Archive pour le Tag 'peur'

Russie, une société de peur et de brutalité

Russie, une société de peur et de brutalité

Le but des autorités russes est de « créer une atmosphère de peur », dit Elena Jemkova, directrice exécutive de Memorial, une ONG russe de défense des droits humains qui poursuit son travail de mémoire, malgré sa dissolution.

La dissolution de l’association évoquée constitue une confirmation supplémentaire que la Russie de tout temps a toujours été une société de peur et de brutalité. Poutine, dictateur mafieux ne fait que prolonger les méthodes soviétiques lesquelles avaient succédé à celles des tsars. Ce pays n’a jamais connu la démocratie  et soutient en tout cas tolère l’oppression comme mode de limitation  des libertés individuelles comme collectives. NDLR

 

Le 28 décembre 2021, la Cour suprême de Russie prononçait la liquidation de Memorial International, l’une des plus importantes ONG du pays, fondée en 1987 sous le nom de Memorial Moscou – avant de prendre de l’ampleur et de changer de nom en 1992 –, pour établir la vérité historique sur les crimes du totalitarisme soviétique et défendre les droits humains. Elena Jemkova, sa directrice exécutive, qui vit en Russie et a reçu le 21 juin à Paris le titre de docteure honoris causa de Sciences Po, fait le point pour Le Monde sur la situation qu’a créée cette décision de dissolution, prise quelques semaines seulement avant l’invasion de l’Ukraine.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que liquidation ne signifie pas interdiction. Je rappelle que la question, au procès, était de savoir si nous avions respecté l’obligation qui est la nôtre depuis 2016 d’apposer un tampon « agent de l’étranger » sur tous nos documents. La cour a estimé, à partir de quelques cas, que nous ne l’avions pas suffisamment fait. Certes, pendant le procès, le procureur avait invoqué des raisons plus profondes, en disant notamment qu’il n’aimait pas la façon dont nous présentions le passé soviétique. Mais cela n’a pas été repris dans les attendus du verdict.

Nous pouvons donc prendre la cour au mot, et considérer que notre travail, en lui-même, n’a pas été remis en cause. D’ailleurs, comment pourrait-on interdire un travail de cette nature ? C’est celui à la fois d’historiens professionnels et de simples citoyens que nous aidons à reconstituer l’histoire de leurs proches. On ne peut évidemment pas abolir le travail des historiens, et on ne peut pas non plus interdire aux gens de vouloir connaître la vérité sur leur histoire.

La situation globale s’est bien sûr fortement dégradée, puisque le centre de coordination qu’était Memorial International a disparu. Mais beaucoup de nos membres sont bénévoles : ils n’ont pas besoin de grand-chose pour continuer leur travail. Et puis notre structure est décentralisée, et les nombreuses branches locales de Memorial n’ont pas été liquidées. Elles ont encore leurs ressources, leurs bureaux, leurs archives ; et elles continuent le travail.

C’est aussi le cas, à grande échelle, des branches étrangères, qui se montrent de plus en plus actives, ce qui confirme quelque chose dont nous nous doutions, à savoir que Memorial est vraiment devenue une organisation internationale.

Inflation – La peur de la spirale salaire prix

Inflation – La peur de la spirale salaire prix

 

Il y a une dizaine d’années, les dirigeants occidentaux ont ouvert la boîte de Pandore par la mise en place d’une politique économique accommodante, visant initialement à booster la croissance occidentale. L’injection massive d’argent dans les marchés financiers et dans l’économie aura finalement mené à une inflation généralisée, poussant les banques centrales à réagir afin « d’appuyer sur le frein » (Christine Lagarde, 11 mai 2022) afin de tenter de maîtriser ce phénomène économique inquiétant. En mai 2022, le taux d’inflation annuel est estimé à 8,1% en zone euro et 8,3% aux Etats Unis, des niveaux historiquement hauts. Par Martin Pirez, manager chez Square.

La crainte évoquée de la spirale salaire prix est évidemment à prendre en considération car elle peut alimenter encore l’inflation. Mais inversement ne pas augmenter suffisamment les salaires peut tuer la consommation et la croissance ( un phénomène en cours) NDLR

 

Depuis plusieurs mois, chacun constate l’urgence de la lutte contre l’inflation car ses effets sont palpables au quotidien et font la une de tous les médias. Celle-ci impacte autant l’économie réelle, c’est-à-dire le quotidien des ménages et particulièrement ceux ayant un pouvoir d’achat limité, que la sphère financière : depuis le début de 2022, on constate une baisse d’environ 20% du principal indice européen (Eurostoxx 50) et de 22% du principal indice des Etats Unis (S&P 500). La France, qui se trouve dans un contexte électoral tendu, est le théâtre d’un ensemble de propositions des responsables politiques visant à « lutter contre l’inflation » afin de préserver le pouvoir d’achat, principale préoccupation des Français. Pour ce faire, il est en effet important de se pencher sur l’inflation afin de sauvegarder les intérêts du pays, cependant il est important d’éviter certains écueils.

D’abord, il ne faut pas confondre « lutte contre l’inflation » et « lutte contre les effets de l’inflation » au risque d’alimenter celle-ci, voire de provoquer son accélération. Ainsi, la ligne directrice dans ce contexte inflationniste est bien de sauvegarder le pouvoir d’achat sans participer à la hausse des prix. Nous allons voir cependant que certaines propositions politiques peuvent s’avérer plus ou moins efficaces dans ce combat.

En effet, des aides de l’Etat peuvent paraître bénéfiques pour les Français, mais finalement néfastes dans la lutte contre l’inflation. L’indexation des retraites sur l’inflation, la revalorisation des minima sociaux, l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires et plus généralement des hausses de salaire dans le secteur privé reviendront in fine à alimenter la hausse des prix. Bien que difficile à concevoir, de telles mesures auront pour effet d’alimenter la boucle « prix-salaires » : un vieux phénomène économique. Théorisé par l’économiste Alban Phillips, un contexte de plein-emploi entraîne une accélération de l’inflation. En mai 2022, la France compte 7,3% de chômeurs, selon les derniers chiffres de l’Insee, son plus bas niveau depuis 2008 (« Le plein-emploi est à portée de main, le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans, le taux de chômage des jeunes est au plus bas depuis 40 ans et jamais autant de Français n’avaient eu un travail » Première ministre française E. Borne, 23 mai 2022). Dans une telle conjoncture, les entreprises font face à un manque de main d’œuvre, créant un rapport de force favorable aux salariés. Les entreprises sont donc plus enclines à augmenter les salaires. La hausse des salaires alimentant dans un premier temps le pouvoir d’achat, les sociétés peuvent répercuter la hausse des coûts de production dans les prix de vente (« pricing power ») afin de maintenir leur niveau de marge. On comprend ainsi l’écueil d’une telle spirale économique : hausse des salaires pour compenser l’inflation, hausse des prix des entreprises pour payer les salaires s’alimentant et se renforçant mutuellement.

Dans ce contexte de marché de l’emploi très favorable, un nouveau phénomène porté par les Etats Unis est à ajouter dans cette équation, celui de la Grande Démission (« Great Quit »). Cette fuite massive du marché du travail salarié comme suite logique des dérives du modèle capitaliste moderne et de la pandémie est un phénomène ayant déjà touché concrètement les Etats Unis et qui fait son apparition dans les médias en France. En 2021, aux Etats Unis (selon le Bureau of Labor Statistics), un record de plus de 47 millions d’Américains ont volontairement quitté leur emploi, soit presque 30% de la population active, ce qui s’inscrit dans une tendance à long terme depuis plus de dix ans. Un phénomène comparable est observable en France, les chiffres de la Dares (service de statistiques du ministère du Travail) concernant les mouvements de main d’œuvre confirment cette tendance : plus de 2,2 millions de démissions (80%) et ruptures conventionnelles (20%) sur 2021 – niveau le plus important depuis plus de dix ans et qui s’inscrit également dans une tendance de long terme (voir schéma ci-dessous). Ce phénomène vient donc mettre un peu plus de pression sur les employeurs et renforce la position des salariés, les mettant dans une position préférentielle pour prétendre à des hausses de salaire.

Malgré cette conjoncture défavorable pour lutter contre l’inflation, il existe des solutions à mettre en œuvre afin de renforcer le pouvoir d’achat sans entretenir la hausse des prix.

