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Lecornu: le choix entre une ouverture sociale ou le chaos

Lecornu: le choix entre une ouverture sociale ou le chaos

À chaque changement de premier ministre, le champ des possibles se réduit au point maintenant de faire émerger la question de la destitution du président de la république. Bien entendu, l’intéressé n’a nullement l’intention de démissionner de son poste de président. Un départ par la fenêtre hypothèquerait gravement son avenir politique. Or Macron se voit encore en responsabilité soit en Europe, soi-même en France à partir de 2032. Pourtant avec un soutien maintenant limité à 17 % dans le dernier sondage, le chef de l’État est bien sûr toujours légitime mais politiquement complètement discrédité. Cela d’autant plus qu’en dépit d’absence de soutien démocratique, il continue dans beaucoup de domaines de prendre des initiatives contradictoires et contre-productives .

Le plus bel exemple étant sans doute il y a quelques temps ces heures interminables passées au téléphone avec Poutine alors que désormais il ne parle plus à l’intéressé sauf par la voix d’insultes réciproques.

On pourrait relever de nombreuses autres contradictions comme la politique menée en Afrique où désormais la France est remplacée par les Russes, les Chinois, les Indiens et d’autres. Il faut dire que dans ce domaine la politique diplomatique très aristocratique du Quai d’Orsay a contribué à déconsidérer notre pays. Pour parler clair, l’indigence de notre politique de développement porte une responsabilité dans le regard critique des africains et explique en partie le phénomène de l’immigration sauvage.

Le gouvernement et désormais acculé avec trois hypothèses. La première déjà évoquée mais peu vraisemblable : le départ prématuré de Macron qui s’accrochera à son fromage jusqu’au dernier moment. La seconde serait la dissolution de l’assemblée nationale. Une solution sans doute utile pour nettoyer la chambre des députés des clowns et autres gueulards fous  » Insoumis » . Pour autant le résultat des élections risque d’aboutir une nouvelle fois à une absence de majorité. Reste alors la solution sociale avec des concessions forcément de chacun. Dans une déclaration commune- les syndicats- unis pour une fois- réclament « la justice fiscale avec la mise en place de dispositifs qui taxent les très hauts patrimoines et contraigne au reversement des dividendes » et la conditionnalité sociale et environnementale des aides versées aux entreprises. Ils demandent aussi « l’abandon de l’âge de départ à la retraite à 64 ans ».

Les thèmes sont suffisamment larges pour trouver des compromis intelligents. Il faudra en effet prendre des mesures dans le sens d’une plus grande justice sociale et fiscale mais évidemment sans tuer une économie déjà bien malade des prélèvements obligatoires , de la dette et des normes. Restera le difficile totem des 64 ans. Pourquoi ne pas revenir au principe de la retraite à la carte ( en fonction des années de versement et de la pénibilité notamment). Le conclave était sur le point d’aboutir avant d’être fusillé d’une part par le Medef, d’autre part par Bayrou.

On objectera sans doute que des avancées sociales même significatives pourraient être combattues par les syndicats les plus radicaux type Sud. On sait depuis longtemps que ces syndicats ont davantage de préoccupations politiques que de finalités sociales. L’intérêt d’un tel accord serait de donner une vision pour un temps, de réduire des mécontentements souvent d’ailleurs contradictoires, de rassurer l’opinion nationale et internationale et de redonner confiance aux acteurs économiques. Cela éviterait au moins pour un temps d’éviter à la France le déclassement et le ridicule aux yeux du monde entier. Surtout si parallèlement tout est mis en œuvre pour soutenir l’essentiel à savoir la croissance et l’emploi.

IA : menace ou opportunité écologique ?

IA : menace ou opportunité écologique ?

Menace ou opportunité, telle est la question concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur l’environnement. Si cette technologie est terriblement énergivore, elle offre aussi des outils pour mieux utiliser et optimiser la consommation des ressources naturelles. Laquelle de ces deux forces l’emportera ? La stratégie adoptée par les grands ensembles continentaux (États-Unis, Chine et Union européenne) dépend en partie de la réponse apportée à la question. Qui a fait le bon choix ?

par Patrice Geoffron
Professeur d’Economie, Université Paris Dauphine – PSL dans The Conversation.

Cet article est publié dans le cadre du partenariat les Rencontres économiques d’Aix–The Conversation. L’édition 2025 de cet événement a pour thème « Affronter le choc des réalités ».

L’intelligence artificielle pousse encore d’un cran le dilemme classique des technologies de l’information : alors que s’annonce une explosion de la demande électrique liée à cette famille de technologies, l’IA s’affirme dans le même temps comme une « boîte à outils » pour la lutte contre le changement climatique. La voie est étroite entre la tentation de vouer l’IA aux gémonies (au regard de son empreinte en énergie, eau, matières premières, espaces…) et l’espérance d’un technosolutionnisme en considérant la multiplicité de ses usages climatiques. Tentons d’esquisser un chemin entre ces deux écueils.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande d’électricité des centres de données devrait plus que doubler d’ici à 2030 pour tendre vers les 1000 térawattheures (TWh), l’équivalent de la consommation totale du Japon. Le FMI présente des projections encore plus alarmistes, considérant que les besoins en électricité induits par les usages de l’IA pourraient pousser ces consommations jusqu’à 1500 TWh, surpassant toutes autres sources de demande émergentes (véhicules électriques compris) et avoisinant la demande électrique de l’Inde.

Plus de charbon : un retour vers le futur énérgétique
Cette poussée pourrait ajouter 1,7 Gt aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) entre 2025 et 2030. Anticipant cette pression, le président des États-Unis,Donald Trump a signé en avril 2025 une série de quatre décrets destinés à doper les usages du charbon, justifiant cette décision par la nécessité de répondre à l’essor de l’IA (dans le contexte d’un « état d’urgence énergétique », déclaré dès janvier). Alors que les États-Unis avaient franchi pour la première fois en mars 2025 le seuil symbolique de moins de 50 % d’électricité fossile, l’IA risque d’inverser cette tendance.

En outre, si l’adaptation des moyens de production (notamment renouvelables) et des infrastructures de transport et de distribution devait ne pas suivre au bon rythme, une hausse des prix de l’électricité en résulterait mécaniquement, frappant ménages et entreprises. Aux États-Unis, cette hausse pourrait atteindre 10 % en 2030.

