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Gilets jaunes : le mépris du peuple par les nantis

Gilets jaunes : le mépris du peuple par les nantis

 

À l’occasion du mouvement des gilets jaunes et surtout dans la dernière période, les clivages se sont nettement approfondis entre d’une part les intérêts des couches moyennes et populaires et ceux  des plus nantis. En fait, le problème de fond qui était posé était la question de la répartition des richesses. Il est clair que ceux qui sont les plus favorisés ne sont pas tous prêts à partager de façon différente le gâteau. On a même vu des propos  particulièrement injurieux comme celui de l’acteur Mathieu Kassovitz entre (par ailleurs bon comédien) s’adressant aux gilets jaunes qui a déclaré après l’intervention de Macron : » vous n’êtes pas contents ? Vous attendiez peut-être à ce qu’on vous paye une Mercedes et qu’on vous donne un SMIC à 2500 € ? ». D’autres déclarations du même type ont été  relevées comme la catastrophe annoncée de l’économie française, le chômage généralisé si on augmentait le SMIC de 10 € supplémentaires. Facile de ridiculiser la demande sociale quand on gagne 20 000, ou 100 000 € par mois. D’une certaine manière le même mépris dont a témoigné Macron. Pas étonnant, si ces nantis soutiennent  d’ailleurs autant la politique de Macron car elle profite surtout aux plus favorisés. Le pompon sans doute c’est quand des ancien de 68, leaders de l’époque, comme Cohn-Bendit ou Romain Goupil se transforment  en avocat de Macron. Sans doute l’effet de l’âge quand on approche les 70 ans mais surtout quand on est passé du statut de révolutionnaire à celui de bourgeois ignorants des problématiques sociales et surtout économiques contemporaines. La confirmation comme disait Malraux que décidément la vieillesse est un naufrage ! Pour preuve la difficulté qu’ont les deux intéressés cités à s’exprimer de manière un peu claire et cohérente. Bref, ils radotent !

 

Johnny Hallyday : idole populaire parce fils du peuple

Johnny Hallyday : idole populaire  parce  fils du peuple

Une cérémonie exceptionnelle jamais vue en France  à la hauteur de l’amour que lui portaient ses fans. Johnny a traversé les générations, il était un monument du patrimoine de la chanson. Avec sa disparition, tout d’un coup la France a vieilli. La ferveur populaire s’explique par qu’il était une idole venu de ce peuple. Témoin cette conversation. En janvier 1998, avec  l’écrivain Daniel Rondeau rencontre Johnny Hallyday au bar de l’Hôtel Raphaël à Paris. Johnny  parle de ce père qui l’a abandonné à sa naissance. (Extrait du monde) « Je sais, dit Johnny Hallyday, que le bonheur n’existe pas. Il n’y a que la douleur. Et la solitude. J’en parle souvent parce que je ne peux parler que de ce que je connais. Quand je dis parler, c’est chanter. » Jamais plein, jamais vide non plus, son verre de vin blanc est devant lui. L’artiste s’exprime avec une lucidité incisive. Il y a pourtant chez lui une timidité qui n’est ni une invention ni une pose, mais plutôt une forme de prudence dictée par l’instinct. Son caractère abrupt, son orgueil, la conscience de ce qu’il est une star lui soufflent de se cadenasser dans sa part d’ombre dès qu’il craint de ne pas être à la hauteur de ce qu’on attend de lui. « Quand je suis devenu vraiment Johnny Hallyday, c’est-à-dire riche et célèbre, plus célèbre que riche d’ailleurs, j’ai continué de penser à mon père. Il m’intriguait. Je l’ai fait venir à Paris. Je me suis retrouvé en face d’un clodo. Il m’a dit : Bonjour Jean-Philippe, avec un accent belge très prononcé. Je l’ai emmené chez Cerruti pour lui faire faire une garde-robe complète. Trois complets sur mesure, une douzaine de chemises, etc. Puis je lui ai loué un appartement à Paris. Quelques jours plus tard, le directeur de Cerruti m’appelle. Mon père avait tenté de lui revendre ses vêtements au quart du prix. Puis j’ai reçu un appel de l’agence qui avait loué l’appartement. Mon père avait tout détruit, mis le feu aux rideaux et s’en était retourné à l’Armée du salut. Il n’y avait rien à faire. Je sais qu’il dormait dans les caniveaux. Même les flics refusaient d’aller le chercher. De temps en temps, j’avais des nouvelles. L’émotion ressentie en France depuis l‘annonce de son décès “est de ces énergies qui font un peuple”, a dit Emmanuel Macron, saluant un artiste devenu pour beaucoup, en près de 60 ans de carrière et un millier de chansons, “une présence indispensable, un ami, un frère.” “Parce que pour nous il était invincible, parce qu‘il était une part de notre pays, parce qu‘il était une part que l‘on aime aimer”, a ajouté le président devant le cercueil blanc déposé face au public sur le parvis de l’église de la Madeleine, au coeur de Paris.

La terre est-elle trop peuplée ? (Gilles Pison)

La terre est-elle trop peuplée ? (Gilles Pison)

Dans un article de la tribune Gilles Pison, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités, s’interroge sur les dangers du su peuplement de la terre.

