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Fusion nucléaire : perspective pour l’énergie

Fusion nucléaire : perspective pour l’énergie 

. Par Greg De Temmerman, Mines ParisTech (*)

Un laboratoire américain vient d’annoncer de nouveaux résultats en fusion nucléaire « inertielle », avec une production d’énergie de 1,3 mégajoule. Que représente cette avancée pour la fusion, cette « éternelle » énergie du futur ?

Entre le mégaprojet ITER, dont la construction avance mais qui a connu des débuts difficiles, les projets lancés par différents pays, les initiatives privées qui se multiplient et qui annoncent des réacteurs de fusion d’ici 10 ou 15 ans, et les résultats obtenus par le Lawrence Livermore National Laboratory le 8 août 2021, il est difficile d’y voir clair. Voici un petit tour d’horizon pour mettre tout ceci en perspective.

Confinement magnétique ou inertiel : deux voies possibles pour la fusion nucléaire

Il existe deux façons d’utiliser l’énergie nucléaire : la fission qui est à l’œuvre dans les centrales nucléaires actuelles, et la fusion.

La réaction de fusion entre le deutérium et le tritium, deux isotopes de l’hydrogène, produit un neutron et un atome d’hélium. Alors que dans la fission, des atomes lourds d’uranium sont cassés en plus petits atomes pour libérer de l’énergie, la fusion nucléaire est le processus opposé : on transforme des atomes légers en des atomes plus lourds pour libérer de l’énergie. Gregory de Temmerman, Fourni par l’auteur

Un réacteur de fusion est un amplificateur de puissance : la réaction de fusion doit produire plus d’énergie qu’il n’en faut pour chauffer le plasma à la température requise et le confiner. Le record actuel a été obtenu en 1997 par le « Joint European Torus » ou JET au Royaume-Uni, où une puissance de 16 mégawatts a été générée par la fusion magnétique, mais il a fallu 23 mégawatts pour la déclencher.

Obtenir enfin un gain supérieur à 1 et démontrer la faisabilité de la production d’énergie par la fusion est un objectif majeur de différents projets en cours.

Il y a deux voies possibles pour réaliser la fusion nucléaire : le confinement magnétique qui utilise des aimants puissants pour confiner le plasma pendant des durées très longues, et le confinement inertiel qui utilise des lasers très puissants mais très brefs pour comprimer le combustible et le faire réagir. Historiquement, la fusion magnétique a été privilégiée, car la technologie nécessaire pour la fusion inertielle (lasers notamment) n’était pas disponible. Cette dernière nécessite également des gains bien plus élevés pour compenser l’énergie consommée par les lasers.

Les deux plus gros projets sont le National Ignition Facility du Lawrence Livermore National Laboratory (NIF) aux USA et le Laser MégaJoule en France, dont les applications sont principalement militaires (simulations d’explosion nucléaires) et financées par les programmes de défense. Le NIF poursuit également des recherches pour l’énergie.

Le NIF utilise 192 faisceaux laser, d’une énergie totale de 1,9 mégajoule et d’une durée de quelques nanosecondes, pour déclencher la réaction de fusion selon une approche dite « indirecte ». En effet, le combustible est placé à l’intérieur d’une capsule métallique de quelques millimètres, qui, chauffée par les lasers, qui émet des rayons X. Ceux-ci chauffent et compriment le combustible. L’alignement des lasers est plus aisé que si ceux-ci visaient directement la cible, mais seule une partie de leur énergie est convertie en rayons X et sert au chauffage.

Le NIF a récemment fait l’objet d’une forte attention médiatique après un record de production d’énergie obtenu le 8 août 2021. Durant cette expérience, une énergie de 1,3 mégajoule a été produite, la valeur la plus élevée jamais enregistrée par cette approche.

Le gain global de 0,7 égale le record obtenu par JET en 1997 par confinement magnétique, mais si on s’intéresse au bilan énergétique du combustible lui-même (cible d’hydrogène), on comprend l’excitation dans le domaine. Celui-ci a en effet absorbé 0,25 mégajoule (la conversion laser-rayons X entraîne des pertes) et généré 1,3 mégajoule : la fusion a donc généré une bonne partie de la chaleur nécessaire à la réaction, s’approchant de l’ignition. Un réacteur devra atteindre des gains bien plus élevés (supérieurs à 100) pour être économiquement intéressant.

Le confinement magnétique est la voie privilégiée pour l’énergie, car il offre de meilleures perspectives de développement et bénéficie d’un retour d’expérience plus important.

La grande majorité des recherches se concentre sur le tokamak, une configuration inventée en URSS dans les années 1960 où le plasma est confiné sous la forme d’un tore par un champ magnétique puissant. C’est la configuration choisie par ITER, réacteur de démonstration en construction à Cadarache dans le sud de la France, dont l’objectif est de démontrer un gain de 10 – le plasma sera chauffé par 50 mégawatts de puissance et doit générer 500 mégawatts de puissance fusion. Si ce projet titanesque impliquant 35 nations a connu des débuts difficiles, la construction avance à rythme soutenu et le premier plasma est attendu officiellement pour fin 2025, avec une démonstration de la fusion prévue vers la fin des années 2030.

Le Royaume-Uni a récemment lancé le projet STEP (Spherical Tokamak for Electricity Production) qui vise à développer un réacteur connecté au réseau dans les années 2040. La Chine poursuit avec CFETR un ambitieux programme visant à démontrer la production électrique et de tritium dans les années 2040. Enfin, l’Europe prévoit après ITER un démonstrateur tokamak (DEMO) pour les années 2050, ce qui implique un déploiement seulement dans la deuxième partie du siècle.

Une autre configuration – le stellarator – est explorée notamment en Allemagne avec Wendelstein-7X qui démontre de très bons résultats. Si le confinement dans un stellarator est en deçà de ce qu’un tokamak peut atteindre, sa stabilité intrinsèque et les résultats récents en font une alternative sérieuse.

 

Les initiatives privées

En parallèle de ces projets publics, on entend de plus en plus parler d’initiatives privées, parfois soutenues par des grands noms comme Jeff Bezos ou Bill Gates. L’entreprise la plus ancienne (TAE) a été fondée en 1998 mais une accélération s’est produite après 2010 et on compte en 2021 environ une trentaine d’initiatives ayant attiré environ 2 milliards de dollars de capitaux au total. La majorité de ces initiatives promettent un réacteur dans les 10 ou 20 prochaines années et se posent comme une alternative à la lenteur de la filière classique.

Illustration du déploiement de la fusion nucléaire selon deux scénarios, plus ou moins rapides. Fourni par l’auteur

Elles utilisent les développements technologiques récents (aimants supraconducteurs à haute température par ex), ou diverses configurations dont certaines n’avaient jamais été vraiment explorées : General Fusion utilise par exemple des pistons pour compresser le combustible. Si les résultats ne sont pas toujours publiés dans la littérature scientifique, on voit régulièrement des annonces démontrant des progrès réels. Si l’une de ces entreprises venait à démontrer la production d’énergie dans les délais promis, cela pourrait fortement accélérer les possibilités d’utiliser la fusion nucléaire.

Il faut cependant garder en tête que le développement d’un premier réacteur est certes extrêmement important, mais que le déploiement d’une flotte de réacteur prendra du temps. Si on regarde les taux de déploiement du photovoltaïque, de l’éolien, et du nucléaire, on constate que dans leur phase de croissance exponentielle le taux de croissance de la puissance installée était entre 20 et 35 % par an. Si on suppose que la fusion parvient à suivre le même rythme, on voit que la fusion, en suivant la ligne ITER-DEMO, pourrait représenter 1 % de la demande énergétique mondiale (valeur 2019) vers 2090. Si on considère un réacteur dans les années 2030, ce seuil pourrait être atteint vers 2060 et la fusion pourrait jouer un rôle plus important dans la deuxième partie du siècle. La fusion reste donc une aventure au long cours.

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(*) Par Greg De Temmerman, Chercheur associé à Mines ParisTech-PSL. Directeur général de Zenon Research, Mines ParisTech.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Intelligence artificielle et épidémiologie : Une perspective pour la santé publique

 

Deux équipes projets du centre Inria Bordeaux Sud-Ouest ont mis au point un modèle permettant de prédire les conséquences des décisions en matière de santé publique face à une situation pandémique. (Crédits : Inria Bordeaux Sud-Ouest)

LA TRIBUNE – Comment avez-vous mis au point cette plateforme EpidemiOptim ?

MELANIE PRAGUE, chargée de recherche Inria au sein de l’équipe Sistm (1) - La première étape c’est une bonne estimation sur les données de la dynamique de l’épidémie. On a besoin d’un modèle à compartiments SEIR étendu (susceptible-exposé-infectieux-remis) pour la Covid-19. Nous avons d’abord intégré les paramètres de diffusion du virus grâce aux données d’hospitalisations en France, à partir de la base Si-vic (système d’information pour le suivi des victimes d’attentats et de situations sanitaires exceptionnelles). A partir de là, on cherche à reconstruire le modèle qui a abouti à ces données en estimant notamment quel est l’effet du confinement et des différentes stratégies d’intervention non-pharmaceutiques. Cela nous donne un modèle de travail qui nous permet ensuite de simuler toutes les trajectoires que l’on souhaite : que ce serait-il passé s’il n’y avait eu aucun confinement, des confinements plus longs ou tous les deux jours, toutes les deux semaines, etc. L’idée de ce modèle développé par l’équipe Sistm est d’évaluer et de prédire l’efficacité potentielle de tous ces scénarios possibles. S’y ajoute une dimension d’apprentissage par renforcement pour améliorer ces prédictions et tenter d’identifier la stratégie optimale par rapport aux objectifs définis. C’est le travail de l’équipe Flowers.

