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Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

 

L’ancien ministre de l’écologie , Brice Lalonde, Président de l’association Equilibre des énergies,  revient, dans une tribune au « Monde », sur le vote par l’Assemblée nationale de l’interdiction de louer des « passoires énergétiques », et sur le mode d’évaluation discutable, selon lui, du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui favorise le chauffage au gaz.

 

Tribune. 
Entre l’engagement solennel de réduire les émissions de gaz à effet de serre et sa mise en œuvre s’intercale un espace obscur où les règles anciennes et les influences occultes peuvent aboutir au résultat inverse. C’est le danger qui guette la loi Climat et résilience dans ses articles sur le bâtiment. 

Le gros morceau, c’est la rénovation du parc existant que les parlementaires, à la suite de la convention citoyenne pour le climat, veulent renforcer. Pour montrer sa détermination, l’Assemblée a voté l’interdiction de louer des logements trop énergivores. Ainsi 4,8 millions de logements pourraient sortir du marché de la location si leurs propriétaires ne se hâtent pas d’améliorer leur performance énergétique.

Bien évaluer la performance des bâtiments

Des dispositions aussi sévères doivent être fondées sur une évaluation indiscutable de la performance des bâtiments. C’est le rôle du diagnostic de performance énergétique (DPE), dont l’administration vient de présenter une nouvelle mouture, désormais opposable. Le logement évalué sera rangé selon ses mérites dans une des sept classes étiquetées de A à G. Une rénovation réussie élève le logement dans l’échelle du DPE et accroît sa valeur sur le marché.

 

Chaque classe du DPE est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. C’est l’indicateur COqui mesure la performance climatique puisque le but est de réduire les émissions qui dérèglent le climat. Les classes F et G désignent les « passoires énergétiques » que l’on ne pourra plus louer. En apparence tout est parfait… En apparence seulement. 

« L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux »

Car la contrainte COn’existe pas. Le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’Etat considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux.

C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou.

Performance énergétique ou performance environnementale ?

Performance énergétique ou performance environnementale ?

 

L’ancien ministre de l’écologie , Brice Lalonde, Président de l’association Equilibre des énergies,  revient, dans une tribune au « Monde », sur le vote par l’Assemblée nationale de l’interdiction de louer des « passoires énergétiques », et sur le mode d’évaluation discutable, selon lui, du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui favorise le chauffage au gaz.

 

Tribune. 
Entre l’engagement solennel de réduire les émissions de gaz à effet de serre et sa mise en œuvre s’intercale un espace obscur où les règles anciennes et les influences occultes peuvent aboutir au résultat inverse. C’est le danger qui guette la loi Climat et résilience dans ses articles sur le bâtiment. 

Le gros morceau, c’est la rénovation du parc existant que les parlementaires, à la suite de la convention citoyenne pour le climat, veulent renforcer. Pour montrer sa détermination, l’Assemblée a voté l’interdiction de louer des logements trop énergivores. Ainsi 4,8 millions de logements pourraient sortir du marché de la location si leurs propriétaires ne se hâtent pas d’améliorer leur performance énergétique.

Bien évaluer la performance des bâtiments

Des dispositions aussi sévères doivent être fondées sur une évaluation indiscutable de la performance des bâtiments. C’est le rôle du diagnostic de performance énergétique (DPE), dont l’administration vient de présenter une nouvelle mouture, désormais opposable. Le logement évalué sera rangé selon ses mérites dans une des sept classes étiquetées de A à G. Une rénovation réussie élève le logement dans l’échelle du DPE et accroît sa valeur sur le marché.

 

Chaque classe du DPE est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. C’est l’indicateur COqui mesure la performance climatique puisque le but est de réduire les émissions qui dérèglent le climat. Les classes F et G désignent les « passoires énergétiques » que l’on ne pourra plus louer. En apparence tout est parfait… En apparence seulement.

