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Une part croissante de la dépense publique pour soutenir l’activité marchande

Une part croissante de la dépense publique pour soutenir l’activité marchande ?


« Une part croissante de la dépense publique soutient l’activité marchande plutôt que l’éducation, la santé, le logement ou l’environnement »; par Anne-Laure Delatte,Directrice de recherche au CNRS dans Le Monde

En France, les aides publiques aux entreprises ont triplé depuis 1979. A l’heure où le gouvernement cherche désespérément 40 milliards d’euros, elles sont l’angle mort du débat budgétaire, affirme l’économiste Anne-Laure Delatte, dans une tribune au « Monde ».

Alors que la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises a rendu ses conclusions mardi 8 juillet, la question de leur ampleur, de leur efficacité et de leur pilotage est loin d’occuper la place qu’elle devrait dans le débat budgétaire. Et pourtant, les auditions menées ces derniers mois ont confirmé un constat largement partagé par les chercheurs comme par les administrations : ces aides sont nombreuses, peu lisibles et rarement évaluées. Leur poids dans les finances publiques, comme leur rôle dans les orientations économiques du pays justifieraient un examen bien plus soutenu.

L’une des raisons tient à leur nature. Une grande partie des aides publiques aux grandes entreprises ne prend pas la forme de subventions directes, mais passe par des avantages fiscaux (comme les allègements d’impôt) ou des exonérations de cotisations sociales. Ces dispositifs ne donnent pas lieu à des versements : ce sont des recettes que l’Etat ou la Sécurité sociale choisissent de ne pas percevoir. Résultat : ils n’apparaissent pas comme des dépenses dans les documents budgétaires, et échappent en grande partie au débat public – alors même qu’ils représentent une forme de dépense à part entière.

Notre étude, publiée cette semaine dans la Revue d’économie politique (Abdelsalam, Delatte, Guillaume, 2025), propose pour la première fois une estimation globale et historique de ces aides indirectes. Elles n’avaient jusqu’ici jamais été rassemblées en un seul endroit, dans une perspective historique permettant d’en suivre l’évolution et d’en apprécier les tendances de long terme. En exploitant quarante-cinq ans d’archives économiques et financières, nous mettons en lumière trois faits marquants.

D’abord, leur ampleur : en moyenne, plus de 90 milliards d’euros d’avantages fiscaux et d’exonérations sociales sont accordés chaque année aux entreprises. En 2022, cela représentait plus de 110 milliards d’euros de recettes non perçues. Pour 100 euros d’impôt sur les sociétés théoriquement dus, seuls 70 sont effectivement collectés. Pour 100 euros de cotisations sociales dues, la Sécurité sociale n’en reçoit que 84. Ces soutiens indirects représentent désormais près de 60 % de l’ensemble des aides.

Aide au développement : réduction de 90 % de la part des États-Unis

Aide au développement : réduction de 90 % de la part des États-Unis

Trump a annoncé mercredi 26 février  la suppression de 92% des financements de programmes à l’étranger par l’agence américaine de développement, l’USAID, se targuant de «faire économiser près de 60 milliards de dollars aux contribuables». Le président Donald Trump a signé un décret le 20 janvier, dès son retour à la Maison-Blanche, ordonnant un gel de l’aide étrangère américaine pour 90 jours, le temps d’un réexamen complet afin d’évaluer sa conformité avec la politique qu’il entend mener, notamment contre les programmes favorisant l’avortement, le planning familial ou encore prônant la diversité et l’inclusion.

 

Composants électroniques : restriction aussi de la part de la Chine

Composants électroniques : restriction aussi de la part de la Chine

En réplique en quelque sorte aux restrictions américaines concernant les technologies exportées, la Chine a aussi décidé de mettre en place un encadrement quantitatif des métaux rares exportés notamment vers les États-Unis

 

La Chine représente 94% de la production mondiale de gallium, un métal stratégique utilisé dans les panneaux solaires, les radars ou encore les transistors, selon un rapport de l’Union européenne publié cette année. Elle est également la source de 83% du germanium, un métalloïde utilisé dans la fabrication de fibre optique ou de récepteurs infrarouges.

Ces matériaux jouent un rôle « critique dans l’industrie des technologies de pointe », et « beaucoup de fabricants intermédiaires avaient commencé à (les) stocker », affirme à l’AFP Brady Wang, directeur associé au cabinet de conseil Couterpoint.

La vente de produits à base de graphite « utilisés à des fins duales » vers les Etats-Unis fera l’objet de contrôles « plus stricts » concernant son utilisation finale, a ajouté mardi le ministère chinois du Commerce.

Ces nouvelles règles sont « clairement une mesure de représailles contre les Etats-Unis », a analysé Dylan Loh, professeur adjoint à l’Université de technologie de Nanyang à Singapour.

 

Sondage système Santé: une majorité des Français pour une part plus importante du privé

Sondage système  Santé:  une majorité des Français pour une part plus importante du privé

Selon un sondage  santé  ( CSA-Havas Red Health révélé par La Tribune), ce sont aujourd’hui 63 % des Français qui jugent que notre système de santé fonctionne mal, voire très mal.ils sont  59 % à juger possible, à plus ou moins long terme, que le gouvernement puisse tout simplement se décharger de la gestion de la santé au profit de la sphère du privé . 