CLÉMENT MOULIN-FRIER, chargé de recherche Inria au sein de l’équipe Flowers (2) - Cette problématique d’apprentissage par renforcement revient à considérer un agent qui peut agir et percevoir dans un environnement précis. Par exemple, on observe comment un robot réagit en fonction des règles du jeu de Go : à chaque instant ce robot peut émettre une action, mesurer son effet sur l’environnement et recevoir ou pas une récompense. Pour le jeu de Go, l’enjeu est finalement relativement simple : si la partie est gagnée, il y a une récompense, si elle est perdue, il n’y en a pas. Mais le but de l’apprentissage par renforcement est, à partir de l’interaction entre l’agent et l’environnement, de savoir comment cet agent peut apprendre une stratégie d’actions cumulées de façon à obtenir une récompense sur le long terme. C’est cette notion de long terme qui est fondamentale parce qu’à force d’entraînement elle peut amener l’agent à prendre des décisions qui ne génèreront pas de récompense à court terme mais de façon à obtenir une meilleure récompense à long terme.


Comment est-ce que cette logique d’apprentissage se transpose dans votre modèle épidémiologique ?

MP - Nous avons pris un modèle à compartiments qui modélise des effets moyens dans une population donnée en fonction des paramètres de transmission du virus et nous avons fixé deux règles du jeu : réduire autant que possible le nombre de morts, d’une part, et la perte de PIB, qui traduit l’impact économique. Ces deux couts sont représentés par des fonctions des paramètres et des compartiments du modèle épidémiologique. L’objectif fixé au robot est en quelque sorte d’arriver à minimiser simultanément ces deux paramètres sur le long terme.

CMF - Cela implique beaucoup de variables telles que le nombre de personnes infectées ou hospitalisées, le taux de propagation, etc. Le modèle observe ces variables et émet une action - est-ce qu’on confine ou pas la semaine prochaine – qui va changer l’environnement puis, une semaine plus tard, le modèle va émettre à nouveau une action en fonction de l’évolution de ces variables et ainsi de suite. Le but de l’apprentissage par renforcement est, au fur et à mesure, d’affiner cette stratégie de façon à minimiser les deux coûts sanitaires et économiques, y compris en prenant des décisions qui peuvent paraître étonnantes à court terme mais qui sont pertinentes à long terme. D’où la complexité du système.

MF - Parallèlement à cela, on affine au fil du temps les données entrantes des paramètres épidémiologiques pour limiter les incertitudes parce que, depuis un an, on a beaucoup appris sur la diffusion du Covid-19.

Comment fonctionne concrètement ce renforcement ?

CMF - L’algorithme par renforcement a accès à ces données épidémiologiques et commence par essayer des actions aléatoires chaque semaine et regarde le résultat et la récompense associée. L’idée est de réitérer cela plusieurs fois, des milliers de fois, et en fonction de tous ces résultats, l’algorithme sera capable d’améliorer ses stratégies de façon à obtenir une meilleure récompense. L’enjeu étant, in fine, d’identifier la solution optimale. Sachant que chaque simulation ne prend que quelques secondes.

 

Dans quelle mesure cette plateforme permet-elle d’améliorer la prise de décision dans la vraie vie ?

MP - La vocation principale de la plateforme est de fournir un outil d’aide à la décision en matière de santé publique. Il comporte trois aspects : le modèle épidémiologique, le modèle d’apprentissage et les règles et objectif à définir. Dans la réalité, c’est ce 3e aspect qui intéresse les décideurs : faut-il plutôt préserver les vies humaines ou les coûts économiques ? Avec des choix très différents en fonction des pays. De notre côté, nous avons conçu le modèle pour qu’il soit le plus modulable possible et que chacun puisse fixer ses propres objectifs pour effectuer des simulations épidémiologiques en fonction de ces objectifs-là. Mais, aujourd’hui, ce modèle n’a pas été utilisé en conditions réelles par des décideurs politiques. Nous n’en sommes pas encore là ! L’objectif est d’abord de faciliter les collaborations entre les chercheurs en épidémiologie (modèles), les décideurs politiques (fonctions de coût, état des actions) et les spécialistes de l’optimisation (algorithme d’apprentissage).

CMF - Après avoir fait ce travail de modélisation transdisciplinaire, on constate très clairement que le problème est par nature multi-objectifs. C’est-à-dire qu’il y a plusieurs coûts que l’on va chercher à optimiser et qu’ils sont, en général, contradictoires : si on minimise le coût sanitaire, on augmenter le coût économique et vice-versa. Et si on ajoute à ça, par exemple, des coûts sociaux ou psychologiques, ç’est encore plus complexe ! Donc, au final, si on ne poursuit qu’un seul de ces objectifs, la stratégie est relativement simple. Mais si on cherche à combiner plusieurs objectifs, c’est là que c’est à la fois difficile et passionnant à analyser. Et ce qui est aussi apparu clairement c’est que les solutions optimales identifiées par le modèle sont très différentes selon le ou les objectifs recherchés. Finalement, nous en tant que chercheurs, on n’a pas forcément grand-chose à dire sur où est-ce qu’il faudrait placer les différents curseurs. Mais on cherche à permettre aux décideurs politiques de pouvoir simuler en quelques secondes les conséquences prédites de tel ou tel choix. Avec les limites et les précautions inhérentes à un modèle mathématique qui comporte évidemment des incertitudes. Mais si ça permet de proposer une visualisation des conséquences, c’est déjà utile.

Sur ce point, comment avez-vous sélectionné les données qui nourrissent votre modèle ?

MP - Au niveau des variables de coûts, le nombre de décès est très vite arrivé comme la donnée la plus factuelle et évaluable sur une année. Ce qui est beaucoup moins évident pour, par exemple, le taux de saturation des services de réanimation qui dépend d’autres paramètres conjoncturels. Sur le plan économique, on a travaillé avec des économistes pour établir un critère fiable. On aurait évidemment pu faire des choix différents et aussi intégrer plus de fonctions de coûts mais cela n’aurait pas nécessairement entraîné des stratégies fondamentalement différentes.

CMF - D’autant que l’enjeu de ce modèle est aussi son accessibilité en permettant à des gens qui ne sont ni informaticiens, ni épidémiologistes de l’utiliser. Par ailleurs, le choix de ces données entrantes et des objectifs à atteindre relève aussi des décisions politiques.

Après la publication d’un article scientifique, quelle sera la suite des évènements pour cette plateforme?

MP - L’objectif va être d’appliquer la méthodologie développée avec EpidemiOptim à d’autres questions. Ça pourra concerner la stratégie de vaccination, par exemple, l’optimisation de l’allocation des doses vaccinales dans l’hypothèse d’une 3e dose dû à la la perte d’immunité. L’enjeu sera alors de mesurer et de prédire quelles classes d’âge revacciner, à quel rythme, en cherchant toujours à minimiser le nombre de morts et les coûts économiques tout en prenant en compte un nombre de doses contraint. L’idée est donc d’utiliser les mêmes outils pour répondre à des questions différentes !

(1) Flowers est une équipe-projet Inria, commune avec l’université de Bordeaux et Ensta ParisTech
(2) Sistm est une équipe-projet Inria, commune avec l’université de Bordeaux et l’Inserm

Covid-variant Delta : Une perspective de quatrième vague en septembre

Covid-variant Delta : Une perspective de quatrième vague en septembre

En quelques jours le variant Delta qui représentait 20 % des cas en France est passé à 50 %. Il représenterait de l’ordre de 80 % d’ici fin juillet.

Dans son dernier point, Santé Publique France déplore effectivement une « dégradation de la situation, après plusieurs semaines d’amélioration des indicateurs » (jeudi soir, on comptait 4.442 nouvelles contaminations, 70% de plus qu’une semaine plus tôt), et note une « augmentation marquée du taux d’incidence particulièrement chez les 15/44 ans ».

« Il se passe un phénomène assez proche de ce que l’on a connu l’été dernier : le virus touche essentiellement des personnes jeunes, qui font peu de formes graves mais se contaminent », a confirmé le ministre.

Aussi, le conseil scientifique avertit, dans son avis paru vendredi, qu’une « quatrième vague liée au variant Delta pourrait survenir rapidement, avec un retentissement sur le système de soins, malgré un niveau élevé de vaccination », jugé toutefois « insuffisant ».

« L’épidémie ne pourra être contrôlée qu’avec 90% à 95% de personnes vaccinées ou infectées », met en garde l’instance.

Pour l’instant les experts médicaux eux-mêmes recommandent quelques mesures de restriction mais qui n’en sont certainement pas à la hauteur de l’enjeu car sur la tendance en septembre il faudra affronter une véritable quatrième vague provoquée par le brassage des populations de l’été.

