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«Philippe – Macron : un transfert de popularité et d’impopularité ?

 «Philippe – Macron : un transfert de popularité et d’impopularité ?

 

 

 

Nombre d’observateurs notent qu’il y a une confusion concernant la popularité dont a bénéficié l’ancien Premier ministre;  en effet pendant longtemps, l’ancien Premier ministre était aussi à la traîne dans les sondages. C’est progressivement que s’est opéré une certes une sorte de transfert à la fois de popularité et d’impopularité. Car à la vérité en soutenant davantage Philippe, l’opinion publique veut surtout marquer son désaccord total avec Macron. C’est davantage un désaveu adressé à Macron qu’un soutien à Édouard Philippe qui cependant en simplifiant sa politique de communication s’est rendu beaucoup moins ésotérique qu’un Macron qui confond sans doute la fonction royale et la fonction démocratique d’un président de la république.  On aura l’occasion rapidement de voir comment évolue la popularité du nouveau Premier ministre. Il se pourrait bien qu’on assiste au même phénomène surtout si Macron confirme son idée de mettre la main sur Matignon pour assurer encore davantage de présence médiatique partout et surtout les sujets.

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

La plupart des médias reprennent  en chœur l’information relative au lancement d’une information judiciaire contre Édouard Philippe, Buzyn et Véran à propos de la gestion de la crise sanitaire. Mais évidemment cette information judiciaire a été confiée à la cour de justice de la république, institution particulièrement bienveillante à l’égard de membres du gouvernement et qui n’a jamais pris la moindre sanction significative et pour cause. C’est une justice d’exception puisque la cour est composée de neuf politiques et de trois magistrats.

 

Au pire ( comme pour la présidente actuelle de la BC, Christine Lagarde dans l’affaire tapie) , la cour de justice de la république fera les gros yeux aux intéressés si des fautes y compris graves leur étaient imputées. La commission des requêtes de la Cour de justice de la République a donc annoncé vendredi avoir transmis au procureur général près la Cour de cassation neuf plaintes contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran en vue de l’ouverture d’une information judiciaire pour leur gestion de l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus en France.

Edouard Philippe, Premier ministre jusque ce vendredi, Agnès Buzyn et Olivier Véran, qui se sont succédé au ministère de la Santé, sont visés par des plaintes pour “abstention de combattre un sinistre”.

“Il appartient désormais au procureur général – lié par les termes de cette décision – d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre de M. Edouard Philippe, de Mme Agnès Buzyn et de M. Olivier Véran”, écrit la Cour de justice de la République dans un communiqué.

La Cour de justice de la République précise que le délit cité est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Une précision qui s’impose car la cour de justice n’a pratiquement jamais puni personne.

Philippe viré pour excès de popularité

Philippe viré pour excès de popularité

 

 

Comme d’habitude, pendant plusieurs jours les grands médias vont faire l’économie des analyses politiques pour ne pas contredire le pouvoir.

On voit mal en effet apparaître les explications qui justifient la décision de Macron . Soyons clairs,  Édouard Philippe ne souhaitait nullement partir, il a été clairement viré par Macron  essentiellement en raison du péché mortel qui consiste à afficher une cote de popularité très supérieure au président de la république. Notons que cette popularité est sans doute due  au style moins jupitérien d’Édouard Philippe par rapport à Macron. Certes, il a entrepris de nombreuses réformes mais il a aussi beaucoup échoué. La maîtrise de la crise sanitaire n’est pas non plus un succès exceptionnel.. En fait, Philippe doit sa popularité à une espèce de phénomène de vase communiquant. Les Français se prononcent  plutôt en faveur de Philippe pour manifester leur mécontentement vis-à-vis d’un Macon dont l’attitude est l’avantage celle d’un roi de France que d’un chef d’État dans un pays démocratique.

 

On aura sans doute l’occasion de vérifier si le phénomène continue avec le nouveau Premier ministre. La vraie question, c’est le phénomène de rejet de Macron. Pas sûr que le président de la république réussisse son opération de séduction d’un électorat qui le lâche petit à petit. Il a choisi en fait un troisième couteau , technocrate compétent sans doute mais qui n’est pas porteur d’une grande vision politique. Bref Macon a choisi un collaborateur pour reprendre en main Matignon et si possible récupérer  l’audience d’Édouard Philippe.

Le pari est dangereux car du coup Édouard Philippe se met dans une position d’attente très confortable et il est même vraisemblable que sa cote de popularité va encore monter avec ce départ précipité. Cela pourrait un jour faire douter de la fiabilité de la candidature de Macron en 2022. Le candidat tout désigné de la droite et de la république en marche serait  alors Édouard Philippe.

Edouard Philippe en tête pour « réinventer la France » loin devant Macron

Edouard Philippe en tête  pour « réinventer la France » loin devant Macron

Selon un  sondage IFOP pour La Tribune et Europe 1. Interrogés pour savoir en qui ils ont confiance pour « réinventer la France », les Français ont placé Édouard Philippe largement en tête avec 45% des répondants, sur une liste de 40 personnalités.

L’écart se creuse nettement avec Emmanuel Macron qui apparaît au neuvième rang à 32%, talonné par le Général de Villiers, l’ancien chef d’État-major des Armées qu’il avait viré manu militari en 2017. Édouard Philippe, choisi au début du quinquennat pour incarner le « en même temps » macronien par une belle « prise » à droite, est en train de réaliser un joli contrepied de boxeur en imposant sa carrure dans l’opinion face à un président dont il devient en quelque sorte le caillou dans la chaussure, celui qui fait mal quand on marche trop longtemps avec, mais que l’on ne peut que difficilement enlever.

Selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, Édouard Philippe connaît « un véritable état de grâce » : 94% des sympathisants LREM ont confiance en lui pour réinventer la France et malgré la « trahison » de 2017, le Premier ministre qui n’a jamais rallié En Marche, le parti du président, il bénéficie de la confiance de 65% des sympathisants LR. Quels que soient les scénarios pour son avenir, maintien à Matignon ou retraite dans sa ville du Havre, il semble donc devenu incontournable. Il est en tout cas devenu plus difficile pour Emmanuel Macron de justifier son départ, sinon pour se débarrasser d’un rival. Le chef de l’Etat, sans que rien ne perce de ses intentions, a salué dimanche soir la « belle victoire » de son Premier ministre et le recevra ce lundi « en tête à tête » avant l’échange prévu avec les 150 Français membres de la convention citoyenne pour le climat.

Selon ce  sondage, les personnalités issues de la droite l’emportent nettement dans l’opinion pour réinventer la France. Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, devenu le premier opposant du président de la République, sort du lot en quatrième position avec 38% de confiance devant Nicolas Sarkozy (5e à 36%), François Baroin, Bruno Le Maire ou Valérie Pécresse. « Un nouvel espace politique semble en train de s’ouvrir pour la droite modérée », souligne Frédéric Dabi.

Quant à la gauche, « elle souffre toujours de son absence d’incarnation » souligne Frédéric Dabi: on ne trouve dans les quinze premiers de la liste que Jean-Yves Le Drian, possible successeur d’Édouard Philippe à Matignon (8e place avec 35% de confiance) et Arnaud Montebourg (12e avec 26%), qui fait son come-back sur la dé-mondialisation ambiante. De même, analyse Frédéric Dabi, « la crise sanitaire ne semble pas avoir profité aux partis tribuniciens » : Marine le Pen (RN) y apparaît à la quinzième place et Jean-Luc Mélenchon (LFI) à la 29e.

Le trio de tête qui ressort du sondage Ifop est aussi très signifiant puisque juste derrière Édouard Philippe vient en second Nicolas Hulot, l’ancien ministre de l’Écologie qui a quitté avec fracas le gouvernement pour dénoncer l’impuissance de l’État sur la transition énergétique. Avec 44% de confiance pour réinventer la France, c’est tout un symbole alors que les municipales de 2020 ont permis à EELV de conquérir plusieurs grandes villes. En troisième position, avec 42% de confiance, et ce n’est sans doute pas qu’anecdotique, on retrouve Didier Raoult, le vibrionnant médecin épidémiologiste marseillais, qui incarne désormais mieux que personne le camp des « anti-système » en brandissant son remède miracle contre la Covid-19 et son bon sens de praticien face aux lobbys du médicament.

Sondage popularité : Macron encore en baisse, Philippe encore en hausse

Sondage popularité : Macron encore en baisse, Philippe encore en hausse

 

Lee Président perd un point et ne compte que 38% de Français satisfaits de son action, le Premier ministre gagne 4 points et atteint les 50% de satisfaits. Douze points de différence donc. « C’est un tournant, estime Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop dans notre baromètre pour le mois de juin. Sauf en octobre 2018, jamais l’écart n’a jamais été aussi important. Philippe vit un petit état de grâce ». Alors que beaucoup annoncent un vaste remaniement entre le 29 juin et le 14 juillet, se séparer de Philippe devient de plus en plus compliqué.

Certaines baisses du chef de l’Etat sont spectaculaires. Macron perd 14 points chez les 18-24 ans (il passe de 59% à 45%), sans doute en cause du décalage entre les manifestations contre le racisme qui tranchent avec sa mise en garde contre le « séparatisme ». Il chute également chez les commerçants, artisans et chefs d’entreprise. De 46 % de satisfaits, il tombe à 27%.  Autre mauvaise nouvelle : le chef de l’Etat ne récolte plus que 60% d’opinions favorables chez sont alliés du Modem. C’est encore un bon socle mais, il y a encore un mois, ce chiffre était de 78%. La question de la gestion des masques et de la sincérité de sa parole est souvent soulevée par les sondés et fait perdre des points à Macron. « Rien de positif ne lui est attribué sur la déconfinement », relève Dabi.

Avec la crise sanitaire, Macron avait gagné 11 points dans le baromètre Ifop-JDD. Depuis, il ne cesse de baisser. Philippe, lui, progresse de mois en mois. « L’image de Philippe se construit en décalque avec celle d’Emmanuel Macron », souligne Dabi. Seuls les sympathisants LREM insistent sur la complémentarité plutôt que sur les antagonismes.

Côté Philippe, le bond est particulièrement notable dans les secteurs de la population qui votent généralement le plus à droite : il prend 12 points chez les plus de 65 ans et 8 points chez les retraités. Logiquement, il gagne 7 points chez les sympathisants de droite (de 64 à 71% de satisfaits). « Il est incontournable à droite, note Dabi. C’est la pierre angulaire de l’édifice macronien et du changement de base électorale qui a s’est produit pendant le quinquennat ». « Son courage » et son « parler-vrai » reviennent souvent quand les sondés évoquent la crise.

Macron: Premier ministre pour remplacer Philippe!

Macron: Premier ministre pour remplacer Philippe!

