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IA : menace ou opportunité écologique ?

IA : menace ou opportunité écologique ?

Menace ou opportunité, telle est la question concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur l’environnement. Si cette technologie est terriblement énergivore, elle offre aussi des outils pour mieux utiliser et optimiser la consommation des ressources naturelles. Laquelle de ces deux forces l’emportera ? La stratégie adoptée par les grands ensembles continentaux (États-Unis, Chine et Union européenne) dépend en partie de la réponse apportée à la question. Qui a fait le bon choix ?

par Patrice Geoffron
Professeur d’Economie, Université Paris Dauphine – PSL dans The Conversation.

Cet article est publié dans le cadre du partenariat les Rencontres économiques d’Aix–The Conversation. L’édition 2025 de cet événement a pour thème « Affronter le choc des réalités ».

L’intelligence artificielle pousse encore d’un cran le dilemme classique des technologies de l’information : alors que s’annonce une explosion de la demande électrique liée à cette famille de technologies, l’IA s’affirme dans le même temps comme une « boîte à outils » pour la lutte contre le changement climatique. La voie est étroite entre la tentation de vouer l’IA aux gémonies (au regard de son empreinte en énergie, eau, matières premières, espaces…) et l’espérance d’un technosolutionnisme en considérant la multiplicité de ses usages climatiques. Tentons d’esquisser un chemin entre ces deux écueils.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande d’électricité des centres de données devrait plus que doubler d’ici à 2030 pour tendre vers les 1000 térawattheures (TWh), l’équivalent de la consommation totale du Japon. Le FMI présente des projections encore plus alarmistes, considérant que les besoins en électricité induits par les usages de l’IA pourraient pousser ces consommations jusqu’à 1500 TWh, surpassant toutes autres sources de demande émergentes (véhicules électriques compris) et avoisinant la demande électrique de l’Inde.

Plus de charbon : un retour vers le futur énérgétique
Cette poussée pourrait ajouter 1,7 Gt aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) entre 2025 et 2030. Anticipant cette pression, le président des États-Unis,Donald Trump a signé en avril 2025 une série de quatre décrets destinés à doper les usages du charbon, justifiant cette décision par la nécessité de répondre à l’essor de l’IA (dans le contexte d’un « état d’urgence énergétique », déclaré dès janvier). Alors que les États-Unis avaient franchi pour la première fois en mars 2025 le seuil symbolique de moins de 50 % d’électricité fossile, l’IA risque d’inverser cette tendance.

En outre, si l’adaptation des moyens de production (notamment renouvelables) et des infrastructures de transport et de distribution devait ne pas suivre au bon rythme, une hausse des prix de l’électricité en résulterait mécaniquement, frappant ménages et entreprises. Aux États-Unis, cette hausse pourrait atteindre 10 % en 2030.

Certes, l’émergence de modèles d’IA plus sobres, tels que DeepSeek, fait planer un voile d’incertitude sur ces scénarios prospectifs, car les améliorations algorithmiques tendent à réduire les besoins en calcul et la demande en électricité. Mais, cette incertitude risque aussi de retarder des investissements cruciaux en électricité décarbonée, et de concourir à exploiter les centrales thermiques et à pousser les prix à la hausse.

Une profusion d’expérimentations orientées vers l’action climatique

En contrepoint, un rapide inventaire permet de dévoiler un foisonnement d’applications susceptibles de contribuer à l’action climatique ou de mieux anticiper les dérèglements à venir.

L’IA améliore tout d’abord les prévisions météorologiques et climatiques. Le Centre européen de prévision estime que la précision de ses modèles IA dépasse celle des modèles classiques de 20 %. Météo-France a développé un modèle à échelle régionale, utile également pour simuler les climats futurs. GraphCast de Google DeepMind surpasse les systèmes officiels de 20 à 25 % pour la prévision de trajectoires cycloniques, tandis qu’Aurora, soutenu par Microsoft, améliore le suivi des phénomènes extrêmes.

Dans le secteur de l’énergie, l’IA transforme la gestion des systèmes complexes. L’optimisation des réseaux électriques permet une prévision de la demande et de l’offre énergétiques plus précise, réduit les pertes et détecte les pannes. En Allemagne, des projets pilotes ont démontré que l’IA pouvait diminuer les congestions réseau de 40 %, évitant des investissements en infrastructure. Ce potentiel vaut aussi pour les systèmes de transport, avec une optimisation de la circulation en se basant sur les données issues de capteurs, caméras et systèmes GPS. Les Advanced Traffic Management Systems (ATMS) régulent ainsi les feux de signalisation pour fluidifier le trafic tout en diminuant les émissions de CO2 associées aux arrêts et redémarrages fréquents.

Stratégies de fertilisation adaptées

L’IA en agriculture de précision améliore l’utilisation des ressources en analysant les données de sol, météorologiques et de culture pour recommander des stratégies de fertilisation ciblées. L’analyse des niveaux d’humidité et de la disponibilité des nutriments permet de recommander des stratégies de fertilisation adaptées. Des prévisions météorologiques affinées guident les programmes d’irrigation et de plantation, surveillant également la santé des cultures via l’imagerie satellitaire et des capteurs pour prévenir les maladies ou carences nutritionnelles.

Dans la gestion de l’eau, les algorithmes d’IA analysent les données historiques, intègrent les informations météorologiques en temps réel et les conditions opérationnelles pour optimiser les performances des pompes, vannes et autres équipements critiques. En ajustant dynamiquement les débits, dosages chimiques et cycles de filtration, l’IA minimise la consommation d’énergie, tout en respectant les normes de qualité.

Action en faveur de la biodiversité

L’IA joue aussi un rôle croissant dans la conservation de la biodiversité. Les modèles d’apprentissage automatique entraînés sur l’imagerie satellite et l’ADN environnemental peuvent répertorier la répartition des espèces avec une précision inégalée. Le projet Allen Coral Atlas cartographie ainsi les récifs coralliens et détecte leur blanchissement, augmentant l’efficacité des mesures de conservation. En foresterie, OCELL développe des jumeaux numériques pour améliorer la gestion forestière. Dans la conservation marine, l’IA a permis de réduire significativement le risque de collisions entre navires et baleines, une cause majeure de mortalité des cétacés.

Pour éviter un effet catalogue, on mentionnera simplement les perspectives en économie circulaire, à la fois pour améliorer le tri des déchets et pour développer des produits plus faciles à réparer, recycler et réutiliser.

IA frugale : des perspectives au-delà de l’oxymore ?

Face à cette dualité, des efforts sont déployés pour esquisser le contour d’une IA frugale, soit une approche systémique combinant efficacité matérielle, optimisation algorithmique et questionnement des usages. Les trois principes de l’IA frugale (démontrer la nécessité du recours à l’IA, adopter de bonnes pratiques environnementales et questionner les usages dans les limites planétaires) constituent un cadre pour guider l’action.

La stratégie nationale française, dans sa troisième phase lancée en 2025, érige l’IA frugale en boussole. Cette approche vise à minimiser les besoins en ressources matérielles et énergétiques tout en garantissant la performance des systèmes d’IA. Le référentiel général pour l’IA frugale (AFNOR Spec 2314), élaboré par Ecolab avec plus d’une centaine d’experts, propose des méthodologies concrètes pour mesurer et réduire l’impact environnemental des projets.

Souverain et durable

L’Union européenne déploie un plan d’action pour devenir “le continent de l’IA”. Cette approche européenne privilégie une régulation fondée sur les risques, classant les systèmes d’IA selon leur niveau de dangerosité. Les futures giga-usines d’IA visent à développer une [infrastructure souveraine],tout en intégrant des critères de durabilité.

De son côté, la Chine coordonne le développement des centres de données avec ses infrastructures d’énergies renouvelables. Le plan d’action publié en juin 2025 par l’Administration nationale de l’énergie prévoit d’implanter les centres de données dans des régions riches en ressources renouvelables comme le Qinghai, le Xinjiang et le Heilongjiang. Cette stratégie s’appuie sur la capacité chinoise à déployer rapidement de nouvelles capacités électriques : en 2024, la Chine a ajouté 429 GW de nouvelles capacités de production, soit plus de 15 fois celles des États-Unis sur la période.