« En 2017, la population mondiale a franchi le seuil de 7 milliards et demi. Elle ne comptait qu’un milliard d’habitants en 1800 et a donc été multipliée par sept et demi depuis (voir la figure ci-contre). Elle devrait continuer à croître et pourrait atteindre près de 10 milliards en 2050. Pourquoi la croissance devrait-elle se poursuivre ? La stabilisation est-elle envisageable à terme ? La décroissance tout de suite ne serait-elle pas préférable ? Si la population mondiale continue d’augmenter, c’est en raison de l’excédent des naissances sur les décès – les premières sont près de trois fois plus nombreuses que les seconds. Cet excédent apparaît il y a deux siècles en Europe et en Amérique du Nord lorsque la mortalité commence à baisser dans ces régions, marquant les débuts de ce que les scientifiques appellent la transition démographique. Il s’étend ensuite au reste de la planète, lorsque les avancées de l’hygiène et de la médecine et les progrès socio-économiques atteignent les autres continents. La croissance démographique a atteint un taux maximum de plus de 2 % par an il y a cinquante ans et a diminué de moitié depuis, pour atteindre 1,1 % en 2017 (voir la figure ci-contre). Elle devrait continuer de baisser dans les prochaines décennies en raison de la diminution de la fécondité : 2,5 enfants en moyenne par femme aujourd’hui dans le monde, contre le double (cinq enfants) en 1950. Parmi les régions du monde dans lesquelles la fécondité est encore élevée (supérieure à trois enfants), on trouve en 2017 presque toute l’Afrique intertropicale et les régions allant de l’Afghanistan jusqu’au nord de l’Inde en passant par le Pakistan (voir la carte ci-dessous). C’est là que se situera l’essentiel de la croissance démographique mondiale à venir. L’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique qui, Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici un siècle, passant d’un milliard d’habitants en 2010 à probablement 2,5 milliards en 2050 et plus de 4 en 2100, ceci malgré l’épidémie de sida. Alors qu’un homme sur six vit aujourd’hui en Afrique, ce sera probablement plus d’un sur trois dans un siècle. L’accroissement devrait être particulièrement important en Afrique au sud du Sahara où la population pourrait passer d’un peu plus de 800 millions d’habitants en 2010 à 4 milliards en 2100. Il reste que les projections démographiques sont relativement sûres lorsqu’il s’agit d’annoncer l’effectif de la population à court terme ; c’est-à-dire pour un démographe, les dix, vingt ou trente prochaines années. La majorité des hommes et des femmes qui vivront en 2050 sont déjà nés, on connaît leur nombre et on peut estimer sans trop d’erreurs la part des humains d’aujourd’hui qui ne seront plus en vie. Concernant les nouveau-nés qui viendront s’ajouter, leur nombre peut également être estimé, car les femmes qui mettront au monde des enfants dans les 20 prochaines années sont déjà nées, on connaît leur effectif et on peut faire également une hypothèse sur leur nombre d’enfants, là aussi sans trop d’erreurs. Il est illusoire de penser pouvoir agir sur le nombre des hommes à court terme. La diminution de la population n’est pas une option. Car comment l’obtenir ? Par une hausse de la mortalité ? Personne ne le souhaite. Par une émigration massive vers la planète Mars ? Irréaliste. Par une baisse drastique de la fécondité et son maintien à un niveau très inférieur au seuil de remplacement (2,1 enfants) pendant longtemps. C’est déjà ce qui se passe dans une grande partie du monde, les hommes ayant fait le choix d’avoir peu d’enfants tout en leur assurant une vie longue et de qualité. Mais il n’en résulte pas immédiatement une diminution de population en raison de l’inertie démographique : même si la fécondité mondiale n’était que de 1,6 enfant par femme comme en Europe ou en Chine, la population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies. Cette dernière comprend en effet encore beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants, nés lorsque la fécondité était encore forte, ce qui entraîne un nombre élevé de naissances. Les personnes âgées ou très âgées sont en revanche peu nombreuses et le nombre de décès est faible.  Les démographes ont été surpris il y a quarante ans quand les enquêtes ont révélé que la fécondité avait commencé à baisser très rapidement dans beaucoup de pays d’Asie et d’Amérique latine dans les années 1960 et 1970. Ils ont dû notamment revoir sensiblement à la baisse leur projection démographique pour ces continents. Une autre surprise, plus récente, est venue de l’Afrique intertropicale. On s’attendait à ce que sa fécondité baisse plus tardivement qu’en Asie et en Amérique latine, en relation avec son retard en matière de développement socio-économique. Mais on imaginait un simple décalage dans le temps, avec un rythme de baisse similaire aux autres régions du Sud une fois celle-ci engagée. C’est bien ce qui s’est passé en Afrique du Nord et en Afrique australe, mais pas en Afrique intertropicale où la baisse de la fécondité, bien qu’entamée aujourd’hui, s’y effectue plus lentement. D’où un relèvement des projections pour l’Afrique qui pourrait rassembler plus d’un habitant de la planète sur trois en 2100. La fécondité diminue bien en Afrique intertropicale, mais dans les milieux instruits et en villes plus que dans les campagnes où vit encore la majorité de la population. Si la baisse de la fécondité y est pour l’instant plus lente que celle observée il y a quelques décennies en Asie et en Amérique latine cela ne vient pas d’un refus de la contraception. La plupart des familles rurales ne se sont certes pas encore converties au modèle à deux enfants, mais elles souhaitent avoir moins d’enfants et notamment plus espacés. Elles sont prêtes pour cela à utiliser la contraception mais ne bénéficient pas de services adaptés pour y arriver. Les programmes nationaux de limitation des naissances existent mais sont peu efficaces, manquent de moyens, et surtout souffrent d’un manque de motivation de leurs responsables et des personnels chargés de les mettre en œuvre sur le terrain. Beaucoup ne sont pas persuadés de l’intérêt de limiter les naissances y compris au plus haut niveau de l’État, même si ce n’est pas le discours officiel tenu aux organisations internationales. C’est là une des différences avec l’Asie et l’Amérique latine des années 1960 et 1970 et l’un des obstacles à lever si l’on veut que la fécondité baisse plus rapidement en Afrique subsaharienne. Au-delà des cinquante prochaines années, l’avenir est en revanche plein d’interrogations, sans modèle sur lequel s’appuyer. Celui de la transition démographique, qui a fait ses preuves pour les évolutions des deux derniers siècles, ne nous est plus guère utile pour le futur. L’une des grandes incertitudes porte sur la fécondité. Si la famille de très petite taille devient un modèle dominant de façon durable, avec une fécondité moyenne inférieure à deux enfants par femme, la population mondiale, après avoir atteint le niveau maximum de dix milliards d’habitants, diminuerait inexorablement jusqu’à l’extinction à terme. Mais un autre scénario est possible dans lequel la fécondité remonterait dans les pays où elle est très basse pour se stabiliser à l’échelle mondiale au-dessus de deux enfants. La conséquence en serait une croissance ininterrompue, et à nouveau la disparition de l’espèce à terme, mais cette fois par surnombre. Si l’on ne se résout pas aux scénarios catastrophes de fin de l’humanité, par implosion ou explosion, il faut imaginer un scénario de retour à terme à l’équilibre. » Les hommes doivent certes dès maintenant réfléchir à l’équilibre à trouver à long terme, mais l’urgence est le court terme, c’est-à-dire les prochaines décennies. L’humanité n’échappera pas à un surcroît de 2 à 3 milliards d’habitants d’ici 2050, en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Il est possible d’agir en revanche sur les modes de vie, et ceci sans attendre, afin de les rendre plus respectueux de l’environnement et plus économes en ressources. La vraie question, celle dont dépend la survie de l’espèce humaine à terme, est finalement moins celle du nombre que celle des modes de vie.

