Archive pour le Tag 'phénomène'

L’influence des sites marchands est en réalité un phénomène commun (Stéphane Laurens)

 L’influence des sites marchands  est en réalité un phénomène commun   (Stéphane Laurens)

Le professeur de psychologie Stéphane Laurens réfute, dans une tribune au « Monde », l’idée d’un « danger » de manipulation par les algorithmes des sites marchands, alors qu’il s’agit de pratiques aussi vieilles que le commerce. Elle considère que c’est un phénomène très ancien dans le commerce. La seule différence qu’oublie  Stéphane Laurens  c’est que les outils d’influence sont autrement plus puissants. Rien n’avoir entre les effets d’une politique commerciale d’une marque en 1920 par exemple et les effets marketing d’aujourd’hui. Avant quelques centaines voire  au mieux quelques milliers de clients potentiels étaient touchés maintenant ce sont des millions voire des milliards comme Facebook. Le phénomène de masse écrase tout, la puissance de distribution étouffe toute autre concurrence.

 

Tribune. Dans le compte rendu d’une étude américaine sur l’influence des moteurs de recommandation sur nos choix et nos goûts, le chercheur Charles Cuvelliez mettait en garde ses lecteurs : « Nos goûts et préférences pourraient être manipulables par des outils. Un site peu scrupuleux peut donc nous amener à payer pour des biens de consommation qui ne nous plaisent pas forcément ou qui ne nous correspondent pas. Pis, ces mêmes outils nous inciteront aussi à payer plus cher pour des biens parce qu’ils nous font croire qu’on les aime ». (« Les moteurs de recommandation font plus qu’influencer nos choix : ils modifient nos goûts ! »Le Monde du 11 mai 2019).

Dans trois expériences, ces chercheurs américains manipulaient la notation de morceaux de musique, les présentant accompagnés de 1 à 5 étoiles, précisant aux participants que cette notation était calculée à partir de leurs préférences passées. Les résultats montraient que plus il y avait d’étoiles, plus les participants étaient disposés à acheter le morceau (« The Hidden Side Effects of Recommendation Systems », Gediminas Adomavicius, Jesse Bockstedt, Shawn P. Curley, Jingjing Zhang et Sam Ransbotham, MIT Sloan Management Review, hiver 2019). Adomavicius et ses collègues mentionnaient bien dans cet article le « côté obscur » des moteurs de recommandation et leur capacité à manipuler nos préférences sans que nous en ayons conscience.

Mais ce texte est lui-même un compte rendu d’une étude que ces mêmes auteurs ont publié en 2017. Or, dans l’étude initiale, le propos est bien différent : alors que le texte est dix fois plus long, il n’est jamais fait mention du moindre danger et les auteurs se contentent très brièvement de parler de biais dans les prises de décision des consommateurs (« Effects of Online Recommendations on Consumers’ Willingness to Pay », Gediminas Adomavicius, Jesse Bockstedt, Shawn P. Curley, et Jingjing Zhang, Information Systems Research n° 29/1, 2018).

Passons sur cet étrange cheminement qui voit les résultats d’une étude scientifique simplifiés et exagérés par les auteurs de cette même étude, et où un compte rendu est effectué non à partir de l’étude elle-même, mais de sa version écourtée et « colorée ».

Gilets jaunes : un phénomène d’usure sur fond de contradictions

Gilets jaunes : un phénomène d’usure sur fond de contradictions

 

De toute évidence, le mouvement des gilets jaunes connaît un phénomène d’usure classique. Indiscutablement la mobilisation diminue cela d’autant plus qu’il n’y a pas actuellement de perspectives claires pour l’avenir de ce mouvement. Le mouvement est en effet très partagé entre ce qui veulent demeurer une force de contestation sociale citoyenne et ceux qui veulent se  transformer en mouvement politique en particulier à l’occasion des européennes. Deux visions finalement assez opposées ; dans un cas ; il s’agit de créer une sorte de syndicat de citoyens et dans l’autre de créer un parti politique avec tous les risques que cela suppose en termes de compromis voire de compromission. Selon un sondage OpinionWay, les Français eux mêmes restent partagés sur la suite du mouvement des « gilets jaunes ». Si 61% le soutiennent, 50% souhaitent qu’il cesse désormais et 49% veulent qu’il continue. L’hypothèse d’une initiative à venir divise également les sondés. Ainsi, 32% préconisent une dissolution de l’Assemblée nationale, 24% un « référendum sur la transition écologique », 7% un changement de Premier ministre, et 36% ne suggèrent aucune de ces mesures. Les sondés sont enfin un quart seulement (27%) à juger que l’attitude du président depuis le début du mouvement qui ébranle sa présidence a été « à la hauteur », contre 72% qui sont d’un avis contraire.

