Archive pour le Tag 'perspective'

Perspective économique Allemagne : le malade de l’Europe ?

Perspective Allemagne : le malade de l’Europe ?

 

 

Si l’on s’en tient à l’orthodoxie financière, l’Allemagne est  sans doute le pays qui présente le meilleur bilan. Elle dispose notamment d’une énorme marge budgétaire. Cependant pour l’avenir,  la tendance économique est inquiétante car sa croissance est en train de s’écrouler. Elle pourrait se limiter à une augmentation du PIB d’à peine   0,5 % seulement en 2019 et tutoyer la récession en  2020. En cause, évidemment la structure de l’économie allemande qui repose surtout sur son énorme capacité d’exportation notamment de machine-outils et d’automobiles. Le problème,  c’est que le commerce international s’est  notamment notoirement réduit et les exportations allemandes avec notamment en direction de la Chine. Ce tassement économique de l’Allemagne pèse lourdement sur l’ensemble de la zone euro. C’est pourquoi nombreux d’institutions et d’autres pays incitent l’Allemagne à utiliser ses marges budgétaires pour relancer l’économie. Pour l’instant l’Allemagne refuse de déroger à sa discipline budgétaire mais elle a convenu qu’elle pourrait emprunter via de nouvelles institutions notamment pour financer la transition énergétique et moderniser des infrastructures qui en ont bien besoin. Notons que c’est la technique déjà utilisée par la France quand elle cantonne des déficits par exemple à EDF ou encore à la SNCF (ce qui malheureusement ne suffit pas pour respecter les objectifs de réduction de déficit et de dette). L’Allemagne est donc  pressée par les autres pays de la zone euro d’investir davantage pour relancer l’économie, sinon ce pays pourrait faire plonger  l’Europe dans la crise économique et financière.

Perspective Nucléaire-EPR : pas de recul du gouvernement

Perspective  Nucléaire-EPR : pas de  recul du gouvernement

 

Une vraie bataille de communication est engagée entre le gouvernement et EDF. En fait,  une fausse bataille qui vise surtout à ne pas prendre trop de front les écolos. Pour résumer l’affaire, le gouvernement a adressé une lettre à EDF pour étudier le projet de construction de 6 EPR. Evidemment EDF a répondu avec enthousiasme à cette demande considérant même le projet comme une décision. Et même récemment de préciser le coût: 7,5 milliards par EPR , soit 45 milliards.  Du coup, le gouvernement fait semblant de remettre EDF à sa place en indiquant que la responsabilité de la politique énergétique n’est pas de la compétence d’EDF. Une fausse polémique évidemment car gouvernement et EDF sont d’accord sur la perspective de développement des EPR en France mais aussi pour l’exportation. Il suffit pour s’en persuader de relire les documents préparatoires au PPE (programmation énergétique). Les 6 réacteurs refont surface parce que c’est la vraie stratégie énergétique.

 

Théoriquement, on devrait supprimer 14 réacteurs anciens, or avec 6 réacteurs EPR nouveaux et Flamanville, le niveau de production nucléaire sera largement assuré et la part du nucléaire pourra demeurer entre 70 à 75% pour la production d’électricité. Notons par ailleurs que la perspective de réduction de la consommation d’électricité est une chimère, par ailleurs que sur les 14 réacteurs qui devraient être supprimés seul Fessenheim est pour l’instant concerné. . C’est donc une fausse querelle qui est engagée entre EDF et le gouvernement juste pour faire semblant de ne pas trop déplaire aux écolos. La question de la réduction du nucléaire peut cependant se poser avec l’hypothèse du développement de la filière hydrogène.

 

Interrogée sur Europe 1, Elisabeth Borne a fait semblant de contredire les  propos du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui assurait dernière dans une interview au Monde: “Il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires. EDF exploite les 58 réacteurs nucléaires français qui assurent 75% des besoins en électricité du pays. Ce n’est pas EDF ni son PDG qui fixent la politique énergétique du pays”, a déclaré Elisabeth Borne. “L’enjeu est de proposer une électricité décarbonée, à prix abordable, pour tous les Français. Il y a différents scénarios, avec des nouveaux réacteurs. C’est un scénario parmi d’autres”, a-t-elle ajouté. “On a également à l’étude des scénarios 100% énergie renouvelable.” Une hypothèse cependant fort peu vraisemblable.

 

Les objectif de la programmation (PPE) jusqu’en 2028 ;

 

« 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 »

 

Le texte introductif au PPE

Le danger immédiat qui guette notre civilisation, le réchauffement climatique, trouve sa cause dans la production de gaz à effet de serre dont environ 70% résulte de notre consommation d’énergies fossiles. C’est l’utilisation de charbon, de pétrole et de gaz qui rend la croissance non soutenable et c’est pour cela que les pays du monde se sont engagés à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l’accord de Paris. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) décrit la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de réduire les consommations d’énergie, en priorisant la baisse de consommation des énergies les plus carbonées, et de substituer aux énergies fossiles des énergies décarbonées. Ainsi, il va falloir mobiliser de nouvelles technologies dans le secteur des transports, comme le véhicule électrique, mais également des modifications de comportement : adopter des mobilités actives, faire du covoiturage et apporter des alternatives à l’usage individuel de la voiture lorsque cela est possible… La maîtrise des consommations d’énergie dans le bâtiment nécessite également de mobiliser des leviers technologiques et comportementaux. Dans l’industrie, la transition énergétique doit préserver la compétitivité tout en assurant la durabilité des activités sur le sol national. La production d’énergie va également changer : plus renouvelable et décentralisée, elle va se rapprocher des citoyens et être de plus en plus respectueuse de l’environnement. La part du nucléaire sera progressivement réduite pour diversifier nos sources de production d’électricité. La biomasse devra être produite de manière durable pour répondre aux besoins de l’ensemble des chaînes de valeur de la bioéconomie (alimentation, matériaux, énergie, etc.), et notamment utilisée de manière optimale pour produire des biocombustibles L’électricité renouvelable sera produite partout sur les territoires et pilotée par des réseaux intelligents. La réduction des consommations et l’évolution vers des énergies plus durables permettra d’améliorer la qualité de l’air et plus globalement de réduire les impacts du secteur de l’énergie sur l’environnement et la santé. Mais elle présente également un intérêt économique, en réduisant notre dépendance aux importations et donc aux cours mondiaux des énergies fossiles. Ces évolutions doivent naturellement être menées en continuant à garantir le niveau de sécurité d’approvisionnement qu’attendent les Français et à un coût collectif maitrisé, nécessaire à l’acceptabilité de cette transition énergétique par tous. Elles doivent donc être conduites avec prudence et progressivité en capitalisant sur les acquis. Ce vaste mouvement devra être accompagné au plan social, pour garantir qu’il profite à tous, y compris les ménages les plus modestes, souvent les plus impactés par la pollution de l’air et le coût de l’énergie. Il nécessitera également de préparer et d’accompagner les mutations professionnelles pour s’adapter aux nouveaux emplois, anticiper et accompagner la reconversion des entreprises et territoires impactés. La transition énergétique française s’inscrit dans un mouvement plus vaste qui est celui du développement du marché intérieur européen et de la transition énergétique européenne. Les pays européens se sont collectivement donné des objectifs ambitieux sur l’énergie et le climat que la PPE permettra d’atteindre. Par ailleurs, le renforcement des interconnexions et des échanges avec les pays voisins contribue à transformer et renforcer notre sécurité d’approvisionnement en électricité et en gaz. Sur certains sujets, comme les batteries, c’est la création d’une industrie européenne qui permettra à nos entreprises de peser à l’échelle mondiale. Plus globalement, le déploiement d’un vaste marché européen pour les solutions d’énergie décarbonée offre des perspectives accrues de baisse des coûts ainsi que de croissance et d’emploi dans tous les pays, dont la matérialisation devra notamment s’appuyer sur des efforts importants dans la R&D. Cette transition doit être réalisée sans rupture, en donnant une trajectoire claire, argumentée, allant irréversiblement dans le sens du respect de l’environnement et du climat tout en étant inclusive. Cette programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dessine le chemin que le gouvernement va emprunter au cours des 10 prochaines années, et au-delà pour certaines thématiques. 4 1. Programmation pluriannuelle de l’énergie : une dynamique d’action cohérente pour la transition énergétique La PPE fixe les priorités d’actions des pouvoirs publics dans le domaine de l’énergie afin d’atteindre les objectifs de politique énergétique définis par la loi. L’ensemble des piliers de la politique énergétique et l’ensemble des énergies sont traités dans une même stratégie : maîtrise de la demande en énergie, maîtrise des coûts des énergies, promotion des énergies renouvelables, garantie de sécurité d’approvisionnement et indépendance énergétique, etc. Cela permet de construire une vision cohérente et complète de la place des énergies et de leur évolution souhaitable dans la société française. La PPE est un outil opérationnel engageant pour les pouvoirs publics. Elle décrit les mesures qui permettront à la France de décarboner l’énergie afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Les 10 prochaines années permettront de prendre le virage qui rendra faisable cette ambition nécessaire. Le scénario énergétique de la PPE est le même que celui de la SNBC (stratégie nationale bas carbone) pour la période qu’elle couvre. La PPE en quelques chiffres Consommation finale d’énergie Baisse de 7% en 2023 et de 14% en 2028 par rapport à 2012 Consommation primaire des énergies fossiles Baisse de 20% de la consommation primaire d’énergies fossiles en 2023 et de 35% en 2028 par rapport à 2012 Émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie 277 MtCO2 en 2023 227 MtCO2 en 2028 Soit une réduction de 14% en 2023 et de 30% en 2028 par rapport à 2016 (322MtCO2) Consommation de chaleur renouvelable Consommation de 196 TWh en 2023 Entre 218 et 247 TWh en 2028 Soit une augmentation de 25% en 2023 et entre 40 et 60% en 2028 de la consommation de chaleur renouvelable de 2016 (155TWh) Production de gaz renouvelables Production de biogaz injecté à hauteur de 14 à 22TWh en 2028 sous l’hypothèse d’une forte baisse des coûts (35 à 55 fois la production de 2017) Capacités de production d’électricité renouvelables installées 74 GW en 2023, soit +50% par rapport à 2017 102 à 113 GW en 2028, doublement par rapport à 2017 Un projet élaboré de manière concertée La programmation pluriannuelle de l’énergie a été élaborée à partir de juin 2017 en associant de très nombreux acteurs : • Juin 2017 : préparation à l’élaboration de la révision de la PPE pour l’année 2018, en associant de nombreux acteurs (comité de suivi constitué du Conseil national de la transition écologique et du Conseil supérieur de l’énergie) ; • D’octobre 2017 à janvier 2018 : 24 ateliers de travail ont été organisés pour l’élaboration de la révision de la PPE ; • De mars à juin 2018 : un débat public a été organisé par la Commission nationale du Débat public. 5 Capacités de production d’électricité nucléaire 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 Emplois Création d’environ 246 000 emplois en 2023 par rapport au scénario tendanciel et de 413 000 emplois en 2028 Revenu disponible brut des ménages Hausse du pouvoir d’achat des ménages de 1,1 point en 2023, par rapport au scénario tendanciel et de 2,2 points en 2028 Afin de tenir compte des incertitudes et de garantir l’approvisionnement en énergie de la France.