« L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux »

Car la contrainte COn’existe pas. Le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’Etat considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux.

C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou.

Quels liens entre performance et salaire

Quels liens entre performance et salaire

 

La plupart des Américains pensent que leur rémunération est liée à leurs performances au travail. Pourtant, dans de nombreux secteurs il est quasiment impossible de quantifier la réussite (Un article du Wall Street Journal)

 

 

Lorsqu’on les interroge, la grande majorité des salariés américains affirment que le premier facteur déterminant leur niveau de rémunération est leur performance individuelle. Je le sais car dans le cadre d’une récente enquête, j’ai posé la question à plus de 1 000 d’entre eux. Parmi une liste de facteurs comprenant l’ancienneté, l’expérience, le niveau d’éducation et les bénéfices apportés à l’entreprise, aux yeux des employés rien ne dépasse la performance individuelle pour expliquer leur niveau de salaire : ainsi, deux tiers d’entre eux sont persuadés qu’elle joue un rôle crucial dans le montant du chiffre inscrit sur leur feuille de paie.

Malgré cette conviction largement répandue, en réalité la plupart d’entre nous ne sommes pas payés en fonction de nos performances individuelles et le petit nombre qui l’est ne cesse de décliner. Les recherches révèlent qu’après avoir augmenté pendant les années 1980, le nombre d’emplois dont les structures de rémunération sont liées à la performance a connu un apogée au début des années 2000 avant de chuter au cours des vingt années qui ont suivi. Dans une enquête de 2009 portant sur plusieurs pratiques de rémunérations au rendement, une équipe de chercheurs a découvert que « relativement peu d’employés percevaient des rémunérations variant en relation directe avec leur productivité, et que la part de ce type de salariés était probablement sur le déclin ». Même chez ceux dont le salaire est en partie lié à des mesures de productivité individuelle, cette proportion ne constitue généralement qu’une fraction de la rémunération totale.

Déjà, une enquête des années 1960 demandait à des cadres supérieurs et à des managers de comparer leurs performances à celles de leurs pairs. L’autoévaluation moyenne se situait dans le 77e percentile, ce qui signifie qu’en moyenne, les personnes interrogées considéraient que leurs performances étaient meilleures que celles des trois-quarts de leurs collègues. Seules deux personnes sur la centaine interrogées y évaluaient leurs performances sous la moyenne

Comment expliquer le décalage entre l’idée que se font les salariés de ce qui influence leur niveau de rémunération et la réalité ? Trois facteurs se dégagent : l’idée de justice, la difficulté de mesurer les performances individuelles dans de nombreux métiers et des désaccords sur ce que signifie vraiment le concept de performance.

En 2008, le quotidien californien The Sacramento Bee a créé un site Internet publiant la rémunération des fonctionnaires de l’Etat. Une équipe de chercheurs a profité de cette divulgation impromptue pour observer la réaction des employés concernés. Ceux qui ont consulté ce site et découvert qu’ils étaient sous-payés comparativement à leurs pairs au même genre de statut ont exprimé de la colère et se sont mis à chercher un autre emploi de façon plus active — ce qui était assez prévisible. En revanche, les fonctionnaires qui ont constaté qu’ils étaient davantage payés que leurs homologues n’ont pas eu de réactions émotionnelles équivalentes. Ils n’ont pas soudain manifesté plus de loyauté envers leurs supérieurs ni plus de satisfaction sur leur lieu de travail. Leur comportement n’a absolument pas changé.

Pourquoi ? En psychologies sociale et économique, on sait depuis longtemps que la plupart d’entre nous sommes convaincus d’être plutôt compétents — et même plus que la plupart de nos collègues. Un peu comme si nous vivions tous à Lake Wobegon, la ville imaginaire de l’émission radiophonique américaine «  Prairie Home Companion  » où « tous les enfants sont au-dessus de la moyenne » — sauf qu’ici, on parle d’adultes.

