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Suites grand débat : 80% des Français n’y croient pas.

Suites grand débat : – 80% des français n’y croient pas.

 

 

D’après un sondage de l’institut Elabe, 79% des Français pensent que le grand débat n’apportera strictement rien à la crise actuelle et 70 % pensent d’ailleurs que le gouvernement ne tiendra pas compte des propositions des Français. Pourtant les citoyens souhaitent qu’Emmanuel Macron et son gouvernement agissent en priorité sur le pouvoir d’achat (pour 60% des personnes interrogées), la baisse des dépenses publiques (37%), la réduction des inégalités sociales (36%) et la baisse des impôts (33%). Ils sont 50% à attendre des réponses à la crise sociale et 3 sondés sur 10 espèrent des réformes profondes pour le pays. Mais malgré ces attentes, une majorité des personnes interrogées restent méfiantes: elles sont 68% à douter que le gouvernement prenne en considération les points de vue exprimés lors des échanges hebdomadaires tenus depuis le 15 janvier sur l’ensemble du territoire. Ce climat de défiance est principalement entretenu par les 50-64 ans (36%), les ouvriers (40%) et les habitants des communes rurales (35%) qui estiment que la consultation citoyenne est un échec pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Ces catégories sont entre 67% et 70% à estimer que le grand débat ne permettra pas d’améliorer la participation des citoyens aux décisions. 

Sondage mené sur un échantillon de 1002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 2 et 3 avril 2019. 

Gilets jaunes: Le policier de Nice ne veut pas porter le chapeau

Gilets jaunes: Le policier de Nice ne veut pas porter le chapeau

Cette affaire de blessures graves d’une manifestante de 73 ans  à Nice s’inscrit dans un environnement particulièrement mensonger. Il faut en effet se rappeler qu’il y a huit jours sitôt après l’accident, les pouvoirs publics n’ont eu de cesse de répéter que l’intéressée s’était blessée seul et qu’à aucun moment elle n’avait été en contact avec les forces de l’ordre. Le procureur n’a cessé lui aussi de défendre cette thèse jusqu’à ce qu’il soit contredit par des témoignages et des vidéos au cours de des derniers jours. Il a bien fallu reconnaître que la blessée avait été en contact avec un policier. Ce dernier sur ordre de sa hiérarchie bien sûr a d’abord contesté les faits mais devant les preuves a dû les reconnaître. Les pouvoirs publics et le procureur ont alors  changé d’argumentaire en considérant que le policier avec agi de sa propre initiative. Il est clair qu’on veut faire porter le chapeau à ce policier pour isoler l’incident et éviter de le relier à la politique de répression du pouvoir. Cette tentative de déresponsabilisation faite par le pouvoir comme par la justice est assez lamentable. Aujourd’hui le policier se retrouve seul pour expliquer son application. Ce policier “N’a agi que dans le strict respect des ordres” de sa hiérarchie et “n’a commis aucune infraction pénale”, a déclaré samedi son avocat dans un communiqué. Geneviève Legay a été grièvement blessée à la tête après une charge des forces de l’ordre alors qu’elle se trouvait, avec d’autres manifestants, dans un périmètre préfectoral d’interdiction de manifester. “Mon client tient (…) à exprimer ses plus sincères regrets quant aux conséquences de l’intervention des services de police causées sur la personne de Madame Geneviève Legay et aux blessures qu’elle a subies à cette occasion”, a déclaré l’avocat du policier, Me Adrien Verrier. “Il tient cependant à rappeler qu’il n’a agi que dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie, lesquels s’inscrivaient dans le cadre d’un rassemblement illégal, après trois sommations faites aux manifestants d’avoir à se disperser, qui leur ont clairement été exprimées et auxquelles ils n’ont pas déféré.” “La charge policière qui s’en est suivie s’est déroulée très rapidement et mon client n’a pas utilisé d’arme”, a ajouté l’avocat.

Loi santé : pas d’effet avant 2030, au moins

Loi santé : pas d’effet avant 2030, au moins

 

Théoriquement la loi santé qui vient d’être adoptée en première lecture par l’assemblée nationale vise à régler le problème des déserts médicaux. En réalité,  cette loi n’aura pas d’effet avant 2030au  moins puisque pour l’essentiel elle concerne la suppression du numerus clausus qui permettra d’augmenter le nombre de médecins dans une douzaine d’années. Le reste relève de l’anecdotique voire de l’illusion. Par exemple ces réseaux, appelés communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), qui intégreront tous les professionnels d’un territoire donné (médecins, pharmaciens, kinés, infirmières, etc.). Comme les maisons de santé, ces réseaux n’augmenteront pas le nombre de thérapeutes. Il s’agit de construction virtuelle pour donner l’impression du nombre. Les maisons de santé par exemple sont essentiellement du béton où l’on regroupe des praticiens, généralement ceux qui exercent déjà, rarement de nouveaux. Compte tenu de la démographie le nombre d’intervenants ne cesse de diminuer. Autres gadgets la création d’un assistant médical y compris pour les généralistes. Afin de libérer du “temps médical”, la loi crée le métier d’assistant médical. Le contour de cette nouvelle profession doit être défini par la négociation entre les syndicats de médecins libéraux et la Sécurité sociale. L’objectif est de créer 4.000 postes d’assistants médicaux d’ici à 2022. Si l’on calcule bien cela fait environ 40 postes par département pour environ 60 000 médecins ! Et seuls les médecins travaillant en coordination avec d’autres professionnels de santé auront le droit d’avoir un assistant médical, signale Stéphanie Rist. Travailler en réseau “fait gagner du temps” et permet de mieux prendre en charge les patients, souligne cette rhumatologue. Ne parlons pas du  système permettant de rémunérer au smic (1.200 euros par mois) des étudiants en médecine qui acceptent de travailler en zone tendue une fois diplômés. Un système qui a été étendu aux Praticiens à diplômes hors Union européenne (PADHUE) et qui lui est réellement efficace si l’on en juge par le nombre croissant d’étrangers pratiquants en FranceToujours pour alléger les tâches des médecins, les pharmaciens seront habilités à délivrer sans ordonnance des médicaments qui en nécessitent une. Les infirmiers pourront pour leur part modifier certaines posologies de traitement. Très controversés, les hôpitaux dits de proximité ne pratiqueront pas d’accouchements ni de chirurgie lourde, mais pourront offrir des services d’urgence, de gériatrie, de radiologie et de biologie. En gros des maisons de convalescence ! Le gouvernement veut “labelliser” 500 à 600 hôpitaux de proximité, en lieu et place des 250 hôpitaux locaux actuels. Dans un but de rationalisation, la loi officialise la création de l’espace numérique de santé qui contient le dossier médical du patient, un accès à son compte Assurance-maladie, d’éventuelles applications santé, ainsi que ses ordonnances. Le soin à distance, jusqu’ici autorisé pour les médecins (télémédecine) sera ouvert aux autres professionnels de santé. Ainsi, en l’absence d’un orthophoniste près de chez lui, un patient pourra consulter à distance celui d’une grande ville.