Une déréglementation totale
Ce qui, à l’évidence, ne constitue pas une préoccupation pour les États-Unis qui ont adopté une approche résolument pro-innovation débridée sous l’administration Trump II. Cette dernière a d’ores et déjà abrogé le décret de Joe Biden sur la sécurité de l’IA, qui imposait aux entreprises de communiquer leurs données lorsque leurs programmes présentaient des “risques sérieux”.

Cette décision s’inscrit dans une logique de déréglementation totale et « un développement de l’IA fondé sur la liberté d’expression et l’épanouissement humain ». Aux antipodes, dans ce domaine également, de l’approche de l’UE avec son IA Act.

Réforme des retraites : opportunité pour la CFDT

Réforme des retraites : opportunité pour la CFDT

La décision de re remettre « en chantier » la réforme des retraites constitue une « opportunité inédite » qu’il faut « saisir » estime  la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon. D’entrée la CFDT, majoritaire dans le pays désormais, réaffirme dans sa position de syndicat constructif  (comme la CGC, l’UNSA ou la CFTC ) sans doute pour se distinguer des syndicats gauchistes qui de toute façon s’opposent à tout .
Les  renégociation de trois mois, « sans aucun tabou », sur la réforme des retraites constitue un signal à saisir , parce qu’il n’y en a eu aucun de la part de l’exécutif de l’époque, malgré des millions de travailleurs dans la rue dit Maryse Léon.  Ce serait les trahir que de ne pas saisir cette opportunité », ajoute-t-elle.

Pour Marylise Léon, « la réforme est bien sur pause puisque le calendrier est restreint et qu’il faut conclure dans un délai qui permet ensuite de renvoyer le sujet à l’Assemblée nationale pour ce qui nécessite une transposition législative ». La réforme de 2023, qui avait été adoptée au forceps grâce à l’article controversé 49.3 de la Constitution, a notamment porté de 62 à 64 ans l’âge légal de la retraite.

« Il faut bouger sur les 64 ans. Il faudra aussi une mesure sur la pénibilité, une mesure sur l’égalité hommes-femmes et une mesure sur l’âge », énumère Marylise Léon. Les syndicats doivent discuter jeudi après-midi en intersyndicale des premiers contours de la négociation.

Cryptomonnaies : opportunité et danger

Cryptomonnaies : opportunité et danger

Vous n’avez jamais entendu parler de meme coin, de MiCA (et non de la célèbre marque de chocolat), de stable coin ou d’ETF ? À l’heure où le règlement européen sur les marchés de cryptoactifs entre progressivement en vigueur le 30 décembre 2024 et que le cours du Bitcoin s’envole, tour d’horizon des enjeux de la cryptomonnaie en 2025.

 

par 

Professor de Comptabilité et Finance, Doyen Associé à la Recherche, ESC Pau dans The Conversation 

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en novembre 2024 a marqué un tournant pour le Bitcoin. Entre septembre et décembre 2024, le Bitcoin a doublé sa valeur, passant de 52 000$ à plus de 100 000$. Cette année, il affiche une performance de 124 % avec un plus haut historique à 108 000 $. Des performances largement au-dessus de l’indice Nasdaq (30 %), de l’or (27 %) ou du CAC 40 (-2 %), le placent à la 7e position des actifs financiers les mieux valorisés. Le marché des cryptomonnaies dans son ensemble n’est pas en reste avec une performance proche des 100 % sur l’année 2024.

Cette année prolifique pour les investisseurs fait suite à une année 2023 qui avait vu le cours du Bitcoin se redresser après les plus bas atteints en 2022 aux alentours des 15 000$.

La mise sur le marché des premiers ETFs (fonds indiciel coté ou Trackers) après le feu vert début janvier 2024 de la SEC, le gendarme de la bourse aux États-Unis. Ces fonds négociés en bourse suivent la performance d’un actif sous-jacent (de référence) comme le Bitcoin, l’or ou le CAC 40. Ils répliquent la performance de l’actif et ils peuvent être achetés et vendus comme des actions directement, sans avoir à détenir l’actif lui-même. Ce processus facilite les transactions et la détention, car il n’y a pas de stockage physique.
BlackRock, le plus gros gestionnaire d’actifs s’en veut le porte-étendard. IBIT, son ETF, a été particulièrement performant, contribuant de moitié aux 100 milliards de dollars amassés par les 11 ETF Bitcoin approuvés. Larry Fink, le puissant patron de BlackRock, s’étant mué en un ardent promoteur, qualifiant désormais l’actif « d’or numérique ». Ce changement radical de position de la part d’un des plus influents gestionnaires d’actifs a de fait considérablement renforcé la légitimité du Bitcoin auprès des investisseurs institutionnels.

La deuxième ? Le halving. Ce processus de réduction de moitié de la création de nouveaux bitcoins, revient environ tous les quatre ans ou plus exactement tous les 210 000 blocs validés sur sa blockchain par les mineurs. Ces derniers fournissent le service à la blockchain en mettant à disposition la puissance de calcul de leurs ordinateurs pour valider les transactions et sécuriser le réseau. Le halving raréfie automatiquement l’offre sur le marché, créant ainsi les conditions pour une appréciation des cours.

Désormais, ce ne sont plus 900 bitcoins qui seront ainsi émis par jour, mais 450 en moyenne. Le protocole qui régit la reine des cryptomonnaies est en effet une mécanique de précision avec une offre maximale de 21 millions de bitcoins qui ne sera pas atteinte avant 2 140 et dont 90 % ont déjà été minés.

Cette ruée vers l’or digital ne se fait pas sans heurts et, à l’image de la conquête de l’Ouest, les pièges et les embuscades sont nombreux. Les opérations en cryptomonnaies restent exposées aux erreurs techniques – mauvaise adresse de portefeuille ou réseau sélectionné – ou aux arnaques.

L’engouement pour les meme coins s’apparente à un casino géant. Des joueurs galvanisés par la promesse de multiplier par 100 ou 1 000 leur investissement. En hausse de plus de 300 % sur l’année, ce marché représenté notamment par les jetons Dogecoin, Shiba Inu ou Pepe, culmine à plus de 100 milliards de dollars. Ces cryptomonnaies créées initialement comme une référence à un mème Internet, peuvent être des monnaies à but uniquement spéculatif. Et n’importe qui peut en créer. Il suffit d’une simple connexion, d’une image d’illustration et le renseignement du nom du jeton et de son ticker – code unique avec une combinaison de lettres et de chiffres – pour la mettre sur le marché.
Certains projets peuvent présenter une utilité mais, par définition, les meme coins sont au mieux à but humoristique. Au pire, là pour attirer des capitaux et pour mieux les détourner. Et lorsqu’un écolier arrive à escroquer des investisseurs à hauteur de 30 000$, il est légitime de se poser la question de la régulation de ce genre de plateforme pour protéger les investisseurs.
L’Union européenne, avec la réglementation MiCA (Markets in Crypto-Assets Regulation) en vigueur depuis hier, offre désormais un cadre juridique uniforme pour les marchés des cryptoactifs. Ces opérations sont dorénavant tracées de la même manière que les transferts d’argent traditionnels. Les fournisseurs de services en cryptomonnaie sont placés sous autorisation, renforçant la protection des consommateurs. Cette régulation va probablement à contre-courant de la tendance américaine. L’arrivée aux États-Unis de la deuxième administration Trump, en particulier sous l’influence d’Elon Musk, vise à la simplification des normes sur la cryptomonnaie.

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MiCa fait déjà grincer des dents certains acteurs de l’écosystème cryptomonnaie. Tether, l’émetteur du stablecoin USDT a refusé de se plier aux règles d’obtention de l’agrément requis par MiCA. Les stablecoins sont des cryptomonnaies dont la valeur est indexée sur celle d’un actif de référence, généralement le dollar américain. Ils jouent un rôle crucial en offrant une stabilité nécessaire pour les échanges et en servant de refuge lors des périodes de volatilité.

