Archive pour le Tag 'origines'

Comment faire face aux origines des inégalités

Comment faire face aux origines des inégalités

Un article de Xerfi qui pose la question de la redistribution ( La Tribune)

 

« Face à la montée des inégalités de revenu et de patrimoine, on songe immédiatement à la redistribution. La progressivité de l’impôt d’une part. Tout l’arsenal des transferts sociaux d’autre part, les revenus dits secondaires (prestations sociales en espèce et en nature, les revenus de solidarité). Réduire les inégalités, c’est plus de progressivité de l’impôt d’un côté, et c’est flécher les aides vers ceux qui sont en position de fragilité de l’autre.

De ce point de vue, la France est un cas d’école. Les indicateurs d’inégalité avant et après impôt et transferts montrent que le système fiscalo-social contribue très fortement à la réduction des inégalités primaires. Si l’on se réfère à l’outil standard de mesure des inégalités que constituent l’indice de Gini, les inégalités primaires de revenu avant impôt et transfert sont d’ampleur similaire, voire légèrement supérieure à celles des principales économies développées. Après impôts et transferts, la France figure plutôt en bas de l’échelle. De façon incontestable, l’État providence continue à jouer un rôle décisif en matière de cohésion.

Le débat s’engage alors inévitablement sur les effets collatéraux non désirés des politiques correctrices. Taxer le capital, ponctionner le revenu des plus riche, affecter des revenus de substitutions à ceux qui ne travaillent pas ou peu, revient à punir l’efficacité d’un côté et à récompenser la sous-qualification de l’autre. Une distorsion qui saperait les racines mêmes de l’attractivité et de la productivité et dégraderait la performance d’ensemble de l’économie. Ce dilemme équité / efficacité, on le connaît. C’est un des plus structurants en économie. Et l’accroissement des inégalités primaires ne fait qu’attiser ce conflit d’objectifs. Il faut alors s’interroger sur le risque d’épuisement de la capacité correctrice de nos outils standards de redistribution. Et sur l’acceptabilité de ces politiques quand elles mettent de plus en plus à contribution les classes moyennes supérieures, pour éviter le risque de fuite de l’assiette fiscale des plus riches.

S’attaquer autrement aux inégalités, est-ce possible ? Il faut d’abord être conscient que nos indicateurs monétaires ne donnent qu’une image très partielle des inégalités. Parmi les angles morts, il y a le fait que pour un même niveau de revenu monétaire, dans certains pays, les ménages ont accès à une ample gamme de services collectifs dont le coût est socialisé, en matière de santé et d’éducation de formation de service de l’emploi notamment, et dans d’autres pas. Ces services sont selon les pays de bonne qualité, d’accès homogène ou sont au contraire dégradés. C’est précisément sur ce terrain que se bâtit l’égalité des chances. Et il est clair c’est une des dimensions décisives de la construction de la cohésion sociale. Ce que certains appellent l’investissement social. C’est en enjeu monétaire certes, mais aussi d’organisation, de ressources humaines, qui engage le grand chantier de la réforme de l’État.

Autre angle mort de la mesure des inégalités de revenu. C’est tout ce qui relève des plus-values. Les inégalités de revenu se cristallisent en inégalités de patrimoine, et les revenus du patrimoine créent une dynamique propre d’accroissement de la richesse qui concentre les gains sur les plus riches. Dans nos mesures standards de revenu, il y a bien ce que l’on appelle les revenus de la propriété, loyers, qui peu ou prou évoluent comme l’inflation, les intérêts et les dividendes qui diminuent avec la baisse des taux. Mais ne figurent pas les plus-values, qui sont la source numéro 1 de concentration des effets de richesse depuis trois décennies. On peut certes taxer ces plus-values au risque que les détenteurs aillent rechercher des cieux fiscaux plus cléments. Mais il faut surtout s’interroger sur le métabolisme de la finance, dont la rentabilité est de plus en plus bâtie sur ces plus-values. Avec des acteurs de la gestion d’actifs de plus en plus concentrés, et influents, to big to fail, et des banques centrales dont la mission première est de maintenir en apesanteur le prix des actifs, au risque de provoquer la grande culbute de la planète finance. Il y a là un dérèglement majeur, dont la correction devrait faire appel à la politique de la concurrence, et mobiliser un arsenal réglementaire qui aujourd’hui demeure toujours insuffisant.

