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Pognon de dingue ou usure du dispositif social (Philippe Warin, directeur de recherche CNRS,) (papier de la Tribune)

Pognon de dingue ou usure du dispositif social (Philippe Warin, directeur de recherche CNRS,) (papier de la Tribune)

 

Ce  directeur de recherche CNRS, revient sur les dispositifs pour lutter contre la pauvreté (papier dans la Tribune) :

« Un pognon de dingue ». Les propos d’Emmanuel Macron sur le système social curatif ont choqué. Au-delà de l’indignation, ces propos doivent être pris dans leur globalité et discutés dans leur cohérence.

Il y a vingt ans, une grande loi fut promulguée en temps de cohabitation afin de lutter contre les exclusions. Cette loi du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions appelait dans son article 1er, l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, les organismes de sécurité sociale à participer à l’accès effectif de tous aux droits fondamentaux. Sa mise en œuvre signa « un retour en force de l’aide et de l’action sociales (autrement dit de l’assistance) ainsi que le passage progressif d’une protection sociale assise sur l’activité professionnelle à une protection sociale reposant sur la citoyenneté ».

Cette loi mobilisatrice eut la force de dépasser les clivages politiques en appelant déjà à plus de prévention et de responsabilisation, mais en garantissant les droits et un accompagnement pour les plus précaires.

Or, les prestations sociales et l’accompagnement des plus précaires ne suffisent plus aujourd’hui à contenir la pauvreté comme le démontrent les chiffres d’un point de vue macro-économique.

Entre 2005 et 2015 (selon les dernières données de l’Insee), le nombre de pauvres a augmenté de 600 000 au seuil à 50 % du niveau de vie médian et d’un million au seuil à 60 %. C’est l’effet de l’accentuation des difficultés économiques liées à la crise financière. Si depuis 2012, le taux et le nombre de pauvres stagnent, cette stagnation est trompeuse.

La crise s’étend pour partie aux couches moyennes. Et le seuil de pauvreté est calculé en fonction du niveau de vie médian, or celui de 2015 est inférieur à ce qu’il était en 2011, ce qui impacte mécaniquement le taux de pauvreté.

Cette accentuation de la pauvreté sur longue période montre que le rôle de stabilisateur de la protection sociale s’essouffle en France comme ailleurs en Europe. Le maintien et parfois l’augmentation des prestations sociales (à des différences notables comme pour l’aide personnalisée au logement dont le montant a été revu à la baisse en 2018) ne permettent pas à la majorité des ménages, et pas simplement aux plus modestes, de s’en sortir financièrement. La hausse de prélèvements obligatoires et des charges fixes pèse à la baisse sur l’évolution des revenus.

Au-delà des données chiffrées, il faut également considérer le point de vue social, « tout ce pognon qui n’est pas dépensé ». En effet, les budgets sociaux ne sont pas toujours utilisés, loin s’en faut. C’est toute la question du non-recours aux prestations sociales.

Revenons en 2011. L’évaluation du Revenu de solidarité active (RSA) a contribué à la mise sur l’agenda politique de la question du non-recours du fait de taux très élevés : 50 % pour l’ensemble du dispositif et 68 % en particulier pour le RSA « activité », la mesure phare du gouvernement de Nicolas Sarkozy censée maintenir dans l’emploi, par un complément de revenu, des « travailleurs pauvres », c’est-à-dire les personnes qui ont un emploi, mais dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

Or ce rapport d’évaluation a estimé à 5,3 milliards d’euros la non-dépense liée au non-recours, pour 7,5 milliards d’euros de versés cette année-là dans le cadre du RSA. Ces non-dépenses sont au moins dix fois supérieures au montant de la fraude sociale.

C’est également vrai en Grande-Bretagne à la même période. Le phénomène tend même à s’accentuer alors même que les discours sur l’assistanat et la fraude aux prestations sociales se renforcent. Ainsi en Grande-Bretagne, les sanctions accrues font qu’en 2016 moins d’un chômeur sur deux demande son indemnité.

En France le Défenseur des droits estime que

« La lutte renforcée contre la fraude aux prestations sociales, combinée aux erreurs de déclaration des bénéficiaires, véhicule la suspicion d’une fraude massive et peut s’avérer problématique pour les droits des usagers des services publics.

Et ce alors même que la fraude aux prestations sociales dans les branches maladie, retraite, famille et à Pôle emploi, ne représente que 3 % du montant total de la fraude détectée en France en 2015.

Avec le phénomène massif du non-recours en France comme dans d’autres pays (les taux de non-recours varient entre 40 et 60 % dans les pays de l’Union européenne), le problème du système social curatif n’est donc pas celui de sa dépense à perte du fait que « les pauvres restent pauvres ».

Ce système, complexifié au fil du temps, appelle en effet une amélioration car il n’atteint plus une population qui se bat avec plus de difficultés encore.


La question est de savoir à quelle politique s’attendre alors que la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté va être annoncée dans ses grandes lignes à partir du 9 juillet.

Une première réponse, radicale, est celle de la suppression des prestations sociales que l’on trouve toujours trop coûteuses et sans effet.

Elle a été mise en œuvre dans les années 1980 par Margaret Thatcher, avec la logique suivante : si tant de Britanniques ne recourent pas aux aides sociales, c’est bien la preuve que ces dernières et les services publics ne servent à rien.

Coupes budgétaires et suppressions furent ainsi inscrites au programme. Ce choix – réduire les crédits d’impôt et les aides aux ménages qui ont un emploi mais de faibles revenus, les aides aux chômeurs, limiter les dépenses en faveur de l’enfance et des jeunes, etc. – a été poursuivi par ses successeurs même si certains, tout en reprenant les orientations de leur aînée (dérégulation des services financiers ou privatisation du secteur public), ont pu redonner au cours de leur mandat un peu de moyens à des secteurs comme la santé ou l’éducation.

Ce choix qui a abouti à centraliser et fusionner les programmes d’emploi et d’assistance est à mettre en parallèle avec l’étendue et la progression de la pauvreté et des privations.

Or, cette réponse omet l’essentiel de la problématique : si les plus pauvres le restent, c’est d’abord par le manque de travail auquel aucune politique de l’emploi n’a su répondre.

Dans quel sens irons-nous en France ? Dans les deux minutes de la vidéo élyséenne, les mots employés semblent annoncer une autre couleur. Il faut « prévenir la pauvreté » et tout en même temps « responsabiliser les pauvres », mais aussi « investir dans un système social » qui évite de laisser les besoins en l’état pour dépenser plus ensuite.

La matrice du modèle social actif vers lequel tendent ces orientations s’inspire du « libéralisme égalitaire » qui défend à la fois, l’investissement social (dans la formation et l’éducation) pour réduire les inégalités des chances, et la responsabilisation des individus (suivant un gradient d’obligations et de sanctions) pour qu’ils se saisissent des opportunités mises à leur disposition de façon à éviter une supposée dépendance aux aides sociales.

Là est tout l’enjeu de la lutte contre le non-recours : prévenir le creusement des difficultés et l’accroissement des inégalités sociales, en même temps éviter d’alourdir à terme la facture sociale.

Cela demande pour commencer de se doter d’outils de mesure du non-recours. Des possibilités existent, elles attendent d’être développées. Les travaux de recherche sur le non-recours ont commencé par mesurer le phénomène à partir de bases de données administratives.

Cela pourrait être poursuivi et surtout généralisé dès lors qu’une volonté commune d’harmoniser et de croiser les données serait partagée.

En ce sens, le Répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS) créé en 2006 constitue probablement un outil propice du fait qu’il constitue un fichier interbranches et inter-régimes des assurés sociaux et bénéficiaires de la sécurité sociale.

Cela étant, outre des questions de cohérence statistique, la mise en œuvre d’exploitations régulières demande des moyens humains et financiers qui ne sont pas nécessairement garantis.

Des organismes sociaux et des collectivités territoriales l’ont compris et mettent en œuvre des actions significatives en termes de repérage des situations de non-recours et d’intervention sur les territoires. L’action engagée par l’Assurance maladie depuis 2014 pour répondre au problème majeur du renoncement aux soins en est un exemple.

Ainsi divers acteurs (CCAS et services sociaux des villes et départements, mutuelles et organismes de prévoyance, missions locales et maisons de service aux publics, associations d’insertion et professionnels de santé…) se regroupent autour des CPAM dans le partenariat des Plateformes d’intervention départementale pour l’accès aux soins et la santé (PFIDASS).

Cela permet d’identifier largement les situations de renoncement à des soins. En effet, comme le rappellent les auteurs d’un article récemment publié dans les cadres des recherches pour l’Odenore, « plus 25 % des Français renoncent à se soigner ».

Cela permet aussi de réunir des moyens pour réaliser les soins manquants, dans le but d’éviter par la suite des « parcours de soins non optimaux » qui encombrent les hôpitaux et coûtent cher à la Sécurité sociale.

Pour éviter de dépenser « un pognon de dingue » qui laisse les gens dans les difficultés, les collectivités territoriales agissent également.

