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« Il faut faire la centrale nucléaire britannique » (Pierre Gadonneix)

« Il faut faire la centrale nucléaire britannique » (Pierre Gadonneix)

Cri du cœur de l’ancien PDG d’EDF, Pierre Gadonneix: il faut faire la centrale nucléaire britannique. Pas étonnant de la part d’un des représentants du lobby nucléaire. Outre le fait qu’on peut s’interroger plus que sérieusement sur la gestion des risques, on peut être surpris que l’ancien patron d’EDF passe sous silence la situation financière catastrophique de l’entreprise. Un oubli sans doute mais qui témoigne bien de la philosophie de gestion qui a prévalu jusqu’ici à EDF (interviews JDD)

 

 

Pierre Gadonneix

 

Quel hiatus! Quel aveuglement! Je reste stupéfait de la frilosité qui se manifeste à propos des EPR d’Hinkley Point, alors que la France reste en matière d’énergie un exemple mondialement reconnu. Il y a quelques jours encore, j’ai entendu le responsable d’une conférence internationale expliquer que notre politique énergétique historique reste une référence qui a permis de concilier réduction des émissions de C02, indépendance énergétique et électricité à bas prix. Au début des années 2000, j’ai reçu le témoignage d’admiration du Premier ministre chinois envers la France qui avait su construire plus de 58 tranches en quinze ans, soit le double de ce que faisait alors la Chine.

 

« Il y a des risques. Mais ils sont parfaitement maîtrisés »

 

Malgré cela, notre pays ne bruisse que de remises en cause de cette politique et d’incompréhensibles polémiques se focalisent sur Hinkley Point. Ce projet est une preuve de la pertinence de notre modèle et l’opportunité historique de redonner à la filière nucléaire française tous les atouts pour gagner une compétition internationale féroce. Comme tout programme industriel de cette taille, il y a des risques. Mais ils sont parfaitement maîtrisés : ce projet est arrivé à pleine maturité, aux plans financier comme technologique. S’en priver serait un gâchis : si EDF et Areva ne construisent pas Hinkley Point, d’autres le feront, les Coréens peut-être, les Russes sans doute. La filière nucléaire française aurait perdu ses chances de rivaliser au niveau mondial.

Seuls six pays et opérateurs peuvent prétendre développer un modèle nouveau de centrale : la France, les États-Unis, le Japon, la Corée, la Russie et la Chine. Aujourd’hui, la France n’est engagée que dans quatre des 70 réacteurs en construction dans le monde, dont plus de la moitié en Chine, Russie et Inde. Après Flamanville et avant le renouvellement à venir du parc français, Hinkley Point est le seul projet accessible en Europe pour EDF et Areva qui, sans nouveau projet industriel, n’auront plus d’activité de construction d’usines nouvelles pendant plus de dix ans, perdront leurs compétences et cesseront d’attirer les talents.

« Un gâchis inadmissible »

Le gâchis serait d’autant plus inadmissible que tout concourt à soutenir le lancement de ces réacteurs. Le programme technologique est abouti : les équipes d’EDF et d’Areva, fortes de leurs compétences enfin réunies, ont les moyens d’y parvenir dans les meilleures conditions. Les pouvoirs publics soutiennent activement le projet, et c’est essentiel puisque son financement passe nécessairement par l’engagement de l’État. Les investissements lourds que doit mettre en œuvre EDF impliquent une visibilité à moyen terme que seule la puissance publique peut assurer à travers la régulation et des contributions financières partagées. Les gouvernements britanniques successifs ont le courage de s’engager à long terme sur des tarifs économiquement sains. La Commission européenne vient de donner son feu vert… Bref, qu’attend-on pour mettre en œuvre ce projet qui donnera à la filière nucléaire française les clés de l’avenir?