Sans changement majeur du système, l’avenir ne semble guère meilleur. Loin s’en faut même. 71 % des Français considèrent que l’organisation de la santé hexagonale n’évolue pas dans le bon sens. « Nous sommes sur un degré de pessimisme très fort et très installé, analyse Julie Gaillot, directrice du pôle society chez CSA. Un tel degré de pessimisme montre que nous avons atteint une logique de fracture, les Français ne croient plus une amélioration possible sans une rupture majeure. »

Mis bout à bout, ces différents constats placent d’ailleurs la santé dans une zone d’anxiété collective. La santé caracole loin devant des sujets tout aussi anxiogènes que sont l’insécurité, l’environnement ou encore le terrorisme, et s’affirme comme le deuxième sujet de préoccupation des Français, juste derrière le pouvoir d’achat. Ce sont aujourd’hui 36 % des Français qui se disent préoccupés par la santé.

Au-delà de ce sombre tableau, l’étude décortique les zones de fragilité du système de santé. Dans ce domaine, un aspect est clairement pointé du doigt : les moyens humains, qui représentent la toute première faiblesse pour 66 % des Français qui jugent le système dangereusement bancal. Manque de médecins et de soignants, délais à rallonge pour obtenir un rendez-vous, déserts médicaux : les effectifs du système ne seraient tout simplement plus en capacité de répondre à la demande. Autre lacune pointée du doigt, et largement imbriquée dans la première : l’organisation des soins, citée à 30 % comme problématique.

59 % à juger possible, à plus ou moins long terme, que le gouvernement puisse tout simplement se décharger de la gestion de la santé au profit de la sphère du privé.  Les Français jugent aussi que l’amélioration du système de santé, victime d’une thrombose en matière de soins, passera aussi par une stratégie réelle de prévention.

« Prix plancher Agriculture »: un discours aussi très ambigu de la part de Lidl

« Prix plancher Agriculture »: un discours aussi très ambigu de la part de Lidl

 

Un discours très ambigu d’une façon générale  concernant la fameuse proposition de prix plancher. On ne sait pas si on parle d’indicateurs de couts, de tarification de référence ou de prix obligatoire. De toute façon une solution illusoire. En plus une idée démagogique qui favoriserait les importations par manque de compétitivité. De ce point de vue, l’ambiguïté d’un grand distributeur comme LIDL révèle les hypocrisies à ce sujet. Le patron de LIDL s’excuse d’avoir parlé de prix plancher mais son propos est particulièrement confus:

 

MICHEL BIERO patron de LIDL- Je n’ai jamais parlé de « prix planchers », qui peuvent effectivement devenir des prix plafonds, mais de « prix minimums garantis ». Lidl en a eu l’idée dès 2018, lorsque nous avons proposé trois amendements à la loi Egalim I (non retenus, ndlr) : l’instauration de prix minimums garantis, mais aussi de prix minimums de vente pour les distributeurs et d’une interdiction de promotions pour les produits issus de l’élevage. Ces « prix minimum garantis » seraient des prix de référence basés sur les indicateurs des coûts moyens de production que les premiers acheteurs de la matière première agricole seraient tenus de respecter. En cas d’achat à un prix inférieur, ils devraient prouver à l’Etat que le producteur ne vend pas à perte. 

Le patron de LIDE oublie la question de la compétence de l’État, de ses moyens d’action et de l’acceptabilité de la gestion de ses prix de référence dits garantis ; garantis par qui ?   la sécurité sociale ?

Il serait temps que les grands patrons de la distribution se taisent un peu au lieu de profiter de la crise pour se faire de la pub gratuite alors qu’ils ont largement alimenté et profité de l’inflation.

 

Mort de Thomas à Crépol: Le déni de réalité de la part des élites

Mort de Thomas à Crépol: Le déni de réalité de la part des élites

La plupart des élites et des grands médias ne cessent de réduire la mort tragique de Thomas à Crépol à un simple fait divers. En même temps ils condamnent évidemment l’analyse faisant le lien avec ce tragique événement et sa dimension sociétale nationale. Un internaute parmi d’autres proteste contre ce déni de réalité de la part des élites.

Il s’appelle André, vit à Romans-sur-Isère et porte un manteau jaune. Son coup de colère a été relayé des milliers de fois sur les réseaux sociaux et diffusé en boucle sur les chaînes d’info. Réagissant à la visite d’Olivier Véran à Crépol, il dénonce « tous ces gouvernements qui défendent la France des cités contre la France de Thomas, la France rurale, la France des gens qui élèvent leurs gosses comme il faut, pas dans la haine de la France et des Français. » Et d’ajouter : « Je fais partie de ce territoire, on n’en peut plus et on comprend tout depuis longtemps : la prochaine fois, ce n’est pas avec des couteaux qu’ils viendront, mais avec des armes automatiques. »

André n’est ni journaliste, ni sociologue et nombre d’« experts » ne manqueront sans doute pas de mettre en garde contre des propos qu’ils jugeront sommaires et dangereux ! Pourtant il s’agit bien d’un fait de société sur fond de radicalisation générale et de trafic de drogue puisque les auteurs du drame sont aussi des délinquants connus et bien identifiés.

Signe de crise : baisse des dons de la part des Français

Signe de crise : baisse des dons de la part des Français

Les dons des Français diminuent régulièrement depuis plusieurs années. En cause sans doute l’érosion régulière du pouvoir d’achat. Aussi parfois des interrogations sur la destination des contributions.

