Archive pour le Tag 'plusieurs'

Logement-une crise à plusieurs faces qui va durer

Logement-une crise à plusieurs faces qui va durer

Jean-Claude Driant, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, auteur de Les politiques du logement en France (La documentation française, 2015), Explique dans la tribune que la crise du logement va durer faute de politique contracyclique

En quoi la crise actuelle du logement est-elle différente des crises précédentes ?

JEAN-CLAUDE DRIANT : C’est une crise multifacette qui, pour simplifier, cumule deux crises. Celle du logement, comprendre du logement trop cher, alimenté depuis vingt ans par des conditions de crédits favorables dans le neuf comme dans l’ancien et qui se traduit aujourd’hui par une difficulté pour de très nombreux ménages d’y accéder, à laquelle s’ajoute une crise immobilière extrêmement lourde. Celle-ci est liée au contexte international, à l’inflation et à la montée des taux d’intérêt, et se développe de façon différenciée selon que l’on soit sur le marché du neuf ou sur celui de l’existant.

Dans le neuf, la question se pose en termes de coûts de construction et de foncier qui génèrent des prix complètement inabordables pour la plupart des ménages confrontés au crédit. Même s’il faut souligner que les taux d’intérêt d’aujourd’hui ne sont pas si élevés. Ils le sont moins que l’inflation, ce qui est presque anormal économiquement parlant, cependant ils sont quatre fois plus élevés qu’il y a deux ans alors que les prix des logements n’ont pas baissé en proportion.

Dans l’ancien, la crise est certes liée aux prix trop élevés, mais il semble que l’on fasse ici le pari d’un marché capable de s’ajuster tout seul. Autrement dit, les prix baisseront parce que les vendeurs ne parviennent plus à vendre. Ce qui diffère grandement du neuf dont ni le coût du foncier, ni celui de la construction ne s’ajustent aussi facilement que dans l’existant.

Dès lors, la réponse à cette crise est-elle différente des précédentes ?

Jusqu’alors, dès qu’une crise importante apparaissait en France, nous avions l’habitude de développer des mesures politiques contracycliques permettant de passer le cap. Souvenez-vous de la crise financière de 2008. Tout le monde craignait un effondrement du secteur du bâtiment. Lequel ne s’est pas produit parce qu’il y a eu, en réponse, une politique claire, forte, à travers le Scellier, le doublement du prêt à taux zéro, le rachat important de logements des promoteurs par des bailleurs sociaux… Ce qui diffère avec cette crise, c’est qu’il n’y a pas de mesures contracycliques, rien n’a été enclenché, excepté le rachat de logements par CDC Habitat et Action Logement. Ce qui paraît très insuffisant.

Pourquoi cette absence de réponse ?

J’ai deux explications à cela. La première, c’est qu’on sort des années du « Quoi qu’il en coûte ». Un « Quoi qu’il en coûte » qui, soit dit en passant, n’a pas véritablement alimenté le marché immobilier. En termes de politiques publiques, l’enjeu de revenir à une certaine forme de sagesse budgétaire n’incite donc pas l’État à remettre de l’argent dans la machine.

La deuxième explication est plus idéologique. En mai 2023, le président de la République qualifiait le secteur du logement comme « un système de sur-dépense publique ». C’est son interprétation, sa lecture d’un secteur dans lequel, selon lui, on a historiquement mis beaucoup d’argent pour fabriquer de la rente, sans résultat social et économique efficace. En fait, je crois qu’au sommet de l’Etat la question ne se pose pas vraiment. Le marché ajustera. Ou, à défaut, les collectivités territoriales.

Pourtant, on voit bien les difficultés de certaines collectivités à produire du logement, notamment social. En Provence-Alpes Côte d’Azur, le parc social ne représente que 14% du parc de résidences principales, contre plus de 17% au national. 95 communes régionales sont concernées par un arrêté de carence au titre du bilan triennal 2020-2022, dont 26 dans les Alpes-Maritimes où 72% des logements sociaux sont réalisés en Vefa par des promoteurs privés, contre 56% au national…

Cette particularité azuréenne est une démonstration de l’interdépendance qui s’est créé entre le monde du logement social, qui a besoin des promoteurs pour produire, et celui des promoteurs, lesquels se trouvent dans une situation d’arbitrage financier compliqué au regard des prix de vente des lots et ceux des logements individuels. Cette dépendance génère aujourd’hui une baisse sensible de la production de logements sociaux dans les territoires alors que les besoins sont très importants. Le fait que ce problème ne soit pas un sujet politique fort reste pour moi un facteur de surprise constant. Est-ce peut-être parce que 40% des ménages sont propriétaires ? C’est presque un ménage sur deux. Ou peut-être aussi parce que les gilets jaunes n’auraient pas parlé de logement ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Nous les avons mal écoutés car tous les problèmes soulignés alors étaient intimement liés à la question du logement. Et le logement social est au cœur de tout cela.

Dans ce contexte difficile, quid de la question écologique ?

L’écologie va influer très lourdement sur les politiques du logement, et ce sur au moins trois points. Nous le constatons déjà avec la question de la sobriété foncière, cette fameuse ZAN (pour Zéro artificialisation nette, NDLR) qui pèse forcément sur la disposition du foncier. Il y a aussi la rénovation énergétique, laquelle pose de nombreuses questions d’ordre économique, social, patrimonial, générationnel même ! Qu’est-ce que c’est, par exemple, que de rénover sa maison quand on a 70 ans ? Enfin, le troisième volet, à savoir le bilan carbone de la construction neuve, est celui qui concentre des critiques de plus en plus voyantes. Un certain nombre d’acteurs issus des milieux économiques (Bercy) mettent en effet en cause le rythme de construction neuve au nom de tout un ensemble de choses dont l’écologie et la démographie. Il faut porter attention à ce type de propos, car nous allons les entendre de plus en plus souvent dans l’avenir. Ils généreront, je pense, des réflexions sur l’évolution des savoir-faire entre la construction neuve et la rénovation qui se traduiront par des transformations très lourdes pour l’ensemble des métiers.

Températures record dans plusieurs régions du monde.

Climat : toujours des températures record partout

Températures record dans plusieurs régions du monde.

Cette météo extrême, qui survient plus fréquemment à cause du réchauffement climatique, « devient malheureusement la nouvelle norme », a déclaré jeudi le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. Le phénomène météorologique cyclique El Niño, qui entraîne généralement une hausse des températures mondiales, contribue à empirer la situation.

