Archive pour le Tag 'Piketty'

L’économie n’est pas une science (Piketty)

L’économie n’est pas une science (Piketty)

 

Piketty  a au moins raison sur ce point l’économie n’est pas une science en tout cas pas une science exacte. Pour preuve il y a autant d’économistes de gauche que de droite qui proposent des analyses évidemment contradictoires. L’économie relève des sciences dites molles ou sociale dont  la rigueur ne peut s’imposer comme en physique ou en mathématiques. Tout au plus peut-on parler d’un essai de compréhension des mécanismes de  production, d’échange,  de consommation avec parfois la prise en compte des dimensions sociales, environnementales et sociétales mais pas toujours.  Cela d’autant plus que cette science traite de relations humaines dont  les inter-réactions sont difficilement prévisibles. De ce point de vue l’utilisation de mathématiques par ailleurs très utile en économétrie ne saurait cependant conférer le titre de science exacte à l’économie. Dans son livre « Aux urnes citoyens! » paru aux éditions Les Liens qui libèrent, l’économiste Thomas Piketty veut démocratiser l’Économie. Il y explique qu’il « n’existe pas de loi économique », mais « simplement une multiplicité d’expériences historiques, de trajectoires nationales et globales faites de bifurcations imprévues et de bricolage institutionnels instables et imparfaits ».  Sur France InterThomas Piketty en a remis une couche, assurant qu’il ne se considère pas comme un économiste:  »je me vois plus comme un chercheur en sciences sociales (…) parce que les frontières entre l’économie, l’histoire, la sociologie sont beaucoup moins claires que ce que certains prétendent ». Et d’ajouter:  »ceux qui prétendent que l’économie serait une science, tellement scientifique que le reste du monde ne peut pas comprendre, qu’il faudrait juste écouter des vérités venues d’en-haut, sont des charlatans ». Ces déclarations devraient nourrir la querelle qui oppose les économistes de droite et de gauche ces derniers mois. Thomas Piketty vise notamment les deux économistes néolibéraux, Pierre Cahuc et André Zylberberg, qui ont publié en septembre « Le négationnisme économique, Et comment s’en débarrasser ». Dans cet essai considéré comme une déclaration de guerre par ses détracteurs, ils affirmaient que « l’économie est une science ». Et que ceux qui nient les résultats de ses expérimentations sont des « négationnistes ». Pour Thomas Piketty, à l’inverse, la science économique, c’est simplement « un énorme ensemble d’expériences historiques dont on dispose, et dont on peut tirer des leçons modestes pour l’avenir. Après, à chacun de se faire une idée, sans se laisser impressionner, parce que c’est une matière pour tout le monde ». Un message que le chercheur formulait déjà dans son précédent livre, le best-seller « Le capital au XXIe siècle ».

 

(Avec BFM)

Piketty contredit le FMI

Piketty contredit le FMI

 

