Archive pour le Tag 'Philippe'

Édouard Philippe : retour souhaité par 54 %.

Édouard Philippe : retour souhaité par 54 %. 

Selon un sondage Odoxa publié lundi. 54% des personnes interrogées souhaiteraient le retour de l’ancien premier ministre, contre 45% qui n’en veulent pas, selon une enquête réalisée pour France Inter et la presse régionale. Près des deux tiers des sondés (63%) ont une bonne opinion du maire du Havre, soit une hausse de 20 points par rapport à une précédente enquête de septembre 2019. Dans le détail, les Français le jugent dynamique (64%), compétent (63%), solide (62%), sympathique (61%) et même charismatique (54%).

Selon ce même sondage, la cote de confiance d’Emmanuel Macron baisse d’un point à 38%, et celle du Premier ministre Jean Castex s’établit à 40%, huit points en dessous de celle d’Édouard Philippe en juin. Selon  l’enquête Odoxa, le maire du Havre est – de loin – la personnalité politique préférée des Français avec une cote d’adhésion de 51%, devant la ministre de la Culture Roselyne Bachelot (45%). Viennent ensuite, loin derrière, Marine Le Pen (28%), Olivier Véran, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian (tous à 27%) et François Baroin et Eric Dupont-Moretti (26% tous les deux).

Le sondage Odoxa a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1.005 personnes, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, interrogées par Internet les 22 et 23 septembre (marge d’erreur de 1,4 à 3,1 point).

Édouard Philippe annonce une tempête sanitaire, économique et sociale !

Édouard Philippe annonce une tempête sanitaire, économique et sociale. !

 

«Je pense que nous allons affronter une tempête – une tempête économique, une tempête sanitaire, une tempête à tous égards – et peut-être une tempête sociale, peut-être une tempête politique. Et je pense que les temps qui viennent sont des temps difficiles», prévoit Édouard Philippe.

 

Une prise de position assez curieuse qui fait souffler un vent de pessimisme sur la conjoncture et l’environnement politique. Il n’est pas certain que ces annonces soient particulièrement appréciées par l’Élysée et par Matignon qui s’efforcent au contraire de rassurer. Pourquoi aussi annoncer une tempête politique ? Peut-être pour anticiper des résultats encore catastrophiques pour le parti en marche à l’occasion des élections départementales et régionales.

On se demande si Édouard Philippe ne prend pas rendez-vous avec l’histoire. En tout cas, la posture d’oracle est curieuse même si elle semble justifier par le souci de rappeler les républicains à la raison et à l’union avec la majorité actuelle.

Notons aussi que cette déclaration intervient juste au lendemain de l’annonce de la nomination d’Édouard Philippe au conseil d’administration ATOS. Une nomination parfois critiquée et qui symbolise les liens un peu sulfureux entre le business et la politique. Faut-il rappeler que Thierry Breton l’ancien président d’ATOS a été nommé commissaire européen sur proposition Édouard Philippe. D’une certaine manière Thierry Breton renvoie l’ascenseur.

Édouard Philippe voudrait rendre la situation encore plus difficile à son successeur comme premier ministre qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Le moins qu’on puisse dire c’est que son message qui vise plusieurs objectifs manque de clarté et on ne sait pas très bien à qui s’adresse sa critique quand il déclare.

 «les esprits calmes, ouverts, pondérés», ainsi que «la capacité de rassemblement, de dépassement»«Quand vous êtes sur un bateau et que la tempête arrive, l’important n’est pas forcément d’être d’accord sur toutes les questions avec ceux qui sont avec vous sur le bateau. L’important, c’est de savoir où on veut aller et comment est-ce qu’on va affronter la tempête», a-t-il expliqué. Pour l’ancien chef du gouvernement, «la boussole» qu’il faut «privilégier» pour «travailler ensemble» est donc celle du «dépassement», du «sens de l’État», du «sens de la France», plutôt que la «boussole partisane».

«Nous aurons besoin de ces femmes et de ces hommes de bonne volonté qui comprennent que nous allons subir, que nous allons traverser une très forte bourrasque

 

Sondage 2022 : Philippe en tête chez les Républicains

Sondage 2022 : Philippe en tête chez les Républicains

 

D’après un sondage IFOP pour La Lettre de l’Expansion de lundi 31 août 26% des électeurs LR souhaiteraient voir Édouard Philippe porter les couleurs de la droite. Un résultat qui le place devant François Baroin (21%), Xavier Bertrand (18%) ou encore Valérie Pécresse (15%).. 20% des électeurs LR interrogés préféreraient aussi un autre candidat que ces quatre noms testés. De quoi, sans doute, réveiller de nouvelles ambitions…

Plus largement, 20% des Français aimeraient voir l’ancien locataire de Matignon représenter la droite en 2022. Cela le place, là encore, devant Xavier Bertrand (11%), et même très loin devant François Baroin (7%) et Valérie Pécresse (6%). 56% des Français aimeraient cependant qu’une autre personnalité puisse représenter la droite.

Globalement si 19% d’entre les français aimeraient voir Emmanuel Macron défendre les couleurs de sa majorité, 18% lui préféreraient son ancien premier ministre.

Sondage popularité : Édouard Philippe en tête

Sondage popularité : Édouard Philippe en tête

 

43% de Français désireux de le voir exercer plus d’influence dans la vie politique (BVA pour RTL et Orange) et 56% d’opinions favorables (Ipsos pour Le Point). Édouard Philippe s’élève très haut (78% d’opinions favorables, selon Ipsos) dans le temple politique des sympathisants de droite, dépourvus de leader à deux ans de l’élection présidentielle. Le transfuge des Républicains, de retour à la tête du Havre (Seine-Maritime), obtient son meilleur score parmi les centristes (86%).

Mais il ne partage pas l’envol de sa cote de popularité avec Emmanuel Macron, immobilisé sous la barre des 40% d’opinions favorables (39%, +1 point par rapport au mois dernier). Quant à son successeur, Jean Castex, il reste encore peu connu de la population : 40% des Français n’expriment pas de jugement à son égard. Un citoyen sur trois (33%) voit toutefois d’un bon œil le nouveau premier ministre. Un niveau de popularité déjà éprouvé (31%) en mai 2017, à son arrivée à Matignon, par un certain Édouard Philippe.

