Archive pour le Tag 'plaidoyer'

Plaidoyer pour les milliardaires

Plaidoyer pour les milliardaires

 

 Les conclusions du rapport annuel sur les inégalités publié par l’Ong Oxfam révèlent une incompréhension du fonctionnement de l’économie et un parti pris idéologique. Par Hervé Guyader, avocat au barreau de Paris, docteur en Droit, président du Comité français pour le droit du commerce international (CFDCI).
Une sorte de plaidoyer pour les milliardaires qui d’un point de vue méthodologique n’est pas complètement faux notamment la confusion entre valeur des actions et patrimoine personnel des riches grands patrons. Plus discutable est la distinction entre argent public et argent privé. En effet par exemple la BCE a inondé d’argent public les banques, les entreprises et l’État ; grande partie de ses liquidités n’ont pas été affectée au soutien des entreprises mais au soutien des valeurs boursières (aujourd’hui la correction est en cours) alimentant ainsi une immense bulle. Une bulle qui a aussi généré une énorme hausse des prix dont le coût sera payé comme d’habitude par l’inflation qui va surtout peser sur les revenus du travail, les retraites et l’épargne. Bref si on ne peut contester le côté gauchiste de certaines analyses de l’O.N.G. Oxfam on doit tout autant reconnaître que la défense des milliardaires est également assez partisane et assez peu scientifique NDLR

 

Le cru 2022 du rapport Oxfam ne décevra personne tant il poursuit ses méthodes d’analyse douteuses et sa haine de l’argent. Comme le beaujolais nouveau, la livraison annuelle du rapport Oxfam tient ses promesses. On y trouve donc la chasse aux riches, la dénonciation des plus puissants ainsi qu’une méthode scientifiquement douteuse.

Sans qu’il soit utile de reprendre par le détail les chiffres Oxfam, le menu suffisamment indigeste nous suffira. L’on apprend ainsi que la pandémie du Covid 19 a considérablement accru les fortunes des plus puissants. Les cinq plus riches possèdent autant que 40% des Français les plus pauvres. Certains ont même vu leur fortune doubler. Et voici que Bernard Arnault, le plus stipendié, passerait du confortable 67 milliards à l’indécent 163 milliards.

La dénonciation des chiffres de ces milliardaires ne serait rien si elle n’était accentuée par l’idée que c’est l’argent public qui les a engraissés. Il est vrai que l’Etat s’est montré généreux, personne ne l’a nié, en tentant de sauver des pans entiers de nos industries par le biais de prêts garantis par l’Etat, de reports de créances fiscales et sociales ou de dispositifs de chômage partiel. Si l’on prend le cas de LVMH, le groupe n’a sollicité aucun de ces plans de chômage partiel considérant assurer seul la protection de ses salariés. Oxfam est donc mal venu à prétendre l’inverse.

Ce détail illustre la méthode employée. La dénonciation, pour être saisissante, est une belle entourloupe car elle confond cours de bourse et fortune personnelle. Si le groupe LVMH pèse le chiffre de 163 milliards d’euros, ils ne sont pas tous dans la poche de son dirigeant qui, pour percevoir les dividendes que les succès de son groupe justifient, paiera des impôts. C’est exactement ce qui est arrivé à Elon Musk, le flamboyant patron de Tesla qui a dû vendre 10 millions d’actions de son groupe, et payer autant d’impôts, pour garnir son portefeuille.

Par ailleurs, il est un autre élément particulièrement discutable : Oxfam a pris comme point de repère le mois de mars 2020, qui n’est autre que l’épicentre de la crise, le point le plus bas du CAC 40, soit 4.000 points quand il dépasse désormais les 7.000. Il est alors bien aisé de crier au scandale en comparant le cours de bourse en pleine croissance à celui choisi au plus bas. L’effet mécanique de la reprise justifie à lui seul une appréciation de presque 80%. La méthode ressemble un peu à celle des commentateurs sportifs enclins à trouver un boxeur bien grassouillet hors compétition en comparaison du poids affuté affiché la veille du dernier combat.

 Il faut reconnaître que Bernard Arnault n’avait pas raté l’occasion de se rappeler au bon souvenir des anticapitalistes en déclarant en 2016 que les vrais emplois sont ceux du secteur marchand. Tout l’aréopage des collectivistes s’était lié pour rappeler la valeur que représentent les services publics qui parfois même en créent, prenant pour exemple la commande publique. Voici donc les entreprises privées financées par l’argent public. Le raccourci est trop bref pour que l’on s’y perde. Etablir un lien entre services publics et commande publique pour justifier de la valeur des premiers est une démonstration un rien tendancieuse.

Si personne ne conteste, surtout après deux années d’épidémie de Covid, toute l’importance des services publics, qu’ils soient de l’Education nationale ou des services de santé, il demeure que l’argent qui sert à la financer sort principalement de la poche du privé, si l’on excepte les impôts payés par les agents de ces services.

Prétendre réécrire la fable de la poule ou de l’œuf pour départir des sources de création de richesse oublie que les services publics n’ont pas pour objet la création de valeur, mais de dispenser des services au public. Si l’on fait exception des Etablissement publics industriels et commerciaux qui peuvent être amenés à la création de valeur, l’argent est créé par le secteur marchand. L’Etat ne créé pas d’argent, il le ponctionne et le redistribue.

Plaidoyer pour les milliardaires

Plaidoyer pour les milliardaires

 

 Les conclusions du rapport annuel sur les inégalités publié par l’Ong Oxfam révèlent une incompréhension du fonctionnement de l’économie et un parti pris idéologique. Par Hervé Guyader, avocat au barreau de Paris, docteur en Droit, président du Comité français pour le droit du commerce international (CFDCI).
Une sorte de plaidoyer pour les milliardaires qui d’un point de vue méthodologique n’est pas complètement faux notamment la confusion entre valeur des actions et patrimoine personnel des riches grands patrons. Plus discutable est la distinction entre argent public et argent privé. En effet par exemple la BCE a inondé d’argent public les banques, les entreprises et l’État ; grande partie de ses liquidités n’ont pas été affectée au soutien des entreprises mais au soutien des valeurs boursières (aujourd’hui la correction est en cours) alimentant ainsi une immense bulle. Une bulle qui a aussi généré une énorme hausse des prix dont le coût sera payé comme d’habitude par l’inflation qui va surtout peser sur les revenus du travail, les retraites et l’épargne. Bref si on ne peut contester le côté gauchiste de certaines analyses de l’O.N.G. Oxfam on doit tout autant reconnaître que la défense des milliardaires est également assez partisane et assez peu scientifique NDLR

 

Le cru 2022 du rapport Oxfam ne décevra personne tant il poursuit ses méthodes d’analyse douteuses et sa haine de l’argent. Comme le beaujolais nouveau, la livraison annuelle du rapport Oxfam tient ses promesses. On y trouve donc la chasse aux riches, la dénonciation des plus puissants ainsi qu’une méthode scientifiquement douteuse.

Sans qu’il soit utile de reprendre par le détail les chiffres Oxfam, le menu suffisamment indigeste nous suffira. L’on apprend ainsi que la pandémie du Covid 19 a considérablement accru les fortunes des plus puissants. Les cinq plus riches possèdent autant que 40% des Français les plus pauvres. Certains ont même vu leur fortune doubler. Et voici que Bernard Arnault, le plus stipendié, passerait du confortable 67 milliards à l’indécent 163 milliards.

