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Endettement : la pieuvre chinoise dans les pays pauvres

Endettement : la pieuvre chinoise dans les pays pauvres

Au cours des deux dernières années, une nouvelle vague de défauts souverains a vu le jour dans les économies émergentes et en développement (Argentine, Biélorussie, Équateur, Ghana, Liban, Sri Lanka, Suriname, Ukraine, Zambie). Avec 25 % des économies émergentes et 60 % des économies en développement surendettées ou présentant un risque élevé de surendettement pour l’année 2022, le risque d’une série de défauts dans les EMDE reste élevé.

par Florian Morvillier
Économiste, CEPII

Erica Perego
Économiste, CEPII dans The Conversation

Le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse des primes de risque sur les dettes souveraines, la réduction des perspectives de croissance mondiale, les tensions géopolitiques inhérentes à la guerre en Ukraine et un niveau d’endettement public élevé constituent autant de vulnérabilités augmentant le risque d’épisodes de tensions sur les dettes souveraines des EMDE.

L’émergence de la Chine comme créancier public de grande envergure constitue une vulnérabilité supplémentaire pour les EMDE. Depuis 2015, la Chine est en effet devenue le principal créancier public des économies émergentes et en développement.

Les prêts de la Chine s’opèrent par l’intermédiaire de différents créanciers, situés directement sous la supervision du conseil d’État chinois, dont les plus importants sont deux banques publiques : la Banque de développement de Chine et la Banque d’export-import de Chine. Ces deux banques ont, entre 2000 et 2017, réalisé à elles seules plus de 70 % des prêts transfrontaliers directs réalisés par la Chine à destination des EMDE dont plus de 90 % à destination d’États souverains ou d’entreprises d’État.

Alors qu’en 2000, la dette publique extérieure des EMDE détenue par les créanciers publics chinois s’élevait à moins d’un milliard de dollars, en 2017 c’est 355 milliards de dollars que les créanciers chinois détenaient.

La politique de gestion des crises de la dette souveraine menée par la Chine dans les EMDE se fonde sur deux stratégies. La première consiste à restructurer la dette de ses débiteurs en la rééchelonnant s’ils sont proches du défaut ou en situation de défaut, tandis que la seconde repose sur l’octroi de « prêts de sauvetage » aux pays débiteurs en situation de grandes difficultés financières. Pour les EMDE, le fort endettement vis-à-vis des créanciers chinois les rend d’autant plus vulnérables que ces deux stratégies n’ont pas pour objectif de réduire le fardeau de leurs dettes.

En effet, les créanciers publics chinois ont, sur la période 2000-2019, restructuré la dette publique extérieure de leurs débiteurs en recourant majoritairement, dans 92 % des cas, au rééchelonnement par extension de la maturité de la dette et/ou suspension temporaire des paiements (graphique 2).

Une politique similaire à celle suivie par le Club de Paris (groupe informel composé de 22 pays créanciers) sur la période 1970-1999 quand la quasi-intégralité des allègements de dette consistait en un rééchelonnement ayant pour objectif de garantir la valeur faciale des créances détenues plutôt que restaurer la soutenabilité de la dette publique de ses débiteurs.

Ensuite, au cours des années 2000, le Club de Paris, ayant la volonté de restaurer la soutenabilité de ses débiteurs, a favorisé les rééchelonnements accompagnés d’une réduction de la valeur faciale de la dette (« haircut »), dans environ 70 % des restructurations. Une telle stratégie est plus favorable pour les économies en situation de défaut car, dans les années qui suivent, cette politique se traduit par une croissance économique plus élevée, une amélioration de la notation de crédit et une réduction de la pauvreté et des inégalités, contrairement à une politique se fondant uniquement sur un rééchelonnement qui ne réduit pas le fardeau de la dette.

En revanche, pour les EMDE fortement endettées vis-à-vis de l’empire du Milieu et qui font face à des épisodes de « stress » sur leur dette, la Chine leur vient en aide en leur fournissant des « prêts de secours » afin d’éviter un défaut de paiement imminent. Du fait de leurs très courtes maturités, ces prêts sont très fréquemment réitérés ce qui se solde par un allongement de la dette.

Ces prêts sont également octroyés à des taux d’intérêt considérablement élevés par rapport à ceux pratiqués par les créanciers multilatéraux comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale : en moyenne 5 %, un taux presque deux fois plus élevés que celui proposé par le FMI, alourdissant ainsi considérablement le fardeau des dettes. Ces renflouements répétés rappellent les pratiques de « prêts en série » du FMI au cours des dernières décennies et, plus généralement, les restructurations en série et les crédits-relais accordés par les créanciers privés pendant la crise de la dette des années 1980.

La stratégie consistant à procéder à des rééchelonnements de dette concerne principalement les économies en développement, tandis que la Chine recourt à l’octroi de prêts de sauvetage surtout dans les économies émergentes. Cette différence d’approche peut s’expliquer, en partie, par le niveau d’exposition différent des créanciers chinois aux emprunteurs souverains dans les deux groupes de pays : seuls 20 % des créances chinoises concernent les pays en développement (donc 80 % pour les pays émergents), ce qui peut expliquer que la Chine recourt pour eux à des rééchelonnements car un défaut de leur part n’a qu’un impact limité sur les bilans des créanciers chinois contrairement à un défaut des économies émergentes.

Au niveau international et face à l’incapacité des EMDE à servir leurs dettes à la suite de la crise sanitaire, une initiative de suspension du service de la dette (DSSI, pour debt service suspension initiative en anglais) avait vu le jour le 15 avril 2020, en pleine pandémie. Celle-ci a permis aux 73 pays éligibles, qui le souhaitaient, de suspendre temporairement (jusqu’à fin 2021) les remboursements d’intérêts et de principal sur les prêts bilatéraux du G20.

À la recherche de solutions plus pérennes, le G20 et les 22 membres du Club de Paris ont approuvé en novembre 2020 un nouveau « Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de la DSSI » pour permettre une remise permanente de dette aux pays éligibles. Ce nouveau cadre suppose une adhésion au principe d’égal traitement des créanciers formalisé par le Club de Paris.