Comme d’autres présidents qui l’ont précédé, macron n’est finalement guère satisfait de son Premier ministre au point qu’il envisage lui aussi l’hypothèse de son non remplacement. Ainsi la Ve République irait jusqu’au bout de sa logique depuis qu’elle a choisi le quinquennat avec un président qui assumerait tous les rôles et entourés simplement de quelques collaborateurs à l’Élysée où très proches . Macron en est persuadé, s’il dirigeait lui-même le gouvernement il pourrait s’affranchir de cette administration trop lourde qu’il ne cesse de critiquer et dont pourtant il est le produit et l’acteur  indiscutable. Il a été choisi pour cela. Sans doute pour ses qualités personnelles mais surtout parce que son agenda =lui permet précisément d’acceder aux centres de décision, de communiquer avec la nouvelle noblesse d’État constitué pour l’essentiel d’énarques et de leurs courtisans( de sciences Po et autres). Ainsi pour des questions économiques, financières, sociales, techniques etc. l’intéressé choisi  est à peu près certain de trouver des similitudes de pensées et même des reflexes  que ceux de classe chez le collègue sollicité une affaire particulière. Et les entreprises de leur côté recrutent énarques et autres petits marquis pour les mêmes raisons : leur facilité d’accès aux décideurs. La boucle est bouclée. La seule faiblesse dans le système c’est qu’en France tout le monde pense à peu près la même chose puisque nourri au même lait  l’orthodoxie à la fois libérale tout autant que centralisatrice et bureaucratique. Avec le premier ministre actuel de la problématique se complique car le chef de gouvernement ne joue pas le rôle de fusible qui devrait être le sien. Bien au contraire il aurait plutôt tendance à être nettement plus populaire que le chef de l’État lui-même. Bref une sorte d’inversion des rôles et sans doute pensons du côté de l’Élysée aussi des valeurs que Macron pense être le porteur d’un projet alors qu’il n’est que le vecteur d’intérêt qui l’ont porté au pouvoir. Macron va sans doute hésiter à changer de Premier ministre, la première raison c’est que ce premier ministre est relativement populaire comparé au chef de l’État. La seconde c’est que cette modification d’ordre institutionnel bouleverserait les équilibres constitutionnels et le président se verrait par exemple contraint de répondre lui-même directement et systématiquement devant le Sénat et l’Assemblée nationale. Il pourrait choisir une autre solution, une solution qui pourrait plaire : choisir par exemple une femme. Une femme plutôt jeune. Mais une femme sans beaucoup de personnalités ou de charisme qu’il  pourrait facilement écraser de son autorité et de sa royale puissance. Bref le changement mais en pire. Avec Macron tout est possible tellement l’individu en plus est persuadé d’être porteur d’un projet politique historique dont évidemment l’efficacité reste à démontrer puisque jusque-là il n’a pas réussi grand chose

 

 

Édouard Philippe: cheval de Troie ou adversaire des Républicains ?

Édouard Philippe: cheval de Troie  ou adversaire des Républicains ?

Chez les Républicains, on  commence à s’inquiéter de la montée en puissance de la popularité d’Édouard Philippe. En effet, dans le baromètre Elabe pour « Les Echos », la cote de confiance d’Emmanuel Macron perd 1 point ce mois-ci, à 33 %, tandis que celle d’Edouard Philippe fait un bond de 5 points à 39 %. Un tel écart est sans précédent depuis le début du quinquennat.

Certes les républicains ne sont pas mécontents de voir la cote de confiance de Macron s’affaiblit mais ils commence à s’inquiéter de la concurrence que pourrait faire Édouard Philippe au candidat officiel du parti républicain « Il a rencontré les Français. Jusqu’ici, ils ne savaient pas très bien qui il est », dit d’Edouard Philippe une de ses ministres en évoquant ses conférences de presse de crise. « Il a réussi en partie à révéler quelque chose, une marque, un style. Il est sorti de l’ombre et il a pris la lumière », observe, de son, côté Bernard Sananès, le président d’Elabe. Il faut dire que Édouard Philippe bénéficie aussi d’un soutien relatif de l’opposition qui pour enfoncer macro valorise un peu Édouard Philippe De fait dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique, la cote de confiance du Premier ministre fait un bond de 5 points ce mois-ci, à 39 %, quand celle d’Emmanuel Macron recule de 1 point, à 33 %. En trois mois de crise sanitaire, la cote de confiance du chef du gouvernement a progressé de 12 points ; celle du président de la République, de 3.

« C’est la première fois depuis le début du quinquennat qu’il y a un véritable écart entre eux », relève Bernard Sananès qui souligne aussi qu’Edouard Philippe recueille davantage de confiance chez les électeurs d’Emmanuel Macron du premier et du second tour de la présidentielle que le chef de l’Etat lui-même. « Il y a une part de doute qui s’est installée pendant la crise dans le socle électoral d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat n’a pas trouvé sa place, son registre d’action et de communication », pointe le sondeur.

Au-delà du socle électoral d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe a aussi gagné, en trois mois, 13 points auprès de l’électorat de gauche, avec une cote de confiance passée de 21 % à 34 %. Et sans surprise, le Premier ministre bénéficie d’une cote de confiance importante auprès de l’électorat de droite, à 58 %, en hausse de 20 points en un mois. Malgré des questionnements et des plaintes, avec le Premier ministre en première ligne sur la gestion de la crise et du déconfinement qui, jusqu’ici, sanitairement, se passe bien, « une comparaison est née qui n’avait pas lieu d’être dans la première mi-temps du quinquennat. Pour la première fois, il y a deux têtes de l’exécutif et l’opinion émet une préférence », souligne Bernard Sananès.

Remaniement : 65% pour Philippe

Remaniement : 65% pour Philippe

 

 

Un dernier  Odoxa - réalisée pour Aviva Assurances, Challenges et BFM Business – publié jeudi révèle un soutien premier midi à hauteur de 34 % mêmes si. 73% des interrogés réclament un changement de politique, et 64% souhaitent même un remaniement, 65% d’entre eux veulent que le premier ministre reste à son poste.

L chef de l’État peine, lui, à retrouver la confiance des Français. 74% des interrogés estiment qu’il ne changera pas «personnellement» et 69% pensent qu’il ne changera pas de politique, comme il s’y était engagé pendant la crise sanitaire.