«Le capitalisme responsable à l’épreuve du raidissement chinois». ( Philippe Mudry, l ‘Opinion)

«Le capitalisme responsable à l’épreuve du raidissement chinois». ( Philippe Mudry, l ‘Opinion)

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« On ne le croirait pas à écouter le silence qui entoure la mise au pas de Hong Kong, mais les Etats ne sont pas seuls, à l’exception des Etats-Unis et du Royaume-Uni, à faire comme si leurs grands principes pouvaient s’accommoder du raidissement chinois. Le monde des affaires rallié au capitalisme responsable a le même problème à gérer. Pour l’heure, il fait le dos rond, espérant que ce mauvais vent d’Est faiblira devant les suites fâcheuses que Pékin devra mesurer au fil du temps. Déjà, l’Europe agit pour barrer la route aux investissements chinois indésirables ​; la Chine risque de nouvelles sanctions si elle persiste dans une attitude jugée par trop agressive en Occident. Et n’est-ce pas aux politiques de faire leur devoir, en contraignant à plus de mesure ce géant si impatient d’imposer sa superpuissance ?

Il est vrai que le business n’a pas vocation à être en première ligne, mais il ne suffira pas toujours de faire profil bas. Si les entreprises et les investisseurs ne vont pas à la Chine, la Chine viendra à eux. Les exemples abondent. Ne parlons pas de HSBC ou de Cathay Pacific, ces entreprises « ​sinisées ​», desquelles de peu glorieux signes d’allégeance à Pékin ont été exigés, et obtenus, lors de la crise de contestation à Hong Kong.

Depuis, le pouvoir central a renforcé sa pression sur d’autres acteurs étrangers importants, les Gafa surtout, pour qu’ils coopèrent avec l’appareil répressif en partageant des informations permettant de contrôler la contestation. Google, Facebook et Twitter ont refusé, mais les menaces vont s’intensifier, à Hong Kong et ailleurs. Car Pékin, la crise du Covid-19 l’a montré, n’hésite plus à y recourir à l’étranger même.

Tous les investisseurs doivent, eux aussi, inclure le cas chinois dans leurs éléments de décision. Le déni des droits de l’homme n’est pas un critère responsable mineur

Rétorsion. ​Dans l’ancienne colonie britannique, on songe bien sûr aux banques. Toutes les grandes françaises y sont installées. Déjà, BNP Paribas y a subi une semonce, et dû se séparer d’un employé sympathisant du mouvement pro-démocratie. Ce ne sera pas la dernière pression à craindre, d’autant que les Français ont des ambitions en Chine. Quant aux interventions hors de la sphère chinoise traditionnelle, elles vont croître aussi. Dernier exemple en date, la réaction chinoise virulente aux propos du patron de l’Agence française de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, annonçant que Huawei fait l’objet de refus et d’autorisations limitées entre trois et huit ans dans la mise en place de la 5G. En matière de rétorsion, la Chine aura l’embarras du choix. EDF pourrait être une victime toute désignée, via l’éventuelle remise en cause de son partenariat avec le chinois CGN pour la construction outre-Manche de centrales de nouvelle génération. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Par ricochet, tous les investisseurs doivent, eux aussi, inclure le cas chinois dans leurs éléments de décision. Le déni des droits de l’homme n’est pas un critère responsable mineur. La Chine a besoin des investisseurs internationaux pour se développer et concurrencer les Etats-Unis sur le terrain financier. Si la prudence à court terme est compréhensible, l’aveuglement volontaire se paiera cher à terme. Les investisseurs ont une arme puissante entre les mains. Le moment arrive où s’en servir collectivement peut être la voie de la sagesse.

«l’entreprise d’après». La tribune de Philippe Cruellas

«l’entreprise d’après». La tribune de Philippe Cruellas

 « On ne transformera pas l’entreprise en brandissant des déclarations de bonnes intentions », estime Philippe Cruellas, managing partner d’Yndigo Partners (chronique dans l’opinion)

 

Philippe Cruellas.

 

On l’entend et on le lit à longueur d’articles : l’entreprise doit se réinventer pour jouer un rôle nouveau à la hauteur des enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux. La crise a mis un coup de projecteur. Peut-être va-t-elle jouer un rôle d’accélérateur. Mais, pour le moins, ces sujets ne sont pas nouveaux. Et force est de constater que les choses bougent peu.

L’entreprise d’après n’émergera qu’à trois conditions : des règles du jeu claires et intangibles données par le législateur ; une pression sans relâche des parties prenantes notamment les investisseurs, les clients et les collaborateurs ; et enfin des entreprises revisitant en profondeur leurs logiciels. Voici comment :

Un Etat donnant et faisant respecter des règles du jeu claires

Pour bouger en nombre, les dirigeants ont besoin de règles du jeu fixées par le législateur concernant la valorisation des investissements bas carbone et la pénalisation des entreprises polluantes. L’instauration au niveau européen d’un prix du carbone (environ 100 euros la tonne) serait un signe fort envoyé aux acteurs économiques. De son côté l’Etat, lorsqu’il est présent au sein des conseils d’administration, devrait jouer de tout son poids pour pousser les équipes dirigeantes vers des politiques du temps long. C’est loin d’être toujours le cas. On peut regretter la disparition du Commissariat général au Plan qui fixait le cadre des politiques de long terme.

Des parties prenantes tenant leurs exigences éthiques

Des étudiants qui menacent de ne pas candidater ou des clients qui boycottent telle ou telle marque sont autant de pressions qui poussent les entreprises à modifier leurs pratiques. De nouvelles normes internationales (B Corp aux USA, entreprise à mission en France…) émergent. Elles définissent un certain nombre d’exigences sociales, sociétales et environnementales qui doivent être respectées. Etre labélisée engage l’entreprise car elle inscrit le respect d’un certain nombre de pratiques éthiques dans ses statuts. Du coup, si elle y déroge, elle s’expose à des poursuites du législateur ou de ses parties prenantes avec tous les effets d’image associés. De plus, les labels servent de plus en plus aux acteurs financiers (Amundi…) à flécher leurs investissements ; aux salariés à moduler leur attraction ou leur engagement ; et aux clients-consommateurs à concrétiser — ou pas — leur acte d’achat.

Des entreprises modifiant leur logiciel de triple manière

 Une gouvernance plus inclusive des parties prenantes et des exigences sociales, sociétales et environnementales. Dans bien des entreprises l’actionnariat, court-termiste, bloque toute tentative de construire un modèle d’affaire et de gouvernance compatible avec le bien commun. Isabelle Kocher, l’ancienne patronne d’Engie a fait la cruelle expérience que l’on ne peut engager des politiques ambitieuses et vertueuses contre l’avis de ses actionnaires. A contrario, Emmanuel Faber a été suivi par son conseil d’administration pour devenir la première « entreprise à mission » du CAC 40. C’est donc possible. Qu’il s’agisse des salariés au conseil d’administration ou de la mise en place d’un comité des parties prenantes, le point névralgique est celui de la formation de ces nouveaux acteurs à la tenue de leur rôle complexe. Condition impérieuse d’un dialogue fécond, peu remplie à ce jour.

 Un pilotage des indicateurs extra-financiers (niveau de formation, choix d’organisation, engagement carbone…). Les indicateurs extra-financiers expriment une volonté prospective de création de valeur. Les leviers environnementaux, sociétaux, sociaux et de gouvernance sont des sources de gains futurs pour l’entreprise. Qu’il faut justifier, ce qui n’est pas toujours simple. Ainsi s’approvisionner en Chine peut se justifier pour mettre en œuvre une politique de prix bas. Encore faut-il intégrer les externalités négatives de toute la chaîne de valeur : les conditions humaines de fabrication, les sources énergétiques utilisées, l’empreinte carbone du transport jusqu’au dernier kilomètre.

 Une RSE qui se positionne au cœur du business. La RSE est restée dans bien des cas une sorte de caution morale. La réduction de l’empreinte carbone est « le » sujet. Elle se résume la plupart du temps à des déclarations peu soutenues par des politiques transparentes à la hauteur des enjeux des « Accords de Paris ». Les acteurs RSE devraient de toute urgence se positionner comme un acteur stratégique. En aidant les équipes dirigeantes à anticiper l’impact de la dégradation de l’environnement sur le modèle d’affaire. Et à dessiner de nouvelles opportunités (nouveaux produits…). Leur légitimité future en dépend.

Les démarches à vocation sociale et sociétale sont, elles aussi, trop souvent déconnectées du business. La philanthropie sociale s’exprime le plus couramment sous la forme du mécénat de compétences. On peut aller plus loin en couplant, par exemple, des expérimentations sociales (retour à l’emploi de chômeurs…) et des enjeux business. On le sait bien, de plus en plus de décideurs publics et privés définissent des critères sociaux comme condition d’accès à certains marchés. Ainsi Suez très présent sur le marché de l’eau a compris que dans les appels d’offres de renouvellement de concession d’assainissement et de distribution d’eau la composante sociale était clé. Notamment la clause d’insertion. Ainsi l’insertion cesse d’être un alibi pour devenir stratégique dans l’approche des contrats.

On ne transformera pas l’entreprise en brandissant des déclarations de bonnes intentions. Les belles politiques, pour devenir réelles, doivent être reliées aux enjeux stratégiques et être appuyées par le législateur. Alors les acteurs économiques verront ce qu’ils peuvent gagner à mettre en œuvre des politiques au service du bien commun. Condition première de leur mise en mouvement.

Philippe Cruellas est managing partner d’Yndigo Partners.

 

CORONAVIRUS: INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE CONTRE PHILIPPE, BUZYN ET VÉRAN : du pipeau

CORONAVIRUS: INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE CONTRE PHILIPPE, BUZYN ET VÉRAN : du pipeau

 

Comme déjà indiqué à plusieurs reprises,  des enquêtes préliminaires comme les enquêtes plus formelles décidées par la commission dépendant de la cour de justice de la république relève de l’agitation médiatique. Une question préalable toutefois : faut-il ou non judiciariser les insuffisances de gestion d’un gouvernement où trouver un mode de régulation qui permette  un contrôle démocratique régulier.

Il y a déjà plusieurs semaines qu’est envisagée cette ouverture d’information judiciaire concernant Édouard Philippe, l’ancienne ministre de la santé et l’actuel. Le problème est que cette procédure est ouverte sous la tutelle de la cour de justice de la république, justice exception qui n’a jamais puni pratiquement personne. Et pour cause puisque cette cour de justice de la république comprend neuf élus et trois magistrats !

Conclusion beaucoup d’agitation, sans doute beaucoup d’audiences, de roulements de tambour dans les médias, des affaires qui vont traîner des mois, voire des années. Et au final rien ou pas grand-chose.

Pourtant Le procureur général près la Cour de cassation a publié un communiqué ce mardi: il y annonce l’ouverture d’une information judiciaire du chef d’abstention de combattre un sinistre, délit prévu et réprimé par m’article 223-7 du code pénal, pour des faits commis à Paris courant 2019 et 2020, contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran. Cette information judiciaire porte plus précisément sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Cette procédure judiciaire succède à la décision, prise le 3 juillet, de la commission des requêtes de la Cour de Justice de la République (CJR) de transmettre plusieurs plaintes relatives au traitement par l’Etat de la crise du Covid-19 au procureur général près la Cour de cassation, François Molins. La conduite de l’information judiciaire a été confiée par ce dernier à la commission d’instruction de la CJR.

 

«Philippe – Macron : un transfert de popularité et d’impopularité ?

 «Philippe – Macron : un transfert de popularité et d’impopularité ?

 

 

 

Nombre d’observateurs notent qu’il y a une confusion concernant la popularité dont a bénéficié l’ancien Premier ministre;  en effet pendant longtemps, l’ancien Premier ministre était aussi à la traîne dans les sondages. C’est progressivement que s’est opéré une certes une sorte de transfert à la fois de popularité et d’impopularité. Car à la vérité en soutenant davantage Philippe, l’opinion publique veut surtout marquer son désaccord total avec Macron. C’est davantage un désaveu adressé à Macron qu’un soutien à Édouard Philippe qui cependant en simplifiant sa politique de communication s’est rendu beaucoup moins ésotérique qu’un Macron qui confond sans doute la fonction royale et la fonction démocratique d’un président de la république.  On aura l’occasion rapidement de voir comment évolue la popularité du nouveau Premier ministre. Il se pourrait bien qu’on assiste au même phénomène surtout si Macron confirme son idée de mettre la main sur Matignon pour assurer encore davantage de présence médiatique partout et surtout les sujets.

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

La plupart des médias reprennent  en chœur l’information relative au lancement d’une information judiciaire contre Édouard Philippe, Buzyn et Véran à propos de la gestion de la crise sanitaire. Mais évidemment cette information judiciaire a été confiée à la cour de justice de la république, institution particulièrement bienveillante à l’égard de membres du gouvernement et qui n’a jamais pris la moindre sanction significative et pour cause. C’est une justice d’exception puisque la cour est composée de neuf politiques et de trois magistrats.

 

Au pire ( comme pour la présidente actuelle de la BC, Christine Lagarde dans l’affaire tapie) , la cour de justice de la république fera les gros yeux aux intéressés si des fautes y compris graves leur étaient imputées. La commission des requêtes de la Cour de justice de la République a donc annoncé vendredi avoir transmis au procureur général près la Cour de cassation neuf plaintes contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran en vue de l’ouverture d’une information judiciaire pour leur gestion de l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus en France.

Edouard Philippe, Premier ministre jusque ce vendredi, Agnès Buzyn et Olivier Véran, qui se sont succédé au ministère de la Santé, sont visés par des plaintes pour “abstention de combattre un sinistre”.

“Il appartient désormais au procureur général – lié par les termes de cette décision – d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre de M. Edouard Philippe, de Mme Agnès Buzyn et de M. Olivier Véran”, écrit la Cour de justice de la République dans un communiqué.

La Cour de justice de la République précise que le délit cité est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Une précision qui s’impose car la cour de justice n’a pratiquement jamais puni personne.

Philippe viré pour excès de popularité

Philippe viré pour excès de popularité

 

 

Comme d’habitude, pendant plusieurs jours les grands médias vont faire l’économie des analyses politiques pour ne pas contredire le pouvoir.

On voit mal en effet apparaître les explications qui justifient la décision de Macron . Soyons clairs,  Édouard Philippe ne souhaitait nullement partir, il a été clairement viré par Macron  essentiellement en raison du péché mortel qui consiste à afficher une cote de popularité très supérieure au président de la république. Notons que cette popularité est sans doute due  au style moins jupitérien d’Édouard Philippe par rapport à Macron. Certes, il a entrepris de nombreuses réformes mais il a aussi beaucoup échoué. La maîtrise de la crise sanitaire n’est pas non plus un succès exceptionnel.. En fait, Philippe doit sa popularité à une espèce de phénomène de vase communiquant. Les Français se prononcent  plutôt en faveur de Philippe pour manifester leur mécontentement vis-à-vis d’un Macon dont l’attitude est l’avantage celle d’un roi de France que d’un chef d’État dans un pays démocratique.

 

On aura sans doute l’occasion de vérifier si le phénomène continue avec le nouveau Premier ministre. La vraie question, c’est le phénomène de rejet de Macron. Pas sûr que le président de la république réussisse son opération de séduction d’un électorat qui le lâche petit à petit. Il a choisi en fait un troisième couteau , technocrate compétent sans doute mais qui n’est pas porteur d’une grande vision politique. Bref Macon a choisi un collaborateur pour reprendre en main Matignon et si possible récupérer  l’audience d’Édouard Philippe.

Le pari est dangereux car du coup Édouard Philippe se met dans une position d’attente très confortable et il est même vraisemblable que sa cote de popularité va encore monter avec ce départ précipité. Cela pourrait un jour faire douter de la fiabilité de la candidature de Macron en 2022. Le candidat tout désigné de la droite et de la république en marche serait  alors Édouard Philippe.

Edouard Philippe en tête pour « réinventer la France » loin devant Macron

Edouard Philippe en tête  pour « réinventer la France » loin devant Macron

Selon un  sondage IFOP pour La Tribune et Europe 1. Interrogés pour savoir en qui ils ont confiance pour « réinventer la France », les Français ont placé Édouard Philippe largement en tête avec 45% des répondants, sur une liste de 40 personnalités.

L’écart se creuse nettement avec Emmanuel Macron qui apparaît au neuvième rang à 32%, talonné par le Général de Villiers, l’ancien chef d’État-major des Armées qu’il avait viré manu militari en 2017. Édouard Philippe, choisi au début du quinquennat pour incarner le « en même temps » macronien par une belle « prise » à droite, est en train de réaliser un joli contrepied de boxeur en imposant sa carrure dans l’opinion face à un président dont il devient en quelque sorte le caillou dans la chaussure, celui qui fait mal quand on marche trop longtemps avec, mais que l’on ne peut que difficilement enlever.

Selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, Édouard Philippe connaît « un véritable état de grâce » : 94% des sympathisants LREM ont confiance en lui pour réinventer la France et malgré la « trahison » de 2017, le Premier ministre qui n’a jamais rallié En Marche, le parti du président, il bénéficie de la confiance de 65% des sympathisants LR. Quels que soient les scénarios pour son avenir, maintien à Matignon ou retraite dans sa ville du Havre, il semble donc devenu incontournable. Il est en tout cas devenu plus difficile pour Emmanuel Macron de justifier son départ, sinon pour se débarrasser d’un rival. Le chef de l’Etat, sans que rien ne perce de ses intentions, a salué dimanche soir la « belle victoire » de son Premier ministre et le recevra ce lundi « en tête à tête » avant l’échange prévu avec les 150 Français membres de la convention citoyenne pour le climat.

Selon ce  sondage, les personnalités issues de la droite l’emportent nettement dans l’opinion pour réinventer la France. Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, devenu le premier opposant du président de la République, sort du lot en quatrième position avec 38% de confiance devant Nicolas Sarkozy (5e à 36%), François Baroin, Bruno Le Maire ou Valérie Pécresse. « Un nouvel espace politique semble en train de s’ouvrir pour la droite modérée », souligne Frédéric Dabi.

Quant à la gauche, « elle souffre toujours de son absence d’incarnation » souligne Frédéric Dabi: on ne trouve dans les quinze premiers de la liste que Jean-Yves Le Drian, possible successeur d’Édouard Philippe à Matignon (8e place avec 35% de confiance) et Arnaud Montebourg (12e avec 26%), qui fait son come-back sur la dé-mondialisation ambiante. De même, analyse Frédéric Dabi, « la crise sanitaire ne semble pas avoir profité aux partis tribuniciens » : Marine le Pen (RN) y apparaît à la quinzième place et Jean-Luc Mélenchon (LFI) à la 29e.

Le trio de tête qui ressort du sondage Ifop est aussi très signifiant puisque juste derrière Édouard Philippe vient en second Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’Écologie qui a quitté avec fracas le gouvernement pour dénoncer l’impuissance de l’État sur la transition énergétique. Avec 44% de confiance pour réinventer la France, c’est tout un symbole alors que les municipales de 2020 ont permis à EELV de conquérir plusieurs grandes villes. En troisième position, avec 42% de confiance, et ce n’est sans doute pas qu’anecdotique, on retrouve Didier Raoult, le vibrionnant médecin épidémiologiste marseillais, qui incarne désormais mieux que personne le camp des « anti-système » en brandissant son remède miracle contre la Covid-19 et son bon sens de praticien face aux lobbys du médicament.

Sondage popularité : Macron encore en baisse, Philippe encore en hausse

Sondage popularité : Macron encore en baisse, Philippe encore en hausse

 

Lee Président perd un point et ne compte que 38% de Français satisfaits de son action, le Premier ministre gagne 4 points et atteint les 50% de satisfaits. Douze points de différence donc. « C’est un tournant, estime Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop dans notre baromètre pour le mois de juin. Sauf en octobre 2018, jamais l’écart n’a jamais été aussi important. Philippe vit un petit état de grâce ». Alors que beaucoup annoncent un vaste remaniement entre le 29 juin et le 14 juillet, se séparer de Philippe devient de plus en plus compliqué.

Certaines baisses du chef de l’Etat sont spectaculaires. Macron perd 14 points chez les 18-24 ans (il passe de 59% à 45%), sans doute en cause du décalage entre les manifestations contre le racisme qui tranchent avec sa mise en garde contre le « séparatisme ». Il chute également chez les commerçants, artisans et chefs d’entreprise. De 46 % de satisfaits, il tombe à 27%.  Autre mauvaise nouvelle : le chef de l’Etat ne récolte plus que 60% d’opinions favorables chez sont alliés du Modem. C’est encore un bon socle mais, il y a encore un mois, ce chiffre était de 78%. La question de la gestion des masques et de la sincérité de sa parole est souvent soulevée par les sondés et fait perdre des points à Macron. « Rien de positif ne lui est attribué sur la déconfinement », relève Dabi.

Avec la crise sanitaire, Macron avait gagné 11 points dans le baromètre Ifop-JDD. Depuis, il ne cesse de baisser. Philippe, lui, progresse de mois en mois. « L’image de Philippe se construit en décalque avec celle d’Emmanuel Macron », souligne Dabi. Seuls les sympathisants LREM insistent sur la complémentarité plutôt que sur les antagonismes.

Côté Philippe, le bond est particulièrement notable dans les secteurs de la population qui votent généralement le plus à droite : il prend 12 points chez les plus de 65 ans et 8 points chez les retraités. Logiquement, il gagne 7 points chez les sympathisants de droite (de 64 à 71% de satisfaits). « Il est incontournable à droite, note Dabi. C’est la pierre angulaire de l’édifice macronien et du changement de base électorale qui a s’est produit pendant le quinquennat ». « Son courage » et son « parler-vrai » reviennent souvent quand les sondés évoquent la crise.

Macron: Premier ministre pour remplacer Philippe!

Macron: Premier ministre pour remplacer Philippe!

Comme d’autres présidents qui l’ont précédé, macron n’est finalement guère satisfait de son Premier ministre au point qu’il envisage lui aussi l’hypothèse de son non remplacement. Ainsi la Ve République irait jusqu’au bout de sa logique depuis qu’elle a choisi le quinquennat avec un président qui assumerait tous les rôles et entourés simplement de quelques collaborateurs à l’Élysée où très proches . Macron en est persuadé, s’il dirigeait lui-même le gouvernement il pourrait s’affranchir de cette administration trop lourde qu’il ne cesse de critiquer et dont pourtant il est le produit et l’acteur  indiscutable. Il a été choisi pour cela. Sans doute pour ses qualités personnelles mais surtout parce que son agenda =lui permet précisément d’acceder aux centres de décision, de communiquer avec la nouvelle noblesse d’État constitué pour l’essentiel d’énarques et de leurs courtisans( de sciences Po et autres). Ainsi pour des questions économiques, financières, sociales, techniques etc. l’intéressé choisi  est à peu près certain de trouver des similitudes de pensées et même des reflexes  que ceux de classe chez le collègue sollicité une affaire particulière. Et les entreprises de leur côté recrutent énarques et autres petits marquis pour les mêmes raisons : leur facilité d’accès aux décideurs. La boucle est bouclée. La seule faiblesse dans le système c’est qu’en France tout le monde pense à peu près la même chose puisque nourri au même lait  l’orthodoxie à la fois libérale tout autant que centralisatrice et bureaucratique. Avec le premier ministre actuel de la problématique se complique car le chef de gouvernement ne joue pas le rôle de fusible qui devrait être le sien. Bien au contraire il aurait plutôt tendance à être nettement plus populaire que le chef de l’État lui-même. Bref une sorte d’inversion des rôles et sans doute pensons du côté de l’Élysée aussi des valeurs que Macron pense être le porteur d’un projet alors qu’il n’est que le vecteur d’intérêt qui l’ont porté au pouvoir. Macron va sans doute hésiter à changer de Premier ministre, la première raison c’est que ce premier ministre est relativement populaire comparé au chef de l’État. La seconde c’est que cette modification d’ordre institutionnel bouleverserait les équilibres constitutionnels et le président se verrait par exemple contraint de répondre lui-même directement et systématiquement devant le Sénat et l’Assemblée nationale. Il pourrait choisir une autre solution, une solution qui pourrait plaire : choisir par exemple une femme. Une femme plutôt jeune. Mais une femme sans beaucoup de personnalités ou de charisme qu’il  pourrait facilement écraser de son autorité et de sa royale puissance. Bref le changement mais en pire. Avec Macron tout est possible tellement l’individu en plus est persuadé d’être porteur d’un projet politique historique dont évidemment l’efficacité reste à démontrer puisque jusque-là il n’a pas réussi grand chose

 

 

Édouard Philippe: cheval de Troie ou adversaire des Républicains ?

Édouard Philippe: cheval de Troie  ou adversaire des Républicains ?

Chez les Républicains, on  commence à s’inquiéter de la montée en puissance de la popularité d’Édouard Philippe. En effet, dans le baromètre Elabe pour « Les Echos », la cote de confiance d’Emmanuel Macron perd 1 point ce mois-ci, à 33 %, tandis que celle d’Edouard Philippe fait un bond de 5 points à 39 %. Un tel écart est sans précédent depuis le début du quinquennat.

Certes les républicains ne sont pas mécontents de voir la cote de confiance de Macron s’affaiblit mais ils commence à s’inquiéter de la concurrence que pourrait faire Édouard Philippe au candidat officiel du parti républicain « Il a rencontré les Français. Jusqu’ici, ils ne savaient pas très bien qui il est », dit d’Edouard Philippe une de ses ministres en évoquant ses conférences de presse de crise. « Il a réussi en partie à révéler quelque chose, une marque, un style. Il est sorti de l’ombre et il a pris la lumière », observe, de son, côté Bernard Sananès, le président d’Elabe. Il faut dire que Édouard Philippe bénéficie aussi d’un soutien relatif de l’opposition qui pour enfoncer macro valorise un peu Édouard Philippe De fait dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique, la cote de confiance du Premier ministre fait un bond de 5 points ce mois-ci, à 39 %, quand celle d’Emmanuel Macron recule de 1 point, à 33 %. En trois mois de crise sanitaire, la cote de confiance du chef du gouvernement a progressé de 12 points ; celle du président de la République, de 3.

« C’est la première fois depuis le début du quinquennat qu’il y a un véritable écart entre eux », relève Bernard Sananès qui souligne aussi qu’Edouard Philippe recueille davantage de confiance chez les électeurs d’Emmanuel Macron du premier et du second tour de la présidentielle que le chef de l’Etat lui-même. « Il y a une part de doute qui s’est installée pendant la crise dans le socle électoral d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat n’a pas trouvé sa place, son registre d’action et de communication », pointe le sondeur.

Au-delà du socle électoral d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe a aussi gagné, en trois mois, 13 points auprès de l’électorat de gauche, avec une cote de confiance passée de 21 % à 34 %. Et sans surprise, le Premier ministre bénéficie d’une cote de confiance importante auprès de l’électorat de droite, à 58 %, en hausse de 20 points en un mois. Malgré des questionnements et des plaintes, avec le Premier ministre en première ligne sur la gestion de la crise et du déconfinement qui, jusqu’ici, sanitairement, se passe bien, « une comparaison est née qui n’avait pas lieu d’être dans la première mi-temps du quinquennat. Pour la première fois, il y a deux têtes de l’exécutif et l’opinion émet une préférence », souligne Bernard Sananès.

Remaniement : 65% pour Philippe

Remaniement : 65% pour Philippe

 

 

Un dernier  Odoxa - réalisée pour Aviva Assurances, Challenges et BFM Business – publié jeudi révèle un soutien premier midi à hauteur de 34 % mêmes si. 73% des interrogés réclament un changement de politique, et 64% souhaitent même un remaniement, 65% d’entre eux veulent que le premier ministre reste à son poste.

L chef de l’État peine, lui, à retrouver la confiance des Français. 74% des interrogés estiment qu’il ne changera pas «personnellement» et 69% pensent qu’il ne changera pas de politique, comme il s’y était engagé pendant la crise sanitaire.

Fait notable : les sympathisants de l’opposition, pourtant souvent hostiles au couple exécutif, souhaitent également, en majorité, qu’Édouard Philippe reste à Matignon. Ainsi, 78% des interrogés proches de LR veulent le maintien du premier ministre, 75% chez les écologistes, 61% chez les socialistes, et 60% chez les Insoumis.

« Epargne : en hausse pour un moment »( Philippe Crevel )

 « Epargne  : en hausse pour un moment »( Philippe Crevel )

Ce qu’explique  explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne. Dans une interview à l’opinion. (extrait)

Le gonflement de l’épargne liquide des Français relève-t-il d’une épargne subie ou forcée ou d’une épargne de précaution ?

Les ménages étaient en confinement, ce qui limitait leurs capacités de consommation, augmentant mécaniquement le taux d’épargne. Il est ainsi passé de 15 % du revenu disponible brut avant crise à 35 voire 40 %. Cette épargne contrainte ou subie a gonflé à la fois les dépôts à vue et les livrets d’épargne. La collecte sur le Livret A aurait été sans doute bien supérieure si de nombreuses agences bancaires ou des caisses d’épargne n’avaient pas été fermées. Cependant, la collecte historique du Livret A en avril relève aussi de l’épargne de précaution. Les ménages ont volontairement décidé de placer une partie de leurs liquidités de leurs comptes courants sur leur Livret A.

 

À Fin avril, l’encours total d’épargne placée sur les deux produits atteignait 428,2 milliards d’euros.

C’est « un niveau jamais atteint depuis la précédente crise (…) trois fois plus qu’au mois d’avril 2019″, a affirmé mercredi matin Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, lors d’une audition devant des commissions sénatoriales. Cette embellie n’est pas le résultat d’une rémunération attractive : le taux de rémunération du Livret A et du LDDS a été abaissé en février de 0,75% à 0,5%, soit son plus bas niveau historique. Le directeur de la Caisse des dépôts rejoint ainsi les propos tenus à la mi-avril par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui souhaitait de l’investissement et non de l’épargne pour relancer l’économie.

« Le mois d’avril restera dans les annales de l’épargne française. (…) Malgré leur faible rendement, le Livret A et le LDDS sont les grands gagnants de cette période très particulière d’épargne subie », a réagi dans une note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, cabinet de réflexion sur l’épargne et sa réglementation.

De façon plus générale, « l’augmentation de l’épargne de précaution a été constatée lors de chaque crise depuis 1973″, relève cet analyste.

 

« Modification des comportements d’achat» (Philippe Moati)

« Modification  des comportements d’achat» (Philippe Moati)

L’économiste et coprésident de l’Observatoire société et consommation analyse le  comportements des ménages pendant le confinement et les évolutions possibles ( interview le Figaro)

Le confinement a bouleversé nos habitudes de consommation. Qu’avez-vous constaté de plus flagrant dans vos enquêtes au début du confinement ?

PHILIPPE MOATI. - Nous avons tous consommé sous contrainte. Le plus notable au début du confinement, c’est bien sûr la baisse brutale de la consommation : nous étions sidérés, tout s’est arrêté. Celle-ci a entraîné un déficit de l’ordre de 33%, selon l’Insee, par rapport à une période normale. La consommation s’est recentrée sur un petit nombre de postes budgétaires, comme l’alimentaire, avec une grosse déformation de notre structure de dépense. Les Français sont allés au plus près de leurs besoins, à l’essentiel et à l’utile. Il est compliqué d’avoir un discours homogène, car tous les foyers sont différents, mais globalement nous avons tous été contraints de moins consommer parce que nous n’avions plus accès à l’offre.

Quelles habitudes se sont installées par la suite ?

Les Français ont accumulé beaucoup d’épargne, 55 à 60 milliards d’euros qui n’ont pas pu être dépensés, même si durant les deux dernières semaines, 17% des Français nous ont indiqué avoir pioché dedans. C’est logique, puisque 37% des personnes interrogées mi-avril nous on dit avoir subi une baisse de revenus, en moyenne de 25%. Durant le confinement, les Français ont réalloué leur budget essentiellement à l’alimentaire, puisqu’il a fallu assurer plusieurs repas par jour à la maison, et donc dépenser plus. Les Français ont dû s’occuper : la consommation numérique a fortement augmenté, les achats se sont concentrés sur le streaming. Certains ont découvert ou redécouvert l’e-commerce alimentaire qui a littéralement explosé. D’autres ont fréquenté assidûment des réseaux de producteurs locaux, d’où le délaissement important des hypermarchés.

Et puis au milieu du confinement, on a vu le retour de pulsions consuméristes

Je pense que les Français ont découvert surtout le «faire soi-même». Cela revient souvent dans nos enquêtes. Ils ont eu plus de temps pour s’adonner à leur passion, le bricolage, la peinture, le jardinage… Beaucoup d’activités manuelles. Et puis au milieu du confinement, on a vu le retour de pulsions consuméristes, avec une fraction de personnes qui a renoué avec le shopping, je l’appelle le «lèche-écran» à défaut de lèche-vitrines. Mais reste à savoir ce qui va perdurer après.

Justement, comment imaginer la reprise de la consommation quelques jours à peine après le déconfinement ?

N’oublions pas l’hétérogénéité de la population, notamment au niveau du choc budgétaire : tout le monde ne va pas être touché de la même manière, et les inégalités vont s’exacerber. Il faut savoir aussi que les comportements observés pendant le confinement ne permettent en rien de prédire ceux des prochaines semaines. Cependant, on peut formuler plusieurs hypothèses. Ce qui a le plus de chances de perdurer, ce sont les tendances entretenues par le contexte de la crise sanitaire, notamment les idéologies écologiques dont la dynamique est montée bien avant le confinement. Pour une fraction de la population, le confinement a encouragé à aller plus loin dans cette trajectoire déjà amorcée : remettre la consommation à sa place, consommer moins mais mieux, et plus intelligemment. L’année dernière il y a eu une forte prise de conscience écologique, et les indicateurs de lien entre la consommation et les enjeux environnementaux ont décollé.

Le confinement a entraîné une réflexion chez une petite partie des Français. Qu’est-ce qui est vraiment important ? En achetant moins, avons-nous vraiment manqué de quelque chose ? Cette déconsommation sous contrainte les a amenés – et convaincu ? – à passer à autre chose. La mise en accusation de tout un système néocapitaliste et la fronde contre ce système global étaient déjà en train de monter, il est fort probable que le phénomène perdure.

Et les autres ? Vont-ils renouer avec l’hyperconsommation d’avant ?

Encore une fois, ce n’est pas une réponse exhaustive. Globalement les Français ont envie de continuer à faire plus de choses par eux-mêmes, comme je vous l’ai expliqué, le fameux «faire soi-même». Le télétravail va faire perdurer ces habitudes, par la transformation radicale du jeu des contraintes pendulaires et ce rapport au temps qui va être modifié. La question est de savoir comment cette crise va changer nos idéaux. Les changements seront-ils durables ? Nous allons forcément reprendre des habitudes. Le retour à la vie sociale modifie les comportements. On ne s’habille pas par ce qu’on a besoin de se couvrir… mais pour s’affirmer. Un retraité, par exemple, peut être amené à modifier sa garde-robe parce que l’ancienne était liée à sa vie sociale. Autre fait significatif, on a vu les ventes de cosmétiques s’effondrer durant le confinement.

Le jour du déconfinement, on a pu observer des images de Français faisant la queue devant des magasins non-alimentaires avant l’ouverture. Cela vous surprend-il ?

Non. Nous sommes dans un système économique qui nous pousse vers l’hyperconsommation, avec un matraquage publicitaire, des injonctions à consommer. Cette logique ne s’en va pas comme ça. Il ne faut pas s’étonner d’avoir en soi la fibre consumériste. Maintenant qu’on est sorti, on se fait plaisir… Nous sommes des consommateurs, après tout. Ce qui est plus étonnant, c’est cette fraction de la population qui a envie de sortir de la logique du système, justement.

Beaucoup d’enseignes tentent de se renflouer à coups de promotions. Cela répond-il aussi à une attente des consommateurs ?

L’incitation à acheter est au cœur de l’économie, arriver à s’en défaire est difficile. Nous sommes conditionnés pour acheter. Il faut bien faire repartir la machine et le plus simple c’est de la faire repartir en l’état avec les mêmes recettes. Le désamour pour le consumérisme que j’ai évoqué ne touche qu’une fraction de la population. La seule chose que je peux dire avec certitude, c’est que nous ne sommes pas dans un déconfinement entier. Il est compliqué d’acheter en ce moment, compte tenu de l’incertitude des prochaines semaines. Il s’agit toujours de consommation sous contrainte. Cela dit, je ne suis pas sûr, d’un point de vue psychologique, que tout le monde ait envie de consommer, il faudrait voir comment se déroulent les prochains jours. On peut imaginer que ceux qui se sont précipités dans les magasins ont pu vivre une mauvaise expérience client et qu’ils ne vont pas y revenir de sitôt.

« Une fluidité » …. très glaciale entre Macron et Philippe

« Une fluidité » …. très glaciale entre Macron et Philippe

 

 

Officiellement tout va très bien madame la marquise entre macron  et le premier ministre. Reste que la occurrence reste vive entre les intéressés qui ont engagé la compétition sur les terrains des médias. Quand l’un parle, l’autre s’efforce presque aussitôt de le en tout cas d’apporter des nuances floues . Cette concurrence médiatique a notamment contribué à faire diminuer de façon notable la notoriété de macron  qui a perdu six points dans les sondages tandis que le Premier ministre en gagnait trois. La vérité c’est que Édouard Philippe est en train de se positionner pour une éventuelle candidature en 2027 voire 2022 étant persuadé que Macron va procéder à un changement de gouvernement d’ici la fin de l’année. Il veut représenter dans l’opinion la figure de la rigueur et de la détermination opposée à celle d’un président davantage poète,  versatile et fragile. Le Premier ministre français Edouard Philippe a cependant balayé jeudi les rumeurs sur des désaccords et des tensions avec Emmanuel Macron, évoquant une “confiance” et une “fluidité” quasiment sans “précédent” avec le chef de l’Etat, fustigeant ces commentaires en pleine crise du coronavirus dans le pays.

“Depuis trois ans, j’ai toujours dans nos relations pu constater et me réjouir d’une confiance, d’une fluidité qui je crois à peu de précédents”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse consacrée à la stratégie de déconfinement du gouvernement.

“C’est toujours le cas et j’espère que ce sera toujours le cas et je crois que ce sera toujours le cas”, a-t-il ajouté. Bref des paroles souvent entendues sous tous les gouvernements.

Plusieurs médias ont fait état ces derniers jours de tensions et de désaccords au sein du couple exécutif, des rumeurs qui resurgissent à intervalles réguliers depuis le début du quinquennat, alimentant des spéculations sur un possible changement à la tête de Matignon – spéculations toujours démenties …. jusque-là !

Coronavirus : bataille de com’ entre Édouard Philippe et Macron

Coronavirus : bataille de com’ entre Édouard Philippe et Macron

 

Il ne se passe pas une journée sans que le pouvoir s’exprime dans les médias, un jour le président un autre jour le Premier ministre, parfois les deux en même temps. Le pire souvent avec des contradictions. Ainsi encore aujourd’hui le Premier ministre prendra la parole pour préciser les modalités de la première phase de des confinements à partir du 11 mai. D’une certaine manière chacun sa partition. Le premier ministre veut montrer sa rigueur par rapport à l’enjeu sanitaire mais aussi économique et ainsi faire la preuve de sa cohérence. Le président lui tente d’amadouer les différentes forces qui s’opposent au plan gouvernemental. Un exemple significatif au plan économique.

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Alors que le Premier ministre a clairement évoqué les risques d’écroulement de l’économie, Macron prend une nouvelle fois le contre-pied d’Edouard  Philippe tentant de rassurer les Français. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un jeu de rôle avec d’un côté un Premier ministre qui joue le père fouettard avec son profil technocratique et de l’autre un président, protecteur qui se voudrait le père du peuple. Il faut toutefois noter que la différence entre les deux responsables est antérieure au Coronavirus. On a déjà vu sur le dossier de la retraite que le Premier ministre s’était montré intraitable sur le fond même avec une forme adoucie. À l’inverse, Macron avait fait des ouvertures qui n’ont pas été reprises par le gouvernement.

Certes les deux hommes partagent sans doute une majorité de convictions communes mais le Premier ministre est en train de se forger une candidature potentielle pour les présidentielles futures. Il veut montrer que lui  tient la ligne quand le président actuel se disperse et ajoute du flou au flou. Peu de médias évoquent cette rivalité pourtant certaines car il est clair qu’un moment ou un autre est sans doute d’ici la fin d’année un changement de gouvernement interviendra.

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Alors que le Premier ministre a clairement évoqué les risques d’écroulement de l’économie, Macron prend une nouvelle fois le contre-pied d’Edouard  Philippe tentant de rassurer les Français. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un jeu de rôle avec d’un côté un Premier ministre qui joue le père fouettard avec son profil technocratique et de l’autre un président, protecteur qui se voudrait le père du peuple. Il faut toutefois noter que la différence entre les deux responsables est antérieure au Coronavirus. On a déjà vu sur le dossier de la retraite que le Premier ministre s’était montré intraitable sur le fond même avec une forme adoucie. À l’inverse, Macron avait fait des ouvertures qui n’ont pas été reprises par le gouvernement.

Certes les deux hommes partagent sans doute une majorité de convictions communes mais le Premier ministre est en train de se forger une candidature potentielle pour les présidentielles futures. Il veut montrer que lui  tient la ligne quand le président actuel se disperse et ajoute du flou au flou. Peu de médias évoquent cette rivalité pourtant certaines car il est clair qu’un moment ou un autre est sans doute d’ici la fin d’année un changement de gouvernement interviendra.

Le président rejette donc la formule du chef du gouvernement – même si l’Élysée nie tout recadrage. «Nous sommes une Nation forte», préfère avancer Emmanuel Macron, tout en affirmant mesurer «le choc massif économique» que subit le pays, alors que le monde est entré dans sa pire récession depuis la Grande Dépression des années 1930«Nous ne sommes qu’au début de la crise économique et sociale. Il nous faudra bâtir les solutions», a-t-il prévenu.

Cette divergence montre les différentes partitions jouées par les deux têtes de l’exécutif, depuis le début de l’épidémie de Covid-19. L’un, président, assure que «l’espoir renaît» et vante les «jours heureux» à venir. L’autre, premier ministre, décrit «un moment critique» et appelle à attendre des «jours meilleurs». Le premier cherche à entraîner le pays, quand le second est contraint de décliner les modalités pratiques du confinement et de sa sortie.

Une répartition des rôles résumée par Emmanuel Macron lors de son interview : «Le gouvernement précisera les règles, je donne la finalité». À tel point qu’il a refusé de détailler les conditions des déplacements après le 11 mai : «Je ne vais pas vous faire le bulletin, ce n’est pas mon rôle. Mon rôle est peut-être de rappeler une forme de bon sens (…). Ce qu’on veut éviter, ce sont de grands brassages [de population]».

Ceci étant,Macron n’est pas à une contradiction près puisque hier il a lui-même annoncé que les transports internationaux seraient sans doute interdit pour les vacances d’été !

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