 

Perspective négative des 62 000 milliards de dettes souveraines ( Moody’s)

Perspective négative des 62 000 milliards de dettes souveraines ( Moody’s)

 

À juste titre, l’institut de notation Moody’s s’inquiète de l’évolution de la dette publique. Une dette qui représente environ 62 000 milliards de  142 pays qui passent ainsi de l’évaluation stable à négative. L’inquiétude est surtout nourrie par la faiblesse de la croissance et ses perspectives pourraient ne pas fournir les moyens de remboursement de l’endettement. Il ne s’agit toutefois que d’une partie de la dette mondiale qui, elle, atteint désormais environ 300 000 milliards de dollars (près de 300 % du PIB mondial) . Une dette globale qui s’est  envolée depuis les années 50 et surtout les années 80. Les agences de notation auraient sans doute lieu d’être encore plus inquiet la dette du privé qui gonfle avec l’extrême faiblesse des taux qui maintient à flot nombre d’entreprises qui sinon feraient t faillite. D’une certaine manière, nombre d’entreprises ( et de pays) sont sous perfusion financière et les banques centrales n’ont d’autre solution que de pratiquer la fuite en avant en fournissant toujours davantage de liquidités monétaires. Pour parler clair, on fait tourner de plus en plus vite la machine à billets. Le problème c’est qu’un jour ou l’autre il faudra bien un vaste réajustement entre la richesse réelle et leur représentation monétaire. Un réajustement qui peut produire de manière brutale lors de l’éclatement d’une bulle qui contaminerait alors l’ensemble du système financier. Par exemple la bulle obligataire, la bulle immobilière ou encore la bulle du marché des actions. Pour l’instant des inquiétudes de l’agence Moody’s se focalise sur l’endettement public sans doute pour épargner des inquiétudes supplémentaires concernant l’économie.

 

Perspective Nucléaire-EPR : un faux recul du gouvernement ?

Perspective  Nucléaire-EPR : un  faux recul du gouvernement ?

 

 

Une vraie bataille de communication est engagée entre le gouvernement et EDF. En fait,  une fausse bataille qui vise surtout à ne pas prendre trop de front les écolos. Pour résumer l’affaire, le gouvernement a adressé une lettre à EDF pour étudier le projet de construction de 6 EPR. Evidemment EDF a répondu avec enthousiasme à cette demande considérant même le projet comme une décision. Et même récemment de préciser le coût: 7,5 milliards par EPR , soit 45 milliards.  Du coup, le gouvernement fait semblant de remettre EDF à sa place en indiquant que la responsabilité de la politique énergétique n’est pas de la compétence d’EDF. Une fausse polémique évidemment car gouvernement et EDF sont d’accord sur la perspective de développement des EPR en France mais aussi pour l’exportation. Il suffit pour s’en persuader de relire les documents préparatoires au PPE (programmation énergétique). Les 6 réacteurs refont surface parce que c’est la vraie stratégie énergétique.

 

Théoriquement, on devrait supprimer 14 réacteurs anciens, or avec 6 réacteurs EPR nouveaux et Flamanville, le niveau de production nucléaire sera largement assuré et la part du nucléaire pourra demeurer entre 70 à 75% pour la production d’électricité. Notons par ailleurs que la perspective de réduction de la consommation d’électricité est une chimère, par ailleurs que sur les 14 réacteurs qui devraient être supprimés seul Fessenheim est pour l’instant concerné. . C’est donc une fausse querelle qui est engagée entre EDF et le gouvernement juste pour faire semblant de ne pas trop déplaire aux écolos. La question de la réduction du nucléaire peut cependant se poser avec l’hypothèse du développement de la filière hydrogène.

 

Interrogée sur Europe 1, Elisabeth Borne a fait semblant de contredire les  propos du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui assurait dernière dans une interview au Monde: “Il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires. EDF exploite les 58 réacteurs nucléaires français qui assurent 75% des besoins en électricité du pays. Ce n’est pas EDF ni son PDG qui fixent la politique énergétique du pays”, a déclaré Elisabeth Borne. “L’enjeu est de proposer une électricité décarbonée, à prix abordable, pour tous les Français. Il y a différents scénarios, avec des nouveaux réacteurs. C’est un scénario parmi d’autres”, a-t-elle ajouté. “On a également à l’étude des scénarios 100% énergie renouvelable.” Une hypothèse cependant fort peu vraisemblable.

 

Les objectif de la programmation (PPE) jusqu’en 2028 ;

 

« 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 »

 

Le texte introductif au PPE

Le danger immédiat qui guette notre civilisation, le réchauffement climatique, trouve sa cause dans la production de gaz à effet de serre dont environ 70% résulte de notre consommation d’énergies fossiles. C’est l’utilisation de charbon, de pétrole et de gaz qui rend la croissance non soutenable et c’est pour cela que les pays du monde se sont engagés à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l’accord de Paris. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) décrit la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de réduire les consommations d’énergie, en priorisant la baisse de consommation des énergies les plus carbonées, et de substituer aux énergies fossiles des énergies décarbonées. Ainsi, il va falloir mobiliser de nouvelles technologies dans le secteur des transports, comme le véhicule électrique, mais également des modifications de comportement : adopter des mobilités actives, faire du covoiturage et apporter des alternatives à l’usage individuel de la voiture lorsque cela est possible… La maîtrise des consommations d’énergie dans le bâtiment nécessite également de mobiliser des leviers technologiques et comportementaux. Dans l’industrie, la transition énergétique doit préserver la compétitivité tout en assurant la durabilité des activités sur le sol national. La production d’énergie va également changer : plus renouvelable et décentralisée, elle va se rapprocher des citoyens et être de plus en plus respectueuse de l’environnement. La part du nucléaire sera progressivement réduite pour diversifier nos sources de production d’électricité. La biomasse devra être produite de manière durable pour répondre aux besoins de l’ensemble des chaînes de valeur de la bioéconomie (alimentation, matériaux, énergie, etc.), et notamment utilisée de manière optimale pour produire des biocombustibles L’électricité renouvelable sera produite partout sur les territoires et pilotée par des réseaux intelligents. La réduction des consommations et l’évolution vers des énergies plus durables permettra d’améliorer la qualité de l’air et plus globalement de réduire les impacts du secteur de l’énergie sur l’environnement et la santé. Mais elle présente également un intérêt économique, en réduisant notre dépendance aux importations et donc aux cours mondiaux des énergies fossiles. Ces évolutions doivent naturellement être menées en continuant à garantir le niveau de sécurité d’approvisionnement qu’attendent les Français et à un coût collectif maitrisé, nécessaire à l’acceptabilité de cette transition énergétique par tous. Elles doivent donc être conduites avec prudence et progressivité en capitalisant sur les acquis. Ce vaste mouvement devra être accompagné au plan social, pour garantir qu’il profite à tous, y compris les ménages les plus modestes, souvent les plus impactés par la pollution de l’air et le coût de l’énergie. Il nécessitera également de préparer et d’accompagner les mutations professionnelles pour s’adapter aux nouveaux emplois, anticiper et accompagner la reconversion des entreprises et territoires impactés. La transition énergétique française s’inscrit dans un mouvement plus vaste qui est celui du développement du marché intérieur européen et de la transition énergétique européenne. Les pays européens se sont collectivement donné des objectifs ambitieux sur l’énergie et le climat que la PPE permettra d’atteindre. Par ailleurs, le renforcement des interconnexions et des échanges avec les pays voisins contribue à transformer et renforcer notre sécurité d’approvisionnement en électricité et en gaz. Sur certains sujets, comme les batteries, c’est la création d’une industrie européenne qui permettra à nos entreprises de peser à l’échelle mondiale. Plus globalement, le déploiement d’un vaste marché européen pour les solutions d’énergie décarbonée offre des perspectives accrues de baisse des coûts ainsi que de croissance et d’emploi dans tous les pays, dont la matérialisation devra notamment s’appuyer sur des efforts importants dans la R&D. Cette transition doit être réalisée sans rupture, en donnant une trajectoire claire, argumentée, allant irréversiblement dans le sens du respect de l’environnement et du climat tout en étant inclusive. Cette programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dessine le chemin que le gouvernement va emprunter au cours des 10 prochaines années, et au-delà pour certaines thématiques. 4 1. Programmation pluriannuelle de l’énergie : une dynamique d’action cohérente pour la transition énergétique La PPE fixe les priorités d’actions des pouvoirs publics dans le domaine de l’énergie afin d’atteindre les objectifs de politique énergétique définis par la loi. L’ensemble des piliers de la politique énergétique et l’ensemble des énergies sont traités dans une même stratégie : maîtrise de la demande en énergie, maîtrise des coûts des énergies, promotion des énergies renouvelables, garantie de sécurité d’approvisionnement et indépendance énergétique, etc. Cela permet de construire une vision cohérente et complète de la place des énergies et de leur évolution souhaitable dans la société française. La PPE est un outil opérationnel engageant pour les pouvoirs publics. Elle décrit les mesures qui permettront à la France de décarboner l’énergie afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Les 10 prochaines années permettront de prendre le virage qui rendra faisable cette ambition nécessaire. Le scénario énergétique de la PPE est le même que celui de la SNBC (stratégie nationale bas carbone) pour la période qu’elle couvre. La PPE en quelques chiffres Consommation finale d’énergie Baisse de 7% en 2023 et de 14% en 2028 par rapport à 2012 Consommation primaire des énergies fossiles Baisse de 20% de la consommation primaire d’énergies fossiles en 2023 et de 35% en 2028 par rapport à 2012 Émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie 277 MtCO2 en 2023 227 MtCO2 en 2028 Soit une réduction de 14% en 2023 et de 30% en 2028 par rapport à 2016 (322MtCO2) Consommation de chaleur renouvelable Consommation de 196 TWh en 2023 Entre 218 et 247 TWh en 2028 Soit une augmentation de 25% en 2023 et entre 40 et 60% en 2028 de la consommation de chaleur renouvelable de 2016 (155TWh) Production de gaz renouvelables Production de biogaz injecté à hauteur de 14 à 22TWh en 2028 sous l’hypothèse d’une forte baisse des coûts (35 à 55 fois la production de 2017) Capacités de production d’électricité renouvelables installées 74 GW en 2023, soit +50% par rapport à 2017 102 à 113 GW en 2028, doublement par rapport à 2017 Un projet élaboré de manière concertée La programmation pluriannuelle de l’énergie a été élaborée à partir de juin 2017 en associant de très nombreux acteurs : • Juin 2017 : préparation à l’élaboration de la révision de la PPE pour l’année 2018, en associant de nombreux acteurs (comité de suivi constitué du Conseil national de la transition écologique et du Conseil supérieur de l’énergie) ; • D’octobre 2017 à janvier 2018 : 24 ateliers de travail ont été organisés pour l’élaboration de la révision de la PPE ; • De mars à juin 2018 : un débat public a été organisé par la Commission nationale du Débat public. 5 Capacités de production d’électricité nucléaire 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 Emplois Création d’environ 246 000 emplois en 2023 par rapport au scénario tendanciel et de 413 000 emplois en 2028 Revenu disponible brut des ménages Hausse du pouvoir d’achat des ménages de 1,1 point en 2023, par rapport au scénario tendanciel et de 2,2 points en 2028 Afin de tenir compte des incertitudes et de garantir l’approvisionnement en énergie de la France,