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Philippe Rosier, patron de Symbio veut profiter de la dynamique autour de l’hydrogène pour s’imposer en France, mais aussi à l’international, comme un leader de la fabrication de la pile à combustible  (Interview dans la Tribune)

 

 

Le marché de la pile à combustible et de l’hydrogène a été largement bousculé ces trois dernières années, qu’est-ce que cela a changé pour Symbio qui travaille sur cette technologie depuis une dizaine d’années ?

PHILIPPE ROSIER - Pour remettre les choses en perspective, la pile à combustible est une vieille technologie. Je rappelle que la fusée Apollo qui était partie sur la Lune était équipée d’une pile à combustible. Ce qui a changé ces dernières années, c’est le phénomène de transition énergétique et le besoin de solutions technologiques de décarbonation. Cette volonté butte sur un obstacle physique et très concret: l’intermittence des énergies renouvelables et l’impossibilité de stocker l’électricité. C’est dans ce contexte que l’attrait pour la pile à combustible a pris un essor spectaculaire entre 2019 et 2020 avec des plans d’investissements colossaux annoncés par plusieurs États, en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine. L’hydrogène est ainsi arrivé comme une évidence et une solution. Et de ce point de vue, Symbio est très bien positionné dans la partie mobilité qui sera un des principaux leviers de développement de l’hydrogène ces dix prochaines années. C’est pour cette raison que nous avons décidé de changer notre modèle économique en devenant un équipementier de rang 1.

Selon vous, la pile à combustible est la solution idéale pour décarboner la mobilité de demain.

Elle fera partie de l’équation, c’est-à-dire un complément à l’électro-mobilité à batteries. On voit bien que la voiture électrique telle qu’on la connaît aujourd’hui rencontre de nombreuses limites en fonction des usages comme l’autonomie, la recharge rapide ou le transport de masse. C’est là qu’intervient la pile à combustible. Ce n’est pas un substitut mais un complément qui ne changera pas la pertinence du modèle des batteries pour des usages du quotidien de quelques dizaines de kilomètres.

Vous pensez donc qu’il y a un modèle sur des voitures particulières à pile à combustible: est-ce que ce sera votre priorité ?

Oui, c’est possible dans certains cas d’usage. Mais la priorité de Symbio sera de s’attaquer dans un premier temps au marché des véhicules utilitaires légers. Nous avons signé un contrat avec le groupe Stellantis pour justement équiper leur gamme de VUL. Nous nous intéressons aussi aux bus – nous avons signé l’équipement de 1.500 véhicules avec le constructeurs français Safra  – puis aux poids lourds. La voiture particulière viendra dans un second temps.

De nombreuses études expliquent que le vrai marché de la pile à combustible est situé plutôt sur les poids lourds, c’est ici qu’il existe un modèle économique pertinent, notamment grâce au fameux TCO (coût à l’usage).

La feuille de route de Symbio consiste à être très offensif dans la baisse des coûts pour atteindre la parité avec la technologie diesel sur les VUL à horizon 2025-2026. C’est tout l’objet de notre site de production que nous inaugurerons en 2023 à Saint-Fons (banlieue sud de Lyon, Ndlr). D’ici 2030, nous pensons même atteindre la parité avec la voiture à batterie. Notre stratégie est de diviser les coûts de production par dix. Symbio est en train de se transformer. Ensuite, le TCO ne dépendra pas seulement du coût de la pile à combustible. Il y a un immense enjeu industriel dans le coût de production d’hydrogène vert, c’est-à-dire produit à partir d’énergies renouvelables.

Symbio est aujourd’hui détenu par deux équipementiers français qui fondent énormément d’espoir sur l’hydrogène, Faurecia et Michelin. Un autre grand groupe, le géant Bosch, vient d’annoncer un plan extrêmement ambitieux dans l’hydrogène. Est-ce un danger pour vous ?

Le marché de l’hydrogène sera, à terme, colossal et les choses vont aller très vite, comme le démontre l’annonce du groupe allemand. Cette annonce valide notre stratégie d’accélérer encore, y compris à l’international.

Quels sont vos projets à l’international ?

Nous avons identifié plusieurs marchés très favorables à l’hydrogène. Cela correspond aux pays en avance de phase dans la transition énergétique. Nous avons déjà des équipes commerciales installées à Shanghai et nous ouvrons un bureau cette année en Californie. Je rappelle que les poids lourds diesels seront bannis de cet État américain en 2024. C’est une opportunité extraordinaire pour la pile à combustible.

Les États ont annoncé de nombreux dispositifs de soutien à l’hydrogène. C’est selon vous indispensable ?

Tant que nous n’avons pas atteint la parité avec les autres technologies, en particulier le diesel, ces aides seront indispensables. Il ne s’agit pas seulement d’aides, mais également d’initiatives réglementaires, d’investissements dans les infrastructures de production et de distribution. Ce qui est en jeu, c’est la constitution d’une filière souveraine.

Bitcoin : Une perspective de développement?

Bitcoin : Une perspective de développement?

Etienne Descure,Président de la société d investissement Magellan  explique, dans une tribune au « Monde », qu’en raison de la multiplication par quinze des cours du bitcoin en un an, les cryptomonnaies tendent à devenir un poids lourd de la finance mondiale, mais que la compétition reste ouverte entre la Chine et les Etats-Unis pour dominer le marché.

Une tribune qui reste cependant assez neutre sur l’avenir et la maîtrise des crytomonnaies NDLR

 

Tribune. Deux mille milliards de dollars (environ 1 670 milliards d’euros) : c’est désormais la capitalisation de l’ensemble des cryptomonnaies en avril 2021. A titre de comparaison, cela représente deux fois la valeur de la totalité de l’immobilier parisien, cinq fois celle de la société LVMH, qui est la plus grosse capitalisation européenne, ou… l’ensemble des crédits subprimes qui avaient provoqué une des plus grandes crises financières de l’histoire.

S’il faut se garder de toute extrapolation hâtive (l’ampleur de la crise des subprimes avait en grande partie été causée par la titrisation des créances), le chiffre donne le vertige et illustre le poids que prennent les actifs virtuels dans la finance mondiale.

Institutionnalisation

Historiquement, la majorité des usages de cryptomonnaies se situait en Asie. Cependant, l’évolution des réglementations et des mentalités tend à penser qu’une inversion est en cours : la détention de cryptodevises est encore tolérée en Chine, mais les échanges y sont d’ores et déjà interdits, tandis qu’une institutionnalisation du bitcoin menée par des influenceurs de renom (Elon MuskJack Dorsey) et des acteurs financiers de poids (JP Morgan, PayPal, Visa, Blackrock) est en cours à l’ouest.


L’introduction en Bourse de Coinbase, seconde plate-forme d’échange dans le monde, pour une valeur voisine de celle de BNP Paribas, marque également la confiance des investisseurs dans le développement de ce marché auprès du grand public.

La détention de cryptodevises est encore tolérée en Chine, mais les échanges y sont d’ores et déjà interdits, tandis qu’une institutionnalisation du bitcoin est en cours à l’Ouest

Le bitcoin est le doyen et le roi incontesté des actifs virtuels. Sa valeur représente encore près de 60 % de la capitalisation totale du secteur et l’évolution de son cours oriente majoritairement l’ensemble du marché. L’infrastructure informatique de son réseau reste cependant majoritairement chinoise : on estime qu’environ 65 % à 75 % de la puissance de calcul y résidaient en 2020.

L’immense majorité des serveurs spécialisés pour effectuer les opérations qui régulent le réseau (communément appelées « minage ») est fabriquée en Chine, et l’Etat applique sur ceux-ci des taxes à l’export de 25 %. Les coûts d’électricité qui sont la première charge variable des « mineurs », y sont aussi très compétitifs. L’amortissement du matériel et l’énergie représentant 90 % des coûts des industriels spécialisés dans cette activité peu complexe, le pays y conserve un avantage concurrentiel durable.

Agences de notation Allemagne : S&P confirme la note AAA et sa perspective stable

Agences de notation Allemagne : S&P confirme la note AAA  et sa perspective stable

L’agence S&P Global Rating confirme une nouvelle fois la note AAA de la dette à long terme de l’Allemagne.

 

«L’Allemagne reste l’un des émetteurs de dette souveraine les plus solvables au monde, une appréciation qui n’est pas écornée par l’augmentation de la dette et du déficit induite temporairement l’an dernier par la pandémie», résume l’agence de notation financière dans un communiqué. Celle-ci a aussi maintenu la perspective stable assortie à la note, s’appuyant sur «les formidables réserves budgétaire et externes ainsi que l’efficacité de ses institutions» qui «vont atténuer l’impact de la pandémie et faciliter la réponse politique du gouvernement» pour soutenir l’économie. Ces deux atouts combinés devraient «empêcher de laisser une cicatrice économique plus profonde et de détériorer sa capacité à remplir ses obligations financières au cours des deux-trois prochaines années», estime S&P Global Ratings.