L’USDT de Tether, avec sa capitalisation de plus de 130 milliards de dollars, est devenu un pilier incontournable du marché crypto. Il représente la troisième plus forte capitalisation derrière le bitcoin et l’ethereum. L’USDT a souvent été identifié comme une cause potentielle de risque systémique au vu de sa valorisation actuelle.

De nombreux autres stablecoins ne sont toujours pas délistés et des plates-formes de spéculation effrénée sur les meme coins restent ouvertes. On peut ainsi se poser la question de la pertinence de la régulation européenne et de son impact sur le développement de l’industrie des cryptomonnaies en Europe.

L’année suivant le halving est généralement propice aux cryptomonnaies, surtout lors des trois premiers trimestres. On peut s’attendre à ce que cette année ne fasse pas exception à la règle. En revanche, si le marché venait à corriger fortement comme en 2021, les failles dans l’industrie pourraient avoir des conséquences similaires à celles des subprimes en 2008.

Il est donc important que des règles de bonne gestion, plutôt que des régulations unilatérales, s’imposent aux acteurs de la finance décentralisée et traditionnelle dans les années à venir.

Trump : Offre-t-il une opportunité à l’Europe ?

Trump : Offre-t-il une opportunité à l’Europe ?

 

Alexandra de Hoop Scheffer, politiste : « L’élection de Donald Trump offre aux Européens une opportunité de s’adapter aux nouvelles réalités géopolitiques ».  L’Union européenne doit accélérer sa réflexion sur le nouveau modèle de sécurité et sur son rôle dans la compétition stratégique entre les Etats-Unis et la Chine, analyse la politiste dans une tribune au « Monde ».

 

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche met fin à la parenthèse Joe Biden et place les Européens devant leurs responsabilités stratégiques. Au lendemain d’élections qui donnent aux républicains une large marge de manœuvre pour appliquer leur programme, deux questions se posent. Les Européens peuvent-ils bâtir un nouveau modèle de sécurité pour leur continent ? Et quel rôle souhaitent-ils jouer dans la compétition stratégique entre les Etats-Unis et la Chine ?

La réélection de Donald Trump oblige à accélérer une réflexion qui aurait dû être sérieusement lancée dès les années 2010. Sans alarmisme ni naïveté, les Européens doivent rapidement présenter des solutions politiques à ces deux défis.

Donald Trump conçoit l’Alliance atlantique comme une organisation permettant aux alliés de bénéficier de la protection américaine pour leur propre sécurité à moindre coût. Les dépenses européennes en matière de défense seront un des sujets brûlants des premiers échanges transatlantiques.

Plutôt que de céder à la tentation d’accords bilatéraux où chaque pays chercherait à « acheter » la protection américaine, l’Europe doit envisager une approche coordonnée par une rationalisation de sa base industrielle. C’est une priorité absolue, car elle ne peut plus se permettre de sous-traiter sa défense aux Etats-Unis. Le nouveau secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et les autres leaders européens devront convaincre Trump que cette évolution peut être présentée comme une victoire politique aux Etats-Unis.

En parallèle, la question ukrainienne sera cruciale pour la redéfinition de l’espace de sécurité européen. Elle sera aussi le premier test pour la relation transatlantique. Donald Trump s’est présenté à ses électeurs comme celui qui pourra éviter la troisième guerre mondiale. Il ne fait aucun doute qu’un accord avec Vladimir Poutine est une priorité absolue de son agenda de politique étrangère.

L’emploi des seniors, opportunité démographique

L’emploi des seniors, opportunité démographique

Pour le président du Cercle des économistes, «le choc [du vieillissement de la population] pour l’économie en général, et pour l’équilibre des comptes de la protection sociale en particulier, est potentiellement considérable»

Un article intéressant mais comme souvent trop général et qui ne tient pas compte suffisamment de la question centrale de la nature des métiers et de la pénibilité. NDLR

Babyboom : rarement une expression aussi impropre n’a eu autant de succès. Dans l’imaginaire collectif, elle revoie aux natifs d’après-guerre qui auraient eu une vie confortable et qui aujourd’hui plomberaient nos régimes de retraites. Cela marche tellement bien, que l’expression a même été abrégée et que tout septuagénaire est désormais un boomer.

Pourtant, si on regarde les chiffres, le babyboom n’est en rien un choc ponctuel de naissances. A partir de 1946, le nombre de nouveaux nés en France va dépasser les 800 000 personnes par an – soit un niveau inégalé depuis le début des années 1920 – et se maintenir ainsi jusqu’en… 1974. Le boom a donc été la norme pendant près de trente ans, et concerne aussi les plus âgés de nos quarantenaires actuels… qui parfois se joignent aux critiques adressées aux boomers.

La conséquence de cette réalité démographique est que le papyboom va durer et que les rangs des retraités vont continuer de grossir pendant au moins quinze ans. Selon les projections de l’Insee, la part des plus de 60 ans dans la population, qui représente déjà un colossal 25 %, pourrait atteindre 31 % en 2040. Les conséquences de ce choc pour l’économie en général, et pour l’équilibre des comptes de la protection sociale en particulier, sont potentiellement considérables.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la situation n’est pas désespérée et la France pourrait même tirer son épingle du jeu. Pour le comprendre, il faut se figurer que les ratios démographiques, tels que la part des plus de 60 ans, ne sont pas très utiles ni pour prévoir le dynamisme d’une économie ni pour l’améliorer. Ce qui est pertinent, c’est plutôt la part des personnes qui travaillent au sein de l’ensemble de la population. Plus elle est grande, plus on arrive à couvrir les besoins des ceux qui ne travaillent pas, et en particulier des plus jeunes et des plus âgés.

Si le taux d’emploi des seniors approchait celui des autres actifs, cela suffirait à compenser les effets du vieillissement et à enrayer la réduction du taux global d’activité

Aujourd’hui en France, les actifs représentent moins de 45 % de la population. Si les taux d’activité par âge ne changent pas, cette part sera réduite de 2,5 points de pourcentage d’ici 2040 ; c’est considérable, et incompatible avec toutes les priorités d’investissement du moment que ce soit dans l’éducation, dans la santé, dans la transition énergétique, etc. Mais il y a une marge de manœuvre, à chercher du côté de l’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans, ceux que l’on appelle les travailleurs seniors. Leur taux d’emploi n’atteint que les deux tiers de celui des 25-54 ans, soit un des plus faibles ratios parmi les pays comparables. Or, si le taux d’emploi des seniors approchait celui des autres actifs, cela suffirait à compenser les effets du vieillissement et à enrayer la réduction du taux global d’activité.

La hausse du taux d’emploi des seniors doit être une priorité des politiques publiques, pour financer la protection sociale et les investissements conduisant à une économie prospère et soutenable. Les mécanismes visant à repousser l’âge de liquidation des droits à la retraite sont bienvenus mais, pour être efficaces, ils doivent s’accompagner de formations, de luttes contre les discriminations et les clichés, et de la prise en compte des souhaits des seniors en matière d’aménagement du travail.

La France est en retard mais, depuis le début des années 2000, l’emploi des seniors s’améliore. Ironiquement, c’est depuis que les premiers babyboomers ont atteint 55 ans que l’on constate des progrès. Ecoutons-les et révolutionnons avec eux le travail des seniors !

Hippolyte d’Albis est président du Cercle des économistes, auteur de « Les seniors et l’emploi » paru aux Presses de Sciences Po, 2022.

Démographie: l’emploi des seniors une opportunité ?

Démographie: l’emploi des seniors une opportunité ?