Fait notable : les sympathisants de l’opposition, pourtant souvent hostiles au couple exécutif, souhaitent également, en majorité, qu’Édouard Philippe reste à Matignon. Ainsi, 78% des interrogés proches de LR veulent le maintien du premier ministre, 75% chez les écologistes, 61% chez les socialistes, et 60% chez les Insoumis.

« Epargne : en hausse pour un moment »( Philippe Crevel )

 « Epargne  : en hausse pour un moment »( Philippe Crevel )

Ce qu’explique  explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne. Dans une interview à l’opinion. (extrait)

Le gonflement de l’épargne liquide des Français relève-t-il d’une épargne subie ou forcée ou d’une épargne de précaution ?

Les ménages étaient en confinement, ce qui limitait leurs capacités de consommation, augmentant mécaniquement le taux d’épargne. Il est ainsi passé de 15 % du revenu disponible brut avant crise à 35 voire 40 %. Cette épargne contrainte ou subie a gonflé à la fois les dépôts à vue et les livrets d’épargne. La collecte sur le Livret A aurait été sans doute bien supérieure si de nombreuses agences bancaires ou des caisses d’épargne n’avaient pas été fermées. Cependant, la collecte historique du Livret A en avril relève aussi de l’épargne de précaution. Les ménages ont volontairement décidé de placer une partie de leurs liquidités de leurs comptes courants sur leur Livret A.

 

À Fin avril, l’encours total d’épargne placée sur les deux produits atteignait 428,2 milliards d’euros.

C’est « un niveau jamais atteint depuis la précédente crise (…) trois fois plus qu’au mois d’avril 2019″, a affirmé mercredi matin Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, lors d’une audition devant des commissions sénatoriales. Cette embellie n’est pas le résultat d’une rémunération attractive : le taux de rémunération du Livret A et du LDDS a été abaissé en février de 0,75% à 0,5%, soit son plus bas niveau historique. Le directeur de la Caisse des dépôts rejoint ainsi les propos tenus à la mi-avril par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui souhaitait de l’investissement et non de l’épargne pour relancer l’économie.

« Le mois d’avril restera dans les annales de l’épargne française. (…) Malgré leur faible rendement, le Livret A et le LDDS sont les grands gagnants de cette période très particulière d’épargne subie », a réagi dans une note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, cabinet de réflexion sur l’épargne et sa réglementation.

De façon plus générale, « l’augmentation de l’épargne de précaution a été constatée lors de chaque crise depuis 1973″, relève cet analyste.

 

« Modification des comportements d’achat» (Philippe Moati)

« Modification  des comportements d’achat» (Philippe Moati)

L’économiste et coprésident de l’Observatoire société et consommation analyse le  comportements des ménages pendant le confinement et les évolutions possibles ( interview le Figaro)

Le confinement a bouleversé nos habitudes de consommation. Qu’avez-vous constaté de plus flagrant dans vos enquêtes au début du confinement ?

PHILIPPE MOATI. - Nous avons tous consommé sous contrainte. Le plus notable au début du confinement, c’est bien sûr la baisse brutale de la consommation : nous étions sidérés, tout s’est arrêté. Celle-ci a entraîné un déficit de l’ordre de 33%, selon l’Insee, par rapport à une période normale. La consommation s’est recentrée sur un petit nombre de postes budgétaires, comme l’alimentaire, avec une grosse déformation de notre structure de dépense. Les Français sont allés au plus près de leurs besoins, à l’essentiel et à l’utile. Il est compliqué d’avoir un discours homogène, car tous les foyers sont différents, mais globalement nous avons tous été contraints de moins consommer parce que nous n’avions plus accès à l’offre.

Quelles habitudes se sont installées par la suite ?

Les Français ont accumulé beaucoup d’épargne, 55 à 60 milliards d’euros qui n’ont pas pu être dépensés, même si durant les deux dernières semaines, 17% des Français nous ont indiqué avoir pioché dedans. C’est logique, puisque 37% des personnes interrogées mi-avril nous on dit avoir subi une baisse de revenus, en moyenne de 25%. Durant le confinement, les Français ont réalloué leur budget essentiellement à l’alimentaire, puisqu’il a fallu assurer plusieurs repas par jour à la maison, et donc dépenser plus. Les Français ont dû s’occuper : la consommation numérique a fortement augmenté, les achats se sont concentrés sur le streaming. Certains ont découvert ou redécouvert l’e-commerce alimentaire qui a littéralement explosé. D’autres ont fréquenté assidûment des réseaux de producteurs locaux, d’où le délaissement important des hypermarchés.

Et puis au milieu du confinement, on a vu le retour de pulsions consuméristes

Je pense que les Français ont découvert surtout le «faire soi-même». Cela revient souvent dans nos enquêtes. Ils ont eu plus de temps pour s’adonner à leur passion, le bricolage, la peinture, le jardinage… Beaucoup d’activités manuelles. Et puis au milieu du confinement, on a vu le retour de pulsions consuméristes, avec une fraction de personnes qui a renoué avec le shopping, je l’appelle le «lèche-écran» à défaut de lèche-vitrines. Mais reste à savoir ce qui va perdurer après.

Justement, comment imaginer la reprise de la consommation quelques jours à peine après le déconfinement ?

