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Les marchés financiers font plier Trump

Les marchés financiers font plier Trump

La semaine qui a suivi l’annonce de Donald Trump concernant les droits de douane a plongé les marchés et les acteurs économiques dans une grande confusion. Le choc des tarifs douaniers pourrait déclencher une récession. La pause de 90 jours, annoncée en milieu de semaine, semble avoir apaisé temporairement la situation; Mais les incertitudes demeurent sur l’ampleur des conséquences économiques à venir. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC

Pendant la semaine qui a suivi le chiffrage donné par Donald Trump sur le montant des droits de douane appliqué aux « 15 dirty » et au reste du monde ensuite — la confusion a régné partout et à tous les niveaux. La seule certitude émergeant dans l’incertitude était le consensus des économistes. Le choc d’offre que ces tarifs vont générer va déclencher une récession, les divergences portant uniquement sur l’ampleur de la récession et l’impact sur l’inflation. Le sursis à exécution de 90 jours avec un tarif à 10% pour l’ensemble des pays et le maintien des tarifs sur la seule Chine repousse la tempête de trois mois. Cette volte-face est soit l’exécution d’un plan prévu à l’avance, soit au contraire une reconsidération au vu des effets du plan.

Notre point de vue est que c’est la réaction du marché obligataire américain qui est l’alarme qui a provoqué la mise à l’arrêt provisoire du plan. Entre la mise en place et la mise en pause du plan, le taux d’intérêt sur l’obligataire à 10 ans avait augmenté de 0,6 point pour atteindre 4,51%, contrepartie automatique de l’effondrement de leur prix. La baisse des prix des obligations du Trésor est un danger pour l’économie à plusieurs niveaux. Outre qu’il devient plus difficile de lever des fonds en première émission, la probabilité de faillite de grands fonds de placement ou de grandes banques régionales augmente dangereusement. Une crise financière généralisée de la même nature que la Crise financière Mondiale de 2007-2008 devient techniquement possible. La dépréciation du dollar et la chute du prix des actions ne peuvent que renforcer les craintes des investisseurs de détenir des actifs américains.

Personne ne peut rien contre le marché financier, pas même Donald Trump. Le marché financier présente la note en permanence, au travers des primes de risque, face aux gouvernements comme aux entreprises. En particulier, le marché financier contraint les gouvernements à la discipline budgétaire via la hausse des taux d’intérêt. James Carville, stratège en chef de Bill Clinton, a déclaré un jour avec humour : « Je pensais autrefois que si la réincarnation existait, je voudrais revenir en tant que Président, Pape ou batteur à 400 au baseball. Mais aujourd’hui, je préférerais revenir en tant que marché obligataire. Vous pouvez intimider tout le monde. »

L’ex-Première ministre britannique Liz Truss constitue un exemple frappant de la manière dont les marchés financiers peuvent imposer leur loi. Élue le 6 septembre 2022 avec un programme de baisses massives d’impôts, accompagnées de quelques coupes budgétaires, elle prévoyait un creusement du déficit de 45 milliards de livres, dans un contexte où la dette anglaise était déjà chahutée sur les marchés. L’envolée immédiate des taux d’intérêt, l’effondrement des obligations, la panique des fonds de pension ont amené Truss à démissionner après 49 jours, un minimum record dans la vie politique anglaise.

En fournissant un effort important, on peut discerner une logique possible dans le plan Trump qui n’est pas si inhabituelle chez les Américains. Un ministre a dit une fois : le dollar est notre monnaie et votre problème. Donald Trump ici dit « notre déficit commercial est votre problème ». C’est à vous de le résoudre. Chacun d’entre vous faites ce que bon vous semble pour le réduire, l’alternative si vous ne faites rien, ce sont les tarifs du 3 avril dans 90 jours. On est bien en présence d’une brutalité inouïe où les causes du problème importent peu, ce qui compte c’est la pression exercée pour obtenir le résultat, quoi qu’il en coûte pour les relations internationales futures.

Les marchés financiers ont rétabli provisoirement une forme de normalité dans la politique économique de Trump. En revanche, le concept de pays « amis », base de l’alliance entre les pays occidentaux, a du plomb dans l’aile. Trump a manifesté avec sa brutalité habituelle que les É.-U. n’avaient pas d’amis, mais uniquement des intérêts. Pour les alliés historiques du Pacifique et d’Europe, le réveil est brutal lui aussi.

Par construction, l’économie de marché est fondée sur le principe des échanges volontaires et sur la flexibilité des prix, permettant d’orienter les décisions économiques vers la plus grande efficacité. La manière Trump de gérer les échanges internationaux, basée sur le rapport de force et la coercition, ne peut que détruire la confiance de tous dans l’Amérique, y compris la confiance des Américains eux-mêmes. Il n’est pas garanti que le sursis de Donald Trump sur ses décisions de politiques commerciales suffise pour rétablir cette confiance. Il est fort probable que les turbulences sur le marché des titres, et l’ensemble du marché financier subsistent et s’amplifient.

Le Parlement devra plier devant l’opinion (CFDT)

Le Parlement devra plier devant l’opinion (CFDT)

Le leader de la CFDT Laurent Berger n’a cessé d’attirer l’attention sur le caractère injuste et inefficace d’une réforme seulement paramétrique. Lui et son organisation étaient favorables à une véritable réforme universelle avec un régime unique plus juste et plus progressif.

Au-delà de la brutalité du gouvernement, la CFDT dénonce aussi la méthode Macron qui consiste à s’asseoir complètement sur les organisations et institutions intermédiaires pour imposer une sorte de volonté monarchique. Laurent Berger met aussi en garde le gouvernement sur les conséquences politiques de son entêtement. Le risque économique est également grand car le mouvement pourrait dévier dans des formes de révoltes corporatistes dures incluant aussi la jeunesse qui seraient alors difficilement maîtrisables.

«La population est très défavorable au projet, et cet avis tend à prendre de l’ampleur», affirme le leader du premier syndicat français, à trois jours d’une nouvelle journée de manifestations partout en France contre la réforme des retraites et le report de l’âge légal à 64 ans. Après les «mobilisations d’ampleur» du 19 janvier (1,12 million de participants selon la police, plus de 2 millions d’après les organisateurs), avec notamment «des gros cortèges dans des villes moyennes», le patron de la CFDT souligne que «l’opinion constitue un élément du rapport de force».

«Il faut que le gouvernement l’écoute, que le Parlement se préoccupe de ce qui se passe partout», ajoute-t-il, alors que le projet de loi sera examiné à l’Assemblée à partir de lundi. Ne pas tenir compte de ce contexte «serait une faute», prévient Laurent Berger, inquiet des conséquences «si le texte passait tel quel, sans aucune inflexion», au risque de générer du «ressentiment» et de favoriser l’extrême droite. «On n’a pas besoin de chaos démocratique», insiste-t-il.

Soucieux de «garder l’opinion» de son côté, il n’appuie pas la stratégie de blocage préconisée par d’autres organisations, jugeant que «le niveau d’efficacité syndicale ne se mesure pas au niveau d’emmerdements concrets pour les citoyens». Pas non plus favorable à une multiplication des journées d’action, car «de nombreux travailleurs ne peuvent pas tenir sur un rythme aussi intense», il estime qu’il «faut encore une ou deux démonstrations de force» pour que l’exécutif «prenne conscience du puissant rejet que son texte suscite».

Canal Plus : plier devant beIN Sports ou mourir

Canal Plus : plier devant beIN Sports ou mourir

Canal + devra plier devant BeIN Sport sur l’injonction de l’autorité de la concurrence. On sait que Canal a perdu le spectacle phare, à savoir les droits du foot anglais le plus regardé au monde. Les droits de retransmission des rencontres sont plus que jamais indispensables pour attirer les téléspectateurs vers une chaîne payante. Plus de la moitié des abonnés à Canal le sont pour le foot. Mais le marché des droits sportifs – objet d’une lutte sans merci entre Canal+ et BeIN Sports – est bouleversé par l’initiative d’Altice, le groupe du milliardaire des télécoms Patrick Drahi. Le groupe européen de télécoms et de médias a arraché  les droits de diffusion de la Premier League, le championnat anglais de football, pour le marché français,  Le montant du nouveau contrat est estimé autour de 100 millions d’euros par an, selon une source proche du dossier. Jusqu’ici, les droits appartenaient à Canal+ pour 63 millions d’euros annuels, selon L’Equipe.  C’est un coup très dur pour Canal+, dont les droits de la Premier League étaient devenus le dernier actif exclusif en matière de football. Les deux autres produits de premier choix, la Ligue des Champions et la Ligue 1, sont partagés avec BeIN Sports. . La filiale de Vivendi va enfin savoir si elle peut ou non commercialiser beIN Sports. Car cet accord avec la chaîne sportive reste soumis à l’approbation de l’Autorité de la concurrence. L’anti-trust, après avoir promis un verdict pour fin avril, l’a repoussé, et va finalement se prononcer d’ici mi-juin, a révélé le Monde la semaine dernière. Ce retard s’explique par les négociations entre la chaîne cryptée et le gendarme de la concurrence, plus âpres que prévues. Au fur et à mesure, la chaîne présidée par Vincent Bolloré a dû faire des concessions et en préciser d’autres. Mais cela ne suffit pas à l’Autorité de la concurrence, qui envisage d’infliger des obligations supplémentaires.  À l’origine, la filiale de Vivendi voulait commercialiser beIN Sports en exclusivité, sur le même modèle que les autres chaînes distribuées en exclusivité par CanalSat (Eurosport…). En pratique, pour regarder beIN Sports, le téléspectateur aurait été obligé de s’abonner aussi à CanalSat ou Canal Plus, permettant ainsi de doper leurs abonnements. Mais Canal a dû reculer sur ce point. Finalement, le téléspectateur pourra continuer à s’abonner à beIN Sports en solo, comme aujourd’hui. Le texte confidentiel des engagements proposés par la chaîne (cf. ci-dessous) stipule: « Canal Plus s’engage à rendre possible la souscription en stand alone par tout consommateur qui le souhaiterait. [...] beIN Sports sera vendue seule, via une offre de Canal Plus, si le consommateur en fait la demande, pendant toute la durée du contrat [soit 5 ans], et sera disponible dès le mois de juillet au prix garanti de 14 euros TTC par mois en 2016. Ce prix pourra ensuite faire l’objet d’une révision annuelle ». 

