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« Pas de reforme sans justice sociale « ( Piketty )

« Pas de reforme sans justice sociale « ( Piketty )

Interview de Thomas Piketty dans la Tribune qui revient notamment sur l’impératif de justice fiscale .

 

Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, quelles leçons tirez-vous de cette séquence inédite ?

THOMAS PIKETTY - Je pense que le mouvement des gilets jaunes a montré qu’il faut prendre au sérieux les questions de justice fiscale. Le gouvernement actuel ne veut pas entendre parler de justice fiscale. L’exécutif est arrivé au pouvoir en mettant en avant les premiers de cordée et les autres suivront. Il a annulé les hausses sur les carburants et pris des mesures sur les bas salaires mais tant qu’il ne fera pas un geste en termes de justice fiscale, la situation ne sera pas apaisée.

 

Qu’entendez-vous par le rétablissement de la justice fiscale ?

Je pense que cela passe par le rétablissement d’un impôt sur la fortune moins percé. Il y avait beaucoup de niches pour l’impôt sur la fortune, ce qui en avait réduit le poids. La taxe foncière rapporte à elle seule 40 milliards d’euros alors que les actifs financiers sont exonérés. Un impôt sur la fortune qui pèse sur les 1% des patrimoines les plus élevés devrait rapporter au moins 10 ou 15 milliards d’euros. Tant qu’il n’y aura pas des mesures fortes en matière de justice fiscale, ce gouvernement aura beaucoup de difficultés à faire passer les autres réformes.

Que pensez-vous de la réforme sur les retraites ?

Sur les retraites, je suis pour un régime universel mais le problème est qu’il faut le faire de façon juste. Si vous faites cette réforme sans donner l’impression d’un sens de la justice sociale et fiscale, le gouvernement risque de devoir affronter des oppositions très fortes. Pourquoi cette obsession à maintenir ces choix fiscaux ? Nicolas Sarkozy a plombé tout son quinquennat sur le bouclier fiscal et il a fini à la fin de son mandat par supprimer ce dispositif. Il a perdu cinq ans là-dessus. Le gouvernement actuel arrive à un moment où, aux États-Unis, les candidats démocrates veulent introduire un impôt sur la fortune. En Allemagne, le SPD veut également mettre en place un impôt sur la fortune. Il faut mieux le discuter pour mettre un impôt sur la fortune modéré et ne pas laisser les choses aller trop loin. Il y a un contretemps actuel du gouvernement Macron. Le monde dans lequel on vit a un exigence de justice fiscale très forte.

Comment concilier réduction des inégalités et écologie ?

Je pense que la seule façon de résoudre la crise écologique est la réduction des inégalités. On ne pourra jamais aller vers la sobriété énergétique si l’on n’a pas une forme de sobriété sociale et économique. Tant qu’une minorité pourra prendre son jet privé et émettre des quantités de carbone considérable, comment les plus modestes et les classes moyennes peuvent-ils accepter de changer leur mode de vie ? Pourtant, il va falloir changer ce mode de vie, il ne suffira pas que les plus riches réduisent leurs émissions pour que les choses s’arrangent. Pour que le reste de la société accepte de réduire ses émissions et change son mode de vie, il faut que les plus riches fassent des efforts qui soient visibles et incontestables. Le risque sinon est de revivre le même choc que celui des gilets jaunes. Le gouvernement a rendu impopulaire la taxe carbone qui commençait à fonctionner en France. En donnant l’impression que l’on utilisait les recettes de la taxe carbone non pas pour financer la transition énergétique mais pour financer la suppression de l’ISF, le gouvernement s’est mis dans une situation très compliquée.

Dans votre dernier ouvrage, pourquoi vous êtes-vous intéressé aux systèmes de justification des inégalités ?

J’ai constaté après de nombreuses années de recherche sur ces questions que ce sont les évolutions des idéologies politiques et des rapports de force politiques qui déterminent dans l’histoire l’évolution des inégalités beaucoup plus que des facteurs économiques ou technologiques. Si on essaye de regarder l’évolution des inégalités depuis le XVIIIème siècle, la très forte réduction des disparités au début du XXème siècle et la très forte remontée des inégalités depuis les années 80, les moments de basculement correspondent à des changements politiques ou idéologiques. L’objectif de ce livre est de remettre dans une perspective très longue l’histoire de ces changements, la relation entre ces changements et le processus de développement et de croissance économique pour mieux comprendre la suite.

Parmi les ruptures évoquées, vous citez le passage d’une société ternaire (clergé, noblesse et tiers état) à une société de propriétaires. Quels sont les facteurs historiques et économiques qui ont contribué à cette rupture majeure ?

La société ternaire correspond à la société des trois ordres avec la classe religieuse, la classe noble et guerrière, et le tiers état. C’est une typologie qui existe également en Inde avec les Brahmane qui sont la classe intellectuelle, les Kshatriya qui sont la classe noble. En réalité, ces sociétés sont beaucoup plus complexes. Cette description des trois fonctions correspond à une idéologie. C’est une façon de décrire la légitimité de ceux qui apportent la sagesse avec la culture religieuse, ceux qui apportent la stabilité et l’ordre et les autres sont sommés de leur obéir. C’est un schéma qui est un discours plus qu’une réalité sociale.

En réalité, les frontières entre la noblesse, la bourgeoisie et les élites locales étaient beaucoup plus complexes. Dans ce discours, ce qui est intéressant est l’idée de présenter les inégalités comme étant au service d’un projet devant servir l’intérêt général. Apporter de la sagesse avec une culture écrite, c’est utile. Apporter l’ordre, c’est utile. Dans l’absolu, c’est un projet qui peut se tenir. Dans toutes les sociétés, il y a un besoin de justifier l’ordre social. Les élites ne peuvent pas se contenter de dire aux autres catégories d’obéir simplement. Cela ne pourrait pas fonctionner.

Ces sociétés ternaires qui vont s’effondrer vont devoir faire face à la montée de l’État centralisé et vont perdre leur légitimité. À partir du moment où l’État moderne est capable de garantir l’ordre sur tout le territoire, la noblesse perd de sa légitimité. Avec le mouvement des Lumières et avec le développement d’une classe intellectuelle laïque avec des universités, des écoles, la classe religieuse perd également de sa légitimité. Dans certains cas, la transition est accélérée par des processus révolutionnaires comme en France.

Comment ces transitions se sont-elles déroulées à l’étranger ?

Dans d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Suède, les transitions ont été plus progressives. Toutes ces transitions débouchent au XIXème siècle sur les sociétés de propriétaires qui reposent sur l’égal accès à la propriété pour tous. Il y a une égalité formelle face au droit. C’est une forme d’émancipation par rapport au système d’Ancien régime. Le droit de propriété est garanti par l’État. ll a le monopole de la violence légitime. Au lieu d’avoir des élites guerrières au niveau local, c’est l’État qui garantit le droit de propriété. En même temps, il y a une limitation. Les droits de propriété existants vont être très protégés mais l’État ne va pas chercher à ouvrir le droit de propriété.