Elles jouent le partenariat et l’additionnalité des moyens pour cibler les populations et définir les réponses collectives les plus ajustées et durables. C’est habile puisque le partenariat et l’additionnalité sont deux principes incontournables pour accéder aux ressources des programmes financés par le Fonds social européen. Plus concrètement, les collectivités territoriales déploient à moyens constants des logiques de premier accueil inconditionnel au plus près des populations, mettent en place des guichets uniques voire des dossiers partagés avec d’autres institutions, etc. (voir l’article de l’auteur sur ce sujet à paraître dans la revue Horizons Publics).

Il s’agit de préserver l’indispensable proximité avec les populations qui décrochent de leurs droits et d’éviter les surcoûts induits par un passage anarchique au numérique et le creusement des inégalités sociales et des discriminations.

Si les collectivités sont fondées à intervenir en matière de politique de l’emploi, elles n’ont pas vocation à se substituer à l’État ou à Pôle emploi – elles n’en expriment d’ailleurs pas le souhait. En revanche pour appuyer l’action des Missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes ou pour renforcer l’accompagnement individualisé proposé dans les Plans locaux pluriannuels pour l’insertion et l’emploi, elles peuvent faciliter par exemple l’accès à des modes de garde ou à des moyens de déplacement. Par ailleurs, de plus ne plus de collectivités territoriales favorisent le développement social (écrivains publics, médiateurs pairs, médiateurs numériques) pour accompagner les personnes qui décrochent de leurs droits.

Ces acteurs locaux sont bien placés pour savoir que l’argent public ne peut pas être gaspillé. Ils investissent dans les solidarités en tenant compte de la réforme territoriale, de l’évolution de la fiscalité et des dotations budgétaires, et de l’accès aux financements européens. Les organismes sociaux interviennent alors que des réponses structurelles se font attendre, par exemple pour garantir l’accès aux soins et à la santé de tous (comme la généralisation du tiers-payant, la maîtrise du prix des consultations qui n’est pas prise en charge par l’assurance maladie obligatoire de base, etc.).

Si la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté relève de ces principes, on aura une idée du choix du Président. Le 29 juillet 2018, fêterons-nous alors l’anniversaire d’une loi qui aura su évoluer vers plus de solidarité ?

Aix-politique gouvernementale : attendre 15 ou 20 ans ! (Philippe)

Aix-politique gouvernementale : attendre 15 ou 20 ans ! (Philippe)

Avec un certain humour mais aussi un certain culot Philippe a développé son discours sur la méthode et en a profité pour faire fait son propre éloge lors des journées économiques d’Aix en Provence. Il a conclu en affirmant qu’il faudrait attendre 15 ou 20 ans pour voir les effets concrets de la politique gouvernementale. Ce décalage de l’évaluation dans le temps, témoigne peut être des doutes du Premier ministre que traduisent des sondages.  «Dans ce monde qui est marqué à son commencement par la colère, ce qui paye in fine, ce qui assure et la gloire et le succès, c’est la ténacité», a assuré le chef du gouvernement, alors que l’exécutif subit actuellement une baisse dans les sondages. Une colère «potentiellement dévastatrice», a-t-il même indiqué. Avant d’ajouter, plus grave, voire de prévenir: «le monde qui vient est un monde dangereux pas seulement sur le mode de la remise en cause du multilatéralisme et des guerres économiques. C’est aussi un monde dangereux tout court. Et dans un monde dangereux tout court, il est préférable d’être stable sur ses appuis et préparé».  Et pour se faire, Édouard Philippe n’a pas, de son propre aveu, 40 options. Il faut «regarder avec lucidité la situation du pays telle qu’elle est», une situation qu’il ne juge «pas réjouissante». Avant, là encore, d’expliciter: «C’est un pays dans lequel depuis très longtemps, il y a eu une forme de renoncement à prendre des décisions parfois difficiles à assumer, parfois difficiles à expliquer». Le constat du chef du gouvernement est d’ailleurs sans appel. Pour lui, le modèle français est «un système extrêmement ambitieux en termes de solidarité (…) mais dont on ne peut pas dire que les effets et l’efficacité sont au rendez-vous», avant de citer, en exemple de ce modèle inefficace selon lui, «une école qui ne fonctionne pas comme elle devrait fonctionner». D’où «la division par deux des classes de CP et CE1», mesure du programme du président Macron qu’il a citée deux fois au cours de sa courte prise de parole dont Edouard Philippe est persuadé qu’elle portera ses fruits mais dont il faudra attendre «15 ou 20 ans pour véritablement en voir les effets» concrets.

Alors, pour convaincre, et parce qu’on vit en démocratie et qu’il est naturel -«et c’est tant mieux», a-t-il deux fois insisté- que les gens n’aient pas les mêmes avis ou les mêmes perceptions, il faut «expliquer» la politique menée. «Et quand vous avez fini, il faut recommencer», a-t-il ajouté,

Guerre commerciale ou combat de coqs

Guerre commerciale ou combat de coqs

 

Difficile de dire si les Etats Unis vont ou non déclencher la plus grande guerre commerciale. Jusque là en effet les droits de douane annoncés par les Etats Unis sur la Chine portent sur un peu plus de 30 milliards. Mais comme la Chine a répliqué en rehaussant aussi ses taxes sur un même volume d’importation, Trump a aussi annoncé que ce relèvement général des droits de douane pourrait porter sur la totalité des importations en provenance de Chine, soit 500 milliards de dollars.  La question est de savoir ce que souhaite exactement Trump : la déstabilisation totale du commerce mondial et de sa croissance ou un compromis. Lui-même n’en sait sans doute rien comme en témoigne ses positions contradictoire sur nombre de sujets ; La Corée par exemple. Demain peut-être l‘Iran. En attendant  Les Etats-Unis et la Chine se sont mutuellement infligé vendredi des droits de douane de 25% sur 34 milliards de dollars (29 milliards d’euros) d’importations respectives et Pékin accuse Washington de déclencher une guerre commerciale à l’échelle la plus grande qui ait jamais été. Le ministère du Commerce chinois s’est dit forcé de riposter, impliquant que divers produits américains importés tels que les automobiles, le soja et les homards étaient eux aussi assujettis à des droits de douane de 25%. Le ministère a dit par la suite que la Chine avait saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur ce dossier.

Certains républicains ne suivent pas Donald Trump dans son offensive.

“Les droits de douane non seulement affectent nos agriculteurs, nos éleveurs et les constructeur d’avions, mais aussi chaque consommateur américain. Il faut travailler avec nos alliés pour isoler la Chine plutôt qu’aggraver le conflit commercial”, a dit le sénateur Jerry Moran du Kansas, un Etat à forte production agricole. “Nous pouvons probablement dire que la guerre commerciale a officiellement débuté”, a commenté Chen Feixiang, qui enseigne l’économique appliquée à l’université Jiaotong de Shanghaï. “Si elle s’arrête à 34 milliards de dollars, elle n’aura qu’un effet marginal sur les deux économies, mais si elle dégénère jusqu’aux 500 milliards évoqués par Trump, elle va avoir un gros impact sur les deux pays.” Après les premiers 34 milliards de ce vendredi, a déclaré le président américain à bord de son avion Air Force One, “vous avez encore 16 (milliards de dollars) dans deux semaines. Et puis, comme vous le savez, nous avons 200 milliards de dollars en suspens et, après ces 200 milliards de dollars, nous avons 300 milliards de dollars en suspens. OK ? Ainsi, nous avons 50 + 200 + près de 300.” Selon un conseiller de la banque centrale chinoise, cité par l’agence Chine nouvelle, le projet de taxation de 50 milliards de dollars de produits chinois réduira la croissance économique chinoise de 0,2 point. Mais évidemment si les taxes devaient portaient sur la totalité des exportations, la croissance pourraiat être davantage affectée, de l’ordre de 2 à 3%.

Tour de France 2018 : Chris Froome en vélo ou en scooter ?

Tour de France 2018 : Chris Froome en vélo ou en scooter ?

On ne saura peut être que la veille du départ du tour si Froome est autorisé à disputer la course en vélo ou en scooter. . Un sale coup pour l’image du cyclisme qui n’en finit pas de s’enfoncer dans le marais du dopage même si de gros progrès ont été réalisés dans ce domaine. Mais il reste encore beaucoup à faire et pas seulement dans le cyclisme.  Le Britannique Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour de France, a en effet été récusé par les organisateurs de l’épreuve pour la prochaine édition qui commence samedi 8 juillet, selon une information du journal Le Monde dimanche 1er juillet.  La décision finale revient à la Chambre arbitrale du sport (CAS) du comité olympique français qui doit statuer mardi 3 juillet, précise le quotidien. ASO, qui organise le Tour de France, s’est refusé à tout commentaire. Le coureur de l’équipe Sky, vainqueur sortant du Tour et du Giro 2018, a fait l’objet d’un contrôle antidopage « anormal », pour un excès de salbutamol, lors de la Vuelta en septembre dernier. Une procédure a été ouverte à son encontre mais, selon le règlement, le Britannique est autorisé à courir en attendant la décision finale du Tribunal antidopage de l’Union cycliste internationale (UCI), en raison de la nature de la substance en cause.  Pour Hinault, Chris Froome « n’a pas sa place » dans le Tour de France.  »Il est positif. Pourquoi a-t-on condamné Alberto Contador pour les mêmes causes, et pourquoi lui ne serait pas condamné ? », s’est-il interrogé à Talloires, avant le départ de la Sapaudia, une course cycliste caritative dont il est le parrain.