* Enquête réalisée en ligne les 31 décembre 2018 et 1er janvier 2019, après les vœux d’Emmanuel Macron, auprès de 1 005 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,5 à 3 points.

 

Sondage : le phénomène Macron

Sondage : le phénomène Macron

 

Doucement, relativement discrètement mais sûrement,  le phénomène Macron se confirme. Celui qui a été encore considéré il y a un mois ou deux comme un produit de bulle médiatique confirme son positionnement dans le paysage politique.  Un positionnement ni droite ni gauche qui lui réussit parce qu’il s’éloigne des problématiques des partis et traite essentiellement des réformes économiques et sociales nécessaires pour sortir de la crise. Certes ces propositions sont encore parfois marquées par un certain flou mais il a sans doute raison de ne pas s’engager dans des promesses trop quantifiées qui seraient susceptibles d’être contredites rapidement par les réalités du pouvoir. Avec 41% (+2) d’opinions positives, Emmanuel Macron profite du recul d’Alain Juppé (37%, -6) pour prendre la tête du classement des personnalités auxquelles les Français font le plus confiance, selon un sondage Harris Interactive diffusé ce vendredi. Macron prend désormais la tête des personnalités dans lesquels les Français ont le plus confiance avec 41 % d’opinions positives soit 10 points de plus que Fillon a 31 %. À l’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon dispose d’un socle non négligeable tandis que Marine Le Pen paraît stagner. De son côté  François Hollande continue de progresser (+3 points), un mois après sa décision de ne pas briguer un second mandat. Avec 25% d’opinions positives, le chef de l’État retrouve son niveau de décembre 2015, au lendemain des attentats de Paris et Saint-Denis, mais 74% (-4) des personnes interrogées continuent de ne pas lui faire confiance, selon cette enquête pour le site Délits d’opinion. François Hollande progresse notamment auprès des proches du PS (73%, +16) et du Front national (+4). François Fillon, qui avait gagné neuf points fin novembre dans l’euphorie de sa victoire à la primaire, en perd huit et retrouve son niveau du mois d’août à 31%. François Bayrou gagne un point à 31%, Jean-Luc Mélenchon un à 26%, Marine Le Pen en perd deux à 22%. Benoît Hamon, en hausse (+4), est au coude à coude avec Arnaud Montebourg (-1) à 24% et Manuel Valls, qui fait son entrée avec 23% d’opinions positives. Egalement candidat à la primaire socialiste, Vincent Peillon n’a pas été testé. Cette enquête a été  réalisée en ligne du 27 au 29 décembre.

 

2017 : Le phénomène Macron, pourquoi ?

2017 : Le phénomène Macron, pourquoi ?

 