Trop de mal-logés en France (fondation Abbé Pierre)

Trop de mal-logés en France (fondation Abbé Pierre)

 

C’est le paradoxe, le secteur du bâtiment et plus généralement l’immobilier connaissent  une crise grave depuis plusieurs années mais dans le même temps le nombre de mal-logés ne cesse d’augmenter. La conséquence bien sûr de la crise mais aussi de l’incohérence de la politique de logement et au-delà de la politique d’urbanisme. Près de 4 millions de personnes sont mal-logés d’après le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre, en outre les personnes sans abri fixe ont progressé de 50 % en une dizaine d’années. Il faut aussi prendre en compte environ 1 million de personnes en situation de surpeuplement compte tenu de l’exiguïté de leur logement. En cause peut-être en premier la politique d’urbanisme qui est centré sur la sur-urbanisation, ce qui mécaniquement fait augmenter le prix du foncier et rend insolvable aussi bien des candidats à l’accession que les candidats à la location. Une problématique de l’aménagement du territoire complètement taboue dans la mesure où le dogme de la métropolisolation triomphe partout. Conséquence on peut acheter par exemple un bien immobilier pour se loger pour 40 000 € en zone rurale isolée quand il faut 400 000 € pour la même surface en région parisienne. On retrouve la même différence entre les prix du loyer : 400 € mensuels en zone rurale et 4000 € à Paris pour 100 m². On pourrait naïvement se demander pourquoi les Français ne logent pas davantage dans  des zones peu urbanisées, la réponse est simple : les emplois sont concentrés dans les villes et même essentiellement dans les très grandes villes. (Les villes moyennes voient aussi leurs emplois disparaître progressivement). Enfin François Hollande avait promis de construire 500 000 logements neufs par an, o on ne peut même pas atteindre le chiffre de 400 000 ! D’après le rapport de la fondation Abbé Pierre Au total, 3,8 millions de personnes sont mal-logées et 12,1 millions de personnes sont « fragilisées », soit « 15 millions de personnes touchées, avec une intensité diverse, par la crise du logement », a souligné Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, lors d’une conférence de presse. Chiffre marquant, le nombre de sans-abri qui a bondi de 50% entre 2001 et 2012 : 141.500 personnes se retrouvent à la rue, à l’hôtel, sous un abri de fortune ou en centre d’hébergement. En outre, près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions très difficiles, dont 2,1 millions ne possèdent pas d’eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou vivent dans un immeuble à la façade très dégradée. Et 934.000 personnes vivent en « surpeuplement accentué », c’est-à-dire qu’il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement (+17% entre 2006 et 2013).

« Le ni-ni c’est l’âge de pierre » et de Nicolas ? ( Estrosi)

« Le ni-ni c’est l’âge de pierre » et de Nicolas ?  ( Estrosi)

Encore un proche de Sarkozy qui confirme sa prise de distance avec l’ancien président de la république. Il apparaît clairement que le pouvoir de séduction de Sarkozy ne joue plus,  même auprès de ceux qui défendent une certaine ligne identitaire. Il y a aussi sans doute la prise de conscience que le clivage récurrent gauche  droite devient de plus en plus obsolète face aux enjeux majeurs que constituent  d’une part le chômage d’autre part le terrorisme. Dit autrement les positions très clivantes  de Sarkozy  passent  de moins en moins auprès des anciens dirigeants de l’UMP y comprit ses anciens ministres d’ailleurs la plupart absents de la nouvelle direction des républicains. Au-delà des convictions peut-être y a-t-il aussi quelques préoccupations opportunistes chez ce qu’il a ce Sarkozy et qui s’en que Juppé pourrait triompher de la primaire à droite (Interview JDD)

 

(Etes-vous favorable à la déchéance de nationalité pour les binationaux?
Je n’ai pas de raison de voter aujourd’hui contre une disposition que j’approuvais avec mes collègues, debout, au Congrès. En politique, il faut de la constance. Mais parce que je ne vois pas au nom de quoi un Français ne disposant que de la nationalité française qui trahit son pays ne serait pas lui aussi déchu de sa nationalité, je suis pour la déchéance pour tous, pour tous les traîtres. Quand on est un traître à sa patrie, on est un traître à sa patrie, qu’on ait la binationalité ou pas. Cela créera des apatrides? J’en prends le risque. Un homme qui aurait tiré au Bataclan pourrait, après avoir purgé sa peine dans trente ans, se voir redonner ses droits? Il pourrait devenir maire ou député? Eh bien non. Quand on a trahi son pays, on n’est plus français.

Contre le terrorisme, les mesures prises par le gouvernement sont-elles suffisantes?