Pour le président du Cercle des économistes, «le choc [du vieillissement de la population] pour l’économie en général, et pour l’équilibre des comptes de la protection sociale en particulier, est potentiellement considérable» ( dans l’Opinion)

Un article intéressant mais un peu trop macro qui ne prend pas suffisamment en compte la pénibilité et l’état physique des intéressés. Sans parler du rapport au travail, de son sens et les relations humaines et hiérarchiques. Alors c’est peut-être le rapport au travail dans toutes ses dimensions qui constitue le plus gros handicap du pays NDLR

Le babyboom n’est en rien un choc ponctuel de naissances. A partir de 1946, le nombre de nouveaux nés en France va dépasser les 800 000 personnes par an – soit un niveau inégalé depuis le début des années 1920 – et se maintenir ainsi jusqu’en… 1974. Le boom a donc été la norme pendant près de trente ans, et concerne aussi les plus âgés de nos quarantenaires actuels… qui parfois se joignent aux critiques adressées aux boomers.

Maxime Sbaihi: «Les actifs et les nouvelles générations n’ont pas à subir seuls le fardeau du vieillissement démographique»
La conséquence de cette réalité démographique est que le papyboom va durer et que les rangs des retraités vont continuer de grossir pendant au moins quinze ans. Selon les projections de l’Insee, la part des plus de 60 ans dans la population, qui représente déjà un colossal 25 %, pourrait atteindre 31 % en 2040. Les conséquences de ce choc pour l’économie en général, et pour l’équilibre des comptes de la protection sociale en particulier, sont potentiellement considérables.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la situation n’est pas désespérée et la France pourrait même tirer son épingle du jeu. Pour le comprendre, il faut se figurer que les ratios démographiques, tels que la part des plus de 60 ans, ne sont pas très utiles ni pour prévoir le dynamisme d’une économie ni pour l’améliorer. Ce qui est pertinent, c’est plutôt la part des personnes qui travaillent au sein de l’ensemble de la population. Plus elle est grande, plus on arrive à couvrir les besoins des ceux qui ne travaillent pas, et en particulier des plus jeunes et des plus âgés.

Si le taux d’emploi des seniors approchait celui des autres actifs, cela suffirait à compenser les effets du vieillissement et à enrayer la réduction du taux global d’activité.

Aujourd’hui en France, les actifs représentent moins de 45 % de la population. Si les taux d’activité par âge ne changent pas, cette part sera réduite de 2,5 points de pourcentage d’ici 2040 ; c’est considérable, et incompatible avec toutes les priorités d’investissement du moment que ce soit dans l’éducation, dans la santé, dans la transition énergétique, etc. Mais il y a une marge de manœuvre, à chercher du côté de l’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans, ceux que l’on appelle les travailleurs seniors. Leur taux d’emploi n’atteint que les deux tiers de celui des 25-54 ans, soit un des plus faibles ratios parmi les pays comparables. Or, si le taux d’emploi des seniors approchait celui des autres actifs, cela suffirait à compenser les effets du vieillissement et à enrayer la réduction du taux global d’activité.

La hausse du taux d’emploi des seniors doit être une priorité des politiques publiques, pour financer la protection sociale et les investissements conduisant à une économie prospère et soutenable. Les mécanismes visant à repousser l’âge de liquidation des droits à la retraite sont bienvenus mais, pour être efficaces, ils doivent s’accompagner de formations, de luttes contre les discriminations et les clichés, et de la prise en compte des souhaits des seniors en matière d’aménagement du travail.

La France est en retard mais, depuis le début des années 2000, l’emploi des seniors s’améliore. Ironiquement, c’est depuis que les premiers babyboomers ont atteint 55 ans que l’on constate des progrès. Ecoutons-les et révolutionnons avec eux le travail des seniors !

Hippolyte d’Albis est président du Cercle des économistes, auteur de « Les seniors et l’emploi » paru aux Presses de Sciences Po, 2022.

Réindustrialisation : Faire de l’inflation des matières premières une opportunité

Réindustrialisation : Faire de l’inflation des matières premières une opportunité

Le contexte inflationniste repose l’équation de la rentabilité. Surtout, ses incidences sur le coût de l’énergie et des approvisionnements ouvrent de nouvelles opportunités pour les PME et ETI : en révisant leurs plans directeurs, elles ont une carte gagnante à jouer à condition de miser sur l’investissement de leurs outils de production. Par Jacques Schaffnit, operating partner chez I&S Adviser.(dans la Tribune)

Indubitablement, les matières premières et l’énergie sont les deux préoccupations centrales des PME et ETI du secteur industriel en ce début d’automne. Et les prévisionnistes s’accordent sur un point : aucun de ces coûts ne reviendra à son niveau d’avant crise à court terme, lié à un phénomène non de pic, mais de plateau qui se ré-élève mois après mois. Par conséquent, les dirigeants d’entreprises industrielles n’ont pas d’autre choix que de retravailler leur plan directeur d’usine à 5 ans. Avec comme objectif de se réinventer.
Les nouveaux paramètres des plans directeurs à 5 ans.

Face à la nouvelle donne de 2022, et, quel que soit le type d’activité industrielle, le plInflation des matières premières, unean directeur doit revoir l’ensemble des coûts et intégrer de nouveaux paramètres : en premier lieu l’inflation qui va peser sur les dépenses à court et à moyen terme ; ainsi que les démarches concourant à faire des économies d’énergie et à décarboner les activités.
Pour cela, un seul mot d’ordre : relancer les investissements. Non seulement ces investissements sont indispensables, mais surtout ils sont devenus inévitables et ne peuvent plus être reportés. Trop d’équipements de production dans les PME sont en effet énergivores et à l’origine de gaspillages. Les industriels doivent profiter de ce momentum pour réaliser les investissements qu’ils n’ont pas faits jusque-là.

La première difficulté pour passer à l’action est de changer la façon dont les dirigeants de PME-PMI préparent et gèrent le développement de leurs activités.
Beaucoup vont notamment devoir accepter de consentir à des dépenses supérieures à celles qu’ils ont l’habitude de s’autoriser en temps de tension économique. Ce qu’ils doivent avant tout percevoir, c’est que c’est non seulement possible, mais aussi qu’ils en sortiront gagnants.
Tout d’abord, investir dans ses usines et ses équipements de production permet des gains et qui plus est, des gains immédiats : baisse de la consommation d’énergie, donc de la facture d’électricité et/ou de gaz ; maintien, voire augmentation de la productivité ; diminution des rebuts grâce aux performances améliorées des machines – ce qui permet de consommer (et donc d’acheter) moins de matières. Par exemple, le dirigeant peut changer ou effectuer des travaux sur ses systèmes de chauffage et d’isolation de ses bâtiments, ajuster sa flotte automobile ou encore remplacer les machines

De plus, il faut distinguer rentabilité industrielle et rentabilité financière. En investissant maintenant, le dirigeant se donne les moyens d’absorber le risque et les hausses prévisibles qui vont peser sur le résultat opérationnel de son entreprise à moyen terme. En effet, l’inflation et les économies permises par les investissements changent le calcul de rentabilité. Si jusque-là, le payback était relativement long à obtenir, ce n’est plus le cas depuis mi-2022 – il est parfois même obtenu en 2 fois moins de temps dans certains cas observés (en passant de 5 ans à 2 ans et demi). Au bout du compte, l’investissement s’avère rentable à court terme et à moyen terme.