On peut ne pas être d’accord avec Piketty, l’économiste de gauche, sur certaines de ses analyses et propositions. Toutefois son analyse sur le développement des inégalités « le capital au XXIe siècle »  ne manque pas de pertinence. Jamais en effet les inégalités n’ont été aussi fortes dans la plupart des pays. En outre les écarts entre les revenus du capital et les revenus du travail ne cessent de grandir. Pour parler plus clairement il y a de plus en plus de différence entre les plus riches et les plus pauvres. Cela vaut pour les pays développés mais aussi des pays comme la Russie, la Chine, l’Amérique du Sud ou l’Afrique. D’après le FMI,  Piketty se serait trompé sur sa théorie de la croissance des inégalités. Pas étonnant,  les économistes sont souvent comme les médecins de Molière préconisant des remèdes qui ne font qu’amplifier la gravité des pathologies du malade. Très marqué à gauche Piketty  a un peu trop sollicité les corrélations, ce que font aussi les économistes marqués à droite. Une déviance politique facilitée par le fait que l’économie n’est pas une science exacte. La complexité des interactions systémiques  rend difficile les approches pertinentes. Du coup beaucoup d’économistes procèdent  par des raccourcis un peu simplificateurs  pour conforter leurs thèses. L’objet de la critique du FMI, pilotée par l’économiste Carlos Goes: tester la thèse de Thomas Piketty sur « les moteurs des inégalités de revenus » en l’appliquant à 19 pays développés durant ces trente dernières années. Avec un objectif affiché: vérifier l’exactitude des hypothèses de Piketty afin de mieux cerner les causes profondes des inégalités. Sa conclusion est sans appel: « Je n’ai trouvé aucune preuve empirique démontrant que la dynamique va dans le sens suggéré par Thomas Piketty », tranche Carlos Goes. Ainsi, « même si son ouvrage est très riche en données, il n’offre aucune formule empirique permettant de vérifier la chaîne de causalité de sa théorie », assène l’économiste. Pour rappel, la thèse de Piketty repose sur le postulat selon lequel les inégalités de revenus ont tendance à augmenter dès lors que les revenus du capital augmentent plus vite que la croissance. Une théorie qui ne se vérifierait pas dans les faits selon l’équipe du FMI ayant planché sur le sujet. En effet, selon les conclusions Carlos Goes, dans 75% des pays étudiés, une croissance des revenus du capital supérieure de 1 point à la croissance économique s’accompagne d’une baisse… de la part des richesses détenue par les 1% des plus riches. Soit l’exact opposé de ce qu’avance l’économiste français. L’auteur du rapport admet tout de même qu’ »il est possible » que la thèse de Thomas Piketty se vérifie « sur le long terme ». Piketty contre-attaque et reprend ses arguments. Pour rappel, la principale conclusion du livre de Thomas Piketty est que l’accroissement des inégalités est due au fait que la rémunération du capital (les dividendes, par exemple) augmente plus vite que la croissance. En conséquence, plus la différence entre la rémunération du capital et le taux de croissance augmente, plus la part du capital dans le revenu national s’accroît. Ce qui, in fine, aboutit à renforcer les inégalités, car le capital est bien plus inégalement réparti que les salaires. Carlos Goes avait alors voulu vérifier ce postulat via une base de données englobant 19 pays sur la période 1980-2012. Il avait alors trouvé que dans 75% des cas, la théorie de Piketty ne se vérifiait pas. Plus d’un mois après la publication, l’économiste français réagit. Dans un post de son blog sur lemonde.fr, il explique pourquoi l’étude du FMI lui semble « relativement faible et peu convaincante ». S’il se dit « heureux que [son] livre ait pu contribuer à stimuler le débat public sur les inégalités » et considère qu’il est « normal que le débat se poursuive », il juge « qu’il est à peu près impossible d’apprendre quoi que ce soit d’utile de cet exercice (du FMI, ndlr). En cause la méthodologie de l’étude et la nature de la base de données « totalement inadaptée ». Thomas Piketty reproche d’abord au FMI d’avoir utilisé, pour mesurer les inégalités, le revenu et non le patrimoine. « Cela pose une difficulté majeure, dans la mesure où l’inégalité des revenus est déterminée à titre principal par les revenus du travail », juge-t-il. Or les revenus du travail sont liés à des mécanismes propres au marché du travail, fait-il valoir, et en aucun cas à la différence entre la rémunération du capital et le taux de croissance, son principe de base. Au final, Thomas Piketty considère que le choix de Carlos Goes « n’a guère de sens » et qu’il aurait été plus judicieux de prendre le patrimoine plutôt que les revenus.

