Archive pour le Tag 'pertinent'

Le déconfinement par département n’est pas pertinent

Le déconfinement par département n’est pas pertinent

Pour le géographe, Georges Roques il faut conduire très vite des études de terrain à la bonne échelle, celle des intercommunalités et pas des départements ou des communes ( chroniques dans l’Opinion)

 

La carte gouvernementale quotidienne, établie par département en vue du déconfinement.

 

tribune

La carte de la météo sanitaire est connue depuis le 30 avril et elle sera diffusée tous les soirs à une heure de grande écoute. Elle prépare au déconfinement fixé au 11 mai, en attendant mieux. On hésite toujours au plan décisionnel entre l’Etat et les collectivités locales, alors que la bonne manière est dans l’interaction entre les deux niveaux. Pour les écoles, la décision revient aux maires alors qu’ils ne peuvent décider que pour les écoles maternelles et primaires, pas pour les collèges et les lycées. Il s’agit là d’une véritable révolution copernicienne. Les jacobins confrontés à une relative impuissance envoient la patate chaude aux maires, soit plus de 34 000 décisionnaires. Le voilà, le manche du marteau. Mais il frappe à côté de l’enclume.

La communication annoncée est massive, journalière, accablante… et erronée. Tous les jours la carte bicolore au départ, tricolore ensuite des départements, celle de l’espoir et de la désespérance nous diront si nous sommes libérés ou pas des contraintes liées à la présence ou l’absence du virus. Pour l’essentiel, sur quels critères se base-t-on ? Le taux de cas connus de contamination dans la population sur une période de sept jours reste élevé, les capacités hospitalières régionales en réanimation sont tendues, le système local de tests et de détection des chaînes de contamination n’est pas suffisamment prêt.

« J’habite en limite d’un département, l’Hérault, limitrophe du Gard. Le Pont du Gard est très proche, mais si je ne peux pas franchir la limite départementale, quelle règle prévaut ? » 

Le passé récent nous a montré que ces chiffres ne sont pas très fiables. Les morts dans les Ehpad n’ont été comptabilisés que tardivement. Les contestations sur la couleur en Corse ou dans le Lot démontrent le flou des critères retenus. Que compte-on exactement ? Il faut distinguer la collecte de l’utilisation de ces chiffres. En ce moment, qui tient la comptabilité des décès : les mairies avec l’état civil, les hôpitaux, les médecins généralistes ?

Cartes précises. Ajoutons-y la règle des 100 kilomètres pour les déplacements individuels. S’il s’agit de 100 kilomètres à vol d’oiseau, jusqu’où peut-on aller ? Prenons un exemple précis : j’habite en limite d’un département, l’Hérault, limitrophe du Gard. Le Pont du Gard est très proche, bien en deçà des 100 kilomètres autorisés. Mais si je ne peux pas franchir la limite départementale, quelle règle prévaut ? La raison de chacun ?

Rappel : les départements ont été créés par l’Assemblée constituante le 22 décembre 1789. Leur dimension est en général inférieure aux 100 kilomètres. C’était le temps nécessaire pour se rendre à la préfecture à cheval dans la journée, et d’en revenir.

Il faudra sans doute plus tard avancer les études sur les populations concernées (âge, niveau économique et social, environnement…). Tout cela est centralisé actuellement par les Agences régionales de santé. On peut espérer que chaque décès est bien comptabilisé, et surtout bien localisé. Si tel est le cas, il faut dresser des cartes précises de l’extension et de l’intensité de la pandémie. On peut ensuite dessiner les contours de l’extension de l’épidémie. En utilisant la technique de seuil, on peut monter l’intensité de la maladie. On éviterait ainsi d’afficher des statistiques trop administratives, par départements, et d’éclater les décisions aux maires des communes.

La commune est une entité administrative qui n’a plus les mêmes pouvoirs qu’avant. Dans les métropoles et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), elles participent d’un même ensemble, elles sont souvent jointives. Les transports et de nombreux services ne sont plus du domaine du maire, mais du président de la métropole ou de l’intercommunalité. Les communes limitrophes peuvent être concernées par une continuité transcommunale des décès et des malades.

« Peter Gould, le grand géographe américano-britannique évoquait à propos de ses cartes remarquables de la diffusion du sida “les taches de vin sur la nappe” ».

Psychose. C’est sur ces unités qu’il faudrait décider. Le filet est bien là. On dispose des données localisées, on a les compétences cartographiques et infographiques pour les traiter de manière intelligente. Il faudrait aussi se servir des leçons que l’on peut tirer de ce terrible épisode. Evidemment au plan médical, créer des outils performants pour prendre les décisions sanitaires adaptées à la réalité du terrain, et au niveau pertinent, celui de l’extension réelle de l’épidémie, Peter Gould, le grand géographe américano-britannique évoquait à propos de ses cartes remarquables de la diffusion du sida « les taches de vin sur la nappe ». Le festival international de la géographie lui avait, à cette occasion, donné le prix Vautrin Lud qui est la géographie ce que la médaille Fields est aux mathématiques, soit un Nobel sans le nom.