Par exemple, la mobilisation des outils de partage de la valeur avec le versement de primes liées à la performance de l’entreprise (intéressement) et à une quote-part de ses bénéfices (participation) ainsi que la mise en place d’une épargne salariale est une solution vertueuse. Ce dispositif, promu de longue date par Bruno Lemaire (ministre de l’Économie) fait partie des demandes prioritaires aux organisations patronales afin qu’il soit étendu (en particulier auprès des PME et TPE) et rendu obligatoire dès lors qu’une société verse des dividendes. Décrié, le partage de la richesse dans l’entreprise fait pourtant partie des outils pour améliorer le pouvoir d’achat. Il ne s’agit là pas nécessairement d’une hausse de revenus pour les salariés, mais également d’avoir accès à une épargne par le versement de primes liées à la performance de l’entreprise. Les salariés pourront donc bénéficier d’une épargne exonérée d’impôt sur le revenu, à utiliser sous des conditions établies et peu contraignantes (acquisition d’un logement principal par exemple) ce qui participera concrètement à renforcer le pouvoir d’achat, sans alimenter l’inflation au niveau des salaires.

De même, l’aide de l’Etat permettant de limiter les effets de la hausse des prix dans le secteur de l’énergie, le bouclier énergétique, correspond à un abaissement de la taxation par l’Etat sur les factures des ménages. Le contexte géopolitique et logistique transitoire est préjudiciable pour les ménages et pour l’Etat, tandis que producteurs et distributeurs d’énergies voient leurs bénéfices exploser (chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2022 de Engie et Total Energies en hausse respectivement de 51% et 57%). En effet, cette hausse des prix de l’énergie est liée à la spéculation sur les marchés et ne s’accompagne pas d’une variation du coût de production de celle-ci. La société EDF, propriété de l’Etat français à plus de 80% et grand distributeur de dividendes, voit quant à elle son chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2022 augmenter de 62%, ce qui devrait permettre de compenser ce manque à gagner pour l’administration publique. La mise en place de ce bouclier est donc une mesure efficace pour préserver le pouvoir d’achat des Français sans impacter l’inflation.

Enfin, on peut citer une autre mesure qui va rogner sur les recettes de l’Etat français : la baisse des impôts de production. Bénéficiant plus particulièrement aux secteurs exposés à la concurrence internationale comme l’industrie, où les coûts de production ont fortement augmenté (hausse du prix de la matière première), cette mesure est la bienvenue pour permettre aux sociétés de faire face à la conjoncture difficile, renforçant leur marge de manœuvre afin d’éviter des licenciements ou autres effets néfastes pour les travailleurs. Pour aller plus loin, une baisse des charges patronales et salariales serait un moyen très efficace d’augmenter la rémunération nette des salariés sans augmenter le coût du travail et plus généralement les prix. Globalement, dans un pays où le travail est davantage taxé que le capital (30% de taxation pour tous les actionnaires depuis la mise en place du PFU), tous ces types de mesure seraient les bienvenues et participeraient à une certaine justice économique. Cela impliquerait pour l’Etat un manque à gagner, à compenser par une baisse des dépenses publiques ou bien par une plus forte taxation du capital afin de ne pas aggraver le déficit public.

Pour conclure, il est à remarquer que la France paiera prochainement plus cher le refinancement de la dette à cause de la remontée des taux d’intérêts des banques centrales. Le poids de la dette nationale sera donc un autre élément à surveiller et avec lequel il faudra composer dans les prochains mois. En mettant bout à bout ces différents éléments, nous pouvons entrevoir la complexité de la prise de décision pour l’effectif dans ce contexte qui est le nôtre et analyser la pertinence des récentes propositions politiques.

La peur de la spirale salaire prix

La peur de la spirale salaire prix

 

Il y a une dizaine d’années, les dirigeants occidentaux ont ouvert la boîte de Pandore par la mise en place d’une politique économique accommodante, visant initialement à booster la croissance occidentale. L’injection massive d’argent dans les marchés financiers et dans l’économie aura finalement mené à une inflation généralisée, poussant les banques centrales à réagir afin « d’appuyer sur le frein » (Christine Lagarde, 11 mai 2022) afin de tenter de maîtriser ce phénomène économique inquiétant. En mai 2022, le taux d’inflation annuel est estimé à 8,1% en zone euro et 8,3% aux Etats Unis, des niveaux historiquement hauts. Par Martin Pirez, manager chez Square.

La crainte évoquée de la spirale salaire prix est évidemment à prendre en considération car elle peut alimenter encore l’inflation. Mais inversement ne pas augmenter suffisamment les salaires peut tuer la consommation et la croissance ( un phénomène en cours) NDLR

 

Depuis plusieurs mois, chacun constate l’urgence de la lutte contre l’inflation car ses effets sont palpables au quotidien et font la une de tous les médias. Celle-ci impacte autant l’économie réelle, c’est-à-dire le quotidien des ménages et particulièrement ceux ayant un pouvoir d’achat limité, que la sphère financière : depuis le début de 2022, on constate une baisse d’environ 20% du principal indice européen (Eurostoxx 50) et de 22% du principal indice des Etats Unis (S&P 500). La France, qui se trouve dans un contexte électoral tendu, est le théâtre d’un ensemble de propositions des responsables politiques visant à « lutter contre l’inflation » afin de préserver le pouvoir d’achat, principale préoccupation des Français. Pour ce faire, il est en effet important de se pencher sur l’inflation afin de sauvegarder les intérêts du pays, cependant il est important d’éviter certains écueils.

D’abord, il ne faut pas confondre « lutte contre l’inflation » et « lutte contre les effets de l’inflation » au risque d’alimenter celle-ci, voire de provoquer son accélération. Ainsi, la ligne directrice dans ce contexte inflationniste est bien de sauvegarder le pouvoir d’achat sans participer à la hausse des prix. Nous allons voir cependant que certaines propositions politiques peuvent s’avérer plus ou moins efficaces dans ce combat.

En effet, des aides de l’Etat peuvent paraître bénéfiques pour les Français, mais finalement néfastes dans la lutte contre l’inflation. L’indexation des retraites sur l’inflation, la revalorisation des minima sociaux, l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires et plus généralement des hausses de salaire dans le secteur privé reviendront in fine à alimenter la hausse des prix. Bien que difficile à concevoir, de telles mesures auront pour effet d’alimenter la boucle « prix-salaires » : un vieux phénomène économique. Théorisé par l’économiste Alban Phillips, un contexte de plein-emploi entraîne une accélération de l’inflation. En mai 2022, la France compte 7,3% de chômeurs, selon les derniers chiffres de l’Insee, son plus bas niveau depuis 2008 (« Le plein-emploi est à portée de main, le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans, le taux de chômage des jeunes est au plus bas depuis 40 ans et jamais autant de Français n’avaient eu un travail » Première ministre française E. Borne, 23 mai 2022). Dans une telle conjoncture, les entreprises font face à un manque de main d’œuvre, créant un rapport de force favorable aux salariés. Les entreprises sont donc plus enclines à augmenter les salaires. La hausse des salaires alimentant dans un premier temps le pouvoir d’achat, les sociétés peuvent répercuter la hausse des coûts de production dans les prix de vente (« pricing power ») afin de maintenir leur niveau de marge. On comprend ainsi l’écueil d’une telle spirale économique : hausse des salaires pour compenser l’inflation, hausse des prix des entreprises pour payer les salaires s’alimentant et se renforçant mutuellement.

Dans ce contexte de marché de l’emploi très favorable, un nouveau phénomène porté par les Etats Unis est à ajouter dans cette équation, celui de la Grande Démission (« Great Quit »). Cette fuite massive du marché du travail salarié comme suite logique des dérives du modèle capitaliste moderne et de la pandémie est un phénomène ayant déjà touché concrètement les Etats Unis et qui fait son apparition dans les médias en France. En 2021, aux Etats Unis (selon le Bureau of Labor Statistics), un record de plus de 47 millions d’Américains ont volontairement quitté leur emploi, soit presque 30% de la population active, ce qui s’inscrit dans une tendance à long terme depuis plus de dix ans. Un phénomène comparable est observable en France, les chiffres de la Dares (service de statistiques du ministère du Travail) concernant les mouvements de main d’œuvre confirment cette tendance : plus de 2,2 millions de démissions (80%) et ruptures conventionnelles (20%) sur 2021 – niveau le plus important depuis plus de dix ans et qui s’inscrit également dans une tendance de long terme (voir schéma ci-dessous). Ce phénomène vient donc mettre un peu plus de pression sur les employeurs et renforce la position des salariés, les mettant dans une position préférentielle pour prétendre à des hausses de salaire.

Malgré cette conjoncture défavorable pour lutter contre l’inflation, il existe des solutions à mettre en œuvre afin de renforcer le pouvoir d’achat sans entretenir la hausse des prix.