Européennes : pas plus de 2 verts par jour et encore pas tous les jours !

Européennes : pas plus de 2 verts par jour et encore pas tous les jours !

 

Pas  plus de deux verres d’alcool par jour et encore pas tous les jours : c’est le nouveau slogan de France Santé Publique pour préserver la santé des Français. De la même manière, on pourrait dire « pas plus de deux Verts par jour et encore pas tous les jours » pour les listes européennes. En effet pratiquement chaque jour les différents listes politiques annoncent le recrutement d’écolos qui ont ainsi l’occasion de se recycler politiquement. Il faut dire que l’écologie est à la mode. Chacun va donc afficher un candidat verdoyant en position éligible aux élections européennes. On peut le vérifier dans pratiquement tous les partis politiques. Il est clair que le thème environnemental prend une importance de plus en plus grande dans les préoccupations des citoyens et qu’à défaut de conviction les organisations politiques se doivent d’afficher un candidat en livrée verte. Pas trop non plus car il ne faut pas quand même effrayer les productivistes qui militent pour le recours à des procédés de production aux émissions polluantes dangereuses. On va donc équilibrer les listes par exemple avec la présence d’un agriculteur ou d’un rural. Certaines listes vont aussi se doter d’un ou deux gilets jaunes pour satisfaire les couches populistes. Finalement les listes politiques constituent un savant cocktail d’éléments très divers mais qui produit est rarement un breuvage politique très buvable. Tout cela aboutit à une sorte de gris comme lorsqu’on mélange de manière excessive les couleurs de la palette. Et pour ce breuvage là, même un verre par jour c’est déjà beaucoup !

Transition énergétique : des discours mais pas de progrès

Transition énergétique : des discours mais pas de  progrès

Le forum économique mondial constate une stagnation  en matière d’émissions polluantes pour l’énergie au plan mondial. Pour l’énergie, c’est sur le plan environnemental que les choses ont le moins progressé. Ces piètres performances, associées à des niveaux de prix de moins en moins abordables, nuisent à la note globale de performance du système énergétique qui, en progrès constant depuis 2014, a stagné l’année dernière, en dépit des progrès réalisés en matière d’accès à l’énergie. Pour l’avenir, à l’exception du Royaume-Uni, seul pays du G7 à obtenir l’un des meilleurs scores en termes de préparation, ce sont les petits pays qui sont le mieux notés. Résultat : les 10 meilleures performances ne représentent que 2,6% des émissions mondiales, ce qui constitue un défi de taille pour la communauté internationale et une preuve de la nécessité de changer de braquet. Singapour est le seul de ce groupe situé en dehors de l’Europe de l’Ouest. Sur l’indice de transition énergétique global, la France se classe au 8e rang mondial sur l’indice de transition, affichant une 4e place en matière de « performance du système ». Grâce à son système énergétique décarboné (beaucoup de nucléaire, très peu de charbon et un peu de renouvelables), la France se situe bien au-dessus de la moyenne des économies avancées sur le plan de la « durabilité environnementale ». Elle offre aux industriels des prix compétitifs et dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel solide. Les résultats contrastés affichés par certains grands pays peuvent aussi donner quelques raisons d’espérer. Ainsi, les deux pays les plus peuplés au monde, à savoir l’Inde et la Chine, affichent de piètres résultats pour ce qui concerne la performance de leur système actuel, mais bien meilleur en matière de préparation à la transition. Autrement dit, si leurs systèmes existants ne sont pas adaptés à la transition, l’environnement favorable dont ils bénéficient devrait leur permettre d’évoluer rapidement. Ainsi, la Chine (classée au 97e rang pour ce qui est de la performance de son système actuel) progresse au 45e rang, et même au 7e si l’on s’en tient à la réglementation et à la volonté politique.

Sondage Européennes: c’est pas gagné pour LREM

Sondage Européennes: c’est pas gagné pour LREM

 

 

 

Plus que jamais, il faudra prendre les sondages avec des pincettes. On le voit avec les sondages de popularité de Macron (qui monte ou qui descend selon les enquêtes … et les préférences des patrons de médias). On le constate aussi avec ce sondage concernant les européennes.  Un sondage Harris Interactive- Agence Epoka réalisée pour LCI, RTL et Le Figaro publié dimanche. En Marche serait en tête mais avec un seul point d’avance sur la liste du rassemblement national. Autant dire dans la marge d’erreur qui pourrait tout aussi bien placer le rassemblement national en tête. D’après ce sondage, avec 23 % des intentions de vote, en hausse d’un point, elle est talonnée par la liste du Rassemblement national, emmenée par Jordan Bardella, et créditée de 22 % (+  1 également). Encore distancés, Les Républicains ferment le trio de tête avec 13 % d’intentions de vote (- 1). Derrière, les différentes composantes d’une gauche éparpillée se retrouvent dans un mouchoir de poche: la liste LFI (8 %) arrive devant EELV (7 %) et la nouvelle liste PS-Place publique (7 %), qui progresse de deux points depuis l’annonce de l’alliance entre le parti d’Olivier Faure et le mouvement de Raphaël Glucksmann.

