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Partage de la valeur »: Réflexion bidon du gouvernement pour freiner les salaires

« Partage de la valeur »: Réflexion bidon du gouvernement pour freiner les salaires

Il est clair que jusqu’à maintenant le gouvernement s’est toujours opposé à toute taxation des super profits considérant qu’il ne fallait pas alourdir la fiscalité sur les entreprises.
Parallèlement, le même gouvernement considère que le rattrapage des salaires sur l’inflation n’est pas souhaitable pour des motifs macro-économiques en raison du risque de la spiral salaire prix.Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire , reprend maintenant à son compte le concept de dividende salarié : « le dividende salarié, c’est le profit, pour tous ».

Plus précisément, cette mesure vise à instaurer au sein d’une entreprise une plus juste répartition des profits entre ses actionnaires et ses salariés. L’idée a même séduit Emmanuel Macron , qui l’a inscrite dans son programme de campagne lors de la dernière élection présidentielle, puis l’a remise sur la table lors de son passage sur France 2, il y a deux semaines.

Le problème c’est qu’il ne s’agit que d’une réflexion qui d’ailleurs a peu de chances d’aboutir. La vérité, c’est que le gouvernement cherche un prétexte pour ne pas opérer un trop fort rattrapage des salaires sur l’inflation. Sa proposition est donc relativement conjoncturelle. Pour empêcher une trop forte augmentation des salaires, le gouvernement agite la perspective de primes sur les très gros bénéfices réalisés par certaines entreprises: le dividende salarié évoqué par Macron et le ministre des finances

Cette proposition rencontre des oppositions aussi bien du patronat que des syndicats. Les syndicats ne souhaitent absolument pas qu’on substitue des primes à la revalorisation des salaires. Et du côté patronal, on est également plus que réticent. Il faut dire qu’une façon générale patronat français n’est pas très progressiste pour associer les salariés aux résultats de l’entreprise. De ce point de vue, la participation financière demeure encore très minoritaire.

Ne parlons pas évidemment de la participation aux décisions, véritable tabou en France tandis qu’en Allemagne on pratique au bénéfice de tous la cogestion. La différence c’est qu’en France les conflits ne cessent de se multiplier quand en Allemagne la négociation constitue le moyen de régulation d’intérêt parfois divergents.

Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement fait le pari du « dividende salarié ». « Quand il y a une augmentation du dividende chez les actionnaires, il doit y avoir la même chose pour les salariés », a résumé le président de la République, fin octobre, lors de sa participation à l’émission « L’Evènement » sur France 2. Lors de la campagne électorale, en 2020, Emmanuel Macron préconisait déjà (PDF) un dispositif obligatoire « de partage des profits dans les entreprises qui versent des dividendes ». Sans réussir, jusqu’ici, à susciter l’enthousiasme des partenaires sociaux.

La participation, mécanisme de redistribution des bénéfices, est déjà obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Elle accorde des primes dont le montant est fixé par un accord et ne peut dépasser 30 852 euros. L’intéressement, quant à lui, est un plan d’épargne salariale, qui dépend des résultats de l’entreprise et n’est pas obligatoire. Enfin, la prime de partage de la valeur (communément appelée « prime Macron ») permet à l’employeur de verser une prime défiscalisée à ses salariés.

Mais le patronat voit aujourd’hui d’un mauvais œil cette proposition, dénonçant un mélange des genres. « C’est une très mauvaise expression qui entretient la confusion entre capital et travail », s’oppose Eric Chevée, vice-président à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans les colonnes du Parisien. « Les dividendes viennent rémunérer une prise de risque. Et le concept fait fi de la réalité d’une PME. » Toujours dans le quotidien francilien, le Medef dénonce « une confusion sur la nature de la contribution et de la prise de risque des salariés et des actionnaires dans la création de valeur par l’entreprise ».

Dividende salarié et partage de la valeur : le serpent de mer

Dividende salarié et partage de la valeur : le serpent de mer

Le gouvernement « réflechit » à des mesures afin d’améliorer le « partage de la valeur » dans les entreprises qui font des profits.

Le problème c’est qu’il ne s’agit que d’une réflexion qui d’ailleurs a peu de chances d’aboutir. La vérité, c’est que le gouvernement cherche un prétexte pour ne pas opérer un trop fort rattrapage des salaires sur l’inflation. Sa proposition est donc relativement conjoncturelle. Pour empêcher une trop forte augmentation des salaires, le gouvernement agite la perspective de primes sur les très gros bénéfices réalisés par certaines entreprises: le dividende salarié évoqué par Macron et le ministre des finances

Cette proposition rencontre des oppositions aussi bien du patronat que des syndicats. Les syndicats ne souhaitent absolument pas qu’on substitue des primes à la revalorisation des salaires. Et du côté patronal, on est également plus que réticent. Il faut dire qu’une façon générale patronat français n’est pas très progressiste pour associer les salariés aux résultats de l’entreprise. De ce point de vue, la participation financière demeure encore très minoritaire.

Ne parlons pas évidemment de la participation aux décisions, véritable tabou en France tandis qu’en Allemagne on pratique au bénéfice de tous la cogestion. La différence c’est qu’en France les conflits ne cessent de se multiplier quand en Allemagne la négociation constitue le moyen de régulation d’intérêt parfois divergents.

Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement fait le pari du « dividende salarié ». « Quand il y a une augmentation du dividende chez les actionnaires, il doit y avoir la même chose pour les salariés », a résumé le président de la République, fin octobre, lors de sa participation à l’émission « L’Evènement » sur France 2. Lors de la campagne électorale, en 2020, Emmanuel Macron préconisait déjà (PDF) un dispositif obligatoire « de partage des profits dans les entreprises qui versent des dividendes ». Sans réussir, jusqu’ici, à susciter l’enthousiasme des partenaires sociaux.

La participation, mécanisme de redistribution des bénéfices, est déjà obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Elle accorde des primes dont le montant est fixé par un accord et ne peut dépasser 30 852 euros. L’intéressement, quant à lui, est un plan d’épargne salariale, qui dépend des résultats de l’entreprise et n’est pas obligatoire. Enfin, la prime de partage de la valeur (communément appelée « prime Macron ») permet à l’employeur de verser une prime défiscalisée à ses salariés.

Mais le patronat voit aujourd’hui d’un mauvais œil cette proposition, dénonçant un mélange des genres. « C’est une très mauvaise expression qui entretient la confusion entre capital et travail », s’oppose Eric Chevée, vice-président à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans les colonnes du Parisien. « Les dividendes viennent rémunérer une prise de risque. Et le concept fait fi de la réalité d’une PME. » Toujours dans le quotidien francilien, le Medef dénonce « une confusion sur la nature de la contribution et de la prise de risque des salariés et des actionnaires dans la création de valeur par l’entreprise ».

Partage de la valeur : le serpent de mer

Partage de la valeur : le serpent de mer

Le gouvernement « réflechit » à des mesures afin d’améliorer le « partage de la valeur » dans les entreprises qui font des profits.

Le problème c’est qu’il ne s’agit que d’une réflexion qui d’ailleurs a peu de chances d’aboutir. La vérité, c’est que le gouvernement cherche un prétexte pour ne pas opérer un trop fort rattrapage des salaires sur l’inflation. Sa proposition est donc relativement conjoncturelle. Pour empêcher une trop forte augmentation des salaires, le gouvernement agite la perspective de primes sur les très gros bénéfices réalisés par certaines entreprises.