Croissance: perspective de récession mondiale

Croissance:  perspective de  récession mondiale

Nouriel Roubini, économiste, analyse dans les Echos les facteurs négatifs de la perspective de récession mondiale.

 

 

« Trois chocs d’offre négatifs risquent d’engendrer une récession mondiale d’ici 2020. Tous sont le reflet de facteurs politiques associés aux relations internationales, tous ont en leur coeur les Etats-Unis, et deux impliquent la Chine.

Le premier choc potentiel découle de la guerre commerciale et monétaire sino-américaine, qui s’est intensifiée lorsque l’administration du président américain, Donald Trump, a confirmé l’entrée en vigueur de nouveau tarifs douaniers à l’encontre des produits chinois, accusant par ailleurs ouvertement la Chine de  manipulation monétaire.

Le deuxième motif d’inquiétude réside dans une « guerre froide » montante entre les Etats-Unis et la Chine autour des technologies. Ces deux puissances s’affrontent pour la domination des industries du futur : intelligence artificielle (IA), robotique, 5G… Les Etats-Unis ont placé le géant chinois des télécommunications Huawei sur une « liste d’entités » qui rassemble des entreprises étrangères considérées comme représentant une menace pour la sécurité nationale.

 

Le troisième risque majeur concerne les approvisionnements pétroliers. Bien qu’une récession engendrée par une guerre commerciale, monétaire et technologique soit de nature à exercer un effet de dépression sur la demande en énergie ainsi qu’une baisse des prix, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran pourrait entraîner l’effet inverse. Si les tensions venaient à dégénérer en conflit militaire, les cours mondiaux du pétrole pourraient grimper en flèche et engendrer une récession, comme ce fut le cas lors des conflagrations précédentes au Moyen-Orient en 1973, 1979 et 1990.

Ces trois chocs potentiels entraîneraient tous un effet stagflationniste, en augmentant le prix des biens de consommation importés, des intrants intermédiaires, des composants technologiques ainsi que des énergies, tout en réduisant la production en raison de perturbation dans les chaînes logistiques mondiales.

Pire encore, le conflit sino-américain alimente d’ores et déjà un processus plus large de démondialisation, les Etats et les entreprises ne pouvant plus compter sur la stabilité à long terme de ces chaînes de valeur intégrées. Les échanges en matière de biens, services, capitaux, travail, informations, données et technologies devenant de plus en plus balkanisés, les coûts de production mondiaux augmenteront dans tous les secteurs.

Par ailleurs, guerre commerciale et monétaire, d’une part, et compétition technologique, de l’autre, sont vouées à s’amplifier mutuellement. Songez au cas de Huawei, actuellement leader mondial en équipement 5G. Cette technologie constituera bientôt la forme standard de connectivité pour les infrastructures civiles et militaires les plus importantes, sans parler des biens de consommation de base qui se trouvent connectés via l’Internet des objets.

La question est de savoir si les décideurs monétaires et budgétaires sont prêts à faire face à un choc d’offre négatif durable – voire permanent. Aux chocs stagflationnistes des années 1970, ils ont répondu par une politique monétaire resserrée. Aujourd’hui, en revanche, les principales banques centrales, telles que la Réserve fédérale américaine, appliquent un assouplissement de la politique monétaire, dans la mesure où l’inflation et les projections d’inflation demeurent faibles.

Au cours du temps, les chocs d’offre négatifs ont tendance à devenir des chocs de demande négatifs temporaires qui réduisent à la fois la croissance et l’inflation, via un effet de dépression sur la consommation et les dépenses en capital. Dans les conditions actuelles, les dépenses en capital des entreprises mondiales sont en forte dépression, en raison des incertitudes quant à la probabilité, la sévérité et la persistance des trois chocs potentiels.

De fait, les entreprises américaines, européennes et asiatiques ayant limité leurs dépenses en capital, les secteurs mondiaux technologique, manufacturier et industriel sont d’ores et déjà en récession. Seule raison pour laquelle ceci n’a pas encore tourné en effondrement mondial, la consommation privée demeure solide.

Ces chocs ne peuvent être inversés au moyen de politiques monétaires ou budgétaires. Bien qu’ils puissent être gérés à court terme, les tentatives de réponse permanente conduiraient en fin de compte à l’augmentation de l’inflation et des projections d’inflation, bien au-dessus des objectifs des banques centrales. Dans les années 1970, les banques centrales ont répondu à deux chocs pétroliers majeurs. En ont résulté une inflation et des prévisions d’inflation en hausse persistante, des déficits budgétaires insoutenables, et une accumulation de dette publique.

Il existe une différence importante entre la crise financière mondiale de 2008 et les chocs d’offre négatifs susceptibles de nous frapper bientôt. La première ayant résidé pour l’essentiel dans un important choc de demande globale négatif, qui a exercé un effet de dépression sur la croissance et l’inflation, il a été possible d’y répondre par une relance monétaire et budgétaire. Or, cette fois, le monde serait confronté à des chocs d’offre négatifs durables, qui exigeraient une forme de réponse politique très différente à moyen terme. Tenter de réparer les dégâts via une relance monétaire et budgétaire sans fin ne constitue pas une option judicieuse.

Nouriel Roubini, économiste, est président de Roubini Global Economics.

La perspective de récession mondiale

La perspective de  récession mondiale

Nouriel Roubini, économiste, analyse dans les Echos les facteurs négatifs de la perspective de récession mondiale.

 

 

« Trois chocs d’offre négatifs risquent d’engendrer une récession mondiale d’ici 2020. Tous sont le reflet de facteurs politiques associés aux relations internationales, tous ont en leur coeur les Etats-Unis, et deux impliquent la Chine.

Le premier choc potentiel découle de la guerre commerciale et monétaire sino-américaine, qui s’est intensifiée lorsque l’administration du président américain, Donald Trump, a confirmé l’entrée en vigueur de nouveau tarifs douaniers à l’encontre des produits chinois, accusant par ailleurs ouvertement la Chine de  manipulation monétaire.

Le deuxième motif d’inquiétude réside dans une « guerre froide » montante entre les Etats-Unis et la Chine autour des technologies. Ces deux puissances s’affrontent pour la domination des industries du futur : intelligence artificielle (IA), robotique, 5G… Les Etats-Unis ont placé le géant chinois des télécommunications Huawei sur une « liste d’entités » qui rassemble des entreprises étrangères considérées comme représentant une menace pour la sécurité nationale.

