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Troisième mandat Macron ? Richard Ferrand au Panthéon de la flagornerie

Troisième mandat Macron ? Richard Ferrand au Panthéon de la flagornerie

Battu aux dernières élections législatives, Richard Ferrand essaye de revenir en cours et pour cela n’hésite pas à proposer que Macron puisse faire un troisième mandat. Pourquoi pas aussi un quatrième et un cinquième comme Poutine et autres dictateurs. Se remettre dans les bonnes grâces du président, Richard Ferrand n’hésite pas à utiliser les limites de la flagornerie. Notons que la justice indépendante a passé un coup d’éponge sur le petit bénéfice réalisé par sa maîtresse- qui n’avait pas le premier sou- lorsqu’il était président des Mutuelles de Bretagne. Une affaire de plus concernant la majorité enterrée par la justice.

« La limitation du mandat présidentiel dans le temps, le non-cumul des mandats, etc. Tout cela corsète notre vie publique dans des règles qui limitent le libre choix des citoyens », estime l’ancien président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand au Figaro ce dimanche 18 juin 2023. Il est vrai que les mandats à vie sont quand même plus confortables.

Selon lui, ces règles affaiblissent « notre vie politique en qualité et en densité, et la rendent moins attractive. » Fustigeant « tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire », ce très proche du chef de l’Etat appelle donc à modifier la Constitution pour autoriser la réélection d’Emmanuel Macron, qui ne peut pas se représenter pour un troisième mandat en 2027.

Opérations immobilières suspectes en faveur de sa compagne
rappel des faits par Wikipédia
Faits
Le 23 décembre 2010126, Richard Ferrand signe un compromis de vente avec le propriétaire d’un local de 379 m2, 2 rue George-Sand à Brest127,128,129, avec une clause suspensive en cas de non-location ultérieure par les Mutuelles de Bretagne130.

Le 25 janvier 2011, le conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne choisit à l’unanimité la proposition de la Saca, une SCI en cours de constitution130, qui « n’a pas encore d’existence légale » et « n’est même pas encore propriétaire des surfaces qu’elle propose » comme le rappelle Le Canard enchaîné131. Sur le procès-verbal de la réunion du conseil d’administration à aucun moment n’est mentionné le nom de Sandrine Doucen131.

Sandrine Doucen crée le 28 mars 2011 la Saca, une SCI, dont elle détient 99 % des parts132.

Le 1er juillet 2011131, la SCI la Saca achète 402 000 € frais de notaire inclus le bâtiment retenu128, grâce à un crédit remboursable sur quinze ans du Crédit agricole qui finance intégralement l’achat, sans aucun apport, ayant selon Le Canard enchaîné un « traitement réservé aux acquéreurs qui disposent d’un locataire dont les revenus sont garantis ». Revenus garantis par les 42 000 € de loyers annuels versés par les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand est le directeur général.

Les Mutuelles de Bretagne effectuent peu après, sans contrepartie, pour 184 000 euros de travaux dans le local acheté par Sandrine Doucen. Quelques années plus tard, la SCI de Sandrine Doucen est valorisée, lors d’une transaction, à 300 000 €133. Le Canard enchaîné révèle que l’avocate Sandrine Doucen a par ailleurs facturé des conseils juridiques aux Mutuelles de Bretagne en matière de gestion des ressources humaines.

Me Alain Castel, ancien bâtonnier du barreau de Brest, qui a suivi la transaction à l’époque des faits, déclare que « Richard Ferrand allait louer l’immeuble à la mutuelle et il allait s’enrichir avec tous les travaux à la charge de celle-ci. Il faut appeler un chat un chat ». Selon lui, « la vraie question, c’est pourquoi Richard Ferrand n’a pas fait acheter l’immeuble par la mutuelle. C’était l’intérêt de celle-ci ». Il souligne que le procès-verbal de la réunion du conseil d’administration de la mutuelle du 25 janvier 2011, ne mentionne nulle part que Sandrine Doucen sera la gérante de la SCI alors que selon l’article L. 114-32 du Code de la mutualité : toute convention à laquelle « un administrateur ou un dirigeant opérationnel est indirectement intéressé ou dans laquelle il traite avec la mutuelle, union ou fédération, par personne interposée est soumise à l’autorisation préalable du conseil d’administration »127.