Par exemple, la mobilisation des outils de partage de la valeur avec le versement de primes liées à la performance de l’entreprise (intéressement) et à une quote-part de ses bénéfices (participation) ainsi que la mise en place d’une épargne salariale est une solution vertueuse. Ce dispositif, promu de longue date par Bruno Lemaire (ministre de l’Économie) fait partie des demandes prioritaires aux organisations patronales afin qu’il soit étendu (en particulier auprès des PME et TPE) et rendu obligatoire dès lors qu’une société verse des dividendes. Décrié, le partage de la richesse dans l’entreprise fait pourtant partie des outils pour améliorer le pouvoir d’achat. Il ne s’agit là pas nécessairement d’une hausse de revenus pour les salariés, mais également d’avoir accès à une épargne par le versement de primes liées à la performance de l’entreprise. Les salariés pourront donc bénéficier d’une épargne exonérée d’impôt sur le revenu, à utiliser sous des conditions établies et peu contraignantes (acquisition d’un logement principal par exemple) ce qui participera concrètement à renforcer le pouvoir d’achat, sans alimenter l’inflation au niveau des salaires.

De même, l’aide de l’Etat permettant de limiter les effets de la hausse des prix dans le secteur de l’énergie, le bouclier énergétique, correspond à un abaissement de la taxation par l’Etat sur les factures des ménages. Le contexte géopolitique et logistique transitoire est préjudiciable pour les ménages et pour l’Etat, tandis que producteurs et distributeurs d’énergies voient leurs bénéfices exploser (chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2022 de Engie et Total Energies en hausse respectivement de 51% et 57%). En effet, cette hausse des prix de l’énergie est liée à la spéculation sur les marchés et ne s’accompagne pas d’une variation du coût de production de celle-ci. La société EDF, propriété de l’Etat français à plus de 80% et grand distributeur de dividendes, voit quant à elle son chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2022 augmenter de 62%, ce qui devrait permettre de compenser ce manque à gagner pour l’administration publique. La mise en place de ce bouclier est donc une mesure efficace pour préserver le pouvoir d’achat des Français sans impacter l’inflation.

Enfin, on peut citer une autre mesure qui va rogner sur les recettes de l’Etat français : la baisse des impôts de production. Bénéficiant plus particulièrement aux secteurs exposés à la concurrence internationale comme l’industrie, où les coûts de production ont fortement augmenté (hausse du prix de la matière première), cette mesure est la bienvenue pour permettre aux sociétés de faire face à la conjoncture difficile, renforçant leur marge de manœuvre afin d’éviter des licenciements ou autres effets néfastes pour les travailleurs. Pour aller plus loin, une baisse des charges patronales et salariales serait un moyen très efficace d’augmenter la rémunération nette des salariés sans augmenter le coût du travail et plus généralement les prix. Globalement, dans un pays où le travail est davantage taxé que le capital (30% de taxation pour tous les actionnaires depuis la mise en place du PFU), tous ces types de mesure seraient les bienvenues et participeraient à une certaine justice économique. Cela impliquerait pour l’Etat un manque à gagner, à compenser par une baisse des dépenses publiques ou bien par une plus forte taxation du capital afin de ne pas aggraver le déficit public.

Pour conclure, il est à remarquer que la France paiera prochainement plus cher le refinancement de la dette à cause de la remontée des taux d’intérêts des banques centrales. Le poids de la dette nationale sera donc un autre élément à surveiller et avec lequel il faudra composer dans les prochains mois. En mettant bout à bout ces différents éléments, nous pouvons entrevoir la complexité de la prise de décision pour l’effectif dans ce contexte qui est le nôtre et analyser la pertinence des récentes propositions politiques.

Poutine a bâti ce régime sur la peur (Mikhaïl Kassianov)

Poutine a bâti ce régime sur la peur (Mikhaïl Kassianov)

 

Selon Mikhaïl Kassianov,ancien premier ministre de 2000 à 2004, dans un entretien à l’AFP confirme que Poutine a bâti son régime sur la peur et l’impunité des oligarques

 

Mikhaïl Kassianov  estime la guerre pourrait durer jusqu’à deux ans, mais croit toujours que la Russie reprendra un «chemin démocratique» un jour. Âgé de 64 ans, l’ancien ministre de Vladimir Poutine, qui a œuvré au rapprochement entre Moscou et les pays occidentaux, explique qu’il ne pensait pas, comme nombre de Russes, qu’une guerre éclaterait.

Selon son ex-premier ministre, Vladimir Poutine, un ancien agent du KGB âgé de 69 ans, a bâti depuis son arrivée au pouvoir en 2000 un système basé sur l’impunité et la peur. «Ce sont les acquis d’un système qui, avec l’encouragement de Poutine comme chef d’État, a commencé à fonctionner de façon encore plus cynique et cruelle que dans les derniers stades de l’Union soviétique», juge-t-il. «Au fond, il s’agit d’un système rappelant le KGB reposant sur une impunité totale. Il est clair qu’ils ne s’attendent pas à être punis», poursuit-il.

Mikhaïl Kassianov dit avoir quitté la Russie en raison de son opposition à l’offensive russe en Ukraine mais a refusé d’indiquer à l’AFP dans quel pays il se trouvait, invoquant des raisons de sécurité. Boris Nemtsov, un critique de Vladimir Poutine dont Mikhaïl Kassianov était proche, a été tué par balle près du Kremlin en 2015. Et Alexeï Navalny, bête noire du président russe, a été emprisonné après avoir survécu à un empoisonnement en 2020.

«Si l’Ukraine tombe, alors les pays baltes seront les prochains» sur la liste, assure l’opposant. Il ajoute être en désaccord «catégorique» avec l’idée selon laquelle Vladimir Poutine ne devrait pas être humilié, et contre les appels à ce que l’Ukraine accepte des concessions territoriales en échange de la paix. «Qu’aurait fait Poutine pour mériter cela ?», dénonce-t-il: «C’est une position beaucoup trop pragmatique. Je pense que c’est une erreur et j’espère que l’Occident ne suivra pas cette voie».

Le moteur de Poutine: La peur de la démocratie

Le moteur de Poutine: La peur de la démocratie

 

Ce qui traumatise Poutine dans l’Ukraine d’aujourd’hui, ce n’est pas la lointaine perspective de sa possible appartenance à l’OTAN, c’est la volonté de ce pays de rejoindre « l’Ouest » estime Alain Frachon dans le Monde .

 

Chronique.

 

« C’est la faute de l’OTAN. » Le pacte militaire euro-atlantique serait responsable des bombardements sur l’Ukraine ! « L’Occident coupable », comme toujours, ânonnent les thuriféraires de Vladimir Poutine. On veut bien condamner le matraquage de Kiev – déplaisant, certes – mais, dans le même souffle, on dénonce le « projet d’annexion de l’Ukraine » par l’entité maléfique OTAN – Etats-Unis. Manière implicite d’excuser partiellement le crime perpétré par la Russie contre l’un de ses voisins.

Est-ce si difficile de dire les choses comme elles sont ? Un dictateur, en mal de reconstitution d’un empire perdu, cette URSS effondrée sous ses propres contradictions, agresse un pays indépendant. Objectif : le casser pour le soumettre ; le terroriser pour l’assujettir à nouveau, « comme avant ». Poutine, l’ordonnateur de l’assaut sur l’Ukraine, appartient à cette génération de Russes venus des services de sécurité, écrit le politologue Ivan Krastev dans le New York Times, qui n’ont jamais digéré la fin de l’URSS : « Construire le futur ne les intéresse pas, ils veulent refaire le passé. »

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « Le scénario ukrainien avait été écrit en Géorgie en 2008. Il suffisait de vouloir lire »

Ce qui traumatise Poutine dans l’Ukraine d’aujourd’hui, ce n’est pas la lointaine perspective de sa possible appartenance à l’OTAN, c’est la volonté de ce pays de rejoindre « l’Ouest » – le monde démocratique et libéral. Il faut ramener la traîtresse « à l’est », à la maison Russie à laquelle elle appartient. Vladimir Poutine l’a écrit : il n’y a pas de peuple ukrainien. Pourquoi ne voir que figure de rhétorique dans le propos des autocrates ?

La Russie a de légitimes intérêts de sécurité. Américains et Européens lui ont ouvert tous les forums possibles pour en débattre. Le président russe n’est pas intéressé. Il accomplit une mission historique pour, selon ses mots, « dénazifier » et « démilitariser » l’Ukraine. Dans cette folie, que vient faire l’OTAN, qui, sans exclure que ce pays puisse un jour faire partie de ses membres, ne lui a jamais ouvert de procédure d’adhésion ?

Les années de l’hyperpuissance américaine, celles qui ont suivi l’implosion de l’URSS, n’ont pas manqué d’occasions ratées pour imaginer une architecture de sécurité intelligente en Europe. L’exercice ne relevait pas d’une discussion de colloque académique : cette histoire s’est écrite dans le chaos. De la part des Etats-Unis et de leurs alliés, elle a comporté des gestes arrogants et humiliants à l’encontre d’une Russie traumatisée par la perte d’un empire sans lequel elle a, à l’évidence, bien du mal à vivre.