 

Le troisième risque majeur concerne les approvisionnements pétroliers. Bien qu’une récession engendrée par une guerre commerciale, monétaire et technologique soit de nature à exercer un effet de dépression sur la demande en énergie ainsi qu’une baisse des prix, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran pourrait entraîner l’effet inverse. Si les tensions venaient à dégénérer en conflit militaire, les cours mondiaux du pétrole pourraient grimper en flèche et engendrer une récession, comme ce fut le cas lors des conflagrations précédentes au Moyen-Orient en 1973, 1979 et 1990.

Ces trois chocs potentiels entraîneraient tous un effet stagflationniste, en augmentant le prix des biens de consommation importés, des intrants intermédiaires, des composants technologiques ainsi que des énergies, tout en réduisant la production en raison de perturbation dans les chaînes logistiques mondiales.

Pire encore, le conflit sino-américain alimente d’ores et déjà un processus plus large de démondialisation, les Etats et les entreprises ne pouvant plus compter sur la stabilité à long terme de ces chaînes de valeur intégrées. Les échanges en matière de biens, services, capitaux, travail, informations, données et technologies devenant de plus en plus balkanisés, les coûts de production mondiaux augmenteront dans tous les secteurs.

Par ailleurs, guerre commerciale et monétaire, d’une part, et compétition technologique, de l’autre, sont vouées à s’amplifier mutuellement. Songez au cas de Huawei, actuellement leader mondial en équipement 5G. Cette technologie constituera bientôt la forme standard de connectivité pour les infrastructures civiles et militaires les plus importantes, sans parler des biens de consommation de base qui se trouvent connectés via l’Internet des objets.

La question est de savoir si les décideurs monétaires et budgétaires sont prêts à faire face à un choc d’offre négatif durable – voire permanent. Aux chocs stagflationnistes des années 1970, ils ont répondu par une politique monétaire resserrée. Aujourd’hui, en revanche, les principales banques centrales, telles que la Réserve fédérale américaine, appliquent un assouplissement de la politique monétaire, dans la mesure où l’inflation et les projections d’inflation demeurent faibles.

Au cours du temps, les chocs d’offre négatifs ont tendance à devenir des chocs de demande négatifs temporaires qui réduisent à la fois la croissance et l’inflation, via un effet de dépression sur la consommation et les dépenses en capital. Dans les conditions actuelles, les dépenses en capital des entreprises mondiales sont en forte dépression, en raison des incertitudes quant à la probabilité, la sévérité et la persistance des trois chocs potentiels.

De fait, les entreprises américaines, européennes et asiatiques ayant limité leurs dépenses en capital, les secteurs mondiaux technologique, manufacturier et industriel sont d’ores et déjà en récession. Seule raison pour laquelle ceci n’a pas encore tourné en effondrement mondial, la consommation privée demeure solide.

Ces chocs ne peuvent être inversés au moyen de politiques monétaires ou budgétaires. Bien qu’ils puissent être gérés à court terme, les tentatives de réponse permanente conduiraient en fin de compte à l’augmentation de l’inflation et des projections d’inflation, bien au-dessus des objectifs des banques centrales. Dans les années 1970, les banques centrales ont répondu à deux chocs pétroliers majeurs. En ont résulté une inflation et des prévisions d’inflation en hausse persistante, des déficits budgétaires insoutenables, et une accumulation de dette publique.

Il existe une différence importante entre la crise financière mondiale de 2008 et les chocs d’offre négatifs susceptibles de nous frapper bientôt. La première ayant résidé pour l’essentiel dans un important choc de demande globale négatif, qui a exercé un effet de dépression sur la croissance et l’inflation, il a été possible d’y répondre par une relance monétaire et budgétaire. Or, cette fois, le monde serait confronté à des chocs d’offre négatifs durables, qui exigeraient une forme de réponse politique très différente à moyen terme. Tenter de réparer les dégâts via une relance monétaire et budgétaire sans fin ne constitue pas une option judicieuse.

Nouriel Roubini, économiste, est président de Roubini Global Economics.

Le déclinisme comme perspective de civilisation ?

Le déclinisme comme perspective de civilisation ?

La mouvance décliniste  se caractérise par des positions le plus souvent  réactionnaires et qui propose  notamment comme solution d’avenir le repli national sectaire et/ou  l’indifférence   à l’égard de ce qui se passe à l’extérieur de frontières  totalement grillagées. Ce mouvement décliniste  traverse à  peu près toutes les formations politiques ;  le FN bien sûr mais aussi une partie de la droite classique, tout autant que la gauche du PS, extrême-gauche comprise. Pour schématiser cette mouvance refuse l’ouverture au monde et propose d’ériger des murs infranchissables aux frontières de la France pour protéger les Français de tous les dangers et ainsi maintenir tous les « avantages acquis ».  Une sorte de futur orienté vers le passé,  sorte d’archaïsme politique qui propose un souverainisme obsolète afin d’exclure tout corps ou influence étrangère bref l’aspiration au paradis perdu. Une nostalgie du passé qu’entretiennent savamment quelques les intellos douteux à droite  comme Zemmour bien sûr, Finkielkraut, Buisson, Houellebecq mais aussi certains à gauche chez les frondeurs, surtout à l’extrême gauche comme Todd voire récemment Onfray. À gauche c’est surtout la condamnation du capitalisme et de l’impérialisme occidental qui conduit ses intellos à refuser  l’ouverture sur les autres, en tout cas à adopter une neutralité notamment  vis à vis notamment vis à vis des conflits inter nationaux. À droite, c’est le racisme et la peur du progrès  qui justifient  surtout le repli nationaliste. Malheureusement face à cette mouvance décliniste qui va triompher dans les urnes dans les prochaines années le mouvement progressiste peine à résister. La crise est en effet passée par là  et compte tenu des déficiences chroniques des Français en matière d’économie beaucoup tombent  dans le piège de l’isolationnisme. Il faut bien reconnaître que le mouvement progressiste tarde à faire émerger des leaders politiques crédibles et aussi   des intellos susceptibles d’éclairer les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et culturelles. Des dimensions aux interactions incontournables qui exigeraient un minimum de connaissances dans les différents domaines. Onfray par exemple qui parle de tout, sur tout et tout le temps déclare sans complexe qu’il  ne connaît rien à l’économie ce qui ne l’empêche pas de pérorer sur la nature de la crise globale  et sur les moyens d’en sortir. Bref une sorte  de cocktails de discours philosophique mélangé à des convictions gauchistes et à des propos de bistrot. Pas vraiment un discours   pertinent pour répondre  au simplisme mystificateur des déclinistes. La construction d’un discours cohérent n’est  cependant pas évidente  car il faut intégrer les mutations de nature systémique qui interviennent dans les champs socio-économiques, techniques, écologiques et sociétaux déjà  évoqués. Bref, comme Diogène, on cherche un homme, l’intellectuel généraliste  capable d’appréhender  la complexité de l’ensemble de ces champs. Il en existe sans doute mais pour  l’instant les lumières médiatiques préfèrent éclairer  les penseurs qui rêvent d’un avenir qui ressemble au passé.

 

Marchés : statu quo avec une perspective au plus tard

Marchés : statu quo avec une perspective au plus tard

Les opérateurs espéraient bien une annonce de la banque centrale américaine concernant une baisse des taux. Une baisse par ailleurs souhaité par le président américain. Certes la dynamique économique s’est un peu tassé aux États-Unis mais elle ne semble pas encore justifier d’opérations monétaires significatives comme la baisse des taux. Finalement la plus grande partie des acteurs s’attendent un statu quo mais espèrent  surtout une annonce pour le second semestre. Une annonce qui serait à éclairer  le paysage économique. Un paysage économique pour l’instant plutôt embrouillé d’une part par des négociations entre les États-Unis et la Chine qui ne progressent  guère et maintenant le risque de conflit avec l’Iran dont la première conséquence sera sans doute le renchérissement du pétrole un moment où précisément la croissance internationale se tasse. Les marchés auraient bien besoin de signes positifs. Pas sûr qu’ils obtiennent de la part de la banque centrale américaine, pas davantage que du côté du président des États-Unis déjà engagé dans une campagne électorale qui sera marquée par une nouvelle phase du discours protectionniste. La banque centrale américaine devrait certes prolonger le statu quo sur les taux mais les marchés attendent des précisions sur les perspectives économiques et surtout sur la possibilité d’une baisse prochaine de taux face aux tensions commerciales et aux signes de ralentissement économique.

“La Fed se trouve face à une situation très délicate”, estime Emmanuel Auboyneau, gérant associé d’Amplegest. “D’un côté la pression des marchés pour une baisse des taux directeurs est de plus en plus forte. (…) D’un autre côté les chiffres actuels de l’économie américaine ne justifient pas encore une baisse des taux courts. Aux Etats-Unis, l’indice “Empire State” d’activité manufacturière dans la région de New York a chuté à -8,6 en juin contre 17,8 en mai, avec une chute des entrées de commandes. L’indice NAHB de confiance des professionnels du secteur de l’immobilier a accusé un tassement inattendu en juin à 64.Le dollar est en légère baisse face à un panier de devises de référence après l’indice “Empire State” mais il reste proche du plus haut de deux semaines atteint en début de séance. L’euro remonte à 1,1228 dollar après être tombé à 1,1205; il était tombé vendredi à 1,1200 dollar pour la première fois depuis le 3 juin. La livre sterling, elle, a touché un plus bas de cinq mois et demi face au dollar comme face à l’euro, la perspective de voir l’ex-maire de Londres Boris Johnson succéder à Theresa May à la tête du gouvernement britannique ravivant la crainte d’un Brexit “dur”.