Ce mardi et ce mercredi, le record mondial de température moyenne enregistrée à la surface de la Terre a été battu. En cause: le réchauffement climatique, auquel s’ajoutent les effets déjà perceptibles d’El Niño, phénomène météorologique favorisant une hausse des températures depuis les océans.

« Ça s’inscrit dans quelque chose de tout à fait logique, dans le fait qu’on a une augmentation des gaz à effet de serre d’origine humaine dans l’atmosphère », explique sur BFMTV Chloé Maréchal, paléoclimatologue et géochimiste.

El Niño pourrait donner lieu à la période la plus chaude jamais connue sur Terre entre 2023 et 2027, a alerté en janvier dernier l’Organisation météorologique mondiale (OMM). En outre, l’effet combiné d’El Niño avec le réchauffement climatique lui-même pourrait entraîner des températures et des sécheresses record , alors même que l’été dernier a été le plus chaud jamais connu dans certaines régions.

Si les climatologues prévoient l’arrivée du phénomène depuis un certain temps, on ignore cependant quelle sera sa force. « Le changement climatique peut exacerber ou atténuer certains impacts liés à El Niño », a expliqué Michelle L’Heureux, climatologue au NOAA. « Le développement d’El Niño conduira très probablement à un nouveau pic du réchauffement climatique et augmentera les chances de battre des records de température », avait averti l’OMM début mai.

Cet épisode de canicule, particulièrement marqué également dans le nord du Mexique, a provoqué la mort d’au moins 112 personnes dans ce pays, victimes de déshydratation et de coups de chaud, selon un bulletin du ministère de la Santé. Plus de 1500 personnes ont également dû être hospitalisées en raison de ces températures élevées.

Une température record de 49°C a été enregistrée dans l’État du Sonora (Nord-Ouest), de même source ministérielle.

La vague de chaleur qui s’abat sur le pourtour méditerranéen devrait durer au moins deux semaines, a averti l’OMM sur Twitter, jeudi. Des températures maximales dépassant les 35-40°C sont attendues.

En Italie, le ministère de la Santé a émis un avis d’alerte rouge, valable tout le week-end, pour plusieurs villes du centre. A Rome, les températures pourraient monter jusqu’à 42 ou 43°C mardi, faisant exploser le précédent record de 40,5°C enregistré dans la capitale en août 2007. Pourrait également être battu en Sardaigne le record de 48,8°C datant du 11 août 2021, la plus haute température jamais mesurée en Europe.

Les températures de surface dans la Méditerranée seront, elles, « extrêmement hautes dans les prochains jours et semaines », parfois à plus de 30°C, avec des valeurs de plus de 4°C au-dessus de la moyenne dans de vastes zones de l’ouest de cette mer, selon l’OMM. A l’autre bout du globe, la banquise de l’Antarctique a atteint son étendue la plus faible pour un mois de juin.

Social-Pouvoir d’achat-Écart grandissant entre dividendes et salaires depuis plusieurs années

Social-Pouvoir d’achat-Écart grandissant entre dividendes et salaires depuis plusieurs années

Entre 2011 et 2017, « les versements aux actionnaires et les dépenses par salarié évoluent de manière conjointe » avant une « nette rupture » en 2018, souligne Oxfam dans cette étude sur « l’inflation des dividendes » des 100 plus grosses entreprises françaises cotées en Bourse. Un écart de 40% environ.

« Alors que les versements aux actionnaires font un bond de 40% en ligne avec la croissance de la valeur ajoutée, les dépenses par salarié se mettent à stagner » à partir de 2018, observe l’ONG.

« En 2019, 45% des dividendes et rachats d’actions versés aux actionnaires auraient suffi à couvrir leurs besoins en investissement dans la transition écologique », estime Oxfam, qui note qu’ »en moyenne 71% des bénéfices » de ces entreprises ont été redistribués à leurs actionnaires, de 2011 à 2021, via dividendes ou rachats d’actions. Les politiques de l’énergéticien Engie, du fabricant de tubes sans soudure Vallourec et de l’entreprise minière Eramet sont notamment visées.

Oxfam réclame que le versement des dividendes soit conditionné par la loi à la mise en place « d’un salaire décent sur l’ensemble de la chaîne de valeur », ainsi que d’ »une stratégie climat ambitieuse » et d’un plan d’investissement mis en place avec le comité social et économique (CSE) de l’entreprise.

L’ONG souhaite aussi l’abolition du prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes (« flat tax ») et le conditionnement des aides publiques au plafonnement des dividendes.

Pouvoir d’achat-Écart grandissant entre dividendes et salaires depuis plusieurs années

Pouvoir d’achat-Écart grandissant entre dividendes et salaires depuis plusieurs années

Entre 2011 et 2017, « les versements aux actionnaires et les dépenses par salarié évoluent de manière conjointe » avant une « nette rupture » en 2018, souligne Oxfam dans cette étude sur « l’inflation des dividendes » des 100 plus grosses entreprises françaises cotées en Bourse. Un écart de 40% environ.

« Alors que les versements aux actionnaires font un bond de 40% en ligne avec la croissance de la valeur ajoutée, les dépenses par salarié se mettent à stagner » à partir de 2018, observe l’ONG.

« En 2019, 45% des dividendes et rachats d’actions versés aux actionnaires auraient suffi à couvrir leurs besoins en investissement dans la transition écologique », estime Oxfam, qui note qu’ »en moyenne 71% des bénéfices » de ces entreprises ont été redistribués à leurs actionnaires, de 2011 à 2021, via dividendes ou rachats d’actions. Les politiques de l’énergéticien Engie, du fabricant de tubes sans soudure Vallourec et de l’entreprise minière Eramet sont notamment visées.

Oxfam réclame que le versement des dividendes soit conditionné par la loi à la mise en place « d’un salaire décent sur l’ensemble de la chaîne de valeur », ainsi que d’ »une stratégie climat ambitieuse » et d’un plan d’investissement mis en place avec le comité social et économique (CSE) de l’entreprise.

L’ONG souhaite aussi l’abolition du prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes (« flat tax ») et le conditionnement des aides publiques au plafonnement des dividendes.