La seconde difficulté pour les dirigeants de PME-PMI est celle du cash disponible – et donc l’épineuse question de la capacité financière de l’entreprise à investir. Soit l’entreprise a la trésorerie suffisante et dans ce cas, son défi est avant tout d’oser avancer. Soit elle ne l’a pas et s’offre alors à elle différentes options à étudier.
Elle peut par exemple trouver un équilibre intéressant dans les offres de leasing d’équipements de production et matériels d’entreprise proposées par les établissements financiers. Dans ce cas, il y a fort à parier que le gain productif généré avec les nouveaux équipements sera supérieur aux économies réalisées (en premier lieu sur la facture d’énergie), ce qui rend pertinent le modèle de financement des investissements inscrits dans le plan directeur. La PME-PMI aura de surcroît le choix de garder ou non en fin de période les équipements acquis en leasing en se basant sur les bénéfices constatés.
?
La crise énergétique et les tensions sur les matières premières peuvent au bout du compte devenir des vecteurs de réindustrialisation et de modernisation de l’outil productif de la France.
Ce qui a manqué dans beaucoup de nombreuses situations et pendant de trop nombreuses années, c’est l’investissement structure

Jusque récemment encore, rien n’y incitait ni n’y contraignait. Les nouveaux paramètres nés des tensions inflationnistes sur les énergies et les matières premières, en modifiant les logiques de calcul de rentabilité, rendent l’investissement non seulement pertinent d’un point de vue « ROI », mais aussi indispensable pour créer de la valeur et assurer sa pérennité à long terme. Restera alors à faire les bons choix pour projeter son entreprise dans le futur et attirer et fidéliser les compétences clés de demain, sujet sur lequel il est important que le dirigeant ne travaille pas et se fasse épauler idéalement par ceux qui l’ont déjà fait comme les operating partners.
Jacques Schaffnit

Changement climatique : opportunité ou risque ?

Changement climatique : opportunité ou risque  ?

 

 Le changement climatique, dont nous sommes les principaux acteurs, apporte son lot de transformations et de remises en question des paradigmes en place. Si traditionnellement  il est perçu sous le prisme du risque qu’il fait encourir aux acteurs économiques, il est également porteur de nouvelles opportunités. Par Sarah Daymier, Project Manager chez Square Management.( la Tribune)

 

Du risque à l’opportunité, tout n’est qu’une question de vision. Au cours des XIXe et XXe siècles, l’entreprise était considérée comme un simple acteur économique, dont le seul but était de créer de la valeur – via la production de biens et services – grâce aux facteurs de production. Or, parce qu’elle utilise des ressources environnementales et parce qu’elle joue un rôle social incontestable, cette conception de l’entreprise est loin d’être suffisante. C’est ainsi que le développement de la RSE rebat les cartes en intégrant deux volets supplémentaires pour une approche holistique de l’entreprise : environnemental et social.

Si les entreprises s’engagent de plus en plus sur le terrain de la RSE, pour des raisons variées (par engagement réel pour ces causes ou pour correspondre aux nouvelles attentes des clients ou investisseurs), le risque climatique apparaît comme un nouvel élément perturbateur pour celles-ci (1).

Le risque physique a, par exemple, une grande influence sur toute la production de produits alimentaires, en altérant la chaîne dès son premier maillon. Les sécheresses et les inondations (pour ne citer que ces catastrophes naturelles), de plus en plus régulières et virulentes, ont pour impact direct de détruire tout ou partie des récoltes, entraînant mécaniquement des tensions sur le marché des matières premières. C’est pourquoi des indicateurs de mesure de risque sont particulièrement pertinents pour pouvoir suivre l’impact de ces changements climatiques sur l’activité de l’entreprise.

Toutefois, dans cette logique, le changement climatique ne peut être appréhendé que sous le prisme d’un risque – nouveau – à prendre en compte. En changeant la vision que l’on porte sur le changement climatique, il devient possible de transformer ce risque en véritable opportunité.

Les opportunités induites par les changements climatiques ne pourront exister que si les entreprises acceptent de réinventer leurs business models. Face à l’urgence de ces problématiques, certaines initiatives sont nées.

Ces solutions ont été élaborées sur la base d’un changement de paradigme concernant la production et la consommation. A ce titre, l’économie circulaire (2) agit directement sur l’aspect « production » en sortant d’une logique linéaire (extraire, transformer, consommer, jeter) et en orientant la production dans un système de boucle où les outputs (les déchets) deviennent les inputs. L’économie de service (3) et l’économie collaborative (4) s’attaquent plutôt à la dimension « consommation », en encourageant respectivement la mise en service de certains produits (location) et la mise en commun des produits / services.

Dans tous ces scénarios, le bénéfice direct pour les entreprises est une amélioration des procédés (valorisation des déchets, développement technologique et humain…), une amélioration de la réputation (compte tenu des courants de pensées actuels qui vont dans ce sens) et, bien entendu, l’accès à de nouvelles cibles de marché qui viendront renforcer et consolider ce cercle vertueux (5).

Autrement dit, ces nouvelles visions montrent qu’il est possible de faire coïncider des initiatives stratégiques à la fois économiquement viables et bénéfiques pour l’environnement.

Toutefois, les entreprises doivent être accompagnées : elles ne sont pas les seuls acteurs du système économique et de son changement. Ainsi, le comportement d’achat des consommateurs a également tendance à se modifier ces dernières années en prenant exemple sur ces nouveaux modèles. Acheter d’occasion, trouver de nouvelles fonctions aux produits, donner… sont autant d’alternatives à l’achat de produits neufs. L’état et en particulier la réglementation est un autre levier intéressant pour impulser ces changements en mettant en place un système de bonus / malus, fonction des indices de réparabilité et à horizon 2024, un indice de durabilité.

Au-delà des risques que le changement climatique implique pour le système économique tel que nous le connaissons actuellement, il offre aux entreprises (et plus généralement à tout acteur économique) une raison de se réinventer. Tout l’enjeu désormais est de transformer les modèles d’innovation en de solides habitudes ancrées dans nos comportements afin de rendre profitable un risque inévitable.

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Sources :

  • https://librairie.ademe.fr/cadic/922/guide-pratique-economie-circulaire-10-questions.pdf?modal=false
  • https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/na46_economie_circulaire_07042016_finale-web.pdf

(1) On estime par exemple que les inondations de 2016 ont eu un impact de 1,4 milliard d’euros sur l’activité économique en Ile de France. (Source : https://librairie.ademe.fr/cadic/4883/ademe_recueildiagnosticimpactschangementclimatiquesurentreprise_web_bd.pdf )

(2) L’économie circulaire consiste à limiter le gaspillage et la production des déchets en réinventant la manière de consommer, notamment en sortant du « tout jetable ». Ce modèle économique repose sur la création de boucles de valeurs positives où les matières sont réutilisées avant destruction finale. (source: https://institut-economie-circulaire.fr/economie-circulaire/)

(3) L’économie de service est un modèle économique où la vente de produit devient une activité de service – comme par exemple le passage pour un concessionnaire d’une activité de vente de voitures à une activité de location.

(4) L’économie collaborative est une économie de pair a pair, qui repose sur le partage ou l’échange de biens ou services entre particulier (source : https://www.vie-publique.fr/eclairage/19381-leconomie-collaborative-un-nouveau-modele-socio-economique )

(5) A titre d’exemple, des enseignes comme Ikea ou Decathlon proposent un service « Seconde vie » et reprennent les articles, quel que soit leur état, pour leur offrir une seconde vie. Source : https://www.ikea.com/fr/fr/customer-service/services/buy-back-resell/ et https://secondevie.decathlon.fr/

Transition écologique : un cout financier ou au contraire une opportunité ?

Transition écologique : un cout financier ou au contraire une opportunité ?

 

Bertrand Piccard conteste la peur que font naître les énormes financements de la transition écologique qui pour lui n’est pas un cout financier mais une opportunité

 

Bertrand Piccard, président de la Fondation Solar Impulse, psychiatre et explorateur, auteur du premier tour du monde en ballon (1999) puis en avion solaire (2015-2016), tiendra durant cette quinzaine une chronique quotidienne des succès et des déceptions de ce rendez-vous crucial pour l’avenir de notre planète. Une exclusivité pour La Tribune et le quotidien suisse Le Temps.

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On a parlé gros sous à Glasgow hier. Avec des chiffres à donner le vertige: la secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Janet Yellen, a ainsi estimé que la transition mondiale vers la neutralité carbone coûterait entre 100 et 150 mille milliards de dollars («150 trillions» en anglais, soit un nombre à 15 chiffres). On a par ailleurs évoqué à longueur de sessions le «Green Premium» c’est-à-dire le différentiel de prix entre solutions propres et techniques polluantes actuelles . On présente ainsi la transition vers un monde durable comme compliquée, coûteuse et financièrement risquée.

