Archive pour le Tag 'PIB'

Croissance : une toute petite hausse- fragile- du PIB au premier trimestre

Croissance : une toute petite hausse fragile du PIB au premier trimestre

 

Bonne nouvelle avec une progression de seulement 2,2 % de l’inflation sur un an . Une mauvaise nouvelle qui en est peut-être la conséquence à savoir une toute petite hausse du PIB de 02 % au premier trimestre. Une activité par ailleurs très fragile si l’on en juge par les inquiétudes des ménages vis-à-vis du pouvoir d’achat. Même si  les prix à la consommation seraient stables, après une hausse de 0,5% en avril. Ce ralentissement serait lié à une forte baisse des prix de l’énergie, compensée en partie par les hausses des prix de l’alimentation et, dans une moindre mesure, des produits manufacturés, indique l’Insee.

 

L’Insee Indique un ralentissement de la consommation des ménages, en hausse de 0,1% au premier trimestre 2024 contre 0,2% au quatrième trimestre 2023. Cette tendance s’est accentuée en avril : la consommation des ménages a reculé de 0,8% ce mois-ci, contre une croissance de 0,2% attendue par le consensus et une hausse de 0,4% en mars. L’Insee attribue ce recul à la baisse de la consommation de produits alimentaires.

États-Unis : une dette à 100 % du PIB

États-Unis : une dette à 100 % du PIB

 

La dette américaine inquiète  d’ une part compte tenu de sa croissance, d’autre part compte tenu de sa valeur absolue qui atteint 34.580 milliards de dollars. Mais il faut la rapporter à la richesse du pays et la dette américaine qui se situe à 100 % du PIB  est inférieure à celle de la France à 111 %.

L’endettement américain est cependant moins inquiétant que d’autres du fait que le dollar, monnaie du pays est aussi la monnaie de référence au plan international pour les échanges. Pour apprécier sa véritable valeur il faudrait donc la rapporter à l’ensemble des richesses que le dollar couvre.

À la différence toutefois de l’Europe, l’endettement américain a permis aussi de largement soutenir la croissance. A contrario par exemple de la France qui cumule augmentation de l’endettement et baisse de croissance (zéro croissance au premier trimestre 2024 par exemple).

Croissance États-Unis : un bon résultat en 2023 avec une augmentation de 2,5 % du PIB

Croissance États-Unis : un bon résultat en 2023 avec une augmentation de 2,5 % du PIB


Finalement les États-Unis s’en sortent mieux qu’attendu et que beaucoup de pays du monde avec notamment une croissance relativement forte de 2,5 % alors par exemple que l’union européenne affiche seulement 0,6 % pour 2023. Par ailleurs l’inflation semble mieux maîtrisée aux États-Unis avec une augmentation de l’ordre de 3 % sur un an tandis que celle de l’union européenne est d’environ 3,4 %.

Sur l’ensemble de l’année 2023, l’économie américaine aura progressé de 2,5 %, selon les chiffres du Département du commerce publiés jeudi. Soit une croissance du PIB pratiquement deux fois plus élevée que les pronostics d’il y a un an. L’inflation, dont la flambée avait justifié le resserrement monétaire de la Fed qui risquait d’étouffer l’activité, est retombée autour de 2 à 3%.

Sur la fin de l’année, au quatrième trimestre, la croissance aux États-Unis dépasse aussi largement les prévisions qui tournaient autour de 2 %. Elle s’établit, selon la première estimation, à 3,3 % en rythme annuel.

Croissance États-Unis : un bon résultat en 2023 avec une augmentation de 2,5 % du PIB

Croissance États-Unis : un bon résultat en 2023 avec une augmentation de 2,5 % du PIB


Finalement les États-Unis s’en sortent mieux qu’attendu et que beaucoup de pays du monde avec notamment une croissance relativement forte de 2,5 % alors par exemple que l’union européenne affiche seulement 0,6 % pour 2023. Par ailleurs l’inflation semble mieux maîtrisée aux États-Unis avec une augmentation de l’ordre de 3 % sur un an tandis que celle de l’union européenne est d’environ 3,4 %.

Sur l’ensemble de l’année 2023, l’économie américaine aura progressé de 2,5 %, selon les chiffres du Département du commerce publiés jeudi. Soit une croissance du PIB pratiquement deux fois plus élevée que les pronostics d’il y a un an. L’inflation, dont la flambée avait justifié le resserrement monétaire de la Fed qui risquait d’étouffer l’activité, est retombée autour de 2 à 3%.

Sur la fin de l’année, au quatrième trimestre, la croissance aux États-Unis dépasse aussi largement les prévisions qui tournaient autour de 2 %. Elle s’établit, selon la première estimation, à 3,3 % en rythme annuel.

Dette publique : de 15 % à 113 % du PIB en 50 ans !

Dette publique : de 15 % à 113 % du PIB en 50 ans !

La dette de la France n’a pas cessé de se dégrader depuis les années 1970. Réduire le déficit de l’État est une préoccupation majeure depuis 1974. Pour la rentrée du gouvernement, voilà une comparaison entre la situation économique des années 1970 et celle d’aujourd’hui. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.( la Tribune )

Il y a cinquante ans. Après Charles de Gaulle, Georges Pompidou, son ancien Premier ministre, devient le Président de la France entre 1969 et 1974. Lui succède Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1981, son ancien ministre de l’Économie et des Finances. La monnaie à cette époque était le nouveau Franc. Le 15 août 1971, Richard Nixon (président des États-Unis d’Amérique de 1969 à 1974) suspend la convertibilité du dollar en or pour augmenter l’offre de monnaie et fait du dollar la principale monnaie de réserve.