 
Les mesures proposées ­aujourd’hui sont celles que je défendais il y a un an. Il n’y avait alors pas de mots assez sévères pour me les reprocher… Mais je souhaite que nous allions plus loin. Je veux être sûr qu’on prononce l’expulsion des imams étrangers qui prêchent contre la République, que soient fermés sans délai les centres islamistes où on prêche la haine, qu’on interdise le financement étranger des lieux de culte, qu’on mette sous contrôle par tous moyens – bracelet électronique, assignation à résidence ou rétention administrative – les personnes fichées, qu’on réprime la consultation de sites faisant l’apologie du terrorisme, qu’on exclue des réductions de peine les auteurs d’actes terroristes. «Je compte ne pas rester absent de cette primaire. Je n’y serai pas candidat mais j’y participerai en faisant valoir mes idées»

Vous avez pris vos distances avec Nicolas Sarkozy. Pourriez-vous malgré tout voter pour lui à la primaire de novembre?

. Le discours sur le « ni-ni », ça remonte à l’âge de pierre. Le second tour de la présidentielle se jouera entre notre candidat – ou celui de la gauche -, et un Le Pen. Il se jouera donc exactement dans la même configuration que celle que j’ai vécue en Paca. Aujourd’hui, je suis simplement un homme libre qui, le moment venu, fera son choix. Je compte ne pas rester absent de cette primaire. Je n’y serai pas candidat mais j’y participerai en faisant valoir mes idées et mes valeurs gaullistes. Pendant six mois, je vais expérimenter un certain nombre de choses à l’échelle d’un territoire de 5 millions d’habitants, sur l’économie, la formation, l’emploi ou la sécurité. Le moment venu, je veillerai, si les résultats sont, comme je l’espère, au rendez-vous, à ce que ces actions soient reprises et portées dans le débat de la primaire.

Diriez-vous, comme Nicolas Sarkozy entre les deux tours des régionales, que le vote FN n’est « pas immoral »?

 
Je dis que le FN est immoral. C’est la politique économique et sociale du gouvernement qui a exaspéré les Français avec, par exemple, la fiscalité, le chômage ou la montée de l’insécurité, et qui a participé à la montée du FN. Nous avons le devoir de réhabiliter la politique à leurs yeux. Il faut leur montrer qu’on peut vraiment changer les choses. J’y mettrai toute mon énergie à la tête de cette région, pour convaincre que la parole donnée peut se transformer en parole tenue. Et très vite, dans les six mois. Si, comme je l’ai promis, je baisse de 25% les frais de fonctionnement du conseil régional, je redonnerai du crédit à la parole publique. Si, comme je le promets – et je le tiendrai -, on monte dans six mois dans le TER en passant un portique de sécurité et qu’il n’y a plus d’agressions aux heures tardives grâce à la vidéosurveillance, j’aurai fait la démonstration que le vote FN était une impasse. Le FN, je vais le combattre comme je l’ai combattu aux régionales, et je veux que chacun comprenne, chez Les Républicains, que l’adversaire à battre, parce que c’est à lui qu’on sera confronté en 2017, c’est le FN. Ce combat commence aujourd’hui dans chacune de nos régions.

Jusqu’à quel point êtes-vous prêts à travailler avec Manuel Valls et François Hollande pour qu’un pacte anti-chômage voit le jour et échappe au clivage gauche-droite ?

 
Les régions ont entre leurs mains une enveloppe de 26 milliards d’euros pour la formation. Alors, lorsque j’entends le président de la République dire qu’il va mettre un milliard pour former 500.000 chômeurs, ça ne fait pas très sérieux. Ne trichez pas avec l’emploi, M. le président! Ne faites pas croire que vous allez former 500.000 chômeurs si c’est en réalité pour qu’ils sortent des statistiques en étant orientés vers des impasses. Nous, nous sommes dans la réalité quotidienne du chômage : des drames familiaux, des gens qui souffrent. Entre le discours statisticien national que j’entends, qui ne me donne pas le sentiment de changer d’une année sur l’autre, et la réalité de ce que j’attends du gouvernement – donner aux régions les moyens prévus par la loi Notre pour agir sur l’emploi – il y a une différence. Que l’Etat respecte ses engagements.

« On a fait sérieusement mal à Daech »(Pierre de Villiers)

« On a fait sérieusement mal à Daech »(Pierre de Villiers)

Plusieurs sources semblent confirmer que les dernières frappes françaises ont durement touché l’état islamique dans la zone de RAKKA. Ont été en particulier& des cibles ou se concentrer des pianistes étrangers notamment français ainsi que certains centres de commandement. Dès leur on comprend mieux la violence des nouvelles menaces adressées à la France qui promet un concept en au pays. Une réaction de bête blessée Ce que confirme Le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées françaises dans une interview au JDD.