 

Un micro Service plus ou moins obligatoire

Un micro  Service obligatoire

Finalement le lobby militaire aura eu raison de la promesse de Macron concernant le service universel. Ce lobby ne voulait surtout pas qu’on touche à son budget. Exit le service universel, civique voire militaire. On pourra même scinder le stage d’un mois en deux .Pour d’autre ce pourrait  être  3 mois sur la base du volontariat. Bref un service à la carte !  Plus question de service militaire, pas même de service civique mais un service national universel (SNU) Sans aucun contenu, ni civique, ni militaire, encore moins universel. Pour Macron, essentiel ces l’affichage et la com. Même sil devait être réduit à deux jours Macron se réjouirait de sa voir sa promesse mise en vigueur.  Ces éléments seront débattus lors de concertations qui s’ouvriront début juillet et s’achèveront fin octobre avant des arbitrages de l’exécutif fin 2018. “L’objectif reste un début de mise en oeuvre en 2019” et celle-ci sera pluriannuelle, “vu l’ampleur du sujet – on parle de 800.000 jeunes”, a-t-on déclaré à l’Elysée. Des reports sont envisagés jusqu’à l’âge de 18 ans. Cette période d’un mois devra permettre la transmission de savoirs en matière de sécurité civile, de défense, de connaissance des dispositifs d’engagements. Une seconde phase du SNU, volontaire et d’une durée de trois mois, aurait lieu plutôt entre les âges de 18 et 25 ans et s’appuierait sur les dispositifs existants, militaire et civils. “L’objectif est qu’à l’issue du quinquennat, 50% d’une classe d’âge puisse être dans un dispositif”, a-t-on ajouté. Donc un service pour uen moitié des intéressés !

Un retour à l’équilibre des retraites possible en 2036 …ou en 3036 ?

Un retour à l’équilibre des retraites possible en 2036 …ou en 3036 ?

 

 C’est le énième scénario du fameux conseil d’orientation des retraites qui (en fonction d’humeur des gouvernements) décrète un jour l’état d’urgence pour les retraites, un autre jour la perspective d’un rééquilibrage prochain des retraites. Ces prévisions relèvent de la fumisterie car tout dépend en l’occurrence du rapport entre actifs et retraités, bien sûr de la démographie mais aussi de l’emploi, donc de la croissance ; Or personne ne peut dire quelle sera cette croissance en 2036, date estimée de l’équilibre des retraites. Plus on choisit uen date d lointaine et plus le risque d’erreur diminue pour la simple raion que la plupart des » experts » du COR seront eux mêmes en retraites et n’auront donc plus de comptes à rendre sur leurs prévisions. Ces scénarios économiques constituent des calculs de coins de table. Est-on seulement sûr qu’il y aura croissance ? Tout dépendra aussi de l’âge de la retraite, du montant des pensions, bref de la fameuse réforme des retraites à point.

D’après ces experts du COR,   le régime reviendrait à l’équilibre en 2036 après des besoins de financement de l’ordre de 0,4% du PIB en 2026 et 2030, selon le scénario le plus positif (1,8% de croissance). En novembre, le COR avait avancé un retour à l’équilibre possible en 2037.

Dans le scénario de 1,5% de croissance, le besoin de financement augmenterait en début de période pour s’établir à 0,4% et 0,5% du PIB en 2025 et 2035. L’équilibre serait atteint au début des années 2040.Dans les deux autres scénarios, le “système de retraite resterait durablement en besoin de financement». Emmanuel Macron souhaite entreprendre en 2019 une large réforme du système de retraite visant à unifier les 42 régimes existants. Le haut-commissaire nommé pour piloter le dispositif, Jean-Paul Delevoye, estime que la période y est favorable car le régime est assis, selon lui, sur une base équilibrée. Les dépenses brutes du système de retraites ont été évaluées à 316 milliards d’euros en 2017 soit 13,8% du PIB.

Fusion ou disparition d’aides sociales

Fusion ou disparition  d’aides sociales

Avec la dernière déclaration de Darmanin qui veut un versement unique des prestations sociales, on ne sait pas s’il faut parler de fusion ou de disparition de certaines dispositions. Par ailleurs on voit mal ce qu’il y a de commun entre RSA, APL, prime d’activité voire l’indemnisation du chômage ou encore l’allocation handicapée ou la minimum vieillesse.  A moins de revenir au concept de revenu universel en accordant aux pauvres une aide unique contre l’abandon de tous les autres droits. Bref, le retour à la proposition d’Hamon. En tout cas le ministre de l’Action et des Comptes publics a assuré qu’il souhaitait mettre en place un versement unique des prestations sociales, une mesure contenue dans le programme d’Emmanuel Macron. En affirmant que les aides sociales étaient « trop nombreuses » en France, Gerald Darmanin a remis sur le devant de la scène une promesse de campagne du candidat Macron: un « versement social unique » qui « concernerait près de 12 millions de foyers». Mais c’est une chose que de verser le même jour les prestations et autre chose de les regrouper. On sent bien en tout cas que la volonté est de les raboter un peu pour tout le monde. L’autre solution serait d’individualiser le traitement d’indemnités accordées parfois sans discernement.  Déjà, en 2016, un rapport du député Christophe Sirugue, remis au Premier ministre Manuel Valls, préconisait de fusionner dix minimas sociaux. Une solution qui permettrait une « amélioration de l’accès des bénéficiaires aux minima sociaux, et assure(rait) une meilleure cohérence d’ensemble, garante de l’équité du système », peut-on lire dans ce document. L’idée a ensuite été reprise par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Ce dernier proposait d’instaurer un revenu social garanti de 600 euros, soit plus que le RSA actuel, avec un éventuel complément pour les bénéficiaires de l’allocation adultes handicapés (AAH) et du minimum vieillesse. L’objectif affiché par le gouvernement apparaît donc clair: simplifier le millefeuille des aides sociales, en les rendant plus efficaces pour, notamment privilégier tout ce qui peut aider les personnes exclues du monde du travail de retrouver, à terme, un emploi. Et difficulté supplémentaire,  en réduisant le cout global de prestations qui n’ont en commun que le mot social.

Macron est-il de droite……ou de droite ?

Macron  est-il de droite……ou de droite ?

 

 

C’est le débat quasi philosophique qui agite les analystes politiques. De toute évidence, Macron a été élu par la gauche au premier tour et par les antis Le Pen au second. Macron a été le conseiller d’un président de gauche, ministre dans un gouvernement de gauche. C’est grâce à ce tremplin qu’il réussi à conquérir le pouvoir. Les voix de gauche ont été prépondérantes, pour preuve le pauvre Hamon, candidat officiel du PS, qui n’a recueilli que 6% des voix, les autres se portant essentiellement sur Macron, d’autres sur Mélenchon. Mais pour sa première année de mandat, Macron a décidé de reformer tous azimuts même sans concertation et sans négociation. Il a fait de la libéralisation de l’économie sa priorité. Pour cela il n’a pas caché de prioriser les intérêts des plus aisés. La priorité aux entreprises lourdement handicapés par la fiscalité se discutait difficilement par contre les avantage consentis aux rentiers sont plus discutables. Pour parler clair, Macron a fait une politique de droite que les partis de droite n’ont jamais osé eux-mêmes. D’où sans doute l’absence totale d’espace politique pour les Républicains et Vauquiez en particulier. Même le FN est un peu sonné par ce président qui ose tout même lors de ses rencontres avec des chefs d’Etat étrangers. Malheureusement cette activisme diplomatique donne peu de résultats, témoin son échec total avec Trump mais aussi celui qui se prépare avec Merkel sur la réforme de l’a zone Europe. Du coup, il faut se rabattre sir les résultats intérieurs qui demeurent d’ailleurs très fragiles. Le problème évidemment c’est Macron doit être jugé surtout sur la croissance qui  pourrait être hypothéqué d’une  part par uen léger tassement international et par un climat social intérieur délétère. Dans ce domaine la radicalité de Macron s’oppose  celle des syndicats gauchistes. Macron marche même sur le ventre des syndicats réformistes et même sur celui du parlement. La gouvernance jupitérienne s’accommode mal d’une intermédiation. Un concept très proche de l’extrême droite. Ça commence un peu à ruer dans les brancards des godillots d’en Marche dont certains réclament un sérieux rééquilibrage de la politique au profit du social. Mais le monarque républicain est dur de l’oreille gauche. Utile lors des phases d’élections mais bouchée quand on assume uen politique de droite. Une politique en plus complètement assumée même avec provocation quand on supprime par exemple l’exit tax pour ceux qui s’exilent fiscalement. Du coup la question n’est de savoir si Macron est à gauche ou a droite mais sil est à droite ou même davantage.

