Archive pour le Tag 'populaire'

L »Union populaire », ratatinée de Mélenchon

L »Union populaire », ratatinée de Mélenchon

 

En mal d’union avec les autres forces de la gauche, Mélenchon décide de lancer sa propre union populaire. En fait une union populaire relativement ratatinée puisque l’intéressé a perdu plus de la moitié de ses anciens soutiens de 2017. Il s’agirait plutôt de sauver les meubles car les insoumis ne recueillent aujourd’hui qu’autour de 9 % des suffrages devançant tout juste les écologistes qui pourraient d’ailleurs bien passer devant. Derrière, le parti socialiste, les communistes et autres gauchistes font cavalier seul.

 

L’union populaire serait une nouvelle maison ouverte pour faire campagne avec une volonté de changement dans la forme comme sur le fond. Le problème c’est que Mélenchon n’incarne plus ce renouvellement et qu’il s’enfonce contraire dans une forme de radicalité typique des citadelles assiégées. L’ouverture du débat démocratique ne saute pas aux yeux avec Mélenchon dont le parti relativement cadenassé autour de sa personnalité.

. « Beaucoup de gens ont quitté la FI en partie pour le manque de débats et de démocratie interne », estime certains anciens proches de Mélenchon. » L’union populaire » va sans doute récupérer ici ou là quelques gauchistes des syndicats, de l’écologie ou encore du parti socialiste. Quelques bobos aussi. Un ralliement qui ne fait pas une union réellement populaire. La vérité sans doute ce que les insoumis ne pourront éventuellement évoluer qu’après le départ d’un Mélenchon largement usé par les joutes politiques illusoires.

2022 : bloc élitaire contre bloc populaire ? ( Jérôme Sainte-Marie)

2022 : bloc  élitaire contre bloc populaire ? ( Jérôme Sainte-Marie)

 

Jérôme Sainte-Marie, président de la société d’études et de conseil Polling Vox : « Est-ce que Zemmour peut attirer durablement le vote populaire ? Il s’intéresse à l’économie pour les catégories bourgeoises, il leur promet beaucoup, et il ne promet rien aux catégories populaires, sauf d’arrêter l’immigration. »(L’opinion , extrait)

 

Marine Le Pen est passée en dessous de la barre des 20 % ces derniers jours dans les sondages, tandis qu’Eric Zemmour s’est hissé entre 10 % et 13 %. Est-ce le début du délitement du « bloc contre bloc » que vous avez théorisé, bloc élitaire contre bloc populaire ?

Dans les derniers sondages, Marine Le Pen conserve un soutien très fort parmi les classes populaires, et notamment chez les ouvriers : plus de 40 % d’entre eux votent Le Pen au premier tour, contre seulement 3 % des cadres. Cette baisse très sensible de Marine Le Pen chez les cadres, correspond à leur départ chez Eric Zemmour. L’initiative de ce dernier vise à ressusciter le clivage gauche-droite à la place du clivage bloc élitaire/bloc populaire qui a structuré le quinquennat jusqu’à présent. Cette tentative peut-elle réussir ? On n’a pas encore abordé les thèmes économiques et sociaux, Eric Zemmour s’en tient à grande distance. Par ailleurs, les classes populaires se politisent plus tard que les autres, généralement en février. On est donc dans un moment où on a l’impression que ces lignes-là sont troublées et que la gauche et la droite retrouvent droit de cité. Je ne suis pas sûr du tout que cela se confirme.

Eric Zemmour prend aussi des voix chez LR, parmi l’électorat de François Fillon en 2017…

Bien sûr. Il emprunte au lepénisme père et fille sur l’immigration, et il emprunte beaucoup, pour ce qui est de la vision de la société, à François Fillon. Il parle à une droite patrimoniale. A terme, on ne sait pas très bien à qui il va prendre. Une poussée dans les sondages durant une période d’exposition médiatique extraordinaire ne signifie pas forcément un renversement culturel ou politique durable. Eric Zemmour bénéficie d’une exposition médiatique inouïe et massive, qui ne s’est jamais vue, même à l’époque de Nicolas Sarkozy. Donc, vous avez un phénomène de saturation médiatique, dont les effets sont impressionnants, mais nul ne sait s’ils sont durables. A terme, je pense que le destin d’Eric Zemmour sera de contenir le score de la droite classique, puisqu’il a un programme économique, social et identitaire qui correspond à la frange de la droite qui a voté Villiers ou Fillon.

Peut-il séduire une partie de l’électorat populaire de Marine Le Pen ?

A part celle d’Emmanuel Macron, les grandes victoires électorales ont eu lieu grâce à des promesses très fortes aux catégories populaires, qui n’étaient pas uniquement des promesses culturelles ou identitaires. Est-ce que Zemmour peut attirer durablement le vote populaire ? Il s’intéresse à l’économie pour les catégories bourgeoises, il leur promet beaucoup, et il ne promet rien aux catégories populaires, sauf d’arrêter l’immigration. Il y a une vraie dissymétrie dans son offre économique et sociale. Comme si on devait payer d’argent les catégories supérieures et payer de valeurs ou de symboles les catégories populaires…

Peut-il gagner davantage encore sur l’électorat de droite ?

Pour l’instant, comme LR n’est pas en position de combat, la droite a libéré un espace. Les choses changeront quand elle aura un candidat. L’essentiel du parti sera derrière ce candidat, cela va immédiatement comprimer l’espace politique et médiatique d’Eric Zemmour. Mécaniquement, le débat sera plus difficile pour lui. Sa dimension très fortement transgressive plaît à la droite « hors les murs », mais pourra-t-elle plaire à l’électorat classique de LR ? Je n’en suis pas sûr du tout. L’épreuve du feu pour lui, ce sera les propositions hors immigration, car tout n’est pas réductible à l’immigration.

S’il va au bout, sa candidature serait donc une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron ?

