les très influents «Loups gris». Cet islamo-nationalisme turc qui exalte à la fois la grandeur du califat ottoman mais aussi l’unité et la centralisation militaire construite sous Mustafa Kemal, est évidemment à prendre avec le plus grand sérieux. Il ne faut pas minimiser ce que le président turc a fait de Sainte-Sophie et de Saint-Sauveur. L’islamisation de l’Europe est son programme. L’épuration ethnique et religieuse en Turquie a connu des précédents avec les Arméniens, les Grecs et les Kurdes. Si nous laissions Erdogan avancer, ne serait-ce que de quelques kilomètres, c’est toute la Méditerranée et les Balkans qui pourraient basculer.

*Hadrien Desuin est responsable des questions internationales à la fondation du pont-neuf.

Brexit: Boris Johnson ou la solitude du populiste fou

Brexit: Boris Johnson ou la solitude du populiste fou

 

 

Comme Trump sans doute, Boris Johnson va être contraint de réduire l’action politique à la publication de tweets sans aucune conséquence sur sa politique. En effet, Boris Johnson vient d’être battu sur l’essentiel par le Parlement. D’une part les communes ont refusé une sortie du Brexit  sans accord mais ils se sont aussi opposés à l’organisation de nouvelles élections. Pour résumer Boris Johnson a joué toutes ses cartes et il a perdu. En outre,  il ne peut plus prendre d’initiatives parlementaires puisqu’il a mis en congé ce même Parlement ! Notons que la reine a signé la loi autorisant le report de la date du Brexit. Boris Johnson qui ne cesse de courir après son nombre populiste se retrouve complètement seul et sans perspective politique.

Deux portes se sont fermées, dans la nuit de lundi. Celle du Parlement, «suspendu» pour plus d’un mois sur une décision de Boris Johnson qui a enflammé la scène politique. Et celle qui ouvrait sur un Brexit sans accord au 31 octobre, qu’un texte porté par l’opposition a rendu impraticable. Même si le premier ministre semble vouloir garder un pied dans le battant, pour réussir ce Brexit «coûte que coûte» à la date butoir. On pourrait ajouter la fermeture d’une troisième porte, celle qui pouvait mener à des élections anticipées avant la fin du mois d’octobre, comme le voulait le premier ministre.

 

Sans surprise, les parlementaires ont repoussé cette nuit la demande du gouvernement de voter en faveur d’élections législatives anticipées à court terme. Ils avaient déjà repoussé cette même requête la semaine dernière. Boris Johnson voulait un scrutin le 15 octobre, afin de se donner une nouvelle majorité – perdue la semaine dernière – et avoir bride lâche pour mener à bien sa stratégie de Brexit. Mais l’opposition le soupçonne de vouloir la manipuler pour forcer un Brexit sans accord.

 

Gilets jaunes: l’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

Gilets jaunes:  l’hystérisation du débat entre réactionnaires condescendants et populistes primaires

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que le débat manque de sérénité pour aborder les problèmes majeurs de la société en France. Certes la plupart des Français ne tombent  pas dans le piège de l’affrontement stérile et simplificateur mais force est de constater que les médias mettent surtout en valeur les propos des réactionnaires condescendants face à ceux des populistes primaires. Parmi les élites médiatiques, on compte nombre de réactionnaires condescendants qui estiment que les gilets jaunes par exemple doivent maintenant se taire, qu’ils ont été assez entendus puisqu’on leur a accordée presque 10 milliards. Une espèce de réflexe corporatiste des élites (ou de ceux qui croient en faire parti parce que médiatiquement connus). La remise en cause d’une parcelle de l’autorité de ces élites prend soudain des allures de faction ou de révolution. Et de s’appuyer sur la légitimité d’une élection dont pourtant chacun sait qu’elle est surtout le résultat d’une opposition au Front National et non d’une adhésion à l’ultra libéralisme de Macron. Pour preuve, ces élites refusent toute perspective d’une nouvelle consultation électorale par exemple concernant l’assemblée nationale. Une hypothèse qui serait pourtant susceptible de donner une légitimité incontestable à la majorité qui en sortirait. Du coup, on accuse les opposants au pouvoir de tous les maux notamment les gilets jaunes. C’est tout juste s’ils ne sont pas responsables de la dégradation de la croissance qui pourtant a commencé début 2018 et qui s’affaisse dans le monde entier haut au point peut-être de frôler la récession. En face des populistes primaires qui ont sans doute raison de se plaindre de la situation sociale des plus défavorisés mais dont  l’argumentation ne résiste pas à la moindre analyse. En cause, l’ignorance de la problématique économique, le manque d’expérience politique et l’absence de passé social. Du coup, on attaque tout en vrac mais sans mettre le doigt sur les vrais facteurs explicatifs de la mauvaise gestion du pouvoir en place (exemple l’absence d’évaluation du CICE qui aura coûté 40 milliards sur une année dont on ne connaît pas ni les effets économiques ni les effets sociaux). Bref une gestion macro-économique à la louche qui fait abstraction des spécificités des branches voir des zones géographiques. L’affrontement se caractérise alors par une violence verbale nourrie d’idéologies. Le problème c’est que le gouvernement lui-même n’est pas incapacité de rétablir un minimum de sérénité et d’élever le débat. Au contraire, il utilise aussi l’anathème et la provocation comme les extrémistes populistes qui se réfugient dans le simplisme. De ce point de vue, le débat direct voulu depuis le début de mandat entre Macron et les citoyens constituent une catastrophe et une caricature de démocratie.