Si l’on s’en tient au sondage Odoxa du  Parisien/Aujourd’hui en France, Emmanuel Macron pourrait bien provoquer une sorte de séisme dans la classe politique. En effet 45% des Français considèrent déjà qu’il ferait un bon président,  ce qui le place immédiatement derrière  Alain Juppé (56%). Cela alors qu’il n’a pas encore déclaré formellement sa candidature pour les présidentielles. Un sondage qui met très loin Manuel Valls (15%), Jean-Luc Mélenchon (12%) et François Hollande (6%). En outre sa démission du gouvernement est approuvée par les trois quarts des Français. Cette ascension relativement exceptionnelle pour un homme sans véritable organisation, sans passé politique significatif et même sans orientation très élaborée découle sans doute de plusieurs facteurs explicatifs. Le premier élément vient du phénomène d’usure de la classe politique traditionnelle organisée en partis dont les Français n’attendent plus grand-chose. La seconde raison tient vraisemblablement à la médiocrité de la plupart des personnalités qui ambitionnent d’accéder à  la magistrature suprême. Médiocrité sur le plan des connaissances socio économiques et sociétales mais aussi médiocrité intellectuelle. Or Macron comparé à la plupart des autres parvient à élever le débat même si on peut contester certaines orientations et surtout le flou programmatique notamment dans le domaine sociétal. L’atout principal de  Macron est peut-être aussi sa jeunesse comparée à l’âge des autres candidats de la génération des 50 à 70 ans usés par les travaux guerriers des luttes politiques intestines (de l’extrême gauche à l’extrême droite) et les discours démagos. D’une certaine manière, Macron ringardise.  On s’interroger sur la crédibilité qu’accordent certains candidats à leur propre propos tellement le manque de conviction est évident ou inversement tellement le trait  caricatural témoigne de la posture de comédien qui fait semblant de croire aux promesses de coiffeur faites  au bon peuple. Par ailleurs Macron s’aligne sur une évolution  sociétale et idéologique qui remet en cause les vieux clivages gauche droite usés  jusqu’à la corde. Usés par la gauche qui finalement se soumet maladroitement et avec retard aux impératifs des réalités économiques, usés par la droite également profondément trop marquée par l’étatisme. Une dernière caractéristique qui concerne tout autant l’extrême gauche et l’extrême droite. Il n’est pas certain évidemment que Macron  parvienne en 2017 à conquérir la magistrature suprême mais il est probable qu’il va provoquer une grande secousse sismique dans le paysage politique. Pourtant l’intéressé dans ses récentes et finalement courtes fonctions de ministre de l’économie n’a pas montré grand chose. La loi Macron 1 ressemblait davantage à une auberge espagnole qu’à un programme de réforme structurelle économique. Le plus intéressant chez Macron c’est ce qu’il n’a pas fait !  il faut dire qu’il a été en permanence empêché ou freiné par Valls qui a très vite décelé le danger de ce nouveau concurrent potentiel à la succession de François Hollande. Le passé politique d’Emmanuel Macron demeure assez inconsistant par contre certaines de ses analyses se sont montrées à la fois pertinentes et surtout compréhensibles car débarrassées de la langue de bois habituelle. Les autres responsables ont tendance à systématiquement dire tout et son contraire. Dernier exemple en date la réduction éventuelle de l’impôt sur le revenu à laquelle adhèrent presque tous les candidats mais conditionnée par une réforme fiscale globale qui inévitablement fera encore monter les prélèvements obligatoires. Un sujet un peu surréaliste puisqu’on fait croire qu’il y aurait deux catégories  de Français ceux qui payent l’impôt citoyen et ceux qui payent les autres impôts  non citoyens. La réforme est sans doute nécessaire encore faudrait-il en préciser l’objectif réel et les modalités. Emmanuel Macron, lui,  a le grand mérite d’être clair car son propos est débarrassé des oripeaux de la dialectique politicienne, sorte de charabia énarchique pour faire sérieux mais qui masque mal l’incompétence et l’immobilisme. Le tremblement provoqué par le jeune Macron  ne concernera pas seulement la gauche, une gauche par ailleurs condamné à la débâcle électorale et qui, extrême gauche comprise, ne représente plus que de l’ordre de 25 à 30 % dans le pays. Le séisme concernera aussi le centre et la droite classique car Macron va sans doute siphonner autant de voix à droite qu’à gauche compte tenu de son positionnement idéologique. Il est clair par exemple que nombre de sympathisants et même de responsables des républicains sont plus proches d’un du social libéral Macron  que du bonapartiste Sarkozy. L’extrême droite et l’extrême gauche vont également être affectées par les vagues de fond provoquées  par l’ancien ministre de l’économie dans la mesure où leurs propositions économiques (paradoxalement relativement proches) risquent  de montrer encore davantage leurs incohérences et leur démagogie. Reste que Macron  présente encore quelques faiblesses voire des handicaps sérieux ;  il risque notamment de traîner comme un boulet sont passé d’énarque mais aussi celui d’éphémère banquier. En outre il lui faudra faire bien des efforts pour persuader l’opinion qu’il est proche des vrais gens comme il dit lui-même ;  une formule d’ailleurs malheureuse et qui révèle la reconnaissance de son appartenance à une élite responsable d’une grande partie de la crise qui caractérise la France dans le domaine social, économique et sociétal. Pour parler clair, la question est de savoir si Macron propose de gouverner la France comme Hollande avec ses copains de l’ENA ou s’il est décidé d’ouvrir sa gouvernance éventuelle à des responsables de la société dite civile. Une dernière expression par ailleurs encore ridicule   pour distinguer ceux qui n’appartiennent pas à l’élite de la monarchie républicaine. La sémantique comme la politique sent la naphtaline !