Au moment de la Révolution française, il y a des débats sur la redistribution des terres. Par exemple, lorsque les paysans payaient des corvées au seigneur, est-ce qu’il faut supprimer ces corvées et donner la terre au paysan sur laquelle il travaille ? Ou est-ce que les corvées ne sont pas des loyers ? C’est cette dernière vision assez conservatrice qui s’impose. Il y a une forme de peur d’une remise en cause du droit de propriété si on remet en question les corvées. Au XIXème siècle, il y a une forme d’égalité professionnelle face au droit de propriété mais l’égalité réelle est limitée.

Comment les inégalités ont-elles évolué au cours du 19ème siècle ?

Les archives successorales dans le cas de la France montrent que la concentration de la propriété augmente au long du XIXème siècle et à la veille de la Première guerre mondiale, elle est encore plus élevée qu’au moment de la Révolution française. Il y a une forme d’échec avec une certaine hypocrisie. Les élites françaises de la IIIème République nient un peu cette réalité. La France est le dernier pays d’Europe occidentale à créer l’impôt sur le revenu par la loi de juillet 1914. Le Sénat accepte de mettre en oeuvre cet impôt pour financer la guerre contre l’Allemagne. Cela correspond à une vision des élites politiques et économiques de la IIIème République. Comme la France a déjà fait la révolution, à quoi ça sert de mettre en place cet impôt spoliateur, intrusif ? C’est une forme d’hypocrisie. Quand on observe les archives des impôts successoraux de 1913, la concentration de la propriété est aussi extrême que dans les autres sociétés européennes. La Révolution française n’a pas changé grand-chose de ce point de vue. Il faut attendre le XIXème siècle pour que cette situation change.

Vous évoquez l’échec de la Révolution française à produire plus d’égalité. Quelles ont été les raisons de cet échec ?

Il y a des rapports de force politiques à prendre en compte. Le groupe des propriétaires n’a pas envie de perdre ces biens. Dans ces luttes politiques, il y a également des rapports de force idéologiques. L’argument des propriétaires est d’expliquer que si on redistribue les propriétés, on ne saura pas où s’arrêter. À l’époque, la société n’avait pas d’expérience de redistribution à grande échelle, d’impôt progressif sur tout le territoire. Il y a des projets d’impôt progressif sur les revenus, les successions qui sont discutés au moment de la Révolution française. Plusieurs propositions de Condorcet, de Thomas Paine sont formulées avec des dotations en capital financées par un impôt progressif sur les successions très proches de certains impôts adoptés au XXIème siècle.

Quels sont les arguments avancés de la part des opposants à ce type de dispositif ?

Au moment de la Révolution, ces propositions ne sont pas adoptées. L’argument est que ces dispositifs vont mener la société au chaos. Cet argument va prendre de l’ampleur au moment de l’abolition de l’esclavage. Des intellectuels libéraux comme Tocqueville expliquent qu’il faut indemniser les propriétaires d’esclaves et non pas les esclaves. Une bonne partie de l’élite économique et politique avait peur de se faire exproprier pour financer cette compensation d’esclaves. Il aurait fallu sans doute aller assez loin dans la redistribution des propriétés en général.

Il y a un refus de débattre sereinement de la redistribution des propriétés et des limites qu’il faut mettre à l’inégalité de la propriété. Ce refus de discuter d’une propriété privée raisonnable, qui permet à chacun de posséder une entreprise, de posséder sa terre, montre une certaine peur. À force de sacraliser le droit de propriété quelque soit son ampleur et ses origines, cela complique la résolution de problèmes économiques, environnementaux. L’une des leçons du XIXème siècle est que cette peur d’ouvrir la boîte de pandore des inégalités peut bloquer la résolution de problèmes plus importants. Le XXème siècle va permettre de rentrer dans ce processus démocratique de réduction des inégalités.

Comment la France a-t-elle mis fin à ce système de compensation pour les propriétaires esclavagistes ?

Dans le cas d’Haïti qui représentait la plus grande concentration d’esclaves au XIXème siècle, la France a exigé une dette pour le prix de la liberté. En 1791, il y a eu une révolte d’esclaves. La France est obligée de reconnaître la fin de l’esclavage pour Haïti. Ensuite, Napoléon rétablit l’esclavage en Martinique, en Guadeloupe jusqu’en 1848. Saint-Domingue devient indépendante sous le nom d’Haïti. Quand la monarchie française accepte finalement de reconnaître l’indépendance d’Haïti, elle le fait uniquement avec une dette imposée à Haïti. Cette dette s’élève à l’équivalent de trois années de production nationale, ce qui correspond à 300% du PIB. Cette dette va perdurer jusque dans les 1950. L’île va payer à la France et à ses banques des sommes qui sont ensuite reversées aux propriétaires d’esclaves en France pour compenser la perte de leur propriété. Ce sont des paiements très bien documentés.

Comment les relations entre les autorités et Haïti vont-elles évoluer ?

En 1904, au moment du centenaire de la déclaration d’indépendance d’Haïti, les autorités refusent de se rendre sur l’île pour les commémorations. Elles considèrent que les autorités locales sont très mauvais payeurs. Certaines archives montrent qu’au moment de l’esclavage, certaines années, l’équivalent de 70% de la production de l’île partait pour les propriétaires d’esclaves. Pour financer la dette, la France arrive à extraire 5 à 10% de la production de l’île chaque année comme repaiement de dette, parfois avec du retard.

En 2004, le président Jacques Chirac a peur d’aller au bicentenaire et qu’on lui réclame des comptes. Plusieurs diplomates français ont conseillé à l’Élysée de ne pas se déplacer. Aujourd’hui encore, ce sont des sujets en discussion. Sur le reste des abolitions en 1848, il va y avoir des compensations à la Réunion, à la Martinique et à la Guadeloupe. Aujourd’hui, certains descendants d’esclaves ont réinvesti une partie des compensations dans d’autres secteurs comme le tourisme.

Y-a-t-il eu des systèmes de compensation dans d’autres pays ?

Au Royaume-Uni, des historiens ont étudié dans les archives parlementaires britanniques la liste de paiements. Environ 3.000 familles de propriétaires d’esclaves ont reçu en moyenne des paiements représentant environ 20 millions de livres de compensation. Ce sont surtout des grands propriétaires.

Quelle est la relation entre la démocratie et le droit de propriété ?

La relation entre le droit de propriété et la démocratie est une relation compliquée. La propriété peut être une émancipation si tout le monde peut accéder à la propriété. Si c’est uniquement la propriété de certains, elle peut devenir un outil oppressant.

Pour réconcilier la propriété et la démocratie, il faut développer des systèmes fiscaux et juridiques permettant d’équilibrer les droits du propriétaire avec les droits des salariés, les droits des consommateurs, les droits environnementaux. La démocratie est un équilibre entre les droits de propriété qui restent importants à condition de mettre des limites.

Vous pointez les excès du propriétarisme, notamment au sein de l’entreprise. Existe-il des outils pour mieux répartir la propriété sociale au XXIème siècle ?

Entre le début du XXème siècle et les années 70-80, il y a une très forte réduction des inégalités. Cette baisse s’effectue par un accès à l’éducation, une redistribution des propriétés et un équilibre entre les droits des propriétaires et les droits des salariés à travers le droit du travail. Dans des pays de tradition sociale-démocrate comme l’Allemagne ou la Suède, il y a un partage du pouvoir entre les actionnaires et les salariés dans les entreprises. En Allemagne, la moitié des droits de vote dans les conseils d’administration sont attribués à des représentants depuis les années 1950 dans les grandes entreprises. En Suède, c’est un tiers, mais ce droit s’applique dans les plus petites entreprises. La moitié des droits de vote et 10% du capital peuvent permettre de faire basculer la majorité.