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Par Gilles Pison, Professeur au Muséum national d’histoire naturelle et chercheur associé à l’INED, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités.

2017 : l’arnaque du concept de « candidat du peuple »

 2017 : l’arnaque du concept de  « candidat du peuple »

 

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Pour tenter de minimiser son échec lors du débat avec Macron, Marine le Pen s’est réfugiée dans le concept de candidate du peuple.  Face au discrédit qui touche les organisations politiques, désormais il est de bon ton pour les candidats de se présenter avec des vertus « anti systèmes ». Un concept qui n’a évidemment aucun sens, une proclamation entièrement gratuite tant qu’elle n’est pas approfondie et vérifiée. De quels systèmes parle-t-on ? Du système social, économique, financier ou politique ? Quand on examine la sociologie des principaux candidats notamment en France on constate que pratiquement tous appartiennent aux classes aisées voir même très  aisées (témoin par exemple le nombre de ministres du gouvernement actuel soumis à l’impôt sur la fortune). Il y a donc une continuité sociologique : les classes sociales supérieures dominent et de très loin le paysage électoral. Pas forcément pour des questions de compétence, d’intelligence ou de courage. Simplement parce qu’en France notamment la démocratie demeure virtuelle en tout cas néandertalienne. La France vit sous le régime d’une monarchie républicaine avec des déclinaisons dans les baronnies locales. La richesse des candidats constitue un argument favorable au recueil des voix. Le paradoxe est évidemment quand des candidats ultra riches se déclarent représentants des moins favorisés voir des opprimés. Evidemment pas avec un discours argumenté économiquement mais avec des explications simplistes en forme de slogan qui désignent des boucs émissaires comme responsable des discriminations et de la pauvreté. Le plus bel exemple récent étant évidemment le milliardaire Trump qui a réussi avec sa dialectique  populiste contradictoire à être considéré comme un candidat anti système. Un candidat qui a pourtant multiplié les relations sulfureuses avec les élus pour étendre dans l’immobilier l’empire hérité de son père. En France, Marine Le Pen, héritière également, fait aussi partie de ces multimillionnaires qui se veulent représentatifs des gens « d’en bas ». Dans la droite classique, on ne trouve guère non plus de miséreux. Socialement donc la plupart des candidats dit  « anti système » sont  les produits d’un processus de reproduction de la richesse des nantis. Des liens évidents existent souvent entre la dimension sociale et la dimension économique. Nombre de candidats « anti système » entretiennent en fait des liens douteux avec le monde économique. Soit pour recueillir des fonds nécessaires au financement de la campagne et/ou pour  en fait servir les intérêts particuliers de secteurs ou de groupes économiques. En cause, notamment des modalités de financement d’une campagne électorale avec souvent un ticket d’entrée financier dans les baronnies locales et une enveloppe minimale de 20 à 50 millions pour une campagne présidentielle. Au-delà de l’enjeu financier, le soutien des forces économiques dominantes constitue aussi un appui utile voire indispensable. Le dernier aspect de l’argumentation anti système touche au ridicule, à savoir, la dimension politique. En France en particulier,  tous les candidats sont des professionnels de la politique. En place depuis 20, 30 ans, davantage, ils vivent de la politique et ont transformé la fonction en métier et en rente. Les conditions démocratiques françaises imposent d’ailleurs l’appartenance à un appareil notamment quand il s’agit de l’élection présidentielle qui nécessite d’obtenir le soutien des élus pour valider une candidature. Tous appartiennent à des organisations, sont passés par des systèmes et sont d’une certaine façon le fruit d’appareils. Il n’existe pas de candidat réellement indépendant, ils sont le résultat d’un système qui se reproduit. La dépendance est plus ou moins forte. Pour être élu,  il est nécessaire d’être soutenu par les parrains d’un système,  au moins pour se lancer « dans la  carrière ». Une fois passée les obstacles sociaux, économiques et politiques les candidats ne peuvent donc revendiquer l’étiquette « anti système ». Cet argument populiste et démagogique ne peut être entendu que par les mouches victimes complices  attirées par le miel des promesses sans lendemain. Les candidats anti système n’existe pas, autant l’admettre et se déterminer sur des critères moins ésotériques.