N’oublions pas l’hétérogénéité de la population, notamment au niveau du choc budgétaire : tout le monde ne va pas être touché de la même manière, et les inégalités vont s’exacerber. Il faut savoir aussi que les comportements observés pendant le confinement ne permettent en rien de prédire ceux des prochaines semaines. Cependant, on peut formuler plusieurs hypothèses. Ce qui a le plus de chances de perdurer, ce sont les tendances entretenues par le contexte de la crise sanitaire, notamment les idéologies écologiques dont la dynamique est montée bien avant le confinement. Pour une fraction de la population, le confinement a encouragé à aller plus loin dans cette trajectoire déjà amorcée : remettre la consommation à sa place, consommer moins mais mieux, et plus intelligemment. L’année dernière il y a eu une forte prise de conscience écologique, et les indicateurs de lien entre la consommation et les enjeux environnementaux ont décollé.

Le confinement a entraîné une réflexion chez une petite partie des Français. Qu’est-ce qui est vraiment important ? En achetant moins, avons-nous vraiment manqué de quelque chose ? Cette déconsommation sous contrainte les a amenés – et convaincu ? – à passer à autre chose. La mise en accusation de tout un système néocapitaliste et la fronde contre ce système global étaient déjà en train de monter, il est fort probable que le phénomène perdure.

Et les autres ? Vont-ils renouer avec l’hyperconsommation d’avant ?

Encore une fois, ce n’est pas une réponse exhaustive. Globalement les Français ont envie de continuer à faire plus de choses par eux-mêmes, comme je vous l’ai expliqué, le fameux «faire soi-même». Le télétravail va faire perdurer ces habitudes, par la transformation radicale du jeu des contraintes pendulaires et ce rapport au temps qui va être modifié. La question est de savoir comment cette crise va changer nos idéaux. Les changements seront-ils durables ? Nous allons forcément reprendre des habitudes. Le retour à la vie sociale modifie les comportements. On ne s’habille pas par ce qu’on a besoin de se couvrir… mais pour s’affirmer. Un retraité, par exemple, peut être amené à modifier sa garde-robe parce que l’ancienne était liée à sa vie sociale. Autre fait significatif, on a vu les ventes de cosmétiques s’effondrer durant le confinement.

Le jour du déconfinement, on a pu observer des images de Français faisant la queue devant des magasins non-alimentaires avant l’ouverture. Cela vous surprend-il ?

Non. Nous sommes dans un système économique qui nous pousse vers l’hyperconsommation, avec un matraquage publicitaire, des injonctions à consommer. Cette logique ne s’en va pas comme ça. Il ne faut pas s’étonner d’avoir en soi la fibre consumériste. Maintenant qu’on est sorti, on se fait plaisir… Nous sommes des consommateurs, après tout. Ce qui est plus étonnant, c’est cette fraction de la population qui a envie de sortir de la logique du système, justement.

Beaucoup d’enseignes tentent de se renflouer à coups de promotions. Cela répond-il aussi à une attente des consommateurs ?

L’incitation à acheter est au cœur de l’économie, arriver à s’en défaire est difficile. Nous sommes conditionnés pour acheter. Il faut bien faire repartir la machine et le plus simple c’est de la faire repartir en l’état avec les mêmes recettes. Le désamour pour le consumérisme que j’ai évoqué ne touche qu’une fraction de la population. La seule chose que je peux dire avec certitude, c’est que nous ne sommes pas dans un déconfinement entier. Il est compliqué d’acheter en ce moment, compte tenu de l’incertitude des prochaines semaines. Il s’agit toujours de consommation sous contrainte. Cela dit, je ne suis pas sûr, d’un point de vue psychologique, que tout le monde ait envie de consommer, il faudrait voir comment se déroulent les prochains jours. On peut imaginer que ceux qui se sont précipités dans les magasins ont pu vivre une mauvaise expérience client et qu’ils ne vont pas y revenir de sitôt.

« Une fluidité » …. très glaciale entre Macron et Philippe

« Une fluidité » …. très glaciale entre Macron et Philippe

 

 

Officiellement tout va très bien madame la marquise entre macron  et le premier ministre. Reste que la occurrence reste vive entre les intéressés qui ont engagé la compétition sur les terrains des médias. Quand l’un parle, l’autre s’efforce presque aussitôt de le en tout cas d’apporter des nuances floues . Cette concurrence médiatique a notamment contribué à faire diminuer de façon notable la notoriété de macron  qui a perdu six points dans les sondages tandis que le Premier ministre en gagnait trois. La vérité c’est que Édouard Philippe est en train de se positionner pour une éventuelle candidature en 2027 voire 2022 étant persuadé que Macron va procéder à un changement de gouvernement d’ici la fin de l’année. Il veut représenter dans l’opinion la figure de la rigueur et de la détermination opposée à celle d’un président davantage poète,  versatile et fragile. Le Premier ministre français Edouard Philippe a cependant balayé jeudi les rumeurs sur des désaccords et des tensions avec Emmanuel Macron, évoquant une “confiance” et une “fluidité” quasiment sans “précédent” avec le chef de l’Etat, fustigeant ces commentaires en pleine crise du coronavirus dans le pays.

“Depuis trois ans, j’ai toujours dans nos relations pu constater et me réjouir d’une confiance, d’une fluidité qui je crois à peu de précédents”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse consacrée à la stratégie de déconfinement du gouvernement.

“C’est toujours le cas et j’espère que ce sera toujours le cas et je crois que ce sera toujours le cas”, a-t-il ajouté. Bref des paroles souvent entendues sous tous les gouvernements.

Plusieurs médias ont fait état ces derniers jours de tensions et de désaccords au sein du couple exécutif, des rumeurs qui resurgissent à intervalles réguliers depuis le début du quinquennat, alimentant des spéculations sur un possible changement à la tête de Matignon – spéculations toujours démenties …. jusque-là !