Cette tendance à nous surestimer nous-mêmes remonte à loin. Déjà, une enquête des années 1960 demandait à des cadres supérieurs et à des managers de comparer leurs performances à celles de leurs pairs. L’autoévaluation moyenne se situait dans le 77e percentile, ce qui signifie qu’en moyenne, les personnes interrogées considéraient que leurs performances étaient meilleures que celles des trois-quarts de leurs collègues. Seules deux personnes sur la centaine interrogées y évaluaient leurs performances sous la moyenne.

C’est une impossibilité mathématique et c’est un casse-tête pour les employeurs qui voudraient rémunérer leurs salariés de façon différentielle en se basant sur une mesure de leur productivité. Une telle démarche serait très mal reçue par de nombreux employés persuadés à tort d’être plus productifs que leurs homologues. Par conséquent, la plupart des employeurs n’essaient pas, et esquivent ainsi les sentiments d’injustice qui naissent quand des salariés pensent mériter davantage que leurs collègues.

Rémunérer des performances individuelles c’est également partir du principe qu’il existe des moyens fiables de le faire. Dans certains secteurs, c’est bien le cas : le transport routier, par exemple, implique de déplacer le plus de marchandises possible d’un point A à un point B, rapidement et en toute sécurité. Mais dans la plupart des autres métiers, ce genre de mesure n’existe pas.

Prenez votre propre cas : existe-t-il un système de mesure consensuel qui détermine votre productivité ? La difficulté à évaluer la contribution individuelle de quelqu’un est particulièrement significative dans les métiers intellectuels collaboratifs dont le nombre n’a fait que croître au cours des dernières décennies, comme les consultants en management, les chargés d’études de marché et les cadres moyens de toutes sortes. Il existe des millions de métiers de ce type aujourd’hui, et pour chacun d’entre eux, condenser les performances individuelles dans une seule mesure quantifiable dépasse nos capacités — pas parce que nous n’avons découvert la bonne unité de mesure, mais parce qu’elle n’existe tout simplement pas.

Même pour les métiers où règnent des normes de performance largement reconnues, les mesures peuvent s’avérer ardues. En médecine par exemple, l’objectif des praticiens est d’améliorer la santé des patients. Mais est-ce que cela signifie qu’ils devraient être payés en fonction de la santé générale de leurs patients plutôt qu’en fonction de l’exécution correcte d’une tâche spécialisée, comme la pose d’une prothèse de hanche ? Et s’il existait d’autres options, moins invasives, mais que le médecin n’était payé que pour des opérations lourdes ? Est-ce ainsi que nous voulons structurer l’attractivité de notre système de santé ?

Au Royaume-Uni, lorsque Tony Blair était Premier ministre, le National Health Service (NHS) avait augmenté l’enveloppe financière des hôpitaux qui réduisaient le temps d’attente des patients. Il est vrai que personne n’aime y végéter des heures ; par conséquent ce temps-là, sans être une mesure directe de la santé, constitue une composante importante du bien-être des personnes. Mais un problème n’avait pas tardé à apparaître : pour atteindre les objectifs de réduction de temps d’attente, les hôpitaux gardaient les patients dans les ambulances avant de les transférer. Pourquoi ? Parce que selon cette mesure de performance particulière, le temps passé dans une ambulance n’était pas comptabilisé comme de l’attente. Comme on le voit, les mesures de performance pour les médecins diffèrent sensiblement à la fois d’un système de santé national à l’autre et à l’intérieur de chacun.