 

 

Le « peuple » contre l’ « oligarchie » ou l’escroquerie intellectuelle de Le Pen


Le « peuple » contre l’ « oligarchie » ou l’escroquerie intellectuelle de Le Pen

 

En se revendiquant candidate du peuple Marine Le Pen commet une double escroquerie. D’abord parce que cette riche héritière qui n’a pratiquement jamais travaillé, ne peut sociologiquement s’identifier aux couches sociales moyennes et encore moins défavorisées. Ensuite parce qu’elle instrumentalise la misère et l’ignorance pour donner une légitimité à un programme démagogique et illusoire qui conduirait le pays à la ruine. Pour résumer le programme de Marine Le Pen c’est : « il faut empêcher la fermeture d’usine. Il faut empêcher les importations. Il faut protéger les pêcheurs.  évidemment tous ceux qui ont un travail difficile et qui aujourd’hui ne touche pas les fruits auquel il aurait droit ». Bref le summum de la démagogie. Un cocktail de corporatisme, d’illusions de nationalisme aussi de rejet de tout ce qui n’est pas français. Marine Le Pen a effectué jeudi un nouveau déplacement, cette fois auprès de pêcheurs du Gard, conçu pour mettre en scène l’opposition entre le « peuple », dont elle se veut l’avocate, et une « oligarchie » acquise à Emmanuel Macron selon la rhétorique de la candidate du Front national. « Il faut protéger (les pêcheurs-NDLR) de la concurrence déloyale, il faut arrêter de démultiplier les normes qui sont juste inapplicables », a ajouté Marine Le Pen, qui s’est présentée comme petite-fille de marin pêcheur. « Cette stratégie consiste à « aller vers la France qui travaille et la France qui souffre », déclare le dirigeant frontiste « très peuple aussi  » Wallerand de Saint Just à Reuters.

Candidat du peuple ou anti système : une escroquerie

Candidat du peuple ou anti système : une escroquerie

 

Face au discrédit qui touche les organisations politiques, désormais il est de bon ton pour les candidats de se présenter avec des vertus « anti systèmes ». Un concept qui n’a évidemment aucun sens, une proclamation entièrement gratuite tant qu’elle n’est pas approfondie et vérifiée. De quels systèmes parle-t-on ? Du système social, économique, financier ou politique ? Quand on examine la sociologie des principaux candidats notamment en France on constate que pratiquement tous appartiennent aux classes aisées voir même très  aisées (témoin par exemple le nombre de ministres du gouvernement actuel soumis à l’impôt sur la fortune). Il y a donc une continuité sociologique : les classes sociales supérieures dominent et de très loin le paysage électoral. Pas forcément pour des questions de compétence, d’intelligence ou de courage. Simplement parce qu’en France notamment la démocratie demeure virtuelle en tout cas néandertalienne. La France vit sous le régime d’une monarchie républicaine avec des déclinaisons dans les baronnies locales. La richesse des candidats constitue un argument favorable au recueil des voix. Le paradoxe est évidemment quand des candidats ultra riches se déclarent représentants des moins favorisés voir des opprimés. Evidemment pas avec un discours argumenté économiquement mais avec des explications simplistes en forme de slogan qui désignent des boucs émissaires comme responsable des discriminations et de la pauvreté. Le plus bel exemple récent étant évidemment le milliardaire Trump qui a réussi avec sa dialectique  populiste contradictoire à être considéré comme un candidat anti système. Un candidat qui a pourtant multiplié les relations sulfureuses avec les élus pour étendre dans l’immobilier l’empire hérité de son père. En France, Marine Le Pen, héritière également, fait aussi partie de ces multimillionnaires qui se veulent représentatifs des gens « d’en bas ». Dans la droite classique, on ne trouve guère non plus de miséreux. Socialement donc la plupart des candidats dit  « anti système » sont  les produits d’un processus de reproduction de la richesse des nantis. Des liens évidents existent souvent entre la dimension sociale et la dimension économique. Nombre de candidats « anti système » entretiennent en fait des liens douteux avec le monde économique. Soit pour recueillir des fonds nécessaires au financement de la campagne et/ou pour  en fait servir les intérêts particuliers de secteurs ou de groupes économiques. En cause, notamment des modalités de financement d’une campagne électorale avec souvent un ticket d’entrée financier dans les baronnies locales et une enveloppe minimale de 20 à 50 millions pour une campagne présidentielle. Au-delà de l’enjeu financier, le soutien des forces économiques dominantes constitue aussi un appui utile voire indispensable. Le dernier aspect de l’argumentation anti système touche au ridicule, à savoir, la dimension politique. En France en particulier,  tous les candidats sont des professionnels de la politique. En place depuis 20, 30 ans, davantage, ils vivent de la politique et ont transformé la fonction en métier et en rente. Les conditions démocratiques françaises imposent d’ailleurs l’appartenance à un appareil notamment quand il s’agit de l’élection présidentielle qui nécessite d’obtenir le soutien des élus pour valider une candidature. Tous appartiennent à des organisations, sont passés par des systèmes et sont d’une certaine façon le fruit d’appareils. Il n’existe pas de candidat réellement indépendant, ils sont le résultat d’un système qui se reproduit. La dépendance est plus ou moins forte. Pour être élu,  il est nécessaire d’être soutenu par les parrains d’un système,  au moins pour se lancer « dans la  carrière ». Une fois passée les obstacles sociaux, économiques et politiques les candidats ne peuvent donc revendiquer l’étiquette « anti système ». Cet argument populiste et démagogique ne peut être entendu que par les mouches victimes complices  attirées par le miel des promesses sans lendemain. Les candidats anti système n’existe pas, autant l’admettre et se déterminer sur des critères moins ésotériques.