En tête de peloton, le duel LREM-RN s’installe donc durablement dans l’opinion. Et les motivations du vote sont très disparates selon les électorats potentiels. Les sondés s’exprimant en faveur d’une liste LREM assurent voter par «adhésion» (61 %) et privilégier «la capacité de la liste à bien représenter la France en Europe» (65 %). À l’inverse, les soutiens de la liste RN se positionnent surtout en fonction de «la capacité d’une liste à bien représenter leurs préoccupations» (56 %). Ce que reflètent bien les thèmes que privilégient les sondés dans cette élection: le pouvoir d’achat et l’immigration font figure de priorités (43 %, en hausse depuis la dernière vague, il y a deux semaines), devant les impôts (37 %), la lutte contre le terrorisme (36 %) et l’environnement (32 %). Les thématiques strictement européennes, comme la réforme des institutions européennes (22 %), la démocratie en Europe (19 %) ou la question des travailleurs détachés (17 %), n’apparaissent pas pour l’instant comme structurantes.

Si la crise que traverse l’exécutif au niveau national, symbolisé par le regain de violence des «gilets jaunes», n’a pour l’instant pas pénalisé la liste LREM-MoDem, un signal pourrait inquiéter les cadres de la majorité: 47 % des Français exprimant un vote indiquent souhaiter manifester une insatisfaction à l’égard d’Emmanuel Macron et du gouvernement, une proportion en hausse de cinq points en un mois.

 

Retraite :  » 62 ans, pas le sujet », (Jean-Paul Delevoye )

Retraite :  » 62 ans, pas le sujet », (Jean-Paul Delevoye )

Ex-médiateur de la République et proche d’Emmanuel Macron, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, revient sur l’âge légal de départ à la retraite dans le JDD en réaffirmant que ce principe ne sera pas remis en cause en dépit des couacs de membres du gouvernement et notamment de la ministre de la santé. Ce rappel à la légalité n’éclaire pas pour autant l’avenir des retraites vis-à-vis du départ réel, aussi vis-à-vis des régimes spéciaux. De toute évidence les salariés seront invités par différents moyens à prendre un départ effectif autour de 65 ans (au lieu de 63 ans en moyenne aujourd’hui. Extrait de l’interview du JDD : Pourquoi ce couac du gouvernement sur l’âge de départ à la retraite?
Les propos de Mme Buzyn, avec qui j’échange régulièrement, ont été mal interprétés. Le rapport de Dominique Libault [président du Haut conseil du financement de la sécurité sociale] sur la dépendance sera rendu jeudi et c’est au financement de ce défi sociétal que la ministre de la Santé faisait référence, tout comme le Premier ministre et Gérald ­Darmanin. Le grand débat est un moment où toutes les questions doivent pouvoir être posées sans tabou. Je suis peu sensible aux orages médiatiques. À partir du moment où j’ai un chemin, j’attends que la poussière retombe et je reste fixé sur les engagements pris. Et ils sont très clairs! Nous n’avançons pas masqués, il n’y a pas de loup.

Vous ne reviendrez donc pas sur ce curseur des 62 ans?
Les 62 ans, ce n’est pas le sujet, c’est un débat trop restreint. Dans un régime par points, on passe de droits dépendant en grande partie d’une durée d’assurance à des points accumulés à chaque période travaillée. Plus on souhaite en avoir, plus on poursuit sa carrière. C’est ça, le libre choix. Et c’est une aspiration forte de nos concitoyens. (Pas sûr cependant qu’il s’agisse vraiment d’un libre choix !  NDLR)

Gilets jaunes et Maintien de l’ordre : pourquoi pas la bombe atomique !

Gilets jaunes et Maintien de l’ordre : pourquoi pas la bombe atomique !

 

 

 

Nombre de responsables et d’experts de la sécurité s’interrogent  sérieusement sur la pertinence du recours à l’armée pour assurer l’ordre public lors des manifestations de gilets jaunes. Le pouvoir objecte que l’armée est déjà sollicitée dans ‘opération sentinelle. Et pourquoi pas la bombe atomique ?  Pas vraiment un argument convaincant car Sentinelle  être le travail de la police et les 10 000 militaires utilisés serait plus utile sur le terrain des opérations extérieures où les effectifs manquent souvent. La plupart des experts en sécurité considèrent en effet que ce gouvernement  fait preuve d’un grand amateurisme pour s’opposer aux violences et arrêter les responsables. Si l’on en croit le ministère de l’intérieur les casseurs en cause ne représentent pas plus de 2000 personnes au maximum, ils sont même identifiés avant même les manifestations en tout cas quantitativement. Comment comprendre que l’ensemble des forces de police et de gendarmerie ne parvienne pas à réduire à néant les velléités destructrices de ces individus. De quoi s’inquiéter pour la sécurité du pays voire pour la sûreté. Le problème central c’est que ce pouvoir ne s’est pas entouré des compétences nécessaires car le maintien de l’ordre est une affaire de spécialistes et non d’amateurs comme ceux qui entourent aussi bien Macron que Castaner. Pour preuve cette conception très évolutive de la politique du maintien de l’ordre selon les semaines avec parfois une recherche dangereuse du contact systématique avec les manifestants et de l’autre un laxisme qui laisse les plus radicaux détruire biens publics et commerces. Comment un pays comme la France peut-il se montrer incapable de stopper 1500 à 2000 extrémistes ? Le recours à l’armée pose donc interrogations. D’abord quant au symbole qu’il représente car cela caractérise un niveau de gravité sociale et politique. Ensuite quant à l’efficacité. En effet d’après tous les spécialistes, le maintien de l’ordre est un métier pour lequel la gendarmerie et la police sont formés. Ce n’est pas le cas de l’armée qui elle est formée pour se défendre et tuer l’ennemi s’il le faut. Cet appel à l’armée  revêt sans doute aussi un caractère politique pour mordre sur la forte demande d’ordre qui se réfugie dans les partis politiques radicaux.