Les EMDE pourraient donc être rassurés par la volonté de jure de la Chine de se coordonner avec les autres créanciers mais, de facto, elle a jusqu’il y a peu privilégié une approche unilatérale dans ses restructurations, en ne prenant pas part aux négociations multilatérales organisées par le Club de Paris. De plus, une grande partie des contrats signés avec les créanciers publics chinois contiennent une clause « No Paris Club » visant à garder leurs dettes hors des restructurations collectives pour obtenir un remboursement préférentiel par rapport aux autres créanciers.

Le durcissement toujours en cours de la politique monétaire dans les pays avancés et les mauvaises perspectives de croissance pour l’économie mondiale font craindre de nouveaux épisodes de « stress » et défauts des EMDE sur leur dette extérieure. La situation pourrait être plus délicate encore dans ces pays si la Chine décidait de poursuivre sa politique de gestion des crises de la dette.

En donnant son accord de principe sur « des pertes » sur ses créances lors de la restructuration de la dette souveraine du Ghana le 17 mai 2023, la Chine a fait un premier pas dans la bonne direction. Mais lors de la décision finale sur la restructuration de la dette souveraine de la Zambie, le 23 juin 2023, après presque trois ans de négociations, elle a à nouveau opté pour sa stratégie antérieure : rééchelonnement avec une période de grâce de 3 ans sur les paiements d’intérêt et extension de la maturité de la dette. Le début d’une nouvelle stratégie, que l’accord de principe pour le Ghana pouvait laisser espérer, reste encore à concrétiser.

Endettement : la pieuvre chinoise dans les pays pauvres

Endettement : la pieuvre chinoise dans les pays pauvres

Au cours des deux dernières années, une nouvelle vague de défauts souverains a vu le jour dans les économies émergentes et en développement (Argentine, Biélorussie, Équateur, Ghana, Liban, Sri Lanka, Suriname, Ukraine, Zambie). Avec 25 % des économies émergentes et 60 % des économies en développement surendettées ou présentant un risque élevé de surendettement pour l’année 2022, le risque d’une série de défauts dans les EMDE reste élevé.

par Florian Morvillier
Économiste, CEPII

Erica Perego
Économiste, CEPII dans The Conversation

Le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse des primes de risque sur les dettes souveraines, la réduction des perspectives de croissance mondiale, les tensions géopolitiques inhérentes à la guerre en Ukraine et un niveau d’endettement public élevé constituent autant de vulnérabilités augmentant le risque d’épisodes de tensions sur les dettes souveraines des EMDE.

L’émergence de la Chine comme créancier public de grande envergure constitue une vulnérabilité supplémentaire pour les EMDE. Depuis 2015, la Chine est en effet devenue le principal créancier public des économies émergentes et en développement.

Les prêts de la Chine s’opèrent par l’intermédiaire de différents créanciers, situés directement sous la supervision du conseil d’État chinois, dont les plus importants sont deux banques publiques : la Banque de développement de Chine et la Banque d’export-import de Chine. Ces deux banques ont, entre 2000 et 2017, réalisé à elles seules plus de 70 % des prêts transfrontaliers directs réalisés par la Chine à destination des EMDE dont plus de 90 % à destination d’États souverains ou d’entreprises d’État.

Alors qu’en 2000, la dette publique extérieure des EMDE détenue par les créanciers publics chinois s’élevait à moins d’un milliard de dollars, en 2017 c’est 355 milliards de dollars que les créanciers chinois détenaient.

La politique de gestion des crises de la dette souveraine menée par la Chine dans les EMDE se fonde sur deux stratégies. La première consiste à restructurer la dette de ses débiteurs en la rééchelonnant s’ils sont proches du défaut ou en situation de défaut, tandis que la seconde repose sur l’octroi de « prêts de sauvetage » aux pays débiteurs en situation de grandes difficultés financières. Pour les EMDE, le fort endettement vis-à-vis des créanciers chinois les rend d’autant plus vulnérables que ces deux stratégies n’ont pas pour objectif de réduire le fardeau de leurs dettes.

En effet, les créanciers publics chinois ont, sur la période 2000-2019, restructuré la dette publique extérieure de leurs débiteurs en recourant majoritairement, dans 92 % des cas, au rééchelonnement par extension de la maturité de la dette et/ou suspension temporaire des paiements (graphique 2).

Une politique similaire à celle suivie par le Club de Paris (groupe informel composé de 22 pays créanciers) sur la période 1970-1999 quand la quasi-intégralité des allègements de dette consistait en un rééchelonnement ayant pour objectif de garantir la valeur faciale des créances détenues plutôt que restaurer la soutenabilité de la dette publique de ses débiteurs.

Ensuite, au cours des années 2000, le Club de Paris, ayant la volonté de restaurer la soutenabilité de ses débiteurs, a favorisé les rééchelonnements accompagnés d’une réduction de la valeur faciale de la dette (« haircut »), dans environ 70 % des restructurations. Une telle stratégie est plus favorable pour les économies en situation de défaut car, dans les années qui suivent, cette politique se traduit par une croissance économique plus élevée, une amélioration de la notation de crédit et une réduction de la pauvreté et des inégalités, contrairement à une politique se fondant uniquement sur un rééchelonnement qui ne réduit pas le fardeau de la dette.

En revanche, pour les EMDE fortement endettées vis-à-vis de l’empire du Milieu et qui font face à des épisodes de « stress » sur leur dette, la Chine leur vient en aide en leur fournissant des « prêts de secours » afin d’éviter un défaut de paiement imminent. Du fait de leurs très courtes maturités, ces prêts sont très fréquemment réitérés ce qui se solde par un allongement de la dette.

Ces prêts sont également octroyés à des taux d’intérêt considérablement élevés par rapport à ceux pratiqués par les créanciers multilatéraux comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale : en moyenne 5 %, un taux presque deux fois plus élevés que celui proposé par le FMI, alourdissant ainsi considérablement le fardeau des dettes. Ces renflouements répétés rappellent les pratiques de « prêts en série » du FMI au cours des dernières décennies et, plus généralement, les restructurations en série et les crédits-relais accordés par les créanciers privés pendant la crise de la dette des années 1980.