Air France : un président provisoire ou comment enfoncer un peu plus la compagnie

Air France : un président provisoire ou comment enfoncer un peu plus la compagnie

Il faut vraiment avoir l’esprit tordu ou être un technocrate qui n’a jamais dirigé une entreprise pour imaginer la solution d’une gouvernance transitoire à Air France. La manoeuvre est claire, on choisit un président à l’essai qu’on pourra licencier dans deux ans.  D’entrée, ce président serait forcément en situation de faiblesse surtout vis avis de syndicats aussi tordus et têtus que le SNPL qui est à l’économie et m^me au syndicalisme ce que Mac Do est à la gastronomie. certes il faut renouer les fils du dialogue mais c’est d’une main de fer dans un gant de velours dont a besoin une entreprises dont le climat est pourri depuis des années par des pilotes complètement irresponsables. A distinguer du personnel au sol qui compte des salaires très moyens voire faibles.  Plusieurs personnalités pressenties ont refusé cette perspective de gouvernance de transition ou même refusé le challenge de manière définitive. Un challenge qui peut fusiller une carrière en cas d’échec.

Donnée comme favorite, l’ancienne secrétaire d’État aux transports Anne-Marie Idrac (administratrice indépendante) a, selon des sources concordantes, refusé ce poste de transition, préférant au contraire un poste de plus longue durée, au moins, selon certains, jusqu’à la fin du mandat de Jean-Marc Janaillac qui court jusqu’en mai 2019. Autre candidate sollicitée mais qui ne connait rien au transport (elle est spécialisée dans les médias) Anne-Marie Couderc, membre du gouvernement d’Alain Juppé entre 1995 et 1997. Bruno Mettling, PDG d’Orange Middle East and Africa est également cité. En tout cas cette solution de gouvernance provisoire témoigne de la fébrilité du conseil d’administration et de l’amateurisme du gouvernement. Un tel concept de président provisoire est le meilleur moyen de déstabiliser une entreprise qui a besoin d’engager sa modernisation économique et sociale sur le long terme.

La fête à Macron… ou à Mélenchon ?

La fête à Macron… ou à Mélenchon ?

 

Ce sera la fête à Macron organisée par les Insoumis s’il y a du monde mais à l’inverse si la participation est médiocre ce pourrait être la fête à Mélenchon qui subirait alors un nouveau désaveu dans ses velléités de faire descendre la France dans la rue. Mélenchon s’explique dans le Huffington Post.

 

 

50 ans après mai 68, un bouillonnement social s’est emparé du pays sans que l’on puisse prédire s’il va déboucher sur une convergence des colères ou se disperser pour s’essouffler…

Je n’ai cessé d’enquêter sur les ingrédients qui débouchent sur une implosion sociale majeure. La réponse est que tout dépend de l’événement fortuit.

Vous avez toujours des conditions réunies pour que le très grand nombre n’accepte pas la règle qui profite de lui et qui l’opprime. La question est de savoir pourquoi la bascule s’opère ou pas. Aujourd’hui nous avons déjà eu les signes avant-coureurs: la grève politique, tous ces Français qui n’ont pas voté à la présidentielle et aux législatives ; le déséquilibre au sein même de nos milieux sociaux, entre ceux qui se radicalisent et ceux qui se mettent en mouvement lentement… Et puis il y a surtout la tectonique des plaques, le décalage terrifiant entre deux niveaux de la réalité: d’un côté l’extrême richesse qui s’accumule d’un côté et de l’autre les emmerdements dans la vie quotidienne des gens qui s’amoncellent.

Ce ne sont même pas des problèmes politiques. C’est le système qui ne répond plus à ses fonctions minimales : ici il n’y a plus d’eau courante propre à Air-Bel à Marseille, ailleurs c’est la sécurité qui n’est plus garantie, c’est l’instituteur de mon fils qui n’est pas remplacé. Et quand la société se disloque, vous voyez apparaître des phénomènes de remplacement où les gens agissent eux-mêmes à la place de ce qui ne fonctionne pas. C’est typique des révolutions, et ce pratiquement à toutes les époques.

Manque alors l’étincelle qui met le feu à la plaine…

Oui, mais personne ne peut la prévoir. Je me suis beaucoup intéressé aux phénomènes de cette nature, notamment en Amérique latine. J’ai observé que, rapporté à la portée des événements, le point de départ paraît toujours dérisoire. Par exemple, au Venezuela, c’est l’augmentation de deux centimes du billet d’autobus en pleine crise du plan de rigueur. En France, on ne sait pas quel sera l’événement déclencheur. Notre responsabilité n’est pas de l’attendre de manière métaphysique. Mais de contribuer d’une manière consciente et organisée à mettre en place un plan qui crée de la confiance en soi et qui permette d’organiser la suite.

Qui sont aujourd’hui les révoltés de 68 ? Les étudiants, les zadistes, les black blocs, les grévistes?

Non, c’est le peuple tout entier. On a tendance à présenter mai 68 comme un grand monôme étudiant. Certes c’est un des événements déclencheurs. Mais le vrai déclencheur, celui qui a provoqué la chose qui compte, la grève générale fut ailleurs. C’est un ouvrier, Yvon Rocton, il est délégué du personnel à l’usine de Sud Aviation, à Bouguenais (Loire-Atlantique), qui déclenche une grève reconductible dans son usine. Le reste va suivre comme une réaction en chaîne…

Il faut les comprendre, les révolutions, comme un phénomène social et non pas comme un complot politique comme souvent les policiers et les macronistes veulent le faire croire. Une révolution est davantage comparable à un processus naturel, une éruption volcanique. Cela ne s’est jamais passé comme une action concertée.

Comme en Mai 68, nous assistons à des affrontements violents émanant de groupes d’extrême gauche et d’extrême droite. La violence est-elle un passage obligé dans un processus révolutionnaire?

Il n’y a pas de processus révolutionnaire en cours, disons-le. Mais si je voulais faire de l’humour, je citerais Mao Ze Dong qui disait qu’une révolution ce n’est pas un dîner de gala. Le grand bourgeois rêve de révolution mais sans révolution. Robespierre leur reprochait de vouloir une révolution sans révolutionnaires.

On me reproche de porter un discours de violence comme s’il avait pu inciter un seul jeune à aller casser les vitrines d’un McDo. C’est un grand classique de ceux qui sont incapables de voir le désordre qu’eux-mêmes créent. J’aimerais qu’Emmanuel Macron réfléchisse à l’ordinaire de la violence quotidienne. Il y a 565 morts liés aux accidents du travail. Un paysan se pend tous les deux jours. Vous n’avez jamais entendu le président de la République en parler. Cette violence-là ne lui pose pas de problème ? La violence de la société capitaliste, elle traverse toute la société. Donc, s’agissant des vitrines, il y a des indignations qu’une personne qui pense doit mépriser.

Mais vous ne cautionnez pas les violences du 1er mai…

Non seulement je ne les cautionne pas, mais je les combats. Ces méthodes sont présentées comme des formes de combat révolutionnaires. A mes yeux, c’est exactement le contraire. Cela sert tout chaud, tout frais, des images à nos adversaires dont ils ont besoin. Ce sont des pratiques avant-gardistes avec lesquelles je suis en désaccord total. Une révolution, c’est le fait du grand nombre, pas d’une poignée d’individus. Ces gens sont eux-mêmes incapables de lancer leur propre mouvement politique. Sinon, ils ne viendraient pas pourrir nos manifestations pour y faire de la récupération politique.

Et il y a une logique d’escalade de la violence que je condamne parce qu’elle aboutit à une impasse. C’est quoi la prochaine étape ? La guérilla urbaine ? En réalité, cela va donner lieu à la justification de dispositions sécuritaires de plus en plus violentes. Enfin, ce sont des groupes qui ont des pratiques voisines de celles de l’extrême droite. Bloquer un cortège du 1er mai, même les fachos ne s’y risquent pas.

Du coup vous appelez à l’interdiction des black blocs comme vous appelez à l’interdiction des groupuscules d’extrême droite?

Il y a une différence de nature assez évidente. Les groupuscules que nous avons vu à l’oeuvre le 1er mai s’en prennent aux biens…

Et aux policiers…

Je les désapprouve. Mais pendant que nous parlons d’eux, on ne parle pas des gens qui ont tenté de m’assassiner, et voulaient égorger Castaner, qui font la police à la frontière ou des contrôles d’identité dans deux villes de France. Le danger permanent, ce n’est pas le touriste du black bloc qui s’offre un week-end à Paris, c’est la violence organisée et méthodique de l’extrême droite.