Note de la France: Fitch confirme la note « AA », la perspective stable

Note de la France: Fitch confirme la note « AA », la perspective stable

 

Pas de changemenet pour Fitch Ratings qui souligne cependant l’insuffisance des mesures prises pour le rééquilibrage des comptes publics. L’agence a donc confirmé vendredi la note souveraine “AA” de la France et la perspective stable qui lui est associée, mais observe que les finances publiques, quoique leur situation s’améliore peu à peu, restent un point faible au regard de la note de crédit actuelle. Fitch Ratings a confirmé vendredi la note souveraine « AA » de la France et la perspective stable qui lui est associée, mais observe que les finances publiques, quoique leur situation s’améliore peu à peu, restent un point faible au regard de la note de crédit actuelle.  L’agence de notation constate toutefois que la note s’appuie sur une économie solide, saine et diversifiée, sur des institutions qui ont fait leur preuves et enfin sur une stabilité macro-financière qui a elle aussi été éprouvée. La France jouit également de conditions de financement très avantageuses au sein de la zone euro et a accès à des marchés de capitaux très liquides et très actifs, en tant que l’une des grandes puissances économiques de la zone euro. Mais la dette publique reste très élevée, de 97% du PIB fin 2017, alors que la médiane en catégorie “AA” est de 38%, observe Fitch, et sa réduction prendra du temps, en raison notamment du transfert de la dette de la SNCF, qui atteindrait 35 milliards d’euros (1,6% du PIB) d’ici 2022.L’agence pense que la tendance à la décrue du chômage se poursuivra, malgré un coup d’arrêt ponctuel observé au premier trimestre avec un taux de chômage de 8,9%, et que ce dernier tombera à 8% d’ici 2020. “Toutefois, ce taux de chômage reste encore plus élevé que les médianes de 5,2% et 5,5% pour (les catégories de notes) ‘AA’ et ‘AAA’ respectivement”, écrit Fitch. L’agence voit enfin la croissance ralentir progressivement à 1,8% en 2019 et à 1,6% en 2020 après 2,0% en 2018.

Pétrole : fortes hausses en perspective

Pétrole : fortes hausses en  perspective

 

 

Les cours du pétrole s’envolaient mercredi en Asie après l’annonce par Donald Trump du retrait des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran et le rétablissement des sanctions contre Téhéran. Vers 5 heures GMT, le baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en juin, gagnait 1,56 dollar à 70,62 dollars dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en juillet, prenait 1,81 dollar à 76,66 dollars.

, certains analystes évoquant la possibilité d’un baril à 80 dollars. La hausse est alimentée également par la crise au Venezuela, l’accord Opep/Russie sur la limitation de la production, une demande mondiale qui a le vent en poupe et des données sur une baisse de la production américaine.

 

France: perspective positive (Moody’s)

France: perspective  positive (Moody’s)

A la différence d’autres agences de notation, Moody’s change son appréciation qualitative et  relève sa perspective de stable à positive, évoquant pour justifier sa décision le programme réformiste ambitieux et à grande échelle du gouvernement. Cependant la note « Aa2″ est reconduite. Un relèvement de la note n’est pas envisagé avant 2019 ou 2020. Ce programme de la France vise à améliorer la compétitivité de l’économie française ainsi que ses perspectives de croissance à moyen terme, explique l’agence de notation. Moody’s évoque aussi l’engagement du gouvernement envers la consolidation budgétaire, avec pour but de réduire les dépenses sur une base structurelle et d’engager une réduction progressive du ratio de la dette publique. “La confirmation de la note Aa2 recoupe les nombreux points forts en termes de qualité de la signature du pays souverain, en particulier sa base économique importante et saine et ses solides institutions, mais aussi les défis posés à cette signature que le programme réformiste du gouvernement entend relever, en particulier le lourd endettement de l’Etat”, explique l’agence de notation. “Même si le programme réformiste vient à l’appui d’un changement de la perspective sur le champ, Moody’s observe qu’il ne sera pas totalement mis en œuvre jusqu’à la fin de l’année prochaine et que les répercussions de ces réformes sur la croissance et sur les finances publiques ne seront pas sensibles pendant quelques temps”. Moody’s ajoute que la note serait vraisemblablement relevée si les réformes étaient totalement engagées ou presque totalement engagées dans le courant de 2018 et de 2019 et si elle jugeait que ces réformes sont de fait susceptibles de générer de vrais avantages en renforçant le potentiel de croissance et en retournant de façon durable la trajectoire de la dette.

 

La fonction publique : d’autres grèves en perspective

La fonction publique : d’autres grèves en perspective

Les manifs des fonctionnaires seront vraisemblablement très suivies. Du coup,  les syndicats envisagent déjà de donner une suite à cette première journée. Le gouvernement fait encore uen erreur vis-à-vis des fonctionnaires comme des cheminots. La question centrale est moins le statut que la question de la productivité. Et la responsabilité en incombe surtout à directions composées des grands corps de l’Etat pour la plupart complètement incompétents en matière de gestion.   “Nous sommes déterminés. Nous n’en resterons pas là le soir du 22. Nous avons d’ores et déjà prévu de nous retrouver le 27 mars prochain non seulement pour faire le bilan de cette journée (…) mais pour, en fonction des réponses du gouvernement, envisager des perspectives”, a déclaré la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, en conférence de presse. Les syndicats de fonctionnaires ont reçu la semaine dernière le document d’orientation du gouvernement qui guidera les concertations à venir sur la réforme de la fonction publique. Cette dernière prévoit un recours accru aux contractuels, la mise en place d’une rémunération au mérite, l’instauration d’un plan de départs volontaires, ainsi que la fusion de certaines instances représentatives du personnel, à l’instar du secteur privé. “Nous considérons (…) que nous sommes à un tournant pour la fonction publique avec des mesures structurantes qui (…) pourraient avec des conséquences très lourdes”, a ajouté Bernadette Groison, précisant que l’on se dirige vers une fonction publique “morcelée, repliée, externalisée”. Le secrétaire général de FO Fonctionnaires et agents publics, Christian Grolier, parle pour sa part de “l’attaque la plus forte qu’on a eu contre le statut général”.

 

Perspective d’un duel Le Pen-Mélenchon : la ruine du pays

Perspective d’un  duel Le Pen-Mélenchon : la ruine du pays

 

 

Deux programmes complètement délirants sur le plan économique celui de Marine Le pen  et celui de Mélenchon. Des candidats qui recueilleraient d’après les sondages 25 % pour lune  et 18 % pour l’autre. Si l’on ajoute le score de Benoît  Hamon dont le programme est également surréaliste (notamment son fameux revenu universel)  on constate qu’environ la moitié des Français serait prêt à voter pour des candidats qui conduiraient le pays vers la ruine (ajouter les scores de quelques gauchistes et candidats marginaux farfelus). En clair,  il y a sans doute en France aujourd’hui une majorité pour engager le pays dans la voie de l’irresponsabilité totale. Marine Le Pen  avec sa sortie de l’euro et son catalogue de promesses précipiterait le suicide économique. Cette sortie avec la dévaluation inévitable -reconnue par le FN- se traduirait par une baisse de pouvoir d’achat de 200 à 400 milliards pour les Français, aussi par une hausse d’environ  50 milliards pour le remboursement de la dette publique française (qui représente près de 100 % du PIB) et par une hausse encore supérieure pour les entreprises (dont l’endettement représente 250 % du PIB). Si l’on ajoute à cela les promesses fallacieuses relatives à la hausse des salaires, des pensions, des allocations en moins de six mois,  ce serait la ruine totale du pays. Mélenchon lui ne propose pas la sortie immédiate de l’euro mais il prévoit une hausse de 270 milliards d’euros des dépenses publiques et un coup de massue fiscal de 120 milliards. Jean-Luc Mélenchon qui a élaboré un programme inspiré des révolutionnaires sud-américains, notamment  le Vénézuélien Hugo Chavez -dont le pays est aujourd’hui en pleine décomposition économique- et  pour lequel le candidat de La France insoumise ne cache pas son admiration. Son projet se caractérise par une explosion des dépenses publiques, qu’il chiffre à 270 milliards d’euros, et une collectivisation massive de l’économie. Mélenchon prévoit également une hausse de 120 milliards d’euros d’impôts et la confiscation de tous les revenus supérieurs à 400.000 euros annuels. Toutes ces mesures, auxquelles s’ajoutent une sixième semaine de congés payés et le retour aux 35 heures pures et dures, porteraient un coup fatal à l’économie nationale. Les Français ont sans doute raison de critiquer le système politique et les responsables qui l’animent. Pour autant,  ils ont sans doute aussi une responsabilité pour accorder autant de suffrages à des responsables comme Le Pen et  Mélenchon qui conduiraient le pays vers la ruine économique et le désastre social.