Reste enfin le champ de la réglementation des revenus primaires. Revenu minimum … on connaît. Revenu maximum ? Le débat revient régulièrement sur la table quand certains scandales défraient la chronique. Je n’entrerai pas dans ce débat complexe, mais il est clair que là encore, dans le dégradé des solutions possibles, tout n’a pas été fait pour éviter les dérives extrêmes. Il existe surtout, tout un pan sur lequel le législateur fait du surplace : celui du pillage de la data et du travail informel qu’opèrent les plateformes numériques. C’est pourtant là aujourd’hui, avec la finance, que se concentrent les revenus extravagants parmi les 0,1% les plus riches qui s’arrogent le plus gros des fruits de la croissance.

Réforme de l’État, réglementation financière, formalisation de l’économie des plateformes… on ne le dit pas assez, mais ce sont trois chantiers qui s’attaquent aux sources de la machine inégalitaire. »

Critiques nauséabondes sur les origines africaines des Bleus

Critiques nauséabondes sur les origines africaines des Bleus

 

La victoire de l’équipe de France est un peu entachée par un débat particulièrement nauséabond concernant l’origine des bleus. Certes l’équipe de foot comprend des français d’origine étrangère mais ce n’est pas nouveau et cela dans tous les sports. Mais deux types de critiques sont apparus à  cet égard.  D’abord les mauvais perdants qui ont considérer qu’ils avaient été battu plus par une  équipe d’Afrique que par uen équipe française, d’autres se sont limités à de observations bien peu flatteuses sur la qualité du jeu français ; Un manque évident de sportivité quand même moins grave que des propos racistes très affirmés. Notamment de ceux  qui ont très clairement mis en cause la nationalité des français en insistant lourdement sur les origines. Certes les pays d’origine sont fiers, toute l’Afrique même, mais pour autant c’est la victoire de Français. D’autant qu’ils presque tous (sauf) un nés en France. Ils ont tous été élevés au lait républicain qui leur a permis cette ascension sportive et sociale. Curieux qu’on ne dise pas que c’est la victoire de l’Afrique quand on regarde les matches de basket aux Etats-Unis ou souvent 10 joueurs noirs sont sur le parquet. Curieux qu’on ne dise pas que c’est la victoire de l’Europe quand les Alls blacks gagnent toutes les compétitions de rugby. En fait c’est l’occasion pour certains racistes de développer les thèses nauséabondes. En Belgique, en Italie, au Venezuela mais aussi en Croatie la bête immonde est ressortie de son trou témoin cette déclaration en Croatie.

 

Quelques jours plus tôt en effet, c’est un ancien joueur croate, Igor Stinac, qui avait déclaré que son pays allait affronter «la République de France et le continent africain». Didier Deschamps, questionné au sujet de la diversité de son groupe avait alors répondu que cette mixité avait «toujours été une richesse pour le football, pour tous les sports français. Ils sont tous français et tous fiers d’être français», tout en précisant «évidemment un attachement pour les pays d’origine». Des propos ahurissants qui ont fait bondir le politicien Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI. «Ce qu’est la France ce n’est pas le fait de regarder ce qu’est votre origine. Ce qu’est la France c’est quand tu arrives ici, que tu veux être français, et que tu partages nos valeurs, tu es français. On se fout de ta couleur de peau, de ta religion, de tes ancêtres» a répliqué sur France Inter le député de Seine-Saint-Denis, territoire à forte mixité sociale. À l’occasion d’un discours à Johannesburg, dans un cadre hautement symbolique -le centenaire de la naissance de Nelson Mandela- Barack Obama s’est lui aussi exprimé sur le sujet. «Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde. Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois. Mais ils sont Français, ils sont Français!», a lancé lundi l’ancien président américain devant 15 000 personnes enthousiastes, célébrant ainsi la diversité de l’équipe de France.

 




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