Coronavirus : bataille de com’ entre Édouard Philippe et Macron

Coronavirus : bataille de com’ entre Édouard Philippe et Macron

 

Il ne se passe pas une journée sans que le pouvoir s’exprime dans les médias, un jour le président un autre jour le Premier ministre, parfois les deux en même temps. Le pire souvent avec des contradictions. Ainsi encore aujourd’hui le Premier ministre prendra la parole pour préciser les modalités de la première phase de des confinements à partir du 11 mai. D’une certaine manière chacun sa partition. Le premier ministre veut montrer sa rigueur par rapport à l’enjeu sanitaire mais aussi économique et ainsi faire la preuve de sa cohérence. Le président lui tente d’amadouer les différentes forces qui s’opposent au plan gouvernemental. Un exemple significatif au plan économique.

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Alors que le Premier ministre a clairement évoqué les risques d’écroulement de l’économie, Macron prend une nouvelle fois le contre-pied d’Edouard  Philippe tentant de rassurer les Français. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un jeu de rôle avec d’un côté un Premier ministre qui joue le père fouettard avec son profil technocratique et de l’autre un président, protecteur qui se voudrait le père du peuple. Il faut toutefois noter que la différence entre les deux responsables est antérieure au Coronavirus. On a déjà vu sur le dossier de la retraite que le Premier ministre s’était montré intraitable sur le fond même avec une forme adoucie. À l’inverse, Macron avait fait des ouvertures qui n’ont pas été reprises par le gouvernement.

Certes les deux hommes partagent sans doute une majorité de convictions communes mais le Premier ministre est en train de se forger une candidature potentielle pour les présidentielles futures. Il veut montrer que lui  tient la ligne quand le président actuel se disperse et ajoute du flou au flou. Peu de médias évoquent cette rivalité pourtant certaines car il est clair qu’un moment ou un autre est sans doute d’ici la fin d’année un changement de gouvernement interviendra.

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Macron conteste l’écroulement de l’économie évoquée par Philippe

Alors que le Premier ministre a clairement évoqué les risques d’écroulement de l’économie, Macron prend une nouvelle fois le contre-pied d’Edouard  Philippe tentant de rassurer les Français. On pourrait en conclure qu’il s’agit d’un jeu de rôle avec d’un côté un Premier ministre qui joue le père fouettard avec son profil technocratique et de l’autre un président, protecteur qui se voudrait le père du peuple. Il faut toutefois noter que la différence entre les deux responsables est antérieure au Coronavirus. On a déjà vu sur le dossier de la retraite que le Premier ministre s’était montré intraitable sur le fond même avec une forme adoucie. À l’inverse, Macron avait fait des ouvertures qui n’ont pas été reprises par le gouvernement.

Certes les deux hommes partagent sans doute une majorité de convictions communes mais le Premier ministre est en train de se forger une candidature potentielle pour les présidentielles futures. Il veut montrer que lui  tient la ligne quand le président actuel se disperse et ajoute du flou au flou. Peu de médias évoquent cette rivalité pourtant certaines car il est clair qu’un moment ou un autre est sans doute d’ici la fin d’année un changement de gouvernement interviendra.

Le président rejette donc la formule du chef du gouvernement – même si l’Élysée nie tout recadrage. «Nous sommes une Nation forte», préfère avancer Emmanuel Macron, tout en affirmant mesurer «le choc massif économique» que subit le pays, alors que le monde est entré dans sa pire récession depuis la Grande Dépression des années 1930«Nous ne sommes qu’au début de la crise économique et sociale. Il nous faudra bâtir les solutions», a-t-il prévenu.

Cette divergence montre les différentes partitions jouées par les deux têtes de l’exécutif, depuis le début de l’épidémie de Covid-19. L’un, président, assure que «l’espoir renaît» et vante les «jours heureux» à venir. L’autre, premier ministre, décrit «un moment critique» et appelle à attendre des «jours meilleurs». Le premier cherche à entraîner le pays, quand le second est contraint de décliner les modalités pratiques du confinement et de sa sortie.

Une répartition des rôles résumée par Emmanuel Macron lors de son interview : «Le gouvernement précisera les règles, je donne la finalité». À tel point qu’il a refusé de détailler les conditions des déplacements après le 11 mai : «Je ne vais pas vous faire le bulletin, ce n’est pas mon rôle. Mon rôle est peut-être de rappeler une forme de bon sens (…). Ce qu’on veut éviter, ce sont de grands brassages [de population]».

Ceci étant,Macron n’est pas à une contradiction près puisque hier il a lui-même annoncé que les transports internationaux seraient sans doute interdit pour les vacances d’été !

Nouvelle critique d’Édouard Philippe à Didier Raoult

Nouvelle critique d’Édouard Philippe à Didier Raoult

Il y a quelques jours le ministre de la santé avait fortement critiqué le professeur pour ses remarques acerbes concernant la politique sanitaire du gouvernement. Cette fois, c’est le premier ministre qui a pris le relais en utilisant la bonne vieille dialectique des contradictions caricaturales . Le chef du gouvernement, Edouard Philippe, est monté ce lundi après-midi à la tribune du Sénat pour présenter le plan de déconfinement que l’exécutif compte mettre en place à compter du 11 mai. Dès le préambule de son discours, le Premier ministre a souligné qu’on ne savait « pas tout », encore, du coronavirus. Citant les zones d’ombre invitant les pouvoirs publics à la prudence, il a notamment lancé:

« Tel savant nous dit, affirmatif et catégorique, qu’il ne peut pas y avoir de deuxième vague et que le virus s’éteindra avec l’été, tel autre, tout aussi savant et respecté, nous dit l’inverse. L’Histoire nous dira qui avait raison. Mais je crains que nous n’ayons pas le temps d’attendre que l’Histoire se fasse juge ».