L’arrivée ce week-end du porte-avions Charles-de-Gaulle au large de la Syrie peut-elle changer la donne dans la guerre contre Daech?
C’est pour moi, en tant que chef d’état-major, une plus-value opérationnelle majeure. D’abord parce que le porte-avions va nous permettre de tripler notre capacité de frappe, avec 38 avions en tout. Ensuite parce que le groupe aéronaval dans son ensemble est une plate-forme inestimable pour nous donner une capacité supplémentaire de renseignement. Enfin, parce que le Charles-de-Gaulle nous conforte dans la coalition dans la mesure où il part aussi pour relever un porte-avions américain dans le Golfe. Cette interopérabilité avec les Américains est cruciale.

Plus de capacité, donc, mais pas de changement de stratégie militaire?
Non, la mission continue. Nos sorties aériennes visent à affaiblir Daech et à relayer des offensives au sol par des troupes locales. Entre dimanche et mardi, nous avons largué une soixantaine de bombes, soit l’équivalent de cinq semaines de frappes dans le cadre de l’opération Chammal. Nos six objectifs étaient des camps d’entraînement ou des centres de commandement. Je pense très franchement que nous leur avons fait sérieusement mal.

Vous le pensez ou vous le savez?
On leur a fait sérieusement mal. Ça se voit au travers nos capacités de renseignement d’origine image, et on peut aussi s’en rendre compte par d’autres moyens de renseignement.

Le président de la République a évoqué devant le Congrès lundi un « pacte de sécurité » qui passe avant « le pacte de stabilité ». Aurez-vous les moyens de mener cette guerre?
Notre costume est taillé au plus juste. Nous faisons face à des menaces et à un ennemi qui s’appelle Daech. Cela me donne une mission, et pour l’exécuter il me faut des moyens. Avec le ministre de la Défense, nous les avons obtenus, et le Président vient même d’annuler la déflation des effectifs jusqu’en 2019. Cette menace a augmenté. Aujourd’hui, 34.000 soldats sont déployés sur le territoire national comme sur les théâtres d’opérations extérieures. On n’a jamais connu cela depuis la fin de la guerre d’Algérie. Tout cela milite pour une réévaluation permanente des moyens en fonction des menaces et des missions. Pour gagner la guerre, il ne faut pas qu’il y ait de grain de sable. Je suis donc vigilant.

France : une croissance médiocre (Pierre Sabatier)

France : une croissance médiocre (Pierre Sabatier)

 

(Pierre Sabatier, président du cabinet de recherche financière PrimeView dans uen interview au Figaro donne son point de vue sur la croissance.

Quelle est la situation de l’économie française ?

Pierre Sabatier:

L’économie française a en réalité mieux résisté que les autres économies européennes à la récession mondiale de 2008-2009 (avec un recul du PIB réel de -2,9% en 2009, contre -5,6% en Allemagne, -5,5% en Italie, -3,3% aux Pays-Bas, -3,6% en Espagne et -4,5% pour la zone euro dans son ensemble). La conséquence est simple: une fois la récession passée, la France a moins rebondi que ses voisins. Aujourd’hui, l’économie hexagonale se trouve au milieu du gué, puisqu’elle a certes dépassé son niveau d’avant crise (PIB nominal supérieur de 8,7% au-dessus de son dernier point haut), mais reste loin des grands pays industrialisés (les PIB nominaux de l’Allemagne et des Etats-Unis sont supérieurs respectivement de 16% et de 20% au-dessus de leur niveau d’avant crise) tout en se trouvant en meilleure posture que l’Italie ou l’Espagne (dont les PIB sont respectivement inférieurs de 1% et de 3% en-dessous de leur niveau d’avant crise).