Écart grandissant entre dividendes et salaires depuis plusieurs années

Écart grandissant entre dividendes et salaires depuis plusieurs années

Entre 2011 et 2017, « les versements aux actionnaires et les dépenses par salarié évoluent de manière conjointe » avant une « nette rupture » en 2018, souligne Oxfam dans cette étude sur « l’inflation des dividendes » des 100 plus grosses entreprises françaises cotées en Bourse. Un écart de 40% environ.

« Alors que les versements aux actionnaires font un bond de 40% en ligne avec la croissance de la valeur ajoutée, les dépenses par salarié se mettent à stagner » à partir de 2018, observe l’ONG.

« En 2019, 45% des dividendes et rachats d’actions versés aux actionnaires auraient suffi à couvrir leurs besoins en investissement dans la transition écologique », estime Oxfam, qui note qu’ »en moyenne 71% des bénéfices » de ces entreprises ont été redistribués à leurs actionnaires, de 2011 à 2021, via dividendes ou rachats d’actions. Les politiques de l’énergéticien Engie, du fabricant de tubes sans soudure Vallourec et de l’entreprise minière Eramet sont notamment visées.

Oxfam réclame que le versement des dividendes soit conditionné par la loi à la mise en place « d’un salaire décent sur l’ensemble de la chaîne de valeur », ainsi que d’ »une stratégie climat ambitieuse » et d’un plan d’investissement mis en place avec le comité social et économique (CSE) de l’entreprise.

L’ONG souhaite aussi l’abolition du prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes (« flat tax ») et le conditionnement des aides publiques au plafonnement des dividendes.

Plusieurs milliards pour OpenAI, le créateur de ChatGPT

Plusieurs milliards pour OpenAI, le créateur de ChatGPT

Microsoft et l’entreprise spécialisée en intelligence artificielle OpenAI ont annoncé un accord sur plusieurs années à « plusieurs milliards de dollars » d’investissements.
Le géant de la tech garde ainsi l’exclusivité des outils d’OpenAI sur son cloud Azure. Autrement dit, il sera le seul -avec OpenAI- à commercialiser les utilisations du générateur d’image DALL-E, du générateur de texte GPT-3, ou encore du générateur de code Codex. Microsoft frappe donc un grand coup dans la course à l’intelligence artificielle et parvient même à inquiéter l’un de ses principaux concurrents, Google.

L’idylle entre OpenAI et Microsoft a commencé en 2019 avec un investissement de 1 milliard de dollars. Cette opération financière a ouvert la voie à la commercialisation des outils d’OpenAI, alors que l’entreprise créée quatre ans plus tôt ne se consacrait qu’à la recherche.
En 2021, Microsoft a remis au pot -pour un montant inconnu- et commencé l’intégration à son cloud Azure d’outils comme le puissant modèle de langage naturel GPT-3 -dont est issu ChatGPT, le chatbot surpuissant sur lequel sont braqués les projecteurs depuis novembre 2022.
Ce partenariat est essentiel aux ambitions d’OpenAI, qui doit payer des chercheurs parmi les plus grosses pointures mondiales, et faire tourner des modèles d’intelligence artificielle très gourmands en capacité de calcul. D’après Fortune, l’entreprise aurait ainsi perdu plus de 500 millions de dollars rien qu’en 2022, et pour cause : elle n’enregistrait jusqu’ici pratiquement aucun revenu. Mais l’entreprise espère désormais réaliser 200 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2023, notamment grâce à la commercialisation prochaine de ChatGPT, et à l’élargissement de son offre sur le cloud Azure.

Pour autant, l’investissement de Microsoft est aussi technologique : le géant de la tech construit des superordinateurs sur mesure pour qu’OpenAI entraîne ses intelligences artificielles de plusieurs milliards de paramètres sur des milliers de milliards de données.

Pour rappel, OpenAI reste avant tout un organisme de recherche, qui vise à terme la création d’une intelligence artificielle générale (ou AGI en anglais) capable de répliquer le fonctionnement d’un cerveau humain, voire même d’en dépasser les capacités.

Carburant : une crise à plusieurs enjeux

Carburant : une crise à plusieurs enjeux

La réquisition sans doute un peu tardive par le gouvernement vise évidemment d’abord à faire face au manque de carburant dans une grande partie de la France. Mais il y a en dessous aussi des enjeux sociauxx, syndicaux et politiques

Côté enjeux politiques, on voit difficilement la grève se terminer chez Total avant la manifestation contre la vie chère de Mélenchon. Du coup, le gouvernement craint la contamination.
Notons que la confédération CGT, elle, n’a pas appelé à rejoindre cette manifestation organisée par Mélenchon.

Les autres confédérations non plus afin d’éviter des confusions de rôles entre politiques et syndicats.

Il est probable cependant que des membres de la fédération CGT des industries chimiques notamment des responsables de Total seront présents à cette manifestation. Une fédération traditionnellement radicale par rapport à la confédération et longtemps proche du parti communiste.

Dans cette affaire de carburant se joue également une concurrence entre syndicats réformistes et syndicats révolutionnaires en tout cas très radicaux et/ou très corporatistes.

Enfin il faut prendre en compte le fait de la proximité du congrès de la CGT qui va procéder au remplacement de Martinez et dans la coulisse l’affrontement de la ligne réaliste face
à la ligne plus radicale comme la fédération CGT ds industries chimiques qui couvre l’activité carburant.

La Première ministre a justifié cette différence de traitement entre Total et Essopar le fait qu’un accord majoritaire, signé par la CFE-CGC et la CFDT, avait été trouvé sur les salaires chez Esso-ExxonMobil. « Une partie des organisations, malgré cet accord, veut poursuivre le mouvement et continuer le blocage, nous ne pouvons pas l’accepter », a souligné la cheffe du gouvernement.
« Le dialogue social, c’est avancer, dès lors qu’une majorité s’est dégagée. Ce ne sont pas des accords a minima. Les annonces de la direction sont significatives. Dès lors, j’ai demandé aux préfets d’engager, comme le permet la loi, la procédure de réquisition des personnels indispensables au fonctionnement des dépôts de cette entreprise », a-t-elle ajouté.

A l’inverse chez TotalEnergies, aucune discussion pour sortir du conflit n’a encore été engagée. Le gouvernement souhaite donc laisser sa chance à la négociation: « Les syndicats réformistes ont appelé à l’ouverture de la négociation. La direction a répondu favorablement. J’espère que les autres syndicats représentatifs saisiront cette main tendue », a détaillé Elisabeth Borne. « A défaut, le gouvernement agira là-encore pour débloquer la situation », a-t-elle toutefois prévenu.