L’agroécologie : une perspective réalisable

L’agroécologie : une perspective réalisable

.Élisabeth Claverie de Saint-Martin, directrice générale déléguée à la recherche et à la stratégie du Cirad, à Montpellier, explique dans la tribune pourquoi l’agro écologie est une perspective réalisable. Elle évoque un scénario « Sain » où le développement de l’agroécologie a une place importante et qui permettrait d’atteindre une sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale durable en 2050.

 

 

Que révèlent les crises épidémiques qui nous frappent sur notre rapport au monde vivant et sur les liens qu’il nous faut faire avec notre agriculture et notre alimentation ?

ELISABETH CLAVERIE DE SAINT-MARTIN, directrice générale déléguée à la recherche et à la stratégie du Cirad - Du point du vue du Cirad, cette crise épidémique était possible, les risques étaient présents. Nous qui travaillons sur les maladies animales, qui sont à l’origine de 75 % des nouvelles maladies infectieuses chez l’être humain, nous savions que certaines de ces maladies pouvaient passer à l’Homme. Nous avions constaté grâce à nos activités, en Asie du Sud-Est notamment, beaucoup d’émergences de maladies nouvelles dans des zones où les modes d’agriculture et les modes de contact entre les animaux sauvages et l’Homme ont changé. L’enseignement principal de cette pandémie, c’est que l’adoption de modes de production plus durables est une urgence ! L’agroécologie n’est pas un rêve inatteignable… Et cela va de pair avec notre mode de consommation, ce que nous mangeons. On a pris l’habitude de penser séparément, mais même si ça a été utile à un moment donné, il faut arrêter de travailler en silo : on ne peut pas travailler sur les systèmes alimentaires sans regarder la biodiversité ou le climat, et inversement. Santé des écosystèmes, santé humaine et animale sont

Croissance États-Unis : perspective légèrement en hausse au second trimestre

Croissance États-Unis : perspective légèrement en hausse au second trimestre

 

Les économistes de Goldman Sachs Group Inc ont repoussé lundi leurs prévisions de PIB américain pour le deuxième trimestre de 10% à 11% et ont déclaré que des mesures budgétaires supplémentaires seraient probablement évaluées à 1,5 billion de dollars, en hausse par rapport à leur estimation précédente de 1,1 billion de dollars.

Sur une base annuelle, ils ont relevé leurs prévisions de croissance 2021 et 2022 de 0,2 point de pourcentage chacun, à 6,8% et 4,5%, respectivement.

Les économistes de la banque ont également déclaré qu’ils avaient avancé leurs prévisions pour la première hausse des taux de la Réserve fédérale du second semestre 2024 au premier semestre à la lumière de la mise à niveau de la prévision de croissance, la baisse plus importante que prévu du taux de chômage en janvier et signes d’une perspective d’inflation «plus ferme».

« Nous prévoyons que le FOMC commencera à réduire ses achats d’actifs au début de 2022″, indique la note.

Évolution de dollar: plutôt une perspective en baisse

Évolution de  dollar: plutôt une perspective en baisse

Beaucoup de stratèges interrogés par Reuters  estiment que l’évolution du dollar devrait s’inscrire dans une tendance baissière.

Après une liquidation qui a commencé l’année dernière, le dollar a augmenté au cours de quatre des cinq dernières semaines et a augmenté de plus de 1% pour l’année, les traders ayant revu les paris lourds contre la devise.

Mais tous les facteurs qui sous-tendent la force du dollar devraient être transitoires, selon le sondage du 1er au 4 février auprès de plus de 70 analystes. Ils ont maintenu leurs prévisions de faiblesse du dollar pour l’année à venir en grande partie inchangées par rapport au sondage de janvier.

Plus de 85%, soit 63 analystes sur 73 ayant répondu à une question supplémentaire, s’attendaient à ce que le dollar reste aux alentours des niveaux actuels ou diminue au cours des trois prochains mois. Seuls 10 s’attendaient à ce qu’il monte d’ici.

«Il y a beaucoup plus d’inconvénients pour le dollar, et notre perspective à plus long terme est pour la faiblesse du dollar, pas pour la force du dollar», a déclaré Steve Englander, responsable de la recherche mondiale sur les devises G10 et de la stratégie macro-américaine de Standard Chartered.

«Les attentes des investisseurs au début de l’année ont fini par quelque peu dérailler, mais dans ce cas, nous pensons temporairement.»

 

L’euro pour sa part, qui a perdu plus de 1,5% pour l’année et s’échangeait près de ses plus bas de neuf semaines contre le dollar jeudi, devrait récupérer toutes ces pertes et gagner plus de 4,0% au cours des 12 prochains mois.

L’euro devrait se raffermir à 1,23 $ en six mois et à 1,25 $ en un an. Il changeait de mains autour de 1,20 $ jeudi.

Cela est largement attribué aux inquiétudes de la Fed quant au rythme de la reprise, mettant encore plus de poids derrière sa promesse de maintenir la politique monétaire dans une position «accommodante» pour les mois, voire les années à venir.

«L’euro / dollar n’a pas atteint 1,24 dollar parce que l’Europe était soudainement merveilleuse. L’euro est passé à 1,24 $ à cause de la Fed », a déclaré Kit Juckes, responsable de la stratégie FX chez Société Générale.

«Environ 90% de cela (le mouvement de l’euro) est du côté américain de l’équation, et cela n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est que nous sommes allés trop vite et que c’est une correction.

Et ce n’est pas seulement contre les principales devises – le dollar devrait également s’affaiblir par rapport aux devises des marchés émergents dans l’année à venir. [EMRG / POLL]

«Une grande partie de l’exceptionnalisme du dollar est liée à sa rareté. La perspective est maintenant qu’il n’y aura pas de pénurie de dollars et en fait il y aura une abondance à perte de vue », a déclaré Englander de Standard Chartered.

«La Fed va y être forcée (en fournissant des liquidités en dollars), car elle sait ce qui se passera si elle augmente les taux d’intérêt à long terme ou permet aux taux à long terme de remonter.

Dollar: une perspective de stabilisation dans une tendance légèrement baissière

Dollar: une perspective de stabilisation dans une tendance légèrement baissière

Alors que Trump n’avait cessé de tempêter contre la valorisation excessive du dollar, son successeur Biden estime qu’il ne fera pas du taux de change une arme stratégique. Notons que le dollar avait quand même perdu 7 % en 2020. La perspective c’est que le billet vert continue de s’affaiblir mais progressivement compte tenu des déséquilibres structurels de son commerce extérieur. Mais une baisse toujours un peu compensée par le caractère refuge de la monnaie américaine utilisée par ailleurs de manière massive lors des échanges commerciaux.

 

Finalement de nombreux analystes s’attendent toujours à ce que la devise reprenne sa marche à la baisse progressive en 2021.

Une augmentation des dépenses budgétaires ainsi qu’une politique monétaire ultra-facile, sabreront toute tentative de reprise plus soutenue, a écrit l’analyste de la Commonwealth Bank of Australia Kim Mundy dans une note.

Salaires des cadres : baisse en perspective (APEC)

Salaires des cadres : baisse en perspective (APEC)

La perspective d’une baisse du salaire médian des cadres en 2020 constitue une première, en tout cas depuis 2009 -et caractérise la tendance

Selon une enquête de l’APEC, a près deux années très dynamiques, en 2017 et 2018, le salaire médian s’est « stabilisé à 50.000 euros » à la fin de l’an dernier (fixe + variables. La rémunération moyenne a, elle, progressé de 2,5 % en 2019 pour atteindre 57.100 euros. Un seul secteur – banque assurance et immobilier – a connu une baisse de sa rémunération médiane, après cependant une forte progression les deux années précédentes. Le secteur des équipements électriques et électroniques est celui qui a connu la plus forte progression (+5,8 %), suivi par les industries chimiques à +4,4 %. Si bien que la progression globale de l’industrie a talonné celle des services, premier secteur employeur de cadres (+1,9 % contre +2,1 %).

 

Dupond-Moretti à la justice : le gros coup de com et conflit en perspective

Dupond-Moretti à la justice : le gros coup de com et conflit en perspective

 

Il  n’y a pas vraiment de changement extraordinaire dans ce ;  on reprend surtout les anciens avec quelques nouveautés pour donner l’impression que ça bouge. La nomination de Gérald Darmanin à l’intérieur n’est pas vraiment une surprise car l’intéressé lui-même visait  depuis longtemps ce poste stratégique dans une carrière politique t. La surprise vient surtout de la nomination au gouvernement d’Eric Dupond-Moretti, avocat pénaliste spécialiste des causes difficiles, dont les Français connaissent le visage et la voix via les médias et des prises de position parfois détonantes.

D’une certaine manière, il y a même une provocation d’avoir choisi un avocat populiste et radical,  spécialiste des critiques de l’appareil judiciaire. Encore dernièrement, il venait de prendre l’initiative de déposer une plainte dans le cas de l’affaire du paquet  national financier pour avoir sans doute été écouté. Dupond Moretti n’a pas manifesté un grand état d’âme en retirant sa plainte si tôt sa nomination comme ministre de la justice.