Pourquoi la médiocrité de la croissance

Pierre Sabatier

On  peut dire que l’économie française évolue à un rythme relativement médiocre et légèrement en deçà de son potentiel. Cela étant dit, il est vrai que le gouvernement actuel a, surtout dans sa première période d’exercice, fait preuve d’une grande maladresse en provoquant une crainte des entreprises (second contributeur à la croissance en représentant 20% du PIB) et surtout des ménages (premier contributeur à la croissance en représentant 55% du PIB). Cette situation les a incités à rester prudents, ce qui s’est traduit par le fait de repousser leurs investissements et leur consommation, entraînant par là-même une reprise moins intense de l’économie que chez nos voisins. En d’autres termes, la population française semble, plus qu’ailleurs, douter de la capacité des autorités hexagonales à mettre les agents privés (ménages et entreprises) dans les meilleures conditions possibles pour investir et consommer, dans un environnement structurellement moins favorable que lors des années 1980-2010.

Quelle crédibilité des prévisions gouvernementales ?

Pierre Sabatier:

Les prévisions en économie, en particulier lorsqu’elles sont réalisées par un gouvernement, sont un mélange de réalisme (exercice toutefois difficile car prédictif et sensible au comportement des agents privés que sont les entreprises et les ménages) et de volontarisme (optimisme pour peser positivement sur les comportements de ces mêmes agents privés en les poussant à investir et consommer). Le problème, c’est que les autorités ont fini par se décrédibiliser au cours des dernières années en anticipant des croissances jamais atteintes… Cette année est quelque peu différente: en annonçant +1%, le gouvernement a fait preuve de prudence, sans doute pour pouvoir dire «a posteriori» que son anticipation a été atteinte et qu’il a donc rempli les objectifs fixés. «Nous pourrions continuer à assister, contre toute attente, à la poursuite du marasme économique en même temps qu’à la hausse des marchés actions, avec comme conséquence le gonflement d’une nouvelle bulle»

 

Quelle évolution des marchés boursiers

Pierre Sabatier:

 

La valorisation des marchés boursiers est aujourd’hui (et cela depuis plusieurs années désormais) tout à fait déconnectée de la réalité des économies concernées, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, notamment en raison de politiques monétaires au niveau mondial démesurément favorables à ces derniers. L’Europe n’échappe pas à la donne, avec une politique de création monétaire extrêmement agressive mise en place par la Banque Centrale Européenne depuis quelques mois, et qui devrait soutenir les marchés actions européens, français y compris. Nous pourrions donc continuer à assister, contre toute attente, à la poursuite du marasme économique en même temps qu’à la hausse des marchés actions, avec comme conséquence le gonflement d’une nouvelle bulle risquant d’éclater au moment où les politiques monétaires deviendront moins accommodantes.

Réforme du permis de conduire « de la stupidité » (Pierre Chasseray)

Réforme du permis de conduire «  de la stupidité » (Pierre Chasseray)

 

La stupidité de la réforme Taubira est confirmée par le responsable de l’association 40 millions d’automobilistes (pourtant d’habitude assez poujadiste). Une réforme contestée par beaucoup. Et qui ignore sans doute qu’il y a un minimum d’un million d’automobilistes  sans permis et sans assurance. Un chiffre sans doute déjà sous-évalué car par définition il est  difficile de mesurer ceux qui sont en infraction dans ce domaine. Reste que ceux qui sont sans permis sont potentiellement dangereux pour la plupart. Pour alléger la bureaucratie des tribunaux il y a sans doute bien d’autres champs qu’il faudrait dépénaliser sans parler d’une réforme plus globale de la justice. Sans permis de conduire, on risque aujourd’hui un an de prison et 15.000€ d’amende. Demain, pour les non récidivistes, cela coûtera 500€. Cette idée, proposée par Christiane Taubira, fait bondir les défenseurs de la sécurité routière, à la veille du grand chassé-croisé sur les routes des vacances.  Pierre Chasseray, est délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes. Invité de Florence Cohen sur RTL, il considère que cette réforme est dangereuse : « C’est une incitation à l’incivilité, à se passer de permis de conduire, à se passer d’assurance », estime-t-il. « Et quand on connait véritablement les conséquences de cela, il y a de quoi s’interroger. » Le délégué général a même dénoncé autour de cette réforme ce qu’il appelle « de la stupidité » : « J’ai l’impression que Christiane Taubira a vraiment besoin de se reposer, elle a vraiment besoin de vacances, parce que là, clairement, ça s’assimile uniquement à de la stupidité. C’est un très très mauvais signal que l’on envoie« , a-t-il martelé, rappelant qu’il y a « des dynamiques de sécurité routière en France, des politiques de sécurité routière et qu’on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. » La Garde des Sceaux ne semble pas elle-même convaincue par cette proposition. Elle s’est déclarée prête à y renoncer, si la société ne l’acceptait pas. 

Pierre Gattaz : de 1 millions d’emplois …..à 12

Pierre Gattaz : de 1 millions d’emplois …..à 12

 

Pierre Gattaz cherche 12 candidats pour 12 emplois  dans son usine du Jura. On est loin des 1 million d’emplois qu’il avait promis au nom du MEDEF pour la France ! En fait un slogan dépourvu de tout sens qui ne pouvait engager que ceux qui pouvaient y croire. La preuve, le chômage ne cesse de s’aggraver. La faute évidemment à l’absence de croissance, à de carnets de commandes insuffisamment garnis et derrière à une fiscalité et une bureaucratie qui tuent la compétitivité et l’emploi. De toute manière le slogan était ridicule. Démagogique aussi. Annoncer uen tel chiffre de création d’emplois n’a aucun sens économique. Et cela au contraire discrédite  les arguments économiques et fiscaux du patronat. On se demande par ailleurs pourquoi Gattaz a rendu public son besoin de 12 candidats dans le Jura. Pour accréditer la thèse que nombre d’emplois ne sont pas pourvus en France ? Ce qui est faux car selon des chiffres très approximatifs il y aurait que de l’ordre de 250 000 emplois non pourvus ( sur 5 millions officiels de chômeurs)  ceste à dire le flux classique dû à la mobilité. L’exemple du Jura est vraiment mal choisi car si les candidats manquent dans le Jura c’est que les personnels qualifiés préfèrent travailler en Suisse où ils sont payés le double.   Portant toujours son pin’s « 1 million d’emplois » au revers de sa veste, le président du Medef ne craint pas le ridicule. Pierre Gattaz cherche donc toujours 12 personnes, des régleurs et opérateurs, pour son usine du Jura.   »Les meilleurs décolleteurs sont partis en Suisse », déplore-t-il naïvement . Gattaz indique par ailleurs que son entreprise pourrait utiliser la mesure fiscale du gouvernement visant à alléger la facture fiscale sur les investissements. Et il versera « deux à trois mois d’intéressement » à ses salariés cette année.

« Les nouveaux programmes reflètent la crise »( Pierre Nora )

« Les nouveaux programmes reflètent la crise »( Pierre Nora )

Dans uen interview au JDD,Pierre Nora fait part de ses inquiétudes sur les nouveaux programmes d’histoire.

Les nouveaux programmes d’histoire soulèvent des polémiques. Y a-t-il des raisons de s’inquiéter?
Ces programmes portent à l’évidence la marque de l’époque: une forme de culpabilité nationale qui fait la part belle à l’Islam, aux traites négrières, à l’esclavage et qui tend à réinterpréter l’ensemble du développement de l’Occident et de la France à travers le prisme du colonialisme et de ses crimes. Faire de l’humanisme et des Lumières un thème facultatif, alors qu’il est central, est à cet égard très significatif. Du coup, les critiques les plus violentes viennent des tenants de ce que l’on appelle le « roman national ». Et pourtant le récit historique, presque mythologique, destiné à former naguère des citoyens et des soldats ne tient plus.

 La ministre taxe les détracteurs de « pseudo-intellectuels »…
Je lui laisse la responsabilité de pareilles expressions…

Certains estiment que les nouveaux programmes privilégient l’étude de l’Islam –obligatoire en cinquième– au détriment de la chrétienté…
Ces reproches sont abusifs. Les élèves apprennent chronologiquement le judaïsme et le christianisme en sixième, en étudiant l’Antiquité. Et ils enchaînent avec l’Islam et le début du Moyen Âge en cinquième. La place des différentes religions ne change pas par rapport à 2008. Ce que je reproche aux nouveaux programmes est bien plus grave…

Que reprochez-vous à ces programmes?
L’ensemble manque de cohérence. Il aurait fallu une déclaration d’orientation intellectuelle et politique nette et claire. Les programmes ont une bonne inspiration : le retour à la chronologie, mais à l’intérieur d’une mosaïque de thèmes, qui ne forment pas une unité dynamique. Je ne jette pas la pierre au Conseil supérieur des programmes. Cette absence d’orientation reflète la crise identitaire que traverse la France, une des plus graves de son histoire. C’est l’expression d’une France fatiguée d’être elle-même, d’un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d’où il vient.

 

La mafia des élites (Pierre Stehlin, avocat)

La mafia des élites  (Pierre Stehlin, avocat)

Dans son livre au titre provocateur paru récemment, « Lettre ouverte à ceux qui nous gouvernent et nous prennent pour des c… », (Le Passeur-Editeur, 15,90 euros) l’auteur, authentique libéral, critique pêle-mêle, une société de plus en  plus individualiste, des classes sociales de plus en plus étrangères l’une à l’autre, l’appât du gain comme unique motivation, une centralisation des pouvoirs, un risque de désintégration sociale et un manque de projet collectif…  Qui ne  souscrirait à un tel constat ? Pas un seul élu de la République. Pas un seul grand patron. Pas un seul professeur d’université. Pas davantage un haut fonctionnaire qui graviterait du côté de Bercy… Bref, à en croire Stehlin, notre société serait sclérosée, incapable de se réformer parce qu’en butte aux corporatismes de toutes sortes. Il n’a pas tort. Ce qui lui fait écrire que nous serions en 1788. Ainsi donc, surprise, notre avocat rejoindrait dans son analyse Jean-Luc Mélenchon le leader du Front de gauche ! C’est vrai. Mais c’est le seul point commun entre les deux hommes. Car l’avocat Stehlin n’a rien d’un égaré, on l’a compris, qui lorgnerait du côté du marxisme ou du collectivisme. Au contraire. Non, ce qu’il dénonce avant tout, ce sont nos élites… qui se délitent, incapables de choisir le modèle économique dans lequel  nous devrions vivre. Drôle de pays que la France. Alors que pratiquement tous les Etats européens ont opté pour un système libéral, y compris l’Allemagne, la France reste dans l’incertitude. Paralysée qu’elle est par l’opposition récurrente entre la droite et la gauche… Aussi est-ce sans surprise, que depuis des lustres, les majorités parlementaires ne parviennent jamais à appliquer la politique pour laquelle elles ont été élues. Dans l’Hexagone, pragmatisme, connaît pas. A l’inverse de notre voisin d’outre-Rhin, qui parvient à  mener une politique pour le bien commun grâce à un consensus entre le SPD (sociaux –démocrates) et la  CDU (chrétiens-démocrates). Seulement voilà : n’est pas Angela Merkel qui veut. A ce blocage institutionnel très français, s’en ajoute un autre, ontologique à la Vème République, surtout depuis mai 1974, avec l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République : l’exercice monarchique du pouvoir par une caste (dans tous les domaines, Etat, grandes entreprises)  issue tantôt de l’ ENA , de l’Ecole polytechnique – ou les deux à la fois. Sûre d’elle, souvent déconnectée des réalités, on a cru qu’avec Nicolas Sarkozy, elle serait mise sinon sur la touche, tout du moins verrait son aura diminuer. Il n’en a rien été. Elle est même, selon Stehlin, grand admirateur de Tocqueville, revenue en force. Et de citer la promotion Voltaire de l’ENA, à laquelle appartient François Hollande, qui détient un pouvoir considérable dans le pays. Parmi ses membres, figurent Ségolène Royal, Michel Sapin, l’un des plus  vieux amis du président, Henri de Castries (AXA), Jean-Pierre Jouyet, lui aussi complice du président, qui vient de le propulser secrétaire général de l’Elysée, Stanislas de Laboulaye (ex-ambassadeur à Moscou), Pierre-René Lemas, ancien secrétaire général de l’Elysée qui a succédé à Jouyet à la tête de la Caisse des dépôts et consignations… Cette « élitocratie », selon les termes de Stehlin, est unique au monde. Ses membres sont tous du même moule. Tête bien faite. Esprit rapide, souvent brillant. Culture de bon aloi. Et alors ? Souvenons que sous la Vème République, sur les 7 présidents, 3 étaient énarques, (Giscard d’Estaing, Chirac, Hollande) deux étaient avocats (Mitterrand, Sarkozy), un était normalien (Pompidou) et un autre général (de Gaulle)…

( lu dans Atlantico)

 

“Lettre ouverte à ceux qui nous gouvernent et nous prennent pour des c…”, de Marc Pierre Stehlin, éditions Le Passeur (mars 2014)

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