Avenir: le déclinisme comme perspective de civilisation

 

 

Avenir: le déclinisme comme perspective de civilisation

La mouvance décliniste   se caractérise par des positions le plus souvent  réactionnaires et qui propose  notamment comme solution d’avenir le repli national sectaire et/ou  l’indifférence   à l’égard de ce qui se passe à l’extérieur de frontières  totalement grillagées. Ce mouvement décliniste  traverse à  peu près toutes les formations politiques ;  le FN bien sûr mais aussi une partie de la droite classique, tout autant que la gauche du PS, extrême-gauche comprise. Pour schématiser cette mouvance refuse l’ouverture au monde et propose d’ériger des murs infranchissables aux frontières de la France pour protéger les Français de tous les dangers et ainsi maintenir tous les « avantages acquis ».  Une sorte de futur orienté vers le passé,  sorte d’archaïsme politique qui propose un souverainisme obsolète afin d’exclure tout corps ou influence étrangère bref l’aspiration au paradis perdu. Une nostalgie du passé qu’entretiennent savamment quelques les intellos douteux à droite  comme Zemmour bien sûr, Finkielkraut, Buisson, Houellebecq mais aussi certains à gauche chez les frondeurs, surtout à l’extrême gauche comme Todd voire récemment Onfray. À gauche c’est surtout la condamnation du capitalisme et de l’impérialisme occidental qui conduit ses intellos à refuser  l’ouverture sur les autres, en tout cas à adopter une neutralité notamment  vis à vis notamment vis à vis des conflits inter nationaux. À droite, c’est le racisme et la peur du progrès  qui justifient  surtout le repli nationaliste. Malheureusement face à cette mouvance décliniste qui va triompher dans les urnes dans les prochaines années le mouvement progressiste peine à résister. La crise est en effet passée par là  et compte tenu des déficiences chroniques des Français en matière d’économie beaucoup tombent  dans le piège de l’isolationnisme. Il faut bien reconnaître que le mouvement progressiste tarde à faire émerger des leaders politiques crédibles et aussi   des intellos susceptibles d’éclairer les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et culturelles. Des dimensions aux interactions incontournables qui exigeraient un minimum de connaissances dans les différents domaines. Onfray par exemple qui parle de tout, sur tout et tout le temps déclare sans complexe qu’il  ne connaît rien à l’économie ce qui ne l’empêche pas de pérorer sur la nature de la crise globale  et sur les moyens d’en sortir. Bref une sorte  de cocktails de discours philosophique mélangé à des convictions gauchistes et à des propos de bistrot. Pas vraiment un discours   pertinent pour répondre  au simplisme mystificateur des déclinistes. La construction d’un discours cohérent n’est  cependant pas évidente  car il faut intégrer les mutations de nature systémique qui interviennent dans les champs socio-économiques, techniques, écologiques et sociétaux déjà  évoqués. Bref, comme Diogène, on cherche un homme, l’intellectuel généraliste  capable d’appréhender  la complexité de l’ensemble de ces champs. Il en existe sans doute mais pour  l’instant les lumières médiatiques préfèrent éclairer  les penseurs qui rêvent d’un avenir qui ressemble au passé.

Le déclinisme comme perspective de civilisation

Le déclinisme comme perspective de civilisation

La mouvance décliniste   se caractérise par des positions le plus souvent  réactionnaires et qui propose  notamment comme solution d’avenir le repli national sectaire et/ou  l’indifférence   à l’égard de ce qui se passe à l’extérieur de frontières  totalement grillagées. Ce mouvement décliniste  traverse à  peu près toutes les formations politiques ;  le FN bien sûr mais aussi une partie de la droite classique, tout autant que la gauche du PS, extrême-gauche comprise. Pour schématiser cette mouvance refuse l’ouverture au monde et propose d’ériger des murs infranchissables aux frontières de la France pour protéger les Français de tous les dangers et ainsi maintenir tous les « avantages acquis ».  Une sorte de futur orienté vers le passé,  sorte d’archaïsme politique qui propose un souverainisme obsolète afin d’exclure tout corps ou influence étrangère bref l’aspiration au paradis perdu. Une nostalgie du passé qu’entretiennent savamment quelques les intellos douteux à droite  comme Zemmour bien sûr, Finkielkraut, Buisson, Houellebecq mais aussi certains à gauche chez les frondeurs, surtout à l’extrême gauche comme Todd voire récemment Onfray. À gauche c’est surtout la condamnation du capitalisme et de l’impérialisme occidental qui conduit ses intellos à refuser  l’ouverture sur les autres, en tout cas à adopter une neutralité notamment  vis à vis notamment vis à vis des conflits inter nationaux. À droite, c’est le racisme et la peur du progrès  qui justifient  surtout le repli nationaliste. Malheureusement face à cette mouvance décliniste qui va triompher dans les urnes dans les prochaines années le mouvement progressiste peine à résister. La crise est en effet passée par là  et compte tenu des déficiences chroniques des Français en matière d’économie beaucoup tombent  dans le piège de l’isolationnisme. Il faut bien reconnaître que le mouvement progressiste tarde à faire émerger des leaders politiques crédibles et aussi   des intellos susceptibles d’éclairer les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et culturelles. Des dimensions aux interactions incontournables qui exigeraient un minimum de connaissances dans les différents domaines. Onfray par exemple qui parle de tout, sur tout et tout le temps déclare sans complexe qu’il  ne connaît rien à l’économie ce qui ne l’empêche pas de pérorer sur la nature de la crise globale  et sur les moyens d’en sortir. Bref une sorte  de cocktails de discours philosophique mélangé à des convictions gauchistes et à des propos de bistrot. Pas vraiment un discours   pertinent pour répondre  au simplisme mystificateur des déclinistes. La construction d’un discours cohérent n’est  cependant pas évidente  car il faut intégrer les mutations de nature systémique qui interviennent dans les champs socio-économiques, techniques, écologiques et sociétaux déjà  évoqués. Bref, comme Diogène, on cherche un homme, l’intellectuel généraliste  capable d’appréhender  la complexité de l’ensemble de ces champs. Il en existe sans doute mais pour  l’instant les lumières médiatiques préfèrent éclairer  les penseurs qui rêvent d’un avenir qui ressemble au passé.

La loi Travail : El Khomri se rebiffe dans la perspective du 49–3

La loi Travail : El Khomri se rebiffe dans la perspective du 49–3

 

 

 

Pas très contente la ministre du travail car l’utilisation prévisible du 49-3 va la priver du débat qui lui aurait permis d’émerger de l’anonymat d’un gouvernement où les trois quarts des ministres sont inconnus ;  le recours de l’arme de dissuasion parlementaire massive que constitue le 49-3 doit cependant beaucoup à la jeune ministre qui n’a guère montré jusque-là les qualités nécessaires pour mener le débat et la concertation, même si elle n’est pas la seule responsable. El Khomri condamne le refus de dialogue de certains mais elle n’a rien fait pour organiser la négociation avant la sortie surprise du texte. Du coup c’est en permanence  sur la défensive qu’elle a du faire des concessions afin de tenter de rééquilibrer les garanties respectives accordées aux entreprises et aux salariés. Avec le recours aux 49 3 la loi El Khomri  va se transformer en loi Valls ce que le premier ministre a d’ailleurs toujours souhaité (notamment pour enterrer Macron auquel il a retiré la responsabilité de mener le débat. « L’heure du choix a sonné » pour la loi Travail, écrit Myriam El Khomri dans une tribune publiée samedi dans Ouest France où elle dénonce les tenants d’une « logique de blocage ». La ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social y défend le texte controversé sur lequel le gouvernement n’est pas certain d’avoir la majorité lors du vote en première lecture, le 17 mai prochain. Vendredi sur Public Sénat, le Premier ministre, Manuel Valls, n’a pas écarté la possibilité de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter ce texte. »Qui peut sincèrement craindre une loi qui donne plus de place et de moyens aux syndicats ? Une loi qui améliore les capacités d’anticipation de nos entreprises ? Une loi qui renforce la protection sociale de nos concitoyens ? On peut toujours ignorer les enjeux actuels, utiliser les termes les plus outranciers, ou opter pour une logique de blocage qui est le contraire d’un dialogue sincère », écrit Myriam El Khomri dans Ouest France. « L’heure du choix a sonné ».

(Avec Reuters)

Crise agricole : l’agroécologie comme perspective (François Houllier, PDG de l’Inra)

Crise agricole : l’agroécologie comme perspective  (François Houllier, PDG de l’Inra , Institut national de la recherche agronomique).

 

L’agroécologie vise à “produire autrement”, d’une manière qui soit à la fois performante économiquement, environnementalement et socialement, en s’appuyant autant que possible sur les mécanismes naturels, concernant notamment la vie des sols. Le défi est de rompre avec certains excès des modes d’agriculture antérieurs tout en répondant aux besoins qui sont considérables, tant en quantité qu’en qualité. L’agriculture doit être en effet capable de produire plus de nourritures et de biomasses, parce qu’il y a à la fois plus de monde à nourrir et plus de débouchés à fournir (chimie, substituts au carbone). L’agroécologie ambitionne de produire mieux en utilisant moins d’intrants chimiques, moins d’antibiotiques pour l’élevage, moins d’engrais et de pesticides et plus de systèmes verts. L’agroécologie a aussi une dimension sociale, tant il est vrai que l’agriculture est un métier difficile où on ne compte pas son temps. Elle a pour objectif d’atteindre simultanément toutes ces formes de performance. La dimension écologique est primordiale en préconisant une agriculture plus proche de fonctionnement naturel.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, l’enjeu était d’assurer la sécurité alimentaire nationale avec comme mot d’ordre l’autosuffisance, et comme impératif d’accroître les rendements. Cette agriculture reposait sur un modèle familial organisé autour d’un chef d’exploitation, avec éventuellement deux frères formant un GAEC [Groupement agricole d’exploitation en commun], sur des surfaces autour d’une cinquantaine d’hectares, une taille n’ayant rien à voir avec le modèle d’élevage à l’échelle industrielle pratiqué en Australie ou en Amérique du Nord. Parallèlement, l’agriculture s’est intensifiée avec l’utilisation croissante d’intrants chimiques, de produits phytosanitaires, d’engrais et le recours à la génétique des plantes. C’est ainsi que le rendement du blé en France a été multiplié par cinq entre les années 50 et aujourd’hui. Une fois l’autosuffisance atteinte, l’objectif a été dans les années 70 et 80 une “agro-alimentation” visant la transformation des produits agricoles grâce à des industries agroalimentaires visant une valeur ajoutée. Un objectif couplé avec celui de l’exportation.

Puis petit à petit, dans le courant des années 90, les questions liées à l’environnement ont commencé à émerger, la politique agricole commune (PAC) commençant même à se verdir. C’est l’époque où des surfaces ont même été mises en jachère pour réguler les stocks et les excédents. Au début des années 2000, le thème du développement durable a surgi – un peu moins en France qu’ailleurs –, annonciateur du thème de l’agroécologie autour duquel s’opère aujourd’hui une sorte de cristallisation. Parallèlement, la crise alimentaire en 2008-2009, qui a été l’une des raisons des révolutions dans le monde arabe, a fait revenir brutalement sur le devant le thème de la sécurité alimentaire à l’échelle du monde à l’horizon 2025. Face à la demande étrangère – les pays d’Afrique du Nord vont être dépendants à 50 % des importations pour leur nourriture –, imaginer que l’agriculture française ne produirait que pour la France est tout simplement inconcevable. Cela relève aussi d’une forme de solidarité.

On doit comprendre la question de l’intensité de notre agriculture par rapport à nos besoins propres, mais aussi par rapport aux besoins du monde. Et si l’on peut imaginer préférable de relocaliser les activités agricoles au plus près des consommateurs, il y a néanmoins dans le monde des zones structurellement et durablement déficitaires, et d’autres structurellement et durablement excédentaires. Et il faut les faire se rencontrer. Tous les produits n’ont certes pas une vocation exportatrice, et il y a des produits dont on peut avoir besoin, y compris pour assurer une forme de souveraineté, par exemple sur les protéines. Le “produire autrement”, “plus et mieux” donne précisément les moyens de concilier tous les tenants de la problématique

La problématique des sols, support essentiel de l’agriculture, est cruciale. L’usage de produits de synthèse et la simplification des systèmes de culture ont amené à une perte de biodiversité des sols. La biodiversité n’a pas une vertu en soi, mais il se trouve qu’elle a aussi un intérêt pour la production dans le moyen et long terme. Or en matière de connaissance des sols, nous sommes en pleine révolution scientifique, à l’instar des progrès que l’on fait dans la connaissance des micro-organismes de notre tube digestif. L’utilisation intensive des sols fait perdre à ces derniers de la matière organique, se traduisant d’une part par une perte de fertilité, et d’autre part par des émissions croissantes de gaz à effet de serre, notamment de CO2. Or la question est désormais posée : les sols ne peuvent-ils pas être un lieu de stockage du carbone plutôt que d’émission ? Un enjeu décisif à l’heure de la COP 21 et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le deuxième enjeu est de continuer l’amélioration génétique pour pouvoir maintenir des rendements dans un contexte climatique qui évolue, voire pour les accroître dans les régions du monde où ils sont trop faibles. Il s’agit aussi d’obtenir des variétés plus efficaces ayant de bonnes propriétés, notamment des teneurs élevées en protéines pour le blé par exemple. Une révolution scientifique est en cours, notamment en génomie des plantes, permettant d’accélérer la création de nouvelles variétés sans faire appel nécessairement à des biotechnologies de rupture – qui ne sont pas acceptées par la société – mais en jouant de l’effet de levier biotechnologique. Troisième enjeu d’ordre sanitaire, la prophylaxie des maladies et des parasites émergents ou ré-émergents, avec un effort mis en particulier sur leur détection précoce grâce aux outils moléculaires. Réduire le recours aux produits phytopharmaceutiques et aux pesticides passe par le recours à plus de molécules naturelles et ce que l’on appelle la “lutte” biologique.

Ce que l’on observe sur le blé est instructif. Après des hausses de rendement spectaculaires, jusqu’a +20 % en rythme annuel, on observe depuis le milieu des années 90 une stagnation de ces rendements. Les progrès génétiques continuent, mais ces progrès sont pour moitié effacés par des événements liés au changement climatique et pour l’autre moitié par un changement de pratiques agricoles, comme par exemple la simplification des rotations des cultures. À force de faire du blé sans mettre par exemple des légumineuses capables de fixer l’azote de l’air, les sols se sont appauvris… Or le blé est un produit emblématique du “produire plus et mieux”. Comment fabriquer en quantité un blé ayant une teneur en protéines plus élevée tout en utilisant moins d’engrais ? La réponse tient en partie dans la rotation des cultures qui est une composante du “produire autrement”.

Cette idée de rotation est essentielle en agroécologie. En diversifiant les cultures, par exemple en alternant le blé avec des protéagineux, les besoins en engrais chimiques ou de synthèse diminuent, et les émissions de gaz à effet de serre reculent, ce qui est du point de vue environnemental bénéfique. Et du point de vue économique aussi. Mais encore faut-il trouver un débouché pour les protéagineux, que ce soit en alimentation animale ou humaine. Or les protéagineux ont eu tendance à diminuer dans les assolements parce que leur production n’a pas été assez soutenue, notamment par la PAC. Un contresens, alors qu’il faut au contraire les valoriser.

Les productions animales connaissent une situation particulière. La consommation est stable ou en décroissance en Europe, mais elle croît dans le monde. D’où inévitablement la question posée des débouchés, qui sont à l’exportation. Le secteur de l’élevage vit une crise conjoncturelle sur un fond de problèmes structurels de compétitivité. Dans ce contexte, quid des objectifs de type agroécologie ? 18 % des émissions de gaz à effet de serre viennent de l’agriculture, et principalement du monde animal. La prise de conscience de cette réalité est en train de s’opérer chez les éleveurs qui sont prêts à emboîter le pas, pour peu que l’on propose des solutions pour être plus économes en production de gaz.

Deuxième problématique : remettre plus d’herbes dans les élevages, sachant que les élevages adossés à des prairies ont de meilleurs bilans environnementaux, mais aussi économiques, car moins dépendants des variations de coût de l’alimentation animale. La bonne réponse en termes agroécologiques est de recoupler la culture ou la prairie avec l’élevage. La spécialisation dans le temps n’est pas une bonne pratique en termes de durabilité environnementale. Cette problématique du recouplage, que l’on appelle parfois le bouclage du cycle, relève de l’agroécologie.

 

(Interview dans le Nouvel Economiste)

Salaire des fonctionnaires : une augmentation dans la perspective de 2017

Salaire des fonctionnaires : une augmentation dans la perspective de 2017

Il est clair que la perspective ouverte par Marylise Lebranchu concernant l’évolution du point d’indice constitue un geste électoral dans la perspective de 2017. S’il est vrai que le point d’indice est bloqué depuis 2010 il ne reste pas moins que l’avancement lui n’a pas été bloqué. Le clin d’œil de Lebranchu en direction des fonctionnaires est tellement évident qu’elle a en plus rajouté  «  le fonctionnaire bashing, ça suffit »  En s’appuyant sur le rôle essentiel de ses fonctionnaires dans la tourmente actuelle comme si l’ensemble des fonctionnaires luttaient contre le terrorisme. Un curieux amalgame que ne nierait pas les syndicats les plus corpo du secteur. Interrogée sur LCP sur l’éventualité d’une augmentation du point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires des fonctionnaires, la ministre a d’abord rappelé que son gel depuis 2010 avait permis de « faire sept milliards et quelque d’économies ». Mme Lebranchu a aussi fait valoir que « l’ensemble des catégories » de fonctionnaires (A, B et C) « aura une augmentation » dans le cadre de l’accord PPCR sur la rémunération et les carrières des fonctionnaires, que le gouvernement a décidé en septembre d’appliquer malgré l’opposition des syndicats CGT, FO et Solidaires, majoritaires aux élections professionnelles.

 

Climat : Hollande confirme la perspective d’un accord a minima

Climat : Hollande confirme la perspective d’un accord a minima

 

François Hollande s’était sans doute uen peu avancé en faisant de la conférence internationale sur le  climat de la fin de l’année un de grands événements de son quinquennat, il  a rectifié le tir lundi en indiquant que cet accord n’ait pas garanti. Ce que déjà, Laurence Tubiana représentante spéciale du ministre des Affaires étrangères laissait entendre dans une interview au JDD début avril.

 

Ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique en vue de la conférence Paris Climat 2015 (COP21), Laurence Tubiana se dit « raisonnablement optimiste ». Un accord contre le dérèglement climatique devra être trouvé en décembre. Ce ne sera pas « suffisant », affirme-t-elle, mais un échec provoquerait « un très grand découragement ».

Elle est la représentante spéciale du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. C’est pourtant au ministère de l’Ecologie, boulevard Saint-Germain à Paris, que l’on retrouve Laurence Tubiana, en charge des négociations pour la conférence Paris Climat de décembre 2015. Faute de place, elle a emménagé ici avec son équipe, une quarantaine de collaborateurs. Cette femme de 64 ans est une spécialiste des questions climatiques et de gouvernance mondiale. Elle a notamment conseillé Lionel Jospin à Matignon, de 1998 à 2002. A moins de huit mois de l’ouverture de la « COP 21″, le 30 novembre, Laurence Tubiana tente de trouver des compromis, volet après volet, avec les délégations du monde entier afin de parvenir à temps à un texte commun. Après Genève mi-février, les négociateurs se retrouveront en juin à Bonn, en Allemagne, pour une nouvelle session de travail. Suivront deux autres, en août et octobre, avant Paris. Les « consultations informelles », elles, ne cessent jamais. « Elles sont très importantes pour s’entendre. C’est beaucoup plus simple ensuite quand on doit trouver un accord. Il n’y a plus qu’à rédiger », résume Tubiana. Ce n’est sans doute pas de trop pour que la conférence de Paris soit une réussite.

La France accueille en décembre la Cop21, qui doit entériner un accord global contre le dérèglement climatique. Faut-il être optimiste?
Il faut toujours être prudent, mais je suis raisonnablement optimiste. Pour une raison très importante : tous les pays souhaitent finir cette négociation. Ils pensent que c’est le moment. Ce ne sera sans doute pas un accord qui pourra tout résoudre, mais il y a suffisamment de réflexion et de préparation dans chaque pays pour que nous y parvenions.