Ces 12 derniers mois, les habitants de l’Hexagone ont donné en moyenne 191 euros à des associations, soit 9 euros de moins qu’il y a un an. Il s’agit du plus haut niveau de baisse jamais observé par le sondage annuel réalisé par Odoxa pour Leetchi.

Près de 38 % des donateurs affirment avoir fait moins de dons sur un an. En 2022, le don moyen annuel accusait déjà une perte de 7 euros.

Au global, la recherche médicale et la lutte contre les maladies demeurent les causes préférées des Français (39 %), devant la protection de l’enfance (35 %) et des animaux (31 %).

Deux causes montantes aussi identifiées par Odoxa : la lutte contre la pauvreté en France et l’aide aux personnes malades ou handicapées. Alors qu’elle était la cause qui progressait le plus en 2022, la protection de l’environnement enregistre un léger recul et descend à la 6e place.

Politique- Crise au Niger : Macron part en vacances à Brégançon !

Politique- Crise au Niger : Macron part en vacances à Brégançon !

Alors que la crise s’amplifie dans le Sahel menaçant de contaminer même toute l’Afrique de l’Ouest, le président français choisit de prendre des vacances au fort de Brégançon.

On aura sans doute noté qu’à chaque crise un peu importante Macron a l’habitude de prendre du champ pour ne pas trop se brûler les ailes. C’est ainsi notamment qu’il a prétexté des voyages à l’étranger pour ne pas avoir à répondre aux questions posées par la mobilisation sur les retraites.

De la même manière le président est resté particulièrement muet pendant la crise des quartiers. Il explique maintenant que c’était une attitude politique pour ne pas jeter de lui sur le feu. En réalité le président était une nouvelle fois paralysé.

Cette fois, c’est la crise du Sahel qui risque de rendre contagieuse l’épidémie de putschs. Les conséquences pourraient être terribles cat c’est toute l’Afrique de l’Ouest qui pourrait être contaminé et la France ne peut se désintéresser de l’instabilité qui progresse en particulier grâce aux manipulations de la Russie.

Une autre conséquence directe sera l’augmentation de l’immigration en provenance de ces zones.

On comprend mal que le chef de l’État est choisi ce moment pour se retirer au fort de Brégançon à y prendre des vacances.

Crise au Niger et en Afrique: Macron part en vacances à Brégançon !

Crise au Niger et en Afrique: Macron part en vacances à Brégançon

Alors que la crise s’amplifie dans le Sahel menaçant de contaminer même toute l’Afrique de l’Ouest, le président français choisit de prendre des vacances au fort de Brégançon.

On aura sans doute noté qu’à chaque crise un peu importante Macron a l’habitude de prendre du champ pour ne pas trop se brûler les ailes. C’est ainsi notamment qu’il a prétexté des voyages à l’étranger pour ne pas avoir à répondre aux questions posées par la mobilisation sur les retraites.

De la même manière le président est resté particulièrement muet pendant la crise des quartiers. Il explique maintenant que c’était une attitude politique pour ne pas jeter de lui sur le feu. En réalité le président était une nouvelle fois paralysé.

Cette fois, c’est la crise du Sahel qui risque de rendre contagieuse l’épidémie de putschs. Les conséquences pourraient être terribles cat c’est toute l’Afrique de l’Ouest qui pourrait être contaminé et la France ne peut se désintéresser de l’instabilité qui progresse en particulier grâce aux manipulations de la Russie.

Une autre conséquence directe sera l’augmentation de l’immigration en provenance de ces zones.

On comprend mal que le chef de l’État est choisi ce moment pour se retirer au fort de Brégançon à y prendre des vacances.

Accélérer la part environnementale et sociale des investissements<

Accélérer la part environnementale et sociale des investissements

par d’Antoine Sire et de Maha Keramane

Il est désormais admis qu’il faut ajouter a minima des critères de durabilité environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’analyse du traditionnel triptyque « Rendement, Risque, Liquidité », écrivent le directeur de l’engagement d’entreprise et la responsable du Positive Impact Business Accelerator de BNP Paribas.

Investissements « durables », « à impact »… Dans cet univers en construction, il est parfois difficile pour un investisseur ou un épargnant de s’y retrouver. Avec la prise de conscience que l’activité économique a des effets négatifs sur l’environnement ou les personnes (pollution,inégalités salariales, santé et sécurité des travailleurs, déforestation …), il est désormais admis qu’il faut ajouter a minima des critères de durabilité environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) à l’analyse du traditionnel triptyque « Rendement, Risque, Liquidité ».

Ces investissements dits « durables » incorporent un objectif de « ne pas causer de dommages significatifs » (principe “Do No Significant Harm”) ; ils financent donc des entreprises qui appartiennent à l’économie classique mais dont les pratiques RSE sont jugées particulièrement performantes (réduction de la consommation d’énergie, respect de la parité, baisse des accidents du travail, etc.). Cette approche améliorela durabilité de la majeure partie de l’économie, celle qui permet quotidiennement à nos concitoyens de se nourrir, de se déplacer, de travailler, de se loger ou de communiquer.

Au-delà de minimiser les externalités négatives, un second étage de la fusée consiste à générer des impacts positifs en fléchant les investissements sur des entreprises ou des projets dédiés à la transformation de notre monde. On parle alors d’« investissement à impact », c’est-à-dire avec un objectif prémédité (intentionnalité) d’apporter des solutions concrètes à des besoins sociaux ou environnementaux peu ou mal adressés (additionnalité), qui génèrent des contributions positives et quantifiables (mesurabilité). Les décisions d’investissement sont alors arbitrées en fonction d’un nouveau triptyque : « Risque (financier et ESG), Rentabilité, Impact environnemental et/ou social ».