La stratégie consistant à procéder à des rééchelonnements de dette concerne principalement les économies en développement, tandis que la Chine recourt à l’octroi de prêts de sauvetage surtout dans les économies émergentes. Cette différence d’approche peut s’expliquer, en partie, par le niveau d’exposition différent des créanciers chinois aux emprunteurs souverains dans les deux groupes de pays : seuls 20 % des créances chinoises concernent les pays en développement (donc 80 % pour les pays émergents), ce qui peut expliquer que la Chine recourt pour eux à des rééchelonnements car un défaut de leur part n’a qu’un impact limité sur les bilans des créanciers chinois contrairement à un défaut des économies émergentes.

Au niveau international et face à l’incapacité des EMDE à servir leurs dettes à la suite de la crise sanitaire, une initiative de suspension du service de la dette (DSSI, pour debt service suspension initiative en anglais) avait vu le jour le 15 avril 2020, en pleine pandémie. Celle-ci a permis aux 73 pays éligibles, qui le souhaitaient, de suspendre temporairement (jusqu’à fin 2021) les remboursements d’intérêts et de principal sur les prêts bilatéraux du G20.

À la recherche de solutions plus pérennes, le G20 et les 22 membres du Club de Paris ont approuvé en novembre 2020 un nouveau « Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de la DSSI » pour permettre une remise permanente de dette aux pays éligibles. Ce nouveau cadre suppose une adhésion au principe d’égal traitement des créanciers formalisé par le Club de Paris.

Les EMDE pourraient donc être rassurés par la volonté de jure de la Chine de se coordonner avec les autres créanciers mais, de facto, elle a jusqu’il y a peu privilégié une approche unilatérale dans ses restructurations, en ne prenant pas part aux négociations multilatérales organisées par le Club de Paris. De plus, une grande partie des contrats signés avec les créanciers publics chinois contiennent une clause « No Paris Club » visant à garder leurs dettes hors des restructurations collectives pour obtenir un remboursement préférentiel par rapport aux autres créanciers.

Le durcissement toujours en cours de la politique monétaire dans les pays avancés et les mauvaises perspectives de croissance pour l’économie mondiale font craindre de nouveaux épisodes de « stress » et défauts des EMDE sur leur dette extérieure. La situation pourrait être plus délicate encore dans ces pays si la Chine décidait de poursuivre sa politique de gestion des crises de la dette.

En donnant son accord de principe sur « des pertes » sur ses créances lors de la restructuration de la dette souveraine du Ghana le 17 mai 2023, la Chine a fait un premier pas dans la bonne direction. Mais lors de la décision finale sur la restructuration de la dette souveraine de la Zambie, le 23 juin 2023, après presque trois ans de négociations, elle a à nouveau opté pour sa stratégie antérieure : rééchelonnement avec une période de grâce de 3 ans sur les paiements d’intérêt et extension de la maturité de la dette. Le début d’une nouvelle stratégie, que l’accord de principe pour le Ghana pouvait laisser espérer, reste encore à concrétiser.

Endettement des pays pauvres: la pieuvre chinoise

Endettement des pays pauvres: la pieuvre chinoise

Au cours des deux dernières années, une nouvelle vague de défauts souverains a vu le jour dans les économies émergentes et en développement (Argentine, Biélorussie, Équateur, Ghana, Liban, Sri Lanka, Suriname, Ukraine, Zambie). Avec 25 % des économies émergentes et 60 % des économies en développement surendettées ou présentant un risque élevé de surendettement pour l’année 2022, le risque d’une série de défauts dans les EMDE reste élevé.

par Florian Morvillier
Économiste, CEPII

Erica Perego
Économiste, CEPII dans The Conversation

Le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse des primes de risque sur les dettes souveraines, la réduction des perspectives de croissance mondiale, les tensions géopolitiques inhérentes à la guerre en Ukraine et un niveau d’endettement public élevé constituent autant de vulnérabilités augmentant le risque d’épisodes de tensions sur les dettes souveraines des EMDE.

L’émergence de la Chine comme créancier public de grande envergure constitue une vulnérabilité supplémentaire pour les EMDE. Depuis 2015, la Chine est en effet devenue le principal créancier public des économies émergentes et en développement.

Les prêts de la Chine s’opèrent par l’intermédiaire de différents créanciers, situés directement sous la supervision du conseil d’État chinois, dont les plus importants sont deux banques publiques : la Banque de développement de Chine et la Banque d’export-import de Chine. Ces deux banques ont, entre 2000 et 2017, réalisé à elles seules plus de 70 % des prêts transfrontaliers directs réalisés par la Chine à destination des EMDE dont plus de 90 % à destination d’États souverains ou d’entreprises d’État.

Alors qu’en 2000, la dette publique extérieure des EMDE détenue par les créanciers publics chinois s’élevait à moins d’un milliard de dollars, en 2017 c’est 355 milliards de dollars que les créanciers chinois détenaient.

La politique de gestion des crises de la dette souveraine menée par la Chine dans les EMDE se fonde sur deux stratégies. La première consiste à restructurer la dette de ses débiteurs en la rééchelonnant s’ils sont proches du défaut ou en situation de défaut, tandis que la seconde repose sur l’octroi de « prêts de sauvetage » aux pays débiteurs en situation de grandes difficultés financières. Pour les EMDE, le fort endettement vis-à-vis des créanciers chinois les rend d’autant plus vulnérables que ces deux stratégies n’ont pas pour objectif de réduire le fardeau de leurs dettes.

En effet, les créanciers publics chinois ont, sur la période 2000-2019, restructuré la dette publique extérieure de leurs débiteurs en recourant majoritairement, dans 92 % des cas, au rééchelonnement par extension de la maturité de la dette et/ou suspension temporaire des paiements (graphique 2).

Une politique similaire à celle suivie par le Club de Paris (groupe informel composé de 22 pays créanciers) sur la période 1970-1999 quand la quasi-intégralité des allègements de dette consistait en un rééchelonnement ayant pour objectif de garantir la valeur faciale des créances détenues plutôt que restaurer la soutenabilité de la dette publique de ses débiteurs.

Ensuite, au cours des années 2000, le Club de Paris, ayant la volonté de restaurer la soutenabilité de ses débiteurs, a favorisé les rééchelonnements accompagnés d’une réduction de la valeur faciale de la dette (« haircut »), dans environ 70 % des restructurations. Une telle stratégie est plus favorable pour les économies en situation de défaut car, dans les années qui suivent, cette politique se traduit par une croissance économique plus élevée, une amélioration de la notation de crédit et une réduction de la pauvreté et des inégalités, contrairement à une politique se fondant uniquement sur un rééchelonnement qui ne réduit pas le fardeau de la dette.