Cette proposition rencontre des oppositions aussi bien du patronat que des syndicats. Les syndicats ne souhaitent absolument pas qu’on substitue des primes à la revalorisation des salaires. Et du côté patronal, on est également plus que réticent. Il faut dire qu’une façon générale patronat français n’est pas très progressiste pour associer les salariés aux résultats de l’entreprise. De ce point de vue, la participation financière demeure encore très minoritaire.

Ne parlons pas évidemment de la participation au décisions véritables taboues en France tandis qu’en Allemagne on pratique au bénéfice de tous la cogestion. La différence c’est qu’en France les conflits ne cessent de se multiplier quand en Allemagne la négociation constitue le moyen de régulation d’intérêt parfois divergents.

Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement fait le pari du « dividende salarié ». « Quand il y a une augmentation du dividende chez les actionnaires, il doit y avoir la même chose pour les salariés », a résumé le président de la République, fin octobre, lors de sa participation à l’émission « L’Evènement » sur France 2. Lors de la campagne électorale, en 2020, Emmanuel Macron préconisait déjà (PDF) un dispositif obligatoire « de partage des profits dans les entreprises qui versent des dividendes ». Sans réussir, jusqu’ici, à susciter l’enthousiasme des partenaires sociaux.

La participation, mécanisme de redistribution des bénéfices, est déjà obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Elle accorde des primes dont le montant est fixé par un accord et ne peut dépasser 30 852 euros. L’intéressement, quant à lui, est un plan d’épargne salariale, qui dépend des résultats de l’entreprise et n’est pas obligatoire. Enfin, la prime de partage de la valeur (communément appelée « prime Macron ») permet à l’employeur de verser une prime défiscalisée à ses salariés.

Mais le patronat voit aujourd’hui d’un mauvais œil cette proposition, dénonçant un mélange des genres. « C’est une très mauvaise expression qui entretient la confusion entre capital et travail », s’oppose Eric Chevée, vice-président à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans les colonnes du Parisien. « Les dividendes viennent rémunérer une prise de risque. Et le concept fait fi de la réalité d’une PME. » Toujours dans le quotidien francilien, le Medef dénonce « une confusion sur la nature de la contribution et de la prise de risque des salariés et des actionnaires dans la création de valeur par l’entreprise ».

Partage de l’eau: enjeu public

Partage de l’eau: enjeu public

Les ultras cherchent souvent un prétexte pour agresser les forces de l’ordre et détruire mais l’État doit apporter la plus grande attention à la question de l’eau, argumente Paul Melun,
essayiste et président de «Souverains demain !» dans le Figaro à l’occasion des manifestations contre les bassines de Sainte Soline dans les Deux-Sèvres.

Ce samedi 29 octobre, à Sainte-Soline dans le sud des Deux-Sèvres, un cortège de manifestants s’est rassemblé pour dénoncer un projet de réserves d’eau pour l’irrigation. À l’appel du collectif «Bassines Non Merci», des milliers de personnes se sont réunies en dépit de l’interdiction de la manifestation par le préfet. Les opposants au projet de construction de 16 réserves d’eau pour les agriculteurs ont fait route vers la bassine afin de pénétrer dans le chantier.

les «méga bassines» d’eau menacent-elles l’environnement ?
.
Comme souvent, les militants écologistes qui constituent la «ZAD» ne sont pas des habitants du territoire, pour la majorité d’entre eux. Un jour à Notre-Dame-des-Landes contre le projet d’aéroport, un autre à Sivens contre la construction d’un barrage, la plupart de ces activistes pratiquent un militantisme nomade et transitent d’un combat à l’autre tout au long de l’année.
Souvent rejoints par des leaders politiques Verts ou d’extrême gauche à la recherche de popularité, les zadistes huent les plus modérés (Yannick Jadot en a fait les frais en Deux-Sèvres) et encensent les plus radicaux. Leurs combats écologistes sont souvent le paravent de luttes intersectionnelles radicales, dont le but est l’effondrement d’un pays, la France, qu’ils jugent conservateur et réactionnaire.

Si ces militants ne représentent souvent qu’une part infime de la population française, il n’en demeure pas moins que les sujets dont ils s’emparent ne sont pas débattus démocratiquement. La construction de bassines, tout comme le déploiement des éoliennes, ne donne en général lieu à aucune concertation avec les habitants des territoires ruraux, pourtant concernés au premier chef par ces projets. La démocratie locale est régulièrement bafouée par l’État et par les investisseurs privés.
Le projet de bassines de Sainte-Soline interpelle par son envergure : 14 hectares de bassin, 16 hectares d’emprise et 750.000 m3 d’eau. Sur les 300 exploitations agricoles que compte ce territoire, 220 sont engagées dans ce projet collectif, rapporte la Coop de l’eau sur son site.

Si notre pays veut assurer sa souveraineté alimentaire dans les crises, il doit se doter d’une agriculture performante, en mesure de nourrir l’ensemble de la population.

Certains arguments en faveur des bassines sont recevables. Les agriculteurs du département subissent les sécheresses et veulent légitimement pouvoir irriguer leurs sols, et ainsi éviter une baisse abyssale de leurs rendements. Si notre pays veut assurer sa souveraineté alimentaire dans les crises, il doit se doter d’une agriculture performante, en mesure de nourrir l’ensemble de la population. Nos agriculteurs aiment leur terre et alimentent le pays, et certains militants écologistes ont tort de l’oublier.

Néanmoins l’eau est un bien commun fondamental, qui mérite d’être partagé avec équité, dans un souci de préservation environnementale. Seul l’État, garant de l’intérêt général, peut assurer cette mission. C’est donc au gouvernement et aux élus locaux, qu’il appartient de régir le captage et la distribution de l’eau, non aux acteurs privés. La «guerre de l’eau» fait rage partout dans le monde, et va s’accentuer dans les prochaines décennies. Ce constat doit conduire l’État à réagir rapidement pour déployer une transition de notre modèle agricole afin de préparer la nation aux immenses défis que posent les perturbations du cycle de l’eau, induites par le dérèglement climatique.

Dans le respect de la démocratie écologique (référendums locaux, consultation des élus locaux), l’État doit planifier une vaste transition des usages en matière d’eau et d’environnement. Le président Macron a annoncé un plan de reforestation qui va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin. Il est urgent de multiplier le nombre de prairies et de remettre en place des haies afin de garantir la biodiversité. Le modèle d’agriculture intensive, caractérisé par ses vastes plaines de monoculture doit progressivement évoluer vers un retour aux paysages de bocages, parsemés de cultures différentes et de bois. Les cultures trop gourmandes en eau, dans les zones sujettes aux sécheresses, devront être déplacées vers d’autres territoires où la pluviométrie est plus importante.
Ce chemin ne se fera ni sans le génie de nos agriculteurs, ni sans l’adhésion des populations rurales. Les zadistes n’offrent aucune solution alternative aux projets qu’ils dénoncent. Il faut donc que l’État se dote d’une véritable ambition politique, au service d’une planification de l’eau.

Partage de l’eau: une enjeu public

Société-Partage de l’eau: une enjeu public

Les ultras cherchent souvent un prétexte pour agresser les forces de l’ordre et détruire mais l’État doit apporter la plus grande attention à la question de l’eau, argumente Paul Melun,
essayiste et président de «Souverains demain !» dans le Figaro à l’occasion des manifestations contre les bassines de Sainte Soline dans les Deux-Sèvres.