Certes, l’émergence de modèles d’IA plus sobres, tels que DeepSeek, fait planer un voile d’incertitude sur ces scénarios prospectifs, car les améliorations algorithmiques tendent à réduire les besoins en calcul et la demande en électricité. Mais, cette incertitude risque aussi de retarder des investissements cruciaux en électricité décarbonée, et de concourir à exploiter les centrales thermiques et à pousser les prix à la hausse.

Une profusion d’expérimentations orientées vers l’action climatique

En contrepoint, un rapide inventaire permet de dévoiler un foisonnement d’applications susceptibles de contribuer à l’action climatique ou de mieux anticiper les dérèglements à venir.

L’IA améliore tout d’abord les prévisions météorologiques et climatiques. Le Centre européen de prévision estime que la précision de ses modèles IA dépasse celle des modèles classiques de 20 %. Météo-France a développé un modèle à échelle régionale, utile également pour simuler les climats futurs. GraphCast de Google DeepMind surpasse les systèmes officiels de 20 à 25 % pour la prévision de trajectoires cycloniques, tandis qu’Aurora, soutenu par Microsoft, améliore le suivi des phénomènes extrêmes.

Dans le secteur de l’énergie, l’IA transforme la gestion des systèmes complexes. L’optimisation des réseaux électriques permet une prévision de la demande et de l’offre énergétiques plus précise, réduit les pertes et détecte les pannes. En Allemagne, des projets pilotes ont démontré que l’IA pouvait diminuer les congestions réseau de 40 %, évitant des investissements en infrastructure. Ce potentiel vaut aussi pour les systèmes de transport, avec une optimisation de la circulation en se basant sur les données issues de capteurs, caméras et systèmes GPS. Les Advanced Traffic Management Systems (ATMS) régulent ainsi les feux de signalisation pour fluidifier le trafic tout en diminuant les émissions de CO2 associées aux arrêts et redémarrages fréquents.

Stratégies de fertilisation adaptées

L’IA en agriculture de précision améliore l’utilisation des ressources en analysant les données de sol, météorologiques et de culture pour recommander des stratégies de fertilisation ciblées. L’analyse des niveaux d’humidité et de la disponibilité des nutriments permet de recommander des stratégies de fertilisation adaptées. Des prévisions météorologiques affinées guident les programmes d’irrigation et de plantation, surveillant également la santé des cultures via l’imagerie satellitaire et des capteurs pour prévenir les maladies ou carences nutritionnelles.

Dans la gestion de l’eau, les algorithmes d’IA analysent les données historiques, intègrent les informations météorologiques en temps réel et les conditions opérationnelles pour optimiser les performances des pompes, vannes et autres équipements critiques. En ajustant dynamiquement les débits, dosages chimiques et cycles de filtration, l’IA minimise la consommation d’énergie, tout en respectant les normes de qualité.

Action en faveur de la biodiversité

L’IA joue aussi un rôle croissant dans la conservation de la biodiversité. Les modèles d’apprentissage automatique entraînés sur l’imagerie satellite et l’ADN environnemental peuvent répertorier la répartition des espèces avec une précision inégalée. Le projet Allen Coral Atlas cartographie ainsi les récifs coralliens et détecte leur blanchissement, augmentant l’efficacité des mesures de conservation. En foresterie, OCELL développe des jumeaux numériques pour améliorer la gestion forestière. Dans la conservation marine, l’IA a permis de réduire significativement le risque de collisions entre navires et baleines, une cause majeure de mortalité des cétacés.

Pour éviter un effet catalogue, on mentionnera simplement les perspectives en économie circulaire, à la fois pour améliorer le tri des déchets et pour développer des produits plus faciles à réparer, recycler et réutiliser.

IA frugale : des perspectives au-delà de l’oxymore ?

Face à cette dualité, des efforts sont déployés pour esquisser le contour d’une IA frugale, soit une approche systémique combinant efficacité matérielle, optimisation algorithmique et questionnement des usages. Les trois principes de l’IA frugale (démontrer la nécessité du recours à l’IA, adopter de bonnes pratiques environnementales et questionner les usages dans les limites planétaires) constituent un cadre pour guider l’action.

La stratégie nationale française, dans sa troisième phase lancée en 2025, érige l’IA frugale en boussole. Cette approche vise à minimiser les besoins en ressources matérielles et énergétiques tout en garantissant la performance des systèmes d’IA. Le référentiel général pour l’IA frugale (AFNOR Spec 2314), élaboré par Ecolab avec plus d’une centaine d’experts, propose des méthodologies concrètes pour mesurer et réduire l’impact environnemental des projets.

Souverain et durable

L’Union européenne déploie un plan d’action pour devenir “le continent de l’IA”. Cette approche européenne privilégie une régulation fondée sur les risques, classant les systèmes d’IA selon leur niveau de dangerosité. Les futures giga-usines d’IA visent à développer une [infrastructure souveraine],tout en intégrant des critères de durabilité.

De son côté, la Chine coordonne le développement des centres de données avec ses infrastructures d’énergies renouvelables. Le plan d’action publié en juin 2025 par l’Administration nationale de l’énergie prévoit d’implanter les centres de données dans des régions riches en ressources renouvelables comme le Qinghai, le Xinjiang et le Heilongjiang. Cette stratégie s’appuie sur la capacité chinoise à déployer rapidement de nouvelles capacités électriques : en 2024, la Chine a ajouté 429 GW de nouvelles capacités de production, soit plus de 15 fois celles des États-Unis sur la période.

Une déréglementation totale
Ce qui, à l’évidence, ne constitue pas une préoccupation pour les États-Unis qui ont adopté une approche résolument pro-innovation débridée sous l’administration Trump II. Cette dernière a d’ores et déjà abrogé le décret de Joe Biden sur la sécurité de l’IA, qui imposait aux entreprises de communiquer leurs données lorsque leurs programmes présentaient des “risques sérieux”.

Cette décision s’inscrit dans une logique de déréglementation totale et « un développement de l’IA fondé sur la liberté d’expression et l’épanouissement humain ». Aux antipodes, dans ce domaine également, de l’approche de l’UE avec son IA Act.

Menace ou intox concernant une intervention américaine en Iran

Menace ou intox concernant une intervention américaine en Iran

Trump évoque la perspective d’une intervention des États-Unis en Iran alors qu’il espérait un accord sur le nucléaire iranien il y a encore une semaine; le président américain réclame désormais une « capitulation sans condition » de la part de Téhéran.

« Personne – Et peut-être y compris lui-même NDLR – ne sait ce que je vais faire », a déclaré le président américain devant la Maison Blanche, affirmant que l’Iran était entré en contact avec ses services pour négocier. Dans une série de messages postés la veille sur son réseau Truth Social, il avait appelé Téhéran à une « capitulation sans conditions ».

