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«Le séparatisme pour ne pas parler de l’islamisme»

 «Le séparatisme  pour ne pas parler de l’islamisme»

Rémi Brague ,membre de l’Institut,  philosophe et théologien, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, analyse ce que peut signifier la notion de «séparatismes» utilisée par le président de la République pour désigner un phénomène à combattre. (Interview le Figaro)

«La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste», a déclaré Emmanuel Macron dans son discours du 4 septembre consacré au 150anniversaire de la proclamation de la IIIe République. Que signifie exactement le terme «séparatisme»?

Rémi BRAGUE. - À vrai dire, pas grand-chose de précis. On a commencé à employer ce mot à propos de mouvements autonomistes, voire indépendantistes, en Bretagne, en Corse, etc. Il désignait alors le désir de quitter la communauté nationale pour constituer une entité politique se gouvernant soi-même. Employer le mot, c’est ramener l’inconnu au connu, le nouveau à l’ancien. Procédé très légitime, mais aussi tactique commode de simplification.

Lors de son discours de février 2020 à Mulhouse, le président avait évoqué «le séparatisme islamiste», désormais nous en sommes en lutte contre «les» séparatismes? Que signifie ce pluriel?

Je crains qu’on ne veuille une fois de plus noyer le poisson en refusant d’appeler un chat un chat.

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

Les territoires : le mot à la mode pour ne pas parler de la province et des régions paumées

 

 

 

Réarmer les territoires : le slogan lancé par Castex. Il n’y a guère que quelques dizaines d’années voire plus récemment qu’on se gave de cette expression à la mode : les territoires; sans doute pour ne pas dire région, département, contrées ou pire province qui sent trop la cambrousse. La province : Un mot condamné par la morale décentralisatrice; le problème c’est que le concept de territoire ne suffit pas à décrire la géographie économique, sociale ou tout simplement humaine pas plus qu’à l’aménager

 

En fait,  il y a bien sûr l’hypertrophie de la capitale où tout se décide toujours. Mais il y a cet objectif de métropolisation . C’est-à-dire cette volonté de réduire population et activités dans l’espace de 10 à 15 grandes métropoles. Les autres territoires ne représentent plus grand-chose. Mais pour les besoins de la cause qui consiste à discréditer le centralisme étatique français, on procède par un amalgame . C’est  la France en deux parties : d’un côté la région parisienne de l’autre les territoires.

Comme si les territoires étaient homogènes. Autre remarque, a-t-on fait un bilan un peu pertinent de la fameuse décentralisation engagée depuis Deferre ? Un bilan social, économique et même politique. Dans la plupart des cas,s’ installent en effet des sortes de baronnies transmissibles d’ailleurs à l’intérieur des familles politiques. Des baronnies sitôt  mises en place qui  ont construit ces luxueux hôtels de département, de région de communautés avec pléthore de services et de personnels.

Rien n’a réellement été supprimé ni même beaucoup décentralisé par contre on a empilé les structures aussi les mandats de ce petit peuple d’élus qui se partagent le fromage de la notoriété voire des finances.( 4 à 5000 € mensuels à chaque vice  président de communauté urbaine, plus évidemment d’autres petites indemnités,)… et jusqu’à une quinzaine de vice présidents par communauté urbaine !)

Prônant une nouvelle étape de la décentralisation, Jean Castex a commencé par annoncer des créations d’emplois dans les services départementaux de l’État. Première observation faut-il vraiment des créations d’emplois y compris en les localisant dans les fameux territoires. Deuxième observation, le flou artistique du contenu de ce que pourrait être un nouvel épisode de décentralisation.

Macron : mea culpa ou l’art de faire parler deux fois de lui

Macron : mea culpa ou l’art de faire parler deux fois de lui

 

 

Macron fait une sorte de mea culpa en reconnaissant ce phénomène de détestation de ce président. Et de faire le lien avec les principes républicains qui pourtant n’ont pas grand-chose à voir avec la baisse de Macron dans l’opinion publique. Cela donne plutôt l’occasion à Macron de faire parler deux fois de lui. Le chef de l’État regrette notamment de n’avoir «pas assez montré» le «chemin de justice» qu’il souhaitait tracer, pour permettre à chacun d’atteindre «l’excellence» républicaine. Et ce «quel que soit son prénom, quelle que soit la famille où on est né, sa religion, sa couleur de peau». Emmanuel Macron considère que c’est à cause de cet échec que «les gens se sont mis à détester ce président», qui a donné l’impression de ne s’adresser qu’aux «meilleurs». 

«Cette détestation a pu être alimentée» selon lui par les «maladresses» et les «petites phrases». Pour autant, le chef de l’État a affirmé que «la haine n’est pas acceptable en démocratie».

À dessein, le président fait un amalgame douteux entre le rejet qu’il inspire et la haine à caractère anti républicaine. Une dialectique, comme souvent chez Macron, tout autant douteuse qu’ésotérique. Le sommet de cet ésotérisme étant atteint avec son expression : « « j’ai franchi l’émistiche ». Visiblement Macron a de la difficulté à sortir de la dialectique pseudo intellectuelle  des salons parisiens même quand il s’adresse à des millions de Français. De toute façon, Macron ne peut faire que du Macron. Il s’est donc auto félicité de l’action de son ancien gouvernement, de sa décision de nommer une nouvelle équipe qui serait aussi justifiée par un dépassement des clivages alors que pour l’essentiel il va chercher ses responsables dans le parti républicain. La seule nouveauté dans ce discours, c’est la bien timide décision de faire sans doute porter le masque à partir du 1er août dans les ERP(. Comprendre établissement recevant du public,)  dont la définition est particulièrement confuse notamment pour les acteurs économiques mais d’une façon plus générale pour les citoyens.

Un manque de courage évident car il est clair que la montée mondiale de la pandémie va contraindre rapidement à rendre obligatoire le masque partout en dehors du domicile. Et pourquoi encore attendre 15 jours ? Ou alors il se pourrait bien que les stocks soient bien insuffisants pour couvrir les besoins qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions par jour. Dernière filouterie de l’intéressé,  celle faite de manière allusive à la condamnation de la chloroquine »qu’il n’utiliserait pas personnellement » alors que dernièrement il est encore rendu visite au laboratoire du professeur de Marseille Raoult. Encore une occasion de se taire! On sait pourtant que la question est très controversée et qu’aucune molécule n’a pour l’instant fait la démonstration indiscutable comme traitement unique du Coronavirus.

 

« Coronavirus : parler de guerre est une faute » (Michel Wieviorka )

« Coronavirus : parler de guerre est une faute » (Michel Wieviorka )

Le sociologue Michel Wieviorka, condamne  la rhétorique guerrière retenue dans la lutte contre le Covid-19, et compte sur la démocratie dans cette crise. ( interview de la Tribune)

 

La Tribune – Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ?

Nous vivons un choc qui est à la fois collectif – à divers niveaux, du mondial au local – et personnel, intime. Certains sont mieux placés que d’autres pour l’encaisser et faire preuve, comme le qualifie un mot à la mode, de résilience, et même pour se projeter vers l’avenir. Je fais partie des privilégiés, socialement, économiquement, mais cela ne m’empêche pas de penser aux plus faibles, aux plus démunis – l’économie n’est pas seule à devoir être sauvée, il y a aussi des individus en déshérence ou très fragiles.