Défense de Ferrand et révélations sur les liens familiaux qu’il niait
En mai 2017 à la suite des révélations du Canard enchaîné, Richard Ferrand déclare que l’opération n’a « rien d’illégal »134,135 et que l’entreprise de sa compagne offrait « le meilleur prix » parmi les réponses à l’appel d’offres136. Il déclare que s’il était directeur général de l’établissement mutualiste à l’époque, il ne siégeait pas à son conseil d’administration. Richard Ferrand argue qu’il n’est ni marié ni pacsé avec Sandrine Doucen, qu’ils ne vivent pas sous le régime matrimonial et n’ont pas de patrimoine commun et conclut qu’« on peut se séparer demain, chacun gardera ses biens »137.

Cependant, Mediapart révèle « les statuts de la SCI mis à jour en février 2017, qu’un Pacs aurait été conclu entre Richard Ferrand et sa compagne en janvier 2014 »138,139. De plus, Louise Ferrand, la fille du couple, née en 2004, est détentrice de la SCI à 1 % qui est représentée devant le notaire, par sa mère et son père, « agissant en tant qu’administrateurs légaux des biens de mademoiselle »138,140.

Déclaration des Mutuelles de Bretagne
Joëlle Salaün, qui a succédé à Richard Ferrand une fois celui-ci élu député, à la tête des Mutuelles de Bretagne après avoir été son adjointe – dont le compagnon Hervé Clabon a été embauché comme assistant parlementaire par Richard Ferrand123 – affirme qu’il n’existe pas de « lien juridique ou patrimonial » entre Richard Ferrand et Sandrine Doucen131, alors que le couple a eu une fille en 2004 (qui possède aujourd’hui 1 % de la SCI), et s’est pacsé en 2014138.

Joëlle Salaün déclare également : « Sauf siège social, une mutuelle n’a pas vocation à investir dans l’immobilier. En cela, nous ne faisons d’ailleurs que suivre les préconisations du conseil départemental. Cette manière de fonctionner nous permet de conserver une souplesse que nous n’aurions pas si nous étions propriétaires. Si le local ne convient plus, s’il n’est plus adapté ou si cela ne fonctionne pas, ou si notre activité est en régression ou au contraire en augmentation, on peut ainsi réagir et changer rapidement »141. Renaud Lecadre écrit dans Libération que « la comptabilité financière peut justifier ce choix (le non-achat du local), qui reste néanmoins discutable »142.

Dans un communiqué, les Mutuelles de Bretagne déclarent avoir « fait le choix de gestion de privilégier l’investissement dans l’outil de travail plutôt que dans l’immobilier »143.

Défense de LREM sur le soupçon de détournement de fonds publics
Le 24 mai 2017, Benjamin Griveaux, porte-parole de La République en marche affirme sur France Info qu’il n’y avait « pas (eu) d’argent public » dans cette opération immobilière144, mais deux semaines après, le 8 juin, BFM TV révèle que 55 000 € d’argent public a servi à installer les Mutuelles de Bretagne dans le bâtiment loué à la compagne de Richard Ferrand145 afin d’abriter un centre de soins pour personnes âgées146. Benjamin Griveaux affirme que ces subventions ont servi à acheter de l’équipement, comme « de la bureautique, des blouses, du matériel informatique »147. Dans un communiqué, les Mutuelles de Bretagne rappellent qu’elles sont « un organisme privé (…) qui gère des services d’accès aux soins, d’aides à domicile et des établissements de santé » et qu’elles font des demandes de subventions à ce titre. Selon elles, « toutes les subventions accordées et leur utilisation sont parfaitement encadrées »118, et, sans ces subventions, certaines activités ne pourraient pas être mises en place ou maintenues148.