« le rejet du capitalisme numérique » ? (Philippe Askenazy)

 « le rejet du capitalisme numérique » ? (Philippe Askenazy) 

 

 

Philippe Askenazy,Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice-Halbwachs estime que la pandémie pourrait marquer un coup d’arrêt au développement du capitalisme numérique, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

Chronique.

 

« A travers le monde, des dizaines de millions d’actifs ont basculé en télétravail, des élèves suivent – pour les plus chanceux – des cours à distance, des patients téléconsultent. Réseaux sociaux et chaînes numériques battent des records d’audience. Certains voient dans cette intensification et cette extension des usages un point de bascule définitive dans le capitalisme numérique.

La crise sanitaire, sociale et économique pourrait au contraire marquer un coup d’arrêt à son développement. De quoi l’humanité a-t-elle besoin aujourd’hui : d’équipements de protection, de respirateurs, de nourriture et des services assurés par les travailleuses et travailleurs « essentiels ». S’il y a une guerre, elle est entre Etats pour s’approvisionner en masques, en réactifs et en anesthésiques. De la matière, de la sueur mais aussi de la peur, celle des soignants, hôtes de caisses ou éboueurs – loin d’être virtuelle.

De héros de nos sociétés, les start-uppeurs, les codeurs et autres « talents » sont désormais relégués en « dernière ligne ». Les promesses de la révolution numérique ne semblent être que de lointains mirages. Privée de données pertinentes, l’intelligence artificielle n’est d’aucune aide pour guider la politique sanitaire ou la continuité d’activité, alors qu’il y a quelques semaines encore, on nous présentait ces outils comme décisifs pour gérer les aléas.

Les imprimantes 3D ne permettent pas produire en masse, et malheureusement pas de protections textiles. Les robots des usines se sont arrêtés en même temps que les hommes. Les robots sociaux déployés dans les Ehpad ne remplacent pas les visites, lorsqu’ils ne sont pas simplement rangés au placard car difficiles à désinfecter. Même l’e-commerce affiche, dans la crise, des performances qui ramènent les trentenaires et plus à leur enfance, celle où le commerce à distance était dominé par La Redoute ou la Camif…

Révélant ses limites, le capitalisme numérique pourrait affronter le rejet. Il renforce les inégalités dans l’éducation malgré un calendrier favorable : les confinements ont eu lieu alors que les jeunes avaient déjà eu en présentiel leurs professeurs. Entreprises et administrations poussent à un retour rapide au présentiel, corollaire de la chute de productivité associée à un télétravail exclusif. »

 

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Une urgence: la démission d’Edouard Philippe

Une urgence: la démission d’Edouard Philippe

On sait que la plupart des grands médias sont légitimistes d’autant plus qu’ils ont soutenu pour un grand nombre l’accession au pouvoir de Macron. Très peu évoquent l’incompréhensible inefficacité du gouvernement dans cette crise sanitaire. En particulier concernant la pénurie de masques, de tests et d’une façon plus générale de matériel de protection. Comment comprendre que deux mois après le début de la crise, un pays aussi développé que la France soit si  peu incapable de mobiliser les forces productives au service d’une situation de guerre sanitaire. Pire, le Premier ministre a commis une faute criminelle en n’autorisant la tenue du premier tour des municipales. Dernière preuve de son inefficacité totale, cette conférence de presse de 2h30 qui n’a strictement rien apporté, rien éclairé et rien prévu pour la suite. Il y a urgence à changer ce Premier ministre complètement coincé dans son immobilisme et paralysé par ses propres incertitudes. 2h30 de mobilisation des télévisions pour ne rien dirent et même affirmer qu’on ne sait pas, qu’on verra plus tard aggravant ainsi une crise non seulement sanitaire mais aussi économique qui va plonger le pays dans une épouvantable catastrophe  caractérisée par des vagues de défaillance, de chômage et de diminution générale du pouvoir d’achat. Il serait temps que Macron prenne conscience que ce gouvernement est usé jusqu’à la corde, qui n’est composé que d’amateurs et de technocrates englués dans leur immobilisme et leurs contradictions.

Date Elections Municipales: Philippe «ne sait pas»

Date Elections Municipales: Philippe «ne sait pas»

Pour le second tour des municipales, ce qui est certain c’est que cela n’interviendra pas maintenant. Pas davantage avant la fin du mois de juin, sans doute après mais quand ? Édouard Philippe n’en sait rien. Bref le ridicule ne tue pas. On aura sans doute un second tour décalé d’au moins six mois peut-être davantage bref dans des conditions politiques complètement différentes. Notons que si la situation est aussi ubuesque, c’est surtout sur décision du Premier ministre qui a décidé du premier tour le 15 mars en pleine épidémie et juste avant le confinement intervenu, lui, le 16 mars. «La loi qui a été votée par le Parlement le 23 mars a prévu un système dans lequel le 23 mai – pas avant, pas après – nous dirons si les élections le deuxième tour des élections municipales peut se tenir à la fin du mois de juin», rappelle le chef du gouvernement.

«Aujourd’hui, au moment où je vous parle, je ne sais pas si les élections pourront se tenir à la fin du mois de juin. Peut-être (le pourront-elles), mais je ne le sais pas», a-t-il ajouté. Le problème est politique mais aussi juridique. Il ne faut pas oublier que certaines catégories de Français comme dans les EHPAD ont été empêché de voter et n’ont pas eu le temps de donner des procurations. Avec un taux d’abstention de près de 60 % au premier tour la légitimité juridique devrait être contestée par le conseil constitutionnel. En clair, on devrait annuler ce premier tour. On notera que la république en marche n’est pas pressée d’organiser un second tour après la catastrophe électorale qu’elle a subie. La majorité tendant de repousser le plus loin possible en espérant un contexte économique et sanitaire meilleur.