Ce samedi 29 octobre, à Sainte-Soline dans le sud des Deux-Sèvres, un cortège de manifestants s’est rassemblé pour dénoncer un projet de réserves d’eau pour l’irrigation. À l’appel du collectif «Bassines Non Merci», des milliers de personnes se sont réunies en dépit de l’interdiction de la manifestation par le préfet. Les opposants au projet de construction de 16 réserves d’eau pour les agriculteurs ont fait route vers la bassine afin de pénétrer dans le chantier.

les «méga bassines» d’eau menacent-elles l’environnement ?
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Comme souvent, les militants écologistes qui constituent la «ZAD» ne sont pas des habitants du territoire, pour la majorité d’entre eux. Un jour à Notre-Dame-des-Landes contre le projet d’aéroport, un autre à Sivens contre la construction d’un barrage, la plupart de ces activistes pratiquent un militantisme nomade et transitent d’un combat à l’autre tout au long de l’année.
Souvent rejoints par des leaders politiques Verts ou d’extrême gauche à la recherche de popularité, les zadistes huent les plus modérés (Yannick Jadot en a fait les frais en Deux-Sèvres) et encensent les plus radicaux. Leurs combats écologistes sont souvent le paravent de luttes intersectionnelles radicales, dont le but est l’effondrement d’un pays, la France, qu’ils jugent conservateur et réactionnaire.

Si ces militants ne représentent souvent qu’une part infime de la population française, il n’en demeure pas moins que les sujets dont ils s’emparent ne sont pas débattus démocratiquement. La construction de bassines, tout comme le déploiement des éoliennes, ne donne en général lieu à aucune concertation avec les habitants des territoires ruraux, pourtant concernés au premier chef par ces projets. La démocratie locale est régulièrement bafouée par l’État et par les investisseurs privés.
Le projet de bassines de Sainte-Soline interpelle par son envergure : 14 hectares de bassin, 16 hectares d’emprise et 750.000 m3 d’eau. Sur les 300 exploitations agricoles que compte ce territoire, 220 sont engagées dans ce projet collectif, rapporte la Coop de l’eau sur son site.

Si notre pays veut assurer sa souveraineté alimentaire dans les crises, il doit se doter d’une agriculture performante, en mesure de nourrir l’ensemble de la population.

Certains arguments en faveur des bassines sont recevables. Les agriculteurs du département subissent les sécheresses et veulent légitimement pouvoir irriguer leurs sols, et ainsi éviter une baisse abyssale de leurs rendements. Si notre pays veut assurer sa souveraineté alimentaire dans les crises, il doit se doter d’une agriculture performante, en mesure de nourrir l’ensemble de la population. Nos agriculteurs aiment leur terre et alimentent le pays, et certains militants écologistes ont tort de l’oublier.

Néanmoins l’eau est un bien commun fondamental, qui mérite d’être partagé avec équité, dans un souci de préservation environnementale. Seul l’État, garant de l’intérêt général, peut assurer cette mission. C’est donc au gouvernement et aux élus locaux, qu’il appartient de régir le captage et la distribution de l’eau, non aux acteurs privés. La «guerre de l’eau» fait rage partout dans le monde, et va s’accentuer dans les prochaines décennies. Ce constat doit conduire l’État à réagir rapidement pour déployer une transition de notre modèle agricole afin de préparer la nation aux immenses défis que posent les perturbations du cycle de l’eau, induites par le dérèglement climatique.

Dans le respect de la démocratie écologique (référendums locaux, consultation des élus locaux), l’État doit planifier une vaste transition des usages en matière d’eau et d’environnement. Le président Macron a annoncé un plan de reforestation qui va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin. Il est urgent de multiplier le nombre de prairies et de remettre en place des haies afin de garantir la biodiversité. Le modèle d’agriculture intensive, caractérisé par ses vastes plaines de monoculture doit progressivement évoluer vers un retour aux paysages de bocages, parsemés de cultures différentes et de bois. Les cultures trop gourmandes en eau, dans les zones sujettes aux sécheresses, devront être déplacées vers d’autres territoires où la pluviométrie est plus importante.
Ce chemin ne se fera ni sans le génie de nos agriculteurs, ni sans l’adhésion des populations rurales. Les zadistes n’offrent aucune solution alternative aux projets qu’ils dénoncent. Il faut donc que l’État se dote d’une véritable ambition politique, au service d’une planification de

Partage de l’eau: Enjeu public

Partage de l’eau: Enjeu public

Les ultras cherchent souvent un prétexte pour agresser les forces de l’ordre et détruire mais l’État doit apporter la plus grande attention à la question de l’eau, argumente Paul Melun,
essayiste et président de «Souverains demain !» dans le Figaro à l’occasion des manifestations contre les bassines de Sainte Soline dans les Deux-Sèvres.

Ce samedi 29 octobre, à Sainte-Soline dans le sud des Deux-Sèvres, un cortège de manifestants s’est rassemblé pour dénoncer un projet de réserves d’eau pour l’irrigation. À l’appel du collectif «Bassines Non Merci», des milliers de personnes se sont réunies en dépit de l’interdiction de la manifestation par le préfet. Les opposants au projet de construction de 16 réserves d’eau pour les agriculteurs ont fait route vers la bassine afin de pénétrer dans le chantier.

les «méga bassines» d’eau menacent-elles l’environnement ?
.
Comme souvent, les militants écologistes qui constituent la «ZAD» ne sont pas des habitants du territoire, pour la majorité d’entre eux. Un jour à Notre-Dame-des-Landes contre le projet d’aéroport, un autre à Sivens contre la construction d’un barrage, la plupart de ces activistes pratiquent un militantisme nomade et transitent d’un combat à l’autre tout au long de l’année.
Souvent rejoints par des leaders politiques Verts ou d’extrême gauche à la recherche de popularité, les zadistes huent les plus modérés (Yannick Jadot en a fait les frais en Deux-Sèvres) et encensent les plus radicaux. Leurs combats écologistes sont souvent le paravent de luttes intersectionnelles radicales, dont le but est l’effondrement d’un pays, la France, qu’ils jugent conservateur et réactionnaire.

Si ces militants ne représentent souvent qu’une part infime de la population française, il n’en demeure pas moins que les sujets dont ils s’emparent ne sont pas débattus démocratiquement. La construction de bassines, tout comme le déploiement des éoliennes, ne donne en général lieu à aucune concertation avec les habitants des territoires ruraux, pourtant concernés au premier chef par ces projets. La démocratie locale est régulièrement bafouée par l’État et par les investisseurs privés.
Le projet de bassines de Sainte-Soline interpelle par son envergure : 14 hectares de bassin, 16 hectares d’emprise et 750.000 m3 d’eau. Sur les 300 exploitations agricoles que compte ce territoire, 220 sont engagées dans ce projet collectif, rapporte la Coop de l’eau sur son site.

Si notre pays veut assurer sa souveraineté alimentaire dans les crises, il doit se doter d’une agriculture performante, en mesure de nourrir l’ensemble de la population.

Certains arguments en faveur des bassines sont recevables. Les agriculteurs du département subissent les sécheresses et veulent légitimement pouvoir irriguer leurs sols, et ainsi éviter une baisse abyssale de leurs rendements. Si notre pays veut assurer sa souveraineté alimentaire dans les crises, il doit se doter d’une agriculture performante, en mesure de nourrir l’ensemble de la population. Nos agriculteurs aiment leur terre et alimentent le pays, et certains militants écologistes ont tort de l’oublier.

Néanmoins l’eau est un bien commun fondamental, qui mérite d’être partagé avec équité, dans un souci de préservation environnementale. Seul l’État, garant de l’intérêt général, peut assurer cette mission. C’est donc au gouvernement et aux élus locaux, qu’il appartient de régir le captage et la distribution de l’eau, non aux acteurs privés. La «guerre de l’eau» fait rage partout dans le monde, et va s’accentuer dans les prochaines décennies. Ce constat doit conduire l’État à réagir rapidement pour déployer une transition de notre modèle agricole afin de préparer la nation aux immenses défis que posent les perturbations du cycle de l’eau, induites par le dérèglement climatique.