 

Europe : une politique commune du fromage mais pas de politique de défense

Europe : une politique commune du fromage mais pas de politique de défense 

 

Le secteur du fromage constitue un champ de réglementation très important pour Bruxelles qui ne cesse d’intervenir sur ce produit évidemment stratégique !  Ainsi on a interdit de fromages au lait cru sans parler des nombreuses autres orientations et interdictions concernant ce produit.

 

Par contre dans le domaine de la défense ou même de la diplomatie ,c’est le vide absolu. On peut le mesurer aujourd’hui avec envahissement de l’Ukraine par la Russie de la même manière qu’on peut le voir également au Mali où la France s’est ridiculisée notamment du fait de l’absence de soutien de l’union européenne.

 

Apparemment Poutine n’a peur de rien surtout pas de cette Europe molle. Peut-être serait-il utile quand même de le menacer avec cette directive sur le fromage ci-après :

 

 Directive 2019/28/TF du Parlement européen et Conseil du 29 mars 2019, établissant des règles communes pour le marché intérieur du fromage abrogeant la loi n°83-3828 au chap. II, art. 3, alinéa 11 :

« […] Mise en accord des États membres des mesures pour stopper la production et le commerce de fromages au lait cru […] »

C’est dans la plus grande discrétion que s’est tenue, en avril 19, une séance exceptionnelle du Parlement européen à laquelle peu de professionnels de la filière ont été conviés. Après seulement 3 heures de débat, finalement assez peu défendu, la cause de l’artisanat français et la richesse de nos terroirs ont tout simplement été balayés au profit de l’ultra-sécurité sanitaire prônant le 0 lait cru.

Il semblerait que la récente visite du président chinois, Xi Jinping, n’ait pas eu pour seul but d’influer sur les ventes d’avions d’Airbus mais d’exiger une filière laitière sans bactéries afin de pouvoir convenir au marché chinois en plein expansion. Il y a fort à penser que des lobbys soient derrière cette décision pour le moins contestable !

Il est clair qu’on peut sans doute pas conduire une stratégie sur le fromage et une autre sur la défense !

La peur d’une démocratie ukrainienne pour Poutine

La peur d’une démocratie ukrainienne pour  Poutine

Kenneth Roth est le directeur exécutif de Human Rights Watch (HRW). L’ONG publie, jeudi 13 janvier, son rapport annuel sur la situation des droits humains dans les 110 pays où elle est active. Il revient sur la situation dans les Etats de l’ex-Union soviétique (URSS), trente ans après sa chute.

Comment interprétez-vous les récentes émeutes au Kazakhstan et la répression orchestrée par le président Kassym-Jomart Tokaïev avec le soutien de la Russie de Vladimir Poutine ?

Ces événements s’inscrivent dans deux dynamiques différentes. D’abord, un soulèvement populaire en réaction à l’augmentation des prix du carburant. Cette protestation a très vite exprimé un mécontentement plus large contre le régime autocratique au pouvoir dans ce pays. Puis, en quelques jours, ce phénomène s’est accompagné d’une lutte pour le pouvoir entre les proches du président Tokaïev et ceux de l’ancien dirigeant Noursoultan Nazarbaïev.

Il n’est pas surprenant que le Kremlin se soit montré très attentif à la situation pour éviter toute possibilité de déstabilisation, comme cela a été le cas ailleurs dans la région ces dernières années face à des « révolutions de couleur ». Ainsi, les trois pays de la région qui concentrent les efforts de l’armée russe sont des Etats qui ont connu une sorte de poussée démocratique. Le Kazakhstan entre dans cette catégorie, tout comme la Biélorussie, où le président Alexandre Loukachenko a probablement perdu les élections de 2020 avant de réprimer de façon violente son opposition.

Seule l’Ukraine a pu réaliser son ambition démocratique. A mon avis, c’est d’ailleurs la proximité de la démocratie ukrainienne qui fait peur à Vladimir Poutine, beaucoup plus que la menace de voir un jour ce pays rejoindre l’OTAN. Le durcissement de Moscou s’explique par la crainte de toute forme de changements démocratiques chez elle et chez ses voisins.

A propos de la Biélorussie, que pensez-vous de la tentative, en 2021, d’instrumentaliser les migrants en les faisant venir sur la frontière polonaise ?

Il s’agissait, pour Alexandre Loukachenko, de protester contre les sanctions prises à son encontre par l’Union européenne (UE), mais ce calcul cynique n’a pas fonctionné. Il a dû y renoncer, car les migrants massés sur la frontière n’ont pas pu passer vers la Pologne. Le gouvernement polonais a saisi l’occasion pour tenter de détourner l’attention suscitée en Europe par ses propres dérives, comme la réforme contestée de la justice, en brandissant un discours xénophobe.

Dans cette affaire, l’UE a d’ailleurs agi de façon misérable lorsque Varsovie a décidé de refouler ces personnes. Elle a fermé les yeux, un peu comme cela se passe aussi en Grèce. C’est une façon de violer les conventions internationales sur l’asile.

 

Inflation: La peur de la BCE

Inflation: La peur de la BCE

 

Une membre du directoire de la Banque centrale européenne s’interroge sur une éventuelle action de l’institution du fait de la persistance future de prix élevés de l’énergie due à la hausse des taxes carbone prévue dans le Green Deal européen, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

 

Comme le disait justement l’humoriste Pierre Dac, les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. Les économistes, comme les météorologues, à qui l’on demande des prédictions, sont donc condamnés à se tromper régulièrement, ce qui n’est jamais agréable pour un scientifique. L’économie est un art de la rhétorique et du changement de pied, une pensée toujours en mouvement. 

Témoin les cogitations des banques centrales sur l’inflation. Face au dérapage actuel, doit-on refroidir l’économie en remontant les taux d’intérêt ? C’est l’option choisie par la Réserve fédérale américaine face à une inflation qui dépasse 6 % aux Etats-Unis. C’est également la question que se pose la Banque centrale européenne (BCE), elle aussi confrontée à une résurgence de la hausse des prix. Ceux-ci ont crû de 5 % en décembre 2021, portés par le choc énergétique des prix du gaz et de l’électricité.

Jusqu’à présent, l’institution de Francfort, qui a sauvé l’Europe de la récession durant la pandémie de Covid-19 en inondant les dix-neuf pays membres de la zone euro d’argent gratuit, n’entend pas changer de politique. Mais son inquiétude transpire de plus en plus.

Deux scénarios

L’économiste allemande Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, en a apporté la démonstration, samedi 8 janvier, dans une courte et brillante intervention à l’Association américaine d’économie. Selon elle, deux scénarios d’évolution des prix s’offrent à nous.

Le premier est une transmission classique de la hausse des prix de l’énergie aux autres secteurs de l’économie, conduisant à l’augmentation des salaires. Ce risque semble, à l’en croire, maîtrisé en Europe et l’on peut anticiper raisonnablement que les tensions sur le gaz et le pétrole devraient se relâcher.

Cependant, le deuxième scénario, qui prend de la vigueur, est celui d’un maintien de prix très élevés de l’énergie du fait des engagements européens en matière de lutte contre le changement climatique. La taxe carbone, dont l’extension est programmée dans le cadre du Green Deal de la Commission européenne, aurait un effet inflationniste certain, même si ces taxes ont un impact positif sur la croissance, « poussant la BCE à agir pour maintenir la stabilité des prix ». On ne peut pas être plus clair.

La peur de l’inflation monte à la BCE

La peur de l’inflation monte à la BCE

 

Une membre du directoire de la Banque centrale européenne s’interroge sur une éventuelle action de l’institution du fait de la persistance future de prix élevés de l’énergie due à la hausse des taxes carbone prévue dans le Green Deal européen, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

 

Comme le disait justement l’humoriste Pierre Dac, les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. Les économistes, comme les météorologues, à qui l’on demande des prédictions, sont donc condamnés à se tromper régulièrement, ce qui n’est jamais agréable pour un scientifique. L’économie est un art de la rhétorique et du changement de pied, une pensée toujours en mouvement.

Témoin les cogitations des banques centrales sur l’inflation. Face au dérapage actuel, doit-on refroidir l’économie en remontant les taux d’intérêt ? C’est l’option choisie par la Réserve fédérale américaine face à une inflation qui dépasse 6 % aux Etats-Unis. C’est également la question que se pose la Banque centrale européenne (BCE), elle aussi confrontée à une résurgence de la hausse des prix. Ceux-ci ont crû de 5 % en décembre 2021, portés par le choc énergétique des prix du gaz et de l’électricité.

Jusqu’à présent, l’institution de Francfort, qui a sauvé l’Europe de la récession durant la pandémie de Covid-19 en inondant les dix-neuf pays membres de la zone euro d’argent gratuit, n’entend pas changer de politique. Mais son inquiétude transpire de plus en plus.