En revanche, pour les EMDE fortement endettées vis-à-vis de l’empire du Milieu et qui font face à des épisodes de « stress » sur leur dette, la Chine leur vient en aide en leur fournissant des « prêts de secours » afin d’éviter un défaut de paiement imminent. Du fait de leurs très courtes maturités, ces prêts sont très fréquemment réitérés ce qui se solde par un allongement de la dette.

Ces prêts sont également octroyés à des taux d’intérêt considérablement élevés par rapport à ceux pratiqués par les créanciers multilatéraux comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale : en moyenne 5 %, un taux presque deux fois plus élevés que celui proposé par le FMI, alourdissant ainsi considérablement le fardeau des dettes. Ces renflouements répétés rappellent les pratiques de « prêts en série » du FMI au cours des dernières décennies et, plus généralement, les restructurations en série et les crédits-relais accordés par les créanciers privés pendant la crise de la dette des années 1980.

La stratégie consistant à procéder à des rééchelonnements de dette concerne principalement les économies en développement, tandis que la Chine recourt à l’octroi de prêts de sauvetage surtout dans les économies émergentes. Cette différence d’approche peut s’expliquer, en partie, par le niveau d’exposition différent des créanciers chinois aux emprunteurs souverains dans les deux groupes de pays : seuls 20 % des créances chinoises concernent les pays en développement (donc 80 % pour les pays émergents), ce qui peut expliquer que la Chine recourt pour eux à des rééchelonnements car un défaut de leur part n’a qu’un impact limité sur les bilans des créanciers chinois contrairement à un défaut des économies émergentes.

Au niveau international et face à l’incapacité des EMDE à servir leurs dettes à la suite de la crise sanitaire, une initiative de suspension du service de la dette (DSSI, pour debt service suspension initiative en anglais) avait vu le jour le 15 avril 2020, en pleine pandémie. Celle-ci a permis aux 73 pays éligibles, qui le souhaitaient, de suspendre temporairement (jusqu’à fin 2021) les remboursements d’intérêts et de principal sur les prêts bilatéraux du G20.

À la recherche de solutions plus pérennes, le G20 et les 22 membres du Club de Paris ont approuvé en novembre 2020 un nouveau « Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de la DSSI » pour permettre une remise permanente de dette aux pays éligibles. Ce nouveau cadre suppose une adhésion au principe d’égal traitement des créanciers formalisé par le Club de Paris.

Les EMDE pourraient donc être rassurés par la volonté de jure de la Chine de se coordonner avec les autres créanciers mais, de facto, elle a jusqu’il y a peu privilégié une approche unilatérale dans ses restructurations, en ne prenant pas part aux négociations multilatérales organisées par le Club de Paris. De plus, une grande partie des contrats signés avec les créanciers publics chinois contiennent une clause « No Paris Club » visant à garder leurs dettes hors des restructurations collectives pour obtenir un remboursement préférentiel par rapport aux autres créanciers.

Le durcissement toujours en cours de la politique monétaire dans les pays avancés et les mauvaises perspectives de croissance pour l’économie mondiale font craindre de nouveaux épisodes de « stress » et défauts des EMDE sur leur dette extérieure. La situation pourrait être plus délicate encore dans ces pays si la Chine décidait de poursuivre sa politique de gestion des crises de la dette.

En donnant son accord de principe sur « des pertes » sur ses créances lors de la restructuration de la dette souveraine du Ghana le 17 mai 2023, la Chine a fait un premier pas dans la bonne direction. Mais lors de la décision finale sur la restructuration de la dette souveraine de la Zambie, le 23 juin 2023, après presque trois ans de négociations, elle a à nouveau opté pour sa stratégie antérieure : rééchelonnement avec une période de grâce de 3 ans sur les paiements d’intérêt et extension de la maturité de la dette. Le début d’une nouvelle stratégie, que l’accord de principe pour le Ghana pouvait laisser espérer, reste encore à concrétiser.

Discrètement la pieuvre chinoise avance ses pions dans le monde

Discrètement la pieuvre chinoise avance ses pions dans le monde

Tandis que Poutine multiplie les opérations spectaculaires et les esbroufes médiatiques, la Chine avance à pas feutrés pour étant le champ de son influence partout dans le monde en particulier en Asie mais (aussi ailleurs en particulier en Afrique NDLR).
. Par Emmanuel Véron, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)

Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) tenu à Samarcande (Ouzbékistan) les 15 et 16 septembre aura marqué les esprits pour au moins trois grandes raisons : tout d’abord, parce que chaque sommet international rassemblant plus d’une vingtaine d’États représentant plus de 40 % de la population mondiale est un événement notable ; ensuite, parce que l’OSC prend de plus en plus la forme d’un club de puissances nucléaires non occidentales (Chine, Russie, Inde, Pakistan… et Iran) ; enfin, parce que la réunion qui vient de s’achever, organisée en plein recul de l’armée russe en Ukraine, a mis en évidence la perte d’influence de Moscou au profit de la Chine dans cet immense espace eurasiatique.

Précisons d’abord ce que l’OCS n’est pas : contrairement à ce que l’on entend parfois, ce n’est ni une alliance, ni une « OTAN eurasiatique », ni une sorte de « G20 bis ». Cette organisation, encore trop méconnue en Occident, est le produit de la recomposition de l’ordre international consécutive à l’implosion de l’URSS et de la volonté de Pékin d’affirmer son influence dans son pourtour asiatique.

Une première réunion a lieu en 1996 à Shanghai, entre la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizistan – d’où le nom initial de « Groupe de Shanghai ». Petit à petit, Pékin va institutionnaliser cette plate-forme régionale, qui devient l’OCS en 2001, intégrant au passage l’Ouzbékistan. L’Organisation va organiser annuellement des sommets consacrés aux questions sécuritaires et économiques et, ces dernières années, s’ouvrir à de nouveaux membres. Les six pays fondateurs de 2001 sont rejoints par l’Inde et le Pakistan en 2017, puis par l’Iran en 2021.
Depuis l’ère Deng Xiaoping (1978-1989), l’appareil du Parti-État met en œuvre une « diplomatie multilatérale » (duobian waijiao) qui a pour ambition première de remodeler les routes commerciales eurasiatiques au départ de la Chine en connectant l’Asie centrale, la Russie et l’Europe.