Il y a parfois des cas où des collectivités locales peuvent détenir un pourcentage du capital. C’est le cas de la Basse-Saxe qui détient 20% des droits de vote chez Volkswagen, premier constructeur automobile mondial. Avec les droits de vote attribués à la majorité, il est possible de faire basculer la majorité sans avoir la majorité au capital. Du point de vue d’un actionnaire anglo-saxon ou français, c’est un sacrilège par rapport au droit de propriété. Pourtant, c’est une pratique qui fonctionne plutôt bien. Ce ne sont pas des pays sous-développés en termes de productivité industrielle. Ce système était décrié par les actionnaires allemands ou suédois au début.

Comment la propriété sociale est-elle définie dans le droit allemand ?

Dans la constitution allemande, la propriété sociale est définie avec des ayants droits qui impliquent les actionnaires et les salariés. Comme la constitution l’autorisait, l’Allemagne a pu mettre en place des lois de cogestion ou de codétermination dans les années 50. Elles ont permis ce partage du pouvoir au sein de l’entreprise. Si on voulait le faire en France ou aux États-Unis, les réfractaires pourraient utiliser des arguments constitutionnels pour ne pas le faire. Il faudrait modifier certains articles de la Constitution.

Ce partage du pouvoir dans les cas de l’Allemagne et de la Suède a permis une plus grande implication des salariés dans les stratégies de long terme dans les entreprises. L’implication des salariés dans les entreprises de ces pays est un succès. Aujourd’hui, il y a un consensus dans ces pays sur ce type de gouvernance. Personne ne propose de revenir là-dessus.

Où en est la France sur la question de la propriété sociale au sein des entreprises ?

En France, depuis la loi de 2013, il y a un siège pour les représentants des salariés. La loi Pacte pousse à deux sièges. On reste très loin des standards allemand ou suédois. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, il y a 0 siège. Beaucoup de sénateurs démocrates aux États-Unis ou de députés travaillistes au Royaume-Uni font des propositions de loi pour étendre ce système allemand ou suédois. Il y a actuellement des changements qui se sont accélérés avec la crise financière de 2008. La plus grande résilience des modèles suédois et allemand à la crise a conduit beaucoup d’observateurs en France et outre-Manche à changer leur vision avec un meilleur équilibre des pouvoirs.

Quels ont été les autres outils utilisés pour réduire les inégalités ?

Il y a aussi l’impôt progressif sur les successions qui a permis de réduire fortement les inégalités au XXème siècle dans les pays anglo-saxons. Autant les pays nordiques ont été très loin dans la cogestion, les pays anglo-saxons ont été très loin dans la progressivité fiscale avec Roosevelt dans les années 30 jusqu’à dans les années 70-80 avec des taux de 70-80% sur les très hauts revenus et les successions, ce qui a joué un grand rôle pour réduire les inégalités.

Au total, toutes les mesures concernant l’éducation, la propriété sociale avec la cogestion, l’impôt progressif ont permis au cours du XXème siècle de réduire les inégalités mais aussi une très grande prospérité. La croissance de l’après-guerre a été rendue possible par une plus grande mobilité sociale et un plus grand partage des pouvoirs. Je pense qu’il y a des leçons à en tirer. En ce début de XXIème siècle, au moment où les sociétés sont plus éduquées, nous avons besoin de cette circulation du pouvoir, de la propriété.

Il y a une forme de sacralisation quasi monarchique de l’individu unique qui ne correspond pas à la réalité de nos sociétés. Je trouve surprenant de voir des personnes qui se revendiquent progressistes et qui défendent des principes monarchiques en économie. Dans les années 80-90, à la suite du reaganisme et à la suite de la chute de l’union soviétique qui a conduit en partie à une forme de désillusion, le mouvement de réduction des inégalités s’est interrompu. Je pense que ce mouvement peut reprendre.

Vous évoquez la nécessité d’un socialisme participatif. En quoi consiste-t-il ?

Je propose de généraliser la cogestion allemande et suédoise à tous les pays. L’idée est d’avoir la moitié des droits de vote pour les salariés dans les conseils d’administration. Je pense que l’on peut aller plus loin en plafonnant les droits de vote des actionnaires individuels dans les très grandes entreprises. Le but est d’équilibrer et de faire circuler le pouvoir.

Le second levier important est de revenir sur ce qui a fonctionné en termes d’impôt progressif sur les revenus et sur les successions. Il faut mettre en place un impôt progressif annuel sur la propriété. L’impôt sur les successions est un levier intéressant mais il connaît des limites pour des personnes qui ont fait fortune à 30 ans. Dans des sociétés qui ont de longues espérances de vie, au delà d’un grand niveau de fortune, il faut redonner une partie à la collectivité chaque année sans attendre la succession pour faire circuler le pouvoir. Certains techno milliardaires expriment ce type de volonté mais les fondations qui reçoivent ces dons sont présidées par ces mêmes personnes fortunées, les conseils d’administration sont composés par des membres de leurs familles. Ce n’est pas vraiment la circulation du pouvoir. Le but est de faire en sorte que cet idéal d’horizontalité parfois défendu par ces milliardaires deviennent une réalité.

Je pense que l’on a besoin de personnes qui créent des entreprises, d’entrepreneurs qui réussissent mais nous n’avons pas besoin de personnes qui accumulent des centaines de millions et des dizaines de milliards. Nous avons besoin d’une circulation du pouvoir et non pas de cette hyperconcentration.

Vous faites la proposition d’une dotation de 120.000 euros pour les jeunes de 25 ans. Par quels leviers comptez-vous la financer ?

Cette proposition serait financée par l’impôt progressif sur la propriété. Cet outil résulterait de la fusion de la taxe foncière et de l’impôt sur la fortune. Actuellement, il y a deux impôts sur le patrimoine en France. Le plus important est la taxe foncière en termes de masse. Elle rapporte 40 milliards d’euros contre 5 milliards pour l’impôt sur la fortune avant sa suppression. Tout le monde s’intéresse à l’impôt sur la fortune car il s’adresse aux riches mais en réalité la taxe foncière représente beaucoup plus d’argent. Elle repose sur les propriétaires les plus modestes et de façon très injuste. Une personne qui a emprunté 300.000 euros pour un appartement, et qui a seulement pu rembourser 10.000 euros, va payer le même impôt, y compris si la personne est endettée, qu’une personne qui n’est pas endettée et possède un portefeuille financier de 3 millions d’euros. Il n’y a aucune logique économique

Je propose de transformer cet impôt injuste sur le patrimoine en un impôt progressif. Le taux doit dépendre du patrimoine net en prenant en compte les dettes financières et les portefeuilles financiers. C’est ce type de levier qui permettrait de financer cet héritage pour tous de 120.000 euros. Cela permettrait de rajeunir le patrimoine. Les héritages sont touchés à des âges tellement avancés que l’on ne peut plus rien en faire. L’idée de socialiser l’héritage a été défendue par Emile Durkheim.

Chili, Liban, Irak… quelles sont les raisons de cette crise actuelle ?