Des convictions fortes mais qui évoluent selon les circonstances et les causes. La défense de la veuve ou du truand chaque fois que cela peut servir la réputation médiatique même si c’est complètement contradictoire. Il faudra prévoir des heurts avec l’appareil judiciaire qui voit venir en quelque sorte un étranger qui avance plutôt avec des gros sabots qu’avec des chaussons de danse classique.  On sera en particulier très attentif à la manière dont le parquet pourra plus ou moins enterrer  tel ou tel dossier politiquement sensible et il n’en manque pas.

Coronavirus: AstraZeneca discute déjà du volume de vaccins et du prix avant toute perspective de vaccins.

Coronavirus: AstraZeneca discute déjà du volume de vaccins et du prix avant toute perspective de vaccins.

 

On ne sait pas si les recherches de l’industriel Astra Zeneca aboutiront, en tout cas le directeur général pharmaceutique britannique montre ses qualités d’homme de marketing puisque pratiquement il a déjà entamé des discussions au pour vendre son éventuel vaccin au  Japon, la  Russie, au Brésil et à la Chine sur des contrats d’approvisionnement pour son candidat vaccin contre le coronavirus,. Parallèlement la même industrie pharmaceutique négocie aussi avec l’union européenne jusqu’à 400 millions de doses et cela paraît- il à prix coûtant. (dont on ignore le coût!). De quoi attirer évidemment les capitaux publics et les faire contribuer aux efforts de recherche dont les bénéfices iront au final aux actionnaires. Notons que toutes ces informations sont surtout le fait de dirigeants ou de directeur marketing des grandes industries pharmaceutiques et que les gouvernements comme les vrais laboratoires de recherche indépendants ( il en existent  ) ne se prononcent pas. Et pour cause, la perspective d’un vaccin est peut-être encore lointaine : plusieurs mois, voire plusieurs années si le virus mute. En tout cas, le capitalisme a trouvé la son nouveau champ de développement : la santé et surtout les inquiétudes qu’elle suscite aussi bien chez les patients que parmi les gouvernements.

AstraZeneca, qui a également signé un accord pour fournir à l’Union européenne jusqu’à 400 millions de doses de vaccin à prix coûtant, s’apprête à publier prochainement les résultats de la première phase de tests sur le produit.

Pascal Soriot, directeur général du laboratoire, a indiqué au cours d’une téléconférence que les autorités britanniques de régulation avaient approuvé le lancement de la phase III des tests au vu de résultats des premières études jugés suffisants en terme d’efficacité et de sécurité.

S&P: la note stable AA de la France avec perspective stable

  • S&P:  la note stable AA de la France avec perspective stable
  • L’agence a maintenu la perspective stable de la note de la France, car elle «reflète nos attentes que les récentes réformes économiques, budgétaires et structurelles prises par le gouvernement ont amélioré les capacités économiques de la France de faire face aux conséquences de l’épidémie de Coviv-19», a-t-elle indiqué dans un communiqué. S&P s’attend à ce que la France connaisse cette année une récession de -1,7%, comme elle l’avait déjà indiqué il y a une semaine, «avant un rebond de la croissance en 2021».
  • Elle prévoit toutefois une dégradation du déficit budgétaire à 4,9%, soit nettement plus que ce qu’a prévu le gouvernement (3,9%) après l’annonce de ses premières mesures pour soutenir l’économie face à la crise. A la mi-février, l’agence de notation financière Moody’s avait également laissé inchangée la note de la France à Aa2, mais avait abaissé la perspective de positive à stable, en raison de l’efficacité moins forte que prévu des mesures fiscales pour enrayer le creusement du déficit public.
  • Le ministre des Finances Bruno Le Maire avait reconnu lundi que la récession qui frapperait la France cette année serait beaucoup forte que -1%, le niveau estimé au début de la période de confinement. Avant la crise du coronavirus, le gouvernement tablait sur +1,3% de croissance en 2020. Le ministre chargé du budget Gérald Darmanin avait aussi reconnu que le déficit public de la France en 2020 serait «sans doute» supérieur à 3,9%.

Perspective ou utopie: L’autonomie alimentaire des villes ?

Perspective ou utopie: L’autonomie alimentaire des villes ?

 

Une interview intéressante de  l’urbaniste Sabine Becker et le chercheur François Rouillay à l’occasion de la sortie de leur livre publié le 11 février intitulé « En route pour l’autonomie alimentaire ». Cependant, le  concept d’agriculture urbaine qu’ils prônent semblent faire l’impasse sur  l’existence des campagnes qui comme les villes structurent notre pays. On ne saurait réduire l’aménagement du territoire aux seules zones fortement agglomérées même entourées  de jardins supposés nourrir la population. Une vision assez réductrice voire caricaturale  de l’aménagement du territoire. Un concept d’agriculture urbaine d’abord utopique ensuite qui légitime une vision concentrationnaire d’un aménagement du territoire sous domination des villes. Une vision assez écolo bobo.  ( Interview dans la tribune)

 

 

La notion d’autonomie alimentaire, à laquelle vous consacrez votre livre, est de plus en plus souvent évoquée dans le débat public autour de l’alimentation. Qu’est-ce qu’elle désigne?

 

SABINE BECKER et FRANÇOIS ROUILLAY - Liée à la nécessité d’une alimentation respectueuse du vivant, l’autonomie alimentaire renvoie à la perspective d’une « terre d’avenir » sur le territoire: c’est-à-dire d’une terre vivante en capacité de nourrir et maintenir en bonne santé ses enfants. Trois idées sont donc imbriquées dans cette notion: le respect du sol et de la biodiversité, le maintien de la santé, et une alimentation nécessairement locale.

Elle vise à restaurer le lien entre producteurs et mangeurs, qui aujourd’hui est coupé à deux endroits. Les producteurs sont en effet exposés à une concurrence mondialisée. Leurs produits voyagent des centaines, voire des milliers, de kilomètres avant d’atteindre les mangeurs, et sont parfois massivement gaspillés. Les producteurs ne voient donc plus la nourriture au travers du territoire et de leurs habitants, mais des comptes d’exploitation et des marchés. Les consommateurs pour leur part regardent la nourriture par le biais de la publicité, du temps pressé, de leur four à micro-ondes… Ils ne prennent plus le temps de travailler des produits bruts et de rencontrer les producteurs. Ils cherchent une facilité nutritive accentuée par les colorants, les exhausteurs de goût. Il faut donc un changement de regard pour induire un changement de comportement.

 

Quelle est justement l’utilité politique – en entendant le mot « politique » au sens large – de cette notion d’autonomie alimentaire?

Elle peut notamment permettre de transformer positivement les politiques d’aménagement du territoire. Pendant les 50 dernières années, l’étalement urbain a eu lieu au mépris du respect des zones de production de nourriture autour des villes. Les villes, qui auparavant étaient autosuffisantes, dépendent désormais de la chaîne alimentaire mondialisée pour se nourrir. Elles ne disposent plus que de trois jours de stock d’aliments en moyenne. Mais les risques de rupture de cette chaîne mondialisée sont divers: incendies, inondations, conflits sociaux, maladies… On peut donc affirmer que les villes sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire.

Les maires des communes ont ainsi la responsabilité politique de prendre des mesures pour assurer la sécurité alimentaire de leurs villes, pour en garantir la résilience en cas de rupture de la chaîne alimentaire, en créant, à côté des zones d’activité économique ou commerciale, des zones d’activité nourricière. Ils n’ont d’ailleurs besoin d’aucune autorisation pour faire cela. Ils peuvent acquérir des terres, comme l’a fait à Val-de-Reuil la Communauté d’agglomération Seine-Eure, afin de développer une agriculture biologique sur 110 hectares situés sur le périmètre de protection de captage de sa ressource en eau. La collectivité a même transformé un ancien bâtiment industriel, de 10.000 mètres carrés, en « pôle alimentaire », où les producteurs commercialisent leurs produits, les conditionnent, partagent des outils agricoles, organisent des cours de cuisine… En un an, cela a permis de recréer les 59 emplois détruits à cause de la fermeture de l’ancienne usine.

 

Tout repose donc sur les épaules des maires?

S’alimenter est l’affaire de tous. La partie se joue donc à quatre: l’apprentissage et l’organisation des 21 actions que nous suggérons dans notre livre réunissent élus locaux, monde économique, paysans et habitants. L’association Réseau Cocagne a par exemple créé 102 fermes biologiques d’insertion et 6 structures agroalimentaires autour de la France. Elles emploient plus de 5.600 personnes et génèrent 16,3 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels par la seule vente de légumes. A Amiens et Bayonne, les habitants retournent le gazon des HLM pour y construire des potagers.

La transition alimentaire implique d’ailleurs la transition agricole. Et dans cette transition les paysans, qui aujourd’hui vivent une crise terrible, doivent être accompagnés. Les structures de maraîchage du futur seront participatives et écologiques. C’est déjà le cas au Québec, ou des communautés de communes achètent des terres et y emploient des formateurs qui apprennent aux enfants, aux personnes en insertion, aux citoyens, à cultiver, conserver et cuisiner les produits.

Mais l’agriculture urbaine peut-elle vraiment nourrir les villes dans un monde de plus en plus urbanisé et où la population ne cesse de croître?

Afin d’assurer l’autonomie alimentaire des villes il faut inclure le territoire autour, celui compris dans un rayon permettant de les approvisionner en une heure. Et déjà aujourd’hui, 75% de la production agricole mondiale vient de petites exploitations.