Les 50 ans de Mai 68 coïncident avec la première année de l’élection d’Emmanuel Macron. Comment expliquez-vous le fait qu’il renâcle à commémorer 68?

Je crois qu’il y a un peu de pudeur, non? Célébrer mai 68, pour faire quoi? Dire aux gens: « allez-y, révoltez-vous, mettez-vous en grève »? Non, il est candidat à être le chef de la droite en France et la droite, elle n’est pas là pour qu’il y ait des mai 68. Vous vous rendez compte? Augmenter le Smic de 35%, créer des sections syndicales dans les entreprises, alors qu’ils essayent de les rendre impossibles? Voilà, il a dû se dire « Ce n’est pas ma place » et il a raison. Voyez, je suis capable de dire qu’il a raison sur quelque chose.

De De Gaulle à Macron, le président monarque, n’est-ce pas au fond ce que les Français attendent?

Attendez, vous confondez le costume et celui qui est dedans. Quand De Gaulle se comporte comme De Gaulle, il est De Gaulle. Mais qu’est-ce que Monsieur Macron ? Vous voulez dire le fait de se donner le ridicule d’arriver devant la pyramide du Louvre ? C’est ça qui constitue un personnage ? Non, il faut que le contenu soit en adéquation avec quelque chose qui est dans le peuple français.

Avec De Gaulle, les gens se sont dits « c’est ça qu’il faut faire… ça suffit avec la IVe République ». Là, on est dans une situation exactement inverse. C’est-à-dire qu’il a été raconté aux gens qu’il était ni de droite ni de gauche et puis une fois élu, il est très très de droite, comme jamais on a vu ça. Impôt sur la fortune supprimé, rabotage généralisé dans la fonction publique, le plus grand plan social de l’histoire de France… Alors, il faut vite qu’il se précipite sur les symboles pour qu’il ait le sentiment de l’autorité.

Mais je n’ai pas le sentiment que les gens le regardent comme ça. D’ailleurs lui-même ne se regarde pas comme ça. Il a dit dans une interview: « Je suis là par effraction ». Et il n’arrête pas de dire: « Mélenchon veut rejouer la partie ». On dirait que ça l’obsède, qu’il n’est pas sûr de lui. Et je comprends pourquoi. L’élection n’a pas accompli ce qui est son rôle dans une démocratie. Dans une démocratie, une élection, c’est dur, on confronte des idées et à la fin, il y a un résultat et ça purge. Et là, ça n’a rien purgé. On a l’impression d’être au même point et même pire, dans la confusion qui était celle de la fin du mandat de François Hollande.

Au-delà de vos désaccords, vous ne lui reconnaissez même pas une vision ?

Non, pour le pays, je ne crois pas qu’il en ait une. D’abord il ne sait pas ce qu’est le pays. C’est un peu dur de parler comme ça, mais c’est la vérité. Le pays, il ne faut pas le voyager d’un quartier de grands bourgeois à un autre. Il faut avoir pris le temps de faire le tour, les détours, les contours, de tout et de tout le monde. Cette expérience lui manque. Je ne lui en fais pas grief, il est très jeune. Par contre, il a une vision du monde à mon avis complètement dépassée, qui est de dire qu’on va permettre à certains d’accumuler et puis ça va ruisseler sur le grand nombre. Ça, dans à peu près tous les pays du monde, on est en train d’en revenir. Bref, je crois que cet homme a une vision très abstraite et idéologique et que, de ce point de vue, ça devrait mal tourner.

La marche du 5 mai, à laquelle vous participerez ainsi que votre mouvement, veut faire « la fête à Macron ». Ça sert encore à quelque chose les grandes manifestations aujourd’hui ?

Nous sommes éparpillés par la nature même de la vie. Les grandes marches opèrent une démonstration de force et pour nous-mêmes une fonction d’encouragement en réunissant des milliers de gens tranquilles. C’est pour ça que les irruptions de violences brisent ce processus et que je les condamne aussi fermement. Cette fois-ci nous avons choisi une autre tactique, conduite par François Ruffin qui s’en sort magnifiquement, qui est d’essayer de promouvoir une forme citoyenne de rassemblement.

Il y a un débat à gauche sur quelle est la formule efficace. Nous ne croyons pas à l’union de la petite gauche, avec son cartel de petits partis. Le PS, avec sa ligne « ni Macron ni Mélenchon », les autres, qui sont de toutes petites formations qui vivent dans le passé. Ils se mettent à sept, ils convoquent un meeting à la veille d’un jour férié, personne ne vient. Tout cela est dérisoire: l’addition des sigles ne produit rien.

Plutôt que la petite union des gauches, nous proposons la fédération du peuple. Cela passe par la méthode marseillaise: la réunion des syndicats, des associations et toutes les organisations politiques qui le veulent. Le cadre commun qui propose une marée populaire le 26 Mai est exemplaire. Une poignée de partis qui prétendent tout guider ne mène nulle part.

Et pourtant la CGT a refusé de participer à la marche du 5 mai. Finalement, même contre Macron, personne n’est d’accord…

 

 

Le constat est juste. Mais en 1968, la situation était pire qu’aujourd’hui. La gauche était totalement désunie, avec un repoussoir qui s’appelait l’URSS. La grève générale a provoqué une onde de choc. Tout d’un coup, en même pas trois ans, le Parti socialiste a changé de direction, a adopté le programme commun, les communistes ont suivi. Tout s’est réglé. Je fais confiance à cette énergie-là.

Le paradoxe de 68 c’est la victoire du mouvement social immédiatement suivie d’un raz-de-marée gaulliste aux législatives… Quelles leçons en tirez-vous pour votre propre formation ?

Qu’il y a encore beaucoup de boulot. Et qu’après un mouvement social de masse, il faudra aussi une construction politique. Chaque chose en son temps. Pour les européennes puis les municipales, il faudra bien une méthode qui permette de rassembler les populations, pas les appareils. Trouverons-nous la force et l’autorité pour organiser la suite ?

Il faut construire une formule gouvernementale majoritaire pour être une alternative. Il n’est pas interdit de penser qu’il y ait, comme par le passé, une organisation et qu’autour d’elle les choses se mettent en place. Avant, il y avait le PS sur une ligne sociale-libérale avec les communistes et les verts et cela donnait une majorité de compromis. Maintenant il y a la France insoumise avec un programme l’Avenir en commun…

Vous parlez de compromis mais en 2017, c’était « l’Avenir en commun ou rien »…

C’était un impératif de clarification. Ce n’est pas une plaisanterie ce qui nous attend : bloquer la destruction écologique, la machine à accumulation des richesses, cela ne se fait pas avec des motions de congrès ni un claquement de doigt. En 2017, il fallait la clarification. Une fois la clarification acquise chez les socialistes et chez Benoît Hamon, nous pourrons rebâtir une majorité. Il faut pour cela avoir avec nous une discussion sérieuse, respectueuse et préoccupée des masses et pas des organisations. Tant que ce ne sera pas le cas, on continuera d’avancer, malheureusement moins entourés que ce que nous espérons.

A l’issue de la confrontation sur les ordonnances travail, vous aviez « accordé le point » à Emmanuel Macron. C’est ce que vous feriez si les mouvements sociaux actuels devaient échouer ?

Je dis les choses sans trop de précaution pour obliger tout le monde à réfléchir. En politique, cela ne se fait pas de dire qu’on a perdu. Eh bien, moi, je l’ai dit : « On a perdu et c’est grave ce qui s’est passé sur les ordonnances. Pourquoi a-t-on perdu? Vous ne vous donnez même pas cinq minutes pour y réfléchir ». Les raisons, je les dis : c’est la division syndicale et la séparation entre les composantes politico sociales de la lutte. Maintenant, on est en train de mettre en place une stratégie pour briser ce cloisonnement politico-syndical. Si nous construisons des mobilisations de masse, personne ne pourra rester en dehors, quelle que soit son étiquette.

Mais si le mouvement échoue, je m’y prendrai aussi autrement. Être fair-play ne déclenche pas des réactions fair-play. Cela a provoqué dans la sphère médiatique quelque chose auquel je ne m’attendais pas : pour les médiacrates, c’était la marque psychologique de ma déprime. Certains ont même dit que j’étais maniaco-dépressif ! Cette psychologisation n’était pas prévue. Je suis désormais prévenu!

Mais tandis que j’ »accordais le point » à Macron, personne n’a fait le point sur ce que nous nous avions conquis. Et pourtant, nous nous sommes affirmés comme la première force d’opposition en menant une lutte implacable, nous avons renforcé notre autorité dans le peuple. Nous sommes passés de Jean-Luc Mélenchon, personnage étrange et soi-disant solitaire avec 20 % des voix, à un groupe parlementaire de 17 personnes, donc 17 émetteurs qui construisent de la notoriété, de la mobilisation. L’adversaire a gagné la manche sur les ordonnances mais il a perdu sur le reste. Il espérait n’avoir rien en face de lui. Et bien si, il y a nous.