Je fais partie des générations âgées, mais cela ne m’empêche pas de penser aux vieillards, isolés ou dans des Ehpad si insuffisamment soutenus par la puissance publique, ou aux jeunes générations et à l’avenir de leur point de vue. Bref, je « ne m’en sors personnellement pas trop mal », et tout en veillant à distance au fonctionnement de l’institution que je dirige, la Fondation Maison des sciences de l’Homme, je réfléchis, lis et écris à partir de cette expérience.

Je pense beaucoup au sociologue allemand Ulrich Beck [1944 - 2015], dont j’étais l’ami. Il a ouvert la voie aux réflexions les plus fécondes sur la société du risque et, titre de son dernier livre que je viens de relire, sur The Metamorphosis of the World (Polity Press, 2016).

Vous venez de publier Pour une démocratie de combat (Robert Laffont, 2020). Un écho saisissant aux déclarations et à la posture du Président de la République, affirmant que nous sommes en « guerre » et adoptant discours et actes d’un chef martial. Aux yeux du sociologue et historien, cette sémantique belliqueuse est-elle appropriée et judicieuse ?

Les mots sont importants, nous le savons très bien lorsqu’il y a lieu de s’inquiéter, à juste titre, des pulsions fascisantes qui animent nos sociétés – à ce propos, j’ai été heureux de préfacer la traduction en français du livre de Robert Habeck, le dirigeant des Verts allemands, Du langage en politique. Ce que les mots font à la démocratie (Les Petits matins, 2020). Mais nous devrions être attentifs tout autant à la sémantique des responsables les plus démocrates qui soient. Parler de « guerre » me semble inadapté, incongru et déplacé, c’est même une faute s’il s’agit aujourd’hui du Covid-19, comme ce l’était en 2015 à propos du terrorisme, et même encore plus. Une guerre ne surgit pas de nulle part, comme l’a montré l’historien Christopher Clark à propos de la Première Guerre mondiale (dans Les somnambules, Flammarion, 2013), il s’agit là d’une pure construction politique et sociale. Or le virus n’est pas un ennemi humain, il a frappé soudainement. S’y opposer convoque des politiques publiques. Le discours de la guerre ne veut voir que l’unité du corps social, il interdit le traitement démocratique de ce qui nous divise, et face à l’épidémie il autorise l’opacité, la dissimulation de la part du pouvoir. Ce qui est contre-productif dans un tel combat. De plus, le discours de la guerre flatte les tendances à mettre en avant l’idée de nation, et de là il rend difficile d’être complètement orthogonal par rapport aux dérives nationalistes.

« Le discours de la guerre ne veut voir que l’unité du corps social, il interdit le traitement démocratique de ce qui nous divise, et face à l’épidémie il autorise l’opacité, la dissimulation de la part du pouvoir. Ce qui est contre-productif dans un tel combat »

Quel défi, c’est-à-dire quels périls et quelles opportunités, ce « moment historique » a-t-il commencé d’exercer sur notre et les démocraties ?

Le défi est d’abord vital. Vital du point de vue des personnes singulières, du point de vue des pays, du point de vue de l’humanité. Mais il l’est inégalement : les plus aisés et les plus jeunes s’en sortiront mieux. Il met en cause les équilibres géopolitiques, il questionne notamment la place de la Chine, que l’on découvre être davantage qu’une puissance majeure : le reste du monde en est dépendant pour nombre de produits, nous vivons sous son emprise. Ce défi suggère de repenser l’économie, fait exploser les idéologies néo-libérales, et incite à parler de nouveau de dé-mondialisation, de ré-industrialisation.

Il est aussi social. A cet effet, il interroge les politiques publiques dans bien des domaines, en premier lieu de la santé. Ulrich Beck avait forgé l’idée de « métamorphose du monde » pour expliquer que nous vivons bien plus qu’une transformation dans laquelle les réalités antérieures se modifient sans nécessairement disparaître : nous sommes dans une rupture anthropologique majeure, qui nous oblige à tout repenser. Il précisait que cette métamorphose peut avoir des dimensions positives, et ainsi proposait le concept de « emancipatory catastrophism » : toute tragédie – et la pandémie en est une – peut profiter à l’émancipation, au mieux, au bon.

Que sortira-t-il de « bon » justement ? Un autre rapport à la nature ? D’autres modes de production, de consommation ? D’autres conceptions de la culture, de la ville, de la mobilité, des loisirs ? Le défi est là : la crise va nous conduire à choisir : voulons-nous continuer à laisser prospérer les populismes, les extrémismes, les nationalismes, l’autoritarisme ? Ou pouvons-nous essayer de construire un monde meilleur ? Après tout, la sortie de la grande crise de 1929 a donné naissance d’un côté au New Deal, de l’autre à Hitler… Et face à ce défi, il n’est pas contestable que les démocraties sont mieux outillées que les dictatures, même chinoise.

Quelle « démocratie de combat » doit-on commencer d’inventer qui permettra à la démocratie d’une part de gagner cette guerre, d’autre part de survivre à cette guerre, enfin de sortir davantage renforcée qu’affaiblie par cette guerre ? Une nouvelle démocratie peut-elle voir le jour ?

La pandémie est donc l’occasion d’opposer la démocratie à l’autoritarisme. Mais évitons les appréciations trop simples. L’action a été inaugurée en Chine sous les auspices du mensonge et de la persécution de ceux qui comme le docteur Li Wenliang annonçaient l’épidémie. Elle a permis au régime de se renforcer, et a montré l’efficacité de mesures apparemment brutales mais qui ont produit rapidement leurs effets. Ailleurs en Asie, en Corée du Sud, au Japon, à Singapour, à Taïwan, des régimes démocratiques ont su eux aussi faire preuve d’efficacité, tout en mettant en œuvre des mesures qui si elles devaient se prolonger après la crise, constitueraient autant d’atteintes aux libertés et aux droits de l’homme : notamment le traçage des individus un par un. En France, les mesures déployées ont été moins efficaces, faute surtout de préparation antérieure – l’Asie avait l’expérience de ce type d’épidémie. L’Etat de droit, la séparation des pouvoirs ou les acquis sociaux en ont été affectés. En fait, partout dans le monde, la démocratie, pour être sauvée, a dû s’adosser sur des mesures non démocratiques, autoritaires.

La démocratie, c’est à la fois l’unité et la capacité de traiter de ce qui divise le corps social sans violence, tout en respectant l’Etat. En fait, en temps de menace, la priorité est donnée à l’unité, et on voit bien comment deux impératifs existent face au risque ou à la catastrophe : la sécurité s’oppose d’une part au maintien de la vie économique, d’autre part aux libertés individuelles. Ce qui produit toute sorte de variantes possibles, selon ce qui, d’un pays à un autre, est privilégié par les gouvernements.

« D’un coup, nous sommes confrontés à notre capacité de (sur)vivre et de nous projeter vers l’avenir. Nous découvrons les impasses de la pensée technocratique, purement gestionnaire, et comptable, à laquelle bien des gauches ont adhéré, perdant alors leur âme. Nous constatons que l’Etat, en s’éloignant de politiques de redistribution, en cessant d’investir suffisamment dans des domaines cruciaux comme l’éducation ou la santé, a failli, et qu’il faut le repenser, au plus loin des dogmes néo-libéraux. »

Le politologue Pascal Perrineau l’espère : cet épisode unique dans l’histoire contemporaine peut être l’opportunité de réintroduire le « tragique« , ce tragique que la longue période de paix, mais aussi l’arrogance, la vanité, le culte prométhéen, la folie technologique et scientiste, ont effacé de la mémoire collective. Ce tragique qui affecte chaque individu dans son individualité mais aussi dans son rapport à la collectivité, peut-il contribuer à faire de nouveau « société ensemble », et même « communauté de destins » ? De cette appréciation inédite de la peur peut-il naître un devenir aussi stimulant qu’au lendemain de la Libération ?

Surtout, ce qui réapparaît comme opportunité, c’est l’histoire et la politique. D’un coup, nous sommes confrontés à notre capacité de (sur)vivre et de nous projeter vers l’avenir. Nous découvrons les impasses de la pensée technocratique, purement gestionnaire, et comptable, à laquelle bien des gauches ont adhéré, perdant alors leur âme. Nous constatons que l’Etat, en s’éloignant de politiques de redistribution, en cessant d’investir suffisamment dans des domaines cruciaux comme l’éducation ou la santé, a failli, et qu’il faut le repenser, au plus loin des dogmes néo-libéraux. Nous voyons que la solidarité peut aussi, et peut-être même d’abord, se construire bottom up, à partir d’une formidable mobilisation de la société civile structurée autour de ses associations, de ses réseaux d’entraide, et d’une multitude d’initiatives dont certaines relèvent de l’économie sociale et solidaire. Nous observons une immense soif de démocratie, qui sollicite des demandes de transparence et de vérité : les citoyens ne demandent pas au gouvernement de « tout réussir », ils attendent qu’il les informe convenablement, sans langue de bois, sans mensonges ou omissions sur des points sensibles – comme le nombre de décès, puisque les seuls comptabilisés ont longtemps été ceux qui se jouaient à l’hôpital, ou l’origine du déficit de masques ou de tests. A cette condition, le discours de l’unité peut fonctionner.

Mais ne nous y trompons pas : cette aspiration à l’unité ne fait pas l’unanimité. C’est pourquoi le débat démocratique, même conflictuel mais non violent, est si important. Il permet de négocier, d’aboutir à des choix, des décisions, d’éventuels compromis. Il apporte sa légitimité à l’action gouvernementale.

Le tragique, c’est lorsque tout ceci devient presque impossible, et qu’apparaissent alors soit des héros - qui en se comportant de façon exceptionnelle montrent à quel point il est difficile d’agir de façon ordinaire -, soit des salauds - qui volent et s’enrichissent -, soit des irresponsables – qui agissent de façon incivique. Le tragique, c’est quand l’histoire se substitue à la routine et au fonctionnement habituel.

Pour l’heure, la nation semble se resserrer, elle se coalise dans la peur et se soude dans le malheur, elle se rassemble d’une seule voix dans le soutien au personnel soignant, elle fait front derrière les figures de l’Etat, elle fait preuve d’actes de solidarité – qui cohabitent toutefois avec d’autres, égoïstes. Et la promesse de construire un « avenir nouveau », plus humain, plus altruiste, plus « care », davantage tourné vers l’essentiel, est clamée partout. Cette promesse est-elle… promise à s’enraciner autrement que celles, tout aussi généreuses et fortes, qui suivirent la crise financière de 2008 et ne virent jamais le jour ?

Les plus blasés affirmeront : tout redeviendra comme avant sitôt la crise terminée, l’habitude retrouvera tous ses droits. Les plus pessimistes déclareront : rien ne sera plus comme avant, tout sera pire, les inégalités seront renforcées entre individus, entre groupes, entre pays, l’économie sera entrée dans une phase de grande régression, les nationalismes déboucheront sur des bruits de bottes, puis sur des guerres, etc. Quant aux optimistes – dont Beck était, et dont je suis -, ils seront attentifs à ce qui nous fait entrer dans une « ère nouvelle ». Une ère nouvelle où l’idée de progrès retrouve son sens, où l’économie – plus juste socialement et cessant d’être comme déconnectée de la politique – se relance sur des bases inédites, où la représentation politique reprend des couleurs, où l’écologie forme une préoccupation débouchant sur des décisions concrètes, internationales, etc. Une telle perspective implique que nous pensions autrement, que nous inventions des catégories, des concepts, des mots peut-être même, et que nous fassions confiance à la science pour éclairer les décisions, sans pour autant que les scientifiques se substituent aux responsables politiques. Dès lors, les sciences humaines et sociales ont devant elles un « boulevard » – à condition de bénéficier de politiques et de formes d’emploi et de financement autres que la règle en vigueur aujourd’hui.

Une strate déterminante du fonctionnement de la démocratie que Nicolas Sarkozy avait, le premier, violemment discréditée et marginalisée, et que de manière plus surprenante Emmanuel Macron a négligée, est composée des corps intermédiaires, au niveaux tant national que local. Quelle reconnaissance le chef de l’Etat doit-il irrépressiblement leur conférer aujourd’hui pour gérer la crise et demain pour reconstruire le pays et revitaliser la démocratie ?

Le constat est juste, mais l’expression de « corps intermédiaires » n’est pas la mieux adaptée. Elle renvoie à l’image d’une construction formée, à son sommet, du pouvoir (l’Elysée), à sa base, de la population, et entre les deux, de ces « corps ». D’autres images méritent examen. Celle par exemple, classique depuis Montesquieu, de la séparation des pouvoirs. Celle aussi d’un pouvoir d’Etat qui n’est pas l’horizon indépassable de l’action politique. Toujours est-il que nous avons vécu, sous Nicolas Sarkozy, plus encore ensuite avec François Hollande, l’épuisement de la représentation politique classique, et une configuration qui a abouti à la situation actuelle : un pouvoir installé, selon ses dires, au centre, et en réalité plutôt à droite. Puis sur ses deux flancs, plus rien jusqu’aux extrêmes de gauche et de droite. Nous avons vu aussi le syndicalisme être ignoré ou presque, y compris lorsqu’avec la CFDT et Laurent Berger, il se présente comme un acteur négociateur ouvert au débat et au compromis. Ajoutons que les institutions n’ont pas été pleinement respectées, le Conseil d’Etat n’a pas été écouté à propos de la loi sur les retraites.

On peut certes s’interroger : si les partis classiques et les syndicats ont semblé ainsi perdre pied, n’était-ce pas aussi de leur faute ? Et le phénomène n’étant pas propre à la France, ne faut-il pas y voir une tendance mondiale, générale ? Certainement. Mais ce qui frappe, c’est que le chef de l’Etat n’a jusqu’à peu rien fait pour créer les conditions d’une reconstruction de ces acteurs et des systèmes dans lesquels ils opèrent. Avec la crise, il a semblé modifier quelque peu cette attitude : il a – bien mal lui en a pris – écouté les dirigeants de tous les partis qui lui demandaient de maintenir le premier tour des élections municipales du 15 mars 2020 ; il s’est entouré des avis d’instances scientifiques, et pas seulement de ses conseillers habituels. Il a annoncé le report de la loi sur les retraites.

Mais il a aussi pris des mesures d’urgence qui contredisent cette image. La reconstruction est annoncée, toutefois rien n’indique qu’elle s’exercera en reconnaissant la nécessité de ces « corps intermédiaires », et en faisant en sorte qu’ils deviennent de plus en plus utiles et présents. En fait, le chef de l’Etat s’est davantage mis en dynamique de rééquilibrer son positionnement vers la gauche, que de permettre à une gauche de se relancer. Jusqu’au jour où il tentera de faire basculer le curseur à nouveau vers la droite. Et s’il a semblé entendre un peu plus les syndicats, son gouvernement a pris des mesures qui ne sont certainement pas celles qu’ils peuvent attendre.

« Le chef de l’Etat s’est davantage mis en dynamique de rééquilibrer son positionnement vers la gauche, que de permettre à une gauche de se relancer. Jusqu’au jour où il tentera de faire basculer le curseur à nouveau vers la droite « 

Vos travaux notamment sur le racisme, l’antisémitisme et la violence vous distinguent mondialement. Parce qu’il a vu le jour en Chine, parce que la force de frappe et de nuisance des réseaux sociaux et des fake news sont tentaculaires et incontrôlables, parce qu’identifier un bouc-émissaire participe – malheureusement – de tout processus d’exorcisation et d’instrumentalisation des peurs, le coronavirus enflamme la sphère raciste. Quelles traces, momentanées ou indélébiles, faut-il redouter ?

Effectivement, le thème du « péril jaune » est réapparu, et de nombreux épisodes racistes sont venus faire de la Chine et des Chinois les boucs émissaires de la pandémie. Ce phénomène est très classique, l’anthropologue et historien René Girard avait très bien montré comment en cas de malheur « on » charge un bouc-émissaire de tous les maux pour l’expulser en le tuant.

Ce racisme ne joue pas seulement chez nous, il est à l’œuvre par exemple à Hong Kong, visant les Chinois de Chine continentale, et au sein même de cette dernière, il cible les habitants de Wuhan. En France, il prend la forme de stéréotypes, de préjugés, de propos et d’attitudes dans l’espace public, de menaces, d’agressions, jusqu’au refus de fréquenter des commerces tenus par des Asiatiques, etc. A terme, le tourisme chinois en France, qui devenait si important, pourrait de ce fait régresser, et les appels à la ré-industrialisation s’accompagner de postures hostiles à la Chine sous des formes confinant au racisme. N’oublions pas que les migrants d’origine asiatique en France sont nombreux, qu’ils ont fait souche et famille ici, que leurs enfants vont à l’école : voilà un problème très concret et interne à notre société.

Tout le monde n’a pas la chance de partir se réfugier dans sa résidence de l’Ile de Ré ou sa propriété de Gordes. Au fur et à mesure qu’il va se prolonger, ce confinement va inévitablement exacerber les violences au sein des foyers les plus fragiles, des logements les plus précaires, des familles les plus déstructurées, des individus les plus vulnérables aux addictions. Mais aussi au sein des corps sociaux les plus exposés, notamment par un chômage qui va s’enflammer. La prolifération de ces violences intimes peut-elle coaguler et s’exprimer dans une violence organisée collectivement ?

Le gouvernement a eu raison d’engager des efforts considérables pour sauver l’économie et les entreprises. Il n’en a pas produit autant à l’égard des personnes singulières, en tant que travailleurs, et ne pouvait pas se mobiliser substantiellement pour ceux que la crise sanitaire et le confinement placent en situation très difficile. Au final, tous les chômeurs ne seront pas convenablement indemnisés, de nombreux précaires ne seront pas aidés, déjà les associations humanitaires peinent plus que jamais à venir au secours des SDF et des personnes en grande pauvreté.

La répression de ceux qui contreviennent aux consignes officielles a atteint en priorité les habitants des quartiers populaires, qui, plus que d’autres, ont besoin de sortir de chez eux. Une famille nombreuse entassée dans un appartement modeste et dont les enfants, quand ils ne sont pas en classe, sont souvent dehors, dans la rue, vit plus délicatement le confinement ! Les addictions deviennent plus difficiles à satisfaire. Le risque d’être victime du virus est plus élevé quand il faut nécessairement nourrir une famille et donc faire des courses assez souvent, quand les enfants, intenables, sortent finalement malgré les interdictions. Les risques sont également plus grands pour ceux qu’une foi puissante décourage de la moindre prudence, et qui préfèrent se réunir pour communier dans leur religion plutôt que de se protéger en restant confinés.

Mais si des violences sporadiques sont susceptibles d’apparaître, je ne pronostique pas une grande convulsion collective. D’ailleurs, ceux qui se mobilisent ne sont pas nécessairement les plus démunis, les plus opprimés, comme l’avait montré Tocqueville à propos de la Révolution française : celle-ci n’a jamais été aussi active que dans les régions économiquement les plus prospères. En revanche, je constate un processus de « gilétisation jaune » de la société en cette phase de crise sanitaire : des protestations s’expriment contre le pouvoir et sa politique de santé, qui ont un vif écho sur les réseaux sociaux, et qui font penser à ce que les Gilets jaunes ont eu de plus central dans leur mouvement : la critique de l’action publique en matière sociale. En fait, si la pandémie est naturelle, au départ, et provient d’ailleurs, elle vient se mêler, dans son impact, à d’autres crises, sociale, politique, qu’elle pourrait relancer malgré les appels incantatoires du pouvoir à l’unité.

« Si des violences sporadiques sont susceptibles d’apparaître, je ne pronostique pas une grande convulsion collective. »

La violence, vous l’avez longuement étudiée dans le monde du travail. La violence du travail, la violence liée au relations sociales, à la mutation des conditions de travail, à l’évolution des organisations du travail, etc. Que l’on soit confiné en télétravail, orphelin momentané de travail ou, plus grave, définitivement sans emploi, notre relation au travail connait une épreuve inédite. Que peut-il en rester, à long terme, d’opportun et de délétère ?

Nous sommes entrés depuis plus d’un quart de siècle dans l’ère numérique, et cette pandémie nous y installe massivement, et avec une densité inédite. Tout est digital aujourd’hui : la lutte contre le virus, comme on l’observe en Asie, où les smartphones et Internet sont devenus des outils décisifs, le fonctionnement à distance de l’éducation, la communication massive, à l’échelle souvent planétaire, qu’autorisent les technologies de communication… et ainsi, l’isolement qu’impose le confinement est en partie pallié par une intense communication et par le télétravail.

Celui-ci est une rupture, et non un prolongement dans les modes d’organisation du travail. La vie des entreprises, leur gestion, leur structuration interne, le fonctionnement des collectifs de travail se transforment à grande vitesse. D’ailleurs, de nombreuses entreprises, y compris des startups, s’inscrivent dans cette mutation, proposant toutes sortes de e-services, d’applications, de systèmes de gestion, etc. Ce qui, à terme, dessine une autre structure générale de l’emploi.

Chez ceux qui peuvent relever du télétravail, l’habitat constitue une donnée clé : il est possible de vivre beaucoup plus loin de son lieu de travail, auquel on ne se rend que rarement ou moins souvent. L’urbanisme, les réseaux de transport public sont aussi impactés par cette évolution, que la crise sanitaire a rendu spectaculaire, créant des habitudes sur lesquelles nous ne reviendrons pas, ou en tous cas jamais entièrement. Le télétravail rend moins nécessaire qu’avant bien des réunions à distance, y compris internationales, et apportera sa contribution à la réduction du transport aérien, qui se présente déjà aujourd’hui comme une victime majeure de la crise sanitaire.

Nul doute que notre relation au risque et à la précaution ne sera plus la même une fois la crise passée, et votre évocation d’Ulrich Beck met en exergue ce thème central. A titre individuel mais aussi à l’égard des pouvoirs publics, quelle sera désormais notre exigence de précaution ? Notre acceptation du mais aussi notre aspiration au risque ? L’avenir du contenu du principe de précaution constitutionnalisé par Jacques Chirac ? Le rejet de l’imprévisibilité, devenu dominant et même irrationnel, peut-il reculer au profit d’une « réacceptation » que tout n’est pas anticipable et contrôlable ?

En période de crise sanitaire, très logiquement le principe de précaution semble devoir jouer fortement. Mais même là, des voix se font entendre : « Il nous empêche de continuer à vivre, à produire, il est paralysant et même à terme, contre-productif, car en contrecarrant l’épidémie, il va générer ou renforcer d’autres crises, notamment économiques et financières, mais aussi culturelles, voire personnelles »… ; imposer le confinement absolu durant plusieurs semaines, par exemple c’est mettre en cause durablement l’équilibre psychique et la santé mentale et morale de bien des personnes. La pandémie actuelle, plutôt que de susciter des comparaisons en termes de guerre, devrait plutôt encourager à accepter l’idée que la société, comme le monde, sont confrontés à des risques majeurs, certains causés par l’homme, mais pas tous – ou pas entièrement : accident nucléaire, tsunami, volcan dégageant de vastes quantités de poussière qui obscurcissent la planète et provoquent un refroidissement généralisé, crise financière, etc. Ces risques ont de particulier que leur probabilité de réalisation est très faible, mais que lorsqu’ils surviennent, la catastrophe et le chaos menacent. Nous ne pouvons pas même concevoir tous ces risques, et pas davantage anticiper pleinement quand, où et à quelle échelle ils sont susceptibles d’advenir. Le principe de précaution ici devrait surtout consister à nous préparer à faire face à de telles menaces et à gérer une crise majeure. A apprendre à mobiliser dans les meilleurs délais ressources et compétences. Cela peut se jouer en amont, en veillant à minimiser certains éléments, par exemple en ne laissant pas se construire une ville le long d’une ligne de faille, en initiant des instruments de détection sur les côtes susceptibles de subir un typhon ou un tsunami, en érigeant des habitations antisismiques, etc. Des formations civiques et éducatives à la gestion de crise peuvent aussi contribuer. La capacité de tirer les leçons d’épisodes antérieurs, comme dans les pays d’Asie, à commencer par la Chine, qui ont su utiliser les acquis de leur expérience des épidémies de type Coronavirus, est également clé. Bref, le principe de précaution paralyse, ou est peu mobilisateur et même vite démobilisateur, là où nous avons besoin d’être prêts à nous constituer en quelque sorte en acteurs contre-offensifs.

« La lutte contre la pandémie et celle contre le terrorisme ont en commun d’être toujours liberticides. »

Certains de vos travaux ont porté sur les répercussions sociales et sociétales du terrorisme. A certains égards, cette « guerre » contre le Covid-19 s’apparente-t-elle à celle déployée contre le terrorisme – lui aussi aveugle, irrationnel, planétaire ?

Le terrorisme est humain, et non pas naturel, et il est le fait d’acteurs qu’il est possible d’identifier. La « guerre » contre le terrorisme vise ces acteurs, qui ne sont pas pour autant des Etats, même s’il arrive qu’un Etat sponsorise un groupe terroriste, voire, avec Daech, que se constitue un quasi-Etat terroriste – le Califat a existé durant quelque trois ans au Proche-Orient. Le terrorisme peut être « ciblé », c’est-à-dire choisir ses victimes – les journalistes de Charlie Hebdo, les clients juifs de l’hypercasher en janvier 2015. Il a sa rationalité, il déborde d’une pléthore de sens, et ses protagonistes sont capables de calculs, parfois même plus intelligents que ceux des spécialistes chargés de le combattre : alors que des scénarios très élaborés imaginaient à la fin des années 90 l’irruption d’un terrorisme nucléaire, chimique, bactériologique, les acteurs du 11 septembre 2001 ont construit l’impressionnant succès de leur opération en achetant des billets « business », en se munissant de simples cutters, en prenant place dans les avions, et en s’étant préparés à mourir.

Les luttes contre ces deux fléaux ont en commun d’être toujours liberticides. Le gouvernement vient de faire passer des mesures d’exception relatives à la lutte contre le Covid-19, en 2015 l’exécutif d’alors avait fait de même pour agir face au terrorisme. Ce n’est pas un hasard si ce sont les mêmes, réseaux d’organisations de défense des droits de l’homme, d’avocats, de militants humanitaires, d’intellectuels qui se mobilisent dans les deux cas pour tenter de ralentir ou d’empêcher ces types de dérives.

Nous apprenons, avec – plutôt – discipline à comprimer très fortement nos libertés. Cet apprentissage peut-il, au-delà de la période de confinement, modifier notre culture de la liberté, et notamment altérer notre capacité de révolte, de contestation, d’insubordination ? Les avocats Eric Dupond-Moretti et François Sureau ont très bien expliqué comment les Français se sont peu à peu résigné, au nom de la lutte contre le terrorisme, et se soumettent docilement à des réflexes liberticides…

Hélas ! L’expérience montre qu’il est plus facile d’entériner des mesures d’exception, de les banaliser, de les faire entrer dans le droit commun, comme ce fut le cas en 2017 avec les textes anti-terroristes, que de revenir en arrière une fois une crise dépassée. Ces mesures ont alors d’autres desseins que ce pour quoi elles avaient été explicitement proposées et adoptées, elles constituent dès ce moment une régression démocratique.

Votre ami Edgar Morin l’espère : ce moment inédit de confinement « peut nous aider à commencer une détoxification de notre mode de vie ». Il s’agirait là d’une rupture civilisationnelle. L’état « social », politique et démocratique du pays se prête-t-il à une telle ambition ?

Comme Edgar Morin, je suis plutôt optimiste, confiant dans la capacité des humains à explorer les « bons » chemins. Mais les processus par lesquels s’opère un travail de chacun sur soi-même, et de la société sur elle-même ne sont pas écrits d’avance, ils changent d’une personne à une autre, d’une société à une autre, d’un moment à un autre, et ne sont pas linéaires. Certains s’enfermeront dans la mélancolie, et seront incapables de se projeter vers l’avenir. D’autres oublieront, pour envisager le futur sans tenir compte du choc actuel. Et d’autres seront capables d’être à la fois dans le passé et le futur. Les sociétés occidentales, et tout spécialement la nôtre, ont manqué depuis plusieurs années d’appétence pour se tourner vers l’avenir avec une certaine confiance.

Nous avons vécu dans le présent – le « présentisme » que critique l’historien François Hartog. En Asie, il semble qu’on veuille davantage imaginer un futur sinon radieux, du moins meilleur, on mise sur l’enseignement supérieur et la recherche, sur la science, on ne clame pas que les jeunes générations vivront moins bien que les plus âgées. Si le choc de cette pandémie doit aider à retrouver le goût du progrès, doit soutenir l’idée qu’un autre futur est possible – et qui sera ce que les citoyens, surtout les plus jeunes, en feront -, alors la crise se révélera avoir été « aussi » salutaire.

Mais gardons-nous des tendances à l’arrogance provinciale, par la faute de laquelle nous nous croyons supérieur aux autres nations, et qui témoigne en réalité de notre refus d’aller dans ce sens.

Le chef de l’Etat l’a affirmé lors de son allocution du 16 mars annonçant le confinement. « Lorsque nous serons sortis vainqueurs [de la guerre contre le coronavirus], le jour d’après ne sera pas un retour aux jours d’avant » (…). « Cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, (…) et je saurai avec vous en tirer toutes les conséquences (…). Hissons-nous individuellement et collectivement à la hauteur du moment ». Et chaque jour qui passe le corrobore, plus guère d’observateurs (politologues, sociologues, scientifiques, anthropologues) contestent l’obligation ou l’opportunité d’un aggiornamento. En résumé, comment imaginez-vous et comment espérez-vous que prenne forme ce « jour d’après » ?

Cette période nous aura beaucoup appris sur le pouvoir actuel ! Sur la façon dont il prétend faire demain le contraire de ce qu’il a fait jusqu’ici. Les électeurs sauront en tirer toutes les conséquences.

Si de véritables changements doivent être à l’œuvre, ils proviendront de la société, d’en bas, et de ses initiatives, de demandes sociales, culturelles, politiques, économiques que des forces politiques seront capables de traiter -qu’il s’agisse de vieux partis de droite et de gauche se renouvelant en profondeur (ce dont je doute), des Verts (ce qui est déjà un peu plus vraisemblable), ou de nouveaux partis émergents.

 

 

Gouvernement Retraites: pourquoi avoir attendu 5 jours avant de parler ?

Gouvernement Retraites: pourquoi avoir attendu 5 jours avant de parler ?

 

 

On peut légitimement se demander ce qui justifie une prise de parole aussi tardive de la part du Premier Ministre après la forte mobilisation de jeudi dernier. Pourquoi avoir attendu cinq jours pour donner une orientation officielle à une réforme pour l’instant incompréhensible et inaudible. Deux hypothèses :o u  bien le gouvernement ne maîtrise pas le sujet ou bien des oppositions importantes demeurent au sein même de l’exécutif. On peut aussi penser que les deux facteurs explicatifs se cumulent. Un seul exemple, il est clair que le gouvernement n’a pas apprécié l’énorme effort qui sera à effectuer pour le relèvement des rémunérations des enseignants si l’on veut maintenir leur niveau actuel de pension. Mécaniquement les enseignants avec le système à point vont perdre en moyenne 30 % de leur niveau de retraite. Pour compenser cette baisse, la croissance des rémunérations doit être considérable et dès l’entrée dans la carrière. Notons que les enseignants français sont payés moitié moins que les enseignants allemands ! D’autres conséquences ont été largement sous-estimées comme l’incidence sur les retraites des femmes à carrière courte sans parler de la diminution de pension de cadres d’autant plus injuste qu’ils seront éjectés de leur ancien système de retraite complémentaire parfaitement équilibré et qu’ils devront souscrire une assurance privée de  retraite complémentaire. D’autres catégories sont dans le même cas comme les avocats ou les infirmiers. En réalité, on va aboutir un système entièrement étatisé qui va assurer une retraite plancher qui en moyenne fera baisser les pensions et à une incitation au recours aux assurances et aux banques pour couvrir les risques de la retraite complémentaire dont les coûts seront autrement plus importants que dans les systèmes actuels. Par ailleurs, la mise en œuvre de la réforme ne commencera sans doute pas avant 2035 et ne produira des effets un peu significatif que dans des dizaines d’années. À ce manque de préparation, s’ajoutent les oppositions au sein même du gouvernement avec d’un côté ceux qui sont favorables  à un lissage  dans le temps la réforme sur 15 ans voire davantage quand on se rapproche du principe du grand-père et ceux qui veulent une application immédiate en imposant aussi des mesures paramétriques notamment de report immédiat de l’âge de la retraite. Les confusions du gouvernement ajoutées aux contradictions internes expliquent sans doute qu’il aura fallu cinq jours pour que le Premier ministre donne enfin une première orientation officielle sur sa réforme. On peut imaginer que cette première déclaration ne sera pas suffisante rétablir la confiance et le calme. Il faudra d’autres déclarations qui feront suite à d’autres mobilisations. Pendant ce temps-là, la France verra sa croissance affectée, donc la richesse disponible. Les perspectives de croissance pour 2020 étaient déjà très faibles : de 1 %. Si le conflit social perdure par exemple pendant deux à trois mois , le   risque est de perdre la moitié de cette croissance soit une perte de 10 milliards ; bien au-delà de ce que va coûter le déséquilibre des prochaines années.

Chantiers : L’obligation de parler Français légale en pays de Loire

Chantiers : L’obligation de parler Français légale e n pays de Loire

 

Politiquement le président les Républicains des Pays de Loire a obtenu une victoire juridique pour imposer l’usage du français sur les chantiers qui utilisent du personnel étranger. Une victoire toutefois relative car il s’agit de la décision d’un juge des référés du tribunal administratif qui devra être confirmé par les tribunaux. En attendant,  la région des pays peut  crier victoire : «C’est la victoire du bon sens : cette clause permet à la foi de protéger l’emploi local et les travailleurs étrangers qui ne parlent pas français (…), en luttant contre les effets dévastateurs de la directive sur les travailleurs détachés », dit-il dans un communiqué. Un triomphe relatif dans la mesure où il ne s’agit pas de contrainte à parler français mais de disposer d’un interprète. Or il sera toujours facile de trouver parmi les membres du personnel un salarié qui parle un peu français à moins d’exiger de lui qu’il possède une licence de lettres ! Notons cependant que si cette mesure devait être confirmée pour l’ensemble du territoire ,il faudrait s’attendre à des mesures de rétorsion de la part de certains pays où la France compte de nombreux expatriés qui ne parlent pas forcément la langue surtout quand il s’agit de chantiers d’assez courte durée. Enfin cette mesure est jugée illégale par la commission européenne du fait de son caractère protectionniste. Cette contrainte viserait particulièrement les secteurs du BTP et de l’agriculture. Il y a peu de chances pour qu’elle soit acceptée par l’union européenne. Il s’agit surtout d’une orientation d’affichage qui voudrait prouver  que ce type de mesures protectionnistes peut servir l’emploi des Français en France. La situation est sans doute bien plus complexe. Par exemple dans l’agriculture ou même le BTP il est parfois impossible de recruter le personnel nécessaire du fait d’une part du caractère temporaire des contrats mais aussi des conditions de travail difficile. Dans la plupart des cas, les étrangers sont sollicités faute de  main-d’œuvre locale. Notons aussi que ces étrangers acceptent de travailler beaucoup plus durement que des Français en général de moins en moins enclin à accepter des conditions de travail effectivement contraignante. De toute façon cette décision du tribunal administratif est à la fois provisoire et théorique. Notons aussi le caractère très ambigu du jugement provisoire en faveur de la présence d’un interprète : « En admettant même qu’elles puissent être regardées comme ayant pour effet de restreindre la liberté d’accès à la commande publique, il ne résulte pas davantage de l’instruction qu’elles s’appliqueraient de manière discriminatoire », ajoute-t-elle.

Il ne faut plus parler de l’affaire Fillon ! (Marine Le Pen)

 Il ne faut plus parler de l’affaire Fillon (Marine Le Pen)

Gonflée Marine Le Pen  qui propose qu’on ne parle plus de l’affaire Fillon. Et pour cause, elle souhaiterait bien aussi qu’on ne parle plus des affaires du Front national dans lesquels elle est impliquée et qui d’ailleurs a fait l’objet de plusieurs mises en examen.  Marine Le Pen  a d’ailleurs refusé d’être entendue par la justice invoquant une bien curieuse trêve judiciaire. Pour Marine Le Pen, « il est temps qu’on en revienne aux problèmes qui intéressent les Français ». La présidente du FN, elle-même aux prises avec la justice, s’est exprimée sur le sujet dans une interview accordée au quotidien La Provence, à paraître dimanche 26 février. « Je n’ai pas de conseil à donner à M. Fillon, c’est un grand garçon. J’ai déjà dit que je considérais que cette affaire a rompu le lien de confiance entre François Fillon et une grande partie des Français, parce que les accusations visent un enrichissement personnel et familial », a expliqué la candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle. « Pour le reste, c’est à lui de voir ce qu’il doit faire. Et je le répète, il est urgent que nous puissions en revenir à un débat de fond », a-t-elle estimé, moins de 24 heures après l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet national financier sur les soupçons d’emplois fictifs visant la famille du candidat LR à la présidentielle. La candidate du Front national, qui apparaît régulièrement en tête dans les sondages sur les intentions de vote au premier tour de la présidentielle, est également dans le collimateur de la justice. Plusieurs de ses proches ont été mis en examen ces derniers jours dans plusieurs affaires financières. Frédéric Chatillon, pilier de la communication du Front national à travers sa société Riwal, a été mis en examen dans l’enquête sur le financement des campagnes électorales du parti frontiste en 2014 et 2015 pour abus de biens sociaux. Une autre enquête, sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants de députés FN au Parlement européen, a conduit à la mise en examen de la chef de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset et le siège du FN à Nanterre (Hauts-de-Seine) a été perquisitionné la semaine dernière. Convoquée mercredi par les enquêteurs, la présidente du Front national, qui bénéficie de l’immunité parlementaire en tant que députée européenne, a refusé de s’y rendre, justifiant son refus par la période électorale qui ne permet, selon elle, « ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice ».

 

Fillon : «Penelope est prête à parler »…….de cuisine ?

Fillon : «Penelope est prête à parler »…….de cuisine ?

 

Se rendant sans doute enfin compte du silence assourdissant de Penelope, Fillon déclare que son épouse serait prête à parler. La question est : parler de quoi ? De cuisine ? Le danger en effet pour Penelope c’est d’être interrogée sur un travail d’assistante parlementaire dont elle ignore tout. Le piège pourrait encore davantage se refermer sur Fillon d’autant plus que son épouse, au début tout au moins, n’était même pas au courant qu’elle était salariée comme assistante parlementaire. Plus faux-cul que Fillon tu meurs quand il déclare qu’elle est  prête à parler mais s’y oppose pour la protéger. Pour la défense de Penelope certains affirment l’avoir aperçu un jour au Sénat dans un cocktail. Pourtant dans Paris-Match on a la preuve du travail de Penelope puisqu’on a quelques photos : François et Penelope avec le prince William (2008) ; François et Penelope à un dîner de gala à l’Élysée (2008) ; François et Penelope au Vatican avec le pape Benoît XVI (2009)… Des photographies, aussi, de l’épouse discrète en compagnie de Bernadette Chirac (2008) ou encore de Carla Bruni (2010). Pas de doute donc elle était bien assistante parlementaire mais « à l’insu de son plein gré ».

 

Hollande évoque la garde nationale pour éviter de parler du service national obligatoire

Hollande évoque la garde nationale pour éviter de parler du service national obligatoire

A défaut de contenu la gauche a l’habitude d’utiliser des formules sémantiques flamboyantes. Cette fois Hollande évoque la garde nationale quand il s’agit en fait de renforcer un peu les réservistes. Quinze mille réservistes opérationnels de gendarmerie et de police seront disponibles « d’ici la fin du mois », contre 12.000 actuellement, pour « assurer la sécurité des différents événements de l’été » a déclaré le chef de l’État.  Il est clair que le contexte pré électoral ne prédispose pas à poser la problématique d’un engagement actif au service de la république via un nouveau service national obligatoire.  Attentat après attentat, les pouvoirs publics bricolent leur plan de lutte contre le terrorisme. Mais force est de constater que la réponse n’est guère adaptée à l’enjeu. Au mieux on se contente d’indiquer que de nouvelles tueries sont à prévoir mais sans problématiser la question et sans permettre à l’opinion d’être en mesure de comprendre et d’accepter une nouvelle articulation entre la problématique de sécurité et la problématique de liberté.  L’un des piliers du plan gouvernemental pour lutter contre le terrorisme repose sur l’opération sentinelle (opération Vigipirate renforcée) qui mobilise 10 000 militaires dans les rues et les lieux publics. En réalité une opération très symbolique qui vise surtout à rassurer la population. Cette action devrait relever des forces de police et non des forces militaires lesquelles s sont déjà épuisées par toutes les tâches de surveillance des rassemblements divers et variés, festifs ou non. On sait que la France s’est imprudemment engagée sur nombre de théâtres d’opérations de guerre au Moyen-Orient et en Afrique où les effectifs sont déjà insuffisants. Or avec l’opération sentinelle on se prive d’environ 10 % des effectifs de l’armée de terre. Pris de court une nouvelle fois,  le ministre de l’intérieur a sorti de son chapeau un service militaire pour ceux qui le souhaitent : une curieuse conception de la solidarité républicaine. Il est clair qu’en période préélectorale personne n’ose ouvrir le débat sur la nécessité d’un service national obligatoire par exemple de six mois et qui permettrait de libérer totalement les militaires de cette opération Sentinelle. Accessoirement cela offrirait un moyen de permettre une adhésion plus active aux valeurs de la république ; république dans les citoyens ne peuvent se comporter uniquement en consommateurs de liberté individuelle ou collective mais sans les contraintes de l’engagement. Le contexte commanderait pourtant un changement de statut du citoyen passant de la posture de consommateurs à celui d’acteur.

 

 

Valls choisit Londres pour parler de l’assurance chômage !

Valls choisit Londres pour parler de l’assurance chômage !

Curieuse cette habitude des responsables politiques français de parler des réformes à entreprendre en France quand ils sont à l’étranger. Ils sont sans doute les seuls à cultiver une telle particularité bien inopportune. Ou alors, il  s’agit d’une posture vis-à-vis de la presse étrangère. Sans doute le cas pour Valls qui ne cesse d’affirmer sa volonté réformatrice mais finalemenet qui suit docilement les orientations de Hollande.  Le Premier ministre a frappé les esprits en déclarant depuis Londres vouloir réformer le marché du travail et notamment la durée et le montant des indemnisations chômage. La déclaration du Premier ministre lundi à la City de Londres était presque passée inaperçue. Mais hier elle a fini par provoquer les remous attendus. En visite officielle en Grande Bretagne Manuel Valls a déclaré qu’au sujet de l’assurance chômage la question devait être «reposée» en termes de montant et de durée. Matignon préparerait-il un big bang dans le régime de l’indemnisation des chômeurs ? Peut-être pas une révolution mais en tout cas une volonté de réformer. En effet, le Premier ministre a clairement tracé la piste de sa réflexion : «En Grande-Bretagne et en Allemagne, le temps partiel a permis de préserver l’emploi et de repartir de manière plus forte quand la croissance est revenue. Nous, en France, avons fait le choix d’un chômage très important et très bien indemnisé. C’est dans le dialogue avec ceux qui recherchent un emploi que l’on peut améliorer la situation. Cela s’appelle réformer le marché du travail» a déclaré Manuel Valls. Et de faire rapidement le parallèle entre le nombre record de demandeurs d’emploi et un volume considérable (environ un demi-million) d’emplois non pourvus chaque année dans l’économie française. En France, «des dizaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvues. On doit inciter davantage au retour à l’emploi», a-t-il répété. En réalité ce chiffre de 500 000 emplois est  inexact, il se situe autour de 300 à 400 000 ( chiffres déjà très approximatifs) à comparer aux 8 millions de chômeurs réels ). De  toute manière Valls ne peut décider concernant l’Unedic puisque ce sont les partenaires sociaux qui gèrent l’assurance chômage. Hollande vient de rappeler qu’il ne fallait pas «  réformer pour réformer », une reponse à cette stratégie de posture de Valls qui parle mais agit peu.  Selon des informations de presse, valls  pourrait être tenté de remettre la question de l’indemnisation des chômeurs sur le tapis à l’occasion de la renégociation Unedic, le régime paritaire d’assurance chômage en 2016. Concrètement, il s’agit de diminuer la durée d’indemnisation et le montant des allocations-chômage pour inciter les demandeurs d’emploi à reprendre le travail.

Hollande va parler, de quoi ? d’un nouveau pacte

Hollande va parler, de quoi ?  d’un nouveau pacte

 

Portait au vitriol de Hollande sur France 2, un président auusi ambigu en politique que dans ses relations avec les femmes. Une sorte de sphinx, indécis, sans vraie colonne vertébrale, qui n’aime pas décider  et surtout préoccupé de prendre le pouvoir et de le conserver. En apparence jovial mais ne manifestant guère d’empathie envers les autres. Bref un super égocentrique mais mou. On lui a souvent auusi d’avoir peur de s’exprimer devant les français, exercice qu’il n’aime pas. Du coup,  Le président de la République devrait s’adresser aux Français avant la fin du mois, sans doute par le biais de la télévision. Après la gifle des élections municipales en mars dernier, François Hollande avait brièvement pris la parole à l’occasion d’une allocution télévisée dans laquelle il avait annoncé la nomination de Manuel Valls à Matignon.  Le  chef de l’Etat devrait préciser ce choix avant la fin du mois. Le Président devrait s’adresser aux Français aux alentour du 28 avril. Lors dette intervention, sans doute télévisée, il devrait également évoquer les contours du pacte de responsabilité. Hollande pourrait bien à l’occasion nous inventer encore un nouveau pacte !

 

Ayrault : Il faut parler franchement à Poutine…il serait temps !

Ayrault : Il faut parler franchement à Poutine…il serait temps !

 

100 morts déjà et l’Europe qui prend des mesurettes pour sanctionner le pouvoir corrompu d’Ukraine. Ayrault dit qu’il faut parler clairement, i serait temps. En tout cas encore un nouveau constat de l’impuissance de l’Europe en politique étrangère (en Ukraine comme en Centrafrique par exemple). Alors que les ministres des Affaires européennes se réunissent à Bruxelles jeudi, Jean-Marc Ayrault espère « une décision forte de sanctions graduelles, ciblées » à l’encontre des responsables des violences. Au micro de France info, il a ajouté également qu’ »avec la Russie, il faut parler franchement (…) Les Européens doivent parler avec les Russes. (…) Il y a nécessité de parler et nous allons parler avec le président (Vladimir) Poutine. » « Il y a une trêve qui a été décidée cette nuit, elle va durer probablement le temps de notre visite, mais après on n’en sait rien. Il n’y a pas d’autre solution que d’aller aux élections, il faut retourner vers le peuple », a déclaré Laurent Fabius dans l’avion qui l’emmenait à Kiev jeudi matin, au micro de BFM TV. « La trêve ne remet pas en cause les sanctions. La trêve est souhaitable mais ce dont on a besoin, c’est la paix et il n’y a pas de paix possible s’il n’y a pas de solution politique. Il faut trouver une solution de conciliation, l’Europe est là et négocie directement! »

 

« Parler de 2025 sans agir maintenant n’est pas une solution »(Attali)

« Parler de 2025 sans agir maintenant  n’est pas une solution »(Attali)

Jacques Attali est le président de PlaNet Finance et l’ancien conseiller de François Mitterrand. Il réagit sur RTL à la rentrée politique du gouvernement, qui s’apprête, ce lundi, à plancher sur « la France en 2025″.  Le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, a jugé lundi matin que le plein emploi est une hypothèse réaliste dans 12 ans. Pour Jacques Attali, il ne s’agit-là, non pas d’optimiste, mais « d’une volonté » : « Dire que le plein-emploi est possible, c’est dire ‘je vais créer les conditions pour qu’il soit réaliste’ », explique-t-il.  Il précise que ce plein-emploi est possible en « prenant en compte, dans toutes les décisions que l’on prend aujourd’hui, leur impact sur l’emploi dans 25 ans ». « Quand on parle de la France de 2025, le plus important, c’est de parler des conséquences de l’action qu’on mène aujourd’hui. »   »Le plein-emploi est possible à condition de transformer l’éducation pour qu’elle forme à des métiers qui seront utiles en 2025. C’est possible à condition de transformer radicalement la formation professionnelle, et faire en sorte que l’argent qui est gaspillé serve à former les chômeurs – c’est 32 milliards qu’il faut réorienter et ça va prendre du temps, c’est pour cela que parler de long terme sans parler de court terme n’est pas une solution », affirme encore Jacques Attali.

 

 




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