Plusieurs leviers institutionnels y pourvoient, et notamment l’OCS. Initiée par Pékin et Moscou afin de stabiliser et de limiter l’influence occidentale en Asie centrale, l’OCS est un outil diplomatique pleinement investi par Pékin comme espace de dialogue et d’influence, de commerce et de coopération militaire. C’est ainsi qu’en 2017, la Chine a favorisé l’entrée du Pakistan dans l’OCS pour faire contrepoids à l’entrée de l’Inde, soutenue quant à elle par la Russie. Enfin, après plusieurs années de discussions, l’Iran est devenu membre en 2021.
L’OCS, dont le siège est à Pékin, a donc évolué avec les années, mais demeure fermée à l’Occident et au Japon. Elle rassemble ainsi aujourd’hui l’ensemble des puissances nucléaires non occidentales (Israël et Corée du Nord à part).

La gouvernance de l’Organisation s’articule, on l’a dit, autour de réunions étatiques annuelles dans les pays membres (la prochaine devrait avoir lieu en Inde), mais aussi de diverses réunions ministérielles fonctionnelles (sécurité, économie, finance, éducation, etc.). Pékin a toujours privilégié un organigramme de gouvernance chinois ou sinisant. Actuellement, le secrétaire général, Zhang Ming, est chinois et, parmi ses adjoints, on retrouve un Kazakhstanais, Yerik Sarsebek Ashimov, et un Russe, Grigori Logvinov. Tous sont diplomates de carrière, à la fois sinophones et russophones.

Le président chinois, Xi Jinping, s’est rendu à Samarcande pour le sommet de l’OCS 2022. Quelques jours plus tôt, il a effectué une courte visite d’État au Kazakhstan, voisin d’importance majeure dans la politique régionale de Pékin (par ses exportations de ressources fossiles et de minerais).
Ces deux visites, et spécialement celle de Samarcande, sont cruciales pour comprendre les priorités actuelles de Xi Jinping, qui n’était plus sorti de Chine depuis la fin de l’année 2019. Elles interviennent en effet dans un contexte international rendu particulièrement tendu par la guerre en Ukraine et la dégradation notable des relations entre la Chine et l’Occident ; de plus, elles se situent à la veille du 20ᵉ Congrès du PCC (16 octobre 2022).

À Samarcande, Xi Jinping a déclaré que l’OCS devait « renforcer la coopération et promouvoir la construction d’une communauté de destin plus étroite ».
Pas de grandes surprises dans le déclaratif du président chinois, mais une occasion majeure de mettre en avant des éléments de langage, en amont de l’institutionnalisation de son maintien au pouvoir ad vitam aeternam qui doit intervenir lors du 20e Congrès. La presse chinoise a beaucoup insisté sur la réussite de ce sommet et sur les diverses rencontres auxquelles Xi Jiping a participé, plutôt que la question bilatérale sino-russe.

Malgré des résultats économiques de moins en moins mirifiques (ralentissement structurel, pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine et intensification des tensions avec les États-Unis), Pékin continue de susciter des volontés de partenariats, d’autant plus que l’influence de Moscou semble reculer nettement dans le grand espace post-soviétique.
Pour l’ensemble des pays de la zone (l’Inde exceptée), c’est la Chine qui est le premier partenaire économique, d’intérêt diplomatique et, de plus en plus, sécuritaire. Aussi furent évoqués les grands projets d’infrastructures et de connectivité dans le cadre des « Nouvelles routes de la soie » – un projet bien à la peine, notamment du fait de l’endettement, de la corruption et du manque de liquidité des opérateurs chinois, ces derniers étant très touchés par la guerre en Ukraine. Les segments ferroviaires et routiers (Ukraine, Russie, Biélorussie) de ces nouvelles routes sont tous à l’arrêt. Les projets de désenclavement de l’Afghanistan ont également été abordés, mais avant tout via un axe à travers les pays d’Asie centrale évitant la Russie…
Plus généralement, le sommet a permis l’affichage du poids de la Chine dans la région. Des rencontres bilatérales successives (avec Poutine, mais aussi l’Iranien Raïssi, Erdogan et le Pakistanais Sharif notamment) ont été tenues avec les dirigeants des divers pays membres, Narendra Modi à part. L’OCS permet à Pékin d’asseoir son influence régionale sans entrave majeure, l’objectif étant de devenir LA puissance de référence et organiser un « pourtour de vassalité » dans la zone.

Exemple éclatant des dynamiques non occidentales des relations internationales, l’OCS constitue un espace singulier dans lequel des puissances rivales et partenaires se retrouvent afin d’établir leur feuille de route diplomatique sans en référer aux Occidentaux.
Attirés par le poids de Pékin dans la région, les pays de la zone souhaitent courtiser la deuxième puissance mondiale et, en même temps, se défaire de l’influence russe. Nombreux sont les États souhaitant intégrer l’OCS sous l’un des trois statuts (membre, partenaire de dialogue ou observateur) : Arabie saoudite, Turquie, Égypte, Émirats arabes Unis, Birmanie, Maldives…
La présence de l’Inde montre tout l’intérêt que l’OCS recèle pour ses membres. Narendra Modi compose au sein de l’OCS à la fois avec le rival stratégique durable chinois et avec l’ennemi pakistanais, tout en gagnant en influence en Asie centrale et au Moyen-Orient et en participant « aux schémas Indopacifiques » alors que ses relations avec la Russie n’ont pas été dégradées par la guerre en Ukraine.
Par ailleurs, l’OCS, sensible au contexte international immédiat, a fait du président turc Recep Tayyip Erdogan (par ailleurs membre de l’OTAN…) et de son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev, deux invités attendus et visibles.