Le modèle d’autorégulation des marchés, de libéralisation à grand pas, de la théorie du ruissellement s’est retrouvé confronté à des réalités qui n’étaient pas conformes aux attentes. Dans les pays qui ont tenté ce modèle, nous avons plutôt assisté à une baisse de la croissance. Ronald Reagan expliquait que, même si les inégalités augmentaient, la baisse de la fiscalité sur les grandes fortunes allait générer tellement d’innovation et de croissance que les salaires et les revenus allaient augmenter comme jamais. Sauf qu’aux États-Unis, le taux de croissance a été divisée par deux.

Aujourd’hui, on se retrouve soit avec une réponse nationaliste et identitaire, soit avec des débats relatifs à une plus grande redistribution. Le libéralisme pur et dur n’est plus un discours qui peut fonctionner, hormis sur une petite élite de gagnants de la mondialisation. La meilleure preuve est que le parti républicain aux États-Unis se retrouve avec ce discours protectionniste et nationaliste qui est la conséquence de l’échec du reaganisme. Comme il n’y a pas eu cette croissance bénéficiant à tout le monde, il y a un sentiment d’abandon dans les classes moyennes et les classes populaires. Donald Trump a accusé les Mexicains et les Chinois d’avoir volé la croissance de l’Amérique blanche. Les gagnants du système économique doivent prendre conscience du danger qui pèse sur le système. Face à tous ces mouvements de révolte, il est temps de reconstruire un modèle économique plus équitable et plus durable sur le plan environnemental, ce qui impose de réduire les inégalités.

 

(*) Capital et idéologie, Seuil, 1232 pages, 25,90 euros.

L e débat identitaire pour cacher la crise économique et sociale? (Thomas Piketty)

 

L e débat identitaire pour cacher la crise économique et sociale? (Thomas Piketty)

 

C’est l’interrogation de Thomas Piketty dans une tribune au Monde -Extraites)

 

«  Pendant longtemps, les Européens ont regardé avec distance le mélange de conflit social et racial structurant les clivages politiques et électoraux aux Etats-Unis. Vu l’importance croissante et potentiellement destructrice prise par les conflits identitaires en France et en Europe, ils seraient pourtant bien inspirés de méditer les leçons venues d’ailleurs.

Revenons en arrière. Après avoir été, lors la guerre civile de 1861-1865, le parti de l’esclavage, le Parti démocrate est progressivement devenu dans les années 1930 le parti de Roosevelt et du New Deal. Dès 1870, il avait commencé à se reconstruire sur la base d’une idéologie que l’on peut qualifier de sociale-différentialiste : violemment inégalitaire et ségrégationniste vis-à-vis des Noirs, mais plus égalitaire que les républicains vis-à-vis des Blancs (en particulier des nouveaux migrants irlandais et italiens). Les démocrates ont porté la création de l’impôt fédéral sur le revenu en 1913 et le développement des assurances sociales après la crise de 1929. C’est finalement dans les années 1960, sous la pression des militants noirs, et dans un contexte géopolitique transformé (guerre froide, décolonisation), que le parti va tourner le dos à son lourd passé ségrégationniste pour soutenir la cause des droits civiques et de l’égalité raciale.

A partir de là, ce sont les républicains qui vont progressivement capter le vote raciste, ou plus précisément le vote de tous les Blancs qui considèrent que l’Etat fédéral et les élites blanches éduquées ne se soucient que de favoriser les minorités. Le processus débute avec Nixon en 1968 et Reagan en 1980, avant de s’amplifier avec Trump en 2016, qui durcit le discours identitaire et nationaliste à la suite de l’échec économique du reaganisme et de ses promesses de prospérité. Compte tenu de l’hostilité ouverte des républicains (de la stigmatisation par Reagan de la « welfare queen », cette « reine de la sécu » supposée incarner la paresse des mères noires célibataires, jusqu’au soutien de Trump aux suprémacistes blancs lors des émeutes de Charlottesville en Virginie), on ne sera pas surpris de constater que le vote des électeurs noirs s’est toujours porté à 90 % sur les démocrates depuis les années 1960.

Ce type de clivage identitaire est en cours de sédimentation en Europe. L’hostilité de la droite vis-à-vis de l’immigration extra-européenne a conduit les électeurs qui en sont issus à se réfugier dans le vote des seuls partis qui ne les rejettent pas (à gauche, donc), ce qui en retour nourrit les accusations droitières de favoritisme de la gauche à leur égard. Par exemple, lors du second tour de l’élection présidentielle de 2012, 77 % des électeurs déclarant avoir au moins un grand-parent d’origine extra-européenne (soit 9 % de l’électorat) ont voté pour le candidat socialiste, contre 49 % pour les électeurs ayant une origine étrangère européenne (19 % de l’électorat) comme pour ceux sans origine étrangère déclarée (72 % de l’électorat)… » Piketty se demande si cette question identitaire ne réémerge pas pour mieux cacher l’inefficacité  de la politique économique à réduire différences et inégalités.

Réforme des Retraites : flou et injustice (Thomas Piketty)

Réforme des Retraites : flou et injustice (Thomas Piketty)

 

A juste titre,  Piketty interroge les slogans du gouvernement qui vendent la réforme. Si le principe de la retraite universel est bon par contre le slogan « un euro de cotisation aura la même valeur pour tous » masque le grand flou  de la réforme .Une réforme qui va affecter surtout le montant des retraites (et l’âge aussi). Par ailleurs,  le gouvernement aura beaucoup de mal à convaincre du bien-fondé de sa réforme s’il ne demande pas un effort significatif aux plus favorisés, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».Extraits

« Même si le calendrier reste flou et les modalités incertaines, le gouvernement semble maintenant décidé à se lancer dans une vaste réforme du système de retraites, avec à la clé l’unification des règles actuellement appliquées dans les multiples régimes en vigueur (fonctionnaires, salariés du privé, collectivités locales, indépendants, régimes spéciaux, etc.).

Disons-le clairement : la mise en place d’un système universel est en soi une excellente chose, et une telle réforme n’a que trop tardé en France. Les jeunes générations, et en particulier tous ceux qui ont connu de multiples changements de statut (salariat privé et public, autoentrepreneur, passages par l’étranger, etc.), n’ont souvent aucune idée des droits à la retraite qu’ils ont accumulés. Cette situation produit des incertitudes insupportables et renforce l’anxiété économique, alors même que notre système de retraites est globalement bien financé.

Mais, une fois que l’on a proclamé cet objectif de clarification et d’unification des droits, la vérité est que l’on n’a pas dit grand-chose. Il existe en effet de multiples façons d’unifier les règles. Or rien ne garantit que le pouvoir en place soit en capacité de dégager un consensus viable à ce sujet. Le principe de justice évoqué par le gouvernement paraît simple et plausible : un euro cotisé doit donner lieu aux mêmes droits à la retraite, quels que soient le régime et le niveau de salaire ou de revenu d’activité. Le problème est que ce principe revient à sacraliser les inégalités salariales telles qu’elles existent, y compris lorsqu’elles prennent des proportions abyssales (du travail émietté et sous-payé pour certains, des rémunérations excessives pour d’autres), et à les perpétuer à l’âge de la retraite et de la grande dépendance, ce qui n’a rien de particulièrement « juste ».