«La stratégie sanitaire est incompréhensible» (Philippe Douste-Blazy)

 «La stratégie sanitaire est incompréhensible» (Philippe Douste-Blazy)

 

À juste titre l’ancien ministre trouve particulièrement incompréhensible la stratégie de déconfinement par exemple concernant la réouverture programmée des écoles qui risquent d’être une source de transmission du virus dans les familles. Philippe Douste-Blazy prône évidemment le port de masques aussi le développement de tests massifs en privilégiant les tests par famille. Notons aussi que Philippe Douste-Blazy avait soutenu le traitement du Professeur de Marseille avec la chloroquine.( interview)

. Qu’avez-vous retenu des annonces présidentielles?

Philippe DOUSTE-BLAZY. - Si j’ai apprécié le ton du président, humble et grave, je dois reconnaître ne pas comprendre la stratégie sanitaire. Je suis déçu: il ne peut y avoir de stratégie sanitaire sans stratégie de santé publique forte et affirmée. Si j’applaudis les prouesses des hôpitaux et des soignants qui ont montré que notre système de santé résiste avec brio, nous faisons fausse route en matière d’épidémiologie d’intervention. Une fois de plus, nous sommes excellents dans la médecine curative et individuelle mais faibles dans la médecine préventive et communautaire.

Profitons de ce confinement pour dépister les personnes y compris non symptomatiques

Pourquoi défendez-vous le dépistage massif par foyer plutôt que le dépistage par individus à symptômes, annoncé par le chef de l’État?

Parce que nous ne pouvons plus attendre. L’épidémie continue. Plus de 2000 cas par jour! Si le confinement ne sert qu’à diminuer le nombre de lits hospitaliers occupés, c’est très utile mais cela ne suffit pas.

Confinement « ça durer » ! changement de discours de Philippe

Confinement « ça  durer » ! changement de discours de Philippe

 

 

De manière fort inopportune, le Premier ministre s’était étendu un peu trop longuement sur d’éventuelles conditions de  déconfinement alors que la priorité est toujours au confinement. Résultat ce week-end, certains en ont profité pour prendre des libertés avec les consignes barrière. Des propos inadaptés du Premier ministre qui ont été critiqués par les milieux scientifiques. Du coup aujourd’hui, le Premier ministre revient à la priorité du confinement. Il ajoute avec toujours la même flou : ça va durer !  “Aujourd’hui, l’heure est au confinement” et il “va durer”, a déclaré mardi le Premier ministre français.  

Programmé pour l’instant jusqu’au 15 avril, la période obligeant les Français à rester chez eux pour lutter contre l’épidémie de coronavirus qui a fait près de 9.000 morts dans le pays est entrée dans sa quatrième semaine. Le déconfinement, “ça n’est pas pour demain”, a dit Edouard Philippe lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.“Aujourd’hui, l’impératif c’est de faire en sorte que le confinement fonctionne, que le virus circule suffisamment lentement pour que le nombre de cas sévères qui justifie l’admission dans les services de réanimation ne soit pas supérieur à la capacité globale de notre système hospitalier”, a poursuivi le chef du gouvernement.

“Aujourd’hui, c’est l’heure du confinement et l’heure du confinement va durer et c’est tout à fait difficile à supporter pour beaucoup de Français, j’en ai tout à fait conscience mais c’est indispensable”, a insisté le Premier ministre

Les questions liées au déconfinement “demain ou après-demain sont compliquées, parce que, pour beaucoup d’entre elles, elles tiennent à des éléments, des réponses dont nous ne disposons pas encore”, a-t-il encore expliqué. “C’est la raison pour laquelle nous nous préparons. Se préparer, ça ne veut pas dire que c’est prêt. C’est travailler techniquement, scientifiquement, logistiquement pour être prêt le moment venu.”

Interrogé la semaine dernière dans le cadre d’une mission d’information de l’Assemblée nationale, Edouard Philippe avait dit que la levée des mesures de confinement se ferait sans doute de façon graduelle et pas “en une fois, partout et pour tout le monde.”

Il avait évoqué l’hypothèse d’un déconfinement régionalisé, sujet à une politique de tests, éventuellement en fonction de classes d’âge.

Chloroquine -Coronavirus: une pétition de l’ex ministre de la santé Philippe Douste-Blazy avec déjà 200.000 signatures

Chloroquine-Coronavirus: une pétition de l’ex ministre de la santé Philippe Douste-Blazy avec déjà  200.000 signatures

Une pétition lancée par l’ex-ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, demandant à assouplir les possibilités de prescription de la chloroquine, ce traitement dont l’usage contre le coronavirus provoque de vifs débats, a dépassé les 200.000 signatures dimanche soir, tandis qu’un trio de médecins éminents apportaient leur soutien au Pr Didier Raoult.

La pétition baptisée «#NePerdonsPlusDeTemps», lancée vendredi sur la plateforme Change.org, vise à élargir les traitements à l’hydroxychloroquine des patients atteints du Covid-19, en autorisant leur prescription sans attendre qu’ils soient atteints d’un stade aggravé de la maladie.

Par ailleurs, trois éminents médecins ont recommandé, dans une tribune publiée dimanche soir dans notre édition du Figaro datée lundi, d’appliquer le traitement élaboré par le très médiatisé Pr Didier Raoult, qui prône l’usage de l’hydroxychloroquine dès l’apparition des premiers symptômes du coronavirus.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a quant à lui de nouveau appelé samedi à ne pas brûler les étapes, dans un entretien au média en ligne Brut, et a souligné qu’on connaitrait dans les prochains jours les premiers résultats intermédiaires d’études cliniques, qui visent à déterminer si la chloroquine mais aussi «d’autres médicaments prometteurs» sont efficaces quand ils sont pris dès le début de la maladie.

 

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