Les querelles autour des définitions secouent tous les métiers. Certains journalistes, par exemple, vous diront que le véritable objectif de leur métier est de produire des enquêtes récompensées, tandis que d’autres estiment que leur mission principale est de générer des revenus. Dans mon propre domaine, l’éducation supérieure, certains professeurs donnent la priorité à l’enseignement tandis que pour d’autres, c’est la recherche qui fait la grandeur (ou pas) d’une université

Dans de nombreux métiers, la définition de la productivité implique des choix et des compromis et il est illusoire de penser qu’il puisse exister une mesure objective unique attendant d’être découverte. En 2014, le groupe de presse Time Inc., qui possédait alors plus de 90 publications, s’est mis à évaluer les performances de ses journalistes en fonction des contenus « bénéfiques aux relations avec les annonceurs ». Cette initiative a déclenché un tollé, pas seulement parmi les employés de Time Inc. mais dans le secteur tout entier. Les journalistes se sont offusqué que l’on puisse réduire leur métier à une mesure aussi grossière. Mais comment mesurer la productivité journalistique ? Par le nombre d’articles écrits par semaine ? Le nombre de mots produits à l’heure ? Quid du temps passé à cultiver ses sources pour les reportages ?

Les querelles autour des définitions secouent tous les métiers. Certains journalistes, par exemple, vous diront que le véritable objectif de leur métier est de produire des enquêtes récompensées, tandis que d’autres estiment que leur mission principale est de générer des revenus. Dans mon propre domaine, l’éducation supérieure, certains professeurs donnent la priorité à l’enseignement tandis que pour d’autres, c’est la recherche qui fait la grandeur (ou pas) d’une université. En d’autres termes, les disputes sémantiques naissent souvent des désaccords sur la définition du « produit » d’une entreprise. Si nous ne sommes pas d’accord sur l’idée de ce que produit notre société, nous ne pourrons pas nous accorder non plus sur la contribution individuelle apportée par chacun de ses employés ; par conséquent, rémunérer les salariés en se basant sur une mesure de productivité va contrarier ceux qui entretiennent une vision différente.

L’idée de justice, des mesures imparfaites et des différends sémantiques : la conséquence de ces facteurs, c’est que la plupart d’entre nous ne sommes pas réellement payés en fonction de nos performances individuelles, malgré ce que nous avons tendance à croire.

— Jake Rosenfeld enseigne la sociologie à l’Université de Washington. Cet essai est adapté de son dernier livre : You’re Paid What You’re Worth : And Other Myths of the Modern Economy (Harvard).

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérangère Viennot)

Entreprise : Rééquilibrer utilité et performance

Entreprise : Rééquilibrer utilité et performance

 

Michel Bauwens et Raphaële Bidault-Waddington(*)., deux chercheurs militent pour une autre évaluation de la performance des entreprises.

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La crise covid-19 a mis à l’arrêt des pans entiers de l’économie. Malgré le dé-confinement, les réglementations, le ralentissement durable, l’incertitude, et les nouvelles normes d’usage remettent en question l’utilité et donc la source de création de valeur et la raison d’être de nombreuses entreprises. La crise accentue également la prise de conscience du caractère si peu durable et potentiellement caduque de nombreuses activités. Il n’y a pas de création de valeur économique sans valeur d’utilité, que celle-ci soit purement fonctionnelle ou d’ordre plus immatériel. Pourquoi relancer une activité à l’identique si celle-ci est en voie d’obsolescence ?

Faillites et chômages vont être les premières conséquences de cette crise paradigmatique et existentielle des organisations économiques. Les entreprises doivent ré-ausculter leurs gisements de valeurs et contributions positives à la société pour devenir résiliente et retrouver leur utilité, leur sens comme leur prospérité. Elles ne peuvent plus simplement servir leurs clients et leurs actionnaires (silo), mais doivent développer des visions éco-systémiques d’elles-mêmes prenant la pleine mesure de leurs différentes chaînes d’impact et de valeur(s), pour devenir robustes et durables. La notion d’impact vient remplacer celle de performance.