Urgence climatique. Cependant, l’urgence climatique, la crise de la biodiversité et la montée des inégalités créent de nouveaux besoins qui poussent le secteur financier à plus de créativité. L’innovation disruptive du Contrat à Impact qui relie la création de valeur sociétale à la rentabilité financière en est un parfait exemple : il permet le financement de programmes sociétaux par des investisseurs privés, ces derniers étant remboursés par les pouvoirs publics si l’expérimentation est un succès, mesuré à la fois en termes d’impact et de coûts évités pour la société. Par exemple, prévenir le placement d’enfants issus de familles précaires en les accueillant dans un logement temporaire avec un accompagnement 360° permet de conserver le lien parent-enfant et évite un coût de placement de 50 000 euros par enfant.

Si les investissements durables augmentent, y compris sous l’incitation réglementaire, l’investissement à impact est moins répandu. Il est plus long et exigeant à mettre en œuvre, notamment pour démontrer l’additionnalité et construire une mesure d’impact robuste. Il s’agit aussi d’accepter une temporalité plus longue d’investissement et potentiellement plus de risque car ce sont souvent des investissements non cotés.

Le défi est grand mais il est urgent d’accélérer ce changement de paradigme afin d’apporter plus de financements aux solutions qui changent le monde et de rendre accessible l’investissement à impact à tous les profils d’épargnants et d’investisseurs.

Antoine Sire est directeur de l’engagement d’entreprise et Maha Keramane, responsable du Positive Impact Business Accelerator, BNP Paribas.

Délire: « Plus d’un Français sur deux part en vacances à Noël » d’après la sous-ministre Olivia Grégoire qui dérape<

Délire: « Plus d’un Français sur deux part en vacances à Noël » d’après la sous-ministre Olivia Grégoire qui dérape

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La sous- ministre des PME Olivia Grégoire dérape complètement en affirmant que «55% des Français ont l’intention de partir en vacances fin décembre», lors d’un point de presse téléphonique. La soue ministre confond totalement les statistiques globales des vacances et celles spécifiques à Noël.

Environ «77% d’entre eux envisagent de rester en France pour les vacances de Noël», selon la ministre, ce qui profite à «tous les territoires français (…) pas uniquement les littoraux ou la montagne». «Selon les premières estimations, le budget moyen pour le séjour d’hiver serait de 371 euros par personne, ce qui est équivalent aux années précédentes».

la différence entre les chiffres de la ministre et la réalité est de taille. 20% des Français partent pour les vacances de Noël. C’est ce qu’affirme l’édition 2018 du Baromètre Mondial Assistance, dans un sondage représentatif*. C’est un chiffre équivalent à celui des cinq années précédentes, à l’exception d’un pic à 26% en 2013. En moyenne, leurs vacances durent sept jours, et un quart des vacanciers partent quelques jours de plus. Selon le sondage, les Français ont nettement réduit leur temps de vacances, comparé aux années précédentes.

ll y a 20 ans, 58 % des Français déclaraient partir en vacances selon le Crédoc. Le taux de départ en vacances a assez peu évolué depuis le début des années 2000, et il a diminué en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19

Qui sont les chanceux qui font leurs valises chaque année ? Pour partir, il faut en avoir les moyens. Seuls 37 % des personnes aux revenus inférieurs à 1 285 euros mensuels ont quitté leur domicile, contre 72 % de celles qui disposent de plus de 2 755 euros (données de janvier 2022). Transport, hébergement, activités : les vacances coûtent cher et toute une partie des ménages n’ont pas de moyens suffisants pour partir. Les aides financières aux vacances sont insuffisantes. En outre, les plus aisés bénéficient plus souvent, du fait d’amis ou de leur famille, d’un hébergement gratuit.
Partir dépend aussi du milieu social. 65 % des cadres supérieurs et des professions intermédiaires partent en congé, contre 47 % des ouvriers, selon les données de 2022 du Crédoc. Plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a de chances de s’échapper.

« Renaissance », le parti de Macron: 10 000 adhérents au lieu de 400 000 !

« Renaissance », le parti de Macron: 10 000 adhérents au lieu de 400 000 !

Un véritable naufrage pour le parti du président « Renaissance  » qui devaient succéder à l’organisation « En marche » . Pour remobiliser dans le camp du pouvoir, les partisans de Macon avaient décidé de constituer un énorme parti visant à regrouper 400 000 adhérents.

En vérité, la campagne de recrutement du nouveau parti du pouvoir est un véritable fiasco puisque « Renaissance » ne doit regrouper qu’environ 10 000 personnes

Cet échec est double d’une part ce parti qui avait pour vocation de regrouper en son sein la totalité des sensibilités de la majorité n’est pas parvenue à son objectif. Les centristes de François Bayrou ont refusé de rejoindre l’organisation commune. Par ailleurs Édouard Philippe cultive sa différence avec son parti « horizons »totalement centré sur la perspective des élections présidentielles de 2027.

Par ailleurs, la tendance de gauche au sein de la majorité présidentielle ne cesse de s’affaiblir et de se fondre dans les orientations conservatrices de Macron.La plupart des anciens socialistes ralliés à Macron ont vendu leur âme pour un portefeuille. Ils tentent vainement exister mais sont complètement marginalisés par le recentrage nettement à droite du président de la république.