Mais le développement de nouvelles techniques de régénération végétale permet désormais d’augmenter significativement la productivité de l’agriculture urbaine, et donc de mener des expériences de production intéressantes sur de petites surfaces, de mettre à profit les interstices cultivables. Des chercheurs à Rennes ont ainsi constaté que l’agriculture urbaine peut apporter beaucoup à l’autonomie alimentaire des villes, en permettant de réduire le périmètre d’approvisionnement. Sans compter ses autres atouts: l’éducation, la réduction des pollutions, la régénération des sols.

Cette autonomie alimentaire peut-elle coexister avec une économie mondialisée?

Oui, mais elle représente un monde séparé, fondé non plus sur la compétition, les marchés, les valeurs monétaires, mais sur le partage, la coopération, la proximité, le respect du vivant. Il s’agit tout d’abord de débrancher de la prise de la mondialisation, en se nourrissant sobrement. Ensuite, l’apprentissage de l’autonomie et de la coopération peut inspirer la mise en place d’autres biens, services, voire de systèmes monétaires locaux. Le partage créé l’abondance. Alors, les vents des marchés et de la finance peuvent passer au-dessus de ce monde sans impact.

À la veille des municipales, trouvez-vous que les Français sont demandeurs d’une telle transition?

Cela fait des années que nous suivons ces thématiques Et depuis quelques mois, nous avons constaté un véritable bond dans l’intérêt qu’elles suscitent. Deux thèmes reviennent en force dans quasiment tous les débats locaux en vue des municipales: l’environnement et l’alimentation.

Ces mêmes Français vous semblent-ils prêts à faire les sacrifices impliqués par l’autonomie alimentaire?

Toute transition conduit nécessairement à faire des choix. Retrouver le lien avec le sol et l’assiette demande de travailler davantage au profit du vivre ensemble que de la productivité. Et au départ, il y a certes un acte de courage, inhérent à la prise de conscience individuelle et collective de la nécessité d’un changement de cap. Mais les « sacrifices » demandés par le parcours de l’autonomie alimentaire ne sont pas si importants: on peut bien se passer de café ou de bananes… Il nous rend d’ailleurs en retour d’autres formes de confort, en dessinant des territoires où les gens ont envie de s’installer car la qualité de vie y est meilleure.

 Crise climatique : un coût  15.000 milliards de dollars d’ici 2050

D’après  étude  de WWF, d’ici 2050,si  rien n’est fait pour endiguer le déclin de la nature, la crise  pourrait se chiffrer à au moins 479 milliards de dollars par an en termes de PIB mondial, soit près de 15. 000 milliards d’ici à 2050. C’est ce que révèle cette étude menée dans 140 pays en collaboration avec les experts des universités américaines de Purdue et du Minnesota. Un travail de deux ans de recherche et de développement grâce à la contribution inédite de scientifiques, économistes et experts politiques du monde entier.

En revanche, des efforts ambitieux pour protéger et restaurer la nature amélioreront considérablement les résultats économiques. Il est encore possible d’inverser la tendance, avec une meilleure utilisation des terres et en préservant mieux les écosystèmes et la biodiversité», stipule le rapport. Les experts évaluent une augmentation du PIB mondial à 490 milliards de dollars par an si les États se tournent vers ces systèmes plus durables et conservent «les services écosystémiques des milieux naturels».

Les plus importantes pertes économiques – 327 milliards de dollars par an – seraient dues à l’érosion des côtes..

Les autres services fournis par la nature seront également durement impactés si rien n’est fait. Le rapport chiffre les pertes inhérentes à la déforestation à 128 milliards de dollars: avec des forêts réduites à peau de chagrin, c’est tout autant d’arbres qui n’aspirent pas de CO2 et ne joueront donc plus leur rôle naturel de réducteur de carbone. Les secteurs alimentaires et agricoles pourraient eux, connaître «des hausses de prix pour des produits comme le bois (+8%), le coton (6%), les graines oléagineuses (+4%) ou encore les fruits et les légumes (+3%)». Une montée des prix vertigineuse qui s’explique par la raréfaction de l’eau (quatre personnes sur dix en souffrent déjà dans le monde selon l’ONU), et la disparition des insectes pollinisateurs.

Économie mondiale : une perspective de croissance molle en 2020 (OCDE)

Économie mondiale : une perspective de croissance molle en 2020 (OCDE)

 

 

Un ralentissement conjoncturel dans le cadre de mutations davantage structurelles explique l’installation dans une croissance mondiale  très molle. La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont en effet faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires.

 

Perspective économique Allemagne : le malade de l’Europe ?

Perspective Allemagne : le malade de l’Europe ?

 

 

Si l’on s’en tient à l’orthodoxie financière, l’Allemagne est  sans doute le pays qui présente le meilleur bilan. Elle dispose notamment d’une énorme marge budgétaire. Cependant pour l’avenir,  la tendance économique est inquiétante car sa croissance est en train de s’écrouler. Elle pourrait se limiter à une augmentation du PIB d’à peine   0,5 % seulement en 2019 et tutoyer la récession en  2020. En cause, évidemment la structure de l’économie allemande qui repose surtout sur son énorme capacité d’exportation notamment de machine-outils et d’automobiles. Le problème,  c’est que le commerce international s’est  notamment notoirement réduit et les exportations allemandes avec notamment en direction de la Chine. Ce tassement économique de l’Allemagne pèse lourdement sur l’ensemble de la zone euro. C’est pourquoi nombreux d’institutions et d’autres pays incitent l’Allemagne à utiliser ses marges budgétaires pour relancer l’économie. Pour l’instant l’Allemagne refuse de déroger à sa discipline budgétaire mais elle a convenu qu’elle pourrait emprunter via de nouvelles institutions notamment pour financer la transition énergétique et moderniser des infrastructures qui en ont bien besoin. Notons que c’est la technique déjà utilisée par la France quand elle cantonne des déficits par exemple à EDF ou encore à la SNCF (ce qui malheureusement ne suffit pas pour respecter les objectifs de réduction de déficit et de dette). L’Allemagne est donc  pressée par les autres pays de la zone euro d’investir davantage pour relancer l’économie, sinon ce pays pourrait faire plonger  l’Europe dans la crise économique et financière.

Perspective Nucléaire-EPR : pas de recul du gouvernement

Perspective  Nucléaire-EPR : pas de  recul du gouvernement

 

Une vraie bataille de communication est engagée entre le gouvernement et EDF. En fait,  une fausse bataille qui vise surtout à ne pas prendre trop de front les écolos. Pour résumer l’affaire, le gouvernement a adressé une lettre à EDF pour étudier le projet de construction de 6 EPR. Evidemment EDF a répondu avec enthousiasme à cette demande considérant même le projet comme une décision. Et même récemment de préciser le coût: 7,5 milliards par EPR , soit 45 milliards.  Du coup, le gouvernement fait semblant de remettre EDF à sa place en indiquant que la responsabilité de la politique énergétique n’est pas de la compétence d’EDF. Une fausse polémique évidemment car gouvernement et EDF sont d’accord sur la perspective de développement des EPR en France mais aussi pour l’exportation. Il suffit pour s’en persuader de relire les documents préparatoires au PPE (programmation énergétique). Les 6 réacteurs refont surface parce que c’est la vraie stratégie énergétique.

 

Théoriquement, on devrait supprimer 14 réacteurs anciens, or avec 6 réacteurs EPR nouveaux et Flamanville, le niveau de production nucléaire sera largement assuré et la part du nucléaire pourra demeurer entre 70 à 75% pour la production d’électricité. Notons par ailleurs que la perspective de réduction de la consommation d’électricité est une chimère, par ailleurs que sur les 14 réacteurs qui devraient être supprimés seul Fessenheim est pour l’instant concerné. . C’est donc une fausse querelle qui est engagée entre EDF et le gouvernement juste pour faire semblant de ne pas trop déplaire aux écolos. La question de la réduction du nucléaire peut cependant se poser avec l’hypothèse du développement de la filière hydrogène.

 

Interrogée sur Europe 1, Elisabeth Borne a fait semblant de contredire les  propos du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui assurait dernière dans une interview au Monde: “Il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires. EDF exploite les 58 réacteurs nucléaires français qui assurent 75% des besoins en électricité du pays. Ce n’est pas EDF ni son PDG qui fixent la politique énergétique du pays”, a déclaré Elisabeth Borne. “L’enjeu est de proposer une électricité décarbonée, à prix abordable, pour tous les Français. Il y a différents scénarios, avec des nouveaux réacteurs. C’est un scénario parmi d’autres”, a-t-elle ajouté. “On a également à l’étude des scénarios 100% énergie renouvelable.” Une hypothèse cependant fort peu vraisemblable.