Nouvelle forme d’organisation générative

Si les audits de responsabilité sociale (RSE) ont favorisé la prise de conscience et la mesure de ces externalités, cette évaluation doit devenir le cœur de la refondation stratégique des modèles organisationnels et économiques, en tandem avec une réflexion sur leur mission, raison d’être et utilité publique (notion de purpose difficile à traduire). La labellisation des « entreprises à mission » (Loi Pacte, 2019) et des B-Corp sont des processus  qui peuvent aider les entreprises à ré-explorer en profondeur leurs gisements de valeur pour réinventer leur modèle d’affaire et leur modèle social.

La notion émergente d’ »entreprise générative » se présente aussi comme une alternative à l’entreprise « extractive« . Marjorie Kelly en propose une architecture de propriétés intéressante: vocation vitale (vs. vocation financière) ; propriétaires engagés (vs. actionnariat fantôme) ; gouvernance centrée sur la mission (vs pilotage automatique des marchés financiers) ; financeurs partenaires (vs finance « casino ») ; chaînes de valeurs éthiques (vs valeur de marchandise).

 

Le modèles des communs est une autre grille de lecture stratégique de l’entreprise pour comprendre où sont ses potentialités de réinvention, de création d’activité, d’emploi et de valeur, au bénéfice du bien commun. Le modèle des plateformes montre que la formation des communautés est le terreau sur lequel grandit l’économie collaborative. La communauté forme la valeur autour d’une infrastructure qui la catalyse et devient écosystème.

Comment chaque entreprise peut-elle réinvestir et faire éclore (générer) la valeur latente de ses différentes communautés, que ce soit ses salariés, ses clients, ses actionnaires et ses organisations partenaires (économiques, territoriaux, sociaux, culturels, académiques) ? Quelles ressources matérielles et immatérielles, usages et culture ont-elles en communs ? Quels talents former et mobiliser pour donner à l’entreprise sa capacité d’action, de transformation et de résilience (vs. capitaux inertes) ? Et quel contrat de confiance et d’échange peuvent-elle passer avec leurs parties-prenantes internes et externes pour créer ensemble valeur(s) et prospérité partagées ? La fabrique de commun est au cœur de l’entreprise générative de demain.

 

Ce laboratoire du design organisationnel et ontologique qui cherche à refonder l’entreprise, s’accompagne d’un volet comptable. Comment rendre compte des écosystèmes de valeurs et d’impacts multiples qui se forment autour de l’entreprise ?  Là encore, de nombreuses expérimentations existent. Une piste est le développement de comptabilités ‘outside-in‘ qui aide l’entreprise à s’adapter et travailler en intelligence avec la donne publique.

 

Le modèle du mouvement (germanophone) de l’Économie pour le Bien Commun (Felber), propose de faire évaluer l’entreprise par 17 clusters de partie-prenantes et d’impacts autour de l’entreprise. Sa taxation est ensuite ajustée au niveau de ses performances collectives, ce qui l’incite à aller dans la bonne direction. Une autre stratégie consiste à internaliser complètement ces nouvelles orientations, tel que le propose le projet Compta CARE.

Dans ce modèle, l’obligation fiduciaire de gérer et faire fructifier le capital financier, est étendue aux capitaux humain et naturel, formant ainsi les trois capitaux à dorénavant cultiver et préserver.  Les dirigeants deviennent légalement responsable du bon traitement de ces ‘ressources primordiales’. D’autres modèles de comptabilité en « triples capitaux » (Gray) existent. En remettant le bilan de l’entreprise dans une perspective éco-systémique, ils viennent redéfinir la notion même de valeur ajoutée.

 

Des comptabilités ‘post-capitalistes’ voit également le jour, notamment la comptabilité « contributive » adaptée aux entreprises aux cadres légaux flous tels que les communautés auto-organisées du logiciel libre ou des pratiques de design partagé (ex : arduino, wiki-house, open-motors, etc.). Par exemple, le Open Value Network de Sensorica, comptabilise, toutes les contributions, y compris non marchandes.  Le REA (Resources-Events-Agents) est lui une comptabilité de flux, conçu pour gérer des écosystèmes collaboratifs. Enfin, le projet ‘Global Thresholds and Allocations’, du groupe ‘Reporting 3..0′, intègrent les flux de ressources (matières et énergies) dans les flux comptables en tenant compte des limites planétaires.