Conscient de la difficulté, le projet Delevoye annonce qu’un quart des cotisations continuera d’être consacré à la « solidarité », c’est-à-dire, par exemple, aux bonifications pour enfants et interruptions de carrière ou pour financer une retraite minimale pour les plus bas salaires. La difficulté est que la façon dont ce calcul a été effectué est très contestable. En particulier, cette estimation ignore purement et simplement les inégalités sociales d’espérance de vie. Par exemple, si un salarié modeste passe dix ans à la retraite alors qu’un super-cadre en passe vingt, alors on oublie de prendre en compte qu’une large part des cotisations du premier sert en pratique à financer la retraite du second (ce que la maigre prise en compte de la pénibilité ne suffit nullement à compenser)……. »

Retraites : flou et injustice (Thomas Piketty)

Retraites : flou et injustice (Thomas Piketty)

 

A juste titre,  Piketty interroge les slogans du gouvernement qui vendent la réforme du gouvernement. Si le principe de la retraite universel est est bon par contre le slogan « un euro de cotisation aura la m^me valeur pour tous » masque le grand flou  de la réforme .Une réforme qui va affecter surtout le montant des retraites. Par ailleurs  Le gouvernement aura beaucoup de mal à convaincre du bien-fondé de sa réforme des retraites s’il ne demande pas un effort significatif aux plus favorisés, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».Extraits

« Même si le calendrier reste flou et les modalités incertaines, le gouvernement semble maintenant décidé à se lancer dans une vaste réforme du système de retraites, avec à la clé l’unification des règles actuellement appliquées dans les multiples régimes en vigueur (fonctionnaires, salariés du privé, collectivités locales, indépendants, régimes spéciaux, etc.).

Disons-le clairement : la mise en place d’un système universel est en soi une excellente chose, et une telle réforme n’a que trop tardé en France. Les jeunes générations, et en particulier tous ceux qui ont connu de multiples changements de statut (salariat privé et public, autoentrepreneur, passages par l’étranger, etc.), n’ont souvent aucune idée des droits à la retraite qu’ils ont accumulés. Cette situation produit des incertitudes insupportables et renforce l’anxiété économique, alors même que notre système de retraites est globalement bien financé.

Mais, une fois que l’on a proclamé cet objectif de clarification et d’unification des droits, la vérité est que l’on n’a pas dit grand-chose. Il existe en effet de multiples façons d’unifier les règles. Or rien ne garantit que le pouvoir en place soit en capacité de dégager un consensus viable à ce sujet. Le principe de justice évoqué par le gouvernement paraît simple et plausible : un euro cotisé doit donner lieu aux mêmes droits à la retraite, quels que soient le régime et le niveau de salaire ou de revenu d’activité. Le problème est que ce principe revient à sacraliser les inégalités salariales telles qu’elles existent, y compris lorsqu’elles prennent des proportions abyssales (du travail émietté et sous-payé pour certains, des rémunérations excessives pour d’autres), et à les perpétuer à l’âge de la retraite et de la grande dépendance, ce qui n’a rien de particulièrement « juste ».

Conscient de la difficulté, le projet Delevoye annonce qu’un quart des cotisations continuera d’être consacré à la « solidarité », c’est-à-dire, par exemple, aux bonifications pour enfants et interruptions de carrière ou pour financer une retraite minimale pour les plus bas salaires. La difficulté est que la façon dont ce calcul a été effectué est très contestable. En particulier, cette estimation ignore purement et simplement les inégalités sociales d’espérance de vie. Par exemple, si un salarié modeste passe dix ans à la retraite alors qu’un super-cadre en passe vingt, alors on oublie de prendre en compte qu’une large part des cotisations du premier sert en pratique à financer la retraite du second (ce que la maigre prise en compte de la pénibilité ne suffit nullement à compenser)……. »

Nouveau livre de Thomas Piketty : « une innovovation méthodologique qui réintroduit du social dans l’analyse économique »

Nouveau livre de Thomas Piketty : «  une innovovation méthodologique qui réintroduit du social dans l’analyse économique  »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Branko Milanovic, spécialiste des inégalités, salue « Capital et Idéologie », un ouvrage qui pourrait « transformer le regard des politologues sur leur propre domaine ».Ce la grâce notamment grâce aux données disponibles (data).

Tribune. Les livres de Thomas Piketty sont toujours monumentaux. Certains le sont plus que d’autres. Les Hauts Revenus en France au XXe siècle (Grasset, 2001) couvraient plus de deux siècles d’inégalités de revenus et de patrimoines, ainsi que les changements sociaux et politiques en France. Son best-seller international, Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2013), a élargi cette approche aux principaux pays occidentaux (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne).

Ce nouvel ouvrage couvre le monde entier et présente un panorama historique sur la façon dont la propriété des actifs (y compris des personnes) fut traitée et justifiée dans différentes sociétés historiques, de la Chine, du Japon et de l’Inde aux colonies américaines sous domination européenne et aux sociétés féodales et capitalistes en Europe. Il suffit de mentionner l’étendue géographique et temporelle du livre pour donner un aperçu de son ambition.

…… il convient de mentionner l’importance de l’approche globale de Thomas Piketty, présente dans ces trois livres. Son approche est caractérisée par le retour méthodologique de l’économie à ses fonctions originelles et essentielles : être une science qui éclaire les intérêts et explique les comportements des individus et classes sociales dans leur vie quotidienne (matérielle). Cette méthodologie rejette le paradigme dominant depuis un demi-siècle, qui a ignoré avec toujours plus de vigueur le rôle des classes et des individus hétérogènes dans le processus de production, pour considérer toutes les personnes comme des agents abstraits, maximisant leurs revenus sous certaines contraintes. Ce paradigme dominant a vidé l’économie de presque tout son contenu social, et présente une vision de la société aussi abstraite qu’erronée.

La réintroduction de la vie réelle dans l’économie par M. Piketty et quelques autres (ce n’est pas un hasard si ce sont principalement ceux qui s’intéressent aux inégalités) est bien plus qu’un simple retour aux sources de la politique économique et de l’économie. Et ce parce que nous avons aujourd’hui beaucoup plus d’informations (les « data ») que ce dont disposaient les économistes il y a un siècle, …. »

L’économie n’est pas une science (Piketty)

L’économie n’est pas une science (Piketty)

 