Dans le respect de la démocratie écologique (référendums locaux, consultation des élus locaux), l’État doit planifier une vaste transition des usages en matière d’eau et d’environnement. Le président Macron a annoncé un plan de reforestation qui va dans le bon sens, mais il faut aller plus loin. Il est urgent de multiplier le nombre de prairies et de remettre en place des haies afin de garantir la biodiversité. Le modèle d’agriculture intensive, caractérisé par ses vastes plaines de monoculture doit progressivement évoluer vers un retour aux paysages de bocages, parsemés de cultures différentes et de bois. Les cultures trop gourmandes en eau, dans les zones sujettes aux sécheresses, devront être déplacées vers d’autres territoires où la pluviométrie est plus importante.
Ce chemin ne se fera ni sans le génie de nos agriculteurs, ni sans l’adhésion des populations rurales. Les zadistes n’offrent aucune solution alternative aux projets qu’ils dénoncent. Il faut donc que l’État se dote d’une véritable ambition politique, au service d’une planification de notre agriculture. Par la souveraineté populaire et par le génie agricole français, notre pays a toutes les clés pour une gestion de l’eau équitable, au service de l’intérêt de la nation.

Une hausse de l’inflation qui repose la question du partage de la richesse

Une hausse de l’inflation qui repose la question du partage de la richesse

Le nouveau record d’inflation constatée en France en octobre pourrait relancer le débat sur le partage de la richesse et notamment des superprofits. En effet,d’un côté les consommateurs sont affrontés à une augmentation générale des prix alors que leur pouvoir d’achat ne suit pas ( en moyenne le pouvoir d’achat aura sans doute augmenté de l’ordre de 3 % quand la hausse des prix, elle, est de 6%) .

Jusque-là le pouvoir a freiné des quatre fers pour mettre sur la table la question de l’éventuelle taxation des supers bénéfices car l’inflation qui handicape les ménages en général profite à certaines entreprises pour des raisons essentiellement spéculatives. Discrètement, ces entreprises profitent du climat inflationniste général pour ajouter quelques points de hausse qui viennent gonfler les profits sans vraies raisons économiques. Ces entreprises joue un rôle négatif en profitant d’abord de l’inflation, en alimentant ensuite.

La question de la montée de l’inflation va forcément être très discutée d’autant que la taxation n’est pas forcément le meilleur moyen de la gérer. En effet une nouvelle fiscalité dira se noyer dans le trou du budget général de l’État.

Fondamentalement ce qui est en cause, c’est le partage de la richesse produite entre profits, investissements et rémunérations.

L’inflation est repartie à la hausse au mois d’octobre, notamment à cause de la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation, les deux postes de dépenses qui augmentent le plus.

Après deux mois consécutifs de ralentissement, en août et en septembre, la hausse sur un an des prix à la consommation a donc repris son accélération en octobre. Les prix ont augmenté de 6,2% sur un an, d’après des calculs provisoires de l’Insee, publiés vendredi 28 octobre. Si ce taux est confirmé par les résultats définitifs, attendus mi-novembre, il s’agira d’un nouveau record pour l’année 2022, après les 6,1% de hausse des prix relevés en juillet, et d’un niveau inédit depuis 1985 (6,4% en juin cette année-là).

Dans le détail, l’inflation est portée par l’envolée des prix de l’alimentation (+11,8% sur un an) et un rebond des prix de l’énergie (+19,2%). Ce dernier poste de dépenses s’était replié tout au long de l’été ainsi qu’au mois de septembre. Une accalmie que l’Insee avait alors principalement imputé à l’augmentation des remises sur les carburants. Ce ralentissement n’aura donc été que temporaire pour un secteur qui reste le principal moteur de l’inflation.

Economie-Inflation France: un nouveau record qui repose la question du partage de la richesse

Economie-Inflation France: un nouveau record qui repose la question du partage de la richesse

Le nouveau record d’inflation constatée en France en octobre pourrait relancer le débat sur le partage de la richesse et notamment des superprofits. En effet,d’un côté les consommateurs sont affrontés à une augmentation générale des prix alors que leur pouvoir d’achat ne suit pas ( en moyenne le pouvoir d’achat aura sans doute augmenté de l’ordre de 3 % quand la hausse des prix, elle, est de 6%) .

Jusque-là le pouvoir a freiné des quatre fers pour mettre sur la table la question de l’éventuelle taxation des supers bénéfices car l’inflation qui handicape les ménages en général profite à certaines entreprises pour des raisons essentiellement spéculatives. Discrètement, ces entreprises profitent du climat inflationniste général pour ajouter quelques points de hausse qui viennent gonfler les profits sans vraies raisons économiques. Ces entreprises joue un rôle négatif en profitant d’abord de l’inflation, en alimentant ensuite.

La question de la montée de l’inflation va forcément être très discutée d’autant que la taxation n’est pas forcément le meilleur moyen de la gérer. En effet une nouvelle fiscalité dira se noyer dans le trou du budget général de l’État.

Fondamentalement ce qui est en cause, c’est le partage de la richesse produite entre profits, investissements et rémunérations.

L’inflation est repartie à la hausse au mois d’octobre, notamment à cause de la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation, les deux postes de dépenses qui augmentent le plus.

Après deux mois consécutifs de ralentissement, en août et en septembre, la hausse sur un an des prix à la consommation a donc repris son accélération en octobre. Les prix ont augmenté de 6,2% sur un an, d’après des calculs provisoires de l’Insee, publiés vendredi 28 octobre. Si ce taux est confirmé par les résultats définitifs, attendus mi-novembre, il s’agira d’un nouveau record pour l’année 2022, après les 6,1% de hausse des prix relevés en juillet, et d’un niveau inédit depuis 1985 (6,4% en juin cette année-là).

Dans le détail, l’inflation est portée par l’envolée des prix de l’alimentation (+11,8% sur un an) et un rebond des prix de l’énergie (+19,2%). Ce dernier poste de dépenses s’était replié tout au long de l’été ainsi qu’au mois de septembre. Une accalmie que l’Insee avait alors principalement imputé à l’augmentation des remises sur les carburants. Ce ralentissement n’aura donc été que temporaire pour un secteur qui reste le principal moteur de l’inflation.

Réforme des retraites : Pour un autre partage de la richesse

Réforme des retraites : Pour un autre partage de la richesse

 

Le besoin de réforme structurelle n’est pas là où Emmanuel Macron le situe et le gouvernement risque de se tromper dans ses choix politiques sur les retraites, alerte le syndicaliste Gérard Mardiné,Secrétaire général de la Confédération CFE-CGC,  dans une tribune au « Monde », qui insiste sur la nécessaire évolution de la gouvernance des entreprises.

 

Le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), publié le 15 septembre, affiche que « ses résultats ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite ». Il donne cependant déjà lieu à des interprétations multiples, ce qui nécessite de bien décoder un contenu très ésotérique.

Les scénarios présentés sont d’abord le fruit d’hypothèses de long terme assez irréalistes, tant dans les champs démographique et économique qui sont les deux déterminants importants du poids et de l’équilibre financiers des retraites.

 

Bien que l’espérance de vie stagne depuis dix ans et alors que la mortalité à mi-août 2022 est déjà supérieure de 8 % à celle sur la même période de 2019, l’hypothèse d’une hausse future significative de l’espérance de vie (à titre d’exemple, l’espérance de vie à 60 ans des hommes augmenterait de deux ans et demi d’ici à 2040) paraît irréaliste.