Les leçons de l’échec de Copenhague, en 2009, ont-elles été tirées?
A cette époque, beaucoup de pays – notamment les émergents comme l’Inde, la Chine ou le Brésil – disaient que c’était trop tôt, qu’ils ne pourraient y arriver. Ils affirmaient encore : « C’est le problème des pays développés, on agira après eux. » Ces dernières années, le climat est devenu un sujet de politique nationale. Des politiques se sont développées – concernant l’énergie, l’urbanisme, les transports ou la déforestation – et des outils ont été créés. Or s’il n’y a pas de décision nationale, on peut dire ce qu’on veut au niveau international, mais il ne se passera rien.

L’objectif final est de contenir le réchauffement climatique à deux degrés d’ici à la fin du siècle. Est-ce que ces contributions actuellement sur la table sont suffisantes?
Non, on le sait déjà, c’est pour cela qui faudra tenter de les réévaluer. Mais on peut déjà faire en sorte que les contributions nationales soient les meilleures possibles. Il faut aussi considérer que ce seront des « minimums » et que les pays pourront faire davantage. Quand ils se donnent des objectifs aussi lointains dans le temps, c’est avec beaucoup d’incertitudes : on ne sait pas comment va évoluer le prix des énergies renouvelables, par exemple. Typiquement, en 2010, les Européens avaient dit qu’ils atteindraient – 20% d’émissions en 2020, et finalement ce sera plutôt autour de – 27%.

«L’idée, c’est qu’il ne reste que quelques arbitrages à Paris. »

La solution passe-t-elle forcément par un accord à la carte, chaque pays fixant ses propres objectifs?
C’est plus compliqué que cela. Il y a la volonté d’atteindre un objectif commun. Il nous reste un budget d’émissions de gaz à effet de serre, d’aujourd’hui jusqu’à la fin du siècle. L’atmosphère peut en absorber une certaine quantité. Au-delà, cela sature et il y a réchauffement. Ce budget carbone, c’est notre capacité à neutraliser ce réchauffement. Idéalement, on pourrait dire : « Voilà ce qu’il reste, et puis on distribue. » Mais c’est extrêmement difficile, on n’arrive pas à avoir une distribution juste entre tous les pays. Donc oui, chaque pays dit ce qu’il peut faire, mais ce n’est pas un accord à la carte, il est aussi contraignant : il faudra revoir et améliorer ces contributions.

C’est compter beaucoup sur la bonne foi de tous les pays…
On ne peut pas faire autrement. Dès que l’on dépasse la sphère nationale, on voit bien que les sanctions, même dans un ensemble de droits comme l’Union européenne, sont difficiles à imposer à un pays souverain. On ne peut donc compter que sur l’engagement et la bonne volonté de chacun. Il n’y a évidemment pas de sanctions militaires ; les sanctions commerciales sont complexes même si elles peuvent être perfectibles. Pourquoi est-ce que je fais cette hypothèse que tous les pays veulent un accord? Parce que tout le monde ressent l’impact du changement climatique et sait qu’il faut agir. Et parce que les pays ne peuvent pas le faire seuls.

Saura-t-on dès l’ouverture de la conférence de Paris, le 30 novembre, si un accord sera conclu?
C’est ce que l’on souhaite, mais je ne sais pas si on va y arriver. L’idée, c’est qu’il ne reste que quelques arbitrages à Paris. Cet accord, c’est un équilibre politique, c’est un paquet. D’ici fin octobre, nous en aurons les grandes lignes du paquet. On construit, brique par brique. Les pays voient ce qu’ils peuvent ajouter, en fonction aussi des concessions qu’ils auront faites sur d’autres sujets. C’est la responsabilité de la France d’aider à poser ces briques. Il faut qu’on fasse preuve de leadership, qu’on guide ces négociations tout en respectant les points de vue. C’est ce que je fais actuellement. Après, il y aura sûrement de la négociation jusqu’à la fin. Certains voudront peut-être attendre jusqu’à la dernière minute pour voir s’ils peuvent obtenir quelque chose… Personne ne veut qu’ils viennent négocier, comme à Copenhague. Ceux qui vont négocier in fine, ce sont les ministres et leur délégation. Les chefs d’Etat peuvent éventuellement se mobiliser très en amont, ou venir célébrer un accord. Mais il n’y aura pas de réunions entre eux, comme on peut le voir lors d’un G8. Quand les chefs d’Etat négocient, ce sont des déclarations politiques, des communiqués. Là, c’est un texte de droit international avec des règles, des procédures. Comme un traité, même si on ne connaît pas précisément la forme juridique qu’il prendra.

Que se passera-t-il si vous ne parvenez pas à un accord à Paris?
Il n’y aura pas d’effondrement, mais un très grand découragement. Tout le monde en a marre de négocier. Si les pays n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur un texte, c’est la responsabilité de la présidence, et donc de la France, d’en proposer un autre. On pourrait essayer de recommencer l’année prochaine, mais la communauté internationale s’était donnée cette date (celle de Paris, Ndlr) pour y arriver. D’ici là, il ne se passera rien de particulier, car tous les pays ont pris des engagements jusqu’en 2020 (l’accord de Paris devra entrer en vigueur en 2020, Ndlr).

Est-ce que, s’il le faut, vous essaierez de trouver un accord a minima?
Je ne travaille pas avec cette hypothèse. Il ne faut pas être obsédé par le résultat d’avoir un accord à n’importe quel prix, mais par le fait d’avoir un accord qui va faire quelque chose. Il ne faut pas penser accord a minima, il faut mettre les pays sous pression et garder cette tension jusqu’à la dernière minute.

Cela n’arrangeait-il pas tout le monde que la France soit candidate, pour ne pas avoir à porter cette responsabilité?
Oui. C’est une grande prise de risque, c’est sûr. Les présidences tournent et c’était au tour de l’Europe. Personne n’avait envie. Copenhague a coûté très cher au gouvernement danois. En réputation notamment, puisque six ans après, on parle encore de l’échec de Copenhague.

«Beaucoup de ministres veulent être sur la photo, le Président veut être sur la photo. Mais pour y être, il faut réussir. »

A l’inverse, une Cop21 réussie pourrait aussi redorer l’image de François Hollande…
L’image de la France c’est bien, mais ce n’est pas le sujet. Après peut-être que chacun peut en tirer quelque chose. C’est normal, tout le monde veut être sur la photo. Il y a une petite blague qui circule que je peux vous confier. Parallèlement à cette négociation climat, il y en a une sur les questions de biodiversité. Or, on dit que la négociation sur la biodiversité est une négociation sur les écosystèmes, et que celle sur le climat est une négociation sur les « égo-systèmes ». Tout le monde veut être le sauveur de la planète.

Y compris la France…
Oui, beaucoup de ministres veulent être sur la photo, le Président veut être sur la photo. Mais pour y être, il faut réussir. Sinon, on est sur une très mauvaise photo! Les Danois, c’était pareil. Ils voulaient que tous les chefs d’Etat soient sur la photo, et ils se sont plantés.

Vous vous intéressez aux questions environnementales depuis longtemps. Est-ce un aboutissement pour vous de mener ces négociations?
Oui. J’ai très souvent été au cœur des négociations, mais là c’est le cœur du cœur. A Copenhague, on représentait la France, un pays parmi d’autres. Donc c’est vrai que c’est un point d’aboutissement, et j’espère que ça va marcher. En général, les gens me connaissent plus à l’international qu’en France, car je me suis très rarement occupée de questions nationales. Même dans le cabinet de Lionel Jospin (de 1997 à 2002, Ndlr), je travaillais essentiellement sur les sujets internationaux.

Vous êtes une femme de gauche?
Ma famille politique est à gauche. Elle a pu être à l’extrême gauche il y a longtemps, plutôt au Parti socialiste maintenant. Mais je ne me suis jamais présentée à une élection, sauf dernière de liste à une élection municipale! Je fais de la politique au sens collectif. Cette question d’internationalisme, cette façon de ne pas penser qu’à son pays, est pour moi un ‘driver’ très fort, et il est plutôt de gauche. C’est un idéal pour moi.

 

 

Note de la France : maintenue mais perspective négative (S&P)

Note de la France : maintenue mais perspective négative (S&P)

Note maintenue mais perspective négative du fait notamment du dérapage que prévoit S&P  pour le  déficit jusqu’en 2017. Standard and Poor’s a confirmé vendredi la note souveraine de la France à long terme à AA mais a révisé sa perspective de stable à négative. L’agence de notation avait dégradé la note française pour la dernière fois en novembre 2013, de AA+ à AA, en lui associant une perspective stable, et avait confirmé la note et la perspective en avril dernier. Le ministre des Finances, Michel Sapin, prend acte de la décision de S&P et « réaffirme la qualité de la signature de l’Etat français », lit-on dans un communiqué du ministère.  La révision de la perspective s’explique par le fait que la solidité de la reprise de l’économie française n’est pas garantie et que les finances publiques pourraient se détériorer au-delà de 2014, explique S&P dans un communiqué. La note de la France demeure soutenue par le haut revenu par tête, la productivité et la diversification de l’économie française ainsi que par la stabilité de son secteur financier, poursuit l’agence. S&P révise par ailleurs sa prévision de déficit public pour la France à 4,1% du produit intérieur brut (PIB) en moyenne sur la période 2014-2017, contre 3,2% précédemment.  L’agence prévoit pour l’économie française une croissance de 0,5% de PIB en 2014, 1,1% en 2015 et 1,5% en 2016-2017.




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