La dénonciation des chiffres de ces milliardaires ne serait rien si elle n’était accentuée par l’idée que c’est l’argent public qui les a engraissés. Il est vrai que l’Etat s’est montré généreux, personne ne l’a nié, en tentant de sauver des pans entiers de nos industries par le biais de prêts garantis par l’Etat, de reports de créances fiscales et sociales ou de dispositifs de chômage partiel. Si l’on prend le cas de LVMH, le groupe n’a sollicité aucun de ces plans de chômage partiel considérant assurer seul la protection de ses salariés. Oxfam est donc mal venu à prétendre l’inverse.

Ce détail illustre la méthode employée. La dénonciation, pour être saisissante, est une belle entourloupe car elle confond cours de bourse et fortune personnelle. Si le groupe LVMH pèse le chiffre de 163 milliards d’euros, ils ne sont pas tous dans la poche de son dirigeant qui, pour percevoir les dividendes que les succès de son groupe justifient, paiera des impôts. C’est exactement ce qui est arrivé à Elon Musk, le flamboyant patron de Tesla qui a dû vendre 10 millions d’actions de son groupe, et payer autant d’impôts, pour garnir son portefeuille.

Par ailleurs, il est un autre élément particulièrement discutable : Oxfam a pris comme point de repère le mois de mars 2020, qui n’est autre que l’épicentre de la crise, le point le plus bas du CAC 40, soit 4.000 points quand il dépasse désormais les 7.000. Il est alors bien aisé de crier au scandale en comparant le cours de bourse en pleine croissance à celui choisi au plus bas. L’effet mécanique de la reprise justifie à lui seul une appréciation de presque 80%. La méthode ressemble un peu à celle des commentateurs sportifs enclins à trouver un boxeur bien grassouillet hors compétition en comparaison du poids affuté affiché la veille du dernier combat.

 Il faut reconnaître que Bernard Arnault n’avait pas raté l’occasion de se rappeler au bon souvenir des anticapitalistes en déclarant en 2016 que les vrais emplois sont ceux du secteur marchand. Tout l’aréopage des collectivistes s’était lié pour rappeler la valeur que représentent les services publics qui parfois même en créent, prenant pour exemple la commande publique. Voici donc les entreprises privées financées par l’argent public. Le raccourci est trop bref pour que l’on s’y perde. Etablir un lien entre services publics et commande publique pour justifier de la valeur des premiers est une démonstration un rien tendancieuse.

Si personne ne conteste, surtout après deux années d’épidémie de Covid, toute l’importance des services publics, qu’ils soient de l’Education nationale ou des services de santé, il demeure que l’argent qui sert à la financer sort principalement de la poche du privé, si l’on excepte les impôts payés par les agents de ces services.

Prétendre réécrire la fable de la poule ou de l’œuf pour départir des sources de création de richesse oublie que les services publics n’ont pas pour objet la création de valeur, mais de dispenser des services au public. Si l’on fait exception des Etablissement publics industriels et commerciaux qui peuvent être amenés à la création de valeur, l’argent est créé par le secteur marchand. L’Etat ne créé pas d’argent, il le ponctionne et le redistribue.

Plaidoyer pour une taxe sur les transactions financières

 

Un collectif de 124 économistes internationaux dont Jeffrey Sachs et Gabriel Zucman demande dans une tribune au « Monde » aux ministres des finances du G20, réunis les 9 et 10 juillet à Venise, la mise à contribution du « marché le plus riche du monde »

 

Tribune.

 

Nous, économistes et experts financiers, constatant les conséquences sans précédent de la pandémie du Covid-19, demandons au G20 de mettre en œuvre au plus vite des taxes sur les transactions financières (TTF), pour lutter contre la volatilité de l’économie et générer des investissements publics nécessaires de toute urgence, pour sauver des vies en renforçant les systèmes de soins de santé, et pour couvrir une partie des coûts causés par le réchauffement climatique.

Les TTF encouragent les investissements à plus long terme dans l’économie réelle, fournissant une base plus solide pour un renouveau économique, particulièrement important à l’heure où les pays se reconstruisent après la pandémie. Les TTF découragent les excès d’activités spéculatives, dont le trading à haute fréquence, qui a déjà entraîné des krachs éclairs par le passé. Elles donnent également aux autorités financières un meilleur contrôle sur les activités financières, les aidant ainsi à collecter les recettes fiscales et à lutter contre la corruption.


Même si les pays riches ont dû faire face à des épreuves lors de la crise du Covid-19, les pays pauvres, dont beaucoup étaient déjà accablés de dettes avant la crise sanitaire, se retrouvent maintenant dans une situation économique réellement désespérée. Ils se voient obligés de choisir entre le remboursement du service de leur dette et le financement de leur système de santé.

Pour soutenir les biens essentiels : santé, enseignement

C’est pourquoi nous demandons au G20 de se tourner d’urgence vers les secteurs les plus riches. Ils pourraient générer des recettes supplémentaires inestimables en taxant des transactions financières à ce jour bien trop peu imposées, comme celles qui concernent les obligations, les actions en Bourse, les produits dérivés et les devises. Si des TTF limitées existent déjà dans neuf des pays du G20 (Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Chine, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Royaume-Uni), il s’agit généralement d’impositions à taux très bas sur les transactions en Bourse.

Nous proposons que les pays sans TTF en introduisent immédiatement et que ceux qui en ont déjà augmentent le taux d’imposition et étendent l’assiette fiscale à d’autres actifs. Cela pourrait générer des rentrées supplémentaires estimées à 100 milliards de dollars par an (84,7 milliards d’euros), dont au moins 50 % devraient être consacrés aux pays en développement. Ces fonds permettraient d’y soutenir les services essentiels comme les soins de santé et l’enseignement et leur capacité de résister aux pandémies futures.

Plaidoyer maladroit pour les éoliennes

Plaidoyer maladroit pour les éoliennes 

 

Un collectif sans doute inspiré défend bien maladroitement les  éoliennes.

 

Un collectif de 115 élus locaux, parmi lesquels Xavier Desmots, adjoint au maire de Rennes ( Génération S de Hamon), , Yves Nicolin, maire de Roanne, ou Jacques Pallas, maire de Saint-Georges-sur-Arnon, qui disposent d’un parc éolien ou sont impliqués dans un projet éolien sur leur territoire, défendent, dans une tribune au « Monde », l’usage de cette énergie renouvelable.Pourtant dans cette tribune on ne voit pas l’ombre d’un argumentaire économique ou énergétique. Seulement des constats qui n’ont rien à voir avec les éoliennes ou pas grand-chose. Ou quand la politique tutoie la nullité. Un papier de propagande vraisemblablement très soutenue par les lobbys éoliens qui contrairement à ce qui est affirmé est le plus souvent étranger .Signataire on peut sans doute donner un peu de contenu à cette prise de position bâclée

 

Tribune.