Deux scénarios

L’économiste allemande Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, en a apporté la démonstration, samedi 8 janvier, dans une courte et brillante intervention à l’Association américaine d’économie. Selon elle, deux scénarios d’évolution des prix s’offrent à nous.

Le premier est une transmission classique de la hausse des prix de l’énergie aux autres secteurs de l’économie, conduisant à l’augmentation des salaires. Ce risque semble, à l’en croire, maîtrisé en Europe et l’on peut anticiper raisonnablement que les tensions sur le gaz et le pétrole devraient se relâcher.

Cependant, le deuxième scénario, qui prend de la vigueur, est celui d’un maintien de prix très élevés de l’énergie du fait des engagements européens en matière de lutte contre le changement climatique. La taxe carbone, dont l’extension est programmée dans le cadre du Green Deal de la Commission européenne, aurait un effet inflationniste certain, même si ces taxes ont un impact positif sur la croissance, « poussant la BCE à agir pour maintenir la stabilité des prix ». On ne peut pas être plus clair.

La peur comme horizon politique ?

La peur comme horizon politique?

Par  Arnaud Benedetti est directeur de la rédaction de la « Revue Politique et Parlementaire » et Isabelle Djian, présidente et co-fondatrice de VoxNation.

(dans l’Opinion, extrait)

« Nous sommes en guerre », « choc des civilisations », « territoires perdus de la République », « destruction des écosystèmes », « déclinisme français », « ensauvagement de la société », « succession de pandémies annoncées comme inéluctables »… A l’aube de l’élection présidentielle, une dialectique fondée sur la peur se dissémine dans le discours politique. Les allocutions semblent se prêter au jeu du cadavre exquis en faisant ressusciter nos vieilles peurs et en juxtaposant des histoires terrifiantes et irrationnelles dont on ne connaîtrait ni le début, ni la fin. Mais elles auraient toutes pour point commun de réveiller la peur primale, en nous faisant revenir à notre état de nature.

Depuis la déclaration officielle de guerre faite à un ennemi invisible, la peur s’est immiscée dans les interstices des relations sociales et humaines. La crise sanitaire a dissous les liens qui nous unissaient les uns aux autres. L’autre ne serait plus une terre inconnue à explorer, pleine de promesses d’ouvertures et d’espoir. L’altérité serait devenue une source d’angoisses, porteuse de défiance réciproque et favorable au repli sur soi.

Il n’en demeure pas moins que la crise a eu pour vertu de nous rappeler à quel point l’homme est un être social, profondément animé par des passions. A La pensée politique actuelle, bien au-delà des frontières de la France, semble tentée d’entrer dans l’Etat-Léviathan de Thomas Hobbes, le théoricien de la peur comme moteur de l’action politique et auteur du célèbre « l’homme est un loup pour l’homme ». La peur n’est certes pas une nouveauté en politique et elle a souvent été utilisée. Mais notre époque, avec la conjonction de crises polymorphes et de « révolutions permanentes », nous a fait basculer dans l’imprévisibilité, le doute et le chaos.

La peur pèse sur le présent comme sur l’avenir. Alors que le progrès technologique, à grand renfort d’algorithmes, était parvenu à nous entretenir dans la douce utopie d’un avenir prévisible et prospère, la crise sanitaire est venue nous rappeler que l’incertitude est le propre de l’avenir et que les menaces renaissent de leurs cendres. Sous l’effet du filtre des médias et des réseaux sociaux, ce n’est plus la réalité qui s’offre à nous. C’est le vertige des simulacres, c’est-à-dire de ce qui cache ce qu’il n’y a pas ou plus ! Selon un sondage Viavoice pour les Assises du journalisme, près d’un Français sur deux accuserait les médias d’avoir alimenté la peur pendant la pandémie par un sophisme digne de l’allégorie de la caverne. Mais ces peurs et les dispositifs médiatiques qui leur font écho ne sont-ils pas le symptôme de l’absence de débats réels, de valeurs solides ?

Certains ont pu parler d’une heuristique de la peur, et lier la peur à un principe de responsabilité pour fonder l’action politique et éviter le pire. La peur serait alors le propre des gens responsables… D’autres envisagent la peur comme une objectivation d’un sentiment d’angoisse diffus et permanent qui serait l’essence même de l’humain. En réalité, la cristallisation de l’angoisse existentielle et une société de la peur ne peuvent que porter la division. La dialectique de la peur, que certains politiques emploient pour paraître plus forts et fermes, ne serait-elle pas finalement un aveu de leur vide éthique et de la faiblesse de l’action politique ?

Plutôt que la peur, les politiques devraient travailler pierre à pierre à bâtir la confiance politique et tenir leurs promesses. Au lieu de la défiance et de la peur, qui défigurent l’autre, il est urgent de redevenir sensible à son visage, c’est-à-dire de revenir à une altérité fondamentale et fondatrice d’une éthique. Par la grâce du visage qui « s’impose à moi sans que je puisse rester sourd à son appel, ni l’oublier, je veux dire, sans que je puisse cesser d’être responsable de sa misère », pour reprendre la pensée d’Emmanuel Lévinas dans Humanisme de l’autre homme. Face à la peur, c’est bien sur le terrain de la confiance et du rapport à l’autre que se joue l’avenir de la démocratie.

 

Arnaud Benedetti est directeur de la rédaction de la « Revue Politique et Parlementaire » et Isabelle Djian, présidente et co-fondatrice de VoxNation.

Un projet UDI en 2022 pour faire peur à Macron !

Un projet UDI en 2022 pour faire peur à Macron

Le mini parti de l’UDI menace de présenter une candidature aux présidentielles de 2022. En fait, c’est le résultat du mépris de Macron pour ses partenaires de la majorité qu’il s’agisse de l’UDI ou encore des centristes de Bayrou. Après avoir utilisé les intéressés Macron a plutôt tendance à les considérer comme quantité négligeable. D’où la rebellions de l’UDI qui n’ira sans doute pas loin mais qui est aussi fait vraisemblablement pour ménager le nombre de députés futurs après les présidentielles. «Nous avons porté notre projet européen en 2019. Il n’y a aucune raison que nous ne portions pas notre projet national en 2022

Russie : Avec Navalny, la peur a changé de camp

Russie : Avec Navalny,  la peur a changé de camp  

Malgré l’emprisonnement de l’opposant et la répression contre ses partisans, le président russe Vladimir Poutine ne peut plus faire taire une société en éveil mobilisée contre un système de pouvoir discrédité, estime la politiste Marie Mendras dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

Encore convalescent après l’empoisonnement d’août, condamné à deux ans et huit mois de colonie pénitentiaire, un homme continue de défier le Kremlin. Depuis son arrestation à Moscou le 17 janvier, Alexeï Navalny a appelé à manifester contre le régime et pour la libération des prisonniers politiques. Dans les grandes villes, des dizaines de milliers de citoyens ont répondu présent, et ont subi une brutale répression le 23 et le 31 janvier : près de 5 000 arrestations à chaque fois, des rafles préventives les jours précédents, et des centaines de perquisitions violentes. Le 2 février, face à une juge aux ordres, Navalny conclut : « Poutine restera dans l’histoire comme l’empoisonneur. »

Après la sidération, c’est la panique qui saisit le Kremlin et ses « organes de force » : services de renseignement, police, forces spéciales, armée. Alexeï Navalny met en danger Vladimir Poutine et tout son système. Luttant pour sa survie, le pouvoir poutinien ne se soucie plus des apparences et veut démontrer par sa brutalité qu’il ne reculera devant aucune extrémité. Il est violent, car attaqué et affaibli.

 

Face au Kremlin se dressent une opposition et une société engagée qui ont une stratégie bien définie, à court et à moyen terme. Le but est de reconquérir les droits et libertés civiques, par la mobilisation citoyenne et l’exposition des malversations et violences du pouvoir, puis de mettre en œuvre l’alternance démocratique par des élections libres et honnêtes et des réformes majeures. Cette stratégie est également celle de la société biélorusse, massivement mobilisée pour mettre fin à la dictature Loukachenko et opérer une transition démocratique. Or, la riposte est la même à Minsk et à Moscou : réprimer, emprisonner ou déporter les opposants.

La méthode Navalny est simple : dénoncer l’inefficacité et la corruption des dirigeants par l’efficacité de la démonstration et de la preuve. Ses enquêtes s’appuient sur des faits, des photos, des témoignages, des documents judiciaires et administratifs incontestables. La vidéo de 2017 sur la fortune frauduleusement acquise de Dmitri Medvedev, alors premier ministre, puis les enquêtes sur les principaux oligarques, et enfin la vidéo récente sur le palais caché du président, vue plus de cent millions de fois, ont changé les mentalités. Les chefs s’enrichissent et se désintéressent du bien-être de leurs sujets.