On objectera à juste titre que la plupart des partis politiques en France ne regroupent qu’une infime partie des adhérents potentiels. Les plus importants partis ne regroupent même pas 100 000 adhérents réels. La plupart des partis sont d’ailleurs davantage des clubs d’élus et de militants que des partis de masse.

Une guerre également cyber de la part de la Russie

Une guerre également cyber de la part de la Russie

 

Les deux économistes Stéphane Lhuissier et Fabien Tripier rendent compte, dans une tribune au « Monde », de l’évolution du risque cyber depuis le début de la crise en Ukraine à partir de l’analyse du trafic sur le réseau social Twitter.

 

Dès le début de la guerre, le 24 février 2022, en Ukraine, le cyber est apparu comme une nouvelle zone de conflit – en plus des terrains militaire, diplomatique et économique – avec la crainte d’un « cyber-Pearl Harbor » qui aurait pu plonger le monde dans une nouvelle forme de guerre numérique et exposer l’économie mondiale à un risque de crise économique d’origine cyber. Plus de trois mois après, où en sommes-nous du risque cyber ?

Le risque cyber se définit comme la combinaison de la probabilité de survenance des incidents cyber (incidents malveillants ou non, qui mettent en péril la cybersécurité d’un système d’information ou enfreignent les procédures et règles de sécurité) et de leur impact. Le risque cyber est par nature difficile à mesurer et quantifier compte tenu du caractère illégal des attaques cyber et de leurs formes multiples.

 

Ce risque peut, en effet, toucher n’importe quel particulier victime du vol de ses données personnelles, mais aussi une entreprise multinationale victime d’intrusion informatique, ou encore un hôpital, voire une plate-forme d’échange de bitcoins. L’analyse du trafic d’un réseau social comme Twitter peut alors être utile. Sur Twitter, tout le monde parle de tout, y compris donc des risques cyber.

Dans notre étude (« Measuring cyber risk » présentée dans un billet de blog de la Banque de France « Une mesure de l’évolution du risque cyber »), nous construisons un indicateur du risque cyber basé sur le nombre de tweets traitant de ce sujet dans l’ensemble du trafic twitter. Cet indicateur se révèle performant pour rendre compte de la « température » du risque cyber tel qu’il est perçu par les utilisateurs de ce réseau.

En effet, il indique des fortes hausses du trafic Twitter consacré à la cybersécurité pour tous les événements importants en termes de cybersécurité depuis 2010. L’analyse des tweets portant sur la cybersécurité depuis le début de la guerre en Ukraine nous apporte les informations suivantes.

 

Premièrement, l’intensification du risque cyber avec la guerre en Ukraine s’inscrit dans un contexte de recrudescence des attaques cyber. Notre indicateur de risque cyber était resté relativement faible après les attaques de mai 2017 (avec les rançongiciels WannaCry et NotPetya) jusqu’à la révélation en décembre 2020 d’une massive violation des données de l’administration fédérale américaine.

Ensuite, il a fortement augmenté en mai 2021 avec l’attaque du système d’oléoduc Colonial Pipeline, toujours aux Etats-Unis, puis à partir de février 2022 avec la guerre en Ukraine. Deuxièmement, le pic d’intensité du trafic Twitter sur la cybersécurité a eu lieu au début de la guerre (le 24 février 2022) pour ensuite décroître progressivement jusqu’à rejoindre à la fin du mois de mars 2022 les valeurs d’avant-guerre.

Elections Législatives: LREM va payer le recrutement de députés venus de nulle part

Elections  Législatives: LREM va payer le recrutement de députés venus de nulle part

 

 

 

 Si elle part gagnante après la réélection d’Emmanuel Macron, la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale est épuisée par le précédent quinquennat et n’a pas su s’implanter localement, analyse l’universitaire dans le Figaro. .

Benjamin Morel est maître de conférences en Droit public à l’Université Paris II Panthéon-Assas.

 

 L’élection présidentielle vient à peine de désigner de vainqueur que les états-majors des partis planchent déjà sur le «troisième tour»: les législatives des 12 et 19 juin. La recomposition chez les oppositions de gauche et de droite, après leur bérézina à la présidentielle, devrait-elle à nouveau profiter à LREM ?

BENJAMIN MOREL. - La République en Marche, ou quel que soit le nom que portera la majorité présidentielle lors de ces élections, part en effet plutôt gagnante. Ses avantages sont de trois natures dans ce scrutin.

D’abord, le mode de scrutin majoritaire à deux tours favorise fortement les partis centristes. Pour vous maintenir au second tour, vous avez besoin de 12,5% des inscrits au premier. C’est un chiffre difficile à atteindre, surtout en cas de forte abstention. Or, s’il n’y a pas des triangulaires et que le centre se retrouve face à la droite, la gauche vient en renfort au second tout, et vice versa… De là vient la surreprésentation des partis de centre gauche et de centre droit dans notre vie politique.

Ensuite, le scrutin favorise les partis en situation d’alliance dès le premier tour. Pour arriver au second, il faut en effet avoir la capacité d’unir son camp, sinon vous prenez le risque de vous faire doubler par deux concurrents. Or LREM a mis en place un système d’alliance structuré qui couvre l’ensemble de son espace électoral. Les pôles de droite (notamment RN et Reconquête!), et pour l’instant de gauche, apparaissent encore désunis. Il est donc probable qu’à ce stade la plupart des candidats LREM soient en capacité d’atteindre le second tour, et si c’est le cas, pour les raisons que l’on a données, de l’emporter.