Piketty  a au moins raison sur ce point l’économie n’est pas une science en tout cas pas une science exacte. Pour preuve il y a autant d’économistes de gauche que de droite qui proposent des analyses évidemment contradictoires. L’économie relève des sciences dites molles ou sociale dont  la rigueur ne peut s’imposer comme en physique ou en mathématiques. Tout au plus peut-on parler d’un essai de compréhension des mécanismes de  production, d’échange,  de consommation avec parfois la prise en compte des dimensions sociales, environnementales et sociétales mais pas toujours.  Cela d’autant plus que cette science traite de relations humaines dont  les inter-réactions sont difficilement prévisibles. De ce point de vue l’utilisation de mathématiques par ailleurs très utile en économétrie ne saurait cependant conférer le titre de science exacte à l’économie. Dans son livre « Aux urnes citoyens! » paru aux éditions Les Liens qui libèrent, l’économiste Thomas Piketty veut démocratiser l’Économie. Il y explique qu’il « n’existe pas de loi économique », mais « simplement une multiplicité d’expériences historiques, de trajectoires nationales et globales faites de bifurcations imprévues et de bricolage institutionnels instables et imparfaits ».  Sur France InterThomas Piketty en a remis une couche, assurant qu’il ne se considère pas comme un économiste:  »je me vois plus comme un chercheur en sciences sociales (…) parce que les frontières entre l’économie, l’histoire, la sociologie sont beaucoup moins claires que ce que certains prétendent ». Et d’ajouter:  »ceux qui prétendent que l’économie serait une science, tellement scientifique que le reste du monde ne peut pas comprendre, qu’il faudrait juste écouter des vérités venues d’en-haut, sont des charlatans ». Ces déclarations devraient nourrir la querelle qui oppose les économistes de droite et de gauche ces derniers mois. Thomas Piketty vise notamment les deux économistes néolibéraux, Pierre Cahuc et André Zylberberg, qui ont publié en septembre « Le négationnisme économique, Et comment s’en débarrasser ». Dans cet essai considéré comme une déclaration de guerre par ses détracteurs, ils affirmaient que « l’économie est une science ». Et que ceux qui nient les résultats de ses expérimentations sont des « négationnistes ». Pour Thomas Piketty, à l’inverse, la science économique, c’est simplement « un énorme ensemble d’expériences historiques dont on dispose, et dont on peut tirer des leçons modestes pour l’avenir. Après, à chacun de se faire une idée, sans se laisser impressionner, parce que c’est une matière pour tout le monde ». Un message que le chercheur formulait déjà dans son précédent livre, le best-seller « Le capital au XXIe siècle ».

 

(Avec BFM)

Piketty contredit le FMI

Piketty contredit le FMI

 

On peut ne pas être d’accord avec Piketty, l’économiste de gauche, sur certaines de ses analyses et propositions. Toutefois son analyse sur le développement des inégalités « le capital au XXIe siècle »  ne manque pas de pertinence. Jamais en effet les inégalités n’ont été aussi fortes dans la plupart des pays. En outre les écarts entre les revenus du capital et les revenus du travail ne cessent de grandir. Pour parler plus clairement il y a de plus en plus de différence entre les plus riches et les plus pauvres. Cela vaut pour les pays développés mais aussi des pays comme la Russie, la Chine, l’Amérique du Sud ou l’Afrique. D’après le FMI,  Piketty se serait trompé sur sa théorie de la croissance des inégalités. Pas étonnant,  les économistes sont souvent comme les médecins de Molière préconisant des remèdes qui ne font qu’amplifier la gravité des pathologies du malade. Très marqué à gauche Piketty  a un peu trop sollicité les corrélations, ce que font aussi les économistes marqués à droite. Une déviance politique facilitée par le fait que l’économie n’est pas une science exacte. La complexité des interactions systémiques  rend difficile les approches pertinentes. Du coup beaucoup d’économistes procèdent  par des raccourcis un peu simplificateurs  pour conforter leurs thèses. L’objet de la critique du FMI, pilotée par l’économiste Carlos Goes: tester la thèse de Thomas Piketty sur « les moteurs des inégalités de revenus » en l’appliquant à 19 pays développés durant ces trente dernières années. Avec un objectif affiché: vérifier l’exactitude des hypothèses de Piketty afin de mieux cerner les causes profondes des inégalités. Sa conclusion est sans appel: « Je n’ai trouvé aucune preuve empirique démontrant que la dynamique va dans le sens suggéré par Thomas Piketty », tranche Carlos Goes. Ainsi, « même si son ouvrage est très riche en données, il n’offre aucune formule empirique permettant de vérifier la chaîne de causalité de sa théorie », assène l’économiste. Pour rappel, la thèse de Piketty repose sur le postulat selon lequel les inégalités de revenus ont tendance à augmenter dès lors que les revenus du capital augmentent plus vite que la croissance. Une théorie qui ne se vérifierait pas dans les faits selon l’équipe du FMI ayant planché sur le sujet. En effet, selon les conclusions Carlos Goes, dans 75% des pays étudiés, une croissance des revenus du capital supérieure de 1 point à la croissance économique s’accompagne d’une baisse… de la part des richesses détenue par les 1% des plus riches. Soit l’exact opposé de ce qu’avance l’économiste français. L’auteur du rapport admet tout de même qu’ »il est possible » que la thèse de Thomas Piketty se vérifie « sur le long terme ». Piketty contre-attaque et reprend ses arguments. Pour rappel, la principale conclusion du livre de Thomas Piketty est que l’accroissement des inégalités est due au fait que la rémunération du capital (les dividendes, par exemple) augmente plus vite que la croissance. En conséquence, plus la différence entre la rémunération du capital et le taux de croissance augmente, plus la part du capital dans le revenu national s’accroît. Ce qui, in fine, aboutit à renforcer les inégalités, car le capital est bien plus inégalement réparti que les salaires. Carlos Goes avait alors voulu vérifier ce postulat via une base de données englobant 19 pays sur la période 1980-2012. Il avait alors trouvé que dans 75% des cas, la théorie de Piketty ne se vérifiait pas. Plus d’un mois après la publication, l’économiste français réagit. Dans un post de son blog sur lemonde.fr, il explique pourquoi l’étude du FMI lui semble « relativement faible et peu convaincante ». S’il se dit « heureux que [son] livre ait pu contribuer à stimuler le débat public sur les inégalités » et considère qu’il est « normal que le débat se poursuive », il juge « qu’il est à peu près impossible d’apprendre quoi que ce soit d’utile de cet exercice (du FMI, ndlr). En cause la méthodologie de l’étude et la nature de la base de données « totalement inadaptée ». Thomas Piketty reproche d’abord au FMI d’avoir utilisé, pour mesurer les inégalités, le revenu et non le patrimoine. « Cela pose une difficulté majeure, dans la mesure où l’inégalité des revenus est déterminée à titre principal par les revenus du travail », juge-t-il. Or les revenus du travail sont liés à des mécanismes propres au marché du travail, fait-il valoir, et en aucun cas à la différence entre la rémunération du capital et le taux de croissance, son principe de base. Au final, Thomas Piketty considère que le choix de Carlos Goes « n’a guère de sens » et qu’il aurait été plus judicieux de prendre le patrimoine plutôt que les revenus.

Inégalités : Piketty s’est trompé (FMI)

Inégalités : Piketty  s’est trompé (FMI)

 

D’après le FMI,  Piketty se serait trompé sur sa théorie de la croissance des inégalités. Pas étonnant,  les économistes sont souvent comme les médecins de Molière préconisant des remèdes qui ne font qu’amplifier la gravité des pathologies du malade. Très marqué à gauche Piketty  a un peu trop sollicité les corrélations, ce que font aussi les économistes marqués à droite. Une déviance politique facilitée par le fait que l’économie n’est pas une science exacte. La complexité des interactions systémiques  rend difficile les approches pertinentes. Du coup beaucoup d’économistes procède par des raccourcis un peu simplificateurs  pour conforter leurs thèses. L’objet de cette enquête, pilotée par l’économiste Carlos Goes: tester la thèse de Thomas Piketty sur « les moteurs des inégalités de revenus » en l’appliquant à 19 pays développés durant ces trente dernières années. Avec un objectif affiché: vérifier l’exactitude des hypothèses de Piketty afin de mieux cerner les causes profondes des inégalités. Sa conclusion est sans appel: « Je n’ai trouvé aucune preuve empirique démontrant que la dynamique va dans le sens suggéré par Thomas Piketty », tranche Carlos Goes. Ainsi, « même si son ouvrage est très riche en données, il n’offre aucune formule empirique permettant de vérifier la chaîne de causalité de sa théorie », assène l’économiste. Pour rappel, la thèse de Piketty repose sur le postulat selon lequel les inégalités de revenus ont tendance à augmenter dès lors que les revenus du capital augmentent plus vite que la croissance. Une théorie qui ne se vérifierait pas dans les faits selon l’équipe du FMI ayant planché sur le sujet. En effet, selon les conclusions Carlos Goes, dans 75% des pays étudiés, une croissance des revenus du capital supérieure de 1 point à la croissance économique s’accompagne d’une baisse… de la part des richesses détenue par les 1% des plus riches. Soit l’exact opposé de ce qu’avance l’économiste français. L’auteur du rapport admet tout de même qu’ »il est possible » que la thèse de Thomas Piketty se vérifie « sur le long terme ».