 

Les objectif de la programmation (PPE) jusqu’en 2028 ;

 

« 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 »

 

Le texte introductif au PPE

Le danger immédiat qui guette notre civilisation, le réchauffement climatique, trouve sa cause dans la production de gaz à effet de serre dont environ 70% résulte de notre consommation d’énergies fossiles. C’est l’utilisation de charbon, de pétrole et de gaz qui rend la croissance non soutenable et c’est pour cela que les pays du monde se sont engagés à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l’accord de Paris. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) décrit la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de réduire les consommations d’énergie, en priorisant la baisse de consommation des énergies les plus carbonées, et de substituer aux énergies fossiles des énergies décarbonées. Ainsi, il va falloir mobiliser de nouvelles technologies dans le secteur des transports, comme le véhicule électrique, mais également des modifications de comportement : adopter des mobilités actives, faire du covoiturage et apporter des alternatives à l’usage individuel de la voiture lorsque cela est possible… La maîtrise des consommations d’énergie dans le bâtiment nécessite également de mobiliser des leviers technologiques et comportementaux. Dans l’industrie, la transition énergétique doit préserver la compétitivité tout en assurant la durabilité des activités sur le sol national. La production d’énergie va également changer : plus renouvelable et décentralisée, elle va se rapprocher des citoyens et être de plus en plus respectueuse de l’environnement. La part du nucléaire sera progressivement réduite pour diversifier nos sources de production d’électricité. La biomasse devra être produite de manière durable pour répondre aux besoins de l’ensemble des chaînes de valeur de la bioéconomie (alimentation, matériaux, énergie, etc.), et notamment utilisée de manière optimale pour produire des biocombustibles L’électricité renouvelable sera produite partout sur les territoires et pilotée par des réseaux intelligents. La réduction des consommations et l’évolution vers des énergies plus durables permettra d’améliorer la qualité de l’air et plus globalement de réduire les impacts du secteur de l’énergie sur l’environnement et la santé. Mais elle présente également un intérêt économique, en réduisant notre dépendance aux importations et donc aux cours mondiaux des énergies fossiles. Ces évolutions doivent naturellement être menées en continuant à garantir le niveau de sécurité d’approvisionnement qu’attendent les Français et à un coût collectif maitrisé, nécessaire à l’acceptabilité de cette transition énergétique par tous. Elles doivent donc être conduites avec prudence et progressivité en capitalisant sur les acquis. Ce vaste mouvement devra être accompagné au plan social, pour garantir qu’il profite à tous, y compris les ménages les plus modestes, souvent les plus impactés par la pollution de l’air et le coût de l’énergie. Il nécessitera également de préparer et d’accompagner les mutations professionnelles pour s’adapter aux nouveaux emplois, anticiper et accompagner la reconversion des entreprises et territoires impactés. La transition énergétique française s’inscrit dans un mouvement plus vaste qui est celui du développement du marché intérieur européen et de la transition énergétique européenne. Les pays européens se sont collectivement donné des objectifs ambitieux sur l’énergie et le climat que la PPE permettra d’atteindre. Par ailleurs, le renforcement des interconnexions et des échanges avec les pays voisins contribue à transformer et renforcer notre sécurité d’approvisionnement en électricité et en gaz. Sur certains sujets, comme les batteries, c’est la création d’une industrie européenne qui permettra à nos entreprises de peser à l’échelle mondiale. Plus globalement, le déploiement d’un vaste marché européen pour les solutions d’énergie décarbonée offre des perspectives accrues de baisse des coûts ainsi que de croissance et d’emploi dans tous les pays, dont la matérialisation devra notamment s’appuyer sur des efforts importants dans la R&D. Cette transition doit être réalisée sans rupture, en donnant une trajectoire claire, argumentée, allant irréversiblement dans le sens du respect de l’environnement et du climat tout en étant inclusive. Cette programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dessine le chemin que le gouvernement va emprunter au cours des 10 prochaines années, et au-delà pour certaines thématiques. 4 1. Programmation pluriannuelle de l’énergie : une dynamique d’action cohérente pour la transition énergétique La PPE fixe les priorités d’actions des pouvoirs publics dans le domaine de l’énergie afin d’atteindre les objectifs de politique énergétique définis par la loi. L’ensemble des piliers de la politique énergétique et l’ensemble des énergies sont traités dans une même stratégie : maîtrise de la demande en énergie, maîtrise des coûts des énergies, promotion des énergies renouvelables, garantie de sécurité d’approvisionnement et indépendance énergétique, etc. Cela permet de construire une vision cohérente et complète de la place des énergies et de leur évolution souhaitable dans la société française. La PPE est un outil opérationnel engageant pour les pouvoirs publics. Elle décrit les mesures qui permettront à la France de décarboner l’énergie afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Les 10 prochaines années permettront de prendre le virage qui rendra faisable cette ambition nécessaire. Le scénario énergétique de la PPE est le même que celui de la SNBC (stratégie nationale bas carbone) pour la période qu’elle couvre. La PPE en quelques chiffres Consommation finale d’énergie Baisse de 7% en 2023 et de 14% en 2028 par rapport à 2012 Consommation primaire des énergies fossiles Baisse de 20% de la consommation primaire d’énergies fossiles en 2023 et de 35% en 2028 par rapport à 2012 Émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie 277 MtCO2 en 2023 227 MtCO2 en 2028 Soit une réduction de 14% en 2023 et de 30% en 2028 par rapport à 2016 (322MtCO2) Consommation de chaleur renouvelable Consommation de 196 TWh en 2023 Entre 218 et 247 TWh en 2028 Soit une augmentation de 25% en 2023 et entre 40 et 60% en 2028 de la consommation de chaleur renouvelable de 2016 (155TWh) Production de gaz renouvelables Production de biogaz injecté à hauteur de 14 à 22TWh en 2028 sous l’hypothèse d’une forte baisse des coûts (35 à 55 fois la production de 2017) Capacités de production d’électricité renouvelables installées 74 GW en 2023, soit +50% par rapport à 2017 102 à 113 GW en 2028, doublement par rapport à 2017 Un projet élaboré de manière concertée La programmation pluriannuelle de l’énergie a été élaborée à partir de juin 2017 en associant de très nombreux acteurs : • Juin 2017 : préparation à l’élaboration de la révision de la PPE pour l’année 2018, en associant de nombreux acteurs (comité de suivi constitué du Conseil national de la transition écologique et du Conseil supérieur de l’énergie) ; • D’octobre 2017 à janvier 2018 : 24 ateliers de travail ont été organisés pour l’élaboration de la révision de la PPE ; • De mars à juin 2018 : un débat public a été organisé par la Commission nationale du Débat public. 5 Capacités de production d’électricité nucléaire 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 Emplois Création d’environ 246 000 emplois en 2023 par rapport au scénario tendanciel et de 413 000 emplois en 2028 Revenu disponible brut des ménages Hausse du pouvoir d’achat des ménages de 1,1 point en 2023, par rapport au scénario tendanciel et de 2,2 points en 2028 Afin de tenir compte des incertitudes et de garantir l’approvisionnement en énergie de la France.

 

Perspective négative des 62 000 milliards de dettes souveraines ( Moody’s)

Perspective négative des 62 000 milliards de dettes souveraines ( Moody’s)

 

À juste titre, l’institut de notation Moody’s s’inquiète de l’évolution de la dette publique. Une dette qui représente environ 62 000 milliards de  142 pays qui passent ainsi de l’évaluation stable à négative. L’inquiétude est surtout nourrie par la faiblesse de la croissance et ses perspectives pourraient ne pas fournir les moyens de remboursement de l’endettement. Il ne s’agit toutefois que d’une partie de la dette mondiale qui, elle, atteint désormais environ 300 000 milliards de dollars (près de 300 % du PIB mondial) . Une dette globale qui s’est  envolée depuis les années 50 et surtout les années 80. Les agences de notation auraient sans doute lieu d’être encore plus inquiet la dette du privé qui gonfle avec l’extrême faiblesse des taux qui maintient à flot nombre d’entreprises qui sinon feraient t faillite. D’une certaine manière, nombre d’entreprises ( et de pays) sont sous perfusion financière et les banques centrales n’ont d’autre solution que de pratiquer la fuite en avant en fournissant toujours davantage de liquidités monétaires. Pour parler clair, on fait tourner de plus en plus vite la machine à billets. Le problème c’est qu’un jour ou l’autre il faudra bien un vaste réajustement entre la richesse réelle et leur représentation monétaire. Un réajustement qui peut produire de manière brutale lors de l’éclatement d’une bulle qui contaminerait alors l’ensemble du système financier. Par exemple la bulle obligataire, la bulle immobilière ou encore la bulle du marché des actions. Pour l’instant des inquiétudes de l’agence Moody’s se focalise sur l’endettement public sans doute pour épargner des inquiétudes supplémentaires concernant l’économie.

 

Perspective Nucléaire-EPR : un faux recul du gouvernement ?

Perspective  Nucléaire-EPR : un  faux recul du gouvernement ?

 

 

Une vraie bataille de communication est engagée entre le gouvernement et EDF. En fait,  une fausse bataille qui vise surtout à ne pas prendre trop de front les écolos. Pour résumer l’affaire, le gouvernement a adressé une lettre à EDF pour étudier le projet de construction de 6 EPR. Evidemment EDF a répondu avec enthousiasme à cette demande considérant même le projet comme une décision. Et même récemment de préciser le coût: 7,5 milliards par EPR , soit 45 milliards.  Du coup, le gouvernement fait semblant de remettre EDF à sa place en indiquant que la responsabilité de la politique énergétique n’est pas de la compétence d’EDF. Une fausse polémique évidemment car gouvernement et EDF sont d’accord sur la perspective de développement des EPR en France mais aussi pour l’exportation. Il suffit pour s’en persuader de relire les documents préparatoires au PPE (programmation énergétique). Les 6 réacteurs refont surface parce que c’est la vraie stratégie énergétique.