Maintien de l’ordre «Gilets jaunes»: l’armée, pourquoi pas la bombe atomique !

Maintien de l’ordre «Gilets jaunes»: l’armée, pourquoi pas la bombe atomique !

 

 

 

Les responsables des principaux partis politiques se sont étripés sur BFM  notamment sur la perspective de solliciter l’armée pour maintenir l’ordre lors des manifestations de gilets jaunes. Pas vraiment étonnant car cette orientation suscite pour le moins des interrogations. Elle révèle d’abord l’ampleur de la crise : une double crise, celle des gilets jaunes et plus largement du mécontentement social mais aussi une crise de gouvernance. La plupart des experts en sécurité considèrent en effet que ce gouvernement  fait preuve d’un grand amateurisme pour s’opposer aux violences et arrêter les responsables. Si l’on en croit le ministère de l’intérieur les casseurs en cause ne représentent pas plus de 2000 personnes au maximum, ils sont même identifiés avant même les manifestations en tout cas quantitativement. Comment comprendre que l’ensemble des forces de police et de gendarmerie ne parvienne pas à réduire à néant les velléités destructrices de ces individus. De quoi s’inquiéter pour la sécurité du pays voire pour la sûreté. Le problème central c’est que ce pouvoir ne s’est pas entouré des compétences nécessaires car le maintien de l’ordre est une affaire de spécialistes et non d’amateurs comme ceux qui entourent aussi bien Macron que Castaner. Pour preuve cette conception très évolutive de la politique du maintien de l’ordre selon les semaines avec parfois une recherche dangereuse du contact systématique avec les manifestants et de l’autre un laxisme qui laisse les plus radicaux détruire biens publics et commerces. Comment un pays comme la France peut-il se montrer incapable de stopper 1500 à 2000 extrémistes ? Le recours à l’armée pose donc interrogations. D’abord quant au symbole qu’il représente car cela caractérise un niveau de gravité sociale et politique. Ensuite quant à l’efficacité. En effet d’après tous les spécialistes, le maintien de l’ordre est un métier pour lequel la gendarmerie et la police sont formés. Ce n’est pas le cas de l’armée qui elle est formée pour se défendre et tuer l’ennemi s’il le faut. Cet appel à l’armée  revêt sans doute aussi un caractère politique pour mordre sur la forte demande d’ordre qui se réfugie dans les partis politiques radicaux.

 

Affaire Tapie : c’est pas moi, c’est l’autre ! (Stéphane Richard)

Affaire  Tapie : c’est pas moi,  c’est l’autre ! (Stéphane Richard)

 

 

La partie de ping-pong des responsabilités continues à propos de l’affaire tapie. Devant le tribunal qui juge l’escroquerie de tapie, Stéphane Richard actuel préside d’Orange et ancien directeur de cabinet de la ministre des finances renvoie la responsabilité sur Christine Lagarde. Or Christine Lagarde a été jugée pour cette affaire de façon très bienveillante puisque la justice a considéré simplement qu’elle avait fait preuve d’un peu de légèreté. Sans doute pour ne pas la mettre en difficulté comme présidente du fonds monétaire international. Finalement ce report de responsabilité sur Christine Lagarde seulement arrangerait bien tout le monde, d’abord le pouvoir et notamment les anciens responsables de l’Élysée à l’époque de Sarkozy, aussi le pouvoir actuel qui ne veut pas  inquiéter le patron d’Orange. On sait que tapie a participé directement à de très nombreuses réunions à l’Élysée justement sur sa propre affaire. Et l’arbitrage scandaleux a été permis grâce à l’influence de l’Élysée en échange de l’appui politique de tapie. Christine Lagarde est sans doute responsable mais elle aussi n’a fait qu’appliquer les consignes de Sarkozy et de son entourage. “Je n’ai nullement participé au choix des arbitres (…) Je n’ai pas participé à l’arbitrage, ni de près ni de loin”, a-t-il déclaré à la barre lors de son premier interrogatoire depuis le début du procès, dans lequel il comparaît depuis le 11 mars aux côté de cinq autres prévenus, dont Bernard Tapie. Stéphane Richard, 57 ans, a dit avoir été choqué à l’époque par le montant accordé par le tribunal arbitral à l’ancien homme d’affaires, qui estimait avoir été floué par le Crédit Lyonnais lors de la vente du fabricant allemand d’équipements de sport Adidas : 403 millions d’euros que Bernard Tapie a été condamné à rembourser dans le volet civil de cette affaire.“Comment ces trois arbitres ont pu (…) avoir la main aussi lourde ?” a dit le PDG d’Orange, qui a assuré avoir alors pensé immédiatement à un recours en annulation. Christine Lagarde a décidé de ne pas exercer de recours, ce qui lui a valu d’être condamnée pour “négligence” par la Cour de justice de la République, qui l’a cependant dispensée de peine. Cette décision “a été mûrement réfléchie, personnellement prise et assumée par Mme Lagarde”, a insisté Stéphane Richard, qui a dit n’avoir joué un rôle qu’en amont de l’arbitrage. “M. Nicolas Sarkozy ne m’a jamais parlé de ce dossier” mais “on peut penser” qu’il a été associé à la décision de recourir à l’arbitrage, a-t-il ajouté. Son principal accusateur est l’ancien directeur de l’APE, Bruno Bézard. “Il est évident que l’APE se donne le beau rôle en se présentant en gardien de l’orthodoxie”, a-t-il ironisé. Mais “il n’y a rien d’anormal dans le traitement de ce dossier”, s’est-il défendu. “J’ai pris quelques initiatives mais je ne vois pas en quoi ça peut constituer un quelconque délit.” !