Trump : idiot ou crétin ? (secrétariat Maison Blanche)

Trump : idiot ou crétin ? (secrétariat Maison Blanche)

 

 Apparemment c’est la question qu’on se pose dans administration américaine. Trump est-il atteint de déficience intellectuelle ou simplement idiot ? Ce qui est à peu près la même chose. Les deux termes ont été employés par des proches de Trump ; Des appréciations guère appréciées par l’intéressé qui a plutôt uen haute opinion de lui-même. Du coup la valse des membres de l’administration Trump va continuer. Le prochain départ devant concerner John Kelly, le secrétaire général de la Maison-Blanche qui,  a plusieurs fois qualifié Donald Trump d’ »idiot » devant des membres de l’administration présidentielle et pourrait quitter la Maison blanche d’ici juillet, rapporte lundi la chaîne américaine NBC. La chaîne cite huit membres actuels ou passés de la présidence américaine. Quatre d’entre eux assurent avoir entendu Kelly proférer cette insulte. Trois autres disent n’en avoir jamais été les témoins. D’après ces sources, Kelly, qui occupe un poste clef dans le fonctionnement de la Maison-Blanche depuis la fin juillet 2017, se présente aussi comme un rempart solitaire contre une catastrophe, endiguant les exigences imprévisibles d’un président qu’il conviendrait de « sauver de lui-même ». L’ancien général quatre-étoiles, auquel Trump avait confié le département à la Sécurité intérieure en janvier 2017, a été appelé à la Maison-Blanche le 28 juillet 2017 après le limogeage de Reince Priebus. Son arrivée a été vue comme une volonté de reprise en main de l’administration présidentielle, menacée et tiraillée par les divisions. et

Une autre figure de l’administration Trump, l’ex-secrétaire d’Etat Rex Tillerson, a manié l’insulte contre le président, le qualifiant de « crétin » selon plusieurs sources citées d’abord par NBC. Il a été limogé d’un tweet en mars dernier.

Certaines sources de NBC évoquent un départ de Kelly d’ici juillet, pour le premier anniversaire de sa prise de fonction. D’autres estiment que rien n’est sûr.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de la Maison-Blanche.

 

Brexit ou pas ?

Brexit ou pas ?

 

 

Deux événements récent cennet encore uen peu plus d’incertitude sur l’avenir de relations entre le Royaume uni et l’Union européenne. D’uen part uen déclaration de Barnier, négociateur en chef de l’union européenne qui déclare qu’on ne peut exclure une sortie britannique sans accord avec l’Europe. En m^me à l’inverse la chambre des lords qui elle affirme qu’elle pourraiat tout simplement annuler le Brexit. Deux déclaration en apparence contradictoires mais qui témoigne des contradictions de la stratégie britannique qui voudrait bien le beurre et l’argent du beurre, ces  dire ne plus appartenir à l’UE, ne plus subir ses contraintes mais toujours bénéficier de ‘accès privilégié au marché européen. Du coup Barnier Durcit le ton alors qu’on pensait que la négociation avançait de manière positive.  L’Union européenne doit se préparer au risque réel que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE se terminent sans accord, a en effet déclaré lundi le négociateur européen du Brexit. “Dans les prochains mois de négociations, l’essentiel sera de conclure un accord de retrait. Nous n’y sommes pas encore et, pour être clair, pas seulement à cause de la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord”, a déclaré Michel Barnier lors d’une conférence en Irlande.

“Il y a un risque réel et nous devons nous préparer à toutes les possibilités, y compris l’absence d’accord. Ce n’est pas mon choix. De son coté, La chambre des Lords britannique, l’équivalent de notre Sénat, a adopté lundi un amendement au projet de loi sur le Brexit donnant au Parlement le pouvoir d’empêcher le gouvernement de quitter l’Union européenne en l’absence d’accord avec Bruxelles. La proposition a été adoptée par 335 voix contre 244. À l’issue de son examen par les Lords, le texte doit revenir dans les prochaines semaines devant les députés, qui l’avaient voté en janvier et qui pourraient donc supprimer ou modifier cet amendement embarrassant pour l’exécutif.

Un service national : universel, civique ou militaire ?

Un service national : universel,  civique ou militaire ?

 

Progressivement, le service universel promis pour Macron se réduit comme peau de chagrin dans son contenu et surtout sa durée. Parmi les opposants,  les corpos de l’armée qui ne veulent surtout pas qu’on porte atteinte à leur budget et refusent tout concept de défense assuré par les appelés ; Aussi ceux qui n’ont jamais effectué leur service militaire et qui jugent que cela n’a jamais servi à rien. Malheureusement, c’est la majorité des décideurs d’aujourd’hui qui ignorent tout de ce service militaire. L’argument des deux partis est le même : un mois ça ne sert à rien ;  en même temps ils refusent une durée plus longue. Dernier argument, ce n’est pas à l’armée de former les jeunes aux valeurs notamment républicaines. Le problème c’est que ni l’école, ni la famille, ni la société en général ne s’impliquent suffisamment dans ce travail. Stratégiquement,  c’est uen erreur de penser que la défense doit être uniquement assurée par des professionnels. Certes les armements se sont sophistiqués, les spécialités aussi. N’empêche le monde est surtout confronté à des guerres terroriste et non à des guerres conventionnelles où l’infanterie classique joue un rôle essentiel aussi. Voir à cet égard les conflits en cours comme au moyen orient où les kurdes qui n’étaient pas des pros ont joué un rôle déterminant. Macron s‘était engagé à ce qu’ne partie du service universel comprenne aussi uen formation militaire. De leur coté les organisations humanitaires tire le projet vers la dimension civique et sociétale comme en témoigne  l’appel de ONG pour un service universel à vocation civique et humanitaire.

 

 

Facebook : portage ou déménagement des données ?

Facebook : portage ou déménagement des  données ? 

 

Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Louvain, Université de Louvain expliquent dans la Tribune l’enjeu du portage des données.

 

 