Depuis cette date, il n’y a plus de lien entre le Franc et l’or. En 1972, le Franc fait partie des six devises du « serpent » monétaire, un système de taux de change mis en place par les six membres-fondateurs de la Communauté économique européenne. En 1973 est votée la loi « Pompidou-Giscard ». Elle précise que le Trésor ne peut s’endetter que de manière limitée auprès de la Banque de France :

« on a eu une loi stupéfiante [...]. On a obligé l’État à aller se financer sur le marché financier privé à 4 ou 5%, et, du coup, notre dette est maintenant à 90% du produit national brut. »

Michel Rocard (Premier ministre de 1993 à 1994), Mediapolis, Europe 1, 22 décembre 2012. In fine, même si en réalité, ce n’est qu’en 1993 que la loi sur l’indépendance totale de la Banque de France a été votée, elle ne finançait plus que 3% de la dette de la France. Il y a cinquante ans, les partenaires sociaux jouaient un rôle prépondérant dans la gestion de la Sécurité sociale. Les syndicats et le patronat géraient l’assurance-chômage. Pour la retraite, la réforme Boulin en 1971 vise à relever sensiblement le niveau des pensions et en 1972 la retraite complémentaire devient obligatoire.

Aujourd’hui, la France est dans la zone euro, sa monnaie est l’euro depuis 1 janvier 1999. Depuis l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République en 2012 et « Mon adversaire, c’est le monde de la finance« , la France essaye toujours de réduire son déficit et sa dette extérieure malgré l’obligation de la France de respecter les critères de Maastricht. Les deux principaux critères prévoient qu’un pays membre doit avoir un déficit inférieur à 3% du Produit Intérieur Brut (PIB), et une dette inférieure à 60% du PIB. Ces critères ont été suspendus jusqu’à fin 2023. La France est présidée par Emmanuel Macron depuis 2017. Avant d’être président, il occupait la place de ministre de l’Économie et des Finances sous le mandat Hollande. La Banque de France est une des 17 banques composant le système UEM (Union économique et monétaire). La Banque centrale européenne (BCE) est la principale institution monétaire de l’Union européenne. Son objectif principal consiste à maintenir la stabilité des prix, en d’autres termes à sauvegarder la valeur de l’euro (article 127 TFUE).

Mais voilà : l’inflation en zone euro est à 8,9% en juillet 2022 loin des 2% et l’euro est en parité avec le dollar ; pour la Sécurité sociale, les compétences du Parlement en matière de finances sociales croissent et la présence de l’État, datant de 1996 avec la révision constitutionnelle et le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale LFSS (ordonnance Premier ministre Jupé en 1997) se renforce ; la réforme de l’assurance-chômage est toujours en cours depuis 2019 : un calcul de l’allocation moins favorable, dégressivité pour les hauts revenus, bonus-malus et allongement de la durée de travail pour en bénéficier ; pour la retraite, après l’échec de la tentative de la réforme par points en 2019, plusieurs projets sont en débats. Après la réforme du Premier ministre Mauroy en 1982 et le passage de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, la proposition du gouvernement en 2022 est de reculer l’âge de la retraite à 65 ans. Le but est de réduire la participation de l’État dans le financement (impôts et taxes affecté + CSG).

Après la fin des Trente Glorieuse, la France a eu son premier choc pétrolier entre 1973 et 1979. La crise pétrolière de 1973 commence par une crise géopolitique lors de la Guerre du Kippour. En 1979, le deuxième choc pétrolier démarre avec la révolution iranienne et la guerre entre l’Iran et l’Irak qui éclate en septembre 1980. Ces événements signent l’arrêt des exportations iraniennes et le maintien des prix élevés sur le pétrole sur le long terme. Le déclencheur de la crise de l’énergie de 2020-2022 est le résultat de la récession liée à la pandémie et le déclenchement de la guerre en Ukraine. La réponse de la France : faire de l’énergie nucléaire comme Pompidou dans les années 1970.

La France avait-elle plus de « pognon de dingue » au début de 1970 qu’en 2018 ? Quelle est la place de la France dans le monde aujourd’hui et il y a cinquante ans ?(1)

Solde budgétaire de la France en % du PIB (en France le solde budgétaire de l’État est la différence entre le niveau des recettes et le niveau des dépenses constaté dans le budget de l’État). Avec G. Pompidou, 1969-1974, le solde public était de +0,1%. Avec François Hollande, 2012-2017, il passe à -3,5% et les économistes estiment à -5,5% le solde public entre 2017 et 2022 pour Emmanuel Macron.
La dette publique (la dette publique est l’ensemble des engagements financiers pris sous formes d’emprunts). À quelques exceptions, la dette publique a inexorablement progressé en France depuis le milieu des années 1970. Elle passe de 15% du PIB en 1974 à 112,9% en 2021. Une telle évolution ne saurait surprendre dans la mesure où 1974 a constitué le dernier exercice au cours duquel les administrations publiques ont affiché un excédent budgétaire.

Poids des prélèvements obligatoires (les prélèvements obligatoires (PO) sont l’ensemble des impôts et cotisations sociales prélevés par les administrations publiques et les institutions européennes). En 1970 les PO étaient à 33,6%, en 1975 ils passent à 35,1%, puis en 2021 à 44,3%. Il y a eu deux reculs des PO en 1992 à 40,7% et 2009 à 41,2%.
Solde commercial de la France (le solde commercial se calcule par la différence des exportations et des importations au cours d’une année). En 1971 les exportations de la France étaient de 17,6 milliards d’euros avec des importations de 16,7 milliards d’où un solde positif de 0,9 milliard d’euros. C’est à partir de 2004 que la France perd des parts de marché. En 2009 le solde est négatif à -45,4 milliards et passe à -84,8 milliards en 2021.