Au plan social et politique plus général, le gouvernement et le patronat ne souhaitent pas évidemment que les revendications de salaires dans le secteur du carburant fassent tache du huile. D’un côté ,il s’agit de ne pas favoriser la spirale prix salaires, de l’autre de sortir d’une situation conflictuelle qui rapidement va porter atteint à l’économie et à l’image du pouvoir dans l’opinion.

Marseille: Laboratoire d’une Ville à plusieurs visages

Marseille: Laboratoire d’une Ville à  plusieurs visages

Les résultats des élections législatives ont confirmé la recomposition du paysage politique français à « trois têtes », la Nupes portée par LFI, le « centre droit » autour de l’alliance présidentielle et le RN fort de ses nouveaux élus à l’Assemblée nationale. Le premier tour des législatives a été particulièrement intéressant à observer à Marseille, alors même que les résultats n’étaient pas encore définis, au vu des campagnes politiques successives qui se sont déroulées dans la cité phocéenne. Marseille se donne en effet à voir comme un laboratoire de sociologie politique, exarcerbant les dynamiques en cours.

De façon quasi caricaturale, la cité a été coupée en trois entités que ce soit pour le 1er ou le second tour : le Nord et le Centre pour la Nupes ; l’Est pour le RN ; le Sud pour LREM. Une répartition politique qui suit très exactement la sociologie du type d’habitants.

L’abstention dans les circonscriptions marseillaises a été forte comme dans le reste de la France (environ 53% d’abstention) ; mais c’est une participation électorale marquée par des contrastes très importants entre quartiers. Pour exemple, dans le centre, du côté de la Belle de Mai non loin de la Gare Saint-Charles, un des lieux les plus pauvres de France, le taux d’abstention atteint 72%. À l’opposé dans le quartier bourgeois de la Flotte dans le 8e arrondissement l’abstention n’atteint que 45,82%. Soit, plus de 26 points d’écart.

 

La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) s’inscrit aussi dans cette dynamique de contrastes. Forte d’un socle de vote populaire, l’alliance séduit avant tout des quartiers à forte mixité culturelle et en proie à très grande pauvreté, voire extrême pauvreté, et par ailleurs des quartiers populaires en voie de gentrification ou déjà largement gentrifiés comme le 5e arrondissement.

Dans les quartiers populaires ayant connu diverses vagues d’immigrations depuis les années 60, tels les quartiers nord et certaines portions du centre, nous pouvons certainement parler, d’un vote identitaire sur fond de pauvreté.

 

Part des ménages à bas revenus, l’exemple de Marseille. Le taux de pauvreté est de 25,1 % à Marseille. La pauvreté se concentre dans les arrondissements du nord et du centre de la ville : dans les 1ᵉʳ, 2ᵉ, 3ᵉ, 14ᵉ et 15ᵉ, les taux de pauvreté sont supérieurs à 39 %. CGNET/2016CC BY-NC-ND

Les habitants de ces quartiers ont aussi clairement perçu les propos du leader de la Nupes, Jean-Luc Mélenchon, autour du concept de « créolisation » ; concept proposé par Edouard Glissant, devenu mot étendard, terme fétiche pour le leader de la LFI lors de cette campagne.

Leader de la LFI et ancien député de Marseille, il est présent en 2019 à la marche contre l’islamophobie à l’appel du CCIF et du NPA à Paris ; il a fait entendre son travail pour lutter contre « la haine des musulmans » et à travaillé à un livret précis « Pour une politique migratoire, humaniste et réaliste » livret thématique de l’Avenir en commun.

Comme le montre la littérature académique et journalistique, la mixité culturelle de ces quartiers « nord » – sur fond de pauvreté, joue plutôt en faveur d’un vote LFI ou Nupes.

Ainsi, le bureau de vote de l’école Maternelle de Saint Joseph Serières dans le 15e arrondissement a porté Nupes à plus de 49% au 1er tour. Une petite remarque cependant : dans ces quartiers où la précarité est forte, le RN arrive tout de suite en deuxième position ; et ce contrairement aux quartiers votant LFI mais qui sont en voie d’embourgeoisement.

Les quartiers en voie de gentrification telle la 5e circonscription, portent aussi l’alliance Nupes en première position. Il faut comprendre, que la sociologie électorale de LFI et de Nupes est moins populaire que celle du RN qui reste le « premier parti ouvrier de France ».

Les travaux du Cevipof repris par Luc Rouban le montrent, la Nupes représente plutôt les classes moyennes, plutôt les diplômés : la proportion d’électeurs ayant au moins un bac plus 5 dans l’électorat de Jean Luc Mélenchon a l’élection présidentielle était de 16% et de 19% pour Yannick Jadot – contre 18% dans l’électorat de Macron et seulement 6% dans celui de Marine Le Pen.

Dans ces quartiers où la Nupes est en tête, on repère deux tendances : quand le quartier est gentrifié, c’est LREM qui arrive derrière la Nupes (4e et 5e circonscription), quand le quartier est nettement plus populaire, c’est le RN qui talonne la formation construite autour de J.L Melenchon.

Le Rassemblement national synthétise peut-être ici les 2 FN caractérisés : celui du nord, ancré sur les questions sociales, celui du sud, construit autour des enjeux de l’immigration.

C’est à l’est qu’il sort en tête du premier tour. Dans certains bureaux de vote le RN monte jusqu’à presque 39% (La Valbarelle) avec plus de 7% du côté de Reconquête ! ou à plus de 36 avec un R ! à plus de 8 (groupe scolaire Château Saint-Cyr). Les deux partis d’extrême droite frôlent ainsi les 45 points.

Cette zone urbaine tend à avoir les caractéristiques du périurbain : située à la périphérie de la ville, proches des grands centres commerciaux, et des axes autoroutiers menant vers l’Est du département et vers le Var, on trouve dans ces secteurs, des maisons individuelles, ou des résidences dotées d’un foncier conséquent. Dans cette circonscription, la mixité culturelle est beaucoup moins forte que dans les quartiers nord.

Mais au final, si cette circonscription de l’est de Marseille échappe in fine de très peu au RN, ce dernier gagne une place coté nord-est face à la Nupes-LFI – 3e circonscription – au second tour. C’est au final cette circonscription plus populaire et appartenant déjà en partie aux quartiers nord que le RN a gagné.