Gilets jaunes : on ne forme pas un militant en quelques semaines

Gilets jaunes : on ne forme pas un militant en quelques semaines

 

Les gilets jaunes ont eu le mérite de faire émerger la colère contre l’injustice fiscale et sociale. Mais  les inconséquences des leaders autoproclamés vont tuer le mouvement. Faute de structuration, ces leaders autoproclamés n’existent que grâce à la bienveillance des médias. Le problème c’est que ces responsables n’ont aucune légitimité démocratique et surtout aucune expérience sociale et militante. Les partis politiques comme les syndicats ne sont pas sans défauts mais ils savent que pour former un militant il faut un minimum de 5à 10 ans d’abord pour se rôder au rite démocratique d’une organisation de masse, d’autre part pour se former et s’approprier la problématique socio- économique. Or la plupart des leaders des gilets jaunes n’ont pour idéologie qu’un ego surdimensionné qui brasse des concepts idéologiques souvent sulfureux. Ils n’ont aucune expérience de la conduite d’un mouvement de masse et ne cesse d’accumuler les erreurs qui conduiront à l’extinction totale du mouvement. Les gilets jaunes sont engagés dans une spirale infernale bien connue dans les mouvements sociaux à savoir que plus la participation diminue et plus les radicaux durcisse le mouvement écartant encore un peu plus la participation des plus modérés. Il y a deux manières de tuer un mouvement, soit de l’arrêter brutalement sans obtenir la moindre satisfaction ce qui provoque évidemment déception et rancœur. Une autre consiste à utiliser l’épuisement des troupes. Ce que pratiquent régulièrement les gauchistes dans les mouvements sociaux d’entreprise. De toute manière pour eux ce ne sont pas les résultats qui comptent mais le nombre de nouveaux pseudos révolutionnaires qui viennent renforcer leurs micros organisations. On objectera que les pouvoirs publics portent aussi une grave responsabilité car il y a longtemps que le gouvernement aurait dû solliciter les corps intermédiaires organiser une vraie négociation débouchant sur des perspectives concrètes. Au lieu de cela, on a choisi le dialogue direct avec l’opinion en organisant un grand débat, certes pas tout à fait inutile, mais dont le débouché ne pourra conduire qu’à une immense déception compte tenu de l’écart immense entre les espérances et les marges de manœuvre du gouvernement. D’une certaine manière la gestion de ce mouvement social aura  été calamiteuse tant de la part des leaders autoproclamés des gilets jaunes que de la part du gouvernement.

Rapatriement des djihadistes : le gouvernement pas très clair !

Rapatriement des djihadistes : le gouvernement pas très clair !

 

Il y a quelques semaines le gouvernement semblait favorable au retour de djihadistes  détenus en Syrie par les forces kurde. Une annonce qui avait provoqué des réactions contradictoires. Du coup, le gouvernement a tenté de clarifier une position parfois fortement critiquée. Pour autant la réponse d’Édouard Philippe sur la question est particulièrement confuse. En effet le Premier ministre ne parle plus de rapatriement systématique mais indique que la France aura à s’interroger le moment venu en fonction des modifications de l’équilibre des forces dans le nord-est de la Syrie. Autant dire que le premier Ministre ne répond pas. Pour l’Irak la situation est plus claire ; les ressortissants français seront jugés dans ce pays par les autorités judiciaires. Pour la Syrie, c’est un peu le grand brouillard car il n’y a pas encore d’Etat indiscutable. La question est pourtant de savoir s’il est opportun ou pas de rapatrier notamment les épouses de djihadistes  et les enfants dont certains sont orphelins. Cela pour des motifs humanitaires (les djihadistes adultes seront évidemment jugés en France) mais aussi politiques. Il se pourrait en effet que le maintien sur place de femmes et d’enfants de djihadistes constitue un réservoir de futurs terroristes. La question n’est pas simple car en cas de retour il faut non seulement juger les terroristes mais aussi prévoir les moyens de leur incarcération et de leur réinsertion. Le moins que l’on puisse dire c’est que pour l’instant la position gouvernementale se caractérise par un grand flou:

“Si une modification de l’équilibre des forces dans le nord-est syrien conduisait à la libération de ces détenus et à leur éparpillement dans la zone ou dans d’autres pays voire à leur retour illégal en France, à ce moment-là il faudrait se poser la question”, a déclaré le Premier ministre français sur BFM TV.

“Aussi longtemps qu’ils sont détenus, ils ont vocation à être jugés et punis sur place” mais “si la situation là-bas venait à changer et si nous devions craindre la dispersion et la libération de ces ressortissants français, alors nous pourrions nous poser la question de savoir s’il n’est pas préférable qu’ils soient détenus en France plutôt qu’en liberté ailleurs”, a-t-il ajouté.

Paradis fiscaux : des pays en plus mais pas ceux de l’UE !

Paradis fiscaux : des pays en plus mais pas ceux de l’UE !