Une autre approche comptable des écosystèmes collaboratifs, vient des technologies blockchain qui rendent possibles des comptabilités partagées.  Leurs programmes distribués façonnent simultanément une infrastructure légale, comptable et transactionnelle, autour de laquelle s’organise l’activité des entreprises impliquées, y compris leurs flux et usages les plus tangibles.

Tous ces modèles émergents sont des grilles d’analyse que les entreprises peuvent utiliser pour faire face à la crise et réinventer leurs utilité, schéma socio-économique et prospérité, tout en intégrant leurs externalités et en respectant les limites planétaires, tel que le suggère Kate Raworth dans son livre « Doughnut Economics » (Cornerstone, 2018).

*Michel Bauwens est le fondateur de la Peer to Peer Foundation (wiki.p2pfoundation.net), un réseau international de chercheurs engagés, et spécialistes de la production et de l’économie de pair à pair.

Raphaële Bidault-Waddington est la fondatrice du LIID Future Lab (liid.fr), une plateforme de recherche prospective sur les mutations des écosystèmes économiques, urbains, socio-culturels et académiques. »

 

Ecole : encore un mauvais résultat PISA, Cette fois c’est pour la performance de l’école en matière d’intégration.

Ecole : encore un mauvais résultat PISA, Cette fois c’est pour la performance de l’école en matière d’intégration.

Selon des données PISA en moyenne, dans l’Union européenne, 50% des élèves immigrés de première génération réussissent les tests de base en lecture, mathématiques et sciences, contre 72% des élèves nés dans le pays de parents autochtones, soit un écart de 22 points. En France, l’écart est plus grand (36 points), avec un taux de succès aux tests de 39% chez ces élèves de première génération, contre 75% pour les seconds. En bas du classement, la Finlande compte une différence de 42 points tandis qu’en Irlande les deux groupes ont des niveaux de réussite élevés (taux de réussite de 77% contre 80%).  Année après année, les différentes enquêtes internationales constatent la dégradation du système scolaire français dans tous les domaines. Cette déliquescence n’est pas récente, elle a  commencé il y a au moins une quarantaine d’années du fait de l’utopie pédagogiste. Avec la suppression des notes,  il était plus facile d’ignorer la baisse générale du niveau de l’éducation ;  résultats, environ 20 % des élèves qui sortent du primaire ne maîtrisent  pas les bases fondamentales du français et des mathématiques. Environ 20 % les maîtrisent de façon approximative. Ce qui n’empêche pas de conduire qu’au bac. Un diplôme complètement dévalorisé dans plusieurs filières. Des responsabilités multiples;  d’abord celle des pouvoirs publics qui n’ont cessé d’engranger les réformes d’éphémères ministres de l’éducation. Aussi celle des parents d’aujourd’hui voire d’hier, eux-mêmes malformés et qui se sont accommodés d’une fausse évaluation de leurs enfants. Sans parler de ceux qui vont même jusqu’à protester contre les enseignants quand cette évaluation leur paraît trop mauvaise. Enfin les enseignants eux-mêmes. Des  enseignants qui suivent  tant bien que mal les réformes du ministère. Des enseignants par ailleurs très mal rémunérés et bien peu respectés. Pour preuve du désastre de l’école la dernière enquête Pirls. Dans cette enquête, qui compare les systèmes éducatifs de 50 pays, les écoliers français se classent 34e en compréhension en lecture. L’étude Pirls existe depuis 2001, et en quinze ans, avec les Pays-Bas, la France est le seul pays qui a régressé dans ce classement. En termes de performances en lecture, la Russie, Singapour et Hong Kong sont en tête du classement tandis que la France n’arrive qu’en 34e place. Elle est en recul permanent depuis une quinzaine d’années. Mais la France est en mauvaise position sur tous les fondamentaux : écriture, lecture, français en général et mathématique. Malheureusement la France est mal classée partout comme en témoigne cette autre étude PISA concernant l’intégration.