Inégalités : Piketty s’est trompé (FMI)

Inégalités : Piketty  s’est trompé (FMI)

 

D’après le FMI,  Piketty se serait trompé sur sa théorie de la croissance des inégalités. Pas étonnant,  les économistes sont souvent comme les médecins de Molière préconisant des remèdes qui ne font qu’amplifier la gravité des pathologies du malade. Très marqué à gauche Piketty  a un peu trop sollicité les corrélations, ce que font aussi les économistes marqués à droite. Une déviance politique facilitée par le fait que l’économie n’est pas une science exacte. La complexité des interactions systémiques  rend difficile les approches pertinentes. Du coup beaucoup d’économistes procède par des raccourcis un peu simplificateurs  pour conforter leurs thèses. L’objet de cette enquête, pilotée par l’économiste Carlos Goes: tester la thèse de Thomas Piketty sur « les moteurs des inégalités de revenus » en l’appliquant à 19 pays développés durant ces trente dernières années. Avec un objectif affiché: vérifier l’exactitude des hypothèses de Piketty afin de mieux cerner les causes profondes des inégalités. Sa conclusion est sans appel: « Je n’ai trouvé aucune preuve empirique démontrant que la dynamique va dans le sens suggéré par Thomas Piketty », tranche Carlos Goes. Ainsi, « même si son ouvrage est très riche en données, il n’offre aucune formule empirique permettant de vérifier la chaîne de causalité de sa théorie », assène l’économiste. Pour rappel, la thèse de Piketty repose sur le postulat selon lequel les inégalités de revenus ont tendance à augmenter dès lors que les revenus du capital augmentent plus vite que la croissance. Une théorie qui ne se vérifierait pas dans les faits selon l’équipe du FMI ayant planché sur le sujet. En effet, selon les conclusions Carlos Goes, dans 75% des pays étudiés, une croissance des revenus du capital supérieure de 1 point à la croissance économique s’accompagne d’une baisse… de la part des richesses détenue par les 1% des plus riches. Soit l’exact opposé de ce qu’avance l’économiste français. L’auteur du rapport admet tout de même qu’ »il est possible » que la thèse de Thomas Piketty se vérifie « sur le long terme ».

(Avec Challenges)

Europe : restructurations de dettes à prévoir ( Piketty)

Europe : restructurations de dettes à prévoir (  Piketty)

Interrogé  sur BFM  Piketty stigmatise l’immobilisme et l’inadaptation des institutions européennes. Il prévoit aussi des restructurations de dettes et pas seulement pour la Grèce.  Thomas Piketty reste sceptique, et c’est un euphémisme. Invité de l’émission 500 millions d’Européens de BFM Business ce samedi 6 juin, l’économiste français auteur du best-seller Le Capital au XXIe siècle, a été invité à réagir aux propositions des ministres de l’Economie allemand et français Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron.  Ces derniers proposent, dans une tribune publiée dans plusieurs journaux, une plus grande harmonisation de la zone euro, notamment au niveau budgétaire.  Rien de bien neuf sous le soleil pour Thomas Piketty. Ce dernier a ainsi rappelé qu’ « il y a eu déjà en 2012 un traité entre les pays de la zone euro pour faire du fédéralisme budgétaire ». « Sauf que cela a été fait sans démocratie avec des critères automatiques sur le choix du niveau du déficit et une règle de l’unanimité sur la question fiscale qui fait que cela ne marche pas », développe-t-il. Et en ce sens, il assure ne pas « avoir vu de proposition qui change cela ».  Reste que Thomas Piketty considère lui-même qu’il y a une nécessité de revoir en profondeur les institutions européennes.   »Je crois profondément en l’Europe, c’est le modèle social le plus achevé au monde mais nous sommes en train de le gâcher de façon terrible par des institutions complètement inadaptées et une monnaie unique avec 18 dettes publiques différentes, 18 taux d’intérêt sur lesquels les marchés peuvent spéculer et 18 impôts sur les sociétés sur lesquels chaque pays pique la base de son voisin ».   »C’est un système qui ne marche pas et ne marchera jamais. Et je ne vois pas de propositions du gouvernement français pour changer cela à brève échéance », a-t-il insisté.  Une réforme que propose Thomas Piketty est de créer « une chambre parlementaire de la zone euro ». Cette chambre serait composée « d’une délégation des députés des parlements nationaux de façon à ce que toutes les sensibilités politiques soient représentées », explique-t-il.  De cette manière il serait possible de changer le système de représentation actuel des Etats nations. « Quand vous représentez un pays de 60 ou 80 millions d’habitants par une personne, cela devient une machine à fabriquer de l’inertie et des conflits d’intérêt nationaux car vous ne pouvez pas revenir à la maison pour dire ‘ah pas de chance j’étais dans la minorité sur ce coup, mais le suivant je serai dans la majorité »", considère Thomas Piketty.  D’où cette idée d’une chambre parlementaire de la zone euro qui pourrait traiter de plusieurs sujets, notamment d’une politique fiscale commune, avec un impôt sur les sociétés commun pour les grands groupes.  Est-ce que les Français sont toutefois prêts à voir de nouveaux impôts décrétés par une instance européenne? « Sur certains impôts les citoyens français et allemands ont compris que la souveraineté nationale était devenue une illusion », répond Thomas Piketty.  Interrogé ensuite sur le dossier grec, l’économiste a jugé que ce que l’Europe demande aux Grecs « est une aberration historique » et que les Européens faisaient preuve « d’amnésie historique ». « A un moment cette idée que la Grèce va repayer 4% du PIB en excédent primaire pendant 20 ou 30 ans ça ne se fera pas car ce serait une énorme bêtise ».    Et Thomas Piketty d’affirmer qu’ »il y aura des restructurations de dettes et non seulement pour la Grèce mais aussi pour les autres pays européens car c’est la seule façon que ce soit acceptable pour les autres ». Il rappelle au passage « que cela s’est toujours fait dans l’histoire, l’Allemagne au premier chef après la seconde guerre mondiale ».