Une extrapolation mathématique du passé ne peut pas primer sur le constat que l’état des facteurs objectifs influençant la mortalité ne plaide malheureusement pas actuellement pour une hausse de l’espérance de vie à court-moyen terme. A commencer par l’état désastreux de nos hôpitaux et par le niveau de pollution environnementale. Un scénario à espérance de vie constante dans les prochaines années devrait donc être considéré.

La baisse de l’hypothèse de fécondité interpelle également. Les causes de la baisse constatée sont d’abord la difficulté de nombreux jeunes à trouver la stabilité nécessaire pour se construire un projet de vie du fait d’emplois précaires, de difficultés de logement… et l’éco-anxiété des jeunes générations liée au constat de politiques environnementales très insuffisantes. Ne pas garder le chiffre précédent revient à considérer qu’il ne sera pas mené de politiques volontaristes dans ces domaines.

Les hypothèses économiques retenues méritent aussi d’être décodées et remise en cause. Les paramètres d’entrée considérés sont le produit intérieur but (PIB), la productivité du travail et le taux de chômage ; mais finalement, la valeur déterminante est la masse salariale sur laquelle est assis l’essentiel des recettes de notre système de retraite.

« Entre 1997 et 2019, la part revenant aux salariés a baissé, passant de 59,3 % à 54,9 %, alors que la part revenant aux actionnaires a triplé, passant de 5,2 % à 15,8 % »

La masse salariale est liée au PIB au travers du partage de la valeur ajoutée. Les données de la Banque de France montrent que, entre 1997 et 2019, la part revenant aux salariés a baissé significativement, passant de 59,3 % à 54,9 %, alors que la part revenant aux actionnaires a triplé, passant de 5,2 % à 15,8 %. Ce phénomène pénalisant les ressources de notre système de retraite est principalement lié à la financiarisation croissante menée par les directions générales des grandes entreprises ces vingt-cinq dernières années.

Tourisme : pour davantage de coordination et un pilotage partagé

Tourisme : pour davantage de coordination et un pilotage partagé

L’attractivité d’un territoire dépend de toute une mosaïque d’acteurs privés qu’il leur est bien difficile de coordonner. Par Marie-Laure Baron, Université Le Havre Normandie; Samuel Grandval, Université Le Havre Normandie et Xiao Liu, Université Le Havre Normandie

 

 

Le tourisme a particulièrement souffert de la pandémie. En France, 38 % des acteurs du secteur ont dû contracter un prêt garanti par l’État, et le pays s’en sort pourtant mieux que ses voisins.

La saison estivale 2022 s’annonce cependant bonne, avec une météo clémente et des consommateurs qui ont pu mettre une épargne de côté durant la pandémie. De quoi pousser les pouvoirs publics à miser sur le secteur pour développer un territoire ? Ceux-ci souhaitent souvent occuper une place centrale dans l’organisation et l’animation du tourisme local.

Reste que les impulsions qu’ils proposent ne sont cependant pas toujours reprises par le tissu des entreprises du secteur, souvent de petites tailles. Or, les zones touristiques constituent des territoires identifiés par les voyageurs comme une offre globale. Ils ne choisiront bien souvent pas de se rendre à un endroit pour une ou deux particularités mais pour tout un ensemble de lieux et de services.

Notre recherche montre en fait, que les pouvoirs publics ne peuvent que difficilement piloter l’ensemble du système. Leur action, paradoxalement, ne peut fonctionner que sur des segments particuliers.

La valeur d’un site dépend, du point de vue du visiteur, de deux facteurs. Deux facteurs qui reposent eux-mêmes sur deux types d’acteurs différents.

Il y a d’une part ce que l’on nomme le « paysage ». Ce sont les sites en eux-mêmes, les plages, musées, ou monuments. Le touriste vient à Richelieu (Indre) pour ses fortifications, à Honfleur (Calvados) pour son grenier à sel, son église Sainte-Catherine dont la particularité est d’être construite en bois ou son port, et au Havre (Seine-Maritime), pour la plage, son architecture Perret ou son musée d’art moderne. Promouvoir, entretenir et mettre en valeur ce paysage est le rôle des collectivités territoriales.

D’autre part se trouve l’ensemble de services complémentaires entre eux qui composent le séjour du client : l’hébergement, les lieux de restauration ou de loisirs sportifs par exemple. Leur production échoit, elle, à une mosaïque de petites entreprises.

En ce qui les concerne, nos recherches montrent que la propension à dépenser des touristes dépend en fait de deux éléments. Ils s’avèrent, d’une part, sensibles à la diversité des offres individuelles des entreprises : plus les activités sont variées, plus l’offre est large et le site attractif. Autrement dit, une interaction semble nécessaire entre les différents éléments de l’offre pour un bon fonctionnement de l’ensemble. D’autre part, nous soulignons l’importance de l’originalité des offres individuelles. Elles permettent de distinguer la destination touristique parmi ses concurrentes.

Ce peuvent être, par exemple, les galeries d’art réputées pour la destination touristique honfleuraise, dont le « paysage » est pourtant d’abord maritime. Se pose alors la question de la possibilité d’améliorer l’attractivité du territoire sans pour autant noyer le trait distinctif de la destination. Pari réussi à Honfleur, qui renvoie aussi l’image de « creuset des impressionnistes ».

Puisqu’une coordination de l’ensemble semble ainsi nécessaire, faut-il s’en remettre aux pouvoirs publics ? Certains experts évoquent la nécessité d’une gouvernance partagée entre les acteurs. Il ne semble cependant pas exister de cas de stratégies collectives réussies.

Prenons le cas de Venise. La ressource touristique y est abondante et la tendance que l’on y observe paraît être à la maximisation des intérêts individuels au détriment du collectif. C’est en fait une conséquence d’une densité de touristes élevée : le besoin de coordination est plus faible car il n’y a pas nécessité de développer davantage l’attractivité de l’endroit.

C’est donc la densité de la ressource touristique qui va déterminer la légitimité de l’action publique. Elle ne sera reconnue, d’après nos résultats, que si la densité des touristes est faible. C’est pour cette raison que, souvent, les entreprises n’expriment pas de volonté d’intervention des pouvoirs publics.

L’action publique (par exemple au travers d’un office du tourisme) ne peut donc porter que sur la mise en valeur et la promotion des sites touristiques et de l’offre globale de la destination touristique. C’est d’ailleurs là une attente des acteurs du secteur. Il s’agit d’attirer les touristes et moins de coordonner l’écosystème.

Les pouvoirs publics ne joueront ce second rôle qu’indirectement puisque les entrepreneurs individuels s’adaptent à l’évolution des profils des touristes drainés. Éventuellement peuvent-ils utiliser les plans d’urbanisme comme à Barcelone, réglementer les locations saisonnières comme à Honfleur ou encore favoriser l’implantation d’activités dont la densité est faible afin de rééquilibrer l’écosystème. À eux de trouver une niche la plus adaptée pour agir.

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Par Marie-Laure Baron, Maître de conférences en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie ; Samuel Grandval, Maître de conférences HDR en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie et Xiao Liu, Docteur, Université Le Havre Normandie.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Contrôle des Big Tech : Objectif mondial partagé

Contrôle des Big Tech : Objectif mondial partagé

La juriste Anu Bradford constate, dans une tribune au « Monde », que, de Bruxelles à Pékin en passant par Washington, les Etats renforcent leur arsenal antitrust pour contrôler les géants du numérique.

 

Tribune. 