Présidentielles 2017 : l’arnaque des « candidats du peuple » anti système

 

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 Face au discrédit qui touche les organisations politiques, désormais il est de bon ton pour les candidats de se présenter avec des vertus « anti systèmes ». Un concept qui n’a évidemment aucun sens, une proclamation entièrement gratuite tant qu’elle n’est pas approfondie et vérifiée. De quels systèmes parle-t-on ? du système social, économique, financier ou politique ? Quand on examine la sociologie des principaux candidats notamment en France on constate que pratiquement tous appartiennent aux classes aisées voir même très  aisées (témoin par exemple le nombre de ministres du gouvernement actuel soumis à l’impôt sur la fortune). Il y a donc une continuité sociologique : les classes sociales supérieures dominent et de très loin le paysage électoral. Pas forcément pour des questions de compétence, d’intelligence ou de courage. Simplement parce qu’en France notamment la démocratie demeure virtuelle en tout cas néandertalienne. La France vit sous le régime d’une monarchie républicaine avec des déclinaisons dans les baronnies locales. La richesse des candidats constitue un argument favorable au recueil des voix. Le paradoxe est évidemment quand des candidats ultra riches se déclarent représentants des moins favorisés voir des opprimés. Evidemment pas avec un discours argumenté économiquement mais avec des explications simplistes en forme de slogan qui désignent des boucs émissaires comme responsable des discriminations et de la pauvreté. Le plus bel exemple récent étant évidemment le milliardaire Trump qui a réussi avec sa dialectique  populiste contradictoire à être considéré comme un candidat anti système. Un candidat qui a pourtant multiplié les relations sulfureuses avec les élus pour étendre dans l’immobilier l’empire hérité de son père. En France, Marine Le Pen, héritière également, fait aussi partie de ces multimillionnaires qui se veulent représentatifs des gens « d’en bas ». Dans la droite classique, on ne trouve guère non plus de miséreux. Socialement donc la plupart des candidats dit  « anti système » sont  les produits d’un processus de reproduction de la richesse des nantis. Des liens évidents existent souvent entre la dimension sociale et la dimension économique. Nombre de candidats « anti système » entretiennent en fait des liens douteux avec le monde économique. Soit pour recueillir des fonds nécessaires au financement de la campagne et/ou pour  en fait servir les intérêts particuliers de secteurs ou de groupes économiques. En cause, notamment des modalités de financement d’une campagne électorale avec souvent un ticket d’entrée financier dans les baronnies locales et une enveloppe minimale de 20 à 50 millions pour une campagne présidentielle. Au-delà de l’enjeu financier, le soutien des forces économiques dominantes constitue aussi un appui utile voire indispensable. Le dernier aspect de l’argumentation anti système touche au ridicule, à savoir, la dimension politique. En France en particulier,  tous les candidats sont des professionnels de la politique. En place depuis 20, 30 ans, davantage, ils vivent de la politique et ont transformé la fonction en métier et en rente. Les conditions démocratiques françaises imposent d’ailleurs l’appartenance à un appareil notamment quand il s’agit de l’élection présidentielle qui nécessite d’obtenir le soutien des élus pour valider une candidature. Tous appartiennent à des organisations, sont passés par des systèmes et sont d’une certaine façon le fruit d’appareils. Il n’existe pas de candidat réellement indépendant, ils sont le résultat d’un système qui se reproduit. La dépendance est plus ou moins forte. Pour être élu,  il est nécessaire d’être soutenu par les parrains d’un système,  au moins pour se lancer « dans la  carrière ». Une fois passée les obstacles sociaux, économiques et politiques les candidats ne peuvent donc revendiquer l’étiquette « anti système ». Cet argument populiste et démagogique ne peut être entendu que par les mouches victimes complices  attirées par le miel des promesses sans lendemain. Les candidats anti système n’existe pas, autant l’admettre et se déterminer sur des critères moins ésotériques.

 

L’affaire Fillon illustre le divorce des élites et du peuple (Jean Garrigues)

L’affaire Fillon illustre le divorce des élites et du peuple (Jean Garrigues)

 

L’historien Jean Garrigues considère que l’affaire Fillon illustre bien le divorce ente les élites et le peuple dans une  interview au JDD

L’affaire Penelope Fillon est-elle un événement exceptionnel dans cette campagne?
Cet événement inhabituel vient se greffer à cette campagne exceptionnelle. Cette affaire révèle le divorce entre les Français et les pratiques politiques. Embaucher sa femme, ce n’est pas illégal, mais ça fait partie d’une culture de caste, du privilège, que les Français rejettent. François Fillon – qui pouvait incarner précisément une sorte de rupture avec cette culture de caste, parce qu’il avait une image d’intégrité, de rectitude morale – est rattrapé par cette affaire. On est quand même dans une situation unique, qui va donner lieu à des solutions, pour la droite, qui sont à inventer. C’est pour ça qu’il y a une hésitation pour l’instant, qu’il n’y a pas de véritable plan B chez Les Républicains.

François Fillon dénonce une « opération de calomnie sans précédent ». Sous la Vème République, a-t-on connu d’autres affaires de ce genre en période électorale?
Oui. En 2007, autour de l’acquisition par Nicolas Sarkozy de sa maison de Neuilly, et de l’autre côté autour de la sous-évaluation des biens du couple Hollande-Royal. Pour l’élection de 1995, il y avait eu des affaires à propos d’Edouard Balladur, notamment sur des spéculations qu’il avait effectué sur des sociétés auxquelles il avait participé… En 1969, pour la campagne de Georges Pompidou, il y avait eu l’affaire Markovic. Mais elle avait eu lieu avant la campagne elle-même. En 1965, le général De Gaulle lui-même avait été soumis à un autre scandale, l’affaire Ben Barka. L’image de De Gaulle avait été un peu écorchée mais les médias n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. A cette époque, De Gaulle avait employé l’expression de « boule puante », reprise par François Fillon.

Lire aussi : Comprendre les différentes affaires Fillon

Quel avait été l’effet de ces affaires sur la campagne présidentielle?
Ces affaires-là ont eu un impact tout à fait minime sur les élections, comme avec l’affaire des diamants, au moment de la campagne de Valéry Giscard d’Estaing, en 1981. Mais cette affaire est sortie un an et demi avant l’élection. Les effets sont réels, parce que l’image de Giscard a été affectée, mais elle n’a pas profondément changé la campagne électorale. Giscard était encore favori des sondages quelques semaines avant l’élection. Ce n’est pas ça qui a fait la bascule, ce sont d’autres aspects, notamment ce qui pouvait être reproché à Giscard dans sa gestion de la crise, etc. Le cas de l’affaire Strauss-Kahn peut être intéressant dans le déroulé de ce qui va suivre, où on peut déboucher sur un plan B. C’est ce qui était arrivé : l’affaire Strauss-Kahn avait permis à Hollande de devenir le candidat de la gauche. Mais là aussi, ça c’était passé presque un an avant l’élection.

Quelle est la différence entre ces affaires et le « Penelope Gate »?
L’affaire Fillon résonne avec ce qui est le fond même du divorce entre le peuple et les élites politiques, cette dénonciation de l’esprit de castes. Il faut aussi voir le rôle de la télévision. Par exemple, l’émission Envoyé Spécial, sur France 2, avec le témoignage de Penelope Fillon, a eu une très forte audience [3,36 millions de téléspectateurs]. Et puis, évidemment, la caisse de résonance des réseaux sociaux reflète la coupure avec les élites, qui est aussitôt répercutée par les médias, et réciproquement. Il y a un jeu entre les réseaux sociaux et les médias qui s’en font les échos. Tout ça est une caisse d’amplification qu’on ne connaissait pas il y a 10 ans. Mais il y a d’autres aspects.

Lesquels?
On est dans un moment politique, sociétal, où il y a une sorte d’intransigeance, une exigence éthique totalement nouvelle de la part des Français. Cette affaire, je ne suis pas sûr qu’elle aurait eu de l’impact il y a seulement une quinzaine d’années. En 2002, une affaire avait pollué la campagne de Jacques Chirac : il était question du paiement de ses voyages de loisirs, à La Réunion… Il y avait eu des articles, une polémique autour, là aussi, d’une utilisation des fonds publics. C’était à peu près la même incrimination. Mais elle n’a pas du tout eu l’impact qu’on connaît aujourd’hui, d’une part parce qu’on avait pas la même caisse de résonance avec les réseaux sociaux. D’autre part, ça n’entrait pas en contradiction avec l’image de Jacques Chirac. Il avait l’image de sa caricature, de « Super menteur », et finalement de quelqu’un qui prenait un peu de libertés avec l’argent public. Tandis qu’avec Fillon, là il y a une contradiction avec son image. Et puis, troisième élément : il y a de moins en moins de tolérance des Français vis-à-vis de ces dérives. C’est dû au contexte de crise, à la difficulté du quotidien pour beaucoup de Français, au fait qu’ils n’ont plus confiance dans les élites politiques. Tout ça est très lié et très cohérent.

Les primaires rendent-elles aussi la campagne exceptionnelle?
Incontestablement, cette campagne est totalement atypique. Elle s’est étendue d’une séquence nouvelle, qui est une double primaire. C’est une première! On avait déjà eu une primaire ouverte pour la gauche en 2011, une primaire fermée en 2006. Ces primaires ont acté le « Sortez les sortants », une volonté de la part des électeurs d’une rupture radicale avec ceux qui ont incarné le pouvoir. La primaire de la droite a sorti Nicolas Sarkozy, et dans une moindre mesure, Alain Juppé. La primaire de la gauche a eu pour effet de provoquer le retrait de François Hollande et d’acter l’échec de Manuel Valls. C’est donc aussi l’échec des prétendants naturels à l’élection présidentielle. On voit bien que la légitimité que l’exercice du pouvoir, qui était jusqu’à présent un sorte de garantie pour l’avenir, a totalement disparu. On a sur le carreau deux anciens présidents de la République, deux anciens Premiers ministres et peut-être un troisième si Fillon est écarté lui aussi.