Je vois les choses de manière diamétralement opposée.

Il existe actuellement sur le marché des solutions pour développer l’efficience, valoriser les déchets ou produire de l’énergie verte, qui sont déjà rentables et compétitives. Il est donc absurde de parler de risque économique et de «Green Premium». Tout comme il est absurde de répéter que la transition énergétique représente un coût (autrement dit de l’argent que l’on perd) alors qu’il s’agit d’un investissement (de l’argent qui rapporte).

 

D’ailleurs, d’autres acteurs du marché l’ont très bien compris, et le monde financier commence à se passionner pour cette transition écologique, comme en témoigne la multitude de colloques organisés sur ce thème à Glasgow. Lorsque l’on évoque des trillions comme s’il s’agissait de vider les caisses, on se trompe. Car les trillions sont déjà là, disponibles sur les marchés, notamment investis dans les énergies fossiles. Il s’agit seulement de les sortir des industries qui n’ont aucun avenir pour les réorienter vers des opportunités plus prometteuses et durables.

«La plus grande opportunité économique de notre époque»

Cela ne concerne pas seulement l’argent des banques et des investisseurs privés. Au lieu d’investir dans l’immobilier – et d’en faire grimper sans cesse les prix au risque d’alimenter une bulle spéculative – , ou de se rabattre sur des obligations au rendement décevant, les caisses de pension auront tout avantage à investir dans le futur énergétique. Prétendre que ces investissements sont risqués est une mauvaise excuse. Il y a certes un risque à investir dans la capture du carbone ou la fusion nucléaire, qui ne sont pas encore des techniques abouties, mais il n’y en a aucun avec la production d’énergies renouvelables, l’efficience énergétique et la valorisation des déchets, qui sont déjà des secteurs rentables aujourd’hui.

D’ailleurs, plus loin dans son propos sur les trillions de dollars de la transition, la Secrétaire au Trésor a quand même reconnu que la lutte contre le changement climatique est «la plus grande opportunité économique de notre époque». Voilà selon moi la partie qu’il faut retenir de son discours, pour créer une émulation encourageante et réaliste.

Pandémie : une opportunité pour un nouveau modèle économique ?

Pandémie : une opportunité pour un nouveau modèle économique ?

 « La pandémie a provoqué un désastre sanitaire, économique et social, mais peut s’avérer être une chance pour développer un modèle économique de rupture » estime dans l’Opinion  William Thay e président du think-tank Le Millénaire, spécialisé en politiques publiques et portant un projet gaulliste et réformateur au service de la grandeur de la Franceet  Olivier Bodo est secrétaire général délégué du Millénaire.

 

La gestion de la crise sanitaire, économique et sociale ne sera considérée comme un échec que si nous ne pouvons pas en tirer les enseignements. Nous devons mettre en place les conditions nécessaires pour répondre aux problèmes conjoncturels hérités de la crise, mais également aux maux structurels français. Nous devons libérer donc les énergies pour faire de la France le paradis du travail grâce à notre cadre de vie.

Notre pays doit se préparer à effectuer une transition de son économie qui est sous perfusion. En effet, mis à part le transport aérien, le tourisme ou la restauration qui ont été immédiatement impactés, les autres secteurs de notre économie se stabilisent grâce aux dispositifs de soutien. De fait, la véritable crise va commencer au moment où ceux-ci vont disparaître. Cet arrêt conduira à une asphyxie des acteurs économiques aussi bien des ménages que des entreprises. C’est pourquoi ces mécanismes doivent être arrêtés progressivement pour permettre une transition en douceur.

Boulet.  erreurs. Pour en sortir renforcé, il est ainsi nécessaire de changer de modèle. La transformation de notre économie ne doit pas répondre uniquement aux problèmes engendrés par la crise sanitaire ; elle doit également répondre aux problèmes structurels qui existaient auparavant. La pandémie a révélé la faiblesse du système économique français fortement dépendant de la consommation des ménages ainsi que la vulnérabilité d’approvisionnement de certains secteurs liés à des structures de production essentiellement basées à l’étranger. De plus, elle a ouvert des perspectives intéressantes en termes d’opportunités : il y aura clairement un avant et un après Covid.

« Il est nécessaire de rompre avec notre politique économique fondée sur la consommation et les dépenses publiques »

Pour faire de la France le paradis du travail, il est nécessaire dans un premier temps de libérer les énergies des acteurs économiques pour leur redonner de l’oxygène tout en leur offrant un avantage comparatif. Tout d’abord, la diminution temporaire du taux de TVA dans les secteurs sinistrés doit encourager la consommation ou la reconstitution de la trésorerie des entreprises. Ensuite, une attention particulière devra être portée au niveau d’endettement des entreprises et au risque de faillite qui en découle. Pour cela, nous pouvons procéder à un allongement de la période de remboursement mais également, en ce qui concerne les PGE, envisager de supprimer le paiement des intérêts et limiter le remboursement au seul principal.

Enfin, la fiscalité française ne doit plus être un boulet, mais un avantage pour nos acteurs économiques. Pour cela, il faudrait aligner progressivement notre fiscalité sur celle du Royaume-Uni pour offrir un avantage comparatif à la France par rapport à ses voisins européens. Cet alignement passerait par une diminution du montant des cotisations sociales patronales, la baisse du montant de l’impôt sur les sociétés (IS) pour l’établir dès cette année à 25 % puis 20 % et la suppression de certains impôts de production qui sont une contre-logique économique.

Pour faire de la France le paradis du travail, il est nécessaire dans un second temps d’entamer des réformes structurelles. Tout d’abord, il est nécessaire de rompre avec notre politique économique fondée sur la consommation et les dépenses publiques. La France doit redevenir une nation d’industriels et de savants en se réindustrialisant et en montant en gamme tant en termes de production que de compétences humaines. Ensuite, nous pouvons renforcer l’attractivité des régions sinistrées grâce, notamment, aux mutations du monde du travail engendrées par la crise sanitaire. Cela nécessite le développement des moyens de communication à travers les réseaux internet et téléphonique ainsi que des infrastructures d’accueil et de transports. Enfin, les réformes fiscales doivent permettre de libérer des marges de manœuvre supplémentaires aux entreprises pour investir sur le capital humain. En effet, en améliorant le bien-être des salariés et en renforçant leurs compétences, les acteurs économiques devraient enregistrer des gains de productivité.

La pandémie a provoqué un désastre sanitaire, économique et social, mais peut s’avérer être une chance pour développer un modèle économique de rupture. En effet, nous pouvons profiter de notre cadre de vie jugé agréable pour favoriser l’attractivité de la France. Il s’agit ainsi de créer un cercle vertueux par une montée en gamme pour rompre avec le perpétuel nivellement par le bas afin de faire de notre pays le paradis du travail.

William Thay est président du think-tank Le Millénaire, spécialisé en politiques publiques et portant un projet gaulliste et réformateur au service de la grandeur de la France. Olivier Bodo est secrétaire général délégué du Millénaire.

Crise: une opportunité pour changer de vie

 Crise: une opportunité pour changer de vie

 

La crise est peut-être une opportunité pour redonner un sens à la vie estiment  Jean-Christophe Fromantin maire de Neuilly-sur-Seine, délégué général du Forum de l’Universel et Jean-Robert Pitte, géographe, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences morales et politiques dans le journal l’Opinion.

La géographie mérite d’être interrogée à l’aune de la crise du Covid-19. Elle est la science des espaces, des mouvements, de la curiosité et des relations humaines ; l’inverse de ce que nous vivons. Alors que dit-elle quand trois milliards d’individus confinés sont privés de toutes ces dimensions ? Dans ce siècle dont la technologie a accéléré les métamorphoses jusqu’à lui reprocher de dénaturer l’essentiel, quelle lecture pouvons-nous oser ?