 

Dans l’environnement géopolitique d’aujourd’hui, les dirigeants mondiaux sont d’accord sur très peu de choses. Le contrôle des Big Tech est toutefois l’une des rares idées à laquelle tous semblent adhérer. De l’Union européenne (UE) aux Etats-Unis et jusqu’en Chine, les autorités se tournent vers les lois antitrust pour réguler le pouvoir de marché des grandes sociétés technologiques afin de promouvoir des économies plus équitables et plus concurrentielles. Dans les années à venir, nous connaîtrons probablement une dynamique encore plus forte, redéfinissant le fonctionnement des relations entre les marchés et les Etats.

Les Big Tech sont accusés de favoriser leurs propres produits sur leurs places de marché en ligne, d’abuser de leur accès privilégié aux données des consommateurs à des fins d’avantage compétitif et d’annihiler la concurrence en rachetant toute entreprise susceptible de menacer leur position de marché. Ces pratiques rendent les consommateurs dépendants des produits et services proposés par une poignée de grandes sociétés.

C’est l’UE qui a ouvert la voie, en se fondant sur le droit de la concurrence. Ces dix dernières années, la Commission européenne a mené jusqu’à leur terme trois enquêtes antitrust contre Google, qui ont abouti à plus de 8 milliards d’euros d’amendes. Elle enquête actuellement sur les technologies publicitaires et les modes de collecte de données de Google et Facebook, sur l’App Store et les systèmes de paiement mobile d’Apple, ainsi que sur le fonctionnement de la place de marché d’Amazon.

Constatant que ces actions judiciaires antitrust ne suffisent pas, la Commission a proposé, en 2020, une directive sur les marchés numérique (Digital Markets Act, DMA), qui lui conférerait de nouveaux pouvoirs contre les géants technologiques et les sociétés dites « gatekeepers », qui connectent les entreprises aux utilisateurs finaux. Cette législation permettrait d’interdire purement et simplement un certain nombre de pratiques, telles que l’autoréférencement préférentiel ou l’utilisation des données des concurrents. Le DMA devrait avoir un impact mondial, les grandes multinationales ayant tendance à calquer tôt ou tard leurs opérations mondiales sur les règles de l’UE (ce qu’on appelle « l’effet Bruxelles »).

Jusqu’à récemment, les Etats-Unis se contentaient de regarder l’UE mettre en place des lois contre les grandes sociétés technologiques américaines. Mais, tandis que les technolibertaires continuent d’attribuer ces actions européennes à un protectionnisme envieux, les régulateurs et législateurs américains se demandent de plus en plus si le marché sans entrave produit ou non des résultats souhaitables.

Mélenchon-Zemmour: Un nationalisme partagé

Mélenchon-Zemmour: Un nationalisme partagé

 par Gilles Savary, Ancien député, dans l’Opinion (extrait)

«​ Quelque prévention ou préjugé que l’on nourrisse à l’égard de ces deux personnalités, elles ont incontestablement nourri un débat politique de haute volée »

 A s’en tenir à la réputation où les confinent leurs frasques et leurs outrances, rien n’inclinait à passer la soirée avec Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour. Pourtant, un zapping intempestif sur leur débat de jeudi dernier sur BFMTV a dû en piéger plus d’un, tellement il détonnait avec les codes politiques habituels. Quelque prévention ou préjugé que l’on nourrisse à l’égard de ces deux personnalités, elles ont incontestablement nourri un débat politique de haute volée.

D’abord, parce qu’il a fendu l’armure du politiquement correct et de ses postures convenues. Ensuite, parce qu’il s’est affranchi des inhibitions idéologiques qui coupent la classe politique des ressentiments populaires. Enfin, parce qu’il a opposé deux visions d’une France déboussolée, départies des fatalismes gestionnaires pragmatiques.

L’un et l’autre se sont inscrits dans la filiation de vieux héritages politiques qui sommeillent dans le cerveau reptilien national.
D’un côté, un nationalisme messianique, nostalgique de la Révolution française, de l’autre un nationalisme ethno-culturel, habité par l’héritage chrétien. Les deux passéistes, l’un croyant encore à la mission civilisatrice universelle d’une France « créolisée » matinée de marxisme, mais largement démythifiée par son passif colonial, l’autre à celle d’une France pétainiste et illibérale, claquemurée dans une nostalgie ethnique. Les deux abhorrant les influences libérales anglo-saxonnes et européennes, sans tout à fait réaliser que nous n’avons plus ni les moyens d’un empire, ni l’autorité morale des conventionnels.

. Il ne manquait à ce débat d’idéologues, nourri de références littéraires profuses, que le regard du monde qui nous entoure, qui aurait sans doute trouvé confirmation des doutes profonds qui taraudent la France d’aujourd’hui. Mais incontestablement, il a donné à réfléchir sur les angoisses françaises, comme rarement un débat politique depuis bien longtemps. On en retiendra, en creux, qu’entre ces deux visions théologiques, il manque cruellement à nos partis de gouvernement un récit sur l’avenir de la France justifiant leurs options. Car Mélenchon comme Zemmour entonnent un petit refrain de repli et de souveraineté nationale qui est dans l’air du temps et fait peu de cas de notre incapacité à assurer seuls, dans un monde irrémédiablement compétitif, la pérennité de notre niveau de vie, de notre modèle social et de notre sécurité.

Ce n’est pas la planification, chère à Mélenchon, qui assure la résistance américaine face à la Chine et aux bouleversements de la hiérarchie mondiale, mais les Gafa issus de son libéralisme économique. Quant à Orban, modèle de Zemmour, que serait-il sans les fonds européens et la corruption dont il pourrit son pays au prix d’un musellement des contre-pouvoirs ?

L’un et l’autre épousent les illusions de la démocratie référendaire que l’Allemagne a rayée de sa Constitution pour se prémunir d’un nouveau cauchemar nazi. L’un et l’autre sont conformes à leurs caricatures : Mélenchon en romantique d’une dictature populaire et Zemmour, plus grave et plus dangereux, en anti-musulman obsessionnel, digne de l’antisémitisme d’avant-guerre. Du pain bénit pour Macron, tellement ils parasitent et fracturent à gauche et à droite, mais qui ne doit pas l’exonérer d’éclairer les Français d’un sens collectif, d’une vision d’avenir pour la France.

Gilles Savary est ancien député PS de la Gironde et délégué général de Territoires de progrès.

« Pour un progrès durable et partagé» – par Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet

 « Pour un progrès durable et partagé» – par Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet

 

Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet propose dans l’Opinion une stratégie de progrès durable et partagé.

 

 

Dominique Villemot est président de Démocratie vivante, think tank de gauche. Jacky Bontems et Aude de Castet sont vice-présidents.

 

Aude de Castet et Jacky Bontems.

Chronique

 

En 2020, nous avons beaucoup souffert et nous avons dû nous remettre en question, apprendre l’humilité. Nous avons compris que l’humanité ne maîtrisait pas tout, en particulier la nature. Le coronavirus nous a tous désemparés. Nous avons dû nous confiner et ralentir l’activité économique. Or depuis le XVIIIe siècle, du moins en Occident, nous sommes entrés dans la civilisation du travail, avec la foi dans le progrès scientifique et économique. L’être humain est devenu un homo economicus.

Avec le réchauffement climatique et la pollution des océans, nous avons compris que notre civilisation pouvait mettre en danger la planète. Mais, plus ou moins consciemment, nous espérions qu’en adaptant à la marge notre modèle de société nous arriverions à limiter les dégâts causés à notre environnement. Aujourd’hui, nous comprenons qu’il faut changer de paradigme.

