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Coronavirus : ce qu’il faut retenir du grand oral d’Édouard Philippe, rien !

Coronavirus : ce qu’il faut retenir du grand oral d’Édouard Philippe,  rien !

 

À défaut d’occuper le terrain, le gouvernement occupe les médias. Ainsi chaque jour Macron crée un événement pour convoquer les caméras. Un autre jour c’est le Premier ministre qui va parler pour ne pas dire grand-chose sinon rien

Pour résumer,  il a d’abord indiqué que la période sanitaire n’était pas une période de vacances, il a appelé à davantage de respect du confinement mais sans indiquer de mesures supplémentaires par exemple comme celle qui aurait consisté à décréter le couvre-feu tout le pays, une mesure utile quand on sait que des zones entières sensibles ne respectent pas le confinement. Pour égayer sans doute son propos et le Premier ministre a déclaré que le virus n’était pas en vacances !

Concernant le confinement,  Le premier ministre est revenu sur l’intérêt de cette problématique qu’il avait pourtant développée à l’Assemblée nationale. Sans doute des propos un peu inconsidérés alors qu’on ne sait strictement rien sur l’évolution du virus et sur sa durée pas l’avantage sur les traitements et encore moins sur le vaccin. Un propos particulièrement contradictoire y compris ce concept de déconfinement de façon progressive «Ce qui est acquis, c’est que le déconfinement ne pourra intervenir que de façon progressive», a-t-il indiqué, annonçant avoir demandé à Jean Castex, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Nicolas Sarkozy, de travailler sur les différents scenarii envisagés. «Le déconfinement, ça n’est pas pour demain matin», a toutefois tenu à préciser le premier ministre.

Le premier ministre a également abordé la question du bac déjà traité par le ministre de l’éducation nationale qui avait aussi laissé entendre que le bac traditionnel ne serait pas organisé en 2020 et qu’on se fierait sur  contrôle continu. Sans doute aussi aurait-il pu ajouter la mort définitive du bac traditionnel surtout compte tenu du taux de réussite autour de 90 %.

Le premier Ministre s’est dit aussi Fier de la «prouesse scientifique et technique» qui a permis d’évacuer «ce week-end plus de 550 patients intubés et ventilés», transférés du Grand Est vers des zones moins saturées du pays, . Une solution qui n’est pas forcément la meilleure et certains experts considèrent qu’il aurait été plus pertinent de déplacer le matériel et le personnel vers les zones très infectées  au lieu de transporter les malades, une opération beaucoup plus complexe.

Même flou de la part du Premier ministre quand il a abordé la question du manque de produits produits nécessaires à la réanimation (médicaments ou consommables « qui) explose dans proportions jamais imaginées», soit à hauteur de «près de 2000%», Édouard Philippe a reconnu qu’«il y a des tensions très fortes dans l’approvisionnement d’un certain nombre de molécules». Le chef du gouvernement a indiqué que «huit molécules sont indispensables pour les soins en réanimation». «Un certain nombre est en stock suffisant», mais «pour d’autres, les stocks sont plus limités, donc les tensions et les inquiétudes des soignants sont réelles». «Ma priorité numéro 1 de premier ministre, c’est de sourcer. Un joli mot compliqué pour dire simplement qu’il faut une bonne affectation des ressources qui manquent cruellement.

 Et  de terminer par un petit couplet à connotation scientifique pour que le public – forcément idiot- pour faire la  différence entre test virologique et sérologique. Une distinction que le Premier ministre vient sans doute d’apprendre récemment. Le plus ridicule dans cette intervention, c’est sans doute cette hypothèse de reporter les élections au mois d’octobre pour le second tour. En fait on maintiendrait les résultats du premier tour des maires élus mais on annulerait le premier tour de ceux qui ne l’ont pas été. Une situation invraisemblable et sans doute inconstitutionnelle  car organiser des élections 6 ou  10 mois après change complètement le contexte social, économique et politique. Le Premier ministre a été moins prolixe concernant la situation économique et la crise qui va suivre la pandémie. En fait il n’a pratiquement rien dit.

Coronavirus : Édouard Philippe conteste le nombre de tests allemands

  • Coronavirus : Édouard Philippe conteste le nombre de tests allemands
  • Alors qu’actuellement la France réalise seulement 60 000 tests par semaine, l’Allemagne ,elle, atteint 300 à 500 000. La campagne de tests est massive en Allemagne et expliquerait que la proportion de décès est très inférieure à celle de la France. Il faut dire que la politique allemande est très volontariste et que le pays peut s’appuyer sur une industrie pharmaceutique très puissante. Du coup interrogé sur la question, le Premier ministre essaye de s’en sortir en mettant en cause les chiffres allemands. Notons que c’est une argumentation aussi fallacieuse qui a justifié pendant longtemps le fait que les pouvoirs publics ne recommandaient pas le port de masques et même le déconseillaient . On peut facilement retrouver les déclarations officielles du Premier ministre, du directeur général de la santé et du ministre de la santé affirmant cette contrevérité pourtant mortelle.
  • Ce n’est qu’après le 23 février que les pouvoirs publics ont commencé à changer leur discours considérant que le masque pouvait être utile. La vérité c’est qu’on a choisi une argumentation de pénurie correspondant à la pénurie de masques qu’on avait oubliés de renouveler. le premier ministre Edouard Philippe est notamment revenu sur la campagne de dépistage du coronavirus outre-Rhin. Interrogé sur le sujet des 500.000 tests par semaine réalisés en Allemagne, le chef du gouvernement a cependant exprimé ses doutes.
  •  «Je suis prudent sur l’ensemble des chiffres, non pas du tout parce que je croirais à la malveillance ou à la malhonnêteté de nos amis allemands», a-t-il commencé, ajoutant : «Je ne sais pas forcément comment ils construisent leurs chiffres. Quand l’Allemagne dit qu’elle procède à 500.000 tests par semaine, est-on absolument certain qu’elle procède à 500.000 tests par semaine, ou qu’elle se fixe l’objectif de… ou qu’elle pourrait techniquement procéder à… ?». «Il peut y avoir un décalage entre la réalité de ce qui est fait et l’ambition ou l’objectif affichés», a encore expliqué le Premier ministre; un premier ministre incapable de toute façon d’expliquer l’énorme décalage de la pratique des tests mais qui n’a quand même pas osé comme pour les masques en critiquer l’intérêt comme précédemment.

Sondage : Macron et Philippe en hausse ?

Sondage : Macron et Philippe en hausse ?

Après le JDD, c’est maintenant à d’autres soutiens de Macron, Paris-Match et Sud-Radio de sortir des sondages bidonnés qui affirment que Macron remonte en n’audience auprès de l’opinion publique. L’approbation de l’action d’Emmanuel Macron bondit de 13 points en pleine crise du coronavirus et celle d’Edouard Philippe progresse de 7, selon un sondage Ifop Fiducial diffusé mardi.

Le problème c’est que parallèlement les sondages démontrent que 63 % de la population est persuadée que les pouvoirs publics ont caché la vérité et que moins de 30 % font confiance à Macron et à son gouvernement pour gérer la crise. Difficile dans ces conditions de croire que la cote de confiance de Macron remonte. Sans doute inquiet de la dégradation de la situation économique et demain politique, les médias qui ont toujours soutenu Macron et l’ont même aidé à conquérir le pouvoir essayent de sauver l’intéresé ; le explications  des sondeurs sont particulièrement floues quant à cette contradiction.

Les derniers sondages dans leur ensemble montrent une forte hausse de popularité d’Emmanuel Macron liée à la crise sanitaire. Mais si les Français serrent les rangs derrière l’exécutif, la confiance qu’ils accordent au gouvernement pour gérer la crise décroît elle rapidement indiquent les mêmes sondeurs

La cote d’Edouard Philippe, très exposé dans la gestion de l’épidémie, grimpe dans une moindre mesure, à 43% (+7), et retrouve son niveau de juin 2018, selon l’Ifop. Une nette majorité (57%, -7) juge défavorablement son action à la tête du gouvernement.  

Enquête réalisée en ligne du 26 au 27 mars auprès de 1007 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.         

Coronavirus : plaintes déposées contre Édouard Philippe, Olivier Véran ou Agnès Buzyn

Coronavirus : plaintes déposées contre Édouard Philippe, Olivier Véran ou Agnès Buzyn

Les plaintes ont été déposées par deux associations et trois particuliers pour des faits de mise en danger de la vie d’autrui, ou de non-assistance à personne en danger, ou d’homicide involontaire, ou encore en vertu de l’article 223-7 du code pénal disant que « quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ».

Par ailleurs, une sixième plainte pour « entrave aux mesures d’assistance » visant Agnès Buzyn et Edouard Philippe est en route vers la Cour de justice de la République.Notons que les accusés ne risquent pas grand chose puisque la cour très spéciale est composée de 9 politiques et de 3 magistrats ! Jusqu’alors elle n’a prononcé que des sanctions anecdotiques.  Elle a été déposée par un Francilien de 46 ans diagnostiqué positif au covid-19 à la mi-mars, selon son avocat Nabil Boudi.

« S’il y a eu des manquements de la part d’un certain nombre de personnes qui sont au gouvernement, ces manquements doivent être sanctionnés. Face à une crise d’une telle ampleur, on ne peut pas avoir des ministres qui tergiversent », explique l’avocat à franceinfo, « on ne cherche pas à ce qu’il y ait des sanctions, on ne cherche pas à ce qu’il y ait des condamnations, ce n’est pas l’objet de la plainte ».

L’objet de la plainte avant tout c’est l’ouverture d’une enquête pour déterminer qui a failli dans sa mission.Me Nabil Boudià franceinfo

Dans la plainte que franceinfo a pu consulter, son client regrette qu’il « aura ainsi fallu attendre plus d’un mois et demi, depuis l’annonce, le 24 janvier 2020, par Madame Buzyn, alors Ministre de la Santé, des deux premiers cas confirmés sur le sol français et européen pour agir ». Il s’appuie notamment sur les « confessions accablantes » d’Agnès Buzyn dans un entretien publié le 17 mars dans le journal Le Monde, témoignant du « manque de réactivité du gouvernement » malgré ses nombreuses alertes.

En plus de ces plaintes-là, la semaine précédente, un collectif de soignants avait déjà déposé plainte contre le Premier ministre et l’ancienne ministre de la Santé les accusant de s’être  »abstenus » de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus.

 

Les tests sont essentiels contrairement à ce que dit le gouvernement (Cécile Philippe)

Les tests sont essentiels contrairement à ce que dit le gouvernement (Cécile Philippe)

 

 

Les tests ne sont pas prioritaires, d’après les autorités françaises. Pourtant, il ne sera pas possible de relâcher ce confinement strict, sans risquer de voir l’épidémie s’envoler à nouveau dans des pays épuisés. Une chronique de Cécile Philippe, Institut économique Molinari.( Dans la Tribune) .

 

« L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’époumone à répéter que la capacité à faire des tests à grande échelle est une priorité. Dans conférence de presse lundi 16 mars (8.20), le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus affirme : « Nous avons un message simple pour tous les pays du monde : testez, testez, testez ». Il ajoute qu’il est impossible de se battre à l’aveugle contre ce virus.  Or, on continue à entendre en France que les tests ne sont pas prioritaires. Ce raisonnement à courte vue est inadapté à la longue crise sanitaire et économique à laquelle nous devons faire face. Si on veut que le confinement, coûteux mais nécessaire, auquel des millions d’individus se soumettent actuellement soit utile, il faut plus de tests. Ils sont indispensables pour préparer activement le moment où il sera possible de relâcher ce confinement strict, sans risquer de voir l’épidémie s’envoler à nouveau dans des pays épuisés. D’un point de vue économique, cela signifie qu’allouer des moyens à cet objectif a du sens. Certains acteurs, comme le laboratoire Roche, ont heureusement compris l’importance de cette démarche. Il faut aussi que les politiques en fassent une priorité. A l’heure qu’il est, cela ne semble pas encore être le cas.

Aujourd’hui, le pays qui semble gérer la crise sanitaire de manière la plus efficace est la Corée du sud. Comme je l’ai expliqué dans plusieurs articles, les Coréens étaient prêts à l’éventualité d’une épidémie depuis leur expérience du MERS en 2015. Aux premiers signes, ils ont dégainé leur arsenal de tests. Bravo à eux. Trop tard pour nous ? Pas si vite. Il est probable que la Corée du sud aura moins de décès qu’ailleurs et moins de dommages collatéraux, car ils n’ont pas eu besoin de mettre leur économie à l’arrêt. Mais ne nous y trompons pas : leur capacité de tests leur est tout aussi utile aujourd’hui qu’au début. Elle permet, au fur et à mesure du déploiement de l’épidémie, de maintenir la contagion sous contrôle. C’est une stratégie à long terme. Et c’est ce dont nous avons impérativement besoin, le plus rapidement possible dans nos pays européens, pour tenir dans la durée.

Les mesures de confinement actuelles sont nécessaires pour limiter, autant que possible, la saturation du système de santé. En effet, le covid-19 est bien plus consommateur de lits d’hôpitaux que n’importe quel autre virus. Comme l’expliquent Nicholas Nassim Taleb et Joseph Norman, des mesures coûteuses sont impératives pour ne pas saturer le système de soins. Taleb et Normann prennent l’image de la salle de cinéma en feu, dont il faut sortir en urgence et qui n’est dotée que d’une petite porte. La petite porte aujourd’hui, c’est celle du système des soins intensifs. On ne pourra pas la passer tous ensemble. Rester confinés chacun chez soi limite la propagation du virus. C’est un geste qui, indépendamment de l’obligation, relève de la responsabilité individuelle. C’est aussi une marque de respect vis-à-vis des soignants et des autres en général.

Ce confinement n’est cependant pas viable à long terme puisque nos économies sont en partie à l’arrêt. Il va falloir, à un moment donné, se remettre à travailler. Pour ce faire nous devrons ressortir, en courant le risque qu’une nouvelle vague de contamination conduise à nouveau au confinement. C’est le scénario évoqué par le professeur en médecine Neil Ferguson, inspirant nombre de prises de décision récentes.

A défaut de pouvoir tabler sur une immunité de groupe, la meilleure planche de salut est probablement le vaccin. Or, les nombreuses équipes de chercheurs qui travaillent sur la mise au point de vaccins, misent sur un horizon incompressible de 18 mois. Il faudra pouvoir attendre jusque-là, à savoir remettre progressivement nos économies en marche dès lors que les mesures de confinement auront ralenti l’engorgement des services de santé. Pour que ces mesures de confinement soient vraiment utiles, il faut que nos pays soient en ordre de bataille pour tester les individus de façon massive lorsqu’elles cesseront. Ce sera crucial pour garder la contagion sous contrôle, sans recourir aux mesures drastiques que nous subissons actuellement. Comme les Coréens, nous pourrons réserver le confinement aux malades, au lieu de l’appliquer de façon aveugle faute de pouvoir discriminer. Nous pourrons reprendre nos activités, diverses et variées, indispensables au fonctionnement de nos sociétés.

Un gage de confiance

Cette capacité de test est un gage de confiance dans des économies gagnées par la défiance que suscite une épidémie. Comme le rappelle Paul Seabright dans La société des inconnus, notre niveau de coopération entre individus ne partageant pas de liens du sang est presque miraculeux. Dans le monde animal, il est inhabituel entre espèces. L’espèce humaine est tout à la fois extrêmement sociale et extrêmement antisociale. Ces tendances opposées nous sont tout aussi naturelles l’une que l’autre. Fort heureusement, nous arrivons généralement à surmonter nos instincts naturels dans la plupart des cas. Cependant, dans une situation d’épidémie, l’autre devient un danger. Par conséquent, il devient crucial de trouver un moyen de reconstruire cette confiance. La pratique de tests à grande échelle est de nature à redonner cette confiance et préserver le lien social.

Les tests sont aussi cruciaux pour minimiser les risques pris par ceux qui sont quotidiennement en première ligne pour la collectivité. Bien sûr, le confinement n’a rien de drôle. Il faut jongler entre le télétravail, les enfants, le rangement, l’hygiène etc. Mais cela reste facile par rapport aux praticiens s’exposant dans les laboratoires, les cabinets médicaux, les hôpitaux, les installations nucléaires et stratégiques ou les chaines d’alimentation assurant notre survie au quotidien. Nous sommes de plus en plus nombreux à exprimer la reconnaissance qui leur est due, comme l’illustrent les séances d’applaudissements à la nuit tombée. Ces applaudissements seront peu de chose s’ils ne sont pas accompagnés des moyens permettant d’éviter une nouvelle phase de saturation à l’issue de la période de confinement. Il ne faudrait pas que ceux en première ligne, perdent confiance ou s’épuisent faute de support.

Par conséquent, et contrairement à ce que l’on entend trop souvent, il n’est évidemment pas trop tard. Il est de la première importance de tester les gens à grande échelle. Des nouvelles très positives arrivent du laboratoire Roche, qui vient de développer un test automatisé dix fois plus rapide. Le déploiement de cette innovation technique implique de lever les contraintes pesant sur les laboratoires de ville qui, à l’heure actuelle, ne sont pas en capacité de tester massivement de façon sécurisée. Il faut qu’ils puissent faire les tests sans risquer de contaminer leur clientèle et leur personnel. Il faut qu’ils puissent se protéger et donc disposer de matériel : combinaisons, gants, masques, matériel de désinfection. Spontanément, des entreprises comme LVMH et Pernod Ricard ont proposé leur services, mais à ce stade tous les éléments permettant de déployer des tests à grande échelle ne sont pas en place. Alors que certains parlent déjà de mise en jeu des responsabilités politiques, il est temps de corriger cette anomalie en nous dotant des armes dont nous avons besoin dans ce combat pour notre survie à tous. »

 

Coronavirus: Philippe envisage une catastrophe économique

Coronavirus: Philippe envisage une catastrophe économique

 

Le Premier ministre prépare  l’opinion à la catastrophe économique incontournable. Pas besoin d’être un grand expert pour comprendre que la France va tourner au ralenti pendant un mois ou deux au minimum. La conséquence sera une chute d’au moins 5 % de la croissance. Un véritable tsunami qui se traduira aussi par un nombre incalculable de défaillances notamment d’entreprises déjà financièrement fragiles et notamment de PME. Un discours totalement nouveau dans la bouche du Premier ministre qui il y a seulement quelques semaines rassuraient sur les conséquences de la pandémie, la minimisait  même. Désormais, le Premier ministre se met dans les pas du président de la république alors qu’il y a encore une semaine il proposait comme priorité de se déplacer pour ses dérisoires élections municipales prenant ainsi le risque d’une accélération de la contamination.

Le premier ministre découvre sans doute un peu tard les conséquences dramatiques sur le plan sanitaire mais aussi économique. La pandémie de coronavirus provoquera un «coup d’arrêt puissant, massif, brutal à notre économie» et transformera «nos habitudes de vie», a prédit jeudi Edouard Philippe devant le Sénat.

«Nous sommes entrés dans une crise sanitaire jamais vue, jamais connue en France depuis un siècle et cette crise sanitaire va imposer un coup d’arrêt puissant, massif, brutal, à notre économie», a déclaré le premier ministre lors d’une séance de questions au gouvernement en format restreint.

 

«Nous savons quel impact et quelles conséquences dangereuses peuvent être associés à ce coup de frein massif», a-t-il ajouté estimant que «nous allons tous devoir, collectivement, faire un effort considérable pour permettre à notre pays de repartir». Des propos alarmistes qui mériteraient cependant d’être explicités davantage car faute de cela il ne conduit qu’à nourrir la panique. Des déclarations par acteur par ailleurs relativement flou quant aux conséquences possibles sur le mode de vie, de production d’échanges voire de civilisation. Ce niveau de généralité n’apporte rien sinon davantage de caractères anxiogènes à un environnement déjà plein d’incertitudes.

Cette épidémie engendrera aussi «une transformation puissante, massive et brutale à nos habitudes collectives de vie et elle fait courir le risque d’un impact puissant massif et brutal sur les structures collectives, pas simplement nationales, mais aussi européennes et internationales», a-t-il insisté. Edouard Philippe était notamment interpellé par le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau, qui l’interrogeait notamment sur «le décalage» entre les annonces de distribution de masques de protection et «le terrain».

Coronavirus : poursuites judiciaires contre Agnès Buzyn ou Édouard Philippe ?

Coronavirus : poursuites judiciaires contre Agnès Buzyn ou Édouard Philippe ?

Après les propos d’Agnès Buzyn,  ancienne ministre de la santé, affirmant dans le Monde que le gouvernement savait que l’organisation des élections municipales constituait un danger majeur pour la santé, par ailleurs que ces élections seraient une mascarade en prévision notamment des abstentions, certains médias posent la question de la responsabilité d’Agnès Buzyn, du gouvernement et surtout du premier ministre. Agnès Buzyn affirme  qu’elle a notamment informé dès janvier le gouvernement de la catastrophe sanitaire qui se préparait mais que ces recommandations n’ont pas été intégrées par le gouvernement. Du coup,  s’il devait y avoir une information judiciaire, elle devrait sans doute davantage viser Édouard Philippe qu’ Agnès Buzyn. En effet, c’est bien le Premier ministre qui en toute irresponsabilité a décidé d’inviter les électeurs à se rendre dans les bureaux de vote au risque d’une plus grande contamination et qui dans le même discours, le même jour, a recommandé le confinement. Nul doute que nombre de personnes supplémentaires du être infectées  à l’occasion de ces élections et le premier ministre et le responsable de cette situation. D’une manière générale, il est responsable d’une politique sanitaire complètement contradictoire qui a alterné entre la minimisation des risques et les propos inutilement inquiétants. Le tout alimentant largement encore davantage la panique. Il est aussi largement responsable de l’insuffisance scandaleuse des moyens sanitaires en équipements et en personnel. La France manque de tout, de lits en soin intente intensifs, de matériel respiratoire, de tests et même de masques. Le changement de ton et de politique est intervenu seulement après le du président de la république qui a décrété l’état de guerre. Le seul problème c’est que le gouvernement ne prend toujours pas les moyens découlant de ce discours guerrier.

Il faut rappeler les paroles rassurantes mais irresponsables du premier ministre.

« On a posé la question hier au comité scientifique. On leur a demandé, ‘est-ce que le fait d’aller dans un bureau de vote, parfois d’attendre un peu, ensuite de voter puis de repartir, est-ce que ça présente un risque pour les personnes les plus fragiles?’ », a-t-il rapporté.

Selon lui, ledit comité a répondu au gouvernement qu’il n’y avait aucune raison scientifique de penser que le déplacement pour voter aux municipales serait plus dangereux « que d’aller faire ses courses ». À condition de respecter une distance minimale. Le ministère de l’Intérieur préconise un marquage au sol afin de maintenir environ un mètre entre chaque électeur à chaque étape du vote. Il faut regretter c’est le caractère complètement contradictoire et irresponsable de la part du gouvernement en plus cautionné par certains scientifiques très complaisants qui devraient quand même comprendre que les bureaux de vote vont se transformer en espace d’incubation impossible à désinfecter après le passage de chaque électeur.

« La vérité, c’est que les maires (…) ont parfaitement compris l’enjeu, pour faire en sorte, par exemple, que quand une personne fragile arrive au bureau de vote, dans toute la mesure du possible, ce ne soit pas elle qui fasse la queue, (…) qu’elle puisse passer plus rapidement dans l’isoloir et ensuite devant l’urne pour pouvoir, là encore, limiter les risques », a-t-il développé.

 

 

Et le Premier ministre de rappeler qu’on peut aller voter « avec son stylo » et que du matériel sanitaire ( ! ) sera mis à disposition des électeurs dans les bureaux de vote. Ses déclarations irresponsables justifient effectivement un information judiciaire.

 

Coronavirus: « J’assume « ( Edouard Philippe) , tu parles !

Coronavirus: « J’assume « ( Edouard  Philippe)  , tu parles !

« J’assume  » a déclaré le Premier ministre après les accusations graves de l’ancienne ministre de la santé qui d’une part a dénoncé la mascarade des élections municipales d’autre part a dénoncé le retard du gouvernement à prendre en considération l’ampleur du Coronavirus. Pour toute réponse, Édouard Philippe a déclaré : j’assume. Une expression souvent utilisée par les politiques quand  ils ne savent plus quoi dire , une expression complètement vide de tout contenu. La vérité, c’est que les politiques n’assument rien du tout puisqu’il n’y a aucune évaluation et encore moins de sanction pour leurs erreurs de gestion.

En l’occurrence, le Premier ministre est responsable d’une grave erreur de gestion quand le même jour et dans le même discours il a recommandé à la fois la mobilité aux Français pour se rendre aux urnes et l’immobilité pour lutter contre la propagation du virus. Il est aussi largement responsable des carences du plan du gouvernement contre le Coron virus. Effectivement, le gouvernement a complètement nié l’importance de la maladie considérant qu’il s’agissait essentiellement d’un phénomène chinois. Progressivement, il a admis l’existence du danger sanitaire mais en affirmant que tout était contrôle d’abord, puis en expliquant une curieuse stratégie d’étalement de l’infection. Un échec total de la politique sanitaire qui a conduit à l’explosion du nombre d’infectés. C’est avec au moins un mois de retard qu’ont été prises enfin les mesures s’attaquant à la mobilité des personnes jusqu’au confinement. Le premier ministre mériterait de rendre compte devant la justice de son incompétence et de son irresponsabilité. En fait, ce premier ministre, comme ceux qui l’ont précédé comme tous ceux qui sont en place au gouvernement ne risquent strictement rien. Au pire ils peuvent passer devant une cour de justice de la république particulièrement complaisante qui n’a jamais pris la moindre sanction significative même contre les faits les plus graves. Et pour cause cette cour spéciale est composée de neuf politiques et de trois magistrats. Un véritable déni de justice qui permet aux politiques de fanfaronner avec leur insignifiantes justifications : j’assume !

Même battu, Édouard Philippe pourra rester au gouvernement !

Même battu, Édouard Philippe pourra rester au gouvernement !

C’est un peu le paradoxe, Édouard Philippe ,s’il est élu au Havre, pourrait quitter le gouvernement, ce qui permettrait à Macron de gérer un peu plus en douceur la réforme des retraites empoisonnée par l’âge pivot  d’Édouard Philippe. Inversement s’il est battu, donc si sa légitimité politique est contestée, il pourrait demeurer chef du gouvernement.

Évidemment on ne peut exclure une troisième hypothèse à savoir l’élection du premier ministre à l’élection municipale du Havre puis aussitôt sa démission pour une période transitoire au gouvernement. La période sera forcément transitoire car Macron a besoin de changer une équipe fatiguée et finalement assez discréditée.

 Pour justifier ces contradictions on peut compter sur le délire verbal de la porte-parole du gouvernement  Sibeth Ndiaye capable de tout dire, une chose et son contraire et surtout de noyer ses interlocuteurs dans une véritable diarrhée verbale.

 «  Les ministres qui seront candidats aux élections municipales le mois prochain en France pourront rester au gouvernement en cas de défaite, a déclaré jeudi sur Public Sénat la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. »

“Le principe (…), c’est que la Ve république ce n’est pas une république à l’anglo-saxonne, comme au Royaume-Uni où les ministres de la majorité sont issus du Parlement”, a-t-elle fait valoir.  La légitimité du ministre ne procède pas du fait qu’il soit élu parlementaire ou élu local”, a-t-elle ajouté. “Le fait d’avoir été battu dans une élection locale ne présage pas de son avenir ministériel.”

Finalement une déontologie qui ne repose sur aucun principe et qui laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses. Une vraie illustration du en même temps !

Label environnemental 2020 : bas carbone mais énergie aussi (Philippe Pelletier)

Label environnemental 2020 : bas carbone mais énergie aussi (Philippe Pelletier)

Philippe Pelletier, président du Plan bâtiment durable,  , milite dans la Tribune  pour un label d’Etat intégrant le bâtiment à énergie positive et une meilleure prise prise en compte du bien-être des occupants.

 

Intreveiw

 

- La réglementation environnementale 2020, qui s’appliquera dans le neuf à partir du 1er janvier 2021, vise à « diminuer l’impact carbone des bâtiments » et à « poursuivre l’amélioration de leur performance énergétique ». Le gouvernement vient de lancer le début de simulations pour « déterminer les critères et seuils principaux« , mais déjà des professionnels se disent « déçus« … Comment l’expliquez-vous ?

PHILIPPE PELLETIER -  Assurément, les règles de construction qui seront déployées ces toutes prochaines années constitueront une  étape importante vers la neutralité carbone et la sobriété énergétique à l’horizon 2050. Il n’est donc pas surprenant qu’une certaine fébrilité gagne les experts et les professionnels parties prenantes de la concertation en cours, soucieux que les outils préparés pour organiser la réglementation environnementale permettent à chaque acteur de trouver sa juste place dans le respect de nos objectifs. Et le communiqué ministériel du 14 janvier, qui vient heureusement poser les bases de la poursuite des discussions en cours, ne semble pas avoir fait immédiatement baisser la fièvre…

Le processus a pourtant été largement initié par votre réseau composé d’acteurs privés et publics, placé sous la double tutelle du ministère de la Cohésion des territoires et du ministère de la Transition écologique et solidaire…

Effectivement, le Plan bâtiment durable a, dès l’entrée en vigueur de la réglementation thermique (RT) 2012, lancé une vaste réflexion, dite RBR 2020-2050, pour imaginer la réglementation d’après. Autour de l’affirmation selon laquelle la prochaine réglementation serait environnementale et pas seulement thermique, nous avons posé trois piliers et proposé une méthode : bas-carbone, énergie positive, bien-être des occupants, voilà les colonnes du temple ; expérimentation préalable et large concertation, voilà la méthode.

Et c’est bien ce que nous avons ensemble mis en place, autour de l’expérimentation E+C- [référentiel pour les bâtiments à énergie positive et réduction carbone, Ndlr] et de la concertation menée sous l’égide du Conseil supérieur de la construction et de l’Efficacité énergétique. Ce processus a permis de dégager deux étapes successives que je crois essentielles : commençons par penser carbone avant de penser énergie ; puis limitons le risque résiduel de gaspillage des énergies décarbonées.

Il convient d’en faire la majeure de nos réflexions et projets. Et on ne peut en ce sens qu’approuver la démarche gouvernementale construite sur la Stratégie nationale bas-carbone à l’horizon 2050. Nous avons décidé ensemble d’inscrire le poids-carbone du bâtiment dans  l’analyse du cycle de vie de celui-ci, ce qui conduit à distinguer, d’une part, un indicateur-carbone en construction (et déconstruction) qui doit permettre à tous les acteurs de la construction d’apprendre, avec le temps nécessaire de l’apprentissage, à construire bas-carbone, d’autre-part un indicateur-carbone en exploitation qui permettra de faire progressivement reculer la part des énergies fossiles très carbonées et d’inciter à l’usage prioritaires des énergies moins carbonées.

A cet égard, au moins deux sujets sont débattus : au stade de la construction, la comparaison entre le bois et les autres matériaux ; au stade de l’exploitation, le contenu carbone de l’électricité qui varie sensiblement au cours de l’année.

Trois pistes se sont ainsi ouvertes à la décision publique d’agir sur les indicateurs-carbone : les progrès à accomplir sur les émissions de gaz à effet de serre par les matériaux ; le niveau d’exigence carbone sur l’énergie utilisée en exploitation, qui conduit à engager un chemin de réduction de la part de marché du gaz naturel, conforme à la stratégie nationale bas-carbone ; et la priorité donnée à la chaleur renouvelable. Cette dernière piste est avec raison affirmée par les ministres ; quant au contenu carbone du chauffage électrique ramené à 79g/kWh, il faudra suivre de près les conséquences de ce choix dans le temps et veiller collectivement à ce que ce standard ne permette pas un retour à des appareillages électriques non performants d’hier.

Mais il ne suffit pas à la filière professionnelle de commenter la décision publique : un trop grand nombre de fiches des données environnementales et sanitaires (FDES) manquent à l’appel, conduisant à mesurer par défaut le poids carbone de nombreux produits et équipements : cette situation doit être redressée sans délai, et il faut saluer la volonté de l’alliance HQE-GBC [association qui promeut la haute qualité environnementale dans les projets d’aménagement, Ndlr] d’y apporter son soutien actif.

En conséquence, personne ne peut s’étonner que la réglementation  accroisse la part des énergies décarbonées, au premier chef de l’électricité, et développe la chaleur renouvelable dans les bâtiments qui continueront à utiliser le gaz. Étrangement, les aspects énergétiques de la future réglementation environnementale absorbent l’essentiel des discussions, comme si nous n’avions pas encore assimilé que désormais le sujet majeur est le carbone qui devrait être l’objet central de nos débats.

Pourtant, le gouvernement érige en « enjeu majeur » la « diminution significative » des émissions de carbone…

Une fois tous les indicateurs-carbone calés et pas avant, il nous faudra mettre en place les moyens d’éviter le gaspillage de l’énergie livrée au bâtiment, tant pour l’électricité que pour le bois et les réseaux de chaleur :

-      du côté de l’électricité, l’enjeu est triple : limiter toutes les consommations, utiliser les pompes à chaleur pour la fourniture de chaleur plutôt que l’effet joule, et produire progressivement sur place de l’énergie renouvelable ;

-      du côté du bois et des réseaux de chaleur, l’objectif sera de réduire leur gaspillage en limitant les besoins de chaleur pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire.

En tous cas, il est nécessaire que la réglementation environnementale ne dégrade pas sans raison les exigences du référentiel E+C-, voire n’opère un recul par rapport à la RT 2012, ce qui conduit à rappeler trois objectifs :

-      la nécessité de conforter la prise en compte de tous les usages du bâtiment, et ce compris l’électroménager, l’audiovisuel et l’informatique qui représentent plus de la moitié des consommations d’énergie des bâtiments neufs ;

-      la transition vers le développement des pompes à chaleur que la RT2012 a largement entamé et qu’il faut continuer ;

-      la juste valorisation de la production d’énergie renouvelable, quitte à la mutualiser entre bâtiments, ce qui appelle au maintien du bilan BEPOS [bâtiment à énergie positive, Ndlr].

Et puisque l’indicateur est en énergie primaire, s’est posée la question de réviser le facteur d’énergie primaire de l’électricité, que le gouvernement a décidé de porter à 2,3. Sans entrer dans les débats techniques actuels, je m’autorise une réflexion : il faudra évaluer sérieusement les conséquences liés à l’hypothèse retenue d’évolution du facteur actuel, à savoir l’utilisation d’un facteur prospectif basé sur la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui pourrait susciter par analogie une demande de caler des facteurs carbone pour les matériaux de construction sur les visées prospectives de la stratégie nationale bas-carbone…

Que redoutez-vous précisément ?

La nouvelle évaluation ne doit susciter aucun effet d’aubaine, qui viendrait notamment, à travers les diagnostics de performance énergétique, faire artificiellement disparaître des logements aujourd’hui classés énergivores.

Il appartient à l’État, dans la nouvelle phase de concertation et de simulation qui s’ouvre, d’apaiser les crispations qui se révèlent, en rassemblant les filières autour des indicateurs-carbone et recherchant l’équilibre des énergies autour du développement des énergies renouvelables. Restera à prendre en compte, dans la réglementation environnementale ou en marge de celle-ci, la recherche du bien-être des occupants, au-delà du confort d’été, justement rappelé par le gouvernement, et à travers spécialement l’amélioration de la qualité de l’air intérieur.

N’est-ce pas aussi le moment d’envisager, à côté d’une réglementation environnementale qui, prévue pour entrer en vigueur dès l’an prochain, devra nécessairement comporter une courbe d’apprentissage et d’exigence croissante, de mettre en place simultanément  un label d’État, inspiré du référentiel  E+C- et intégrant la prise en compte du bien-être des occupants, qui permettrait aux acteurs les plus volontaires de développer des programmes exigeants, spécialement vers la production de bâtiments à énergie positive, constituant autant de voies de progrès vers l’horizon 2050 ?

C’est une proposition qui, si elle est retenue, sera de nature à permettre à chaque opérateur d’aller à son rythme, en offrant, comme sous l’empire de la réglementation thermique de 2005, le choix d’un label plus ambitieux que la réglementation.

Retraites: Philippe torpille la conférence de financement

Retraites: Philippe torpille  la conférence de financement

 

 

Il est clair que le Premier ministre n’a guère apprécié d’avoir été mis en demeure par le président de la république de trouver un compromis rapide concernant les retraites. De la même façon qu’il n’a pas été particulièrement heureux d’avaler son chapeau et de renoncer à ce qui constitue son totem à savoir l’âge  pivot à 64 ans. Très critiqué à droite, son véritable camp d’appartenance, Édouard Philippe remet deux  sous dans la mécanique pour bloquer la conférence de financement qu’il a dû accepter à regret à la demande de la CFDT. Alors que cette conférence n’a même pas démarré, le Premier ministre remet une poignée de sable dans les rouages de la négociation en réaffirmant qu’une mesure d’âge est indispensable. Sans doute pour faire plaisir au Medef, aussi à la droite mais surtout pour montrer qu’il est le patron de cette réforme. Une attitude évidemment maladroite qui hypothèque une négociation déjà difficile.

Dans la lettre qu’il a adressée samedi aux partenaires sociaux, le Premier ministre a limité leurs marges de manœuvre en disposant que les futures mesures financières “ne devront entraîner ni baisse des pensions (…) ni hausse du coût du travail”. Dans l’hypothèse d’un échec des négociations, le gouvernement reprendrait la main.

“Une mesure d’âge sera à mon sens forcément présente, mais je ne veux pas faire le travail des organisations syndicales et patronales avant qu’elles le fassent”, a déclaré Edouard Philippe lors de la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale.

“Car je ne vois pas comment sinon on pourrait arriver à l’équilibre financier en 2027”, avait-il jugé auparavant. Édouard Philippe reste bien dans la tradition dans la Juppé, une tradition caractérisée par une psychorigidité idiote et finalement méprisante pour les partenaires sociaux. Comme si le gouvernement, l’État en général,  pouvait donner des leçons de gestion alors par exemple qu’on laisse encore filer le budget pour 2020 et qu’on va dépasser les 100 % d’endettement par rapport aux PIB.

Retraites: Édouard Philippe, englué dans ses contradictions responsable de la pagaille

Retraites: Édouard Philippe, englué dans ses contradictions  responsable de la pagaille

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

 

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps.

 

Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection court lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage.

 

Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Réforme retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâche rien

Réforme  retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâche rien

 

 

 

il se confirme que dans le projet officiel adressé au conseil d’État figurent toujours les aspects paramétriques que dénonce notamment la CFDT en particulier l’âge pivot qui contraindra à partir en retraite plus tard. On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022.

Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps. Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection courent lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite.

Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage. Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique.

Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Perspectives réforme des retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâchera rien

Perspectives réforme des retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâchera rien

 

 

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme.

Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019 ( 76% des Français n’ont pas été convaincus d’après le sondage Odoxa). La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022.

Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son équipe.  Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps. Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite.

Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection coure lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale.

Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage. Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système.

En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Macron -Philippe: un conflit inévitable

Macron -Philippe: un conflit inévitable

Pour l’instant, l’opposition entre Macron et Édouard Philippe n’apparaît pas au grand jour. Reste qu’elle demeure latente dans la mesure où le chef de l’État voulait engager une grande réforme des retraites avec le maximum de soutien possible, ce qui supposait de la limiter aux aspects structurels. Édouard Philippe, lui , a nettement compliqué la réforme en y incluant des aspects conjoncturels qui ne paraissaient pas urgents : la fameuse réforme paramétrique avec notamment le totem de l’âge pivot. Dans son allocution de fin d’année, Macron a été très vague sur le sujet. Visiblement il s’est borné à renvoyer la patate chaude à son Premier ministre.

Ce dernier joue  une stratégie de pourrissement pour faire passer sa réforme. Certes aujourd’hui, la mobilisation sociale paraît s’essouffler mais est bien difficile d’imaginer les perspectives. La France pourrait  un effet s’engager à nouveau dans un climat social délétère, style gilet jaune, qui ferait plonger la crédibilité et la popularité de Macron. Le conflit ne peut pas durer éternellement et le chef de l’État pourrait alors trancher en défaveur d’Édouard Philippe qui serait conduit alors  à démissionner. L’hypothèse n’est pas encore envisagée officiellement mais au sein de la majorité nombre de députés s’inquiètent  de l’entêtement d’un Premier ministre qui avec son totem de l’âge pivot paraît engager une certaine concurrence avec Macron en matière de détermination et de fermeté réformatrice. Citant nommément Édouard Philippe, le président demande à celui-ci de « trouver un compromis rapide » avec les syndicats afin que le gouvernement puisse se sortir de la nasse de la réforme des retraites. Une première pour Emmanuel Macron, qui dans ses vœux présidentiels précédents se contentait de faire référence au « Premier ministre » et à son « gouvernement ».

Cet usage de l’impersonnel, symptôme de la pratique très présidentialiste pour laquelle a opté le chef de l’État depuis son élection, a cédé la voie à une personnalisation pleine et entière du locataire de Matignon. Certains y voient une mise sous pression, une épée de Damoclès qui, en cas de non résolution du conflit opposant le gouvernement aux syndicats, aboutirait in fine à un changement de Premier ministre.

« Ça ravive la théorie selon laquelle Édouard Philippe pense à 2022″, évoque tout de go un député de l’aile gauche de La République en Marche auprès de BFMTV.com. Une hypothèse que colportait l’entourage d’Emmanuel Macron avant les vacances .

D’après ses détracteurs, la mise au pied du mur du Premier ministre permettrait de solder le bras de fer qui se jouerait depuis plusieurs semaines entre l’Elysée et Matignon. Lequel se résume ainsi: Emmanuel Macron et ses soutiens entendent mettre l’accent sur l’aspect social de la réforme, sur l’universalité du système de retraites à points, tandis qu’Édouard Philippe veut à tout prix rééquilibrer les finances dudit système, notamment via l’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans.

Ce clivage, mis en exergue à maintes reprises selon que l’on se place du point de vue de l’Elysée ou de Matignon, aurait-il incité Emmanuel Macron à laisser un délai intenable à son Premier ministre avant de le remercier? Pour certains de  LaREM, Édouard Philippe a eu le tort de ne « pas jouer franc-jeu » vis-à-vis du chef de l’État depuis le début de cette séquence. C’est incompréhensible qu’il ait inclus l’âge pivot dans son discours devant le Cese. C’est à se demander s’il avait vraiment envie que la réforme passe.

Portrait- Edouard Philippe : un exemple d’évolution politique d’un technocrate, de gauche à droite

Portrait- Edouard Philippe : un exemple  d’évolution politique d’un technocrate, de gauche à droite

 

 

Comme la plupart des technocrates Édouard Philippe aborde les enjeux majeurs de manière superficielle, globale et théorique. Certes comme Macron, il donne l’impression d’être intelligent et de posséder ses dossiers. La vérité c’est qu’il a complètement sous-estimé les conséquences de sa réforme et son entêtement correspond surtout à la posture politique qui pourrait lui donner un jour l’occasion de prétendre à la responsabilité de président de la république. De ce point de vue, avant toute décision gouvernementale, avant toute orientation législative, il serait urgent de faire évaluer la fameuse réforme avec toutes ses exceptions et ses modifications par la Cour des Comptes. Il se pourrait en effet que la fameuse retraite à point soit plus coûteuse que l’ancienne même si cette dernière mérite d’être progressivement ajustée pour des raisons d’équité et d’équilibre financier. Édouard Philippe illustre parfaitement la dérive droitière d’une partie de la technocratie française. Certes, Édouard Philippe aime à rappeler que son grand-père était communiste mais rapidement il  a sans doute senti qu’une carrière politique n’était pas assurée  à  gauche. Alors qu’il était encore étudiant à l’institut d’études politiques de Paris et à l’ENA, il a  milité dans les années 90 au  parti socialiste, un passage au demeurant rapide avant de rejoindre les thèses de plus en plus libérales de la droite. Un libéralisme d’autant plus dogmatique qu’il n’a pratiquement jamais travaillé dans le privé sinon comme lobbyiste. Il doit surtout sa carrière politique pour avoir été choisi par Alain Juppé comme membre du cabinet de ce dernier au ministère de l’écologie à partir de 2007 (un Juppé utilisé à contre emploi et qui ne laissa pas un grand souvenir sur ce plan là). On pourrait citer nombre d’exemples de ces politiciens de carrière qui commencent  à gauche voire  à l’extrême gauche , qui flirtent ensuite avec la social-démocratie pour virer carrément à droite. Cohn-Bendit par exemple l’ancien révolutionnaire de 68,  devenu adepte de l’ultra libéralisme de Macron en est sans doute l’exemple le plus significatif. Même chose pour Romain Goupil,  le leader lycéen de 68. Avec l’âge, les bons dîners en ville, le patrimoine qui s’arrondit , comme le ventre, les convictions s’amollissent !  Mais on pourrait citer nombre d’anciens responsables  du parti socialiste , anciens trotskistes ou maoïstes,  révolutionnaires de papier dans leur jeunesse qui ont ensuite nagé dans les eaux troubles du parti socialiste avant de rejoindre la droite puis  Macron. La vérité, c’est que le Premier ministre- comme nombre des professionnels de la politique -n’entretient qu’un rapport très approximatif avec les réalités économiques et sociales. En outre, il ne peut justifier d’aucun  passé professionnel qui légitime ses connaissances et ses orientations. Ce type de personnalité a besoin de se relégitimer en permanence en rajoutant du libéralisme au libéralisme. Un exercice d’autant plus facile qu’il n’en  mesure pas les conséquences. Dernier exemple en date, évidemment le report idiot et général de la retraite à 64 ans. Une réforme bête et inefficace. Si effectivement les Français doivent travailler davantage pour retrouver la compétitivité qui manque cruellement à l’économie ce n’est pas en retardant l’âge de la retraite 62 à 64 ans mais en augmentant la durée de travail annuelle des actifs puisque la France a la durée la plus faible de l’Europe ( ne parlons pas du monde). Aussi en  améliorant le rapport entre actifs et inactifs. La France est encore là le pays qui détient le record de personnes inactives comparées à ceux qui travaillent. Bref, Édouard Philippe est bien le fils spirituel de Juppé, un exemple de cette élite qui a transformé le mandat politique en métier, qui ne connaît rien aux réalités pour n’avoir pratiquement jamais travaillé dans le monde de la production et qui sans doute comme son mentor finira vraisemblablement au conseil constitutionnel et dans les pages oubliées de l’histoire .

Avenir retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâchera rien

Avenir retraites: pourquoi Édouard Philippe ne lâchera rien

 

 

 

On peut évidemment s’étonner de l’entêtement Édouard Philippe qui a favorisé l’installation d’une chienlit sociale en France qui risque de durer comme celle des gilets jaunes. La question n’est ni sociale, ni financière. Elle est politique. Pour l’instant Édouard Philippe ne joue pas son rôle de fusible vis-à-vis du mécontentement de nombre de Français dont la plupart souhaitent toujours le retrait de la réforme. Ce mécontentement affecte surtout la popularité de Macron, une popularité déjà faible mais qui va s’écrouler dans les prochains sondages si l’on en juge par exemple par le peu de crédibilité qui lui est accordée après son fastidieux exercice des vœux de fin 2019. La lutte politique est clairement engagée entre Macron et Édouard Philippe. Édouard Philippe sait bien qu’il ne pourra demeurer Premier ministre jusqu’en 2022. Pour redonner un peu de souffle  à un gouvernement particulièrement amorphe, Macron devra peut-être après les élections municipales, changer son gouvernement. Édouard Philippe veut partir avec une image de marque de réformateur  beaucoup plus déterminé que Macron qui cultive trop son ambigu en même temps. Édouard Philippe qui appartient toujours au parti des républicains n’aura aucune difficulté à imposer sa légitimité auprès des électeurs de droite. Or Macron qui a perdu ses soutiens de gauche qui ont permis son élection courent lui aussi uniquement après ces électeurs de droite en espérant aspirer le sang électoral des républicains voire de l’extrême droite. Macron est clairement devenu d’évolution en évolution, le président de la droite. Édouard Philippe sait bien que le pouvoir usera Macron d’autant plus que l’intéressé se réfugie toujours dans une posture hautaine voir méprisante vis-à-vis de ceux  qui ne sont pas d’accord avec lui;  actuellement les 70 % qui contestent sa politique économique et sociale. Édouard Philippe, comme souvent pour les Premiers ministres de la Ve République, se positionne donc dans l’hypothèse d’un après Macron qui pourra intervenir évidemment en 2027 mais peut-être en 2022 si l’environnement économique et politique se dégrade encore davantage. Édouard Philippe ne lâchera donc pas cet âge pivot, c’est sa posture, son totem politique. Certes, il pourra l’habiller pour faire quelques exceptions mais ne lâchera rien sur ce terrain quitte à partir mais avec l’étendard du réformateur radical que la droite attend depuis Sarkozy. Certains politologues considèrent  qu’Édouard Philippe est sincère en voulant articuler la réforme systémique  avec la réforme paramétrique, qu’il veut préserver l’avenir du système. En réalité ce qu’il veut préserver, c’est son propre avenir politique car on sait bien que le pouvoir politique, comme d’habitude, sera amené à revoir sa réforme des retraites tous les cinq ans en raison notamment du trop grand nombre d’incertitudes sur l’évolution des paramètres.

 

Réforme des retraites : la démission d’Édouard Philippe pour résoudre la crise ?

Réforme des retraites : la démission d’Édouard Philippe pour résoudre la crise ?

 

Pour l’instant, l’opposition entre Macron et Édouard Philippe n’apparaît pas au grand jour. Reste qu’elle demeure latente dans la mesure où le chef de l’État voulait engager une grande réforme des retraites avec le maximum de soutien possible, ce qui supposait de la limiter aux aspects structurels. Édouard Philippe, lui , a nettement compliqué la réforme en y incluant des aspects conjoncturels qui ne paraissaient pas urgents : la fameuse réforme paramétrique avec notamment le totem de l’âge pivot. Dans son allocution de fin d’année macro a été très vague sur le sujet. Visiblement il s’est borné à renvoyer la patate chaude à son Premier ministre.

Ce dernier joue  une stratégie de pourrissement pour faire passer sa réforme. Certes aujourd’hui la mobilisation sociale paraît s’essouffler mais est bien difficile d’imaginer les perspectives. La France pourrait  un effet s’engager à nouveau dans un climat social délétère, style gilet jaune, qui ferait plonger la crédibilité et la popularité de Macron. Le conflit ne peut pas durer éternellement et le chef de l’État pourrait alors trancher en défaveur d’Édouard Philippe qui serait conduit alors  à démissionner. L’hypothèse n’est pas encore envisagée officiellement mais au sein de la majorité nombre de députés s’inquiètent  de l’entêtement d’un Premier ministre qui avec son totem de l’âge pivot paraît engager une certaine concurrence avec Macron en matière de détermination et de fermeté réformatrice. Citant nommément Édouard Philippe, le président demande à celui-ci de « trouver un compromis rapide » avec les syndicats afin que le gouvernement puisse se sortir de la nasse de la réforme des retraites. Une première pour Emmanuel Macron, qui dans ses vœux présidentiels précédents se contentait de faire référence au « Premier ministre » et à son « gouvernement ».

Cet usage de l’impersonnel, symptôme de la pratique très présidentialiste pour laquelle a opté le chef de l’État depuis son élection, a cédé la voie à une personnalisation pleine et entière du locataire de Matignon. Certains y voient une mise sous pression, une épée de Damoclès qui, en cas de non résolution du conflit opposant le gouvernement aux syndicats, aboutirait in fine à un changement de Premier ministre.

« Ça ravive la théorie selon laquelle Édouard Philippe pense à 2022″, évoque tout de go un député de l’aile gauche de La République en Marche auprès de BFMTV.com. Une hypothèse que colportait l’entourage d’Emmanuel Macron avant les vacances .

D’après ses détracteurs, la mise au pied du mur du Premier ministre permettrait de solder le bras de fer qui se jouerait depuis plusieurs semaines entre l’Elysée et Matignon. Lequel se résume ainsi: Emmanuel Macron et ses soutiens entendent mettre l’accent sur l’aspect social de la réforme, sur l’universalité du système de retraites à points, tandis qu’Édouard Philippe veut à tout prix rééquilibrer les finances dudit système, notamment via l’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans.

Ce clivage, mis en exergue à maintes reprises selon que l’on se place du point de vue de l’Elysée ou de Matignon, aurait-il incité Emmanuel Macron à laisser un délai intenable à son Premier ministre avant de le remercier? Pour certains de  LaREM, Édouard Philippe a eu le tort de ne « pas jouer franc-jeu » vis-à-vis du chef de l’État depuis le début de cette séquence. C’est incompréhensible qu’il ait inclus l’âge pivot dans son discours devant le Cese. C’est à se demander s’il avait vraiment envie que la réforme passe.

Edouard Philippe : un exemple d’évolution politique d’un technocrate

Edouard Philippe : un exemple  d’évolution politique d’un technocrate

 

 

Comme la plupart des technocrates Édouard Philippe aborde les enjeux majeurs de manière superficielle, globale et théorique. Certes comme Macron, il donne l’impression d’être intelligent et de posséder ses dossiers. La vérité c’est qu’il a complètement sous-estimé les conséquences de sa réforme et son entêtement correspond surtout à la posture politique qui pourrait lui donner un jour l’occasion de prétendre à la responsabilité de président de la république. De ce point de vue, avant toute décision gouvernementale, avant toute orientation législative, il serait urgent de faire évaluer la fameuse réforme avec toutes ses exceptions et ses modifications par la Cour des Comptes. Il se pourrait en effet que la fameuse retraite à point soit plus coûteuse que l’ancienne même si cette dernière mérite d’être progressivement ajustée pour des raisons d’équité et d’équilibre financier. Édouard Philippe illustre parfaitement la dérive droitière d’une partie de la technocratie française. Certes, Édouard Philippe aime à rappeler que son grand-père était communiste mais rapidement il  a sans doute senti qu’une carrière politique n’était pas assurée  à  gauche. Alors qu’il était encore étudiant à l’institut d’études politiques de Paris et à l’ENA, il a  milité dans les années 90 au  parti socialiste, un passage au demeurant rapide avant de rejoindre les thèses de plus en plus libérales de la droite. Un libéralisme d’autant plus dogmatique qu’il n’a pratiquement jamais travaillé dans le privé sinon comme lobbyiste. Il doit surtout sa carrière politique pour avoir été choisi par Alain Juppé comme membre du cabinet de ce dernier au ministère de l’écologie à partir de 2007 (un Juppé utilisé à contre emploi et qui ne laissa pas un grand souvent!). On pourrait citer nombre d’exemples de ces politiciens de carrière qui commencent  à gauche voire  à l’extrême gauche , qui flirtent ensuite avec la social-démocratie pour virer carrément à droite. Cohn-Bendit par exemple l’ancien révolutionnaire de 68,  devenu adepte de l’ultra libéralisme de Macron en est sans doute l’exemple le plus significatif. Même chose pour Romain Goupil,  le leader lycéen de 68. Avec l’âge, les bons dîners en ville, le patrimoine qui s’arrondit comme le ventre, les convictions s’amollissent !  Mais on pourrait citer nombre d’anciens responsables  du parti socialiste , anciens trotskistes ou maoïstes,  révolutionnaires de papier dans leur jeunesse qui ont ensuite nagé dans les eaux troubles du parti socialiste avant de rejoindre la droite puis  Macron. La vérité, c’est que le Premier ministre- comme nombre des professionnels de la politique -n’entretient qu’un rapport très approximatif avec les réalités économiques et sociales. En outre, il ne peut justifier d’aucun  passé professionnel qui légitime ses connaissances et ses orientations. Ce type de personnalité a besoin de se relégitimer en permanence en rajoutant du libéralisme au libéralisme. Un exercice d’autant plus facile qu’il n’en  mesure pas les conséquences. Dernier exemple en date, évidemment le report idiot et général de la retraite à 64 ans. Une réforme bête et inefficace. Si effectivement les Français doivent travailler davantage pour retrouver la compétitivité qui manque cruellement à l’économie ce n’est pas en retardant l’âge de la retraite 62 à 64 ans mais en augmentant la durée de travail annuelle des actifs puisque la France a la durée la plus faible de l’Europe ( ne parlons pas du monde). Aussi en  améliorant le rapport entre actifs et inactifs. La France est encore là le pays qui détient le record de personnes inactives comparées à ceux qui travaillent. Bref, Édouard Philippe est bien le fils spirituel de Juppé, un exemple de cette élite qui a transformé le mandat politique en métier, qui ne connaît rien aux réalités pour n’avoir pratiquement jamais travaillé dans le monde de la production et qui sans doute comme son mentor finira vraisemblablement au conseil constitutionnel et dans les pages oubliées de l’histoire .

Edouard Philippe : de la gauche au parti républicain, l’évolution d’un technocrate

 

Edouard Philippe : de la gauche au parti républicain, l’évolution d’un technocrate

 

 

Comme la plupart des technocrates Édouard Philippe aborde les enjeux majeurs de manière superficielle, globale et théorique. Certes comme Macron, il donne l’impression d’être intelligent et de posséder ses dossiers. La vérité c’est qu’il a complètement sous-estimé les conséquences de sa réforme et son entêtement correspond surtout à la posture politique qui pourrait lui donner un jour l’occasion de prétendre à la responsabilité de président de la république. De ce point de vue, avant toute décision gouvernementale, avant toute orientation législative il serait urgent de faire évaluer la fameuse réforme avec toutes ses exceptions et ses modifications par la Cour des Comptes. Il se pourrait en effet que la fameuse retraite à point soit plus coûteuse que l’ancienne même si cette dernière mérite d’être progressivement ajustée pour des raisons d’équité et d’équilibre financier. Édouard Philippe illustre parfaitement la dérive droitière d’une partie de la technocratie française. Certes, Édouard Philippe aime à rappeler que son grand-père était communiste mais rapidement E.  Philippe  a sans doute senti qu’une carrière politique n’était pas assurée  à  gauche. Alors qu’il était encore étudiant à l’institut d’études politiques de Paris et à l’ENA, il a  milité dans les années 90 au  parti socialiste, un passage au demeurant rapide avant de rejoindre les thèses de plus en plus libérales à de la droite. Un libéralisme d’autant plus dogmatique qu’il n’a pratiquement jamais travaillé dans le privé sinon comme lobbyiste. Il doit surtout sa carrière politique pour avoir été choisi par Alain Juppé comme membre du cabinet de ce dernier au ministère de l’écologie à partir de 2007. On pourrait citer nombre d’exemples de ces politiciens de carrière qui commencent  à gauche voire  à l’extrême gauche , qui flirtent ensuite avec la social-démocratie pour virer carrément à droite. Cohn-Bendit par exemple l’ancien révolutionnaire de 68,  devenu adepte de l’ultra libéralisme de Macron en est sans doute l’exemple le plus significatif. Même chose pour Romain Goupil,  le leader lycéen de 68. Avec l’âge, les bons dîners en ville, le patrimoine qui s’arrondit comme le ventre, les convictions s’amollissent !  Mais on pourrait citer nombre d’anciens responsables  du parti socialiste , anciens trotskistes ou maoïstes,  révolutionnaires de papier dans leur jeunesse qui ont ensuite nagé dans les eaux troubles du parti socialiste avant de rejoindre la droite puis  Macron. La vérité, c’est que le Premier ministre- comme nombre des professionnels de la politique -n’entretient qu’un rapport très approximatif avec les réalités économiques et sociales. En outre, il ne peut justifier d’aucun  passé professionnel qui légitime ses connaissances et ses orientations. Ce type de personnalité a besoin de se relégitimer en permanence en rajoutant du libéralisme au libéralisme. Un exercice d’autant plus facile qu’il n’en  mesure pas les conséquences. Dernier exemple en date, évidemment le report idiot et général de la retraite à 64 ans. Une réforme bête et inefficace. Si effectivement les Français doivent travailler davantage pour retrouver la compétitivité qui manque cruellement à l’économie ce n’est pas en retardant l’âge de la retraite 62 à 64 ans mais en augmentant la durée de travail annuelle des actifs puisque la France a la durée la plus faible de l’Europe ( ne parlons pas du monde). Aussi en  améliorant le rapport entre actifs et inactifs. La France est encore là le pays qui détient le record de personnes inactives comparées à ceux qui travaillent. Bref, Édouard Philippe est bien le fils spirituel de Juppé, un exemple de cette élite qui a transformé le mandat politique en métier, qui ne connaît rien aux réalités pour n’avoir pratiquement jamais travaillé dans le monde de la production et qui sans doute comme son mentor finira vraisemblablement au conseil constitutionnel et dans les pages oubliées de l’histoire .

 

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