Archive pour le Tag 'Pierre Gattaz'

Pierre Gattaz futur président du Medef

Pierre Gattaz futur président du  Medef

La voie est libre vers la présidence du Medef pour Pierre Gattaz avec le ralliement jeudi de ses deux principaux concurrents, Patrick Bernasconi et Geoffroy Roux de Bézieux, malgré un vote consultatif qui avait placé ce dernier en tête un mois avant l’élection du 3 juillet. « L’équipe que nous constituerons tous les trois s’appuiera sur un conseil exécutif représentatif, notre instance de gouvernance, et sur la mobilisation des branches et des territoires, qui sont les composantes essentielles de notre mouvement », ont déclaré les trois hommes dans un communiqué commun.  L’issue du vote des 561 membres de l’assemblée générale, qui doit déterminer le nom du successeur de Laurence Parisot à la tête de la plus grande organisation patronale de France depuis huit ans, ne fait à présent plus de doute.  M. Gattaz serait épaulé de deux vice-présidents délégués, ses deux ex-concurrents, ont précisé les trois dirigeants qui affirment vouloir un « Medef ouvert, efficace, démocratique, au mode de fonctionnement parfaitement transparent ». Ainsi, Geoffroy Roux de Bézieux deviendrait vice-président délégué et trésorier, en charge de l’économie, de la fiscalité, de l’innovation, et du numérique tandis que Patrick Bernasconi serait vice-président délégué en charge des mandats ainsi que des branches et des territoires.  Le 3 juin, le conseil exécutif avait placé M. Roux de Bézieux, 50 ans, président fondateur du groupe Omea (Virgin Mobile) en tête de ses suffrages, avec 19 voix. M. Gattaz, 53 ans, patron du Groupe des fédérations industrielles (GFI), qui faisait figure de favori, arrivait juste derrière avec 18 voix.  Patrick Bernasconi, considéré comme un ancien proche de la présidente sortante Laurence Parisot, n’avait obtenu que 6 voix.  Le dernier postulant, Hervé Lambel, 48 ans, patron de HLDC, société spécialiste de la production cinématographique et de spectacles vivants, n’avait remporté aucun suffrage. M. Gattaz avait notamment le soutien de la puissante Fédération de la métallurgie (UIMM), de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) et de la Fédération bancaire française (FBF). Denis Kessler, ex-vice-président du Medef, lui a renouvelé son appui jeudi dans un communiqué où il souhaite « plein succès à cette belle équipe d’entrepreneurs ».  A la tête d’une entreprise familiale de technologies de pointe Radiall, devenue une entreprise de taille intermédiaire très exportatrice et fournisseur de groupes tels que Boeing ou Apple, M. Gattaz avait appuyé toute sa campagne sur cet exemple de réussite industrielle. Radiall emploie 2.500 personne, dont un peu plus de la moitié en France.  Il avait été le premier à sortir du bois à la mi-janvier en critiquant la tentative de Mme Parisot d’obtenir un changement des statuts du Medef pour se présenter à un troisième mandat.  Fils d’Yvon Gattaz, l’ancien patron des patrons, président du CNPF, l’ancêtre du Medef de 1981 à 1986, il rejette les craintes exprimées par certains sur sa capacité à maintenir le dialogue social. « Le dialogue social, je le revendique, fortement, hautement, au niveau du terrain en priorité », aime-t-il à répéter.  Il se présente en « candidat du terrain » et « de conquête » et se montre notamment offensif contre les 35 heures qui, disait-il récemment, « nous polluent la vie », sur l’âge de la retraite ou la fiscalité des entreprises.  Il fustige la « mauvaise gestion » de l’Etat et dénonce une dérive « depuis 30 ans » de la dépense publique qu’il voudrait voir passer de près de 57% du produit intérieur brut à « 52-53% ». Plus concrètement, il insiste pour que le Medef prépare étroitement avec le gouvernement les projets de budget.  Selon lui, les entreprises françaises devraient même envisager de renoncer à l’essentiel des aides de l’Etat en échange d’une baisse significative du coût du travail, de quelque 50 milliards d’euros.

 

Medef: Pierre Gattaz candidat unique de l’UIMM

Medef: Pierre Gattaz candidat unique de  l’UIMM

L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a ainsi été convaincue par l’exposé d’un de ses membres mais n’a pas donné son suffrage au programme de son propre président, Frédéric Saint-Geours.  Celui-ci a immédiatement annoncé son retrait de la course, afin qu’un seul représentant de la branche métallurgie fasse campagne pour l’élection à la présidence de la plus grande organisation patronale de France, prévue le 3 juillet.  Tout au long de la journée, les candidats à la succession de la patronne des patrons Laurence Parisot avaient défilé au siège de l’UIMM à Paris pour être entendus séparément pendant trois quarts d’heure chacun par une centaine de représentants des territoires et des professions de cette organisation.  Les auditions ont été suivies d’un vote à bulletins secrets devant fixer le choix à la majorité simple.  L’UIMM décide de cette manière, à chaque élection où plus d’un candidat se présente, celui qu’elle soutiendra. Mais l’histoire montre que ce dernier n’a pour autant pas la garantie de devenir patron des patrons.  Laurence Parisot avait en effet été élue à la présidence du Medef en 2005 alors qu’elle n’était arrivée que deuxième auprès de la fédération de la métallurgie.   »L’unité de l’UIMM est supérieure à l’ambition personnelle », a déclaré M. Saint-Geours. « J’ai décidé, comme je m’y étais engagé, de retirer ma candidature à la présidence du Medef », a-t-il poursuivi en félicitant Pierre Gattaz et en lui adressant ses « voeux de réussite ».  Après le vote, l’UIMM a néanmoins « manifesté son soutien total et sa confiance à Frédéric Saint-Geours » à sa propre présidence.  Pierre Gattaz, qui s’est dit « fier » du résultat, a réaffirmé sur France Info sa volonté d’incarner un « Medef de conquête », « tourné vers la compétitivité ».  L’attention était jusqu’à présent focalisée sur ces deux industriels aux personnalités et profils très différents.  M. Saint-Geours, ex-directeur des marques de PSA Peugeot Citroën, toujours chargé de mission chez le constructeur automobile en crise, est issu de la gauche. Il a été directeur de cabinet du socialiste Henri Emmanuelli au ministère du Budget de 1984 à 1986, au temps, rappelle-t-il, de la « rigueur ».  M. Gattaz, plus extraverti, est patron de Radiall, producteur de connecteurs électriques, notamment destinés à l’aéronautique, fournisseur du constructeur américain Boeing et exportateur dans de nombreux pays. Ses soutiens insistent sur sa qualité de chef d’entreprise, que revendiquait aussi son rival pour avoir dirigé plusieurs activités pendant 27 ans au sein de PSA.  Accessoirement, il est le fils d’un ancien patron des patrons, Yvon Gattaz, président du CNPF (ancêtre du Medef) de 1981 à 1986.  Parmi les autres candidats figure le président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) Patrick Bernasconi, considéré un temps comme le dauphin de Mme Parisot avant que celle-ci ne tente, en vain, de faire modifier les statuts du Medef pour briguer un troisième mandat.  M. Bernasconi est réputé bon négociateur, notamment depuis qu’il a discuté avec les syndicats l’accord sur le marché du travail conclu le 11 janvier.  Représentant du secteur des services, comme Mme Parisot, patronne de l’institut de sondage Ifop, Geoffroy Roux de Bézieux est le fondateur du groupe Omea Telecom (Virgin Mobile, Tele2, Breizh Mobile, Casino Mobile).  Candidat moins connu, Thibault Lanxade, dirigeant de la PME Aqoba, opérateur de cartes de paiement sur mesure, est aussi chargé des réflexions sur les petites et moyennes entreprises au sein du Medef.  Moins en vue encore, l’entrepreneur Hervé Lambel, au Medef depuis 6 à 7 ans et patron de HLDC, société spécialisée dans la production cinématographique et de spectacles vivants, a comme les autres été entendu jeudi.  Jean-Claude Volot, l’ancien médiateur interentreprises, a annoncé son désistement en faveur de M. Gattaz.  Le choix définitif doit être fait par les 560 électeurs de l’assemblée générale du Medef à la majorité des deux tiers.

 

Pierre Gattaz (candidat au Medef) : trop d’économie financière et spéculative

Pierre Gattaz (candidat au Medef) : trop d’économie financière et spéculative

Dans une interview au Figaro, Gattaz candidat à la présidence du Medef critique indirectement Laurence Parisot  qui a sans doute délaissé l’industrie pour les seules entreprise du CAC 40 et les services ;

 

LE FIGARO. - Pourquoi vous opposez-vous à ce que Laurence Parisot reste deux ans de plus?

Pierre GATTAZ. - Encore une fois, je n’ai rien contre Laurence Parisot qui a fait le job. Mais elle le fait depuis huit ans et a connu trois présidents de la République. Le Medef a besoin de respirer et se doit de montrer l’exemple en ne modifiant pas les règles du jeu six mois avant une élection. Avec cette proposition de modification des statuts, nous ne parlons plus des entreprises, de la situation économique. Il faudrait que Laurence Parisot dise que toute modification de gouvernance, si elle est décidée, ne s’appliquera pas à elle. Et surtout changer les statuts, pour quoi faire? Pour moi, ce serait pour raccourcir les mandats afin de permettre à des entrepreneurs de terrain de présider le Medef et de ne pas délaisser longtemps leur entreprise.

Le Medef peut-il changer de capitaine en pleine tempête?

Avec de tels arguments, on ne changera jamais de président car il n’y a jamais de bon moment. Il y a des statuts et ils doivent s’appliquer. Quant à l’atout de l’expérience, Laurence n’en avait pas quand elle a été élue en 2005. Pour ma part, j’ai quinze ans d’implication dans les instances et de direction d’organisation. Je connais autant les missions et les enjeux du Medef que la machine de l’intérieur.

Pourquoi vous présentez-vous?

Ce qui me mobilise, c’est de voir que la France ne va pas bien. On parle trop d’économie de façon financière et spéculative. Or, c’est l’économie qui tire le social et le sociétal. Je me présente pour le marteler. Je veux bâtir un Medef de conviction, de propositions et de combat pour lutter contre les idéologies et faire de la pédagogie. Cela fait trente ans que je voyage dans le monde et je suis stupéfait de voir à quelle vitesse les pays émergents ont accepté l’économie de marché. En France, nous avons voté un budget 2013 avec une fiscalité punitive, dogmatique et contre-productive. On ne peut pas passer son temps à taper sur les entreprises, les entrepreneurs et les actionnaires. Si François Hollande nous avait dit que nous, les entrepreneurs, sommes les acteurs clefs de l’économie mais qu’on allait devoir participer au redressement de la France en attendant les réformes de la sphère publique, nous aurions compris. Il ne faut jamais oublier que les déficits d’aujourd’hui sont les impôts de demain et le chômage d’après-demain.

Votre programme est donc offensif, voire politique?

Je veux un Medef de conquête et apolitique. Et au-delà de la bonne marche des entreprises, on doit s’approprier certains thèmes extérieurs, qui ont un impact sur la compétitivité des entreprises, comme le rôle de l’État et de l’Europe, le commerce international, la politique monétaire, l’environnement… et se créer des convictions profondes. Ensuite, nous devons expliquer, convaincre que la France peut gagner, va gagner. On a des argumentaires à porter, une vision à proposer. Nous devons orienter l’avenir si on ne veut pas qu’on le fasse à notre place.

Comment comptez-vous diriger le Medef si vous êtes élu en juillet?

Je propose un Medef de terrain, à l’écoute des entrepreneurs, qui travaille avec et pour eux. Nous devons absolument parvenir à définir, ensemble, un environnement «5 s»: simple, stabilisé, serein fiscalement, souple socialement et sécurisé juridiquement. Chaque loi devrait être précédée d’une étude d’impact sur ses conséquences en termes d’emploi et de croissance. Je veux aussi un Medef de reconnaissance: les entrepreneurs en France ne sont pas considérés. L’entreprise, ce n’est pas la lutte des classes mais avant tout des innovations, des projets de croissance, des technologies qu’on exporte, des hommes et des femmes qui inventent la société de demain, des salariés qui prennent du plaisir à venir travailler. L’entreprise, c’est le risque permanent et l’adaptation en continue. Mais on ne pourra le faire que si nous avons un Medef de rassemblement qui agrège tous les talents, à tous les niveaux. Le patronat doit dépasser ses gauloiseries, chasser en meute, travailler ensemble…

Quel est, selon vous, le problème numéro un à régler d’urgence?

La France a toujours un problème de compétitivité coût. Nous avons été agréablement surpris par le pacte de compétitivité, mais ce n’est qu’un premier pas. Le crédit d’impôt de 20 milliards reste lent et compliqué à mettre en œuvre - il faut dépenser pour être remboursé - et insuffisant. Avec ce pacte, le gouvernement a compensé les hausses de prélèvements des dernières années et on est revenu à la situation de 2008, pas plus.

Il faut donc aller plus loin?

Oui, car les entreprises n’ont pas gagné en compétitivité. Porter le crédit d’impôt à 50 milliards avec des transferts de cotisations sur des assiettes plus larges, type TVA ou CSG, pour baisser le coût du travail, est un préalable. Mais il est fondamental est de tailler dans les dépenses publiques. Et le Medef peut y aider. Nous optimisons nos structures depuis des décennies ; nous passons nos dépenses à la toise tous les jours. Les pouvoirs publics peuvent s’inspirer de la gestion des entreprises et des méthodes de mobilisation de nos salariés pour y arriver.

Vous êtes le fils d’un ancien patron des patrons. C’est un handicap?

Pas du tout. Mon père, Yvon, a été élu président du CNPF en 1981, il y a plus de trente ans. Or, le monde a changé. Ce qui compte n’est pas mon nom mais mon expérience, mon engagement, mes idées. Même si je le voulais, je ne pourrais pas gommer ma filiation. C’est comme ça. C’est une force et j’en suis fier.

Vous irez jusqu’au bout si l’UIMM décide de ne pas vous soutenir?

Le processus de désignation à l’UIMM est transparent. La convention du 6 mars débouchera sur le programme de la métallurgie pour le Medef, puis tous les candidats devront se positionner par rapport à lui. C’est comme une compétition sportive, le meilleur gagnera. Et si l’UIMM, dont je suis membre du bureau, décidait de soutenir un autre candidat que moi, je continuerais.




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