Et si nous ne connaissons pas exactement l’origine de cette pandémie, nous pressentons qu’elle peut être la conséquence d’un dérèglement de la nature par l’activité humaine.

Notre foi dans le progrès a été ébranlée et l’espoir s’est envolé.

Terre abîmée. La pauvreté a augmenté de manière significative, touchant en priorité les plus précaires, les jeunes, les femmes seules. C’est terrible pour notre jeunesse, qui a dû renoncer à la convivialité, qui se trouve confrontée au chômage et à la pauvreté. Cette jeunesse percutée de plein fouet par la crise pense que nous lui léguons une Terre abîmée…

Pire, notre démocratie a été mise en cause. En attente du vaccin, la seule arme contre la pandémie a été l’isolement, le confinement, ce qui a impliqué une restriction de nos libertés. La liberté, notre valeur fondamentale républicaine, a été mise à mal, attaquée sur un autre flanc par les attentats terroristes subis cette année encore.

Mais 2 020 a aussi eu des côtés positifs : notre modèle social a montré son efficacité. Grâce notamment à la prise en charge par l’Etat du chômage partiel la plus généreuse de l’OCDE, l’impact social de la crise, même s’il est loin d’être négligeable, a pu être contenu.

Nous n’avons pas hésité à nous porter au chevet de notre économie en ouvrant les vannes de la dépense publique. C’est le « Quoiqu’il en coûte » d’Emmanuel Macron.

Nous avons aussi pris du recul et remis l’échelle des valeurs à l’endroit. Nous avons pris conscience de l’importance des métiers indispensables : infirmières, caissières, éboueurs… Le recours massif au télétravail nous a aussi amenés à repenser notre rapport au travail.

2020 a aussi montré combien l’Europe nous est utile, voire indispensable, avec la politique de soutien des Etats de la zone euro par la BCE et un plan de relance historique mutualisé entre les Etats. Et si la crise sanitaire nous alerte plus encore sur notre dépendance envers la Chine, l’Europe doit également nous aider à nous réarmer sur le plan commercial et industriel pour contrer la menace chinoise.

Seule la croissance permettra de rembourser la dette et de financer nos retraites

Nous souhaitons qu’en 2021 nous renouions avec le progrès car c’est le seul moyen pour retrouver espoir en l’avenir, avec la perspective que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, que nos enfants vivront mieux que nous.

Mais nous souhaitons que le progrès futur soit différent de celui des dernières années. Il ne faudra pas reprendre une politique d’austérité comme celle de 2011 à 2016 pour réduire le déficit public, ce qui s’est fait au détriment de nos hôpitaux et, plus généralement, de la croissance.

Seule en effet la croissance permettra de rembourser la dette et de financer nos retraites. Nous souhaitons que cette croissance soit une croissance véritablement verte, que l’environnement soit érigé en priorité comme le plan de relance s’y est engagé. Mais il faut aller plus loin.

Nouvel humanisme. Au nom de la justice sociale, nous souhaitons que la lutte contre la pauvreté devienne l’autre priorité absolue. Nous comptons près de 12 millions de pauvres dans notre pays, dont beaucoup d’enfants ; c’est inacceptable !

Redonnons aussi aux Françaises et Français confiance en notre démocratie en la rendant réellement vivante, en développant la démocratie participative, sur le modèle du Grand débat et de la Convention citoyenne sur le climat. Renforçons notre démocratie sociale en reconnaissant le rôle fondamental des partenaires sociaux dans l’élaboration de notre droit social.

Mais pour autant, il ne s’agit pas de faire preuve d’angélisme. Ainsi nous devons être fermes face aux menaces contre notre pays. Nous devons combattre sans hésitation l’islamisme radical.

En 2021, nous appelons de nos vœux un nouvel humanisme avec, comme socle, la primauté de la solidarité entre les générations. Prenons soin de nous, prenons soin les uns des autres.

Seul un autre progrès peut nous redonner espoir en l’avenir, un progrès durable et un progrès partagé. C’est notre souhait pour 2021.

Dominique Villemot est président de Démocratie vivante, think tank de gauche. Jacky Bontems et Aude de Castet sont vice-présidents.

Pour une autre philosophie du partage de l’espace

Pour  une autre philosophie du partage de l’espace 

Les politiques en faveur du deux-roues renforcent l’attractivité des villes, notamment en ce qui concerne les jeunes, à condition d’en faire un levier d’accès pour tous, explique l’anthropologue suisse Sonia Lavadinho, dans un entretien au « Monde ».

Anthropologue et géographe suisse, Sonia Lavadinho travaille depuis quinze ans sur les enjeux de mobilité durable, et notamment sur la façon dont l’aménagement des villes peut renforcer la place du corps en mouvement, favorisant ainsi une plus grande cohésion sociale et intergénérationnelle.

En période de crise sanitaire, le vélo ouvre des marges de manœuvre et de liberté à un moment où des limites s’imposent. C’est un mode « porte-à-porte » qui permet de maîtriser sa vitesse et son amplitude horaire, ce qui n’est pas le cas des modes collectifs, ni même de la voiture, régulée par des contraintes extérieures. On peut décider de partir quand on veut pour éviter la cohue, et de choisir sa route pour privilégier les trajets calmes. L’absence d’habitacle facilite les interactions et, dans le même temps, le fait d’être perché sur une selle, à l’air libre, met à bonne distance des autres de façon naturelle.

Pour toutes ces raisons, le vélo est un formidable outil exploratoire de la ville par temps de Covid, à condition de ne pas le réserver à une catégorie de citoyens mais d’en faire un levier d’accès à la ville pour tous. Or ouvrir des pistes, lorsqu’elles sont étroites, encourage les 5 % de cyclistes hyperrapides – ceux qui font les trajets domicile-travail et les livraisons –, des publics en général assez lestes, plutôt jeunes, seuls et masculins. C’est mieux que rien mais cela ne suffit pas. Car la vitesse peut décourager les autres, cyclistes occasionnels, familles ou seniors, ou bien le différentiel de vitesses est susceptible de générer des conflits. On l’a vu lors de la grève à Paris, ou à certains moments de la crise sanitaire, lorsque les flux ont triplé tout à coup.

Les collectivités doivent veiller à ce que la pratique reste hybride avec des cyclistes réguliers et d’autres occasionnels. La logique de couloir garde du sens pour des connexions longues de dix ou quinze kilomètres, ou bien pour traverser les carrefours complexes, à condition de pouvoir s’y doubler et de ne pas grignoter sur l’espace public existant réservé aux piétons. Il n’est plus question de faire des petites pistes d’un mètre de chaque côté de la rue.

Crise économique: un optimisme de façade non partagé

Crise économique: un optimisme de façade non partagé

Ce qui caractérise actuellement la posture économique des autorités, gouvernement, institution et grands médias, c’est un optimisme de façade non partagée par l’opinion. Ainsi par exemple concernant le plan de relance si une majorité l’approuve, la même majorité doute de son efficacité. En outre dans une étude menée fin août  80 % environ de la population est aussi inquiète de l’état sanitaire que de l’avenir économique du pays. Plus de la moitié ne croit pas à l’effet bénéfique du plan de relance.