 

 

Loi Macron : des objectifs secondaires (Piketty)

Loi Macron : des objectifs secondaires (Piketty)

 

Piketty confirme l’opinion générale, la loi Macron ne s’attaque pas à l’essentiel c’est à dire qui permettrait de vraiment de taire face au chômage. Une loi Macron finalement assez ésotérique qui traite de tout mais surtout de rien. Une espèce de loi cosmétique pour donner l’impression que le gouvernement engage de raies réformes structurelles et remet en cause sa politique économique. Une loi surtout fourre-tout dont l’économiste Marco Touati disait lundi soir sur BFM «  c’est comme si on voulait guérir une maladie grave avec doliprane ».  L’économiste Piketty  pour a ainsi estimé que le « problème des inégalités, c’est d’abord le chômage, et celui des jeunes ». La Loi Macron, qui prévoit de libéraliser certains secteurs comme les transports par bus, ne représente pas une solution. « La libéralisation est sans doute utile, mais ce n’est pas à la hauteur. Un quart des jeunes sont au chômage, ils ne vont pas tous devenir conducteur d’autocar », a ironisé l’auteur.  Une ironie d’autant plus mordante que le ministre de l’Economie assure s’être inspiré des thèses de Piketty pour rédiger son projet de loi, et qu’il a cité l’auteur à plusieurs reprises dans le discours qu’il a prononcé quelques minutes après l’intervention de ce dernier. Pour Thomas Piketty, la loi Macron s’attaque à des   »choses secondaires », qu’il oppose aux « choses essentielles ». Pour lui en effet, la priorité économique du jour est de lutter contre le chômage de masse en mettant fin à l’austérité budgétaire en Europe. L’économiste prône notamment la remise en cause du traité budgétaire européen adopté en France en 2012 qui vise à empêcher les Etats de creuser encore leur déficit. Une aberration aux yeux de Thomas Piketty qui pourfend la rigueur, ses conséquences sociales et son efficacité économique.  Et ce dernier de critiquer François Hollande qui, lorsqu’il était candidat à la présidentielle avait promis de renégocier lors de son arrivée au pouvoir. « Il est temps que le gouvernement français arrête de dire qu’il a renégocié ce traité, il n’a rien renégocié du tout », tranche l’économiste, pour qui la France devrait peser de tout son poids pour rouvrir les discussions sur ce thème en Europe.  L’auteur du best-seller mondial,   »Le Capital au XXIe siècle », qui a refusé la légion d’honneur il y a quelques semaines aurait accepté « tout de suite » l’invitation du Trésor à intervenir à cette conférence sur les inégalités, assurent ses organisateurs. Une belle occasion pour lui de pourfendre publiquement la loi Macron.