D’ailleurs, dans cette circonscription, ce sont les bureaux de vote les moins peuplés de populations immigrées qui ont permis au RN de gagner ce siège.

Le vote RN s’effectue ici via un « effet de halo » largement documenté par les sciences politiques. Cet effet a été repéré à partir de données d’enquête géolocalisées au niveau infra-communal. Il révèle l’augmentation significative et substantielle de la probabilité du vote Le Pen à distance des « épicentres » de population immigrée, indépendamment du contexte socio-économique et culturel, ainsi que des caractéristiques socio-démographiques des individus.

Des travaux qui éclairent les mécanismes qui lient les expériences subjectives de l’immigration au vote FN ; par exemple ce sont les individus qui vivent tout de suite à coté des quartiers à forte immigration qui vont le plus voter FN/RN, comme le montrent Gille Ivaldi et Jocelyn Evans.

Dans ces circonscriptions – est et nord-est -, on retrouve certainement aussi ce que d’aucuns ont montré notamment autour des transformations du monde du travail – comme le montre ce travail un terrain favorable - qui jouent un rôle prépondérant dans le vote RN. Il s’agit moins d’un déclassement, qu’un délitement des éléments liés à la valorisation du travail : quid de l’estime retirée lors du parcours professionnel, l’emploi décroché – si emploi il y a – sera-t-il à la hauteur des attentes voire des diplômes obtenus ? C’est tous ces questionnements qui créent au vote RN.

Dans la cité phocéenne, LREM confirme l’attractivité électorale qu’elle a auprès des populations les plus incluses dans la société, c’est une sociologie électorale que l’on connaît bien maintenant : des diplômés, souvent des retraités, ou, parmi les actifs, des cadres.

Le bureau de vote de la Flotte, donne quasiment 44 % au candidat LREM et n’offre à la candidate que LR 18,7%. Au bureau de vote Prado Plages c’est plus de 40% à LREM, presque 18% à Reconquête ! la candidate LR n’arrive qu’à 15%. Ce carré d’or où la bourgeoisie marseillaise est souvent enfermée dans des résidences dotés de voies privées est globalement passé d’un vote de droite classique à un vote LREM. Ces bureaux de vote sont au sud de la ville et très proches de la mer.

Par ailleurs, dans ces lieux bourgeois du 8e arrondissement, on peut faire l’hypothèse que la réconciliation des droites chère à Zemmour séduit plutôt : les résultats du bureau de vote Prado Plage : Reconquête ! devancent LR avec 17,65% ; LR est à 14,59 ; le RN à 10,8.

Bien sûr la circonscription est plus mixte que ces seuls micro bureau de vote, dans certains secteurs plus « bobo » la Nupes – vers les Goudes à l’extrême sud – peut atteindre de bons scores, mais ce secteur donne tout de même l’avantage à LREM.

Deuxième ville de France, la cité du sud-est est faite de suffisamment de contrastes et de mixités pour être un bon terrain d’observations des jeux politiques.

En effet, on y retrouve sur le même territoire de très grandes entreprises comme la la Compagnie maritime d’affrètement – Compagnie générale maritime (CMA-CGM), armateur de porte-conteneurs français dont le patron est l’une des plus grandes fortunes françaises, mais aussi des grandes situations de précarité.

Marseille est à l’image d’une France dans tous ses aspects et tous ses contrastes : elle réunit en son sein un peu de la Seine-Saint-Denis, un peu des quartiers gentrifiés parisiens ou nantais, une bourgeoisie classique que l’on pourrait croiser à Bordeaux, mais aussi des centres universitaires ou économiques que l’on peut trouver dans le grand Paris ou le grand Lyon.

Les votes retracent ces contrastes, ils nous racontent une ville dans ces diverses composantes et in fine en disent long sur la France qui vote. La cité phocéenne finit par être une sorte de laboratoire en miniature de la France et de ce à quoi ressemble l’Assemblée nationale aujourd’hui.

_______

Par Virginie Martin, Docteure sciences politiques, HDR sciences de gestion, Kedge Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Pour une Europe à plusieurs vitesses

Pour une Europe à plusieurs vitesses

 

L’élargissement potentiel à l’Ukraine, à la Géorgie et à la Moldavie, puis à d’autres, contraindra l’UE à adopter, progressivement, un schéma d’organisation étagé selon le degré d’intégration voulu, plaide, dans une tribune au « Monde », l’eurodéputé Bernard Guetta.

 

Tribune.

En trois jours, l’Union européenne s’est engagée à ouvrir ses portes à trois nouveaux pays, dont l’Ukraine. La tâche n’aura rien d’aisé. Il y a même là un tel défi que l’Union ne pourra pas le relever sans entièrement se réinventer, mais ce tournant majeur reste pratiquement inaperçu. Dans le fracas de la guerre, c’est tout juste si l’on a entendu la présidente de la Commission annoncer la nouvelle, à Kiev, le 8 avril. « L’Ukraine marche vers un avenir européen », a alors dit Ursula von der Leyen et, le lundi suivant, la percée de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle française a totalement éclipsé la remise des questionnaires d’adhésion à la Moldavie et à la Géorgie.

 

En disant « oui » aux Ukrainiens, l’Union a pourtant pris le risque d’accepter en son sein un pays de 44 millions d’habitants, totalement détruit par les pilonnages russes et dont les frontières resteront longtemps aussi disputées que fragiles. Nous avons pris l’énorme risque d’importer dans l’Union un conflit non résolu et d’en devenir ainsi partie prenante. Mais ce n’est pas tout.

Nous nous sommes obligés à prendre le même risque avec la Géorgie et la Moldavie parce que nous ne pouvions pas sembler les abandonner aux nostalgies impériales de Vladimir Poutine, et ce n’est encore pas tout. En trois jours, nous nous sommes ainsi contraints à faire sans doute aboutir autrement plus vite que nous ne le souhaitions les négociations en cours avec la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine et même le Kosovo, soit six pays de plus. Nous courons, en un mot, à la paralysie, car nos institutions, conçues pour six Etats, alors que l’Union en compte aujourd’hui vingt-sept, sont déjà tellement essoufflées qu’elles ne pourraient plus du tout fonctionner avec quelque trente-cinq Etats membres aux niveaux de développement économique et politique si profondément différents.