« On se perd en hypothèses sur la volte-face de Facebook qui, après avoir juré ses grands dieux qu’il appliquerait partout dans le monde le RGPD, vient d’exfiltrer tous ses utilisateurs non-européens vers son siège californien. Ils dépendaient jusqu’ici du siège irlandais du groupe. On évoque la peur de l’amende qui peut monter jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires (autant réduire la base imposable…) mais c’est peut-être aussi la peur du portage des données, rendu obligatoire par le RGPD. Ce portage rappelle la portabilité des numéros de téléphone qui a tant fait pour la concurrence entre opérateurs mobiles. Sera-ce suffisant pour faire de la concurrence à Facebook ? L’obligation de portabilité des données existait avec l’ancienne directive vie privée mais elle était pratiquement inutile car celui qui possédait vos données avait le choix du format sous lequel il vous les livrait. Contrairement à la portabilité des numéros, le portage des données n’a pas pour objectif de favoriser la concurrence. Il veut donner à l’individu la liberté de disposer de ses données soit pour les confier à un concurrent soit pour lui-même en bénéficier (par exemple, rapatrier sa playlist sur Spotify et la faire jouer sur Deezer). Il pourrait vouloir sa liste de contact de son Webmail pour créer une liste de mariage aux galeries Lafayette. Maintenant l’Union européenne vise surtout le portage entre applications ou réseaux sociaux. Pour l’instant, elle encourage la création d’un format standard entre acteurs pour la rendre plus facile (avant de l’imposer ?). Elle vise un marché plus liquide des données pour ne pas brider l’innovation : une société B aura peut-être de meilleures idées pour exploiter tout ou partie de vos données aux mains de la société A. C’est bien le propriétaire des données qui est le chef de projet du portage : il est le seul responsable de la qualité des données transmises par exemple par son réseau social. Ce dernier n’engage pas sa responsabilité sur le contenu qu’il transmet. Celui qui reçoit les données de son futur client doit par contre faire attention de ne pas en récolter trop par erreur sinon il est déjà en contradiction, avant de commencer, avec le RGPD car ce dernier érige en principe la frugalité des données collectées pour le but visé et le contrat conclu, rien de plus. Il ne doit pas se faire piéger et devra peut-être refuser (de recevoir) certaines données ou expliciter quels types de données il a besoin. Le réseau social donneur ne peut se venger après une requête de portage : il doit continuer à fournir son service si l’utilisateur n’y a pas mis fin. Mais ce dernier dispose aussi du droit à l’oubli : il peut exiger la destruction de toutes les données en possession de son fournisseur initial après portage. Il faut que les données soient entrées en possession du réseau social pour un but déterminé, pour un traitement spécifié par contrat avec l’usager ou parce que les données ont été un jour stockées avec le consentement de l’utilisateur final. Cette nuance est importante car, sinon, un citoyen pourrait par exemple demander à l’administration des impôts de recevoir toutes les données le concernant y compris les enquêtes en cours : fraude fiscale, blanchiment. De telles collectes de données, couvertes par d’autres lois, ne peuvent évidemment pas faire l’objet de portage. Plus délicates sont les données que les ressources humaines ont sur vous. Qui n’a pas rêvé d’accéder à son dossier personnel ? Le G29, qui regroupe les CNIL des Etats membres de l’UE et qui a édité un code de bonne pratique du portage des données, s’avance moins : certes, aucun consentement n’a pas vraiment pu être donné librement dans un rapport de force employeur/employé. Il s’agit par contre de données collectées dans le cadre d’un contrat (de travail), c’est sûr. Le RGPD devrait s’appliquer et le portage aussi. Le G29 préfère dire que des demandes de portage dans le contexte employé-employeur devront être analysées au cas par cas. Cela risque d’être épique. Ce sont les données qu’on aura confiées, évidemment, mais aussi toutes les données qui auront été récoltées ou générées par le fait qu’on est client du réseau social. Si les données ont été rendues anonymes entre temps, elles ne font plus l’objet du portage car elles ne sont plus personnelles. Il reste malgré tout un flou quant à l’anonymat : des données peuvent être anonymes mais, dans un contexte donné, ne le sont pas du tout. Attention car les données privées d’un individu vont contenir des informations relatives à d’autres personnes, tout aussi privées. Le nouveau réseau social ne peut pas en profiter pour en faire un traitement à leur insu : la tentation serait trop forte sinon que le réseau receveur fasse de la publicité envers ces tierces parties peut-être restées chez le réseau donneur. Il pourrait aussi reconstruire un profil de ces tiers à leur insu ! Les données qui viennent des outils même du réseau social ou de l’application qui a un algorithme dernier cri pour établir un profil de vous, qui peut vous faire des recommandations ultra-précises d’après vos goûts, vos habitudes d’achat ou de visionnage, ces données-là restent aux mains du réseau social ou de l’application. C’est normal car le concurrent qui recevrait ces données de vous pourrait faire du reverse engineering et deviner comment fonctionne votre produit d’intelligence artificielle. On doit informer activement ses utilisateurs du droit au portage : dès que vous confiez vos données à un tiers, il vous dira que vous pourrez toujours les (ex)porter ailleurs. Il faut aussi rappeler le droit au portage au moment de la fermeture du compte. L’application slack devra alors revoir son modèle étrange qui bloque tous vos messages anciens au-delà de 10.000 à moins de s’abonner, ce qui va à l’encontre du portage des données. Le contrôle de l’identité de celui qui demande le portage ne sera pas une sinécure. On connait les pratiques de slamming qui ont éclos avec le portage des numéros. Un opérateur un peu trop audacieux pouvait demander le portage d’un client qu’il venait à peine de démarcher sans avoir encore son consentement, tout au plus un pourquoi pas ? Quid lorsque le client n’est connu de son fournisseur que par son pseudonyme ? Quand il s ‘agit de passer de eDarling à Meetic, peu de clients auront envie de prouver qui ils sont. Si la taille des données à porter est trop grande, il faudra proposer un support matériel pour les contenir : DVD, clé USB, sinon, un outil de téléchargement de ses données est préconisé. C’est ce que Facebook et Google proposent déjà. Enfin, le portage doit être gratuit et effectué dans le mois. Si la demande de portage est infondée, excessive, par exemple des allers-retours entre réseaux sociaux, une participation aux frais peut être demandée.Ça fait beaucoup (de défis techniques à surmonter): le RGPD n’a jamais autant donné raison à ceux qui pensent qu’une régulation audacieuse peut donner lieu à de l’innovation. Mais cela ne résoudra pas l’ultra-dominance de Facebook. La valeur d’un réseau (social ici) serait proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs : avec ses deux milliards d’utilisateurs, Facebook ne sera plus rattrapé. Pour y remédier, ce n’est pas le portage qu’il aurait fallu mais l’interopérabilité : qu’un réseau concurrent puisse se connecter au réseau Facebook tout comme les petits opérateurs mobiles sont interconnectés aux opérateurs mobiles historiques pour qu’un appel passe d’un réseau à l’autre. Ainsi le premier client du réseau concurrent a tout de suite accès aux 2 milliards d’utilisateurs de Facebook. Rêvons. »

 

 

Livret A : 0,5% taux plancher ou plafond ?

Livret A : 0,5% taux plancher ou plafond ?

Officiellement le ministre de l’économie annonce que le futur taux du livret A sera la moyenne de l’inflation et des taux d’intérêt mais sans jamais descendre sous les 0.5%. La question est de savoir si ce taux de 0.5% sera un plancher ou un plafond car on sait que les banques, la banque de France ou la caisse des dépôts militent pour un abaissement du taux du livret A peu rémunérateur pour les établissements financiers. Par ailleurs, on sait aussi que le taux est actuellement bloqué à 0.75% jusqu’en 2020. Après 2020, le gouvernement aura le temps de changer de position. Bref pour l’avenir le livret A serait mieux rémunéré d’après le ministre mais en attendant, il restera bloqué. Le ministre de l’Economie et des Finances a déclaré qu’il souhaitait « une règle beaucoup plus simple de calcul de ce taux, ce sera la moyenne du taux d’inflation et des taux d’intérêt« . Et il y aura un taux minimum « absolu« . « Quelle que soit la situation des taux, quel que soit le niveau de l’inflation, la rémunération du Livret A ne baissera jamais en dessous de 0,5%. Nous nous étions engagés avec le Premier ministre à ce que le taux reste bloqué à 0,75% pour les deux prochaines années : cet engagement sera tenu », a-t-il insisté dans une interview sur BFMTV. En novembre dernier, le gouvernement a en effet décidé de geler le taux de rémunération du Livret A au niveau auquel il est fixé depuis août 2015, soit 0,75%, jusqu’au 31 janvier 2020.  L’encours total du Livret A s’élevait à 276 milliards d’euros à fin février 2018 selon la Caisse des Dépôts qui centralise l’essentiel de la collecte. L’an passé, le livret A a connu sa meilleure année de collecte nette depuis 2013, à plus de 10,2 milliards d’euros. 

«Gafa: taxer les multinationales ou leurs clients?», (Alain Lamassoure)

«Gafa: taxer les multinationales ou leurs clients?», (Alain Lamassoure)

Dans un article de l’Opinion Alain Lamassoure, député du Parti populaire européen à Strasbourg, se prononce pour un système de taxation européen et critique la position française

« La cause est entendue. Au sein de la famille européenne, il n’est plus question de laisser certains membres voler la richesse fiscale de leurs voisins : ceux-ci ne l’acceptent plus. Il n’est plus question non plus d’attirer des multinationales américaines ou chinoises en les exonérant d’impôts : les propres contribuables des pays concernés se révolteront. Le scandale Luxleaks est passé par là. La cause est entendue. Ce n’est pas parce que la technologie leur permet de s’affranchir des frontières que les multinationales du numérique ont un droit acquis à se localiser fiscalement n’importe où. Elles doivent payer des impôts partout où elles ont des activités, proportionnellement à celles-ci. La cause est entendue. Au-delà des géants de la Silicon Valley, le même principe de l’imposition dans tous les lieux d’activité doit s’appliquer à tous les groupes dont la richesse dépend de la valorisation de l’immatériel : brevets, droits d’auteur, droits d’usage de la marque, redevances de franchise, etc. C’est le cœur de l’économie du XXIe siècle. La cause est entendue pour les citoyens contribuables. Le moment est venu d’en convaincre les dirigeants qu’ils se donnent. Au sein de l’Union européenne, une proposition concrète est sur la table : un système commun d’imposition des entreprises pour toute l’Europe. La recommandation adoptée le 15 mars par le Parlement européen à une majorité écrasante traite l’ensemble du problème : harmonisation de la définition du bénéfice imposable ; critère de répartition géographique du bénéfice ; définition de l’activité numérique, de manière à localiser les entreprises qui se veulent virtuelles. La décision revient maintenant aux ministres des finances. Malheureusement ceux-ci sont distraits par un contre-projet français présenté à la fois comme plus urgent et mieux ciblé : faire payer les Gafa, et tout de suite ! La seule manière d’y parvenir sera d’instituer une taxe sur tout ou partie du chiffre d’affaires de Google et compagnie. Avec les avantages d’un impôt indirect, mais aussi ses inconvénients : la charge fiscale n’est pas supportée par l’entreprise mais par ses clients, sauf si celle-ci, étant en perte, n’est pas en mesure de la répercuter en aval. En position de force sur leurs marchés respectifs, les Gafa n’auront aucun mal à faire payer leurs clients. Alors que nos jeunes start-up, riches de plus d’espoirs que de bénéfices, risquent de payer l’impôt sur leur propre substance. Pour limiter ce risque, le taux de l’impôt envisagé serait si bas qu’il rapporterait annuellement moins de 5 milliards d’euros dans toute l’Union. Une poignée de dollars ? Laissons cette idée aux amateurs de westerns spaghetti ! Tel qu’il a été voté par le Parlement de Strasbourg, le projet d’impôt européen des sociétés taxerait tous les bénéfices des entreprises de tous les secteurs, y compris le numérique, pour des centaines de milliards d’euros. Depuis dix-huit mois, le dossier a été instruit par les administrations nationales et son déminage politique a été largement entrepris par le Parlement. Si Emmanuel Macron veut laisser son nom à une étape décisive de l’harmonisation fiscale européenne, c’est à ce projet-là qu’il doit apporter tout son poids politique et celui de nos grands partenaires, tous déjà convaincus. »

 

Marseille front social de gauche : entre 6000 ou 58000 manifestants ?