Italie: le populiste Luigi Di Maio Premier Ministre ?

Italie: le populiste Luigi Di Maio  Premier Ministre ?

 

Ce qui parait probable c’est que l’instabilité politique va sans doute s’installer en Italie. En effet,  le leader du mouvement populiste très confus « 5 étoiles » pourrait bien être chargé de former le gouvernement. Son parti vient nettement en tête mais il lui faudrait trouver des alliés, tâche qui n’est pas évidente. Compte-tenu des contradictions de ce parti, le risque c’est que le nouveau gouvernemenet ne dure pas très longtemps.  La coalition des droites réclame aussi ce poste de Premier ministre. Mais doit aussi trouver des alliances. Dans cet objectif Berlusconi promet d’aider la Ligue à former un gouvernement.   L’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, dirigeant du parti de centre droit Forza Italia, s’est engagé mercredi à appuyer les efforts de Matteo Salvini, chef de la Ligue, formation eurosceptique et anti-immigration, en vue de former un gouvernement en Italie après le scrutin du 4 mars. “Dans le respect total de nos accords, nous soutiendrons loyalement les efforts de Salvini pour former un gouvernement”, a déclaré le Cavaliere, 81 ans, dans une interview au Corriere della Sera. “Pour ma part, en tant que chef de FI (Forza Italia), je suis là pour le soutenir, pour garantir la solidité de la coalition et pour tenir nos engagements auprès des électeurs”, a-t-il ajouté. Si le bloc de droite est arrivé en tête aux législatives de dimanche, avec environ 37% des voix, la surprise est venue du parti de Matteo Salvini. Au sein du bloc, c’est la Ligue qui a obtenu le meilleur résultat, autour de 17%, devant Forza Italia, 14%. Le reste se partage entre Frères d’Italie (extrême droite) et le petit parti libéral Noi Con l’Italia. Ces quatre formations se sont entendues durant la campagne électorale pour que le chef du parti arrivé en tête dirige le prochain gouvernement. Prié mardi de dire s’il était disposé à laisser émerger une candidature plus rassembleuse que la sienne pour la présidence du Conseil, Matteo Salvini, 44 ans, a répondu “non”. Il avait déjà estimé lundi “avoir le droit de gouverner l’Italie”. Le scrutin a débouché sur un parlement sans majorité et les tractations pour former un gouvernement pourraient prendre des semaines, voire des mois. La Ligue et le mouvement anti-système 5 étoiles (M5S), qui est devenu le premier parti du pays, affirment l’un et l’autre que le chef de l’Etat italien doit nommer son propre dirigeant président du Conseil. Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, à peine âgé de 31 ans, revendique aussi la tête du prochain gouvernement et a exposé ses priorités – combat contre la pauvreté et le chômage, réduction des dépenses publiques, baisse des impôts pour les entreprises et lutte contre l’insécurité. “Les hommes politiques doivent cesser d’être arrogants et apprendre l’humilité”, a-t-il dit à La Repubblica de mercredi. “Ce scrutin a une énorme importance et marque un changement radical avec le passé.” Selon un sondage rendu public par la chaîne de télévision La7, 40% des Italiens souhaitent que le président Sergio Mattarella charge Luigi Di Maio de former le prochain gouvernement. Seuls 21% soutiennent Matteo Salvini. Le chef de l’Etat ne devrait pas entamer ses consultations officielles avant le mois prochain. Bien que grand perdant des élections, le Parti démocrate, qui a recueilli moins de 23% des voix dans le cadre d’une coalition de centre gauche, pourrait toutefois se retrouver en position de “faiseur de roi” et faire pencher la balance en faveur de Di Maio ou de Salvini. Le dirigeant du Parti démocrate, Matteo Renzi, a annoncé qu’il allait démissionner, après la lourde défaite de sa formation.

« Le bavardage populiste de Wauquiez » (Raffarin)

« Le bavardage populiste de Wauquiez » (Raffarin)

Jean-Pierre Raffarin s‘est dit choqué, sur RTL, par un “bavardage populiste”, “un amalgame entre des mots grossiers, des idées simplistes et puis des attaques personnelles.” “J‘appelle Laurent Wauquiez à plus de sagesse, de calme”, a-t-il poursuivi. “C‘est une faute de comportement, une faute d‘attitude. J‘espère que ce n‘est pas une dérive de brutalité”. “Je reste aux Républicains, a-t-il expliqué, parce que le vrai débat politique, nous allons l‘avoir sur la ligne européenne.” “Il est clair que c‘est la réforme démocratique de l‘Europe telle que l‘a envisagée Emmanuel Macron qui me paraît être aujourd‘hui la ligne de réforme à partir d‘une inspiration franco-allemande”, a dit Jean-Pierre Raffarin. “Si naturellement les Républicains s‘engageaient dans une voie souverainiste, populiste, qui tourne le dos à l‘Europe, il est clair que nous serons dans cette affaire – tous ceux qui ont un esprit un plus central – avec ceux qui défendent” l‘Europe, a-t-il précisé, ajoutant qu‘il trancherait “à la fin de l‘année”.

Congrès PS : coup d’État» (Batho) ; populiste répond Lienemann

Congrès PS : coup d’État» (Batho) ;  populiste répond  Lienemann

Comme d’habitude ça vole bas au parti socialiste quand il s’agit de prendre le pouvoir de l’organisation. Le pire c’est quand deux oligarques comme Delphine Batho et Noël Lienemann s’interpellent. L’une comme l’autre n’ont pratiquement jamais travaillé et ont suivi le cursus classique organisation d’étudiante socialisante puis conseiller politique puis élu et membre de la direction du PS. L’une comme l’autre connaissent toutes les arcanes du fonctionnement du parti d’élus que constitue l’PS où ce n’est pas la démocratie qui domine. Delphine Batho considère que la direction du PS est une sorte de petite mafia qui veut lui interdire la candidature comme première secrétaire. Elle menace même de demander l’arbitrage de la justice. Ce à  quoi Lienemann qui soutient un autre candidat répond qu’il s’agit d’un déni de démocratie de la part de Batho qui en outre n’en fout pas la rame au bureau national. On se demande ce que peut bien faire Noël Lienemann aussi bien au bureau national qu’au Sénat. Usée par les travaux guerriers des tendances, elle n’est pas même capable de prononcer une seule phrase un peu structurée mais ses gazouillis demeurent toujours radicaux. Justement le populisme qu’elle reproche à Delphine Batho. En réalité elle a beaucoup évolué passant des rocardiens à la gauche du PS puis chez les frondeurs. Un slalom qui lui a permis d’exister politiquement pendant toute sa carrière politique avec tous les avantages qui sont liés. On peut être révolutionnaire savoir compter ses sous ! Renouveler comme sénatrice elle est assurée dans l’emploi jusqu’à près de 75 ans. On a les révolutions qu’on peut au parti socialiste. Et ces joutes entre oligarques témoignent de l’état de décomposition d’un parti de professionnels qui hormis leur discours entretiennent des relations approximatives avec les réalités économiques et sociales.

Allemagne : percée de la droite populiste dans trois régions

Allemagne : percée de la droite populiste dans trois régions

La politique de Merkel a été nettement sanctionnée lors d’élections régionales. Des élections régionales qui se traduisent par un recul du parti de Merkel la CDU et aussi l’entrée du parti populiste s dans les trois parlements régionaux concernés. En cause notamment les contradictions de la politique migratoire de Merkel qui dans un premier temps à largement ouvert les portes de l’Allemagne en autorisant l’installation d’un million de migrants en 2015 puis qui a demandé ensuite à la Turquie de bloquer les flux contre rémunération. Bref une politique à la fois hasardeuse et contradictoire. Cette sanction dans les urnes aura vraisemblablement un impact sur l’évolution de la politique menée par Merkel en matière d’immigration bien sûre mais au-delà aussi car on constate en Allemagne un phénomène de lassitude à l’égard des partis établis au pouvoir actuellement. D’une manière générale l’Allemagne n’échappe donc pas à la montée du populisme constaté dans la plupart des pays d’Europe  La droite populiste allemande AfD a effet effectué une percée lors de trois scrutins régionaux dimanche. Le mouvement Alternative pour l’Allemagne a recueilli entre 12,4% et 24,3% des voix lors des trois scrutins pour les parlements régionaux, selon des résultats partiels, du jamais vu dans une élection de ce type dans l’Allemagne d’après-guerre. Dans deux Etats l’AfD devance le parti social-démocrate.  Les populistes entrent ainsi dans les trois parlements régionaux. Les conservateurs de la chancelière Angela Merkel sont battus en particulier dans leur fief historique du Bade-Wurtemberg (ouest), devancés par les Verts, et en Rhénanie-Palatinat, où les sociaux-démocrates du SPD arrivent en tête. En Saxe-Anhalt, dans l’ancienne Allemagne de l’Est, la CDU reste le premier parti avec 29,8% des suffrages mais l’AfD recueille 24,2%.  L’Allemagne a ouvert ses portes à plus d’un millions de réfugiés l’an dernier. Contestée pour sa politique de la main tendue aux réfugiés, Angela Merkel a multiplié les meetings électoraux et les interventions dans les médias ces dernières semaines.  Il y a encore un an, personne n’aurait parié sur le retour de l’AfD. Ce jeune parti europhobe avait pour ainsi dire disparu de l’échiquier politique après quelques succès électoraux pendant la crise de l’euro. Pour Hendrick Träger, politologue à l’université de Leipzig.  « Bien sûr, l’AfD tire profit de la crise des réfugiés, mais plus largement du mécontentement d’une part de la population vis-à-vis des partis établis. C’est comparable à ce qu’incarne le Front national en France. L’AfD se présente aussi comme une alternative au système ».

Elections Suisse : hausse de la droite populiste

Elections Suisse : hausse  de la droite populiste

 

La poussée de la droite aux élections législatives semble se confirmer en Suisse ce dimanche après la clôture du vote. La question de l’immigration a, il faut dire, constitué la première préoccupation des électeurs. L’UDC, la droite populiste suisse anti-immigration devrait ainsi occuper le tiers des sièges du Conseil National, selon une projection de l’agence suisse ats. L’Union Démocratique du Centre gagnerait 11 élus, avec au total 64 représentants à la chambre basse du parlement qui compte 200 élus. Il battrait son meilleur score en 2007 avec 62 élus. La projection porte sur des résultats définitifs sur 13 cantons et sur les projections pour 11 autres. Il y a au total 26 cantons. Dans la chambre sortante élue en 2011 l’UDC occupait 54 sièges. « Un thème a été malheureusement très dominant dans la campagne« , s’est lamenté à la télévision une candidate socialiste, Rebecca Ruiz, en référence aux débats sur les réfugiés et l’immigration, thèmes favoris de l’UDC. « Les gens ont voté guidés par la peur« , a-t-elle estimé. L’autre parti de droite, les libéraux du PLR, le parti des libéraux radicaux, obtiendrait 5 élus de plus (30 sièges dans la chambre sortante). Le parti socialiste (PS), second parti du pays, en perdrait 3 (46 sièges dans la chambre sortante). Les Verts perdraient 4 sièges et les Verts-Libéraux en perdraient 6. Le vote par correspondance, adopté par la plupart des électeurs, était ouvert depuis deux semaines.




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