 

 

On avance toujours prudemment vis-à-vis des paradis fiscaux même si on augmente le nombre. En effet, si l’union européenne a accru le nombre de pays visés, elle a bien évité de viser des pays européens comme l’Irlande, les Pays-Bas ou encore la Belgique. Les pays de l’Union européenne ont ajouté dix États ou territoires à leur projet de nouvelle liste noire des paradis fiscaux, a déclaré mardi à Reuters un responsable européen. Lors d’une réunion prévue mercredi, les représentants des pays de l’UE doivent entériner la nouvelle liste – qui triplera le nombre d’États ou territoires répertoriés – mais ils n’avaient toujours pas décidé, mardi, s’ils y incluaient ou non les Emirats arabes unis et le territoire britannique des Bermudes, a dit ce responsable.

Le sultanat d’Oman et certaines îles des Caraïbes et du Pacifique seront ajoutés à la liste, qui comprend pour le moment cinq Etats ou territoires : l’Etat de Samoa (Samoa occidental), Trinité-et-Tobago et trois territoires américains : les Samoa américaines, Guam et les îles Vierges.

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien compris

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien  compris

 

La popularité d’Emmanuel Macron semble se redresser mais   61 % des Français ont toujours une mauvaise opinion du président. En outre, 65% estiment qu’il « ne semble toujours pas comprendre la gravité de la crise politique et sociale », selon un sondage Viavoice diffusé ce lundi *. Le Premier ministre Edouard Philippe gagne pour sa part 3 points au cours de la même période, avec 28% de bonnes opinions également et 61% (-5) d’avis négatifs, selon cette enquête pour Libération. Dans le même temps, le soutien au mouvement des gilets jaunes a nettement reculé, avec 36% (-17 depuis décembre) des Français qui le soutiennent, 35% (+4) qui le comprennent « sans le soutenir » et 20% (+10) qui y sont globalement opposés. Pour 63%, le mouvement doit « arrêter les manifestations et trouver d’autres modes d’action », contre 30% d’un avis contraire. Seuls 28% pensent qu’Emmanuel Macron a compris la gravité de la crise actuelle et 38% (contre 46%) estiment que sa décision de convoquer un « grand débat national » était « la bonne réponse à apporter ».

* Enquête réalisée en ligne les 19 et 20 février auprès de 1.004 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

Tapie aurait acheté un match PSG-Marseille? NON, c’est pas possible !

Tapie aurait acheté un match PSG-Marseille? NON, c’est pas possible !

 

 

Décidément Bernard Tapie est une victime. Déjà torturé par la justice pour l’affaire des 450 millions qui lui ont été payés indûment et qu’il devrait rembourser (un jour peut-être) voilà que Bernard Tapie est maintenant accusé d’avoir acheté un arbitre de football pour un match entre le PSG et Marseille. Évidemment l’intéressé se défend avec vigueur et clame son innocence. On le connaît, avec son bagout il serait capable de se faire donner 10 € par un clochard. Cette fois c’est l’ancien attaché parlementaire de Bernard Tapie qui accuse l’intéressé d’avoir acheté un match voir d’autres  «J’ai participé une fois à un achat d’arbitre, dit l’intéressé. Le lendemain de la rencontre, je suis allé lui remettre dans un endroit discret ce qui était convenu. La corruption n’était pas intensive, il ne s’agissait pas d’acheter tous les matches.» VA-OM ? «Tapie a toujours déclaré qu’il avait été condamné à tort. Mais j’étais là, et je n’étais pas seul, le jour où il a demandé que 250.000 francs soient versés à (Jean-Pierre) Bernès avant qu’il s’en aille à Valenciennes. Tapie a bien été le commanditaire de l’acte de corruption», affirme Fratani. Avant de charger l’ex-directeur sportif de l’OM : «À partir de 1988-1989, il se lance avec Tapie dans une entreprise de corruption qui va durer quatre saisons». Le tout en ajoutant avoir été «au courant de toutes les activités» de Bernès. Et d’ajouter : «Je les ai couvertes et il m’est arrivé d’y participer». Last but not least, Marc Fratani assure que la direction olympienne utilisait des produits pour affaiblir les équipes adverses à leur insu… «On déstabilisait aussi l’adversaire en utilisant des psychotropes : du Haldol, un anesthésiant. À l’aide de seringues à aiguilles ultra fines, le produit était injecté à l’intérieur de bouteilles en plastique», explique-t-il. A noter que ledit M. Fratani est en froid avec Bernard Tapie depuis des années.

 

Bureaucratie : La France des lois…pas des actes

Bureaucratie : La France des lois…pas des actes

 

Dans de nombreux domaines, la France se caractérise des déclarations d’intention et des lois peu efficientes. Nombre de lois sont d’ailleurs adoptées à l’occasion d’un événement conjoncturel. C’est-à-dire sous le coup de l’émotion et sans forcément s’attaquer à leurs dimensions structurelles. Certes les prises de position, les manifestations font parti intégrante des outils de la démocratie mais ces postures de protestation sont insuffisantes pour changer la donne si des actes concrets ne sont pas pris. Les responsables politiques objecteront que les lois sont nombreuses. Effectivement il y a plus de 10 000 lois en France et 100 000 décrets. Mais la plupart présentent un caractère opérationnel insuffisant voire même sont complètement ignorés (de l’ordre de 30 à 40 %). La grande insuffisance du pays réside dans l’absence d’évaluation des orientations et des dispositions législatives en particulier. Du coup, les dispositions réglementaires s’empilent sans grande cohérence. L’arsenal juridique est en  générale suffisant mais manque la volonté de mise en œuvre. Pour moderniser dans les champs économique, sociale, environnemental et plus généralement sociétal, il n’est nul besoin d’un arsenal juridique supplémentaire. Ce qui manque c’est la volonté et parfois les moyens mais pas toujours. Un seul exemple, la démocratie. En théorie des organes de consultation et d’évaluation existent mais ils sont rarement sollicités et lorsqu’ils le sont leur avis est le plus souvent ignoré. Mais dans cette monarchie républicaine, tout  passe par une loi. Or comme dans toute organisation humaine c’est davantage le style et l’efficacité du management qui définit la performance plutôt que les règlements. Pas étonnant la plupart de nos élites sont formatés par l’administration. Et même lorsqu’ils viennent du privé,  les élus très rapidement se convertissent à la religion administrative.