La guerre et l’instabilité intérieure marquent toutes deux la plupart des États présents : outre la guerre ouverte en Ukraine, on a assisté, tout récemment, à la ré-intensification des conflits entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et entre le Tadjikistan et le Kirghizstan, et à une révolte importante en Iran…
Tous ces soubresauts sont le signe, d’une part, de l’affaiblissement de Moscou, traditionnel acteur d’influence du Caucase et de l’Asie centrale, et d’autre part de la recomposition post-impériale des ambitions des pôles régionaux de puissance (Turquie, Iran, Inde, Chine, etc.). Si l’OCS est un outil d’influence de Xi Jinping, les convulsions internes (y compris la question de l’Afghanistan et des talibans) demeurent. Et n’oublions pas que les États d’Asie centrale, au cœur de toutes les problématiques, sont demandeurs de plus d’échanges avec l’Europe.
_______
Par Emmanuel Véron, Enseignant-chercheur – Ecole navale, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

La pieuvre chinoise , Jusqu’où ?

La pieuvre chinoise , Jusqu’où ?

La chercheuse Ni Gao observe, dans une tribune au « Monde », que les investissements chinois à l’étranger, contrariés par la pandémie et les tensions internationales, pourraient se redéployer dans les pays plus proches de la Chine. Mais un déploiement qui pourrait affecter aussi l’Europe surtout depuis qu’un accord de principe a été conclu entre la Chine et l’union européenne sur les investissements réciproques

Tribune.

 

 La Chine est devenue, au cours des dix dernières années, un acteur important des investissements directs étrangers (IDE), c’est-à-dire des investissements destinés à créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger, ou encore à prendre une part significative, voire le contrôle, d’une entreprise étrangère. Fin 2019, plus de 27 500 entreprises chinoises avaient investi dans 188 pays du monde. L’Asie, l’Europe et l’Amérique latine sont les destinations principales de ces investissements. Les secteurs comme la finance, l’industrie manufacturière, la vente en gros et au détail et les services aux entreprises représentaient plus de 70 % de l’ensemble de ces investissements, avec la création de 44 000 entreprises à l’étranger.

La recherche de ressources, de marchés et de gains de productivité sont les trois motivations principales des IDE des pays développés dans les pays en développement. Les entreprises occidentales ont généralement des avantages monopolistiques ou spécifiques qui leur permettent de maintenir leur compétitivité sur le marché international. En revanche, les entreprises des pays émergents comme la Chine ne possèdent pas, pour la plupart d’entre elles, ces types d’avantages lorsqu’elles souhaitent se développer à l’étranger. Elles utilisent donc l’expansion internationale comme un moyen d’accéder à des ressources qui seraient inaccessibles autrement.

Elles cherchent en particulier une mise à niveau de leur technologie à travers le processus d’internationalisation. Un nombre important d’IDE chinois en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord est réalisé dans ce but. L’amélioration des compétences est leur objectif sur le long terme, et la fusion-acquisition est le mode d’entrée privilégié des entreprises chinoises. Cela leur permet d’accéder rapidement au marché local et d’élargir leurs parts de marché à l’international, tout en utilisant une multitude de ressources existantes dans l’entreprise cible, telles que leurs réseaux de vente, les brevets, les technologies ou encore les marques.

Nouvel ordre économique

La recherche de nouveaux marchés est également une motivation importante pour les entreprises chinoises. Elles ont adopté une stratégie de proximité, en privilégiant les manageurs locaux dans des pays de culture différente, afin de s’adapter aux besoins des consommateurs. En 2019, les entreprises chinoises travaillaient avec plus de 2,266 millions d’employés non chinois à l’international, soit 60,5 % du nombre total d’employés des entreprises chinoises à l’international.

La pieuvre chinoise va continuer de se déployer y compris en Europe

 

La chercheuse Ni Gao observe, dans une tribune au « Monde », que les investissements chinois à l’étranger, contrariés par la pandémie et les tensions internationales, pourraient se redéployer dans les pays plus proches de la Chine. Mais un déploiement qui pourrait affecter aussi l’Europe surtout depuis qu’un accord de principe a été conclu entre la Chine et l’union européenne sur les investissements réciproques

Tribune.

 

 La Chine est devenue, au cours des dix dernières années, un acteur important des investissements directs étrangers (IDE), c’est-à-dire des investissements destinés à créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger, ou encore à prendre une part significative, voire le contrôle, d’une entreprise étrangère. Fin 2019, plus de 27 500 entreprises chinoises avaient investi dans 188 pays du monde. L’Asie, l’Europe et l’Amérique latine sont les destinations principales de ces investissements. Les secteurs comme la finance, l’industrie manufacturière, la vente en gros et au détail et les services aux entreprises représentaient plus de 70 % de l’ensemble de ces investissements, avec la création de 44 000 entreprises à l’étranger.

La recherche de ressources, de marchés et de gains de productivité sont les trois motivations principales des IDE des pays développés dans les pays en développement. Les entreprises occidentales ont généralement des avantages monopolistiques ou spécifiques qui leur permettent de maintenir leur compétitivité sur le marché international. En revanche, les entreprises des pays émergents comme la Chine ne possèdent pas, pour la plupart d’entre elles, ces types d’avantages lorsqu’elles souhaitent se développer à l’étranger. Elles utilisent donc l’expansion internationale comme un moyen d’accéder à des ressources qui seraient inaccessibles autrement.

Elles cherchent en particulier une mise à niveau de leur technologie à travers le processus d’internationalisation. Un nombre important d’IDE chinois en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord est réalisé dans ce but. L’amélioration des compétences est leur objectif sur le long terme, et la fusion-acquisition est le mode d’entrée privilégié des entreprises chinoises. Cela leur permet d’accéder rapidement au marché local et d’élargir leurs parts de marché à l’international, tout en utilisant une multitude de ressources existantes dans l’entreprise cible, telles que leurs réseaux de vente, les brevets, les technologies ou encore les marques.

Nouvel ordre économique

La recherche de nouveaux marchés est également une motivation importante pour les entreprises chinoises. Elles ont adopté une stratégie de proximité, en privilégiant les manageurs locaux dans des pays de culture différente, afin de s’adapter aux besoins des consommateurs. En 2019, les entreprises chinoises travaillaient avec plus de 2,266 millions d’employés non chinois à l’international, soit 60,5 % du nombre total d’employés des entreprises chinoises à l’international.