Oui, car elle renforce mécaniquement Emmanuel Macron. Elle contribue à réduire le bloc populaire et a priori ne touche pas au bloc élitaire, dont l’idéologie est le progressisme, c’est-à-dire exactement l’opposé de la pensée d’Eric Zemmour. Par ailleurs, Zemmour rend Macron plus sympathique aux yeux de la gauche, car il est un repoussoir absolu pour la gauche. De plus, comme il a des propositions assez proches de celles de Marine Le Pen, il ne peut faire campagne que sur le dénigrement de la candidate qui était pour l’instant la mieux placée face à Macron. C’est tout bénéfice pour Macron pour le second tour : pendant qu’ils se taperont les uns sur les autres, il pourra se livrer à un travail de rassemblement de ses électeurs.

Je ne le lui conseille pas. C’est toujours dangereux, parce qu’il y a une dimension passionnelle dans le choix politique. A travers le vote, les gens expriment aussi des peurs, des espérances, et donc des émotions. Se mettre en surplomb, comme un instituteur par rapport à ses élèves, ce serait suicidaire. En revanche, il peut être le candidat des solutions, et surtout des garanties. Il a réussi à garantir le versement des retraites, de la plupart des salaires, et la survie économique du pays pendant la crise de la Covid. Il y avait une promesse de changement très forte chez Macron en 2017, il devrait plutôt être le candidat des garanties en 2022.

Eric Zemmour est donc l’allié objectif d’Emmanuel Macron aujourd’hui ?

Oui, c’est évident. Il a des traits d’image qui correspondent à une niche de 20-25 % au premier tour, ce qui est déjà énorme. Mais il clive énormément : 47 % des Français ont une très mauvaise opinion de lui. Donc la marche pour l’emporter au second tour est très élevée, au moins autant que pour Marine Le Pen. Cela va être un obstacle, car à un moment, on va commencer à parler second tour. Aujourd’hui, tout est fondé sur l’idée que Marine Le Pen n’a aucune chance de gagner la présidentielle. Il y a un grand silence sur les chances qu’aurait Zemmour de l’emporter, mais elles sont très faibles. Pour l’instant on s’amuse, on se fait plaisir, mais au moment du choix réel, mais quand le téléspectateur va se transformer en électeur, on raisonnera beaucoup moins selon le principe de plaisir et davantage selon le principe de responsabilité ou de rationalité. On est tous en train de suivre les courbes, mais les courbes ne montent pas jusqu’au ciel

Présidentielle 2022 : et une « Primaire populaire » à gauche pour compliquer encore la situation

Présidentielle 2022 : et une « Primaire populaire » pour compliquer encore la situation

 

En plus d’un candidat socialiste, de Mélenchon, d’un candidat écolo, on pourrait compter un candidat issu d’une primaire populaire . A un mois de la clôture des parrainages citoyens pour désigner un candidat commun à gauche pour la présidentielle, la « Primaire populaire » annonce 83 000 inscrits samedi 11 septembre, a assuré l’association samedi à Marseille.

La clôture des parrainages est prévue le 11 octobre, date à laquelle seront alors connus les cinq femmes et cinq hommes pré-sélectionnés par les citoyens inscrits sur la plateforme sécurisée Neovote « pour faire gagner l’écologie et la justice sociale en 2022″, a expliqué Samuel Grzybowsi, porte-parole de cette « Primaire populaire »

Deux mois après l’ouverture de ces parrainages citoyens, ce sont pour l’instant Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice sous la présidence Hollande, et François Ruffin, député des Insoumis qui mènent la danse. Ils devancent plusieurs des candidats déclarés à la présidentielle : Sandrine Rousseau (2e), Anne Hidalgo (4e) et Delphine Batho (5e) côté femmes, Eric Piolle (4e), Jean-Luc Mélenchon (5e) et Yannick Jadot (6e) côté hommes. Les autres candidats potentiels parrainés par les citoyens sont pour l’heure Clémentine Autain (3e), proche de Mélenchon, d’un côté, l’économiste Gaël Giraud (2e) et l’Eurodéputé Pierre Larrouturou (3e), chantre de la semaine de quatre jours, de l’autre. Ce dernier, fondateur de Nouvelle Donne, est le seul pour l’instant à s’être porté candidat à la présidentielle via cette « primaire populaire ». Sandrine Rousseau et Eric Piolle ont annoncé qu’ils y participeraient s’ils remportaient la primaire des écologistes. Jean-Luc Mélenchon a pour l’instant refusé de s’y engager.

Islamo gauchisme : Deux enseignants désignés à la vindicte populaire

Deux enseignants désignés à la vindicte populaire

 

Les chercheurs patentés influencés sinon terrorisés par les minorités extrémistes ont affirmé que l’islamo  gauchisme n’était pas un concept à caractère scientifique, bref il n’existerait  pas du point de vue académique. Pourtant,  la réalité continue de faire des ravages à travers la dénonciation publique de personnes accusées d’islamo phobie. C’est encore le cas de l’enseignant de l’IEP de Grenoble. Avec des pancartes diffusées aussi par le syndicat gauchiste de l’UNEF, une organisation de plus en plus politisée et de moins en moins syndicale.

Les deux enseignants nullement coupables des faits qu’on leur reproche se retrouvent sous protection policière. Ce que rappelle le Figaro. Le syndicat étudiant de gauche, plusieurs fois mis en cause pour des positions controversées ces derniers mois, est cette fois-ci accusé d’avoir «collé une cible dans le dos» de deux enseignants de l’IEP de Grenoble. «L’attitude de l’UNEF a été déplorable (…). Quand on a eu dans notre pays une alerte aussi puissante, aussi violente que la décapitation d’un enseignant pour le seul fait d’avoir enseigné et que certains syndicats étudiants mettent des cibles dans le dos d’enseignants sur des accusations prétendues d’islamophobie (…). Il y a une responsabilité majeure de l’UNEF et j’espère qu’elle sera recherchée et poursuivie», a accusé hier Aurore Bergé, députée En Marche, au micro de Sud Radio. Sur Twitter, certains, comme le parlementaire européen Gilbert Collard ou le syndicat étudiant UNI, sont même allés jusqu’à demander la dissolution de l’UNEF.