Avant tout, relativisons les effets de cette accélération. La pandémie n’est pas la conséquence d’un désordre géographique. La peste, le choléra ou la grippe espagnole, n’ont pas eu besoin de la mondialisation pour se répandre sur plusieurs continents. Ces crises font partie de l’humanité. Le vrai sujet, c’est l’urgence d’une réflexion sur notre destinée sur terre. Pourquoi vivons-nous ? Deux dimensions dont nous avons besoin, font également défaut : celle par laquelle nous ambitionnons de promouvoir la diversité du monde et celle grâce à laquelle se développe notre sens de l’émerveillement.

La géographie s’étudie et prospère grâce à la diversité du monde. Nos villes et nos villages, nos montagnes, nos fleuves et nos océans, fondent cette diversité et la richesse de nos cultures. Ces cultures façonnent nos identités, lesquelles ne vivent que parce qu’elles sont ouvertes et parce qu’elles s’enrichissent de celles des autres. Elles révèlent nos économies dans leurs capacités à se différencier et à jouer un rôle dans le commerce mondial. Sans la diversité du monde, sans les cultures, les économies s’effondrent et l’espérance s’efface. Or, notre développement se construit dans une asymétrie territoriale.

Partout dans le monde, des territoires se vident, quand d’autres débordent. Même si nous payons l’absence de politique d’aménagement du territoire, ce n’est pas une fatalité. La période actuelle montre à quel point la pensée humaine réagit au risque de l’urbanisation. Non pas contre les villes — elles sont de bouillonnants lieux de vie —, mais pour rappeler l’attractivité naturelle des territoires ; pour rappeler également une finalité politique, essentielle, universelle : celle qui permet à chacun de vivre confortablement là où il se trouve. C’est sans doute le premier défi de l’innovation : qu’elle nous rende libre de vivre loin des villes avec les mêmes standards de service, d’éducation ou de santé.

« Si nous faisons de cette crise une conséquence de la mondialisation ou du réchauffement climatique, elle risque de nous conduire dans une impasse »

«Choc d’émerveillement». C’est pourquoi nous défendons « un choc d’émerveillement » pour nous rappeler de ne pas limiter notre horizon à ce que nous croyons connaître, et appeler au contraire à explorer. Même aujourd’hui, contraints de se déplacer dans un rayon d’un kilomètre autour de chez nous, il y a tant à découvrir. Cette quête d’une expérience authentique avait été rappelée par les jeunes mobilisés pour préparer la candidature à l’Exposition universelle de 2025. Ils faisaient remarquer combien hospitalité et diversité étaient liées. Mais aussi combien l’émerveillement conditionnait l’intensité de l’expérience vécue. Apprenons à regarder le monde là où les gens vivent pour ne pas désespérer d’une uniformité de façade. La crise que nous traversons peut nous donner à redécouvrir une altérité sociale et culturelle. Redécouvrons l’importance de l’autre, ses talents et les richesses de notre diversité.

Si nous faisons de cette crise une conséquence de la mondialisation ou du réchauffement climatique, elle risque de nous conduire dans une impasse. Elle doit au contraire nous interpeller sur nos projets de vie. Or, les mondes s’emboitent comme les matriochkas. De la plus petite, là où nous vivons, à la plus grande : à chaque échelle ses enjeux, l’une protège l’autre et les parties sont indissociables du tout. L’unité se façonne dans la diversité comprise et partagée. C’est sans doute cela que nous rappelle inlassablement la géographie.

Jean-Christophe Fromantin est maire de Neuilly-sur-Seine, délégué général du Forum de l’Universel et Jean-Robert Pitte, géographe, est secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences morales et politiques.

« Crise sanitaire : une opportunité pour renforcer la démocratie »

« Crise sanitaire : une opportunité pour renforcer la démocratie »

Un collectif de personnalités d’horizons variés regroupées au sein de l’initiative nationale Ethique & Pandémie, parmi lesquelles Emmanuel Hirsch, Marie-Françoise Fuchs et le professeur Didier Sicard, appelle, dans une tribune au « Monde », à mieux associer à la gestion de la crise du Covid la représentation nationale, les corps intermédiaires, les expertises académiques et associatives.

 Tribune

Qu’est-ce qu’être citoyen face à la crise sanitaire en cours ? C’est la question que nous devons nous poser avant toutes les autres, pour inventer non pas seulement des savoirs scientifiques, mais aussi de nouveaux savoir-faire et savoir-vivre dans ce contexte pandémique. Il est établi maintenant que cette crise sociétale va durer et durablement changer sur le long terme nos modes de coexistence.

Alors qu’il est fait appel au « civisme » des Français, la question se pose de savoir quel sens nous entendons donner à ce mot. Car ce qui nous frappe depuis le début de la deuxième vague de pandémie, c’est que les questions techniques et de gestion de la crise sanitaire semblent avoir pris le pas sur les questions politiques, pourtant primordiales. Réduire l’espace du civisme à l’observation de dispositions sanitaires est révélateur d’une conception redoutablement réductrice du rôle de la société civile.

Car ce n’est pas tant le contenu des mesures sanitaires prises par le gouvernement qui doit faire aujourd’hui débat que les modalités de leur élaboration et de leur mise en œuvre. Elles doivent résulter d’un débat démocratique au sein duquel la représentation nationale et les espaces citoyens de discussion doivent trouver toute leur place.

En cette période, il nous faut davantage communiquer et créer des liens, reconnaître à la vie démocratique son urgence et ses droits. Peut-on ainsi accepter un discours paternaliste énoncé « pour notre bien », au motif de vouloir garantir notre santé et notre sécurité « quel qu’en soit le prix » ? Peut-on accepter le manque d’un projet qui fédère et mobilise sur la base de principes explicites et issus d’une concertation ?

On pourrait, dès lors, comprendre les nécessaires adaptations sans transiger sur l’essentiel. Or, ces mesures suscitent aujourd’hui incompréhension et désespérance, du fait d’un mode de gestion de la crise pandémique fondé sur des analyses jugées par beaucoup comme limitées et incertaines, souvent injustes et disproportionnées, sans mesurer toutes les conséquences humaines et sociales des plans d’urgence qui se succèdent de semaine en semaine.

L’exécutif doit se rendre à l’évidence : dans un contexte inédit, le manque de prise en compte de notre représentation nationale, des corps intermédiaires, d’expertises académiques en sciences humaines et sociales ou associatives n’est plus audible aujourd’hui.

Si, comme l’affirme le président de la République, « rien n’est plus important que la vie humaine », encore est-il indispensable de comprendre qu’il ne s’agit pas de la vie « nue », mais d’une existence douée de sens, attachée à des valeurs, que nous nous devons de préserver.

«Contact tracing: une opportunité européenne »

«Contact tracing: une opportunité européenne »

André Loesekrug-Pietri est entrepreneur, directeur de la Joint European disruptive initiative (JEDI). milite pour une technologie de traçage européenne (à noter cependant que l’Allemagne s’est  retirée du projet). 

 

Loin d’être anecdotiques, les discussions sur l’application de traçage du Covid-19 pourraient bien être le symbole de la capacité des Européens à vraiment innover et penser grand – ou au contraire à rester dans l’inefficacité et le défensif.

Les chercheurs continuent à se diviser. Le protocole Robert, sur lequel s’appuie l’application française, s’inscrit dans la ligne du projet « Pan-European privacy-preserving proximity tracing » (PEPP-PT). Or la stratégie du PEPP-PT repose sur une certaine dose de centralisation : lorsque l’app est téléchargée, le serveur envoie un ID (numéro d’identification) permanent et des ID Bluetooth éphémères. Les ID temporaires sont conservées sur le serveur.

Ce protocole ne stocke aucune information qui permettrait de remonter au téléphone des utilisateurs. En outre, il a une meilleure capacité à empêcher les fuites d’informations statistiques que la solution décentralisée DP-3T, que viennent d’adopter la Suisse et l’Autriche. Cependant, le protocole pourrait présenter des vulnérabilités, par l’analyse à petite échelle des signaux envoyés pour réattribuer une identité avec une forte probabilité. Contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, il n’existe pas de technique d’anonymisation 100% fiable aujourd’hui, et Robert ne déroge pas à la règle.