 

Une aristocratie des diplômes, pas une aristocratie des talents (Daniel Karyotis)

Une aristocratie des diplômes, pas une aristocratie des talents (Daniel Karyotis)

 L’avis de Daniel Karyotis, directeur général de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes dans une interview aux Échos

« Naguère, la France s’appuyait sur un système scolaire qui lui permettait très en amont d’identifier des aptitudes particulières chez certains jeunes collégiens et les enseignants jouaient leur rôle de détecteurs de talents. Certes, cet environnement n’était pas optimal, et beaucoup restaient au bord du chemin, mais j’avais l’impression à l’époque que chacun pouvait réussir. Et cela a été un puissant moteur de motivation pour moi qui n’était pas issu d’un milieu favorisé.

si, je me souviens, quand j’étais jeune étudiant, des portraits de dirigeants de grandes entreprises que réalisait « L’Expansion » et qui me paraissaient inaccessibles. Et je découvrais avec étonnement, mais avec une immense satisfaction, que tel grand patron était fils de boulanger, de cheminot, de douanier ou d’épicier et cela m’avait convaincu qu’en France la réussite était possible pour chacun d’entre nous. Ce phénomène a duré plusieurs décennies et était qualifié de « méritocratie républicaine » et « d’ascenseur social » . Ainsi après les 30 glorieuses économiques (1945-1975) émergeaient les 30 « reconnaissances sociales » si on pouvait ainsi les qualifier.

Mais que s’est-il passé à partir des années 2000 en France ? Pourquoi l’ascenseur social s’est-il mis brutalement à l’arrêt contrairement à ce qu’affirment encore aujourd’hui nos élites ?

Première observation : ceux et celles qui ont bénéficié de l’ascenseur social ont poussé leurs propres enfants à faire les meilleures études possibles, ce qui est compréhensible. J’ai eu l’occasion d’échanger sur ce sujet avec Raymond Lévy, aujourd’hui décédé, et qui fut un grand serviteur de l’État et un grand chef d’entreprise (Usinor, Renault…). Nous étions en désaccord sur ce sujet alors que lui-même, fils d’épicier, avait fait Polytechnique et le Corps des Mines. Mais il souriait quand je lui disais que ses quatre enfants avaient fait l’X aussi sans exception et ainsi que 5 de ses petits enfants ! De quoi déjà nous interpeller, il me semble.

Second élément : l’éclat économique de notre pays se patine année après année et le réflexe d’un repli sur soi est devenu très puissant. On se protège d’abord soi-même, ensuite les siens et enfin ceux et celles du même sérail : on exclut tous les autres ! N’est-il pas surprenant que dans tous les secteurs d’activité en France, sans exception (médecin, avocat, médias, acteur-réalisateur, chanteur ou même écrivain…), on retrouve régulièrement les « fils ou filles de ». Difficile de se faire une place dans un tel contexte.ar ailleurs, avec le « bac pour tous » (belle idée à l’origine), notre système scolaire s’est contorsionné de telle sorte que ceux qui veulent réaliser des études brillantes commencent dès le collège à enchainer les cours de soutien pour avoir plusieurs années d’avance sur les programmes. Notre simple bachelier a donc peu de chance de performer post-bac, d’autant que les parents lâchent prise très vite devant la complexité croissante des programmes et des matières. Vive le marché lucratif des cours de soutien et des multiples concours qui vous font débourser plusieurs centaines d’euros pour une simple inscription…

La méritocratie est donc mise à mal et la médiocratie nous guette. La médiocratie ne signifie pas bien sûr que nos diplômés sont d’un médiocre niveau. Elle sous-entend simplement qu’un nombre croissant de jeunes talents s’est perdu sur le chemin arpenté des études et que le terrain de jeux des hautes études est réservé à quelques-uns. Ajoutons aussi, pour aller plus loin sur l’exclusion, que les stages constituent là encore une autre forme, moins connue, de discrimination, car difficile de trouver un très beau stage rémunéré sans appuis solides…

Plus que jamais, la machine à reproduire les élites s’est emballée dans notre pays à un rythme d’autant plus élevé que la dureté de la conjoncture exacerbe les excès d’individualisme.

Agissons donc très vite ; les exemples d’ouvertures des grandes écoles à la diversité doivent être massivement reproduits à grande échelle et l’Université doit accélérer sa mutation.

Par ailleurs, je suis aussi convaincu que face à un tel constat, les entreprises devraient diversifier les process de recrutement en les axant davantage sur la détection de potentiels et talents, mais aussi d’énergie positive en oubliant les classiques CV universitaires. »

Daniel Karyotis est directeur général de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes

Référendum : pas le meilleur outil de la démocratie (Dominique Rousseau, juriste)

Référendum : pas le meilleur outil de la démocratie (Dominique Rousseau, juriste)

Professeur de droit constitutionnel à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, auteur de Radicaliser la démocratie. Propositions pour une refondation (Seuil, 2015), Dominique Rousseau relativise le referendum comme outil de la démocratie (interview le Monde)

Le référendum est-il le meilleur outil de la démocratie directe ?

Non ! Il y a sur ce sujet une sorte de réflexe conditionné, pavlovien : quand je pense démocratie directe, je pense référendum. Sur ce point, les « gilets jaunes » sont très conservateurs ou peu créatifs. Ils ressortent une idée reçue sans la discuter. Or elle est discutable théoriquement et pratiquement. Puisque tout le monde se réfère à Athènes, il faut rappeler que ce qui caractérise ce moment, c’est l’agora, la délibération publique sur les affaires de la cité, c’est l’exercice public de la raison, de l’argumentation pour construire une décision. D’une certaine manière, les ronds-points sont cette agora où les « gilets jaunes » échangent leurs expériences de vie, les mutualisent, les argumentent et sortent de ces échanges des propositions normatives alternatives.

