Archive pour le Tag 'Podemos'

Espagne : Podemos battu, Rajoy, vainqueur, grâce au brexit ?

Espagne : Podemos battu,  Rajoy, vainqueur, grâce au brexit ?

 

Il se pourrait bien que le brexit ait  joué un certain rôle pour renverser toute les prévisions lors des sélections espagnoles. On s’attendait en effet dans les grands médias à une victoire de Podemos  alors que finalement c’est le parti populaire conservateur de Mariano qui est le grand vainqueur. Deux éléments fondamentaux ont sans doute joué contre le jeune parti Podemos,  sans doute son alliance avec les communistes qui a fait peur, ensuite la promesse de référendum en particulier en Catalogne. Des référendums pouvant conduire à l’indépendance mais en même temps à l’affaiblissement économique notoire du pays. De ce point de vue la panique créée en Grande-Bretagne avec les résultats du brexit  ont pu influencer des électeurs qui ont pu craindre que l’Espagne ne s’enfonce davantage dans la crise alors que beaucoup condamnent déjà l’austérité qu’on leur a imposée. Une leçon peut-être dont pourrait tirer parti d’autres pays qui auront à affronter prochainement des élections. Il est possible en effet que les conséquences néfastes du brexit  en Grande-Bretagne avec en particulier la perspective d’une récession ramènent certains sélecteurs à la raison, des électeurs qui pourraient se méfier des promesses populistes et démagogiques des oppositions de droite comme de gauche. Les sondages sortis des urnes – et ceux publiés jusqu’à ce jour de vote en Espagne – s’étaient lourdement trompés. Finalement, Unidos Podemos (UP), l’alliance de Podemos, d’Izquierda Unida, formée des Communistes et des Ecologistes, n’a pas réussi à dépasser le parti socialiste, le PSOE, qui reste la deuxième force politique du pays derrière le Parti Populaire (PP) conservateur de Mariano Rajoy.  Le PP qui, sur 95 % des bulletins dépouillés, a obtenu 32,9 % des voix et 137 sièges contre 28,7 % et 123 sièges le 20 décembre. Le président du gouvernement sortant Mariano Rajoy peut s’estimer satisfait de ce résultat. Il apparaît qu’il a bénéficié, comme le PSOE, mais dans une plus grande ampleur, d’un réflexe de retour aux partis traditionnels. Réflexe certes limité, puisque le PP avait obtenu 45 % des voix et la majorité absolue en 2011, mais la progression de près de quatre points est nette et elle donne clairement à l’équipe sortante la légitimité pour tenter de former un gouvernement. Le président du gouvernement pourra prétendre avoir gagné ces élections du 26 juin et effacé en partie les lourdes pertes subies entre 2011 et 2015. Sans doute faut-il y voir un effet de crainte face à la crise politique que traverse le pays et la volonté, en conséquence, de renforcer le gouvernement sortant. Mais la vraie surprise de ces élections, c’est la progression des Socialistes du PSOE que l’on donnait pour moribond. Avec 22,8 % des voix contre 22 % le 20 décembre, il perd 5 sièges à 85 sièges contre 90 voici six mois. Le secrétaire général du PSOE Pedro Sánchez a fait mentir tous les pronostics et est parvenu à conserver largement la deuxième place dans l’échiquier politique espagnol en se renforçant. Il peut désormais espérer imposer sa candidature alternative à celle de Mariano Rajoy pour la présidence du Congrès qui avait échoué le 2 mars dernier en jouant cette fois sur l’affaiblissement d’Unidos Podemos. 

Après Syriza, Podemos en Espagne et ailleurs ?

Après Syriza, Podemos en Espagne  et ailleurs ?

 

  • La question qui se pose est de savoir si des mouvements comme Cyrisa et maintenant Podemos pourront s’ installer dans la durée et s’étendre. En effet il ne s’agit pas de partis classiques avec des programmes très élaborés mais surtout de mouvemente de protestation avec de nombreuses incohérences internes. On saura rapidement si Syriza est réellement un parti de gestion d’ici la fin de l’année. Il est vraisemblable que Cyriza pour durer sera contraint d’accepter des compromis (ou de sortir de l’Euro). Des incertitudes sur la durée de tels mouvements se posent, ceci vaut pour Podemos. Fondamentalement ces mouvements sont des véhicules de protestation et non de gestion. Il n’est pas certain que cette forme de protestation se développe dans les mêmes formes en Europe. Par contre l’expression de ce mécontentement doit s’interroger l’Europe sur la possibilité d’imposer des politiques économiques et  sociales contre les peuples. Sinon  on pourrait bien insister non pas forcément des Syriza et des Podemos mais à des mouvements de toutes tendances (de gauche, de droite, d’extrême droite et même à des mouvements racistes) qui auraient pour seul dénominateur commun ; le refus de austérité de Bruxelles.  Des dizaines de milliers de personnes sont donc descendues dans les rues de Madrid, samedi, à l’appel du parti anti-austérité Podemos qui espère suivre l’exemple du parti de la gauche radicale grecque Syriza lors des prochaines élections en Espagne. Aux cris de « Si se puede, si se puede ! » (Oui, on peut !) et « Tic-tac tic-tac ! », des dizaines de milliers d’Espagnols – 100 000 selon la police, 300 000 selon les organisateurs – ont investi les rues de Madrid, samedi 31 janvier, à l’appel du parti anti-austérité Podemos (« Nous pouvons », en castillan). Les manifestants entendaient rappeler au président du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, que les sondages donnent Podemos, parti de gauche antilibéral, en tête des intentions de vote en vue des élections régionales en mai et des législatives prévues à la fin de l’année. Le rassemblement de samedi est le plus grand jamais organisé par le parti issu du mouvement des « Indignés », fondé il y a un an à peine mais déjà première force politique d’Espagne, selon les derniers sondages. Podemos avait prévu de terminer sa marche à la Puerta del Sol, une place qui était déjà pleine à 12h30. Une image, dont il espère qu’elle marquera les Espagnols. La grande « marche pour le changement » de ce samedi à Madrid intervient moins d’une semaine après la victoire dimanche, en Grèce,  du parti de gauche radicale Syriza, dont les dirigeants ont régulièrement fait campagne aux côtés de ceux de Podemos. Issus de deux des pays européens ayant vécu le plus durement la crise, avec encore plus d’un cinquième de leur population active au chômage, Podemos et Syriza partagent le même rejet de la troïka des créanciers (Banque centrale et union européenne et Fonds monétaire international). Selon eux, il faut mettre fin à l’empire de la finance internationale qui oublie l’humain et poser la question d’une restructuration de la dette. Après sept années de crise profonde, l’Espagne est un des pays de la zone euro qui bénéficie de la croissance économique la plus soutenue, mais ces bonnes statistiques ne se traduisent pas encore de manière significative sur le niveau de vie de la population, alors qu’environ un Espagnol sur quatre est au chômage. Dans ce contexte, la promesse du nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras de mettre fin à « l’humiliation et la souffrance » trouve un fort écho en Espagne.



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