 

Théoriquement, on devrait supprimer 14 réacteurs anciens, or avec 6 réacteurs EPR nouveaux et Flamanville, le niveau de production nucléaire sera largement assuré et la part du nucléaire pourra demeurer entre 70 à 75% pour la production d’électricité. Notons par ailleurs que la perspective de réduction de la consommation d’électricité est une chimère, par ailleurs que sur les 14 réacteurs qui devraient être supprimés seul Fessenheim est pour l’instant concerné. . C’est donc une fausse querelle qui est engagée entre EDF et le gouvernement juste pour faire semblant de ne pas trop déplaire aux écolos. La question de la réduction du nucléaire peut cependant se poser avec l’hypothèse du développement de la filière hydrogène.

 

Interrogée sur Europe 1, Elisabeth Borne a fait semblant de contredire les  propos du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui assurait dernière dans une interview au Monde: “Il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires. EDF exploite les 58 réacteurs nucléaires français qui assurent 75% des besoins en électricité du pays. Ce n’est pas EDF ni son PDG qui fixent la politique énergétique du pays”, a déclaré Elisabeth Borne. “L’enjeu est de proposer une électricité décarbonée, à prix abordable, pour tous les Français. Il y a différents scénarios, avec des nouveaux réacteurs. C’est un scénario parmi d’autres”, a-t-elle ajouté. “On a également à l’étude des scénarios 100% énergie renouvelable.” Une hypothèse cependant fort peu vraisemblable.

 

Les objectif de la programmation (PPE) jusqu’en 2028 ;

 

« 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 »

 

Le texte introductif au PPE

Le danger immédiat qui guette notre civilisation, le réchauffement climatique, trouve sa cause dans la production de gaz à effet de serre dont environ 70% résulte de notre consommation d’énergies fossiles. C’est l’utilisation de charbon, de pétrole et de gaz qui rend la croissance non soutenable et c’est pour cela que les pays du monde se sont engagés à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l’accord de Paris. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) décrit la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, il sera nécessaire de réduire les consommations d’énergie, en priorisant la baisse de consommation des énergies les plus carbonées, et de substituer aux énergies fossiles des énergies décarbonées. Ainsi, il va falloir mobiliser de nouvelles technologies dans le secteur des transports, comme le véhicule électrique, mais également des modifications de comportement : adopter des mobilités actives, faire du covoiturage et apporter des alternatives à l’usage individuel de la voiture lorsque cela est possible… La maîtrise des consommations d’énergie dans le bâtiment nécessite également de mobiliser des leviers technologiques et comportementaux. Dans l’industrie, la transition énergétique doit préserver la compétitivité tout en assurant la durabilité des activités sur le sol national. La production d’énergie va également changer : plus renouvelable et décentralisée, elle va se rapprocher des citoyens et être de plus en plus respectueuse de l’environnement. La part du nucléaire sera progressivement réduite pour diversifier nos sources de production d’électricité. La biomasse devra être produite de manière durable pour répondre aux besoins de l’ensemble des chaînes de valeur de la bioéconomie (alimentation, matériaux, énergie, etc.), et notamment utilisée de manière optimale pour produire des biocombustibles L’électricité renouvelable sera produite partout sur les territoires et pilotée par des réseaux intelligents. La réduction des consommations et l’évolution vers des énergies plus durables permettra d’améliorer la qualité de l’air et plus globalement de réduire les impacts du secteur de l’énergie sur l’environnement et la santé. Mais elle présente également un intérêt économique, en réduisant notre dépendance aux importations et donc aux cours mondiaux des énergies fossiles. Ces évolutions doivent naturellement être menées en continuant à garantir le niveau de sécurité d’approvisionnement qu’attendent les Français et à un coût collectif maitrisé, nécessaire à l’acceptabilité de cette transition énergétique par tous. Elles doivent donc être conduites avec prudence et progressivité en capitalisant sur les acquis. Ce vaste mouvement devra être accompagné au plan social, pour garantir qu’il profite à tous, y compris les ménages les plus modestes, souvent les plus impactés par la pollution de l’air et le coût de l’énergie. Il nécessitera également de préparer et d’accompagner les mutations professionnelles pour s’adapter aux nouveaux emplois, anticiper et accompagner la reconversion des entreprises et territoires impactés. La transition énergétique française s’inscrit dans un mouvement plus vaste qui est celui du développement du marché intérieur européen et de la transition énergétique européenne. Les pays européens se sont collectivement donné des objectifs ambitieux sur l’énergie et le climat que la PPE permettra d’atteindre. Par ailleurs, le renforcement des interconnexions et des échanges avec les pays voisins contribue à transformer et renforcer notre sécurité d’approvisionnement en électricité et en gaz. Sur certains sujets, comme les batteries, c’est la création d’une industrie européenne qui permettra à nos entreprises de peser à l’échelle mondiale. Plus globalement, le déploiement d’un vaste marché européen pour les solutions d’énergie décarbonée offre des perspectives accrues de baisse des coûts ainsi que de croissance et d’emploi dans tous les pays, dont la matérialisation devra notamment s’appuyer sur des efforts importants dans la R&D. Cette transition doit être réalisée sans rupture, en donnant une trajectoire claire, argumentée, allant irréversiblement dans le sens du respect de l’environnement et du climat tout en étant inclusive. Cette programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dessine le chemin que le gouvernement va emprunter au cours des 10 prochaines années, et au-delà pour certaines thématiques. 4 1. Programmation pluriannuelle de l’énergie : une dynamique d’action cohérente pour la transition énergétique La PPE fixe les priorités d’actions des pouvoirs publics dans le domaine de l’énergie afin d’atteindre les objectifs de politique énergétique définis par la loi. L’ensemble des piliers de la politique énergétique et l’ensemble des énergies sont traités dans une même stratégie : maîtrise de la demande en énergie, maîtrise des coûts des énergies, promotion des énergies renouvelables, garantie de sécurité d’approvisionnement et indépendance énergétique, etc. Cela permet de construire une vision cohérente et complète de la place des énergies et de leur évolution souhaitable dans la société française. La PPE est un outil opérationnel engageant pour les pouvoirs publics. Elle décrit les mesures qui permettront à la France de décarboner l’énergie afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Les 10 prochaines années permettront de prendre le virage qui rendra faisable cette ambition nécessaire. Le scénario énergétique de la PPE est le même que celui de la SNBC (stratégie nationale bas carbone) pour la période qu’elle couvre. La PPE en quelques chiffres Consommation finale d’énergie Baisse de 7% en 2023 et de 14% en 2028 par rapport à 2012 Consommation primaire des énergies fossiles Baisse de 20% de la consommation primaire d’énergies fossiles en 2023 et de 35% en 2028 par rapport à 2012 Émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie 277 MtCO2 en 2023 227 MtCO2 en 2028 Soit une réduction de 14% en 2023 et de 30% en 2028 par rapport à 2016 (322MtCO2) Consommation de chaleur renouvelable Consommation de 196 TWh en 2023 Entre 218 et 247 TWh en 2028 Soit une augmentation de 25% en 2023 et entre 40 et 60% en 2028 de la consommation de chaleur renouvelable de 2016 (155TWh) Production de gaz renouvelables Production de biogaz injecté à hauteur de 14 à 22TWh en 2028 sous l’hypothèse d’une forte baisse des coûts (35 à 55 fois la production de 2017) Capacités de production d’électricité renouvelables installées 74 GW en 2023, soit +50% par rapport à 2017 102 à 113 GW en 2028, doublement par rapport à 2017 Un projet élaboré de manière concertée La programmation pluriannuelle de l’énergie a été élaborée à partir de juin 2017 en associant de très nombreux acteurs : • Juin 2017 : préparation à l’élaboration de la révision de la PPE pour l’année 2018, en associant de nombreux acteurs (comité de suivi constitué du Conseil national de la transition écologique et du Conseil supérieur de l’énergie) ; • D’octobre 2017 à janvier 2018 : 24 ateliers de travail ont été organisés pour l’élaboration de la révision de la PPE ; • De mars à juin 2018 : un débat public a été organisé par la Commission nationale du Débat public. 5 Capacités de production d’électricité nucléaire 4 à 6 réacteurs nucléaires fermés d’ici 2028 dont ceux de Fessenheim. Fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, date d’atteinte d’une part de 50 % d’électricité nucléaire dans le mix électrique. Croissance économique Hausse de 1,3 point de PIB en 2023 par rapport au scénario tendanciel, et de 1,9 point en 2028 Emplois Création d’environ 246 000 emplois en 2023 par rapport au scénario tendanciel et de 413 000 emplois en 2028 Revenu disponible brut des ménages Hausse du pouvoir d’achat des ménages de 1,1 point en 2023, par rapport au scénario tendanciel et de 2,2 points en 2028 Afin de tenir compte des incertitudes et de garantir l’approvisionnement en énergie de la France,

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