C’est en 2011, avant les législatives, que l’avocat Navalny se distingue avec un slogan ravageur : « A bas le parti des voleurs et des escrocs ! » Tout est dit : le pouvoir vole les ressources, il vole aussi les voix des électeurs. La corruption est économique et politique. A l’été 2013, l’avocat opposant relève un défi sans précédent : se présenter à l’élection du maire de Moscou, alors qu’il se trouve sous contrôle judiciaire, en attente du jugement dans la trouble affaire de la plainte d’Yves Rocher contre Navalny et son frère Oleg. Oleg a été condamné à trois ans et demi fermes. Alexeï a écopé de la même peine, mais avec sursis. Ce sursis vient d’être transformé en peine ferme, piétinant ainsi le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme, qui avait dénoncé le caractère politique de la décision judiciaire.

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

 

Boris Johnson semble désormais très partisan d’un accord avec l’Union européenne. Sans doute une position tactique pour mettre l’Union européenne dans l’embarras afin de lui faire porter le chapeau d’une éventuelle rupture et de l’échec des négociations. Il y a aussi chez Boris Johnson des préoccupations de plus importantes quant à l’avenir du pays surtout en cas de No deal . Certes l’union européenne aura à subir un certain ralentissement de sa croissance dans le cas d’absence d’accord mais le choc sera nettement plus rude pour le Royaume uni. Ce que pense aussi l’Allemagne.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a mis en garde le Royaume-Uni contre les conséquences d’un échec des négociations avec l’UE sur un accord commercial après le Brexit. Une situation pas du tout réglementée aurait des conséquences très significatives pour l’économie britannique, a-t-il estimé, lors d’un point presse à Berlin, à l’issue d’une réunion des ministres des Finances de l’UE.

En revanche, il s’attend à ce que l’Europe soit en mesure d’y faire face après les préparatifs qui ont déjà été faits. Le ministre allemand a toutefois affirmé toujours espérer que les discussions avec Londres parviennent à un bon résultat. L’Allemagne souhaite même cet accord continuer d’exporter ses biens industriels et manufacturés.

Un «no deal», qui pourrait avoir de rudes conséquences économiques, mais aussi sur la vie quotidienne des citoyens européens et britanniques.

 Selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. D’après un rapport de l’institution, publié en novembre 2018, en cas de «no deal» et dans le scénario du pire, le PIB britannique serait amputé de 7,8 % à 10,5 % d’ici à 2024, par rapport à ce qu’il aurait été sans Brexit. Une étude du gouvernement britannique, parue au même moment, évalue de son côté la perte de PIB à 9,3 % en quinze ans.

La croissance ne serait pas le seul indicateur économique à basculer dans le rouge, selon la Banque d’Angleterre. Le taux de chômage grimperait en flèche à 7,5 % (contre 3,9 % aujourd’hui), tout comme l’inflation à 6,5 % (contre 2,1 % actuellement), tandis que la livre sterling s’effondrerait de 25 % et les prix de l’immobilier de 30 %. Des prévisions alarmistes, très loin de «l’énorme opportunité économique» vantée par Boris Johnson fin juillet.

L’Union européenne (UE) aussi verrait son économie touchée par un Brexit sans accord, puisque les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union seraient encadrées par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus drastiques que celles de l’UE, restreignant dès lors le commerce entre les deux parties. Selon les économistes du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), l’impact serait tout de même moins important qu’au Royaume-Uni. Ils prévoient en effet un repli du PIB de 0,8 % de façon permanente (0,3 % en France), contre 2,8 % outre-Manche (ce qui représente annuellement près de 2.000 livres, soit 2.150 euros, en moyenne par ménage). Par ailleurs, d’après une étude de l’institut allemand IWH, un Brexit sans accord menacerait 600.000 emplois dans le monde, dont 179.000 dans l’UE (50.000 en France)

 

Sondage Coronavirus : un Français sur deux a toujours peur pour sa santé

Sondage Coronavirus : un Français sur deux a toujours peur pour sa santé

 

Selon un sondage de YouGov pour Cardiosens de début août rapportée par le JDD,  60% des personnes interrogées disent avoir eu peur, ou peur pour leur santé personnelle, sans distinction entre villes et campagne. Pour 52% des Français, cette crainte est toujours vivace.

 

La peur n’épargne aucune catégorie sociale, mais elle semble avoir été mieux maîtrisée chez les personnes les plus insérées, notent les sondeurs. D’une manière générale, 59% des personnes interrogées ont redouté de contaminer leurs entourages.

Selon ce sondage, 87% des Français ont été confinés. Si 70% n’ont pas travaillé pendant la période, lorsque l’on exclut chômeurs, retraités et inactifs, c’est en fait une personne sur deux en situation d’emploi qui travaillait. Plusieurs clivages apparaissent. Générationnel d’abord, puisque c’est parmi les 18-24 ans que le confinement strict (sans travail et sans sortie) a été le plus fréquent (45% contre 30% en moyenne).

Sur les 17% de personnes ayant télétravaillé, une sur deux devait en plus jongler avec la présence d’au moins un enfant de moins de 18 ans au domicile. Clivage social ensuite : les cadres et professions libérales, les plus nombreux à avoir continué de travailler, sont aussi ceux qui ont eu le plus eu recours au télétravail. Seuls 13% des travailleurs sont restés sur leur lieu de travail habituel, ouvriers en tête.

Le port  du masque remportait une adhésion massive de la population : 88% des personnes interrogées affirment alors le porter – y compris en extérieur pour 4 Français sur 10, même quand ce n’est pas obligatoire.

Selon ce sondage, les plus réticents au masque sont : les hommes ; la tranche d’âge des 18-24 ans ; les hommes de moins de 35 ans ; les habitants de région parisienne (en particulier ceux de Seine-Saint-Denis, un département pourtant durement frappé par l’épidémie) ; les ouvriers .

69% des personnes interrogées disent éviter les lieux bondés et 62% renforcent leur hygiène personnelle. L’application des gestes barrière croît avec l’âge et les revenus.

Autre enseignement : hormis sur le port du masque, bien partagé, un vrai rapport social à la prévention se dessine. Parmi les revenus les plus bas (de 0 à 29.999 euros), seules 59% des personnes interrogées renforcent leur hygiène personnelle, contre 72% de celles ayant les revenus les plus élevés (au-delà de 80.000 euros). Enfin, pour se prémunir, 44% des personnes interrogées déclarent… « éviter le contact avec les touristes »!

Réseaux sociaux : la grande peur des médias traditionnels

Réseaux sociaux : la grande peur des médias traditionnels

 

 

Si l’on se fie au  le baromètre 2018 réalisé pour La Croix par Kantar Public, seulement un Français sur deux fait confiance aux médias classiques (56 % cependant pour la radio). Il n’y aurait que de l’ordre de 31 % qui feraient confiance aux médias en ligne. À noter que 60 % environ s’intéressent à l’actualité. En cause, l’excès de peopolisation de  l’information aussi le mauvais traitement de l’information économique et politique. Les raisons sont connues les médias publics sous contrôle du pouvoir politique sont très influençables. Les médias publics pour la plupart sont désormais dans les mains des financiers et les grands patrons. L’audience de ces grands médias ne cesse de diminuer au profit d’ailleurs des infos sur Internet. D’où la mise en accusation permanente de ce  net. Par les journalistes patentés des médias classiques, on reproche aux réseaux sociaux et à Internet en général de manquer de professionnalisme, d’objectivité voire de diffuser des fake news. L’inquiétude n’est pas seulement déontologique elle est aussi de nature corporatiste car les médias classiques connaissent une très grave crise économique qui se traduit régulièrement par des plans de réduction des journalistes et autres personnels. Du coup, c’est médias  classique présentent  la caractéristique de se ressembler tous du Parisien à libé. Et pour cause, les lignes éditoriales sur toutes alimentées par la reprise des mêmes informations fournies par les agences de presse, le gouvernement ou les institutions. Des informations souvent livrées brut de brut sans beaucoup d’analyse. Sans parler d’une orientation ultra libérale pour la plupart. La presse d’opinion a disparu depuis que les financiers ont mis la main sur les médias et la presse d’analyse est réduite à la portion congrue, le Monde y compris. Tous les médias ont sacrifié à la mode des gros titres et des photos. Pas étonnant dans ces conditions que les Français se tournent vers Internet qui il est vrai, constitue cependant une véritable auberge espagnole où le pire côtoie le meilleur surtout sur les réseaux dits sociaux. Avec un peu de persévérance on peut quand même trouver des les éléments d’analyse sur les innombrables sites qui sont les véritables concurrents des médias classiques. Cela avec des dés informations autrement plus fouillées et donc plus pertinentes. Certes 90 % des informations sur le net du niveau du caniveau mais les 10 % restants représentent une force informative 1000 ou 10 000 fois supérieures aux médias classiques. Les journalistes patentés font un mauvais procès de nom professionnalisme aux émetteurs d’informations du net car eux-mêmes le plus souvent ne sont capables de traiter les événements qu’en surface faute de temps, de compétences et en raison des influences qu’ils subissent et où qu’ils s’infligent.