Selon ce sondage réalisé par Odoxa-Dentsu Consulting pour, 8 Français sur 10 sont inquiets de la situation sanitaire du pays. Un niveau presque aussi élevé que ceux relevés au plus fort de l’épidémie, en plein confinement (90% d’inquiétude mi-avril). Selon Odoxa, 7 Français sur 10 se disent inquiets pour la santé de leurs proches et 55% pour leur propre santé. Un sentiment corrélé à l’âge des sondés: alors que les 18-24 ans ne sont que 39% à l’exprimer, ils sont 58% chez les 35-49 ans et 61% chez les 65 ans et plus. «Il y a un contexte angoissant, lié à la reprise de l’épidémie, confirme Gaël Sliman, président d’Odoxa. La séquence est très compliquée pour l’exécutif, qui se retrouve dans une position ambivalente: expliquer que la situation est grave, qu’il faut être vigilant sur le plan sanitaire, sans démoraliser l’opinion.». Par compte le port du masque semble assez peu contesté : 76 % des sondés se disent favorables à la généralisation de l’obligation dans toutes les villes.

 

L’angoisse des Français en cette rentrée est aussi économique. Plus de 8 sondés sur 10 sont pessimistes sur l’évolution de la croissance et du pouvoir d’achat, une inquiétude accrue par rapport au début de l’été. Ils sont un peu plus optimistes au sujet de leur propre situation: 55% se disent inquiets sur leur avenir et près d’un actif sur trois (32%) a peur pour son propre emploi. Un sentiment qui touche principalement les travailleurs indépendants (40%), les ouvriers (41%) et les actifs aux revenus les plus modestes (39%).

« Gilets jaunes » : avis partagé sur le grand débat

« Gilets jaunes » : avis partagé sur le  grand débat

Selon un sondage Harris interactive pour RTL et M6, publié mercredi 2 janvier, un Français sur deux seulement pense que le gouvernement tiendra compte du grand débat.  Pour 47% en revanche, il n’en tiendra  »pas du tout «compte.

Près d’un Français sur deux également (47%) serait favorable à ce que les « gilets jaunes » présentent une liste aux élections européennes de mai 2019. Un souhait nettement majoritaire chez les sympathisants de La France insoumise et du PCF (64%), du Rassemblement national (58%) et du PS (56%).Par ailleurs, les Français interrogés se disent très majoritairement favorables à des Référendums d’initiative citoyenne (RIC) pour proposer une loi (80%), en abroger une (72%) ou mettre fin au mandat d’un élu (63%). Le RIC est réclamé par de nombreux « gilets jaunes ».

 

Excuses pour la colonisation : les Français partagés

Excuses pour la colonisation : les Français partagés

 

 

De toute évidence la France n’a encore fait  son deuil de certaines circonstances tragiques de la colonisation. D’ailleurs contrairement à d’autres pays cette question est encore largement taboue dans le pays qui hésite à reconnaître une lourde responsabilité. Notons aussi que contrairement aux États-Unis par exemple le cinéma français s’est très rarement emparé de ce pan de l’histoire relativement sombre. Les historiens eux-mêmes comme les Français sont assez partagés. On ne peut cependant nier que la France est responsable d’exactions très condamnables même si cette te colonisation a pu présenter certains  effets bénéfiques pour les pays considérés. Un seul exemple le recrutement souvent contre leur gré ou avec de fausses promesses de 700 000 soldats africains pendant la guerre de 14 18 avec 150 000 morts ( dont beaucoup sont morts du froid). Des soldats supposés défendre leur patrie !  Des soldats auquel d’ailleurs on n’a pas reconnu les mêmes droits que ceux des Français pendant très longtemps. Des soldats qui furent aussi engagés dans les différents conflits suivants : guerre de 39 45, Indochine ou encore Algérie. «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes», avait déclaré Macon lors de son déplacement en Algérie. Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le site algérien francophone Tout sur l’Algérie, une légère majorité de Français (51%) est d’accord avec ces propos. Cependant cette approbation est très contrastée: si 66% des jeunes de moins de 35 ans approuvent la qualification de «crime contre l’humanité», seul 32% des 65 ans et plus l’acceptent. L’opinion diverge fortement selon l’appartenance politique des sondés. «Ainsi, 85% des sympathisants d’En Marche! sont d’accord avec cette partie de la déclaration d’Emmanuel Macron, contre seulement 26% des proches du Front national.», note l’institut. Au total, 27% en moyenne des sondés de droite apprécient la remarque, pour 70% des sondés de gauche. La disparité est aussi géographique: dans le sud-est de la France, où vivent la majorité des pieds-noirs, ils sont moins de la moitié des sondés (48%) à approuver ces propos.

L’économie collaborative : partage ou business ?

L’économie collaborative : partage ou  business ?

 

Interviewé dans le journal minute Marc-Arthur Gauthey, membre du collectif  OuiShare revient sur les désavantages et les dérives de l’économie. – OuiShare avait

contribué à définir et populariser le concept «d’économie collaborative». De ce point de vue il est clair que l’économie collaborative a permis de nouvelles formes de partage mais qu’elle a rendu aussi possible une nouvelle intermédiation marchande qui a détourné à son profit une partie de la valeur ajoutée sans parler des contournement des règles fiscales et sociales.

 

Pour la quatrième édition du OuiShare Fest, quel message voulez-vous faire passer?

Le message est dans le thème: «after the Gold Rush» [la ruée vers l’or et après?]. Depuis 5 ans, on a vu pas mal de monde sur la ligne de départ de l’économie collaborative. Il y a eu beaucoup d’espoirs, notamment pour remettre du sens dans nos pratiques de consommation. Dans tout ça, on observe deux orientations. Ceux qui sont partis à la conquête de nouveaux marchés avec un objectif de rentabilité, qui ont levé des fonds. Dans les start-up qui ont survécu, certaines ont tiré leur épingle du jeu comme Airbnb, Blablacar, Guest to Guest, etc. Et puis il y a un deuxième courant qui se rapproche plus de l’économie sociale et solidaire, avec une vision sociale et humaniste. Le problème c’est qu’on a mis ces deux mouvements dans le même sac et que la deuxième tendance est nécessairement moins visible et un peu plus laissée pour compte.

Qu’est-ce qu’il y a justement «après la ruée vers l’or»?

Le grand sujet cette année au OuiShare Fest, c’est la «blockchain». On commence à découvrir qu’on est capables de créer des échanges sans intermédiaires, qui peuvent concurrencer les plateformes traditionnelles. A terme, ça ouvre des opportunités immenses. Dans un autre registre, on questionne les méthodes managériales. Les entreprises traditionnelles ont aujourd’hui du mal à attirer et à conserver les talents, il y a une hiérarchie très forte et un espace de créativité restreint. Il faut impulser une transformation culturelle et digitale et faire évoluer les entreprises. Et puis l’avenir c’est aussi se concentrer sur la transformation personnelle: être bien dans sa vie, dans son job. Jusqu’aux années 2000, la valeur carrière était au centre de tout. Aujourd’hui on se recentre sur l’accomplissement personnel, la créativité.

 

Quel est le rapport avec l’économie collaborative?

Il n’y en a pas tellement! On essaye de sortir de cette expression qu’on a contribué à créer et qui englobe des choses très différentes. On a vécu un glissement de la consommation collaborative à l’économie collaborative. Maintenant, on compte passer à une société collaborative. Autrement dit, un endroit dans lequel on ferait passer la coopération devant la compétition. L’économie collaborative est un prétexte marketing pour amener le grand public vers toutes ces questions.

Quelle est le rôle du citoyen dans cette société collaborative?

La place du citoyen c’est de se dire qu’on peut tous être acteurs de nouveaux usages, de façons d’être et de faire, de communautés émergentes. C’est pour ça qu’on a organisé une journée portes ouvertes samedi 21 mai avec 5 parcours et des ateliers concrets. L’idée, c’est que les gens se rendent compte qu’ils peuvent contribuer à un avenir commun et être, à leur petite échelle, acteurs de changement. On a tous les moyens de faire avancer les choses.

 

 




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