Il n’est pas certain que LR parte tout à fait perdant dans cette élection. Il faut se garder de plaquer les résultats par circonscription de la présidentielle pour en tirer des conclusions pour les législatives.

 

Enfin, dans les législatives post-quinquennat, on assiste à une élection de confirmation de la présidentielle. Cela n’est pas dû à l’éternelle antienne des éditorialistes selon laquelle «les Français sont cohérents et veulent donner une majorité au président élu». C’est simplement lié à un phénomène de participation différentielle. L’électorat d’opposition est groggy par sa défaite aux présidentielles et ne se mobilise pas, laissant l’électorat de la majorité dominer le jeu. Ce sera peut-être un peu moins vrai cette fois. Le temps entre les deux élections est important et l’on assiste à une volonté de revanche d’une partie des électeurs qui peut induire une remobilisation.

Une «majorité de coalition» sur quelques points de programme, avec des députés de droite notamment, est-elle la seule solution pour LREM afin d’obtenir une majorité confortable ? À l’inverse, LR devra-t-il passer par là pour survivre ?

Les députés LR peut-être ; LR en tant que tel, ce n’est pas évident. Si certains accords locaux peuvent permettre de sauver quelques sièges, un accord national impliquerait pour la droite de ne plus présenter de candidats dans la majorité des circonscriptions qui seraient campées par LREM, et de ne plus être présent que sans ses fiefs. Ce serait d’abord en rajouter aux difficultés financières, étant donné que le financement des partis pour les cinq années qui viennent est calculé sur la base du nombre de voix reçues aux législatives.

Par ailleurs, il n’est pas certain que LR parte tout à fait perdant dans cette élection. Il faut se garder de plaquer les résultats par circonscription de la présidentielle pour en tirer des conclusions pour les législatives. Les logiques de vote ne sont pas les mêmes. Cette élection va avoir une particularité. C’est la première fois depuis le début du quinquennat qu’un président est reconduit et demande la même chose pour sa majorité. La majorité de 2002 a été reconduite en 2007, mais avec un nouveau président de la République. Or, la majorité est non seulement épuisée par ces cinq années, mais elle n’a pas su s’implanter. Elle paie le recrutement il y a cinq ans de députés venus de nulle part, élus dans le souffle d’une présidentielle, mais qui devrait être moins fort cette fois-ci au regard des facteurs déjà vus et d’une réélection d’Emmanuel Macron en partie par défaut. Elle paie également la fin du cumul des mandats qui permettait à ses prédécesseurs de parier sur une notoriété et des appuis locaux. LR peut compter sur un personnel politique bien implanté qui, en cas de difficulté pour la majorité ou d’élection jugée peu lisible, a des arguments à faire valoir. On a vu combien ce point avait joué aux municipales, aux départementales et aux régionales. Si ces élections passent sous les radars et deviennent une addition de 577 petites élections, LR a tout pour tenir.

Le Rassemblement national a été historiquement handicapé par le scrutin majoritaire à deux tours. Malgré ses 13,2 % des voix au premier tour des législatives de 2017, le parti n’avait obtenu que sept députés. Insuffisant pour disposer d’un groupe. Une alliance avec le parti d’Éric Zemmour, Reconquête!, pourrait-elle changer la donne ?

Il y a là un dilemme compliqué pour le RN… On l’a dit, le mode de scrutin joue contre ce parti. Il favorise les partis centristes, mais défavorise les partis les plus polarisés qui dès lors qu’ils se retrouvent au second tour, sans alliance, doivent affronter l’ensemble du champ politique. Or en cas de division entre Reconquête et le RN, face à la majorité et à une gauche qui peut s’unir, la plupart des candidats de ce camp politique risquent de se voir écartés dès le premier tour. C’est d’autant plus vrai que si l’électorat zemmourien pèse peu relativement aux légions lepénistes, c’est un électorat peu abstentionniste. C’est toute la difficulté du RN aux élections législatives. Son électorat se déplace aux présidentielles, mais pas après.

La participation différentielle pourrait rééquilibrer le rapport de force entre les partis dans le cadre de cette élection. Pour le RN, il serait donc tactiquement nécessaire de se rapprocher de Reconquête!, sauf que, stratégiquement c’est faire la courte échelle à un concurrent. L’appel d’Éric Zemmour pourrait être traduit par la phrase de Racine: «J’embrasse mon ennemi, mais c’est pour mieux l’étouffer». En effet, aider Reconquête! dans cette élection, ce serait lui permettre d’avoir des députés, faciliter son financement à travers les dispositifs déjà décrits de financement des partis lors des législatives. Bref, ce serait lui permettre d’installer structurellement un parti rival cherchant explicitement à remplacer le RN dans la vie politique. Bref, l’alliance de la carpe et du lapin.

L’électorat de banlieue est très concentré géographiquement, ce qui fait que son abstention n’est pas si déterminante quand il s’agit de s’imposer dans une circonscription.

 

De leur côté, les Insoumis entendent bâtir une coalition avec les communistes et les écologistes, en quête d’élus pour former un groupe. Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’un grand pôle «social-écologiste» face son entrée à l’Assemblée ?