Marseille front social de gauche : entre 6000 ou  58000 manifestants ?  

C’est la tradition à Marseille, l’évaluation des manifestants varient de 1 à 10 selon qu’elles émanent des syndicats ou de la police. Du cou, p tout ce qu’on peut dire c’est qu’il y avait des milliers de personnes à la manif de Mélenchon. Pas une grande victoire de mobilisation mais une manif quand même, à peine du niveau de participation habituelle.  Plusieurs milliers de personnes ont ainsi défilé samedi à Marseille à l’appel d’un collectif d’une quinzaine de syndicats, de partis et d’associations lors d’une marche “Stop à Macron” à laquelle a participé le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Marseille à l’appel d’un collectif d’une quinzaine de syndicats, de partis et d’associations lors d’une marche « Stop à Macron » à laquelle a participé le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.  “Les syndicats ont pris l’initiative d’une mobilisation, quelque chose d’exemplaire que je souhaite voir reproduit dans tout le pays”, a dit le député de Marseille, estimant que cette manifestation n’était “qu’une étape à l’intérieur d’un cycle long de mobilisation”.  “Clairement, il y a une volonté d’envoyer un message et de faire baisser le niveau des tensions sociales dans le pays”, a-t-il ajouté. Le leader de La France insoumise a défilé en tête de la manifestation, qui a réuni 58.000 personnes selon la CGT, la police évoquant 6.000 manifestants. L’ex-candidat du NPA à l’élection présidentielle, Philippe Poutou, était également présent dans un cortège où les slogans hostiles au chef de l’Etat ont été nombreux. “On a l’impression qu’il s’est installé dans un rôle provocant et agressif qui ne permet de régler aucun problème”, a affirmé Jean-Luc Mélenchon. Le député communiste Pierre Dharréville a pour sa part exhorté Emmanuel Macron à ne pas “brutaliser la société” et à ne plus s’attaquer au “bien commun”. “Il faudra bien qu’il nous entende et qu’il arrête de nous faire la leçon, c’est insupportable”, a résumé Jean-Luc Mélenchon.

Syrie: frappes ou opération de com. ?

Syrie: frappes ou opération de com. ?

 

Pour résumer l’action e la France : deux sites bombardés et 12 missiles tirés ; une action réussie déclare la ministre des armées.  Les frappes menées dans la nuit de vendredi à samedi par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni contre l’arsenal chimique syrien, sept jours après une attaque chimique imputée au régime de Bachar al Assad, sont légitimes et ont atteint leur objectif, a déclaré samedi la ministre française des Armées. “Compte tenu des informations dont nous disposons, je peux affirmer que la mission est un succès”, a dit Florence Parly lors d’une conférence de presse après un conseil de défense autour du chef de l’Etat, Emmanuel Macron. “Ses objectifs militaires sont atteints et la capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie”, a-t-elle ajouté. “Désormais le temps est à l’action diplomatique et humanitaire”, a conclu Florence Parly, selon qui le Conseil de sécurité de l’Onu doit maintenant prendre le relais. Quelques heures plus tard, alors que tous les avions français étaient revenus de leur mission, Jean-Yves Le Drian a précisé sur BFM TV que de nouvelles frappes n’étaient pas envisagées à ce stade par l’armée française. Pour la France cela à surtout permis de mettre en scène via la télé la présence de Macron en chef de guerre au conseil de défense. Bref la guerre en télé réalité.

 

Syrie : guerre de tweets ou de missiles ?

Syrie : guerre de tweets ou de missiles ?

 

Dans sa rhétorique habituelle, Trump souffle le chaud et le froid, la provocation et le compromis. Après avait annoncé une pluie de missiles sur la Syrie, menacé la Russie, le chef de l’Etat américain semble se raviser (sans doute sur les conseils du pentagone).  - Dans un message matinal publié sur son compte Twitter, le président américain affirme “ne jamais avoir dit quand une attaque contre la Syrie pourrait avoir lieu. Peut-être bientôt, ou peut-être pas si tôt que ça.” Donald Trump a prévenu la Russie mercredi que les Etats-Unis pourraient intervenir d’ici peu en Syrie après l’attaque de Douma, qui est tombée jeudi aux mains des forces gouvernementales. Le président américain répondait ainsi aux mises en garde de Moscou qui a averti Washington que tout missile tiré contre la Syrie serait abattu et que les sites de lancement seraient détruits. A Londres, la Première ministre Theresa May a réuni son gouvernement pour étudier une possible participation britannique à une opération militaire contre la Syrie. Le ministre chargé du Brexit, David Davis, a souligné que toute décision devrait être savamment pesée, avec une extrême prudence et en se fondant sur des preuves solides. Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France avait la preuve d’une attaque chimique du gouvernement syrien à Douma et décidera d’une action militaire, en coordination avec les Etats-Unis, une fois que toutes les informations auront été vérifiées. “Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace”, a-t-il poursuivi, précisant qu’il était en contact étroit avec Donald Trump. Plus prudent, Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré que son pays voulait être consulté avant qu’un allié occidental décide d’intervenir militairement en Syrie. La chancelière Angela Merkel a dit que l’Allemagne ne participerait pas à une éventuelle frappe contre la Syrie, tout en affirmant qu’il fallait réagir à l’utilisation d’armes chimiques.

SNCF : Dialogue de sourds ou de fous ?

SNCF : Dialogue de sourds ou de fous ?

Retour aux pratiques anciennes avec des responsables politiques qui parlent sans connaitre les dossiers et surtout guidés par l’idéologie et en face des certains syndicats qui refusent toute évolution. Et la grève pour outil de médiation qui va couter cher, très cher. Aux usagers d’abord qui ne pourront pas tous trouver des moyens de transport de substitution, à l’économie Française forcément affectée, à limage du pays. Une situation qui coutera cher aux syndicats, aux salariés en grèves mais aussi au pouvoir dont la chute de popularité risque d’en prendre un nouveau sérieux coup du fait de son manque de gestion du dossier.  Bref un vrai massacre , dialogues de  sourds ou de fous. Notons qu’aucun texte officiel, projet de loi par exemple, ne permet de cerner ce qu’est le vrai projet du gouvernement ! Un vrai fiasco en matière de gestion politique.  Selon la direction de la SNCF, 48% des personnels nécessaires au fonctionnement des trains et soumis à une obligation d’annoncer 48 heures à l’avance un arrêt de travail (conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs) étaient en grève, soit 12 points de plus que lors de la journée de grève du 22 mars. Ainsi, selon les chiffres donnés à la mi-journée par la direction, 77% des conducteurs, 69% des contrôleurs et 39% des aiguilleurs suivaient le mouvement. Au total, toutes catégories de personnel confondues, le taux de grévistes a été de 34%, soit un peu moins que lors de la journée de grève du 22 mars (35,4%), a déclaré en fin d’après-midi à la presse le directeur général adjoint Mathias Vicherat. Selon lui la situation devrait être mercredi à peu près identique, avec un TGV sur 7, un Intercités sur 8, un TER et un Transilien sur 5 et trois trains internationaux sur 4, le trafic sur le réseau RER opéré par la SNCF variant entre une rame sur deux et une sur six, en fonction des lignes. “La journée de demain va être encore très difficile”, a confirmé le directeur général du Transilien, Alain Krakovitch. Mathias Vicherat a estimé que le trafic serait en revanche “quasi normal avec de légères perturbations” jeudi. Dans une interview publiée par Le Figaro, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, invite le gouvernement à rouvrir rapidement des discussions pour éviter un conflit dur. “Plus on discutera vite avec l’exécutif, plus on a de chance d’éviter un conflit dur, que je ne souhaite pas”, dit-il. Interrogé sur France Inter, son homologue de la CGT, Philippe Martinez, s’est dit d’accord avec lui mais a rejeté par avance sur le gouvernement la responsabilité d’un durcissement. “Les cheminots ne font pas grève par plaisir (…). C’est le gouvernement qui ne veut pas écouter”, a dit le dirigeant de la CGT, pour qui il faut “revoir complètement le projet du gouvernement” et “repartir d’une feuille blanche”. Il estime notamment n’avoir aucune garantie sur le fait que la SNCF, entreprise publique, ne sera pas privatisée à terme, sous prétexte d’adaptation à l’ouverture à la concurrence. Une hypothèse rejetée par la ministre des Transports visiblemenet dejà un peu mise sur la touche. Lors du denier débat à lassemblée et dont lintreview aux Echos a été censurée par Matignon et l’Elysée.

 

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