Gilets jaunes : pourquoi la grande peur des institutionnels

 Gilets jaunes : pourquoi la grande peur des institutionnels

 

 

Sur BFM hier ce déroulait un débat entre gilets jaunes et de représentants du gouvernement. Un débat par ailleurs très confus et très mal maîtrisé par les animateurs. On a connu Ruth Elkrief dans une meilleure forme. À plusieurs moments on a pu ainsi constater la peur des institutionnels exprimée par les journalistes avec la mise en accusation des journalistes gilets jaunes qui veulent bousculer la démocratie. Mais qu’est-ce que vous proposez alors ? Ont répété à plusieurs reprises les journalistes. Et les gilets jaunes de répondre simplement : de nouvelles élections. Il est clair que ce mouvement, nombre d’institutionnels des élus bien sûr, des partis politiques mais aussi les médias tellement habitués à dialoguer avec des caciques, des oligarques et des experts à vieilles barbes qui radotent plus souvent. Bref des interlocuteurs dont la sociologie est proche de celle des journalistes qui  partagent  les mêmes idées à la mode concernant la régulation économique et sociale. D’une manière générale les médias accordent une certaine place au mouvement des gilets jaunes mais en manifestant parfois une certaine condescendance, une grande incompréhension aussi. Quelque chose « comme on approuve mais ….. ». C’est vrai de la plupart des institutionnels qu’ils soient politiques, syndicaux, élus, experts. La vérité, c’est que ce type de manifestation constitue aussi une remise en cause de l’intermédiation classique d’organisations qui ont tendance à se scléroser. Ce mouvement comprend en effet des aspects sociaux, économiques mais aussi sociétaux en ce sens que c’est une contestation également de la démocratie telle qu’elle est pratiquée. Contestation du pouvoir en place bien entendu qui s’arroge le pouvoir de matraquer fiscalement les moins nantis mais contestation aussi des institutions, des partis, des syndicats. Une contestation des organisations tout autant que de la pensée culturelle dominante. Une pensée par ailleurs, comme la mode, très évolutive, voir à cet égard l’évolution concernant le diesel. Peut-être demain sur la filière bois aujourd’hui encensée, peut-être demain mise au pilori. Et cette fameuse taxe carbone dont les économistes, Bercy et les écolos attendent des merveilles. Comme si soudain tous s’étaient convertis à la monétarisation des nuisances comme mode de régulation. Or l’environnement est une question sociétale qui ne peut être régulée par le seul signal prix et par le seul marché. La vraie régulation de ce type de problématique passe par une politique de normes et par une politique d’offre industrielle. Une politique qui doit être cohérente et qui ne peut être que progressive. Ce mouvement constitue une sorte de coup de pied dans la fourmilière des institutions qui au mieux roupillent, au pire participent à la dégradation économique et sociale du pays. La grande trouille des institutions c’est que, le même phénomène se reproduise. Bref qu’il devienne une forme d’expression de démocratie vivante sur tous les grands sujets d’intérêt général.  

Fillon a peur de jean -Jacques Bourdin et refuse l’interview

Fillon  a peur de jean -Jacques Bourdin et refuse l’interview

 

À peine faux-cul, Fillon refuse l’«entretien d’embauche» auquel l’avait convié Jean-Jacques Bourdin. En fait,  François Fillon a été très chahuté par Jean-Jacques Bourdin lors  de son dernier passage sur BFM. Interrogé sur ses revenus (en moyenne de 25 000 € par mois depuis plusieurs années)  l’ancien ministre avait déclaré qu’il ne parvenait même pas à économiser. Une déclaration qui avait suscité la surprise et la moquerie des réseaux sociaux. Du coup,  il se méfie et ne veut pas être interviewé par Jean-Jacques Bourdin au motif qu’il aurait été insulté. Ce que contestait hier mais B FM. Fillon avance un autre un autre argument : celui du calendrier. Il indique que la date prévue pour ce nouvel entretien ne lui convenait pas et qu’il a proposé d’autres dates ; ce qui d’après BFM est encore complètement faux.  Sur RMC, le matinale a déploré le refus de François Fillon: «Vous savez que tous les candidats viennent répondre à mes questions, ça marche très fort, j’ai vu les audiences qui sont très importantes sur RMC et BFM-TV. Tous, sauf un, parce que François Fillon a décliné l’invitation». Jean-Jacques Bourdin a expliqué que le candidat de la droite «ne veut plus parler des affaires, donc il estime que l’on ne peut plus l’interroger». «Il y a quelques mois, il souhaitait absolument que l’on parle des affaires (…) mais c’était à l’époque de la primaire, quand on parlait de Nicolas Sarkozy! Là, il voulait qu’on parle des affaires! Aujourd’hui, terminé, il n’en veut plus!». «Vous savez les absents ont toujours tort dans la vie», a-t-il ajouté. Invité de BFMTV jeudi soir, François Fillon a tenu à justifier son absence: «Quant aux rendez-vous que je n’honore pas, je vais m’expliquer. C’est un véritable mensonge. C’est malhonnête de dire ça. J’ai jamais dit que je ne voulais pas aller chez M. Bourdin, je lui ai proposé deux dates. On était même en train d’en négocier une troisième. Et je me fais insulter en direct sur l’antenne de BFM. J’ai écouté. Je n’irai pas à ce rendez-vous-là dans des conditions comme celles-là.» Et d’ajouter: «Je ne suis pas aux ordres de M. Bourdin! S’il veut revenir sur les propos qu’il a tenus et qu’on trouve une date, je serai ravi d’y aller comme j’y suis très allé très souvent». Le journaliste n’a pas tardé à réagir aux propos du candidat. «F.Fillon ment. Je ne l’ai jamais insulté. Il a annulé. Il n’a jamais proposé trois autres dates. Ou est l’autorité morale? Rendez-vous demain matin», a-t-il tweeté.

2017 : la peur du FN pour 2/3 des Français

2017 : la peur du FN pour 2/3 des Français

 

Un sondage qui confirme l’État du paysage politique actuel avec deux tiers des Français inquiets mais aussi un bon tiers qui ne manifeste pas de peur, soit environ 35 %, c’est-à-dire le score que prévoient les sondages pour Marine Le Pen au second tour. Cette enquête montre que le Front national peut compter sur un socle d’électeurs relativement solide mais que sa réserve de voix et très faible. Pour le second tour des présidentielles,  le FN ne pourra espérer davantage que 35 à 40 % des voix. Près de deux tiers des Français (64%) se déclarent inquiets à l’idée de voir Marine Le Pen accéder au second tour de la présidentielle d’avril-mai, selon un sondage BVA pour L’Obs publié mercredi. Jusqu’à présent, l’ensemble des sondages place la présidente du Front national (FN) en tête du premier tour de scrutin, prévu le 23 avril, avec environ un quart des intentions de vote. La perspective de voir le parti d’extrême droite se qualifier pour le duel final, comme le 21 avril 2002, inquiète « tout à fait » 44% des personnes interrogées et « plutôt » 20% d’entre elles, selon l’étude de BVA. En revanche, 35% des sondés disent ne pas craindre la perspective d’un deuxième tour avec Marine Le Pen. Plus de trois quarts des Français (77%) qualifient par ailleurs le FN de formation d’extrême droite. Mais une majorité (55%) estime qu’il faut désormais le considérer comme un « parti comme les autres ». Ces résultats vont dans le même sens que ceux d’un sondage Kantar Sofres-One point, publié mardi, qui mesurait la défiance persistante à laquelle est confrontée Marine Le Pen, pourtant soucieuse de « dédiaboliser » le FN.L’enquête de BVA a été réalisée les 2 et 3 mars 2017 auprès d’un échantillon de 1.174 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Les frondeurs menacent : la France a peur !