Qu’ont changé les primaires dans cette campagne?
La possibilité de faire émerger des projets alternatifs, avec Fillon et Hamon. On a une sorte d’ouverture démocratique que la désignation traditionnelle par les partis n’autorisait pas. La vocation du parti politique était de pérenniser l’homme fort, les candidats naturels. Maintenant, la primaire permet autre chose. Mais en même temps, la primaire a un résultat ambigu. Elle a permis, à droite ou à gauche, de désigner celui qui correspondait le mieux à la culture politique, à l’ADN de son camp. Hamon, la gauche du rêve, du réenchantement. A droite, une autre forme de réenchantement, par le repli sur les valeurs conservatrices. Or ce repli identitaire de chacune des primaires n’est pas forcément en cohérence avec l’efficacité électorale. Hamon et Fillon ne sont pas forcément les meilleurs candidats de leur camp pour aller au bout d’une présidentielle, pour rassembler lors d’une élection présidentielle. C’est ce que disaient les sondages, quand les projections montraient par exemple que, au premier tour d’une primaire, Manuel Valls faisait mieux a priori que Benoît Hamon. De la même manière, François Fillon n’était pas forcément le meilleur candidat pour la droite et le centre par rapport à Alain Juppé par exemple, qui était plus rassembleur au centre-droit et peut-être au centre-gauche.

Quels sont les autres éléments qui rendent cette campagne atypique?
Le retrait de François Hollande : le renoncement d’un président à briguer un deuxième mandat, c’est une première historique. Ceux qui ne l’ont pas fait, c’est parce qu’ils ont été rattrapés par l’âge ou la maladie, comme Pompidou. Mais aussi le fait que la candidate FN soit en tête des sondages. Jean-Marie Le Pen a été au second tour en 2002, mais il n’avait jamais été en tête des sondages. C’était une surprise! Et puis la candidature d’Emmanuel Macron. Avoir un candidat ni de droite, ni de gauche, ça a déjà existé avec la campagne de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, et celles de François Bayrou depuis 2002. Mais un candidat, ni de droite, ni de gauche, en position d’accéder au second tour, quatre mois avant l’élection, c’est inédit. Cela signifierait un échec pour les partis traditionnels, donc nécessairement une recomposition politique. On voit très bien qu’à gauche cette éventualité est de plus en plus crédible, car on a déjà une petite hémorragie, avec des députés qui sont partis rejoindre En Marche! Il est possible que certains électeurs de gauche ne se retrouvent pas non plus dans la candidature de Hamon. Et si François Fillon est candidat de la droite, il n’est pas impossible qu’une grande partie des électeurs centristes aillent chez Emmanuel Macron.

Vivons-nous un moment politique de transition?
On est dans une campagne de toutes les nouveautés, de transgression totale. On arrive dans une fin de cycle, par rapport aux institutions ou aux pratiques de la Vème République. On voit bien qu’il y a un divorce entre les Français et la manière de faire de la politique, avec tout ce qui incarne le monde politique : les institutions, les partis, les syndicats, et même les médias associés à la vie politique. Tout ça est condamné. C’est quelque chose de tout à fait nouveau, qui acte la fin d’un cycle qui s’était ouvert en 2007, quand il y avait un sursaut de mobilisation et d’illusion de renouveau de la politique. Ce cycle-là est terminé. Que ce soit Sarkozy ou Hollande, l’alternance a montré ses échecs.

Peut-on s’attendre à d’autres surprises dans cette campagne?
On peut dire que l’affaire Fillon va déboucher sur d’autres réactions en chaîne au sein de la droite. Vraisemblablement, le retrait de François Fillon. Dans tous les cas, ça affaiblira considérablement la droite. Le résultat quasi-certain de cette élection, qui était l’alternance, devient de plus en plus contestable! Qu’il y ait d’autres affaires, c’est tout à fait possible. On a en ce moment l’affaire des assistants européens de Marine Le Pen, la suspicion des dépenses d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie, on ne parle pas trop du poste de professeur associé de Benoît Hamon à l’université Paris-VIII…

Peut-on dire que c’est la campagne présidentielle la plus incertaine de la Vème République ?
Oui, et de très loin. La victoire de Valéry Giscard d’Estaing en 1974 était une surprise, parce qu’on attendait a priori une victoire de Jacques Chaban-Delmas. Mais en même temps, Giscard n’était pas un inconnu dans la vie politique. Surtout, ça a été une campagne très rapide avec la mort de Pompidou, c’étaient des circonstances particulières. En 1995, Jacques Chirac était largement distancé par Edouard Balladur, mais il finit par l’emporter parce qu’il a fait une campagne beaucoup plus efficace que son adversaire. A chaque fois, on a eu un ou deux éléments de surprise dans ces campagnes. Aujourd’hui, les nouveautés surgissent de partout.

*Elysée Circus. Une histoire drôle et cruelle des présidentielles, Jean Garrigues et Jean Ruhlmann, Tallandier, 19,90€.

