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Inflation : peut-on la combattre ?

Inflation : peut-on la combattre ?

Dans un papier  de l‘Opinion, Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane donne son avis sur la possibilité de combattre l’inflation. Pour lui il apparaît clairement qu’on ne peut totalement la compenser mais l’amortir un peu surtout pour les plus défavorisés.( Par parenthèse pas vraiment l’orientation retenue par le gouvernement concernant l’importante dépense de carburant dont les ristournes profiteront à tous).Bref pour résumer l’inflation ne peut pas être compensée totalement loin s’en faut et ce sont les ménages qui vont l’amortir avec une baisse de pouvoir d’achat

L’inflation, principalement portée par les prix de l’énergie et de l’alimentation, a accéléré en juin de 5,8 % sur un an, selon l’Insee, qui s’attend à une progression d’«un peu moins de 7 % en septembre».

« L’impact direct de tout ce qui est prix de l’alimentation et prix de l’énergie, ça représente 70 à 80 % de l’inflation qu’on a sur un an, analyse Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane. Ça c’est l’impact direct, et en plus, on a un impact indirect. C’est-à-dire que l’on sait que quand il y a des chocs sur les prix des matières premières, de l’énergie, ça va se diffuser sur d’autres secteurs, en particulier, par exemple, sur les prix des billets d’avion. On sait que quand les prix agricoles montent, ça va se diffuser dans les prix des restaurants. »

Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement dues à la crise de la Covid-19 se sont accentuées avec la guerre en Ukraine, tirant un peu plus les prix à la hausse. La dépréciation de l’euro face au dollar augmente le coût des importations et participe également à cette hausse généralisée des prix.

« L‘euro a baissé d’à peu près 10 % par rapport au dollar, donc on va dire que ça représente 0,5 point d’inflation en plus, commente Frédéric Pretet. Donc c’est plutôt marginal dans le +8 % d’inflation qu’on a en Europe mais ça contribue aussi à cette inflation qui surprend à la hausse mois après mois. »

Ces augmentations des prix devraient se poursuivre dans les mois à venir. Frédéric Pretet : « On s’attend à ce que sur l’été, on ait encore des chiffres de l’inflation qui grimpent. C’est aussi, par exemple, les estimations de l’Insee pour la France. Donc on a une inflation qui devrait, normalement, toucher son pic sur le mois de septembre. Donc sur l’Europe, on est à 8,6 %, on sera peut-être plutôt au-dessus de 9 %. Sur la France, ça va aussi continuer de se tendre. Mais ça dépend évidemment beaucoup de l’environnement sur les matières premières puisque comme je vous le disais, c’est quand même le facteur qui est le plus important sur la dynamique de l’inflation, au moins à court terme. »

Pour y faire face, le gouvernement souhaite adopter une série de mesures pour protéger le pouvoir d’achat des Français : création d’une «indemnité carburant travailleur», chèque alimentation, augmentation des minima sociaux, des retraites de base…

Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane : « Pour compenser complètement, il faudrait, en gros, geler toutes les hausses de prix dans tous les secteurs. Ce n’est pas, évidemment, le but du gouvernement dans son paquet pouvoir d’achat d’aller jusque-là. On a eu quand même, dans certains secteurs, un gel des prix. Par exemple, sur la France, c’est les prix du gaz. On a eu des hausses l’été dernier jusqu’au mois de septembre, et à partir du mois d’octobre, le gouvernement a décidé de geler les prix du gaz. Donc là-dessus, on peut dire que c’est efficace.

Mais on le voit sur les prix à la pompe, on est plutôt dans une logique d’amortir la hausse plutôt que de complètement compenser la hausse des prix de l’énergie. Sur l’alimentation c’est pareil, on envoie des chèques qui sont très importants, en particulier pour protéger les classes les plus défavorisées, celles qui ont les plus petits salaires et donc du coup qui sont les plus exposées au risque inflation et donc c’est très ciblé pour essayer de compenser au maximum sur ces catégories sociales. Mais d’un point de vue macroéconomique, pour l’ensemble des ménages, évidemment, on ne compense pas complètement cette hausse des prix, on essaie de l’amortir mais ce n’est pas une compensation totale.

Par contre, on voit quand même que la France est dans les pays qui font le plus. Si je regarde par exemple les prix de l’énergie en France, ils ont fortement progressé, autour de 30 % de hausse au mois de juin par rapport à ce qu’ils étaient l’année d’avant. Mais sur l’Europe on est plutôt au-dessus de 40 %. Donc il y a un écart, il y a un amortissement qui s’est fait par la politique du gouvernement français. Cet amortissement, cet écart entre 30 et 40 %, c’est l’équivalent d’un point d’inflation. Parce que l’inflation française, qui est autour de 6,5 % (Eurostat), serait plutôt à 7,5 %. Donc finalement beaucoup plus proche de l’inflation européenne à 8,6 % que ce qu’elle est aujourd’hui si le gouvernement n’avait pas mis en place toutes ces mesures pour, en tout cas, amortir ce choc énergétique, ce choc inflationniste. »

De son côté, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle allait durcir sa politique monétaire pour tenter de contenir l’inflation. Mais cette hausse des taux ne serait pas sans risque pour les finances publiques de la France.

Frédéric Pretet : « A partir du moment où les taux d’intérêt remontent, la charge de la dette va commencer à s’amplifier donc ça va être un facteur qu’il va falloir prendre en compte. Alors l’impact n’est pas immédiat, il se trouve que la France est un pays qui emprunte sur des maturités autour de 7 ans. Donc vous voyez que c’est plutôt dans 7 ans qu’on subira complètement l’impact des taux. Donc il y a une espèce d’inertie dans la charge d’intérêt qui est plutôt progressive.

Donc ça veut dire qu’il faut faire attention, il n’y a pas un risque immédiat sur les finances publiques de la France, mais il y a un risque qui, peut-être, s’amplifie. Et donc c’est pour ça que le gouvernement est dans une stratégie avec moins de «quoi qu’il en coûte», on essaie de cibler sa politique, en particulier pour amortir le choc énergétique et c’est pour ça qu’on le cible sur les catégories sociales les plus fragiles, et qu’on ne peut pas complètement compenser parce qu’on n’a plus les moyens de compenser complètement ce genre de choc. »

Peut-on contester la légitimité de la politique énergétique ?

Peut-on contester la légitimité de la politique énergétique ?

 

Non,  dit le maire de Mouliherne (Maine et Loire)  qui justifie ainsi un projet contesté d’éoliennes. Ici comme ailleurs, les oppositions se manifestent lors  des projets d’installation d’éoliennes. Cette légitimité est cependant très  discutable dans la mesure où les orientations sont complètement incohérentes et contradictoires avec les orientations budgétaires qui constituent l’instrument essentiel de la politique du gouvernement. Une politique irréaliste d’après la Cour des Comptes. En effet, le surcoût des « Énergies Renouvelables chiffré dans le rapport de la « Cour des comptes » publié le 26 juillet 2013 s’élève à 70,1 milliards d’€ (Md€) pour la période 2005 à 2020. Alors que dans le même temps le gouvernement autorise le grand carénage des réacteurs nucléaires qui prolongera leur durée de vie de 20 ans (sans parler des autres dépenses qu’EDF aura à supporter pour l’enfouissement des déchets à Bus, la reprise d’Areva, la dérive des dépenses de l’EPR de Flamanville et d’Hinkley en Grande-Bretagne. En clair,  il faudra trouver 200 à 300 milliards dans les 20 ans à venir pour l’électricité d’origine nucléaire qui va donc conserver sa part de production. Parallèlement,  la loi de transition énergétique entraînera des dépenses de 70 milliards sur une période à peu près équivalente à fin de financer des énergies nécessairement subventionnées faute de rendement énergétique. (Le rendement énergétique des centrales nucléaires est de 90 % tandis que celui des éoliennes atteint seulement 20 % puisque soumis aux problèmes de l’aléa du vent). Cette politique énergétique est une politique de gribouille comme d’ailleurs la politique budgétaire considérée comme insincère récemment par la Cour des Comptes. Pour tenter de rééquilibrer un peu les comptes dans le domaine énergétique,  il faudrait augmenter rapidement les prix de l’électricité de 50 % d’après la Cour des Comptes. Ce qui évidemment impacterait le pouvoir d’achat des ménages sans parler des conséquences néfastes sur la compétitivité et donc aussi sur l’emploi. La Cour des Comptes estime que cette problématique n’a jamais fait l’objet d’une évaluation sérieuse. Il en est de même au plan local pour le schéma d’orientation (Scot, document ésotérique  construits sur des chiffres obsolètes concernant la réalité socio-économique et sur des orientations essentiellement littéraires sans scénarios  financiers). De même pour le   schéma des éoliennes des Pays de Loire,  par ailleurs retoqué par le tribunal administratif pour insuffisance dévaluation de l’impact sur l’environnement. Sans doute doit- on admettre  que le choix du nucléaire n’était pas le plus judicieux notamment du point de vue environnemental, reste que l’investissement dans ce patrimoine de 200 à 300 milliards payé par le consommateur et le contribuable sera forcément amorti jusqu’en 2040- 2050.Ce ne sont pas que les éoliennes totalement subventionnées et d’un rendement énergétique dérisoire qui pourront les remplacer. Le mix énergétique de Ségolène Royal est une  fumisterie. Il conviendra de la remettre en cause totalement à partir des réalités économiques et sur des bases sérieuses. C’est possible,  il y a des perspectives pour la réduction de la consommation de l’énergie primaire,  pétrole compris (voitures électrique, résidentiel et tertiaire à énergie positive, énergies vraiment alternatives etc.). La politique énergétique n’a pas davantage de légitimité que d’autres politiques en particulier dans le domaine budgétaire : irréalisable, et relevant de l’imposture. La cour des comptes parle pudiquement d’ « insincérité » ! En clair on a truqué les comptes. Comme on a truqué la politique énergétique de Ségolène Royal.

 

Ce site est réalisé sous la direction de  Gaston Bessay*

 

 

 

*G.Bessay

.Ingénieur expert consultant international
.Président de l’institut prospective transport
.Président de l’institut développement transport et territoires

.Ancien président du comité d’orientation du service économique du ministère des transports (OEST)
.Ancien vice-président du conseil national des transports

.Ancien président de groupe du PREDIT (programme interministériel de recherche)
.Ancien président de l’IFRET (institut fer-route-études transport)
.Ancien président du groupe transport du plan (ministère du plan)
.Fondateur de l’association nationale des consultants transports

.Ancien membre des conseils scientifiques de l’école nationale des ingénieurs des travaux publics (ENTPE), du laboratoire d’économie des transports (Université Lyon2) et du Comité National Routier

- ancien membre de la commission des comptes transport de la nation

officier de la légion d’honneur
officier de l’ordre national du mérite

 

 




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