 

Nous mettons, oui, le doigt dans un engrenage suicidaire mais, sauf à jouer les autruches, à fuir nos responsabilités et à renoncer à défendre la démocratie, nous ne pouvions pas tourner le dos aux Ukrainiens. Nous pouvions encore moins nous dérober que nous ne l’avions pu lorsque la Pologne, les pays baltes et l’Europe centrale frappaient à nos portes. Mais comment relever maintenant le défi que nous nous sommes lancé ?

Eh bien, c’est simple. Nous n’y parviendrons qu’en cessant de penser que nous pourrions tous avancer du même pas, tout le temps et dans tous les domaines. C’est impossible. Cela le restera pour de nombreuses décennies, mais nous pouvons, en revanche, constituer des ensembles de pays désireux d’aller plus loin et plus vite vers des objectifs communs, et cette Europe à plusieurs vitesses pourrait prendre corps de deux manières.

La Guerre en Ukraine va créer des famines dans plusieurs pays (ONU)

La Guerre en Ukraine va créer des famines dans plusieurs pays (ONU)

 

 

D’après l’ONU, il y a des risques que la guerre en Ukraine contribue à bouleverser le système alimentaire mondial » et frapper « le plus durement les plus pauvres et semer les germes de l’instabilité politique et de troubles dans le monde entier », a mis en garde lundi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Quarante-cinq pays africains et pays les moins avancés importent au moins un tiers de leur blé d’Ukraine ou de Russie et 18 de ces pays en importent au moins 50%. « Les prix des céréales ont déjà dépassé ceux du début du printemps arabe et des émeutes de la faim de 2007-2008″, fait valoir l’ONU.

« La guerre en Ukraine signifie la faim en Afrique », a déploré dimanche la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, sur CBS News.

 

« Greniers du monde », la Russie et L’Ukraine représentent en effet à eux deux un tiers des échanges de blé mondiaux, et sont aussi d’importants exportateurs d’autres céréales telles que le maïs, des oléagineux et autres intrants essentiels pour l’agriculture intensive, comme les engrais.

Société-École : une crise à plusieurs dimensions

Société-École : une crise à plusieurs dimensions

 

 

Le premier motif de la grève récente  tient à la complexité d’un protocole inapplicable par les parents et pratiquement impossible à vérifier par les enseignants. Du coup, l’absentéisme crée une pagaille sans nom dans les classes et bouleverse complètement la pédagogie et les programmes.

Pendant longtemps, le gouvernement a fait l’impasse sur la situation sanitaire de l’école pourtant principal vecteur de diffusion de la pandémie. La vérité c’est qu’il a utilisé l’école pour diffuser largement le virus en espérant en retour obtenir une immunité collective de la population. Une stratégie discutable reposant essentiellement sur la vaccination.

 Au-delà de l’aspect sanitaire, l’école connaît une crise structurelle et notamment sociale. Il est clair que les enseignants en dépit des promesses récentes ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs compétences théoriques et de la qualification. D’une certaine manière, progressivement on a assisté dans le pays à une sorte de prolétarisation du métier. Des enseignants qui gagnent moins qu’un plombier  ( métier qui n’est pas d’ailleurs si simple avec l’évolution technologique).    La revalorisation financière est incontournable surtout si l’on veut remettre à niveau autant les capacités que les engagements.

La crise est aussi culturelle dans la mesure où il n’est plus possible d’enseigner de manière sereine et efficace compte tenue de la dégradation totale de la discipline dans certaines classes notamment dans les quartiers difficiles mais pas seulement. De ce point de vue, les théories pédagogistes  farfelues ont bouleversé les rapports au savoir et au maître.

Le plus grave , c’est la dégradation générale du niveau scolaire qui commence évidemment en primaire mais atteint le supérieur. Pour preuve des cours d’orthographe sont parfois organisés dans les universités ! Des universités complètement surbookées  parce que la mode en France s’oppose à l’orientation vers les filières d’apprentissage et qu’on préfère diriger les étudiants dans des impasses universitaires non qualifiantes. Nombres d’étudiants sont d’ailleurs éjectés dès les premières années d’université.

S’il y a un objectif prioritaire à mettre en débat en France ,c’est bien celui concernant l’avenir de l’école et celui des élèves. Un débat qu’on ne pourra conduire uniquement avec les enseignants mais avec tous les acteurs économiques, sociaux, politiques et culturels.

Développement du paiement en plusieurs fois

Développement du paiement en plusieurs fois

 

L e paiement en plusieurs fois n’est évidemment pas nouveau. Mais il tend à se développer avec les offres des sociétés commerciales elles-mêmes. Il y a plusieurs manières de pratiquer le paiement différé. Soit l’obtention d’un crédit traditionnel, soit l’utilisation des facilités de paiement en plusieurs fois offertes par les banques , soit cette dernière tendance des grandes marques de distribution de fractionner le règlement.

Selon les cas, ce paiement en plusieurs fois peut comporter des frais supplémentaires ou être gratuit. Il vise en tout cas inciter à la consommation qui par parenthèse s’est montrée un peu molle au cours du mois de juillet.

De façon plus structurelle, les Français qui le peuvent sont davantage tentés par l’épargne que par la consommation content tenu des incertitudes sanitaires et économiques.

Voitures autonomes: pas avant plusieurs décennies ! peut-être

 Voitures autonomes: pas  avant plusieurs décennies ! peut-être 

 

Les experts ne savent pas quand, si toutefois cela arrive un jour, nous aurons des véhicules véritablement autonomes, capables de se déplacer partout sans aide. Avant cela, l’IA devra déjà commencer par devenir… beaucoup plus intelligente par Christopher Mims Dans le Wall Street Journal (extraits)

 

En 2015, Elon Musk avait annoncé que les véhicules autonomes pouvant rouler « n’importe où » seraient disponibles d’ici deux ou trois ans.

En 2016, le directeur général de Lyft, John Zimmer, avait prédit qu’elles allaient « pratiquement mettre fin » à la possession de voiture particulière d’ici à 2025.

En 2018, le CEO de Waymo, John Krafcik, avait prévenu que la mise au point des robocars autonomes prendrait finalement plus de temps que prévu.

En 2021, certains experts ne savent pas quand, si cela se produit un jour, les particuliers pourront acheter des voitures sans volant se conduisant toutes seules.