 

 

Sondage : Macron : bon président pour 45%, pourquoi ? Phénomène de mode ou séisme ?

Sondage : Macron : bon président pour 45%,  pourquoi ? Phénomène de mode ou séisme ?

 

Si l’on s’en tient au sondage Odoxa du  Parisien/Aujourd’hui en France, Emmanuel Macron pourrait bien provoquer une sorte de séisme dans la classe politique. En effet 45% des Français considèrent déjà qu’il ferait un bon président,  ce qui le place immédiatement derrière  Alain Juppé (56%). Cela alors qu’il n’a pas encore déclaré formellement sa candidature pour les présidentielles. Un sondage qui met très loin Manuel Valls (15%), Jean-Luc Mélenchon (12%) et François Hollande (6%). En outre sa démission du gouvernement est approuvée par les trois quarts des Français. Cette ascension relativement exceptionnelle pour un homme sans véritable organisation, sans passé politique significatif et même sans orientation très élaborée découle sans doute de plusieurs facteurs explicatifs. Le premier élément vient du phénomène d’usure de la classe politique traditionnelle organisée en partis dont les Français n’attendent plus grand-chose. La seconde raison tient vraisemblablement à la médiocrité de la plupart des personnalités qui ambitionnent d’accéder à  la magistrature suprême. Médiocrité sur le plan des connaissances socio économiques et sociétales mais aussi médiocrité intellectuelle. Or Macron comparé à la plupart des autres parvient à élever le débat même si on peut contester certaines orientations et surtout le flou programmatique notamment dans le domaine sociétal. L’atout principal de  Macron est peut-être aussi sa jeunesse comparée à l’âge des autres candidats de la génération des 50 à 70 ans usés par les travaux guerriers des luttes politiques intestines (de l’extrême gauche à l’extrême droite) et les discours démagos. D’une certaine manière, Macron ringardise.  On s’interroger sur la crédibilité qu’accordent certains candidats à leur propre propos tellement le manque de conviction est évident ou inversement tellement le trait  caricatural témoigne de la posture de comédien qui fait semblant de croire aux promesses de coiffeur faites  au bon peuple. Par ailleurs Macron s’aligne sur une évolution  sociétale et idéologique qui remet en cause les vieux clivages gauche droite usés  jusqu’à la corde. Usés par la gauche qui finalement se soumet maladroitement et avec retard aux impératifs des réalités économiques, usés par la droite également profondément trop marquée par l’étatisme. Une dernière caractéristique qui concerne tout autant l’extrême gauche et l’extrême droite. Il n’est pas certain évidemment que Macron  parvienne en 2017 à conquérir la magistrature suprême mais il est probable qu’il va provoquer une grande secousse sismique dans le paysage politique. Pourtant l’intéressé dans ses récentes et finalement courtes fonctions de ministre de l’économie n’a pas montré grand chose. La loi Macron 1 ressemblait davantage à une auberge espagnole qu’à un programme de réforme structurelle économique. Le plus intéressant chez Macron c’est ce qu’il n’a pas fait !  il faut dire qu’il a été en permanence empêché ou freiné par Valls qui a très vite décelé le danger de ce nouveau concurrent potentiel à la succession de François Hollande. Le passé politique d’Emmanuel Macron demeure assez inconsistant par contre certaines de ses analyses se sont montrées à la fois pertinentes et surtout compréhensibles car débarrassées de la langue de bois habituelle. Les autres responsables ont tendance à systématiquement dire tout et son contraire. Dernier exemple en date la réduction éventuelle de l’impôt sur le revenu à laquelle adhèrent presque tous les candidats mais conditionnée par une réforme fiscale globale qui inévitablement fera encore monter les prélèvements obligatoires. Un sujet un peu surréaliste puisqu’on fait croire qu’il y aurait deux catégories  de Français ceux qui payent l’impôt citoyen et ceux qui payent les autres impôts  non citoyens. La réforme est sans doute nécessaire encore faudrait-il en préciser l’objectif réel et les modalités. Emmanuel Macron, lui,  a le grand mérite d’être clair car son propos est débarrassé des oripeaux de la dialectique politicienne, sorte de charabia énarchique pour faire sérieux mais qui masque mal l’incompétence et l’immobilisme. Le tremblement provoqué par le jeune Macron  ne concernera pas seulement la gauche, une gauche par ailleurs condamné à la débâcle électorale et qui, extrême gauche comprise, ne représente plus que de l’ordre de 25 à 30 % dans le pays. Le séisme concernera aussi le centre et la droite classique car Macron va sans doute siphonner autant de voix à droite qu’à gauche compte tenu de son positionnement idéologique. Il est clair par exemple que nombre de sympathisants et même de responsables des républicains sont plus proches d’un du social libéral Macron  que du bonapartiste Sarkozy. L’extrême droite et l’extrême gauche vont également être affectées par les vagues de fond provoquées  par l’ancien ministre de l’économie dans la mesure où leurs propositions économiques (paradoxalement relativement proches) risquent  de montrer encore davantage leurs incohérences et leur démagogie. Reste que Macron  présente encore quelques faiblesses voire des handicaps sérieux ;  il risque notamment de traîner comme un boulet sont passé d’énarque mais aussi celui d’éphémère banquier. En outre il lui faudra faire bien des efforts pour persuader l’opinion qu’il est proche des vrais gens comme il dit lui-même ;  une formule d’ailleurs malheureuse et qui révèle la reconnaissance de son appartenance à une élite responsable d’une grande partie de la crise qui caractérise la France dans le domaine social, économique et sociétal. Pour parler clair, la question est de savoir si Macron propose de gouverner la France comme Hollande avec ses copains de l’ENA ou s’il est décidé d’ouvrir sa gouvernance éventuelle à des responsables de la société dite civile. Une dernière expression par ailleurs encore ridicule   pour distinguer ceux qui n’appartiennent pas à l’élite de la monarchie républicaine. La sémantique comme la politique sent la naphtaline !