 

Piketty à Hollande : je t’aime moi non plus !

Piketty  à Hollande : je t’aime moi non plus !

Le refus la légion d’honneur par Piketty solde un désaccord profond sur la politique économique. L’économiste qui s’était beaucoup investi dans la campagne électorale de Hollande estime avoir été trahi. De fait aucun de ses proposition phares n’ont été retenues. Pire le gouvernement a souvent ridiculisé ses positions. La principale critique concerne l’abandon de la grande réforme fiscale. D’une manière générale Piketty reproche à Hollande ses improvisations à commencer par le CICE mal calibré et qui n’a pas eu les effets escompté sur l’emploi. Même chose en matière fiscale ou on s’est contenté de bricolage. Thomas Piketty est en effet très déçu par François Hollande. Il avait pourtant fait partie des économistes qui avaient signé une tribune publiée dans Le Monde pour manifester leur soutien au candidat socialiste à l’élection présidentielle, en avril 2012. Mais, depuis que François Hollande a investi l’Elysée, Thomas Piketty n’a eu de cesse de critiquer son action.  Dès septembre 2012, il lui demandait « de cesser l’attentisme », dans une chronique publiée dans Libération. « Le début du quinquennat Hollande est-il aussi mauvais qu’on le dit ? Oui, malheureusement », écrivait-il alors, ajoutant, par exemple, que « la réforme fiscale, mère de toutes les batailles pendant la campagne du candidat Hollande, se limitera à quelques bricolages, alors que nous aurions besoin d’une refondation complète ».  Cette réforme fiscale, que l’économiste a largement appelée de ses vœux, Jean-Marc Ayrault l’annoncera fin 2013. Mais déjà Thomas Piketty n’y croit plus: « je ne demande qu’à voir, mais je crains que la grande consultation qu’il promet ne soit qu’un moyen de gagner du temps », affirme-t-il alors à LaDepêche.fr. Au final, la réforme fiscale de Jean-Marc Ayrault ne verra jamais le jour, ne survivant pas à son départ du gouvernement. D’une certaine manière Piketty est cohérent avec lui-même et c’est un camouflet pour Hollande qui voulait sans doute récupérer sa notoriété internationale.   »L’action du gouvernement ces deux dernières années a été catastrophique et je n’ai pas besoin d’une Légion d’honneur pour le dire ou pour l’écrire », a-t-il réagi vendredi. Une façon pour lui de marquer un peu plus son désaccord avec la politique économique menée par le gouvernement. Il aussi écorné la politique de l’offre voulue par François Hollande. Le Crédit d’impôt compétitivité pour l’emploi (CICE)? « Une usine à gaz inventée en urgence » assène-t-il en mars 2014, dans Libération.  Enfin et au-delà de l’aspect économique, on imagine bien Thomas Piketty n’a guère apprécié les propos de Michel Sapin sur son livre. Le ministre des Finances avait récemment confié à l’AFP qu’il comptait mettre à jour les fêtes de fin d’année pour « s’attaquer » au Capital au XXIe siècle, ouvrage qu’il jugeait « trop lourd », en juin dernier. Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, a au contraire assuré qu’il avait déjà lu le livre et qu’il rencontrera son auteur « dans les trois mois ». A voir si cette entrevue réchauffera les relations entre l’exécutif et l’économiste.