 

Depuis plusieurs semaines, nous assistons à une campagne de dénigrement du développement des énergies renouvelables, et en particulier de l’énergie éolienne, qui choque de nombreux Français et les élus locaux de la République que nous sommes par sa violence, son obscurantisme et son populisme.

Pourtant, la facture énergétique des ménages dépasse les 3 000 euros par an, un foyer sur dix est en situation de précarité énergétique, et la facture énergétique de la France à l’international approche les 45 milliards d’euros, soit près de 2 % du produit intérieur brut (PIB). Sans évolution massive de nos modes de consommation énergétique pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, certains territoires français dépasseront à certaines périodes les 50 °C d’ici à 2050 avec des conséquences désastreuses sur le quotidien des Français, sur leur santé, leur environnement et leur activité professionnelle.

Contribuer à la transition énergétique de la France est un devoir, une fierté et même une chance pour nos territoires et pour notre pays !

Partout, nous, élus locaux, avec les citoyennes et citoyens, avec les acteurs économiques et associatifs locaux, faisons le choix d’inscrire le pays dans un autre avenir énergétique. Un avenir plus responsable, plus local et moins mondialisé, plus autonome, solidaire et participatif, plus moderne et dynamique en valorisant les richesses énergétiques renouvelables de notre pays plutôt que les énergies du passé, plus respectueux de la planète et donc de nos générations futures.

Il serait temps que les « anti » disent aux Français quelles solutions énergétiques crédibles ils proposent pour permettre à 67 millions de Français de se chauffer ou de se déplacer

Car faire le choix de l’énergie renouvelable, et singulièrement celui de l’éolien, c’est d’abord faire le choix d’une ressource énergétique française et non plus importée massivement des quatre coins du globe. C’est faire le choix de l’autonomie énergétique, garante d’une stabilité des prix pour le consommateur, plutôt que de dépendre des marchés mondialisés de l’énergie : du gaz russe, de l’uranium du Niger ou du pétrole de la péninsule Arabique, pays souvent instables dont nous dépendons massivement et donc dangereusement aujourd’hui.

Justice : Plaidoyer pour l’individualisation des peines

Justice : Plaidoyer pour l’individualisation des peines

 

Abandonner l’individualisation des peines, un « fondement cardinal » du système pénal, ou créer une Cour de sûreté de la République, constituerait une régression et un renoncement aux principes de l’indépendance de l’autorité judiciaire, explique le magistrat Benjamin Blanchet dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

 Depuis 1748 et la publication, par Charles de Montesquieu, de son Esprit des lois, le particularisme irréductible de la fonction de juger est consacré par notre histoire juridique nationale comme étant l’empreinte indélébile du refus de l’absolutisme royal et de la séparation des pouvoirs. Le philosophe avait fondé sa pensée sur une loi d’airain : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites », tout en anéantissant le pouvoir des juges, lesquels ne devaient être que « la bouche qui prononce les paroles de la loi » ainsi que des « êtres inanimés, qui n’en peuvent modérer ni la force ni la rigueur ». Les constituants de 1791 avaient toutefois conçu le pouvoir juridictionnel délégué à un corps de magistrats élus par le peuple comme un véritable partage de souveraineté.

L’actualité judiciaire nous fournit périodiquement les prolégomènes d’une métaphysique de la justice à laquelle se hasardent tant de spécialistes autoproclamés de la matière judiciaire ouvertement désireux de rendre la magistrature responsable de toutes les déchirures de notre société. Tout convient pour alimenter un déluge de fiel ciblant une institution judiciaire qu’un ancien garde des sceaux [Jean-Jacques Urvoas, en 2016] avait, à juste titre, placée sur la voie de la « clochardisation ». La Justice, à laquelle tant de temps troublés ont enseigné la résilience et l’isolement, ne peut raisonnablement plus rien attendre de la mise en œuvre de l’article 64 de la Constitution.

Mais le plus alarmant est, sans nul doute, que certains responsables politiques, participant sans vergogne à l’effort de dédain, en viennent à pourfendre son autorité et son indépendance en réclamant l’abandon pur et simple d’un fondement cardinal de notre architecture pénale, à savoir le principe de l’individualisation des peines.

Celui-ci garantit, depuis 1810, à l’auteur d’une infraction que la sanction pénale prononcée à son encontre prendra en considération sa personnalité et les circonstances de la commission du crime. Le dispositif dit des « peines planchers » – que d’aucuns continuent de consacrer comme le remède idéal à un laxisme judiciaire pathologique – n’a d’ailleurs été validé par le Conseil constitutionnel que parce qu’il préservait le pouvoir d’appréciation du juge pénal « en considération des circonstances de l’infraction, de la personnalité de son auteur ou des garanties d’insertion ou de réinsertion présentées par celui-ci ».

Plaidoyer pour l’Europe

Plaidoyer pour l’Europe

Alors que se multiplient les attaques contre l’Europe, le philosophe slovène Slavoj Zizek souligne, dans une tribune au « Monde », que son héritage, notamment celui des Lumières et de la modernité laïque, fournit les meilleurs outils pour analyser ce qui, aujourd’hui, n’y tourne pas rond.

 

Tribune.

 

Certains d’entre nous ont encore en tête l’incipit fameux du Manifeste du Parti communiste : « Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne. » Les mots de Marx ne permettent-ils pas, aujourd’hui encore, de dire ce qu’est l’« Europe » dans l’opinion ? « Un spectre hante l’Europe : le spectre de l’eurocentrisme. Toutes les puissances de la vieille Europe et du nouvel ordre mondial se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : Boris Johnson et Poutine, Salvini et Orban, antiracistes pro-immigration et chantres des valeurs traditionnelles européennes, progressistes latino-américains et conservateurs arabes, sionistes de Cisjordanie et “patriotes” communistes chinois. »

 

Chaque opposant à l’Europe a sa vision de l’Europe. Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a mis en œuvre le Brexit car la bureaucratie bruxelloise est, à ses yeux, un super-Etat qui entrave la souveraineté et la libre circulation des capitaux britanniques, quand certaines franges du Parti travailliste ont, elles aussi, soutenu la sortie de l’Union européenne (UE), convaincues que la bureaucratie bruxelloise est au service du capital international pour empêcher l’adoption de lois et la conduite d’une politique financière qui défendent les droits des travailleurs.

La gauche latino-américaine assimile l’eurocentrisme à un colonialisme blanc, et Vladimir Poutine s’efforce de saboter l’UE pour mieux permettre à la Russie d’étendre son influence au-delà des ex-pays soviétiques. Les sionistes radicaux voient d’un mauvais œil une Europe qu’ils jugent trop bienveillante envers les Palestiniens, quand certains Arabes considèrent l’obsession européenne de l’antisémitisme comme une concession faite au sionisme. Le dirigeant italien de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, et le premier ministre hongrois, Viktor Orban, voient dans l’UE une communion multiculturelle qui menace les valeurs traditionnelles européennes authentiques et ouvre grandes ses portes aux immigrés issus de cultures étrangères, alors que les immigrés voient l’Europe comme une forteresse du racisme blanc qui leur interdit de s’intégrer de façon pleine et entière. Et la liste n’est pas exhaustive.