(Avec Challenges)

Europe : restructurations de dettes à prévoir ( Piketty)

Europe : restructurations de dettes à prévoir (  Piketty)

Interrogé  sur BFM  Piketty stigmatise l’immobilisme et l’inadaptation des institutions européennes. Il prévoit aussi des restructurations de dettes et pas seulement pour la Grèce.  Thomas Piketty reste sceptique, et c’est un euphémisme. Invité de l’émission 500 millions d’Européens de BFM Business ce samedi 6 juin, l’économiste français auteur du best-seller Le Capital au XXIe siècle, a été invité à réagir aux propositions des ministres de l’Economie allemand et français Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron.  Ces derniers proposent, dans une tribune publiée dans plusieurs journaux, une plus grande harmonisation de la zone euro, notamment au niveau budgétaire.  Rien de bien neuf sous le soleil pour Thomas Piketty. Ce dernier a ainsi rappelé qu’ « il y a eu déjà en 2012 un traité entre les pays de la zone euro pour faire du fédéralisme budgétaire ». « Sauf que cela a été fait sans démocratie avec des critères automatiques sur le choix du niveau du déficit et une règle de l’unanimité sur la question fiscale qui fait que cela ne marche pas », développe-t-il. Et en ce sens, il assure ne pas « avoir vu de proposition qui change cela ».  Reste que Thomas Piketty considère lui-même qu’il y a une nécessité de revoir en profondeur les institutions européennes.   »Je crois profondément en l’Europe, c’est le modèle social le plus achevé au monde mais nous sommes en train de le gâcher de façon terrible par des institutions complètement inadaptées et une monnaie unique avec 18 dettes publiques différentes, 18 taux d’intérêt sur lesquels les marchés peuvent spéculer et 18 impôts sur les sociétés sur lesquels chaque pays pique la base de son voisin ».   »C’est un système qui ne marche pas et ne marchera jamais. Et je ne vois pas de propositions du gouvernement français pour changer cela à brève échéance », a-t-il insisté.  Une réforme que propose Thomas Piketty est de créer « une chambre parlementaire de la zone euro ». Cette chambre serait composée « d’une délégation des députés des parlements nationaux de façon à ce que toutes les sensibilités politiques soient représentées », explique-t-il.  De cette manière il serait possible de changer le système de représentation actuel des Etats nations. « Quand vous représentez un pays de 60 ou 80 millions d’habitants par une personne, cela devient une machine à fabriquer de l’inertie et des conflits d’intérêt nationaux car vous ne pouvez pas revenir à la maison pour dire ‘ah pas de chance j’étais dans la minorité sur ce coup, mais le suivant je serai dans la majorité »", considère Thomas Piketty.  D’où cette idée d’une chambre parlementaire de la zone euro qui pourrait traiter de plusieurs sujets, notamment d’une politique fiscale commune, avec un impôt sur les sociétés commun pour les grands groupes.  Est-ce que les Français sont toutefois prêts à voir de nouveaux impôts décrétés par une instance européenne? « Sur certains impôts les citoyens français et allemands ont compris que la souveraineté nationale était devenue une illusion », répond Thomas Piketty.  Interrogé ensuite sur le dossier grec, l’économiste a jugé que ce que l’Europe demande aux Grecs « est une aberration historique » et que les Européens faisaient preuve « d’amnésie historique ». « A un moment cette idée que la Grèce va repayer 4% du PIB en excédent primaire pendant 20 ou 30 ans ça ne se fera pas car ce serait une énorme bêtise ».    Et Thomas Piketty d’affirmer qu’ »il y aura des restructurations de dettes et non seulement pour la Grèce mais aussi pour les autres pays européens car c’est la seule façon que ce soit acceptable pour les autres ». Il rappelle au passage « que cela s’est toujours fait dans l’histoire, l’Allemagne au premier chef après la seconde guerre mondiale ».

 

 

Loi Macron : des objectifs secondaires (Piketty)

Loi Macron : des objectifs secondaires (Piketty)

 

Piketty confirme l’opinion générale, la loi Macron ne s’attaque pas à l’essentiel c’est à dire qui permettrait de vraiment de taire face au chômage. Une loi Macron finalement assez ésotérique qui traite de tout mais surtout de rien. Une espèce de loi cosmétique pour donner l’impression que le gouvernement engage de raies réformes structurelles et remet en cause sa politique économique. Une loi surtout fourre-tout dont l’économiste Marco Touati disait lundi soir sur BFM «  c’est comme si on voulait guérir une maladie grave avec doliprane ».  L’économiste Piketty  pour a ainsi estimé que le « problème des inégalités, c’est d’abord le chômage, et celui des jeunes ». La Loi Macron, qui prévoit de libéraliser certains secteurs comme les transports par bus, ne représente pas une solution. « La libéralisation est sans doute utile, mais ce n’est pas à la hauteur. Un quart des jeunes sont au chômage, ils ne vont pas tous devenir conducteur d’autocar », a ironisé l’auteur.  Une ironie d’autant plus mordante que le ministre de l’Economie assure s’être inspiré des thèses de Piketty pour rédiger son projet de loi, et qu’il a cité l’auteur à plusieurs reprises dans le discours qu’il a prononcé quelques minutes après l’intervention de ce dernier. Pour Thomas Piketty, la loi Macron s’attaque à des   »choses secondaires », qu’il oppose aux « choses essentielles ». Pour lui en effet, la priorité économique du jour est de lutter contre le chômage de masse en mettant fin à l’austérité budgétaire en Europe. L’économiste prône notamment la remise en cause du traité budgétaire européen adopté en France en 2012 qui vise à empêcher les Etats de creuser encore leur déficit. Une aberration aux yeux de Thomas Piketty qui pourfend la rigueur, ses conséquences sociales et son efficacité économique.  Et ce dernier de critiquer François Hollande qui, lorsqu’il était candidat à la présidentielle avait promis de renégocier lors de son arrivée au pouvoir. « Il est temps que le gouvernement français arrête de dire qu’il a renégocié ce traité, il n’a rien renégocié du tout », tranche l’économiste, pour qui la France devrait peser de tout son poids pour rouvrir les discussions sur ce thème en Europe.  L’auteur du best-seller mondial,   »Le Capital au XXIe siècle », qui a refusé la légion d’honneur il y a quelques semaines aurait accepté « tout de suite » l’invitation du Trésor à intervenir à cette conférence sur les inégalités, assurent ses organisateurs. Une belle occasion pour lui de pourfendre publiquement la loi Macron.