Quelques heures plus tard, lors d’une conférence de presse, il a redit qu’il n’avait « pas encore pris de décision définitive ». Interrogé sur la possibilité que le régime iranien tombe, il a répondu « ça pourrait arriver ». Ces déclarations interviennent alors que les spéculations se multiplient sur une possible intervention des Etats-Unis dans le conflit entre Israël et l’Iran, qui fait rage depuis six jours.

Il semble aussi que Trump influencé par le fait que ce soit désormais Nétanyahou qui mène la danse et qu’il souhaite récupérer le leadership de cette affaire.

En fait il se pourrait bien que le président américain n’ait pas pris encore la décision d’intervenir ou non.

La perspective d’une implication directe des Etats-Unis dans le conflit inquiète, jusque dans le camp du président. Une large partie de la base Maga (« Make America great again ») souhaite ainsi voir Donald Trump honorer sa promesse « d’achever des guerres » et de « ne jamais s’engager » dans d’autres, relate Le Monde.

Voiliers vers Israël :«Kidnapping», «piraterie»… ou cirque médiatique ?

Voiliers vers Israël :«Kidnapping», «piraterie»… ou cirque médiatique ?


Selon les sensibilités politiques les avis sont évidemment très opposés concernant ce voilier de militants d’extrême gauche comprenant surtout des Français arrêtés dans les eaux territoriales d’Israël. Tout était prévisible. Chacun savait que ce petit bateau ne pouvait apporter une grande aide matérielle aux palestiniens. L’objectif était évidemment de monter une grosse opération de communication contre Israël mais au-delà contre tous les gouvernements qui ne soutiennent pas suffisamment le Hamas. L’extrême gauche en France n’hésite pas à parler de kidnapping !

L’excès dans ce domaine est évidemment ridicule. À noter que France Info sur son site Internet en fait sa Une comme s’il s’agissait d’une affaire pouvant déboucher sur une guerre entre la France et Israël !

LFI a saisi l’occasion pour appeler à des mobilisations «partout en France» lundi soir, et en premier lieu place de la République à Paris. «Force et courage à l’équipage de la liberté et de l’honneur face au génocide. Honte à ceux qui regardent ailleurs», a surenchéri Jean-Luc Mélenchon sur X. En fin d’après-midi, le triple candidat à la présidentielle a dit en marge de cette manifestation «craindre» pour le sort des militants présents dans le bateau intercepté, une manœuvre qu’il a qualifiée «d’acte de piraterie internationale». Bref du grand cirque médiatique.

Un référendum sur le budget ! ou l’illusion démocratique (Bayrou)

Un référendum sur le budget ! ou l’illusion démocratique (Bayrou)

Quand le pouvoir politique n’a plus ni courage et ou ni d’idées, il sollicite une nouvelle fois l’hypothèse d’un référendum. Il est évident que la complexité de la problématique budgétaire rendrait impossible toute consultation. En outre la question tournerait vite autour de « voulez-vous ou non des impôts supplémentaires ? » Bref, il y aurait vite un détournement de consultation. C’est pourtant ce qu’envisage ce premier ministre réduit à l’immobilisme presque total faute de soutien politique.

Cette affaire de nouveau référendum d’une certaine manière ressemble aussi à l’autre consultation envisagée par Macron sur les horaires scolaires. Le procédé marque de courage évident. En plus une arnaque politique car ces référendums ne se dérouleront pas; ils tourneraient vite à une consultation pour ou contre le pouvoir en place.

En multipliant les pseudos initiatives de référendum et autres conventions citoyennes, le pouvoir politique discrédite en même temps la démocratie représentative. Le travail des élus est de proposer avant les élections et de décider ensuite et non de tourner autour du pot en envisageant une démocratie directe impossible et dangereuse.

Le Premier ministre François Bayrou a pourtant évoqué la possibilité de tenir un référendum sur «un plan cohérent, avec des propositions claires, lisibles» visant à réduire les déficits et la dette, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD) mis en ligne samedi soir.

«C’est un plan d’ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l’ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas», a-t-il déclaré, tout en rappelant qu’«un référendum ne peut être décidé que par le président de la République». «Le gouvernement propose, le président décide. Mais la question de l’adhésion des Français aux réformes est bien la question centrale», a-t-il poursuivi.

Ralentissement économique ou choc mondial : la France mal préparée

Ralentissement ou choc mondial : la France mal préparée

La politique tarifaire de Donald Trump, actuellement en pause pour trois mois, pourrait provoquer un ralentissement économique mondial. Toutefois, la question demeure sur son ampleur : s’agira-t-il simplement d’un ralentissement ou d’une récession mondiale ? Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC dans La Tribune .

C’est entendu, la politique tarifaire de Donald Trump, en pause pour trois mois, va provoquer un ralentissement mondial. En revanche, il n’y a pas consensus sur son ampleur. Aura-t-on un simple ralentissement comme le pensent l’OCDE et le FMI ou une vraie récession mondiale comme le craignent un certain nombre d’instituts privés ? Il est bien sûr difficile de répondre, car nul ne peut prédire les choix de Donald Trump.

Si les É.-U. maintiennent des tarifs élevés sur la majorité des importations de Chine et d’Europe et si la Chine réplique – ce qui est déjà le cas alors que l’Europe ne réplique pas, la nature de la crise sera spécifique pour chaque zone. Pour les États-Unis c’est un choc d’offre important. En effet, il va provoquer une forte augmentation des prix de tous les biens importés, une remise en cause des chaines de production existantes et en fin de compte, la relocalisation de la production avec une certaine perte d’efficacité productive. Dans un premier temps, la demande devrait également diminuer, du fait de la hausse des prix des importations. Les entreprises dont le prix de nombreux facteurs de production va augmenter et qui devront trouver de nouveaux fournisseurs sont en situation d’incertitude sur leur profitabilité ce qui va également peser sur la demande globale. Il y aura donc un double effet d’augmentation de l’inflation et d’augmentation du chômage sur fond de ralentissement économique. Une crise du même type devrait affecter la Chine, mais probablement de moindre ampleur du fait de la moindre exposition aux importations et de sa capacité de réorienter la demande vers la consommation interne.

Si dans l’immédiat l’Europe ne répond pas aux É.-U. avec une hausse de son tarif douanier, l’essentiel du choc sera un choc de demande classique engendré par la baisse des exportations. Ce type de choc génère peu ou pas d’ inflation (voire de la déflation), mais un fort ralentissement économique. Tous les pays membres de l’UE seront exposés à ce ralentissement, les plus touchés étant les partenaires commerciaux des É.-U.