Première enquête et classement pour prescription
Le 31 mai 2017, l’association Anticor porte plainte au parquet de Brest contre X pour délit d’abus de confiance en visant « Richard Ferrand, mais également les membres du conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne [qu'il dirigeait] ainsi que la bénéficiaire de l’opération, à savoir la compagne de monsieur Ferrand ». Jérôme Karsenti, l’avocat de l’association Anticor motive cette plainte en déclarant que « la question est de savoir si la convention de bail qui liait les Mutuelles de Bretagne à la compagne de M. Ferrand à travers une SCI a été réalisée ou conclue dans l’intérêt des Mutuelles ou dans l’intérêt de cette proche en violation des droits des adhérents qui versent des cotisations, ce qui serait constitutif d’un enrichissement personnel »149.

Le 13 octobre 2017, l’affaire est classée sans suite par le parquet de Brest. Celui-ci considère que, faute d’un préjudice avéré, les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie ne sont pas avérées, et que l’infraction de prise illégale d’intérêts, sur laquelle la jurisprudence ne permet pas de statuer avec certitude, est de toute façon prescrite, aucun élément de dissimulation avérée n’ayant été mis à jour par les investigations150,151.

Réouverture d’une enquête et mise en examen pour prise illégale d’intérêts
En novembre 2017, l’association Anticor dépose une nouvelle plainte afin de relancer l’enquête, elle s’inscrit en effet en désaccord avec l’analyse du procureur ayant conduit à la prescription du délit de prise illégale d’intérêts. Pour Anticor, celui-ci n’a pas tenu compte de la dissimulation des liens qui unissaient Richard Ferrand avec la propriétaire du local, et donc de sa volonté de dissimuler ce conflit d’intérêt. Pour l’association anti-corruption, le délai de prescription concernant cette affaire devrait donc commencer à courir à partir de la date de la parution d’articles dans Le Canard enchaîné, soit le 24 mai 2017152. Le 18 janvier 2018, le parquet ouvre une information judiciaire pour « prise illégale d’intérêts »153. En octobre 2018, trois juges d’instruction de Lille, où a été délocalisée l’affaire, sont désignés pour instruire cette affaire immobilière non prescrite154.

Le 11 septembre 2019, le parquet de Lille annonce la mise en examen de Richard Ferrand pour prise illégale d’intérêts155. À la suite de cette annonce, il affirme ne pas vouloir démissionner et garder « toute la confiance » du président de la République, Emmanuel Macron, alors que son départ est réclamé par l’opposition156,157. Libération estime que le soutien du président de la République met en question la séparation des pouvoirs législatif et exécutif158.

Prescription et fin de l’affaire
En octobre 2022, la Cour de cassation confirme la prescription des faits sans conclure sur le fond de l’affaire. L’arrêt de la Cour devrait mettre fin aux poursuites contre Richard Ferrand159.

Soupçons de conflits d’intérêts entre le député et les Mutuelles de Bretagne
Le 30 mai 2017, Le Monde révèle que Richard Ferrand est resté chargé de mission des Mutuelles de Bretagne, rémunéré 1 250 euros par mois, pendant tout son mandat de député, après avoir cosigné en octobre 2012 une proposition de loi PS visant « à permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soins », aux tarifs avantageux réservés à ses adhérents8. Jean-Louis Span, président de la Fédération Diversité Proximité mutualiste, explique le même jour que c’est « lors de l’adoption de la loi Le Roux sur les réseaux de soins mutualistes que Richard Ferrand endossait véritablement un rôle de lobbyiste »160, tandis que Catherine Lemorton, présidente PS de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, dénonce, également le 30 mai, les « liens d’intérêts qu’entretenait » M. Ferrand avec les Mutuelles de Bretagne161. Le Canard enchaîné du 7 juin affirme à son tour que Richard Ferrand n’aurait « cessé de veiller aux intérêts de son employeur, les Mutuelles de Bretagne »162

Faire entrer Sandrine Rousseau au Panthéon… de la paresse

Faire entrer Sandrine Rousseau au Panthéon… de la paresse intellectuelle

 

De toute évidence Sandrine Rousseau a dépassé Ségolène Royal dans l’excès, la caricature et l’exhibitionnisme politique. Le monde entier nous envie maintenant Sandrine Rousseau estime Philippe Mabille dans la Tribune !

 

Que n’a-t-elle pas dit Sandrine Rousseau ! « La valeur travail, c’est quand même une valeur de droite ». En pleine sobriété, en pleine « fin de l’abondance », voilà que la candidate malheureuse à l’investiture écologiste à la présidentielle revendique un « droit à la paresse ». Bien joué Sandrine ! Pour affronter les rigueurs de l’hiver sibérien à venir, toutes et tous sous la couette en chaussettes et en pull. La paresse, c’est cool, c’est chaud, c’est sobre et ça fait du bien… Et comme ça on aura du temps pour surveiller de près notre application Ecowatt, le Bison Fûté de notre consommation électrique quiElle mériterait sans doute d’entrée des maintenant au Panthéon de la paresse intellectuelle. doit nous éviter le blackout plus sûrement que l’extinction par Anne Hidalgo des feux de la Tour Eiffel à Paris.

Heureusement que nous l’avons Sandrine Rousseau pour animer le débat public un brin angoissant de cette fin d’été. Elle est presque aussi forte que le Medef qui met en berne son amour de l’économie de marché pour réclamer un plafonnement des prix de l’énergie. Accordé par Bruxelles, qui au passage réinvente la taxation des superprofits, sans prononcer son nom, mais en prévoyant 140 milliards d’euros de recettes sur les énergéticiens, quand même. En attendant, c’est la peur des coupures qui domine : Clémentine Maligorne raconte comment les entreprises les plus énergivores se préparent pour les pénuries.

Sandrine Rousseau, le monde entier nous l’envie, car le rire, c’est bien connu, ça libère l’esprit et réchauffe les cœurs. Cela faisait longtemps, depuis Ségolène Royal sans doute, que la gauche n’avait trouvé de leader aussi charismatique, presque mystique. Dans une France à bout de souffle, comme dirait l’immortel Jean-Luc Godard, ce n’est pas avec les LR ou Renaissance, que l’on va imaginer de nouvelles idées. Le parti présidentiel qui doit élire ce samedi son nouveau patron est devenu « une véritable chronique nécrologique », nous dit un fin observateur du macronisme.

Pour faire le buzz, rien ne vaut la potentielle nouvelle patronne des Verts qui doivent eux-aussi se choisir en décembre un nouveau chef.fe. En multipliant les provocations, Sandrine Rousseau est en train de prendre le dessus sur Yannick Jadot et tous ses concurrents. Une stratégie concurrencée à gauche par Fabien Roussel, le patron des communistes, qui prend des positions strictement orthogonales en défendant le travail contre l’assistanat dans une tribune au Monde que n’aurait pas renié Laurent Wauquiez. Avec Roussel, ce n’est plus le marteau et la faucille, mais l’entrecôte et le bleu de chauffe.

Alors qu‘Emmanuel Macron confie en catimini à la « presse présidentielle », dans un « off » absolu aussitôt rompu avec l’autorisation de l’Elysée, sa volonté d’imposer de force dès cet automne deux des réformes les plus dures de son programme présidentiel, celle de l’assurance-chômage dont les indemnités seront modulées en fonction de la situation de l’emploi, et celle des retraites en allongeant la durée de cotisation, Sandrine Rousseau allume un contre-feu salutaire. Quoi ? Un président de la République qui veut ramener la France au plein emploi et adresser un message de sérieux budgétaire à Bruxelles, voire financer par ce surcroît de travail quelques dépenses de solidarité nouvelles, comme la dépendance ou la revalorisation du minimum vieillesse ; ça va pas bien la tête ! On a le droit « à la paresse », « de faire des pauses dans la vie », « c’est ça les allocations », dit Sandrine Rousseau sans doute inspirée par le revenu universel de Benoît Hamon, qui ne lui a pas rendu service en 2017. La paresse, d’accord, mais qui paye ? Ben, ceux qui travaillent évidemment… Et voilà reparti le bon vieux débat sur l’assistanat, qui ne sert que les extrêmes.

En vérité, Sandrine Rousseau n’est pas si radicale que la caricature qu’elle inspire pourtant : le fond de son propos, c’est de dire que « pour redonner une dignité aux salariés, il faut qu’ils puissent ne pas dépendre de leur emploi ». Un discours d’émancipation qui ressemble à quelques nuances près à celui que celui que tenait le candidat Emmanuel Macron en 2017. Le président de la République a porté l’idée de pouvoir démissionner de son emploi sans perdre ses droits au chômage afin de pouvoir se reconvertir. Une réforme d’ailleurs mise en œuvre, mais de façon TRÈS encadrée. Alors, Macron-Rousseau, même combat ? Et si, sous l’exagération du droit à la paresse, sommeillait l’idée assez moderne, d’un droit à la transition d’un métier à l’autre ? Après tout, c’est exactement ce dont l’économie française a besoin le plus, dans sa conversion. Pour parvenir à la neutralité carbone, la France a certes besoin de profs et d’ingénieurs, mais elle manque cruellement d’électriciens, de plombiers, de soudeurs, pour rattraper son retard dans les énergies renouvelables et… dans le nucléaire, comme l’a regretté le patron d’un EDF ruiné Jean-Bernard Lévy, en passe d’être remplacé. Si l’idée de Sandrine Rousseau est de permettre un droit au travail choisi, émancipateur, pour tous et toutes, qui peut être contre ? Au boulot alors… Marions Macron et Rousseau. Vite, un plan Marshall pour relancer en même temps les EPR et les éoliennes. Mais la crise va durer au moins jusqu’en 2024. La France va payer cash l’imprévoyance de ses politiques. Ce monde nouveau était-il pourtant si difficile à prévoir ?, s’étonne Marc Endeweld. En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées, le slogan des années 70 a besoin d’un coup de peinture fraîche.

Ce débat sur l’emploi, le travail, la retraite, percute de plein fouet celui sur le vieillissement relancé cette semaine par l’avis du Comité national d’éthique sur la « fin de vie ». Emmanuel Macron, soucieux de laisser une trace dans l’histoire, ira-t-il jusqu’à autoriser le suicide assisté comme en a bénéficié en Suisse le cinéaste Jean-Luc Godard parti parce qu’il était fatigué de vivre à 91 ans ? Ce débat est aussi dans l’actualité culturelle avec le film japonais d’anticipation « Plan 75 » qui imagine une société qui décide de se débarrasser légalement, et de manière industrielle, des plus de 75 ans. Une sorte de « Ballade de Narayama » moderne qui rappelle aussi le roman « Soleil Vert » de Harrison porté à l’écran en 1973 et qui raconte comment dans le New York de 2022, comme par hasard, on incite les âgés et les malades à s’euthanasier, sans savoir que l’industrie agro-alimentaire les recycle en nourriture gratuite pour une population affamée, comme une allégorie à la fin de l’abondance…

Simone Veil au Panthéon ?

Simone Veil au Panthéon ?

Immense figure de la république,  Simone Veil mériterait autant que d’autres d’entrer au Panthéon. À elle seule, elle symbolise la lutte pour la liberté et la promotion de la femme, la lutte contre le racisme et le combat pour une construction européenne qui remplace des siècles de guerres et de conflits. Une grande personnalité, une forte personnalité qui a toujours placé ses valeurs au-dessus de toutes ambitions politiques. Simone Veil se situait aussi au-dessus des clivages politiques. Elle était certes libérale mais tout autant partisane d’une juste répartition des richesses. Proche de Giscard, de Chirac de Pompidou mais tout autant de Michel Rocard et d’autres socialistes. Elle a longtemps représenté l’image de la rigueur et de l’engagement. Elle a été l’une des personnalités préférées des Français Les hommages se multiplient donc depuis le décès de Simone Veil vendredi matin à l’âge de 89 ans. Des voix s’élèvent pour réclamer sa panthéonisation. Une pétition a également été adressée à Emmanuel Macron. Simone Veil sera-t-elle inhumée au Panthéon? Parmi les nombreux hommages rendus à cette grande dame, des responsables politiques et des associations appellent à la «panthéoniser». Seules quatre femmes sont actuellement inhumées sous la devise «Aux grands hommes, la patrie reconnaissante», dont deux sont entrées en 2015, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Elles ont rejoint Sophie Berthelot et Marie Curie.  La pétition est adressée à Emmanuel Macron, puisque c’est le président décide des entrées au Panthéon. À cette heure, près de 1600 signatures ont été récoltées. Un hashtag, #LePanthéonPourSimoneVeil, circule également sur les réseaux sociaux.

» Lire aussi - Comment entrer au Panthéon Pour le radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg, Simone Veil «entre aujourd’hui dans le Panthéon moral de la République». L’ancien ministre Bernard Kouchner a également déclaré à BFMTV: «Le Panthéon? Peut-être pas tout de suite, mais elle le mériterait.» De même, «Simone Veil aurait sa place au Panthéon», a écrit sur Twitter le sénateur PS Jean-Pierre Sueur.

Le groupe socialiste au Parlement européen propose officiellement son entrée au Panthéon, rappelant que Simone Veil a été présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel en 1979. «Simone Veil a également profondément marqué la démocratie européenne. Parce que la France doit se souvenir de Simone Veil, les eurodéputés socialistes et radicaux proposent son entrée au Panthéon, entrée qui honorerait notre pays.» Quelques étapes de sa vie :


13 juillet 1927 - Naissance à Nice de Simone Jacob.

Mars 1944-avril 1945 - Déportation à Auschwitz et Bergen-Belsen.

1945 - Études à la faculté de droit et à Sciences Po.

1946 - Mariage avec Antoine Veil.

1957-1964 - Magistrate, détachée à l’Administration pénitentiaire.

1964 - Direction des affaires civiles du ministère de la Justice.1969Conseillère technique au cabinet du garde des Sceaux, René Pleven.

1970-1974 - Première femme à être nommée secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature.

1974-1976 - Ministre de la Santé (gouvernement Chirac) et loi sur l’interruption volontaire de grossesse.

1976-1979 - Ministre de la Santé, chargée de la Sécurité sociale (gouvernement Barre).

Juin 1979 - Députée européenne (réélue en 1984 et en 1989).

1979-1982 - Présidente du Parlement européen.

1984-1989 - Présidente du groupe libéral au Parlement européen.

1993-1995 - Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville (gouvernement Balladur).

1998 - Membre du Conseil constitutionnel (pour neuf ans).

2007 - Publication de son autobiographie intitulée Une vie.

2008 - Le président Nicolas Sarkozy la charge d’une mission sur le Préambule de la Constitution et la «diversité».

2010 - Un sondage Ifop la présente comme «femme préférée des Français ».

2010 - Entrée à l’Académie française.

2012 - Le 10 septembre, François Hollande, président de la République, lui remet les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur.

 

 

Panthéon :Hollande trop politique

Panthéon :Hollande trop politique

 

Ce pouvait être  un rand moment de l’ histoire mais le discours de Hollande est apparu trop politique ( en fait politicien)  , ce que pense la presse. De fait ce discours manquait d’abord de lyrisme, même de grandeur. D’abord la forme, insuffisante pas vraimenet à la  hauteur de  l’événement. Ensuite aussi la fond qui trop sollicité l’occasion  pour forcer le lien avec la situation présente et surtout l’avenir politique de Hollande, c’est à dire 2017. On était loin du discours de Malraux lors de l’entrée de Jean Moulin. La plume était défaillante mais l’orateur n’était pas non plus au rendez-vous. Ce n’était ni Malraux, ni de Gaulle plutôt le style habituel d’un sous préfet, bref du Hollande.   »Quatre histoires qui donnent chair et visage à la République, en en rappelant les valeurs »: François Hollande a rendu mercredi un hommage solennel mais aussi très actuel et politique à Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay pour leur entrée au Panthéon. Dans son discours, le président Hollande s’est inscrit dans le temps présent pour appeler au « devoir de vigilance » et de « résistance » face à « l’indifférence face au fanatisme, au racisme, à l’antisémitisme », aux « inégalités, aux injustices, aux indécences » et même « aux catastrophes, aux désordres climatiques, à l’épuisement de notre planète ». Une perspective de candidat à l’élection présidentielle qui gêne au entournures les éditorialistes de la presse française ce jeudi. »Trop politique », pour  Le Journal de la Haute-Marne

« Certes, le long éloge de François Hollande en fin d’après-midi a pu, par moments, apparaître par trop politique. De ces discours qui rappellent que la prochaine présidentielle est quelque part déjà dans toutes les têtes. Le chef de l’Etat a pourtant su trouver les mots justes pour réaffirmer, de la même manière que lors des événements de janvier que passé, présent et futur sont intimement liés. »

« De la petite politique », souligne La République des Pyrénées

« Bien sûr Hollande, rendant hommage à quatre grands résistants ne pouvait oublier ce à quoi ces femmes et ces hommes résisteraient aujourd’hui: le fanatisme islamiste, le sort des jeunes filles enlevées par Boko Aram et le drame des migrants en Méditerranée. Le président a évidemment fait un pont entre les « haines » d’hier et la France descendue dans la rue le 11 janvier après les attentats islamistes. Mais lorsqu’il quitte les grands problèmes du monde actuel pour évoquer implicitement l’actuelle réforme du collège en faisant l’éloge de Jean Zay, ministre de l’éducation du Front populaire (« Son projet est toujours le nôtre. C’est par l’École que la République reste fidèle à sa promesse »), là le Président de la République fait de la petite politique. »

« Ces mots sont le ferment d’une nation », pour La Charente Libre

« L’importance que le Président a voulu donner à ce moment de grâce républicaine, n’échappe à personne. Sans paraphraser Malraux ni jouer un autre que lui-même, il a trouvé à la fin de son discours la gravité et l’émotion qui convenaient aux circonstances. L’appel au devoir de résistance répond évidemment à des objectifs immédiats et très politiques. Hollande adresse à la face de tous ceux qui voudraient confisquer à leur profit l’idée de patrie, un message sans détours. Mais au-delà de la personnalité de l’homme qui les prononce à la tribune du Panthéon, ces mots sont le ferment d’une nation ».

« Un discours-programme », selon Le Courrier Picard

Là, loin de la solennité et de la hauteur historique attendues, François Hollande est redescendu un peu trop vite au niveau de la réponse tactique du Président d’aujourd’hui, voire au discours-programme du candidat de demain. Un moment présidentiel important, donc. Mais une perspective présidentielle qui était de trop. Confirmant que si l’Histoire inspire le présent, le présent se sert surtout de l’Histoire pour bâtir sa propre gloire.

Panthéon : des honneurs un peu politiciens

Panthéon : des honneurs un peu politiciens

 

Plusieurs personnages pourraient enter en même temps au panthéon, du jamais vu. Certes ces hommes et ces femmes sont tous méritants pour avoir servi le pays mais il est curieux que ce « paquet » de héros soit désigné à la veille d’élections. Le symbole n’est plus national il devient politique et surtout politicien ;   »Aux grands hommes la patrie reconnaissante ». Voici la devise inscrite au fronton du Panthéon. Le président François Hollande doit annoncer vendredi les noms des personnalités qui y entreront.  Selon plusieurs sources concordantes, quatre figures héroïques de la résistance ont été choisies par le chef de l’Etat, qui fera son annonce officielle lors d’un discours vendredi au Mont-Valérien où furent fusillés 22 membres du groupe Manouchian il y a 70 ans.  Germaine Tillion d’abord. Décédée en 2008, pilier d’un des premiers réseaux de résistance, active dans la libération des prisonniers français et anglais, elle est dénoncée et déportée à Ravensbrück. Ethnologue de formation, spécialiste de l’Algérie, Germaine Tillion dénonce les tortures pendant la guerre. Elle  est l’une des rares femmes élevées à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur, décoration qu’elle reçoit de Geneviève Anthonioz-de Gaulle, autre figure de la résistance française. La nièce du Général rencontre Germaine Tillion en déportation. Elle est connue pour son engagement en faveur des droits de l’Homme, longtemps présidente d’ATD Quart Monde. Pierre Brossolette, lui, décède dans les quartiers généraux de la Gestapo à Paris. Son entrée au Panthéon est un peu polémique, certains y voyant un affront à Jean Moulin, les deux résistants s’opposant sur la vision de la France d’après-guerre. Enfin, Jean Zay, ministre avant la guerre. Il sera condamné pour désertion sous Vichy puis fusillé par des miliciens en 1944 avant d’être réhabilité à titre posthume.

 




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