 

Piketty à Hollande : je t’aime moi non plus !

Piketty  à Hollande : je t’aime moi non plus !

Le refus la légion d’honneur par Piketty solde un désaccord profond sur la politique économique. L’économiste qui s’était beaucoup investi dans la campagne électorale de Hollande estime avoir été trahi. De fait aucun de ses proposition phares n’ont été retenues. Pire le gouvernement a souvent ridiculisé ses positions. La principale critique concerne l’abandon de la grande réforme fiscale. D’une manière générale Piketty reproche à Hollande ses improvisations à commencer par le CICE mal calibré et qui n’a pas eu les effets escompté sur l’emploi. Même chose en matière fiscale ou on s’est contenté de bricolage. Thomas Piketty est en effet très déçu par François Hollande. Il avait pourtant fait partie des économistes qui avaient signé une tribune publiée dans Le Monde pour manifester leur soutien au candidat socialiste à l’élection présidentielle, en avril 2012. Mais, depuis que François Hollande a investi l’Elysée, Thomas Piketty n’a eu de cesse de critiquer son action.  Dès septembre 2012, il lui demandait « de cesser l’attentisme », dans une chronique publiée dans Libération. « Le début du quinquennat Hollande est-il aussi mauvais qu’on le dit ? Oui, malheureusement », écrivait-il alors, ajoutant, par exemple, que « la réforme fiscale, mère de toutes les batailles pendant la campagne du candidat Hollande, se limitera à quelques bricolages, alors que nous aurions besoin d’une refondation complète ».  Cette réforme fiscale, que l’économiste a largement appelée de ses vœux, Jean-Marc Ayrault l’annoncera fin 2013. Mais déjà Thomas Piketty n’y croit plus: « je ne demande qu’à voir, mais je crains que la grande consultation qu’il promet ne soit qu’un moyen de gagner du temps », affirme-t-il alors à LaDepêche.fr. Au final, la réforme fiscale de Jean-Marc Ayrault ne verra jamais le jour, ne survivant pas à son départ du gouvernement. D’une certaine manière Piketty est cohérent avec lui-même et c’est un camouflet pour Hollande qui voulait sans doute récupérer sa notoriété internationale.   »L’action du gouvernement ces deux dernières années a été catastrophique et je n’ai pas besoin d’une Légion d’honneur pour le dire ou pour l’écrire », a-t-il réagi vendredi. Une façon pour lui de marquer un peu plus son désaccord avec la politique économique menée par le gouvernement. Il aussi écorné la politique de l’offre voulue par François Hollande. Le Crédit d’impôt compétitivité pour l’emploi (CICE)? « Une usine à gaz inventée en urgence » assène-t-il en mars 2014, dans Libération.  Enfin et au-delà de l’aspect économique, on imagine bien Thomas Piketty n’a guère apprécié les propos de Michel Sapin sur son livre. Le ministre des Finances avait récemment confié à l’AFP qu’il comptait mettre à jour les fêtes de fin d’année pour « s’attaquer » au Capital au XXIe siècle, ouvrage qu’il jugeait « trop lourd », en juin dernier. Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, a au contraire assuré qu’il avait déjà lu le livre et qu’il rencontrera son auteur « dans les trois mois ». A voir si cette entrevue réchauffera les relations entre l’exécutif et l’économiste.

Thomas Piketty – la Légion d’honneur : un refus politique

Thomas Piketty - la Légion d’honneur : un refus politique

 

 

C’est évidemment un refus très politique, comme la nomination par Hollande. D’abord Hollande n’a pas manqué de culot pour nommer Piketty, un économiste dont il réfute toutes les thèses. Retour l’envoyeur, Pikettey ne veut pas être pris au piège de la manipulation.  L’économiste français Thomas Piketty, dont l’ouvrage « Le Capital au XXIe siècle » connaît un immense retentissement international, a indiqué « refuser [sa] nomination » pour la Légion d’honneur, officialisée jeudi 1er janvier. « Je viens d’apprendre que j’étais proposé pour la Légion d’honneur. Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable », a déclaré Thomas Piketty, ajoutant : L’économiste figure dans la « promotion du 1er janvier » de la Légion d’honneur, publiée au Journal Officiel, nommé au rang de chevalier, aux côtés d’un autre économiste, le Prix Nobel Jean Tirole, qui est lui fait officier. Le refus de Thomas Piketty intervient alors que son ouvrage, qui entend démontrer la tendance spontanée à une toujours plus grande concentration de la richesse entre quelques mains, s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires. Traduit en plusieurs langues, l’ouvrage est en particulier un phénomène d’édition aux Etats-Unis, où Thomas Piketty a été reçu par des conseillers du président Barack Obama. L’accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes. Thomas Piketty, un temps proche du Parti socialiste, critique régulièrement la politique menée par le président François Hollande. Il regrette, entre autres, que ce dernier ait enterré sa promesse de campagne d’une profonde réforme fiscale, dans le sens d’une plus grande progressivité de l’impôt, un projet ardemment défendu par l’économiste .Outre Thomas Piketty et Jean Tirole, figurent également dans la « promotion du 1er janvier » l’infirmière française de Médecins Sans Frontières contaminée par Ebola et désormais guérie, l’écrivain Patrick Modiano, et l’actrice Mimie Mathy !

« Le gouvernement est nul » (Thomas Piketty, économiste)

« Le gouvernement est nul » (Thomas Piketty, économiste)

L’économiste Piketty, très apprécié dans le mode et notamment aux Etats-Unis ne fait pas dans la dentelle énarchique : le PS n’a rien préparé avant les élections, ils n’ont pas réfléchi, ils sont dans l’improvisation permanente, ils sont nuls. Tout est dit. La coqueluche des économistes ne s’embarrasse pas de précautions lorsqu’il évoque la politique économique du gouvernement français, alors que le programme de stabilité doit être soumis au vote de l’Assemblée nationale ce mardi 29 avril.  « Je ne regrette pas le pouvoir précédent, mais le nouveau pouvoir Hollande-Ayrault-Valls est vraiment dans une improvisation qui ne va pas pouvoir durer comme ça pendant trois ans« , estime Thomas Piketty, dont le livre Le capital au XXIe siècle, lui vaut un concert de compliments depuis plusieurs semaines. « Je les trouve vraiment assez nul, ils sont dans une espèce d’improvisation permanente. On a vraiment l’impression qu’ils n’ont pas beaucoup réfléchi, avant les élections, à ce qu’ils allaient faire au pouvoir », continue celui qui a été reçu à la Maison Blanche puis au Fonds monétaire international (FMI). « On ne va pas dans la bonne trajectoire en France et en Europe. Si on s’imagine que l’austérité budgétaire va suffire pour combler un déficit public du niveau qu’on a actuellement, alors on se trompe lourdement et on oublie les leçons de l’histoire », estime Thomas Piketty. « Quand on a 90% du PIB en dette publique, réduire ça avec uniquement l’excédent budgétaire, ça prend des décennies. Je m’inquiète beaucoup des risques que la zone euro soit durablement dans une situation d’inflation et de croissance quasi zéro. On peut se retrouver à traîner une dette comme ça pendant trente ans », insiste l’économiste.

 




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