Un autre ancien militant raconte également ce changement idéologique de l’UNEF. «Il y a eu un basculement progressif du social vers le sociétal. L’UNEF a commencé à s’intéresser à la transphobie, à la non-mixité, à l’hétéronormativité. Il y avait aussi une véritable obsession pour la cause palestinienne et un antisionisme très important. Elle s’est éloignée petit à petit de la question des étudiants et a eu de moins en moins d’adhérents», se souvient-il. Avant de franchir un cap lors de la présidence de François Hollande, entre 2012 et 2017. «À cette période, les tendances minoritaires d’extrême gauche ont pris du poids et se sont montrées virulentes envers la majorité nationale. William Martinet, président du syndicat à l’époque, ne voyait plus comment maintenir l’unité en interne. Il y a eu une véritable radicalisation», témoigne cet ancien.

C’est à ce moment-là que l’UNEF commence à perdre du poids dans les universités. En 2016, elle perd sa place de première organisation étudiante de France, au profit de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Et commence ainsi à vouloir nouer de nouveaux partenariats, pour ne pas se laisser distancer. Elle s’allie notamment, sur certains campus au mouvement des Étudiants musulmans de France (EMF). C’est par exemple le cas à Lyon 3 ou dans d’autres universités, où les deux organisations font liste commune pour les élections étudiantes. Mais l’EMF, créée en 1989 aurait, selon une enquête publiée il y a quelques semaines sur Le Figaro, des liens très forts avec l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).

 «L’EMF est une antenne satellite des Frères musulmans français. Cette organisation a été créée par les islamistes politiques pour occuper le terrain estudiantin. Ils veulent investir tous les champs de la société, et la jeunesse est le nerf de la guerre», affirmait par exemple le militant universaliste et laïque Naëm Bestandji. Des accusations que confirmait dans cette même enquête Mohamed Louizi, ancien cadre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). L’essayiste, qui a fait partie des Frères musulmans pendant plusieurs années, a également été un cadre de l’EMF. «Cette association étudiante, qui peut ressembler à bien des égards à de nombreuses organisations, est en réalité le bras des Frères musulmans à l’université. Ces établissements sont des laboratoires d’idées: tous les débats que l’on voit aujourd’hui au sujet de la laïcité, du voile, toutes les revendications communautaristes prônées par les Frères musulmans ont déjà été abordés dans des congrès étudiants dans les années 1991-1992», expliquait-il.

«Les chances du bloc populaire contre Macron» (Jérôme Sainte-Marie)

«les chances  du bloc populaire contre  Macron» (Jérôme Sainte-Marie)

Jérôme Ste marie est un des rares prévisionnistes à ne plus exclure la victoire d’un bloc populiste en raison de la détestation de Macron. ( interview le Figaro)

Dans votre nouvel essai, «Bloc contre bloc», vous appliquez une grille de lecture marxiste au clivage politique français. Même la gauche n’ose plus se référer à Marx. En quoi est-il pertinent pour comprendre notre époque? Le marxisme doit-il être confondu avec le léninisme?

Jérôme SAINTE-MARIE. - Je suis depuis longtemps passionné par le Karl Marx sociologue et historien, même si, bien entendu, toute référence à son œuvre est compliquée par l’usage qui en a été fait par des régimes politiques disparus en Europe depuis une trentaine d’années. Le léninisme ne fut pourtant qu’une des interprétations possibles, et il existe une autre tradition marxiste de respect du suffrage universel et des libertés individuelles, par exemple chez les sociaux-démocrates allemands. Je crois très utile à la compréhension de notre époque tout ce que dit Marx sur l’articulation entre forces sociales et représentations politiques.

Selon un ­sondage IFOP pour le JDD,  Macron est crédité de 27 à 28% d’intentions de vote et Marine Le Pen en réunirait 28 %, en hausse de près de 7 points. »Cette enquête sacre la nouvelle bipartition du champ ­politique », souligne ­Frédéric ­Dabi, directeur général adjoint de ­l’IFOP. Les partisans de Mélenchon soutiendraient massivement Le Pen au second tour.   Élu avec  66 % en 2017, Macron ne l’emporterait cette fois qu’avec  55 %. « Cela sonne comme un avertissement pour ceux qui considèrent qu’en 2022, ce ­serait automatiquement gagné pour le ­président sortant face à ­Marine Le Pen », souligne Dabi.

Selon ce sondage, la candidate RN ­bénéficierait au second tour d’un soutien massif des partisans de ­Jean-Luc ­Mélenchon : 63 % des électeurs LFI aux européennes voteraient Le Pen.

 

Curieusement la dynamique qui a toujours permis aux candidat de triompher du Front national semble s’inverser. Jusque là on votait moins pour le projet du candidat opposé au FN que par rejet des Le Pen; cette fois, pourrait bien voter  front national moins par adhésion aux thèse du RN-FN que par rejet de Macron.

Appel de Mélenchon pour une « fédération populaire »…….. De la rigolade (Gérard Grunberg)

Appel de Mélenchon pour une « fédération populaire »…….. De la rigolade (Gérard Grunberg) 

 

Mélenchon appelle à une curieuse fédération populaire qui permettrait de réunir les forces et les citoyens de gauche mais il commence en discréditant ses éventuels alliés. Mélenchon voudrait bien finalement refaire le coup de Mitterrand. Le problème c’est que Mélenchon est beaucoup trop clivant et beaucoup trop insuffisant sur les questions économiques. L’Union de la gauche de Mélenchon ?  : De la rigolade » répond Gérard Grunberg, Politologue et directeur de recherche émérite au CNRS, Gérard Grunberg, qui fut également membre du cabinet de Michel Rocard et adhérent au Parti socialiste jusqu’en 1995 et  revient sur la proposition de Mélenchon de reconstituer l’union de la gauche (interview Europe 1)

 

Avec cinq grandes listes, la gauche n’a jamais été divisée avant d’aborder les élections européennes. Pourtant, Jean-Luc Mélenchon espère l’unir ensuite dans une fédération populaire… Qu’est-ce que cela vous inspire ?

 

« Je pense d’abord qu’il veut commencer à se couvrir car ces européennes vont probablement être un gros échec pour lui : il pourrait tomber de 20% (19,58%) ce qui a été son score au premier tour de la présidentielle en 2017, à 7 ou 9%, ce que sont les intentions de vote pour la liste La France insoumise (LFI). Et je pense même que cette liste peut être dépassée par les écologistes (dont la tête de liste est Yannick Jadot, ndlr). Jean-Luc Mélenchon a raté son coup, qui était d’écraser, comme il l’avait dit, le Parti socialiste. Il veut se donner l’image de quelqu’un qui est pour le rassemblement de la gauche, ce qui est absolument faux, et avoir un langage qui lui permet de dire ‘ce n’est pas moi qui suis le diviseur de la gauche’. Mais je ne vois aucun des leaders de gauche accepter quoi que ce soit de ce genre-là. S’il avait dit ‘on s’est trompé, ce qu’il faut, c’est que toutes les formations de gauche s’allient’, mais il ne dit pas ça… Et une fédération, qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est une chose que faisait le Parti communiste il y a 30 ou 40 ans. Quand il avait des difficultés avec les socialistes, entre 1974 et 1978 – à l’époque, c’était pour la renégociation du programme commun -, le PC disait ‘on va faire l’union du peuple de France pour le changement démocratique’. Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui, c’est exactement le langage communiste de l’époque, c’est-à-dire que, selon sa logique, on ne peut pas s’entendre avec les partis et on doit reconstruire une union populaire avec, bien sûr, lui à sa tête. À l’époque, les socialistes avaient refusé, en disant : ‘On discute entre les partis ou on ne discute pas.’ Ce pauvre Mélenchon n’a rien inventé. »

Est-ce que c’est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui poserait problème à cette union de la gauche ?

« L’image de Jean-Luc Mélenchon s’est beaucoup dégradée depuis deux-trois ans en jouant tout seul contre tous. Sa personnalité est aujourd’hui rejetée par les partis qui, il faut bien le reconnaître, ont fait beaucoup d’efforts. Mais aujourd’hui, cela semble terminé. Il y a sa personnalité mais il y aussi tout simplement le fait que les gens ne vont pas abandonner leurs partis ou leurs idées pour le rejoindre. La ligne principale n’est pas la même pour tous, que ce soit sur l’Europe, l’euro, le Venezuela, Poutine…

C’est ici une vieille figure de la gauche française, celui qui est le plus à gauche qui dit : ‘on ne va pas discuter entre partis, on va faire une union populaire.’ Et il appelle tout le monde à se regrouper autour de lui, mais comment voulez-vous que les autres acceptent ça ? C’est de la rigolade, de l’habillage, pour donner l’illusion que ce n’est pas lui qui casse l’union de la gauche, et à mon avis, il fait ça en partie parce qu’il sait que c’est très mal parti pour lui. Les européennes vont montrer que sa stratégie d’écrasement va échouer. »

En aucun cas, ce scrutin ne peut être porteur pour la gauche ?

« Sur les cinq grandes listes de gauche, aucune ne fera un gros score. Elles vont toutes se tenir à 7-8%, donc rien ne peut se passer après, rien ! Les deux tronçons du Parti socialiste ne veulent pas se parler, les écologistes ne veulent pas parler aux socialistes… La gauche n’a jamais été aussi divisée, ni aussi faible. Il ne se passera absolument rien après les européennes. Ça fait des années qu’il y a des gens qui disent ‘je vais rassembler’, il y a eu des tas de tentatives de rassemblement de la gauche, ça ne s’est jamais fait, car il y a ceux qui ne voulaient pas le faire il y a des désaccords de fond. Même les communistes et Hamon ne peuvent pas se mettre d’accord. Chacun veut conserver son parti, sa position, etc. Il ne faut pas croire que le nouveau parti créé par le PS (Place publique, dont Raphaël Glucksmann est la tête de liste, ndlr) va faire des merveilles. Tous ces gens prennent la chose par le mauvais bout. Le bon bout, ce serait de voir vraiment ce sur quoi ils sont d’accord et pas d’accord… Parce qu’ils restent quand même en désaccord sur beaucoup de points…

Et puis, il y a toujours le problème de l’identité du leader. (François) Mitterrand avait réussi à l’être après avoir ferraillé avec les communistes (au début des années 1980), mais aujourd’hui, il n’y a aucun de ces hommes politiques de gauche qui a la carrure ou l’opportunité de pouvoir s’imposer, pour l’instant. Il n’y a aucun homme qui peut regrouper la gauche autour de lui ni aucun parti, aucune idée, aucune stratégie, donc cela va rester comme c’est depuis trois, quatre ans… »

 

 

 

Le leader de LFI appelle les autres forces de gauche, qui représentent en tout «un tiers de la société», à discuter ensemble de leurs lignes d’accord et de désaccord.

«Mais il faut un engagement commun dans les mobilisations écologiques et sociales», revendique le tribun. «Il faut se préparer sérieusement à gouverner autrement. Avec un programme concret de partage et de planification écologique. Notre programme est une bonne base de départ pour discuter partout». Il y a un an, l’appel de Jean-Luc Mélenchon avait convaincu bien peu de monde à gauche. Sa personnalité était encore jugée trop clivante. Nombreux ne partageaient pas non plus l’idée de LFI d’entamer un rapport de force avec l’Union européenne pour réviser les traités. Il espère aujourd’hui faire changer d’avis les forces de gauche en recevant l’aval populaire grâce aux élections européennes. Qui ne tente rien…

Brésil: Lula trop populaire éliminé comme candidat à la présidence de la république

Brésil: Lula trop populaire éliminé comme candidat à la présidence de la république

 

L’Amérique du sud n’en finit pas de solder se comptes avec son passé réactionnaire et même fasciste. Pour preuve, Lula, empêché de se présenter à l’élection présidentielle tout simplement parce qu’il devance à hauteur de 40% son principal adversaire de droite qui n’obtient pas la moitié (19% des intentions de votes). La méthode est connue. L’Espagne elle même longtemps nourricière du fascisme d’Amérique du sud a bien emprisonné et condamner les leaders catalans pour les empêcher de se présenter aux élections de la région. Certes Lula n’est pas un saint, mais se prédécesseurs non plus. Sul fallait emprisonner tous les chefs d’Etats qui ont mis les doigts dans le pot de confiture, on manquerait de candidat dans le monde entier. La question est politique, économique aussi.  Lula, de loin l’homme politique le plus populaire du Brésil, a été condamné en appel à 12 ans d’emprisonnement pour corruption et est incarcéré depuis avril. Son parti, le Parti des travailleurs (PT), l’avait tout de même présenté comme candidat pour la présidentielle à la mi-août, estimant que Lula était innocent. Cependant une loi, baptisée “Ficha Limpa” (casier vierge), exclut du scrutin présidentiel les candidats ayant été condamnés en appel pour corruption. La décision du Tribunal supérieur électoral devrait mettre fin à un feuilleton qui a fait planer une grande incertitude sur le scrutin d’octobre. Cependant les avocats de Lula avaient auparavant annoncé qu’ils pourraient faire appel de la décision devant la Cour suprême. Les juges ont ignoré la recommandation de la commission des droits de l’homme de l’Onu, selon laquelle le gouvernement devait autoriser Lula à exercer ses droits politiques tant que ses appels devant les tribunaux n’ont pas été étudiés, a ajouté le PT.

Joie populaire pour le retour des champions du monde, de retour à Paris

Joie populaire pour le retour des champions du monde, de retour à Paris

Une foule immense partout pour fêter le retour des bleus à Paris. Une foule nombreuse de partager cette joie, communier ainsi avec les joueurs vainqueurs de la coupe di monde. Un passage peut-être un peu rapide sur les champs Elysées bondés mais sans doute en raison de risques d’insécurité, aussi peut-être aussi en raion des  violences de quelques casseurs en fin de fête. Les médias consacrent leur Une à cette événement qui témoigne d’un bonheur partagé certes sans doute temporaire mais tellement bon et beau dans une  conjoncture politique, économique et sociale un peu tristounette.  Juchés sur un autobus à impériale azur marqué de deux étoiles, les sportifs ont salué sur les Champs-Elysées les centaines de milliers d’admirateurs venus les acclamer aux cris de “On est les champions”, maillots sur les épaules et drapeaux tricolores en main, dans le brouillard des fumigènes. Les Bleus emmenés par leur capitaine Hugo Lloris et leur entraîneur Didier Deschamps ont brandi le trophée doré remporté dimanche au bout d’un mois de périple en Russie. Sécurité oblige, à la différence de 1998, un couloir avait été aménagé au bord de l’avenue pour permettre au bus de circuler, escorté par des dizaines de policiers à pied, alors que 2.000 membres des forces de l’ordre étaient mobilisés.

Mélenchon : retour vers 1936 avec le Front populaire !

Mélenchon : retour vers 1936 avec le Front populaire !

 

Mélenchon qui voulait déjà faire un bond en arrière d’environ deux siècles avec sa proposition de constituante, cette fois recule de près de 80 ans avec l’idée de reconstituer un front populaire. Il y a cependant uen différence de taille entre 1936 et maintenant. En 36,  le front populaire regroupait toutes les forces de gauches. Or le front de Mélenchon regrouperait uniquement les gauchistes. Historiquement, le Front populaire est une coalition de partis de gauche, qui a gouverné la France de mai 1936 à avril 1938 et dont les importantes réformes sociales demeurent une des références de l’histoire politique française. Des formations politiques de gauche, dont LFI et le Parti communiste, et des syndicats comme la CGT, la FSU, Solidaires et l’organisation étudiante UNEF, ont appelé à manifester le 26 mai dans toute la France, afin de constituer une “marée populaire” contre la politique du chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

“Je milite pour une forme d’unité populaire qui décloisonne le syndicalisme, la politique et le monde associatif”, a  expliqué Mélenchon. “Nous avons besoin de faire une démonstration de la profondeur de l’enracinement du refus de la société libérale.” “Nous pouvons, sur la base d’expériences de cette nature, avoir pour objectif la construction d’un front populaire en France, qu’on appellera sans doute le Front populaire”, a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

Johnny Hallyday : idole populaire parce fils du peuple

Johnny Hallyday : idole populaire  parce  fils du peuple

Une cérémonie exceptionnelle jamais vue en France  à la hauteur de l’amour que lui portaient ses fans. Johnny a traversé les générations, il était un monument du patrimoine de la chanson. Avec sa disparition, tout d’un coup la France a vieilli. La ferveur populaire s’explique par qu’il était une idole venu de ce peuple. Témoin cette conversation. En janvier 1998, avec  l’écrivain Daniel Rondeau rencontre Johnny Hallyday au bar de l’Hôtel Raphaël à Paris. Johnny  parle de ce père qui l’a abandonné à sa naissance. (Extrait du monde) « Je sais, dit Johnny Hallyday, que le bonheur n’existe pas. Il n’y a que la douleur. Et la solitude. J’en parle souvent parce que je ne peux parler que de ce que je connais. Quand je dis parler, c’est chanter. » Jamais plein, jamais vide non plus, son verre de vin blanc est devant lui. L’artiste s’exprime avec une lucidité incisive. Il y a pourtant chez lui une timidité qui n’est ni une invention ni une pose, mais plutôt une forme de prudence dictée par l’instinct. Son caractère abrupt, son orgueil, la conscience de ce qu’il est une star lui soufflent de se cadenasser dans sa part d’ombre dès qu’il craint de ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de lui. « Quand je suis devenu vraiment Johnny Hallyday, c’est-à-dire riche et célèbre, plus célèbre que riche d’ailleurs, j’ai continué de penser à mon père. Il m’intriguait. Je l’ai fait venir à Paris. Je me suis retrouvé en face d’un clodo. Il m’a dit : Bonjour Jean-Philippe, avec un accent belge très prononcé. Je l’ai emmené chez Cerruti pour lui faire faire une garde-robe complète. Trois complets sur mesure, une douzaine de chemises, etc. Puis je lui ai loué un appartement à Paris. Quelques jours plus tard, le directeur de Cerruti m’appelle. Mon père avait tenté de lui revendre ses vêtements au quart du prix. Puis j’ai reçu un appel de l’agence qui avait loué l’appartement. Mon père avait tout détruit, mis le feu aux rideaux et s’en était retourné à l’Armée du salut. Il n’y avait rien à faire. Je sais qu’il dormait dans les caniveaux. Même les flics refusaient d’aller le chercher. De temps en temps, j’avais des nouvelles. L’émotion ressentie en France depuis l‘annonce de son décès “est de ces énergies qui font un peuple”, a dit Emmanuel Macron, saluant un artiste devenu pour beaucoup, en près de 60 ans de carrière et un millier de chansons, “une présence indispensable, un ami, un frère.” “Parce que pour nous il était invincible, parce qu‘il était une part de notre pays, parce qu‘il était une part que l‘on aime aimer”, a ajouté le président devant le cercueil blanc déposé face au public sur le parvis de l’église de la Madeleine, au coeur de Paris.

Hommage populaire à Johnny Hallyday : une participation historique

Hommage populaire à Johnny Hallyday : une participation historique

 

La participation à l’hommage rendu à Johnny Hallyday à Paris devrait connaître un record historique. On pourrait dépasser le million et il sera sans doute difficile de comptabiliser exactement le nombre de personnes qui défileront sur les Champs-Élysées. Certains s’étonnent de l’importance donnée à cet événement dans les médias notamment certains intellos ou certains gauchistes. Certes Johnny Hallyday ne figurera peut-être pas au panthéon de la culture française en général mais le chanteur constitue une sorte de marqueur de notre époque, une sorte de fédérateur dépassant les clivages sociologiques et idéologiques. Johnny Hallyday et devenu une sorte de monument du patrimoine même si on peut considérer que des chanteurs comme Brel, Brassens, Ferré, Piaf et d’autres ont  apporté une contribution culturelle différente. De temps en temps,  notamment à l’occasion d’événements douloureux,  les Français ont besoin de se retrouver, de se rassembler,  de communier ensemble. Ce sera le cas encore ce samedi et la ministre de la culture a bien raison de ne pas se montrer condescendante  vis-à-vis de l’événement car Johnny Hallyday incarnait  vraiment la dimension populaire française. Pour parler de ces cérémonies, la ministre de la Culture Françoise Nyssen était l’invitée de L’interview J-1, jeudi sur franceinfo. (Extraits)

Franceinfo : Un hommage populaire sera rendu à Johnny Hallyday, avec une cérémonie hors protocole. Le cercueil va descendre les Champs-Elysées pour arriver à l’église de La Madeleine. C’est inédit ?

 

Françoise Nyssen : L’hommage va ressembler à l’homme qu’il était, un homme libre en Harley, un homme de show, de partage, fidèle à son public. On va avoir Quelque chose de Tennessee sur les Champs-Elysées. L’envie d’avoir envieJe te prometsQue je t’aime, tout ça va résonner dans nos têtes. Ça va être un grand moment de partage et d’émotion.

 

Édouard Philippe : le Premier ministre discret …….et populaire

Édouard Philippe : le Premier ministre discret …….et  populaire

Selon BVA, Édouard Philippe est un  des premiers ministres les plus populaires en raison notamment de sa discrétion. D’une certaine manière,  il profite du fait que le président de la république ne cesse de s’exprimer sur à peu près tous les sujets tandis qu’à Matignon on évite l’activisme en matière de communication. De fait les communiqués de Matignon sont à peu près 10 fois moins nombreux que ceux de l’Élysée. En outre Édouard Philippe évite de se précipiter sur tous les plateaux télé ou de multiplier les interviews dans les grands médias. Le premier ministre termine son premier semestre sur une très bonne note, en gagnant 6 points dans les sondages avec 50% de Français ayant de « bonnes opinons » de lui, contre 46% qui en ont une mauvaise (4% ne se sont pas prononcés). Résultat, la part de Français ayant une opinion favorable du chef du gouvernement redevient majoritaire. Après six mois à Matignon, c’est le résultat le plus élevé pour un Premier ministre depuis Jean-Pierre Raffarin (55% en novembre 2002). Entre temps, quatre chefs de gouvernements se sont succédé mais tous ont eu des résultats moins favorables : de Dominique de Villepin (46% en décembre 2005) à Jean-Marc Ayrault (44% en novembre 2012), en passant par François Fillon (42% en novembre 2007) et Manuel Valls (35% en octobre 2014). Quant à Emmanuel Macron, les épisodes turbulents des ordonnances loi travail et de la présentation du budget ont justifié sa chute dans l’opinion en octobre. Ce mois-ci, le président de la République a mis l’accent sur l’aide aux moins favorisés, en particulier l’allègement de la taxe d’habitation, ainsi que sur une série de mesures en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Résultat, après six mois d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron gagne en novembre quatre points de popularité, avec 46% de « bonnes opinions ». Sans retrouver « l’état de grâce » qui a suivi son élection, le chef de l’Etat a tout de même regagné des points après la dégringolade de l’été, où il était passé de 54% à 43% de bonnes opinions entre juillet et août.

 (*) Enquête réalisée du 27 au 28 novembre 2017 auprès d’un échantillon de 972 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Macron : très populaire à l’international, moins en France, Pourquoi ?

Macron : très populaire à l’international, moins en France, Pourquoi ?

Au hit-parade les personnalités mondiales de moins de 40 ans, Emmanuel Macron occupe de manière indiscutable un espace reconnu au plan international. Sans doute sa jeunesse, son intelligence et son parcours fulgurant ont-ils séduit l’opinion internationale. Par contre la cote de popularité du président de la république s’est très rapidement détériorée en France. Un phénomène habituel quand on a connu le haut du sommet juste après une élection gagnante mais cette fois la chute est encore plus importante que celle de Hollande dans le même temps. En cause sans doute, le fait  que les Français ont sans doute surestimé les capacités d’un président de la république et du politique en général face aux mutations de nature  économique, sociale et culturelle et environnementale qui se déroulent  dans l’espace commun du monde.  Finalement les marges de manœuvre sont plus  faibles qu’on ne pense à moins d’imaginer l’avenir du pays comme celui de Cuba du Venezuela. Cette baisse de popularité découle aussi de l’hyper présidentialisation du régime aussi d’un excès de politique de communication. Chaque jour ou presque l’Élysée s’exprime, intervient propose. Du coup, le gouvernement ne joue qu’un rôle accessoire. Il conviendrait sans doute de recadrer les missions des un et des autres. En étant moins présent médiatiquement,  Macron devrait se concentrer sur l’analyse des enjeux et la vision car les Français sont encore loin de s’approprier les facteurs explicatifs de la crise et sa complexité. Le gouvernement, lui, devrait se consacrer aux décisions concrètes c’est-à-dire aux voies et moyens pour accompagner les mutations culturelles. En attendant, Emmanuel Macon peut se réjouir de sa cote de popularité qui se traduit dans ce classement « 40 Under 40″, notamment pour avoir « endigué la montée du nationalisme en France », ou encore « détruit le système bipartite qui gouvernait le pays depuis des générations ».

 

Macron : être populaire ou efficace

Macron : être populaire ou efficace

Schématiquement c’est le dilemme qui se pose au président de la république qui voit sa  popularité diminuer d’une dizaine de points.  en cause évidemment le grand nombre de réformes que se propose de réaliser le nouveau gouvernement, des réformes structurelles qui ne peuvent plaire à tout le monde. Chaque secteur défend son pré carré, en particuliers ses moyens budgétaires : l’armée mais aussi la justice, l’éducation, les collectivités locales etc. La réforme du droit du travail suscite aussi des oppositions y compris chez les magistrats qui voient certaines de leurs prérogatives diminuer. Les fumeurs sont mécontents de la perspective d’un paquet de cigarettes à 10 €. Autre sujet d’inquiétude : la hausse de la CSG  qui inquiète les retraités (-11 points chez les plus de 65 ans, -14 chez les 50-64 ans), et le rétablissement du jour de carence pour les agents publics qui déplaisent à l’électorat de gauche et aux fonctionnaires (-12 points chez les sympathisants du PS, -18 parmi les salariés du secteur public). La baisse de popularité du président de la république découle aussi des sexes et de sa politique de communication et de son omniprésence dans les médias. Pour parler clair il en fait un peu trop. Ceci étend-il naguère d’autre choix que d’engager dès maintenant des réformes structurelles pour redresser à la fois les finances, la compétitivité et l’emploi. Cela avait des mesures qui seront forcément impopulaires pour certains. Ceci étend pourra quand même faire crédit au président de la république d’annoncer des décisions qui sont conformes aux orientations de sa campagne électorale. Trop de présidents jusque-là ont sacrifié les réformes sur l’autel de la popularité, ce qui en général ne leur a guère porté chance par la suite. On objectera que certains responsables politiques internationaux n’ont pas forcément été ensuite récompensés électoralement .

Banque Populaire et Caisse d’Epargne: 11.000 suppressions d’emplois

Banque Populaire et Caisse d’Epargne:  11.000 suppressions d’emplois

François Pérol, le président du groupe, prévoit  11.000 départs – à la retraite ou liés à la rotation « naturelle » des effectifs – dans les années à venir au sein des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne et au remplacement d’un peu moins de deux départs sur trois. Des suppressions qui s’inscrivent dans le scénario catastrophe générale des banques en matière d’emplois. Un secteur qui pourrait connaître le sort de la sidérurgie ou presque. En cause l’insuffisance de rentabilité des activités bancaires. Le taux de rentabilité des activités de dépôt est plombé par le coût de main-d’œuvre (notamment nombre  d’agences et personnel) Il est par ailleurs menacé par la future existence de nouveaux moyens de paiement et la dématérialisation de certaines opérations mais le second volet de l’activité des banques, l’activité d’investissement souffre aussi d’un manque de retour financier lui aussi très gourmand en personnel. Dans un premier temps est donc probable que les banques européennes devront s’aligner si les critères de gestion des banques américaines qui ont supprimé près de 7 % des postes quand les banques européennes n’ont supprimé que 4 %. À plus long terme c’est peut-être l’existence même des les activités bancaires en tout cas leur structure actuelle qui pourrait être en cause et engendrer jusqu’à la moitié des emplois existants d’ici 10 ans. Les réductions d’effectifs vont devoir encore s’accentuer et s’accélérer si le secteur bancaire européen veut améliorer sa rentabilité et se rapprocher des niveaux atteints par les banques américaines, estiment des investisseurs. « Nous interprétons les suppressions de postes comme le signe d’un changement structurel et pas seulement conjoncturel vers des banques de plus petite taille », a dit Jamie Clarke, qui codirige la recherche macroéconomique de la société de gestion Liontrust. Moins d’un tiers des banques de la zone euro présentaient une structure leur permettant d’espérer dégager une rentabilité satisfaisante sur la durée contre 80% des banques américaines, selon une étude sur 300 grandes banques internationales publiée l’année dernière par le Fonds monétaire international. « Les banques américaines ont presque toutes fait ce qu’il y avait à faire et sont sur une pente ascendante », dit Chris Wheeler, analyste sur le secteur bancaire chez Atlantic Equities. La baisse des effectifs peut certes résulter de cessions d’activités en bloc sans se traduire nécessairement pas des destructions d’emploi. Mais les changements technologiques poussent les banques à fermer des agences ou à migrer vers des systèmes moins intensifs en main-d’œuvre. « Nous sommes dans un marché durablement baissier pour l’emploi dans le secteur bancaire parce que nous voyons que la technologie et l’automation détruisent finalement des postes dans la banque de détail », dit à Reuters Xavier VanHove, associé de la société de gestion THS Partners. De nombreuses banques européennes sont en pleine réflexion sur le sort de leurs activités de banque d’investissement avec des activités de marché particulièrement sur la sellette car gourmandes en fonds propres et aux marges comprimées par les évolutions technologiques. Pour BCPR cela se traduira  par une réduction de ses caisses régionales, qui passeront au maximum à douze pour Banque Populaire (contre quinze actuellement) et à quatorze pour Caisse d’Epargne (contre 17 aujourd’hui). Dans le cadre de cette feuille de route, BPCE compte s’appuyer sur le numérique pour améliorer sa relation avec les clients. En cela, il prend un virage similaire à celui de la plupart de ses concurrents, qui ont tous mis l’accent sur cette dimension technologique pour les années à venir alors que les clients viennent de moins en moins en agence. Sur la période 2017/2020, il va investir 750 millions d’euros pour accélérer ses développements numériques, au cœur desquels la jeune pousse Fidor, banque en ligne acquise en 2016, doit tenir une place centrale.

 

La « Belle alliance populaire » du PS avec qui ? Personne

La « Belle alliance populaire » du PS avec qui ? Personne

 

L’enflure sémantique de la « belle alliance populaire » du PS cache malheureusement une réalité cruelle : aucune alliance n’est prévue et même possible avec les autres courants de la gauche. On sait que Mélenchon ne renoncera pas et pour l’instant les sondages lui attribuent un score supérieur à celui du futur candidat du PS. Les communistes jadis alliés au PS ont de leur côté déclaré soutenir Mélenchon ;  le courant social démocrate sera représenté, lui, par Emmanuel Macron qui peut se réjouir d’atteindre déjà aujourd’hui près de 15 % des voix pour la présidentielle.  Les autres petits partis ne représentent pas grand-chose à gauche, en outre ils ont décidé de se présenter indépendamment du PS. C’est le cas pour les radicaux de gauche avec Sylvia Pinel, c’est le cas évidemment des partis d’extrême gauche qui traditionnellement présenteront un candidat trotskiste. L’alliance ne sera donc pas ni belle, ni populaire. Dans l’hypothèse assez invraisemblable où elle se réaliserait de toute manière elle ne pourrait dépasser un score de 40 %. L’enjeu aujourd’hui ne concerne pas l’élection présidentielle perdue par avance par la gauche mais les élections législatives qui pourraient faire disparaître certains partis, en faire éclater d’autres. Pour le PS qui se joue aujourd’hui c’est sa survie même

 

Hollande : davantage populaire jusqu’à quand ?

 

 

C’est indéniable la remontée de Hollande dans les sondages est un évènement politique remarquable. La question est de savoir si cette popularité va durer et jusqu’à quand. Il faut d’abord préciser que la résurgence de Hollande tient aux évènements tragiques, au sentiment d’union nationale qu’éprouvent les Français face à de grandes tragédies. Il faut aussi convenir que pour une fois Hollande a été à la hauteur de l’enjeu, tout comme Cazeneuve et Valls. C’est  la première fois donc que Hollande fait la preuve qu’il peut porter le costume de président. Et les Française lui en sont  reconnaissants. Sa popularité à venir dépendra de deux éléments fondamentaux, d’une part les évolutions du terrorisme en France (et ailleurs), d’autre part la situation économique et notamment du chômage. Personne ne peut prédire ce que peuvent être les évènements futurs liés au terrorisme dans le monde ou en France. La radicalisation à cet égard qui pourrait être tragique pourrait être bénéfique à Hollande s’il continue de se montrer à la hauteur de l’enjeu. Même sans nouveaux événements dramatiques, Hollande, sera également jugé sur la fermeté des mesures qu’il prend pour lutter contre l’intégrisme et d’une manière plus générale la violence et les atteintes aux valeurs républicaines. Bien entendu Hollande sera aussi évalué en fonction des résultats économiques et sur deux aspects essentiels : la croissance et  le chômage. Dans ce domaine ce n’est pas gagné d’avance, d’après tous les experts ce n’est pas avant 2016 qu’il faut attendre une réelle embellie. Parmi les facteurs qui peuvent affecter la cote de popularité de Hollande, de son gouvernement et de sa majorité il y a aussi sa gestion sur le long terme de cet esprit d’union nationale né lors des attentats (ceci vaut aussi pour l’opposition). Ceux qui prendront le risque les premiers d’affecter ce besoin d’union pourraient en payer un certain prix électoral. Pour autant il faut relativiser la remontée de Hollande car si globalement il lui est fait crédit de sa gestion de la crise récente jusque-là par contre 75% n’ont encore pas modifié leur conviction de ne pas reconduire Hollande comme président en 2017.

 

Justice : jury populaire enterré

Justice : jury populaire enterré

 
Les deux magistrats de la Cour de cassation, Didier Boccon-Gibod, premier avocat général, et Xavier Salvat, avocat général, avaient été chargés par Christiane Taubira d’une mission d’audit de cette expérimentation lancée en janvier 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, dans le ressort des cours d’appel de Dijon et Toulouse. Dans leur rapport remis jeudi soir à la Garde des Sceaux, ils dressent un bilan très critique. A son arrivée Place Vendôme en juin, la ministre avait gelé l’extension qui était initialement prévue à d’autres juridictions. La Chancellerie a indiqué que « sur la base de ce rapport, la ministre annoncera dans les tout prochains jours les orientations qu’elle aura retenues concernant le rôle du citoyen dans l’oeuvre de justice (…) ».La réforme a introduit deux « citoyens assesseurs » aux côtés de trois magistrats, en première instance et en appel, pour le jugement de certains délits passibles d’au moins cinq ans de prison. « Aucun élément ne permet de penser que les décisions rendues sont plus sévères », écrivent les deux magistrats dans leur rapport. Ainsi, l’objectif « plus ou moins avoué d’une aggravation des sanctions pénales a été clairement manqué ».  Ils constatent les « très nombreuses difficultés » posées par le système : le « lourd processus de sélection annuelle » des citoyens assesseurs, leur gestion au quotidien, l’augmentation de la durée des audiences auxquelles ils participent (trois affaires dans une audience « citoyenne » contre douze à vingt dans une audience classique), leur coût (300 euros en moyenne de plus). Autre problème : « On peut très nettement douter que les citoyens assesseurs, appelés à siéger le temps de quelques audiences, complètement dépendants des magistrats professionnels pour la partie technique de la procédure, soient véritablement libres du choix de leurs décisions ». Après une formation d’une journée, « ils ne sont pas armés techniquement pour traiter les questions juridiques soumises aux juridictions ».  Aux yeux des deux magistrats, l’intérêt de l’expérimentation a été de « montrer que le regard porté sur la justice est profondément changé dans un sens favorable lorsque l’occasion est donnée à une partie de la population d’observer de près son fonctionnement ». Ils y voient « un encouragement à chercher par quels moyens, moins lourds pour les juridictions, pourrait être obtenu un résultat semblable ».

 

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