Comme je l’ai dit, pour avoir une place au soleil lors des législatives, il y a trois conditions. Un réseau d’alliances vous permettant d’unifier votre espace politique ; un personnel politique implanté ; une capacité à trianguler au centre. A priori, LFI est mal doté sur les trois items sauf que, trois choses se sont produites ces dernières semaines qui rebattent les cartes. La première est que, malgré ce que l’on avait pu en dire et ce que socialistes et écologistes avaient cru, l’électorat de gauche n’a massivement pas craint de voter pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour. Il n’y a donc pas une frontière infranchissable entre le centre gauche et LFI. Ensuite, EELV a vu non seulement ses velléités hégémoniques battues en brèche, mais est ruinée et a vu son aile écoréaliste-centriste fragilisée par l’échec de la campagne de Jadot. Enfin, le conseil national du PS, dont les élus sont très implantés, a voté pour ouvrir des négociations avec LFI. Ces trois données changent fondamentalement la donne.

La gauche n’est pas majoritaire dans l’électorat mais LREM et ses alliés non plus. Les législatives accordent d’abord une prime à l’organisation d’un camp. Or, si la gauche y parvient, elle devient la principale menace pour la majorité. C’est d’autant plus le cas que si l’électorat Mélenchoniste est fortement abstentionniste, il est aussi plus singulier que celui du RN. L’électorat de banlieue est très concentré géographiquement, ce qui fait que son abstention n’est pas si déterminante quand il s’agit de s’imposer dans une circonscription. Ensuite, l’électorat de centre-ville qui vote plus traditionnellement EELV ou PS pourrait se retrouver sur des candidatures communes. Restent les zones rurales où l’implantation du personnel politique socialiste peut faire la différence. Bref, unie dans l’élection, même minoritaire et divisée sur le fond, la gauche pourrait devenir redoutable.

Législatives: LREM va payer le recrutement de députés venus de nulle part

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 Si elle part gagnante après la réélection d’Emmanuel Macron, la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale est épuisée par le précédent quinquennat et n’a pas su s’implanter localement, analyse l’universitaire dans le Figaro. .

Benjamin Morel est maître de conférences en Droit public à l’Université Paris II Panthéon-Assas.

 

 L’élection présidentielle vient à peine de désigner de vainqueur que les états-majors des partis planchent déjà sur le «troisième tour»: les législatives des 12 et 19 juin. La recomposition chez les oppositions de gauche et de droite, après leur bérézina à la présidentielle, devrait-elle à nouveau profiter à LREM ?

BENJAMIN MOREL. - La République en Marche, ou quel que soit le nom que portera la majorité présidentielle lors de ces élections, part en effet plutôt gagnante. Ses avantages sont de trois natures dans ce scrutin.

D’abord, le mode de scrutin majoritaire à deux tours favorise fortement les partis centristes. Pour vous maintenir au second tour, vous avez besoin de 12,5% des inscrits au premier. C’est un chiffre difficile à atteindre, surtout en cas de forte abstention. Or, s’il n’y a pas des triangulaires et que le centre se retrouve face à la droite, la gauche vient en renfort au second tout, et vice versa… De là vient la surreprésentation des partis de centre gauche et de centre droit dans notre vie politique.

Ensuite, le scrutin favorise les partis en situation d’alliance dès le premier tour. Pour arriver au second, il faut en effet avoir la capacité d’unir son camp, sinon vous prenez le risque de vous faire doubler par deux concurrents. Or LREM a mis en place un système d’alliance structuré qui couvre l’ensemble de son espace électoral. Les pôles de droite (notamment RN et Reconquête!), et pour l’instant de gauche, apparaissent encore désunis. Il est donc probable qu’à ce stade la plupart des candidats LREM soient en capacité d’atteindre le second tour, et si c’est le cas, pour les raisons que l’on a données, de l’emporter.

Il n’est pas certain que LR parte tout à fait perdant dans cette élection. Il faut se garder de plaquer les résultats par circonscription de la présidentielle pour en tirer des conclusions pour les législatives.

 

Enfin, dans les législatives post-quinquennat, on assiste à une élection de confirmation de la présidentielle. Cela n’est pas dû à l’éternelle antienne des éditorialistes selon laquelle «les Français sont cohérents et veulent donner une majorité au président élu». C’est simplement lié à un phénomène de participation différentielle. L’électorat d’opposition est groggy par sa défaite aux présidentielles et ne se mobilise pas, laissant l’électorat de la majorité dominer le jeu. Ce sera peut-être un peu moins vrai cette fois. Le temps entre les deux élections est important et l’on assiste à une volonté de revanche d’une partie des électeurs qui peut induire une remobilisation.

Une «majorité de coalition» sur quelques points de programme, avec des députés de droite notamment, est-elle la seule solution pour LREM afin d’obtenir une majorité confortable ? À l’inverse, LR devra-t-il passer par là pour survivre ?

Les députés LR peut-être ; LR en tant que tel, ce n’est pas évident. Si certains accords locaux peuvent permettre de sauver quelques sièges, un accord national impliquerait pour la droite de ne plus présenter de candidats dans la majorité des circonscriptions qui seraient campées par LREM, et de ne plus être présent que sans ses fiefs. Ce serait d’abord en rajouter aux difficultés financières, étant donné que le financement des partis pour les cinq années qui viennent est calculé sur la base du nombre de voix reçues aux législatives.

Par ailleurs, il n’est pas certain que LR parte tout à fait perdant dans cette élection. Il faut se garder de plaquer les résultats par circonscription de la présidentielle pour en tirer des conclusions pour les législatives. Les logiques de vote ne sont pas les mêmes. Cette élection va avoir une particularité. C’est la première fois depuis le début du quinquennat qu’un président est reconduit et demande la même chose pour sa majorité. La majorité de 2002 a été reconduite en 2007, mais avec un nouveau président de la République. Or, la majorité est non seulement épuisée par ces cinq années, mais elle n’a pas su s’implanter. Elle paie le recrutement il y a cinq ans de députés venus de nulle part, élus dans le souffle d’une présidentielle, mais qui devrait être moins fort cette fois-ci au regard des facteurs déjà vus et d’une réélection d’Emmanuel Macron en partie par défaut. Elle paie également la fin du cumul des mandats qui permettait à ses prédécesseurs de parier sur une notoriété et des appuis locaux. LR peut compter sur un personnel politique bien implanté qui, en cas de difficulté pour la majorité ou d’élection jugée peu lisible, a des arguments à faire valoir. On a vu combien ce point avait joué aux municipales, aux départementales et aux régionales. Si ces élections passent sous les radars et deviennent une addition de 577 petites élections, LR a tout pour tenir.

Le Rassemblement national a été historiquement handicapé par le scrutin majoritaire à deux tours. Malgré ses 13,2 % des voix au premier tour des législatives de 2017, le parti n’avait obtenu que sept députés. Insuffisant pour disposer d’un groupe. Une alliance avec le parti d’Éric Zemmour, Reconquête!, pourrait-elle changer la donne ?

Il y a là un dilemme compliqué pour le RN… On l’a dit, le mode de scrutin joue contre ce parti. Il favorise les partis centristes, mais défavorise les partis les plus polarisés qui dès lors qu’ils se retrouvent au second tour, sans alliance, doivent affronter l’ensemble du champ politique. Or en cas de division entre Reconquête et le RN, face à la majorité et à une gauche qui peut s’unir, la plupart des candidats de ce camp politique risquent de se voir écartés dès le premier tour. C’est d’autant plus vrai que si l’électorat zemmourien pèse peu relativement aux légions lepénistes, c’est un électorat peu abstentionniste. C’est toute la difficulté du RN aux élections législatives. Son électorat se déplace aux présidentielles, mais pas après.

La participation différentielle pourrait rééquilibrer le rapport de force entre les partis dans le cadre de cette élection. Pour le RN, il serait donc tactiquement nécessaire de se rapprocher de Reconquête!, sauf que, stratégiquement c’est faire la courte échelle à un concurrent. L’appel d’Éric Zemmour pourrait être traduit par la phrase de Racine: «J’embrasse mon ennemi, mais c’est pour mieux l’étouffer». En effet, aider Reconquête! dans cette élection, ce serait lui permettre d’avoir des députés, faciliter son financement à travers les dispositifs déjà décrits de financement des partis lors des législatives. Bref, ce serait lui permettre d’installer structurellement un parti rival cherchant explicitement à remplacer le RN dans la vie politique. Bref, l’alliance de la carpe et du lapin.

L’électorat de banlieue est très concentré géographiquement, ce qui fait que son abstention n’est pas si déterminante quand il s’agit de s’imposer dans une circonscription.

 

De leur côté, les Insoumis entendent bâtir une coalition avec les communistes et les écologistes, en quête d’élus pour former un groupe. Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’un grand pôle «social-écologiste» face son entrée à l’Assemblée ?

Comme je l’ai dit, pour avoir une place au soleil lors des législatives, il y a trois conditions. Un réseau d’alliances vous permettant d’unifier votre espace politique ; un personnel politique implanté ; une capacité à trianguler au centre. A priori, LFI est mal doté sur les trois items sauf que, trois choses se sont produites ces dernières semaines qui rebattent les cartes. La première est que, malgré ce que l’on avait pu en dire et ce que socialistes et écologistes avaient cru, l’électorat de gauche n’a massivement pas craint de voter pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour. Il n’y a donc pas une frontière infranchissable entre le centre gauche et LFI. Ensuite, EELV a vu non seulement ses velléités hégémoniques battues en brèche, mais est ruinée et a vu son aile écoréaliste-centriste fragilisée par l’échec de la campagne de Jadot. Enfin, le conseil national du PS, dont les élus sont très implantés, a voté pour ouvrir des négociations avec LFI. Ces trois données changent fondamentalement la donne.

La gauche n’est pas majoritaire dans l’électorat mais LREM et ses alliés non plus. Les législatives accordent d’abord une prime à l’organisation d’un camp. Or, si la gauche y parvient, elle devient la principale menace pour la majorité. C’est d’autant plus le cas que si l’électorat Mélenchoniste est fortement abstentionniste, il est aussi plus singulier que celui du RN. L’électorat de banlieue est très concentré géographiquement, ce qui fait que son abstention n’est pas si déterminante quand il s’agit de s’imposer dans une circonscription. Ensuite, l’électorat de centre-ville qui vote plus traditionnellement EELV ou PS pourrait se retrouver sur des candidatures communes. Restent les zones rurales où l’implantation du personnel politique socialiste peut faire la différence. Bref, unie dans l’élection, même minoritaire et divisée sur le fond, la gauche pourrait devenir redoutable.


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