 

Les frondeurs menacent Hollande et la France tremble. La gauche de la gauche pourrait bien dire non au budget en même temps renverser le gouvernement voire le président de la république pour instaurer en France un régime bolchevique. Ces frondeurs sont en effet dangereux ;  ils ont déjà menacé une quinzaine de fois, autant de fois en tout cas qu’ils se sont couchés.  Bref  de vrais  révolutionnaires conduits par un énarque et un ancien de Sciences-po député en Touraine. A Ballan-Miré  plus exactement une vraie terre de révolutionnaires, enfin presque. Après avoir échoué ailleurs, Laurent Baumel a été parachuté dans cette région  de Touraine qui ne compte guère de gauchistes. Mais peu importe comme disait Mitterrand l’essentiel est d’obtenir une légitimité démocratique ensuite on décide ce qu’on veut. On dit aussi surtout ce qu’on veut ou ce qu’on peut. Beaucoup d’idioties, de propos de bistrot et de déclarations populistes finalement assez proches de l’extrême droite. Les  sophistes gauchos on a choisi comme chef de la révolution  Montebourg, le marchand de cravates tricolores. Avec de tels révolutionnaires le bourgeois n’a pas lieu de se sentir menacé,  pas plus d’ailleurs que le prolo assuré de demeurer dans sa condition sociale avec les propositions fantaisistes des frondeurs. Christian Paul, leur chef de file, a donc  jugé le projet gouvernemental «dangereux». «C’est un budget en roue libre», a-t-il tranché. En 2014, les frondeurs s’étaient abtenus lors du vote du projet de loi de finances. Le chef de file des «frondeurs» PS à l’Assemblée nationale Christian Paul a déclaré mercredi qu’il ne voyait «pas comment» il pourrait voter le projet de budget 2017, Laurent Baumel estimant également que les frondeurs ne devraient «a priori» pas l’adopter. Le projet de loi de finances présenté mercredi par Bercy «est dangereux parce qu’il manque d’ambition» et «je ne vois pas comment je pourrais le voter», a déclaré Christian Paul dans les couloirs de l’Assemblée. Ce projet «n’est d’ailleurs ni de droite ni de gauche, c’est un budget de gestion», a poursuivi le député PS de la Nièvre. «On aurait aimé qu’il y ait une petite étincelle dans ce budget, moi je ne la vois pas. C’est un budget en roue libre», selon ce membre du collectif «À gauche pour gagner».  «Je n’ai jamais pensé que des baisses d’impôt de dernière minute remplaçaient une vraie réforme de justice fiscale, donc je ne vais pas changer de point de vue», a-t-il ajouté, tout en soulignant que «ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien dans ce budget» comprenant «ici ou là des mesures qui sont acceptables», comme le prélèvement à la source. S’il a concédé qu’il préférait cet ultime projet de budget aux précédents, Laurent Baumel, socialiste contestataire soutenant aujourd’hui le candidat à la primaire de la gauche Arnaud Montebourg, a souligné avoir «une lecture globale du quinquennat». «Je me suis abstenu sur les deux précédents budgets. J’ai comme l’intuition que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on devrait a priori ne pas voter ce budget-là», a glissé ce député d’Indre-et-Loire. Au plus fort de la fronde, 39 députés socialistes s’étaient abstenus en octobre 2014 sur le volet recettes du projet de loi de finances. 39 députés qui pourraient bien monter leur grand  courage en démissionnant de l’assemblée…en fin de mandat.

 

Radicalisme : la paralysie française vient de la peur d’être traité de raciste (Georges Bensoussan)

Radicalisme : la paralysie française vient de la peur d’être traité de raciste (Georges Bensoussan)

 

Après notamment les événements d’Ajaccio les propos de Georges Bensoussan prennent une résonance particulière à propos des territoires perdus de la république (interview Le Figaro) même si on peut évidemment ne pas partager toute son analyse.

 

 De septembre 2002 aux attentats de janvier 2015, avons-nous perdu une décennie?

En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (Ou la Tunisie, etc.…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales.

Aujourd’hui, les politiques et les médias ont-ils suffisamment ouvert les yeux?

Les élus de terrain, tant de droite que de gauche, sont conscients des réalités. Mais beaucoup ont peur de parler. A fortiori du coté des hommes politiques dont le courage n’est pas la qualité première à l’exception de quelques-uns. Comme s’ils craignaient, en parlant, de faire sauter un baril de poudre tant la situation leur parait (et ici ils ont raison) dangereuse. La France est en effet l’un des pays d’Europe parmi les plus exposés au risque de conflits internes. La peur d’être taxé de racisme joue son rôle dans la paralysie française. Et la désespérance du plus grand nombre dont la parole est d’emblée invalidée au nom d’un antiracisme dévoyé. La peur d’être taxé de racisme joue son rôle dans la paralysie française. Et la désespérance du plus grand nombre dont la parole est d’emblée invalidée au nom d’un antiracisme dévoyé. Cette crainte va jusqu’à reprendre un discours concocté par l’adversaire sans s’interroger sur la pertinence des «mots». Ainsi du mot «islamophobie», un terme particulièrement inepte en effet qui réintroduit en France la notion de blasphème. On peut s’opposer à la religion, qu’elle soit juive, catholique ou musulmane, sans être raciste. Le combat laïque c’est le refus qu’une religion quelle qu’elle soit prévale sur la loi civile. Ce combat difficile a finalement été gagné en France entre 1880 et 1905. Céder sur ce plan c’est détricoté deux siècles de Révolution française pour parler comme François Furet et plus d’un siècle d’une histoire de France qui a fait de la République non seulement un régime mais une culture.

Vous faites référence au monde imaginé par Orwell dans son roman d’anticipation 1984. Notre système peut-il vraiment être qualifié de totalitaire?

Nous ne sommes pas dans un système totalitaire, mais dans un système d’avachissement de la démocratie que Tocqueville avait annoncé. Cet avachissement est marqué par le triomphe de l’intérêt individuel et le désintérêt pour la chose publique. Dans le contexte historique particulier qui est celui de la France, cela se traduit par une pensée a-critique et frileuse, même si cette frilosité, voire cette lâcheté ne sont pas chose nouvelle. On n’en finirait pas de faire la généalogie du déclin de ce qui fut jadis la «Grande Nation». Nul doute qu’à cet égard le XX° siècle français, jusqu’à nos jours même, paie l’énorme saignée de la Grande Guerre. De ce désastre-là, la France ne s’est jamais remise. Elle avait gagné la guerre mais perdu ses hommes et à long terme son vouloir vivre national. Toutes les campagnes françaises se font l’écho d’une tragédie qui naturellement appelait dans son sillage une immigration de peuplement qui, chaque jour plus nombreuse, a atteint un seuil tel que la machine à intégrer s’est finalement enrayée. Un pays est capable d’intégrer des minorités par capillarité. C’est moins vrai quand il s’agit depuis 40 ans de flux démographiques de masse.

Vous reprochez à l’Etat et notamment à l’école d’avoir fait trop de concession aux revendications communautaires. Que pensez-vous du débat actuel sur les menus de substitution?

Il est posé de manière caricaturale car on voit bien la volonté de certains politiques de surfer sur la polémique. Il pose cependant une question de fond comme il est symptomatique aussi d’un danger qui guette la société française. Il faut rappeler d’abord que la cantine n’est pas obligatoire. Introduire les menus de substitution dans les écoles, c’est donner prise à des pratiques communautaires qui n’auront dès lors aucune raison de s’arrêter. Là est le risque, c’est ce premier pas qui permettra tous les autres et qui conduira à détricoter le tissu laïque et à nous engager sur un chemin contraire à celui qui depuis deux siècles a fait la nation française.

Le terreau des réalités que vous décrivez est-il social ou culturel?

Les deux. Les causes sociales sont une évidence. Mais celui qui y réduirait son analyse se condamnerait à ne rien entendre à la complexité de la situation comme l’a bien montré Hugues Lagrange. En banlieue, le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine parfois les 40- 50%. L’arrivée d’une immigration de masse à partir de 1975, au moment où les Trente Glorieuses s’achevaient, est un premier jalon dans cette histoire. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, sept ans seulement après Mai 1968, la bourgeoisie française a favorisé cette immigration de masse à laquelle le PCF s’opposait dès 1980, ce qu’on a souvent oublié. Pourquoi est-ce sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, l’homme du retour au pouvoir de la droite libérale non gaulliste, qu’a été mis en place le regroupement familial alors que les emplois se faisaient de plus en plus rares? Dès lors qu’il ne s’agissait plus d’une immigration de travail, mais d’immigration familiale progressivement reléguée dans des cités, l’intégration était compromise. Conjugué au chômage, à la pauvreté, au confinement géographique des mêmes cultures et des mêmes nationalités, le facteur culturel, dégradé en repli identitaire, ne pouvait que jouer sur fond de frustration et de ressentiment.

 

Un repli identitaire qui a d’abord concerné des populations jeunes et nombreuses, venues d’un monde musulman en expansion et qui, au même moment, trouvait son expression politique dans l’islamisme et non plus dans le nationalisme arabe qui avait échoué. Ajoutez à cela l’environnement médiatique, la télévision par câble, satellite et internet qui a favorisé la diffusion des thèses islamistes et d’un antisémitisme virulent qui viennent du Moyen-Orient. La conjonction de ces facteurs, démographiques, sociaux, culturels et médiatiques a divisé le pays. La réaction aux attentats de janvier 2015, loin de montrer une nation unie, a mis en lumière deux pays cote a cote mais qui ne font plus nation

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol