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Affaire Benalla: Etat de droit ou monarchie ?

Affaire Benalla: Etat de droit ou monarchie ?

 

 

En intervenant avec virulence contre l’audition de Benalla à la commission d’enquête du Sénat, le pouvoir par la voix de la ministre de la justice et de Castaner responsable du parti majoritaire démontrent  à l’évidence que le pays s’oriente indiscutablement vers un régime monarchique. Le pire est évidemment la mauvaise foi  de la ministre de la justice qui met en garde contre le mélange des genres et la confusion des pouvoirs. Un compliment qui peut lui être retourné car en l’occurrence c’est bien le gouvernement et l’Élysée qui s’immiscent  dans le fonctionnement d’un Sénat dont le rôle est précisément de contrôler le gouvernement. D’une certaine manière, on peut quand même s’interroger sur ce que cache cette défense acharnée de Benalla par le pouvoir. La vérité c’est sans doute que Benalla, particulièrement proche de Macron, détient des informations sensibles que le pouvoir en place ne souhaiterait pas divulguer. Un seul exemple, comment l’affaire Ferrand a pu être enterrée par un tribunal de province au motif notamment que les délais pour l’instruction étaient dépassés. Un classement sans suite !  Pas étonnant Richard Ferrand, l’un des très proches de Macron a profité de sa situation pour enrichir sa campagne pour un montant de leurs de 500 000 €. Bien d’autres questions et problèmes pourraient être révélés comme par exemple le financement d’En Marche par les grands groupes de la fiance.  La garde des Sceaux s’est donc attiré une vive réplique du président de la commission, Philippe Bas (Les Républicains), mais aussi du Syndicat de la magistrature, en justifiant lundi dernier le refus d’Alexandre Benalla de se rendre devant les sénateurs. “Il ne peut pas y avoir d’interférences entre la commission d’enquête et l’information judiciaire”, avait-elle déclaré en marge d’un déplacement. Philippe Bas, notamment, s’était étonné de ce que la ministre se comporte en véritable avocat de Benalla. De quoi vraiment s’interroger sur les craintes du gouvernement dans cette sulfureuse affaire

Grand prix des courtisans : Castaner ou Griveaux ?

Grand prix des courtisans : Castaner ou Griveaux ?

 Il existe toutes sortes de grands prix pour distinguer les plus compétents dans leur domaine. On se demande s’il ne serait pas urgent de créer le Grand prix des courtisans pour récompenser le plus lèche botte de la majorité. Parmi les  principaux candidats qui seraient en piste. Il y a d’abord Griveaux, le porte-parole du gouvernement, le spécialiste de la langue de bois en « chaîne » celui qui a accepté que les pieds de sa chaise soit coupés afin que Macron paraisse plus grand lors de la signature publique d’une loi.  Plus haut et surtout plus bas du cul, tu  tumeurs ! Le deuxième concurrent pour ce prix serait Castaner, e délégué général de la République en Marche, qui s’est confié au Magazine du Monde. Et a déclaré : « Macron, c’est la fulgurance. Comme au foot. Macron, c’est mieux encore que Mbappé, c’est Zlatan! ». Dans un entretien au Monde, Christophe Castaner revient sur sa relation très proche avec le chef de l’Etat, dont il a déjà par le passé évoqué la « dimension amoureuse ». A celui qui le surnomme « Casta », Castaner semble aujourd’hui vouer une admiration sans borne, concédant volontiers qu’il ne sera « jamais en opposition avec Emmanuel Macron ». Christophe Castaner revient sur la tonitruante affaire Benalla, le premier vrai scandale de l’ère Macron, qui a éclaboussé tous les proches du président, dont il est.  Si Christophe Castaner admet que dans cette affaire, le gouvernement a commis « une part d’erreurs », loyal toujours, il estime qu’Emmanuel Macron en sort grandi: « le président a révélé sa part d’humanité ». La lutte sera évidemment serrée pour l’obtention de cette distinction du plus faux-cul. On pourrait y ajouter François de Rugy  qui lui aussi en matière de langue de bois et de carriérisme se révèle être également très performant.

 

Droit voisin (droit d’auteur) : sauvetage de la culture ou corporatisme ?

Droit voisin (droit d’auteur) : sauvetage de la culture ou corporatisme ?

On peut légitimement s’interroger sur la nature de la tribune de Françoise Nyssen, que publie le JDD et signée par 200 artistes. S’agit-il vraiment de défendre la culture ou dune réaction corporatiste d’artistes reconnus. . La ministre de la Culture en appelle à l’Europe pour sauver le droit d’auteur menacé par les Gafa, les grands groupes du numérique que sont Google, Apple, Facebook et Amazon. « Ce droit est au cœur de notre culture et de notre modèle de société », écrit la ministre soutenue par quatre de ses prédécesseurs, mais aussi de nombreux artistes renommés, comme Jean-Jacques Goldman, Iam, Françoise Hardy, Daniel Auteuil, Kad Merad, Costa-Gavras ou encore Marie Desplechin.

« La France est le pays du droit d’auteur. C’est ici qu’il est né et c’est ici qu’il est enrichi depuis plus de deux cent ans, avec la plus grande ferveur et la plus grande inventivité, pour être en phase avec les évolutions de la société. Il a permis à notre patrimoine culturel de grandir et de se renouveler. Il a permis à des générations d’auteurs de composer, d’écrire, de peindre, de tourner ou encore de photographier avec la garantie de se voir reconnus et rétribués à la hauteur du travail signé. Ce droit est au cœur de notre culture et de notre modèle de société. Aussi élémentaire et fondamental qu’il puisse paraître aujourd’hui, ce droit ne peut être tenu pour acquis. La révolution numérique appelle de nouvelles adaptations. Le numérique ouvre de nombreuses opportunités aux citoyens, il offre un accès plus large et permanent aux contenus culturels. Mais ce qui constitue une chance pour le public ne doit pas être une menace pour les créateurs. Aujourd’hui, des milliers d’œuvres circulent sur internet sans que leurs auteurs ne soient rémunérés pour cette exploitation, ou ne le soient suffisamment. En clair,  on réclame uen taxe dont profiteraient les artistes. Mais comme le souligne  Bruno Alomar est économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, la directive droits d’auteur sous ses aspects séduisants constitue en fait uen entrave à la liberté  et à la  création. « On veut obliger les plateformes d’hébergement de contenu à signer des accords avec les titulaires de droits (de la musique, du cinéma, du livre, de la photographie, bref, de tout ce qui est protégeable) ou en l’absence d’accord, à mettre en œuvre un dispositif de filtrage empêchant la mise en ligne de tout contenu potentiellement protégé. L’article apparaît louable dans l’intention : celle de protéger les créateurs et les auteurs et leur garantissant que leurs droits, dont ils vivent parfois, ne sont pas lésés. Toutefois, au-delà de cette volonté, les effets collatéraux de cet article méritent une analyse approfondie tant ils pourraient se révéler contreproductifs. La surveillance automatique des contenus apparaît ainsi disproportionnée, en termes de restriction des libertés, par rapport au but poursuivi. Soyons concrets : une telle mesure supposerait que les plateformes signent des accords avec les titulaires de droits pour l’intégralité des œuvres existantes dans le monde. Outre le fait qu’il n’existe aucune base de données répertoriant l’ensemble des œuvres existant sur cette planète, des contenus pouvant relever du statut de l’œuvre sont créés chaque seconde (ce texte en est le parfait exemple) et l’on comprend donc assez difficilement vers qui les plateformes devraient se tourner pour signer de tels accords leur garantissant une immunité juridique.. Lorsqu’il n’y aura pas d’accord possible, le texte est clair : il s’agira pour les plateformes de mettre en place des logiciels de filtrage pour prévenir la mise en ligne de ce qui n’aura pas pu faire l’objet d’un accord. La situation semble ubuesque : si une plateforme n’est pas en capacité de signer des accords faute de pouvoir identifier toutes les œuvres protégées, comment pourrait-elle prévenir la mise en ligne des mêmes œuvres sans les avoir identifiées ? Et si d’aventure un contenu protégé passait à travers les mailles de ce gigantesque chalut, le texte prévoit que la plateforme aurait immédiatement à répondre de cette violation du droit d’auteur. De quoi inciter ces mêmes plateformes à restreindre au maximum ce qui pourra être autorisé, et à bannir pour de bon les parodies et autres « mêmes », ou plus simplement toute photographie sur Instagram devant un monument protégé ou toute citation sur Twitter de son auteur favori. »

…. L’idée est en effet séduisante pour l’industrie musicale : prendre le meilleur de ce que les plateformes ont pu lui apporter (le chiffre d’affaires des trois plus grosses majors a augmenté d’un milliard de dollars entre 2016 et 2017 grâce au streaming) tout en excluant à terme les contenus postés par monsieur tout le monde, lesquels ne rapportent rien. «  La ministre et les pétitionnaires veulent  une rémunération juste et proportionnelle pour les créateurs, le problème est que cela ne concernerait que les artistes reconnus et que les autres producteurs seraient exclus de diffusion. Une atteinte intolérable à la liberté.

Nucléaire mondial : hausse ou baisse ?

Nucléaire mondial : hausse ou baisse ?

 

Un rapport assez contradictoire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), agence onusienne qui prévoit soit une réduction de 10%, soit contraire une augmentation de 30 % d’ici 2030.   « Un nombre considérable de réacteurs [devant] être désaffectés vers 2030 et ensuite », la capacité nucléaire du parc mondial pourrait s’avérer de 10% plus basse que les 392 gigawatts (GW) recensés fin 2017. Selon l’hypothèse basse de l’AIEA, le parc nucléaire pourrait décroître de près d’un tiers en Europe et en Amérique du Nord d’ici à 2030. Globalement, la place du nucléaire dans le mix énergétique mondial pourrait passer de chuter de 5,7% aujourd’hui (avec 455 réacteurs nucléaires en activité, soit une capacité installée record de 399,8 GW), à 2,8% en 2050. L’énergie nucléaire suscitant toujours un « fort intérêt » dans le monde en développement notamment en Asie, « où des pays comme la Chine et l’Inde nécessitent d’énormes quantités d’électricité », l’AIEA développe également une hypothèse nettement plus optimiste qui prévoit, elle, une hausse de 30% des capacités nucléaires mondiales d’ici 2030, à 511 GW.

Nicolas Hulot : un livre déjà…ou le sens du business

Nicolas Hulot : un livre déjà…ou le sens du business

 

Nicolas Hulot a sans doute perdu son portefeuille de ministre de l’environnement mais il n’a pas perdu l’honneur ni le sens du business. Après sa mission, les médias et de nombreux responsables politiques se sont répandus en louange sur la personnalité de l’ancien ministre écolo. Mais c’est la tradition, une sorte d’éloge de funérailles. Mais Nicolas Hulot qui s’est bâti une solide fortune grâce à l’écologie et qui va sans doute continuer sort  15 jours après sa démission un nouveau livre qui devrait compléter des revenus et un patrimoine déjà très confortables. En vérité Nicolas Hulot n’a pas eu vraiment le temps d’écrire mais il veut profiter de la vague médiatique de sa démission pour capitaliser médiatiquement  et surtout financièrement. En réalité Hulot sort un petit bouquin de 100 pages Les mauvaises langues diront que pour le prix (9,90 euros), c’est un peu cher pour ce que c’est. A peine plus de quinze jours après avoir quitté le gouvernement, l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, s’apprête, selon nos informations, à publier un livre aux éditions de l’Aube. Intitulé Ne plus me mentir, ce livre de moins de 100 pages qui se contente ni plus ni moins de retranscrire en intégralité deux interviews données alors qu’il était encore en poste. Le premier est un entretien fleuve accordé fin juin à l’hebdomadaire Le 1, la seconde est celle diffusée sur France inter le 28 août, au cours de laquelle Nicolas Hulot a annoncé sa démission. Bref, il faut capitaliser l’écologie. Le journal Businessman ou écologiste ? Surtout journaliste businessman, Hulot est le journaliste le mieux payé au monde. . Le journal  américain People With Money estime que Hulot  a accumulé  près de 215 millions d’euros.  Récemment épinglé par le Canard enchainé à propos du sulfureux financement de sa, Nicolas Hulot, ministre de l’écologie est mis en cause pour les profits personnels qu’il tire de son action en matière d’environnement. Il aurait retiré des centaines de millions d’euros en salaires et dividendes par an de sa société Éole qui s’appuie sur la promotion des produits Ushuaia. Nicolas Hulot aurait entretenu un long partenariat avec EDF, producteur et fournisseur d’électricité. « Jusqu’en 2012, EDF a versé 460.000 euros par an à la Fondation.  Mêmes liens avec Veolia, géant de l’eau et du traitement des déchets. « De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation, et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration », assure Le Canard enchaîné. Vinci, désigné pour construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et qui n’envisage « pas du tout » de ne pas le faire, a financé la Fondation à hauteur de 30.000 euros en 2014 et 2015. Le journal d’investigation cite également TF1, Bouygues Télécom, la SNCF et L’Oréal, pour des versements entre 30.000 et 250.000 euros chacun. Par ailleurs,  jusqu’à son arrivée aux affaires, Nicolas Hulot présidait encore « Eole », une société alimentée par les royalties des ventes des produits estampillés « Ushuaïa » (gels douches, shampoings…). La marque détenue par TF1 a cédé sa licence à des grandes entreprises comme les opticiens Atoll ou L’Oréal. Avec à la clé des contrats juteux pour la chaîne de télévision et son ancien animateur vedette. De 113.000 en 1992, « Eole » a vu ses gains grimper à plusieurs centaines de milliers d’euros dans les années 2000. Une véritable machine à cash pour le principal bénéficiaire de l’entreprise: Nicolas Hulot qui en est le seul salarié et en possède 99.9% des parts. Au total, c’est près de 3 millions d’euros que la société aurait accumulé en fonds propres. Un pactole auquel il faut encore ajouter le salaire que se verse Nicolas Hulot -290.000 euros en 2013- et les dividendes qu’il perçoit (66.000 euros) ; hulot pas efficace comme ministre écolo mais bon comme businessman de l’environnement.

Droit d’auteur : sauvetage de la culture ou corporatisme ?

Droit d’auteur : sauvetage de la culture ou corporatisme ?

On peut légitimement s’interroger sur la nature de la tribune de Françoise Nyssen, que publie le JDD et signée par 200 artistes. S’agit-il vraiment de défendre la culture ou dune réaction corporatiste d’artistes reconnus. . La ministre de la Culture en appelle à l’Europe pour sauver le droit d’auteur menacé par les Gafa, les grands groupes du numérique que sont Google, Apple, Facebook et Amazon. « Ce droit est au cœur de notre culture et de notre modèle de société », écrit la ministre soutenue par quatre de ses prédécesseurs, mais aussi de nombreux artistes renommés, comme Jean-Jacques Goldman, Iam, Françoise Hardy, Daniel Auteuil, Kad Merad, Costa-Gavras ou encore Marie Desplechin.

« La France est le pays du droit d’auteur. C’est ici qu’il est né et c’est ici qu’il est enrichi depuis plus de deux cent ans, avec la plus grande ferveur et la plus grande inventivité, pour être en phase avec les évolutions de la société.Il a permis à notre patrimoine culturel de grandir et de se renouveler. Il a permis à des générations d’auteurs de composer, d’écrire, de peindre, de tourner ou encore de photographier avec la garantie de se voir reconnus et rétribués à la hauteur du travail signé.Ce droit est au cœur de notre culture et de notre modèle de société. Aussi élémentaire et fondamental qu’il puisse paraître aujourd’hui, ce droit ne peut être tenu pour acquis. La révolution numérique appelle de nouvelles adaptations. Le numérique ouvre de nombreuses opportunités aux citoyens, il offre un accès plus large et permanent aux contenus culturels. Mais ce qui constitue une chance pour le public ne doit pas être une menace pour les créateurs. Aujourd’hui, des milliers d’œuvres circulent sur internet sans que leurs auteurs ne soient rémunérés pour cette exploitation, ou ne le soient suffisamment. En clair,  on réclame uen taxe dont profiteraient les artistes. Mais comme le souligne  Bruno Alomar est économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, la directive droits d’auteur sous ses aspects séduisants constitue en fait uen entrave à la liberté  et à la  création. « On veut obliger les plateformes d’hébergement de contenu à signer des accords avec les titulaires de droits (de la musique, du cinéma, du livre, de la photographie, bref, de tout ce qui est protégeable) ou en l’absence d’accord, à mettre en œuvre un dispositif de filtrage empêchant la mise en ligne de tout contenu potentiellement protégé. L’article apparaît louable dans l’intention : celle de protéger les créateurs et les auteurs et leur garantissant que leurs droits, dont ils vivent parfois, ne sont pas lésés. Toutefois, au-delà de cette volonté, les effets collatéraux de cet article méritent une analyse approfondie tant ils pourraient se révéler contreproductifs. La surveillance automatique des contenus apparaît ainsi disproportionnée, en termes de restriction des libertés, par rapport au but poursuivi. Soyons concrets : une telle mesure supposerait que les plateformes signent des accords avec les titulaires de droits pour l’intégralité des œuvres existantes dans le monde. Outre le fait qu’il n’existe aucune base de données répertoriant l’ensemble des œuvres existant sur cette planète, des contenus pouvant relever du statut de l’œuvre sont créés chaque seconde (ce texte en est le parfait exemple) et l’on comprend donc assez difficilement vers qui les plateformes devraient se tourner pour signer de tels accords leur garantissant une immunité juridique.

La grande force du Web a été sa capacité à transcender les barrières et les frontières, à favoriser la création, le partage de connaissances, la mise en relation des individus

. Lorsqu’il n’y aura pas d’accord possible, le texte est clair : il s’agira pour les plateformes de mettre en place des logiciels de filtrage pour prévenir la mise en ligne de ce qui n’aura pas pu faire l’objet d’un accord. La situation semble ubuesque : si une plateforme n’est pas en capacité de signer des accords faute de pouvoir identifier toutes les œuvres protégées, comment pourrait-elle prévenir la mise en ligne des mêmes œuvres sans les avoir identifiées ? Et si d’aventure un contenu protégé passait à travers les mailles de ce gigantesque chalut, le texte prévoit que la plateforme aurait immédiatement à répondre de cette violation du droit d’auteur. De quoi inciter ces mêmes plateformes à restreindre au maximum ce qui pourra être autorisé, et à bannir pour de bon les parodies et autres « mêmes », ou plus simplement toute photographie sur Instagram devant un monument protégé ou toute citation sur Twitter de son auteur favori. »

…. L’idée est en effet séduisante pour l’industrie musicale : prendre le meilleur de ce que les plateformes ont pu lui apporter (le chiffre d’affaires des trois plus grosses majors a augmenté d’un milliard de dollars entre 2016 et 2017 grâce au streaming) tout en excluant à terme les contenus postés par monsieur tout le monde, lesquels ne rapportent rien. «  La ministre et les pétitionnaires veulent  une rémunération juste et proportionnelle pour les créateurs, le problème est que cela ne concernerait que les artistes reconnus et que les autres producteurs seraient exclus de diffusion. Une atteinte intolérable à la liberté.

 

Les Jeunes avec Macron, les JAM, ou le vide idéologique total

Les Jeunes avec Macron, les JAM, ou le vide idéologique total

 

Le nom de la formation des jeunes macronistes témoigne à lui seul du vide idéologique total. Le mouvement s’intitule en effet JAM, c’est-à-dire les jeunes avec Macron. Finalement la confirmation que le parti en marche n’est réellement qu’un club de supporters, une sorte de club de fans comme dans le foot. En mal sans doute aussi de slogans, les jeunes avec Macron ont choisit un slogan de type soixante-huitard qui ne leur ressemble guère à savoir : soyez progressistes demandez l’impossible. Sûrement un slogan conseillé par les boîtes de com. qui entoure le pouvoir et qui considère la politique comme un produit ordinaire ù  l’argumentation commerciale prend le pas sur le contenu. On se demande bien comment le mouvement en marche pourrait structurer une organisation des jeunes alors que le parti n’a aucune existence, ni réalité sociale sur le terrain. Pour preuve lors des prochaines municipales faute d’implantation locale, le parti en marche va ratisser large des vieux crocodiles de la politique de la gauche et de la droite. En effet cette fois l’étiquette Macron ne sera pas suffisante pour qu’une chèvre puisse être élue. Cela d’autant plus que la popularité de l’intéressé connaît une chute brutale dans l’opinion publique et que la référence à Jupiter ne sera pas forcément vendeur auprès des électeurs qui jugent surtout sur des critères de proximité. Comme pour le parti en marche,  les responsables des jeunes avec Macron ont été désignés par le niveau central. De quoi s’interroger sur le caractère démocratique de l’organisation de Macron surtout quand les jeunes choisissent cet autre slogan : la révolution continue ! Une vraie communication de marque de lessive pour tenter de laver plus blanc la grisaille des résultats du gouvernement. Sans parler de la reprise des formules ésotériques de Ségolène Royal à savoir : être acteur de son avenir qui ressemble curieusement à désir d’avenir.

 

Nucléaire: 50% de l’électricité en 2050, par en 2025 ou 2035 (EDF)

Nucléaire: 50% de l’électricité en 2050,  par en 2025 ou 2035 (EDF)

 

 

Près  Ségolène Royal, Hulot puis maintenant le premier ministre lui-même, Édouard Philippe tourne autour du pot quant à la part du nucléaire, EDF annonce la couleur il ne faut pas attendre une réduction de la production nucléaire à hauteur de 50 % avant 2040 ou 2050. Un grand nombre de réacteurs nucléaires ont été construit entre les années 80 et 90. Or leur durée de vie était prévue autour de 40 ans. Mais depuis les mesures de sécurité supplémentaire imposée par la catastrophe de Fukushima qui se traduit notamment par le très coûteux carénage il n’y aura pas d’autres solutions que de prolonger encore de 20 ans la vie des centrales pour amortir l’investissement de l’ordre de 50 milliards. En clair, les centrales seront prolongées jusqu’en 2040 ou 2050 en. Et c’est seulement à ce moment-là on pourra envisager une réduction de la production nucléaire à 50 %. Bref un décalage de 25 ans par rapport à la loi de Ségolène Royal. EDF aura beau jeu d’obtenir la prolongation de ses réacteurs d’autant plus que le gouvernement se défaussera sur l’autorité de sûreté nucléaire comme l’a déjà annoncé Macon. En outre il faut prévoir que 3 à 6  centrales EPR nouvelles seront construites pendant la période. Dernier élément en faveur d’EDF,  le fait que les énergies renouvelables relèvent souvent du gadget et de la gabegie financière comme par exemple les improductives et coûteuses éoliennes ; Sortes de moulin avant pour masquer la stratégie nucléaire. On attend évidemment avec impatience la décision de Rugy. . De ce point de vue,  on peut s’attendre à un verbiage fumeux qui ne changera pas la situation.  EDF prévoit d’étaler sur 20 ans -entre 2030 et 2050- l’arrêt des 58 réacteurs que compte le parc nucléaire français et donc leur renouvellement. Son plan prévoit de prolonger les 34 plus vieilles centrales (900 MW), construites au début des années 1980, à 50 ans soit jusqu’en 2030. Et d’allonger la durée de vie des 24 plus jeunes (1300 MW), construites vers 1990, à 60 ans c’est-à-dire jusqu’en 2050. Parallèlement on prévoit la construction du premier réacteur du nouveau programme nucléaire français vers 2023 pour aboutir vers 2030. Dans l’hypothèse où la consommation électrique n’augmenterait pas -ce qui est probable-, EDF prévoit de construire au moins six EPR pour commencer.

 

L’impôt à la source : mise en œuvre, report ou abandon ?

L’impôt à la source : mise en œuvre, report ou abandon ?

 Finalement le gouvernement lui-même a instillé l’inquiétude sur le sort qui sera réservé au prélèvement à la source. Déjà reporté, ce prélèvement devait intervenir au 1er janvier mais pour des raisons davantage politiques que techniques le pouvoir se demande s’il est bien opportun de créer une nouvelle source de mécontentement chez les salariés. En outre, les entreprises sont fondamentalement contre d’avoir à se situé à l’administration fiscale. La grande peur,  c’est que les salariés qui contrairement aux entreprises résonnent en net sur le salaire constatent une brutale diminution de la rémunération de 100 euros en moyenne hors le pouvoir d’achat des Français a déjà subi une perte 0,6 % au premier semestre, elle pourrait atteindre 1 % d’ici la fin2018 avec la reprise de l’inflation. Paradoxalement les Français sont pour la mise en œuvre de cette réforme à hauteur de 64 % des intéressés. Mais le sentiment des Français n’intègre sans doute pas encore l’effet psychologique d’une baisse sensible de la feuille de paye en net. Pas étonnant que le gouvernement s’interroge non pas tellement sur des questions techniques (type bug)) mais sur l’opportunité politique et sociale de la mise en œuvre d’une telle réforme qui n’est pas sans danger.

La disruption : pathologie ou thérapie

La disruption : pathologie ou thérapie

 

La distribution est à la mode et déclinée sous de nombreuses formes. Régulièrement pour être dans le coup, les grands médias nous annoncent les 10 grandes distributions pour les 10 à 20 ans à venir (en général des évolutions déjà connues et largement prévisibles).  Schématiquement,  il s’agit de provoquer des ruptures, de détruire l’ancien. Souvent une espèce de cocktail entre culture du management et nouvelles technologies. Bien sûr le changement est constitutif de la vie elle même,  reste à savoir s’il faut changer brutalement ou de manière plus harmonieuse. Autrement dit si la disruption très à la mode chez les politiques est une pathologie pour répondre à l’exigence médiatique  de modernité où une thérapie pour conduire au progrès socio-économique. Aujourd’hui la tendance serait plutôt à la disruption  pour la distribution, changer pour changer sans savoir exactement quelle est la vision à long terme. Ce serait même une sorte de maladie chez ceux  qui veulent su jouer la nouveauté et le dynamisme. En fait, une forme  d’activisme qui veut faire croire que le mouvement est la finalité. Or le mouvement doit être mis au service d’objectifs cohérents. En fait la disruption est surtout de nature verbale car  la pratique ressemble curieusement aux vieilles recettes de la politique. Un seul exemple celui de la réforme de l’État,  enjeu central pour la compétitivité, l’initiative et la responsabilité.  on devait tout chambouler opérer une véritable rupture. L’interventionnisme excessif de l’État devait faire place à une fonction de régulation. On devait en même temps recentrer l’action dans les domaines réellement régaliens. Résultat pas de réforme et on a même enterré est le rapport CAP 22, un bel exemple de description uniquement verbale.

Prélèvement à la source : un renoncement technique ou politique ?

Prélèvement à la source : un renoncement technique ou politique ?

 

Macon a choisi le jour même de la déclaration de Darmanin pour dire de l’étranger le contraire à propos du prélèvement à la source. Le ministre du budget a en effet confirmé hier que le prélèvement à la source serait bien opérationnel dé le 1er janvier 2019. Mais Macron en voyage en Finlande a déclaré à peu près le contraire en indiquant qu’il procéderait à une évaluation du dispositif avant décision définitive. Autant dire que Macon prépare un renoncement. La question est de savoir si le renoncement est technique ou politique. Sans doute un peu les deux. Les chefs d’entreprise sont en effet très mécontent surtout les entreprises petites et moyennes d’avoir à jouer le rôle des services fiscaux. En effet la gestion de ce prélèvement par les entreprises n’est pas sans complexité et surtout sans cout. Les chefs d’entreprise sont aussi inquiets des réactions de leurs salariés lorsque le salaire net sera amputé du prélèvement fiscal. La responsabilité  pourrait en être reportée au moins en partie sur l’employeur. Mais la vraie raison pourrait être politique. Actuellement Emmanuel Macron d’une très mauvaise passe. Déjà sa popularité a été atteinte l’affaire Benalla.  dans ce contexte, ont surtout été révélés les très mauvais résultats économiques. La croissance a enregistré un très net tassement, elle se situera autour de 1,5 % au lieu de 2.3% en  2018 de ce fait, le  gouvernement a été contraint de jouer à l’équilibriste pour tenter de limiter l’ampleur des déficits non pas en réalisant des réformes structurelles qui auraient pu être mal ressenties comme la réforme de l’État mais en procédant classiquement à la méthode des coups de rabot.  Macron connaît une grosse déprime en matière de popularité pour stopper l’hémorragie on pourrait décaler le prélèvement à la source  complexe compte tenu de la nature de la fiscalité française. La Mensualisation aurait constitué une solution plus simple en évitant de faire émerger un mécontentement supplémentaire de l’opinion publique.

Emmanuel Macron a donc annoncé qu’il réservait sa décision. «J’ai besoin d’une série de réponses très précises, a-t-il déclaré, et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place si on le met en place». Et d’ajouter: «J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore, avant de donner une directive finale».

La chasse : sport ou beuverie ?

La chasse : sport ou beuverie ?

D’après certains,  la chasse serait le deuxième sport en France avec plus d’un million de détenteurs d’un permis.  La France est d’ailleurs le premier pays de chasseurs en Europe, devant l’Espagne et l’Italie. Une activité de loisir respectable mais de la à la comparer un sport il y a un pas un peu trop vite franchi. En effet la chasse contemporaine se réduit le plus souvent à une longue attente des chasseurs dans des les abris ou postes  d’où ils ne bougent pas. Au total s’ils ont marché une centaine de mètres pendant toute la chasse pour rejoindre ces abris, c’est à peu près tout. Un peu court comme sport. En outre les chasseurs sont répartis dans 10 ou 20 postes voire davantage et le gibier a peu de chances d’échapper aux tirs. Ce n’est pas exactement de la chasse mais plutôt un exercice de tir sur des animaux par ailleurs souvent agrainés donc engraissés artificiellement,  sans parler du gibier lâché la veille du jour de la chasse. La chasse traditionnelle,  c’est-à-dire à la maraude qui contraignait le chasseur à faire des kilomètres, parfois 10 ou 20, accompagné d’un ou deux chiens demeure désormais une activité très marginale.  dans ce cas on pouvait effectivement parler de sport, de chance aussi pour le gibier. Dans leurs abris,  les chasseurs pour la plupart n’ont même pas l’occasion de tirer un seul coup de fusil. Par contre dans les rendez-vous  de chasseurs, les coups succèdent aux coups. En réalité la chasse et surtout une activité de beuverie et de restauration sans doute dans la convivialité mais qui a bien peu de rapport avec le sport et  la chasse traditionnelle.

Dividendes France : 50 milliards pour un trimestre : où est le ruissellement de Macron ?

Dividendes France : 50 milliards pour un trimestre : où est le ruissellement de Macron ?

 

Tous les lobbys de la grande finance se félicitent de ce résultat tout à fait exceptionnel des dividendes distribués notamment en France au cours du deuxième trimestre de l’année. Ce serait une bonne nouvelle pour le pays et en particulier pour l’économie. Bref la théorie du ruissellement développé par Macron. Le problème c’est que précisément ces rémunérations assez exceptionnelles n’ont pas eu l’effet de contagion d’un point de vue économique et social. En effet dans le même temps la croissance s’est nettement tassée pour être pratiquement insignifiante sur les six premiers mois de l’année. Sur le plan du chômage,  les avancées sont aussi insignifiantes. Quant au pouvoir d’achat il a été largement plombé par les mesures fiscales du gouvernement. Les grandes entreprises qui se montrent généreuses en matière de dividendes ont surtout bénéficié d’un bon niveau de l’euro et d’un climat international assez favorable. Quant aux actionnaires grassement rétribués ils n’ont pas fait généralement bénéficier l’environnement économique. Paradoxalement il faut noter que c’est la France qui est le pays qui proportionnellement le plus de dividendes alors que la croissance et même les bénéfices sont inférieurs à la moyenne internationale mais comme la concurrence est rude pour attirer les capitaux les entreprises françaises privilégie la distribution des profits en direction des actionnaires. Cela souvent au détriment des investissements de long terme et de la rémunération des salariés. Ces résultats aux allègements fiscaux de Macron qui renforce encore son image de président des riches. Selon les données des ONG, les groupes du CAC40, qui ont réalisé un bénéfice de 93 milliards d’euros et un chiffre d’affaires de plus de 1.300 milliards d’euros en 2017, auraient redistribué les deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires, au détriment des investissements et des salariés.

Brexit dur, mou ou nouveau délai ?

Brexit dur, mou ou nouveau délai ?

 

Des deux côtés de la Manche, on affirme haut et fort que les négociations doivent s’accélérer et que le choix est maintenant entre un accord entre la Grande-Bretagne et l’union européenne ou pas d’accord du tout. Le plus vraisemblable c’est qu’il faudra un nouveau délai sur certains points en litige. Sans entrer dans le détail les divergences portent surtout sur la question de l’Irlande mais encore plus fondamentalement sur la philosophie européenne. Londres veut liberté commerciale pour les échanges, donc sans droits de douane mais n’accepte pas les contraintes juridiques européennes et refuse la liberté de circulation des personnes. Au-delà des questions de fond,  il y a aussi des problèmes de forme. La première ministre britannique doit montrer qu’elle a négocié un Brexit dur pour ne pas s’attirer les foudres des opposants dans son propre parti. Mêmes obligations pour l’union européenne qui doit afficher sa fermeté pour maintenir une cohésion européenne un peu mal en point actuellement. Il se pourrait donc qu’on accorde de nouveau délai sur les points durs de la négociation de sorte que personne ne perde la face. Un délai qui par ailleurs pourrait permettre d’influencer la donne politique en Grande-Bretagne et qui par ailleurs constituerait un statu quo au sein de l’union européenne dans une période où l’Europe est fortement attaquée en particulier par le président des États-Unis mais aussi par Poutine. Pour des raisons différentes ni Poutine, ni Trump ne souhaitent une Europe forte économiquement et encore moins politiquement et militairement.

 

 

 

Immigration : le choix entre les idées des bobos ou des fachos ?

Immigration : le choix entre  les idées des  bobos ou des  fachos ?

 

Le sondage réalisé par l’IFOP pour Atlantico  montre que 54 % des Français sont opposés à l’accueil de migrants et mérite évidemment réflexion. D’abord la proportion de français hostile à la réception de ces étrangers a progressé de 7 points  en un an. En cause, sans doute les péripéties du navire Aquarius entre les différents ports d’Europe ; des péripéties qui ont occupé là Une des médias et mis en évidence les contradictions des pays de l’union européenne. La problématique n’est évidemment pas simple mais le choix qui est proposé est souvent caricatural entre les positions humanistes un peu surfaite des bobos souvent de gauche et les positions conservatrices voire fascistes de droite. Pour les bobos de gauche,  l’accueil doit être permis sans limite au nom des valeurs universelles de la France. Le problème c’est que cette thèse très généreuse est faites par  de petits bourgeois qui mesurent mal les effets d’une intégration mal réussie notamment dans les banlieues difficiles où le communautarisme est le trafic de drogue se substitue situe progressivement aux principes républicains, sans parler de l’insécurité. Bien sûr en général, les bobos de gauche ne côtoient pas les populations visées. Inversement à droite, on soutient la fermeture quasi complète des frontières à toutes immigration nouvelle voir on propose le renvoi des immigrés dans leur pays d’origine au nom des menaces identitaires et des risques sur nos civilisations traditionnelles, comprendre judéo-chrétiennes. Ce sont ces deux courants de pensée qui émergent et s’opposent le plus souvent dans les médias. Parfois l’immigration devient  la question dominante des orientations politiques. La mise à l’index de l’étranger va parfois très loin lorsqu’elles concernent aussi des Européens avec derrière l’idée de renoncer à l’union européenne, à la monnaie unique et à l’intégration économique bien sûr mais aussi sociale et sociétale comme si la France demeurait encore cette grande puissance mondiale du 19 ème siècle. Le débat sur l’immigration mérite mieux que cela, il devrait aussi intégrer l’escroquerie de l’aide au développement, une des solutions pour sédentariser sur place des populations surtout menacées de faim. C’est la question centrale .Ce n’empêche pas bien  au contraire d’articuler immigration et intégration pour l’immigration choisie et… acceptée.

 

Multilatéralisme ou bilatéralisme ? (Mehdi Abbas)

Multilatéralisme ou bilatéralisme ?  (Mehdi Abbas)

Mehdi Abbas, Université Grenoble Alpes, analyse les contradictions entre bilatéralisme et multilatéralisme

 

« Les dernières décisions de politique commerciale prises par l’administration Trump de taxer les importations européennes et chinoises vers les États-Unis suscitent inquiétudes et réprobations. Elles s’agrègent aux attaques contre le multilatéralisme à l’ONU, sur le climat, en matière de sécurité collective et, bien entendu, commercial.

À ce niveau, les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir érodé le système commercial multilatéral. L’UE est en effet la championne en matière d’accords commerciaux bilatéraux, préférentiels et régionaux, ces « termites » (J. Bhagwati) qui n’ont eu de cesse de saper l’édifice multilatéral.

Face à la montée des tensions et au retour des logiques agressives de défense des intérêts nationaux beaucoup d’observateurs en appellent aux vertus du multilatéralisme, bien entendu rénové pour tenir compte des réalités nouvelles de l’économie internationale, et de proposer des solutions plus ou moins infaisables.

Au-delà de l’aspect formel d’une coopération à trois et plus, qu’en est-il réellement du multilatéralisme économique et de l’idéal de coopération à laquelle ils renverraient ?

Le multilatéralisme commercial prend forme dans la réforme de la politique commerciale américaine de 1934 entreprise par l’administration Roosevelt. Le Reciprocal Trade Agreement Act constitue, avant toute chose, une tentative d’élargissement des exportations américaines fondée sur une norme de réciprocité dans l’échange.

Ainsi, c’est en utilisant le bilatéralisme que les États-Unis entendent contrecarrer la tendance au repli des nations sur leurs Empires à l’époque. Cette démarche sera au cœur de la mort-née Organisation internationale du commerce, puis du GATT. Ils auront, pour se faire, le souci de construire un édifice fondé sur le droit, certes du plus fort, mais sur le droit tout de même !

Ce que l’on présente comme le parangon de la coopération internationale est avant toute chose un projet américain de reconstruire les relations économiques internationales conformément à leurs intérêts et permettant la sortie, sans risques majeurs pour les États-Unis, d’une économie de guerre en état de surproduction. Un projet dont la finalité était d’articuler besoin de reconstruction en Europe et en Asie à la nécessité de redéploiement de l’appareil industriel américain.

Ce projet trouve son origine dans les premières discussions, entamées dès 1941, américano-britanniques (l’économie qui « se sait et se veut dominante » et celle qui « ne peut se déshabituer de l’être » pour reprendre les mots de F. Perroux). Ces discussions portaient sur les conditions d’octroi d’une aide américaine à l’effort de guerre britannique. Après la Charte de l’Atlantique proclamée par Roosevelt (1941) et la Déclaration des Alliés (1942), les discussions portent sur l’ordre économique d’après-guerre.

Elles aboutissent à l’Accord d’aide économique mutuelle (Mutual Aid Agreement) signé le 23 février 1942 dans lequel figure l’Article VII. L’originalité de cet article – qui contient l’ADN de l’ensemble de l’architecture de Bretton Woods – est de poser que les contreparties des contributions américaines ne consisteront pas en des remboursements ou à l’imposition de conditions contraignantes (le précédent catastrophique du Traité de Versailles est dans toutes les mémoires). Les contreparties sont définies en termes d’engagements normatifs en matière de politique commerciale.

Pour la première fois dans l’histoire du capitalisme, les conditions des échanges internationaux sont régies par des textes, proposés par l’économie dominante et ratifiés par les autres États. Il en sera de même concernant le système des paiements, le système de financement et de reconstruction, autant de dispositifs de financement des débouchés.

Le multilatéralisme est, en fait, l’internationalisation des intérêts et préférences états-uniennes dans un contexte de reconstruction d’un monde en ruine où une économie concentre la quasi-totalité des ressources nécessaires à cette reconstruction.

Les théories de la stabilité hégémonique ou du leadership stratégique ou bienveillant offrent une explication, voire une justification ou légitimation, à la domination américaine. Elles nous rappellent cette vieille réalité qui traverse toute l’œuvre de F. Braudel, I. Wallerstein ou P. Bairoch, l’économie dominante est toujours favorable au libre-échange et au multilatéralisme, ce qu’avaient, en des termes plus économiques, très bien analysés A. Smith, K. Marx et F. List.

À cela s’ajoute le pragmatisme de la diplomatie économique, désormais multilatérale, des États-Unis. L’échec de l’OIC en offre un exemple en matière d’organisation des échanges internationaux. C’est ce même pragmatisme qui fera que, confronté à la pénurie de dollars, les États-Unis vont, par une simple lettre en 1947, s’engager à acheter et à vendre de l’or au taux de 35$ de l’once, officialisant le fait que le système monétaire international est concrètement un « système dont l’étalon était le dollar » (Denizet), et surtout qu’il fonctionne plus grâce à cette lettre qu’aux statuts du FMI.

De même, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) va très vite changer de nature face à l’ampleur de la reconstruction européenne qui sera, par ailleurs, à l’origine du lancement du Plan Marshall (1948).

Il faudrait également mentionner le rôle tenu par la guerre de Corée dans la relance de l’économie américaine (qui connaissait un sérieux ralentissement économique en 1949) et, bien plus que le Plan Dodge, ses effets sur le développement du Japon qui comprend rapidement l’intérêt pour sa croissance et sa participation à la globalisation.

Schéma qui se reproduira plus tard durant la guerre du Vietnam dont on oublie qu’elle est à l’origine du développement du conteneur, vecteur déterminant de la mondialisation bien plus que les développements successifs de la théorie du libre-échange et autres formalisations des économistes. Avec la guerre du Vietnam la conteneurisation s’étend à l’Asie-Pacifique (Japon, Taiwan, Hong Kong, Singapour et Australie).

Ces dernières années sont marquées par une évolution des rapports de richesse et de puissance dans l’économie mondiale. Cette dernière est désormais moins asymétrique qu’en 1944 (Bretton Woods) ou 1995 (création de l’OMC). Simultanément, les États-Unis prennent conscience des contradictions sociales et économiques de plus de cinq décennies d’une globalisation, qu’ils ont eux-mêmes initiée.

La capacité des États-Unis – et du G7 – à multilatéraliser leurs préférences s’est amoindrie. Outre ce nouvel équilibre en gestation, il manque une vision ou un projet tel que celui porté par l’administration Roosevelt et son Secrétaire d’État Cordell Hull ; un projet, qui chaque fois que cela était nécessaire, s’est adapté de façon ad hoc aux contraintes tant internes que systémiques.

Paradoxalement, il est possible de considérer que pour la première fois, l’économie mondiale est multilatérale. C’est-à-dire que les pays sont, collectivement, mis face à la responsabilité, voire la nécessité, d’élaborer des règles communes, partagées et acceptées, régissant les relations économiques internationales.

Il s’agit, par conséquent, d’innover en matière de construction de règles, de faire place à l’hétérogénéité des préférences et des intérêts ; au pluralisme juridiques ; de re-hiérarchiser les valeurs autour desquelles se construisent les régimes internationaux et de rénover les principes d’ordre des rapports économiques et politiques internationaux.

Il s’agit d’élaborer des actions concertées, de trouver de nouveaux principes de solidarité internationale, d’élaborer des mécanismes de compensation internationale, bref construire une économie mondiale praticable (workable global economy). Ni le marché, ni la concurrence ne sont en mesure de le faire, la tâche est gigantesque d’autant que « la tragédie est aujourd’hui collective » (A. Camus).

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Par Mehdi Abbas, Maître de conférence, Université Grenoble Alpes

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

Plastique recyclage ou interdiction ?

Plastique recyclage ou interdiction ?

Après  les décisions de la justice américaine concernant le RoundUp de Monsanto, les autorités françaises semblent prises d’une agitation soudaine pour lutter contre les pesticides mais aussi pour entamer la guerre contre le plastique. Pas une véritable guerre car au lieu d’interdire purement et simplement le plastique dans nombre d’utilisations notamment l’emballage on va favoriser son recyclage, ce qui est que écologiquement n’est pas complètement neutre. Avec en plus des taxes selon que le plastique sera ou non recyclé. Or on pourrait supprimer totalement le plastique dans nombre d’utilisations notamment les objets à utilisation unique. On pourrait surtout supprimer le très lucratif business du commerce de l’eau véritable scandale écologique à cause de son emballage mais aussi du faite du transport. Contrairement à ce qu’affirme les ministres du gouvernement chargé de l’environnement l’objectif n’est pas de parvenir à 100 % de plastique recyclé mais à éliminer le plus possible les plastiques notamment dans l’emballage. Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire dans un entretien au Journal du Dimanche . «Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère», déclare-t-elle au JDD. L’objectif est d’arriver en 2025 à 100% de plastiques recyclés. C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Actuellement, seul un quart des emballages en plastique est recyclés, selon une étude publiée en mars par 60 Millions de consommateurs, qui soulignait que de nombreux autres types de produits, comme des jouets, ne peuvent même pas l’être. Notons cependant l’énormité de la tâche Car la production mondiale de plastique a progressé de plus de 40% en dix  ans, avec l’emballage comme premier débouché.

 

Chute de la livre turque : complot ou incompétence ?

Chute de la livre turque : complot ou incompétence ?

L’économiste et politologue Ahmet Insel est estime que la crise de la Turquie est abord uen crise d’incompétence. (Interview sur RFI)

Cette dépréciation de la livre turque est-elle seulement liée au bras de fer entre Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan ?

Ahmet Insel : Non pas du tout, la dépréciation est en cours depuis fort longtemps. Globalement, en un an, la livre turque a perdu 80% de sa valeur vis-à-vis de la monnaie européenne ou du dollar. Et depuis la réélection du président turc, la dépréciation de la livre turque s’est accélérée. Avant même l’intervention de Trump, (vendredi) hier en début d’après-midi, le matin même, la dépréciation de la livre turque s’était accélérée, dans l’attente du discours du président de la République et surtout de son gendre nommé à la direction des Affaires économiques.

Et il y a eu une très grosse déception par rapport à leur présentation sur la politique économique en cours. (Aussi) La décision de Donald Trump n’a été  qu’un accélérateur dans un déclin déjà en cours depuis fort longtemps.

Aujourd’hui, il y a des problèmes structurels autour de la monnaie turque qui font que, petit à petit, elle est en train de perdre de la valeur ?

L’économie turque a des problèmes structurels. C’est une économie qui a besoin de capitaux extérieurs pour pouvoir poursuivre sa croissance. Il y a un déficit chronique de la balance commerciale. Aujourd’hui, la Turquie a besoin, par exemple, pour couvrir ses opérations courantes de plus de 50 milliards de dollars, alors que la perte de confiance des acteurs économiques, aussi bien internes qu’internationaux à l’égard de la politique en général de Tayyip Erdogan et sa politique économique en particulier, fait qu’il y a un retrait des investissements, un retour des acteurs économiques vers des placements en dollars, donc une fuite devant la livre turque.

Evidemment, le bras de fer annoncé par Donald Trump et la réaction virulente de Tayyip Erdogan par rapport à cette décision ne font qu’accélérer la chute de la livre turque et risquent de se transformer, du coup, peut-être dans les jours à venir, non pas à une crise de devises mais se transformer en une crise de la dette, et peut-être même une récession économique.

Du côté justement des investisseurs et des observateurs de l’économie turque, il y a une critique récurrente : elle porte sur la mainmise du pouvoir turc de Recep Tayyip Erdogan sur la Banque centrale turque.  Qui fait qu’il n’y a pas vraiment de jeu sur les taux d’intérêt qui pourraient permettre de donner un peu de répit à la livre turque.

Tayyip Erdogan a une obsession, à tort ou à raison, peut-être pour des raisons idéologiques même peut-être pour des raisons de croyance : il s’est manifesté depuis quelques années contre l’utilisation de l’outil de taux d’intérêt pour stabiliser la livre turque. Depuis quelques années, la livre turque s’est dépréciée particulièrement parce que Tayyip Erdogan a empêché la Banque centrale turque d’utiliser l’outil des taux d’intérêt.

D’autre part, après les élections du 24 juin dernier, Tayyip Erdogan a nommé son gendre et l’a placé à la direction des Affaires économiques. Il a unifié toute l’administration économique au sein d’un seul ministère à la tête duquel il y a son gendre: c’est-à-dire (que) le Trésor, le Budget, le ministère des Finances, le ministère du Commerce sont réunis sous le contrôle d’une seule personne.

En plus, les capacités ou les connaissances ou la compétence en économie de son gendre ne sont pas mondialement connues, donc cela a entraîné une plus grande perte de confiance des acteurs économiques sur la bonne marche possible de la politique économique turque. Cette mainmise, cet hyper contrôle de Tayyip Erdogan et de sa famille sur l’économie aujourd’hui, a énormément fragilisé la livre turque, voire peut-être les banques turques.

Justement, les banques turques sont en mauvaise posture et cela inquiète beaucoup l’Europe. Quelles conséquences pourraient avoir une défaillance bancaire turque sur l’économie européenne ?

D’abord, il y a quelques banques européennes dont BNP-Paribas, Unicrédit, et BBVA, (qui) sont des actionnaires importants des banques turques. Donc s’il y a une défaillance bancaire en Turquie, la valeur boursière de ces banques européennes risque de chuter. D’ailleurs vendredi dernier, à ma connaissance, ces trois banques en question ont connu une légère dépréciation dans les bourses européennes.

D’autre part, les acteurs économiques européens ont globalement 130 milliards d’euros de créances sur les acteurs économiques turcs. Une défaillance bancaire accompagnée de faillites d’entreprises turques inquiètent un peu la Banque centrale européenne sur ses conséquences sur la liquidité de ses créances. Ce n’est pas un montant très important pour l’économie européenne mais, à la marge dans une conjoncture déjà relativement fragilisée à cause de la guerre économique lancée par Donald Trump vis-à-vis de l’Iran, vis-à-vis de l’Union européenne, vis-à-vis même de la Chine, cette défaillance locale turque peut être un accélérateur de crise que craint la Banque centrale européenne.

Iran: les sanctions américaines pour punir l’Iran ou l’Europe

 Iran: les sanctions américaines pour punir l’Iran ou l’Europe

Trump en décidant de punir l’Iran va faire d’une pierre deux coups et surtout punir aussi l’Europe par ailleurs qualifié par lui d’ennemi commercial. Finalement les entreprises européennes auront davantage à souffrir que les sociétés américaines de l’embargo qu’imposent les États-Unis à l’Iran. Il est clair que la proximité géographique de l’Iran favorise les échanges avec l’Europe tandis que le commerce qu’effectuent les États-Unis avec l’Iran demeure assez marginal dans les échanges internationaux américains. Trump enfonce le clou pour tenter de disloquer le bloc européen, une stratégie qui n’est pas nouvelle car les États-Unis ont toujours craint la constitution d’un bloc économique et a fortiori politique de plus de 400 millions d’habitants. L’enjeu est stratégique du point de vue économique mais aussi politique et structurel et culturel. Les États-Unis peuvent difficilement s’opposer à l’expansion de la Chine compte  tenu des potentialités notamment humaines de ce pays. Certes la taxation des importations chinoises constitue une tentative de réduire le déficit commercial mais une tentative illusoire tellement les conditions de production sont différentes entre la Chine et les États-Unis. Le prétexte iranien permet de sanctionner les entreprises européennes qui commercent non seulement avec Iran mais aussi avec les États-Unis. Et c’est surtout cette peur sur les échanges entre l’Europe et les États-Unis qui amènent des grands groupes à se retirer de l’Iran. Malheureusement l’Europe est incapable de montrer un front uni pour répliquer aux États-Unis et ce n’est pas le flou artistique de l’accord de  Juncker et de Trump qui permettra d’unifier les points de vue des pays composant l’union européenne

Les Républicains « le parti où le débat est interdit » (Jean-François Copé)

Les Républicains « le parti où le débat est interdit » (Jean-François Copé)

; Il est clair que Jean François Copé et Laurent Wauquiez ne partiront pas ensemble en vacances car ils entretiennent depuis longtemps de solides inimitiés. Des rapports qui se sont encore tendus depuis que Laurent Wauquiez a pris la tête du parti. Ce dernier a fait le ménage il a écarté les Juppéistes, les Européens, les libéraux et même les sarkozystes du coup la pensée politique qui n’était déjà pas florissante s’est encore davantage flétrie. Les contre-propositions de Wauquiez sont complètement inaudibles. Par parenthèse, il a été complètement absent leur de l’affaire Benalla. Il n’y a plus la place aux débats dans le parti ce que constate Jean-François Copé qui en profite aussi pour critiquer l’euro scepticisme de l’équipe dirigeante des républicains, un scepticisme très proche de l’extrême droite qui d’une certaine manière banalise les propositions du Front National (rassemblement national) et qui en même temps rend confus les orientations des républicains. Cette situation pourrait coûter cher au parti républicain lors des élections présidentielles et d’après certains sondages,  le parti pourrait n’être quand quatrième position derrière la république en marche, la France insoumise et le rassemblement national. Et l’ancien ministre de renchérir : « Nous sommes redevenus le RPR d’il y a vingt-cinq ans, lorsqu’il combattait l’UDF. Sauf qu’à l’époque, il n’y avait ni FN ni France insoumise. »

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