Tricherie sur les émissions polluantes : un phénomène global

Tricherie sur les émissions polluantes : un phénomène global

Stephan Silvestre, ingénieur en physique appliquée, revient dans Atlantico  sur la question des émissions polluantes en pleine actualité  avec  Volkswagen.

 

«  S’il fallait chiffrer la période à partir de laquelle les entreprises ont commencé à masquer l’impact de leurs activités sur l’environnement, il convient de revenir aux débuts de l’ère industrielle. C’est loin d’être un fait neuf : les entreprises ont toujours cherché à maquiller ce genre d’éléments. Aujourd’hui cela porte sur des questions environnementales, car l’environnement fait désormais partie de la stratégie de ces entreprises, mais auparavant cela portait sur d’autres aspects. Dans de nombreux secteurs d’activités, on a connu des drames comme à Bhopal en Inde (une usine filiale de l’entreprise américaine Union Carbide, qui produisait des pesticides a explosé, libérant plusieurs tonnes d’isocyanate de méthyle dans l’atmosphère de la ville). Dans la majorité des cas, les entreprises concernées ont cherché à masquer leurs responsabilités, fussent-elles sociétales, publiques ou environnementales. Pour ce qui est de ce dernier aspect, on peut citer le cas de TEPCO (Tokyo Electric Power Company) au Japon. Les procédures de contrôle, de validation des processus de sécurité étaient défaillantes. Certes, l’accident de la centrale de Fukushima n’a pas été la suite de ces manquements aux obligations de la compagnie : il est consécutif au tremblement de terre et au tsunami (inévitables) qui ont eu lieu. Cependant, cela a mis à jour des failles dans les procédures. Ces dernières ont fait l’objet de nombreuses polémiques et de plusieurs mesures correctives de la part du gouvernement japonais. Il existe également des cas plus anciens comme ceux concernant les huiles de vidanges frelatées en Espagne. Ces huiles étaient recyclées de façon opaque… De nombreux scandales ont également éclatés dans le domaine pétrolier, quand bien même il s’agissait le plus souvent d’accidents (marées noires, accident de pipe-line, de plateformes) qui ont causés de lourds dégâts environnementaux. La responsabilité des firmes a effectivement été mise en cause. On peut citer le cas de Total : le tanker Erika, dont la cargaison était véhiculée pour le compte de Total, faisait l’objet d’un montage étrange visant à diluer les responsabilités. Total, après le naufrage du navire, avait finalement décidé d’indemniser les victimes afin de renvoyer une image positive à l’opinion publique. Néanmoins, en amont, Total avait tout mis en œuvre pour éviter d’engager sa responsabilité sur ce type d’incidents dramatiques. Ces mensonges visent à préserver une image « saine » de l’entreprise. Pour répondre clairement à la question, pour dissimuler le côté polluant d’une activité (ou, du moins, diluer les responsabilités), on a le plus souvent recours à des filiales et à la sous-traitance. Il s’agit d’externaliser les activités les plus à risques et les plus néfastes, de sorte à dégager la responsabilité directe de l’exploitant. Par conséquent, on va transférer ces activités, les plus sujettes à caution (de la part des associations, notamment) vers un sous-traitant de petite taille et moins connu du grand-public. Quand les associations pointent du doigt des défaillances sur tel ou tel site, elles se retrouvent donc face à de petites sociétés intermédiaires et non devant la société finale. C’est la méthode employée par Total et qui vaut pour toutes les multinationales, tous les réseaux mondiaux, peu importe le secteur. »

Déserts médicaux : le phénomène d‘une société malade

Déserts médicaux : le  phénomène d‘une  société malade

La ministre de la santé va annoncer son plan qui ne changera rien car le phénomène est culturel ; En bref, les jeunes médecins veulent être salarié, travailler en ville et le moins de temps possible. Finalement comme les autres. C’est tout simplement le mal de la société française ; Les incitations financières ne changeront pas la tendance. Sur France Info, une femme de médecin résumait bien la situation «  on veut vivre ». Sans doute mais toute cela ne saurait durer très longtemps, le mal est profond dans toutes les professions. . Il est évidemment légitime de vouloir mieux vivre mais quand cela met en péril les équilibres financiers, une telle aspiration est économiquement suicidaire. Le départ à la retraite dans les cinq ans à venir d’environ 25% des médecins généralistes libéraux va accentuer le problème car la relève n’est plus là.  Les jeunes médecins, dont un nombre croissant de femmes (56% des nouveaux praticiens), ne veulent plus travailler comme leurs aînés.  De plus en plus urbains, ils veulent exercer en groupe, tiennent à leur vie de famille, refusent les longues journées et semaines de travail qu’acceptaient les anciens.  Au moins la moitié des jeunes médecins aspirent à travailler dans des structures de groupes en tant que salariés, que ce soit à l’hôpital, dans des centres de santé ou dans des maisons de santé pluridisciplinaires (MSP).  Pour assurer les soins de proximité sans remettre en cause la liberté d’installation chère aux médecins libéraux, François Hollande a choisi la voie de l’incitation plutôt que la coercition. Une ligne qui ne fait pas l’unanimité à gauche, ni à droite d’ailleurs, comme le prouvent régulièrement des amendements parlementaires des deux côtés de l’Hémicycle pour davantage de dirigisme.  Mais dans un passé récent (loi Bachelot de 2009) la politique du bâton n’a pas fonctionné et des mesures contraignantes ont été abandonnées.  Les aides financières incitatives, pas toujours bien ciblées, ont échoué également.  Début décembre à l’Assemblée nationale, Mme Touraine a indiqué que son plan serait « global et cohérent ».  Elle n’en a révélé que quelques bribes, dont une garantie de salaire annuel de 55.000 euros (4.600 euros par mois) pour 200 « praticiens territoriaux de médecine générale » qui iront en 2013 s’installer dans ces « déserts ».  Mercredi l’Association des maires de France (AMF) a réclamé la « mise en oeuvre urgente de mesures assurant une couverture médicale de l’ensemble des territoires à des tarifs accessibles ».

 




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