Qu’attendent les pouvoirs publics pour faire effectuer ces travaux ? L’information pour le public serait plus juste, plus claire, et les actions de l’Etat et des collectivités locales mieux ciblées. Peut-être cette information permettrait-elle peut-être de limiter les psychoses ambiantes qui menacent l’équilibre social des individus dans certains quartiers. Nous sommes encore dans l’urgence et l’inquiétude, mais rien n’empêche d’anticiper au plus vite. Le marteau tapera d’autant plus fort sur l’enclume que la récolte du filet lui indiquera mieux où il faut frapper…

Georges Roques est géographe, auteur de « L’illusion régionale. La réforme territoriale en question » (Editions Cairn, juin 2019).

 

Hausse fiscalité carburant 23 ONG pour ! Appel sympa mais non pertinent

Hausse fiscalité carburant 23 ONG pour ! Appel sympa mais  non  pertinent

 

Un appel sympa de 23 ONG du réseau Action climat en faveur de la fiscalité qui présuppose donc que la fiscalité est un moyen de régulation majeur pour la transition écologique. On mettra de côté les aspects politiques, car il s’agit sans doute aussi pour ce réseau marqué à gauche de contrer le mouvement des gilets jaunes, lui, plutôt marqué à droite. Cet appel est sympathique car c’est une prise de position qui reprend la problématique climatique. Malheureusement jamais la fiscalité en matière de transport n’a permis une autre répartition modale plus économe de l’espace, moins polluante et plus efficiente d’un point de vue de la collectivité. Le niveau de fiscalité n’a pas de rapport avec la transition énergétique. Une politique de norme, une politique industrielle est autrement plus efficace. Ce que démontre par exemple aujourd’hui la Chine ou les États-Unis avec le développement de la voiture électrique (aux États-Unis le prix du carburant et pourtant autour de 0,50 €.) C’est la politique l’offre qui peut changer les comportements. Ce qui suppose des transports collectifs plus nombreux, compétitif et de qualité. Aussi le développement de la voiture électrique voire à hydrogène. Dans cet appel, c’est la vieille idée qu’il faut par exemple matraquer le transport routier de marchandises sur le plan fiscal pour permettre des transferts modaux notamment sur le rail. Une stratégie qui n’a jamais marché car le vrai problème c’est que la ferroviaire n’est pas adapté à la nature des besoins logistiques d’aujourd’hui. Bref un texte, plein de bonnes intentions mais une peu mécanique comme sait si bien en produire la gauche. Ci dessous cet appel (extraits) :

 

 

« Depuis plusieurs jours, les prises de parole de plusieurs responsables politiques de tous bords alimentent les tensions autour de la hausse des prix des carburants, dénonçant à tout va la fiscalité écologique. Et ce, alors que ces mêmes responsables placent l’urgence climatique et la lutte contre la pollution de l’air parmi leurs priorités. Pour le Réseau Action Climat et ses associations membres*, ces responsables devraient commencer par rappeler que la fiscalité écologique est un outil indispensable, en soi, pour répondre à la crise climatique que nous connaissons, et qu’il convient à tout prix de préserver les dispositifs mis en place via l’adoption de solutions concrètes additionnelles.Instrumentaliser la fiscalité écologique est irresponsable. Irresponsable alors même que le GIEC rappelait, le mois dernier, que sans efforts supplémentaires sans précédent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrons nous mettre à l’abri des pires impacts du dérèglement climatique et que la pollution de l’air continue chaque année d’occasionner 48 000 morts prématurées dans notre pays.

Le gouvernement est également responsable de la crise en cours, puisqu’il tarde à mettre en place des mesures rapides et suffisamment ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement. Responsable aussi parce que cette fiscalité qui touche les Français épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le secteur aérien ou le transport routier de marchandises. La fiscalité écologique souffre donc malheureusement d’une instrumentalisation de tous les côtés. Les responsables politiques dans leur ensemble devraient s’attacher à recentrer le débat sur les réponses à donner aux crises que nous traversons, climatique et sociale. Ces réponses existent. Les choix à opérer aujourd’hui, et en particulier dans le cadre de la loi mobilités qui doit enfin être présentée en Conseil des ministres le 21 novembre, doivent permettre à terme de sortir les citoyens de leur dépendance au diesel et à l’essence. La vulnérabilité des Français au prix des carburants est un fait. Des mesures doivent donc être adoptées pour les sortir de cette dépendance. Transports en commun et vélo, développement de véhicules véritablement moins émetteurs et moins polluants, désenclavement des territoires via un réseau ferré opérationnel, modernisé et accessible à tous les portefeuilles, lutte contre l’étalement urbain en rapprochant les lieux de vie des lieux de travail et de loisirs, sont autant de solutions qui doivent être actées et financièrement soutenues par le gouvernement dans sa prochaine loi. «

*Signataires : Le Réseau Action Climat et ses associations membres (350.org ; Agir pour l’environnement ; Alofa Tuvalu ; Alternatiba ; CLER – Réseau pour la transition énergétique ; CCFD-Terre solidaire ; 4D ; FUB ; Fnaut ; Fondation pour la Nature et l’Homme ; France Nature Environnement ; Greenpeace France ; Hespul ; Les Amis de la Terre ; Ligue de protection des oiseaux ; Oxfam France ; REFEDD ; Réseau Sortir du nucléaire ; Secours catholique-Caritas France ; WECF ; WWF France ; Zero Waste France).




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