DSK Carlton : l’affaire pour amuser le peuple

DSK  Carlton : l’affaire pour amuser le peuple

 

Du pain et des jeux pour tenir le peuple en laisse, le pain manque alors il faut des jeux. Celui de la Saga DSK. Avec son procès du Carlton qui mobilise policiers, magistrats, médias, voyeurs et autres badauds. En fait tout cela pour rien si non pour combler l’ennui de quelques juges d’instruction dont les chefs disculpation sont inexistants pour ne pas dire surréalistes ; DSK n’est pas un saint, il ne revendique pas cette sainteté, il aurait pu s’éviter des frasques plus que critiquables. Pour autant l’accuser de proxénétisme aggravé en bande organisée relève la fantaisie la  plus pure voire de la fumisterie judicaire. Tout cela finira en eau de boudin et un événement effaçant une autre,  celui là, on oubliera. Ne subsisteront que les coté sulfureux qui amusent la galerie. Pendant ce temps des terroristes qui ont accaumlé Des condamnations sans faire de prison (ou seulement quelques mois) se baladent tranquillement et dans les banlieues. Normal, on manque de juges, de greffiers, de tout et surtout de discernement  Le procès pour l’affaire de proxénétisme dite du Carlton dans laquelle est poursuivi Dominique Strauss-Kahn s’est donc ouverte le 2 février à Lille. Treize personnes, dont l’ancien directeur du FMI, sont convoquées pour répondre de « proxénétisme aggravé en réunion » et une quatorzième pour « complicités d’escroqueries et d’abus de biens sociaux ». Il s’agit notamment de 3 dirigeants de l’hôtel de luxe lillois et de plusieurs compagnons de soirée de DSK. Le procès est programmé jusqu’au 27 février. L’ex-patron du Fonds monétaire international est présenté par les magistrats instructeurs comme le principal bénéficiaire et instigateur de soirées libertines qui se seraient tenues à Lille, Paris et Washington. Dominique Strauss-Kahn affirme ignorer que les participantes étaient des prostituées rémunérées. Terrassé au sommet de sa carrière politique par l’affaire du Sofitel de New York, l’ex-ministre socialiste va de nouveau devoir faire face à l’étalage en public de ses mœurs sexuelles. Le délit de proxénétisme aggravé en réunion a une définition juridique assez large, qui englobe bien au-delà du seul souteneur. Il est défini dans le code pénal par l’article 225-5 et les suivants, passible de 7 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende dans sa forme simple. Lorsqu’il est commis « par plusieurs personnes », la peine encourue est de 10 ans d’emprisonnement et de 1,5 million d’euros d’amende. Pour les législateurs, tombe sous le coup de la loi celui qui : aide, assiste ou protège la prostitution d’autrui ; en tire profit, en partage les produits ou reçoit les subsides d’une personne se livrant habituellement à la prostitution ; ou encore quelqu’un qui embauche, entraîne ou détourne une personne en vue de la prostitution, ou exerce sur elle une pression pour le faire. « Faire office d’intermédiaire entre deux personnes dont l’une se livre à la prostitution et l’autre exploite ou rémunère la prostitution d’autrui », est un cas assimilé au proxénétisme. La conviction des juges lillois est d’une part, que DSK ne pouvait ignorer que les filles qu’on lui présentait lors de parties fines étaient des prostituées rémunérées, au vu de leur attitude et de leur accoutrement ; d’autre part, que DSK était le « pivot central » ou encore le « roi de la fête » de ces soirées. En résumé, que sa venue entraînait le phénomène de prostitution. La ligne de défense de Dominique Strauss-Kahn a toujours été de dire qu’il ne savait pas que les jeunes femmes étaient rémunérées, et qu’il pensait assister à des soirées libertines.

Dati: « La droite a un problème avec le peuple »

Dati: « La droite a un problème avec le peuple »

Eclair de lucidité chez Dati ou manœuvre pour se faire de la place parmi l’oligarchie politique diplômée. En tout cas une analyse lucide vis-à-vis de Le Pen qui vaut pour la droite mais aussi pour le PS.   »Mêmes diplômes », « mêmes cercles », « mêmes milieux »: l’ancienne ministre de la Justice Rachida Dati affirme dans une tribune au JDD que la « droite a un problème avec le peuple » et qu’elle « doit se réveiller » au risque de laisser un « boulevard à Marine Le Pen ». Selon la vice-présidente de l’UMP, « alors que la gauche est au plus bas, il n’y a pas de désir de revoir la droite au pouvoir ». Elle en veut pour preuve de récents sondages qui placent le FN juste derrière l’UMP ou à égalité aux prochaines élections européennes, en mai 2014.  Alors que « le général de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy ont tous, à un moment donné, réussi à forger un lien fort avec le peuple », « la droite a sans doute aujourd’hui un problème avec le peuple », ajoute-t-elle.   »La défaite à la présidentielle a été le point de départ de cette crise. On est tombé dans le piège tendu par la gauche, et on a parlé de droit d’inventaire, de droitisation et même de +buissonisation+ (référence à Patrick Buisson, ndr), lorsqu’on aurait dû regarder en face la France, les Français, les valeurs qu’ils souhaitent que nous défendions, au lieu d’en être gênés et de nous en éloigner », explique-t-elle.   »La droite doit se réveiller », insiste-t-elle. « Aujourd’hui, nous régressons! Les mêmes diplômes, les mêmes cercles, les mêmes milieux, les mêmes têtes se distribuent entre eux les postes, les investitures et les mandats ».  A défaut de ce réveil, « Marine Le Pen aura un boulevard: aux municipales, aux européennes et peut-être même au-delà. Nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes. Nous serons alors coresponsables du déclin moral et politique de la France. Et dans l’inventaire, nous serons tous au passif! », conclut l’ancienne garde des Sceaux (2007-2009

 




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