 

 

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

 

 

Il est clair qu’Amazon  (capitalisation supérieure à 300 milliards !) et d’autres plates-formes du même type ont trouvé la martingale pour réaliser des profits exorbitants. L’idée n’est pas nouvelle. Au lieu de produire,  on se contente de commercialiser la production des autres en écrasant le prix d’achat ces produits (et certains experts de s’extasier devant cette »innovation majeure !). . On sait bien que ce n’est pas le travail de production qui est le plus rémunérateur mais sa commercialisation. Du coup,  de plus en plus de petits malins s’infiltrent  dans le processus de commercialisation avec pour objectif de mettre en place une intermédiation obligatoire et à caractère dominant. On objectera que les professions et les entreprises n’ont sans doute pas été assez attentives aux phénomènes de développement de la vente par Internet. Pour autant cela ne saurait  justifier les abus de domination et d’exploitation des plates-formes de distribution vis-à-vis des fournisseurs. D’une certaine manière,  ces fournisseurs maintenant sont en posture de sous-traitance de ces plates-formes. Un procédé utilisé depuis longtemps par la grande distribution mais cette fois réalisée au plan mondial. Non seulement Amazon écrase ses fournisseurs au plan tarifaire mais transfère sur eux nombreux de charges qui devraient incomber au distributeur. La force d’Amazon c’est évidemment de disposer d’une cible de 3,5 millions de visiteurs par jour. De quoi peser de manière monopolistique sur les vrais créateurs de biens. Plus de 10 000 entreprises françaises sont inscrites comme fournisseurs d’Amazon. Les plus de 10.000 entreprises hexagonales inscrites sur le site sont soumises à plusieurs clauses qui peuvent parfois les pousser à la faillite : modifications de contrat unilatérales, prise en charge de tous les problèmes de livraison et possibilité pour Amazon de suspendre le contrat à tout moment.  En France, Amazon est le leader des plateformes de e-commerce dans presque tous les domaines. Le dernier baromètre Médiamétrie classe le site en tête pour la mode, les produits culturels, l’électronique, l’électroménager, mais aussi les meubles et la décoration. Le pire c’est qu’Amazon est capable de déceler les produits les plus vendus pour leur substituer des produits de sa propre marque (ou de marques concurrentes).

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

Amazon : la pieuvre qui va tuer l’économie française

 

 

Il est clair qu’Amazon  (capitalisation supérieure à 300 milliards !)e t d’autres plates-formes du même type ont trouvé la martingale pour réaliser des profits exorbitants. L’idée n’est pas nouvelle. Au lieu de produire on se contente de commercialiser la production des autres en écrasant le prix d’achat ces produits. On sait bien que ce n’est pas le travail de production qui est le plus rémunérateur mais sa commercialisation. Du coup,  de plus en plus de petits malins s’infiltrent  dans le processus de commercialisation avec pour objectif de mettre en place une intermédiation obligatoire et à caractère dominant. On objectera que les professions et les entreprises n’ont sans doute pas été assez attentives aux phénomènes de développement de la vente par Internet. Pour autant cela ne saurait  justifier les abus de domination et d’exploitation des plates-formes de distribution vis-à-vis des fournisseurs. D’une certaine manière,  ces fournisseurs maintenant sont en posture de sous-traitance de ces plates-formes. Un procédé utilisé depuis longtemps par la grande distribution mais cette fois réalisée au plan mondial. Non seulement Amazon écrase ses fournisseurs au plan tarifaire mais transfère sur eux nombreux de charges qui devraient incomber au distributeur. La force d’Amazon c’est évidemment de disposer d’une cible de 3,5 millions de visiteurs par jour. De quoi peser de manière monopolistique sur les vrais créateurs de biens. Plus de 10 000 entreprises françaises sont inscrites comme fournisseurs d’Amazon. Les plus de 10.000 entreprises hexagonales inscrites sur le site sont soumises à plusieurs clauses qui peuvent parfois les pousser à la faillite : modifications de contrat unilatérales, prise en charge de tous les problèmes de livraison et possibilité pour Amazon de suspendre le contrat à tout moment.  En France, Amazon est le leader des plateformes de e-commerce dans presque tous les domaines. Le dernier baromètre Médiamétrie classe le site en tête pour la mode, les produits culturels, l’électronique, l’électroménager, mais aussi les meubles et la décoration. Le pire c’est qu’Amazon est capable de déceler les produits les plus vendus pour leur substituer des produits de sa propre marque (ou de marques concurrentes).

 

 

Amazon, la pieuvre, dépasse 1.000 milliards de dollars en Bourse

Amazon, la pieuvre,  dépasse 1.000 milliards de dollars en Bourse

 

Record de capitalisation mais aussi record de profit pour la pieuvre Amazon. Plus de 1000 milliards de capitalisations et le  titre Amazon a gagné 74% depuis le début de l’année, contre 34% pour Apple. Entrée en Bourse le 15 mai 1997, à 1,50 dollar, l’action Amazon avait atteint pour la première fois les 100 dollars le 23 octobre 2009. Il est clair qu’Amazon et d’autres plates-formes du même type ont trouvé la martingale pour réaliser des profits exorbitants. L’idée n’est pas nouvelle. Au lieu de produire, on se contente de commercialiser la production des autres en écrasant le prix d’achat ces produits. On sait bien que ce n’est pas le travail de production qui est le plus rémunérateur mais sa commercialisation. Du coup,  de plus en plus de petits malins s’infiltrent  dans le processus de commercialisation avec pour objectif de mettre en place une intermédiation obligatoire et à caractère dominant. On objectera que les professions et les entreprises n’ont sans doute pas été assez attentives aux phénomènes de développement de la vente par Internet. Pour autant cela ne saurait  justifier les abus de domination et d’exploitation des plates-formes de distribution vis-à-vis des fournisseurs. D’une certaine manière,  ces fournisseurs maintenant sont en posture de sous-traitance de ces plates-formes. Un procédé utilisé depuis longtemps par la grande distribution mais cette fois réalisée au plan mondial. Non seulement Amazon écrase ses fournisseurs au plan tarifaire mais transfère sur eux nombreux de charges qui devraient incomber au distributeur. La force d’Amazon c’est évidemment de disposer d’une cible de 3,5 millions de visiteurs par jour. De quoi peser de manière monopolistique sur les vrais créateurs de biens. Plus de 10 000 entreprises françaises sont inscrites comme fournisseurs d’Amazon. En outre Amazon comme les autres plates-formes informatiques évitent l’impôt en se localisant dans des paradis fiscaux y compris en Europe. Le problème c’est que l’union européenne ne parvient pas à se mettre d’accord imposé fiscalement ces plates-formes. L’Allemagne en particulier s’oppose à une taxation des grandes plates-formes américaines pour ne pas avoir à subir en contrepartie des mesures de rétorsion contre son industrie notamment automobile. De ce faite chaque pays essaye de réagir de manière isolée par exemple la France mais dont l’action paraît assez dérisoire. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes veut infliger une amende de 10 millions à la plate-forme de vente. Le ministère de l’Economie a assigné Amazon en justice pour pratiques abusives du leader mondial du commerce en ligne envers ses fournisseurs français et aurait demandé qu’une amende de dix millions d’euros lui soit infligée, rapporte lundi Le Parisien. Selon le journal, cette plainte été déposée devant le tribunal de commerce de Paris à la suite d’une enquête de deux ans de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur les plates-formes Internet. « La plate-forme impose un rapport déséquilibré avec ses vendeurs », explique Loïc Tanguy, directeur de cabinet de la DGCCRF, cité par le Parisien. Selon le journal, pour vendre sur la plate-forme et profiter de ses 3,5 millions de visiteurs par jour en France, les plus de 10.000 entreprises hexagonales inscrites sur le site sont soumises à plusieurs clauses qui peuvent parfois les pousser à la faillite : modifications de contrat unilatérales, prise en charge de tous les problèmes de livraison et possibilité pour Amazon de suspendre le contrat à tout moment. Un porte-parole de Bercy a confirmé que le ministère avait assigné le groupe en justice, sans plus de précision.

 

 

Amazon : la pieuvre toujours plus puissante et plus riche

Amazon : la pieuvre toujours plus puissante et plus riche

 

De tous les GAFA de toutes, les grandes plateforme américaines ou chinoise, Amazon est peut- être la plus dangereuse car elle ubérise l’économie de tous les pays ; En gros, elle a détourné les catalogue de vente des producteurs et des distributeurs constituant un énorme annuaire de références et en développant des pratiques qui rendent souvent le client captif. Bref une intermédiation de plus en plus obligée. Les chiffes concernant Amazon rendent compte de cette puissance.  Amazon, , a enregistré un bénéfice net record de 2,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, il a réalisé un chiffre d’affaires de 52,9 milliards de dollars (+39%) au deuxième trimestre, pour un bénéfice net record de 2,5 milliards de dollars. C’est presque autant que celui dégagé sur 2017.

C’est douze fois plus que celui dégagé il y a un an à la même période. Et c’est presque autant que celui dégagé sur l’ensemble de l’année dernière. En 2017, son bénéfice net s’élevait à 3 milliards de dollars.

Amazon : la pieuvre qui suce le sang des producteurs

Amazon : la pieuvre qui suce le sang des producteurs

 

 

Tout va bien pour Amazon qui vient d’approcher uen capitalisation boursière de près de1000 milliards. On parle souvent pour Amazon, et autres plateformes, d’innovation technologique fondamentale ; En fait il s’agit seulement d’un positionnement entre producteurs et consommateurs qui se substituent aux anciens distributeurs grâce à une plateforme internet assez banale. L’idée générale c’est bien évidemment qu’on gagne  bien davantage d’argent à vendre les produits des autres en les mettant en concurrence au plan mondial qu’à fabriquer voire à stocker et à distribuer. Bref les plateformes sont des nouveaux marchands du temple qui vont dévorer les systèmes de production en tirant vers le bas les pris d’achat. Et  ce compte là l’industrie française déjà en voie régulière d’extinction et le secteur agricole auront du mal à résister. En outre pour faciliter la venue de ces plateformes , certains dans la grande distribution passent des accords avec ces plateformes mondiales. Le loup qui entre dans la bergerie. Pas étonnant que des batteries de magasins ferment régulièrement leurs portes Fen rance. Conséquence financière,  le titre Amazon, qui a déjà bondi de près de 57% depuis le début de l’année, a ouvert en hausse à Wall Street, permettant au géant du commerce en ligne de franchir le seuil des 900 milliards de dollars (773,5 milliards d’euros) de capitalisation boursière. Il s’est ensuite retourné à la baisse et perdait 0,33% à 1.837,9 dollars à 14h39 GMT, alors que l’indice S&P-500 était globalement stable au même moment (-0,08%). Amazon n’est devancé que par Apple pour le titre de plus grande capitalisation boursière au monde. Le fabricant de l’iPhone, dont le titre abandonne 0,7% à 190,12 dollars, vaut pour sa part près de 935 milliards de dollars.

Terrorisme : la pieuvre islamiste s’étend au Burkina Faso

Terrorisme : la pieuvre islamiste s’étend au Burkina Faso

 

L’attentat inédit qui vient de se produire au Burkina Faso risque de remettre en cause le dispositif militaire Barkhane mis en place par la France pour lutter dans la région contre le terrorisme . C’est en effet la première fois que le Burkina Faso est touché par un attentat islamique revendiqué par Aqmi. La preuve que la pieuvre islamiste s’étend dans tout le Sahel s’approchant dangereusement de pays de l’Afrique de l’Ouest. Or le dispositif Barkhane comprend seulement 3000 hommes pour couvrir une région encore plus étendue que celle de l’Europe. Un dispositif complètement inadapté. Comment prétendre assurer la sécurité avec 3000 hommes dans une zone qui comprend le Tchad, , le Niger, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso. L’attaque Burkina risque de reposer la question de l’insuffisance des effectifs de l’armée française sur tous les théâtres d’opération. . Cette attaque lancée en début de soirée contre l’hôtel Splendid, un établissement fréquenté par des étrangers situé dans le quartier des affaires de la capitale burkinabè, a été revendiquée par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rapporte l’organisation SITE, spécialisée dans la surveillance des réseaux islamistes. Dans son communiqué, Aqmi précise que l’attentat est l’oeuvre d’une de ses filiales, Al Mourabitoune, un groupe dirigé par le djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar qui avait déjà co-revendiqué le mois dernier l’attaque contre l’hôtel Radisson de Bamako, au Mali.  Le Burkina Faso a connu des moments troublés depuis le renversement, en octobre 2014, du président Blaise Compaoré à l’occasion d’un soulèvement populaire, mais, à la différence du Mali voisin, le pays, dont la population est à 60% musulmane, avait jusqu’à présent été largement épargné par les violences islamistes.




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