En outre, la centralisation suppose que l’autorité soit digne de confiance. Et que les données recueillies ne soient pas utilisées à d’autres fins. Il faut en effet souligner que, si les gouvernements souhaitaient examiner le graphique social des pseudonymes, non seulement ils pourraient le faire, mais les utilisateurs n’en seraient pas avertis.

Pion. Enfin, la nécessité d’avoir le Bluetooth fonctionnant automatiquement en arrière-plan – dispositif justement supprimé du fait d’abus de traçage ! – nécessite l’accord d’Apple (mais aussi de Google pour Android) et rend, de l’aveu du secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O, le développement de l’application pour l’instant impossible. Il semble bien impuissant face à une société qui, en son temps, avait bravé les pressions du FBI.

Une application européenne ne résoudrait pas tous les problèmes, mais l’UE est moins susceptible de céder à la tentation de garder ces données à la fin de l’épidémie. Et surtout, cela permettrait de mettre réellement en œuvre un marché unique du digital qui n’est aujourd’hui pas beaucoup plus qu’un champ de ruines.

Si l’Union ne veut être rétrogradée au rang de pion, elle doit éviter la fragmentation et a l’opportunité unique de développer dans les prochains jours un standard commun, apte à permettre un immense marché sur lequel des start-up ou des industriels européens pourront s’appuyer pour devenir des acteurs mondiaux. Sinon, l’argent déversé dans les start-up et autres projets de recherche fragmentés ne sera à nouveau que de l’argent à forte connotation de coup politique.

André Loesekrug-Pietri est entrepreneur, directeur de la Joint European disruptive initiative (JEDI).

 

Le Brexit, une opportunité ? La tribune de Thierry Drilhon (Chambre de commerce franco-britannique)

Le Brexit, une opportunité ?  La tribune de Thierry Drilhon (Chambre de commerce franco-britannique)

 

Un autre regard, positif celui-là de Thierry Drilhon qui voit une opportunité dans le brexit . (Une contribution dans le journal l’opinion) . Une tribune qui aborde essentiellement la question des échanges économiques ce qui n’est guère étonnant puisque les Britanniques ont toujours voulu limiter l’objet de l’union économique à un marché. bref une problématique un peu court et un peu vague.

 

« Le 31 janvier, nombre d’entre nous étaient tristes. Tristes de voir le Royaume-Uni quitter l’Europe. Tristes de voir un partenaire historique et économique partir pour des raisons politiques. Tristes de mettre fin à quarante-sept années de vie en commun. Tristes de voir notre histoire européenne fragilisée pour des raisons idéologiques.

Dans le monde économique, pour survivre, les entreprises doivent tous les jours transformer leurs difficultés en challenges et opportunités. Représentant un écosystème de 2000 entreprises françaises et britanniques, la Franco-British Chamber ose affirmer que le Brexit est une triple opportunité.

Tout d’abord, le Brexit doit nous permettre de réaffirmer les relations économiques, historiques et influentes, entre nos deux pays. En 2018, les échanges commerciaux entre la France et le Royaume-Uni ont représenté 97 milliards d’euros autour de savoir-faire, de compétences, de talents et de projets en commun dans tous les secteurs économiques. Nous devons aujourd’hui renforcer cette vision business commune pour créer de la valeur et construire de l’intelligence collective. A l’heure où les Etats divorcent, les entreprises s’unissent !

Le Brexit est aussi l’opportunité de valoriser l’attractivité de nos deux pays vis-à-vis du reste du monde. En déclarant vouloir investir en France, 86% des grands patrons d’entreprises étrangères ont effectivement affirmé leur confiance dans les atouts de la France. Depuis vingt-cinq ans, le Royaume-Uni était le pays attirant le plus d’investissements étrangers et reste un pays attractif. Toutefois, aujourd’hui, l’attractivité économique de la France n’a jamais été aussi importante, permettant ainsi aux entreprises et aux talents de saisir de très belles opportunités. Sans arrogance mais avec détermination et confiance, osons affirmer nos expertises et nos compétences sur l’échiquier du business mondial !

Enfin, le Brexit doit être l’opportunité de repenser la gouvernance de l’Europe, ses modes opératoires, ses priorités au sein de l’Union européenne, en trouvant une nouvelle alliance avec le Royaume-Uni. En 1973, l’Europe comptait neuf Etats membres dont le Royaume-Uni. Aujourd’hui, il y a 27 membres, la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE nous donne l’opportunité de redéfinir le projet européen et ses règles de gouvernance.

Comme dans le monde des entreprises, « it is time to define a Vision (next 10 years), a strategy (next 5 years) and an execution (next 2/3 years) ». Sachons transformer cette formidable diversité européenne en une puissance économique dominante et incontournable, forte de 500 millions de consommateurs !

Pensons aux futures générations qui nous regardent. L’Europe est leur maison et le monde leur jardin… Ne laissons pas passer ces opportunités ! »

Thierry Drilhon est président de la Chambre de commerce franco-britannique.

Grève SNCF : opportunité pour le télétravail ?

Grève SNCF : opportunité pour  le télétravail ?

 

La grève SNCF pourraiat bien constituer une  opportunité pour inciter au  télé travail. Ce serait aussi  une des solutions pour participer à un réaménagement territoire plus équilibré  et résoudre une partie de la congestion urbaine liée à l’automobile. Dans le secteur des services,  nombre  d’activités pourraient t relever du télétravail. Ce dernier présente des avantages tant pour les entreprises pour les salariés mais aussi quelques inconvénients D’une manière générale,  il est démontré que le salarié utilise les heures où il est le plus productif au service de l’entreprise mais il peut être amené aussi à dépasser assez largement la durée légale ou conventionnelle de la durée du travail. Certes ce télétravail ne peut pas être généralisé à toutes les productions notamment matérielles. Pour autant avec l’évolution des modes de production et des puissances quasi exponentielles des outils informatiques,  bon nombre de tâches pourrait être décentralisées dans le cadre du télétravail. Cela nécessitera fois de nouvelles méthodes de management. D’après un sondage réalisé par le site de petites annonces Vivastreet, 41% des salariés sondés veulent adopter ce mode d’organisation à plein temps, contre 38% en 2015. En outre, 31% des sondés souhaiteraient alterner télétravail et présence au bureau «pour ne pas se couper entièrement de la vie en entreprise», contre seulement 10% en 2015. Les exemples de ce type, dans le privé comme dans le public, se multiplient. Mais, d’après l’enquête Vivastreet, c’est dans l’immobilier que ce souhait est le plus marqué (63% des sondés), devant l’informatique, les métiers du web et des télécoms (62%), ou encore la comptabilité et la gestion (51%). Des secteurs particulièrement «éligibles» au télétravail. Tous ne le sont pas. Pour 15,4 millions d’actifs, cette organisation favorisée par l’utilisation des outils numériques n’est pas une option envisageable, selon une autre étude réalisée par la Fondation Concorde cette année. Leur emploi nécessite une présence physique, comme dans la restauration ou le commerce par exemple. Le think tank détaillait même le profil type des quelque 6,7 millions de Français «éligibles»: il s’agit d’un quadragénaire diplômé, aux revenus confortables, qui travaille dans une grande ville. Ce souhait de plus en plus assumé montre à quel point les Français ont soif de souplesse dans l’organisation de leur temps de travail, principalement pour mieux gérer leur vie de famille, selon 33% des personnes sondées par Vivastreet. Autres raisons principales invoquées: profiter d’un cadre de travail plus agréable (29%) et éviter de passer du temps dans les transports (26%). La réduction du temps moyen de trajet entre le domicile et le lieu de travail avait été estimée à 40 minutes, par le cabinet de conseil RH Kronos, qui mettait aussi en avant l’augmentation du temps de travail effectif et de la productivité, ainsi que du temps moyen de sommeil des salariés concernés.

 




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