Contrairement aux investisseurs et aux dirigeants d’entreprise, les universitaires qui étudient l’intelligence artificielle, l’ingénierie des systèmes et les technologies autonomes soulignent depuis longtemps que la conception d’une automobile entièrement autonome prendrait de nombreuses années, voire des décennies. Aujourd’hui, certains vont même plus loin et affirment que, malgré des investissements qui dépassent déjà les 80 milliards de dollars, nous ne disposerons peut-être jamais des voitures autonomes promises. Du moins, pas sans avancées majeures dans le domaine de l’intelligence artificielle, que personne ne prévoit de sitôt, ni sans un réaménagement intégral de nos villes.

Même les plus fervents promoteurs de cette technologie — en 2019, M. Musk était revenu sur ses prévisions précédentes et déclarait que les robots-taxis autonomes Tesla feraient leur apparition en 2020 — commencent à admettre publiquement que les experts qui se montrent sceptiques ont peut-être raison.

Dans les véhicules que vous pouvez aujourd’hui acheter, la conduite autonome n’a pas réussi à se matérialiser autrement que par un régulateur de vitesse amélioré, comme le Super Cruise de GM ou l’Autopilot de Tesla, au nom très optimiste

« Une grande partie de l’IA appliquée au monde réel doit être pensée pour permettre une conduite autonome totale, généralisée et sans assistance puisse fonctionner », a récemment tweeté M. Musk lui-même. Autrement dit, pour qu’une voiture puisse conduire comme un être humain, les chercheurs doivent créer une IA à sa hauteur. Les chercheurs et les universitaires spécialisés dans ce domaine vous diront que nous n’avons pas la moindre idée de la manière d’y parvenir. M. Musk, en revanche, semble être convaincu que c’est exactement ce que Tesla va réussir. Il ne cesse de vanter les mérites de la prochaine génération de la technologie « Full Self Driving » de l’entreprise, actuellement en phase de test bêta — qui n’est en réalité qu’un système d’aide à la conduite au nom trompeur.

Un article récemment publié, intitulé Why AI is Harder Than We Think, résume fort bien la situation. Melanie Mitchell, informaticienne et enseignante en systèmes complexes à l’Institut Santa Fe, y note qu’à mesure que s’éloigne l’horizon de la commercialisation des véhicules autonomes, les acteurs du secteur redéfinissent le terme. Comme ces véhicules nécessitent des zones test géographiquement limitées et des conditions météorologiques idéales — sans évoquer les conducteurs à bord pour assurer la sécurité ou, au moins, des contrôleurs à distance — les constructeurs et les partisans de ces véhicules ont intégré toutes ces restrictions dans leur définition de l’autonomie.

Même avec tous ces astérisques, écrit la docteure Mitchell, « aucune de leurs prédictions ne s’est réalisée ».

Dans les véhicules que vous pouvez aujourd’hui acheter, la conduite autonome n’a pas réussi à se matérialiser autrement que par un régulateur de vitesse amélioré, comme le Super Cruise de GM ou l’Autopilot de Tesla, au nom très optimiste. A San Francisco, Cruise, filiale de GM, teste des véhicules autonomes sans conducteur au volant, mais avec un humain qui surveille les performances du véhicule depuis le siège arrière. Par ailleurs, il n’existe pour l’heure qu’un seul service commercial de robot-taxi fonctionnant aux Etats-Unis sans conducteur humain. L’opération, conduite par Waymo, une filiale d’Alphabet, se limite à des zones à faible densité de la métropole de Phoenix.

Même dans ces conditions, les véhicules de Waymo se sont retrouvés impliqués dans des accidents mineurs au cours desquels ils ont été percutés par-derrière. Leur comportement déroutant (pour les humains) a été cité comme une cause possible de ces accidents. Récemment, l’un d’eux a été perturbé par des cônes de signalisation sur un chantier.

« Je ne suis pas convaincu que nous soyons davantage percutés ou accrochés par l’arrière qu’un véhicule conduit par un humain », assure Nathaniel Fairfield, ingénieur logiciel et responsable de l’équipe « comportement » chez Waymo. Les véhicules autonomes de l’entreprise ont été programmés pour être prudents — « à l’inverse du jeune conducteur classique », insiste-t-il.

Ch

Les problèmes des voitures sans conducteur se manifestent réellement à partir du troisième niveau. Selon Mme Cummings, les algorithmes actuels de deep learning, le nec plus ultra de l’apprentissage automatique, ne sont pas en mesure de fournir une représentation du monde basée sur la connaissance. Et les tentatives des ingénieurs humains pour combler cette lacune — comme la création de cartes ultra-détaillées pour compenser les failles des données des capteurs — ne sont pas mises à jour assez fréquemment pour guider un véhicule dans toutes les situations possibles, par exemple lorsqu’il se retrouve confronté à des travaux non cartographiés.

De plus en plus d’experts estiment que le chemin vers l’autonomie complète ne sera, en fin de compte, pas principalement basé sur l’IA

Les systèmes d’apprentissage automatique, qui sont excellents pour comparer des modèles, ne sont pas doués pour l’extrapolation, c’est-à-dire pour se servir de ce qu’ils ont appris dans un domaine afin de l’appliquer à un autre. Par exemple, ils peuvent identifier un bonhomme de neige sur le bord de la route comme étant un piéton potentiel, mais ne peuvent pas dire qu’il s’agit en fait d’un objet inanimé qui a très peu de chances de traverser la voie.

« Quand vous êtes un enfant en bas âge, on vous apprend qu’on peut se brûler avec une cuisinière », rappelle la docteure Cummings. Mais l’IA n’est pas très douée pour transposer ce qu’il sait d’une casserole à une autre, ajoute-t-elle. « Vous devez lui enseigner cela pour chaque ustensile qui existe. »

Des chercheurs du MIT tentent de combler cette lacune en revenant à l’essentiel. Ils ont lancé une vaste étude pour comprendre comment les bébés apprennent, en termes techniques, afin de retranscrire cela dans les futurs systèmes d’IA.

« Des milliards de dollars ont été dépensés dans le secteur de la conduite autonome, mais les résultats ne vont pas être à la hauteur de leurs attentes », prévient la docteure Cummings. Cela ne signifie pas que nous n’aurons pas un jour une sorte de voiture « autonome », dit-elle. Mais « ce ne sera pas ce que tout le monde a promis ».

En revanche, ajoute-t-elle, de petites navettes circulant à faible vitesse dans des zones bien cartographiées et équipées de capteurs, par exemple à télédétection par laser, pourraient permettre aux ingénieurs de limiter le degré de sécurité à un niveau acceptable pour les régulateurs et le public. (Imaginez, par exemple, des navettes à destination et en provenance d’un aéroport, circulant sur des voies spécialement aménagées).

M. Fairfield, de Waymo, affirme que son équipe ne voit pas d’obstacles technologiques fondamentaux à la généralisation des services de robots-taxis autonomes comme ceux de son entreprise. « Si vous êtes trop conservateur et que vous ignorez la réalité, vous dites que cela va prendre trente ans — mais ce n’est tout simplement pas vrai », assure-t-il.

De plus en plus d’experts estiment que le chemin vers l’autonomie complète ne sera, en fin de compte, pas principalement basé sur l’IA. Les ingénieurs ont résolu nombre d’autres problèmes complexes — comme l’atterrissage de vaisseaux spatiaux sur Mars — en les divisant en petits morceaux, afin que de brillants esprits soient en mesure de concevoir des systèmes capables de gérer chaque étape. Raj Rajkumar, professeur d’ingénierie à l’université Carnegie Mellon, qui travaille depuis longtemps sur les voitures autonomes, est optimiste concernant cette approche. « Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais j’entrevois la lumière au bout du tunnel », dit-il.

C’est la principale stratégie adoptée par Waymo pour faire circuler ses navettes autonomes. « Nous ne pensons pas qu’il faille une IA complète pour résoudre le problème de la conduite », estime d’ailleurs M. Fairfield.

De son côté, M. Urmson, d’Aurora, explique que son entreprise combine l’IA avec d’autres technologies pour créer des systèmes capables d’appliquer des règles générales à des situations nouvelles, comme le ferait un humain.

Pour arriver à des véhicules autonomes conçus via des méthodes « traditionnelles », avec une « ingénierie des systèmes » éprouvée, il faudrait encore dépenser des sommes énormes pour équiper nos routes de transpondeurs et de capteurs afin de guider et corriger les voitures robots, explique Mme Mitchell. Et leur déploiement resterait limité à certaines zones et dans certaines conditions météorologiques, avec des téléopérateurs humains sur le qui-vive au cas où les choses tournent mal, ajoute-t-elle.

Cette version animatronique à la Disney de notre avenir en matière de conduite autonome serait à mille lieues de la création d’une intelligence artificielle susceptible d’être installée dans n’importe quel véhicule et de remplacer immédiatement un conducteur humain. Cela pourrait aboutir à des voitures plus sûres conduites par des humains, et des véhicules entièrement autonomes dans une poignée de zones soigneusement contrôlées. Mais ce ne serait pas la fin de la possession de voiture individuelle, qui n’est, elle, pas pour si tôt.

MARCHE CLIMAT: PLUSIEURS MILLIERS DE PERSONNES À PARIS et en province

MARCHE CLIMAT: PLUSIEURS MILLIERS DE PERSONNES À PARIS et en province

Des dizaines de milliers de manifestants partout en France pour protester contre les orientations visant le climat. Au total 115 000 d’après les organisateurs. Parmi les motifs d’insatisfaction le faite que Emmanuel Macron s’était engagé devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) à envoyer aux parlementaires leur proposition de modification de l’article 1 de la Constitution;  mais, face aux réticences du Sénat, l’idée du référendum devrait être abandonnée par le gouvernement

Malgré les assurances élyséennes, écologistes, partis de gauche et syndicats y ont vu une preuve de plus des reniements de l’exécutif, alors même qu’ils manifestaient pour dénoncer comme « un rendez-vous raté pour le climat » la loi « climat et résilience » adoptée mardi à l’Assemblée.

Un texte, très contesté, sensé traduire une partie des 149 propositions de la CCC, convoquée par Emmanuel Macron dans la foulée de la crise des gilets jaunes pour réduire de 40% les émissions françaises de gaz à effet de serre « dans un esprit de justice sociale ».

Selon les organisateurs, 115.000 personnes au total ont participé à 163 défilés à travers le pays, dont 56.000 à Paris, soit un peu plus que revendiqué lors du précédent mouvement fin mars.

Electricité : le risque d’une pénurie pendant plusieurs années

Electricité : le risque d’une pénurie pendant plusieurs années

 

En raison de la fermeture de Fessenheim, des travaux d’entretien sur les réacteurs et des retards de Flamanville, la France pourrait friser le risque de pénurie d’électricité pendant plusieurs années au moins jusqu’en 2024. Tout dépendra en fait  de la rigueur des prochains hivers. Du coup, la fermeture de deux nouveaux réacteurs en 2025 et 2026 pourrait être décalée. À noter aussi que les énergies alternatives sont loin de compenser le vide laissé par le nucléaire. « Le système électrique ne disposera que de marges très faibles sur la période 2021-24 et l’hiver prochain présente un risque plus élevé qu’un hiver normal« , a expliqué Xavier Piechaczyk, président du gestionnaire du réseau haute tension, lors d’une conférence de presse.

 

RTE publiait mercredi son « bilan prévisionnel », un épais document qui étudie les perspectives du système français à l’horizon 2030.RTE avait déjà exprimé sa « vigilance » pour l’hiver 2020-2021, qui s’est finalement passé sans encombre grâce à une météo clémente et à une baisse de la consommation électrique avec la crise.

Pour l’avenir, la situation doit s’améliorer en 2024-2026 avec la mise en route attendue de l’EPR et de six parcs éoliens en mer, notamment. L’amélioration est plus nette encore en 2026-2030.

Pour 2030, RTE prévoit par ailleurs une hausse modérée de la consommation d’électricité, de l’ordre de 5% par rapport à 2019. Elle sera notamment tirée par le développement des véhicules électriques mais aussi la production d’hydrogène.

La fameuse « pointe » de consommation de 19 heures en hiver devrait cependant diminuer grâce aux mesures d’efficacité et à de nouveaux usages qui ne seront pas concentrés sur cet horaire. Les voitures électriques devraient par exemple se charger au creux de la nuit, à l’exemple des chauffe-eaux actuellement.

Concernant les émissions de CO2, RTE calcule qu’elles devraient diminuer de 30 à 40 millions de tonnes par an.

C’est en partie le fait de l’évolution du système électrique lui-même mais surtout grâce aux transferts d’usage vers l’électricité (mobilité, production d’hydrogène, procédés industriels, chauffage ou cuisson…) qui limiteront le recours aux énergies fossiles.

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol