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« La priorité de la santé environnementale » (Philippe juvin)

« La priorité de la santé environnementale » (Philippe juvin)

Alors que la transmission de virus de l’animal à l’homme pourrait s’accélérer, Philippe Juvin, le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, constate que la France court après le Covid-19 et n’est dotée d’aucun outil moderne de veille épidémiologique ou de surveillance environnementale.

Tribune. Les leçons que nous devrons tirer de l’épidémie sont nombreuses. L’importance des plans de crise, la fin de l’hyperadministration et de la lourdeur bureaucratique, la nécessité d’un système de santé robuste et agile, le retour d’une parole politique transparente, sincère, pour rétablir la confiance, une plus grande indépendance vis-à-vis de l’étranger, l’importance des nouvelles technologies de fabrication de vaccins… Toutes ces observations sont connues et devront être suivies d’effets pour éviter de revivre la même déroute en cas de nouvelle menace.

Mais cette épidémie pose également des questions plus profondes, liées aux relations entre la santé et l’environnement, et à notre capacité à préserver l’environnement et à le surveiller avec des objectifs sanitaires.

D’après l’Organisation mondiale de la santé animale, 60 % des pathogènes capables de causer des maladies à l’homme viennent de l’animal. Les virus du MERS ou du SARS, le parasite du paludisme, le virus Zika, celui du Nil sont parmi les plus connus. Depuis cent ans, deux nouveaux virus d’origine animale ont été découverts chez l’homme en moyenne par an.

Pathogènes jusqu’ici cantonnés aux animaux

Cette transmission de virus de l’animal vers l’homme pourrait s’accélérer et nous exposer à de nouvelles épidémies dans un futur proche. Car il y a maintenant de solides arguments scientifiques pour affirmer que, outre le changement climatique, la croissance intensive de la population, la déforestation et le développement de marchés d’animaux sauvages favorisent le contact de l’homme avec des espèces animales dont il était naturellement éloigné, et que chacun de ces nouveaux contacts augmente les chances de passage vers l’homme de pathogènes jusqu’ici cantonnés aux animaux.

Une publication du Lancet en 2019 rappelle qu’il y a plus de 1,5 million de virus chez les mammifères et que seulement 260 sont connus chez les humains : les virus inconnus représentant donc 99,9 % de l’ensemble. Le même travail évalue de 631 000 à 827 000 le nombre de virus zoonotiques inconnus et capables d’infecter l’homme. Après le Covid-19, le risque de nouvelles épidémies par agents pathogènes émergents est donc immense.

Prévenir et détecter précocement

Ces données appellent à définir des stratégies pour prévenir et détecter précocement ces passages entre espèces. On en a vu le caractère destructeur avec le Covid-19, puisque cette maladie est bien la conséquence du passage d’un virus animal à l’homme, même si les voies précises n’en sont pas encore élucidées.

Un inutile référendum (Philippe Bas)

Un inutile référendum (Philippe Bas)

 

L’’ex-secrétaire général de l’Élysée déclare dans le Figaro, «il est essentiel qu’on ne mette pas dans la Constitution une phrase qui signifierait que toutes nos libertés sont subordonnées à l’exigence de protection de l’environnement. Il y a à concilier beaucoup de libertés, de droits, de devoirs aussi depuis la Déclaration des droits de l’homme». Surtout en cette période de crises, «on ne va pas payer les Français – qui sont inquiets de la situation de l’Environnement – de mots».

 

«Ce n’est pas parce que vous allez mettre un mot supplémentaire dans la Constitution que vous allez miraculeusement transformer la situation!», affirme Philippe Bas qui n’entend pas «déranger les Français pour rien».

Selon le sénateur, il faut à tout prix éviter que la question du développement durable «soit prise en otage» par des considérations politiques et tactiques, «ni qu’elle soit tributaire de la cote de popularité du président de la République dans l’opinion. C’est ça le vrai danger».

 

 

 

 

 

Accepter le dépistage ( Édouard Philippe)

Accepter le dépistage ( Édouard Philippe)

 

Édouard Philippe dans le JDD appelle les Français à être responsables et à accepter de se faire dépister.

 

A partir de lundi, votre ville, Le Havre, se lance dans une opération pilote de dépistage massif en plein débat sur l’utilité des tests. Faut-il encourager les Français à se faire tester avant les fêtes?
Oui, bien sûr. Il est important de savoir si on est porteur du virus et si on peut mettre en danger nos proches. Évidemment, ce n’est pas parce qu’on est négatif le 16 décembre que le 18 on est protégé. C’est une photographie, qui perd de sa signification ensuite. Mais au moment où elle est faite, c’est une information importante à connaître. Avant les fêtes, nous devons tous être responsables vis-à-vis de nos amis, de notre famille. C’est une forme de discipline collective que nous devons avoir. C’est pour cela que nous avons aussi prévu un moment d’échange, entre le test et son résultat, pour répondre aux questions.

 

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué jeudi que le test n’était pas un « totem d’immunité ». A-t-il raison?
Oui. C’est pourquoi nous rappellerons les gestes barrière qu’il faut continuer à respecter. Nos concitoyens le comprennent parfaitement.

 

Votre campagne de dépistage massif au Havre va durer cinq jours. Concrètement, comment allez-vous procéder?
L’idée est de proposer aux 270.000 habitants des 54 communes de la communauté urbaine du Havre de venir se faire tester, sans rendez-vous et gratuitement, avec un résultat dans la demi-heure. Pour parvenir à accueillir le plus de monde possible, nous avons organisé avec les services de l’État une mobilisation assez exceptionnelle, sur plus de 50 sites différents : dans les pharmacies, laboratoires et cabinets médicaux, bien sûr, mais aussi dans 20 centres conçus pour accueillir plus de 500 personnes par jour, et même 1.000 pour certains.

Qui procédera aux tests?
Au début des tests lors de la première vague, nous avions buté au niveau national sur le nombre de personnes capables d’effectuer ces prélèvements. Au Havre, nous avons donc mobilisé beaucoup de gens : 250 élèves de l’école d’infirmiers, mais aussi les pharmaciens, les médecins, la protection civile, la Croix-Rouge… Une centaine d’agents de la Ville et de la communauté urbaine viendront aussi aider pour l’accueil et l’orientation. Nous avons mis les moyens pour que ceux qui viendront soient accueillis dans les meilleures conditions. Quelques entreprises de la zone industrialo-portuaire sont aussi volontaires pour participer, via la médecine du travail. Et en collaboration avec l’Éducation nationale, des tests seront proposés aux personnels dans tous les établissements scolaires, et à tous les élèves dans quatre lycées.

De quels types de tests s’agira-t-il?
Des tests antigéniques pour l’essentiel. Mais deux centres sur les 20 feront des tests PCR.

Quelle proportion des 270.000 Havrais espérez-vous pouvoir tester?
Je ne me fixe pas d’objectif. À Liverpool, ils ont réussi à tester environ un tiers des 500.000 habitants en quatre jours. Si on testait 50% de la population, je serais le plus heureux des hommes! Nous serons sans doute en dessous, mais si nous parvenons à dépister un nombre significatif de personnes, nous découvrirons forcément des cas asymptomatiques, des gens positifs alors qu’ils ne le savaient pas. Et, ainsi, on évitera des transmissions, on pourra casser une chaîne de contamination. Ça n’a pas de prix, surtout à l’approche de Noël.

Quel est l’objectif de cette opération?
Nous proposons aux Havrais un service qui a une utilité individuelle : beaucoup de gens ont envie de savoir, parce qu’ils sont angoissés et veulent pouvoir rassurer leurs proches. Et puis reconnaissons que ce virus surprend beaucoup et que nous ignorons encore bien des choses sur lui. Tester massivement peut donc nous donner des informations intéressantes sur la circulation du virus, les publics touchés, nous permettre de confirmer des hypothèses ou de découvrir des éléments qu’on n’attendait pas… Autant d’informations précieuses ensuite pour la gestion de l’épidémie. C’est donc utile individuellement, utile collectivement et utile scientifiquement.

Y aura-t-il un dispositif d’accompagnement pour isoler les cas positifs?
Nous avons beaucoup travaillé avec les services de l’État, et la mairie, au Havre, proposera un accompagnement à ceux qui en font la demande. Des repas, des médicaments ou des livres seront livrés à domicile chez ceux pour qui l’isolement peut être compliqué.

 

Pourquoi Le Havre a-t-elle été choisie comme ville pilote? Est-ce vous qui vous êtes portés candidat?
La première vague avait peu concerné la ville. Mais lors de la deuxième, l’agglomération a été la plus touchée de Normandie, avec un taux d’incidence supérieur à 500 pour 100 000 au moment du pic. Les chiffres ont baissé depuis. Mais, comme dans le reste du pays, on constate une stabilisation et une légère remontée des admissions à l’hôpital et du nombre de cas. Le taux d’incidence est passé de 65 pour 100.000 la semaine dernière à 70. Nous avons par ailleurs développé, au cours de la deuxième vague, un pilotage collectif très fluide entre l’État, les services hospitaliers, la médecine libérale et les Ehpad. L’ARS a vu qu’il y avait une culture du travail collectif qui fonctionnait bien. Et quand on nous a proposé cette opération, nous avons très vite répondu. Les 54 maires de l’agglomération m’ont tout de suite dit : « C’est utile, on y va et on verra comment ça se passe. »

Et vous, allez-vous vous faire dépister?
Bien entendu.

L’étape d’après, c’est la vaccination. En tant que maire, avez-vous déjà été sollicité par l’Etat pour cette opération?
Pas encore. Ce sera une étape importante et on l’abordera avec le même esprit de sérieux et de travail, en bonne intelligence avec tous les acteurs concernés.

Il y a une grande réticence des Français à l’égard des vaccins. Le moment venu, avez-vous prévu de vous faire vacciner?
Je me ferai vacciner, oui, bien sûr. Je n’ai aucune appréhension face aux vaccins. Je ne suis pas un grand fan des piqûres mais je sais ce que l’humanité doit aux vaccins. Et la remise en cause permanente, et souvent désinvolte, de la science me laisse, je dois dire, perplexe.

La santé doit être un bien universel : (Philippe Douste-Blazy)

La santé doit être un bien universel : (Philippe Douste-Blazy)

 

L’ancien ministre s’inquiète dans un livre récent  ( « Maladie française », paru aux éditions l’Archipel) de voir la santé soumise à la loi du domaine marchand. Il regrette que la santé ne soit pas considérée comme un bien universel. Il note par ailleurs l’absence de plan sanitaire à l’échelle européenne.

 

(Interview dans la tribune )

 

Vous évoquez dans votre dernier ouvrage, à plusieurs reprises, la nécessité d’une coopération internationale. C’est un sujet que l’on a souvent évoqué en termes de relocalisation industrielle. Vous insistez pour dire qu’il faut surtout un plan d’envergure européenne pour affronter des situations comme celles que nous vivons actuellement.

Philippe Douste-Blazy - Au niveau international, il n’existe aucun plan de lutte contre la pandémie. Le fait que la communauté internationale ne se soit pas dotée d’un plan, alors que l’on a inventé l’avion à réaction, paraît fou. Cela en dit long sur la réflexion politique de la santé. Il ne faut pas oublier que la santé est un bien public mondial comme l’eau ou l’éducation. Ce sont des biens mondiaux mais pas universels. Cette gouvernance mondiale qui finalement n’existe pas n’a pas compris que la santé doit être un bien public universel.

Vous estimez aussi que notre pays a besoin d’une refonte de grande envergure du système de santé.

Le système politique international a accepté que lorsqu’un médicament est découvert, il soit efficace mais cher, protégé par des brevets qui le rend accessible à seulement quelques millions de personnes. C’est choquant …

Contre la proposition de loi « Sécurité globale », pourquoi ? (Philippe Latombe)

Contre la proposition de loi « Sécurité globale », pourquoi ? (Philippe Latombe)

Philippe Latombe, député de la Vendée, explique pourquoi dans la Tribune il votera contre la proposition de loi sécurité globale.

 

 

Tribune

Je voterai contre la proposition de loi « Sécurité globale », parce que ce dispositif législatif présente des risques potentiels d’atteintes à la vie privée, aux principes d’égalité devant la loi et de proportionnalité d’individualisation des peines, à la liberté d’informer et peut-être même, cela mérite réflexion, aux normes constitutionnelles concernant les forces de police. Voilà qui fait beaucoup dans un domaine, celui des libertés fondamentales, où le moindre franchissement des lignes pose problème, me pose problème, surtout dans une démocratie censée porter haut l’étendard historique des libertés.

Je regrette que le débat ait été réduit à un manichéisme caricatural, politiquement instrumentalisé, opposant les prétendus défenseurs de l’ordre aux bisounours laxistes, fomenteurs du désordre. La police et la gendarmerie nationales sont des institutions publiques et républicaines à qui tout citoyen doit le respect, c’est incontestable. J’ai toujours clairement affiché mon soutien aux forces de l’ordre.

En contrepartie, cependant, leurs agents doivent pouvoir faire l’objet d’un contrôle public dans l’exercice de leurs fonctions. Or, interdire de les filmer revient à leur assurer l’impunité en cas de dérive. Limiter le débat à cette seule dualité est intellectuellement malhonnête : respect des droits du citoyen et respect des forces de l’ordre ne sont pas, ne peuvent être antithétiques en démocratie. C’est cette position que je défends.

Je ne gloserai pas ad libitum, j’ai envie d’écrire ad nauseam, sur le détail de ces différents motifs de désaccord. D’autres que moi l’ont fait abondamment, sans que cela suscite d’ailleurs de véritable dialogue ou débat constructif au sein de l’Assemblée, entre les promoteurs de cette initiative législative et leurs opposants (je recommande vivement le visionnage des débats en commission des Lois).

Je n’en reprendrai donc que quelques points, emblématiques d’une dérive liberticide : l’éventuelle possibilité de consulter les images des caméras de vidéoprotection, l’exploitation en temps réel des images des caméras-piétons des policiers, la généralisation des drones comme outils de surveillance, l’impossibilité de diffuser des images montrant des forces de l’ordre… La défenseure des Droits, Claire Hédon, s’en est émue, à juste titre, mais aussi les avocats, les associations de défense des droits humains, des représentants de la société civile, les médias, les nombreux citoyens qui nous interpellent chaque jour sur nos messageries parlementaires.

A ceux qui, en face, agitent le foulard rouge de la délinquance et du terrorisme, comme justification de ces nouvelles mesures, devant une population fragilisée par les derniers attentats et par une crise sanitaire inédite qui s’éternise, je me contenterai de citer les propos, ingénus mais ô combien délectables, d’un préfet qui constatait, il y a quelques jours, que les dealers et leurs clients se dispensaient  de l’usage du masque. Qu’attendez-vous, Monsieur le Préfet, pour passer à l’action ? Et, faut-il encore vous le préciser, pas seulement pour verbaliser pour non-respect du port du masque. Et si l’on se préoccupait, avant toute nouvelle initiative législative à haut risque pour nos libertés, d’appliquer l’arsenal répressif existant ?

Qu’on ne se méprenne pas. Il n’y a chez moi aucune hostilité envers des technologies nouvelles, innovantes, grâce auxquelles la France peut espérer occuper une place de choix au sein d’un marché mondial en plein développement, bien au contraire. Mais il est illusoire de penser que notre salut, notamment sécuritaire, passe par une mise en œuvre aveugle des opportunités qu’elles proposent. Il l’est tout autant de rêver à une société où la délinquance aurait totalement disparu, où les comportements délictueux pourraient être anticipés et enrayés avant même le début d’un commencement de passage à l’acte. A ceux qui en doutent, je conseille la lecture de Minority Report, une nouvelle de Philip K Dick écrite en 1956, ou le film éponyme de Stephen Spielberg qui s’en inspire. Y est  brossé le portrait d’une société ainsi mise sous contrôle. Cela ne fait pas vraiment envie.

Le recours à des technologies potentiellement invasives et intrusives ne peut se faire que dans un champ d’application extrêmement borné et circonstancié sur le plan juridique, ce qui n’est absolument pas le cas dans le dispositif proposé. Plus encore, le vide du texte sur la reconnaissance faciale laisse la voie libre à des ordonnances ultérieures qui permettraient l’usage décomplexé d’une telle technologie. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », recommandait Rabelais. Il serait dommage qu’au XXIème siècle, on déroge à un principe qui, depuis bientôt cinq siècles, a éclairé ce que notre société a produit de meilleur.

Mais je voterai aussi contre cette proposition de loi pour une autre raison : je suis député et, en tant que tel, je ne peux accepter les conditions dans lesquelles, sur un sujet aussi grave, s’est déroulé le travail parlementaire. Je laisserai de côté l’argumentation « sommaire » d’un collègue partisan du dispositif, me conseillant en pleine commission des lois, d’aller me faire « déniaiser ». La vulgarité du propos n’a d’égale que l’absence très « globale », effectivement, de considération manifestée à l’égard de la représentation nationale et de son rôle.

Pas d’étude d’impact, pas de saisine de la CNIL, pas d’avis du Conseil d’Etat portant sur l’ensemble du dispositif.  Une simple proposition de loi qui enfle, qui enfle, et devient peu à peu aussi grosse qu’un projet de loi, mélange des genres inadmissible. Pourtant l’idée d’un continuum de sécurité et d’une montée en compétence des polices municipales aurait pu être un beau projet. C’était d’ailleurs celui, strictement, de la proposition de loi initiale, et cela aurait dû s’en tenir à cela.

Elégance encore, dans le dépôt « en force » par le gouvernement de tant d’amendements importants, après la commission des lois, juste avant la séance, comme ceux sur l’article 22, heureusement retirés depuis, qui avaient été déposés sans en avoir prévenu le Conseil d’Etat,  pourtant sollicité en amont sur ce seul article. Elégance toujours, la tentative avortée d’habilitation à légiférer par ordonnance. On parle aussi d’un futur décret en Conseil d’Etat qui annihile le rôle du parlement…

Et comme si cela ne suffisait pas, le futur article 25 du projet de loi séparatisme opportunément dévoilé au tout dernier moment, est infiniment plus large et répressif que l’article 24 de la proposition de loi Sécurité globale et ce, sans que les parlementaires en aient été informés dans des délais suffisants pour leur permettre de déposer des amendements éclairés, une condition pourtant nécessaire pour la clarté et la sincérité des débats parlementaires, un principe constitutionnel, consacré en 2005, et présenté comme une garantie nécessaire pour assurer le respect des règles énoncées à l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 (« La loi est l’expression de la volonté générale ») et au premier alinéa de l’article 3 de la Constitution (« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants »).

Mais, alors, à quoi servent les parlementaires ?

Édouard Philippe : retour souhaité par 54 %.

Édouard Philippe : retour souhaité par 54 %. 

Selon un sondage Odoxa publié lundi. 54% des personnes interrogées souhaiteraient le retour de l’ancien premier ministre, contre 45% qui n’en veulent pas, selon une enquête réalisée pour France Inter et la presse régionale. Près des deux tiers des sondés (63%) ont une bonne opinion du maire du Havre, soit une hausse de 20 points par rapport à une précédente enquête de septembre 2019. Dans le détail, les Français le jugent dynamique (64%), compétent (63%), solide (62%), sympathique (61%) et même charismatique (54%).

Selon ce même sondage, la cote de confiance d’Emmanuel Macron baisse d’un point à 38%, et celle du Premier ministre Jean Castex s’établit à 40%, huit points en dessous de celle d’Édouard Philippe en juin. Selon  l’enquête Odoxa, le maire du Havre est – de loin – la personnalité politique préférée des Français avec une cote d’adhésion de 51%, devant la ministre de la Culture Roselyne Bachelot (45%). Viennent ensuite, loin derrière, Marine Le Pen (28%), Olivier Véran, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, Jean-Yves Le Drian (tous à 27%) et François Baroin et Eric Dupont-Moretti (26% tous les deux).

Le sondage Odoxa a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1.005 personnes, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, interrogées par Internet les 22 et 23 septembre (marge d’erreur de 1,4 à 3,1 point).

Édouard Philippe annonce une tempête sanitaire, économique et sociale !

Édouard Philippe annonce une tempête sanitaire, économique et sociale. !

 

«Je pense que nous allons affronter une tempête – une tempête économique, une tempête sanitaire, une tempête à tous égards – et peut-être une tempête sociale, peut-être une tempête politique. Et je pense que les temps qui viennent sont des temps difficiles», prévoit Édouard Philippe.

 

Une prise de position assez curieuse qui fait souffler un vent de pessimisme sur la conjoncture et l’environnement politique. Il n’est pas certain que ces annonces soient particulièrement appréciées par l’Élysée et par Matignon qui s’efforcent au contraire de rassurer. Pourquoi aussi annoncer une tempête politique ? Peut-être pour anticiper des résultats encore catastrophiques pour le parti en marche à l’occasion des élections départementales et régionales.

On se demande si Édouard Philippe ne prend pas rendez-vous avec l’histoire. En tout cas, la posture d’oracle est curieuse même si elle semble justifier par le souci de rappeler les républicains à la raison et à l’union avec la majorité actuelle.

Notons aussi que cette déclaration intervient juste au lendemain de l’annonce de la nomination d’Édouard Philippe au conseil d’administration ATOS. Une nomination parfois critiquée et qui symbolise les liens un peu sulfureux entre le business et la politique. Faut-il rappeler que Thierry Breton l’ancien président d’ATOS a été nommé commissaire européen sur proposition Édouard Philippe. D’une certaine manière Thierry Breton renvoie l’ascenseur.

Édouard Philippe voudrait rendre la situation encore plus difficile à son successeur comme premier ministre qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Le moins qu’on puisse dire c’est que son message qui vise plusieurs objectifs manque de clarté et on ne sait pas très bien à qui s’adresse sa critique quand il déclare.

 «les esprits calmes, ouverts, pondérés», ainsi que «la capacité de rassemblement, de dépassement»«Quand vous êtes sur un bateau et que la tempête arrive, l’important n’est pas forcément d’être d’accord sur toutes les questions avec ceux qui sont avec vous sur le bateau. L’important, c’est de savoir où on veut aller et comment est-ce qu’on va affronter la tempête», a-t-il expliqué. Pour l’ancien chef du gouvernement, «la boussole» qu’il faut «privilégier» pour «travailler ensemble» est donc celle du «dépassement», du «sens de l’État», du «sens de la France», plutôt que la «boussole partisane».

«Nous aurons besoin de ces femmes et de ces hommes de bonne volonté qui comprennent que nous allons subir, que nous allons traverser une très forte bourrasque

 

Sondage 2022 : Philippe en tête chez les Républicains

Sondage 2022 : Philippe en tête chez les Républicains

 

D’après un sondage IFOP pour La Lettre de l’Expansion de lundi 31 août 26% des électeurs LR souhaiteraient voir Édouard Philippe porter les couleurs de la droite. Un résultat qui le place devant François Baroin (21%), Xavier Bertrand (18%) ou encore Valérie Pécresse (15%).. 20% des électeurs LR interrogés préféreraient aussi un autre candidat que ces quatre noms testés. De quoi, sans doute, réveiller de nouvelles ambitions…

Plus largement, 20% des Français aimeraient voir l’ancien locataire de Matignon représenter la droite en 2022. Cela le place, là encore, devant Xavier Bertrand (11%), et même très loin devant François Baroin (7%) et Valérie Pécresse (6%). 56% des Français aimeraient cependant qu’une autre personnalité puisse représenter la droite.

Globalement si 19% d’entre les français aimeraient voir Emmanuel Macron défendre les couleurs de sa majorité, 18% lui préféreraient son ancien premier ministre.

Sondage popularité : Édouard Philippe en tête

Sondage popularité : Édouard Philippe en tête

 

43% de Français désireux de le voir exercer plus d’influence dans la vie politique (BVA pour RTL et Orange) et 56% d’opinions favorables (Ipsos pour Le Point). Édouard Philippe s’élève très haut (78% d’opinions favorables, selon Ipsos) dans le temple politique des sympathisants de droite, dépourvus de leader à deux ans de l’élection présidentielle. Le transfuge des Républicains, de retour à la tête du Havre (Seine-Maritime), obtient son meilleur score parmi les centristes (86%).

Mais il ne partage pas l’envol de sa cote de popularité avec Emmanuel Macron, immobilisé sous la barre des 40% d’opinions favorables (39%, +1 point par rapport au mois dernier). Quant à son successeur, Jean Castex, il reste encore peu connu de la population : 40% des Français n’expriment pas de jugement à son égard. Un citoyen sur trois (33%) voit toutefois d’un bon œil le nouveau premier ministre. Un niveau de popularité déjà éprouvé (31%) en mai 2017, à son arrivée à Matignon, par un certain Édouard Philippe.

«Le capitalisme responsable à l’épreuve du raidissement chinois». ( Philippe Mudry, l ‘Opinion)

«Le capitalisme responsable à l’épreuve du raidissement chinois». ( Philippe Mudry, l ‘Opinion)

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« On ne le croirait pas à écouter le silence qui entoure la mise au pas de Hong Kong, mais les Etats ne sont pas seuls, à l’exception des Etats-Unis et du Royaume-Uni, à faire comme si leurs grands principes pouvaient s’accommoder du raidissement chinois. Le monde des affaires rallié au capitalisme responsable a le même problème à gérer. Pour l’heure, il fait le dos rond, espérant que ce mauvais vent d’Est faiblira devant les suites fâcheuses que Pékin devra mesurer au fil du temps. Déjà, l’Europe agit pour barrer la route aux investissements chinois indésirables ​; la Chine risque de nouvelles sanctions si elle persiste dans une attitude jugée par trop agressive en Occident. Et n’est-ce pas aux politiques de faire leur devoir, en contraignant à plus de mesure ce géant si impatient d’imposer sa superpuissance ?

Il est vrai que le business n’a pas vocation à être en première ligne, mais il ne suffira pas toujours de faire profil bas. Si les entreprises et les investisseurs ne vont pas à la Chine, la Chine viendra à eux. Les exemples abondent. Ne parlons pas de HSBC ou de Cathay Pacific, ces entreprises « ​sinisées ​», desquelles de peu glorieux signes d’allégeance à Pékin ont été exigés, et obtenus, lors de la crise de contestation à Hong Kong.

Depuis, le pouvoir central a renforcé sa pression sur d’autres acteurs étrangers importants, les Gafa surtout, pour qu’ils coopèrent avec l’appareil répressif en partageant des informations permettant de contrôler la contestation. Google, Facebook et Twitter ont refusé, mais les menaces vont s’intensifier, à Hong Kong et ailleurs. Car Pékin, la crise du Covid-19 l’a montré, n’hésite plus à y recourir à l’étranger même.

Tous les investisseurs doivent, eux aussi, inclure le cas chinois dans leurs éléments de décision. Le déni des droits de l’homme n’est pas un critère responsable mineur

Rétorsion. ​Dans l’ancienne colonie britannique, on songe bien sûr aux banques. Toutes les grandes françaises y sont installées. Déjà, BNP Paribas y a subi une semonce, et dû se séparer d’un employé sympathisant du mouvement pro-démocratie. Ce ne sera pas la dernière pression à craindre, d’autant que les Français ont des ambitions en Chine. Quant aux interventions hors de la sphère chinoise traditionnelle, elles vont croître aussi. Dernier exemple en date, la réaction chinoise virulente aux propos du patron de l’Agence française de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, annonçant que Huawei fait l’objet de refus et d’autorisations limitées entre trois et huit ans dans la mise en place de la 5G. En matière de rétorsion, la Chine aura l’embarras du choix. EDF pourrait être une victime toute désignée, via l’éventuelle remise en cause de son partenariat avec le chinois CGN pour la construction outre-Manche de centrales de nouvelle génération. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Par ricochet, tous les investisseurs doivent, eux aussi, inclure le cas chinois dans leurs éléments de décision. Le déni des droits de l’homme n’est pas un critère responsable mineur. La Chine a besoin des investisseurs internationaux pour se développer et concurrencer les Etats-Unis sur le terrain financier. Si la prudence à court terme est compréhensible, l’aveuglement volontaire se paiera cher à terme. Les investisseurs ont une arme puissante entre les mains. Le moment arrive où s’en servir collectivement peut être la voie de la sagesse.

«l’entreprise d’après». La tribune de Philippe Cruellas

«l’entreprise d’après». La tribune de Philippe Cruellas

 « On ne transformera pas l’entreprise en brandissant des déclarations de bonnes intentions », estime Philippe Cruellas, managing partner d’Yndigo Partners (chronique dans l’opinion)

 

Philippe Cruellas.

 

On l’entend et on le lit à longueur d’articles : l’entreprise doit se réinventer pour jouer un rôle nouveau à la hauteur des enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux. La crise a mis un coup de projecteur. Peut-être va-t-elle jouer un rôle d’accélérateur. Mais, pour le moins, ces sujets ne sont pas nouveaux. Et force est de constater que les choses bougent peu.

L’entreprise d’après n’émergera qu’à trois conditions : des règles du jeu claires et intangibles données par le législateur ; une pression sans relâche des parties prenantes notamment les investisseurs, les clients et les collaborateurs ; et enfin des entreprises revisitant en profondeur leurs logiciels. Voici comment :

Un Etat donnant et faisant respecter des règles du jeu claires

Pour bouger en nombre, les dirigeants ont besoin de règles du jeu fixées par le législateur concernant la valorisation des investissements bas carbone et la pénalisation des entreprises polluantes. L’instauration au niveau européen d’un prix du carbone (environ 100 euros la tonne) serait un signe fort envoyé aux acteurs économiques. De son côté l’Etat, lorsqu’il est présent au sein des conseils d’administration, devrait jouer de tout son poids pour pousser les équipes dirigeantes vers des politiques du temps long. C’est loin d’être toujours le cas. On peut regretter la disparition du Commissariat général au Plan qui fixait le cadre des politiques de long terme.

Des parties prenantes tenant leurs exigences éthiques

Des étudiants qui menacent de ne pas candidater ou des clients qui boycottent telle ou telle marque sont autant de pressions qui poussent les entreprises à modifier leurs pratiques. De nouvelles normes internationales (B Corp aux USA, entreprise à mission en France…) émergent. Elles définissent un certain nombre d’exigences sociales, sociétales et environnementales qui doivent être respectées. Etre labélisée engage l’entreprise car elle inscrit le respect d’un certain nombre de pratiques éthiques dans ses statuts. Du coup, si elle y déroge, elle s’expose à des poursuites du législateur ou de ses parties prenantes avec tous les effets d’image associés. De plus, les labels servent de plus en plus aux acteurs financiers (Amundi…) à flécher leurs investissements ; aux salariés à moduler leur attraction ou leur engagement ; et aux clients-consommateurs à concrétiser — ou pas — leur acte d’achat.

Des entreprises modifiant leur logiciel de triple manière

 Une gouvernance plus inclusive des parties prenantes et des exigences sociales, sociétales et environnementales. Dans bien des entreprises l’actionnariat, court-termiste, bloque toute tentative de construire un modèle d’affaire et de gouvernance compatible avec le bien commun. Isabelle Kocher, l’ancienne patronne d’Engie a fait la cruelle expérience que l’on ne peut engager des politiques ambitieuses et vertueuses contre l’avis de ses actionnaires. A contrario, Emmanuel Faber a été suivi par son conseil d’administration pour devenir la première « entreprise à mission » du CAC 40. C’est donc possible. Qu’il s’agisse des salariés au conseil d’administration ou de la mise en place d’un comité des parties prenantes, le point névralgique est celui de la formation de ces nouveaux acteurs à la tenue de leur rôle complexe. Condition impérieuse d’un dialogue fécond, peu remplie à ce jour.

 Un pilotage des indicateurs extra-financiers (niveau de formation, choix d’organisation, engagement carbone…). Les indicateurs extra-financiers expriment une volonté prospective de création de valeur. Les leviers environnementaux, sociétaux, sociaux et de gouvernance sont des sources de gains futurs pour l’entreprise. Qu’il faut justifier, ce qui n’est pas toujours simple. Ainsi s’approvisionner en Chine peut se justifier pour mettre en œuvre une politique de prix bas. Encore faut-il intégrer les externalités négatives de toute la chaîne de valeur : les conditions humaines de fabrication, les sources énergétiques utilisées, l’empreinte carbone du transport jusqu’au dernier kilomètre.

 Une RSE qui se positionne au cœur du business. La RSE est restée dans bien des cas une sorte de caution morale. La réduction de l’empreinte carbone est « le » sujet. Elle se résume la plupart du temps à des déclarations peu soutenues par des politiques transparentes à la hauteur des enjeux des « Accords de Paris ». Les acteurs RSE devraient de toute urgence se positionner comme un acteur stratégique. En aidant les équipes dirigeantes à anticiper l’impact de la dégradation de l’environnement sur le modèle d’affaire. Et à dessiner de nouvelles opportunités (nouveaux produits…). Leur légitimité future en dépend.

Les démarches à vocation sociale et sociétale sont, elles aussi, trop souvent déconnectées du business. La philanthropie sociale s’exprime le plus couramment sous la forme du mécénat de compétences. On peut aller plus loin en couplant, par exemple, des expérimentations sociales (retour à l’emploi de chômeurs…) et des enjeux business. On le sait bien, de plus en plus de décideurs publics et privés définissent des critères sociaux comme condition d’accès à certains marchés. Ainsi Suez très présent sur le marché de l’eau a compris que dans les appels d’offres de renouvellement de concession d’assainissement et de distribution d’eau la composante sociale était clé. Notamment la clause d’insertion. Ainsi l’insertion cesse d’être un alibi pour devenir stratégique dans l’approche des contrats.

On ne transformera pas l’entreprise en brandissant des déclarations de bonnes intentions. Les belles politiques, pour devenir réelles, doivent être reliées aux enjeux stratégiques et être appuyées par le législateur. Alors les acteurs économiques verront ce qu’ils peuvent gagner à mettre en œuvre des politiques au service du bien commun. Condition première de leur mise en mouvement.

Philippe Cruellas est managing partner d’Yndigo Partners.

 

CORONAVIRUS: INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE CONTRE PHILIPPE, BUZYN ET VÉRAN : du pipeau

CORONAVIRUS: INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE CONTRE PHILIPPE, BUZYN ET VÉRAN : du pipeau

 

Comme déjà indiqué à plusieurs reprises,  des enquêtes préliminaires comme les enquêtes plus formelles décidées par la commission dépendant de la cour de justice de la république relève de l’agitation médiatique. Une question préalable toutefois : faut-il ou non judiciariser les insuffisances de gestion d’un gouvernement où trouver un mode de régulation qui permette  un contrôle démocratique régulier.

Il y a déjà plusieurs semaines qu’est envisagée cette ouverture d’information judiciaire concernant Édouard Philippe, l’ancienne ministre de la santé et l’actuel. Le problème est que cette procédure est ouverte sous la tutelle de la cour de justice de la république, justice exception qui n’a jamais puni pratiquement personne. Et pour cause puisque cette cour de justice de la république comprend neuf élus et trois magistrats !

Conclusion beaucoup d’agitation, sans doute beaucoup d’audiences, de roulements de tambour dans les médias, des affaires qui vont traîner des mois, voire des années. Et au final rien ou pas grand-chose.

Pourtant Le procureur général près la Cour de cassation a publié un communiqué ce mardi: il y annonce l’ouverture d’une information judiciaire du chef d’abstention de combattre un sinistre, délit prévu et réprimé par m’article 223-7 du code pénal, pour des faits commis à Paris courant 2019 et 2020, contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran. Cette information judiciaire porte plus précisément sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Cette procédure judiciaire succède à la décision, prise le 3 juillet, de la commission des requêtes de la Cour de Justice de la République (CJR) de transmettre plusieurs plaintes relatives au traitement par l’Etat de la crise du Covid-19 au procureur général près la Cour de cassation, François Molins. La conduite de l’information judiciaire a été confiée par ce dernier à la commission d’instruction de la CJR.

 

«Philippe – Macron : un transfert de popularité et d’impopularité ?

 «Philippe – Macron : un transfert de popularité et d’impopularité ?

 

 

 

Nombre d’observateurs notent qu’il y a une confusion concernant la popularité dont a bénéficié l’ancien Premier ministre;  en effet pendant longtemps, l’ancien Premier ministre était aussi à la traîne dans les sondages. C’est progressivement que s’est opéré une certes une sorte de transfert à la fois de popularité et d’impopularité. Car à la vérité en soutenant davantage Philippe, l’opinion publique veut surtout marquer son désaccord total avec Macron. C’est davantage un désaveu adressé à Macron qu’un soutien à Édouard Philippe qui cependant en simplifiant sa politique de communication s’est rendu beaucoup moins ésotérique qu’un Macron qui confond sans doute la fonction royale et la fonction démocratique d’un président de la république.  On aura l’occasion rapidement de voir comment évolue la popularité du nouveau Premier ministre. Il se pourrait bien qu’on assiste au même phénomène surtout si Macron confirme son idée de mettre la main sur Matignon pour assurer encore davantage de présence médiatique partout et surtout les sujets.

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

La plupart des médias reprennent  en chœur l’information relative au lancement d’une information judiciaire contre Édouard Philippe, Buzyn et Véran à propos de la gestion de la crise sanitaire. Mais évidemment cette information judiciaire a été confiée à la cour de justice de la république, institution particulièrement bienveillante à l’égard de membres du gouvernement et qui n’a jamais pris la moindre sanction significative et pour cause. C’est une justice d’exception puisque la cour est composée de neuf politiques et de trois magistrats.

 

Au pire ( comme pour la présidente actuelle de la BC, Christine Lagarde dans l’affaire tapie) , la cour de justice de la république fera les gros yeux aux intéressés si des fautes y compris graves leur étaient imputées. La commission des requêtes de la Cour de justice de la République a donc annoncé vendredi avoir transmis au procureur général près la Cour de cassation neuf plaintes contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran en vue de l’ouverture d’une information judiciaire pour leur gestion de l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus en France.

Edouard Philippe, Premier ministre jusque ce vendredi, Agnès Buzyn et Olivier Véran, qui se sont succédé au ministère de la Santé, sont visés par des plaintes pour “abstention de combattre un sinistre”.

“Il appartient désormais au procureur général – lié par les termes de cette décision – d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre de M. Edouard Philippe, de Mme Agnès Buzyn et de M. Olivier Véran”, écrit la Cour de justice de la République dans un communiqué.

La Cour de justice de la République précise que le délit cité est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Une précision qui s’impose car la cour de justice n’a pratiquement jamais puni personne.

Philippe viré pour excès de popularité

Philippe viré pour excès de popularité

 

 

Comme d’habitude, pendant plusieurs jours les grands médias vont faire l’économie des analyses politiques pour ne pas contredire le pouvoir.

On voit mal en effet apparaître les explications qui justifient la décision de Macron . Soyons clairs,  Édouard Philippe ne souhaitait nullement partir, il a été clairement viré par Macron  essentiellement en raison du péché mortel qui consiste à afficher une cote de popularité très supérieure au président de la république. Notons que cette popularité est sans doute due  au style moins jupitérien d’Édouard Philippe par rapport à Macron. Certes, il a entrepris de nombreuses réformes mais il a aussi beaucoup échoué. La maîtrise de la crise sanitaire n’est pas non plus un succès exceptionnel.. En fait, Philippe doit sa popularité à une espèce de phénomène de vase communiquant. Les Français se prononcent  plutôt en faveur de Philippe pour manifester leur mécontentement vis-à-vis d’un Macon dont l’attitude est l’avantage celle d’un roi de France que d’un chef d’État dans un pays démocratique.

 

On aura sans doute l’occasion de vérifier si le phénomène continue avec le nouveau Premier ministre. La vraie question, c’est le phénomène de rejet de Macron. Pas sûr que le président de la république réussisse son opération de séduction d’un électorat qui le lâche petit à petit. Il a choisi en fait un troisième couteau , technocrate compétent sans doute mais qui n’est pas porteur d’une grande vision politique. Bref Macon a choisi un collaborateur pour reprendre en main Matignon et si possible récupérer  l’audience d’Édouard Philippe.

Le pari est dangereux car du coup Édouard Philippe se met dans une position d’attente très confortable et il est même vraisemblable que sa cote de popularité va encore monter avec ce départ précipité. Cela pourrait un jour faire douter de la fiabilité de la candidature de Macron en 2022. Le candidat tout désigné de la droite et de la république en marche serait  alors Édouard Philippe.

Edouard Philippe en tête pour « réinventer la France » loin devant Macron

Edouard Philippe en tête  pour « réinventer la France » loin devant Macron

Selon un  sondage IFOP pour La Tribune et Europe 1. Interrogés pour savoir en qui ils ont confiance pour « réinventer la France », les Français ont placé Édouard Philippe largement en tête avec 45% des répondants, sur une liste de 40 personnalités.

L’écart se creuse nettement avec Emmanuel Macron qui apparaît au neuvième rang à 32%, talonné par le Général de Villiers, l’ancien chef d’État-major des Armées qu’il avait viré manu militari en 2017. Édouard Philippe, choisi au début du quinquennat pour incarner le « en même temps » macronien par une belle « prise » à droite, est en train de réaliser un joli contrepied de boxeur en imposant sa carrure dans l’opinion face à un président dont il devient en quelque sorte le caillou dans la chaussure, celui qui fait mal quand on marche trop longtemps avec, mais que l’on ne peut que difficilement enlever.

Selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, Édouard Philippe connaît « un véritable état de grâce » : 94% des sympathisants LREM ont confiance en lui pour réinventer la France et malgré la « trahison » de 2017, le Premier ministre qui n’a jamais rallié En Marche, le parti du président, il bénéficie de la confiance de 65% des sympathisants LR. Quels que soient les scénarios pour son avenir, maintien à Matignon ou retraite dans sa ville du Havre, il semble donc devenu incontournable. Il est en tout cas devenu plus difficile pour Emmanuel Macron de justifier son départ, sinon pour se débarrasser d’un rival. Le chef de l’Etat, sans que rien ne perce de ses intentions, a salué dimanche soir la « belle victoire » de son Premier ministre et le recevra ce lundi « en tête à tête » avant l’échange prévu avec les 150 Français membres de la convention citoyenne pour le climat.

Selon ce  sondage, les personnalités issues de la droite l’emportent nettement dans l’opinion pour réinventer la France. Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, devenu le premier opposant du président de la République, sort du lot en quatrième position avec 38% de confiance devant Nicolas Sarkozy (5e à 36%), François Baroin, Bruno Le Maire ou Valérie Pécresse. « Un nouvel espace politique semble en train de s’ouvrir pour la droite modérée », souligne Frédéric Dabi.

Quant à la gauche, « elle souffre toujours de son absence d’incarnation » souligne Frédéric Dabi: on ne trouve dans les quinze premiers de la liste que Jean-Yves Le Drian, possible successeur d’Édouard Philippe à Matignon (8e place avec 35% de confiance) et Arnaud Montebourg (12e avec 26%), qui fait son come-back sur la dé-mondialisation ambiante. De même, analyse Frédéric Dabi, « la crise sanitaire ne semble pas avoir profité aux partis tribuniciens » : Marine le Pen (RN) y apparaît à la quinzième place et Jean-Luc Mélenchon (LFI) à la 29e.

Le trio de tête qui ressort du sondage Ifop est aussi très signifiant puisque juste derrière Édouard Philippe vient en second Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’Écologie qui a quitté avec fracas le gouvernement pour dénoncer l’impuissance de l’État sur la transition énergétique. Avec 44% de confiance pour réinventer la France, c’est tout un symbole alors que les municipales de 2020 ont permis à EELV de conquérir plusieurs grandes villes. En troisième position, avec 42% de confiance, et ce n’est sans doute pas qu’anecdotique, on retrouve Didier Raoult, le vibrionnant médecin épidémiologiste marseillais, qui incarne désormais mieux que personne le camp des « anti-système » en brandissant son remède miracle contre la Covid-19 et son bon sens de praticien face aux lobbys du médicament.

Sondage popularité : Macron encore en baisse, Philippe encore en hausse

Sondage popularité : Macron encore en baisse, Philippe encore en hausse

 

Lee Président perd un point et ne compte que 38% de Français satisfaits de son action, le Premier ministre gagne 4 points et atteint les 50% de satisfaits. Douze points de différence donc. « C’est un tournant, estime Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop dans notre baromètre pour le mois de juin. Sauf en octobre 2018, jamais l’écart n’a jamais été aussi important. Philippe vit un petit état de grâce ». Alors que beaucoup annoncent un vaste remaniement entre le 29 juin et le 14 juillet, se séparer de Philippe devient de plus en plus compliqué.

Certaines baisses du chef de l’Etat sont spectaculaires. Macron perd 14 points chez les 18-24 ans (il passe de 59% à 45%), sans doute en cause du décalage entre les manifestations contre le racisme qui tranchent avec sa mise en garde contre le « séparatisme ». Il chute également chez les commerçants, artisans et chefs d’entreprise. De 46 % de satisfaits, il tombe à 27%.  Autre mauvaise nouvelle : le chef de l’Etat ne récolte plus que 60% d’opinions favorables chez sont alliés du Modem. C’est encore un bon socle mais, il y a encore un mois, ce chiffre était de 78%. La question de la gestion des masques et de la sincérité de sa parole est souvent soulevée par les sondés et fait perdre des points à Macron. « Rien de positif ne lui est attribué sur la déconfinement », relève Dabi.

Avec la crise sanitaire, Macron avait gagné 11 points dans le baromètre Ifop-JDD. Depuis, il ne cesse de baisser. Philippe, lui, progresse de mois en mois. « L’image de Philippe se construit en décalque avec celle d’Emmanuel Macron », souligne Dabi. Seuls les sympathisants LREM insistent sur la complémentarité plutôt que sur les antagonismes.

Côté Philippe, le bond est particulièrement notable dans les secteurs de la population qui votent généralement le plus à droite : il prend 12 points chez les plus de 65 ans et 8 points chez les retraités. Logiquement, il gagne 7 points chez les sympathisants de droite (de 64 à 71% de satisfaits). « Il est incontournable à droite, note Dabi. C’est la pierre angulaire de l’édifice macronien et du changement de base électorale qui a s’est produit pendant le quinquennat ». « Son courage » et son « parler-vrai » reviennent souvent quand les sondés évoquent la crise.

Macron: Premier ministre pour remplacer Philippe!

Macron: Premier ministre pour remplacer Philippe!

Comme d’autres présidents qui l’ont précédé, macron n’est finalement guère satisfait de son Premier ministre au point qu’il envisage lui aussi l’hypothèse de son non remplacement. Ainsi la Ve République irait jusqu’au bout de sa logique depuis qu’elle a choisi le quinquennat avec un président qui assumerait tous les rôles et entourés simplement de quelques collaborateurs à l’Élysée où très proches . Macron en est persuadé, s’il dirigeait lui-même le gouvernement il pourrait s’affranchir de cette administration trop lourde qu’il ne cesse de critiquer et dont pourtant il est le produit et l’acteur  indiscutable. Il a été choisi pour cela. Sans doute pour ses qualités personnelles mais surtout parce que son agenda =lui permet précisément d’acceder aux centres de décision, de communiquer avec la nouvelle noblesse d’État constitué pour l’essentiel d’énarques et de leurs courtisans( de sciences Po et autres). Ainsi pour des questions économiques, financières, sociales, techniques etc. l’intéressé choisi  est à peu près certain de trouver des similitudes de pensées et même des reflexes  que ceux de classe chez le collègue sollicité une affaire particulière. Et les entreprises de leur côté recrutent énarques et autres petits marquis pour les mêmes raisons : leur facilité d’accès aux décideurs. La boucle est bouclée. La seule faiblesse dans le système c’est qu’en France tout le monde pense à peu près la même chose puisque nourri au même lait  l’orthodoxie à la fois libérale tout autant que centralisatrice et bureaucratique. Avec le premier ministre actuel de la problématique se complique car le chef de gouvernement ne joue pas le rôle de fusible qui devrait être le sien. Bien au contraire il aurait plutôt tendance à être nettement plus populaire que le chef de l’État lui-même. Bref une sorte d’inversion des rôles et sans doute pensons du côté de l’Élysée aussi des valeurs que Macron pense être le porteur d’un projet alors qu’il n’est que le vecteur d’intérêt qui l’ont porté au pouvoir. Macron va sans doute hésiter à changer de Premier ministre, la première raison c’est que ce premier ministre est relativement populaire comparé au chef de l’État. La seconde c’est que cette modification d’ordre institutionnel bouleverserait les équilibres constitutionnels et le président se verrait par exemple contraint de répondre lui-même directement et systématiquement devant le Sénat et l’Assemblée nationale. Il pourrait choisir une autre solution, une solution qui pourrait plaire : choisir par exemple une femme. Une femme plutôt jeune. Mais une femme sans beaucoup de personnalités ou de charisme qu’il  pourrait facilement écraser de son autorité et de sa royale puissance. Bref le changement mais en pire. Avec Macron tout est possible tellement l’individu en plus est persuadé d’être porteur d’un projet politique historique dont évidemment l’efficacité reste à démontrer puisque jusque-là il n’a pas réussi grand chose

 

 

Édouard Philippe: cheval de Troie ou adversaire des Républicains ?

Édouard Philippe: cheval de Troie  ou adversaire des Républicains ?

Chez les Républicains, on  commence à s’inquiéter de la montée en puissance de la popularité d’Édouard Philippe. En effet, dans le baromètre Elabe pour « Les Echos », la cote de confiance d’Emmanuel Macron perd 1 point ce mois-ci, à 33 %, tandis que celle d’Edouard Philippe fait un bond de 5 points à 39 %. Un tel écart est sans précédent depuis le début du quinquennat.

Certes les républicains ne sont pas mécontents de voir la cote de confiance de Macron s’affaiblit mais ils commence à s’inquiéter de la concurrence que pourrait faire Édouard Philippe au candidat officiel du parti républicain « Il a rencontré les Français. Jusqu’ici, ils ne savaient pas très bien qui il est », dit d’Edouard Philippe une de ses ministres en évoquant ses conférences de presse de crise. « Il a réussi en partie à révéler quelque chose, une marque, un style. Il est sorti de l’ombre et il a pris la lumière », observe, de son, côté Bernard Sananès, le président d’Elabe. Il faut dire que Édouard Philippe bénéficie aussi d’un soutien relatif de l’opposition qui pour enfoncer macro valorise un peu Édouard Philippe De fait dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique, la cote de confiance du Premier ministre fait un bond de 5 points ce mois-ci, à 39 %, quand celle d’Emmanuel Macron recule de 1 point, à 33 %. En trois mois de crise sanitaire, la cote de confiance du chef du gouvernement a progressé de 12 points ; celle du président de la République, de 3.

« C’est la première fois depuis le début du quinquennat qu’il y a un véritable écart entre eux », relève Bernard Sananès qui souligne aussi qu’Edouard Philippe recueille davantage de confiance chez les électeurs d’Emmanuel Macron du premier et du second tour de la présidentielle que le chef de l’Etat lui-même. « Il y a une part de doute qui s’est installée pendant la crise dans le socle électoral d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat n’a pas trouvé sa place, son registre d’action et de communication », pointe le sondeur.

Au-delà du socle électoral d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe a aussi gagné, en trois mois, 13 points auprès de l’électorat de gauche, avec une cote de confiance passée de 21 % à 34 %. Et sans surprise, le Premier ministre bénéficie d’une cote de confiance importante auprès de l’électorat de droite, à 58 %, en hausse de 20 points en un mois. Malgré des questionnements et des plaintes, avec le Premier ministre en première ligne sur la gestion de la crise et du déconfinement qui, jusqu’ici, sanitairement, se passe bien, « une comparaison est née qui n’avait pas lieu d’être dans la première mi-temps du quinquennat. Pour la première fois, il y a deux têtes de l’exécutif et l’opinion émet une préférence », souligne Bernard Sananès.

Remaniement : 65% pour Philippe

Remaniement : 65% pour Philippe

 

 

Un dernier  Odoxa - réalisée pour Aviva Assurances, Challenges et BFM Business – publié jeudi révèle un soutien premier midi à hauteur de 34 % mêmes si. 73% des interrogés réclament un changement de politique, et 64% souhaitent même un remaniement, 65% d’entre eux veulent que le premier ministre reste à son poste.

L chef de l’État peine, lui, à retrouver la confiance des Français. 74% des interrogés estiment qu’il ne changera pas «personnellement» et 69% pensent qu’il ne changera pas de politique, comme il s’y était engagé pendant la crise sanitaire.

Fait notable : les sympathisants de l’opposition, pourtant souvent hostiles au couple exécutif, souhaitent également, en majorité, qu’Édouard Philippe reste à Matignon. Ainsi, 78% des interrogés proches de LR veulent le maintien du premier ministre, 75% chez les écologistes, 61% chez les socialistes, et 60% chez les Insoumis.

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