Dans cette crise à venir, comme dans toutes crises économiques créées par un choc externe, il est du devoir de chaque gouvernement de préparer un plan de protection et de sauvegarde de l’emploi pour éviter que le chômage ne pèse trop sur leurs concitoyens. Tout plan doit avoir une composante court-terme pour gérer l’urgence et une composante long-terme pour anticiper avec sagesse les éventuels changements structurels. Les considérations de géopolitiques et géoéconomiques ne pouvant plus être ignorées, à long terme, l’UE et la France devront mener une politique de soutien à l’industrie. À court terme, la politique économique comporte une dimension budgétaire et une dimension monétaire.

Pour la France, membre de la zone euro, la politique monétaire est du ressort de la BCE. En période de crise de demande, la tâche de celle-ci est relativement simple, car l’objectif de stabilité des prix et le soutien de l’emploi sont convergents. Si elle est possible, la réduction des taux d’intérêt de court terme devrait favoriser l’investissement et éventuellement contribuer à la dépréciation de l’euro, ce qui est de nature à soutenir les exportations. Avant impact douanier, l’inflation de la zone euro est à 2,2% en mars 2025 et en bonne voie vers 2%, alimentée par la faible croissance européenne. Sans surprise, la BCE a ramené le 17 avril son taux de refinancement de 2,5% à 2,25%, et devrait continuer à le réduire.

La politique monétaire de la zone euro sera forcément tributaire des choix de politique commerciale. Si l’UE décide de répondre à Donald Trump en imposant des tarifs douaniers, il y aura un effet positif sur les prix, qui devrait compliquer la tâche de la BCE. Il serait souhaitable d’éviter cette réaction émotionnelle, du moins le temps de voir plus clairement quels sont les secteurs les plus impactés. L’autre inconnue est le dollar. Dans le passé, à chaque fois qu’un choc majeur a frappé l’économie mondiale, le dollar s’est apprécié. Actuellement, au contraire, le dollar est en forte dépréciation, ce qui est en ligne avec l’objectif de Trump de rétablir l’équilibre de la balance commerciale américaine. Cependant cette baisse du dollar exprime essentiellement la perte de confiance massive dans le billet vert. La contrepartie est une appréciation de l’euro, de nature à pénaliser encore plus les exportateurs européens. D’un autre côté, l’appréciation de l’euro diminue le prix des importations et notamment le prix de l’énergie. Donald Trump de son côté a saisi la baisse des taux de la BCE pour alimenter ses vitupérations contre Powell « l’incompétent » qui ne baisse pas les taux d’intérêt alors que même les Européens le font. De notre point de vue, le gouverneur de la Fed est aligné avec la poussée inflationniste qui va résulter des nouveaux tarifs et de la dépréciation du dollar dans les mois qui suivent.

La politique budgétaire consiste à prévoir une enveloppe d’un montant conséquent avec deux objectifs. Le principal est de protéger les industries exportatrices, l’autre objectif pouvant être de relancer l’activité globale avec des commandes publiques. La Corée du Sud a annoncé un plan de 2 milliards de soutiens d’urgence des constructeurs automobiles et de 23 milliards pour les fabricants de puces électroniques. La Chine prépare également son plan de soutien. L’Espagne de son côté a annoncé un plan de 16 milliards d’euros. L’Allemagne a annoncé en mars un plan d’investissement de 1000 milliards d’euros sur 10 ans, en dépenses militaires et en infrastructure. Ces plans ont été rendus possibles par le faible endettement de ces États. La France de son côté, championne des déficits publics de la zone euro et surendettée, a annoncé une politique de contraction de la dépense publique de 40 milliards et prépare un sévère tour de vis fiscal. En d’autres mots, le gouvernement va accompagner le choc tarifaire par un choc budgétaire amplifiant ainsi l’effet récessif et la hausse du chômage.

Pauvre France, bien dépourvue face à la bise qui vient. N’ayant plus le moindre fonds à dépenser, non seulement le gouvernement ne peut pas protéger nos entreprises et nos concitoyens du choc Trump, mais en plus il va l’aggraver avec son choc budgétaire et fiscal. Nous ne jetons pas la pierre à François Bayrou. Entre deux maux, il faut choisir le moindre et c’est ce qu’il fait. En revanche, Emmanuel Macron et les gouvernements successifs portent une lourde responsabilité dans le dénuement français.

Semi-conducteurs, smartphones, ordinateurs: des droits de douane « dans un mois ou deux » ?

Semi-conducteurs, smartphones, ordinateurs: des droits de douane « dans un mois ou deux » ?

Alerté par les géants de l’attaque, le président américain a dû sérieusement reculer à propos de la supère taxation des importations de Chine concernant le secteur.

Et pour cause la plupart de tout ou partie de l’industrie Tech est fabriquée en Asie et subirait de plein fouet les droits de douane américain. Désormais c’est la certitude qui règne quant à la décision finale des nouvelles taxes douanières. Pour tenter de rassurer, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a déclaré ce dimanche 13 avril que les smartphones et les ordinateurs qui ont été exemptés des droits de douane imposés par les États-Unis à la Chine feraient, finalement, l’objet de droits de douane distincts qui seront mis en place dans environ un mois.
Des droits de douane seront appliqués dans « un mois ou deux » sur les semi-conducteurs, un secteur pour l’instant épargné par la surtaxe de 10% contre la plupart des partenaires commerciaux des États-Unis, a déclaré le secrétaire au Commerce américain ce dimanche 13 avril. Les smartphones et les ordinateurs seront également compris dans ces nouvelles mesures commerciales agressives. Mais il n’y a aucune certitude dans ce domaine tout dépendra de l’évolution de la balance commerciale des États-Unis vis-à-vis de l’Asie

Trump ou l’économie « has been »

Trump ou l’économie « has been »

Donald Trump applique des politiques économiques obsolètes, comme les droits de douane et la dévaluation du dollar, ignorant les réalités d’une économie mondialisée. Résultat : tout le monde perd.

Par Lucie Robequain dans La Tribune

Donald Trump a décroché un diplôme d’économie à l’université de Wharton à la fin des années 1960. Le monde a radicalement changé depuis. Lui en est resté là. Il garde l’image d’un monde simple et cloisonné tel qu’il a existé jusqu’aux années 1990.

À l’époque, une voiture Renault était française de la carcasse jusqu’au plus petit boulon : le volant, les sièges, les pots d’échappement étaient construits non loin de l’usine d’assemblage. Idem aux États-Unis et en Asie. Quand l’Amérique décida de taxer les voitures japonaises dans les années 1980, l’effet fut donc immédiat : les constructeurs nippons bâtirent des usines aux États-Unis, contribuant à la réindustrialisation de l’Amérique. Les constructeurs américains, eux, ne subirent aucun dommage : leurs Jeep et Chrysler étaient 100 % « made in Detroit ». Pari gagné, donc, pour Ronald Reagan.

En voulant taxer dès cette semaine les voitures et composants importés aux États-Unis, Donald Trump tente de rejouer le même scénario : dans son esprit, les constructeurs étrangers peuvent faire le choix de s’installer en Amérique pour échapper aux droits de douane. À défaut, ils devront verser des fortunes à l’État – de l’ordre de 100 milliards de dollars par an, selon la Maison-Blanche – pour maintenir leurs positions. Hélas, il n’y a personne pour dire au président que l’économie a changé.

Les constructeurs américains intègrent autant d’équipements étrangers à leurs véhicules que la concurrence. Conséquence : les Chrysler, GM et autres vont régler une grosse partie de la facture.

L’essentiel est de faire croire que ce sont les autres qui paient.
Un seul, peut-être, s’en sortira mieux que les autres : c’est Tesla, qui a beaucoup plus d’usines américaines que ses adversaires. Les modèles électriques de GM et de Ford, par exemple, sont assemblés au Mexique. De là à soupçonner un conflit d’intérêts pour Elon Musk, à la fois PDG de Tesla et conseiller de Donald Trump…

Les Américains, en tout cas, seront clairement perdants : l’achat d’une voiture leur coûtera 6 000 dollars de plus en moyenne, selon les experts de Morgan Stanley ! Mais qu’importe pour Donald Trump : l’essentiel est de faire croire que ce sont les autres qui paient. Le président américain brandit une autre recette des années 1980 dont il attend des miracles : celle de la dévaluation.

Faisons baisser le dollar, les exportations s’envoleront, clame-t-il. En oubliant qu’un dollar dévalué renchérit les produits importés et hypothèque sa promesse de faire baisser les prix. Et que Washington aura du mal à convaincre les investisseurs étrangers de continuer à financer sa montagne de dette si les dollars qu’ils possèdent valent beaucoup moins demain…

Qu’il s’agisse des droits de douane ou du dollar, la politique économique de Trump est fondée sur une conviction : le reste du monde nous arnaque, il est temps de faire payer les autres. Dans le monde de Trump, l’économie est un jeu à somme nulle : ce que je gagne, tu le perds. Dans le monde réel, il arrive aussi que tout le monde perde : nous y sommes.

Furieux ou comédien, Trump et des nouvelles taxes sur la Russie

Furieux ou comédien, Trump et les nouvelles taxes sur la Russie

Trump a fait savoir qu’il était furieux de l’attitude de la Russie dans le processus de discussion concernant l’arrêt au moins provisoire des hostilités en Ukraine. Ils menace même la Russie de nouvelles taxes. La question est de savoir s’il est vraiment sincère ou il s’agit d’une nouvelle déclaration fantaisiste. Peut-être Trump est-il un peu influencé aussi par son électorat qui n’apprécie pas sa proximité avec Poutine. Il se pourrait bien que ces propos menaçants soient surtout destinés à certains électeurs de Trump.

«Si la Russie et moi ne sommes pas capables de parvenir à un accord pour mettre un terme au bain de sang en Ukraine, et si je pense que c’est la faute de la Russie [...], je vais imposer des droits de douane secondaires sur tout le pétrole qui sort de Russie», a averti Donald Trump, évoquant des surtaxes «de 25 à 50%».

«Si vous achetez du pétrole à la Russie, vous ne pourrez pas faire des affaires aux États-Unis», a ajouté le locataire de la Maison Blanche, tout en affirmant que les droits de douane sur le pétrole russe seraient appliqués dans un délai d’un mois en l’absence d’un accord de cessez-le-feu.

Social- Négociations sur les retraites : démocratie sociale ou mascarade politique

Social- Négociations sur les retraites : démocratie sociale ou mascarade politique ?


Les séances de négociation entre syndicats et patronat sur la réforme des retraites se poursuivent. Mais la CGT et FO n’y participent plus, tout comme l’organisation patronale des professions libérales et de l’artisanat. Après le veto de François Bayrou sur le retour aux 62 ans, la CFDT n’abandonne pas l’objectif de revenir sur les 64 ans, mais cette perspective est peu crédible. Au-delà de cette négociation, quel regard porter sur la « démocratie sociale » censée guider la réforme ?


par Dominique Andolfatto
Professeur de science politique, Université Bourgogne Europe dans The Conversation

Lors de sa déclaration de politique générale, le 14 janvier 2025, le premier ministre, François Bayrou, rouvrait le douloureux dossier de la réforme des retraites, mal refermé en 2023. Douloureux, parce que cette réforme, concerne personnellement tous les Français, qui ont érigé la retraite en seconde vie. On peut y voir la conséquence de désillusions idéologiques, du scepticisme à l’égard des promesses décalées d’un autre monde longtemps véhiculées par les partis politiques, mais aussi d’un vécu au travail ressenti comme s’étant dégradé et conséquence de souffrance. Dès lors, la retraite n’est plus un retrait de la vie sociale, voire une « mort sociale », comme autrefois, mais elle est attendue comme une nouvelle aube, la promesse d’un monde nouveau. La repousser, en reculant son âge, ne peut être qu’une atteinte à ce droit à une vie nouvelle et apparaît comme une injustice profonde.

Plusieurs enquêtes le montrent à l’occasion de la réforme de 2023. Le rejet est encore plus fort qu’en 2019, à l’occasion du projet avorté de retraite à points. Selon les enquêtes, les deux tiers des Français, voire plus, affichent leur hostilité (et même les trois quarts des actifs). Plus de 60 % estime également – sinon escompte – qu’un puissant mouvement social fera échec au recul de l’âge de la retraite.

Rejetée pour son « injustice », cette réforme l’est aussi pour son « illégitimité » parce qu’elle n’a pas été votée par le Parlement mais adoptée au moyen d’un des mécanismes du « parlementarisme rationalisé » : l’article 49, alinéa 3 de la Constitution qui permet l’adoption d’une réforme sans vote dès lors que le gouvernement échappe à une motion de censure. Selon une enquête de l’Ifop, 78 % des Français voient là un passage en force « massivement illégitime ». Le président Macron et sa première ministre Élisabeth Borne ont été en désaccord sur le mode de fabrication de cette réforme (même s’ils en partageaient les finalités), négligeant la démocratie sociale, et cela fragilise aussi la réforme.

Tant de divisions et de déchirements vont constituer une opportunité pour le nouveau premier ministre, en 2025. Près de deux ans après l’adoption et l’implémentation de la réforme des retraites, il décide spectaculairement de la remettre à l’agenda, en l’occurrence de relancer des discussions « avec les partenaires sociaux » puisque ceux-ci – il vise les syndicats – « ont affirmé qu’il existait des voies de progrès [pour] une réforme plus juste ».

Pourquoi ce revirement, même si ce n’est pas premier de la part de l’exécutif ? Au plan social, on se souvient de l’abandon du « contrat première embauche » (CPE) en 2006, pourtant adopté par le Parlement, puis remplacé rapidement par un nouveau texte, après à un important mouvement social. C’est le président de la République lui-même, alors Jacques Chirac, qui avait sonné le tocsin de cette réforme et expliqué cette substitution en lien avec un « dialogue social constructif ». Si celui-ci ne fut que théorique, le retrait de la réforme est bel et bien intervenu.

Cette fois-ci, les choses ont été différentes. Le « conclave » que l’ancien militant démocrate-chrétien François Bayrou a appelé de ses vœux est apparu surtout tactique : obtenir une abstention bienveillante d’une partie de l’opposition de gauche en rouvrant un dossier social emblématique du second quinquennat de Macron et en laissant croire qu’il pourrait trouver un règlement plus juste.

D’emblée, une des confédérations syndicales, FO, n’a pas voulu s’en laisser conter et a décidé de ne pas participer à ce qui pouvait ressembler à une négociation sociale interprofessionnelle, mais qui n’en était pas vraiment une en réalité. D’une part, symboliquement, la terminologie religieuse utilisée ne pouvait qu’interroger FO, qui a fait de son « indépendance » politique et religieuse sa raison d’être.

D’autre part, le Medef a immédiatement affiché qu’il ne souhaitait pas revenir sur les 64 ans, le nouvel âge de départ à la retraite fixé en 2023, vu par l’organisation patronale comme un « socle de rétablissement » pour le financement du système des retraites. Son président Patrick Martin, comme probablement Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, a aussi estimé que le « conclave » ne se ferait pas à portes fermées et que le gouvernement ferait pression sur les partenaires sociaux, à la suite, d’abord, de rodomontades sur la hauteur des déficits sociaux, puis à travers une lettre de cadrage très étroite, adressée par le premier ministre aux partenaires sociaux, le 26 février 2025.

Cela ne pouvait que nourrir l’inflexibilité du premier comme le refus de jouer le jeu du second. Dès lors, le « conclave » était mort-né. Il n’avait même plus besoin du coup de grâce que lui donnerait finalement le premier ministre, deux mois après l’avoir inventé : le 16 mars, interviewé sur France Inter, François Bayrou écartait en effet la possibilité de revenir à 62 ans, voire 63 ans. La CGT quittait aussitôt le « conclave », déplorant l’abandon de l’« abrogation » de la réforme de 2023. L’organisation patronale des professions libérales et de l’artisanat (U2P) l’avait précédée de peu pour des raisons diamétralement opposées : la nécessité de « mesures drastiques… pour rétablir l’équilibre de nos régimes sociaux ».

En fait, l’un des problèmes de fond de cette réforme est celui de l’instrumentalisation, mais aussi des impasses de la démocratie sociale. Celle-ci a tour à tour été appelée à la rescousse par Élisabeth Borne, puis par François Bayrou. La première, probablement pour retarder le mouvement social qui se profilait et qui risquait de compromettre le devenir de son gouvernement, s’est opposée à la réforme à la hussarde souhaitée initialement par Emmanuel Macron. Elle a ouvert une série de concertations très cadrées avec les organisations syndicales et patronales. Ces concertations, après une réunion « multilatérale » avec toutes les organisations, se sont poursuivies en « bilatérales » avec chacune d’entre elles, au ministère du travail puis à Matignon, sans réussir à convaincre et donc à rallier les syndicats : « Il n’y avait aucun moyen de bouger la ligne de ce que voulait faire le gouvernement », indique Yvan Ricordeau, qui fut le négociateur de la CFDT. Pour les syndicats, cet échec justifia, à compter de janvier 2023, le recours à la « mobilisation » pour le retrait de la réforme.

À son tour, François Bayrou recourt à la voie de la démocratie sociale, sans doute par tactique, comme déjà évoqué, mais aussi pour alerter l’opinion sur les déséquilibres des comptes sociaux, avec le secours de la Cour de comptes mais aussi d’autres chiffrages discutés.

Reste que la démocratie sociale n’est pas vraiment codifiée. Elle n’a pas d’obligation de résultats. Les gouvernements l’instrumentalisent selon leur bon vouloir ou la conjoncture, et les partenaires sociaux eux-mêmes ne cherchent pas véritablement à la faire vivre ou alors seulement en creux. Ils vont s’entendre pour s’opposer à certaines réformes, comme en 2023 qui a vu la constitution d’un front syndical uni. Mais les syndicats, très divisés sur le fond, n’ont pas cherché à porter un projet commun. Cela ne fut pourtant pas toujours le cas. Il y a longtemps, déjà, ils ont mis sur pied le système de retraites complémentaires ou l’assurance chômage.

En fait, les partenaires sociaux sont en concurrence, notamment pour la représentativité et les moyens que celle-ci procure. Syndicats et organisations d’employeurs, imprégnés d’une culture jacobine, préfèrent également discuter directement avec le pouvoir plutôt que de faire vivre une démocratie plus horizontale.

Depuis les années 2000, le Code du travail, dans son article L1, impose toutefois une concertation avec les partenaires sociaux avant toute réforme des relations du travail ou de la formation professionnelle. Mais ceci ne vaut pas pour la protection sociale (et donc les retraites) et cela contribue à expliquer bien des vicissitudes qui perdurent.

Malgré tout, s’agissant des retraites, cinq partenaires sociaux (sur huit) représentatifs au plan national entendent poursuivre le dialogue, tout en se dégageant de la lettre de cadrage du gouvernement, pour consolider le système de retraite du secteur privé, par bien des aspects, fragile et inégalitaire.

Economie- Perspective américaine : Atterrissage brusque ou en douceur

Economie- Perspective américaine : Atterrissage brusque ou en douceur

La croissance américaine marque le pas. Et ce ralentissement a un impact direct sur l’évolution des marchés financiers et sur votre argent.

par Marc Fiorentino dans La Tribune

Revenons au début de l’année 2024. Tous les prévisionnistes s’attendent à une récession américaine du fait de l’envolée de l’inflation, des prix de l’énergie, de l’évaporation de l’épargne Covid. Mais rien ne se passe comme prévu. L’emploi tient, les salaires augmentent et les consommateurs américains font plus que résister. Le plan Biden visant à favoriser les investissements aux États-Unis renforce l’activité industrielle.

Puis arrive Trump, un président « probusiness ». On a oublié la récession. Et on ne parle plus que de l’extraordinaire résilience de l’économie américaine. Mais là encore, les économistes sont pris à contre-pied. Et, depuis quelques semaines, les signaux faibles et forts du ralentissement de l’économie américaine sont partout. Et c’était prévisible pour plusieurs raisons.

1. Le cycle de croissance ininterrompue a atteint une durée historique.

2. Les tensions sur le marché du travail disparaissent, les embauches et les salaires marquent le pas.

3. L’inflation persistante et le niveau relativement élevé des taux d’intérêt pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages.

4. L’épargne Covid s’est totalement volatilisée et les ménages américains commencent à ne plus ressentir l’« effet richesse » lié à l’envolée de la Bourse, car les actions américaines sont sous pression.

Ajoutez le climat d’incertitude dû aux décisions erratiques de Trump depuis son arrivée au pouvoir et vous obtenez une économie qui commence à décrocher. On reparle de récession. C’est un peu exagéré, mais le ralentissement est là. Les patrons des grandes enseignes de distribution ont sonné l’alarme : les consommateurs américains sont fatigués… Or ce sont eux qui ont tiré la croissance.

Est-ce que c’est grave ? Non. Paradoxalement, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les prix de l’énergie, de l’alimentaire et donc pour l’inflation. Qu’est-ce que ça change pour votre argent ? Les effets se font déjà sentir sur les marchés. Le dollar est sous pression. Les indices boursiers américains sont rattrapés par les indices européens.

Et la Fed devra continuer à baisser ses taux, d’autant qu’on a appris cette semaine que l’inflation était tombée à 2,8 %, plus bas que prévu. Les actifs spéculatifs comme les cryptos décrochent un peu. Bref, on revient « à la normale ». Les grands gérants de fonds ont réduit leurs parts d’actions américaines. Bref, l’économie des États-Unis retrouve peu à peu des cycles habituels : croissance, accélération de la croissance puis ralentissement. Elle n’échappe pas aux lois de la gravité économique.

Trump a déclaré cette semaine qu’une récession ne lui fait pas peur s’il faut en passer par là pour voir l’émergence d’un nouvel ordre économique mondial et d’une reconfiguration complète de l’économie américaine. Il pourrait cependant devenir plus nerveux si la situation se dégrade fortement.

Perspective Economie américaine : Atterrissage brusque ou en douceur

Perspective Economie américaine : Atterrissage brusque ou en douceur

La croissance américaine marque le pas. Et ce ralentissement a un impact direct sur l’évolution des marchés financiers et sur votre argent.

par Marc Fiorentino dans La Tribune

Revenons au début de l’année 2024. Tous les prévisionnistes s’attendent à une récession américaine du fait de l’envolée de l’inflation, des prix de l’énergie, de l’évaporation de l’épargne Covid. Mais rien ne se passe comme prévu. L’emploi tient, les salaires augmentent et les consommateurs américains font plus que résister. Le plan Biden visant à favoriser les investissements aux États-Unis renforce l’activité industrielle.

Puis arrive Trump, un président « probusiness ». On a oublié la récession. Et on ne parle plus que de l’extraordinaire résilience de l’économie américaine. Mais là encore, les économistes sont pris à contre-pied. Et, depuis quelques semaines, les signaux faibles et forts du ralentissement de l’économie américaine sont partout. Et c’était prévisible pour plusieurs raisons.

1. Le cycle de croissance ininterrompue a atteint une durée historique.

2. Les tensions sur le marché du travail disparaissent, les embauches et les salaires marquent le pas.

3. L’inflation persistante et le niveau relativement élevé des taux d’intérêt pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages.

4. L’épargne Covid s’est totalement volatilisée et les ménages américains commencent à ne plus ressentir l’« effet richesse » lié à l’envolée de la Bourse, car les actions américaines sont sous pression.

Ajoutez le climat d’incertitude dû aux décisions erratiques de Trump depuis son arrivée au pouvoir et vous obtenez une économie qui commence à décrocher. On reparle de récession. C’est un peu exagéré, mais le ralentissement est là. Les patrons des grandes enseignes de distribution ont sonné l’alarme : les consommateurs américains sont fatigués… Or ce sont eux qui ont tiré la croissance.

Est-ce que c’est grave ? Non. Paradoxalement, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les prix de l’énergie, de l’alimentaire et donc pour l’inflation. Qu’est-ce que ça change pour votre argent ? Les effets se font déjà sentir sur les marchés. Le dollar est sous pression. Les indices boursiers américains sont rattrapés par les indices européens.

Et la Fed devra continuer à baisser ses taux, d’autant qu’on a appris cette semaine que l’inflation était tombée à 2,8 %, plus bas que prévu. Les actifs spéculatifs comme les cryptos décrochent un peu. Bref, on revient « à la normale ». Les grands gérants de fonds ont réduit leurs parts d’actions américaines. Bref, l’économie des États-Unis retrouve peu à peu des cycles habituels : croissance, accélération de la croissance puis ralentissement. Elle n’échappe pas aux lois de la gravité économique.

Trump a déclaré cette semaine qu’une récession ne lui fait pas peur s’il faut en passer par là pour voir l’émergence d’un nouvel ordre économique mondial et d’une reconfiguration complète de l’économie américaine. Il pourrait cependant devenir plus nerveux si la situation se dégrade fortement.

Retraites ou défense : le débat idiot

Politique-Le débat idiot entre défense et retraites

Au sein de certaines élites très proches du patronat mais aussi au sein des syndicats de salariés émerge le thème de l’opposition entre les questions de défense et la réforme des retraites. Un débat totalement idiot pourquoi pas aussi opposer la santé à l’éducation ou la sécurité à la recherche etc. Tout cela n’a aucun sens sinon qu’à instrumentaliser la problématique de défense au service d’intérêts corporatistes étroits.

Certes on ne peut nier les questions de financement et les déséquilibres financiers de l’État qui se caractérisent par un très fort endettement proche de 113 % du PIB et le déficit voisin de 6 %. Il y a sans doute des choix plus rigoureux à opérer chez tous les opérateurs qui interviennent dans le champ régalien. Même dans les secteurs dits sensibles des rationalisations sont possibles car il y a notamment beaucoup trop d’échelons, d’étagères de procédures inutiles qui sécrètent elles-mêmes leur propre développement en termes de masse salariale et d’investissement. Sans parler de la technocratie. La vérité c’est que l’État ne contrôle plus ce développement pas davantage d’ailleurs que les autres collectivités. Comme dans la plupart du privé, l’audit devrait être permanent ( au moins annuel) pour vérifier la bonne allocation des ressources et les résultats.

Il est ridicule de d’opposer l’indispensable renforcement de la défense à la question des retraites. Très grossièrement le budget de la défense tourne autour de 50 milliards et devrait doubler en quelques années. L’enjeu des retraites représente des sommes autrement plus importantes. Le montant consacré aux retraites tourne autour de 400 milliards… pour l’instant. Par ailleurs la réforme devrait concerner moins l’âge que le nombre d’années de versement et surtout les inégalités dûs à la pénibilité. Au lieu de cela, on s’arc-boute le plus souvent sur des tabous en fait pour refuser d’entrer dans une réelle discussion. Les organisations qui refusent le débat seront le moment venu sévèrement sanctionnées par leurs mandants et plus généralement par l’opinion publique qui ne supporte plus d’entendre le même catéchisme rétrograde et corporatiste.

Et de ce point de vue se saisir de la question de la défense qui met en cause à terme le progrès et le développement pour l’opposer à la problématique de la défense prouve à quel point certains leaders, certaines organisations cultivent l’ambiguïté, la démagogie et le manque de courage.

Economie américaine : Atterrissage brusque ou en douceur

Economie américaine : Atterrissage Brusque ou en douceur

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par Marc Fiorentino dans La Tribune

Revenons au début de l’année 2024. Tous les prévisionnistes s’attendent à une récession américaine du fait de l’envolée de l’inflation, des prix de l’énergie, de l’évaporation de l’épargne Covid. Mais rien ne se passe comme prévu. L’emploi tient, les salaires augmentent et les consommateurs américains font plus que résister. Le plan Biden visant à favoriser les investissements aux États-Unis renforce l’activité industrielle.

Puis arrive Trump, un président « probusiness ». On a oublié la récession. Et on ne parle plus que de l’extraordinaire résilience de l’économie américaine. Mais là encore, les économistes sont pris à contre-pied. Et, depuis quelques semaines, les signaux faibles et forts du ralentissement de l’économie américaine sont partout. Et c’était prévisible pour plusieurs raisons.

1. Le cycle de croissance ininterrompue a atteint une durée historique.

2. Les tensions sur le marché du travail disparaissent, les embauches et les salaires marquent le pas.

3. L’inflation persistante et le niveau relativement élevé des taux d’intérêt pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages.

4. L’épargne Covid s’est totalement volatilisée et les ménages américains commencent à ne plus ressentir l’« effet richesse » lié à l’envolée de la Bourse, car les actions américaines sont sous pression.

Ajoutez le climat d’incertitude dû aux décisions erratiques de Trump depuis son arrivée au pouvoir et vous obtenez une économie qui commence à décrocher. On reparle de récession. C’est un peu exagéré, mais le ralentissement est là. Les patrons des grandes enseignes de distribution ont sonné l’alarme : les consommateurs américains sont fatigués… Or ce sont eux qui ont tiré la croissance.

Est-ce que c’est grave ? Non. Paradoxalement, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les prix de l’énergie, de l’alimentaire et donc pour l’inflation. Qu’est-ce que ça change pour votre argent ? Les effets se font déjà sentir sur les marchés. Le dollar est sous pression. Les indices boursiers américains sont rattrapés par les indices européens.

Et la Fed devra continuer à baisser ses taux, d’autant qu’on a appris cette semaine que l’inflation était tombée à 2,8 %, plus bas que prévu. Les actifs spéculatifs comme les cryptos décrochent un peu. Bref, on revient « à la normale ». Les grands gérants de fonds ont réduit leurs parts d’actions américaines. Bref, l’économie des États-Unis retrouve peu à peu des cycles habituels : croissance, accélération de la croissance puis ralentissement. Elle n’échappe pas aux lois de la gravité économique.

Trump a déclaré cette semaine qu’une récession ne lui fait pas peur s’il faut en passer par là pour voir l’émergence d’un nouvel ordre économique mondial et d’une reconfiguration complète de l’économie américaine. Il pourrait cependant devenir plus nerveux si la situation se dégrade fortement.

Elon Musk ou le docteur Folamour !

Elon Musk ou le docteur Folamour !

Comme le personnage de Stanley Kubrick, Elon Musk se présente en sauveur de l’humanité, en homme providentiel à la veille de la grande extinction, analyse le professeur de littérature Bruno Chaouat dans une tribune au « Monde ».

 

Le geste d’Elon Musk lors de la cérémonie d’investiture du président américain Donald Trump, le 20 janvier, à Washington, a été largement commenté, dénoncé par les uns comme un clin d’œil aux franges extrémistes, voire suprémacistes, défendu par les autres comme un geste maladroit. Salut nazi, maladresse ou élan charismatique vers la foule ? Certains ont prétendu qu’accuser Musk de faire des appels du pied aux néonazis était discriminatoire, car Musk serait un autiste qui souffre d’impulsions incontrôlées et de déficit d’attention, bref, un génie farfelu dont on est censé pardonner les excentricités.

Mon interprétation se démarque de ces commentaires. Je ne vois pas dans le geste de Musk une évocation intentionnelle du salut hitlérien. Mais si Musk n’avait pas l’intention de faire un salut nazi, le salut nazi l’a pourtant trouvé, un peu comme un tic vous trouve.

Puisqu’il est désormais trop tard pour faire machine arrière, le Docteur Folamour/Peter Sellers, conseiller scientifique du gouvernement américain à l’accent allemand grotesque, propose sa solution : obsédé d’eugénisme, il conseille de préserver les meilleurs spécimens de l’espèce dans des abris atomiques. L’humanité, au cours de quelques siècles d’hibernation, pourra ainsi se régénérer …

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