Thomas Piketty – la Légion d’honneur : un refus politique

Thomas Piketty - la Légion d’honneur : un refus politique

 

 

C’est évidemment un refus très politique, comme la nomination par Hollande. D’abord Hollande n’a pas manqué de culot pour nommer Piketty, un économiste dont il réfute toutes les thèses. Retour l’envoyeur, Pikettey ne veut pas être pris au piège de la manipulation.  L’économiste français Thomas Piketty, dont l’ouvrage « Le Capital au XXIe siècle » connaît un immense retentissement international, a indiqué « refuser [sa] nomination » pour la Légion d’honneur, officialisée jeudi 1er janvier. « Je viens d’apprendre que j’étais proposé pour la Légion d’honneur. Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable », a déclaré Thomas Piketty, ajoutant : L’économiste figure dans la « promotion du 1er janvier » de la Légion d’honneur, publiée au Journal Officiel, nommé au rang de chevalier, aux côtés d’un autre économiste, le Prix Nobel Jean Tirole, qui est lui fait officier. Le refus de Thomas Piketty intervient alors que son ouvrage, qui entend démontrer la tendance spontanée à une toujours plus grande concentration de la richesse entre quelques mains, s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires. Traduit en plusieurs langues, l’ouvrage est en particulier un phénomène d’édition aux Etats-Unis, où Thomas Piketty a été reçu par des conseillers du président Barack Obama. L’accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes. Thomas Piketty, un temps proche du Parti socialiste, critique régulièrement la politique menée par le président François Hollande. Il regrette, entre autres, que ce dernier ait enterré sa promesse de campagne d’une profonde réforme fiscale, dans le sens d’une plus grande progressivité de l’impôt, un projet ardemment défendu par l’économiste .Outre Thomas Piketty et Jean Tirole, figurent également dans la « promotion du 1er janvier » l’infirmière française de Médecins Sans Frontières contaminée par Ebola et désormais guérie, l’écrivain Patrick Modiano, et l’actrice Mimie Mathy !

« Le gouvernement est nul » (Thomas Piketty, économiste)

« Le gouvernement est nul » (Thomas Piketty, économiste)

L’économiste Piketty, très apprécié dans le mode et notamment aux Etats-Unis ne fait pas dans la dentelle énarchique : le PS n’a rien préparé avant les élections, ils n’ont pas réfléchi, ils sont dans l’improvisation permanente, ils sont nuls. Tout est dit. La coqueluche des économistes ne s’embarrasse pas de précautions lorsqu’il évoque la politique économique du gouvernement français, alors que le programme de stabilité doit être soumis au vote de l’Assemblée nationale ce mardi 29 avril.  « Je ne regrette pas le pouvoir précédent, mais le nouveau pouvoir Hollande-Ayrault-Valls est vraiment dans une improvisation qui ne va pas pouvoir durer comme ça pendant trois ans« , estime Thomas Piketty, dont le livre Le capital au XXIe siècle, lui vaut un concert de compliments depuis plusieurs semaines. « Je les trouve vraiment assez nul, ils sont dans une espèce d’improvisation permanente. On a vraiment l’impression qu’ils n’ont pas beaucoup réfléchi, avant les élections, à ce qu’ils allaient faire au pouvoir », continue celui qui a été reçu à la Maison Blanche puis au Fonds monétaire international (FMI). « On ne va pas dans la bonne trajectoire en France et en Europe. Si on s’imagine que l’austérité budgétaire va suffire pour combler un déficit public du niveau qu’on a actuellement, alors on se trompe lourdement et on oublie les leçons de l’histoire », estime Thomas Piketty. « Quand on a 90% du PIB en dette publique, réduire ça avec uniquement l’excédent budgétaire, ça prend des décennies. Je m’inquiète beaucoup des risques que la zone euro soit durablement dans une situation d’inflation et de croissance quasi zéro. On peut se retrouver à traîner une dette comme ça pendant trente ans », insiste l’économiste.

 




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