(avec BFM)

Hervé Le breton, un citoyen « normal » qui a fait plier le parlement

Hervé Le breton, un citoyen « normal » qui a fait plier le parlement

 

Cantre du pouvoir citoyen, Hervé le breton a fait plier le parlement qui a été contraint de publier la liste secrète de la cagnotte des députés (pudiquement appelée réserve parlementaire). Il continue son combat citoyen (comme d’autres trop peu nombreux) contre l’oligarchie et les dérives de la république monarchique. En 2011, lorsqu’un correspondant de l’AFP l’a croisé pour la première fois, il semblait être au nombre de ces contribuables en colère qui s’acharnent contre l’administration sans obtenir grand chose.   »Chacun a le droit de savoir comment est utilisé l’argent du contribuable », martelait-il après le dépôt d’un recours auprès du tribunal administratif de Toulouse. Objectif: contraindre le ministère de l’Intérieur à divulguer les données de cette cagnotte de près de 150 millions d’euros, attribuée par l’Etat aux députés et sénateurs pour financer chaque année des projets locaux.   »Je veux pouvoir connaître la somme, la collectivité concernée, le projet et le nom du parlementaire qui l’a soutenu », disait-il, dénonçant des critères d’attribution opaques.  Après deux années de procédures, il reçoit le 25 juin la liste des réserves parlementaires pour 2011, mille pages acquises de haute lutte dont la communication avait été ordonnée par le tribunal administratif le 23 avril.   »J’ai passé une nuit blanche à tout décortiquer », confie cet enseignant de collège, qui réside à Lacépède, un petit village du Lot-et-Garonne.  Né à Blois, ce professeur a grandi en Touraine et se dit fier de son sang corse et breton: installé depuis 1999 dans une vieille grange qu’il a restaurée, il a décidé en 2008 de fonder une association, « Pour une démocratie directe ».   »J’avais besoin de passer à l’acte, de donner une nouvelle direction à ma vie, j’avais peur de devenir indifférent (…) J’ai beaucoup pensé à mes enfants, à ce que je voulais leur laisser en héritage », explique-t-il.  Son modèle n’est autre que son père, un universitaire et chercheur en spectroscopie moléculaire qui a toujours refusé toute distinction. Ce qui compte, « c’est ce que les gens font, pas leur apparence », disait-il à son fils. « Sa famille a des valeurs et les exprime. Elle est soudée et c’est important pour lui », témoigne l’ épouse d’Hervé Lebreton, Priscilla.  Politiquement, il dit n’être ni de droite, ni de gauche, avoir un faible pour Coluche et un texte pour référence : la Déclaration universelle des droits de l’Homme.  Ce « passage à l’acte », pense-t-il, sera un exemple pour ses filles de 6 et 10 ans. « Une démarche altruiste et désintéressée alors que l’on pourrait rester dans notre petit confort », ajoute son épouse.  Avec son association, il commence par interpeller les parlementaires sur leurs pensions « qui devraient être alignées sur le régime général » mais en réalité sont « fixées par le bureau de l’Assemblée nationale, à huis-clos ».  Il interpelle les 577 députés, leur écrit pour leur demander s’ils sont pour l’alignement de leur pension sur le régime général. Puis, il concentre son combat sur les réserves parlementaires, car il sait pouvoir plus rapidement obtenir un résultat concret sur ce terrain.  Brièvement tenté par la politique, ce bricoleur méticuleux s’y frotte lors des législatives de 2012, dans la 3e circonscription du Lot-et-Garonne (1,21% des suffrages) puis en 2013 (1,69%) dans la circonscription de Jérôme Cahuzac, un « test » qui ne le tente plus.  Guy Fregefont, son suppléant, enseignant dans son collège, le décrit comme un homme « tenace » et « d’une efficacité remarquable ». « Une personne hors du commun ».  Difficile de lui trouver des détracteurs. Ainsi, le député UMP Jean-Louis Costes assure être « totalement d’accord » avec sa démarche. La seule qui semble se plaindre de lui est sa grand fille, Théa: elle aimerait que « papa soit plus souvent à la maison ».  Mais Hervé Lebreton a déjà un nouveau combat en tête : le détail des subventions accordées aux associations sur le budget des réserves parlementaires. « Il y a encore de nombreuses zones obscures », insiste-t-il.   »Les citoyens doivent faire entendre leur voix, ne pas hésiter à interpeller leur député (…) Le droit de savoir fait partie de la Constitution », dit-il. Et de rêver d’un « pouvoir citoyen », en plus des pouvoirs judiciaire ou médiatique. Même si celui-là « reste à inventer ».

 




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