C’est la mobilisation de l’espace public qui est producteur de lois. Prenez la loi sur l’avortement : les femmes avortent en secret dans l’espace privé ; puis certaines d’entre elles le disent dans l’espace public et cela conduit les juges d’abord (procès de Bobigny en 1972) et les élus ensuite (loi Veil en 1975) à reconnaître le droit pour les femmes de disposer de leur corps.

Que reprochez-vous au référendum ?

Il n’incite pas à la délibération, il favorise les idées reçues, les idées que le système libéral a mis dans la tête des gens, et plus souvent ­encore les émotions. Il y a bien sûr des exceptions, mais quand on étudie les campagnes électorales pour des référendums, les « arguments » sont dans le registre des affects, des instincts, de la peur. Lors de la campagne ­référendaire sur la réforme de la Constitution italienne, en 2016, Beppe Grillo, le leader du Mouvement 5 étoiles, a ainsi déclaré : « Faites confiance à vos tripes et ne faites plus confiance à votre cerveau car il vous fait commettre des erreurs »… Après la victoire du non, qui a conduit au Brexit, l’ex-ministre des affaires étrangères britannique Boris Johnson a reconnu que certains des arguments qu’il avait employés étaient faux. La délibération favorise l’élévation de la conscience, le référendum conduit à son abaissement.

« On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts » (Medef)

« On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts » (Medef)

Le président du Medef conteste les critiques de Macron sur le rôle des partenaires sociaux et revient sur la crise des gilets jaunes (interview JDD°

Les propos d’Emmanuel Macron* après l’échec des négociations sur l’assurance chômage vous ont-ils choqué?
Je ne suis évidemment pas d’accord. Depuis dix ans, les pouvoirs publics ont nationalisé l’assurance chômage. Aujourd’hui, dernier clou dans le cercueil du paritarisme, on nous impose de négocier avec une lettre de cadrage ultra-cadrée. Notre mission était impossible. Ce ne sont pas les acteurs qui sont irresponsables, mais les règles qui les déresponsabilisent.

[...]

L’équité fiscale est au coeur des préoccupations…
La révolte des Gilets jaunes est une révolte fiscale. Elle n’est pas complètement absurde dans un pays où le taux de prélèvement atteint 48%. Tout le monde en paie trop, nous sommes à un stade de saturation qui fait que le consentement à l’impôt a disparu, chacun suspectant son voisin d’y échapper, y compris les entreprises entre elles. A 48%, le rendement fiscal n’est plus là, les gens ne vont pas faire des heures supplémentaires s’ils sont imposés en plus, ni prendre des risques entrepreneuriaux. La seule réponse possible à cette révolte, c’est de baisser rapidement les impôts.

 

Lesquels?
Il faut continuer à diminuer l’impôt sur les sociétés et s’attaquer aux impôts de production. Baisser aussi l’impôt sur le revenu des classes moyennes. La plus mauvaise réponse, ce serait d’accroître la pression fiscale, y compris sur les plus riches. Rétablir l’ISF ne va pas améliorer le sort des Français. On ne sort pas d’une révolte fiscale en augmentant les impôts.

Faire payer l’impôt sur le revenu par tous, une bonne idée?
C’est un principe intéressant, mais certains Français n’arrivent déjà pas à joindre les deux bouts! La question, c’est plutôt celle de l’efficacité du service public et d’une meilleure transparence au travers d’un nouvel acte de décentralisation. Redéfinir qui paie quoi, pour quelle efficacité. Ce manque de clarté est à l’origine de beaucoup de maux.

La France : des discours, des manifs et des lois…pas des actes

 

 

La France : des discours, des manifs et des lois…pas des actes

 

 

Dans de nombreux domaines, la France se caractérise par des manifestations, des déclarations d’intention et des lois peu efficientes. Nombre de lois sont d’ailleurs adoptées à l’occasion d’un événement conjoncturel. C’est-à-dire sous le coup de l’émotion et sans forcément s’attaquer à leurs dimensions structurelles. Certes les prises de position, les manifestations font parti intégrante des outils de la démocratie mais ces postures de protestation sont insuffisantes pour changer la donne si des actes concrets ne sont pas pris. Les responsables politiques objecteront que les lois sont nombreuses. Effectivement il y a plus de 10 000 lois en France et 100 000 décrets. Mais la plupart présentent un caractère opérationnel insuffisant voire même sont complètement ignorés ( de l’ordre de 30 à 40 %). La grande insuffisance du pays réside dans l’absence d’évaluation des orientations et des dispositions législatives en particulier. Du coup, les dispositions réglementaires s’empilent sans grande cohérence. L’arsenal juridique est en  générale suffisant mais manque la volonté de mise en œuvre. Pour moderniser dans les champs économique , sociale , environnemental et plus généralement sociétal, il n’est nul besoin d’un arsenal juridique supplémentaire. Ce qui manque c’est la volonté et parfois les moyens mais pas toujours. Un seul exemple, la démocratie. En théorie des organes de consultation et d’évaluation existent mais ils sont rarement sollicités et lorsqu’ils le sont leur avis est le plus souvent ignoré. Mais dans cette monarchie républicaine, tout  passe par une loi. Or comme dans toute organisation humaine c’est davantage le style et l’efficacité du management qui définit la performance plutôt que les règlements. Pas étonnant la plupart de nos élites sont formatés par l’administration. Et même lorsqu’ils viennent du privé,  les élus très rapidement se convertissent à la religion administrative.

 

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