Départ de Bayrou : trois erreurs politiques fatales
De façon un peu naïve Bayrou s’est étonné d être poussé vers la porte. Pour éviter d’être jeté dehors, il a donc précédé le mouvement avec une curieuse demande de confiance tardivement présentée à l’Assemblée nationale. Dès sa nomination, le devenir de ce gouvernement avec Bayrou était tracé d’avance. Et Bayrou en outre a multiplié les erreurs et cela s’inscrit dans un long processus. La première erreur fatale celle-là aura été d’apporter sa bénédiction déterminante à la candidature de la présidence de la république à Macron.
Sans cet appui, il est vraisemblable que Macron aurait eu les pires difficultés à gagner l’élection présidentielle. On se demande sur telle critères objectifs de compétences Bayrou a pu s’appuyer pour sortir presque du néant le jeune Macron qui jusque-là n’avait pas exercé la moindre responsabilité politique comme élu et pas même la moindre fonction dans un parti un peu représentatif. Il est clair que Bayrou faisait le calcul du retour d’ascenseur en espérant devenir beaucoup plus tôt le premier ministre. Malheureusement, il s’est vite aperçue que le nouveau monarque républicain ne goûtait guère la présence de responsables politiques chevronnés et d’une manière générale toute institution ou organisation y compris à l’intérieur d’un parti dit » en marche » mais qui est toujours resté sur place. Une situation voulue de manière délibérée par Macron. Et d’empêcher même toute émergence de nouveaux responsables à l’exception peut-être de Gabriel Attal mais lui aussi victime du pouvoir absolu du président monarque. Comment raisonnablement pouvait-on espérer cohérence, courage et démocratie de la part d’un Macron petit prince sorti de nulle part et qui a confondu démocratie et monarchie.
La seconde erreur politique de François Bayrou enfin désigné -ou plutôt auto désigné- premier ministre aura été de faire naître de grands espoirs à propos de la réforme des retraites et de la concertation avec les partenaires sociaux. Il avait pourtant promis de laisser le débat complètement libre étant entendu que de toute façon la décision finale appartient à l’Assemblée nationale et au Sénat. De façon consciente ou non, Bayrou en s’immisçant dans ce débat dit libre a fusillé la négociation entre les partenaires sociaux. Bayrou comme premier ministre a manqué à sa parole et tuer l’espérance d’une sortie cohérente et partagée du complexe problème des retraites.
La dernière erreur est évidemment celle qui consiste maintenant à tenter de masquer l’arrivée inévitable d’une motion de censure qui met fin à son mandat. Et d’inventer pour cela une sorte de questionnement bidon relatif à la gravité de la situation financière du pays. Une situation par ailleurs qui n’est contestée par personne même si les avis divergents fortement ensuite sur les manières d’y apporter des réponses. Pour terminer, Bayrou aura au cours de ces années et même de ces derniers jours échoué sur tous les plans et commis sans doute les pires erreurs politiques. Pourtant le bonhomme a des rondeurs apparentes mais il manque cruellement de clarté, de pertinence et même de courage. Sans parler de son rapport approximatif à la démocratie.
En outre Bayrou n’a jamais su séduire car à l’insuffisance sur le fond il faut ajouter son manque évident de charisme. La vérité, c’est que Bayrou n’a pas la stature qui convient pour être premier ministre surtout en période de crise. Sur la forme comme sur le fond son propos aura été complètement inaudible voire insupportable. Bayrou est plus proche du profil d’un président de conseil départemental que de celui de premier ministre. On objectera sans doute que la France manque cruellement de ces responsables à la fois à la hauteur et capable de mobiliser les forces actives et constructives du pays. Bref un manager, ni un technocrate ni un oligarque défraîchi