Chômage (moyenne par décennie depuis 1970 à 2021). De 1971 à 1980 : 3,6%, de 1981 à 1990 : 8,1%, de 1991 à 2000 : 9,8%, de 2001 à 2010 : 8,5%, de 2011 à 2017 : 9,9% et fin 2021 : 7,4%.
Inflation. L’inflation de 1970 à 1980 est passée de 5,2% à 13,6%. C’était l’ennemi numéro un et faisait comme aujourd’hui les gros titres de la presse. L’inflation fin 2022 dépassera peut-être les 6%. Cette nouvelle inflation est marquée par le choc de l’énergie comme après 1973. L’avenir nous dira s’il y a un parallèle entre les turbulences du présent et les deux chocs pétroliers des années 1970.
Croissance. En 1970 le PIB de la France était de 140 917 milliards d’euros, fin 2021 il est à 2 500 870 milliards. Soit par habitant 2 422 euros en 1970 et 36 520 euros en 2021, le taux d’enrichissement de la population est de 1 500% en cinquante ans. La France chute et arrive à la 28 éme place des pays au plus gros PIB par habitant.

Place de la France dans l’économie mondiale. Il y a un demi-siècle le PIB français représentait 4,4% du PIB mondial. Aujourd’hui il passe à 2,5%.
Un demi-siècle d’inégalités. Dans les années 1980, la part du 1% des plus riches dans le revenu global se remet à progresser pour retrouver son niveau d’avant-guerre. Cette part atteindra 13,6% à la veille de la crise de 2008. D’après les dernières données de source fiscale de World Inequality Database, la part du 1% des plus riches est aujourd’hui à 9,8% du revenu global, le même niveau que celui de 2009. En France aujourd’hui les riches sont plus riches mais moins nombreux.
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(1) Insee, Banque Mondiale, FMI, Country Economy, France-inflation, vie-publique, public-Sénat, etc.

Dette publique France: plus de 3000 milliards soit 112,5% du PIB

La dette publique : plus de 3000 milliards soit 112,5% du PIB

La dette publique de la France a dépassé pour la première fois le seuil symbolique des 3000 milliards d’euros au premier trimestre, remontant à 112,5% du produit intérieur brut (PIB), contre 111,8% à la fin décembre 2022, a indiqué ce vendredi matin l’Insee.

la dette sur PIB hexagonale s’élève à 111,6 %, dix points de plus que la moyenne des États de la zone euro (91,6 %).

Paris affichant, malgré la réforme des retraites et les économies promises, des objectifs nettement moins ambitieux. En 2026, selon ses projections, la France serait ainsi le seul grand état européen à ne pas afficher un déficit sur PIB inférieur à 3 %.

Le traité européen de Maastricht de 1992 fixait pour les Etats une limite de dette publique à 60 % du PIB, seuil que la France a dépassé à la fin de l’année 2002, pour ne plus jamais repasser en dessous depuis. Mais, depuis la crise sanitaire, suivie de la guerre en Ukraine, cette règle, comme celle d’un déficit public inférieur à 3 % du PIB, ont été suspendues. Elles seront de nouveau d’application en 2024.

En avril, le gouvernement a présenté une trajectoire plus ambitieuse pour le rétablissement des comptes de la France, qui prévoit de ramener la dette à 108,3 % du PIB en 2027 et le déficit à 2,7 %, dans les clous européens, contre 4,7 % en 2022 et 4,9 % prévus cette année. Mais des chiffres contestés par les experts y compris de la Cour des Comptes qui considèrent ont été surestimée tandis que les dépenses ont été sous-évaluées.

Le PIB est-il dépassé ?

Le PIB est-il dépassé ?


Le PIB est-il dépassé ? C’est le débat de la semaine entre Florence Jany-Catrice, économiste et professeur à l’université de Lille, et Charles Wyplosz, économiste enseignant au Graduate Institute de Genève.
dans la Tribune. Aujourd’hui, il ne suffit plus de se satisfaire de l’idée qu’on puisse compléter le PIB par quelques indicateurs (comme le fait l’IDH du PNUD par exemple) en particulier parce qu’il faut se mettre à distance du PIB, qui est plus l’expression de l’agitation économique qu’un indicateur de projet de société compatible avec les enjeux écologiques et sociaux.

Un débat intéressant qui revient mais qui devrait poser au préalable la question de l’objectif visé avec une évaluation quantitative ou non. Ce n’est pas la méthodologie qui doit commander l’outil de mesure mais l’objectif à atteindre qui peut-être évidemment économique mais aussi social et plus largement sociétal NDLR

L’idée de substituer au PIB un unique indicateur n’est pas non plus appropriée. Pourquoi ? D’une part parce que la production d’un unique indicateur prend le risque de nourrir des politiques de pilotage automatique. Or, la quantophrénie gagne le monde politique (ndlr, attitude qui consiste à penser tous les phénomènes naturels ou humains en termes de statistiques) et tend à légitimer des politiques du chiffre, plutôt que des politiques visant à gérer les phénomènes. On a connu cela dans le passé, avec, par exemple, des politiques qui visaient davantage à réduire les chiffres du chômage qu’à réduire le phénomène du chômage lui-même.

Rechercher un indicateur unique n’est pas non plus approprié, d’autre part, parce que les questions écologiques sont systémiques et qu’elles ne trouveront des issues que si l’on met à l’agenda politique à la fois la question écologique (dans toutes ses dimensions : climat, biodiversité, eau, pollution de l’air, etc.) et la question sociale, en particulier en réduisant drastiquement les inégalités qui jouent contre l’écologie.

De nombreux économistes déploient une énergie importante à la construction d’indicateurs monétarisés, qui prennent souvent la forme d’un PIB vert. L’idée qu’ils défendent est que seul le prix conférerait une valeur à des ressources jusqu’ici disponibles à tous gratuitement (comme l’air, l’eau, la biodiversité). Cette quantification par la monnaie est une impasse parce que l’unité de compte monétaire produit des formes d’équivalence générale : si l’on peut mettre un prix à une dégradation de zone humide par exemple, ou à l’effondrement de la biodiversité, alors implicitement est convenu qu’une compensation est toujours possible. La monétarisation ne permet pas de penser les irréversibilités (la disparition de la biodiversité, que rien ne pourra compenser ; l’emballement climatique etc.).

Le PIB ne parvient donc pas à rendre compte des dommages irréversibles. Tous les indicateurs monétarisés vont de pair avec une croyance forte dans le progrès technique (progrès qui nécessiterait, pour se déployer, un supplément de croissance). Tout cela n’est qu’une fuite en avant, vaine et mortifère.

Au total si les politiques ont besoin, dans une période transitoire, d’indicateurs, il leur en faut plusieurs répondant à la question : qu’est ce qui compte le plus aujourd’hui ? Le parallèle avec la période d’urgence du Covid est ici évident. Comme durant cette période de crise aiguë, il est urgent de se poser la question sous l’angle : de quoi avons-nous vraiment besoin ? et en contre point, qu’est-ce qui est superflu ? Repartir d’une planification par les besoins essentiels devrait guider l’action publique, comme nous y exhortait le sociologue Bruno Latour pendant la pandémie.

L’économie doit se recentrer sur la production de biens et de services essentiels, mis en lumière pendant les confinements : éducation, santé, systèmes agricoles de proximité, aide à domicile, mobilités douces etc. Et viser une restructuration sectorielle des activités à partir des activités à développer dans le cadre d’économies (vraiment) soutenables.

Rien de tout cela ne justifie l’abandon du PIB, pour plusieurs raisons. D’abord, dans la mesure où les gens se soucient (beaucoup) de leurs revenus, il est utile de le mesurer et d’en suivre l’évolution. Ensuite, bien sûr que nous ne sommes pas unidimensionnels et que nous avons d’autres préoccupations comme l’équité, la santé, l’éducation, la protection de l’environnement, etc. Cela signifie qu’il est utile de mesurer ces aspects pour guider l’action publique, sans abandonner une mesure existante. De fait, il existe des quantités de mesures de ces préoccupations que les gouvernements utilisent activement et qui sont au cœur des débats publics.

Il reste l’argument selon lequel le PIB est trop dominant pour être conservé. L’idée de jeter à la poubelle une mesure parce qu’elle est trop utile est étrange. De plus, elle implique de développer une alternative, une mesure unique appelée à être dominante à son tour. Cette idée a conduit à la création du bonheur national brut (ou net, mais c’est un détail ici). Il combine diverses mesures de différentes préoccupations. Mais le choix de ces préoccupations et leur pondération dans l’indice unique sont forcément arbitraires, reflétant des jugements de valeur par définition contestables. Une telle mesure ne pourra jamais être dominante dans une démocratie.

Dette française : de 15 % à 113 % du PIB en 50 ans !

Dette française : de 15 % à 113 % du PIB en 50 ans  !

La dette de la France n’a pas cessé de se dégrader depuis les années 1970. Réduire le déficit de l’État est une préoccupation majeure depuis 1974. Pour la rentrée du gouvernement, voilà une comparaison entre la situation économique des années 1970 et celle d’aujourd’hui. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.( la Tribune )

 

Il y a cinquante ans. Après Charles de Gaulle, Georges Pompidou, son ancien Premier ministre, devient le Président de la France entre 1969 et 1974. Lui succède Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1981, son ancien ministre de l’Économie et des Finances. La monnaie à cette époque était le nouveau Franc. Le 15 août 1971, Richard Nixon (président des États-Unis d’Amérique de 1969 à 1974) suspend la convertibilité du dollar en or pour augmenter l’offre de monnaie et fait du dollar la principale monnaie de réserve.

Depuis cette date, il n’y a plus de lien entre le Franc et l’or. En 1972, le Franc fait partie des six devises du « serpent » monétaire, un système de taux de change mis en place par les six membres-fondateurs de la Communauté économique européenne. En 1973 est votée la loi « Pompidou-Giscard ». Elle précise que le Trésor ne peut s’endetter que de manière limitée auprès de la Banque de France :

« on a eu une loi stupéfiante [...]. On a obligé l’État à aller se financer sur le marché financier privé à 4 ou 5%, et, du coup, notre dette est maintenant à 90% du produit national brut. »

Michel Rocard (Premier ministre de 1993 à 1994), Mediapolis, Europe 1, 22 décembre 2012. In fine, même si en réalité, ce n’est qu’en 1993 que la loi sur l’indépendance totale de la Banque de France a été votée, elle ne finançait plus que 3% de la dette de la France. Il y a cinquante ans, les partenaires sociaux jouaient un rôle prépondérant dans la gestion de la Sécurité sociale. Les syndicats et le patronat géraient l’assurance-chômage. Pour la retraite, la réforme Boulin en 1971 vise à relever sensiblement le niveau des pensions et en 1972 la retraite complémentaire devient obligatoire.

Aujourd’hui, la France est dans la zone euro, sa monnaie est l’euro depuis 1 janvier 1999. Depuis l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République en 2012 et « Mon adversaire, c’est le monde de la finance« , la France essaye toujours de réduire son déficit et sa dette extérieure malgré l’obligation de la France de respecter les critères de Maastricht. Les deux principaux critères prévoient qu’un pays membre doit avoir un déficit inférieur à 3% du Produit Intérieur Brut (PIB), et une dette inférieure à 60% du PIB. Ces critères ont été suspendus jusqu’à fin 2023. La France est présidée par Emmanuel Macron depuis 2017. Avant d’être président, il occupait la place de ministre de l’Économie et des Finances sous le mandat Hollande. La Banque de France est une des 17 banques composant le système UEM (Union économique et monétaire). La Banque centrale européenne (BCE) est la principale institution monétaire de l’Union européenne. Son objectif principal consiste à maintenir la stabilité des prix, en d’autres termes à sauvegarder la valeur de l’euro (article 127 TFUE).

Mais voilà : l’inflation en zone euro est à 8,9% en juillet 2022 loin des 2% et l’euro est en parité avec le dollar ; pour la Sécurité sociale, les compétences du Parlement en matière de finances sociales croissent et la présence de l’État, datant de 1996 avec la révision constitutionnelle et le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale LFSS (ordonnance Premier ministre Jupé en 1997) se renforce ; la réforme de l’assurance-chômage est toujours en cours depuis 2019 : un calcul de l’allocation moins favorable, dégressivité pour les hauts revenus, bonus-malus et allongement de la durée de travail pour en bénéficier ; pour la retraite, après l’échec de la tentative de la réforme par points en 2019, plusieurs projets sont en débats. Après la réforme du Premier ministre Mauroy en 1982 et le passage de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, la proposition du gouvernement en 2022 est de reculer l’âge de la retraite à 65 ans. Le but est de réduire la participation de l’État dans le financement (impôts et taxes affecté + CSG).

Après la fin des Trente Glorieuse, la France a eu son premier choc pétrolier entre 1973 et 1979. La crise pétrolière de 1973 commence par une crise géopolitique lors de la Guerre du Kippour. En 1979, le deuxième choc pétrolier démarre avec la révolution iranienne et la guerre entre l’Iran et l’Irak qui éclate en septembre 1980. Ces événements signent l’arrêt des exportations iraniennes et le maintien des prix élevés sur le pétrole sur le long terme. Le déclencheur de la crise de l’énergie de 2020-2022 est le résultat de la récession liée à la pandémie et le déclenchement de la guerre en Ukraine. La réponse de la France : faire de l’énergie nucléaire comme Pompidou dans les années 1970.

La France avait-elle plus de « pognon de dingue » au début de 1970 qu’en 2018 ? Quelle est la place de la France dans le monde aujourd’hui et il y a cinquante ans ?(1)

  • Solde budgétaire de la France en % du PIB (en France le solde budgétaire de l’État est la différence entre le niveau des recettes et le niveau des dépenses constaté dans le budget de l’État). Avec G. Pompidou, 1969-1974, le solde public était de +0,1%. Avec François Hollande, 2012-2017, il passe à -3,5% et les économistes estiment à -5,5% le solde public entre 2017 et 2022 pour Emmanuel Macron.
  • La dette publique (la dette publique est l’ensemble des engagements financiers pris sous formes d’emprunts). À quelques exceptions, la dette publique a inexorablement progressé en France depuis le milieu des années 1970. Elle passe de 15% du PIB en 1974 à 112,9% en 2021. Une telle évolution ne saurait surprendre dans la mesure où 1974 a constitué le dernier exercice au cours duquel les administrations publiques ont affiché un excédent budgétaire.
  • Poids des prélèvements obligatoires (les prélèvements obligatoires (PO) sont l’ensemble des impôts et cotisations sociales prélevés par les administrations publiques et les institutions européennes). En 1970 les PO étaient à 33,6%, en 1975 ils passent à 35,1%, puis en 2021 à 44,3%. Il y a eu deux reculs des PO en 1992 à 40,7% et 2009 à 41,2%.
  • Solde commercial de la France (le solde commercial se calcule par la différence des exportations et des importations au cours d’une année). En 1971 les exportations de la France étaient de 17,6 milliards d’euros avec des importations de 16,7 milliards d’où un solde positif de 0,9 milliard d’euros. C’est à partir de 2004 que la France perd des parts de marché. En 2009 le solde est négatif à -45,4 milliards et passe à -84,8 milliards en 2021.
  • Chômage (moyenne par décennie depuis 1970 à 2021). De 1971 à 1980 : 3,6%, de 1981 à 1990 : 8,1%, de 1991 à 2000 : 9,8%, de 2001 à 2010 : 8,5%, de 2011 à 2017 : 9,9% et fin 2021 : 7,4%.
  • Inflation. L’inflation de 1970 à 1980 est passée de 5,2% à 13,6%. C’était l’ennemi numéro un et faisait comme aujourd’hui les gros titres de la presse. L’inflation fin 2022 dépassera peut-être les 6%. Cette nouvelle inflation est marquée par le choc de l’énergie comme après 1973. L’avenir nous dira s’il y a un parallèle entre les turbulences du présent et les deux chocs pétroliers des années 1970.
  • Croissance. En 1970 le PIB de la France était de 140 917 milliards d’euros, fin 2021 il est à 2 500 870 milliards. Soit par habitant 2 422 euros en 1970 et 36 520 euros en 2021, le taux d’enrichissement de la population est de 1 500% en cinquante ans. La France chute et arrive à la 28 éme place des pays au plus gros PIB par habitant.
  • Place de la France dans l’économie mondiale. Il y a un demi-siècle le PIB français représentait 4,4% du PIB mondial. Aujourd’hui il passe à 2,5%.
  • Un demi-siècle d’inégalités. Dans les années 1980, la part du 1% des plus riches dans le revenu global se remet à progresser pour retrouver son niveau d’avant-guerre. Cette part atteindra 13,6% à la veille de la crise de 2008. D’après les dernières données de source fiscale de World Inequality Database, la part du 1% des plus riches est aujourd’hui à 9,8% du revenu global, le même niveau que celui de 2009. En France aujourd’hui les riches sont plus riches mais moins nombreux.

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(1) Insee, Banque Mondiale, FMI, Country Economy, France-inflation, vie-publique, public-Sénat, etc.

Economie -PIB : plus 7% en 2021 mais…… moins 8% en 2020 !

Economie -PIB :  plus 7% en 2021 mais…… moins 8% en 2020 ! 

 

 

 

 Les grands médias reprennent largement les propos du ministre de l’économie à propos du record de croissance de 7 % enregistrés en 2021. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a qualifié ce chiffre de «rebond spectaculaire» qui «efface la crise économique».

 

La vérité c’est qu’on ne rattrape rien du tout en tout cas pas totalement. Normalement l’année 2020, aurait dû dégager une croissance de l’ordre de 2 % et c’est une baisse de 8 % du fait de la crise sanitaire  qui a été enregistrée. Le déficit est donc de 10 % en 2020, le déficit qui n’a pas été totalement comblé d’autant que normalement une croissance de 2 % aurait dû être aussi réalisée  en 2021. Pour preuve que rien n’a été comblé et qu’on est encore en retard, la consommation des ménages qui constituent l’essentiel de la croissance française est juste revenue à son niveau de fin 2019. La France est donc encore en retard

Le ministre se félicite aussi de l’amélioration du chômage puisque 500 000 chômeurs auraient disparu des statistiques de pôle emploi. C’est à peu près le même chiffre d’auto entrepreneurs qui a été nouvellement enregistré ( officiellement 400 000 réellemnet déclarés) . Cela signifie que beaucoup ont abandonné leurs activités de salariés dans les secteurs les plus touchés comme l’hôtellerie ou le tourisme pour se mettre à leur compte. Le problème c’est que la plupart des autos entrepreneurs ne dégage que des rémunérations insignifiantes. Beaucoup disparaissent au bout de deux ans.

On peut effectivement se réjouir du redressement français mais il convient donc de le relativiser car nous sommes en retard sur nos perspectives.

Certes on a sans doute sauvé un certain nombre d’emplois mais la facture n’est pas négligeable. Au total, l’État aura encore dépensé l’an dernier un peu plus de 60 milliards d’euros, selon les chiffres donnés récemment par le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, au prix d’un déficit public qui devrait avoisiner les 7% et d’une dette publique autour de 113%.

Une facture qui provient notamment de la facilité pour les états dont la France de s’endetter avec de l’argent gratuit mais qu’il faudra bien rembourser un jour. Un remboursement qui s’effectue actuellement via l’inflation qui en quelque sorte amorti la politique très accommodante des banques centrales.

Économie PIB : retour à la croissance molle en 2022

Économie PIB  : retour à la croissance molle en 2022

 

L’INSEE s’enthousiasme taux exceptionnel de croissance de 2021 à 6,7 % selon les prévisions. En réalité il ne s’agit que d’un phénomène de rattrapage e n raison du recul de 8 % en 2020.Pour  2022 on annonce aussi des chiffres très optimistes, en réalité on sera autour de 4 % de l’année 2022; le niveau du PIB sera tout juste supérieur de 1,5 % par rapport à fin 2019. Autrement dit, la France reprend son rythme de croissance molle . 

Alors qu’un flot d’incertitudes semble menacer l’économie hexagonale, la note de conjoncture publiée ce mardi par l’Insee vient apporter un peu de sérénité au débat. Selon l’institut, la croissance du produit intérieur brut (PIB) français poursuivrait son rebond au premier semestre 2022. Malgré le retour de la pandémie, l’activité progresserait d’abord de 0,5 % pendant les trois derniers mois de cette année, portant ainsi la croissance de 2021 à 6,7 %, soit l’un des millésimes les plus dynamiques de l’après-guerre.

L‘Insee table en effet sur une croissance de 0,4 % au premier trimestre 2022, puis de 0,5 % entre avril et juin. Au printemps 2022, les cicatrices de la crise sanitaire sur l’économie seraient alors bien effacées. Le PIB français se situerait même 1,4 % au-dessus de son niveau de fin 2019. « L’acquis de croissance à mi-année (c’est-à-dire le taux de croissance annuel que l’on obtiendrait pour 2022 si l’activité économique restait figée aux troisième et quatrième trimestres à son niveau prévu pour le deuxième) s’élèverait à 3 % », prévient l’Insee.

PIB-Pays riches : la France passe de la 12e à la 24e place

PIB-Pays riches : la France passe de la 12e à la 24e place

Qu’il s’agisse de la richesse globale (PIB) ou de la richesse rapportée par habitant, la France recule. En 1980, la France était la quatrième puissance économique par l’importance de son produit intérieur brut. Par habitant la richesse a considérablement diminué. Ce dernier indicateur est sans doute le plus inquiétant car aujourd’hui la Frans se situe au 24e rang de richesse par habitant. Un indicateur économique qui avec la balance commerciale témoigne à l’évidence de la perte de compétitivité et de productivité du pays.

 

D’après des sources du FMI , l’économie française était la quatrième au monde par la taille de son Produit intérieur brut dans les années 1980, et aujourd’hui les Français sont classés au 24ème ou 25ème rang mondial pour le PIB par habitant».,

 

Aujourd’hui nous sommes le septième, derrière les trois mêmes nations, plus la Chine, l’Inde et le Royaume-Uni qui sont venus s’intercaler entre le trio de tête et nous (la Chine est même la deuxième juste derrière les États-Unis). Les chiffres du FMI (Fonds monétaire international) en témoignent et ils font autorité. Par ailleurs, les Français figurent aujourd’hui au 24e rang pour ce qui est du PIB par habitant, ce qu’on peut assimiler à une sorte de pouvoir d’achat, alors qu’ils se trouvaient en 12e position en 1980, selon la même source.

 

Endettement mondial : hausse à 100% du PIB

Endettement mondial : 100% du PIB

 

Pour parler simplement le monde a consommé par avance une année de richesse mondiale. Nombres d’experts répondront que cette situation ne constitue pas un problème tant que les taux d’intérêt restent aussi bas. La question fondamentale est de savoir jusqu’à quand ces taux pourront rester aussi bas si l’inflation actuellement poussée par la montée des matières premières de base et l’énergie continue de s’envoler et de contaminer la sphère de la consommation.

En continuant d’inonder les marchés financiers de liquidités les banques centrales ne font rien d’autre que de faire tourner la machine à billets. Une sorte de fausse monnaie en quelque sorte qui connaîtra une dévaluation notamment à travers le phénomène inflationniste en cours.. La dette publique mondiale a bondi de 14% en 2020 par rapport à 2019, pour un montant total de 88.000 milliards de dollars, s’approchant du seuil des 100 % du PIB, indique le rapport annuel de surveillance budgétaire du FMI, publié dans le cadre des assemblées générales d’automne.

Celle des économies développées a atteint 122,7% du PIB. Les niveaux varient de 254,1% pour le Japon, 155,8% en Italie, 133,9% aux États-Unis, 115,1% en France et 69,1% pour l’Allemagne. Les économies émergentes ont aussi enregistré une forte hausse, à 64% contre 54,7% en 2019, avec, là encore, des écarts importants. La dette du Brésil, de loin la plus élevée des grands émergents, frise les 100%, à 98,9%, à l’inverse de la Russie, à 19,3%. L’année 2020 a également connu une envolée des déficits publics, à 10,2% du PIB à l’échelle mondiale, à un niveau comparable pour les pays

Concept de la croissance : Le Bonheur National Brut à la place du PIB ?

Concept de la croissanceLe Bonheur National Brut à la place du PIB ?

 

Le professeur en sciences de gestion, Lars Meyer-Waarden, constate, dans une tribune au « Monde », que, au-delà de la satisfaction immédiate du consommateur, les entreprises cherchent désormais à mesurer son niveau de bien-être pour mieux le fidéliser.(extrait)

Tribune. 

Au lieu de s’en tenir à l’évaluation du produit national brut, agrégat de l’ensemble des productions annuelles d’un pays, de plus en plus d’économistes cherchent désormais à mesurer le « bonheur national brut ». Le Bhoutan a fait figure de pionnier, inscrivant dans sa Constitution la centralité de cette quête. L’ONU a établi un indice mondial du bonheur.

Des pays comme la Nouvelle-Zélande sont allés loin sur le plan pratique, arrimant leurs politiques économiques à des indicateurs concrets de bien-être. En France, le président Sarkozy avait lancé une commission d’étude sur ce thème en 2009 sous la houlette du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.

Mettre au point de nouveaux outils de mesure est un élément fondamental pour faire évoluer les situations. Le raisonnement vaut à l’échelle macroscopique, pour les gouvernants des pays ou des villes, mais également à une échelle beaucoup plus fine, lorsqu’il s’agit de sonder les cœurs et les reins des consommateurs pour concevoir et vendre de nouveaux produits et services.

Traditionnellement, c’est la satisfaction de court terme de ces consommateurs qu’étudient les experts en marketing. Mais, depuis sept ou huit ans, une communauté grandissante de spécialistes se regroupe à l’échelle internationale et commence à construire de nouveaux instruments de mesure permettant d’étudier, au-delà de cette satisfaction, l’impact en matière de bien-être des produits et services proposés.

La notion est complexe. On sort d’un univers cognitif, d’une satisfaction liée par exemple à un bon rapport qualité-prix, une livraison rapide et fluide, une qualité correspondant aux attentes, pour entrer dans un monde plus affectif.

Il s’agit d’évaluer le sentiment de sécurité, de confiance, provoqué par les produits et services proposés, ainsi que leurs conséquences en matière de santé mentale et physique. Les questions posées aux consommateurs portent sur leurs émotions, sur des aspects éthiques, voire spirituels.

D’un point de vue pratique, on passe de mesures immédiates à des enquêtes menées plus tardivement, mesurant les perceptions de moyen terme.

Moins de 10 % des clients satisfaits fidèles

Ces études marketing revisitées sont d’abord nées d’une demande des entreprises elles-mêmes, déçues de l’incapacité des méthodes de mesure traditionnelles à prévoir des comportements très importants pour elles, comme la fidélité ou l’infidélité des consommateurs aux marques.

Les consommateurs sont toujours nombreux à vouloir affirmer leur statut par des achats qui les positionnent socialement, mais, de plus en plus, ils réclament aussi de la transparence pour pouvoir faire confiance

Le Bonheur National Brut à la place du PIB ?

Le Bonheur National Brut à la place du PIB ?

 

Le professeur en sciences de gestion, Lars Meyer-Waarden, constate, dans une tribune au « Monde », que, au-delà de la satisfaction immédiate du consommateur, les entreprises cherchent désormais à mesurer son niveau de bien-être pour mieux le fidéliser.(extrait)

Tribune. 

Au lieu de s’en tenir à l’évaluation du produit national brut, agrégat de l’ensemble des productions annuelles d’un pays, de plus en plus d’économistes cherchent désormais à mesurer le « bonheur national brut ». Le Bhoutan a fait figure de pionnier, inscrivant dans sa Constitution la centralité de cette quête. L’ONU a établi un indice mondial du bonheur.

Des pays comme la Nouvelle-Zélande sont allés loin sur le plan pratique, arrimant leurs politiques économiques à des indicateurs concrets de bien-être. En France, le président Sarkozy avait lancé une commission d’étude sur ce thème en 2009 sous la houlette du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.

Mettre au point de nouveaux outils de mesure est un élément fondamental pour faire évoluer les situations. Le raisonnement vaut à l’échelle macroscopique, pour les gouvernants des pays ou des villes, mais également à une échelle beaucoup plus fine, lorsqu’il s’agit de sonder les cœurs et les reins des consommateurs pour concevoir et vendre de nouveaux produits et services.

Traditionnellement, c’est la satisfaction de court terme de ces consommateurs qu’étudient les experts en marketing. Mais, depuis sept ou huit ans, une communauté grandissante de spécialistes se regroupe à l’échelle internationale et commence à construire de nouveaux instruments de mesure permettant d’étudier, au-delà de cette satisfaction, l’impact en matière de bien-être des produits et services proposés.

La notion est complexe. On sort d’un univers cognitif, d’une satisfaction liée par exemple à un bon rapport qualité-prix, une livraison rapide et fluide, une qualité correspondant aux attentes, pour entrer dans un monde plus affectif.

Il s’agit d’évaluer le sentiment de sécurité, de confiance, provoqué par les produits et services proposés, ainsi que leurs conséquences en matière de santé mentale et physique. Les questions posées aux consommateurs portent sur leurs émotions, sur des aspects éthiques, voire spirituels.

D’un point de vue pratique, on passe de mesures immédiates à des enquêtes menées plus tardivement, mesurant les perceptions de moyen terme.

Moins de 10 % des clients satisfaits fidèles

Ces études marketing revisitées sont d’abord nées d’une demande des entreprises elles-mêmes, déçues de l’incapacité des méthodes de mesure traditionnelles à prévoir des comportements très importants pour elles, comme la fidélité ou l’infidélité des consommateurs aux marques.

Les consommateurs sont toujours nombreux à vouloir affirmer leur statut par des achats qui les positionnent socialement, mais, de plus en plus, ils réclament aussi de la transparence pour pouvoir faire confiance

Croissance– décroissance: Mais le PIB toujours au sens de la problématique !

Croissance– décroissance: Mais le PIB toujours au sens de la problématique !

 

L’enjeu n’est plus le développement matériel de nos sociétés, mais la transition écologique et sociale, rappelle l’économiste Aurore Lalucq dans une tribune au « Monde »(Extrait).

 

Tribune.

Le débat sur la croissance arrive à la fois au pire et au meilleur moment. Au meilleur, car il est plus que temps de nous interroger sur les finalités de notre modèle économique. Au pire, car notre débat public est incapable de supporter la moindre nuance. Or c’est bien de nuance qu’il va falloir nous armer si nous voulons éviter l’impasse à laquelle nous conduit l’opposition entre croissance verte et décroissance.

D’un côté, les tenants de la décroissance nous expliquent qu’il est urgent de « décroître » du fait de la corrélation entre croissance et émissions de gaz à effet de serre (GES). S’ils ont raison sur le diagnostic, ils négligent trop la manière dont ce discours peut être perçu.

En effet, pour bon nombre de personnes, la référence à la décroissance agit comme un repoussoir, véhiculant un imaginaire de privation. Ses détracteurs ne manquent d’ailleurs pas de la caricaturer comme un retour forcé à la bougie. Un discours particulièrement efficace, car nous avons été collectivement conditionnés par l’importance de la croissance et par la peur de sa disparition.

Difficile par ailleurs de parler de réduction de la consommation à des personnes qui n’ont jamais pu totalement y goûter. Et si cela est vrai en France, ne parlons même pas des pays qui n’ont pas eu accès aux mêmes possibilités de développement, car nous les avons privés de leur « droit à polluer ».

De l’autre côté, les hérauts de la croissance verte nous expliquent qu’il serait possible de découpler émissions de GES et croissance, autrement dit de produire plus en polluant moins, et ce, grâce au progrès technique. Malgré des innovations certaines, la promesse du découplage permis par une rupture technologique reste à l’état de chimère.

L’Agence européenne de l’environnement estime que le découplage semble « peu probable », rappelle qu’« aucun consensus scientifique n’a jamais émergé au fil des années » et que, pour atteindre nos objectifs climatiques, nous allons être obligés de mettre la croissance de côté.

 

Parier sur le découplage serait donc irresponsable, alors que toute la communauté scientifique s’accorde sur l’urgence d’agir pour limiter l’impact du dérèglement climatique. Mais on ne peut pour autant disqualifier en bloc la logique qui sous-tend ce discours, à savoir la peur de renoncer à la prospérité. Mais croissance et prospérité vont-elles encore de pair ? Rien n’est moins sûr tant on observe, dans nos économies développées, un décrochage entre l’évolution du produit intérieur brut (PIB) et celle du bien-être depuis plus de quarante ans.

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