 

« Pour la performance économique, il faut de la performance sociale »(CFDT)…..et réciproquement !

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A juste titre que la CFDT considère qu’il faut de la performance sociale pour atteindre la performance économique mais la CFDT devrait aussi insister sur la réciprocité à savoir qu’il n’y aurait y avoir de progrès social sans progrès économique. D’une certaine manière, c’est la grande maladie française qui consiste à traiter séparément les problématiques sociales et économiques. À cet égard on peut se réjouir que la nouvelle ministre du travail, ancienne DRH, ait proposé ce dialogue à la fois social et économique avec les partenaires sociaux. Le travail de compréhension et d’appropriation de la problématique économique est immense car les Français manifestent une sous-culture dans ce domaine. Une étude d’Allianz montrait que la France occupe la dernière place sur 19 pays européens étudiés dans ce domaine de connaissance. Pour être clair, la plupart des Français ne comprenne rien à l’économie ce qui explique largement la montée du gauchisme et des extrémistes qui peuvent caricaturer les enjeux économiques au service de leur idéologie. L’urgence est donc d’engager un vaste débat et pas seulement au niveau national pour permettre au plus grand nombre de comprendre la nature, l’ampleur et le rythme des mutations en cours ;  faute de cela la France retombera dans ses vieux travers à savoir le gauchisme, le corporatisme et l’étatisme  qui plombent le progrès social et le progrès économique.  Pour Laurent Berger, plusieurs points sont indispensables, « il faut qu’on aille vers une forme de codétermination à la française. Il faut plus de poids pour que les salariés puissent s’exprimer dans l’entreprise, aient des espaces de parole par le biais de leurs représentants mais aussi en propre ». Ensuite, pour Laurent Berger, « ce qui se joue c’est une articulation intelligente entre un code du travail – un socle de droits important – des négociations de branches et de la liberté de négociations dans les entreprises ». Et sur ce dernier point, il précise: « À la seule condition que le fait syndical soit reconnu plus fortement qu’aujourd’hui ».

Manque de performance française à l’exportation: pourquoi?

Manque de performance française à l’exportation 

Coût de production et manque d’ouverture internationale seraient les principaux obstacles au dynamisme des exportations françaises. Entre 1999 et 2014, la balance commerciale de la France n’a cessé de se dégrader. D’un excédent de 31,1 milliards d’euros en 1999, nous sommes ainsi passés à un déficit de 39,2 milliards sur les échanges de biens et services, soit une perte de 70 milliards d’euros en l’espace de 15 ans. D’après  La société d’étude Kantar Public (groupe WPP) ce sont avant tout les coûts, que ce soit de production (67% des répondants citent cette raison), de transports (51%) et de douanes (50%), qui freinent les exportations françaises. La lourdeur de la réglementation des règles à l’export (56%) constitue l’autre grand obstacle, si l’on en croît les personnes interrogées. Autre  source d’explications : le « manque d’ouverture vers l’international » pour 55%. . Il s’agit même du principal frein cité par les cadres d’entreprises étrangères (66%). « Cette perception se situe au niveau culturel. Les Français sont perçus comme ne pratiquant pas suffisamment les langues étrangères et dotés d’un état d’esprit trop peu ouvert vers l’extérieur », expliquent les auteurs de l’étude. Difficile de leur donner totalement tort. Dans son classement international de la pratique de l’anglais, l’entreprise Education First classe l’Hexagone à la 29eplace sur 72 pays, soit le plus mauvais rang en Europe de l’Ouest, derrière l’Espagne et l’Italie.

(BFM)




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