 

Car la pandémie est venue donner de nouvelles déclinaisons à ces critiques protéiformes. L’individualisme européen serait la cause du nombre élevé de cas en Europe, à mettre en regard des chiffres relativement plus modestes enregistrés par les pays d’Asie, où le sens de l’intérêt général est plus fort. L’UE a été jugée inefficace, incapable d’organiser une campagne de vaccination rapidement, au point que l’Europe a progressivement cédé au nationalisme vaccinal. Parallèlement, le continent est aussi accusé de privilégier ses populations au mépris des pays pauvres du tiers-monde… En la matière, il faut reconnaître à l’Europe que les délais de vaccination sont le prix à payer pour son attachement à ses principes : l’UE tenait à l’équitable répartition des vaccins disponibles entre ses Etats membres.

Nouveau plaidoyer pour l’ENA

Nouveau plaidoyer pour l’ENA

Par Daniel Keller, président de l’Association des anciens élèves de l’ENA (AAEENA)

 

Le gouvernement souhaite rendre le service public plus efficace en dynamisant la gestion des carrières des hauts fonctionnaires et en donnant plus de place à la formation initiale et continue dont ceux-ci devraient bénéficier. Sur le papier, on ne peut que partager de tels objectifs. Ce qui peut en revanche interpeller, c’est l’idée que la réalisation de cette ambition devrait nécessairement passer par la suppression de l’ENA et une refonte en matière de gestion des corps.

Le premier volet de la réforme sous-entend pudiquement que l’Etat n’a pas à ce jour de réelle gestion prévisionnelle des emplois de ses hauts fonctionnaires, voire n’utilise pas au mieux toutes les ressources humaines disponibles. Un constat sur le fond accablant. Une délégation interministérielle sera chargée demain de mettre fin au fonctionnement en silo qui caractérise les administrations en promouvant une gestion transversale des parcours. Vaste ambition mais dont l’effectivité demande avant tout qu’on mette fin aux différences de rémunération entre les administrations, comme le reconnaît la Ministre de la Transformation et la Fonction publiques. Ce serait une bonne manière de commencer.

L’esprit de 1945. La réforme a également la noble ambition de pousser les jeunes hauts fonctionnaires à se confronter à des métiers opérationnels avant qu’ils ne choisissent éventuellement des fonctions juridictionnelles, d’inspection ou de contrôle. Il s’agit pour la Ministre de renouer avec l’esprit de 1945. Mais dans ce cas il faut aller au bout du raisonnement. L’ENA a été conçue comme une école d’application dont la scolarité devait précisément donner aux élèves les prérequis opérationnels nécessaires au bon exercice de leur mission. A cet effet la scolarité de la promotion Félix Eboué durait deux ans et demi dont 18 mois de scolarité contre six mois aujourd’hui. Cherchez l’erreur ! C’est en revenant à une durée de scolarité digne de ce nom qu’on rendrait à la formation le contenu qu’elle aurait dû ne jamais perdre. C’est d’ailleurs ce que l’ENA avait commencé à mettre en œuvre dans le cadre de la réforme de la scolarité. On eût gagné à la laisser aller jusqu’au bout.

Libre ensuite aux pouvoirs publics de changer la typologie des postes offerts à la sortie de l’Ecole en privilégiant des fonctions opérationnelles si telles sont les priorités du moment. La rupture sera nette quand on sait qu’aujourd’hui 40 % d’une promotion préfère justement se destiner vers des fonctions juridictionnelles, d’inspection ou de contrôle.

« L’Etat assemble des métiers différents les uns des autres et on ne peut bondir d’un poste à l’autre au gré de la volonté du Prince  »

La fonctionnalisation des métiers est également présentée comme un vecteur de mobilité renforcée et le gage d’un meilleur emploi des ressources humaines disponibles. Il n’en reste pas moins vrai que l’Etat assemble des métiers différents les uns des autres et qu’on ne peut bondir d’un poste à l’autre au gré de la volonté du Prince. L’Etat y perdrait en efficacité et en légitimité. Espérons que cet écueil sera évité !

Beaucoup s’inquiètent également du fait que cette fonctionnalisation pourrait fragiliser l’indépendance des missions exercées tout particulièrement lorsqu’il s’agit des fonctions de contrôle. De fait, il n’est pas absurde que celles-ci puissent en toute autonomie vérifier que l’intérêt général ne subit aucun préjudice dirimant de la part du gouvernement du moment, quel qu’il soit.

Ambition. Venons-en à la question de la formation. Le gouvernement annonce que l’Institut du service public (l’ISP, qui remplacera l’ENA) deviendra un pôle d’excellence en matière de formation initiale susceptible de délivrer des diplômes et qu’il se dotera même d’un corps professoral permanent. Mais alors pourquoi s’accrocher au statut d’établissement public administratif qui semble peu en phase avec cette ambition ? Cela étant, pour ce qui concerne la formation initiale, en dehors des modules qui constitueront le tronc commun aux treize écoles concernées, on peine encore à identifier les innovations pédagogiques qui devraient révolutionner le contenu des enseignements.

« C’est peut-être oublier un peu vite que l’ENA forme d’ores et déjà à ce jour environ 7 000 hauts fonctionnaires par an  »

La formation continue devrait être aussi le fer de lance de cette réforme et transformer l’ISP en opérateur de formation pour que les hauts fonctionnaires français et étrangers puissent actualiser leurs connaissances tout au long de leur vie. Dans un monde où l’obsolescence de savoirs est de plus en plus rapide, cette intention est louable. C’est peut-être oublier un peu vite que l’ENA forme d’ores et déjà à ce jour environ 7 000 hauts fonctionnaires par an. Souhaitons à l’ISP de faire aussi bien.

On ne peut enfin contester l’idée que le service public doit être plus proche des citoyens, plus agile et plus humain comme la réforme l’envisage. Nous avons en effet besoin de responsables rompus aux règles de l’efficacité opérationnelle, mais on a aussi besoin de nouveaux hussards noirs capables de redonner aux citoyens la confiance dans leur pays qu’ils semblent avoir perdue. Nous sommes nombreux à penser que l’ENA remise sur pieds pourrait parfaitement concourir à la réalisation de cette ambition. Il n’est peut-être pas trop tard !

Daniel Keller est président de l’Association des anciens élèves de l’ENA (AAEENA)

Plaidoyer pour la viande cultivée !

Plaidoyer pour la viande cultivée !

Un plaidoyer un peu surréaliste pour la viande artificielle cultivée qui trouve pourtant place dans une tribune du Monde.

Nathalie Rolland, spécialiste de l’agriculture cellulaire, dénonce, dans une tribune au « Monde », l’adoption par l’Assemblée nationale, d’un amendement « anti-écologique » glissé in extremis dans la loi Climat et résilience.

 

Tribune. Le 18 mars 2021, une commission spéciale de l’Assemblée nationale se penchait sur les repas végétariens dans la restauration collective. Parmi les quelques amendements adoptés ce jour-là, un sujet assez inattendu a été mis sur la table : la viande cultivée à partir de cellules. Vendredi 16 avril, l’assemblée nationale a adopté en séance publique ce nouvel article 59 bis de la loi climat, interdisant la viande cultivée, un produit qui n’est même pas encore commercialisé, et dont la mise sur le marché dépend du droit européen, dans les cantines. Les discussions sur cette loi ont paradoxalement offert à quelques députés l’opportunité de s’en prendre avec succès à l’une des innovations écologiques les plus prometteuses.

Ce procédé novateur, qui consiste à reproduire en cuve la multiplication cellulaire se déroulant d’habitude dans le corps des animaux, nécessiterait moins de ressources naturelles que la production de viande conventionnelle. Ainsi, outre un bilan carbone qui pourrait être très avantageux dans un pays comme le nôtre où la production d’électricité est peu carbonée, le point fort de la viande cultivée réside surtout dans la très faible quantité de terres nécessaires (près de 20 fois moins que la viande conventionnelle).

 

Son développement permettrait donc de rendre à la nature de nombreux territoires, avec un bénéfice très positif sur la biodiversité, et de stocker des quantités non négligeables de carbone à travers la reforestation. Mais alors que les start-up françaises ne prévoient sa mise sur le marché que dans quelques années, la viande cultivée se voit déjà privée de cantine.

A la suite du vote de cet amendement, les administrateurs des différents établissements publics de restauration pourraient avoir l’interdiction de proposer à leurs usagers des plats à base de viande cultivée. Comment cet amendement liberticide et anti-écologique s’est-il immiscé dans la loi « climat » ?

Le texte invoque tout d’abord la défense des intérêts économiques de « nos éleveurs locaux, qui font déjà face à une concurrence importante et qui méritent d’être soutenus ». Nos éleveurs n’ont pas attendu le développement de la viande cultivée pour faire face à une concurrence internationale, et la viande de culture propose une voie complémentaire à l’élevage pour compléter l’offre en produits animaux dont la consommation mondiale est en train de fortement augmenter.

 

En outre, la législation n’a pas vocation à fausser la concurrence en empêchant les produits innovants de concurrencer les secteurs bien implantés, fussent-ils aussi influents que celui de l’élevage industriel. Les jeunes et encore fragiles entreprises françaises travaillant sur la viande de culture attendent plutôt un soutien à l’innovation dont elles auraient bien besoin pour affronter les précurseurs hollandais, américains et israéliens.

Plaidoyer pour l’ Ena (Vincent Dedrie)

«

Déplorant l’annonce de la suppression de l’Ecole nationale d’administration par le président de la République, Vincent Dedrie, magistrat à la Cour des comptes et ancien élève, propose dans une tribune au « Monde », de se débarrasser plutôt de tout ce qui ne va pas avec elle.

 

Tribune. Les Allemands disent « Ohrwurm », littéralement « ver d’oreille ». L’image est claire : c’est une musique sans fin, dont on n’arrive pas à se défaire. Cette chanson joue depuis des années, et finit par nous casser les tympans. Son refrain : « il faut supprimer l’ENA ». Comprenez : se débarrasser de celle qu’on appelle l’école du pouvoir, de l’entre-soi et du mépris du peuple. Eh bien supprimez-la, s’il vous plaît. Mais supprimez-la bien. Parce qu’il est bien gentil de vouloir s’en débarrasser ; encore faut-il veiller à bien le faire. Ni aux mêmes maux porter les mêmes remèdes, ni « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Ne nous y trompons pas, il y a du bon dans l’Ecole nationale d’administration (ENA). La diversité d’origine et de parcours y est réelle. D’anciens attachés d’administration, venus de toute la France, côtoient des recrues auparavant architectes ou avocats ; de jeunes étudiants, sortis des bancs des études supérieures, y parlent avec d’anciens professeurs, comme moi, venu du Loir-et-Cher, et qui ai enseigné en Seine-Saint-Denis ; des militaires y nouent des amitiés avec des élèves étrangers. Tout cela fait une promotion, avec un seul nom, rassemblée dans un même lieu, et avec un même objectif : servir les autres, en servant l’Etat.

L’envie d’être utile

Car l’envie d’être utile est bien là. Les futurs « énarques » fourmillent d’idées innovantes pour les citoyens – des applications pour aider les femmes victimes de violences conjugales ou pour « traduire » le jargon administratif. Ils s’engagent, à Strasbourg, dans des associations d’aide aux devoirs ou d’accompagnement de jeunes homosexuels rejetés de leur foyer. Pendant le premier confinement, la moitié des élèves de la promotion « Hannah Arendt » a très vite rejoint les administrations débordées – préfectures, ARS, cellules de crise – pour prêter main-forte.

Ne nous y trompons pas, il y a du bon dans l’Ecole nationale d’administration (ENA). La diversité d’origine et de parcours y est réelle

Le parcours proposé, enfin, est de haute tenue. L’année terrain, soit l’essentiel de la scolarité, est le moment-clé : celui de l’apprentissage des responsabilités, dans des environnements inattendus, auprès de hauts fonctionnaires chevronnés – préfets, ambassadeurs, directeurs d’administration –, mais aussi de chefs d’entreprise. Je garde de mon stage « territoires » à Lyon le souvenir impérissable d’un Etat présent, concret, modeste, au service du département, de son tissu économique et de ses habitants.

Plaidoyer pour un e-commerce plus écologique

Plaidoyer pour un e-commerce plus écologique

Marc Lolivier, délégué de la Fevad, dans une tribune aux « Echos » que le choix à faire est d’acheter responsable. Peu importe le canal.

La crise sanitaire et ses conséquences économiques ont provoqué des bouleversements profonds. L’e-commerce en est une vibrante illustration, apportant une réponse, autant aux consommateurs qu’aux entreprises, mais suscitant parfois des a priori et des raccourcis, souvent fallacieux. Certains dénoncent par exemple un bilan carbone prétendument désastreux en oubliant que sur 10 personnes livrées en France, 7 d’entre elles déclarent qu’elles auraient pris un véhicule motorisé si elles avaient dû se rendre en magasin ! Pour autant, l’heure est au changement de nos habitudes. Saisissons l’opportunité que présente la vente en ligne afin de créer un modèle français d’e-commerce plus écologique et responsable.

Cette (r)évolution est l’affaire de tous : des entreprises, en renforçant les initiatives responsables en matière de production et de logistique ; des pouvoirs publics, en soutenant le secteur du commerce ; et de chacun d’entre nous en participant à la prise de conscience collective.

Notons qu’Anne-Marie Idrac, ancienne ministre et chargé d’une mission à propos des critères RSE du commerce via les plates-formes numériques.

Pandémie : plaidoyer pour la tech et l’IA

Pandémie : plaidoyer pour la tech et l’IA

 

Ancienne dirigeante de Sanofi et de GE Healthcare, Pascale Witz défend dans son livre* le recours à la tech et à l’intelligence artificielle (IA) dans la santé.(Interview dans l’Opinion)

Quel est l’apport de la tech dans la course aux vaccins ?

Les vaccins à ARN messager sont des exemples criants de l’apport de la tech. Si Moderna et BioNTech ont réussi ce coup de force, c’est qu’ils travaillaient depuis cinq ans sur cette technologie et qu’ils ont fait pivoter leurs équipes vers le vaccin. C’est ce qui leur a permis de gagner la course. Ce n’est pas le cas de Sanofi et je suis sûre que les équipes, que je connais bien et qui n’ont pas ménagé leurs efforts, sont très déçues. Mais, comme je l’expliquais, chaque laboratoire a utilisé la technologie qu’il maîtrisait.

Comparée à nos voisins anglais qui vaccinent à tour de bras, la France est à la traîne. Faut-il repenser notre sacro-saint principe de précaution?

Je ne pense pas que la France a été plus précautionneuse que la Grande-Bretagne. Le démarrage de notre campagne vaccinale a manqué d’audace mais les choses se déroulent bien mieux à présent. Il faut comprendre une chose : Faire un vaccin, ce n’est pas comme faire du Doliprane ! Ce n’est pas parce qu’on est capable de développer le second qu’on peut faire de même avec le premier. Les lignes de production sont tout à fait différentes. Un vaccin va transiter par la ligne dite des grandes molécules ou des produits biologiques innovants. C’était déjà un marché tendu. Lorsqu’un laboratoire veut développer un nouveau produit, il lui faut réserver un créneau pour la capacité de production des années à l’avance. Les limites de la campagne vaccinale se situent davantage à ce niveau-là selon moi.

En dehors du vaccin, pour quelle pathologie la tech a-t-elle fait ses preuves ?

Quand je parle de la tech, c’est au sens large, j’englobe la puissance du calcul, la miniaturisation, la connectivité. Le diabète est un bon exemple. Il y a 5 ou 6 ans, un patient diabétique devait avoir en permanence avec lui sa trousse de bonne taille contenant tous les outils pour se piquer le doigt. Avec les mini-capteurs de mesure du glucose en continu à patcher sur le bras ou sur le ventre une fois par semaine, cette logistique encombrante est derrière nous. Il suffit de regarder sa montre connectée pour vérifier discrètement son taux de glucose dans le sang.

La tech me semble tout à fait pertinente pour la surveillance cardiaque, en particulier celle des femmes. Elles sont davantage sujettes à la survenue d’un décès que les hommes après un premier événement cardiaque. Les médecins urgentistes vous diront leur inquiétude lorsqu’ils renvoient chez elles des patientes dont le tableau clinique est incertain. Des sociétés comme iRhythm Technologies développent déjà des enregistreurs d’ECG connectés, discrets. Il n’y a pas si longtemps, on faisait porter aux patients un holter, dispositif contraignant qui permettait l’enregistrement en continu de l’électrocardiogramme (pendant au moins 24 heures, NDLR). C’était impossible de l’oublier !

Selon vous, l’intégration de l’IA dans les protocoles médicaux va permettre de «  réhumaniser  » la médecine, en particulier à l’hôpital. N’est-ce pas paradoxal ?

La tech démocratise l’innovation médicale, elle pousse vers une santé de plus en plus humaine. Ce n’est pas du tout un paradoxe.

L’IA doit être conçue comme un outil de support à la décision. Elle permet l’analyse d’un plus grand nombre de données et, ce faisant, accorde au médecin davantage de temps pour se recentrer sur le patient. C’est l’autre aspect que je défends, quand je parle du suivi médical «  déporté  » à la maison grâce à la tech. Cette approche contribue au désengorgement des urgences et recentre l’hôpital sur son cœur de métier : la prise en charge des pathologies les plus graves.

Nous avons de grandes exigences vis-à-vis de la médecine. Je ne vois pas d’autres moyens que de faire confiance à la tech et à l’utilisation sécurisée des données

Vous prônez le principe de l’algorithme personnel de santé. De quoi s’agit-il ? Est-ce applicable en France, ou la population se méfie volontiers des GAFAM ?

Prenons l’exemple de l’asthme. La société Propeller Health a développé un inhalateur connecté, qui prend en considération l’environnement immédiat du patient et lui permet d’anticiper des crises d’asthme et d’éviter une fois de plus un recours aux urgences. Il s’agit donc, en somme, d’ajuster au plus près et de façon la plus personnelle le traitement au patient.

Quant à la défiance, je rappelle que nos données sont bien plus souvent enregistrées par des sociétés commerciales qu’à des fins scientifiques. Et, sincèrement, il faut en passer par là pour avancer dans la recherche clinique. Nous avons de grandes exigences vis-à-vis de la médecine. Je ne vois pas d’autres moyens que de faire confiance à la tech et à l’utilisation sécurisée des données. En ce sens, la création du Health data hub (nouvelle banque de données nationale, NDLR) est une très bonne initiative.

Plaidoyer contre le salariat des plates-formes !

Plaidoyer contre le salariat des plates-formes !

on sait que certains militent pour que l’on requalifie les contrats entre donneurs d’ordres et sous-traitants. C’est le cas notamment pour les plates-formes. Les avocats Pierre Warin et Pierre Chevillard observent dans une tribune au « Monde » que les appels à requalifier en salariés les travailleurs des plates-formes se heurtent à un obstacle majeur : respecter les horaires légaux.( Des problèmes qui ont pourtant été résolus dans d’autres secteurs oùla flexibilité est nécessaire NDLR).

 

Tribune.

 

 La plate-forme de livraison de repas Just Eat a annoncé le 31 janvier son intention de recruter 4 500 livreurs en CDI, dont certains aux 35 heures hebdomadaires. Voilà qui semble conforter l’opinion de certains commentateurs qui, comme la sociologue Dominique Méda dans une chronique, « Un détricotage du salariat s’opère de toutes parts », publiée dans « Le Monde » du 25 janvier, appellent de leurs vœux une généralisation du statut de salarié pour les travailleurs des plates-formes numériques, le mieux à même selon eux de garantir cohérence juridique et justice sociale.

Si l’évolution préconisée vers le salariat, le cas échéant par l’intermédiaire d’un tiers employeur comme le propose le rapport Frouin (« Réguler les plates-formes numériques de travail », remis le 1er décembre 2020), est cohérente avec l’état actuel du droit, elle risque cependant de se heurter à un obstacle souvent passé sous silence : l’inadéquation de la réglementation actuelle de la durée du travail salarié avec la nature même des activités concernées.

En effet, si Just Eat peut sans doute se caler sur des plages horaires de travail relativement prévisibles, correspondant aux heures de repas, tel n’est pas le cas de la plupart des plates-formes collaboratives, notamment des VTC ou des livreurs de produits non alimentaires. Force est en effet de constater, pour les praticiens du droit social que nous sommes, que la rigidité de certaines règles actuelles de droit du travail constitue un frein au développement du salariat dans ce secteur d’activité et qu’un excès de protection, ou plus exactement une protection inadaptée, risque de pénaliser l’atteinte de l’objectif.

Les plates-formes de services ont vocation à mettre instantanément en relation les fournisseurs d’un service avec les demandeurs de ce même service, ce qui nécessite d’adapter en temps réel la quantité de travail correspondante. Or notre réglementation de la durée du travail impose de prévoir précisément la durée du travail et sa répartition, en particulier dans le cas du temps partiel, dont les variations sont strictement encadrées.

Le régime du forfait annuel en jours, plus souple, se heurterait quant à lui à l’imprévisibilité du nombre exact de jours travaillés par an ainsi qu’à l’insuffisante autonomie dont disposent les travailleurs des plates-formes dans l’exécution du service. Ainsi, le recours par les plates-formes de services à des travailleurs salariés, que ce soit ou non par un tiers, conduirait inévitablement à des violations répétées de la réglementation de la durée du travail, exposant l’employeur à des sanctions civiles, administratives ou pénales significatives.

 

Un plaidoyer pour la valeur du bitcoin !

Un plaidoyer pour la valeur du  bitcoin !

Alexandre Sokic,Enseignant-chercheur en macroéconomie et finance à l’ESCE International Business School et Inseec U Research Center contrairement à nombre d’autres experts justifient l’incroyable envolée du cours du bitcoin. L’intéressé oublie aussi de traiter de l’enjeu de la souveraineté des Etats vis-à-vis des monnaies.

L’économiste Alexandre Sokic affirme, dans une tribune au « Monde », que l’envolée du cours du bitcoin n’est pas spéculative, mais bien le reflet de l’extension de son usage.

 

Tribune. Après avoir fluctué autour de 9 000 dollars une bonne partie de l’année 2020, le prix du bitcoin a enregistré une envolée rapide au cours de l’automne. Le prix de la cryptomonnaie a franchi le seuil de 30 000 dollars (environ 24 910 euros) en décembre puis atteint son plus haut historique à 41 590 dollars le 8 janvier. Depuis son premier relevé de cotation à 0,000764 dollar en octobre 2009, la valeur du bitcoin exprimée en dollars aura ainsi été multipliée par plus de 54 millions de fois.

Le bitcoin reste souvent considéré à l’heure actuelle comme un actif financier spéculatif, et l’évolution impressionnante de son prix est interprétée comme le développement d’une bulle spéculative. Mais l’envolée du prix du bitcoin est-elle vraiment le résultat d’une spéculation financière infondée ?

Pour tenter de répondre à cette question, il convient de souligner que le bitcoin a été spécifiquement conçu comme un système de paiement décentralisé, c’est-à-dire comme un intermédiaire des échanges et une éventuelle monnaie alternative.

Or, sur ce point, une étude récente montre que deux propriétés essentielles du protocole de conception monétaire du bitcoin sont de nature à expliquer la dynamique impressionnante de son prix (« Dynamique des prix du bitcoin et hyperdéflation : une approche en théorie monétaire », Alexandre Sokic, Revue Economique n° 72/1, Presses de Sciences Po, 2021).

Le bitcoin a été conçu comme un intermédiaire des échanges décentralisé. Cela signifie qu’il permet de réaliser directement un paiement entre deux participants sans besoin aucun d’une tierce partie telle qu’une banque centrale (quand on effectue un paiement en billets), ou un système bancaire (quand on effectue un paiement en monnaie scripturale).

Il s’agit en fait d’un grand registre ouvert et visible par tous les participants où les transactions et les paiements sont enregistrés par blocs très régulièrement figés (comme mis sous verre) et rendus inaltérables par la cryptographie. On parle alors de technologie « blockchain » pour désigner cette chaîne de blocs de transactions figées.

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle ( ministre américain de l’Agriculture)

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle  ( ministre américain de l’Agriculture)

Hier ce sont les lobbys agricoles français qui dans une tribune dans l’Opinion ont vanté la promotion de l’innovation-incluant les OGM – confirmant ainsi le caractère toujours plus industriel de l’agriculture. Aujourd’hui ,c’est le ministre américain de l’agriculture qui dans une autre tribune très habile récupère la problématique environnementale, sociale et sociétale pour justifier de cette agriculture intensive qui veut nourrir le monde entier ignorant au passage sans doute volontairement que le localisme peut permettre de suppléer au moins partiellement aux carences graves de notre modèle agricole;  ce qui permettrait aussi  de redonner de l’intérêt et de la compétitivité aux cultures locales y  compris dans les pays en voie de développement.

 

« Il est temps pour l’Amérique et l’Europe de travailler ensemble pour résoudre le prochain grand défi auquel nous sommes confrontés – produire suffisamment de nourriture, avec moins d’intrants, pour nourrir une population mondiale croissante – ce qui signifie mettre l’innovation et les nouvelles technologies au service d’une agriculture sûre et durable. Les Etats-Unis et leurs amis européens partagent une longue histoire de coopération, qui a été riche en partenariats bénéfiques pour tous. Lorsque nous travaillons ensemble pour résoudre les défis économiques et sécuritaires mondiaux, tout le monde en profite.

Ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale, où l’ouverture des échanges entre les États-Unis et l’Europe a déclenché un boom économique multigénérationnel sans précédent qui a sorti des milliards de personnes de la pauvreté dans le monde entier. Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre dans la voie ouverte par notre histoire commune et de travailler ensemble pour réussir ce défi.

D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants. Fournir une alimentation saine à cette population croissante représente littéralement un enjeu de vie ou de mort. Face à cela, les États-Unis ont choisi l’innovation et la technologie. Nous voulons que l’Europe montre l’exemple en adoptant une approche innovante de l’agriculture afin de produire des aliments sûrs, de haute qualité et abordables. Ce n’est qu’en adoptant des technologies transformatrices que nous serons en mesure de produire suffisamment de nourriture, de fibres et de carburant pour l’avenir – et de le faire de manière sûre et durable.

« Faites ce qui est juste et nourrissez tout le monde. » C’est notre devise au département américain de l’Agriculture (USDA), et c’est un thème que j’ai souligné à plusieurs reprises lors de ma visite en Europe le mois dernier. Je suis rentré chez moi plus convaincu que jamais que les agriculteurs et les décideurs des deux côtés de l’Atlantique peuvent – et doivent – s’unir pour atteindre ce noble objectif.

L’agriculture moderne fait partie de la solution, pas du problème. Comme je l’ai dit à mes collègues ministres de l’Agriculture, nous représentons ensemble les agriculteurs les plus productifs de la planète et nous partageons la responsabilité commune de nourrir une population mondiale en croissance. Mais cela ne se produira que si nous augmentons durablement notre productivité et créons un modèle viable pour le reste du monde.

En tant que chefs de file de l’agriculture, nous avons l’obligation morale d’aider les agriculteurs et les producteurs alimentaires de nos pays en reconnaissant et en adoptant les trois dimensions de la durabilité agricole : environnementale, sociale et économique.

La préservation de l’environnement est essentielle si nous voulons maintenir la santé de nos sols, la qualité de notre eau et de notre air, tout en répondant à la demande de nourriture et de fibres. La seule façon de nourrir le monde tout en minimisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement est de produire plus avec moins d’intrants totaux.

Les agriculteurs font partie de nos meilleurs écologistes. Plus que quiconque, ils veulent que la terre soit en bonne santé parce qu’ils en ont besoin. C’est pourquoi ils ont été des chefs de file dans le domaine de la technologie et de l’innovation – ils comprennent que l’utilisation de la technologie leur permettra de faire plus avec moins, de mieux protéger l’environnement et de réduire l’impact de l’agriculture.

Nous avons fait des progrès. Au cours des quatre-vingt-dix dernières années, la production de matières premières aux Etats-Unis a augmenté de 400 %, tandis que la superficie en production a baissé de 9 %. Dans le même ordre d’idées, l’amélioration des plantes et des pratiques de culture aux Etats-Unis a permis d’augmenter l’efficacité d’utilisation de l’eau et des nutriments, ce qui a contribué à limiter les coûts de production et l’impact environnemental de l’agriculture. Et dans le secteur de l’élevage, les gains d’efficacité ont considérablement réduit les émissions de gaz à effet de serre : le troupeau laitier américain produit presque deux fois plus de lait qu’il y a 90 ans alors que le nombre de vaches a été réduit de 60 %.

La durabilité sociale est également essentielle. Lorsque nous augmentons la productivité et l’efficacité, nous contribuons à la sécurité alimentaire en rendant les aliments plus abordables. Nous savons que les nations qui ont atteint la sécurité alimentaire connaissent moins de conflits et de migrations. Améliorer la durabilité environnementale et économique est une bonne chose, mais seulement si les consommateurs ont les moyens de se procurer des aliments sûrs et de qualité. La bonne nouvelle est que l’augmentation de la productivité a contribué à rendre les aliments plus abordables. Depuis 1960, les prix des principaux produits de base ont chuté de moitié, contribuant à rendre le pain, les œufs, la viande et le lait plus abordables pour les consommateurs américains et du monde entier, y compris ceux qui connaissent l’insécurité alimentaire.

Enfin, la durabilité environnementale et sociale ne sera pas atteinte s’il n’y a pas de durabilité économique pour les producteurs. L’agriculture doit être rentable. Si les agriculteurs ne peuvent pas gagner suffisamment pour investir, nous perdrons les fondements de notre économie alimentaire et régresserons vers l’agriculture de subsistance.

Nous devons également attirer la prochaine génération de jeunes agriculteurs dans ce qui n’est pas seulement une profession, mais un mode de vie. L’agriculture est un mode de vie merveilleux, mais elle doit aussi créer des moyens de subsistance. L’augmentation de la productivité est essentielle pour garantir des conditions d’existence décentes aux agriculteurs et aux travailleurs agricoles.

Nous ne pourrons jamais atteindre la durabilité environnementale ou sociale sans durabilité économique. Et nous ne pourrons pas atteindre la durabilité économique si nous privons les agriculteurs et les éleveurs des outils modernes dont ils ont besoin pour être rentables. En fait, l’innovation technologique est fondamentale pour progresser sur les trois piliers de la durabilité. Il était clair pour moi lors de mes réunions et conversations avec mes homologues européens que nous sommes tous unis dans notre désir d’améliorer la durabilité de l’agriculture et de la production alimentaire.

Et il est clair que l’innovation est la clé de tous les aspects de la durabilité agricole. Nous devons redoubler d’efforts pour dédier la meilleure expertise scientifique à cette tâche et pour fournir à nos producteurs les outils dont ils ont besoin pour réussir.

Sonny Perdue est le secrétaire américain à l’Agriculture.

Environnement- Élisabeth Borne : plaidoyer pour le transport aérien !

Environnement- Élisabeth Borne : plaidoyer pour le transport aérien !

 

Élisabeth Borne, ministre des transports, retrouve ses fondamentaux historiques, ceux des ingénieurs des ponts qui ont toujours favorisé le développement des techniques au détriment de l’harmonisation entre les modes et du coût  pour la collectivité. Pire la ministre des transports n’a pas hésité à considérer qu’il valait mieux une ligne aérienne qu’un TGV pour désenclaver. De quoi évidemment s’interroger sur la conversion récente et apparente du premier ministre à l’écologie. « Oui, nous avons besoin du transport aérien, et d’un transport aérien performant. Nous ne sommes pas comme les autres. Cinquième puissance économique mondiale, ouverte aux échanges, nous avons vocation de rayonner et de peser au premier plan. Et nous devons pour cela être connectés au monde entier. Nous avons aussi l’ambition forte de rester la première destination touristique au monde et de franchir le cap des 100 millions de visiteurs accueillis. Ce sont des ambitions sur lesquelles nous nous retrouvons tous. Dès lors, il nous faut un transport performant pour les accueillir », a défendu la ministre. Outre l’enjeu économique lié au tourisme, Elisabeth Borne a tenu à rappeler le rôle essentiel du transport aérien dans la liaison entre la capitale et les métropoles régionales avec l’Outre-mer, la Corse et les autres territoires français enclavés. « J’assume parfaitement que l’Etat soutienne ces lignes d’aménagement du territoire. J’assume d’avoir renforcé notre implication financière. N’en déplaise aux détracteurs de l’avion, je préfère une petite ligne aérienne qui désenclave rapidement et efficacement, à la construction de très grandes infrastructures de lignes à grande vitesse à la fois lointaine et coûteuse et dont le bilan carbone n’est pas des plus évident », a-t-elle déclaré. La ministre des transports confirme ainsi le rapport très approximatif qu’elle entretient avec les évaluations scientifiques relatives aux coûts réels du transport pour la collectivité. Pas vraiment une découverte chez les ingénieurs des ponts ! Une déclaration qui constitue évidemment un scandale et une contradiction totale avec les discours verdoyant de Macron et du premier ministre.

 

 

Élisabeth Borne : plaidoyer pour le transport aérien, le scandale !

Élisabeth Borne : plaidoyer pour le transport aérien, le scandale !

Élisabeth Borne, ministre des transports, retrouve ses fondamentaux historiques, ceux des ingénieurs des ponts qui ont toujours favorisé le développement des techniques au détriment de l’harmonisation entre les modes et du coût  pour la collectivité. Pire la ministre des transports n’a pas hésité à considérer qu’il valait mieux une ligne aérienne qu’un TGV pour désenclaver. De quoi évidemment s’interroger sur la conversion récente et apparente du premier ministre à l’écologie.« Oui, nous avons besoin du transport aérien, et d’un transport aérien performant. Nous ne sommes pas comme les autres. Cinquième puissance économique mondiale, ouverte aux échanges, nous avons vocation de rayonner et de peser au premier plan. Et nous devons pour cela être connectés au monde entier. Nous avons aussi l’ambition forte de rester la première destination touristique au monde et de franchir le cap des 100 millions de visiteurs accueillis. Ce sont des ambitions sur lesquelles nous nous retrouvons tous. Dès lors, il nous faut un transport performant pour les accueillir », a défendu la ministre. Outre l’enjeu économique lié au tourisme, Elisabeth Borne a tenu à rappeler le rôle essentiel du transport aérien dans la liaison entre la capitale et les métropoles régionales avec l’Outre-mer, la Corse et les autres territoires français enclavés. « J’assume parfaitement que l’Etat soutienne ces lignes d’aménagement du territoire. J’assume d’avoir renforcé notre implication financière. N’en déplaise aux détracteurs de l’avion, je préfère une petite ligne aérienne qui désenclave rapidement et efficacement, à la construction de très grandes infrastructures de lignes à grande vitesse à la fois lointaine et coûteuse et dont le bilan carbone n’est pas des plus évident », a-t-elle déclaré. La ministre des transports confirme ainsi le rapport très approximatif qu’elle entretient avec les évaluations scientifiques relatives aux coûts réels du transport pour la collectivité. Pas vraiment une découverte chez les ingénieurs des ponts ! Une déclaration qui constitue évidemment un scandale et une contradiction totale avec les discours verdoyant de Macron et du premier ministre.




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol